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HomeNuméros6IntroductionPrésentation du n°6

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1Saluons, tout d’abord, le fait que le numéro 6 de la Revue d’histoire culturelle (XVIIIe-XXIe siècles) rejoint désormais la plateforme OpenEdition. Cette intégration permet, par ailleurs, la consultation des cinq numéros précédents qui avaient été hébergés par la pépinière de revues MSH Paris Nord.

2Ce sixième numéro se caractérise par un apport historiographique pour l’histoire culturelle qui traverse l’ensemble des rubriques.

3Ainsi, la rubrique Épistémologie en débats a choisi de reprendre la réflexion sur l’écriture de soi des Historiens avec l’équipe précédemment conduite par François Dosse et Patrick Garcia qui avait ouvert le chantier sur ces questions dans le cadre d’une ANR Histinéraires (« La fabrique de l’histoire telle qu’elle se raconte »). Au travers de leurs contributions, la rubrique reprend le questionnement sur l’autobiographie, son espace et ses liens avec l’écriture de soi des historiens qui avaient été au cœur du projet. Une chronologie qui lie récit de soi et écriture historienne se dégage depuis le XVIIIe siècle et les Confessions de Jean-Jacques Rousseau. Elle met en évidence plusieurs étapes : aux côtés de Michel De Certeau dans les années 1970 ; autour des Essais d’ego-histoire réunis par Pierre Nora en 1987 qui ont marqué un tournant, d’abord emprunté avec quelques hésitations par certains maîtres historiens de Michelle Perrot à René Rémond et Georges Duby. Ce sont, pour la profession, les années de mise en place du diplôme d’habilitation à diriger des recherches (HDR arrêté du 23 novembre 1988) comprenant, depuis lors, en particulier un mémoire dit d’« ego-histoire » qui a été au cœur de la recherche de l’ANR Histinéraires. Parallèlement, signe des temps, venu des études littéraires, Philippe Lejeune crée à partir des années 1980 une association pour l’autobiographie et le patrimoine autobiographique (APA) ; par la suite, il met en place un site consacré à l’écriture autobiographique sous toutes ses formes (récits, journaux, lettres, etc.).

4Le contexte mondial spatio-temporel s’avère décisif pour les récits comme pour l’écriture de soi des historiens et invite aux comparaisons ainsi que le montrent les articles d’Avner Ben-Amos, de Jean-Philippe Bouilloud, de Jeremy Popkins et d’Isabelle Lacoue-Labarthe.

5Le dossier « Nouvelles approches de l’histoire culturelle italienne. Imaginaires, cultures politiques, cultures de masses » recèle également une forte dimension historiographique, mise en évidence dans son introduction comme dans plusieurs articles, tel celui consacré à l’histoire de l’orientalisme savant en Italie qui met l’accent sur les rapports italo-turcs, généralement conflictuels.

6Quatre axes organisent de manière magistrale ce volumineux dossier coordonné par Fabien Archambault, Virgile Cirefice et Carlotta Sorba : Risorgimento et identité nationale  : une histoire toujours en chantier ; Figures d’intellectuels ; Histoire coloniale et mémoires du colonialisme ; Culture de masse et politique. L’ensemble apporte une contribution majeure à une histoire culturelle italienne dont les articles signalent la grande vitalité.

7Dans celle-ci, les institutions occupent une place centrale. Cependant, l’histoire de l’État central en Italie, dont la politique culturelle a d’ores et déjà fait l’objet de nombreux travaux, est moins au cœur des analyses que celle de divers échelons intermédiaires. Il peut s’agir de lieux de production culturelle, à l’image des conférences données à l’étranger et de leur récupération sous le fascisme, aux ressorts complexes, ou d’institutions en charge de mettre en œuvre des relations culturelles internationales, entre l’Italie et l’URSS notamment, étudiées sous l’angle de leurs acteurs, des activités et de leurs fonctions.

8Dans ses dimensions politiques, le dossier met au jour la construction de la nation et de l’État à différentes échelles et différents moments, comme dans le cas de Sienne dite « la reine gothique » où la culture était employée comme un instrument au service de la politique et de la structure économique rurale siennoise. Il met en évidence le rôle joué par l’État sous la république pour construire une mémoire officielle du passé colonial. La musique et en particulier le « Chœur des esclaves » de Verdi, sa circulation au fil du temps et dans l’espace européen sont étudiées à partir de leur réception transnationale.

9L’histoire culturelle italienne déclinée au fil des pages du dossier fait la part belle aux apports de l’histoire de la culture matérielle, surtout appliquée aux révolutions et des contre-révolutions au XIXe siècle. Elle permet, par exemple, de saisir la place des femmes dans la fabrique d’objets ordinaires mus en objets politiques. L’histoire des représentations, inscrites dans des institutions ou des configurations sociales singulières, figure aussi à l’agenda, comme, à propos de l’ancien Musée colonial de Rome qui voit être déclinées plusieurs pratiques visuelles, de celles liées à la propagande coloniale fasciste à de nouvelles mises en œuvre au moment de l’annonce de sa réorganisation en 2020.

10La livraison des Varia est, pour ce numéro et à l’image de la vocation de la rubrique, foisonnante et diverse. Un premier article, dont une seconde partie sera livrée dans le numéro suivant, est consacré à l’esthétique de l’écriture en Chine dans les années précédant les guerres de l’Opium avant que la notion de « littérature » moderne ne s’impose au cours du XIXe siècle. De la reconstruction de la cathédrale de Chartres, après son incendie en 1836 – qui conduisit à l’édification d’une nouvelle politique de restauration des monuments historiques –, à l’initiative avortée de transférer l’Académie de France à Rome, à la Villa Paradiso à Nice, la question des institutions en charge de la culture en France est doublement à l’honneur. Elle trouve un écho dans un article dédié à la rétrospective consacrée à Georgia O’Keeffe, au Centre Pompidou en 2021, replacée dans l’histoire muséographique de l’Ouest américain et dans celle du dialogue entre femmes artistes et Indiens d’Amérique. Enfin, un article historiographique, consacré aux continuités et discontinuités entre différentes modalités de l’histoire – celle des mentalités, celle des sensibilités et celle des représentations – interroge le sens même de notre revue, singulièrement les méthodes comme les thématiques que l’on cherche à y promouvoir.

11La rubrique Atelier de la recherche, fidèle à sa vocation, propose deux articles de jeunes chercheurs, l’un à propos d’éducation artistique, l’autre de diplomatie culturelle. Le premier interroge la présence des jeunes filles à l’École des beaux-arts de Nancy à la fin du XIXe siècle ; le second, le tournant opéré par l’UNESCO dans les années 1990, et le rôle qu’y joua le Japon, notamment sur la question du patrimoine immatériel.

12Dans la rubrique Fictions – signe que la rubrique permet d’aborder une grande variété de supports –, plusieurs types d’œuvres sont abordés : le théâtre, pour figurer l’empereur d’Akbar le Grand, devenue une véritable figure populaire en Inde ; le cinéma avec le film Varsovie 83, une affaire d’État ; la série Derry Girls qui propose un regard renouvelé sur le conflit d’Irlande du Nord.

13La rubrique Médias et écriture de l’histoire entend proposer, à travers le projet Rus-Med consacré à une recherche sur le passé national-socialiste de la faculté de médecine de la Reichsuniversität Straßburg, une » écriture historique numérique » collaborative qui rende compte des biographies de ses acteurs et de ses victimes.

14De son côté, la rubrique Actualités présente des projets de recherche récents et novateurs comme ceux du projet européen La Fabrique des Héros de l’Antiquité à nos jours ou encore les problématiques de genre et d’identité musicale traitées par le colloque « The Broken Mirror » autour de l’artiste transgenre franco-anglais Redcar.

15Enfin, les comptes rendus de livres et d’expositions sont toujours nombreux, fournis et d’un apport précieux pour suivre les développements de l’histoire culturelle contemporaine.

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References

Electronic reference

Évelyne Cohen and Pascale Goetschel, “Présentation du n°6”Revue d’histoire culturelle [Online], 6 | 2023, Online since 01 January 2023, connection on 23 June 2024. URL: http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rhc/6433; DOI: https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/rhc.6433

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