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Comptes rendus

Christine Bard, Mon Genre d’histoire

Paris, PUF, 2021
Julie Verlaine
Référence(s) :

Christine Bard, Mon Genre d’histoire, Paris, PUF, 2021, 199 p.

Texte intégral

1L’ouvrage, paru aux Presses universitaires de France dans une collection de poche liée au centenaire de la maison d’édition, est un entretien entre le journaliste et essayiste Jean-Marie Durand et l’historienne des femmes et du genre Christine Bard. À des questions pointues formulées par le premier répondent des développements précis de la seconde, de manière à présenter un panorama synthétique des « objets » historiques qui ont intéressé Christine Bard au cours de sa carrière.

2C’est l’occasion de découvrir ou de redécouvrir la manière dont son parcours personnel de chercheuse s’est construit, mais aussi de prendre la mesure du développement considérable de ce champ de recherche en une trentaine d’années : l’anti-féminisme, le travestissement, les codes vestimentaires et leur subversion, la révolution sexuelle en sont autant de jalons, au cours desquels s’élaborent des distinctions essentielles, comme lorsqu’il s’agit d’ébaucher une typologie des « phobies » : lesbophobie, misogynie, antiféminisme... qui émergent dans des contextes politiques et culturels distincts. Même chose, en creux, pour les « dénominations identitaires, catégorielles » dont Christine Bard rappelle qu’elles « n’ont rien de consensuel, d’univoque, et [qu’]elles sont en mouvement permanent. Le besoin même d’identité est à historiciser » (p. 47).

3Le plan suivi par le livre est surprenant et intéressant : contrairement à ce qu’on trouve le plus souvent dans le genre fort en vogue aujourd’hui de l’ « égo-histoire » (dialoguée ou pas), il ne s’agit pas ici de partir du personnel, de l’intime, du familial pour détailler un cheminement intellectuel et académique, mais au contraire d’y arriver, ou d’y revenir (p. 120-122 notamment, sur les années de formation à Lille, et la rencontre avec le féminisme), après avoir présenté de manière assez systématique les objets d’études et les engagements de Christine Bard. Les réflexions sur son histoire familiale et son itinéraire politique, du syndicalisme au féminisme, présentées dans les trente dernières pages de l’entretien, sont éclairées par l’ensemble des considérations historiographiques et académiques qui les précèdent et qui leur donnent une signification bien plus profonde (sur les liens complexes entre questions de recherche et itinéraire individuel) et plus large (sur les effets de génération dans les choix, les méthodes et les formes de la production académique de chacun·e).

4La lecture de cet entretien offrira aux historien·nes ne connaissant pas encore, ou mal, les travaux de Christine Bard une porte d’entrée synthétique dans son œuvre, la remettant en perspective chronologiquement, mais également au prisme de l’historiographie foisonnante des trente dernières années, et des évolutions récentes des féminismes à l’ère de #MeToo et des réseaux sociaux.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Julie Verlaine, « Christine Bard, Mon Genre d’histoire »Revue d’histoire culturelle [En ligne], 5 | 2022, mis en ligne le 15 octobre 2022, consulté le 18 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rhc/2216 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/rhc.2216

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Auteur

Julie Verlaine

Professeure des universités, université de Tours

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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