Navigation – Plan du site

AccueilNuméros45Quels écotourismes sur le bassin ...

Quels écotourismes sur le bassin d’Arcachon ? Diversités et contradictions sur un territoire confronté à son attractivité touristique et résidentielle

Which Forms of Ecotourism for the Arcachon Bay? Diversities and Contradictions on a Territory Facing Touristical and Residential Attractivities
¿Que forma de tourismo ecológico para la cuenca de Arcachon? Diversidades y contradicciones en un territorio marcado por su atractivo turístico y residencial
Clarisse Cazals, Sandrine Lyser, Gabrielle Bouleau et Baptiste Hautdidier
p. 139-156

Résumés

Le bassin d’Arcachon est une destination touristique dont l’attractivité n’a pas été démentie depuis son développement au cours du xixe siècle. Dans un contexte caractérisé par une augmentation de population de 191 % en période estivale, les stratégies écotouristiques développées par les acteurs de ce territoire ont vocation à préserver le patrimoine naturel et culturel tout en maintenant l’attractivité touristique. Sur un territoire marqué par d’importantes dynamiques démographiques saisonnières, auxquelles se mêle une forte attractivité résidentielle et des positions différenciées des élus vis-à-vis de l’urbanisation, les stratégies écotouristiques mises en œuvre sont diverses et conduisent à différents compromis entre usage et préservation.

Haut de page

Texte intégral

  • 1 https://www.entreprises.gouv.fr/etudes-et-statistiques/chiffres-cles-tourisme.
  • 2 Selon l’Organisation mondiale du tourisme la filière touristique représente 5,3 % des émissions de (...)

1La filière touristique française, et plus précisément le poids de la consommation touristique intérieure, représente 7,1 % du PIB en 2017 1. Son poids économique en termes de croissance et d’emplois à l’échelle nationale n’est plus à démontrer et le développement du tourisme est une option de développement local pour les territoires bénéficiant de ressources naturelles et culturelles attrayantes. Dans cette perspective, de nombreuses questions se posent sur les relations entre développement touristique, et préservation du patrimoine naturel et culturel, notamment sur le caractère ambivalent voire contradictoire de ces relations. En effet, si l’expérience touristique permet l’émergence de relations entre des lieux et des visiteurs et évite le risque de « l’oubli » ou de la « non-préservation », elle reste une menace pour un grand nombre de site dont la valeur patrimoniale est peu discutée, mais pour lesquels il est difficile de trouver des moyens de préservation (Héritier, 2013). Le tourisme tient un rôle important dans la transmission d’un patrimoine, d’autant plus que la demande de tourisme patrimonial est croissante et diversifiée (Zaoual, 2007 ; Nuryanti, 1996). Mais un développement touristique peut aussi entraîner des phénomènes de congestion découlant d’une importante fréquentation non-maîtrisée qui constitue aussi une menace non-négligeable pour la préservation des sites (Russo, 2002). Les infrastructures nécessaires à l’accueil du public, notamment sur les sites naturels, tendent à modifier les lieux et sont susceptibles d’entraîner une dégradation de la qualité patrimoniale. À l’instar d’autres industries jeunes et dynamiques offrant d’importantes perspectives économiques, le développement du tourisme s’est orienté vers un tourisme de masse dont les impacts environnementaux, culturels et sociaux à des échelles internationales 2 comme locales ne sont pas à minimiser (François, 2004). La prise de conscience des effets délétères de ce développement touristique basé sur un modèle productif industriel standard a conduit à promouvoir un tourisme plus équitable et plus respectueux des patrimoines naturels et culturels. Comme pour d’autres filières, cette inflexion vers le développement durable ouvre un champ très vaste et suscite la multiplication d’initiatives individuelles et collectives. Portée par des acteurs de la filière, elles s’inscrivent dans une tension permanente imposée par le marché, entre une offre et une demande de produits et de services standardisés et une offre et une demande de produits différenciés. La multiplication des références à l’écotourisme atteste de l’engouement des acteurs pour mettre en exergue les dimensions socioéconomiques et environnementales de leurs choix. Pourtant l’étendue de ces dimensions est vaste et hétérogène, nécessitant de développer des recherches spécifiques (Cobbinah, 2015 ; Mosammam, 2016).

  • 3 Ce travail a été réalisé dans le cadre du programme de recherche interdisciplinaire OSQUAR 2 financ (...)

2Ainsi dans ce contexte, l’objectif de cet article est d’appréhender la diversité de stratégies écotouristiques mises en œuvre sur le pays Bassin d’Arcachon Val-de-l’Eyre (BARVAL). Entre différentes visions de la préservation des patrimoines naturel et culturel et les objectifs de développement économique, quelles réalités revêtent les promesses de l’écotourisme ? Notre hypothèse pour répondre à cette question est que les choix réalisés dans le domaine écotouristique sont dépendants des spécificités naturelles, résidentielles et institutionnelles d’un territoire et que l’apport de plusieurs disciplines est nécessaire pour appréhender ces caractéristiques dans une perspective inter-temporelle. Les choix des acteurs vis-à-vis des promesses de l’écotourisme s’inscrivent au croisement de deux dynamiques structurantes : l’une à l’échelle de la commune qui doit réaliser une certaine forme de gestion intégrée du littoral et l’autre à l’échelle de la filière visant le renouvellement du modèle du tourisme de masse. Pour appréhender ces doubles dynamiques, nous avons mis en place une démarche interdisciplinaire mobilisant la géographie, la statistique, les sciences politiques et l’économie. L’objectif est de confronter la diversité des visions des acteurs à la réalité des dynamiques territoriales en étudiant les trajectoires des communes en termes de spécificités d’aménagement, de dynamiques démographiques et résidentielles, par des approches au croisement de la statistique et de l’analyse spatiale et en cherchant à les associer aux discours des acteurs. Deux types d’entretiens ont été réalisés auprès des élus 3 et auprès et des acteurs du tourisme (professionnels, associations, touristes, etc.).

3Après avoir présenté dans une première partie les tensions entre attractivité et écotourismes sur le bassin d’Arcachon, la deuxième partie se focalise sur le rôle des projets des élus dans les inflexions plutôt tournées vers le développement que la préservation du patrimoine naturel. Pour finir, une analyse lexicale du discours des acteurs économiques impliqués dans le développement de l’écotourisme sur ce territoire présente comment l’hétérogénéité du point de vue des acteurs alimente les controverses autour de l’écotourisme.

I – Écotourisme et attractivité : des situations contrastées

1. Quelles conditions d’émergence de l’écotourisme sur le bassin d’Arcachon ?

4De manière générale, la croissance de la filière touristique est fragilisée par les vulnérabilités, les inégalités sociales, environnementales et économiques qu’elle entraîne. En effet, le modèle du tourisme de masse, dominant depuis les années 1960 (Bouneau, 2007), est à l’origine de multiples effets environnementaux non-maîtrisés justifiant l’évolution vers le tourisme durable. Ce dernier est souvent présenté dans la littérature comme la notion générique regroupant l’ensemble des initiatives alternatives au tourisme de masse, que sont le tourisme solidaire, équitable, responsable ou encore l’écotourisme (Laliberté, 2005), suggérant ainsi qu’elles en sont une simple déclinaison spécifique. Or, le cas de l’écotourisme montre que les relations d’interdépendances entre « tourisme durable » et « démarches alternatives » sont plus complexes. En effet, en s’inscrivant dans la montée du mouvement écologiste, l’écotourisme est bien antérieur au tourisme durable et souvent assimilé au tourisme de nature, tourisme d’aventure ou encore au tourisme de culture, réservé à une catégorie sociale privilégiée. Les premières définitions, datant des années 1970-1980 (Blamey, 2001), font référence à un tourisme se caractérisant par la fréquentation de sites naturels sauvages et culturels, dans le respect de leurs spécificités. Cette période centrée sur la découverte des écosystèmes remarquables est toutefois porteuse d’ambiguïtés. En effet, elle transmet une vision naturaliste des sociétés indigènes qui tendent à reproduire différentes formes d’inégalités (sociales, environnementales…). Dans les années 1990, au prisme du développement durable, l’écotourisme est redéfini par la société internationale d’écotourisme comme « une forme de voyage responsable dans les espaces naturels qui contribue à la protection de l’environnement et au bien-être des populations locales ». Durant cette période, de nombreuses variantes seront apportées à cette définition mais leur analyse par Blamey (2001) permet d’identifier trois dimensions qui constituent l’essence même du concept d’écotourisme : i) un tourisme axé sur la nature ; ii) une composante éducative ; iii) un besoin de durabilité. Finalement, le développement de l’écotourisme s’inscrit au croisement d’une triple relation entre des ressources naturelles et culturelles spécifiques à chaque territoire nécessitant des dispositifs de préservation, des touristes dont la demande de loisir est de plus en plus sensible aux questions environnementales et une population locale aspirant au développement économique de son territoire. L’écotourisme suppose donc l’implication de nombreux acteurs territoriaux dont les intérêts ne sont pas spontanément convergents et nourrissent souvent des controverses. La littérature souligne l’important potentiel économique et environnemental que représente l’écotourisme à l’échelle macroéconomique mais aussi la mise en pratique contrastée à l’échelle des territoires. Les acteurs du tourisme, comme les touristes et les populations locales ne sont pas toujours prêts à adopter des changements de pratiques jugés comme trop contraignants. L’écotourisme peut alors se réduire à un argument commercial supplémentaire (Parks et al., 2009 ; Das et Chatterjee, 2015). Ainsi, les projets écotouristiques alimentent d’importants débats confrontant les acteurs qui en attendent de réelles avancées en termes de préservation de l’environnement et adoptent une posture critique vis-à-vis du tourisme de masse avec ceux qui y voient principalement des opportunités économiques.

  • 4 Pour apprécier cette évolution se reporter aux articles de R. Bercovitz et S. Briffaud et celui d’I (...)

5Le cas d’étude du bassin d’Arcachon est particulièrement intéressant à ce sujet, dans la mesure où son attractivité touristique remonte au milieu du xixe siècle. Cette notion peut se définir comme la capacité d’un territoire à attirer des touristes mais aussi des entreprises et des acteurs institutionnels susceptibles de constituer une filière. La fréquentation de ce territoire qui offre une évaluation de cette attractivité a initialement été portée par la vogue des bienfaits thérapeutiques des bains de mer et s’est développée grâce au chemin de fer. Le territoire s’est alors ouvert progressivement à une population plus large. En un siècle, le tourisme du bassin est passé d’un tourisme de niche à un tourisme de masse 4 pour devenir aujourd’hui un des piliers économiques du territoire. Dans un tel contexte économique, les acteurs du tourisme sont nombreux et hétérogènes, la finalité des projets écotouristiques n’est pas clairement définie. Ces projets seront-ils porteurs de nouvelles pratiques de préservation des ressources naturelles et des paysages du bassin ou un argument marketing ? Lorsque les acteurs institutionnels du bassin d’Arcachon ont fait le choix de développer l’écotourisme en s’appuyant sur des financements européens, ils ont rapidement été confrontés à cette question. Les réponses qui ont pu s’exprimer au sein du groupe de travail dédié mis en place en 2012 à l’échelle du Pays Bassin d’Arcachon Val-de-l’Eyre, révèlent des visions controversées sur l’écotourisme. Au-delà de cette diversité de points de vue et de pratiques écotouristiques, les acteurs se sont accordés sur l’identification et la cartographie des sites écotouristiques du bassin (fig. 1). Cette carte montre bien le potentiel écotouristique du bassin d’Arcachon du point de vue des ressources mais révèle aussi d’importantes disparités entre les mises en pratique et la répartition des seize sites entre les communes du bassin. Ainsi, il est possible de citer deux types de sites qui sont porteurs d’enjeux environnementaux plutôt opposés. Tout d’abord les sites comme le domaine de Certes et de Graveyron, dont la préservation est portée par une action volontariste du conseil départemental de la Gironde et qui sont des sites emblématiques de la politique « espaces naturels sensibles ». Ils font l’objet d’une ouverture au public contrôlée et orientée vers la médiation environnementale. À l’opposé, il est possible de situer la dune du Pilat, gérée par le Syndicat mixte de la grande dune du Pilat qui regroupe trois collectivités territoriales et qui est aux prises avec la gestion de sa très forte fréquentation par une « opération grand site ».

Figure 1 – Carte de situation des communes du pays Bassin d’Arcachon Val-de-l’Eyre, incluant les principaux sites écotouristiques

Figure 1 – Carte de situation des communes du pays Bassin d’Arcachon Val-de-l’Eyre, incluant les principaux sites écotouristiques

Source : Insee, IGN, CGDD SOeS, SIBA. Réalisation : Lyser et Hautdidier, Irstea 2018

6Finalement, le développement de l’écotourisme sur le bassin est marqué par les tensions entre les différentes visions de la préservation de l’environnement portées par les acteurs du territoire, parmi lesquels les résidents tiennent un rôle central. En effet, leurs attentes en termes d’équipements et d’activités varient selon la trajectoire de développement de leurs communes et orientent en retour le positionnement des élus. Or ces demandes ne sont pas toujours compatibles avec la préservation de la nature « vendue » dans l’écotourisme.

2. Les dynamiques résidentielles

  • 5 Le taux de variation annuel sur 2007-2012 est de 1,74. Il est légèrement supérieur à celui de la pé (...)

7Le bassin d’Arcachon, qui s’étend sur près de 1 500 km2, est un espace terrestre dominé par une trame paysagère forestière et un espace maritime important, avec 80 km de côtes et une mer intérieure de plus de 150 km2 à marée haute. De nombreux espaces naturels reconnus pour leur qualité paysagère et leur richesse floristique et faunistique sont présents sur ce territoire. La protection de ce patrimoine environnemental, principalement mise en place à partir des années 1980 à travers différents dispositifs, s’apparente à un « millefeuille environnemental », plus épais sur les lieux les plus emblématiques du bassin, comme la dune du Pilat, le banc d’Arguin, l’île aux Oiseaux ou encore le Val de l’Eyre (André-Lamat et Mellac, 2014). Si ces espaces protégés limitent l’expansion démographique généralement soutenue sur le littoral, ces dispositifs de protection participent également à l’attractivité du bassin d’Arcachon : les espaces naturels sont prisés par les différentes populations, pour la pratique d’activités au quotidien ou au cours de séjours touristiques susceptibles de s’inscrire dans les stratégies écotouristiques du territoire. Toutefois, s’il n’a pas échappé au processus de littoralisation observé sur l’ensemble des côtes françaises et mondiales, le bassin d’Arcachon semble être moins soumis à la pression démographique que le reste du littoral métropolitain (exception faite de la partie sud Landes-côte basque). Il poursuit sa croissance démographique (+ 11 702 personnes entre les recensements de 2007 et 2012), mais à un rythme plus faible que sur les trois dernières décennies 5. Le solde naturel étant négatif (– 59), cette évolution positive est principalement le fait de migrations (+ 11 761), preuve d’une forte attractivité qui se répartit inégalement entre les communes. En effet, les disparités d’effectifs de population observées en 2007 entre les communes les plus éloignées du littoral et les communes en bordure d’eau (Gaimard, 2010) sont encore visibles en 2012 (fig. 3a). Les quatre communes situées au sud du bassin, représentent à elles seules 40 % de la population du bassin et 51 % de la population des dix communes littorales. Si l’on s’intéresse plus précisément aux 10 communes littorales, la densité de population de ces communes est élevée (146 hab/km2) et légèrement plus forte que celle des communes littorales d’Aquitaine (104 hab/km2 en 2010). En revanche, elle est bien en-deçà de ce que l’on observe au niveau national, la densité des communes littorales métropolitaines étant en 2010 de 285 hab/km2 (ONML, 2013). Étant données les retombées économiques de l’activité touristique – estimées à près de 470 millions d’euros (Syndicat intercommunal du bassin d’Arcachon 2016) – et en dépit des nombreux dispositifs de protection, la forte attractivité du territoire a induit une demande résidentielle croissante. Cette dernière a entraîné une augmentation importante du nombre de logements, qui profite surtout aux communes du bord de mer, en particulier Arcachon (+ 397 logements sur la période 2007-2012), La Teste-de-Buch (+ 1 008), Gujan-Mestras (+ 1 566), Lège-Cap-Ferret (+ 695) et dans une moindre mesure Andernos (+ 576). Ces communes sont celles qui comptent le plus de logements et qui connaissent un essor ininterrompu sur l’ensemble de la période étudiée (1968-2012). Elles sont toutefois rattrapées sur la dernière période intercensitaire par les communes de l’arrière-pays.

Figure 2 – Croisement pour les 17 communes du pays Bassin d’Arcachon Val-de-l’Eyre de l’évolution de la densité de la population avec l’âge estimé du bâti actuel, sur la période 1901-2012

Figure 2 – Croisement pour les 17 communes du pays Bassin d’Arcachon Val-de-l’Eyre de l’évolution de la densité de la population avec l’âge estimé du bâti actuel, sur la période 1901-2012

Source : INSEE/EHESS, MAJIC (2013) via Pigma

8Le croisement de données cadastrales avec des données historiques du recensement de la population permet de construire un regard « démo-immobilier » sur les trajectoires d’urbanisation des communes du pays. Les locaux décrits dans la base cadastrale MAJIC (2013) comportant des dates estimées de construction, cet attribut peut être cartographié à une maille parcellaire mais également servir à construire une mesure du cumul des surfaces construites aux dates auxquelles des données historiques communales sont disponibles. Ce regard rétrospectif est partiel – dans la mesure où les destructions antérieures de bâtiments n’y sont pas décrites – mais il permet d’obtenir une profondeur et une résolution temporelle très complémentaires à des observations directes, avec 17 observations entre 1901 et 2012.

9La figure 2, résumant les résultats de ce croisement, montre que les trajectoires de l’urbanisation des 17 communes du pays Bassin d’Arcachon Val-de-l’Eyre sont en fait très hétérogènes. Arcachon, petite commune-station urbanisée dès la fin du xixe siècle se distingue nettement du lot par une densité très supérieure, quoiqu’en baisse depuis les années 1960 du fait de la part importante des résidents secondaires (fig. 3b). À l’inverse, les grandes communes de l’hinterland du Val-de-l’Eyre (Mios, Lugos, Saint-Magne et Le Barp) ont des trajectoires marquées par un net rebond démographique : leur forte attractivité actuelle fait suite à une période d’exode soutenue jusque dans les années 1960. Une commune comme Andernos montre sans doute la plus grande continuité dans l’urbanisation de son territoire, avec une linéarité assez forte entre les populations communales recensées et les surfaces construites, avec une densification relative amorcée à partir des années 1980.

10Mais ce motif n’est pas généralisé, quelques communes se distinguent par des périodes d’augmentation forte de la densité communale à bâti quasi-constant : c’est le cas d’Arès ou de Lège-Cap-Ferret dans la période de l’immédiat après-guerre. Cette évolution peut être expliquée tant par une densification de l’occupation sur de l’habitat existant que par une diminution de la part des habitations secondaires sur la commune. On remarque à l’inverse que des communes comme Marcheprime, Gujan-Mestras, Le Teich et La Teste-de-Buch ont en commun une fin de trajectoire assez aplatie, signe d’un maintien dans les dernières décennies d’une politique de construction encore assez extensive. En dépit d’une volonté éventuellement affichée par leurs élus de promouvoir des modèles urbanistiques de ville dense, ces communes encore relativement dotées en foncier tendent à concentrer une demande modale qui est encore celle de la construction résidentielle individuelle. Si ces observations tendent probablement à relativiser le rôle des élus dans l’inflexion des dynamiques démographiques de leurs communes, elles montrent également les spécificités des trajectoires communales, qui ne sauraient être réduites à de seuls grands gradients (exutoire contre fond du bassin, communes proches ou éloignées de Bordeaux…).

  • 6 Découpage infra-communal qui « doit respecter des critères géographiques et démographiques et avoir (...)

11Cette artificialisation croissante s’accompagne d’une attractivité touristique importante, illustrée par l’offre en logements touristiques du bassin d’Arcachon, qui concentre 15 % de la capacité d’accueil touristique de l’ex-région Aquitaine (chiffres 2013 en nombre de lits), dont un quart est constitué de campings et d’hôtels. À ces hébergements touristiques s’ajoutent les résidences secondaires, qui connaissent une hausse soutenue depuis 1975, avec une localisation privilégiée dans le nord-bassin, essentiellement à Lège-Cap-Ferret, mais aussi au Sud, à Arcachon (Lyser, 2016). À l’échelle infra-communale des Iris 6, le caractère touristique du front de mer est parfaitement visible (fig. 3b) : les zones qui comptent une proportion élevée de résidences secondaires sont celles où se situent les hauts lieux touristiques tels que Cap-Ferret, Le Pyla, le Moulleau-Abatilles, Ville d’Hiver et Ville d’Été.

12Toutefois, la hausse du nombre de logements à l’échelle du bassin est moins portée par l’augmentation des résidences secondaires que celle des résidences principales qui demeure la catégorie majoritaire (respectivement + 6 811 et + 762 sur la période 2007-2012). Ceci corrobore l’idée développée par Bawedin et Miossec (2013) selon laquelle : « le bassin d’Arcachon est un espace littoral où l’on s’installe pour vivre, caractérisé par une majorité de résidences principales ».

13Si le bassin s’est historiquement développé comme un lieu de villégiature privilégié de la bourgeoisie bordelaise, l’intensité de ses relations avec la métropole régionale ne s’est depuis pas démentie. De ce fait, la distinction entre résidents permanents et secondaires peut se révéler particulièrement poreuse sur le territoire, ce qu’un examen des fichiers électoraux permet de mettre en évidence. Comme cela est commenté par Bargel (2016), qui voit notamment dans ce motif l’expression individuelle d’une forme d’attachement territorial, près d’un cinquième des français inscrits sur les listes électorales ne votent pas dans la commune où ils habitent. 17 000 communes avaient ainsi plus d’électeurs que de résidents adultes au sens du recensement de la population au moment de la présidentielle de 2012 (Coulmont, 2014).

Figure 3 – Densité de la population en 2014 et part des résidences secondaires en 2012

Figure 3 – Densité de la population en 2014 et part des résidences secondaires en 2012

Source : Insee, recensement de la population, IGN

14En reconstruisant une évolution sur 25 ans de ce différentiel sur le pays Bassin d’Arcachon Val-de-l’Eyrea (fig. 4), on observe que Lège-Cap-Ferret et Arcachon ont eu, de manière consistante sur la période, plus d’inscrits que d’habitants de plus de 19 ans au sens du recensement. Ce solde est également positif pour deux autres communes du nord du bassin, Andernos et Lanton, du fait d’une inflexion survenue à partir des années 2000. Dans ces quatre collectivités, le décalage ne résulte pas tant de la « mal inscription » de jeunes adultes, que de la possibilité offerte aux particuliers propriétaires de biens immobiliers depuis plus de cinq ans d’y exercer leurs droits électoraux. Or ces électeurs/résidents secondaires sont particulièrement attentifs aux postures de leurs élus municipaux quant au volume et à la nature de la fréquentation touristique.

Figure 4 – Évolution, sur 1990-2014 du nombre d’inscrits sur les listes électorales et des adultes résidents dans les communes du pays Bassin d’Arcachon Val-de-l’Eyre. Les communes sont ordonnées par ordre décroissant de la différence entre ces deux valeurs, cumulée sur la période

Figure 4 – Évolution, sur 1990-2014 du nombre d’inscrits sur les listes électorales et des adultes résidents dans les communes du pays Bassin d’Arcachon Val-de-l’Eyre. Les communes sont ordonnées par ordre décroissant de la différence entre ces deux valeurs, cumulée sur la période

Source : INSEE, recensements de la population, ministère de l’Intérieur

15Cette analyse de l’attractivité résidentielle met en évidence une forte dynamique d’artificialisation. Les espaces de nature dont la préservation tend à être menacée deviennent une ressource rare, ce qui fragilise le développement des stratégies écotouristiques.

II – De la préservation de l’environnement à l’écotourisme : des projets qui font sens pour certains élus

16L’attractivité touristique et résidentielle du bassin d’Arcachon est plus ou moins encouragée par les élus. Même si le rôle des intercommunalités a été renforcé dans le domaine de la préservation des espaces naturels et de l’aménagement, les élus locaux doivent résoudre la tension attractivité-préservation au niveau de chaque commune, parce que l’élection municipale se fait au suffrage direct, sous le contrôle des résidents principaux et des résidents secondaires inscrits sur les listes électorales (fig. 4). C’est à ce niveau que se cristallise la compétition électorale et que chaque candidat à la mairie doit se positionner publiquement sur son projet, en s’accommodant de dynamiques démographiques qu’il maîtrise peu et en valorisant ses capacités propres.

1. Les politiques des maires influencent l’évolution du bâti mais peu la démographie des communes

  • 7 Cf note 2 en introduction.

17Des entretiens menés en 2013 auprès des maires de douze communes du bassin 7 ont révélé des positionnements parfois très tranchés en faveur de l’accroissement du bâti ou au contraire de sa maîtrise. Certains s’affichent comme bâtisseurs, d’autres ont un discours plus modéré souhaitant préserver un équilibre, voire limiter l’afflux de population. Ces choix reflètent en partie les profils professionnels des élus (tableau 1). Cependant la croissance démographique d’une commune a une certaine inertie (fig. 2), que la politique municipale peut infléchir mais que dans beaucoup de cas, elle ne maîtrise pas totalement. Cette dynamique d’ensemble du bassin affecte cependant différemment les communes en fonction de leur étendue spatiale et des ressources de l’équipe municipale.

Tableau 1 – Profil professionnel et positionnement vis-à-vis de l’urbanisation des maires des communes étudiées

Commune étudiée

Maire

Affiliation

Profil professionnel

Positionnement vis-à-vis de l’urbanisation

Andernos

P. Perusat (sortant)

J.Y. Rosazza (2014)

UD

DVD

Promoteur immobilier

Agent immobilier

Encourage

Freine

Arcachon

Y. Foulon

DVD

Avocat

Freine

Arès

J.G. Perrière

UD

Architecte-urbaniste

Freine

Audenge

N. Le Yondre

PS

Fonctionnaire territorial

Encourage

Belin-Beliet

M.C. Lemonnier

DVD

Professeur

Encourage

Biganos

B. Lafon

Sans et.

Propriétaire expl. forestier

Freine

Gujan-Mestras

M.H. Des Egaulx

DVD

Avocat

La Teste

J.J. Eroles

UD

Pharmacien

Le Barp

C. Dornon

Sans et.

Sans profession

Le Teich

F. Deluga

UG

Agent d’assurance

Encourage

Lège Cap Ferret

M. Sammarcelli

UD

PDG PME retraité

Freine

Lugos

F. Gauthier (sortant)

E. Tostain (2014)

Sans et.

Sans et.

Ministère équipement

Gestionnaire en assurance

Freine

Freine

Marcheprime

S. Baudy

DG

Retraité CEA

Encourage

Mios

C. Pain (2014)

PS

Ingénieur écologue

Salles

V. Nuchy (sortant)

L. Dervillé (2014)

UG

DVD

Agent d’affaires

Ingénieur CHU

Encourage

Encourage

Saint-Magne

P. Lacoste (sortant)

B. Octon (2014)

Sans et.

Sans et.

Militaire retraité

Contrôleur du Trésor

Freine

Freine

Source : Irstea, entretiens réalisés par les auteurs

18Au nord du bassin, la faible maîtrise de la croissance démographique par les politiques municipales s’illustre par le cas de trois communes qui avaient toutes un peu moins de 4 000 habitants dans les années 1960 et ont doublé depuis : Andernos, Lège-Cap-Ferret et Biganos. Andernos et Lège ont eu depuis les années 1970 des maires proches du secteur immobilier, affichant explicitement une volonté de développement. Lorsque M. Sammarcelli (divers droite) a remporté l’élection de 1995 à Lège avec un programme se voulant en rupture avec la politique d’aménagement de son prédécesseur, la croissance du bâti s’est ralentie mais la démographie a continué d’augmenter au cours de ses trois mandats successifs. La croissance démographique de Lège et d’Andernos a été similaire à celle de Biganos dont les maires successifs n’ont ni encouragé explicitement ni freiné la construction.

19Les maires des communes urbaines du sud-ouest du bassin accompagnent les dynamiques de croissance (Gujan-Mestras et La Teste-de-Buch) ou de diminution (Arcachon) qui sont stables depuis les années 1960. Cumulant un mandat local et national, leurs maires disposent de leviers pour intervenir sur des dossiers structurants comme une voie rapide ou une ligne ferroviaire à grande vitesse. Dans les entretiens et leur communication électorale, ces élus se présentent comme beaucoup d’élus urbains en France, négociateurs de projets auprès de partenaires multiples (Pinson, 2004, p. 205) et entrepreneurs de « valorisation de leur territoire » (Faure, 1989). Mais les dynamiques observées dépendent davantage du foncier disponible (très réduit à Arcachon, très large à Gujan) que des infrastructures et des opérations concertées.

20Pour les communes de moins de 1 000 habitants (Saint-Magne, Lugos), la croissance démographique actuelle est plus subie que désirée. Le maire sortant et la nouvelle élue mentionnent tous les deux les 4 % de croissance démographique comme un problème pour une commune qui n’a que neuf agents municipaux sans service technique ni service de l’urbanisme. La gestion quotidienne de la commune requiert un fort investissement en temps pour les conseillers municipaux, peu compatible avec un emploi à plein temps et peu compensé par la faiblesse des indemnités.

2. Les déterminants du positionnement des maires face à la tension croissance-préservation

21Les marges de manœuvre dont disposent les maires des communes vis-à-vis de la tension croissance-préservation se situent dans le type d’urbanisation qu’ils vont mettre en œuvre et leur engagement plus ou moins fort en faveur de la préservation des espaces naturels. Dans ces deux domaines, leurs choix s’expliquent par la conjonction des prédispositions dont ils ont hérité ou qu’ils ont acquises durant leur trajectoire et des configurations électorales de chaque commune (Lagroye, 1994 ; Faure, 2009).

22Durant la campagne municipale de 2014, tous les maires sortants et leurs opposants des communes du bassin, quelle que soit leur affiliation politique, ont communiqué sur l’emploi, la préservation de l’environnement et la solidarité envers les plus faibles. Sur ces sujets, le contenu des documents de campagne différencie peu les candidatures, même si les maires sortants sont les plus loquaces sur la préservation de l’environnement, notamment lorsque le territoire municipal possède des aires protégées à l’image des documents de campagne du maire d’Arès qui mentionnent, pour la partie bilan, le « port ostréicole entretenu » des « cheminements doux », un « environnement préservé », des « réserves naturelles mises en valeur », un « rivage resté intact », une « forêt entretenue et ouverte », « une volonté forte de préservation », « l’achat de nouveaux terrains à vocation naturelle », un « musée du bassin et de la forêt » et pour la partie projet : « Nous avons bâti l’identité d’Arès à partir de ses atouts naturels […]. La mise en valeur de ce patrimoine sera poursuivie par la mise en place d’un plan local d’urbanisme préservant des zones naturelles et forestières […] » (extraits des documents de campagne municipale de 2014, J.-G. Perrière, UMP, maire sortant d’Arès).

23Mais pour certains, le discours de l’écologie est un rôle à contre-emploi, étant donné le registre qu’ils ont utilisé pour construire leur légitimité d’élus. Les douze entretiens réalisés en 2013 avec les maires du bassin sur leur trajectoire personnelle et la vision qu’ils ont de leur commune mettent en exergue trois ressorts de l’éligibilité mayorale qui jouent ensuite sur le positionnement vis-à-vis de la préservation de l’environnement : l’enracinement local pour des élus qui se revendiquent « enfants du pays », l’engagement partisan de candidats « parachutés » (en l’occurrence par le parti socialiste, historiquement majoritaire en Gironde), et les compétences entrepreneuriales d’outsiders (tableau 2).

Tableau 2 – Croisement des ressorts de l’éligibilité des maires du bassin d’Arcachon avec leur positionnement sur l’enjeu de l’urbanisation

Encouragent l’urbanisation

Freinent l’urbanisation

Enfants du pays

Faire une synthèse (élu parti et revenu) compétence professionnelle

Belin-Beliet, Salles (après 2014)

Préserver la commune encore rurale ou déjà urbaine Arcachon, Lugos, Biganos, Arès, Saint Magne (après 2014), La Teste de Buch (2001-2014), Andernos (après 2014)

Outsiders

Désir de transformation Andernos (avant 2014), Marcheprime

Rompre avec les bâtisseurs Lège (après 1995)

Militants placés

Favorables à l’éco-tourisme

Mise en avant des atouts naturels et densification

Le Teich, Salles (avant 2014), Audenge

Source : Irstea, entretiens réalisés par les auteurs

24Les élus « enfants du pays » qui ont construit leur éligibilité sur leur enracinement local ont plutôt tendance à freiner l’urbanisation. Le maire d’Arcachon exprime « une volonté de servir cette ville d’Arcachon, parce que j’y suis né, que je ne l’ai jamais quittée et où j’ai toute ma famille ». Il met en avant « une ville sereine, équilibrée, paisible » (Yves Foulon, UD, entretien 2013). Le maire de Biganos évoque son entrée en politique en mentionnant son grand-père adjoint au maire et son père conseiller municipal. Sylviculteur et directeur du centre régional de la propriété forestière, il est sensible à la préservation de la forêt et explique qu’il faut maîtriser l’urbanisation. C’est également le cas des maires de Lugos, Saint-Magne (après 2014), La Teste-de-Buch (2001-2014) et Andernos (après 2014). Dans ce groupe, les élus (majoritairement de droite) mentionnent peu le tourisme. À Lège, Arcachon et Andernos (après 2014), ce discours de préservation s’adresse notamment aux nombreux résidents secondaires inscrits sur les listes électorales (fig. 4). La figure 2 montre que l’urbanisation progresse néanmoins dans ces communes.

25Les deux exceptions à ce positionnement concernent des élus qui mettent en avant, outre leur enracinement local, leur expérience professionnelle acquise à l’extérieur de la commune et des compétences managériales au profit d’une modernisation de leur village. Marie-Christine Lemonnier, divers droite, maire de Belin-Béliet depuis 2008, parle volontiers d’un village « endormi » avant son arrivée et met en avant ses compétences en économie et gestion. Luc Dervillé, UMP, cadre hospitalier au CHU de Bordeaux, a emporté l’élection à la mairie de Salles en 2014 avec un programme marqué par une logique de développement de zones franches, un projet de lycée et le refus d’un contournement routier.

26Proches des précédents en termes de trajectoire professionnelle, les élus outsiders, qui ont construit leur éligibilité sur un capital personnel en rupture avec leur prédécesseur, ont tendance à encourager l’urbanisation tant qu’il n’existe pas de challenger crédible en faveur de la préservation. C’est le cas d’Andernos (avant 2014) et Marcheprime. Serge Baudy, PRG, adjoint depuis 1995 et maire de Marcheprime depuis 1997, explique son élection par l’essoufflement de l’équipe municipale sortante (en 1995) et les perspectives offertes par une nouvelle équipe plus jeune. Son projet vise à augmenter l’attractivité de la commune : « c’est à partir de 1995 que l’on a donné à Marcheprime son image actuelle, […] aujourd’hui tout le monde veut venir à Marcheprime » (entretien 2013). Philippe Pérusat, UMP, maire d’Andernos de 1974 à 2014, explique son éligibilité par ses qualités d’entrepreneur urbain : « Pour une ville qui voulait se développer, je réunissais les qualités du bâtisseur, de l’universitaire, d’un directeur de société et d’un urbaniste » (Entretien 2013). Son projet accompagne le développement démographique de la commune : « Avec des équipements vous accroissez la notoriété de la ville ; la ville attire, il y a donc une sorte d’évolution positive, de développement harmonieux ». Cependant en 2014, ses projets d’urbanisation d’un espace naturel (les Quinconces) et d’agrandissement du port sont rejetés par la population. Le vote des résidents secondaires et celui des jeunes couples – attentifs aux questions environnementales et déjà satisfaits sur le plan des équipements – ont pesé en faveur d’un changement incarné par un « enfant du pays » pour freiner l’urbanisation. Notons que la posture de l’outsider en rupture avec les bâtisseurs est aussi une alternative possible, si elle est proposée par un élu dès son premier mandat (cas de Lège en 1995).

27Ce sont finalement les « militants placés » par le parti socialiste dans les communes intermédiaires du bassin (Le Teich, Salles, Audenge) qui sont le plus favorables à l’écotourisme. Leurs discours pro-urbanisation encouragent la densification plutôt que le mitage. C’est le positionnement du maire sortant de Salles, Vincent Nuchy, qui était aussi président du parc régional des Landes de Gascogne. Nathalie Le Yondre, maire d’Audenge depuis 2008, souligne la forte attractivité de sa commune « due à un cadre naturel et à une qualité de vie exceptionnels et assez préservés » (entretien 2013) et considère le tourisme comme un des leviers du développement de la commune, alors que peu de maires évoquent le tourisme dans les entretiens sur leur parcours. C’est aussi la rhétorique du maire du Teich, François Deluga, même si la réalité montre un accroissement important du bâti ces dernières années. Il privilégie la construction tout bois et défend un concept de « ville-nature » pour sa commune qui abrite une réserve ornithologique : « La richesse de la commune c’est son espace et sa nature […] le tourisme de la nature, l’écotourisme : on a 150 000 visiteurs par an et sur 10 mois de l’année. C’est pour cela qu’on a trente commerces dans le bourg maintenant » (F. Deluga, maire du Teich, entretien 2013). Cet affichage est renforcé par son engagement en faveur du parc marin dont il a pris la présidence du conseil de gestion.

III – Écotourismes : des visions et pratiques contrastées ?

  • 8 Cet échantillon est essentiellement composé d’acteurs institutionnels susceptibles d’être impliqués (...)
  • 9 Un pourcentage élevé atteste de la pertinence de la classification.
  • 10 Lorsque le coefficient Phi est supérieur à 0,20 cela atteste d’un lien fort entre le mot et la clas (...)

28Dans le contexte de tensions entre valorisation et préservation des ressources évoqué ci-dessus, et l’affirmation plus ou moins marquée des enjeux environnementaux dans les programmes politiques, certains acteurs en charge de l’aménagement et des stratégies touristiques se posent la question de développer une offre écotouristique. Il s’agit notamment des intercommunalités, du parc régional des Landes de Gascogne (porté par un syndicat mixte) mais aussi des communes par l’intermédiaire de leur office du tourisme. Or, entre la préservation des environnements naturel et culturel, l’art de la rencontre entre différentes cultures, l’implication et l’amélioration des conditions de vie des populations locales ou encore l’éducation à l’environnement, les finalités de l’écotourisme peuvent être très diverses (Lequin, 2002 ; Dehoorne et al., 2011). Appréhender l’écotourisme sur le bassin d’Arcachon suppose donc d’étudier cette diversité. Pour cela nous avons recueilli le point de vue de 37 acteurs 8 directement ou indirectement impliqués dans des démarches écotouristiques. L’ensemble des entretiens retranscrit a permis de constituer un corpus de texte étudié par le logiciel d’analyse statistique textuelle Alceste (Lebart et Salem, 1994). La méthode associée à ce logiciel suppose le découpage des entretiens en unités de contexte élémentaires (UCE). La sélection des mots pleins puis des formes réduites caractéristiques de ces UCE permet de réaliser une classification descente hiérarchique des UCE en fonction des formes réduites. Les résultats de l’analyse de notre corpus d’entretien nous a conduit à retenir une classification en cinq classes. Celle-ci permet le classement de 81 % des UCE du corpus, ce qui est un bon indicateur 9 de la pertinence de la représentativité de cette classification. La figure 5 présente chacune de ces classes à partir des mots les plus significatifs 10. Cette méthode qui repose sur la mise en évidence des cooccurrences de mots, répétées dans le corpus, permet ainsi de distinguer différents mondes lexicaux. Chaque monde lexical, dont les contours sont identifiés, grâce à analyse qualitative des entretiens, des UCE et des mots significatifs de chaque classe, renvoie à une vision de l’écotourisme portée par des acteurs et basée sur un ensemble cohérent de finalités et de pratiques.

29La classe 1, qui regroupe 14 % des unités textuelles classées est révélatrice de la vision de l’écotourisme la plus spécifique. C’est la première classe à s’être démarquée dans l’arbre de classification et son vocabulaire, très homogène, renvoie au panel des activités de protection du territoire qui repose sur des règles d’ouverture au public très strictes. Les mots les plus significatifs attestent de l’importance de la place accordée à ces dispositifs de protection des espaces naturels : prés salés, réserves, banc d’Arguin (fig. 5). L’absence des mots « tourisme et écotourisme » rappelle ainsi que la vocation première de ces sites naturels est écologique avant d’être touristique. Toutefois, certains de ces sites sont ouverts au public et font l’objet d’une fréquentation touristique en augmentation. Ainsi, la question de l’ouverture au public ne peut être éludée mais reste problématique car les impacts de la fréquentation touristique sur de tels sites naturels sont difficilement compatibles avec les objectifs de protection que se fixent les gestionnaires. De plus, si ces derniers ont toujours la volonté de rendre la nature accessible à tous, celle-ci est toujours freinée par les moyens humains dont ils disposent au sein des services environnement municipaux ou des offices de tourisme ou encore de la mobilisation de bénévoles et de leur sensibilité pour mettre en œuvre l’ouverture des sites. Ces moyens étant très variables selon les sites, ceci les incitent à donner la priorité aux dispositifs de protection. Toutefois, selon les dires d’un guide naturaliste, catégorie d’acteurs la plus représentative de cette classe lexicale, les échanges autour de l’écotourisme deviennent récurrents du fait des préoccupations, de plus en plus affirmées, des acteurs du tourisme pour préserver l’attractivité du territoire par la préservation des espaces naturels, et de la volonté des gestionnaires des espaces naturels de mobiliser les compétences des professionnels du tourisme pour réguler une fréquentation du public croissante et de plus en plus diversifiée.

Figure 5 – Arbre de classification du corpus et composition des classes

Figure 5 – Arbre de classification du corpus et composition des classes

Source : Irstea, Entretiens auprès des acteurs - calculs des auteurs (figure issue du logiciel Alceste)

1. L’écotourisme : des politiques diversifiées selon les sites

30La classe 2 représente 37 % des unités textuelles classées et regroupe les mots significatifs suivants : tourisme, office du tourisme, écotourisme, économie, territoire, développement. Cette classe lexicale fait explicitement référence à l’écotourisme. Elle révèle l’importance du contexte institutionnel territorial qui a permis l’émergence d’une démarche collective pour le développement de l’écotourisme sur le bassin d’Arcachon. Cette démarche, qui a débuté en 2009, était adossée à l’Axe 4 du fond européen pour la pêche et destinée à soutenir les initiatives locales, notamment celles permettant de relever les défis économiques et environnementaux du bassin d’Arcachon. Elle a été initiée par le pays Bassin d’Arcachon Val-de-l’Eyre, en partenariat avec le syndicat intercommunal du bassin d’Arcachon (qui a été mobilisé pour ses compétences et son expérience en matière de promotion touristique) et le parc naturel régional des Landes de Gascogne (qui avait déjà une expérience dans le champ de l’écotourisme). Avec un objectif de structuration d’une offre marchande autour des sites écotouristiques, la finalité économique du projet était explicite. Toutefois, un travail préalable d’identification des sites écotouristiques a été mis en place. Cette étape n’a pas été une simple formalité. Elle a nécessité d’importants échanges entre des acteurs du territoire qui ne collaboraient pas auparavant. Elle a ainsi révélé de profondes divergences entre d’une part les acteurs du tourisme qui voient dans l’écotourisme un potentiel d’activité économique par la valorisation marchande des espaces naturels, et d’autre part les acteurs de la préservation de la nature considérant les démarches écotouristiques comme des leviers de sensibilisation et d’éducation des visiteurs à l’environnement.

31Finalement, la confrontation de ces différentes visions qui se sont révélées plus souvent opposées que complémentaires a permis d’identifier 16 sites écotouristiques (fig. 1) représentant chacun une forme de compromis entre des logiques marchandes et environnementales, sans toutefois pouvoir aller au-delà dans la construction de projets autour de l’écotourisme et la structuration d’une filière écotouristique sur le territoire.

2. L’écotourisme : une problématique d’aménagement du littoral

32La classe 3, qui représente 12 % des unités textuelles classées, est composée des mots significatifs suivants : aménager, schéma, étude, littoral, aquitain, itinérant. Cet ensemble lexical révèle la cohérence et l’importance des stratégies touristiques développées à l’échelle régionale, sans pour autant qu’il soit explicitement fait référence à des stratégies écotouristiques. Bien que les cinq schémas départementaux existants ne soient pas encore assortis d’un schéma régional, ils ont des impacts sur le développement touristique du bassin d’Arcachon par le biais d’un règlement d’intervention qui a été renouvelé en 2013. Le précédent règlement adopté pour la période 2006-2013 avait identifié comme priorité le développement d’une filière écotouristique. Toutefois, l’objectif n’ayant pas été atteint, le nouveau règlement de 2014 a déplacé ses priorités sur l’aménagement des espaces (urbain, littoral, rural, montagnard) et notamment sur l’accès aux plages et la mise en place de réseaux d’itinérance douce. Ainsi, l’objectif de développer une filière écotouristique a été abandonné au profit d’une approche écotouristique plus souple et englobante, laissant des marges de manœuvre aux acteurs pour exprimer leurs différentes conceptions de la protection de l’environnement. En revanche, l’articulation entre ces orientations régionales marquées par les problématiques d’aménagement et les priorités du pays Bassin d’Arcachon Val-de-l’Eyre, centrées sur la sélection des sites, reste une question ouverte.

3. Le pescatourisme pour allier activité économique et tourisme

33La classe 4 regroupe les mots et les compartiments de texte relatifs au pescatourisme, qui a été développé depuis 2010 dans le cadre de l’Axe 4 du fond européen pour la pêche. Cette activité, auparavant proposée de façon informelle, a été mise en place avec le soutien des acteurs du tourisme pour valoriser les produits et les métiers de la mer et de l’ostréiculture. Le pescatourisme a la particularité de favoriser une mise en contact directe avec la réalité des pêcheurs et des ostréiculteurs affichés comme un marqueur important de l’identité du territoire et de la population locale. Ainsi par cette place accordée à la rencontre interculturelle qui est complémentaire aux orientations écologiques, le pescatourisme fait explicitement écho aux démarches écotouristiques. En effet, les sorties en mer sont des moments privilégiés pour diffuser des messages sur la vulnérabilité écologique du bassin et ainsi remplir l’objectif de médiation environnementale. De fait, le pescatourisme réunit de nombreux critères pour être l’emblème de l’écotourisme sur le bassin d’Arcachon. Toutefois, cela reste un produit touristique de niche, réservé à une population relativement aisée (l’embarquement s’élève à 45 euros par personne). En 2015, 10 pêcheurs et 20 ostréiculteurs ont embarqué 1 200 passagers. L’augmentation des contraintes réglementaires, notamment sur le nombre de personnes embarquées, constitue, pour les professionnels, un frein que ne compensent pas par les bénéfices financiers de la démarche. Dans ces conditions, le pescatourisme ne peut constituer un levier pour le développement de l’écotourisme sur le bassin d’Arcachon.

4. Développer l’écotourisme pour la promotion des mobilités douces

34La classe 5 représente une part relativement importante du corpus classé (23 % des unités textuelles classées). Elle confirme les tensions entre des visions de l’écotourisme basées sur la valorisation économique d’activité et/ou de ressources spécifiques à un territoire et celles insistant sur les questions d’aménagement du territoire susceptibles de converger avec les attentes des résidents. En effet, cette classe fait référence à un ensemble de discours sur les spécificités des modalités de déplacement des touristes sur le bassin d’Arcachon. Elle révèle des choix pour une itinérance douce et la pratique de l’intermodalité. Ces pratiques semblent cohérentes avec l’ambition de faire évoluer le tourisme de masse balnéaire vers plus de durabilité, mais elle pose également la question de la compatibilité entre cette forme de tourisme et l’attractivité résidentielle, qui tend à connecter le bassin d’Arcachon à la métropole bordelaise. Finalement, pour une majorité d’acteurs cette orientation écotouristique ne conduit pas à s’interroger sur les usages touristiques du territoire et leurs finalités mais plutôt à promouvoir des mobilités durables. Dans ces conditions, il semble cohérent que les instruments de la politique touristique porte sur la gestion des pics de fréquentation plutôt que des changements de pratiques touristiques.

35Les résultats de l’analyse statistique textuelle, dont la compréhension a été étayée par l’analyse qualitative des 37 entretiens, montre que l’écotourisme constitue une perspective de développement sur le bassin d’Arcachon. Toutefois si la forme de ce développement est incertaine, le discours des acteurs insiste bien sur le rôle déterminant des choix des politiques départementales et régionales pour influencer les formes et le fond des stratégies écotouristiques.

Conclusion

  • 11 Le 07/11/2017, la pétition portée par l’association Les écocitoyens du bassin d’Arcachon comptait 2 (...)

36Notre étude montre qu’il existe plusieurs conceptions de l’écotourisme qui ne dépendent pas uniquement de la demande touristique, mais qui doivent être pensées plus largement en lien avec les dynamiques résidentielles du territoire. Le bassin d’Arcachon est un territoire marqué par une forte attractivité touristique et résidentielle. Les analyses des évolutions démographiques et foncières mettent en évidence l’importance prise par cette attractivité résidentielle depuis les années 2000. Ceci est concomitant avec la prise de conscience des acteurs institutionnels des fortes pressions que les activités humaines – et notamment le tourisme balnéaire – peuvent occasionner sur ce territoire, au risque à terme de porter atteinte à la qualité du territoire. Pour impulser un changement, l’écotourisme a donc été soutenu et développé depuis cinq ans grâce à une forte volonté collective qui a été formalisée dans le cadre d’un projet européen. La portée de cette action a été importante notamment en termes d’interconnaissance et d’apprentissage collectif. Ceci montre que les changements de pratiques nécessaires à l’évolution d’une filière économique vers le développement durable nécessitent de les envisager sur un temps long et sur la base d’un processus de négociation. Notre analyse révèle cependant des contradictions entre les acteurs qui promeuvent l’écotourisme pour préserver l’environnement et des résidents soucieux de disposer d’une qualité de vie qui revêt des dimensions pas ou peu compatibles avec la préservation. Dans ce contexte où le bassin est pris en tension entre diverses formes d’attractivité, le développement de l’écotourisme contribue plutôt à la diversification des stratégies possibles qu’à l’émergence d’une stratégie touristique médiane permettant de réguler ces tensions. Un des signes les plus marquants de cette difficulté réside sans doute dans les échanges tendus suscités par l’extension de la réserve naturelle nationale du banc d’Arguin, située à l’exutoire du bassin. Publié le 10 mai 2017, le décret redéfinissant le périmètre et le règlement de la réserve a ainsi provoqué une levée de bouclier de la part de nombreux acteurs, poussant à la rédaction de plusieurs arrêtés préfectoraux précisant et infléchissant certaines dispositions (transport et plaisance). Trois pétitions avaient été rendues publiques en quelques jours : la première a été portée par les plaisanciers voulant notamment continuer à pratiquer le mouillage de nuit, une autre conteste l’interdiction du kitesurf sur l’ensemble de l’aire protégée. La dernière – pro-réserve – choisit de parler au nom des oiseaux nicheurs du banc, dont le dérangement par les pratiques des plaisanciers était la justification initiale de la création de la réserve. Elle n’a pas été la plus audible 11.

Haut de page

Bibliographie

André-Lamat V, Mellac M., « L’île aux Oiseaux, appropriation conflictuelle d’un haut lieu du bassin d’Arcachon », L’Information géographique, no 78, 2014, p. 62-84.

Bargel L., « Les “originaires” en politique », Politix, vol. I, 2016, p. 171-199.

Bawedin V., Miossec A., « Un littoral pour quelle population ? Une réponse politique entre nature et société. Cas du bassin d’Arcachon et du littoral picard », Espace Populations Sociétés, nos 1-2, 2013, p. 211-230.

Blamey R. K., « Principles of ecotourism », The Encyclopedia of Ecotourism, 2001, p. 5-22.

Bouneau C., « La promotion de l’économie touristique, levier de la politique d’aménagement du territoire en France des années 1950 aux années 1980 », Entreprises et histoire, no 47, 2007, p. 108.

Cobbinah P. B., « Contextualising the Meaning of Ecotourism », Tourism Management Perspectives, no 16, 2015, p. 179-189.

Coulmont B., « Vote à distance, distance au vote ? », http://coulmont.com/blog/2014/03/14/vote-a-distance, 2014.

Das M. B., Chatterjee B., « Ecotourism: A Panacea or a Predicament? », Tourism Management Perspectives, no 14, 2015, p. 3-16.

Dehoorne O., Transler A. L., « Autour du paradigme d’écotourisme », http://etudescaribeennes.revues.org/414, Études caribéennes, no 6, 2007 (consulté le 20/03/2017).

Faure A., « Le trousseau des politiques locales », Politix, vol. II, no 7, 1989, p. 73-79.

Faure A. « Les élus locaux changent-ils la politique ? Méthode, controverses, énigmes… », dans Bidégaray C., Cadiou S., Pina C. (dir.), L’Élu local aujourd’hui, Presses universitaires de Grenoble, 2009.

François H. « Le tourisme durable une organisation du tourisme en milieu rural », Revue d’économie régionale & urbaine, no 1, 2004, p. 57-80.

Gaimard M., Dynamique démographique du bassin d’Arcachon, 2010.

Gironde tourisme, La Fréquentation touristique en Gironde. Données de cadrage actualisées, 2012.

Héritier S., « Le patrimoine comme chronogenèse. Réflexions sur l’espace et le temps. », Annales de géographie, no 1, 2013, p. 3-23.

Laliberté M., « Le tourisme durable, équitable, solidaire, responsable, social : un brin de compréhension », Téoros. Revue de recherche en tourisme, 2005, no 24, p. 69-71.

Lagroye J., « Être du métier », Politix, vol. VII, no 28, 1994, p. 5-15.

Lebart L., Salem A., Statistique textuelle, Dunod, Paris, 1994.

Lequin M., « L’écotourisme. Expérience d’une interaction nature-culture », Téoros, vol. XXI, no 3, 2002, p. 38-42.

Lyser S., Analyse démographique du bassin d’Arcachon, no 59, p. 2016.

Mosammam H. M., Sarrafi M., Nia J. T. et al., « Typology of the Ecotourism Development Approach and an Evaluation from the Sustainability View: The Case of Mazandaran Province, Iran », Tourism Management Perspectives, no 18, 2016, p. 168-178.

Nuryanti W., « Heritage and Postmodern Tourism », Annals of Tourism Research, vol. XXIII, no 2, 1996, p. 249-260.

ONML, Densité de population des communes littorales en 2010 et évolution depuis 1961-1962, no 4, 2013.

Parks T. H., Parks T. A., Allen C., « The Development of a Framework for Studying Ecotourism », International Journal of Management, 2009, no 26, p. 89.

Pinson G., « Le projet urbain comme instrument d’action publique », dans Lascoumes P. et Le Galès P. (dir.), Gouverner par les instruments, Presses de Sciences po, Paris, 2004.

Reinert M., « Les “mondes lexicaux” et leur “logique” à travers l’analyse statistique d’un corpus de récits de cauchemars », Langage et Société, no 66, 1993 p. 5-39.

Russo A. P., « The “Vicious Circle” of Tourism Development in Heritage Cities », Annals of Tourism Research, vol. XXIX, no 1, 2002, p. 165-182.

Syndicat Intercommunal du bassin d’Arcachon, Recueil de données tourisme sur le bassin d’Arcachon, SIBA, 2014.

Zaoual H., « Du tourisme de masse au tourisme situé : quelles transitions ? », Marché et Organisations, no 1, 2007, p. 155-182.

Haut de page

Notes

1 https://www.entreprises.gouv.fr/etudes-et-statistiques/chiffres-cles-tourisme.

2 Selon l’Organisation mondiale du tourisme la filière touristique représente 5,3 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde (2004).

3 Ce travail a été réalisé dans le cadre du programme de recherche interdisciplinaire OSQUAR 2 financé par le CCRDT Aquitaine sur l’attractivité et la vulnérabilité du bassin d’Arcachon. 12 entretiens ont été réalisés avec les maires des communes riveraines en poste en 2013, les professions de foi de 31 candidats et leurs résultats aux municipales de 2014 ont été analysés dans 14 communes. Sur le thème de l’écotourisme, 37 entretiens ont été réalisés dont 27 auprès d’acteurs institutionnels et 9 auprès de touristes.

4 Pour apprécier cette évolution se reporter aux articles de R. Bercovitz et S. Briffaud et celui d’I. Sacareau de ce numéro.

5 Le taux de variation annuel sur 2007-2012 est de 1,74. Il est légèrement supérieur à celui de la période 1975-1982 (1,68) mais bien inférieur à la période 1999-2007 (2,05).

6 Découpage infra-communal qui « doit respecter des critères géographiques et démographiques et avoir des contours identifiables sans ambigüité et stables dans le temps » (INSEE).

7 Cf note 2 en introduction.

8 Cet échantillon est essentiellement composé d’acteurs institutionnels susceptibles d’être impliqués ou directement impliqués dans la construction et la mise en œuvre de stratégies écotouristiques. Leur point de vue est mis en regard avec celui de 9 touristes enquêtés sur les sites écotouristiques du territoire.

9 Un pourcentage élevé atteste de la pertinence de la classification.

10 Lorsque le coefficient Phi est supérieur à 0,20 cela atteste d’un lien fort entre le mot et la classe.

11 Le 07/11/2017, la pétition portée par l’association Les écocitoyens du bassin d’Arcachon comptait 2017 signatures (https://www.change.org/p/monsieur-le-pr%C3%A9fet-de-gironde-soutenons-le-d%C3%A9cret-de-protection-de-la-r%C3%A9serve-naturelle-nationale-du-banc-d-arguin), contre les 6 410 des Amis du Banc d’Arguin (https://www.mesopinions.com/petition/politique/bassin-arcachon-decret-2017_945-10-mai/30751) et les 955 de Kitanonymous Arcachon (https://www.change.org/p/non-%C3%A0-l-interdiction-du-kitesurf-autour-du-banc-d-arguin).

Haut de page

Table des illustrations

Titre Figure 1 – Carte de situation des communes du pays Bassin d’Arcachon Val-de-l’Eyre, incluant les principaux sites écotouristiques
Crédits Source : Insee, IGN, CGDD SOeS, SIBA. Réalisation : Lyser et Hautdidier, Irstea 2018
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/soe/docannexe/image/4263/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 396k
Titre Figure 2 – Croisement pour les 17 communes du pays Bassin d’Arcachon Val-de-l’Eyre de l’évolution de la densité de la population avec l’âge estimé du bâti actuel, sur la période 1901-2012
Crédits Source : INSEE/EHESS, MAJIC (2013) via Pigma
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/soe/docannexe/image/4263/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 324k
Titre Figure 3 – Densité de la population en 2014 et part des résidences secondaires en 2012
Crédits Source : Insee, recensement de la population, IGN
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/soe/docannexe/image/4263/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 528k
Titre Figure 4 – Évolution, sur 1990-2014 du nombre d’inscrits sur les listes électorales et des adultes résidents dans les communes du pays Bassin d’Arcachon Val-de-l’Eyre. Les communes sont ordonnées par ordre décroissant de la différence entre ces deux valeurs, cumulée sur la période
Crédits Source : INSEE, recensements de la population, ministère de l’Intérieur
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/soe/docannexe/image/4263/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 252k
Titre Figure 5 – Arbre de classification du corpus et composition des classes
Crédits Source : Irstea, Entretiens auprès des acteurs - calculs des auteurs (figure issue du logiciel Alceste)
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/soe/docannexe/image/4263/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 515k
Haut de page

Pour citer cet article

Référence papier

Clarisse Cazals, Sandrine Lyser, Gabrielle Bouleau et Baptiste Hautdidier, « Quels écotourismes sur le bassin d’Arcachon ? Diversités et contradictions sur un territoire confronté à son attractivité touristique et résidentielle »Sud-Ouest européen, 45 | 2018, 139-156.

Référence électronique

Clarisse Cazals, Sandrine Lyser, Gabrielle Bouleau et Baptiste Hautdidier, « Quels écotourismes sur le bassin d’Arcachon ? Diversités et contradictions sur un territoire confronté à son attractivité touristique et résidentielle »Sud-Ouest européen [En ligne], 45 | 2018, mis en ligne le 12 avril 2019, consulté le 22 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/soe/4263 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/soe.4263

Haut de page

Auteurs

Clarisse Cazals

Irstea-UR ETBX, clarisse.cazals@irstea.fr.

Articles du même auteur

Sandrine Lyser

Irstea-UR ETBX, sandrine.lyser@irstea.fr.

Articles du même auteur

Gabrielle Bouleau

Irstea-UR ETBX, gabrielle.bouleau@irstea.fr.

Baptiste Hautdidier

Irstea-UR ETBX, baptiste.hautdidier@irstea.fr.

Articles du même auteur

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search