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Partie 1

Le couple « dispositif-médiation » : distinctions et complémentarités pour agir et pour comprendre

The “device-mediation” couple: distinctions and complementarities for acting and understanding
La pareja “dispositivo-mediación”: distinciones y complementariedades para actuar y comprender
Thierry Piot

Résumés

A partir d’une étude exploratoire, cet article discute le couple dispositif-médiation dans son usage ordinaire (registre pragmatique) et dans son usage en recherche (registre scientifique). Il s’appuie sur le champ théorique de l’analyse de l’activité et notamment sur les travaux de Rabardel (1995) relatifs à la notion d’instrument. Une double enquête (Dewey, 1938/2006) aboutit à considérer que le couple notionnel dispositif-instrument remplit une fonction centrale : permettre la résolution de situations-problèmes en jouant un rôle d’interface, dans l’activité du professionnel comme dans l’activité du chercheur, même si les fins diffèrent : le premier cherche une forme d’efficacité de son action et le second vise la production d’intelligibilité concernant l’objet de ses recherches.

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Texte intégral

1Nous proposons de discuter la manière dont le couple dispositif-médiation est mobilisé dans deux registres distincts : le premier est le registre pragmatique (Pastré, 1999) qui a pour objectif une action efficace dans un champ de pratiques professionnelles et un contexte donnés ; le second est le registre scientifique, dans le champ de la recherche en sciences humaines, qui vise la production de connaissances rationnellement étayées et/ou la production d’intelligibilité des situations dynamiques, dans une perspective plus décontextualisée.

2La question centrale, qui pourrait paraître un truisme au départ, est de repérer si, dans chacun de ces deux registres (agir vs comprendre), considérés comme deux polarités distinctes de l’activité humaine, l’usage du binôme dispositif-médiation est de même nature. C’est donc une question à la fois pragmatique et épistémologique pour laquelle nous cherchons à identifier quelques éléments de réponse.

  • 1 Cf. trois publications récentes indiquées en bibliographie qui concernent le domaine du soin : Piot (...)

3Dans un premier temps, nous définissons des notions polysémiques et articulées d’une part de dispositif et d’autre part de médiation, ainsi que le cadre théorique à partir duquel nous déployons notre questionnement : sur le plan conceptuel, nous nous inscrivons dans l’héritage des travaux de psychologie historico-culturelle de Vigotsky (1934) et plus précisément nous nous appuyons sur la notion d’instrument développée par Rabardel (1995, 1999). Nous apportons ensuite des matériaux issus d’une double enquête, une pour le registre empirique et une pour le registre scientifique, en mobilisant l’usage second de données issues de nos propres travaux sur un métier de service adressé à autrui : aide- soignante1.

4Dans un troisième temps, nous proposons une modélisation qui met en regard les résultats de cette double enquête que nous discutons, pour finalement, conclure qu’un méta-cadre, celui de la problématisation (Fabre, 2009) permet de donner une forme d’unité doublement orientée (pragmatique et épistémologique) à la question de la mise en œuvre du binôme dispositif-médiation.

Cadre théorique : dispositif et médiation au prisme de la notion d’instrument

5Les termes de dispositif et médiation entretiennent une forme de relation dans une perspective systémique.

Les notions unitairement distinctes et complémentaires de dispositif et de médiation

6La notion de dispositif concerne un ensemble d’éléments organisés, incluant des règles d’usage, assez stables, ensemble auquel est accordée une fonction finalisée par une intention générale et un objectif pragmatique, dans une logique de résolution de problème (au sens de Dewey, 1938). En quelque sorte, le dispositif est de l’ordre d’une réponse susceptible de transformer une situation initiale en une situation souhaitée : il a, dans l’esprit de ses concepteurs, une visée transformative ; au sens Darwin ou encore, dans des travaux plus récents en analyse du travail, au sens de Mayen et Olry). Il vise à adapter une action à un défi posé dans un environnement, défi qui peut être d’ordre matériel ou social. Au dispositif est alors attachée - principalement mais pas exclusivement - une dimension structurelle et orientée : le dispositif est ancré à une logique fonctionnelle. Barrère (2013) constate une montée des dispositifs spécifiques au sein de l’Éducation nationale. Celle-ci crée, pour répondre à des défis qu’elle rencontre pour remplir ses missions, des dispositifs ad hoc à l’échelon central, dont elle attend une mise en œuvre au niveau local, avec une forme d’efficacité pour résoudre le problème initial. Ainsi, tel dispositif vise une adaptation sectorisée du système général. Par exemple, dans la sphère scolaire, on peut penser à des dispositifs de lutte contre le décrochage scolaire au collège, qui ont pour fonction d’apporter des réponses ciblées pour agir sur des situations singulières que la forme scolaire classique (Vincent, 1994) peine à prendre en charge.

  • 2 Coménius (1592-1670), considéré par Jules Michelet comme « le Galilée de l’éducation » rédigea en 1 (...)

7La notion de médiation articule des pôles hétérogènes qu’il s’agit alors de relier ou faire interagir pour permettre une forme de circulation, matérielle et/ou symbolique. La médiation serait plus de l’ordre du processus, qui, dans une logique systémique, met en relation dynamique plusieurs éléments d’un système avec une finalité qui est tendue vers un problème à prendre en charge et avec une visée transformative et opératoire : apporter une solution effective, si possible évaluable. On peut citer comme exemple le triangle pédagogique formalisé par Houssaye (1988) où l’enseignant assure une double médiation entre l’élève et le savoir à travers le processus enseigner (qui relève de la relation didactique) et le processus former (qui relève de la relation pédagogique). Il s’agit bien, à travers l’image de l’enseignant-médiateur formalisée par Coménius2, de contribuer ainsi à favoriser et soutenir les apprentissages de chaque élève en prenant en compte sa dimension de sujet singulier.

La notion d’instrument de Rabardel : un regard du point de vue de l’analyse de l’activité

8Nous nous appuyons, pour répondre à notre questionnement, sur la notion d’instrument (Rabardel, 1995) à partir du cadre d’analyse de l’activité. Plus précisément, nous nous appuyons sur l’un des courants d’analyse de l’activité, la didactique professionnelle, (Pastré, Mayen, Vergnaud, 2006) notamment lorsque ce courant propose de s’intéresser aux métiers de services adressés à autrui (Piot, 2018). Le fait d’analyser l’activité de travail a acquis, ces dernières décennies, un intérêt important et a fait l’objet d’une production scientifique dense, certainement poussé par les transformations de la notion même de travail dans notre société post-moderne (Touraine, 1969 ; Giddens, 1994) et la nécessité de disposer de cadres d’intelligibilité. Ces derniers manquaient, notamment pour concevoir et mettre en place des formations désormais récurrentes dans une vie professionnelle marquée par des évolutions permanentes, parfois par des ruptures et des transitions. Plusieurs courants d’analyse de l’activité ont émergé, à partir notamment de la distinction entre tâche et activité proposée par Faverge (1972), reprise par Jobert (2013) : la tâche renvoie à ce qui est à faire, à ce qui est prescrit, aux objectifs à atteindre dans le cadre d’une organisation de travail et de dispositifs de travail ; tandis que l’activité concerne un processus et la mise œuvre en situation de ressources diverses dont des médiations, par un sujet, pour réaliser la tâche dans un contexte donné. La notion d’activité, qui articule des dimensions génériques et des dimensions singulières, est l’objet d’analyses nombreuses qui convoquent les dispositifs matériels et symboliques ainsi que des médiations technologiques ou humaines, notamment dans les métiers de services adressés à autrui. Au moins six courants théoriques, qui proposent des focales sur des modalités propres, se revendiquent de ce champ fécond qu’est l’analyse de l’activité. Les apports de la psychologie ergonomique (Leplat, 1980), de l’ergonomie cognitive (Hoc, 1998), de l’ergologie (Schwartz et Durrive, 2003), de la clinique de l’activité (Clot, 2001), du cours d’action (Theureau, 1992) ou encore de la didactique professionnelle (Pastré, Mayen, Vergnaud, 2006), montrent combien sont conséquentes les productions scientifiques qui relèvent de l’analyse scientifique de l’activité de travail, même si ces différents courants entretiennent des controverses parfois vives.

9Nous privilégions, sans négliger les intérêts respectifs des différents courants, finalement plus compatibles qu’antagonistes, le courant de la didactique professionnelle : il apporte des éclairages conceptuels convaincants pour comprendre les métiers de services adressés à autrui, encore appelés « métiers de la relation humaine ». Ces derniers, derrière leur apparente diversité, trouvent une unité dans le fait que l’activité du professionnel relève plus précisément d’une co-activité, basée sur des interactions, le plus souvent mais pas exclusivement langagières. Cette co-activité est en lien avec le destinataire final du travail réalisé, dont l’adhésion éclairée ainsi qu’une forme de coopération sont requises pour produire un service rendu dont la qualité peut être évaluée tant par l’organisation de travail, que le professionnel ou l’usager (au sens de Tronto, 2009).

10Ce courant, la didactique professionnelle, s’efforce de caractériser l’activité de travail réel en situation pour identifier les compétences et les ressources mises en œuvre par le professionnel et, à partir de là, susciter une ingénierie de formation qui accorde une importance à l’intelligibilité des situations de travail (Pastré, 1999).

11Quatre ancrages théoriques (non détaillés ici) constituent l’arrière-plan conceptuel de ce courant : la didactique, avec les apports de Brousseau (1998) ; la psychologie du développement, à partir des travaux de Piaget (1974) et de. Vigotsky (1934) ; l’ergonomie qui s’appuie sur Leplat (1980) ; et la pragmatique linguistique avec les contributions scientifiques de Austin ou encore Kerbrat-Orechionni (1990). Dans une perspective résolument vygotskienne, nous privilégions ici, pour analyser l’activité du praticien et l’activité du chercheur en ce qu’elles mobilisent des dispositifs et des médiations, la notion d’instrument de Rabardel (1995). Pour ce dernier, l’instrument correspond à la fois à un outil, réel ou symbolique (Rabardel, 1999) et à son usage effectif par un sujet, c’est-à-dire son usage tel que prévu par le concepteur mais aussi les catachrèses qui correspondent à un usage en quelque sorte « détourné » en situation par l’usager. Ici, l’outil correspondrait au dispositif et l’usage à la médiation. Ainsi, nous prenons le parti de discuter le couple dispositif-médiation au prisme du couple outil-usage de Rabardel : ce point de vue ouvre des perspectives pour penser ensemble, comme à la fois irréductiblement hétérogènes et unitairement complémentaires les premiers en nous appuyant sur la logique cet auteur. Un des apports des travaux de Rabardel que nous mobilisons ici est d’avoir formalisé la double tension entre l’instrumentalisation et l’instrumentation : (1) l’instrumentalisation est dirigée de manière externe du sujet vers l’instrument (ici : le dispositif comme structure et la médiation comme processus), (2) l’instrumentation est dirigée de manière interne de l’instrument vers le sujet qui le mobilise et elle participe à transformer celui-ci via les usages effectifs.

Une double enquête sur un terrain unique : dispositif et médiation pour agir (registre pragmatique) et pour comprendre (registre scientifique)

  • 3 On peut proposer un rapprochement avec la notion de concept quotidien formalisée par le sociologue (...)

12Vygotski (1934/1997) établit une différence entre d’un côté les concepts ordinaires3 qui relèvent de l’empirie ainsi que d’une expérience spontanée et non organisée et d’un autre côté les concepts scientifiques qui concernent d’une construction argumentée, reliée à des arrière-plans explicités, d’une action finalisée et intentionnelle.

13Dispositif et médiation sont d’abord des termes d’usage ordinaire et de sens commun, utilisés de manière assez polysémique dans l’action, notamment dans le domaine des métiers de services adressés à autrui : formation et éducation, soin et santé, intervention sociale ou action culturelle et animation.

14Ils sont également utilisés dans la sphère de la recherche en sciences humaines : celle-ci bâtit et met en œuvre des dispositifs et des médiations pour mener ses propres investigations, principalement sur le plan méthodologique, afin de recueillir et traiter des matériaux qui sont ensuite utilisés pour étayer des arguments rationnellement fondés et la controverse scientifique qui leur est consubstantielle. Par ailleurs la recherche prend pour objet d’étude les dispositifs et les médiations associées : il y a là une forme d’ambivalence que nous allons tenter d’examiner.

15Nous avons conduit une double enquête pour tenter d’élucider la question de la nature du couple dispositifs et médiations, en fonction de leur usage soit dans le monde professionnel ordinaire, soit dans le monde de la recherche.

  • 4 Les personnes concernées sont classées en fonction de leur autonomie fonctionnelle et cognitive et (...)

16Cette enquête, au sens de Dewey (1938) concerne des matériaux recueillis dans le domaine du soin, plus précisément dans la réalisation de toilettes par des aides-soignantes et adressées à des personnes âgées moyennement dépendantes4 qui séjournent dans des Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), qui sont à la fois des lieux (de fin) de vie et des lieux de soins.

17Dans un registre pratique, la toilette, soin domestique quotidien s’il en est, est considérée comme un dispositif d’hygiène et de soin, prodigué par la médiation d’aides-soignants en cas de manque d’autonomie des personnes âgées.

18Par ailleurs, nous nous intéressons dans une logique réflexive qui constitue, de notre point de vue, une posture inhérente à tout chercheur en sciences humaines, à notre propre dispositif de recueil de données dans le cadre de cette enquête et aux médiations mises en place pour assurer un recueil de données suffisamment pertinent, fiable et robuste, pour travailler dans la logique de l’étude de cas. Dans ce registre qui est celui de la recherche, « généraliser, c’est considérer le cas singulier étudié comme le représentant d’une catégorie à partir de certaines de ses propriétés » (Leplat, 2002, 18). Pour cela, il s’agit de procéder en plusieurs temps :

  • le choix du cas au regard de la finalité de l’étude et des contraintes qui pèsent sur cette dernière ;

  • la mise en place d’un protocole de recherche permettant de recueillir les données empiriques ;

  • l’exploitation des matériaux recueillis à l’aide d’outils de traitement ;

  • la production d’une série de résultats et d’interprétations intégrables dans des connaissances antérieurement produites.

19Notons que ce processus d’analyse inductive n’est pas linéaire mais itératif : « Il s’agit d’un schéma essentiellement dynamique dont les étapes se co-déterminent, au sens où la réalisation d’une étape dépend plus ou moins des autres et va influer sur elles » (ibid., 6).

20Dans le registre pragmatique d’une part et dans le registre scientifique d’autre part, nous avons indiqué une situation emblématique qui permet de ranger cette situation dans une classe de situation (Pastré, 2009) plus large que l’on peut rencontrer fréquemment et dont elle constitue un exemple singulier, qui n’a cependant pas valeur de modèle.

  • 5 Cf pour la formation des Infirmières Diplômées d’État l’Unité d’Enseignement S.1 4.1 (commune avec (...)

21Pour le registre pragmatique, le dispositif et la médiation qui lui est associée ont pour fonction d’agir sur une situation de soin, et c’est une aide-soignante expérimentée (15 ans d’ancienneté dans l’EHPAD) qui est chargée de réaliser une toilette au lit dont la destinataire est une personne âgée (Madame A, une femme de 86 ans) avec une autonomie fonctionnelle faible : elle s’est fracturé le col du fémur en tombant à l’EHPAD. Ici, le dispositif est le soin de nursing que constitue la toilette de lit : il s’agit d’un soin de bien-être et de confort qui articule une dimension de caring (Rothier Bautzer, 2014) (respecter la pudeur et l’intimité de la personne) et une dimension de curing (maintenir une propreté corporelle optimale de la personne, dans une logique hygiéniste). La toilette au lit relève d’un protocole précis enseigné en formation5 de manière générique.

22La médiation, c’est la réalisation singulière de l’activité de soin que constitue la toilette de lit dans le cas observé : les gestes techniques génériques du dispositif de soin sont réalisés dans une situation singulière : la relation de soin entre l’aide-soignante et la personne âgée, sur les plans langagiers et corporels suit le décours de l’action ; en l’occurrence, les deux personnes se connaissent et cela facilite grandement la coopération de Madame A à la toilette qui se déroulera de manière fluide à la satisfaction des deux acteurs engagés dans cette co-activité asymétrique. La médiation permet par exemple de repérer de manière fine des éléments qui ne figurent pas explicitement dans le protocole de soin, ces « petites choses » (Hesbeen, 2014) discrètes qui construisent une relation de confiance, indispensable à une relation de soin basée sur une coopération entre soignant et patient.

23Pour le registre scientifique, l’activité du chercheur est de recueillir des matériaux d’enquête qui seront traités et analysés pour construire un modèle d’intelligibilité de l’activité de toilette et au-delà, proposer des situations didactico-pédagogiques en formation initiale des futurs professionnels de santé. Le dispositif méthodologique de recherche combine une observation par shadowing (Mc Donald, 2005) avec un entretien sur l’activité, inspiré de l’entretien d’explicitation (Vermersch, 2001). Pour plusieurs courants en analyse de l’activité, l’enregistrement vidéo-numérique de l’activité de travail pour recueillir des traces concrètes et objectivables est souvent suivi d’un temps d’auto-confrontation ou de confrontation croisée (Clot, Faïta, Fernandez, Scheller, 2001). Cependant, pour des raisons éthiques, enregistrer la toilette d’une personne vulnérable n’est simplement pas acceptable, sans compter des difficultés techniques. Le choix d’un dispositif moins intrusif et respectueux de la personne s’impose.

24Ici, le chercheur devient un observateur est métaphoriquement l’ombre (shadow) du sujet observé, c’est à dire, ici, l’aide-soignante qui réalise une toilette en interaction de soin avec la personne âgée. L’observateur la suit, au sens propre, pas à pas. Il accède ainsi aux différentes dimensions, formelles et informelles, des activités professionnelles du sujet. Cette observation par shadowing permet, dans une logique ethnographique, de repérer ce que fait réellement l’aide-soignante, la manière dont elle se comporte, les problèmes qu’elle rencontre, les décisions qu’elle prend et de caractériser également les interactions avec les personnes âgées. L’observation est consignée dans un carnet de bord immédiatement a posteriori de l’action et constitue la trace objectivable des observations. À partir de ces traces, est réalisé dans un second temps un entretien à visée d’explicitation de l’activité. Cet entretien est centré sur le déroulé des différentes étapes de l’activité d’un point de vue procédural, en prenant en compte les éléments satellites : le contexte, les connaissances, les intentions et les jugements et opinions de l’aide-soignante sur la situation.

25La médiation consiste en la mise en œuvre concrète du dispositif de recherche. Elle est singulière et des éléments discrets constituent des ressources à la fois invisibles et stratégiques : le chercheur concerné ici a lui-même réalisé dans sa jeunesse des toilettes adressés à des personnes vulnérables ; il connaît bien l’EHPAD dans lequel se déroule le soin observé et a construit une relation de confiance avec les équipes soignantes. Tous ces éléments vont faciliter sa présence et finalement la rendre presque ordinaire. L’expérience accumulée dans la pratique du shadowing depuis plus de cinq années permet une prise d’information ciblée sur des points importants de l’activité considérée. Ces éléments permettent de conduire par la suite des entretiens d’explicitation ciblés.

26Le tableau qui suit synthétise les informations principales de chaque enquête.

Tableau 1

Registre

Registre pragmatique :
Agir sur la situation de soin

Registre scientifique :
Comprendre la situation de soin

Acteur

Aide-soignante

Chercheur

Dispositif

Un dispositif de soin qui articule « cure et care » : une toilette au lit auprès d’une personne vulnérable EHPAD

Le shadowing (dispositif d’observation) suivi d’un entretien d’explicitation sur l’activité comme méthode globale pour recueillir des données dans la prise en charge de personnes vulnérables en EHPAD.

Médiation

La toilette comme médiation symbolique ayant un double agenda : logique de soin et logique relationnelle

La conduite singulière d’une observation par shadowing suivie d’un entretien d’explicitation de l’activité réalisée

Synthèse de l’enquête dans le registre pragmatique et le registre empirique

27Notre double enquête a permis de repérer que le couple dispositif-médiation relève finalement d’une même logique sous-jacente dans le registre pragmatique, finalisé par une action efficace, comme dans le registre scientifique, orienté vers la production d’intelligibilité. Car ces deux registres, hétérogènes dans leurs objectifs (agir vs comprendre), ont finalement un usage assez homogène des dispositifs et des médiations associées. Le schéma ci-dessous met en évidence l’arrière-plan générique de cet usage, du point de vue de l’activité des acteurs. En amont du couple dispositif-médiation existe une situation problème initiale qu’il faut transformer en fonction des objectifs à atteindre. L’acteur va mettre en œuvre pour réaliser cette transformation une matrice plus ou moins organisée et conscientisée, c’est-à-dire une image opérative (Ochanine, 1978), cohérente avec ses objectifs, en prenant en compte, à partir de sa base de connaissances et d’expérience, les ressources et contraintes propres à la situation-problème. Ainsi, il agit en mobilisant le couple dispositif-médiation : on peut ainsi considérer le dispositif comme la face structurelle de la médiation et la médiation comme la face dynamique du dispositif, si on les tient d’abord comme un ensemble d’éléments distincts et hétérogènes. En mobilisant les travaux de Rabardel et Samurçay (2004), on peut identifier deux effets potentiels de l’activité lorsqu’elle s’appuie sur un instrument constitué d’un dispositif -ici considéré comme un outil- et de son usage à travers une médiation adaptée.

28Le premier effet, à partir de la logique d’instrumentalisation est d’aboutir à l’activité productive qui réalise la tâche prescrite initialement : on réalise la transformation attendue qui permet d’atteindre -en cas de succès- les objectifs fixés initialement.

29Le second effet, consubstantiel au premier, consiste en l’instrumentation du sujet qui agit et qui peut être ainsi potentiellement transformé : son expérience de l’activité, s’il y applique l’effort d’un réfléchissement (Piaget, 1975) voire d’une réflexivité (Schön, 1983) a pour effet une forme d’apprentissage qui est une ressource pour agir ultérieurement sur une même classe de situations-problème : c’est la dimension constructive de l’activité. Le sujet enrichit au passage la ressource qu’est l’image opérative dont il dispose pour conduire cette activité, avec possiblement, une automatisation plus ou moins importante à terme.

30Cette logique générique se décline, avec quelques variations dans chacun des deux registres.

31Dans le registre pragmatique, la situation-problème initiale qui se pose à l’aide-soignante est de réaliser, au sens ergonomique, la tâche qui lui incombe et qui correspond à son rôle propre professionnel en suivant les prescriptions : réaliser une toilette au lit. Elle en connaît les gestes, le protocole et dispose d’une expérience professionnelle de plusieurs années. La situation-problème ne comporte pas d’obstacle important, à part le fait, explicite-t-elle, qu’elle dispose de peu de temps, ce qui va induire dans la médiation, un dilemme entre le cure (le soin au sens hygiéniste du terme) et le care (la logique relationnelle). Elle déclare que sa connaissance de la patiente, dont elle faisait la toilette avant sa fracture du col du fémur, sera un atout pour solliciter de sa part une coopération indispensable dans un climat détendu et alimenté par un humour partagé dans les interactions verbales. Elle va donc dérouler l’activité et progresser dans la logique productive attendue en prenant en compte les contraintes de la tâche dans un environnement connu et maîtrisé. Sur le plan de l’activité constructive, l’entretien aboutira à conclure qu’elle a consolidé son expérience dans la fluidité des gestes qui sont sûrs, qu’il s’agisse des gestes techniques ou bien des gestes symboliques du registre du caring : elle se soucie en permanence du confort de la patiente et l’encourage à l’aider sans cependant avoir besoin d’être insistante : elle installe de manière discrète un climat de coopération et de confiance réciproque propice à la réalisation d’un travail bien fait c’est-à-dire qui satisfasse autant l’organisation de travail que le professionnel et le destinataire. Les traces de réflexivité sont évidentes, même si l’explicitation permet de mieux les mettre à jour : si l’aide-soignante contrôle pas à pas la progression correcte de chaque étape, cette activité de contrôle, suivi éventuellement pas une régulation - ce fut le cas pour essuyer un repli de peau à plusieurs reprises- apparaît à l’observation comme après l’explicitation comme largement automatisée. Notons que les interactions langagières focalisées sur la réalisation du soin entre la personne âgée et l’aide-soignante fournissent à cette dernière des informations pendant le déroulement de la toilette, pour ajuster ses gestes et progresser de manière fluide : c’est une forme d’adaptation pendant l’action. Si l’activité de réflexivité ne domine pas, on peut souligner que l’aide-soignante dispose d’une image opérative complète qui lui ouvre la possibilité de maîtrise sur le plan cognitif comme sur le plan matériel son activité de travail : elle possède une forme de matrice cognitivo-pragmatique (Piot, 2008) qui atteste de son intelligibilité et qui lui permet de piloter situation de travail et sa transformation, au prisme du couple dispositif-médiation qui sert d’interface dynamique entre la situation de départ et la situation finale.

32Dans le registre scientifique, le chercheur débute également par une situation-problème, laquelle met au premier plan l’élaboration d’une forme d’intelligibilité argumentée et critiquable (Habermas, 1987) de l’activité de l’aide-soignante. Pour résoudre la cueillette des données de recherche, il doit mobiliser et ajuster un dispositif de recherche ad hoc qui tienne compte des contraintes propres à la situation. En somme, il agit en tant que praticien et en tant que concepteur de la recherche, avec des objectifs spécifiques. Comme pour l’aide-soignante, ses connaissances et son expérience de cette méthodologie dont il a déjà fait usage sont disponibles via une image opérative grâce à laquelle il conduit l’observation et l’entretien associé, c’est-à-dire les médiations spécifiques associées au dispositif de recherche générique. Dans une forme d’abîme, le dispositif et les médiations de méthodologie de la recherche qui le positionnent à ce moment comme un praticien d’une activité spécifique - la recherche- ont pour visée d’appréhender un dispositif et une médiation associée chez une professionnelle du soin, à savoir la toilette au lit. Sur le plan de l’instrumentalisation de son activité de chercheur, le dispositif et les médiations associées permettent de récolter des matériaux de recherche qui seront ensuite, dans une étape à venir, traités, condensés et interprétés (Hubermann et Miles, 1991). La méthodologie de recherche, même si elle est marquée par des limites, est le levier par le truchement duquel sont extraits les matériaux de recherche et le choix du dispositif méthodologique dans un premier temps, ainsi que le moment de sa médiatisation sur le terrain de l’enquête empirique dans un second temps. La méthodologie est un élément stratégique de toute activité de recherche qui vise à produire des connaissances objectivables : cela relève de l’activité productive du chercheur. Sur le plan de l’instrumentation, le chercheur développe une forme d’expertise et construit lui-même des schèmes (Vergnaud, 1985) qui vont l’aider à dominer en pensée la phase méthodologique de sa recherche : c’est l’activité constructive du chercheur : il nous semble que dans l’activité de recherche, une posture réflexive critique doit sans relâche accompagner chaque étape de la recherche, avec une place aussi ténue que possible laissée à une forme d’automatisation de l’activité : car le chercheur doit en permanence resté éveillé à l’inattendu, au surprenant (Thievenaz, 2017), à l’invisible, qui surgissent et ne se laissent saisir que furtivement … pour le cas présent dans le détail d’un geste de soin, dans un commentaire à l’occasion de l’explicitation de l’aide-soignante.

33Au total, c’est une unité globale de la fonction du couple dispositif-médiation qui s’impose, au vu des deux enquêtes conduites conjointement. Cette unité est ordonnée à une logique commune de transformation orientée et finalisée d’une situation de départ pour viser une situation nouvelle. L’activité, à travers le couple dispositif-médiation, va permettre d’atteindre la tâche (logique d’instrumentalisation) et va permettre potentiellement à l’acteur d’apprendre de la situation (Pastré, 1999) qui se transforme via l’activité réalisée, parfois contrariée ou empêchée (Clot, 2010).

34Derrière cette logique partagée par le registre pragmatique et le registre scientifique, nous repérons une différence, dans l’usage du couple dispositif-médiation, qu’il serait utile de mieux caractériser et que nous indiquons avec une certaine prudence : le registre pragmatique semble davantage tendu vers l’activité productive et le praticien expérimenté peut semble-t-il se satisfaire d’une routinisation de son activité professionnelle lorsqu’elle est récurrente. Ce qui n’exclut pas une forme de réflexivité lorsque les situations-problèmes se renouvellent. Le registre scientifique apparaît plus exigeant en termes de réflexivité : le chercheur est tenu à la reddition de compte auprès de ses pairs et la routine, puisqu’il explore et cherche à expliquer et comprendre, ne l’accompagne pas dans son activité.

Conclusion

35Dans les deux cas (registre pragmatique, exemple du soin ; registre scientifique : recherche sur l’activité de toilette), l’usage du couple dispositif-médiation induit des logiques d’instrumentalisation et d’instrumentation (Rabardel, 1995) : pour le praticien l’exigence d’efficience pragmatique domine alors que le chercheur -qui reste un praticien de la recherche à travers l’enquête scientifique- doit viser une logique de dévoilement et d’intelligibilité. Pour leur part, les logiques d’instrumentation de l’action transforment les sujets : le praticien acquiert possiblement des gestes professionnels plus fins et plus ajustés et le chercheur acquiert une posture plus assumée et une technicité méthodologique plus solide. Dans les deux cas, il est question de prendre en compte une forme de réflexivité plus ou moins développée, propre à l’activité dont il est question, au sens de D. Schön (1983).

36Il serait nécessaire de poursuivre et d’amplifier les résultats provisoires de ce travail exploratoire, puisqu’il rapproche, au prisme du couple dispositif-médiation dont l’usage apparaît d’abord unitaire, deux activités le plus souvent présentées comme hétérogènes.

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Bibliographie

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Notes

1 Cf. trois publications récentes indiquées en bibliographie qui concernent le domaine du soin : Piot, 2016, 2018 ; Thievenaz et Piot, 2018.

2 Coménius (1592-1670), considéré par Jules Michelet comme « le Galilée de l’éducation » rédigea en 1657 un ouvrage, Opera didactica omnia (Œuvres didactiques complètes), qui présente ses propositions pour la pédagogie: il est tenu pour l’un des fondateurs de la pédagogie moderne.

3 On peut proposer un rapprochement avec la notion de concept quotidien formalisée par le sociologue Harold Garfinkel, l’un des fondateurs de l’ethnométhodologie. Voir par exemple (en français) : Garfinkel, H. (1984). Qu'est-ce que l'Ethnométhodologie ? in : Arguments ethnométhodologiques, Cahier no 3, p. 54-99.

4 Les personnes concernées sont classées en fonction de leur autonomie fonctionnelle et cognitive et reçoivent une aide adaptée à leur situation singulière: https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/actualites/quest-ce-que-le-gir.

5 Cf pour la formation des Infirmières Diplômées d’État l’Unité d’Enseignement S.1 4.1 (commune avec la formation d’aide soignante): https://www.infirmiers.com/ressources-infirmieres/protocoles/fiche-technique-toilette-au-lit.html

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Pour citer cet article

Référence électronique

Thierry Piot, « Le couple « dispositif-médiation » : distinctions et complémentarités pour agir et pour comprendre »Sciences de la société [En ligne], 107 | 2021, mis en ligne le 25 août 2023, consulté le 18 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/sds/12713 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/sds.12713

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Auteur

Thierry Piot

Professeur de Sciences de l’Education et de la Formation, Normandie Université, Cirnef EA 7454

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