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La gestion des cours d’eau dans la Barcelone métropolitaine (Espagne) : les enjeux de la valorisation des espaces fluviaux du Llobregat et du Besòs

River Management in Metropolitan Barcelona (Spain): The Challenges of Llobregat and Besòs Regeneration
La gestión de los ríos en la Barcelona metropolitana (España): los retos de la revalorización de los espacios fluviales del Llobregat y el Besòs
Albert Santasusagna Riu
p. 11-23

Résumés

Cet article se concentre sur le cas de la zone métropolitaine de Barcelone, un exemple de régénération urbaine des cours d’eau (Llobregat et Besòs) dans le sud-ouest européen. Depuis l’approbation du premier plan d’expansion de Barcelone (Plan Cerdà, 1859) jusqu’à aujourd’hui, l’administration métropolitaine a essayé de gérer les zones fluviales en leur fournissant différents rôles (agricoles, industriels et récréatifs). Dans tous les cas, les deux cours d’eau partagent des interventions visant leur valorisation. Cet article vise à offrir une analyse historique de cette évolution de la place des cours d’eau dans la planification métropolitaine ainsi qu’à présenter les défis actuels et futurs du système fluvial de Barcelone.

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Texte intégral

Introduction. Les défis de la gestion de l’eau dans les aires métropolitaines européennes

1De nombreuses régions métropolitaines européennes convergent pour envisager des opérations de rénovation urbaine – avec leurs termes homologues de « régénération », « revitalisation » et « valorisation », avec certaines nuances terminologiques (Tallon, 2010) – comme un mécanisme stratégique pour le développement futur dans le cadre de la durabilité économique, sociale et environnementale. C’est le cas, par exemple, de Londres (Appert et Drozdz, 2010), Nantes (Dumont et Dominique, 2006) ou Naples (Rivière, 2011), parmi de nombreuses autres villes. En effet, Londres constitue dans les années 1980 l’un des plus grands promoteurs de la politique urbaine basée sur la régénération avec le projet de requalification des docks de son ancien port (Michon, 2005). Situés dans les arrondissements londoniens de Southwark, Tower Hamlets, Lewisham, Newham et Greenwich, les docks sont transformés en nouveaux espaces résidentiels et de bureaux. Un exemple européen qui, à son tour, a sa principale référence dans d’autres cas précédents des villes portuaires qui subissent des processus similaires (Baltimore, Boston, Chicago, San Francisco et Seattle) et qui constituent les premiers exemples de perte fonctionnelle et de régénération subséquente (Gravari-Barbas, 1991).

2Dans ce contexte, un large éventail d’actions a été déployé à diverses échelles, allant de la réhabilitation des bâtiments à la régénération des quartiers entiers et donnant une place centrale à l’intégration des espaces naturels ou péri-urbains. Cette requalification stratégique des usages et des activités a pour objectif fondamental de promouvoir les valeurs sociales, économiques et environnementales de l’espace régénéré (Roberts et Sykes, 2000) et, en fin de compte, parvenir à une amélioration de l’image urbaine associée à leurs valeurs esthétiques (Paddison, 1993). Une fois ce cadre défini, la gestion des ressources en eau représente également un défi important. De l’échelle micro-locale aux niveaux métropolitain et régional, la gestion de l’eau est considérée par ses techniciens et planificateurs sous de multiples perspectives : des questions telles que l’utilisation rationnelle, la diversité des usages, l’alimentation correcte, des systèmes de purification, l’amélioration de la qualité de l’eau ou le contrôle efficace des risques sont quelques-uns des problèmes qui sont sur la table de toute administration métropolitaine.

3La gestion de l’eau affecte également le traitement des espaces fluviaux et maritimes en tant que ressource paysagère, esthétique et urbaine (Rodrigues-Malta, 2004). Dans ces espaces, trois processus principaux convergent : l’état écologique – ce qui implique une certaine qualité de l’eau –, une adaptation urbaine particulière aux risques liés aux fleuves et, enfin, une promotion de la sociabilité de l’environnement fluvial. Dans certains cas, ces processus ont été abordés d’un point de vue métropolitain et, par conséquent, d’une opération unitaire et conjointe, dans laquelle plusieurs acteurs, politiques et stratégies ont convergé. C’est précisément le cas traité dans cet article : la valorisation des espaces fluviaux dans la zone métropolitaine de Barcelone. Cependant, il ne s’agit pas d’un modèle à tous égards, mais relève plutôt d’un processus qu’il est intéressant d’analyser pour en comprendre les forces et les faiblesses dans le miroir de la soi-disant rénovation urbaine.

I – La zone métropolitaine de Barcelone et le système Llobregat-Besòs comme étude de cas

4Dans le contexte géographique du sud-ouest de l’Europe, la zone métropolitaine de Barcelone représente une surface de plus de 600 km2, comprenant 36 municipalités et un groupe de plus de trois millions de personnes (3 239 337 habitants en 2018). C’est donc l’une des régions les plus peuplées du sud de l’Europe et qui occupe une position stratégique dans la connexion entre l’Espagne et le reste du continent. Une grande partie de ces municipalités métropolitaines sont en bordure des deux principaux fleuves qui traversent la plaine de Barcelone (fig. 1 et tableau 1) : le Llobregat – avec un débit moyen de 20,77 m3/s et une superficie du bassin près de 5 000 km2 – et le Besòs – d’une ampleur faible : 4,33 m3/s et un peu plus de 1 000 km2 de superficie de bassin. Le premier a une importance remarquable pour Barcelone : ses eaux, avec celles du fleuve Ter (17,15 m3/s, 3 010 km2), constituent l’une de principales sources d’approvisionnement pour la consommation urbaine. Le Besòs, d’autre part, a perdu cette importance tout au long de son histoire moderne, bien qu’au début c’était la principale source d’eau du Barcino (la Barcelone romaine).

Figure 1 – Zone métropolitaine de Barcelone (3,1 millions de personnes, 636 km2 et 36 municipalités), ses deux cours d’eau (à l’est, le Besòs ; à l’ouest, le Llobregat) et ses principaux parcs (naturels, agricoles et fluviaux)

Figure 1 – Zone métropolitaine de Barcelone (3,1 millions de personnes, 636 km2 et 36 municipalités), ses deux cours d’eau (à l’est, le Besòs ; à l’ouest, le Llobregat) et ses principaux parcs (naturels, agricoles et fluviaux)

Source : Santasusagna Riu. Orthophotographie à l’échelle originale 1/2 500 (Institut Cartogràfic i Geològic de Catalunya, ICGC)

Tableau 1 – Fiche d’identité des fleuves Llobregat et Besòs

Paramètres analysés

Llobregat

Besós

Longueur (km)

175

17,7

Longueur du secteur métropolitain (km)

30

9

Régions traversées (comarques catalanes)

Vallès oriental, Vallès occidental, Barcelonès

Berguedá, Bages, Vallès occidental, Baix Llobregat

Surface du bassin versant (km2)

4 948,3

1 038,31

District hydrographique

Bassins intérieurs de la Catalogne

Bassins intérieurs de la Catalogne

Agence de bassin

Agence catalane de l’eau (ACA)

Agence catalane de l’eau (ACA)

Naissance

Castellar de n’Hug

Montmeló

Embouchure

El Prat de Llobregat (mer Méditerranée)

Sant Adriá de Besós (mer Méditerranée)

Régime hydrologique

Pluvio-nival et pluvial méditerranéen

Pluvial méditerranéen

Débit moyen (m3/s)

20,77

4,33

Débit (m3/s) et date de la plus grande crue connue

1 550 (1962)

2 345 (1962)

Source : Santasusagna Riu à partir des données officielles de l’Agence catalane de l’eau (ACA)

5Les usages actuels de la zone fluviale du Llobregat et du Besòs sont très différents. Le Llobregat du xxe siècle devient un espace double : d’une part c’est le terrain par excellence de l’expansion de la plateforme logistique que constitue l’aéroport de Barcelone et ses zones industrielles environnantes ; de l’autre il représente encore une terre avec des valeurs agricoles (dans son delta et une partie de la section métropolitaine) concentrée dans le parc agraire de Baix Llobregat, dans un environnement de forte pression urbaine – ce qui explique les tensions territoriales sur cette question, comme en témoigne le désir de développer ces espaces par l’administration régionale (Montasell, 2010). Cependant, dans le cas du Besòs, la pression urbaine a réduit l’espace de liberté du cours d’eau et la zone résidentielle et industrielle est adjacente à l’espace fluvial, avec une connexion longitudinale et transversale complexe (l’accès piétonnier à la rivière est très limité). Les deux fleuves se trouvent en majeure partie canalisés mais leurs valeurs sociales ont été renforcées grâce à la construction de deux parcs linéaires qui constituent des espaces de loisirs au service des citoyens : le parc fluvial du Llobregat, traité par l’aire métropolitaine de Barcelone (AMB) à partir de l’année 2006 et le parc fluvial du Besòs, intégré dans le réseau de parcs du conseil provincial de Barcelone (DIBA) depuis 2000.

6D’autre part, il est également important de souligner la relation historique du front maritime de Barcelone avec l’embouchure du Besòs. Bien que la zone portuaire ne fasse pas partie de notre champ d’étude, il est essentiel de comprendre qu’historiquement les investissements publics ont toujours été axés en priorité sur le renouvellement du front de mer et des quartiers adjacents. Le pouvoir politique de Barcelone a toujours privilégié le front maritime plutôt que le développement et la valorisation des fronts fluviaux périphériques du Besòs et du Llobregat. À cet égard, deux périodes de lourds investissements dans la rénovation du front de mer peuvent être distinguées : les Jeux olympiques en 1992 (avec la construction du village olympique de Poblenou dans le quartier de Sant Martí de Barcelone) et la tenue du Forum universel des cultures en 2004 (à côté de l’embouchure du Besòs, fig. 1). Entre ces deux événements, clés pour l’histoire urbaine moderne de Barcelone, on trouve le projet de valorisation des zones fluviales métropolitaines du Besòs et Llobregat approuvé en 1995.

II – L’analyse de la planification métropolitaine et les espaces fluviaux : du plan Cerdà (1859) au scénario postolympique

  • 1 Plan de ordenación de Barcelona y su zona de influencia (1953).

7Pour comprendre l’état actuel des zones métropolitaines de Barcelone, une analyse diachronique des différents plans d’urbanisme est nécessaire puisqu’ils sont à l’origine de cette transformation. En 1953, trois ans avant l’approbation de la première loi foncière espagnole, est publié aussi le premier schéma d’aménagement de la zone métropolitaine de Barcelone 1 – un document qui sert d’inspiration pour ladite loi et d’autres plans ultérieurs. Depuis l’approbation de ce plan et jusqu’à présent, l’administration catalane a généré un corpus instrumental qui lui a permis de guider, avec plus ou moins d’efficacité, l’aménagement du territoire métropolitain. Cette partie de l’article analyse les quatre plans métropolitains approuvés à ce jour dans le but de mettre en évidence leurs propositions dans la zone fluviale.

  • 2 Propuesta marco para la recuperación de los espacios fluviales metropolitanos (1995).

8Il est important de souligner qu’à l’exception du quatrième plan analysé (schéma d’aménagement et valorisation des espaces fluviaux métropolitains 2), le reste des plans répond à une typologie généraliste : leurs objectifs concernent l’ensemble du système urbain métropolitain (et des thèmes variés tels que la fourniture d’équipements municipaux, la création de nouvelles infrastructures de communication, le problème de l’accès au logement ou la mise en valeur de nouveaux espaces résidentiels). De manière générale, ces plans consacrent un effort important aux propositions et interventions dans le réseau hydrographique.

1. Considérations préliminaires : le plan Cerdà (1859) et le Regional Planning (1932) en tant que référents d’aménagement du système fluvial

9L’étude de la planification urbaine qui concerne les sections métropolitaines du système Llobregat-Besòs ne peut être comprise sans référence à deux documents historiques de base pour l’aménagement du territoire en Catalogne (avant le précité schéma d’aménagement de la zone métropolitaine de Barcelone de 1953) : le plan Cerdà (1859) et le Regional Planning (1932). Ce sont deux documents qui, bien que nés avec des objectifs différents, proposent des mesures similaires pour aménager les zones fluviales.

10Le plan Cerdà (1859), conçu par l’ingénieur et urbaniste Ildefons Cerdà (1815-1876), est un document clé pour le développement urbain de Barcelone. C’est le plan d’expansion urbaine qui est approuvé pour résoudre les problèmes de haute densité, le manque d’hygiène et le manque d’espace public pour les citoyens de Barcelone, et constitue une proposition pionnière dans le domaine technique (Neuman, 2011). La plaine de Barcelone, formée par les fleuves Llobregat et Besòs, délimitée par les montagnes de Collserola et la mer Méditerranée, était alors formée par un ensemble de terres agricoles qui faisaient partie de l’espace périurbain de la ville du xixe siècle. Ces terres furent expropriées et devinrent le nouvel espace urbain de la ville (Tarragó et Soria, 1976) qui répondrait au nom d’Ensanche (en langue espagnole) ou Eixample (en langue catalane), c’est-à-dire la zone d’expansion.

11L’Ensanche doit devenir un exemple de projet au service du citoyen, dont tous les besoins sont résolus grâce à un réseau d’équipements et de nouveaux centres urbains, tels que la santé, l’administration, le commerce, les lieux de culte ou les espaces verts. Ces équipements publics occuperaient un ou plusieurs islas (pâtés de maisons) et seraient répartis également sur tout le territoire d’expansion. Dans cette nouvelle conception urbaine de Barcelone, le projet original de Cerdà réservait un rôle fondamental au fleuve Besòs : la création d’un grand parc fluvial (appelé la « Grande Forêt ») est proposée sur la rive droite, qui occupe la moitié du territoire communal de Sant Adrià de Besòs (fig. 2), et qui fonctionne comme une réserve de terres dans la plaine inondable. Une solution totalement « résiliente », mais soulevée – et, malheureusement, jamais matérialisée – au milieu du xixe siècle.

Figure 2 – Plan Cerdà (1859), à l’échelle originale de 1/15 000. À droite, le grand parc fluvial sur la rive droite du Besòs

Figure 2 – Plan Cerdà (1859), à l’échelle originale de 1/15 000. À droite, le grand parc fluvial sur la rive droite du Besòs

Source : Wikimedia Commons (Museu d’Història de la Ciutat de Barcelona)

12D’autre part, le Regional Planning, présenté comme un projet préliminaire à l’administration régionale catalane en 1932 par les frères architectes Santiago et Nicolau Rubió i Tudurí (et le premier document d’aménagement régional élaboré en Espagne), constitue une vision respectueuse de l’environnement fluvial. Les fleuves Llobregat et Besòs sont aménagés comme « zones réservées de parc et forêt », de grande valeur écologique, ainsi que comme « zones agricoles irriguées ». Une conception de la zone fluviale très différente de celle des plans que nous analysons ensuite.

2. Le premier schéma d’aménagement de la zone métropolitaine de Barcelone (1953). Les fleuves métropolitains comme espaces d’expansion agricole et industrielle

  • 3 Plan de ordenación de Barcelona y su zona de influencia (1953), également connu comme Plan comarcal(...)

13En 1953 est approuvé le premier schéma d’aménagement de la zone métropolitaine de Barcelone 3, préparé par l’équipe technique du conseil municipal de Barcelone. Ce document représente le premier plan de gestion urbaine à l’échelle de Barcelone (prémétropolitaine) après le plan Cerdà (1859). Son objet principal est d’organiser rationnellement l’expansion urbaine chaotique de Barcelone et son espace périphérique formé par 25 communes (Florensa, 1970 ; Serratosa, 2006). Confronté à un scénario de croissance démographique et industrielle incontrôlé et typique de cette décennie, le schéma s’inspire de la charte d’Athènes (1933) de Le Corbusier pour développer ses principes et promouvoir l’adoption du zoning comme mécanisme de gestion stratégique (De Terán, 1977 ; Soteras, 1977 ; Serratosa, 1977). Par conséquent, les berges fluviales du Llobregat et du Besòs sont traitées différemment : alors que les rives du Llobregat sont considérées comme très appropriées pour l’agriculture, des installations manufacturières qui avaient déjà été mises en place au début du xxe siècle sur les berges du Besòs sont l’excuse parfaite pour essayer de concentrer le développement industriel (fig. 3) :

les zones irriguées, malsaines pour leur transformation en résidences, et qui constituent une partie importante des réserves agricoles et de la base d’alimentation de la ville, devraient être conservées autant que possible en améliorant leurs conditions en canalisant les fleuves Llobregat et Besòs. (Ajuntament de Barcelona, 1953, p. 19)

Figure 3 – Frise chronologique des principaux événements historiques analysés dans cet article

Figure 3 – Frise chronologique des principaux événements historiques analysés dans cet article

Source : Santasusagna Riu, 2018

14Le Llobregat est considéré comme la « réserve agricole » de Barcelone et sa zone périphérique ; de l’autre côté, le Besòs devient, aux yeux des urbanistes et planificateurs, la « réserve industrielle ». Évidemment, cela a jeté les bases de son intense industrialisation ultérieure.

3. Le plan directeur de la zone métropolitaine de Barcelone (1968). Une tentative pour contenir les zones urbaines et protéger les espaces naturels

15Comme l’explique l’auteur Serratosa (2006), le plan directeur de la zone métropolitaine de Barcelone est définitivement approuvé en 1968 après une longue période d’étude, corrections et adaptations. C’est le résultat, d’une part, de la révision du schéma d’aménagement de 1953 et le besoin de mettre à jour la réglementation pour se conformer à la loi foncière espagnole de 1956. Contrairement au schéma d’aménagement de 1953, le plan directeur prévoit un territoire métropolitain plus étendu – ce que l’on appelle la « région métropolitaine », une division de rang supérieure à l’aire métropolitaine actuelle, qui comprend 164 communes réparties sur sept comarques. Il est important de noter, par rapport à notre étude, que les berges du Llobregat et du Besòs ne se limitent pas à un usage unique (comme dans le schéma de 1953) : le système fluvial est conçu comme une combinaison de plusieurs usages agricoles, espaces verts et logements à faible densité.

  • 4 En Espagne, le phénomène lié à la prolifération des espaces résidentiels préfabriqués et illégaux e (...)

16Le zoning, proposé par le schéma de 1953, est fortement critiqué et le nouveau plan directeur propose de lutter contre la spéculation et la prolifération de bidonvilles au long des cours d’eau métropolitains 4. D’autre part, le plan propose de nouvelles qualifications urbaines au niveau général : « espaces verts métropolitains », « parcs urbains » et « parcs forestiers ». Bien que ces qualifications ne se reflètent pas dans le domaine des espaces fluviaux, très urbanisés, elles représentent une opportunité de caractériser les différents espaces naturels métropolitains. Finalement, le plan directeur considère le Besòs comme un axe de communication historique qu’il est nécessaire de promouvoir et d’équiper avec des infrastructures modernes, bien que le plan ne détaille pas ce que sa mise en œuvre devrait être. D’une manière générale, le plan directeur est un document moderne et innovant, tant sur le plan méthodologique que des propositions (Solà-Morales, 1972 ; Pié, 1997), et est présenté comme un cadre de référence dans la question environnementale spécifique dans la zone métropolitaine.

4. Le plan métropolitain général de Barcelone (1976). Un engagement pour la trame verte, les équipements et les voies de communication

17Au milieu de la transition démocratique espagnole, la commission provinciale d’urbanisme de Barcelone approuve la version définitive du plan métropolitain général, un document qui est encore en vigueur. Le plan est né avec la volonté de changer certaines « mauvaises habitudes » de la planification précédente. L’équipe de rédaction du plan, de vision progressiste, s’engage à réduire le développement incontrôlé du sol, la projection d’une nouvelle infrastructure routière pour relier l’intérieur de la métropole et une volonté claire d’améliorer et augmenter des usages sociaux (tels qu’équipements publics et espaces verts).

18Ce développement des infrastructures, équipement sociaux et espaces verts se produit aussi dans le contexte du fleuve Besòs. Le plan propose une solution de connexion routière à travers de nombreux périphériques (Alcalá, 2004). La section métropolitaine du Besòs, qui subit déjà une transformation importante en raison de sa canalisation dans les années 1960, est traversée d’un côté par l’autoroute C-31 (construite en 1968) – qui relie les communes de Montgat et Prat de Llobregat à travers le « deuxième périphérique » ou Ronda de Dalt (construit en 1992) – et, de l’autre côté, par la connexion du « périphérique du littoral » ou Ronda Litoral (construit en 1981) – qui relient d’autres communes, telles que Sant Cugat del Vallès, Rubí et Cerdanyola del Vallès.

19Le plan hiérarchise donc les principaux axes de communication et considère le fleuve Besòs comme un « espace de passage ». Ainsi, les quartiers riverains doivent vivre nécessairement avec une « barrière » sous la forme de grandes infrastructures routières qui conduisent à une situation de marginalité et empêchent, à l’époque, l’usage social des berges. En ce sens, on confirme une volonté économique trop compétitive du plan au détriment des espaces pour toutes les classes sociales (Benach et Tello, 2004). Malgré tout, le plan propose l’intégration des rives du Besòs au système de parcs et jardins. De cette manière, on peut considérer que le plan général métropolitain est la pierre angulaire de la grande transformation urbaine que le Besòs subira à partir des années 1990 en faveur des espaces verts.

5. Le contexte postolympique. Le rôle des documents stratégiques de valorisation des espaces fluviaux métropolitains

  • 5 Équipe de fleuves.
  • 6 Criterios y tendencias para la recuperación de los espacios fluviales metropolitanos (1993).

20Au milieu de l’explosion urbaine de la capitale catalane avec l’arrivée des Jeux olympiques en 1992 et la naissance du « modèle Barcelone » de projection internationale (Busquets, 2004 ; Capel, 2005), l’administration métropolitaine commence à former des techniciens de haut niveau pour répondre à différents défis de type urbain. Un petit groupe d’experts (appelé, en langue catalane, Equip de Rius 5), constitué par Serafín Presmanes, Jaume Vendrell et Antoni Alarcón, propose défis et objectifs autour de cette question qui sont formulés dans « Critères et tendances pour la valorisation des espaces fluviaux métropolitains 6 » (Vendrell et Presmanes, 1993) [encadré 1]. Ceci est le premier rapport, sur le plan professionnel et scientifique, sur l’aménagement spécifique des zones fluviales du Llobregat et Besòs (Torra, Bonada et Prat, 2008). Le document remarque, à plusieurs reprises, que des années 1980 jusqu’à ce moment (l’année 1993), l’administration métropolitaine a travaillé surtout pour la grande opération olympique de 1992 ; une circonstance qui a conduit à de nombreuses transformations urbaines centrées sur le front de mer, mais laissant au second plan les fronts d’eau des fleuves Llobregat et Besòs.

Encadré 1 – Principales lignes d’action pour récupérer les zones fluviales métropolitaines

a) Diagnostic des principaux impacts environnementaux sur les fleuves Llobregat et Besòs

• Faible qualité de l’eau et surexploitation des aquifères ;

• L’occupation de la zone inondable en raison des différentes activités humaines (usages industriels, zones d’extraction d’agrégats et jardins ouvriers marginaux) ;

• Réduction de l’espace de liberté des fleuves, causée par la canalisation et la construction de grandes infrastructures routières (en particulier dans le secteur Besòs) ;

• Perte de végétation riveraine autochtone (causée par une coupe indiscriminée et affectant la végétation de certaines zones à des fins anthropiques).

b) Principes stratégiques de la valorisation des espaces fluviaux métropolitains

• Principe environnemental : « Neutraliser la dégradation environnementale des fleuves » ;

• Principe social : « Reconvertir les fleuves en espaces vitaux de la métropole en assurant leur régénération, accessibilité et intégration territoriale » ;

• Principe économique : « Harmoniser les infrastructures de communication anciennes et nouvelles avec le progrès urbain des communes riveraines ».

c) Objectifs de gestion des espaces fluviaux métropolitains

• Améliorer la qualité de l’eau et la prévention des inondations ;

• Éviter la « double canalisation » du fleuve : d’une part, le canal de contrôle des inondations ; d’autre part, la frontière physique produite par les infrastructures de communication ;

• Éliminer, dans le secteur Besòs, le réseau à haute tension qui traverse le fleuve (avec une infrastructure plus adaptable) ;

• Convertir les fleuves Llobregat et Besòs en deux exemples des parcs fluviaux métropolitains, avec l’objectif de réaliser plus de 50 km de trajets fluviaux dans les deux cas ;

• Convertir les nouveaux parcs fluviaux métropolitains en « artère civique », pour éviter la ségrégation des quartiers riverains.

Source : Santasusagna Riu. Basée sur Presmanes et al., 1993

21Cependant, ce n’est qu’en 1995 qu’est né le schéma d’aménagement et valorisation des espaces fluviaux métropolitains (1995), un plan d’action intégral axé sur les tronçons métropolitains des fleuves Llobregat et Besòs, avec l’objectif de remédier à la situation marginale dans laquelle ils se trouvent et d’en faire des espaces de nouvelle centralité urbaine, dotés de nouveaux services, équipements, trame verte et espaces naturels correctement réhabilités. Le grand principe qui guide le schéma est la prise en compte des espaces fluviaux du Llobregat et Besòs en tant que zones nécessaires à la qualité de vie de la population qui habite le territoire métropolitain. L’espace fluvial est alors considéré comme un type de zone naturelle qu’il faut adapter et intégrer pour l’usage social car en plus de représenter une ressource environnementale, il peut aussi servir d’objet de rééquilibrage territorial.

22Le schéma de 1995 considère également que les interventions urbaines dans le contexte fluvial sont des « projets d’État » et, par conséquent, une collaboration à plusieurs échelles est nécessaire : de la participation du ministère des Travaux publics du gouvernement espagnol au conseil métropolitain de Barcelone et aux conseils locaux des communes riveraines. En fait, il y a trois opérations urbaines majeures : « Opération Besòs » – qui couvre le secteur fluvial entre Montcada i Reixac jusqu’à Sant Adrià à l’embouchure – et « Opération Llobregat » et « Opération Delta » – le secteur fluvial entre la commune de Martorell et le delta du Llobregat. Le budget prévu par le schéma pour l’ensemble des trois opérations s’élève à un total de 150 470 millions de pesetas espagnoles (environ 900 millions d’euros).

Figure 4 – Parc fluvial du Besòs. L’embouchure dans la mer Méditerranée à Sant Adrià, entre Badalona et Barcelone

Figure 4 – Parc fluvial du Besòs. L’embouchure dans la mer Méditerranée à Sant Adrià, entre Badalona et Barcelone

Source : Consorcio del Besòs (2015)

23Il est important de souligner que l’intervention urbaine qui est finalement exécutée est loin du budget prévu par le schéma de 1995. Ce fait est très clair dans l’« opération Besòs » (fig. 5). Le coût final atteint environ 40 millions d’euros (Alarcón, 2015) alors que l’investissement prévu pour cette opération était initialement de 190 millions d’euros. En fait, le coût final est assumé par le Fonds européen de développement régional (FEDER) de l’Union européenne (85 %) en 2004 ; et le reste (15 %) grâce à la contribution des administrations locales. Le financement européen a joué un rôle majeur : les fonds du FEDER ont été associés au programme d’initiative communautaire URBAN II, destinés à assurer le développement durable de villes ou de quartiers en crise telles que les municipalités riveraines du Besòs.

Figure 5 – Parc fluvial du Llobregat à proximité de la municipalité de Cornellà de Llobregat

Figure 5 – Parc fluvial du Llobregat à proximité de la municipalité de Cornellà de Llobregat

Source : Wikimedia Commons. Jorge Franganillo (2010)

24Bien que la matérialisation de ce projet ait été inégale, nous pouvons affirmer que la section métropolitaine du Besòs a été un objet historique de grandes transformations urbaines et qu’elle l’est encore aujourd’hui. Si en 1992 (avec les Jeux olympiques) et 2004 (à l’occasion du Forum universel des cultures), c’est le front de mer de Barcelone qui a concentré les grands efforts administratifs de transformation urbaine, actuellement – et après la réalisation des interventions du schéma d’aménagement et valorisation des espaces fluviaux métropolitains (1995) – c’est le front fluvial urbain du Besòs qui redevient l’objet principal de projets et de promesses politiques. Il semble donc évident qu’aujourd’hui les plans de transformation et de réforme de ce territoire n’ont pas atteint leur fin. En ce qui concerne le cas du fleuve Llobregat, la matérialisation du parc a essentiellement impliqué la gestion de l’aire métropolitaine de Barcelone et les conseils municipaux des villes fluviales. Contrairement au parc fluvial du Besòs, qui a dû résoudre une forte dégradation écologique sur 9 km au total, le secteur métropolitain du Llobregat s’est allongé de 30 km et son profil agricole a été beaucoup plus prononcé. Les phases essentielles de la construction du parc ont été prolongées d’une décennie (2005-2013). Il en résulte une combinaison de techniques paysagères respectant le patrimoine industriel antérieur (fig. 5).

25Cependant, la volonté de valoriser le Llobregat se heurte à un besoin logistique de l’administration catalane qui implique un fort impact environnemental. Alors qu’en 2004, le fleuve Besòs possédait déjà un parc fluvial pratiquement achevé (il ne restait que deux ans pour le terminer), pour le Llobregat, un dilemme important s’est posé : les travaux de déviation de ses 3,5 derniers kilomètres ont été achevés en vue de développer la zone logistique du port de Barcelone et éviter de nouvelles inondations pour les municipalités situées à l’embouchure (comme El Prat de Llobregat). Cette intervention a coûté 51,7 millions d’euros et il est important de préciser que les autorités politiques voulaient mener ce projet depuis plus d’un siècle pour diverses raisons – comme le disait Milagro (1989), l’architecte Pere García i Fària avait proposé en 1891 la déviation du Llobregat pour éviter la propagation des maladies. Le « nouveau » canal s’étend sur 2,5 kilomètres plus au sud, tandis que le « vieux » est condamné à survivre en tant que zone marécageuse, partiellement connectée aux eaux souterraines (Basora, Romero et Sabaté, 2005).

III – Le scénario actuel et les défis futurs. Espaces valorisés, espaces restaurés ?

26Les grandes vertus de la valorisation des espaces fluviaux métropolitains à Barcelone sont évidentes : il y a eu, en termes généraux, une amélioration substantielle de la qualité de l’eau des deux fleuves par rapport à leur situation dans les années 1970 (Martín-Vide, 2015), une plus grande maîtrise du risque d’inondation – le cas paradigmatique est, dans notre contexte d’étude, le système d’alerte hydrologique du Besòs (SAHBE), intégré dans le parc fluvial – et, d’autre part, le progrès de la connectivité du territoire fluvial, grâce au système de parcs du conseil provincial de Barcelone (DIBA) et de l’aire métropolitaine de Barcelone (AMB). Le dernier rapport sur la qualité écologique des fleuves de la province de Barcelone (Fortuño, Bonada, Prat et al., 2017), ainsi que le rapport spécial sur l’état écologique des bassins (Prat, Rieradevall, Fortuño et al., 2013) indiquent que, des années 1970 à nos jours, la qualité globale des fleuves métropolitains de Barcelone s’est améliorée. Cependant, ces résultats ne nient pas la nécessité de continuer à travailler pour améliorer la qualité de l’eau et le renforcement des forêts riveraines, car les paramètres biologiques et physicochimiques sont modérés ou médiocres en plusieurs points de prélèvement. Les interventions qui ont été menées sur les fronts d’eau du Llobregat et Besòs dans les années 1970 et 1980 entraînent, de manière collatérale, une disparition progressive de l’identité du paysage local. Cela est particulièrement visible dans le cas du fleuve Besòs, mais aussi perceptible dans le cas du Llobregat : une grande partie de la zone agricole a été remplacée progressivement par l’espace urbain, des infrastructures de communication et des espaces verts. La création de zones de nature urbaine a été privilégiée, au détriment de l’espace de liberté du fleuve (canalisé dans les deux cas, Llobregat et Besòs) et de sa forêt riveraine d’origine. Le changement est structurel : en un demi-siècle (des années 1970 à aujourd’hui), on est passé d’un système métropolitain formé par des espaces fluviaux et ruraux à un scénario dominé par des espaces fluvio-urbains. Quelle est l’explication fondamentale de ce changement radical, très visible dans le cas du Besòs ? Pourquoi les espaces ruraux n’ont-ils pas été préservés au fil du temps et le précédent scénario de qualité écologique n’a-t-il pas été mis en œuvre ?

27Une explication possible à ces questions est, probablement, que les opérations stratégiques menées ont privilégié les usages sociaux par rapport aux valeurs écologiques de l’espace fluvial. Les objectifs de la « régénération » ont conduit ces opérations urbaines, et les activités de « restauration » fluviale ont joué un rôle très secondaire. Ces deux concepts poursuivent différentes stratégies dans la gestion des fleuves, et ce pour deux raisons. La première est que le scénario où chacune des stratégies est normalement appliquée est différent : la restauration est généralement réalisée dans les territoires fluviaux qui, bien que dégradés, sont peu urbanisés. D’autre part, la régénération est appliquée aux secteurs urbains, où les cours d’eau sont canalisés, détournés ou mis à profit par une activité spécifique (une zone industrielle, par exemple).

Figure 6 – Orthophotographies aériennes diachroniques des embouchures des fleuves Llobregat et Besòs

Figure 6 – Orthophotographies aériennes diachroniques des embouchures des fleuves Llobregat et Besòs

Source : Santasusagna Riu, IGCC

28La deuxième raison découle de la première : un objectif final différent est poursuivi car les acteurs auxquels chaque stratégie est destinée diffèrent également. La restauration fixe son objectif dans la récupération totale du système fluvial et, pour cette raison, les interventions sur le milieu naturel consistent par exemple en la démolition de barrages (pour récupérer la continuité longitudinale du fleuve), l’élimination des gués (pour atteindre une plus grande continuité transversale), la revégétalisation des berges, la récupération des anciennes formes fluviales et des espaces de liberté, l’élimination des canalisations… D’autre part, la régénération urbaine pointe vers un autre objectif : la sociabilité des espaces fluviaux (une plus grande présence du public, la création de parcs et d’autres types d’espaces verts, l’adaptation des berges pour les loisirs ou les sports, la création de nouvelles infrastructures de communication ou la valorisation d’éléments de valeur sociale, éducative et pédagogique). Concepts avec des objectifs différents et, dans certains cas, opposés.

29Ensuite, en dehors de ces considérations et avant de conclure l’article, il est intéressant de noter que certains auteurs comme Chaline (1988), Gravari-Barbas (1998) et Delahaye (2009) affirment que dans les processus de régénération urbaine menés au cours des dernières décennies, il existe un risque d’uniformisation de l’espace fluvial. La solution urbaine basée sur la pelouse, accompagnée d’une nappe d’eau canalisée, semble prendre de plus en plus d’importance : la création de nouveaux parcs riverains est similaire, non seulement dans les deux cas étudiés (Llobregat et Besòs), mais aussi en comparaison avec d’autres opérations de régénération à l’échelle internationale. Est-ce un modèle durable ? Existe-t-il un modèle de front d’eau à exporter et à mondialiser ? Et, probablement le plus important, est-ce une solution adaptable dans tous les cas ? La réponse à toutes ces questions représente un défi, non seulement pour nos études de cas, mais aussi pour les opérations urbaines fluviales actuelles et futures.

Conclusion

30Au cours des cinq dernières décennies, la transformation des fleuves Llobregat et Besòs est, dans le contexte général des régions méditerranéennes du sud de l’Europe, paradigmatique de la régénération des cours d’eau intégrés dans une zone métropolitaine de dimension moyenne.

31On parle de la réalité d’un territoire qui, il y a un demi-siècle, conservait encore un profil agraire ; un profil qui, surtout dans le cas du fleuve Besòs, commence à changer profondément avec l’augmentation de la pression urbaine et la conversion des espaces ruraux en espaces industriels et résidentiels, soutenus par l’urbanisation dans la zone métropolitaine. À travers l’analyse de la planification urbaine, on observe que l’administration métropolitaine a privilégié au fil du temps différents usages de la zone fluviale : alors que les premiers plans d’urbanisme prémétropolitains (plan Cerdà, 1859 et Regional Planning, 1932) traitent la zone fluviale comme un espace à conserver, les documents approuvés à partir des années 1950 commencent à promouvoir le développement industriel et urbain du Llobregat et du Besòs. Cette situation s’est aggravée dans les années 1970 : les fleuves se transforment en espaces surexploités et marginaux. Le paysage change à partir des années 1990, coïncidant avec la mise en place d’un système de parcs fluviaux au niveau métropolitain.

32De manière générale, les espaces urbanisés et récréatifs se substituent aux espaces agricoles. Et, par conséquent, l’usage des fleuves change également : l’utilisation de l’eau du Llobregat et du Besòs pour l’irrigation est transformée en une exploitation industrielle, urbaine et récréative. La « réserve agricole et fluviale » de la Barcelone prémétropolitaine se transforme alors en « réserve de loisir ». Les fleuves métropolitains « servent » à marcher, à profiter et à transiter ; et de moins en moins à des usages agricoles.

La réalisation de cet article a été possible grâce au développement du projet scientifique postdoctoral concerté entre l’université de Barcelone et la Société générale de l’eau de Barcelone (AGBAR). Il fait également partie du projet CSO2015-6787-C6-4-P du ministère de l’Économie et de la Compétitivité du gouvernement de l’Espagne, et du Grup de Recerca Ambiental Mediterrània (2017SGR1344). Il a également bénéficié du soutien de l’Institut de Recerca de l’Aigua (IdRA) de l’université de Barcelone.

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Notes

1 Plan de ordenación de Barcelona y su zona de influencia (1953).

2 Propuesta marco para la recuperación de los espacios fluviales metropolitanos (1995).

3 Plan de ordenación de Barcelona y su zona de influencia (1953), également connu comme Plan comarcal. La comarque est une division territoriale et administrative dans plusieurs pays de culture ibérique.

4 En Espagne, le phénomène lié à la prolifération des espaces résidentiels préfabriqués et illégaux est connu sous le nom de barraquismo.

5 Équipe de fleuves.

6 Criterios y tendencias para la recuperación de los espacios fluviales metropolitanos (1993).

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Table des illustrations

Titre Figure 1 – Zone métropolitaine de Barcelone (3,1 millions de personnes, 636 km2 et 36 municipalités), ses deux cours d’eau (à l’est, le Besòs ; à l’ouest, le Llobregat) et ses principaux parcs (naturels, agricoles et fluviaux)
Crédits Source : Santasusagna Riu. Orthophotographie à l’échelle originale 1/2 500 (Institut Cartogràfic i Geològic de Catalunya, ICGC)
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/soe/docannexe/image/5133/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 724k
Titre Figure 2 – Plan Cerdà (1859), à l’échelle originale de 1/15 000. À droite, le grand parc fluvial sur la rive droite du Besòs
Crédits Source : Wikimedia Commons (Museu d’Història de la Ciutat de Barcelona)
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/soe/docannexe/image/5133/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
Titre Figure 3 – Frise chronologique des principaux événements historiques analysés dans cet article
Crédits Source : Santasusagna Riu, 2018
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/soe/docannexe/image/5133/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 220k
Titre Figure 4 – Parc fluvial du Besòs. L’embouchure dans la mer Méditerranée à Sant Adrià, entre Badalona et Barcelone
Crédits Source : Consorcio del Besòs (2015)
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/soe/docannexe/image/5133/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 248k
Titre Figure 5 – Parc fluvial du Llobregat à proximité de la municipalité de Cornellà de Llobregat
Crédits Source : Wikimedia Commons. Jorge Franganillo (2010)
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/soe/docannexe/image/5133/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 176k
Titre Figure 6 – Orthophotographies aériennes diachroniques des embouchures des fleuves Llobregat et Besòs
Crédits Source : Santasusagna Riu, IGCC
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/soe/docannexe/image/5133/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 727k
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Pour citer cet article

Référence papier

Albert Santasusagna Riu, « La gestion des cours d’eau dans la Barcelone métropolitaine (Espagne) : les enjeux de la valorisation des espaces fluviaux du Llobregat et du Besòs »Sud-Ouest européen, 47 | 2019, 11-23.

Référence électronique

Albert Santasusagna Riu, « La gestion des cours d’eau dans la Barcelone métropolitaine (Espagne) : les enjeux de la valorisation des espaces fluviaux du Llobregat et du Besòs »Sud-Ouest européen [En ligne], 47 | 2019, mis en ligne le 04 octobre 2019, consulté le 20 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/soe/5133 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/soe.5133

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Auteur

Albert Santasusagna Riu

Universitat de Barcelona, asantasusagna@ub.edu.

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Droits d’auteur

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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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