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Actualité internationale
Repères sur les systèmes éducatifs

Évolutions, qualités et contraintes du système éducatif de l’Union des Comores

Mouhamadi Ridhoine
p. 33-39

Texte intégral

1Depuis que le pays a accédé à son indépendance en 1975, le système éducatif comorien a connu de multiples évolutions dans bien des secteurs. Ses performances ont certes progressé, mais elles restent éloignées des standards internationaux. Cet article se propose de retracer l’évolution du système éducatif comorien en matière de structuration, d’accès à l’éducation, de qualité et de performances scolaires et d’analyser les contraintes qui en découlent. L’analyse portera essentiellement sur l’enseignement primaire et ses enjeux actuels.

Contexte éducatif et sociopolitique

2Les Comores sont un archipel composé de quatre îles, situé au large de l’Afrique de l’Est. La capitale est Moroni et la monnaie le franc comorien. Avec une superficie de 1 862 km2, le pays compte actuellement 1 145 209 habitants. Il se place parmi ceux à revenu faible, étant 156e sur 191 pays. Les Comores connaissent également des phénomènes naturels catastrophiques qui, chaque année, fragilisent le système éducatif, surtout en matière d’infrastructures scolaires.

353 % de la population a moins de 20 ans, ce qui a pour conséquence une forte demande d’éducation. Toutefois, les conditions financières du pays ne permettent pas de répondre aux attentes et aux aspirations en ce qui concerne les matériels didactiques, le personnel enseignant qualifié et les infrastructures scolaires. En effet, en raison d’une crise économique et financière aiguë durant une décennie et d’une dette extérieure s’élevant à 216 milliards d’euros, le taux de pauvreté était évalué à 40 % en 2019 (Darkaoui, 2016). En 2023, le PIB par habitant est évalué à 13 522 Dollars US selon la direction générale du trésor des Comores.

  • 1  Une langue bantoue avec quatre variantes.
  • 2  Une langue bantoue parlée à l’est de l’Afrique et écrite en caractères arabes.

4Du point de vue culturel et linguistique, la population comorienne s’unit par des pratiques et des rites fondamentalement liés à l’islam et à la civilisation bantoue. L’islam sunnite est la religion dominante d’environ 99 % des Comoriens. Cette situation explique l’importance de la langue et de la culture arabes dans le système éducatif. Les Comoriens parlent trois langues officielles : d’abord le shikomori, la langue maternelle1, proche du swahili2, le pays ayant connu la civilisation bantoue dès l’origine de son peuplement. Ensuite, ils parlent l’arabe, introduit lors de l’expansion de l’islam. Les Comoriens communiquent enfin en français, car cet archipel a connu la colonisation française. Dans ce contexte multilingue et multiculturel, les statuts des langues sont ambigus dans le système éducatif. En classe de langues, l’enfant comorien ne vit pas le rapport aux langues de manière apaisée. Le contact entre les langues est parfois source de malaise et d’inquiétude. Si le français demeure la langue d’enseignement, de l’administration et des ouvrages scolaires, cette langue est toutefois considérée par les arabophones comme un instrument de domination, source de tensions. Pour les francophones, le français constitue le meilleur instrument linguistique pour développer le pays, surtout dans le domaine social, culturel et scientifique.

5Depuis son indépendance en 1975, ce pays est menacé par une instabilité politique qui s’est traduite par plus de cinq coups d’État et des crises institutionnelles. En 1990, la démocratie a été instaurée par le président Djohar. Ce système politique a légitimé les associations syndicales. Non maîtrisées par l’État, ces organisations ont eu des conséquences négatives sur le système éducatif, en favorisant des grèves incessantes d’enseignants, qui hypothèquent les années scolaires (Darkaoui et Ben Ali, 2005).

Évolution du système éducatif comorien

  • 3  Ministère de l’Éducation nationale (MEN) (1996). Bulletin officiel, Comores.

6Quelques documents cadres et lois3 régissent et définissent le fonctionnement du système éducatif :

  • la loi du 20 décembre 1994 révisée en 2009, portant orientation et organisation sur l’éducation ;

  • la loi du 1er juillet 2013, relative à l’orientation dans la formation technique et professionnelle ;

  • la loi du 14 juin 2014, relative à l’orientation et à l’organisation de l’enseignement supérieur et de la recherche ;

    • 4  République fédérale islamique des Comores/MEN (1999).

    le Bilan de l’éducation pour tous à l’an 2000 (Comores)4 ;

  • la Lettre de politique éducative des Comores, vision 2020, juillet 2012 ;

    • 5  MEN (Union des Comores). Rapport PASEC Union des Comores 2008/2009.

    le Rapport Pasec5 : Diagnostic et préconisations pour une scolarisation universelle de qualité, septembre 2010 ;

    • 6  UNESCO Office Dakar and Regional Bureau for Education in Africa, pôle de Dakar, bureau de l’UNESCO (...)

    Comores : rapport d’État du système éducatif ; diagnostic du système éducatif comorien pour une politique nouvelle dans le cadre de l’EPT  6, 2012.

7Les États généraux de l’éducation et de la formation (1994) ont jeté les bases d’une nouvelle école comorienne, concrétisées par l’élaboration d’un Plan directeur de l’éducation (1996). Ces états généraux avaient pour objectif prioritaire d’établir un diagnostic des problèmes de l’école comorienne tels que la massification des élèves et le manque d’enseignants qualifiés. Avec ce plan, les autorités éducatives ont voulu aborder les grandes questions relatives à cette éducation nouvelle. Qu’enseigner, à qui, comment et pourquoi ? Les réflexions portant sur la qualité de l’enseignant, les manuels scolaires et le programme sont devenues prioritaires aux yeux des autorités éducatives. La Lettre de politique éducative des Comores, vision 2020 (2012) préconise la construction des premiers établissements scolaires publics et l’ouverture d’un institut de formation des enseignants du secteur public.

8Le Bilan de l’éducation pour tous à l’an 2000 (Comores) a pour objectif la démocratisation de l’enseignement-apprentissage au primaire. Aux yeux des autorités éducatives, l’éducation est devenue une nécessité pour développer la personne humaine, et chacun est censé recevoir une éducation. Celle-ci demeure gratuite, du moins au primaire. Au-delà des réflexions sur « l’éducation pour tous », les autorités s’approprient la méthodologie du Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la Confemen (Pasec)7 créé par la Conférence des ministres de l’éducation des États et gouvernements de la francophonie (Confemen) pour l’évaluation des systèmes éducatifs des pays concernés. Cette méthodologie a conduit à des réformes de l’enseignement scolaire aux Comores.

Structure du système éducatif comorien

9Le ministère de l’éducation nationale gère le système éducatif et met en œuvre la politique éducative du pays. Il élabore les programmes et les manuels scolaires, propose les méthodes d’enseignement et assure la formation initiale des enseignants. Il supervise également l’enseignement privé, en veillant à la conformité de ce dernier avec l’enseignement public.

10Héritage de la colonisation (1912), le système éducatif comorien est découpé en cycles et l’enseignement y est obligatoire de 4 à 16 ans. Ce système s’organise selon la loi du 20 décembre 1994 révisée en 2009. L’élève a la possibilité de redoubler deux années à l’école élémentaire. Nul enfant ne peut être exclu de l’école avant l’âge de 14 ans.

  • 8  Cet enseignement cible les enfants de 3 à 5 ans. Ce niveau vise à socialiser et à initier l’enfant (...)

11Le système éducatif comorien est structuré en cinq cycles d’enseignement : préélémentaire8, élémentaire, secondaire, formation technique et professionnelle et enseignement supérieur. La carte scolaire structure l’enseignement primaire en dix-huit circonscriptions d’inspections pédagogiques régionales réparties dans le pays.

12Ce système est également composé de deux sous-systèmes, l’école coranique et l’école officielle. L’enfant comorien peut progresser simultanément dans ces deux cultures. À l’école coranique, l’enseignement est assuré en arabe. Cette école se définit comme « une institution religieuse destinée à dispenser principalement l’enseignement coranique et à répondre aux besoins fondamentaux de l’éducation musulmane et traditionnelle ». Quant à l’école officielle, l’enseignement y est assuré en français. Cette école recouvre les cinq cycles d’enseignement évoqués ci-dessus.

13Le système éducatif comprend deux secteurs : public et privé. Depuis les années 2000, la croissance rapide et inquiétante des effectifs des élèves a suscité l’intérêt du secteur privé. Les effectifs du primaire sont passés de 53 381 en 2018 à 107 044 en 2022. Par conséquent, les établissements privés foisonnent désormais dans tout le pays et ce secteur gagne de plus en plus de terrain par rapport au public. Ainsi, entre 2018 et 2022, sur 24 564 élèves inscrits aux examens d’entrée en sixième, 7 203 étaient enregistrés dans le public et 17 361 dans le privé.

14Un tel engouement peut s’expliquer par la qualité de l’enseignement de base que propose le secteur privé ainsi que par les meilleurs résultats des élèves. Cette forte progression s’opère surtout dans les établissements privés du milieu urbain, mieux dotés de matériels didactiques et d’enseignants qualifiés. « En 2022, les effectifs scolarisés dans le privé ont augmenté dans l’ensemble du pays, il y a une fuite massive des élèves du public vers le privé », signale un rapport récent du ministère de l’éducation (MEN, 2022). Ces structures privées auraient besoin toutefois d’une assistance de la part des autorités publiques. Aucune subvention n’est accordée à ce sous-secteur, en dépit du rôle qu’il joue pour le développement du système éducatif.

Accès à l’éducation et réformes en cours

15Depuis l’indépendance en 1975, le système éducatif comorien a évolué en matière d’accès équitable à l’éducation. En effet, l’accès à l’école est considéré comme le premier contact de l’enfant avec l’enseignement scolaire. La loi de 1994 stipule que « l’éducation fixe comme objectif de conduire, d’ici 2015, l’ensemble d’une classe d’âge au niveau du diplôme de fin d’études élémentaires ». Au regard des indicateurs d’accès à l’éducation 1999 et 2015, l’accès à l’école s’est largement amélioré. Ainsi, le taux d’élèves de 6 ans inscrits au primaire est passé de 26 % en 1999 à 75 % en 2015. Toutefois, 25 % des enfants de 6 ans restent non scolarisés. De plus, selon l’Enquête démocratique et de santé et à indicateurs multiples aux Comores (2012), 23 % des élèves de 6 à 9 ans n’avaient jamais eu accès à l’école primaire. Quant à l’accès d’un niveau à l’autre, le Resen (2012) indique que pour une cohorte théorique de 1 000 élèves, 37 % accédaient en 6e année d’études primaires et 3 % parvenaient en terminale. Nous observons certes des évolutions, mais l’abandon scolaire et les redoublements sont devenus nombreux. Cela constitue un mauvais signal en matière de perception de la qualité de l’éducation et reste l’un des grands défis à relever dans le système éducatif comorien.

16Dans ce même élan en faveur de l’accès à l’éducation, les différents acteurs ont mis en œuvre une politique éducative visant à atteindre les objectifs escomptés. On a construit de nombreuses écoles primaires sur l’ensemble du territoire. Les établissements sont passés de 124 en 1975 à 339 en 2015 pour répondre à l’augmentation des effectifs, passés dans le primaire de 105 735 en 2003 à 126 920 en 2015. Cette augmentation des effectifs a conduit également le ministère à adopter un système de rotation, même si celui-ci a des conséquences négatives sur le volume horaire d’enseignement reçu par les élèves.

17Ces évolutions se sont également traduites, à la suite des recommandations issues du Rapport Pasec de la Confemen (2010), par des réformes dans l’enseignement scolaire. Trois nouveaux dispositifs ont vu le jour :

  • « l’école coranique rénovée » (2012) dans l’enseignement préélémentaire ;

  • l’adoption de la pédagogie par les compétences (2013) dans les programmes de l’enseignement élémentaire – ce nouveau dispositif a conduit les autorités à réformer l’examen d’entrée en classe de sixième, pour lequel on procède à une évaluation critériée, aussi bien dans la formulation des épreuves que dans la correction des copies ;

  • un nouveau dispositif de professionnalisation des enseignants a été mis en place à l’Institut de formation des enseignants et de recherche en éducation (IFERE) : la « licence professionnelle : parcours professeurs des écoles » (2014) préparée dans l’enseignement supérieur.

Qualité et performances du système éducatif comorien

18Depuis 2005, les autorités éducatives comoriennes s’approprient la notion d’exigence pour réformer le système éducatif. Dans cette perspective, elles s’engagent d’abord à réaliser « l’éducation pour tous » dans le cycle primaire. Autrement dit, elles cherchent à octroyer aux élèves les compétences de base indispensables pour qu’ils mènent une vie meilleure. De même, elles cherchent à les aider à participer à l’édification de la nation comorienne. Par ailleurs, la participation des autorités éducatives au Forum mondial sur l’éducation (Dakar, 2000) a été fructueuse. Le système éducatif comorien a adopté des objectifs qui incorporent explicitement la dimension qualitative. Ces objectifs se traduisent par l’évaluation des compétences nécessaires chez les élèves du primaire en lecture, écriture et calcul. Ils se traduisent également par un certain nombre de besoins pressants, notamment des enseignants qualifiés, de meilleurs manuels scolaires et un environnement propice aux apprentissages.

19Le Rapport Pasec de la Confemen (2010) donne des indicateurs et définit les paramètres prioritaires pour développer cette éducation universelle, notamment l’évaluation des compétences langagières, l’analyse globale des apprentissages, le seuil de maîtrise minimum et les examens nationaux.

20Pour ce qui est des compétences langagières, trois compétences de base ont fait l’objet d’une évaluation dans l’enseignement primaire. Cette dernière s’inscrit dans le projet Pasecom (2010), qui avait pour objectif principal « d’améliorer la qualité de l’enseignement et de la maîtrise de la langue française et de la mathématique tant par les maîtres que par les élèves ». Les compétences ont ciblé deux disciplines fondamentales sur deux niveaux de l’enseignement primaire (2e et 5e années). Une évaluation diagnostique a été effectuée au début et à la fin de l’année. Les données statistiques ont indiqué que les performances enregistrées en français en classe de langues sont faibles. Le domaine le plus affecté est celui de l’oral. Ces lacunes sont en partie inhérentes à des pratiques pédagogiques inadaptées et insuffisantes de la langue.

Tableau 1. Évaluation des compétences langagières dans le primaire

Taux de résultats

Champ d’investigation

Compréhension écrite

Expression écrite

Compréhension orale

Échec

47 %

53 %

55 %

Réussite

45 %

44 %

40 %

Non-réponse

7 %

2 %

4 %

21D’autres études sont également mises en place sous forme de projets pour suivre en permanence la qualité de l’enseignement de base. Tel est le cas du Rapport d’évaluation MLA I (2000) effectuée aux Comores, du projet Unesco/Unicef (2000) et d’un projet Pasec/Confemen (2009) sur les enfants qui ont fait au moins quatre années de scolarité primaire. À l’issue des tests, les performances se présentent sous trois aspects : l’analyse globale des apprentissages par les élèves en lecture-écriture et calcul, le seuil de maîtrise minimum et les examens nationaux. Par rapport aux items testés, les données en compétences de base sont en dessous de la moitié, soit 41 %. Ceci confirme les faibles performances de l’apprentissage dans les écoles primaires du pays. Pour les mathématiques, le score moyen est sensiblement en dessous de celui des autres disciplines, avec 36,07 %. Quant au seuil de maîtrise minimum, les analyses ont montré que deux élèves sur cinq ont réussi la moitié des items en lecture-écriture. Ce sont les compétences en vocabulaire qui sont les plus développées, avec une proportion des élèves atteignant le niveau de maîtrise qui dépasse 60 %. Mais le poids est plus faible dans le domaine de la grammaire, soit 45 %, et dans le domaine de la compréhension, soit 35 % pour les niveaux minimums de maîtrise. Le niveau de maîtrise le plus bas est enregistré en mathématique, sauf en géométrie où le niveau seuil de maîtrise atteint est de 50 %. Dans les autres matières comme l’arithmétique, les résultats sont insignifiants. Globalement, en ce qui concerne le seuil de maîtrise minimum en français et en mathématiques, les résultats sont faibles. Cela peut s’expliquer par la sous-qualification des enseignants, l’insuffisance des manuels scolaires et de l’encadrement pédagogique, et par les nombreuses grèves d’enseignants.

22Néanmoins, pour ce qui est des examens nationaux, celui d’entrée en classe de sixième, première année du collège, a connu un progrès spectaculaire. Entre 2013-2014 et 2022-2023, le taux de réussite est passé de 35 % à 80 %. Ces résultats traduisent les efforts entrepris par les autorités éducatives pour réformer l’examen d’entrée en 6e et en faire une évaluation critériée. Cette évaluation s’inscrit dans l’application de l’approche par compétences (APC), laquelle a permis de rendre cet examen plus accessible et plus équitable. Elle a permis également de mieux renseigner sur les compétences réelles des élèves.

Contraintes du système éducatif comorien

23Le système éducatif comorien a connu certes des évolutions au fil des années. Celles-ci se concrétisent par le découpage en cycle, de nouveaux dispositifs, des performances très élevées en classe de sixième. Néanmoins, ce système éducatif est marqué par un dysfonctionnement et des irrégularités, surtout s’agissant de ses orientations pédagogiques. Pour beaucoup de spécialistes comoriens de l’éducation,

[l]e contexte de l’éducation aux Comores présente les caractéristiques institutionnelles, socio-économiques et pédagogiques d’un pays sous-développé encore fragilisé par des crises politiques et menacé par des phénomènes catastrophiques (Ahamada, 2016).

24Ainsi, le cyclone tropical Kenneth, dans la nuit du 24 au 25 avril 2019, a provoqué des inondations importantes, des pertes humaines et des destructions d’infrastructures scolaires. Dans sa globalité, le système éducatif comorien se caractérise par des conditions financières limitées. Il est également fragilisé par des grèves hypothéquant les années scolaires et par l’ambiguïté des statuts des langues officielles.

25Ce système est également déstabilisé par un taux de scolarisation faible, par un déficit en matière d’infrastructures et par la forte croissance des effectifs. Pour les inspecteurs pédagogiques (Bakari, 2016), la dégradation de la maîtrise du français et les difficultés liées au paysage linguistique, culturel et sociologique constituent les grands défis à relever dans le système éducatif comorien. Ben Ali, cité par Lacoste (2016) souligne par ailleurs que

[l]es causes de la dégradation de nos systèmes éducatifs laïques et islamiques ne sont ni financières ni pédagogiques. Elles sont sociologiques. […] Elles sont aussi idéologiques ; les décideurs, francophones et arabophones, ont une grande propension pour des solutions d’imitation. Fascinés par les modèles sociaux étrangers, ils situent toujours leurs références et leurs espérances hors de notre substrat culturel et de nos réalités.

26La politique éducative du pays reste un chantier à reprendre et à repenser. Le système éducatif comorien souffre d’un déficit d’application des normes et des textes, qui entraîne une gestion lacunaire. Nous pensons que la complexité de l’architecture institutionnelle est plus politique que pédagogique, avec une faiblesse manifeste des capacités d’évaluation, de suivi, d’initiative et d’innovation. Ce système éducatif reste une lourde machine dotée d’une immense force d’inertie. Pour réorienter sa trajectoire et atteindre efficacement ses objectifs prioritaires, les acteurs politiques, administratifs et pédagogiques ont tout intérêt à développer une vision holistique assortie d’approches systémiques. Cette vision doit être couronnée d’une culture éthique, afin de résorber de façon efficace et simultanée les difficultés qui handicapent encore ce système.

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Bibliographie

AHAMADA A. (2016). « La professionnalisation du métier d’enseignant aux Comores ». Ya Mkobe, numéro spécial éducation, p. 45-63.

BAKARI H. (2016). « Évolutions de l’enseignement supérieur et de la recherche aux Comores ». Ya Mkobe, numéro spécial éducation, p. 145-157.

CONFEMEN (2010). Rapport PASEC. Union des Comores 2008-2009. Diagnostic et préconisations pour une scolarisation universelle de qualité.

DARKAOUI A. et BEN ALI D. (2005). « L’éducation comorienne en trente ans d’indépendance ». Ya Mkobe, no 12-13, p. 39-56.

DARKAOUI A. (2016). « La qualité de l’éducation aux Comores ». Ya Mkobe, numéro spécial éducation, p. 109-143.

Direction générale de la statistique et de la prospective (DGSP) (Comores)/ICF International (2013). Rapport préliminaire. Enquête démographique et de santé et à indicateurs multiples aux Comores (EDSC-MICS 2012). Union des Comores. https://dgxy.link/mpyZ9

LACOSTE Ph. et LEIGNEL L. (2016). « L’éducation aux Comores, un modèle français en phase de lente hybridation ». Revue Tiers Monde, no 226-227, p. 197-221. https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.3917/rtm.226.0197

MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE DES COMORES [MEN] (août 2022). Rapport final des consultations nationales en préparation du sommet sur la transformation de l’éducation. MEN/UNICEF

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Notes

1  Une langue bantoue avec quatre variantes.

2  Une langue bantoue parlée à l’est de l’Afrique et écrite en caractères arabes.

3  Ministère de l’Éducation nationale (MEN) (1996). Bulletin officiel, Comores.

4  République fédérale islamique des Comores/MEN (1999).

5  MEN (Union des Comores). Rapport PASEC Union des Comores 2008/2009.

6  UNESCO Office Dakar and Regional Bureau for Education in Africa, pôle de Dakar, bureau de l’UNESCO à Dar es-Salaam (2012). Comores : rapport d’État du système éducatif ; diagnostic du système éducatif comorien pour une politique nouvelle dans le cadre de l’EPT.

7  Voir : https://pasec.confemen.org/

8  Cet enseignement cible les enfants de 3 à 5 ans. Ce niveau vise à socialiser et à initier l’enfant comorien aux valeurs de l’islam et aux traditions comoriennes. Il vise également à orienter l’éducation de l’enfant vers l’acquisition de compétences intellectuelles, sociales, affectives et psychomotrices pour lui permettre de mieux apprendre dès qu’il entre en première année de cours préparatoire.

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Pour citer cet article

Référence papier

Mouhamadi Ridhoine, « Évolutions, qualités et contraintes du système éducatif de l’Union des Comores »Revue internationale d’éducation de Sèvres, 95 | 2024, 33-39.

Référence électronique

Mouhamadi Ridhoine, « Évolutions, qualités et contraintes du système éducatif de l’Union des Comores »Revue internationale d’éducation de Sèvres [En ligne], 95 | avril 2024, mis en ligne le 01 avril 2024, consulté le 25 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/ries/15013 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/11o8l

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Auteur

Mouhamadi Ridhoine

Mouhamadi Ridhoine est docteur en sciences de l’éducation. Né aux Comores, il a obtenu une maîtrise en lettres françaises à Madagascar avant d’enseigner le français langue étrangère en lycée aux Comores. Il est actuellement formateur de langues, de communication professionnelle et de didactique des disciplines à l’université Ibn Tofail de Kenitra, au Maroc. Courriel : ridhoinemouhamadi[at]gmail.com

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