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Aux portes de la nation. Une histoire par en bas de la frontière franco-allemande (1871-1914)

Thèse de doctorat en histoire, soutenue le 8 octobre 2021 à l’Institut Universitaire Européen et l’université de Strasbourg
Benoit Vaillot

Texte intégral

1Cette thèse a bien sûr l’objectif premier de contribuer à l’histoire d’une frontière particulière dont on n’avait jamais retracé de façon exhaustive la naissance, la vie et la disparition. Il s’agit aussi, de façon plus générale, de contribuer à l’historiographie des frontières. Cependant, ce travail doctoral a surtout pour ambition de contribuer à une réflexion sur l’histoire sociale, culturelle et politique de la fin du XIXe siècle et d’interroger, autrement que par en haut, ce que l’on appelle « l’État-nation ».

2Au long de cette recherche, un fil rouge a guidé toutes les interrogations : celui de la construction des souverainetés et des identités nationales par en bas. Autrement dit : en quoi la frontière franco-allemande entre 1871 et 1914 est-elle un lieu privilégié qui permet à l’historien d’analyser la fabrique de la souveraineté et des identités nationales ? Pour répondre à cette question et analyser de façon pragmatique ces deux concepts abstraits, il a fallu non seulement recourir à une approche convoquant des objets relativement classiques pour étudier une frontière, mais aussi inventer des objets inédits qui permettent d’approfondir la réflexion.

3La thèse se compose de trois parties : la première, chronologique, retrace toute l’histoire de cette nouvelle limite de souveraineté, de sa création durant la guerre de 1870 jusqu’à sa disparition de facto lors des premiers combats de la Première Guerre mondiale. Les deux parties suivantes, thématiques cette fois-ci, proposent d’approfondir la problématique de la souveraineté et des identités par en bas, en s’attachant à en explorer les contours de la façon la plus concrète. Ce plan est le plus pertinent pour embrasser la totalité des thèmes abordés et ouvrir de nouveaux fronts historiographiques, centrés sur des objets de recherche pionniers.

4Au fil de la première partie, nous mettons en évidence la succession de différents « régimes frontaliers » oscillant entre ouverture et fermeture, le phénomène de « durcissement » de la frontière, au sens figuré comme au sens propre, et la façon dont les populations locales se sont accommodées ou non de cette ligne imaginaire aux conséquences bien concrètes dans leur vie quotidienne. C’est ensuite par une approche thématique et diachronique qu’il faut s’efforcer de saisir la complexité de la construction étatique et identitaire, dans une perspective transnationale qui opère au plus près de la frontière.

5La deuxième partie se concentre sur la frontière franco-allemande comme laboratoire de la souveraineté. À travers les différents thèmes étudiés dans cette partie (le contrôle et la surveillance, la nationalité et l’empreinte écologique de la frontière), nous avons eu à cœur de montrer comment la souveraineté s’est déployée de façon tangible, tout au long de la frontière.

6 La troisième partie, quant à elle, se centre sur l’appropriation de la nation et la construction des sentiments d’appartenance collective dans une perspective d’histoire sociale, culturelle et politique. À travers l’étude des activités associatives sportives, touristiques et mémorielles locales, nous avons approché à une échelle infra-politique, au plus près des corps et des esprits, les pratiques quotidiennes et banales des habitants qui nationalisent l’espace.

7Tout au long de cette thèse, nous nous sommes attaché à étudier la frontière à travers une frontière. Les différentes dynamiques intéressant la souveraineté et l’identité nationale que l’on saisit à la frontière franco-allemande de 1871 se retrouvent en effet, à l’époque contemporaine, dans d’autres configurations frontalières. Cependant, la frontière franco-allemande a constitué un laboratoire de la souveraineté où ont été expérimentés des dispositifs ultérieurement étendus aux autres frontières européennes au cours du XXe siècle. À bien des égards, cette frontière porte en elle les germes des profondes transformations que connaîtront la souveraineté et l’identité nationale après la Première Guerre mondiale.

8La thèse est accompagnée d’un site internet (https://www.border1871.eu) en français, en allemand et en anglais, qui propose aux lecteurs d’entrer dans le cabinet du chercheur, en lui donnant accès à une base de données des incidents survenus à la frontière franco-allemande entre 1871 et 1914, ainsi qu’à de nombreuses ressources archivistiques et documentaires (annexes, archives, bibliographie, cartes historiques, cartes postales, sons, etc.).

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Pour citer cet article

Référence électronique

Benoit Vaillot, « Aux portes de la nation. Une histoire par en bas de la frontière franco-allemande (1871-1914) »Trajectoires [En ligne], 16 | 2023, mis en ligne le 13 mars 2023, consulté le 23 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/trajectoires/9815 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/trajectoires.9815

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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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