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Editorial

2022 : Une année bousculée et bousculante…

Christelle Lison

Texte intégral

1Nous avions toutes et tous trouvé que 2021 avait été une année difficile, disons que 2022 n’a pas été plus simple! Le retour post-pandémique a amené son lot de difficultés et de questionnements. Aucun doute, nous subissons encore et peut-être plus que jamais les effets de cette pandémie, et ce, que ce soit les étudiants, les enseignants, les personnels. Chacune et chacun a fait de son mieux pour garder la tête hors de l’eau. Dans ce contexte, je ne peux, encore une fois, que remercier sincèrement les évaluatrices et les évaluateurs d’articles qui ont accepté cette mission en plus de leur quotidien. Je sais combien c’est exigeant. Parfois, les délais sont difficiles, les personnes ne peuvent aller jusqu’au bout, mais je sais que c’est avec conviction que vous vous engagez dans cette activité peu gratifiante souvent, mais essentielle pour le développement des connaissances scientifiques. Grâce à chacune et à chacun d’entre vous, nous vous proposons encore une fois un numéro de qualité, avec pas moins de huit articles, démontrant ainsi que la recherche en pédagogie de l’enseignement supérieur est foisonnante et diversifiée.

2Le premier article est celui de collègues de l’Université du Québec à Montréal (Canada), Nathalie Michaud et Martin Roy. Intitulé Former à évaluer des compétences en enseignement supérieur : un dispositif d’évaluation novateur, cet article porte sur un dispositif d’évaluation qui permet de porter un jugement sur la compétence à évaluer chez de futurs enseignants. Au fil du cours, les étudiants construisent leurs savoirs et ainsi saisissent le concept du jugement professionnel dans une perspective qualitative. Cependant, tel que mentionné dans l’article, la mise en œuvre du dispositif a posé certains défis, notamment en ce qui a trait à l’autonomie des étudiants. Par la nature du projet, le dispositif d’évaluation est en perpétuelle amélioration, mais cette recherche développement permet de réfléchir au dispositif d’évaluation de façon rigoureuse.

3Le deuxième article est celui de collègues françaises, Lucie Gouttenoire et Anaïs Loizon. Leur article s’intitule Quelle réflexivité les étudiants ingénieurs ont-ils à propos de leurs pratiques d’apprentissage? Analyse d’écrits réflexifs et propositions pour le renforcement des capacités réflexives. Dans celui-ci, les autrices tentent d’appréhender les aptitudes à la réflexivité d’étudiants ingénieurs agronomes en début de cursus en analysant des écrits réflexifs rédigés à propos de leurs pratiques et processus d’apprentissage dans le cadre d’un enseignement d’analyse économique et financière. Leurs résultats démontrent des niveaux de réflexivité très divers. Elles mettent alors en évidence des leviers pour renforcer la réflexivité : l’expression en utilisant une position de parole incarnée, le renforcement de la curiosité vis-à-vis de soi et vis-à-vis d’autrui, la confrontation à des difficultés ou à une situation inédite.

4Le troisième article provient de l’Université TÉLUQ (Canada). Sabrina Hombourger-Barès, Patrick Pelletier, Christine Simard et Lucie Moulet en sont les auteurs. Celui-ci est intitulé L’innovation d’un MOOC en sciences de gestion : vers une approche systémique basée sur la co-création de valeur entre acteurs. Ils proposent une étude de cas afin de comprendre les processus d’innovation de la formation à distance en enseignement supérieur, notamment au niveau de son caractère collectif. En utilisant une approche systémique de l’innovation, cette étude de cas présente les logiques institutionnelles et les rationalités organisationnelles ayant contribué à façonner le processus d’innovation. Elle montre également le rôle clé de la co-création de valeur entre acteurs dans différentes activités opérationnelles. Enfin, elle soutient l’importance des dispositifs d’accompagnement, d’auto-détermination et d’action collective.

5Le quatrième article est intitulé Quels usages des outils de communication dans un MOOC selon les profils des participants? Dans celui-ci, Karim Boumazguid, Gaëtan Temperman et Bruno De Lièvre de l’Université de Mons (Belgique) discutent des outils communicationnels permettant de supporter les échanges entre les apprenants dans le cadre d’un MOOC. Dans cet article, les auteurs comparent la manière dont les apprenants issus de deux groupes contrastés en termes de modalités d’inscription (spontanés vs enrôlés) deux types d’outils communicationnels différents (forum vs groupe Facebook). Leurs résultats révèlent certaines différences en termes de contenant et de contenus, mais aussi que la comparaison des déclarations des participants quant à leur usage effectif des outils communicationnels montre, dans l’ensemble, une adéquation globale entre pratiques déclarées et utilisation réelle.

6Le cinquième article est celui de collègues québécois, Diane Leduc, Mathilde Cambron-Goulet, André-Sébastien Aubin et Audrey Raynault. Ils proposent un article intitulé La collaboration dans le travail en groupe en contexte d’examen collaboratif à l’université. Dans celui-ci, ils abordent le développement d’habiletés de collaboration dans le cadre d’un travail en groupe pendant un examen à l’université. Leurs résultats indiquent que les groupes ont peu clarifié la visée commune, que la structuration de leur travail était adéquate, que leurs prises de décisions se sont faites de façon collaborative et qu’ils ont appliqué implicitement plusieurs normes concernant le respect, les attitudes à adopter et les interactions. L'étude fait aussi ressortir l'importance de mieux préparer et de former autant les enseignants que les étudiants à la collaboration.

7Le sixième article s’intitule Usages et facteurs influençant l’utilisation des exemples en sciences humaines à l’université. Gilles Fossion, Dylan Dachet et Daniel Faulx de l’Université de Liège (Belgique) ont interrogé, par questionnaire, 66 enseignants universitaires sur les raisons et les risques d’utiliser un exemple et sur les formes d’exemple qu’ils privilégiaient. L’analyse des résultats montre que tous les enseignants reconnaissent à l’exemple des impacts positifs, spécifiquement du point de vue cognitif, motivationnel et illustrateur. Ils constatent également que seul un enseignant sur deux attribue des effets négatifs à l’exemple, et ce, à ces trois niveaux. Mentionnons que l’ancienneté de l’enseignant est corrélée positivement avec le nombre d’exemples mobilisés et que les hommes et les femmes usent de forme d’exemple différente.

8Le septième article est celui de Marie Carcassonne et Laurence Servel de l’Université Paris-Dauphine-PSL et Irisso (France). Intitulé Approche socio-historique de la filière Miage et effets de l’alternance sur l’enseignement des SHS, celui-ci porte sur l’analyse d’un enseignement intitulé « Organisation et Communication » offert à des étudiants en formation initiale et à des étudiants en apprentissage. Leur analyse fait apparaître que les apprentis représentent une population plus dotée scolairement. De plus, en tenant compte des éléments de contexte et des spécificités de cette population, les autrices perçoivent que celle-ci est confrontée à des conflits de temporalités amenant les enseignants à modifier leurs pratiques pédagogiques et à occuper une place de tuteur, ce qui les conduit à adapter le temps de présentation des savoirs théoriques et pose la question de l’appropriation de ces savoirs.

9Le dernier article de ce numéro de 2022 nous amène dans une thématique relativement peu exploitée dans RIPES, à savoir les études doctorales. Annick Vallières, Nataly Levesque et Julie Bernard, toutes trois du Québec, proposent un article intitulé Micro-pouvoirs en action au doctorat : la perception des étudiants. Sous la lentille foucaldienne, l’objectif de l’étude était d’apporter une meilleure compréhension de la perception des doctorants de leur expérience au troisième cycle et ainsi de proposer des pratiques d’encadrement et de soutien reflétant leurs réels besoins. Ainsi, à l’issue de l’analyse de 11 entretiens semi-dirigés, les autrices pointent les micro-pouvoirs issus du système académique et leurs conséquences sur les doctorants et relèvent le compromis entre les sacrifices imposés en échange de l’approbation sociale des différents acteurs de l’institution universitaire.

10Enfin, je ne peux finir cet édito sans un clin d’œil à un collègue, Denis Berthiaume, qui nous a quitté en septembre 2022. Il a fait preuve de courage et de résilience au cours des dernières années. J’ai eu la chance d’échanger avec lui fréquemment durant les derniers mois de sa vie et je sais combien il se sentait satisfait de son parcours et de ses réalisations personnelles et professionnelles. Il aspirait aux plaisirs simples et à la douceur de vivre dans ses derniers moments. Je vous souhaite la même chose pour 2023!

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Pour citer cet article

Référence électronique

Christelle Lison, « 2022 : Une année bousculée et bousculante… »Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur [En ligne], 38(3) | 2022, mis en ligne le 28 décembre 2022, consulté le 20 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/ripes/4401 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/ripes.4401

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Auteur

Christelle Lison

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