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Comptes rendus

Annick Louis, Homo Explorator. L’écriture non littéraire d’Arthur Rimbaud, Lucio V. Mansilla et Heinrich Schliemann

Paris, Classiques Garnier, 2022
Gilles Louÿs
Référence(s) :

Annick Louis, Homo Explorator. L’écriture non littéraire d’Arthur Rimbaud, Lucio V. Mansilla et Heinrich Schliemann

Paris, Classiques Garnier, 2022, 288 pages, ISBN : 978-2-406-14185-3

Texte intégral

  • 1 Voir l’ouvrage dirigé par Daniel Fabre, Écritures ordinaires, Paris, P.O.L., 1993, cité par Annick  (...)

1Comment lire ces écrits ordinaires rédigés dans le seul but de laisser une trace de soi : correspondance privée, carnets de voyage, journaux personnels, notations diverses ? Les ethnologues se sont intéressés de longue date à cette question1. Mais comment lire ces écrits ordinaires dès lors qu’ils sont le fait d’auteurs devenus des figures majeures dans leur champ littéraire national respectif, tels que Rimbaud (1854-1891), Mansilla (1851-1913), Schliemann (1822-1890) ? Comment lire des écrits sans visée littéraire ? Et en quoi des textes sans valeur pourraient-ils s’inscrire dans le champ des études littéraires et être institués en objet d’étude en tant que tels ? C’est tout l’intérêt de l’ouvrage d’Annick Louis d’ouvrir de nettes perspectives sur ces questions en prenant comme objet d’étude transnational un corpus constitué d’écrits hétérogènes qui relèvent du récit de voyage, de l’autobiographie, de la biographie, de la correspondance, mais aussi de ce que l’auteure appelle « l’auto-bio-fiction », et qui, avec l’ensemble des constructions anecdotiques suscitées par tous ceux qui accèdent à la célébrité littéraire – une célébrité mondiale dans le cas de Rimbaud – contribuent à dessiner leurs légendes.

  • 2 Traduit par Odile Begué sous le titre Une Excursion au pays des Ranqueles, Paris, Bourgois, 2008.
  • 3 Mentionné par Annick Louis, p. 52.

2Il semble pourtant n’y avoir aucun rapport entre l’ex-poète Arthur Rimbaud devenu commerçant en Abyssinie, l’écrivain et colonel argentin Lucio Victorio Mansilla, auteur notamment d’une célèbre relation de voyage publiée en 1870, Una escursión a los indios ranqueles2, et l’Allemand Heinrich Schliemann, commerçant polyglotte, voyageur et archéologue autodidacte, célébré à travers ses nombreux récits et journaux de fouilles archéologiques comme « l’inventeur » du site de Troie. Certes, tous trois s’inscrivent dans un moment chronologiquement comparable, le dernier tiers du xixe siècle, sans que cela soit suffisant pour les relier de quelque façon, d’autant plus qu’ils ont évolué dans des espaces géographiques fondamentalement différents : Harar et la région de l’Ogaden pour Rimbaud, la pampa argentine pour Mansilla (mais qui voyagea également dans de nombreux pays et séjourna un temps en France), le site archéologique d’Hissarlik en Turquie pour Schliemann (entre autres, car Schliemann a voyagé pratiquement dans le monde entier). Quelque chose pourtant les réunit étroitement, et qui est à l’origine de l’enquête d’Annick Louis : le fait qu’ils soient tous trois des « voyageurs savants », autrement dit des explorateurs, soucieux de produire du savoir sur les territoires traversés ainsi que sur les peuples qui y vivent, selon un modèle qui, à l’époque où l’ethnologie n’est pas encore scientifiquement constituée comme discipline, s’inscrit dans le champ ouvert par la géographie, seule à même alors de fournir aux voyageurs un cadre de références à vocation scientifique. Tous trois ont d’ailleurs établi des liens particuliers avec la Société de géographie de Paris : Schliemann y cultivera des amitiés qui l’aideront à réaliser son projet de s’instituer comme un archéologue véritablement professionnel, et non plus amateur, reconnu par les sociétés savantes de son temps ; Mansilla verra la relation de son expédition sur le territoire des Indiens ranqueles primée par la Société de géographie de Paris. Quant à Rimbaud, durant ses dix années de vie à Harar, dans la décennie 1880, il nourrira longtemps le projet de publications savantes, se rêvant en correspondant de la Société de géographie de Paris, auprès de laquelle il sollicitera – sans succès – un soutien financier pour des expéditions qu’il projetait de faire dans le pays Gallas. Sa correspondance témoigne d’ailleurs de cette ambition de se voir socialement reconnu comme explorateur professionnel : voir ses nombreuses demandes, auprès des siens, de livres spécialisés, d’instruments scientifiques. Il sollicitera également l’acquisition d’un appareil photo (le célèbre appareil au nom prémonitoire, « Le Touriste », inventé par Ernest Théophile Enjalbert3), qu’il comptait utiliser pour illustrer un livre sur le Harar destiné à la Société de géographie de Paris. On sait que Rimbaud n’ira pas au bout de ce projet, faute du soutien financier nécessaire (il se verra d’ailleurs contraint de vendre son appareil photo), faute d’appuis suffisants, mais surtout, peut-être, en raison de sa vie épuisante à Harar. Reste que son rapport sur « l’Ogadine » fut apprécié par la Société de géographie de Paris (qui le publia dans son bulletin) et que la relation d’une de ses expéditions, publiée en deux parties par Le Bosphore égyptien des 25 et 27 août 1887, fut remarquée par la communauté des explorateurs et commerçants français connaisseurs de cette région.

  • 4 L’incompréhension de ses amis parisiens se traduit à travers les sobriquets moqueurs dont ils affub (...)
  • 5 Annick Louis rappelle que Rimbaud exprima à plusieurs reprises auprès des siens, singulièrement sa (...)
  • 6 Alain Borer, Rimbaud en Abyssinie, Paris, Seuil, 1984, p. 118.

3Rien ne prédisposait pourtant Rimbaud à une vie de commerçant aventureux, qui le vit s’échiner au métier ingrat consistant à vendre toutes sortes de marchandises (casseroles, armes à feu et autres produits venus d’Europe) dans un environnement politico-commercial pour le moins complexe. Les commentateurs se sont longtemps interrogés sur le mystère qui conduit Rimbaud à tourner le dos à la poésie, et à ce qui aurait pu être une carrière d’écrivain transgressif fêté par la bohème parisienne, pour se consacrer au commerce et à l’exploration géographique4. Comme le rappelle Annick Louis, deux interprétations ont longtemps prévalu : l’une, radicale, estimant que Rimbaud aurait renié la littérature pour se convertir à une vie dédiée au commerce avec l’espoir d’un embourgeoisement possible (s’enrichir, se marier, avoir des enfants5) ; l’autre, romantique (celle d’un Alain Borer, par exemple), postulant qu’il n’y aurait pas deux Rimbaud, mais un seul et même explorateur halluciné poursuivant ailleurs sa quête visionnaire, comme si l’exil à Harar, ce lieu « excrémentiel » au dire de Borer6, était une manière de continuer la poésie par d’autres moyens. Annick Louis, quant à elle, en propose une troisième, consistant à relever ce qu’il y a de fondamentalement identique dans l’une et l’autre vie de Rimbaud, à savoir une instabilité fondamentale qui le pousse à fuir tout endroit perçu dans la durée comme une entrave à sa liberté de mouvement. S’expliqueraient ainsi les premières fugues qui conduisent le jeune Rimbaud dans la bohème littéraire du Paris des années 1870, mais dans laquelle il ne tarde pas à étouffer d’ennui, de même qu’il ne tarde pas à fausser compagnie à ce compagnon transitoire qu’aura été Verlaine. Toute la vie de Rimbaud s’éclaire si l’on prend en compte ce désir de mobilité permanent : après les fugues de l’adolescence, l’errance, en Europe d’abord, à Java ensuite, pendant un temps, puis Aden, l’Égypte, l’Abyssinie, Harar où il « nomadisera » à l’occasion de ses multiples caravanes, menant une vie exténuante faite de marchandages, de transactions rarement fructueuses, d’explorations – mais aussi d’ennui, un ennui pour ainsi dire existentiel dont toute sa correspondance témoigne.

4Heinrich Schliemann fut, lui, en un sens, tout ce que Rimbaud aurait rêvé d’être : un commerçant enrichi, amoureux des voyages, père de famille, et dont sa passion pour Homère le conduisit à s’improviser archéologue amateur dans le but de retrouver le site originel de Troie. Ses nombreux récits publiés, soit en français (Ithaque, le Péloponnèse, Troie. Recherches archéologiques, 1869), en allemand (Trojanische Alterthümer. Bericht über die Ausgrabungen in Troja, 1874), ou en anglais (Troja. Results of the Latest Researches on the Site of Homer's Troya, 1884), parmi beaucoup d’autres, témoignent du désir de passer du statut de simple découvreur à celui d’archéologue reconnu internationalement par les sociétés savantes de son temps. Mieux encore : construisant dans ses écrits autobiographiques son image de « héros de la science », il parvint à la faire valider aussi bien auprès du grand public que des spécialistes, de sorte que, de même que les écrits non littéraires de Rimbaud alimentèrent tout autant que sa poésie le mythe du poète « voleur de feu », l’imbrication hétérogène des différents écrits de Schliemann contribua pareillement à la fabrication de son personnage.

5Le contexte qui fit de Mansilla un « touriste explorateur », selon la formule d’Annick Louis, est celui de la scène politico-culturelle de l’Argentine des années 1870, qui voit l’élite de Buenos Aires partagée quant aux actions à entreprendre auprès des populations indigènes de la pampa, perçue à l’époque comme une région-frontière, un « désert ». Mansilla, membre de cette élite, fils d’un colonel héros de guerre, lui-même promu colonel après sa participation à la guerre dite de la Triple Alliance, mais également journaliste et homme de théâtre, est amené à s’intéresser aux populations amérindiennes de la province du Chaco, où il est envoyé en mission entre mars et avril 1870. Il en retirera tout d’abord un rapport officiel, « Cuadro completo del estado de los toldos » (« Tableau complet de l’état des tentes »), puis des lettres relatant ses observations publiées dans un journal de Buenos Aires, La Tribuna, entre mai et septembre 1870, lettres qui seront reprises et publiées en volume la même année sous le titre Una escursión a los indios ranqueles. Le succès rencontré et par les lettres et par le livre contribua à faire de Mansilla une figure majeure d’un champ littéraire argentin encore en voie de constitution, non sans ambigüité : dépourvu d’exotisme, le regard que porte Mansilla sur les Indiens va à l’encontre du racisme positiviste de son époque et témoigne d’une curiosité de type ethnologique qui n’est pas sans faire penser à la façon dont Rimbaud observait les particularités des populations du Harar.

6Annick Louis voit un autre trait commun à Rimbaud, Mansilla et Schliemann : leur façon de convertir leur expérience du terrain en capital symbolique, grâce à des écrits « destinés à s’inscrire dans la culture d’origine des voyageurs, non pas comme de la littérature d’imagination […], ni comme des textes qui répondent à la tradition du récit de voyage, mais en se projetant contre plusieurs genres reconnus et institutionnalisés, sans, cependant, s’identifier pleinement à l’un d’entre eux » (p. 127). Ce trait est nettement visible chez Mansilla dans sa manière de se détacher et de la tradition du récit d’expédition militaire, et du genre du récit de voyage alors en vogue en Argentine, ou dans son choix d’utiliser dans Una escursión une langue orale écrite qui le distingue de ses contemporains. Quant à Schliemann, dont les premiers textes recourent à un mode d’écriture mixte, entre journal et récit de voyage, on le voit pratiquer de plus en plus dans ses publications une forme d’écriture lettrée où le récit de voyage et l’exposé savant s’enchevêtrent, le tout entremêlé d’anecdotes visant notamment à suggérer la persistance du passé homérique dans le présent des populations locales.

  • 7 On peut consulter sur le site de Gallica une version numérisée de l’article de Rimbaud publié dans (...)
  • 8 « Quand je pense qu’il y a deux ou trois ânes qui se sont imaginé avoir reconstitué la vie de Rimba (...)

7Mais c’est chez Rimbaud qu’on perçoit le mieux l’effet produit par une écriture abandonnant tout recours à des codes littéraires établis. De fait, pour tous ceux qui ne se remettent pas de son adieu à la poésie, il y a quelque chose de déconcertant à lire l’écriture sèche, très peu personnelle, d’un Rimbaud affectionnant le style du rapport ou du compte rendu géographique. Faut-il malgré tout y lire quelque chose qui relèverait d’une forme de créativité expressive ? C’est ce que semble penser Annick Louis, qui procède à une analyse fine des marques d’énonciation, aussi bien dans le rapport de l’expédition dans l’Ogaden que dans la relation publiée par Le Bosphore égyptien7 : absence de récit, absence de description, absence d’exotisme, mais formes d’énonciation flottantes passant d’un « je » à un « on » ou un « nous » et ayant pour effet de transmettre une rumeur collective, celle des voyageurs et commerçants européens au sujet des événements locaux, des populations, des visées des uns et des autres, notamment celles de Ménélik. Il y aurait ainsi, derrière tous ces modalisateurs suggérant la distance de l’énonciateur par rapport à ce qu’il décrit, ou s’abritant derrière les points de vue des différents acteurs (les Européens, les populations locales, Joannès, Ménélik), une forme d’orchestration quasi romanesque mettant aux prises des individus menant leurs actions « en fonction de sentiments et d’envies personnelles » (p. 145). Annick Louis va même jusqu’à suggérer, à propos de l’effacement du sujet qu’on constate dans les deux relations du Bosphore égyptien, qu’il y a là quelque chose « qui rappelle […] la correspondance de sa jeunesse, en particulier la lettre dite du ‘voyant’ » (p. 145). Quant à la correspondance ultérieure, notamment les lettres à sa famille où l’on attendrait de Rimbaud qu’il donne des détails précis, concrets, sur sa vie à Harar, elle se montre singulièrement sobre, voire elliptique – abondant, en revanche, en plaintes et récriminations : ennui noir et profond, vie de labeur épuisante, difficultés matérielles, difficultés à comprendre les codes régissant les échanges commerciaux, les relations avec l’administration de Ménélik, etc. Étonnamment, même quand il se plaint de tout cela, il y a dans le ton de ses lettres une forme d’absence à soi, comme si même ses écrits les plus intimes prenaient la forme d’un soliloque comme déserté par son auteur, de sorte que même sa correspondance paraît curieusement inhabitée. Reste que Rimbaud pratique une correspondance qui s’adapte à chacun de ses destinataires, marquée bien plus par « les attentes qu’il attribue à ceux-ci » que par ses propres états d’âme, ce qui fait dire à Annick Louis qu’« on ne peut pas la considérer comme un témoignage véridique » (p. 137) – observation qui rejoint ce que notait déjà Henri Michaux dans Ecuador8.

  • 9 Annick Louis rappelle (p. 156) qu’il y a eu pas moins de trois versions différentes des « œuvres co (...)
  • 10 Annick Louis signale (p. 62) que Rimbaud apprend tardivement, et tout à fait par hasard, à l’occasi (...)
  • 11 Annick Louis cite (p. 247) une lettre de Rimbaud à Demeny, en juin 1871, lui demandant de brûler le (...)

8Il est vrai que lire des « écrits ordinaires » comme les lettres rédigées par Rimbaud durant ses dix années passées à Harar s’avère compliqué, tant l’opération est surdéterminée par la place qu’il occupe, non seulement dans le champ littéraire français, mais dans la mémoire collective et l’imaginaire (inter)national. Annick Louis consacre une longue analyse à l’instabilité constitutive du corpus rimbaldien, y compris le corpus des poèmes, qui s’est construit de manière aléatoire, discontinue9, dans la dispersion. Au point qu’on peut bien dire que les différents éditeurs de ce corpus, depuis Verlaine en 1884 jusqu’à André Guyaux avec la collaboration d’Aurélia Cervoni en 2009, en sont en somme les vrais « auteurs », sachant à quel point Rimbaud s’était désintéressé du sort futur de ses poèmes, dispersés entre les mains de plusieurs personnes10 – au point de les vouer même à la destruction11. Quant au devenir éditorial de sa correspondance, elle n’échappe pas à ce processus d’une constitution erratique, depuis les premières publications incomplètes, mutilées (voire censurées) dues à Paterne Berrichon, jusqu’aux plus récentes éditions (celles de Jean-Jacques Lefrère aux éditions Fayard), qui donnent ainsi à voir un ensemble longtemps inconnu ou méconnu, peut-être parce qu’il y avait quelque chose d’indésirable, aux yeux de ses tout premiers admirateurs, dans ce Rimbaud comme archéologiquement révélé.

  • 12 La présente recension ne rend compte de l’ouvrage, composé de six parties, qu’à travers ses apports (...)

9Se situant au carrefour des études littéraires et des sciences humaines, l’ouvrage d’Annick Louis est un exemple particulièrement éclairant de tout ce que peut une approche holistique, appréhendant des corpus d’écrits dans leurs contextes à la fois éditorial, social, culturel et géographique12. De plus, par le choix de ses corpus, l’auteure revendique le fait de déplacer des frontières étroitement disciplinaires en substituant à « l’écriture littéraire », fondée sur la notion de valeur, un nouvel objet, « l’écriture lettrée non littéraire », qui appelle de ce fait à un renouvellement des outils et des méthodes d’analyse. Gageons que ce qu’il est convenu d’appeler les études littéraires – en particulier celles qui se donnent comme champ de recherche les écrits viatiques – gagneraient à s’engager dans cette voie.

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Notes

1 Voir l’ouvrage dirigé par Daniel Fabre, Écritures ordinaires, Paris, P.O.L., 1993, cité par Annick Louis.

2 Traduit par Odile Begué sous le titre Une Excursion au pays des Ranqueles, Paris, Bourgois, 2008.

3 Mentionné par Annick Louis, p. 52.

4 L’incompréhension de ses amis parisiens se traduit à travers les sobriquets moqueurs dont ils affublent « l’Ardennais disparu » : voir les lettres de Delahaye à Verlaine où il désigne Rimbaud comme « l’Hottentot », « le Sénégalais », « le voyageur toqué » (cité par Annick Louis p. 222-223).

5 Annick Louis rappelle que Rimbaud exprima à plusieurs reprises auprès des siens, singulièrement sa mère, le désir de se marier et d’avoir des enfants : voir ce passage dans sa correspondance (cité par Annick Louis p. 226), où il rêve de l’éducation de type scientifique qu’il aurait aimé donner à un fils.

6 Alain Borer, Rimbaud en Abyssinie, Paris, Seuil, 1984, p. 118.

7 On peut consulter sur le site de Gallica une version numérisée de l’article de Rimbaud publié dans Le Bosphore égyptien les 25 et 27 août 1887 [En ligne] URL : http://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k62093045/f15.image.r (consulté le 19/07/23).

8 « Quand je pense qu’il y a deux ou trois ânes qui se sont imaginé avoir reconstitué la vie de Rimbaud d’après sa correspondance ! Comme si des lettres à sa sœur, à sa mère, à un pion, à un copain, livraient quoi que ce soit. » Henri Michaux, Ecuador, Paris, Gallimard, « L’imaginaire », 2006 (1929), p. 49-50.

9 Annick Louis rappelle (p. 156) qu’il y a eu pas moins de trois versions différentes des « œuvres complètes » de Rimbaud dans « La Pléiade », datant respectivement de 1951, 1972 et de 2009.

10 Annick Louis signale (p. 62) que Rimbaud apprend tardivement, et tout à fait par hasard, à l’occasion d’un courrier que lui adresse le 29 février 1888 un certain Pierre Bourde, rédacteur du Temps, qu’il est dorénavant célébré par le tout Paris littéraire, ce qui apparemment le laisse froid.

11 Annick Louis cite (p. 247) une lettre de Rimbaud à Demeny, en juin 1871, lui demandant de brûler les textes qu’il lui a remis auparavant. Elle relève également (p. 230) que Verlaine, qui prit l’initiative de publier les poèmes de Rimbaud, anticipait, dans sa présentation des Poètes maudits en 1884, le fait que Rimbaud aurait désapprouvé cette publication.

12 La présente recension ne rend compte de l’ouvrage, composé de six parties, qu’à travers ses apports considérés comme les plus essentiels, sans tenter d’en restituer l’architecture : le plan adopté par Annick Louis, consistant à appréhender son triple corpus selon plusieurs angles d’approche successifs, conduit en effet à d’inévitables redites. C’est la seule réserve qu’on pourrait formuler quant à la rédaction de cet ouvrage remarquable (outre un nombre anormalement élevé de coquilles, erreurs orthographiques, mots omis ou au contraire redoublés).

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Pour citer cet article

Référence électronique

Gilles Louÿs, « Annick Louis, Homo Explorator. L’écriture non littéraire d’Arthur Rimbaud, Lucio V. Mansilla et Heinrich Schliemann »Viatica [En ligne], 11 | 2024, mis en ligne le 06 février 2024, consulté le 20 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/viatica/3846 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/viatica.3846

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Auteur

Gilles Louÿs

Centre des Sciences des litt

ératures en langue française, Université Paris Nanterre

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