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Dossier thématique
Partie 3 : La ville vécue par les enfants

De l’(in-)hospitalité des lieux urbains pour les enfants

About (in-)hospitality of urban spaces for children
Nadja Monnet

Résumés

Face au diagnostic connu depuis plusieurs décennies et de plus en plus martelé par les médias d’une désertion de certaines jeunesses des espaces extérieurs dans bon nombre de nos villes occidentales, ce texte s’intéresse aux causes de cette situation et pointe les nouvelles tendances en cours, en se basant sur la littérature existante mais également sur des expériences de terrain. L’auteure pointe les manières de faire place aux enfants mais également les façons de celles et ceux-ci de prendre place dans les espaces qu’elles et ils fréquentent au quotidien.

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Texte intégral

  • 1 Voir à ce sujet l’article d’Annalisa Lollo dans ce dossier.

1Malgré la Convention des droits de l’enfant du 20 novembre 1989 où est reconnue la pleine citoyenneté des enfants dès leur naissance, les sociétés occidentales peinent à reconnaître que filles et garçons ne sont pas des « citoyen·ne·s en devenir » mais de véritables concitoyens et concitoyennes à part entière. Les jeunes générations ne sont pas souvent autorisées à intervenir dans les débats publics. L’étymologie latine du terme les enfants (infantes), qui signifie « ceux qui ne parlent pas », semble encore fortement d’actualité dans la conception des adultes envers les jeunes générations. Leurs paroles sont peu souvent prises au sérieux. Ces « sans voix » n’ont que de rares possibilités d’expression publique même si, depuis quelques temps, des dispositifs, tels que les conseils d’enfants et/ou d’adolescents tentent de palier cette situation. Ils et elles sont également encore trop souvent considérés comme peu capables de discernement et donc peu consultés sur l’organisation de leur cadre de vie, bien que des signes de changements commencent à poindre avec leur implication dans le réaménagement de squares, cours de récréation ou parvis d’école, par exemple1. Néanmoins, le plus souvent, même s’il existe des exceptions qui confirment la règle depuis le début des années 1990, comme à Fano (en Italie) notamment, mais aussi à Pontevedra (en Espagne) et dans d’autres villes des suds, ce sont encore les grands oubliés dans les réflexions sur les aménagements de leurs espaces de vie, particulièrement en milieu scolaire et dans la réflexion sur les espaces communs extérieurs, mais aussi dans l’espace public en tant que lieu du débat d’opinions dans la cité.

  • 2 Sans pouvoir déployer ici les raisons qui m’ont menée à sélectionner ces trois entités urbaines, me (...)
  • 3 Augustin Berque, « Milieu et identité humaine », dans : Milieu et identité humaine ; notes pour un (...)

2Les réflexions qui suivent découlent d’observations de trois cas d’études de tailles bien différentes, aux caractéristiques difficilement comparables : les villes de Pontevedra en Espagne (à peine 84 000 habitants), de Marseille en France (proche du million), ainsi que le canton-ville de Genève (un peu plus d’un demi-million)2. Dans chacun d’eux sont pointées les récurrences et les spécificités dans le corps à corps de ces jeunesses urbaines avec leur milieu. Ce dernier est compris selon la définition qu’en donne Augustin Berque3, à savoir que le milieu ne se résume pas à un espace fréquenté. Différent du concept d’environnement (qui est un objet externe et abstrait par la science), le milieu, pour Augustin Berque, n’est pas séparable de l’humain. C’est la relation dynamique entre les corps individuels et le contexte socio-éco-techno-symbolique nécessaire à la survie des corps individuels et collectifs. Au-delà des caractéristiques d’un territoire, c’est la somme des croyances et us et coutumes des personnes qui façonnent les lieux ; tout comme les qualités des espaces et leur peuplement impactent habitudes et imaginaires des habitants.

De la ville à l’anti-ville

  • 4 Philippe Ariès, « L’enfant et la rue, de la ville à l’antiville », dans : Essais de mémoire, 1943-1 (...)

3Dans le contexte francophone, le texte fondateur de Philippe Ariès4 de la fin des années 1970 est encore fortement mobilisé quand il s’agit de comprendre « les alliances et mésalliances entre la ville et l’enfant », pour reprendre les termes introductifs au séminaire éponyme à ce dossier, ouvert par Christophe Meunier en novembre 2021. Sans partager unanimement le pessimisme d’Ariès sur la fin des usages enfantins dans les rues de nos villes, métropoles, voire mégapoles, sa proposition d’associer le changement du rapport des enfants à la rue à un changement de concept pour parler d’espaces urbains est intéressante. Pour lui, les villes françaises des années 1970 basculent de la ville à l’antiville avec l’urbanisme fonctionnaliste et le règne du « tout-voiture ».

4En début de texte, Philippe Ariès pointe bien d’autres facteurs (beaucoup moins développés dans son argumentaire) que la présence des voitures dans les rues et les transformations viaires, urbanistiques et paysagères, que l’augmentation de la circulation automobile engendre. Il laisse donc entrevoir que le phénomène a plusieurs causes, en soulignant que le regard de la société sur les enfants a changé. Ariès décrit les jeunes générations de l’Ancien Régime comme ayant un rôle important à jouer et occupant une place nécessaire au bon fonctionnement de la collectivité. Enfants et adolescents réalisaient de petites tâches formatives (petites mains ou apprentis des corps de métiers, etc.), voire des travaux considérés comme « impurs » (ramassage des ordures, lavage des corps morts, etc.) mais que leur statut d’être en transition vers l’âge adulte leur permettait de réaliser sans se souiller.

  • 5 Didier Lett, « Construire et légitimer l’autorité paternelle et communale dans un procès à San Seve (...)
  • 6 Ibid., p. 500.

5Les analyses des procès au sujet des batailles de cailloux faites par Didier Lett5 mettent en avant des signes de séparation, dès la fin du Moyen Âge, entre enfants et adultes dans leurs occupations, alors qu’elles réunissaient auparavant adultes comme enfants et se déroulaient de manière fréquente tout au long de l’année. Ces joutes commencent à être encadrées par des textes de lois qui tentent d’en venir à bout. Au cours du xve siècle, « sous la pression d’une certaine moralisation de la société [...] on assiste [...] à un processus de “disciplinarisation” juridique des jeux [...] surtout s’ils représentent, comme celui-ci, de graves dangers6 ». Désormais interdites intra-muros, ces batailles de pierres sont encore tolérées si elles se déroulent hors les murs de la ville et si elles sont pratiquées par des personnes de moins de 10 ans. Ce qui fait dire à Didier Lett :

  • 7 Ibid., p. 510.

Sur la scène communale, les pères poursuivent le jeu dont ils ont été dépossédés sous une autre forme, avec d’autres armes, à travers cette procédure inquisitoire, d’un jeu de pierres à un jeu de pères. Ils se lancent des mots. Les paroles ont remplacé les pierres. De ce point de vue, les autorités communales ont réussi à discipliner les citoyens7.

  • 8 Didier Let, Isabelle Robin, Catherine Rollet, « Faire l’histoire des enfants au début du xxie siècl (...)

6Les xviie et xviiie siècles voient naître une abondante littérature destinée aux parents « afin de les guider dans leur ambition de se conformer au modèle de la famille chrétienne idéale8 ». Ce sont peut-être là les premiers signes d’un resserrement de la responsabilité de l’éducation des plus jeunes autour du noyau familial, alors que c’était une tâche plus collective par le passé. À la fin du xixe siècle, les lois interdisent d’abord le travail enfantin, puis les obligent à se rendre à l’école. Ce qui réduit de facto leur présence dans les rues et dans les rouages de la vie quotidienne qui organisent la société. Ces considérations historiques, qui mériteraient plus de développement, laissent entrevoir que le déclin des usages des rues de la part de certaines jeunesses est certainement un phénomène au cours bien plus long (historiquement parlant) que l’avènement massif des transports automobiles.

  • 9 Michelle Perrot, Histoire de chambres, Paris, Éditions du Seuil, coll. « La librairie du xxie siècl (...)
  • 10 Nadja Monnet, Mouloud Boukala (dir.), Enfances, Familles, Générations [en ligne], nº 30, Explorer l (...)

7En même temps que les discours scientifiques (ceux des médecins, des psychologues et d’autres spécialistes) constituent l’enfance et l’adolescence comme des âges bien distincts du reste de la société, des espaces spécifiques leur sont destinés. Les logements se transforment avec l’apparition de couloir en leur sein, la séparation de la chambre des enfants et de celle des parents, l’invention du lit individuel, etc.9. Comme nous l’avons souligné ailleurs10, les corrélations entre les aménagements des intérieurs et des extérieurs ne sont que peu souvent mentionnées quand il est question de réfléchir aux possibilités ou impossibilités de s’aventurer (dans le sens littéral de partir à l’aventure) dans les espaces urbains pour les plus jeunes. Or, les intérieurs spacieux et confortables, dotés d’outils multimédias qui se démultiplient (radio, télévision, ordinateur, tablette, smartphone) sont certainement aussi responsables de la désertion des espaces extérieurs qui, eux, sont toujours plus ordonnés, normés, voire hostiles aux explorations libres des plus jeunes.

  • 11 Pour Maurice Godelier, anthropologue spécialiste de la parenté, nos sociétés occidentales contempor (...)
  • 12 Marie-Pier Girard, « Enfance », Anthropen [en ligne], 5 avril 2019, URL :https://revues.ulaval.ca/o (...)

8Perçus comme des êtres fragiles, voire des biens précieux à préserver de par leur rareté11 ou, pour les adolescents, considérés comme des personnes à risques, voire dangereuses, ces jeunesses sont protégées par des lois qui contraignent leurs parents ou représentants légaux à exercer leur devoir parental jusqu’à leur majorité. Ce qui fait dire à l’anthropologue de l’enfance Marie-Pier Girard12 que les « paramètres structurants de la conception occidentale [de l’enfance sont] : innocence, asexualité, vulnérabilité, incompétence, sacralité, école et jeu » et que ces caractéristiques « ont été essentialisé[e]s » au cours des siècles.

  • 13 Le vieillissement de la population et les baisses drastiques des taux de natalité en cours dans de (...)

9Dans ce contexte d’une certaine pénurie d’enfants13, toujours plus contraignant (voire parfois anxiogène) pour les parents ou tuteurs légaux, il est compréhensible que ceux-ci cherchent à limiter les prises de risques pour leurs descendances ou les personnes qu’ils ont à leur charge. Les horaires et espaces de sorties sont alors fortement contrôlés, les activités en intérieur préférées et des aménagements spécifiques se spécialisent dans l’accueil des jeunes générations (crèche, école, collège, lycée, aires de jeux, centres de loisirs et de sport, etc.) ; avec plus récemment un souci de séparer nettement les tranches d’âges (jeux d’enfants pour les 2-5 ans, les 6-10 ans, les 11-14 ans). Ainsi, des distances s’érigent entre les générations, en terme spatial mais également dans les possibilités d’interactions. Des dispositifs sont mis en place pour les jeunesses en difficultés (éducateurs ou éducatrices de rue, assistantes ou assistants sociaux) ou pour l’encadrement du temps libre (moniteurs/monitrices, animateurs/animatrices), créant des distances entre les générations qui ne dialoguent plus aussi fréquemment entre elles dans la rue, provoquant de la méfiance de part et d’autre. Le tiers spécialiste médie la plupart des relations entre enfants et adultes (autres que celles familiales). Quel adulte oserait de nos jours reprocher sur le vif des actes de vandalisme ou autres attitudes inadaptées à un enfant ou jeune qui habite près de chez lui ou qui fait des bêtises dans la rue ?

Aménagement des espaces dans la « ville garantie » et ludification de nos cadres de vie

  • 14 Marc Breviglieri, « L’enfant des villes. Considérations sur la place du jeu et la créativité de l’a (...)
  • 15 Cité par Francesco Tonucci dans : Por qué la infancia ; Sobre la necesidad de que nuestras sociedad (...)

10Les réflexions de Marc Breviglieri14 (2013, 2022) sur la « ville garantie » dénoncent une ville adultocentrée qui cherche à tendre vers le risque zéro. Cette manière de concevoir nos espaces de vie est en train de devenir la tendance majeure dans la mise en œuvre actuelle des aménagements ou réaménagements de nos cadres de vie mais aussi dans nos habitudes quotidiennes, ce qui a pour conséquence de limiter drastiquement l’autonomie des enfants, qu’il s’agirait de surveiller en toutes circonstances pour les empêcher de se blesser, d’être la proie de tentations fatidiques ou d’agressions. Or, comme le souligne le pédagogue Francesco Tonnucci, la prise de risque est une composante nécessaire de tout jeu et le jeu un des droits fondamentaux de l’enfance, selon la Convention des droits de l’enfant, ratifiée en 1992 par l’ensemble des pays à l’exception des États-Unis. Un enfant résidant à Bogota et participant à l’un des conseils d’enfants du réseau « Ville des enfants » a déclaré que « [p]our s’amuser, il ne faut pas se sentir trop en sécurité15 », laissant entendre par là qu’un excès de sécurité empêche l’amusement.

  • 16 Palomar, « Les enfants comme acteurs urbains », dans : Alessia de Biase, Mónica Coralli, Espaces en (...)

11Le collectif d’architectes italiens Palomar16 parle de « non-autonomie ordinaire » des jeunes enfants en milieu urbain. Dans leur texte, ils détaillent l’impossibilité d’un enfant de 6 ans, autorisé à rentrer seul, de le faire, car il est constamment ramené à la case départ (sa salle de classe) par des adultes qu’il croise sur son chemin : une autre enseignante de l’établissement qui le voit marcher seul dans les couloirs, un parent d’élève dans la cour qui est étonné et inquiet qu’il ne soit pas accompagné par un adulte et, quand il réussit enfin à franchir la grille de l’école, c’est encore le gendarme qui le voit traverser sans adultes au passage piéton qui le ramène à l’école. Un jeune enfant seul dans des lieux publics (place, rue, plage, etc.), sans adultes ou autres enfants à ses côtés, est devenu pour nos sociétés une anomalie. Il est généralement considéré d’emblée comme perdu et rapidement pris en charge (jusqu’à parfois appeler la police) sans le questionner au préalable sur les raisons de sa présence.

  • 17 Sonia Curnier, « Programmer le jeu dans l’espace public ? », Métropolitiques [en ligne], 2014, URL  (...)
  • 18 Francesco Tonucci, La ville des enfants. Pour une [r]évolution urbaine, Marseille, Parenthèses, 201 (...)
  • 19 Thierry Paquot, Pays de l’enfance, Paris, Éditions Terre Urbaine, collection l’Esprit des Villes, 2 (...)

12Cette volonté de tendre vers le risque zéro se produit de manière différente d’un contexte national à l’autre, voire d’une ville à l’autre, mais elle semble de plus en plus présente et en point de mire des transformations apportées aux aménagements urbains. Sonia Curnier17, architecte-chercheuse à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, montre comment les aménagements urbains norment et contrôlent la pratique du jeu. Francesco Tonucci écrit que « l’enfant [de nos jours] ressemble plus à un hamster [qui tourne dans la roue qui lui est traditionnellement installée dans sa petite cage] qu’à un explorateur, un aventurier ou un inventeur18 ». L’urbanisation de nos cadres de vie, qui va de pair avec de nombreuses craintes parentales, dépossèdent les enfants d’un espace d’exploration et d’expérimentation en autonomie. Ils sont enfermés dans des espaces spécifiquement pensés à leur attention. Les « parkings à enfants », dénoncés par Thierry Paquot19, sont rapidement standardisés. Les mêmes éléments se retrouvent systématiquement dans les aires de jeux : cheval sur ressort, toboggan, tourniquet, balançoire.

  • 20 Pour plus de détails sur l’histoire des aires de jeux, se référer à Nadja Monnet, B comme balançoir (...)

13La systématisation de leur mise en place aux États-Unis, au début du siècle dernier, démontre une volonté de « sortir les enfants des rues », non seulement pour redresser les corps et les esprits mais également pour faciliter le transit des piétons, des vélos et des véhicules à traction animale dans un premier temps, puis de la circulation motorisée20. Souvent, des barrières entourent les aires de jeux pour démarquer clairement leur emprise. Pensées initialement comme un espace d’apprentissage des codes sociétaux pour la progéniture des populations migrantes aux États-Unis ou les enfances considérées à risque, elles sont surveillées par un gardien. Bien souvent, quand le concept est revenu en Europe, cette figure n’est plus présente, sauf sur les terrains d’aventure qui sont des espaces aux antipodes des aires de jeux planifiées. Sur ceux-ci, les enfants co-construisent avec l’appui des adultes leurs espaces de jeu. L’adulte n’est donc plus là pour surveiller mais pour accompagner l’enfant dans ses initiatives et ses envies.

  • 21 Voir le texte de Thomas Champion dans ce numéro.
  • 22 Actuellement à 25 minutes en transport en commun du centre-ville de Copenhague.
  • 23 Ferdinand Cazalis, « Le gouvernement des playgrounds. Histoire fragmentée des aires de jeux, 1770-2 (...)
  • 24 Tom Wilkinson parle de junkology. Voir : Tom Wilkinson, « Junkology », dans : Ursula Schulz-Dornbur (...)
  • 25 Voir à ce sujet les travaux rassemblés par Vincent Romany dans Anthologie des aires de jeux au Japo (...)

14L’idée naît au Danemark et plus précisément à Emdrup, en 194321. Le concept est dû au paysagiste Carl Theodor Sorensen qui, pendant l’entre-deux-guerres, constate que les enfants s’amusent intensément sur les terrains vagues, dans les ruines d’immeubles décimés et avec les objets et éléments à disposition sur place. Il propose donc de créer avec le pédagogue John Bertelsen, pendant l’occupation nazie, un junk playground à Emdrup22, pour occuper les enfants dans des jeux constructifs afin qu’ils ne basculent pas dans la marginalité. On retrouve là la volonté de sortir les enfants de la rue pour les en protéger, comme lors de la mise en place des playgrounds aux États-Unis à la fin du xixe siècle, à laquelle s’ajoute, selon Ferdinand Cazalis23, la volonté de transmettre des valeurs de solidarité communautaire et d’auto-gouvernement. Le concept rencontre ensuite un vif succès en Angleterre, où il change de nom. Pour s’acquitter de la référence aux destructions de guerre, le junk playground24 (« aire de jeux de bric et de broc ») deviendra l’adventure playground (ce qui sera traduit, en France, par terrain d’aventure ou terrain pour l’aventure et, en Suisse, par jardin Robinson ou plaine de jeux Robinson). Le concept se diffusera alors inégalement dans le reste du monde. Au Japon, ces espaces sont considérés comme réparateurs suite à des catastrophes (bombe atomique, tsunami, typhon, tremblement de terre, catastrophe de Fukushima, etc.)25.

  • 26 Je parle de réémergence et non d’émergence car, depuis l’invention des aires de jeux, différents co (...)
  • 27 Julia Moutiez, « Du jeu, modèle pour étudier les sociétés humaines, au jeu, outil de gestion, de co (...)

15Depuis quelques années, une volonté d’aménager les espaces autrement émerge à nouveau26 dans les débats publics. Les agences d’architecture et de paysage rivalisent d’ingéniosité pour proposer des expériences motrices variées, conformes aux normes européennes mais également aux législations propres à chaque pays, voire région. Julia Moutiez, doctorante en architecture à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris Val de Seine27, repère un tournant dans la conception des espaces publics dans les années 2000, avec une tendance au tout ludique de plus en plus présente dans nos milieux de vie. Cette ludification de nos espaces de vie se produit à toutes les échelles (au travail, dans la rue, etc.) où on réaménage/adapte les lieux, les protocoles relationnels entre les gens, en faisant des propositions ludiques. Par exemple, une concertation publique qui mobilise le jeu ou des dispositifs ludiques pour l’animer, faire comprendre les transformation en cours, mais aussi l’installation d’objet dans les espaces publics afin d’inciter les passant à faire une pause pour jouer ensemble. Faut-il à tout prix que nos cadres de vie soient « jouables » pour les rendre plus amènes ?

Repenser les liens et (a)ménager les lieux

  • 28 Klo Artières, Baptiste Besse-Patin, Rémi Cardier et al., « L’aventure de Belle-Beille », Sud. volum (...)
  • 29 Sonia Lavadinho, « La bande ludique, un outil innovant pour enrayer l’exode des familles qui contri (...)
  • 30 Sur le sujet voir : Ainhara Del Pozo Nogales, « Revuelta escolar : la construcción de une ciudadaní (...)
  • 31 Pour une description en français de ce projet, se référer à : Laure Ribeiro, « Pour une cité joyeus (...)

16En parallèle de ce renouveau d’attention aux espaces de jeux, en France, des terrains d’aventure réapparaissent depuis 201928 et une réflexion plus générale s’est engagée sur le réaménagement des espaces d’accueil pour l’enfance (cours oasis dans les écoles, désimperméabilisation des sols) ainsi que sur l’accessiblité de ces lieux (rues scolaires pour faciliter la déambulation piétonne des plus jeunes de leur domicile à l’école). Des trames ludiques ont été mises en place à Bruxelles, des urbanistes réfléchissent à des dispositifs attractifs pour inciter les personnes à se déplacer d’un point à un autre à pied29. Des systèmes de trottibus ou pédibus sont mis en place par des mairies pour accompagner les enfants dans leurs déplacements maison-école. À Barcelone, des jours vélibus (déplacements collectifs en vélo pour se rendre ou rentrer de l’école) ont été instaurés par des associations de parents d’élèves pour revendiquer plus d’espaces sans voiture aux entrées et sorties d’école30. Dans cette ville, un projet de super-ilôts est né31, la Maire Ada Colau a débloqué des fonds exceptionnels après la pandémie due à la covid 19 pour réaménager les cours d’école de tous les établissements publics de la ville : de nombreux sols ont été désimperméabilisés ; sable, rondins de bois, cordes et autres éléments naturels jonchent les cours ; des accès à l’eau permettent d’expérimenter avec ces différents éléments ; les espaces ont parfois été végétalisés ou décloisonnés ; les espaces piétons autour des écoles élargis et protégés avec des bacs à fleur ou des bancs. Toutes ces modifications semblent avoir tiré pleinement parti des leçons de la pandémie de covid 19.

Illustration 1 : Cour de l’école publique Gaia, réaménagée à Barcelone © Nadja Monnet, mars 2022.

Illustration 2 : Cour de l’école publique Gaia, réaménagée à Barcelone © Nadja Monnet, mars 2022.

Illustration 3 : Cour de l’école publique Gaia, réaménagée à Barcelone © Nadja Monnet, mars 2022.

Illustration 4 : Cour de l’école publique Pere Vila, réaménagée à Barcelone © Nadja Monnet, mars 2022.

  • 32 À Pontevedra, c'est la place des plus fragiles (catégorie dans laquelle sont englobés les enfants) (...)
  • 33 Nadja Monnet, « Redonner goût à la rue pour faciliter l’autonomie des jeunes citadins », Métropolit (...)

17Dans de nombreuses villes européennes, les pouvoirs publics réfléchissent de plus en plus fréquemment à la manière de retisser des liens entre des tissus urbains, souvent décousus. Rendre la ville accessible aux enfants, c’est la rendre accessible à toutes et tous. Voilà une idée souvent répétée par les architectes qui s’intéressent à l’enfance. Pour Francesco Tonucci, les enfants sont des indicateurs de santé de nos espaces urbains. Si filles et garçons n’y sont pas quotidiennement présents, c’est qu’ils sont malades. À Pontevedra, la volonté de leur rendre la rue est le signe d’une préoccupation que d’autres personnes, comme les personnes âgées mais aussi celle à mobilité reduite, puissent y avoir accès32. D’ailleurs, généralement, les politiques publiques qui s’inquiètent du bien être des plus jeunes en ville portent également une attention particulière et offrent des propositions pour les populations âgées. (Re)donner le goût de la rue aux enfants33 implique de les laisser sortir, de leur permettre de circuler librement et d’explorer de manière active le milieu dans lequel ils et elles vivent.

  • 34 Sylvie Brossard-Lottigier, « Le jeu : un impératif éducationnel », dans : Thierry Paquot (dir.), La (...)
  • 35 Pascale Legué, « Des villes pour les enfants ? », dans : T. Paquot, La ville récréative, op. cit., (...)

18Il faudrait pour cela « qu’ils y soient attendus, qu’ils s’y sentent utiles et non pas seulement occupés, pris en charge […]. Il faudrait, enfin, qu’on leur donne accès au territoire sur lequel d’autres avant nous ont construit la ville, qu’on leur accorde l’espace et le temps d’y jouer34 », sans qu’espace et temps soient constamment et minutieusement définis et planifiés à l’avance et sans négociations au préalable avec eux. Mais est-ce suffisant pour que les enfants, garçons et filles, cessent d’être de « simples consommateurs de lieux » et deviennent de véritables « créateurs d’espaces », selon les termes empruntés à Pascale Legué35 ?

  • 36 Elsa Ramos, François de Singly, « La construction d’un espace “à nous” : la mobilité spatiale à l’a (...)

19Les aménagements des espaces sont certes importants mais ils ne sont pas suffisants. Un travail de tissage et de maillage doit également se faire entre les générations et les différentes classes d’âge. Elsa Ramos et François de Singly36, dans leur comparaison de villes françaises et portugaises, démontrent que les villes françaises sont générationnelles alors que les villes portugaises (auxquelles j’ajouterais les villes espagnoles) sont clairement pluri-générationnelles. Dans ces dernières, la liberté de mouvement des jeunes y semble plus aisée et se fait parmi les adultes, alors qu’en France, elle est davantage restreinte et médiée car elle se déroule davantage avec le groupe des pairs qui évite le contact des adultes.

20La possibilité d’une mobilité indépendante chez les jeunes commence par l’apprentissage de la sociabilité urbaine, qui ne se limite pas aux codes de la route mais demande également d’agir en permanence sur nos représentations pour désamorcer les peurs et les stéréotypes (notamment ceux concernant les rapports de sexe, de race et de classe). Toujours plus d’auteurs mettent en avant le fait que, pour le développement de l’enfant, la ville entière serait le meilleur terrain de jeux, alors que les politiques publiques et les métiers de la fabrique de la ville se sont ingéniés à couper cet espace de jeu toujours davantage du milieu urbain, en aménageant et édifiant des espaces qui lui sont spécifiquement destinés (les écoles, les parcs, les centres de loisirs, etc.). Afin que les jeunesses cessent d’être réduites à de simples consommateurs d’espaces publics, pensés sans elles mais à leur attention, pour qu’elles puissent se sentir davantage accueillies et actrices de leur milieux de vie, il s’agirait de réfléchir avec elles à la manière de réorganiser les pratiques sociales et spatiales en réajustant nos regards sur les uns et les autres.

21Considérer les enfants non pas comme des citadins et des citoyens en devenir mais comme des personnes douées de réflexion et de capacités d’action implique de reconnaître leur potentiel de capacitation (ou agency). Celle-ci, tout comme l’autonomie, n’est pas une qualité innée. Elle s’apprend peu à peu tout au long de la vie. C’est un apprentissage de capacités de réaction face à des situations données, la prise de conscience que les règles du jeu peuvent être modifiées à chaque instant et qu’elles se négocient en permanence. Cette capacité créatrice questionne les relations données comme acquises, remet en question les injustices et les discriminations institutionnalisées. Elle n’est pas forcément rébellion mais plutôt acte de résistance dans les plus petits détails du quotidien : interroger son enfant sur la prise de risque lorsqu’il traverse le passage piéton au rouge, ne pas permettre à son enfant d’intimider verbalement ou au travers d’attitudes corporelles d’autres enfants parce qu’ils sont différents ; apprendre aux filles et aux garçons que les premières ont droit autant que les seconds d’être présentes dans la rue, autant de situations quotidiennes qu’il ne faudrait jamais cesser de rappeler.

22À nous (jeunes et moins jeunes) de renégocier nos différences, non pas avec des actions coups de poing (avec, par exemple, des aires de jeux flambant neuves ou des dispositifs ludiques à l’attention de toutes et tous) mais au quotidien, en invitant et incitant les jeunes et les moins jeunes à occuper différemment les espaces tant publics que privés, à leur faire découvrir les ressources et richesses de leurs espaces de vie. C’est ce que tentait le projet Ethnologues en herbe37, réalisé au début des années 2000, ou, plus récemment, le projet Caminando de la coopérative Hôtel du Nord38, qui a permis à des enfants de trois écoles de découvrir les liens historiques de leur territoire, vécu jusque-là comme morcelé. Ce projet a permis de faire communiquer des enfants et parents d’écoles qui habituellement ne se côtoient pas.

  • 39 Philippe Ariès, « L’enfant et la rue », op. cit., p. 253-254.
  • 40 F. Tonucci, La ville des enfants, op. cit., p. 134.

23Ces initiatives proposent aux enfants de se saisir de leurs espaces de vie, de les analyser, les comprendre, s’y faire une place. Après les avoir tenus à l’écart de la rue (avec l’expansion du concept de playgrounds), un mouvement pour rendre la rue aux jeunes se met en place. Ils sont incités à quitter les espaces intérieurs pour aller à la découverte des possibles d’à côté de chez eux. On les invite à sortir dans la rue, dans les espaces extérieurs proches de chez eux ou autour de leurs écoles. Or, comme l’écrivait déjà Philippe Ariès, à la fin des années 197039, il faut que les adultes aient envie d’être dans la rue pour que les enfants puissent y être également. Francesco Tonnucci dirait que si nous sommes capables de rendre liberté et autonomie aux enfants, ceux et celles-ci offriront en retour beauté, santé et sécurité dans nos villes car, pour lui, l’unique garantie de sécurité ne passe pas par la démultiplication de systèmes sécuritaires (vidéosurveillance, augmentation de la présence policière) mais par la participation, la présence et le contrôle du territoire par les citadins40. Le cœur de son projet de ville aux enfants est le droit des enfants à participer à l’administration de leur milieu de vie et le droit de vivre le jeu librement, sans contrôle excessif. Pour lui, cela ne peut se produire que s’il existe véritablement une volonté et une capacité de traduire les idées des jeunes en une politique adulte.

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Notes

1 Voir à ce sujet l’article d’Annalisa Lollo dans ce dossier.

2 Sans pouvoir déployer ici les raisons qui m’ont menée à sélectionner ces trois entités urbaines, mentionnons qu’elles font partie du projet « Aménager la ville pour les enfants et les adolescents ? Regards croisés sur la place des jeunes à Pontevedra, Marseille et Genève », qui est à l’origine de l’obtention d’une délégation au sein du laboratoire TELEMME (UMR 7303, Aix-Marseille Université, CNRS, Aix-en-Provence, France) de septembre 2022 à août 2023. Ce projet cherche également à éclairer sur le temps long (du Moyen Âge à nos jours) les mécanismes de mise à l’écart des enfants dans nos milieux urbains. Il a bénéficié d’un soutien à la mobilité internationale 2023 de l’Institut des sciences humaines et sociales du CNRS.

3 Augustin Berque, « Milieu et identité humaine », dans : Milieu et identité humaine ; notes pour un dépassement de la modernité, Paris, Éditions Donner Lieu, 2010, p. 51-74.

4 Philippe Ariès, « L’enfant et la rue, de la ville à l’antiville », dans : Essais de mémoire, 1943-1983, Paris, Le Seuil, p. 233-254, 1993 [première publication : 1979].

5 Didier Lett, « Construire et légitimer l’autorité paternelle et communale dans un procès à San Severino (Marche) au milieu du xve siècle », dans : Jean-Pierre Genet (dir.), La légitimité implicite, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2015, p. 497-512.

6 Ibid., p. 500.

7 Ibid., p. 510.

8 Didier Let, Isabelle Robin, Catherine Rollet, « Faire l’histoire des enfants au début du xxie siècle : de l’enfance aux enfants », Annales de démographie historique [en ligne], nº 129, 2015/1, p. 251, DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.3917/adh.129.0231.

9 Michelle Perrot, Histoire de chambres, Paris, Éditions du Seuil, coll. « La librairie du xxie siècle », 2009.

10 Nadja Monnet, Mouloud Boukala (dir.), Enfances, Familles, Générations [en ligne], nº 30, Explorer la ville : le rapport aux espaces publics des enfants et adolescents 2018, URL : http://www.efg.inrs.ca/numero/explorer-la-ville-le-rapport-aux-espaces-publics-des-enfants-et-des-adolescents/.

11 Pour Maurice Godelier, anthropologue spécialiste de la parenté, nos sociétés occidentales contemporaines se caractérisent non seulement par la place qu’elles accordent à l’enfance, mais surtout par leur désir d’enfant et la volonté de le satisfaire à tout prix quels qu’en soient les moyens (adoption, insémination artificielle, reproduction assistée, gestation pour autrui). Maurice Godelier, Métamorphoses de la parenté, Paris, Fayard, 2004.

12 Marie-Pier Girard, « Enfance », Anthropen [en ligne], 5 avril 2019, URL :https://revues.ulaval.ca/ojs/index.php/anthropen/article/view/30606 [consulté le 20 novembre 2021].

13 Le vieillissement de la population et les baisses drastiques des taux de natalité en cours dans de nombreux pays peuvent également expliquer la faible présence des enfants dans les rues. Il faudrait néanmoins réaliser des études démographiques fines pour le démontrer car, globalement, le taux de natalité français (qui était de 1,83 enfant par femme en 2020, selon l’INSEE) est nettement supérieur à l’espagnol (1,23 pour la même période, selon l’INE), et pourtant l’absence d’enfants dans les rues des villes françaises est nettement plus flagrante qu’en Espagne.

14 Marc Breviglieri, « L’enfant des villes. Considérations sur la place du jeu et la créativité de l’architecte face à l’émergence de la ville garantie », Ambiances [en ligne], 2015, DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/ambiances.509, [consulté le 18 octobre 2021].

15 Cité par Francesco Tonucci dans : Por qué la infancia ; Sobre la necesidad de que nuestras sociedades apuesten definitivamente por las niñas y los niños, Barcelone, Destino Referentes, 2020, p. 132. Traduction faite par l’autrice.

16 Palomar, « Les enfants comme acteurs urbains », dans : Alessia de Biase, Mónica Coralli, Espaces en commun ; nouvelles formes de penser et d’habiter la ville, Paris, L’Harmattan, 2009, p. 207-224.

17 Sonia Curnier, « Programmer le jeu dans l’espace public ? », Métropolitiques [en ligne], 2014, URL : https://metropolitiques.eu/Programmer-le-jeu-dans-l-espace.html.

18 Francesco Tonucci, La ville des enfants. Pour une [r]évolution urbaine, Marseille, Parenthèses, 2019, p. 47.

19 Thierry Paquot, Pays de l’enfance, Paris, Éditions Terre Urbaine, collection l’Esprit des Villes, 2022.

20 Pour plus de détails sur l’histoire des aires de jeux, se référer à Nadja Monnet, B comme balançoire, Paris, Éditions Boa, coll. « Abécédaire de la transformation urbaine », 2023.

21 Voir le texte de Thomas Champion dans ce numéro.

22 Actuellement à 25 minutes en transport en commun du centre-ville de Copenhague.

23 Ferdinand Cazalis, « Le gouvernement des playgrounds. Histoire fragmentée des aires de jeux, 1770-2010 », Jef Klak [en ligne], 2018, URL : https://www.jefklak.org/le-gouvernement-des-playgrounds/.

24 Tom Wilkinson parle de junkology. Voir : Tom Wilkinson, « Junkology », dans : Ursula Schulz-Dornburg, Huts, Temples, Castles ; Jongensland Oost, 1969-70, Londres, Mack editions, 2022, sans pagination.

25 Voir à ce sujet les travaux rassemblés par Vincent Romany dans Anthologie des aires de jeux au Japon, Dijon, Les Presses du réel, 2019.

26 Je parle de réémergence et non d’émergence car, depuis l’invention des aires de jeux, différents courants s’opposent sur leur mise en œuvre. En Europe, Aldo Van Eyck, qui conçut plus de 700 aires de jeux entre 1947 et 1978 à Amsterdam, est certainement une figure majeure et la plus connue pour ses réalisations et ses réflexions sur l’aménagement des aires de jeux dans la ville. À ce sujet, se référer à Aldo Van Eyck, « Sur le design des installations de jeu et l’aménagement des aires de jeux », dans : Vincent Romagny (dir.), Anthologie. Aires de jeux d’artistes, Gollion, Infolio, 2010 [première publication : 1962], p. 97-114.

27 Julia Moutiez, « Du jeu, modèle pour étudier les sociétés humaines, au jeu, outil de gestion, de conception et de médiation », Sud volumes critiques [en ligne], nº 4, 2020, URL: https://revue.marseille.archi.fr/99-2/.

28 Klo Artières, Baptiste Besse-Patin, Rémi Cardier et al., « L’aventure de Belle-Beille », Sud. volumes critiques, nº 4 [en ligne], 2020, URL: https://revue.marseille.archi.fr/laventure-de-belle-beille/.

29 Sonia Lavadinho, « La bande ludique, un outil innovant pour enrayer l’exode des familles qui contribue à l’étalement urbain ? », LinkedIn, 2022, URL : https://urlz.fr/ltzX [consulté le 25 octobre 2022].

30 Sur le sujet voir : Ainhara Del Pozo Nogales, « Revuelta escolar : la construcción de une ciudadanía ambiental », communication inédite présenté aux IVe Journées internationales d’anthropologie du conflit urbain, Barcelone, 1er décembre 2022.

31 Pour une description en français de ce projet, se référer à : Laure Ribeiro, « Pour une cité joyeuse. La reconquête de la rue par l’enfant », Le visiteur, nº 27, 2022, p. 61-72.

32 À Pontevedra, c'est la place des plus fragiles (catégorie dans laquelle sont englobés les enfants) dans les espaces publics de la ville qui est constamment requestionnée et en point de mire pour penser leur fonctionnement et les rendre accessibles à tous et à toutes. La politique du maire en place depuis les années 1990 prône et déploie de larges moyens pour la réorganisation des usages du viaire, dans une ville où désormais 70 % des voies donne la priorité aux piétons sur les véhicules à moteur.

33 Nadja Monnet, « Redonner goût à la rue pour faciliter l’autonomie des jeunes citadins », Métropolitiques.eu (dossier « Les enfants dans la ville »), 2020, URL : https://metropolitiques.eu/Redonner-gout-a-la-rue-pour-favoriser-l-autonomie-des-jeunes-citadins.html.

34 Sylvie Brossard-Lottigier, « Le jeu : un impératif éducationnel », dans : Thierry Paquot (dir.), La ville récréative, Gollion, Infolio, 2015, p. 60-61.

35 Pascale Legué, « Des villes pour les enfants ? », dans : T. Paquot, La ville récréative, op. cit., p. 51.

36 Elsa Ramos, François de Singly, « La construction d’un espace “à nous” : la mobilité spatiale à l’adolescence », Les annales de la recherche urbaine [en ligne], nº 111, 2016, p. 59–67, DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.3406/aru.2016.3223.

37 Agathe Lopez, « De 7 à 18 ans, les Ethnologues en Herbe étudient leur quartier ! », Tsantsa, nº 10, 2006, p. 105-110.

38 Voir : https://www.hoteldunord.coop/caminando-saint-andre/. Mentionnons, depuis quelques années, l’effervescence d’une littérature (tant dans le champ de la didactique de la géo-histoire ainsi que du paysage que du côté des sciences de l’éducation et de la pédagogie sociale) qui démontre l’importance et les bienfaits d’une éducation faite en dehors des murs de l’école. À titre d’exemple voir : Christine Partoune, Dehors, j’apprends, Liège, EdiPro, 2020 ou Guillaume Sabin, La joie du dehors ; essai de pédagogie sociale, Montreuil, Libertalia, 2019.

39 Philippe Ariès, « L’enfant et la rue », op. cit., p. 253-254.

40 F. Tonucci, La ville des enfants, op. cit., p. 134.

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Table des illustrations

Légende Illustration 1 : Cour de l’école publique Gaia, réaménagée à Barcelone © Nadja Monnet, mars 2022.
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Légende Illustration 2 : Cour de l’école publique Gaia, réaménagée à Barcelone © Nadja Monnet, mars 2022.
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Légende Illustration 3 : Cour de l’école publique Gaia, réaménagée à Barcelone © Nadja Monnet, mars 2022.
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Légende Illustration 4 : Cour de l’école publique Pere Vila, réaménagée à Barcelone © Nadja Monnet, mars 2022.
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Pour citer cet article

Référence électronique

Nadja Monnet, « De l’(in-)hospitalité des lieux urbains pour les enfants »Strenæ [En ligne], 23 | 2023, mis en ligne le 02 février 2024, consulté le 20 juillet 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/strenae/10546 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/strenae.10546

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Auteur

Nadja Monnet

Laboratoire Architecture/Anthropologie, UMR 7218 LAVUE, CNRS
Maîtresse de Conférences à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille dans le champ des Sciences de l’Homme et de la Société pour l’Architecture (SHSA).

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