Navigation – Plan du site

AccueilNuméros45Notes bibliographiquesUniversités et territoires

Notes bibliographiques

Universités et territoires

Rachel Levy
p. 195-196
Référence(s) :

L. Jalabert (dir.), Universités et territoires, Presses universitaires de Pau et des Pays de l’Adour, Pau, 2017, 152 p.

Texte intégral

1Cet ouvrage, sous la direction de Laurent Jalabert, professeur en histoire contemporaine à l’UPPA, rassemble différentes contributions (écrites en majorité par des historiens) présentant des études de cas sur l’histoire des universités dans leurs territoires. Plus précisément, cet ouvrage regroupe les actes d’un colloque (ou séminaire) qui a eu lieu à Pau en novembre 2016. Une mise en perspective du contexte d’édition de l’ouvrage, pour le lecteur néophyte qui n’aurait pas assisté à ce colloque, serait d’ailleurs la bienvenue pour mieux comprendre le lien entre les différents chapitres ainsi que la forme très particulière de l’ouvrage. En effet cet ouvrage regroupe un chapitre introductif très complet sur l’histoire des universités en France, mais aussi des historiographies plus courtes, néanmoins tout aussi passionnantes des universités d’Angers ou de Savoie par exemple, enfin l’ouvrage intègre aussi les actes d’une table ronde sur le cas de l’UPPA.

2L’ouvrage inaugure une série de publications sur l’évolution des universités intitulée « Université en transition » et dirigée par Laurent Jalabert, série qui vise à étudier l’évolution des universités françaises dans leur relations avec leurs territoires d’implantation.

3Cependant, si cet ouvrage s’intitule Universités et territoires, c’est bien une histoire des liens entre universités et territoires qui est proposée ici, autour de cinq études de cas d’universités françaises ; deux cas de grandes villes universitaires : Toulouse et Bordeaux ; trois cas de villes secondaires : Angers, Pau et Chambéry-Annecy.

4L’intérêt principal de cet ouvrage pour quiconque, et notamment les non-historiens qui s’intéressent à la question des liens entre universités et territoires, est de mettre en exergue le fait que ce lien est toujours le fruit d’un construit historique, construit historique qui peut remonter très loin dans le temps (par exemple 1405 pour le cas de l’université de Savoie). Malgré des angles d’analyses et des panoramas historiques très différents selon les chapitres, la lecture de cet ouvrage nous amène à poser quelques constats sur le lien des universités avec leurs territoires. Je propose ici de centrer mon propos autour de trois constats.

5La lecture de cet ouvrage nous informe aussi dans l’ensemble des chapitres que l’histoire des universités dans leurs territoires s’inscrit dans l’histoire nationale du paysage universitaire français : un paysage très complexe (mais présenté de manière très claire dans le premier chapitre), et qui est en constante évolution, y compris très récemment avec le processus de fusion des universités et de recherche d’une concentration des moyens. En résumé, l’histoire de la France et des universités françaises (de Mai 68 à la mise en place du plan campus) redessine régulièrement le paysage universitaire français et les liens entre universités et territoires.

6Deuxième constat : l’implantation des universités dans les territoires répond à des enjeux territoriaux aux échelles multiples (avec les villes, avec les régions). Cet ouvrage permet notamment de voir que l’histoire d’une université dans une ville ne peut se comprendre qu’en regardant l’histoire des universités dans un territoire plus élargi. C’est par exemple le cas de l’université de Pau qui, au départ, a été créée pour désengorger l’université de Bordeaux. C’est aussi le cas de l’université de Savoie-Mont Blanc dans une position très particulière au milieu d’un rectangle : Genève-Lyon-Grenoble-Turin, ou encore de l’université d’Angers implantée pour permettre l’accès à l’enseignement supérieur dans un vaste territoire de l’Ouest de la France faiblement pourvu en université.

7Enfin dernier constat : les caractéristiques du tissu socio-économique des territoires permettent de mieux appréhender le lien entre universités et Territoires. On peut citer l’exemple du lien entre le développement du campus toulousain et l’histoire de l’aéronautique sur le territoire, ou le lien très fort entre l’UPPA et la SNPA (ancêtre de Turbomeca, entreprise encore aujourd’hui en relation avec l’UPPA).

8Ainsi, cet ouvrage nous amène aussi à nous poser la question, à l’heure où de nombreux débats tournent autour de la question de la concentration des moyens universitaires, de la panacée du modèle de « villes universitaires campus » que l’on trouve chez nos voisins européens. D’autre part, en prolongement de cet ouvrage, et afin de mieux comprendre les liens entre universités et territoires il sera nécessaire dans la perspective d’une collection d’ouvrage sur la thématique d’étudier également le cas d’universités localisées dans des territoires non-métropolitains.

Haut de page

Pour citer cet article

Référence papier

Rachel Levy, « Universités et territoires »Sud-Ouest européen, 45 | 2018, 195-196.

Référence électronique

Rachel Levy, « Universités et territoires »Sud-Ouest européen [En ligne], 45 | 2018, mis en ligne le 24 mai 2019, consulté le 21 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/soe/4513 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/soe.4513

Haut de page

Auteur

Rachel Levy

Université Toulouse Paul Sabatier

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search