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DOSSIER. La déclamation au début de l’époque moderne : une institution oratoire

Érasme et la théorie de la déclamation

Eric MacPhail

Texte intégral

1Dans l’épître dédicatoire de son édition des Œuvres de Cyprien, Érasme explique pourquoi il donne la préférence à Cyprien sur tous les Pères de l’Église y compris Jérôme, qu’il avait considéré jusque-là comme son auteur favori. Si Démosthène est reconnu comme supérieur aux autres orateurs, parce qu’il s’approche le plus du vrai et naturel style d’écrire, et reste le plus éloigné de l’ombre déclamatoire, alors Cyprien, à cet égard, dépasse de loin son rival patristique, étant plus sérieux et moins affecté que lui :

  • 1 Épître 1000, lignes 90-94, 101-102 dans Opus epistolarum Des. Erasmi Roterodami, éd. P.S. Allen, vo (...)

Quod si hoc nomine iure praefertur Demosthenes, quod propius accesserit ad verum illud ac naturale dicendi genus et longius absit ab umbra declamatoria, longe praecellit hac parte Cyprianus Hieronymum, magis ubique serius ac minus affectans […]. Pectus ardet Evangelica pietate, et pectori respondet oratio1.

  • 2 La Correspondance d’Érasme, éd. A. Gerlo, vol. 4, Bruxelles, Presses académiques européennes, 1970, (...)

Si Démosthène est préféré à juste titre parce qu’il a accédé surtout à la manière vraie et naturelle de s’exprimer et qu’il est absolument exempt de toute vaine déclamation, Cyprien sous ce rapport l’emporte de loin sur Jérôme parce qu’il est beaucoup plus vrai et moins affecté […]. Son cœur brûle d’une piété évangélique et son éloquence est l’écho de son cœur2.

  • 3 Épître 1206, lignes 81-83 : « Etenim ne singula commemorem, cum viderer ad fusum hoc ac liberum ora (...)

Chez Cyprien, les paroles correspondent aux sentiments : « et pectori respondet oratio ». Dans ce contexte, l’ombre déclamatoire semble représenter le contraire du style naturel et vrai, et le sens de l’adjectif declamatoria est nettement péjoratif. D’ailleurs si chez Cyprien, « pectori respondet oratio », chez le déclamateur les paroles ne doivent pas toujours correspondre aux sentiments. Bref, on ne peut pas faire confiance au déclamateur. Et pourtant, les valeurs sur lesquelles repose ce jugement esthétique n’ont pas empêché Érasme de rédiger plusieurs textes qui s’identifient, dans leur sous-titre, comme des déclamations ou des petites déclamations, declamatiunculae. Dans une épître à Beatus Rhenanus, il prétend qu’il est né pour le genre d’expression qui convient aux sermons, aux consultations, et aux déclamations mêmes3. Du genre déclamatoire, il a proposé plusieurs définitions, s’inspirant le plus souvent de Quintilien et répondant aux besoins de la polémique. C’est dans le contexte de la polémique suscitée par son éloge du mariage, intitulé Declamatio de laude matrimonii, qu’Érasme a proposé sa définition la plus importante et la plus influente de ce genre littéraire. C’est à partir de la réception hostile de cet éloge parmi les théologiens universitaires qu’on peut saisir la fonction de la déclamation chez Érasme, fonction apologétique renforcée par le sens volontairement ambigu qu’il donne au mot declamatio.

  • 4 Opera omnia Desiderii Erasmi Roterodami, Amsterdam, North-Holland Publishing Co., ordo primus, tomu (...)

2Pour son édition critique de l’Encomium matrimonii (Éloge du mariage), Jean-Claude Margolin résume ce qu’il appelle « l’affaire de la Declamatio matrimonii4 » dont les deux étapes principales, du point de vue de la théorie de la déclamation, sont la publication en 1519 de l’Apologia pro declamatione de laude matrimonii (Apologie pour la déclamation qui fait l’éloge du mariage), l’année même de l’édition de Cyprien, et en 1532 la Dilutio eorum quae Iodocus Clithoveus scripsit contra declamationem suasoriam matrimonii (Réfutation des arguments de Josse Clithove contre la déclamation qui plaide pour le mariage). Ce qui fait que cette affaire a duré plus longtemps que la querelle entre Érasme et Luther !

  • 5 ASD I-5 : 371 : « Circulant d’abord en manuscrit dès le 1er mars 1519, elle [l’apologie] fut imprim (...)

3Elle commence au mois de février 1519 quand le vice-chancelier de l’Université de Louvain, Jean Briard d’Ath, dans un discours solennel tenu devant la faculté de théologie, dénonce l’Encomium sans nommer son auteur en lui reprochant la tendance hérétique à préférer le mariage au célibat. Accusé d’hérésie, Érasme ne perd pas de temps à défendre son orthodoxie par une apologie de sa déclamation à la louange du mariage qui circule déjà au mois de mars 15195. Tout l’effort de son apologie tourne autour du sens qu’il donne au titre de son éloge du mariage (je cite ma traduction, donnée dans ce numéro, section « Documents ») :

Et quand j’intitule mon écrit une déclamation, conformément à ce qu’il est, n’est-ce pas vrai que le titre à lui seul me mettrait assez à l’abri de tout danger, même si tout le long du livre j’avais préféré le mariage au célibat ? Qui ne sait pas que les déclamations traitent de sujets fictifs afin d’exercer l’esprit, ce que les Grecs démontrent encore plus clairement en les appelant meletai, des exercices pour ainsi dire. Leur nature est de traiter un argument dans les deux sens, comme pour et contre le tyrannicide, pour et contre le ravisseur, pour et contre la guerre, ou pour et contre Alexandre le Grand : on confronte preuves et propositions, celles du pour et celles du contre, ce qui sert à développer le jugement et l’invention, les deux choses qui contribuent le plus à l’éloquence. Si j’avais loué la fièvre ou l’ivresse, il aurait été injuste de parler d’hérésie pour un argument simplement ébauché [in adumbrato argumento]. Mais si certains ignorent ce que c’est que la melete en grec ou la declamatio en latin, je ne trouve pas juste que l’ignorance des autres me porte préjudice.

« Apprenez », dit-il aux théologiens ses adversaires, « apprenez messieurs le latin », mais c’est le latin d’Érasme qu’il fallait apprendre.

  • 6 M. Van der Poel, « For Freedom of Opinion : Erasmus’ Defense of the Encomium matrimonii », Erasmus (...)
  • 7 ASD IX-10 : 18, lignes 99-100
  • 8 J.-P. Vanden Branden nous rappelle que « la crainte d’être accusé d’hérésie semble avoir très tôt m (...)
  • 9 M. Vegetti constate que, pour le monde grec, « il n’y a jamais eu de dogmes de foi dont on aurait i (...)
  • 10 F. Tinguely, « D’un prologue l’autre : vers l’inconscience consciente d’Alcofrybas Rabelais », Étud (...)

4Voici la phrase-clé de l’apologie, et une des définitions les plus importantes de la déclamation chez Érasme. C’est d’ailleurs la phrase qui a inspiré le jugement suivant de Marc van der Poel : « The most important passages on this point have caused misinterpretations within modern Erasmus studies6 », « Les passages les plus importants concernant ce point ont donné lieu, dans les études modernes sur Érasme, à des interprétations erronées ». À moi donc de proposer une misinterpretation de plus : « Quisquis enim declamationem profitetur, ipse sibi fidem abrogat, ac de ingenio periclitari potest, de fide non potest7 », « Quiconque prétend faire une déclamation ne peut pas être cru sur parole, et s’il engage son talent d’écrivain, il n’engage pas sa foi ». D’abord, on peut remarquer l’emploi double du mot fides, qui veut dire tantôt la foi qu’on met dans les paroles d’autrui, tantôt la foi religieuse ou l’orthodoxie. C’est en renonçant à la fides des lecteurs que l’auteur conserve sa fides ou son orthodoxie. C’est-à-dire que la déclamation a pour fonction de mettre son auteur à l’abri de toute persécution et censure religieuses. Après tout, c’est l’accusation publique d’hérésie qui a provoqué cette Apologie8. Finalement, la declamatio ne serait plus un genre littéraire ou une tradition rhétorique légués par l’antiquité, où les auteurs ne couraient pas le risque de persécution religieuse9, mais plutôt une technique moderne pour absoudre l’auteur de la responsabilité du contenu de son ouvrage. C’est ce que Frédéric Tinguely a appelé, dans un contexte différent, une technique de « déresponsabilisation » de l’auteur10.

5Marc van der Poel a également démontré la fortune de cette définition chez les contemporains d’Érasme et notamment chez Henri Corneille Agrippa, dont le De incertitudine et vanitate scientiarum et artium a provoqué une hostilité pareille à celle qui a accueilli l’éloge du mariage. Pour se défendre contre les articles d’hérésie dressés par la faculté de théologie de l’Université de Louvain, Agrippa a eu recours, lui aussi, à une apologie où il cite presque verbatim le passage qu’on vient de citer de l’Apologia pro declamatione matrimonii :

  • 11 Henricus Cornelius Agrippa, Apologia adversus aliquos Theologistas Lovanienses propter declamatione (...)

Qui enim declamationem scribere se profitetur, hoc ipso sibi fidem abrogat, nec quicquam asserit, non etiam ea quae vera et notoria sunt, et quibus alias extra declamationem credere et assentiri teneretur, et de quibus ambigere nefas est11.

  • 12 Traduit par A. Tournon, Montaigne : La glose et l’essai, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 1983 (...)

En déclarant que l’on écrit une declamatio, on renonce de ce fait même à se faire croire ; et on ne produit aucune assertion, pas même pour affirmer des vérités notoires que l’on serait tenu de croire et d’admettre, hors de ce cadre, et qu’il est interdit de contester12.

Ce qu’ajoute Agrippa à la définition érasmienne, à partir des mots nec quicquam asserit, nous fait penser que l’étiquette declamatio peut s’appliquer aussi au traité Le libre arbitre (De libero arbitrio) d’Érasme, dont l’auteur dit :

  • 13 Desiderii Erasmi Roterodami opera omnia, éd. Jean Le Clerc, Leyde, Van der AA, 1706, vol. 9, col. 1 (...)

Et adeo non delector assertionibus, ut facile in Scepticorum sententiam pedibus discessurus sim, ubicunque per divinarum Scripturarum inviolabilem auctoritatem et Ecclesiae decreta liceat13.

  • 14 Érasme, Le libre arbitre, trad. A. Godin dans Éloge de la Folie, Adages, Colloques [etc.], éd. C. B (...)

Et je suis si loin d’aimer les affirmations que je me rangerais sans peine à l’avis des sceptiques partout où cela est permis par l’autorité des Saintes Écritures et les décrets de l’Église14.

  • 15 Luther, D. Martin Luthers Werke : kritische Gesamtausgabe, vol. 18, Weimar, Hermann Böhlau, 1908, p (...)

La déclamation a une dimension sceptique, non-dogmatique, qui la rapproche de l’essai et qui met en colère les dogmatistes. Si Érasme termine le De libero arbitrio par la phrase « Contuli, penes alios esto judicium » (« moi, j’ai comparé, c’est aux autres de juger »), Luther répondra par la phrase non moins célèbre « non contuli, sed asserui et assero15 » (« moi, je ne compare pas, j’affirme »).

  • 16 ASD IX-10 : 19-20, lignes 124 à 127 : « Rursum hic velim impetratum ab aequis lectoribus, ne quid o (...)

6Donc en principe, c’est le titre ou l’inscription declamatio qui devrait protéger Érasme contre l’indignation théologique, mais encore faudrait-il que les théologiens comprennent le latin. D’après Érasme, ces théologiens se sont surtout trompés sur le sens de deux mots utilisés dans son Encomium matrimonii : coelebs et declamatio. Si l’on fait confiance à l’Apologia pro declamatione matrimonii, Jean Briard d’Ath aurait dit à Érasme, dans une conversation sans témoins, qu’il avait pris « le célibat pour la vie chaste et céleste et une déclamation pour un sermon sacré16 ». C’est surtout cette dernière confusion, entre declamatio et concio sacra, qu’il s’agit d’éviter, et l’auteur de l’Éloge du mariage revient souvent sur cette distinction fondamentale entre déclamation et sermon. Par exemple, dans l’édition de 1532 de l’Éloge de la folie (Moriae encomium), il fait dire à son commentateur et porte-parole Gerardus Listrius le commentaire suivant sur le titre de l’ouvrage, auquel le mot Declamatio est ajouté à partir de 1515 :

  • 17 ASD IV-3 : 69.

Vide ut hoc opus declamationem appellat, hoc est argumentum fictum, atque ingenii duntaxat exercendi gratia tractatum. Proinde vehementer ineptiunt, qui non secus excutiunt hic verba, quasi serio tractaret de rebus theologicis. Sed animadversum est plerosque theologos hactenus putasse, declamationem esse concionem sacram in templis habitam17.

  • 18 Érasme de Rotterdam, Éloge de la Folie, éd. J.-C. Saladin, Paris, Les Belles Lettres, 2018, p. 2.

Observe qu’il qualifie cette œuvre de déclamation, c’est-à-dire de sujet fictif, dont le seul objet est d’exercer l’esprit. C’est pourquoi ceux qui épluchent ce discours comme s’il traitait avec sérieux de théologie délirent complètement. Cependant, on a remarqué que la plupart des théologiens ont pensé qu’une déclamation était un sermon sacré prononcé dans une église18.

Prendre une déclamation pour un sermon prononcé à l’église, c’est exactement ce qu’Érasme reprochait à Jean Briard, qui voulait excutire verba, « examiner ou fouiller le sens des mots » comme ferait un inquisiteur. D’ailleurs, c’est à la lumière de cet effort de distinguer déclamation et sermon que je propose d’interpréter un passage du début de l’Éloge de la folie, passage rédigé bien avant l’affaire de l’Éloge du mariage. Ici en prenant la parole, la Folie invite ses auditeurs à l’écouter bien, pas des mêmes oreilles qu’ils écoutent les prédicateurs en chaire, mais plutôt les bateleurs, les saltimbanques, les fous de cour.

  • 19 ASD IV-3 : 72.

iam audietis, si modo non gravabimini dicenti praebere aures, non eas quas sacris concionatoribus sed quas fori circulatoribus, scurris ac morionibus consuevistis arrigere19.

  • 20 Érasme, Éloge de la Folie, tr. C. Blum, dans Éloge de la Folie, Adages, Colloques, op. cit., p. 11.

vous allez le savoir si toutefois cela ne vous lasse pas de me prêter l’oreille, non pas bien sûr celle qui vous sert à écouter les prédicateurs sacrés, mais celle que vous avez coutume de dresser vers les charlatans de foire, les pitres et les bouffons20.

Folie se moque-t-elle de nous qui sommes toujours plus attentifs aux discours frivoles qu’aux discours édifiants ? Ou bien, est-ce qu’elle annonce tout simplement que c’est une déclamation qu’on va entendre et non un sermon ? Et que, par conséquent, on ne peut la taxer d’hérésie, ni elle ni son auteur.

     

7Pour conclure, je voudrais suggérer une analogie entre la déclamation et le roman, c’est-à-dire entre Érasme et Rabelais. Au chapitre 17 de Gargantua, au début de l’épisode des cloches de Notre-Dame, le narrateur évoque les traits distinctifs de la foule parisienne, foule qui s’est rassemblée pour admirer le géant :

  • 21 Rabelais, Œuvres complètes, éd. M. Huchon, Paris, Gallimard (« Pléiade »), 1994, p. 48.

Quelques jours aprés qu’ilz se feurent refraichiz il visita la ville : et fut veu de tout le monde en grande admiration. Car le peuple de Paris est tant sot, tant badault, et tant inepte de nature : qu’un basteleur, un porteur de rogatons, un mulet avecques ses cymbales, un vielleuz au mylieu d’un carrefour assemblera plus de gens, que ne feroit un bon prescheur evangelicque21.

  • 22 Ibid., p. 71.

8Bien qu’ils soient si sots et ineptes, les Parisiens savent de quelles oreilles écouter le déclamateur. Par la suite, lorsqu’il commence à s’entraîner sous son nouveau précepteur Ponocrates, les jours de pluie, quand il faut rester en salle, Gargantua et son entourage vont écouter « les leçons publicques, les actes solennelz, les repetitions, les declamations, les playdoiez des gentilz advocatz, les concions des prescheurs evangeliques22 ». Une telle liste suppose que, mieux instruit que les théologiens de Louvain, le géant a appris à distinguer, non seulement en théorie mais aussi en pratique, declamatio et concio sacra. Fort de cette instruction, le héros « alloit veoir les basteleurs, trejectaires et theriacleurs », qu’il ne confond pas avec les prédicateurs, sans nécessairement les leur subordonner. Rabelais semble ici vouloir mettre en pratique la théorie de la déclamation qu’il avait sans doute lue chez Érasme, théorie vouée à protéger les auteurs travaillant sous un régime de censure et de persécution. Si Gargantua s’apprête à régner sur son pays d’Utopie, il ne doit surtout pas confondre déclamateurs et hérétiques.

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Notes

1 Épître 1000, lignes 90-94, 101-102 dans Opus epistolarum Des. Erasmi Roterodami, éd. P.S. Allen, vol. 4, Oxford, Clarendon Press, 1922, p. 26-27 [désormais Allen].

2 La Correspondance d’Érasme, éd. A. Gerlo, vol. 4, Bruxelles, Presses académiques européennes, 1970, p. 32.

3 Épître 1206, lignes 81-83 : « Etenim ne singula commemorem, cum viderer ad fusum hoc ac liberum orationis genus esse natus, quod in concionibus, consultationibus, aut etiam declamationibus adhiberi solet » (Allen, vol. 4, p. 500). (« […] mais moi, qu’on prenait pour un homme né pour ce genre d’expression abondant et libre dont on se sert d’habitude pour les sermons, les consultations et les déclamations mêmes »). Ici justement Érasme rapproche par le style deux genres, concio et declamatio, qu’il va distinguer selon d’autres critères.

4 Opera omnia Desiderii Erasmi Roterodami, Amsterdam, North-Holland Publishing Co., ordo primus, tomus quintus, 1975, p. 368 [désormais ASD I-5 : 368].

5 ASD I-5 : 371 : « Circulant d’abord en manuscrit dès le 1er mars 1519, elle [l’apologie] fut imprimée en mai chez Froben ».

6 M. Van der Poel, « For Freedom of Opinion : Erasmus’ Defense of the Encomium matrimonii », Erasmus of Rotterdam Society Yearbook, no 25, 2005, p. 8.

7 ASD IX-10 : 18, lignes 99-100

8 J.-P. Vanden Branden nous rappelle que « la crainte d’être accusé d’hérésie semble avoir très tôt marqué le comportement d’Érasme qui savait que le moindre soupçon au sujet de son esprit critique et de ses convictions intimes pouvait être dangereux » (Érasme, Sur les traces d’un humaniste, Bruxelles, Labor, 2000, p. 90).

9 M. Vegetti constate que, pour le monde grec, « il n’y a jamais eu de dogmes de foi dont on aurait imposé ou surveillé l’observance, et dont la transgression aurait donné naissance au spectre de l’hérésie et de l’impiété » (« L’homme et les dieux », dans J.-P. Vernant dir., L’homme grec, Paris, Seuil, 1993, p. 379).

10 F. Tinguely, « D’un prologue l’autre : vers l’inconscience consciente d’Alcofrybas Rabelais », Études Rabelaisiennes, 29, 1993, p. 90. Tinguely parle du prologue du Gargantua, qu’il situe dans le contexte des « persécutions à l’encontre des Évangélistes » en France (p. 91).

11 Henricus Cornelius Agrippa, Apologia adversus aliquos Theologistas Lovanienses propter declamationem de Vanitate scientiarum dans Henrici Cornelii Agrippae Opera, vol. 2, Lyon, Bering frères, 1600, p. 273.

12 Traduit par A. Tournon, Montaigne : La glose et l’essai, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 1983, p. 210.

13 Desiderii Erasmi Roterodami opera omnia, éd. Jean Le Clerc, Leyde, Van der AA, 1706, vol. 9, col. 1215, section D [c’est-à-dire LB 9 : 1215D].

14 Érasme, Le libre arbitre, trad. A. Godin dans Éloge de la Folie, Adages, Colloques [etc.], éd. C. Blum, A. Godin, J.-Cl. Margolin et D. Ménager, Paris, Robert Laffont (« Bouquins »), 1992, p. 701.

15 Luther, D. Martin Luthers Werke : kritische Gesamtausgabe, vol. 18, Weimar, Hermann Böhlau, 1908, p. 787.

16 ASD IX-10 : 19-20, lignes 124 à 127 : « Rursum hic velim impetratum ab aequis lectoribus, ne quid officiat mihi, si quis parum noverit Latine, praesertim in tali crimine, quod palam in Atense deprehendi, et qui post aeditum in scholis oraculum apud me fassus est se coelibatum habere pro coelesti castaque vita, et declamationem pro concione sacra ». (« Je demande à tout lecteur équitable de ne pas m’en vouloir si quelqu’un ne connait pas le latin, surtout pour une telle accusation, ce que j’ai découvert être le cas de Jean Briard, qui, après avoir prononcé son discours universitaire, m’avoua avoir pris le célibat pour la vie chaste et céleste et une déclamation pour un sermon sacré. »)

17 ASD IV-3 : 69.

18 Érasme de Rotterdam, Éloge de la Folie, éd. J.-C. Saladin, Paris, Les Belles Lettres, 2018, p. 2.

19 ASD IV-3 : 72.

20 Érasme, Éloge de la Folie, tr. C. Blum, dans Éloge de la Folie, Adages, Colloques, op. cit., p. 11.

21 Rabelais, Œuvres complètes, éd. M. Huchon, Paris, Gallimard (« Pléiade »), 1994, p. 48.

22 Ibid., p. 71.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Eric MacPhail, « Érasme et la théorie de la déclamation »Exercices de rhétorique [En ligne], 22 | 2024, mis en ligne le 22 avril 2024, consulté le 14 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rhetorique/1623 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/rhetorique.1623

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Auteur

Eric MacPhail

Indiana University

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Droits d’auteur

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