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Comptes rendus

Liouba Bischoff, Danièle Méaux, Sarga Moussa (dir.), Le Voyage entre science, art et littérature

Paris, Lettres modernes Minard, « La Revue des lettres modernes, Lire et voir », 2022
Marie Mossé
Référence(s) :

Liouba Bischoff, Danièle Méaux, Sarga Moussa (dir.), Le Voyage entre science, art et littérature, Paris, Lettres modernes Minard, « La Revue des lettres modernes, Lire et voir », 2022, 321 pages, ISBN : 978-2-406-13759-7

Texte intégral

  • 1 Voir à ce sujet notamment Georges Gusdorf, Introduction aux sciences humaines. Essai critique sur l (...)
  • 2 Alain Guyot et Roland Le Huenen, L’Itinéraire de Paris à Jérusalem de Chateaubriand. L’invention du(...)

1Ce numéro, co-dirigé par Liouba Bischoff, Danièle Méaux et Sarga Moussa, étudie le positionnement du « voyage », entendu comme modalité d’écriture – sinon genre littéraire – plus que comme pratique, entre trois polarités de rapports épistémiques et créatifs au monde que sont la science, l’art et la littérature. Ce questionnement, on le devine, ne saurait être appréhendé de manière complète et juste que sur le temps long de deux à trois siècles de littérature viatique : entre spécialisation des savoirs1 et mutation du récit de voyage d’« inventaire à usage du monde2 », pour reprendre les mots d’Alain Guyot et de Roland Le Huenen, la réponse qu’y apporteraient individuellement l’explorateur-naturaliste de la fin du xviiie siècle et l’écrivain-voyageur des xxe-xxie siècles ne saurait être uniforme, si l’on nous permet de recourir temporairement à cette opposition schématique et quelque peu manichéenne ! L’introduction que proposent Liouba Bischoff et Danièle Méaux à l’ouvrage a d’ailleurs pour tâche première de souligner que ces deux ethoi de voyageurs ne sont rien moins qu’univoques, rappelant l’horizon encyclopédique de l’Itinéraire de Chateaubriand et la pente sensible d’un Bougainville (p. 13). Plus que de retracer ou de vérifier l’évolution de l’écriture viatique du document à l’œuvre littéraire, il s’agit dès lors d’envisager la permanence de tentatives d’« approches globales du monde » (p. 14) et de « poétiques mêlées » (p. 15) dans la littérature de voyage, quitte à revisiter l’histoire de l’évolution formelle et épistémologique de cette littérature. « Explorations interdisciplinaires » (p. 16), « littératures de terrain » (p. 18) nourries d’une approche poétique, mais peut-être surtout récits de voyage adossés à une pratique photographique aussi artistique que savante… offrent à la littérature viatique d’autres départs de perspectives que ceux proposés par la fiction ou le désenchantement pour pallier la disparition des blancs de la carte et, de manière plus positive, rendre compte de la « complexité » (p. 24) du réel. À cet égard, la « dynamique d’échange et d’interaction [entre] le visuel et le textuel » (p. 26) est assumée par les directeurs de la publication comme une réponse particulièrement porteuse ; l’ouvrage s’en fait d’ailleurs le miroir, puisqu’il déploie entre les pages 265 et 297 les quelque quarante illustrations convoquées par plusieurs des contributeurs à l’appui des œuvres étudiées.

2L’ouvrage se compose, hors introduction, de quinze contributions, distribuées en deux moments : « Entremêler les savoirs » (p. 29-163) et « Interroger les démarches scientifiques » (p. 165-264). Le xxe siècle constitue le point de bascule entre un moment de feuilletage formel et de complexification épistémologique de la littérature viatique (première partie de l’ouvrage) et un moment de réflexivité critique (seconde partie de l’ouvrage). Le parti est pris d’une étude diachronique : les bornes chronologiques entre lesquelles se déploient les quinze articles, sans constituer un principe d’organisation trop strict, sont, d’une part, le dernier quart du xviiie siècle, âge d’or des explorations alpines de Saussure (Valette), et, d’autre part, la fin des années 2010, voyant poètes (Frémond) et artistes (Caillet et Léonard) s’emparer de l’écriture et de la pratique viatiques et affronter leurs traditionnels confins géographiques – extrême-orientaux ou arctiques – dans une démarche authentiquement créatrice.

3Entre ces deux bornes chronologiques défilent librement les figures de voyageuses et voyageurs suivantes : Adèle et Xavier Hommaire de Hell en Russie entre 1838 et 1848 (Tellier) ; Alexander von Humboldt et Hercule Florence, qui parcourent l’Amérique du Sud respectivement entre 1803 et 1806 et entre 1822 et 1829 (Valette) ; Walter Weston au Japon entre 1891 et 1894 (Martin) ; Félix Thiollier dans le Forez dans la décennie 1890 (Paradis) ; Henryk Sienkiewicz et Jan Tyszkiewicz en Afrique entre 1890 et 1892 (Sokołowicz) ; Max Tilke, arpenteur de l’Orient, de l’Afrique du Nord à la Turquie, dans les années 1910 (Zeghdani) ; Robert Smithson à Passaic en 1967 (Tichit) ; Jacques Demarcq, Michèle Métail et Pierre Vinclair, respectivement au Cambodge, à Taïwan et à Shanghai dans les années 2010 (Frémond)… Et enfin, Emmanuelle Léonard dans la province canadienne arctique du Nunavut en 2017, et dont la spécificité est d’être autant une voyageuse dont est analysé le protocole viatique que la co-autrice de cette analyse (Caillet et Léonard). La composition du recueil laisse ainsi la parole, de manière ultime, aux voyageurs.

  • 3 À ce propos, on renverra notamment au dossier coordonné par Anne-Gaëlle Weber (dir.), Voyage et lit (...)

4À cette galerie de monographies de voyageuses et de voyageurs se joignent des études consacrées à des entités collectives et intergénérationnelles, telles les Archives de la Planète, projet encyclopédique du banquier Albert Kahn qui naît en 1912 pour être porté par de multiples acteurs à travers le xxe siècle (Maillard) ; ou encore, des articles dévolus à l’analyse d’œuvres de fiction qui se ressaisissent des codes de la pratique et de l’écriture viatiques par le truchement de personnages – le Marcel Appenzzell de La Vie mode d’emploi de Georges Perec (Devevey) ou les figures de touristes dans le roman français du xxe siècle (André) – ou de modèles textuels empruntés au voyage de découverte – Die Vermessung der Welt de Daniel Kehlmann et L’Isola del giorno prima d’Umberto Eco (Weber) ; Un monde sans rivage d’Hélène Gaudy (Demanze). Ces lignes de fuite permettent incontestablement de lier les époques, d’une contribution à l’autre – Walter Weston pouvant trouver ses descendants parmi les voyageurs contemporains traités par É. Frémond – mais aussi à l’intérieur d’une même contribution : derrière Georges Perec affleurent les souvenirs de Michel Leiris et Claude Lévi-Strauss (Devevey), là où, par un chiasme temporel plus accentué encore, les plumes de Kehlmann et d’Eco courent sur le palimpseste des expéditions de Humboldt, figure de proue du recueil (Weber), et où Hélène Gaudy se souvient de Léonie d’Aunet, Ernest Shackleton, Fridtjof Nansen et Donald Crowhurst (Demanze). Cette donnée de fait du présent recueil d’études met en évidence tant l’épaisseur de la mémoire intertextuelle qui fonde et situe en littérature l’identité générique du voyage que la ténuité – sinon la perméabilité – de la frontière entre référentialité et fiction sur laquelle le récit viatique se situe depuis ses origines ou presque3.

5 L’on n’épuisera pas ici la richesse et la diversité des contributions. L’on appréciera les réponses à la fois spécifiques et nuancées qu’elles apportent à cette question de la complexité permanente de l’écriture viatique sur les plans formel et épistémologique, ainsi que de l’ethos de l’écrivain-voyageur, tout en se gardant de reconduire des oppositions conceptuelles désormais convenues. Virginie Tellier étudie ainsi le récit de voyage à quatre mains des époux Hommaire de Hell en pays kalmouk, en interrogeant la pertinence d’une distinction entre écriture masculine savante, objective et généralisante d’une part et écriture féminine sensible, intimiste et particularisante pour considérer plutôt les strates entremêlées d’un « essai de géographie humaine » (p. 48). Éric Valette, quant à lui, questionne le statut exact de la collaboration du savant et de l’artiste en contexte d’expédition en rapprochant les figures d’Alexander von Humboldt, partagé « entre rigueur scientifique et désir de poésie » (p. 52) et d’Hercule Florence, dessinateur en « quête d’exhaustivité et de fidélité » (p. 63). Le désir romantique et colonial de la possession totale du Nouveau Monde et de ses savoirs trouve un héritage inattendu dans des pratiques viatiques interdisciplinaires nourries d’un nouveau naturalisme, plus respectueux de « la composition des mondes » (p. 60), pour reprendre la formule de Philippe Descola. La contribution de Pierre-Henry Frangne approfondit cette réflexion à travers la notion pluridisciplinaire de « milieu » (p. 71), qui oblige le voyageur et, plus largement, l’être humain à repenser sa juste place dans le monde qu’il arpente, ainsi que les moyens de comprendre et de mettre en discours ce monde : l’évolution des récits de voyage alpins, notamment par l’intervention de la photographie à la fin du xixe siècle, fait tenir ensemble l’exigence du savoir et la réflexivité artistique. Double ambition qu’Amandine Martin souligne également chez le révérend Walter Weston, « gentleman savant » (p. 86) qui découvre les montagnes du Japon, porté par une inspiration elle-même double : le modèle occidental des sociétés savantes et l’inspiration, quant à elle extra-européenne, de la spiritualité shintoïste, caisse de résonance fortuite de la sensibilité romantique du voyageur. Clément Paradis envisage avec le photographe Félix Thiollier un cas de figure analogue : son Forez pittoresque et monumental (1889) se situe à la croisée de l’ouvrage archéologique de société savante et du livre d’art, une hybridation de formes et de perspectives qu’« innerve la religion » (p. 111). Małgorzata Sokołowicz, quant à elle, étudie la manière dont la découverte de l’Afrique ébranle l’ethos de savant positiviste du Polonais Henryk Sienkiewicz au profit d’une mise en scène de soi en aventurier et du monde en terre inconnue et exotique, matière de roman. L’examen des recueils d’habits réalisés par le dessinateur allemand Max Tilke dans les années 1920 permet à Betty Zeghdani de montrer l’hybridation d’une pratique elle-même héritée d’un xixe siècle colonial, entre taxinomie muséale et rêverie primitiviste. La sensibilité créative de l’artiste que Betty Zeghdani impute notamment à la matérialité du dessin (p. 145) n’est pas absente des Archives de la planète qu’analyse Fabienne Maillard : la tentative d’inventaire du monde ne peut être motivée que par la conscience aiguë de ses beautés, puis soutenue que par la captation technique de ces dernières. Ce sont ces perspectives complémentaires qui sont placées au service d’une « géographie humaine » (p. 151), notion unificatrice, peut-être bien, de l’ensemble des contributions de cette première partie d’ouvrage. À son terme, art et science ne sauraient plus être pensés en opposition l’un par rapport à l’autre dans l’écriture viatique, et ce bien au-delà de la période dite de séparation des savoirs.

  • 4 Voir notamment Anne-Gaëlle Weber, A beau mentir qui vient de loin. Savants, voyageurs et romanciers (...)
  • 5 René Descartes, Discours de la méthode (1637), 6e partie, Paris, 10/18, 1963, p. 74-75.

6La seconde partie de l’ouvrage opère un double décentrement de perspectives : chronologique, tout d’abord, en réunissant des contributions consacrées à des publications de la fin du xxe et du début du xxie siècle ; générique, enfin, en se focalisant sur la représentation fictionnelle de ces voyageurs (écrivains-voyageurs ?) envisagés en première partie d’ouvrage. La fiction romanesque, dont on sait notamment depuis les travaux d’Anne-Gaëlle Weber4 combien elle peut indexer sa trame narrative sur celle du récit d’exploration savante, devient dès lors un lieu privilégié de réflexion critique – métalittéraire ? – sur la littérature viatique, la complexité de son feuilletage formel et la difficulté de son positionnement épistémologique… au moins autant que ces données de fait deviennent un matériau romanesque inspirant. Éléonore Devevey s’intéresse au personnage de l’anthropologue Marcel Appenzzell : ce dernier propose ainsi un portrait à la fois sérieux et parodique du savant solitaire, voué à une compréhension partielle et asymptotique de son objet, l’Autre. La fiction se situe à un autre niveau avec l’artiste américain Robert Smithson, analysé par Jonathan Tichit : elle surgit de la dissonance ironique entre l’usage de la forme du récit pittoresque du Grand Tour et le territoire traversé, en l’occurrence, Passaic, New Jersey, dont il s’agit d’étudier les « monuments » (p. 184). Le méta-voyage photographique, de tradition interdisciplinaire, met alors en évidence un monde qu’il ne s’agit plus tant de posséder que d’apprendre à perdre. Le Grand Tour intéresse également Stéphane André, qui en envisage les ethoi de voyageurs érudits, tels que les ressaisissent les romans d’Olivier Rolin, de Mathias Énard, de Laurent Mauvignier, de Michel Houellebecq, de Jean-Philippe Toussaint et de Jean Echenoz. Le souvenir de cette posture rhétorique, lui aussi souvent frappé d’ironie, donne à réfléchir sur la possibilité d’un voyage authentique à l’ère du tourisme, autant qu’il offre une perspective critique sur cette aspiration. Dans l’étude qu’elle propose des réécritures romanesques contemporaines du voyage savant, Anne-Gaëlle Weber souligne une triple cible de l’ironie pratiquée par Umberto Eco et Daniel Kehlmann à l’égard de ce modèle : l’idéal – tout occidental – de la découverte d’un Nouveau Monde ; l’appropriation de la nature par les naturalistes, non moins occidentaux ; la déconstruction de l’idéal positiviste. La fiction romanesque propose dès lors à son lectorat, a minima, des pistes de réflexion sur les pouvoirs et l’objectivité supposée de la science, a maxima, « un plaidoyer en faveur du roman et de sa capacité, en tant que roman, à mesurer le monde » (p. 223). Émilie Frémond, quant à elle, choisit la perspective de la poésie contemporaine plutôt que celle de la fiction pour envisager les tentatives contemporaines de description du monde : les œuvres de Pierre Vinclair, de Jacques Demarcq et de Michèle Métail surpassent le récit de voyage et l’essai ethnographique pour dire l’Extrême-Orient contemporain, qu’il s’agit d’arpenter sans l’accabler de la surinterprétation, et ce par le biais de la polyphonie énonciative et du rapport texte/image au sens suspendu. Laurent Demanze analyse la ressaisie romanesque par Hélène Gaudy de l’expédition manquée de Salomon August Andrée au Pôle Nord (1897) dans Un monde sans rivage : cette dernière « rend visible l’envers des récits héroïques » (p. 249). L’entretien entre l’artiste québécoise Emmanuelle Léonard et Aline Caillet au sujet de la participation de la première à une expédition militaire à Resolute Bay, Nunavut (Canada), en 2017, clôture le volume. L’artiste relate la captation filmique du réel dans un territoire à la fois désert et conquis – c’est le lieu de la « délocalisation du Haut-Arctique » (1953), opération consistant pour les autorités fédérales canadiennes à installer en ces lieux plusieurs familles inuites pour s’assurer la souveraineté des lieux. Les paroles échangées entre la chercheuse et l’artiste offrent une ligne de fuite à l’ouvrage, dont les perspectives restent volontairement ouvertes : Emmanuelle Léonard, loin de se présenter en « maître et possesseur de la nature », pour reprendre une formule cartésienne5, fait signe, peut-être, vers un art du voyage renouvelé, accueil humble de l’imprévu par un voyageur renvoyé à son statut de « corps étranger » (p. 255).

  • 6 On songe notamment aux travaux de Marie-Michèle Ouellet-Bernier, dont la thèse de doctorat menée en (...)

7L’on aura tout particulièrement apprécié que ce recueil, posant la question du positionnement disciplinaire du récit de voyage, lui ait apporté la réponse de l’interdisciplinarité, tant par l’analyse factuelle de ce que sont ces textes, définis par l’ethos ou les ethoi multiples de celles et ceux qui les composent, que par la convocation de contributrices et contributeurs aux horizons eux-mêmes variés : histoire de l’art (Méaux ; Martin ; Maillard) ; esthétique et science de l’art (Paradis ; Tichit) ; arts plastiques (Valette ; Léonard) ; philosophie de l’art (Frangne ; Caillet) ; littérature (Bischoff ; Tellier ; Sokołowicz ; Zeghdani ; Devevey ; André ; Frémond ; Demanze) ; littératures comparées (Weber). L’on se prend à rêver de l’éclairage supplémentaire qu’aurait apporté à cette question un ou une spécialiste issu(e) des sciences dites « dures », susceptibles, elles aussi, de porter un regard sur les relations viatiques en en prenant en compte l’interdisciplinarité et l’ambivalence épistémique6.

8Sur une note plus triviale, cela ne nuit guère à la compréhension de l’ensemble, mais le lecteur aura rectifié de lui-même le « xxe siècle » en « xixe siècle » sous la plume d’Éric Valette (p. 49-50) et « Nunavit » en « Nunavik » sous celle d’Emmanuelle Léonard (p. 262).

  • 7 Pour s’attarder sous des latitudes arctiques, l’on pensera au chroniqueur inuit Zebedee Nungak, don (...)
  • 8 Toujours sous ces latitudes arctiques, conceptions holistiques du monde et pratiques chamaniques br (...)

9On regrettera – mais, ici, c’est plus notre curiosité personnelle qu’un défaut intrinsèque de l’ouvrage collectif qui parle ! – l’absence d’une ou deux contributions consacrées à des voyageuses et voyageurs issus d’espaces géographiques et culturels extra-européens. L’on devine le profit qu’il y aurait à envisager, d’une part, la réponse certainement parodique qu’apporterait un voyageur issu par exemple d’une aire géographique et culturelle colonisée tant aux regards qu’aux codes discursifs viatiques occidentaux7, et, d’autre part, la réponse également différente qu’il apporterait eu égard à l’organisation des champs du savoir et de la création8. Cela d’autant plus, peut-être, que plusieurs contributions, notamment dans la seconde partie de l’ouvrage, se font l’écho du besoin de décorréler l’exploration du monde et la logique de domination coloniale occidentale (Weber ; Frémond ; Demanze, notamment). L’on se permettra donc ici un appel aux bonnes volontés !

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Notes

1 Voir à ce sujet notamment Georges Gusdorf, Introduction aux sciences humaines. Essai critique sur leurs origines et leur développement, Paris, Ophrys, nouvelle édition, 1974, p. 343-365.

2 Alain Guyot et Roland Le Huenen, L’Itinéraire de Paris à Jérusalem de Chateaubriand. L’invention du voyage romantique, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, « En toutes lettres », 2006, p. 226.

3 À ce propos, on renverra notamment au dossier coordonné par Anne-Gaëlle Weber (dir.), Voyage et littérarité, Viatica, n° 7, 2020 [En ligne] DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.52497/viatica7.

4 Voir notamment Anne-Gaëlle Weber, A beau mentir qui vient de loin. Savants, voyageurs et romanciers au xixe siècle, Paris, Honoré Champion, 2004 et « Le genre romanesque du récit de voyage scientifique au xixe siècle », Sociétés & Représentations, n° 21, 2006, p. 59-77 [En ligne] DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.3917/sr.021.0059.

5 René Descartes, Discours de la méthode (1637), 6e partie, Paris, 10/18, 1963, p. 74-75.

6 On songe notamment aux travaux de Marie-Michèle Ouellet-Bernier, dont la thèse de doctorat menée en sciences de l’environnement à l’Université du Québec à Montréal a mobilisé un vaste corpus de récits de voyage pour analyser les variations climatiques du Labrador : voir Marie-Michèle Ouellet-Bernier, « Contribution des sources historiques à l’étude du climat de la côte du Labrador/Nunatsiavut, 1750 à 1950 : un regard sur les sources discursives, documentaires et instrumentales », Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, doctorat en sciences de l’environnement, 2022 [En ligne] URL : https://archipel.uqam.ca/14463/.

7 Pour s’attarder sous des latitudes arctiques, l’on pensera au chroniqueur inuit Zebedee Nungak, dont les nombreux articles parus dans diverses revues entre la fin du xxe siècle et le début du xxie siècle développent une science, la qallunologie (les Qallunaat sont les Blancs ; il est donc question de l’étude des Blancs par les Inuits), le plus souvent sous forme d’articles encyclopédiques parodiques.

8 Toujours sous ces latitudes arctiques, conceptions holistiques du monde et pratiques chamaniques brouillent les frontières entre autant de catégories occidentales. À cet égard, voir notamment les travaux d’anthropologues suivants : Bernard Saladin d’Anglure, Être et renaître inuit. Homme, femme ou chamane, préface de Claude Lévi-Strauss, Paris, Gallimard, « Le langage des contes », 2006, ou, plus récemment encore, Nastassja Martin, À l’est des rêves. Réponses even aux crises systémiques, Paris, La Découverte, « Les Empêcheurs de penser en rond », 2022.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Marie Mossé, « Liouba Bischoff, Danièle Méaux, Sarga Moussa (dir.), Le Voyage entre science, art et littérature »Viatica [En ligne], 11 | 2024, mis en ligne le 06 février 2024, consulté le 18 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/viatica/3854 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/viatica.3854

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Auteur

Marie Mossé

LISAA, Université Gustave Eiffel

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