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Comptes rendus

Scott Slovic, Voyager pour penser. Engagement, retraite et responsabilité écocritique

Toulouse, Presses Universitaires du Midi, 2023
Emmanuelle Peraldo
Référence(s) :

Scott Slovic, Voyager pour penser. Engagement, retraite et responsabilité écocritique. Traduction de l’américain par Françoise Besson. Édition augmentée (édition originale University of Nevada Press, 2008), Toulouse, Presses Universitaires du Midi, « paysages et environnement », 2023, 416 p., ISBN : 978-2-8107-1220-5.

Texte intégral

  • 1 Robert Maggiori, « Mort de Michel Serres, penseur de la nature », Libération, 2 juin 2019 [En ligne (...)
  • 2 Ibid. « À la question “que faut-il pour être philosophe ?” il répondait toujours “il faut voyager”  (...)
  • 3 Rob Nixon, Slow Violence and the Environmentalism of the Poor, Cambridge (MA), Harvard University P (...)

1« J’essaie de faire en sorte que mes voyages “comptent vraiment pour quelque chose” » (p. 352), répond Scott Slovic à Françoise Besson dans l’entretien qui conclut la traduction de Going Away to Think publié en 2008, traduit pour la première fois en français et augmenté de plusieurs essais qui entrent en dialogue avec celui qui est reconnu comme l’un des grands représentants de l’écocritique. En effet, voyager aujourd’hui, à l’heure du réchauffement climatique et de la prise de conscience progressive de l’impact de l’utilisation des énergies fossiles sur la planète, pose question, ou, comme le reconnaît volontiers Scott Slovic lui-même, est quelque peu ridicule et extravagant (p. 351). Pourquoi, dès lors, voyager autant que Scott Slovic, présenté par Françoise Besson dans l’introduction comme un « voyageur, penseur, militant et enseignant » (p. 12) qui parcourt le monde depuis des années et a déjà donné quelque 800 conférences sur tous les continents alors même qu’il a une conscience très aiguë des répercussions catastrophiques de l’empreinte de l’homme sur l’environnement ? Peut-être que Michel Serres peut apporter une réponse à cette question à travers la citation mise en exergue au début de l’introduction de Françoise Besson : « Il n’y a pas d’enseignement sans déplacement1 » (p. 9). Ce volume de 416 pages, qui contient une introduction par la traductrice tout aussi passionnée par l’écocritique Françoise Besson, dix-huit essais de Scott Slovic et trois textes inédits de Wei Qingqi, traducteur de la version de 2008 en chinois (2010), Christian Giusti, géographe, et Marcel Delpoux, botaniste et phytogéographe, questionne la pertinence du voyage dans le combat écologique tout en soulignant sa nécessité dans ce que Slovic appelle « une mission d’urgence absolue, qui est celle de faire prendre conscience à chacun de la fragilité de la planète » (p.  12). « Il faut voyager2 », entend-on Michel Serres dire en écho. Dans sa préface, Scott Slovic cite Rob Nixon qui utilise le terme « écrivains-activistes environnementaux3 » pour décrire l’action menée par des voyageurs-enseignants-chercheurs comme lui, et le sous-titre de l’ouvrage de Slovic, engagement, retraite et responsabilité écocritique, montre bien la dimension performative de ce grand voyage qu’il a entrepris depuis des années, cette quête sans fin d’un changement des mentalités et d’une prise de conscience collective qui puisse faire que ce changement ait lieu.

2Dans cet ouvrage, le lecteur voyage géographiquement avec Scott Slovic, le suivant dans ce que Marcel Delpoux appelle « ses pérégrinations écologiques planétaires » (p.  283) qui lui permettent de s’immerger dans la nature. On le suit dans les forêts de l’Oregon ou du Nevada, dans la mangrove mexicaine, dans les montagnes japonaises ; on le suit même dans la chute de 24 mètres qu’il fait dans un ravin de 80 mètres et qui lui fait frôler la mort. Mais le lecteur est également invité à le suivre à travers un voyage dans sa bibliothèque (Randy Malamud, Rick Bass, Thoreau, etc.) puisque ses lectures alimentent sans cesse sa réflexion écologique. Ce que Scott Slovic essaie de faire, c’est de rendre ses lecteurs – ou ses étudiants et auditeurs – attentifs au monde naturel : il prône ce qu’il appelle « l’habitude d’attention » (p.  68), et cela passe par la lecture d’œuvres littéraires sur la nature, par une observation en pleine conscience de la nature et par une ouverture de tous les sens (« Scott prend grand soin de restituer au lecteur le paysage sonore de la forêt dans la montagne, par de nombreuses notations disséminées », indique Christian Giusti, p. 276).

  • 4 Alphonse de Lamartine, Souvenirs, impressions, pensées et paysages pendant un voyage en Orient, 183 (...)

3L’introduction de 25 pages qui présente le volume et sa traduction est un véritable essai réflexif qui engage d’ores et déjà un dialogue avec Scott Slovic avec, dès les premières pages, un questionnement sur le titre : Voyager pour penser. « Pourquoi faudrait-il bouger pour réfléchir ? Ne peut-on réfléchir qu’en découvrant d’autres cultures ? » (p. 10), se demande Françoise Besson, questions d’autant plus pertinentes qu’entre la première parution de Going Away to Think en 2008 et cette version traduite et actualisée de 2023, limmobilité forcée par la pandémie a rebattu les cartes de ce débat sur voyage géographique ou voyage « au cœur du monde depuis la fenêtre de sa maison » (p. 11). Cette édition française n’est pas seulement la traduction d’un ouvrage qui date de 15 ans, même si elle est bienvenue car le texte a été traduit dans d’autres langues et ce, dès 2010, mais pas en français, ce qui reflète peut-être le fait que « l’écocritique reste à la marge du monde universitaire français », selon Françoise Besson (p. 27). Il s’agit d’une part d’une traduction habitée faite par une traductrice tout aussi engagée et consciente du rôle de la littérature et de l’écriture dans le combat écologique que Scott Slovic lui-même ; et d’autre part, la révision de la préface et l’insertion de quatre textes qui remettent en perspective et qui dialoguant avec Scott Slovic, font de son livre un objet protéiforme, hybride, d’une très grande richesse, au sein duquel le lecteur peut naviguer librement, comme l’indique Françoise Besson : « ce livre se parcourt comme on parcourt un chemin, soit en allant directement du lieu de départ au lieu d’arrivée, soit en explorant entre les deux points les chemins de traverse que l’on décide d’emprunter au gré de ses envies de découverte » (p. 16). Françoise Besson nous rappelle que sa traduction est déjà un voyage, que, pour reprendre les mots de Lamartine, « voyager, c’est traduire. C’est traduire à l’œil, à la pensée, à l’âme du lecteur les lieux, les couleurs, les impressions, les sentiments que la nature ou les mouvements humains donnent au voyageur4 » (p. 14).

4Wei Qingqi, analysant la perception par le lectorat chinois de l’ouvrage de Scott Slovic, le décrit comme le livre « original et inclassable » (p. 12) d’un homme en équilibre entre « un attachement taoïste à la nature et une participation active à la société humaine » (p.  253). Les essais de Christian Giusti et Marcel Delpoux sont utilement disposés après ceux de Scott Slovic pour exploiter pleinement la richesse interprétative et la « portée multiple de cet ouvrage » (p. 12).

5Christian Giusti, géographe, « montre la portée géopolitique de l’ouvrage et son immersion dans la géographie américaine et mondiale » (p. 6). Insérant les essais de Scott Slovic dans l’histoire du monde et dans ses changements, il suggère que dans ces essais, « l’environnement est la trame, la littérature la chaîne » (p. 259). Choisissant d’analyser plus particulièrement certains essais de Scott Slovic avec le regard du géographe, il traite dans une deuxième partie « de l’espace et du temps d’un point de vue théorique, mais aussi des forces qui interviennent dans tout changement affectant les divers environnements terrestres, ainsi que des rythmes auxquels ces changements se produisent » (p. 260). Spécialiste de géomorphologie, discipline « née sur le sol nord-américain » (p. 261), Christian Giusti évoque la géographie environnementale et se réfère à de nombreux ouvrages américains. En prenant des exemples géographiques précis, il rappelle que « [p]lusieurs forces d’origine naturelle ou humaine peuvent être mises en évidence dans l’analyse d’un paysage donné » et il inscrit le livre de Scott Slovic dans cette approche géographique, suggérant que « [l]es essais rassemblés dans le livre de Scott Slovic, […] illustrent les relations systémiques [évoquées] non pas du point de vue de l’analyse distancée, mais de celui d’une citoyenneté engagée qui, au-delà des objets traités et des situations vécues, assume une forme de subjectivité créatrice » (p. 266). Christian Giusti inscrit les essais de Scott Slovic dans des analyses des changements géomorphologues ou de la situation géopolitique du monde.

6L’essai de Marcel Delpoux place le livre de Scott Slovic dans une perspective écologique et naturaliste. Dans sa première partie, il passe en revue l’ensemble des dix-huit essais de Scott Slovic et à chaque fois résume son argumentation avant de dialoguer avec lui. Son texte a pour objectif de montrer la dimension environnementale des essais et l’approche qu’a Scott Slovic des écosystèmes à travers les voyages qui ont généré chacun de ses textes. La deuxième partie de cet essai, partant de certains points précis des textes de Scott Slovic, comme le poisson sur la plage, sorte de fil rouge à l’analyse de Marcel Delpoux, explique le fonctionnement des chaînes alimentaires et des écosystèmes. M. Delpoux montre la relation entre l’observation des écosystèmes ou la conscience de l’appartenance d’un être à une chaîne alimentaire (comme le poisson sur la plage qui va nourrir les oiseaux) et la conscience que rien ne doit être vu isolément. Il souligne que « dans la rencontre avec ce poisson et la conscience de son rôle dans la chaîne de vie, il verra un “réveil aux significations quotidiennes de nos vies” (Slovic, chapitre 2) » (p. 300). Au-delà de la simple analyse scientifique, Marcel Delpoux explique comment « les écosystèmes, via les chaînes alimentaires, assurent les connexions entre les milieux extérieurs abiotiques et énergétiques et les milieux intérieurs des êtres vivants » (p. 306). Et il rappelle les contaminations de ces milieux. Prenant l’exemple de l’arme nucléaire et des essais nucléaires, ainsi que des « rejets gazeux des centrales nucléaires » et des « contaminations liées aux accidents nucléaires », et aussi aux « centres de stockage transitoire des déchets de l’industrie nucléaire », il fait écho à Scott Slovic évoquant le projet d’enfouissement des déchets nucléaires dans la Yucca Mountain dans l’essai n° 9, « Montagnes clôturées ». Le texte de Marcel Delpoux, tout en expliquant le fonctionnement des écosystèmes et des rapports entre chaque élément naturel et l’être humain, les autres êtres animaux et les végétaux, montre la dimension écologique des essais de Scott Slovic. Il apporte un regard de naturaliste sur la portée des textes de Scott Slovic pour que les lecteurs « prennent […] conscience qu’ils sont les héritiers […] d’inestimables trésors de la nature dont la mise en danger risque à son tour de faire courir de grands risques à l’humanité » (p. 308). M. Delpoux voit alors le poisson échoué sur une plage mexicaine comme un symbole de « la tragédie du déplacement hors de son habitat », comme « un signal » (p. 308). Par son analyse des écosystèmes faite à partir des essais de Scott Slovic, il montre comment cet ouvrage, à travers la réflexion de l’auteur et un voyage dans de nombreux textes de littérature environnementale et d’écocritique, met en lumière une conscience écologique qui trouve son origine dans l’observation à la fois du monde naturel et de ses écosystèmes et des actions humaines. Ce texte permet de synthétiser la pensée foisonnante de Scott Slovic déployée tout au long du volume d’une manière très pédagogique. Les deux textes de Christian Giusti et Marcel Delpoux montrent la portée pluridisciplinaire de cet ouvrage. Pour une présentation détaillée des différents essais de Scott Slovic, nous renvoyons le lecteur aux pages 287 à 297 du volume. Nous insisterons ici sur quelques points saillants qui émergent de ce volume.

7Le premier point se laisse entrevoir dès la photo de couverture de l’ouvrage qui représente un paysage naturel avec, au premier plan, des rondins de bois disposés en cercle comme autant de tabourets d’une salle de classe en plein air, sur lesquels les étudiants et enseignants du programme pédagogique de Scott Slovic intitulé « Semester in the Wild » (semestre dans la nature sauvage) prennent place pour lire des textes littéraires sur la nature et « réfléchir à l’état du monde » (p. 19). Ce qui ressort donc de prime abord de cet ouvrage c’est la dimension éthique, pédagogique et didactique, le lien que Scott Slovic tisse constamment entre ses déplacements et l’enseignement, endossant clairement le rôle d’un guide – la figure du passeur en quelque sorte. L’ouvrage est volontiers autoréflexif (voir essai n° 2 : « le voyage, la maison et la vie universitaire » ou essai n° 4 : « Réflexions sur l’écocritique et le récit »), en ce sens que l’auteur, ainsi que les quatre autres voix qui s’expriment à travers les différents essais ou à travers la traduction, réfléchissent constamment au rôle de l’écrivain littéraire écocritique, de la traductrice et du géographe ou du spécialiste d’écologie végétale dans la vaste entreprise de la prise de conscience collective sur la nécessité de penser ou de repenser le rapport de l’humain au non-humain.

  • 5 T. V. Reed, « Toward an Environmental Justice Ecocriticism », dans The Environmental Justice Reader(...)
  • 6 Michel Serres, Le Contrat naturel, Paris, Éditions François Bourin, 1990, p. 47.

8Ceci amène au deuxième point saillant de cet ouvrage, développé particulièrement dans l’essai n° 10 sur « Animaux et Humains » mais qui est présent en filigrane tout au long du volume et de la pensée de Scott Slovic, à savoir une réflexion sur la place de l’humain, son impact et sa responsabilité dans son rapport à l’environnement, aux animaux non humains ainsi qu’aux autres que soi. Slovic entend « révéler les implications catastrophiques de notre arrogance envers les animaux et, par voie de conséquence, envers le reste de la nature et envers les gens différents de nous » (p. 139). En effet, Scott Slovic fait figure de pionnier pour ce qui est de lier les questions environnementales et ethniques, ou pour le dire différemment les questions de race et d’écologie, la justice environnementale et la justice sociale. C’est d’ailleurs l’introduction qu’il a co-écrite avec Joni Adamson dans le numéro spécial de MELUS: Multiethnic Literature of the United States en 2009 qui a lancé la troisième vague de l’écocritique en intégrant l’arrière-plan culturel et l’identité ethnique à la méthodologie écocritique. Aussi, Scott Slovic souligne la concomitance entre injustice sociale et destruction environnementale : « on ne peut pas parler d’expérience humaine sans parler de notre impact sur la terre, et on ne peut pas parler d’impact environnemental sans penser aux effets concomitants sur les habitants humains » (p. 349). Dans l’essai n° 8, sur l’écocritique post-11 Septembre, il aborde le concept crucial de la justice environnementale et cite T. V. Reed qui attire l’attention sur le fait que « les dégradations et les risques environnementaux affectent de façon inégalitaire les pauvres et les gens de couleur », avant de poser la question suivante : « Comment le racisme a-t-il permis, à la fois sur un plan intérieur et sur un plan international, une plus grande irresponsabilité environnementale ?5 » (p. 127). Et une nouvelle fois, Françoise Besson, dans l’entretien final avec Scott Slovic, nous fait entendre le philosophe Michel Serres en écho à Scott Slovic lorsqu’elle le cite à nouveau : « Nous devons décider la paix entre nous pour sauvegarder le monde et la paix avec le monde afin de nous sauvegarder6 » (p. 348).

9« Lire ce livre, c’est commencer à agir », nous dit Françoise Besson à la fin de l’introduction (p.  34). Pour aller plus loin dans cette action, le lecteur est invité à poursuivre le chemin avec Scott Slovic qui, accompagné de Françoise Besson, fera un Tour des universités françaises pour présenter cet ouvrage en mars 2024 et pour semer « des cairns sur le chemin d’une conscience retrouvée » (p. 20), avant que Scott Slovic ne revienne faire une conférence à l’Université Côte d’Azur au colloque EARTH 16-18 (https://www.earth-16-18.com/​) les 3 et 4 juillet 2024 et animer un atelier pédagogique avec des enseignants, des élèves et des étudiants du secondaire et du supérieur au « Ecology and Race Campus », toujours à Nice, le 5 juillet 2024.

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Notes

1 Robert Maggiori, « Mort de Michel Serres, penseur de la nature », Libération, 2 juin 2019 [En ligne] URL : https://www.liberation.fr/france/2019/06/02/mort-de-michel-serres-penseur-de-la-nature_1731100/.

2 Ibid. « À la question “que faut-il pour être philosophe ?” il répondait toujours “il faut voyager” ».

3 Rob Nixon, Slow Violence and the Environmentalism of the Poor, Cambridge (MA), Harvard University Press, 2013. Le terme « writer-activist » est présent dès l’abstract en quatrième de couverture.

4 Alphonse de Lamartine, Souvenirs, impressions, pensées et paysages pendant un voyage en Orient, 1832-1833, ou Notes d’un voyageur, Paris, Gosselin, Furne et Cie, 1845, vol. I, p. 127.

5 T. V. Reed, « Toward an Environmental Justice Ecocriticism », dans The Environmental Justice Reader, Joni Adamson, Mei Mei Evans et Rachel Stein (dir.), Tucson, The University of Arizona Press, 2002, p. 149 [En ligne] DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.2307/j.ctv27jsm8b.12.

6 Michel Serres, Le Contrat naturel, Paris, Éditions François Bourin, 1990, p. 47.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Emmanuelle Peraldo, « Scott Slovic, Voyager pour penser. Engagement, retraite et responsabilité écocritique »Viatica [En ligne], 11 | 2024, mis en ligne le 06 février 2024, consulté le 13 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/viatica/3877 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/viatica.3877

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Auteur

Emmanuelle Peraldo

CTELA, Université Côte d’Azur

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