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Au-delà d’un Zeitgeist, restituer l’origine du mouvement raëlien dans son contexte

Damien Karbovnik

Résumés

Bien que les Nouveaux Mouvements Religieux aient fait l’objet d’importants travaux en sociologie, ils ont souvent été délaissés par les historiens. En prenant pour exemple le mouvement raëlien, cet article entend montrer l’apport de la démarche historique pour la compréhension des Nouveaux Mouvements Religieux. Adoptant une démarche internaliste qui partira des ouvrages fondateurs du mouvement raëlien, l’article se propose de dépasser les raisonnements par analogie et de montrer les liens directs qu’entretient le fondateur du mouvement, Claude « Raël » Vorilhon, avec le contexte culturel de son époque, partagé entre science-fiction, réalisme fantastique et New Age. Si des liens évidents ressortent et permettent de bien inscrire Raël dans ce contexte, ils mettent aussi en évidence la singularité de son discours autant dans sa globalité qu’au niveau des différents éléments mobilisés. L’analyse des textes fondateurs révèle ainsi une stratégie discursive de distinction sociale, qui opère en définitive comme un moyen de légitimer son auteur sur les plans rationnel, traditionnel et charismatique et de l’ériger en prophète. Enfin, la mise en parallèle du mouvement raëlien avec des courants religieux et culturels contemporains permettra de proposer des éléments susceptibles d’expliquer la pérennité du Mouvement au-delà de son contexte d’émergence.

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Texte intégral

  • 1 Annie Cathelin, Le Mouvement raëlien et son prophète. Approche sociologique complexe du charisme, P (...)
  • 2 Susan J. Palmer, Aliens adored : Raël’s UFO religion, Londres, Rutgers University Press, 2004 et Fr (...)
  • 3 Par le terme de « contactés » on désigne les personnes qui prétendent être entrées en contact avec (...)

1L’étude de ce qu’il convient d’appeler, faute de mieux, les « Nouveaux Mouvements Religieux » relève aujourd’hui principalement de la sociologie et de l’anthropologie. Le mouvement raëlien, fondé en France en 1974 par Claude « Raël » Vorilhon, n’échappe pas à ce constat, puisque force est de constater que les principaux travaux académiques portent sur des questions essentiellement sociologiques, comme le charisme du fondateur1 ou l’organisation et le fonctionnement du mouvement2. Les écrits fondateurs n’y sont que très rapidement évoqués, et rarement dans une perspective véritablement historique. Cette démarche externaliste aboutit à la mise en relation du mouvement raëlien avec un Zeitgeist quelque peu vaporeux, bien plus qu’avec un véritable contexte. Fonctionnant principalement par analogies, ces travaux académiques permettent de situer le discours de Raël à la croisée des « contactés3 », des nouvelles spiritualités, du New Age et de la contreculture, mais sans jamais véritablement mettre en évidence les liens directs entre ce discours et ce Zeitgeist, alors même que dans les écrits de Raël fourmillent les références à ce contexte.

  • 4 Claude « Raël » Vorilhon, Le livre qui dit la vérité, le message donné par les extraterrestres, Cle (...)

2Ainsi, en partant des deux premiers ouvrages écrits par Raël4, et qui constituent, selon lui, la « Bible » de son mouvement, nous nous proposons de montrer qu’une critique historique internaliste substitue, dans le cas du mouvement raëlien, à un Zeitgeist un véritable contexte d’émergence qui permet de mieux comprendre la place particulière qu’occupe le mouvement raëlien dans la France des années 1970, entre littérature et recomposition du religieux. De surcroît, une lecture attentive des écrits fondateurs révèle une stratégie discursive qui vise à distinguer le message raëlien de productions potentiellement semblables, et qui ne laisse place à aucune équivoque possible quant à la conscience qu’avait l’auteur de l’état du marché religieux et culturel dans lequel il évoluait. Aussi sera-t-il possible d’observer dans ce processus de distinction un moyen de légitimer autant le discours que son auteur.

3À la croisée de différents univers contreculturels, la pensée de Raël s’avère être une synthèse qu’on peut décomposer en quelques grandes thématiques propre à son temps, mais au sein desquelles il adopte systématiquement une position originale. Ainsi, si Raël s’impose comme un « contacté », premier aspect fondamental de ses écrits, ses théories néo-évhéméristes permettent aussi de faire ressortir son positionnement vis-à-vis d’un courant culturel français caractéristique de son époque, le réalisme fantastique ; et cet aspect permet alors de prolonger la réflexion sur la relative proximité du raëlisme avec le New Age. Au-delà de recontextualiser la « théologie raëlienne », ces éléments montrent que ces écrits fondateurs mettent en scène le personnage de Claude Vorilhon et participent de l’édification de son image de prophète.

Le récit d’un contacté

4Le premier ouvrage de Claude Vorilhon, Le livre qui dit la vérité, présente deux sous-titres différents, mais qui inscrivent tous les deux l’ouvrage dans une catégorie bien particulière : celle des témoignages de « contactés ». Ainsi, que ce soit « Le message donné par les extraterrestres », le sous-titre de la couverture, ou « J’ai rencontré un extra terrestre (sic) », le sous-titre que l’on peut trouver sur la page de titre, les deux laissent entendre que l’auteur est entré en contact avec un ou des Extraterrestres. Selon les propos de l’auteur, la première rencontre aurait eu lieu le 13 décembre 1973 au Puy de Lassolas, dans le Massif Central, et aurait donné lieu à un enseignement espacé sur les quatre jours qui suivirent, au bout desquels Claude Vorilhon est devenu Raël.

  • 5 Susan J. Palmer, op. cit., p. 19.
  • 6 L’astronome Josef Hynek proposa en 1972 un système de classification des observations d’ovnis en tr (...)
  • 7 Claude « Raël » Vorilhon, Le livre qui dit la vérité, le message donné par les extraterrestres, Cle (...)
  • 8 Ibid., p. 22.

5Souvent présentée comme un contact du troisième type5, la rencontre entre Claude Vorilhon et l’Extraterrestre est en fait un contact du cinquième type, selon la classification de J. Allen Hynek6. En effet, une rencontre du troisième type ne consiste qu’en une simple observation d’ovni, alors que le témoignage de Raël rapporte non seulement l’observation de l’habitant de l’ovni, mais aussi un échange avec lui, ce qui le situe bien dans le vaste champ des contactés. L’extraterrestre, un « Elohim », est décrit comme étant d’apparence humanoïde, mesurant un mètre vingt, semblant porter un scaphandre transparent et communiquant en français par télépathie7. Comme l’a souligné Palmer, les descriptions de l’extraterrestre, comme celle du vaisseau dans lequel entre Raël afin d’y suivre son enseignement, sont dépourvues de précisions précises et de détails techniques. Ajoutons aussi à cela qu’aucune information n’est donnée en ce qui concerne la planète d’origine de l’extraterrestre, qui est dite simplement se trouver « très loin8 ». On ne trouve pas plus d’informations dans son deuxième ouvrage, Les extra-terrestres m’ont emmené sur leur planète, dans lequel il raconte son voyage à l’intérieur de la soucoupe volante et son séjour sur la planète des Elohim. Ce récit fait suite à la deuxième rencontre avec cet extraterrestre, le 7 octobre 1975. L’absence de ce type d’informations peut surprendre, mais permet aussi d’inscrire le récit en-dehors du temps et de l’espace et de le distinguer de nombre d’autres témoignages et de la science-fiction.

  • 9 Outre Susan J. Palmer, op. cit., p. 17-30, voir Thibault Canuti, Histoire de l’ufologie française. (...)
  • 10 Leslie Desmond et George Adamski, Les soucoupes volantes ont atterri, Paris, J’ai lu, « L’Aventure (...)

6La question des contactés et la place qu’occupe le témoignage de Raël dans ce champ ont déjà fait l’objet de nombreuses comparaisons et de nombreux commentaires sur lesquels il n’est pas utile de revenir9. Évoquons simplement le rapprochement qui peut être établi avec le récit de l’un des premiers d’entre eux, Georges Adamski, et qui révèle un certain nombre de similitudes. Consigné et mis en forme par le journaliste Desmond Leslie, le témoignage d’Adamski paraît en 1953 aux États-Unis, avant d’être traduit et publié en France en 1954 et de connaître plusieurs rééditions en format de poche chez J’ai lu, à partir de 197110. Adamski y affirme avoir rencontré en 1952, en Californie, un certain Orthon, un humanoïde de la planète Vénus, avec qui il avait communiqué par télépathie et signes de la main. Ce dernier était venu l’avertir du danger que représentait l’énergie nucléaire. Ce premier récit fut complété en 1955 par un deuxième ouvrage, traduit en français seulement en 1979, et qui rapporte la seconde rencontre entre Adamski et Orthon qui l’autorisa à monter dans sa soucoupe volante et le fit voyager à travers le système solaire et sur Vénus, où il put s’entretenir de philosophie et de religion avec le « Maître » des Vénusiens.

  • 11 Le premier ouvrage de Jean-Claude Bourret dédié au phénomène OVNI paraît, lui, en juin en 1974.

7Ainsi est-il tentant de voir dans ce récit une source d’inspiration pour Raël. Les ressemblances entre les deux récits sont frappantes, à commencer par la structure bipartite du récit, qui complète une première rencontre sur Terre par un voyage spatial et la visite d’une planète extraterrestre. Mais les différences sont aussi nombreuses et, sans entrer dans les détails du récit, disons que le simple fait d’attribuer une « nationalité » aux extraterrestres démarque significativement les deux récits. Il est impossible de savoir si Raël avait connaissance des deux ouvrages, ou au moins du premier, bien que – comme nous le verrons plus loin – nous puissions être en droit de le penser ; mais cette comparaison permet de comprendre qu’au moment où paraissent les deux ouvrages de Raël, le thème des rencontres avec des extraterrestres est déjà bien répandu, même au-delà de la littérature de science-fiction, ce qui illustre le fait que les extraterrestres ont déjà dépassé le domaine de l’imagination littéraire pour entrer dans celui de notre « réalité ». Dans cette optique, rappelons que le premier ouvrage de Raël est publié quelques mois après les chroniques « Dossiers OVNI », présentées par Jean-Claude Bourret dans le cadre de l’émission Pas de panique sur France Inter, au printemps 197411.

  • 12 Cyril Le Tallec, op. cit., p. 14-15.

8Toutefois, cet intérêt pour le phénomène extraterrestre reste alors principalement de la simple curiosité. Ainsi, bien que le récit d’Adamski ait connu un important succès aux États-Unis, ne s’est-il constitué autour de lui aucun véritable mouvement international. Cyril Le Tallec évoque l’existence en France de « groupes Adamski12 », mais – contrairement à ce qu’on a pu observer autour de Raël – il ne semble s’être trouvé autour des témoignages d’Adamski ni de véritable organisation, ni d’institutionnalisation. Si le décès du premier en 1965 peut expliquer en partie cela, l’exploration de la planète Vénus au cours des années 1970 a, elle aussi, joué un grand rôle dans la décrédibilisation du récit d’Adamski, puisqu’elle a permis d’établir avec certitude l’absence sur Vénus de vie humanoïde. Ce dernier aspect illustre l’un des pièges bien connus de la science-fiction, dont l’anticipation peut se voir confrontée à de cinglants démentis du réel. Ainsi, parmi les récits de contactés, le témoignage de Raël occupe-t-il une place singulière, qui tend à rendre son récit indépendant de la progression de la science.

9Cependant, la question de la rencontre n’est qu’un des aspects du témoignage de Raël et ne rend pas compte du contenu de l’enseignement dispensé par les extraterrestres. Ce dernier peut être décomposé en deux grands ensembles, dont le premier consiste en une relecture néo-évhémériste de la Bible et le second en une série de conseils qui tendent à inscrire cet enseignement dans l’esprit du New Age.

Néo-évhémérisme et réalisme fantastique

  • 13 Andreas Grünschloß, « “Ancient Astronaut” Narrations. A Popular Discourse on Our Religious Past », (...)
  • 14 Jean-Bruno Renard, Les Extraterrestres, Paris, Cerf, « Bref », 1988, p. 119.
  • 15 Wiktor Stoczkowski, Des hommes, des dieux et des extraterrestres, ethnologie d’une croyance moderne(...)

10L’aspect néo-évhémériste du discours raëlien a probablement été le point le plus commenté après la question du contact extraterrestre et, s’ils sont souvent comparés aux théories du suisse Erich van Däniken13, les propos de Raël doivent être davantage situés dans le contexte français de son époque. Appelé aussi théorie des anciens astronautes, le néo-évhémérisme postule que les dieux dont parlent les anciennes mythologies et les religions du monde ne seraient en fait que des extraterrestres14. Sans entrer dans les détails de cette théorie déjà bien étudiée par ailleurs15, précisons qu’elle mobilise, chez la plupart des auteurs, des arguments à la fois archéologiques et textuels, provenant de toutes les cultures du globe, mais que dans les écrits raëliens on ne trouve principalement qu’une exégèse du texte biblique.

  • 16 Brinsley Le Poer Trench, Le Peuple du ciel, Paris, J’ai lu, coll. « L’Aventure mystérieuse », 1972 (...)
  • 17 Claude « Raël » Vorilhon, Le livre qui dit la vérité, le message donné par les extraterrestres, Cle (...)
  • 18 Jean Sendy, La Lune clé de la Bible, Paris, J’ai lu, coll. « L’Aventure mystérieuse », 1974 [1968], (...)
  • 19 Par exemple : Robert Charroux, Le Livre des secrets trahis, Paris, Robert Laffont, 1965, p. 119-121

11Il n’est pas grand-chose d’original dans la formulation même de la théorie et on retrouve la plupart des idées chez des auteurs antérieurs, parmi lesquels on peut citer Brinsley Le Poer Trench, qui traduisait déjà en 1960 « Elohim » par « ceux venus du ciel16 », comme Raël17, et en faisait lui aussi des extraterrestres ; Jean Sendy, de son côté, insistait sur l’importance et la « pureté » du texte biblique, comparé aux autres traditions18 et Robert Charroux, quant à lui, pratiquait lui aussi l’exégèse de textes religieux19. L’originalité du discours n’est donc pas dans la théorie proposée, mais dans la manière de l’avancer et de la justifier : contrairement aux autres auteurs, qui présentent leurs théories en écrivains et chercheurs amateurs, Raël présente cette théorie comme une révélation qui lui aurait été faite par les extraterrestres, assurant ainsi une sorte de légitimité particulière et de nature transcendantale.

12Bien qu’il ne soit pas possible de reconstituer avec certitude d’éventuelles filiations directes entre les écrits raëliens et ces différents ouvrages – et sur ce point, il n’est pas possible d’aller plus loin que les analogies de la démarche externaliste –, on peut toutefois se demander si Claude Vorilhon avait connaissance de l’existence de ces ouvrages. La démarche externaliste, pour l’affirmer, a recours à l’argument de la grande popularité de ces ouvrages en France au début des années 1970, mais le premier ouvrage de Raël nous permet d’être beaucoup plus catégorique :

  • 20 Claude « Raël » Vorilhon, Les extraterrestres m’ont emmené sur leur planète, le 2ème message qu’ils (...)

Lorsque ceci fut terminé, j’envoyais le manuscrit original à une maison d’édition que je jugeais sérieuse, car à ma connaissance elle n’éditait pas d’ouvrages ésotériques ou de science fiction (sic), et je tenais évidemment à ce que ce message d’une importance capitale pour l’humanité ne se trouve pas noyé dans une collection d’aventures mystérieuses ou de livres noirs cultivant le goût des gens pour les sciences parallèles20.

  • 21 Claude « Raël » Vorilhon, Le livre qui dit la vérité, le message donné par les extraterrestres, op. (...)

13Dans cet extrait, Raël fait expressément référence à la collection « L’Aventure mystérieuse » chez J’ai lu et à celle des « Énigmes de l’univers » chez Robert Laffont, dont les couvertures noires étaient emblématiques, dans lesquelles étaient publiées les différentes sources d’inspiration possible que nous avons évoquées précédemment. Ainsi, s’il est impossible d’établir quelque parenté directe que ce soit, on peut en revanche affirmer sans aucun doute que Vorilhon avait une connaissance indiscutable de ces ouvrages et savait pertinemment qu’il entrait en concurrence avec eux. En effet, si d’un côté la mention de ces collections vise précisément à s’en démarquer, d’un autre côté la réalité semble quelque peu plus prosaïque, puisque son livre est publié à compte d’auteur. Nous ne sommes pas arrivés à déterminer si ce choix avait été volontaire ou n’avait été que la conséquence des refus d’autres éditeurs ; mais, en tout état de cause, il permet de voir comment Raël utilise cette spécificité, qui pourrait être considérée comme une faiblesse, pour valoriser son message et le singulariser. Soulignons aussi une différence fondamentale entre ces ouvrages et ceux de Raël : les premiers relèvent principalement de la spéculation et du débat d’idées et n’ont aucune ambition dans l’organisation d’aucun mouvement, alors que le premier livre de Raël est écrit dans le dessein d’initier un mouvement, le MADECH (Mouvement pour l’Accueil des Élohim créateurs de l’Humanité)21.

  • 22 Louis Pauwels et Jacques Bergier, Le Matin des magiciens, Paris, Gallimard, 1960.
  • 23 Bibliothèque nationale de France. NAF 28370 (31).
  • 24 Louis Pauwels, Comment devient-on ce que l’on est ?, Paris, Stock, 1978.
  • 25 Claude « Raël » Vorilhon, Le livre qui dit la vérité, le message donné par les extraterrestres, op. (...)

14Il est encore possible d’apporter un élément supplémentaire pour éclairer et nuancer ce dernier aspect. Les collections mentionnées par Raël font partie d’un mouvement plus vaste, le réalisme fantastique. Ce dernier s’est principalement structuré au tout début des années 1960, autour des figures de Louis Pauwels et Jacques Bergier, auteurs du Matin des magiciens22 et fondateurs de la revue Planète (1961-1971). Bien que ne se trouve dans les écrits fondateurs aucune référence à Pauwels et Bergier, nous avons toutefois découvert, dans le fonds Pauwels, une lettre de Claude Vorilhon adressée à Louis Pauwels23. La lettre, qui date de 1978, n’évoque pas le mouvement raëlien et Raël la signe « Claude Vorilhon », mais la datation de la lettre utilise suit le décompte raëlien (33) et ne mentionne la date du calendrier grégorien qu’entre parenthèses (1978). Cette lettre suit de près la parution – et la lecture qu’en avait faite Raël – de l’ouvrage Comment devient-on ce que l’on est ? de Pauwels24 et propose à Pauwels de former une « association éventuellement secrète » destinée à promouvoir le système politique raëlien, la géniocratie, dans lequel seuls les plus intelligents ont voix au chapitre25.

  • 26 Damien Karbovnik, « L’échec d’une “religion” New Age : l’exemple des Ateliers Planète », Revue d’Hi (...)

15Nous ne savons pas s’il nous faut vraiment accorder notre crédit à Raël lorsqu’il écrit avoir découvert Pauwels à l’occasion de la promotion de cet ouvrage à la télévision. En revanche, l’ouvrage de Pauwels évoque le réalisme fantastique et en particulier l’aventure des Ateliers Planète. Ces derniers, fondés par Pauwels en 1968, avaient pour fonction de regrouper dans un même mouvement les lecteurs de la revue, mais en l’absence d’une idéologie et d’une organisation claire, ils périclitèrent rapidement dès 197126.

  • 27 Bibliothèque nationale de France. NAF 28370 (32), « 3.VII. Sociétés secrètes et initiation », p. 1.

16Aussi la démarche de Raël n’apparaît-elle pas totalement absurde, puisqu’elle recoupe, dans une certaine mesure, les aspirations de Pauwels ; et on peut observer le sentiment qu’avait Raël d’appartenir à la même « famille d’esprits » que Pauwels, tout comme son espoir de trouver en sa personne un allié notoire. Bien que nous n’ayons trace d’aucune réponse de Pauwels, sa non-implication dans le mouvement raëlien apparaît comme la plus évidente. Surtout, Raël ne prend contact avec Pauwels que tardivement, à une époque où le réalisme fantastique avait déjà commencé à s’étioler et où Pauwels avait tourné la page. Le réalisme fantastique appartenait davantage aux années 1960 et, dès le début des années 1970, avait déjà évolué vers le New Age. Bergier lui-même, dans un manuscrit resté inédit daté de 1971-1975, revendique a posteriori la filiation du réalisme fantastique avec le New Age27.

Un mouvement proche du New Age

  • 28 Annie Cathelin, op. cit., p. 124.
  • 29 François-Xavier Baudouin, op. cit., p. 393 et 400.
  • 30 Susan J. Palmer, op. cit., p. 101, 109 et 102.

17Le lien entre le mouvement raëlien et le New Age est l’aspect le moins commenté, alors même qu’il s’impose à la plupart des observateurs. Ainsi, que ce soit Annie Cathelin – qui parle d’une « inspiration » New Age28 –, François-Xavier Baudouin – qui parle d’une « esthétique New Age »29 – ou Susan J. Palmer – qui met en évidence la participation d’une partie des adeptes du mouvement au New Age et l’ambiance New Age du mouvement30 –, les trois pressentent le lien, sans jamais toutefois l’établir clairement.

  • 31 Massimo Introvigne, Le New Age des origines à nos jours. Courants, mouvements, personnalités, Paris (...)

18Il n’est aucune définition du New Age qui fasse l’unanimité, tant il échappe aux classifications habituelles des sciences humaines. À la suite de Massimo Introvigne31, nous le considèrerons comme un réseau d’individus aux croyances et aux pratiques extrêmement diverses, mais qui partagent une même vision du monde reposant sur des valeurs communes et sur l’idée que l’humanité connaîtra un bouleversement majeur, un changement de paradigme culturel, à la fin du XXe siècle. Souvent exprimée en termes d’astrologie, cette croyance prend la forme d’un basculement de l’ère du Poisson à l’Ère du Verseau. Sur ce point aussi, les écrits fondateurs sont sans aucune ambigüité et permettent de comprendre que Raël se réclame de ce milieu-là :

  • 32 Claude « Raël » Vorilhon, Le livre qui dit la vérité, le message donné par les extraterrestres, op. (...)

Le temps de la fin du monde est venu. Non pas de la fin du monde dans une catastrophe détruisant la terre, mais de la fin du monde l’Église (sic) qui a fait son œuvre, plus ou moins bien, mais qui l’a fait. [...] Seuls certains jeunes ont compris que l’amour était primordial... Vous êtes arrivés à l’âge d’or. [...] Comme cela était écrit, tout arrive maintenant que la terre est entrée sous le signe du Verseau. [...] Les poissons furent le Christ et ses pêcheurs, et le Verseau, qui suit, est là depuis 194632.

19Outre cette croyance, c’est aussi dans le domaine des valeurs que le discours de Raël partage de nombreuses affinités, au moins en théorie, avec le New Age : esprit contreculturel, critique du christianisme, pacifisme, humanisme et écologie. La liberté sexuelle défendue par le mouvement raëlien peut aussi se comprendre dans cet esprit-là. Chacun de ces éléments, pris à part, peut renvoyer, effectivement, au Zeitgeist des années 1970, mais les réunir en un seul et unique système requiert une analyse de l’ensemble qui permet indiscutablement d’inscrire le discours raëlien dans la nébuleuse New Age.

  • 33 Wouter J. Hanegraaff, New Age Religion and Western Culture: Esotericism in the Mirror of Secular Th (...)
  • 34 Claude « Raël » Vorilhon, Les extraterrestres m’ont emmené sur leur planète, le 2ème message qu’ils (...)
  • 35 Claude « Raël » Vorilhon, Le livre qui dit la vérité, le message donné par les extraterrestres, op. (...)

20L’ambigüité du rapport avec la science qu’entretient le mouvement doit aussi se comprendre dans ce cadre-là. Comme l’a démontré Wouter Hanegraaff, le New Age n’est pas hostile à la science, bien au contraire, il se nourrit de la science du moment qu’elle adopte une démarche spiritualiste et utilitaire33. Si Raël affirme volontiers que la « science doit être [notre] religion34 », on ne peut toutefois pas s’arrêter à cette idée-là. Il y a une indiscutable foi en la science et surtout dans le progrès technique, mais il y a aussi toute une composante spiritualiste indéniable qui envisage d’une manière particulière le lien entre science et religion : « Comment ne pouvez-vous pas croire à tout cela alors que maintenant la science et les religions anciennes se recoupent parfaitement35 ? ».

  • 36 Damien Karbovnik, L'ésotérisme grand public : le Réalisme Fantastique et sa réception. Contribution (...)
  • 37 Louis Pauwels et Jacques Bergier, Le Matin des magiciens, Paris, Gallimard, « Folio », 2012 [1960], (...)

21Une telle conception des choses n’a rien de très original, puisqu’elle rejoint exactement la posture de Pauwels et Bergier dans Le Matin des magiciens, qui fut très largement partagée au sein du réalisme fantastique36 : « Une révolution s’opère sous nos yeux et c’est un remariage inespéré de la raison, au sommet de ses conquêtes, avec l’intuition spirituelle37 ».

  • 38 Stefano Bigliardi, « New religious movements and science: Rael’s progressive patronizing parasitism (...)
  • 39 Olav Hammer, Claiming Knowledge. Strategies of epistemology from theosophy to the new age, Leiden, (...)

22Cette posture doit toutefois être fortement réévaluée car, comme l’a montré Stefano Bigliardi, elle débouche sur des théories, non pas scientifiques, mais plutôt pseudo-scientifiques – pour ne pas dire simplement sur de la science-fiction38. Quoi qu’il en soit, comme cela se fera au sein du New Age, cette posture permet d’inscrire le discours à la fois dans le registre rationnel et traditionnel, tout en suggérant la validité d’une démarche médiane entre les deux39.

23Bien que, pour ce qui est de l’idéologie et des centres d’intérêt, le mouvement raëlien s’inscrive clairement dans le New Age, il n’en demeure pas moins dans ses marges. En effet, le New Age se caractérise tout autant par l’absence de dogmatisme et d’organisation que par une forme de socialisation très lâche et non exclusive. Ainsi le système raëlien est-il en rupture avec le New Age par la nature même de la révélation qu’il enseigne, qui tend à exclure toute autre forme de discours. S’il semble exister une marge toute relative de manœuvre au sein du mouvement, aucune remise en question des propos de Raël n’est réellement tolérée. Ce dogmatisme, couplé avec une institutionnalisation, un système hiérarchisé et l’existence d’un prophète indiscuté, suffit pour comprendre que le mouvement raëlien ne peut évoluer qu’en périphérie du New Age.

24Dans une perspective chronologique, la mise en parallèle du mouvement raëlien, du réalisme fantastique et du New Age fait ressortir la pérennité du seul mouvement raëlien. Trait d’union entre les deux autres courants, il emprunte à l’un et à l’autre thèmes et idées, mais s’en démarque par son prophétisme, son dogmatisme et son institutionnalisation, éléments qui peuvent contribuer à expliquer au moins en partie sa longévité ; et il faut également souligner le rôle du leader charismatique, puisqu’il est à la fois auteur, fondateur et prophète, et constitue de ce fait la clé de voûte du système.

Genèse d’un prophète

25Réalisme fantastique et New Age partagent la même caractéristique de ne pas connaître de véritable leader charismatique. Sur ce point aussi, les propos de Raël se démarquent et les textes fondateurs utilisent des éléments qui légitiment le statut de prophète de Raël et permettent d’observer la transformation d’un homme normal en prophète. Si la question du charisme a pu être, à juste titre, abordée par le terrain, elle peut également se compléter par une étude des sources car, dans ses deux premiers ouvrages, Claude Vorilhon a pris soin de se mettre en scène et de construire son personnage.

26En ce sens, évoquons la réponse faite par l’Élohim à Vorilhon, lorsqu’il lui demande les raisons qui les ont poussés à le choisir pour en faire leur prophète :

  • 40 Claude « Raël » Vorilhon, Le livre qui dit la vérité, le message donné par les extraterrestres, op. (...)

Enfin et surtout, il nous fallait quelqu’un qui soit libre-penseur sans être anti-religieux. [...] D’autre part, votre activité ne vous prédisposant en rien à des révélations incroyables pour la pluspart rendront (sic) vos dires plus crédibles. N’étant pas un scientifique, vous ne compliquerez pas la chose et l’expliquerez simplement. N’étant pas un littéraire, vous ne ferez pas de phrases compliquées et difficiles à lire du plus grand nombre40.

27Ce passage laisse entendre que Vorilhon n’a rien d’exceptionnel, sinon son ouverture d’esprit et sa simplicité. Avant de devenir prophète, Vorilhon s’est fait connaître sous le nom de Claude Celler en tant que chanteur. Après un succès très relatif, il se lance dans une carrière de journaliste spécialisé dans le sport automobile en fondant son propre magazine, Autopop (1971-1974), qui ne connut lui aussi qu’un succès modeste. Selon lui, ces deux carrières ne le destinaient pas à devenir prophète et c’est là même, selon les Elohim, que réside le fondement de sa légitimité : parce qu’il n’est impliqué dans aucun mouvement religieux ni idéologique particulier, il est le candidat idoine. Mais les écrits fondateurs nous livrent des informations qui viennent nuancer cette partie du discours. Sans même évoquer les discours très critiques à l’égard du christianisme, qui peuvent s’apparenter à des positions anti-religieuses, on observe une rhétorique particulière qui vise à faire de Raël quelqu’un d’extraordinaire.

  • 41 Susan J. Palmer, op. cit., p. 19.
  • 42 W. Stoczkowski, op. cit., p. 181-220.

28Palmer affirme qu’une des singularités de Raël, dans le champ des nouveaux mouvements religieux, repose sur sa non-appartenance aux milieux occultistes. Néanmoins, au vu de ce que nous venons de montrer plus haut, cette affirmation doit être remise en question. En effet, s’il semble, dans l’état actuel de nos connaissances, que Raël n’ait jamais appartenu à quelque mouvement religieux ou occultiste que ce soit, antérieurement au mouvement raëlien, contrairement à Adamski, par exemple, qui venait du milieu théosophique, les écrits fondateurs révèlent – comme nous l’avons montré précédemment – une bonne connaissance de la littérature populaire émanant de ces milieux-là. Par ailleurs, si Palmer décrit Raël comme un héritier des philosophes des Lumières41, il nous faut bien constater qu’on n’en trouve pas réellement de traces dans ses premiers écrits, contrairement à celles de réalisme fantastique qui transpirent presque à chaque page. Aussi pensons-nous, contrairement à Palmer, que cette revendication de Raël ne doit pas se comprendre d’une manière littérale et littéraire, mais davantage dans un processus de distinction au sein d’un champ littéraire particulier. En effet, au sein du réalisme fantastique, cet héritage des Lumières, fortement valorisé dans les milieux intellectuels français de l’époque, était souvent perçu comme trop rationnel et pas assez spirituel. En revanche, comme a pu le montrer Stoczkowski, l’héritage théosophique est pleinement assumé et les références occultistes nombreuses42. Ce positionnement apparaît donc comme une rupture et un moyen de se repositionner au sein du champ littéraire.

  • 43 Claude « Raël » Vorilhon, Le livre qui dit la vérité, le message donné par les extraterrestres, op. (...)

29Allant dans ce sens, la réponse de Vorilhon à l’Élohim, lorsque ce dernier lui demande s’il croit à la télépathie, mérite d’être soulignée, puisqu’il lui répond : « Oui bien sûr. C’est un sujet qui m’a toujours intéressé ainsi que tout ce qui touche à ce que les hommes appellent les “soucoupes volantes”. Je n’aurais jamais pensé en voir une moi-même43 ». Intérêt réel ou simple mise en scène, ce passage atteste de l’intérêt de Raël pour l’occultisme des années 1960 et lui permet de se présenter comme un curieux, voire un passionné, c’est-à-dire comme n’importe quel lecteur de la littérature réaliste fantastique.

  • 44 Claude « Raël » Vorilhon, Les extraterrestres m’ont emmené sur leur planète, le 2ème message qu’ils (...)
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30Ajoutons à cela l’anecdote du « père Dissard », surnommé par Raël lui-même le « pape des druides » et « Jésus-Christ » par les habitants du village44. Bien qu’avare de détails, elle raconte qu’un personnage énigmatique a posé sa main sur la tête de Vorilhon, alors âgé de sept ans, et a prononcé des paroles que Vorilhon n’a pas comprises. Il est impossible de vérifier l’anecdote, même si l’existence à Ambert du « pape des druides », à cette époque-là, semble historiquement attestée45. Une fois de plus, la question de l’exactitude des faits importe peu, puisqu’elle n’affecte en rien leur dimension symbolique et montre comment Raël justifie son élection par des prédispositions naturelles, si ce n’est par une véritable prédestination.

31Ces différents éléments permettent de voir que la construction de la légitimité du prophète joue sur plusieurs registres. Si l’argument de la rationalité et de la science a été mobilisé pour légitimer les explications relatives à l’origine de l’humanité, lorsqu’il s’agit par contre de justifier sa propre légitimité, Raël mobilise les registres à la fois traditionnels – par sa compétence en matière d’exégèse biblique – et charismatiques – avec ses qualités naturelles, ses prétendues aptitudes extraordinaires innées et la reconnaissance dont l’a honoré le père Dissard.

32Si donc les ouvrages fondateurs délivrent un mythe de fondation et un modèle de société, ils assurent également la transformation d’un homme en prophète, ce qui peut s’observer aussi dans les différents ouvrages par l’usage de photographies. Alors que le premier livre présente Raël, dès la couverture, en costume-cravate, la barbe bien taillée et les cheveux bien coupés, le deuxième le présente la barbe et les cheveux bien plus longs, et vêtu d’un pull uniforme noir faisant ressortir le médaillon représentant le symbole du mouvement raëlien. Et cette métamorphose est tout sauf anodine, car si elle adopte le code esthétique recommandé par les extraterrestres, barbe et cheveux servant d’antennes facilitant la télépathie, elle atteste surtout la transformation de Claude Vorilhon en Raël. Et sur ce plan également, Raël se démarque des auteurs qui lui sont contemporains, d’une part en couverture de ses ouvrages où il s’affiche dans une apparence en adéquation avec sa fonction, et d’autre part en tranchant avec les auteurs réalistes fantastiques plus nettement portés sur le costume-cravate, à l’instar de Pauwels et Bergier, ou sur des tenues plus décontractées, mais en phase avec l’imaginaire de l’archéologie, comme Charroux et Däniken. Ainsi le processus de distinction sociale, qu’il est possible d’observer dans les écrits fondateurs du mouvement raëlien, s’observe-t-il jusque dans l’apparence de leur auteur et permet de voir que Vorilhon revendique et assume la dimension religieuse et le statut de prophète, quand d’autres aspirent davantage à celui d’intellectuel, de poète ou d’aventurier.

Conclusion

33En partant du texte et en tissant les liens concrets avec le contexte, on est à même de comprendre la singularité de Raël dans son contexte et de voir en elle comme le résultat d’une stratégie discursive consciente, qui vise à légitimer un prophète et son discours par des arguments à la fois rationnels, traditionnels et charismatiques. Si l’on peut résumer les théories de Raël à un air du temps particulier, que cela ne nous empêche pas toutefois de souligner également leurs spécificités et, notamment, l’adoption systématique de positions en rupture avec les milieux culturels d’origine des différents éléments utilisés.

34Cela ne doit pas non plus masquer la singularité qui résulte de la réunion de ces éléments ordinaires en un seul et même discours, surtout lorsqu’on prend en considération sa prétendue nature révélée. Si le produit qui en résulte est indiscutablement de son temps, il n’en demeure pas moins unique, ce qui permet d’éclairer la position qu’occupe Raël entre réalisme fantastique, New Age, science-fiction et contreculture, tout en apportant des éléments susceptibles d’expliquer l’aspect fondamental du mouvement qu’est sa pérennité. Alors qu’au fil des années 1980 ses concurrents et coreligionnaires sombrent peu à peu dans l’oubli sans avoir réuni autour d’eux la moindre communauté, le mouvement raëlien perdure jusqu’à nos jours en tant que communauté et bien au-delà des deux seuls ouvrages fondateurs.

35Il apparaît donc que les approches internaliste et externaliste rendent différemment compte de l’histoire du mouvement raëlien. Alors que l’approche internaliste s’attache à souligner les singularités et les originalités du discours raëlien, l’approche externaliste tend à les réduire jusqu’au minimum, afin de fondre son propos dans son temps, mais au risque de le rendre insignifiant. L’enjeu critique de cette dernière démarche est certes aisément compréhensible dans le cadre d’un mouvement de lutte anti-sectes, mais elle pose tout de même un problème herméneutique, dans la mesure où elle ne s’attache pas à expliquer la pérennité d’un mouvement au-delà de son Zeitgeist d’émergence. Ainsi, l’approche internaliste, par l’entremise de la démarche historienne, se révèle complémentaire et essentielle dans la perspective d’une meilleure compréhension de ces Nouveaux Mouvements Religieux.

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Notes

1 Annie Cathelin, Le Mouvement raëlien et son prophète. Approche sociologique complexe du charisme, Paris, L’Harmattan, « Logiques sociales », 2004.

2 Susan J. Palmer, Aliens adored : Raël’s UFO religion, Londres, Rutgers University Press, 2004 et François-Xavier Baudouin, « Croire en réseaux dans un nouveau mouvement religieux. L’exemple du mouvement raélien », Paris, EHESS, Thèse de doctorat de sociologie, 2019.

3 Par le terme de « contactés » on désigne les personnes qui prétendent être entrées en contact avec des entités extraterrestres.

4 Claude « Raël » Vorilhon, Le livre qui dit la vérité, le message donné par les extraterrestres, Clermont-Ferrand, L’édition du message, 1974, et Les extraterrestres m’ont emmené sur leur planète, le 2ème message qu’ils m’ont donné, Clermont-Ferrand, L’édition du message, 1975.

5 Susan J. Palmer, op. cit., p. 19.

6 L’astronome Josef Hynek proposa en 1972 un système de classification des observations d’ovnis en trois types. Lorsque le témoin rapporte avoir observé les occupants d’un ovni, on parle de rencontre du troisième type – expression devenue célèbre grâce au film de Steven Spielberg sorti en 1977, Rencontres du troisième type, et dont Hynek a été conseiller technique. Ce classement s’est vu proposer par la suite des catégories supplémentaires : par exemple, lorsque le témoin se déclare en communication avec les occupants d’un ovni, on parle de rencontre du cinquième type.

7 Claude « Raël » Vorilhon, Le livre qui dit la vérité, le message donné par les extraterrestres, Clermont-Ferrand, L’édition du message, 1974, p. 18-19.

8 Ibid., p. 22.

9 Outre Susan J. Palmer, op. cit., p. 17-30, voir Thibault Canuti, Histoire de l’ufologie française. Vol.1 Le temps des soucoupistes, Agnières, Le Temps présent, « Enigma », 2011 et Cyril Le Tallec, Les Sectes ufologiques 1950-1980, Paris, L’Harmattan, « Questions contemporaines », 2005.

10 Leslie Desmond et George Adamski, Les soucoupes volantes ont atterri, Paris, J’ai lu, « L’Aventure mystérieuse », 1971 [1953].

11 Le premier ouvrage de Jean-Claude Bourret dédié au phénomène OVNI paraît, lui, en juin en 1974.

Jean-Claude Bourret, La Nouvelle vague des soucoupes volantes, Paris, France-Empire, 1974.

12 Cyril Le Tallec, op. cit., p. 14-15.

13 Andreas Grünschloß, « “Ancient Astronaut” Narrations. A Popular Discourse on Our Religious Past », Marburg Journal of Religion, Volume 11, n° 1, juin 2006.

14 Jean-Bruno Renard, Les Extraterrestres, Paris, Cerf, « Bref », 1988, p. 119.

15 Wiktor Stoczkowski, Des hommes, des dieux et des extraterrestres, ethnologie d’une croyance moderne, Paris, Flammarion, 1999.

16 Brinsley Le Poer Trench, Le Peuple du ciel, Paris, J’ai lu, coll. « L’Aventure mystérieuse », 1972 [1960].

17 Claude « Raël » Vorilhon, Le livre qui dit la vérité, le message donné par les extraterrestres, Clermont-Ferrand, L’édition du message, 1974, p. 30.

18 Jean Sendy, La Lune clé de la Bible, Paris, J’ai lu, coll. « L’Aventure mystérieuse », 1974 [1968], p. 25-29.

19 Par exemple : Robert Charroux, Le Livre des secrets trahis, Paris, Robert Laffont, 1965, p. 119-121.

20 Claude « Raël » Vorilhon, Les extraterrestres m’ont emmené sur leur planète, le 2ème message qu’ils m’ont donné, Clermont-Ferrand, L’édition du message, 1975 p. 33-34.

21 Claude « Raël » Vorilhon, Le livre qui dit la vérité, le message donné par les extraterrestres, op. cit., p. 155-157.

22 Louis Pauwels et Jacques Bergier, Le Matin des magiciens, Paris, Gallimard, 1960.

23 Bibliothèque nationale de France. NAF 28370 (31).

24 Louis Pauwels, Comment devient-on ce que l’on est ?, Paris, Stock, 1978.

25 Claude « Raël » Vorilhon, Le livre qui dit la vérité, le message donné par les extraterrestres, op. cit., p.132-133.

26 Damien Karbovnik, « L’échec d’une “religion” New Age : l’exemple des Ateliers Planète », Revue d’Histoire des Religions, 2021/3, Tome 238, p. 515-545.

27 Bibliothèque nationale de France. NAF 28370 (32), « 3.VII. Sociétés secrètes et initiation », p. 1.

28 Annie Cathelin, op. cit., p. 124.

29 François-Xavier Baudouin, op. cit., p. 393 et 400.

30 Susan J. Palmer, op. cit., p. 101, 109 et 102.

31 Massimo Introvigne, Le New Age des origines à nos jours. Courants, mouvements, personnalités, Paris, Dervy, 2005.

32 Claude « Raël » Vorilhon, Le livre qui dit la vérité, le message donné par les extraterrestres, op. cit., p. 110-111.

33 Wouter J. Hanegraaff, New Age Religion and Western Culture: Esotericism in the Mirror of Secular Thought, New York, State University of New York Press, 1998 [1996], p. 61-76.

34 Claude « Raël » Vorilhon, Les extraterrestres m’ont emmené sur leur planète, le 2ème message qu’ils m’ont donné, op. cit., p. 133.

35 Claude « Raël » Vorilhon, Le livre qui dit la vérité, le message donné par les extraterrestres, op. cit., p. 144.

36 Damien Karbovnik, L'ésotérisme grand public : le Réalisme Fantastique et sa réception. Contribution à une sociohistoire de l’Occulture, Montpellier, Université Montpellier 3, Thèse de doctorat, 2017, p. 447-451.

37 Louis Pauwels et Jacques Bergier, Le Matin des magiciens, Paris, Gallimard, « Folio », 2012 [1960], p. 19.

38 Stefano Bigliardi, « New religious movements and science: Rael’s progressive patronizing parasitism », Zygon, vol. 50(1), 2015, p. 64-83. DOI:10.1111/zygo.12162.

39 Olav Hammer, Claiming Knowledge. Strategies of epistemology from theosophy to the new age, Leiden, Brill, 2004.

40 Claude « Raël » Vorilhon, Le livre qui dit la vérité, le message donné par les extraterrestres, op. cit., p. 22.

41 Susan J. Palmer, op. cit., p. 19.

42 W. Stoczkowski, op. cit., p. 181-220.

43 Claude « Raël » Vorilhon, Le livre qui dit la vérité, le message donné par les extraterrestres, op. cit., p. 18-19.

44 Claude « Raël » Vorilhon, Les extraterrestres m’ont emmené sur leur planète, le 2ème message qu’ils m’ont donné, op. cit., p. 17-18.

45 https://www.lamontagne.fr/ambert-63600/actualites/une-proeminence-du-sol-a-lorigine-dune-etonnante-legende-a-fayet-ronaye-puy-de-dome_11169887/ (02/03/2022)

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Pour citer cet article

Référence électronique

Damien Karbovnik, « Au-delà d’un Zeitgeist, restituer l’origine du mouvement raëlien dans son contexte »Revue d’histoire culturelle [En ligne], 7 | 2023, mis en ligne le 15 décembre 2023, consulté le 19 avril 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rhc/7586 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/rhc.7586

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Auteur

Damien Karbovnik

Damien Karbovnik est sociologue, chargé de cours à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, membre du laboratoire ARCHE (UR 3400), Université de Strasbourg. karbovnik@unistra.fr

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Droits d’auteur

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