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AccueilNumérosTome CXXVII n°2VariaJoan Bodon et Ferran Delèris raco...

Texte intégral

1C’est Ferdinand Delèris qui prononce ces mots élogieux à l’égard de son voisin, né en 1920, deux ans plus tôt que lui, à une vingtaine de kilomètres, et dont il découvrit l’œuvre sur le tard, environ soixante ans plus tard (Delèris, 2008, 4). À juste titre, on peut retourner le compliment à Delèris : Ferdinand Delèris a été un remarquable prosateur. L’être chez Delèris ne manque pas de courage et d’élégance. L’occitan a été une de ses deux langues d’écriture. Il emploie toujours le mot juste, simple, d’usage courant.

Écrivains de la terre

2Tous deux sont des écrivains de la terre ; le terroir qu’ils décrivent, que ce soit leur Ségala natal ou d’autres régions du Rouergue, est beau mais, le plus souvent, rude. Il exige un travail ingrat que les paysans accomplissent bon an mal an. La pauvreté est, pour beaucoup, une réalité. Nos deux auteurs rouergats n’enjolivent pas leur situation et la peine qu’il y a à rester vivre sur les terres aveyronnaises. Leur œuvre ne s’attendrit pas sur leur sort ; en grande partie, elle se veut documentaire, rapporte le quotidien et les moments de la vie en quelques mots brefs. Certes, Bodon mélange volontiers réalisme et fantastique, récit de vie et science-fiction. Mais, alors que les épisodes fantastiques sont le fruit de l’imagination et des légendes, et d’une réalisation fort improbable, ceux qui sont consacrés à la vie de la ferme et de ses habitants contiennent de nombreux détails descriptifs qui permettent aux lectrices et aux lecteurs de se représenter concrètement la société rouergate de l’époque de Bodon. À propos des romans de Delèris, bien éloignés de toute expression du fantastique, Joëlle Ginestet remarque qu’ils « comportent des éléments précis et réalistes sur la vie sociale, politique et économique. Les narrateurs-personnages ou la voix narrative omnisciente témoignent d’expériences avec un lucide effort d’ objectivité » (Ginestet, 2019, n. p.).

3Toutefois, aussi bien chez Bodon que chez Delèris, la description de l’environnement, plutôt que du travail et des conditions de vie, paraît à l’occasion s’inspirer d’une pratique généralement associée aux auteurs du romantisme ou du symbolisme littéraire, à savoir que la nature semble exprimer l’état d’esprit des personnages. Par exemple, dans Las domaisèlas de Bodon, la végétation qui pourrit dans le froid humide et la présence d’un peuplier troué au bord d’un plan d’eau (Bodon, 1976, 13) évoquent sans doute le déclin linguistique du monde occitanophone. Ou encore, dans La grava sul camin, les traverses des rails et les cailloux qui ralentissent la marche d’Enric et de son père depuis la gare de Paraire jusqu’à la gare principale de Rodez, d’où le fils doit partir pour le Service du Travail Obligatoire, rappellent assurément la situation délicate d’Enric à qui on reprochera à la fin de la deuxième guerre mondiale de ne pas avoir joint le maquis, tant et si bien qu’il se verra exclu de la vie sociale du village. Dans Lo libre dels grands jorns, le narrateur note le bleu et la clarté du ciel de Clermont-Ferrand, où il vient trouver une paix intérieure pour se préparer à sa mort prochaine. Ce type de correspondances est moins fréquent chez Delèris, mais se manifeste ici et là. Claire Torreilles note ainsi que l’auteur, tout comme Bodon, assigne une valeur « magique » à la présence de ponts dans le paysage ; c’est là que se joue la destinée de certains protagonistes ou que se fixe le souvenir d’un moment marquant de leur vie (Torreilles, 2019, n. p.). Mais contrairement aux romantiques, la nature et la vie à la campagne que décrivent les romans de Boudou et de Delèris, ne sont jamais idéalisées. Les personnages y sont viscéralement attachés et peuvent y trouver une raison de vivre, mais ils se savent exclus d’un monde plus large que le leur, relégués qu’ils sont aux marges d’une société qui les méprise.

4Les exemples suivants sont représentatifs de la démarche des auteurs. Le premier est extrait de La grava sul camin de Bodon ; il fait part de la pensée du jeune narrateur, Enric, qui tout juste rentré du STO, est repris dans le quotidien de la ferme parentale, où il ne se sent plus à sa place mais où il demeure, car son père vieillit et il faut bien que quelqu’un s’occupe de la ferme :

Las annadas passèron. L’escòla èra luènh. M’escanavi sus la nòstra bòria sens gasanhar tant val dire cap de sòu. Auriái pogudas trobar de cranas plaças : la guèrra èra venguda e s’èra acabada sens que m’en mainèssi, mas quantes d’òmes joves èran presonièrs, quantas de femnas cercavan de vailets !
Òc, mas lo papà se fasiá vièlh e parlava pas mai de me logar. Qué serián devenguts sens ieu a l’ostal ? Tot lo rebaladís, amb Fèlix lo nos despartissiam. (Bodon, 2015, 85)

5Percevant le travail à la ferme comme un fardeau qui l’empêche de se lancer dans une vie plus autonome qui lui conviendrait mieux, il se résout néanmoins à rester. Attaché à la terre, il voit dans la ferme un héritage à transmettre d’une génération à l’autre. Pourtant, lui préférerait être valet de ferme, et non propriétaire. À ses yeux, la famille est un poids ; elle exige de l’individu qu’il agisse de façon responsable, même s’il doit pour cela sacrifier ses propres intérêts. Comme ailleurs dans les romans de Bodon, tout autant que de Delèris, la famille paysanne s’organise autour de contraintes à respecter et de traditions à perpétuer. Le plaisir et le bonheur n’y ont guère leur place. Ce qui compte, c’est d’assurer la survie matérielle grâce à un travail ardu mais accompli adroitement.

6Dans L’aucon de Delèris, le portrait de la mère du personnage principal n’hésite pas à qualifier d’enfer le travail de la ferme, avec ou sans famille : gardienne de troupeaux ou servante, les maîtres ne l’ont pas ménagée. Levée au chant du coq, elle se couchait le soir une fois la vaisselle faite et essuyée. Plus tard, alors que son mari est parti pour la guerre, elle s’occupe seule de la ferme : labourage, semences, sarclage, récoltes. À cette liste s’ajoute le soin des bêtes, qui ne lui laissent pas une minute de repos : vingt vaches, deux truies, une trentaine de porcs. C’est, dit-elle, « un tapage d’enfer ».

Pastra e sirventa, los mèstres l’avián pas mainatjada. Levada al cant del gal, se jasiá vaissèla facha e eissugada, Maridada, aviá virat e revirat per dos, del jorn ont Martin èra partit a la guèrra. Laurava, semenava, sauclava, amassava. Li bestialada li daissava pas une minuta de polsa. Aviá pas gardada la cavala que li fasiá páur, mas vint vacas a l’estable, doas mauras, un trentenat de tessonasses menan de contunh un rambalh d’infèrn. (Delèris, 1992, 20)

7Dans ce court passage, où la moindre minute de repos est signe d’épuisement, l’enfer, c’est l’activité physique, le travail, et s’exprime par une accumulation excessive de tâches à accomplir. Cette mère de famille est entrainée dans la course sans issue du temps qui passe et qu’on ne maitrise pas. Alors qu’il est d’usage chez de nombreux auteurs et dans la mémoire collective d’identifier dans le cycle de la nature un temps mythique où la mort, ou du moins le sommeil des plantes l’hiver, est suivie par une renaissance printanière, s’entrevoit ici le contraire de cette image bénéfique : vivre de la terre est une usure, une privation.

8Bodon et Delèris s’intéressent à l’histoire ; leurs romans ont souvent en leur centre la souffrance causée par des conflits armés. Dans La quimèra, Boudou retrace la guerre des camisards de la fin du dix-septième au début du dix-huitième siècle. Dans Los crocants dels Roergue, Delèris prend pour sujet la révolte des paysans, communément appelée révolte des croquants, et sa répression sanglante dans la région de Villefranche-de-Rouergue au milieu du dix-septième siècle. Les deux auteurs dressent une fresque saisissante de la pauvreté des paysans et villageois et retracent avec émotion leur lutte désespérée. Leur sympathie leur est acquise et se manifeste, entre autres, dans les passages descriptifs. Dans La quimèra, le narrateur note, par exemple, que les maisons anciennes, bien que délabrées ou presqu’effondrées, ressemblent à des châteaux par contraste avec les habitations misérables des temps nouveaux : « Los ostals novèls èran pas que de casals o de tutas. Per comparason los ostals vièlhs, e mai s’esfondèsson, semblavan de castèls » (Bodon, 1974, 199). Cette comparaison rend sensible la conscience qu’ont les paysans de l’aggravement de leur condition ; ce savoir fait mal. Encore plus cruel est le regard extérieur posé sur eux, la perspective des Français qui ont le luxe de voyager, alors que les paysans occitans sont prisonniers de leur condition. Ce regard accusateur est sans appel : à leurs yeux, les paysans sont aussi sauvages que la nature et sont comme des bêtes — ils sont « abêtis », soumis à l’instinct de la sexualité et incapables de contrôler leur appétit. Pire, ils n’en resteraient pas moins responsables de leur misère. On les dit fainéants, « sales comme des poux », ivrognes et juste bons à mettre au monde des enfants qu’ils ne peuvent pas ensuite nourrir. Cette impression qu’ont les gens de l’extérieur, bien qu’impitoyable, témoigne de l’absolue pauvreté qui condamne les croquants :

Los estrangièrs que passavan pel compte del rei de França acusavan lo nòstre pòble. Entre eles se trufavan d’aquel païs sauvatge plen de sauvatgina, d’aqueles òmes pesolhoses, solament bons per emprenhar las femnas, que ne naissián tantes d’enfants que se podián pas avidar. Reportavan que nòstres païsans, paures abestits, fugissián l’òbra per sègre de fièiras sens bestial ni mercadariás pel simple plaser de pintonejar… (Bodon, 1974, 199-200).

9L’Aucon de Delèris apporte également l’appréciation d’un personnage extérieur. Il s’agit de Carmelà, jeune Sicilienne envoyée dans une ferme rouergate pour finir de purger une peine de prison. Dans le train de Toulouse vers l’Aveyron, elle note un net changement de paysage lorsqu’elle arrive à Laguépie, commune limitrophe entre le Tarn-et-Garonne et l’Aveyron. Ses observations se limitent au paysage qui se déroule devant ses yeux, mais le verdict est implacable : elle perçoit un clair-obscur saisissant entre les scènes riantes et « translucides » des alentours de Toulouse et du Tarn, et le Ségala, sa destination, dont le sol est pauvre et où on plante du seigle, plus robuste que le blé. La lumière disparaît abruptement une fois atteint le Rouergue, le train entre dans un épais brouillard et le relief se transforme en gorges profondes ; les roches y sont grises et les arbres tordus, sans feuilles, à l’exception de quelques menus buissons de buis et de houx. Après le paradis verdoyant du Toulousain et de l’Albigeois, suit son opposé, l’Aveyron.

Entre Tolosa e Laguepiá, li aviá pro agradat. S’èra reconeguda dins las vinhas espandidas a pèrda de vista, treslucentas, de còp en còp, d’un rai de solelh. Aviá aimats los ostals bassòts, teulats de roge. Mas a Laguepiá, los fums los avián acatats. Èran talament espesses qu’aviá a pena pogut entreveire la bastenda de la gara. Après Laguepiá, s’èran clauses dins de gorgas que via e Avairon se’n bregavan l’asuèlh e pindolavan de cada costat. Qu’èran rebeluts amb lors rocasses grises, lors botigasses, lors aubres torceguts sens cap de fuèlha fòra quelques boisses e qualques grifols, pichonèls e menudets ! (Delèris, 1992, 66)

10Cet extrait oppose le sud, où la végétation, bien nourrie, grandit et s’épand, et, plus au nord, la végétation qui se recroqueville, étouffée. Le point de départ est image de vie et de plaisir et le point d’arrivée image de mort et de tourments. Cette description du paysage est déjà le présage de la catastrophe qui entrainera la mort de plusieurs personnages à la fin du roman.

Des personnages principaux sans avenir

11Cette ruralité rouergate, on le comprend bien vite, est un monde à l’arrêt. Le sort des personnages principaux en est bien souvent la démonstration, aussi bien chez Bodon que chez Delèris. Dans l’ensemble, ce sont des êtres rejetés par la société, des exclus qui n’auront pas la chance de pouvoir s’intégrer à leur entourage. Ils sont ceux à qui on rappelle toujours leur origine, soit qu’ils ne peuvent pas vraiment partir ou s’éloigner pour recommencer leur vie ailleurs, soit qu’ils tentent l’aventure mais échouent ou meurent. Parmi les personnages des romans de Bodon, le narrateur du Libre dels grands jorns, qui s’identifie à la langue occitane qu’il n’entend plus parler autour de lui, quitte sa famille et va s’installer à Clermont-Ferrand où il meurt bientôt d’un cancer. Dans Lo libre de Catòia, l’enfant traumatisé par l’appartenance de sa famille à une secte religieuse, parviendra à quitter le village où aucune communication n’est possible, mais, même dans un nouvel environnement où personne ne le connaît, ce traumatisme le condamne au silence et continue à le persécuter. Dans La grava sul camin, le jeune homme qui part pour le Service du travail obligatoire sans se poser de question, fait l’expérience de l’isolation sociale à son retour, à tel point qu’il se verra obligé d’épouser une femme qu’il n’aime pas mais qui, elle-même, est, pour d’autres raisons, rejetée par ses comparses, la seule qui l’accepterait. Dans La quimèra, le protagoniste va d’aventure en aventure, dans une misère absolue et dans des conditions effroyables, jusqu’à être fait esclave en Afrique avant d’être libéré une fois devenu trop vieux. Les personnages de Delèris sont tout autant des êtres en détresse. De nombreux révoltés des Crocants del Roergue seront condamnés à mort ou envoyés au bagne. L’Aucon, dans le roman éponyme, homme rêveur et étrange, tombera amoureux d’une criminelle et, par souci d’amour, finira par se noyer dans la rivière. Quant à Pèire et Marià, dans le roman qui porte leurs noms, ils mourront tous deux de mort violente, loin l’un de l’autre : le jeune homme à la guerre, la jeune femme plus tard, remariée, assassinée au Vietnam où elle exerce le métier d’infirmière. Dans les romans de nos deux auteurs, il apparaît donc que, souvent, l’être humain est ce qu’il a été — peut-être pourrait-on dire qu’il est condamné à rester ce que l’exclusion ou le traumatisme a fait de lui déjà jeune. Pourtant, aussi terrible que soit cette impossibilité à échapper à leur condition, celle-ci demeure toujours préférable à ce que les personnages qui parviennent à partir, trouvent ailleurs. Le voyage, chez Bodon et Delèris, semble d’emblée néfaste, car il mène à la guerre ou à la mort ou à l’échec, ou encore à un retour difficile.

12En outre, ces personnages se voient réduits au silence, soit qu’ils ne rencontrent aucune oreille attentive à leurs chagrins, soit qu’ils ne trouvent pas eux-mêmes les mots ou la force pour exprimer le désarroi et le malheur qui les plombent. Une question cruciale se pose pour chacun d’eux : comment peut-on raconter une histoire ? Dans sa préface au Lo libre de Catòia, Pierre Canivenc remarque judicieusement que, chez Bodon, l’écriture est un motif obsédant, déployé dans l’ensemble de son œuvre : « Dins l’imaginari de Bodon, un motiu obsessional es lo del Libre. […] L’òbra tota de Bodon s’embeu d’aquela utopia del Libre » (Canivenc, 2009, 7-8). L’écrit permet de raconter ce qu’on n’ose pas dire oralement ou ce à quoi personne ne s’intéresse. Pour le narrateur du Libre dels grands jorns, le livre est le journal d’un mourant qui a coupé les liens avec son passé et erre à présent, miséreux, dans les rues de Clermont-Ferrand à regretter la disparition de sa langue occitane. À l’agonie, il se retrouve seul sur une route. Sa fin n’est pas le grand œuvre auquel il pensait pour ses derniers jours. Esseulé, incapable de partager son histoire avec autrui, le narrateur du Libre de Catòia se confie également par écrit. Adulte, il raconte son enfance et affirme une identité qu’on ne lui reconnaît plus depuis longtemps, car les années ont passé et il vit loin du lieu de son enfance. Ce traumatisme de l’enfance, causé par la faute d’une société peu accueillante et d’une pratique religieuse — la secte des Enfarinés, qui ne reconnaît pas l’autorité du pape catholique — trop étriquée, a fait de lui un être blessé, poursuivi par le souvenir. En l’absence d’interlocuteur, l’écriture lui permet de se confier :

Òc, soi Catòia. Catòia l’Enfarinat.
Jamai soi pas estat coma los autres. Jamai. Perquè soi Catòia. E tanben perque soi Enfarinat.
A Sant Genièis degun sap pas que soi Catòia. Mas ieu o sabi. Ieu, Amanç, Baptista, Blasi Codomièr. (Bodon, 2009, 15)

13Le narrateur réclame ainsi dans le secret d’un journal intime une identité morcelée, la seule qu’il connaisse. En quittant le Ségala et dans sa nouvelle vie à Saint Geniez d’Olt, dans le nord du département, son surnom Catòia, qui désigne son appartenance religieuse, ne l’a pas suivi, mais Catòia il reste, même si ce surnom insultant n’est plus prononcé. On comprendra, à mots couverts, qu’il continue à se sentir exclu. Enric, dans La grava sul camin, tout juste rentré du STO, traité de collaborateur, marqué à la fois par l’horreur de la guerre et par le mépris des habitants de son village, choisit, lui aussi, l’écriture. Il avoue se sentir comme un paria et souffrir des moqueries et des reproches qui lui sont faits, alors même que ses souvenirs de la guerre sont à ses yeux une épreuve insurmontable : « Dempuèi que soi nascut la vida me maca lo còr. E per acabar de lo me prautir : l’Alemanha ! Ara, que ne demòra del meu còr ? » (Bodon, 2015, 128). S’adressant à un lecteur potentiel et inconnu, il se livre donc à une confession et reconnaît avoir raté le début de sa vie adulte : « Amic, escrivi per tu al lum d’una paura lampa sus una fuèlha de papièr d’escòla. Te coneisserai pas jamai, probable, mas pr’aquò te vòli contar la mia vida, una tràçia de vida » (Bodon, 2015, 61). Lorsqu’il trouve enfin à se marier, sa mère, en larmes, lui explique qu’il retrouve ainsi une certaine validation sociale : « Es de jòia que plori, Ricon. Quand tornères d’Alemanha, èras pas coma los autres. Jamai non auriái cregut que trobèsses un partit » (Bodon, 2015, 123). Le mariage, espère-t-elle, sera un premier pas pour que cessent les critiques qui accablent son fils.

14Chez Delèris se pose aussi la question de comment témoigner des évènements qui affectent ses personnages principaux. L’écriture ne joue quasiment aucun rôle dans ses romans. C’est la collectivité qui porte la mémoire et, souvent, elle se montre cruelle. Ainsi, l’Aucon, depuis qu’il est amoureux d’une étrangère, est en bute aux pires ragots. Les rumeurs vont bon train, les mensonges aussi. Un jour, il reçoit une lettre anonyme lui annonçant — à tort — que la jeune femme le trompe. On raconte beaucoup de choses au village, envenimées par les plaintes de la mère de l’Aucon, qui a pris la jeune Italienne en grippe. En fin de compte, ce sont les mauvaises langues qui, en brisant la confiance qui s’était établie entre cet homme et cette femme, causeront le drame — un terrible drame, puisque la promise de l’Aucon, épuisée par la méchanceté d’autrui, finira par tuer les parents de cet homme silencieux, puis prendra la fuite. L’Aucon se laissera alors mourir de faim avant de se noyer dans la rivière. Déjà enfant, il subissait les quolibets de son entourage. Le passage qui suit, désigne ces mauvaises langues et se développe en discours indirect libre pour nous faire ressentir l’opprobre qui le touche :

Un omelet que las missantas lengas de Montanhac avián escaissat. L’avián batejat « l’Aucon ». De verai, èra mai qu’in brigat longanha, sansonha, somari e tira-cometas. […] passava los très quarts del temps a soscar e ressoscar, a tornejar per la cort, a sanar los apleches. Cada ivèrn, demontava e remontava pendula, dalhaira, bicicleta. (Delèris, 1992, 12)

15L’Aucon, un « tire-comètes » rêveur, est, à leur goût, un incapable qui tourne et retourne dans la cour de la ferme, réfléchit beaucoup mais ne fait rien d’utile, son passe-temps consistant à démonter et à remonter les horloges et les bicyclettes.

16À sa mort, les mêmes mauvaises langues sont toutefois en peine d’expliquer la noyade :

Qué se passèt alara dins lo cap de l’Aucon ? O escriguèt pas, e tornarà pas per o far. Benlèu aguèt páur que los gendarmas lo venguèssen quèrre pel mal del mercat negre. Benlèu crentèt que Carmelà foguèsse venguda amb lo trafegaire per prene lo restant de l’argent e l’aucir se ne virava. Es estat dich que quand la pòrta se dobriguèt, Angèla l’entrevegèt escambarlar la fenèstra que dona sus la paissièra e sautar. Deguèt caire tèsta primièra sus la paret. Mòrt sul còp o gandré assucat, l’aigua lo prenguèt. (Delèris, 1992, 158)

17Les gens se demandent s’il s’agit d’un accident ou d’un suicide après le meurtre de ses parents. Mais l’histoire est devenue impossible ; il n’y aura pas d’explication, car l’Aucon n’a pas laissé de message. Le roman oppose ainsi l’excès de paroles, à savoir les rumeurs et ragots à l’origine de la tragédie qui frappe cette famille, et le silence absolu de la mort, puisque les victimes n’ont pas laissé de témoignage. Notons à cet effet que les mauvaises langues, que l’on peut aisément imaginer, après la disparition des trois membres d’une famille, dans de longues conversations plus ou moins respectueuses de la vérité, ne semblent pas toutefois considérer leur grande responsabilité dans ce drame.

18La collectivité peut prendre aussi un sens plus large et il convient de revenir au regard extérieur régulièrement thématisé chez Delèris. Les acteurs principaux des Crocants de Roergue sont les habitants et habitantes du Ségala en révolte. Mais, les chalands de la foire de Gaillac, dans le département voisin du Tarn, ne voient pas en eux des êtres capables d’autonomie. Ainsi, une scène décrit des hommes venus de l’Aveyron, démunis à l’extrême, qui y cherchent du travail saisonnier. Le regard des badauds et des patrons en quête de main d’œuvre se pose sur eux comme s’ils étaient des objets à vendre, exposés à la foire, réifiés. Leur seule parole est leur accent ; ce qu’ils disent avec cet accent, ne retient pas l’attention. Les paysans aveyronnais représentent l’abject, ce qui n’est pas entièrement humain et qui fait d’eux des animaux ou des monstres à exhiber sur les foires où, perclus de pauvreté, ils louent leur service à moindre prix :

La fièira d’estiu dels petarrins, c’est-a-dire — los jornalièrs roergasses davalats de Segalar — se teniá cada an sus la plaça granda de Galhac. I se mostravan, dins l’esper de se logar una mesada, un milierat de paures bogres, venguts del país de Serenas, de Ropeirós, La Sauvetat, Montbazens, Rinhac, Najac. Se reconeissián a lor accent rocassut e subretot als esclòps sens batas, estacats a la cencha o penjats al còl que trigossavan per quand correrián las estolhas. Pèsdescauces, vestits de pelhas, cofats de jonças, èran magres tant coma de pics, desdentats ni mai cap de vièlha, pus barbuts qu’un mague, pus espelofrits qu’un ermita de pels travèrses de Viaur. (Delèris, 2000, 41)

19On les reconnaît à leur accent rocailleux, à leurs sabots sans bride qu’ils attachent à leur ceinture ou à leur cou, mais aussi à leur maigreur, à leurs bouches édentées, à l’aspect aussi négligé que celui d’un ermite. D’emblée, une semblable description suggère aux lecteurs que la révolte de ces travailleurs n’a aucune chance d’aboutir et qu’elle sera suivie par la répression. Comme le montre le sort des personnages principaux de ces romans, le Rouergue de Bodon et de Delèris n’a pas d’avenir. Refermé sur lui-même, méprisé par les autorités françaises, grevé de pauvreté, il semble livré à de derniers sursauts douloureux précédant sa dislocation.

La fidélité

20En dépit de tout, malgré la dureté du travail de la terre, malgré les injustices et errements divers, malgré les faiblesses dont font l’expérience tous les personnages, force est pourtant de constater que le Rouergue et ses habitants connaissent, sous la plume de ces deux écrivains, une indéniable grandeur, due en partie au mystère des lieux et au secret des motivations profondes des personnages, mais également à une qualité que tous possèdent ; à savoir, la fidélité. En effet, ces romans sont remplis de promesses que les protagonistes s’appliquent à honorer même si, une fois accomplies, elles sont à leur détriment. Parmi les promesses les plus déchirantes compte celle d’Enric dans La grava sul camin. Pensant résoudre l’isolement de son fils, sa mère arrange un mariage qui, selon elle, lui permettra, non seulement d’assurer son avenir, car la jeune fille considérée héritera de belles terres, mais aussi de retrouver sa place dans la petite société villageoise. Enric voit enfin s’approcher la fin de l’exclusion, jusqu’à ce qu’il rencontre la jeune femme et voit son corps difforme. Son rejet est immédiat, viscéral. Lui qui rêvait d’amour, le voici qu’on lui demande un mariage de raison. Se sentant piégé, il voudrait rompre le contact immédiatement, mais il subit la pression de la famille ; plus encore, il compatit à la déception de Cristiana, dont personne ne veut, au plus profond de lui-même. Elle ne lui plaît pas, mais il la plaint ; il comprend sa souffrance de voir les jeunes filles du village se marier et profiter de la vie. Il trouve légitime le désir de Cristiana de fonder une famille : « Non, m’agrada pas. Mas pr’aquò ara la plangi. Que deu patir de veire las sias companhas fringar per las vòtas quand ela demòra dins un canton ! Ela tanben voldriá se maridar, téner l’ostal e careçar de dròlles. Mas qual la prendrà ? Qual ? » (Bodon, 2015, 121). Il accepte alors de la revoir et, lorsqu’elle lui demande s’il l’épousera, il n’a pas le courage de refuser et promet. À la promesse suit la panique : voulant rendre Cristiana heureuse, il prend conscience de sacrifier son propre désir de découvrir, un jour, l’amour. La veille du mariage, se sentant incapable de tenir sa promesse, il s’enfuit à bicyclette, se demandant s’il pourrait y échapper : « Deman ! Me maridi deman ! La me cal téner la promessa ! E se la teniái pas ? » (Bodon, 2015, 125). Il n’aura pas le temps de répondre à cette question urgente, car un accident lui fait perdre conscience. Lorsqu’il revient à ses esprits, il est trop tard pour rebrousser chemin et arriver à temps à la cérémonie. Le roman s’achève sur la scène où Enric, alité et fébrile, demande que sa mère soit avertie de l’accident. Contre toute attente, il s’enquiert alors de Cristiana pour qu’elle aussi soit informée. Cet épilogue nous laissera sans doute imaginer qu’il tiendra promesse et se mariera avec cette femme qui ne l’attire pas, par pitié, par sens du devoir et par obligation. Mais nous ne saurons pas si le mariage aura véritablement lieu, la fuite d’Enric étant un affront insultant envers Cristiana et sa famille. Et puis, combien de temps pourra-t-il vivre dans une union qui le désole autant ? Comme dans Lo libre de Catòia et Lo libre dels grands jorns, la fin du roman reste ouverte. Mais le sens de l’abnégation d’Enric au moment où il reprend conscience, et son respect de la parole donnée forcent l’admiration. Enric se veut conciliateur, même si c’est au prix de son propre bonheur. Attaché aux valeurs enseignées, conscient de l’absence de choix et de son piètre statut, il accepte finalement ce rôle de sacrifié qui lui pèse tant. Ce revirement lui confère une noblesse de cœur cruellement acquise. Son rôle de victime équivaut à une condamnation de la société qui l’a aculé dans une telle situation. Le roman est à la fois une parabole thématisant la tentation suivie par ce qu’on pense être une fortitude retrouvée, et une complexe esquisse psychologique des tiraillements qui agitent le personnage principal.

21Lo libre dels grands jorns convoque également la douleur que peut entraîner la fidélité. Attendant une mort prochaine, le narrateur a décidé de vivre ses derniers jours dans la lucidité et de prendre plaisir à la vie jusqu’à ce que la souffrance physique l’en empêche. Sa réflexion a un écho existentialiste : la vie n’a d’autre sens que le désespoir, mais on ne peut pas abandonner ; il faut être clairvoyant, avoir du courage et de la dignité. De longues conversations avec un curé défroqué lui font comprendre que, même en l’absence de croyance religieuse, l’être humain doit garder la foi, une foi laïque et réduite à son minimum, parce qu’il n’existe pas d’autre façon de rendre le destin supportable. Devant sa vie défaite et la mort de l’occitan, langue qui lui tient tant à cœur, il affirme encore qu’il faut croire et prendre plaisir aux moments simples qui se présentent, par exemple apprécier un repas ou un verre de vin :

Me sieguèri sus un banc pas luènh del monument. Aviái portat per dinnar : un dinnar tot prèst de rostissariá, sens oblidar la gròssa de vin. La fe me mancariá pas per acabar tot… (Bodon, 2020, 74)
Desfacha de ma vida. Desfacha de ma lenga. Creire mai, creire autrament…
Òc, per acabar la gròssa de vin. (Bodon, 2020, 75)

22Le narrateur mourant ne définit pas plus cette croyance ou foi têtue en la vie, mais cela suffit à lui donner une dignité qui appelle le respect envers cet homme qui, pour subsister, tient des rôles sordides dans des films pornographiques. Le vagabond qu’il est devenu, est, en fait, un sage.

23Les personnages de Delèris ressemblent en ce point aux personnages de Bodon. Selon Ginestet, « Delèris pose avec lucidité la question des hommes d’origine modeste désireux de se construire un avenir. Les attitudes et actions des femmes, c’est presque une autre histoire, tant elles sont remarquables dans ses fictions […]. Delèris montre que l’humanité profonde réside dans la capacité consciente d’assumer ses responsabilités entre douleurs et très douces émotions » (Ginestet, 2019, n. p.). En est témoin, par exemple, la relation de Pèire et Marià, longtemps séparés par la guerre, car Pèire a dû partir au front, et qui se revoient lors d’une rare permission. Marià l’encourage à prendre un travail à la mine voisine pour ne pas avoir à retourner sur le champ de bataille. Mais Pèire hésite ; il ne veut pas faire faux bond à ses compagnons de guerre, car il a leur confiance. À plusieurs reprises, ils l’ont sauvé de la mort et lui veut pouvoir rendre la pareille. Il est déchiré entre un sens aigu de la responsabilité et du sacrifice et le désir de rester auprès de Marià, loin des dangers de la guerre :

D’un biais, seriái pas malcontent de salvar ma pèl e de demorar prèp de tu a Puègredond. De l’autre, me pòdi pas empachar de pensar als companhs que m’espèran. Avèm tot partejat : páur, mòrt, lòsa, pesolhs, pan, vin, tabat… I a los que lor devi la vida. I a los que ai menats a l’assalida e que m’an segut sens barganhar. Seràn decebuts. (Delèris, 1996, 54)

24Empli de remords mais pensant au bonheur de Marià et au sien, il prendra la décision de se rendre à la mine pour y travailler. Mais, dans un ultime rebondissement, c’est Marià, sensible à la culpabilité que ressent Pèire, qui fera prendre au cheval qui les menait à Carmaux le chemin de la gare, convainquant ainsi le jeune homme d’abandonner son projet d’emploi à la mine et de reprendre le train pour la guerre, où il se sent lié par l’honneur à des compagnons d’armes sous le feu. Le courage et la droiture de Marià se manifestent dans l’explication qu’elle donne à son mari : « M’agradariá que demorèsses, respondèt Marià en li prenent las mans. Mas siái la tia femna, Pèire ; siái la tia femna ! Çò que decidiràs serà bon e me convendrà » (Delèris, 1996, 54). Contre son gré, elle le laisse partir pour qu’il puisse rester fidèle à ses soldats, mais aussi — et plus encore — parce qu’elle veut construire sa relation avec Pèire sur une solide base de confiance et dans le respect des choix de son partenaire. Elle fait preuve ainsi d’une fidélité absolue à la promesse supposée dans toute union, le respect réciproque. En fin de compte, cet idéalisme ne servira à rien ; voulant être juste, elle sacrifie son bonheur inutilement. Pèire mourra à la guerre. Les deux jeunes paysans accèdent ainsi à la tragédie, qui les annihile mais aussi les grandit et leur accorde une autorité morale qui dépasse l’humanité quotidienne.

25Dans un commentaire au sujet du Libre dels grands jorns, Robert Lafont rappelle que ce roman appartient à la catégorie des « livres de l’indicible », ces livres qui impressionnent, car ils sont insondables et parce qu’ils se « bâtissent » sur les marges de la parole : « Lei grands libres son quauquei còps de libres de l’indicible. Non pas grands perque capitan a la perfin de dire, mas perque se bastisson sus sei marges » (Lafont, 2015, 24). Cette remarque s’applique assurément à l’ensemble de l’œuvre de Bodon et, tout aussi bien, aux romans de Delèris. Ces deux auteurs sont maîtres de la littérarité, c’est-à-dire de ce qui fait d’une histoire une œuvre littéraire ; à savoir, la dissémination du sens et des non-dits derrière les mots employés et les silences des meilleurs textes de création. La grandeur de leurs personnages découle non seulement de leurs agissements, mais aussi de l’aptitude de leurs auteurs à créer un espace littéraire stimulant. De là naît aussi un extraordinaire Rouergue littéraire, présenté comme un vivier d’âmes nobles. Lafont va en ce sens lorsqu’il associe le Rouergue, l’identité et la fidélité à la culture occitane : « Roergue, identitat, fidelitat au país e a sei votz… » (Lafont, 2015, 13). Les personnages de Bodon et Delèris, ces Rouergats occitanophones, sont, sans même y aspirer, des modèles de vie pour nous apprendre à assumer les détresses rencontrées et à accepter le sort qui nous est réservé. Ils enseignent une sagesse exigeante et, de la sorte, font du Rouergue qui leur est cher, non plus un lieu de pauvreté et de rudes paysages, mais une terre fière où grandit une humanité généreuse.

Conclusion

26Bodon est mort en 1975, Delèris en 2009. Tous deux appartiennent à la même génération et à la même terre. Leurs romans occitans thématisent la ruralité et le sort de personnages confrontés à la guerre et à de profondes transformations socioéconomiques. Ils décrivent un monde en souffrance et des êtres pris dans des questions existentielles qu’il leur faut résoudre tant bien que mal. Ces romans d’un lieu sont, avant tout, des romans sur la condition humaine, celle de la pensée et, lui étant chevillée, celle du travail.

27Tous deux ont voyagé ; ils ont connu la deuxième guerre mondiale et ont fait l’expérience ambiguë de la décolonisation, le premier en Algérie, le second au Vietnam et à Madagascar. Delèris écrit : « Pour Boudou, le grand problème de l’identité occitane est avant tout celui de la sauvegarde de la langue » (14). Delèris, qui a publié en français avant de le faire en occitan à partir de 1985, ne s’engage pas autant dans cette problématique. Aimant l’occitan, il n’en fait cependant pas un motif essentiel. Bodon pratique l’autofiction (voir Canivenc ; Lafont) ; chez Delèris prédomine la fiction. Bodon est plus proche du conte et du passage de l’oral à l’écrit, ce que l’on sent dans l’oralité de son style. Il défie les genres établis. Delèris construit ses intrigues « pour créer des rebondissements et fait évoluer l’action par le biais des dialogues » (Ginestet, n. p.) au travers desquels les personnages prennent vie. Bodon et Delèris partagent une sympathie émouvante envers les paysans. Ils sont humanistes, habités par une géographie et un passé. Pour évoquer deux auteurs qui eux-mêmes citent régulièrement des chants, j’emprunterai une expression tirée d’un chant qui n’a rien de régional : L’Internationale. En effet, Bodon et Delèris prennent le parti des « damnés de la terre », de ceux et celles que le sort accable, non pas pour les inciter à la révolution, mais pour leur rendre hommage et témoigner de leurs conditions de vie. Le monde qu’ils décrivent, n’est plus.

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Bibliographie

Textes

Bodon, Joan, 1974. La quimèra, Toulouse, IEO Éditions.

Bodon, Joan, 1976a. Las domaisèlas, Préface Joan Larzac, Toulouse, IEO Éditions.

Bodon, Joan, 1976b. Las domaisèlas, Préface Joan Larzac, Toulouse, IEO Éditions.

Bodon, Joan, 2009. Lo libre de Catòia, Toulouse, IEO Éditions.

Bodon, Joan, 2015. La grava sul camin / L’evangèli de Bertomieu, Toulouse, IEO Éditions.

Bodon, Joan, 2020. Lo libre dels grands jorns, Toulouse, IEO Éditions.

Delèris, Ferran, 1992. L’aucon, Toulouse, IEO Éditions.

Delèris, Ferran, 1996. Pèire e Marià, Toulouse, IEO Éditions.

Delèris, Ferran, 2000. Los crocants de Roergue, Toulouse, IEO Éditions.

Delèris, Ferran, 2008. « Jean Boudou, écrivain rouergat », Canta-Grelh 77, 1-25.

Études

Canivenc, Pierre, 2009. « Prefaci », dans Joan Bodon, Lo libre de Catòia, Toulouse, IEO Éditions, p. 7-13.

Ginestet, Joëlle, 2009. « Humanité et dépassement dans l’œuvre de Ferran Delèris (1922-2019) », Lengas 85. En ligne : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/lengas/2771.

Lafont, Robert, 2015. « Prefaci », dans Joan Bodon, La grava sul camin / L’evangèli de Bertomieu, Toulouse, IEO Éditions, 5-24.

Torreilles, Claire, 2019. « Camins de Viaur dins los romans occitans de Ferran Delèris », Lengas 85. En ligne : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/lengas/2815.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Catherine Parayre, « Joan Bodon et Ferran Delèris racontent la terre : quelques romans occitans »Revue des langues romanes [En ligne], Tome CXXVII n°2 | 2023, mis en ligne le 01 octobre 2023, consulté le 14 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rlr/5644 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/rlr.5644

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Auteur

Catherine Parayre

Université Brock, Canada

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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