Navigation – Plan du site

AccueilNuméros9La recherche par l'écritArchives et terrainsLes carnets manuscrits de l’ethno...

La recherche par l'écrit
Archives et terrains

Les carnets manuscrits de l’ethnographe Eugène Huet de Froberville (1845-1847) : des noms et des voix de captifs déportés de l’Afrique orientale aux îles Mascareignes

Klara Boyer-Rossol 

Texte intégral

  • 1 Eugène Huet de Froberville n’utilisait pas toujours son nom complet, mais signait le plus souvent (...)
  • 2 Je voudrais remercier les collègues du CIRESC, et en particulier l’anthropologue Ary Gordien, pour (...)

1Issu d’une famille aristocratique française établie depuis la fin du xviiie siècle à Maurice (alors Île de France), Eugène Huet de Froberville1 (1815-1904) était lui-même né dans cette île de l’océan Indien occidental, devenue colonie anglaise en 18102. Installé en France avec sa famille depuis la fin des années 1820, Eugène de Froberville hérita de la grande fortune bâtie par son père Prosper sur la vente des denrées coloniales (et en particulier le sucre), et dédia sa vie aux arts et aux sciences. Au milieu des années 1840, il proposa à la Société de géographie de mener une étude sur « les races et les langues de l’Afrique de l’Est au sud de l’équateur » (Eyriès & Malte-Brun 1847 ; Froberville 1849). Il ne se rendit jamais sur le continent africain, mais fit son enquête ethnographique auprès d’anciens captifs africains qui avaient été déportés aux îles Mascareignes. À Bourbon (La Réunion) et à Maurice, entre 1845 et 1847, Froberville interrogea plus de 300 Est-Africains, recueillant auprès d’eux une somme considérable de savoirs sur leurs pays d’origine. Il ramena d’abondantes notes manuscrites en France (Froberville 1846a, 1846b, 1847b), qu’il conserva dans son château de la Pigeonnière à Chailles. Depuis la vente du château dans les années 1930, la trace de ces archives avait été perdue. En 2018, dans le cadre d’un contrat post-doctoral sur le thème des « Esclavages et de la circulation des savoirs dans le Sud-Ouest de l’océan Indien du xixᵉ siècle » (Boyer-Rossol 2019), j’entrepris de retracer la circulation des archives privées Huet de Froberville. Je les retrouvais finalement dans le grenier d’une demeure privée en France, chez des descendants d’Eugène de Froberville. Y étaient conservés, entre autres, ses fameux carnets de « terrain » (Surun 2006).

Les carnets

2Les 11 carnets d’Eugène de Froberville totalisent plus de 1 000 pages manuscrites. Ces carnets ont été organisés selon une classification ethnolinguistique, en référence aux principaux groupes de l’Afrique orientale auxquels se rattachaient les informateurs de Froberville (Makua, Makuzi, etc). En atteste, la couverture d’un des cahiers intitulé « Makua II Divers Dialectes. Mangàndzia. Makuzi. Ts’oambo » (fig. 1) – des groupes que l’on retrouve dans l’actuel Mozambique. À partir de ces notes de première main, Froberville a écrit deux gros volumes de synthèse dédiés à son étude ethnologique (Froberville sans date b, sans date c). Cet ensemble représente plus de 1 600 pages (fig. 2). Outre des notes éparses, des dessins et des cartes, on relève une abondante correspondance tenue par Eugène de Froberville au cours de son séjour, entre 1845 et 1847, aux îles Mascareignes. Ce corpus de 2 000 à 2 500 pages permet de reconstituer l’enquête de Froberville et l’histoire des anciens captifs africains interrogés.

Fig. 1. Cahier Makua II Divers Dialectes. Mangàndzia. Makuzi. Ts’oambo

Fig. 1. Cahier Makua II Divers Dialectes. Mangàndzia. Makuzi. Ts’oambo

© Archives privées Huet de Froberville

Fig. 2. Les carnets et livres manuscrits d’Eugène Huet de Froberville

Fig. 2. Les carnets et livres manuscrits d’Eugène Huet de Froberville

© Archives privées Huet de Froberville

Abolition de l’esclavage et science des races : une enquête menée dans des contextes de domination

  • 3 Ces noms ont été utilisés aux xviiie et xixe siècles comme des termes génériques pour parler de to (...)
  • 4 Paul de Froberville, l’oncle d’Eugène, avait touché pour les esclaves de La Barraque les compensat (...)
  • 5 Bibliothèque centrale du Muséum national d’histoire naturelle. SAP 97 (2) Correspondances (1847-18 (...)

3Si les « A-Makoua » ou « Mozambiques »3 interrogés en novembre 1845 par Eugène de Froberville à Bourbon étaient en situation d’esclavage (Froberville 1847b), dans la colonie anglaise de Maurice, l’institution servile avait été officiellement abolie une dizaine d’années plus tôt. À Maurice, où Eugène de Froberville séjourna plus d’une année (de décembre 1845 à février 1847), les principaux lieux de l’enquête étaient Port-Louis et le site de La Barraque dans le sud de l’île. Cette usine sucrière ainsi que les esclaves qui y étaient astreints à travailler la canne avaient appartenu aux Froberville4. Son séjour sur l’île sucrière de Bourbon en 1845 avait convaincu Eugène de Froberville de la nécessité d’abolir l’esclavage dans les colonies françaises. Froberville défendait l’immigration des « travailleurs » libres africains pour mettre en valeur les colonies et régénérer l’Afrique, « aux mœurs cruelles et barbares » (Froberville 1847b : 329). Alors que l’impérialisme européen était en plein essor, la civilisation devint un objet d’histoire pour le ministre François Guizot (Cottias 2013), qui était un proche d’Eugène de Froberville. Les travaux de ce dernier avaient participé en 1847 à nourrir les débats au sein de la Société ethnologique de Paris sur les « races blanches » et les « races noires »5. Pour les anthropologistes du Muséum de Paris, l’étude de Froberville contribuait à la « réhabilitation morale de la race nègre » au sein de l’espèce humaine (Flourens, Duperrey & Serres 1850). Froberville concevait l’existence d’une unique espèce humaine, tout en admettant une hiérarchie desdites races, au sommet de laquelle dominaient les Européens. Les « races noires » infériorisées étaient, dans son opinion, perfectibles au contact des Européens. Froberville s’était ainsi approprié le discours à la fois abolitionniste et monogéniste qui se diffusait dans certains cercles libéraux et savants, et qui mobilisait la race pour justifier le maintien de rapports de domination (Bernon 2018).

  • 6 Archives privées Froberville. Lettre d’Eugène de Froberville à sa mère, le 5 mai 1846, Port-Louis.

4Pour mener son enquête à Bourbon et à Maurice, Froberville profita de la position de pouvoir que lui conféraient son nom et sa position de membre de l’élite coloniale des Mascareignes. Ses accointances avec des propriétaires d’esclaves et de plantations et avec des supérieurs de l’administration coloniale lui furent essentielles pour accéder aux natifs africains. Les entretiens pouvant durer des journées entières, on peut se demander si Froberville a rémunéré ses informateurs ou a dédommagé leurs propriétaires ou « engagistes ». La situation esclavagiste et post-esclavagiste de l’enquête soulève la question du consentement des individus interrogés. À Maurice, certains affranchis menèrent des stratégies d’évitement. « Quel dommage que ces mauricauds là soient libres ou comme ils le disent, soient blancs. Il faut flatter leurs seigneuries pour obtenir d’elles quelques heures de conversation », se lamentait Froberville6.

  • 7 On retrouve de nombreux dessins de ces portraits avec tatouages dans ses carnets et notes personne (...)

5L’ethnographe voulait mettre en évidence la diversité desdites « races » de l’Afrique orientale au sud de l’équateur, qu’il englobait sous le générique d’« Ostro-Nègres » (Froberville sans date c). Il en établit une classification en se fondant, entre autres, sur des critères somatiques. Il fit des mesures, des dessins des tatouages corporels et des moulages faciaux en plâtre de ces anciens captifs africains. Les visages dessinés7 ou moulés étaient censés incarner lesdites « races » de l’Afrique. Au xixᵉ siècle, l’échelle d’analyse en anthropologie n’était pas l’individu mais les groupes ethniques (Dias 2004). L’objectivation des corps subalternes en vue d’établir des classifications raciales (Peiretti-Courtis 2021) ouvrait la voie au développement d’une anthropologie physique, qui se rigidifia au cours de la seconde moitié du xixᵉ siècle autour de l’école de Broca, et qui fut centrale dans l’élaboration d’un racisme scientifique. Dans les années 1840, l’ethnologie se développait à la croisée de diverses disciplines. Pour mener son étude, Froberville s’était aussi appuyé sur des données linguistiques ou encore géographiques. Il faut souligner la grande diversité des savoirs transmis par les anciens captifs africains : vocabulaires, itinéraires, récits, contes, chants. Froberville a reproduit des figures d’instruments de musique (fig. 3) et une cinquantaine de partitions de musiques est-africaines. Plusieurs cahiers sont presque uniquement composés de vocabulaires (Carnets Makua I et II Divers Dialectes ; Vangindo II Vocabulaire). Parmi les quelque 300 Est-Africains interrogés, Froberville distingua plus de 30 groupes linguistiques (Froberville 1851). À partir des informations recueillies, il réalisa plusieurs cartes géographiques et ethnolinguistiques de l’Afrique orientale au sud de l’équateur (Froberville 1847a). Froberville donnait en général du crédit aux savoirs empiriques, établis sur l’expérience, de ces natifs du continent. Ses notes abondantes et détaillées permettent d’exhumer des noms et des voix d’anciens captifs africains, et de retracer leur trajectoire de vie.

Fig. 3. Notes manuscrites et dessins à la plume d’Eugène Huet de Froberville représentant des instruments de musique africains

Fig. 3. Notes manuscrites et dessins à la plume d’Eugène Huet de Froberville représentant des instruments de musique africains

© Archives privées Huet de Froberville

Des noms et des voix d’anciens captifs africains

  • 8 Archives privées Froberville. Note d’Eugène de Froberville, sans date (feuille volante).

6Dans ses carnets, Froberville a retranscrit de façon méthodique les entretiens, mentionnant les dates et lieux de leur tenue ainsi que les noms (noms d’origine et noms assignés à Bourbon et à Maurice), les âges et les tailles des individus interrogés. Issus des actuels Mozambique, Tanzanie et Malawi (Froberville 1847c), ils avaient été pour la plupart déportés dans les années 1810-1830, dans un contexte de traite illégale des esclaves, jusqu’aux îles Mascareignes. Froberville avait préparé un questionnaire. « Comment vous appelez vous dans votre pays ? », « Quelle est votre nation ou votre caste8 ? »  étaient des questions posées presque systématiquement. Transmis en créole de Bourbon et de Maurice (Froberville 1848, 1849), des témoignages et des récits oraux ont été retranscrits (en français) quelquefois à la première personne. Dans le cahier « Vangindo II Vocabulaire », Froberville rapporte qu’il écrit « sous la dictée » de Liuniko. Originaire de Nandante, en pays ngindo, dans le sud de l’actuelle Tanzanie, Liuniko dit Dominique fut interrogé en janvier et février 1846 à l’usine sucrière de La Barraque à Maurice. Durant 34 jours d’entretiens, Froberville recueillit, auprès de cet homme anciennement esclavisé, de la grammaire, de la géographie, ou encore des musiques de son pays natal. Les données transmises par ces natifs de l’Afrique orientale permettent de localiser leurs régions d’origine avec plus ou moins de précision. Dans le « Cahier Makua II Divers Dialectes », on retrouve par exemple les notes des entretiens avec Nrūnhia dit Jean-Jacques, en mars 1846, aux Quatre-cocos (Maurice) (fig. 4). D’après les vocabulaires, toponymes et ethnonymes rapportés, Nrūnhia était originaire du pays makhuwa au nord de l’actuel Mozambique.

Fig. 4. Une page du Cahier Makua II Divers Dialectes. Mangàndzia. Makuzi. Ts’oambo

Fig. 4. Une page du Cahier Makua II Divers Dialectes. Mangàndzia. Makuzi. Ts’oambo

Photographie prise par K. Boyer-Rossol en 2019

© Archives privées Huet de Froberville

L’identification des individus interrogés et la reconstitution de leur trajectoire de vie

7L’analyse des notes manuscrites de Froberville a permis d’identifier 140 individus (dont 135 interrogés à Maurice) sur les quelque 300 Est-Africains interrogés aux Mascareignes. Une base de données compile les lieux et dates des entretiens, les noms, âges, régions d’origine, itinéraires, langues, pratiques culturelles des individus, parfois leur biographie, ainsi que les types de savoirs transmis. À la rare exception d’une femme interrogée à Bourbon, tous les informateurs africains identifiés étaient des hommes. Ceci s’explique en partie par la démographie des populations serviles est-africaines du xixᵉ siècle aux Mascareignes, caractérisée par une forte proportion masculine (Teelock 2005). À Port-Louis, Froberville a enquêté auprès d’une cinquantaine de « Libérés » africains conduits à Maurice en 1840 à bord du navire britannique le Lily. Les noms et trajectoires de vie de 23 « Libérés » du Lily interrogés par Froberville ont été retracés (Boyer-Rossol 2022). 

8Les carnets d’Eugène de Froberville constituent une source précieuse pour retracer les origines et les trajectoires de vie d’anciens captifs déportés de l’Afrique orientale aux îles Mascareignes au xixᵉ siècle. En ouvrant à une connaissance plus fine des itinéraires, des cultures et des expériences de vie d’individus asservis ou « engagés », l’analyse de ces notes manuscrites contribue à mieux cerner la construction des identités dans les sociétés esclavagistes et post-esclavagistes de l’océan Indien. Un premier retour dématérialisé de ces archives privées de l’esclavage s’est réalisé en 2023 au musée intercontinental de l’Esclavage (ISM) de l’île Maurice, à travers une donation d’un lot d’archives numériques, comprenant les 11 carnets.

Haut de page

Bibliographie

Alpers Edward A., 2001. « Becoming “Mozambique”: Diaspora and Identity in Mauritius », dans Vijaya Teelock & Edward A. Alpers, History, Memory and Identity, Maurice, Nelson Mandela Centre for African Culture, p. 117- 155.

Bernon Thomas, 2018. « La science des races : la Société Ethnologique de Paris et le tournant colonial (1839-1848) », La Révolution française, n° 15. Disponible en ligne : https://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/lrf/2448 [dernier accès, avril 2024].

Boyer-Rossol Klara, 2015. Entre les deux rives du canal du Mozambique : histoire et mémoires des Makoa de l’Ouest de Madagascar. xixe-xxe siècles, thèse de doctorat, université Paris 7 Diderot, Paris.

Boyer-Rossol Klara, 2019. « Production et transmission de savoirs par des captifs déportés au cours du xixe siècle de l’Afrique orientale à Madagascar et aux Mascareignes », rapport d’activité final d’un contrat post-doctoral mené au sein du Laboratoire d’excellence « Histoire et anthropologie des savoirs, des techniques et des croyances » (HASTEC), avec l’Institut des mondes africains (IMAF), Paris.

Boyer-Rossol Klara, 2022. « Du Mozambique à l’île Maurice, trajectoires de vie d’Africains “Libérés”. L’exemple des “Libérés” du Lily interrogés en 1846 par Eugène de Froberville à Port-Louis », dans Paul E. Lovejoy, Henry B. Lovejoy, Érika Melek Delgado & Kartikay Chadha (dir.), Regenerated Identities : Documenting African Lives, Trenton, Africa World Press, coll. « Harriet Tubman Series on the African Diaspora », p. 293-351.

Cottias Myriam, 2013. « Civilisation », dans Pierre-André Taguieff (dir.), Dictionnaire historique et critique du racisme, Paris, Presses universitaires de France.

Dias Nélia, 2004. La Mesure des sens. Les anthropologues et le corps humain au xixᵉ siècle, Paris, Aubier.

Eyriès Jean-Baptiste-Benoît & Conrad Malte-Brun, 1847. « Analyse d’un mémoire de M. Eugène de Froberville sur les langues et les races de l’Afrique orientale au sud de l’équateur », dans Nouvelles Annales des voyages, de la géographie et de l’histoire…, Paris, Arthus Bertrand, ser. 5, t. 9, p. 216-226.

Flourens Pierre, Duperrey Louis-Isidore & Étienne Serres (commissaires rapporteurs), 1850. « Rapport sur les races nègres de l’Afrique orientale au sud de l’équateur, observées par M. de Froberville », Extrait des Comptes rendus de l’Académie des Sciences, tome XXX, séance du 3 juin 1850, p. 679-690.

Froberville Eugène de, 1846a. Vocabulaires comparés des langues de l’Afrique orientale, Îles Bourbon et Maurice [manuscrit non publié].

Froberville Eugène de, 1846b. « Analyse d’un mémoire de M. Eugène de Froberville sur les langues et les races de l’Afrique orientale au sud de l’équateur », Extrait des Procès-Verbaux de la Société d’Histoire Naturelle de Maurice, du 6 octobre 1842 au 28 août 1845, p. 58-69.

Froberville Eugène de, 1847a. Esquisse des pays situés entre les fleuves de Luvûma et de Lufidzi (Afrique oriental), d’après les relations des indigènes, Île Maurice [carte lithographiée].

Froberville Eugène de, 1847b. « Notes sur les mœurs, coutumes et traditions des Amakoua. Sur le commerce et la traite des esclaves dans l’Afrique orientale », Bulletin de la Société de Géographie, p. 311-329.

Froberville Eugène de, 1847c. Esquisse d’une carte de l’Afrique orientale d’après les relations des indigènes 1846-1847 [carte à la plume].

Froberville Eugène de, 1848. Notes ethnographiques sur l’Afrique orientale au sud de l’équateur avec planches et cartes géographiques [manuscrit non publié].

Froberville Eugène de, 1849. Notes sur les races de l’Afrique orientale au sud de l’équateur [manuscrit non publié].

Froberville Eugène de, 1851. Tableau synoptique indiquant la parenté analogique des langues de l’Afrique méridionale [carte lithographiée].

Froberville, sans date a. Préface. Notes géographiques et ethnographiques sur l’Afrique orientale au sud de l’équateur [manuscrit non publié].

Froberville Eugène de, sans date b. Notes ethnologiques sur l’Afrique orientale 1846-1847 [manuscrit non publié].

Froberville Eugène de, sans date c. Les Ostro-Nègres. Notes ethnologiques sur les principales tribus de l’Afrique orientale au sud de l’équateur 1845-148 [manuscrit non publié].

Peiretti-Courtis Delphine, 2021. Corps noirs et médecins blancs. La fabrique du préjugé racial, xixᵉ-xxᵉ siècles, Paris, La Découverte.

Surun Isabelle, 2006. « Du texte au terrain : reconstituer les pratiques des voyageurs (Afrique occidentale, 1790-1880) », Sociétés & Représentations, n° 21/1, p. 213-223.

Teelock Vijaya, 2005. « From Mozambique to Le Morne Brabant Mountain: Being Young, Male and Mozambican in Colonial Mauritius », dans Benigna Zimba, Edward. A. Alpers & Allen F. Isaacman (dir.), Slaves Routes and Oral Tradition in Southeastern, Maputo, Filsom, p. 279-294.

Haut de page

Notes

1 Eugène Huet de Froberville n’utilisait pas toujours son nom complet, mais signait le plus souvent ses correspondances et ses publications sous le nom raccourci d’Eugène de Froberville. J’utilise ce dernier nom d’usage dans la suite du texte.

2 Je voudrais remercier les collègues du CIRESC, et en particulier l’anthropologue Ary Gordien, pour leurs remarques pertinentes qui ont nourri la réflexion de cet article.

3 Ces noms ont été utilisés aux xviiie et xixe siècles comme des termes génériques pour parler de tous les captifs déportés de l’Afrique orientale vers les îles de l’océan Indien occidental (Alpers 2001, Boyer-Rossol 2015). Froberville note que le nom de « Mozambique » a été réapproprié par les captifs africains déportés aux Mascareignes pour se définir eux-mêmes (Eyriès & Malte-Brun 1847).

4 Paul de Froberville, l’oncle d’Eugène, avait touché pour les esclaves de La Barraque les compensations versées par le gouvernement colonial britannique à la suite de l’abolition de 1835. Archives nationales de l’île Maurice (MNA). IG 102 Claim n° 6825.

5 Bibliothèque centrale du Muséum national d’histoire naturelle. SAP 97 (2) Correspondances (1847-1850).

6 Archives privées Froberville. Lettre d’Eugène de Froberville à sa mère, le 5 mai 1846, Port-Louis.

7 On retrouve de nombreux dessins de ces portraits avec tatouages dans ses carnets et notes personnelles (Froberville, sans date a).

8 Archives privées Froberville. Note d’Eugène de Froberville, sans date (feuille volante).

Haut de page

Table des illustrations

Titre Fig. 1. Cahier Makua II Divers Dialectes. Mangàndzia. Makuzi. Ts’oambo
Crédits © Archives privées Huet de Froberville
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/slaveries/docannexe/image/10127/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 6,9M
Titre Fig. 2. Les carnets et livres manuscrits d’Eugène Huet de Froberville
Crédits © Archives privées Huet de Froberville
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/slaveries/docannexe/image/10127/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 2,3M
Titre Fig. 3. Notes manuscrites et dessins à la plume d’Eugène Huet de Froberville représentant des instruments de musique africains
Crédits © Archives privées Huet de Froberville
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/slaveries/docannexe/image/10127/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 2,5M
Titre Fig. 4. Une page du Cahier Makua II Divers Dialectes. Mangàndzia. Makuzi. Ts’oambo
Légende Photographie prise par K. Boyer-Rossol en 2019
Crédits © Archives privées Huet de Froberville
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/slaveries/docannexe/image/10127/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 1,9M
Haut de page

Pour citer cet article

Référence électronique

Klara Boyer-Rossol , « Les carnets manuscrits de l’ethnographe Eugène Huet de Froberville (1845-1847) : des noms et des voix de captifs déportés de l’Afrique orientale aux îles Mascareignes »Esclavages & Post-esclavages [En ligne], 9 | 2024, mis en ligne le 15 mai 2024, consulté le 21 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/slaveries/10127 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/11o9y

Haut de page

Auteur

Klara Boyer-Rossol 

Boursière internationale au Bonn Center for Dependency and Slavery Studies (BCDSS), Université de Bonn (Allemagne)

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search