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Contraintes et négociations

Prendre en compte le biais de l’âge dans les méthodes d’enquête

Le cas des usages numériques des plus de 60 ans
Taking Aging into Account in Research Methods: Digital Uses of People over 60
Sophie Colas et Lucie Delias
p. 70-77

Résumés

Les difficultés à appréhender et faire état des usages numériques ordinaires et quotidiens des internautes sont nombreuses. Or, ces difficultés se trouvent renouvelées lorsque la problématique du vieillissement entre en jeu : en raison de l’âgisme et des stéréotypes dont ils et elles font l’objet, les plus âgé·e·s peuvent avoir tendance à sur- ou dé-valoriser leurs pratiques ; moins souvent acculturé·e·s aux technologies numériques, à leurs codes et à leur vocabulaire que les plus jeunes, il leur est parfois difficile de mettre des mots sur leurs usages. Cet article propose de mettre en commun les enseignements de deux recherches doctorales, l’une en sciences de l’information et de la communication, l’autre en sociologie et anthropologie, portant sur les usages numériques ordinaires et quotidiens des personnes de plus de 60 ans. Dans les deux études, les entretiens semi-directifs qui ont été menés ont été complétés par des méthodes d’observations propres à chacune des disciplines (observations en ligne pour l’une, observations de long terme auprès des enquêté·e·s pour l’autre). Nous montrerons en quoi la mobilisation de ces méthodes présente des avantages et des limites spécifiques pour aborder le lien entre vieillissement et usages numériques.

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Texte intégral

1Accélérée par la récente pandémie du Covid-19, la numérisation de l’ensemble de nos activités – les relations avec les institutions, les formes de sociabilité ou encore les pratiques de consommation – met en lumière le caractère toujours plus crucial de la maîtrise des outils numériques et des services en ligne dans l’inclusion sociale des individus. Si le paysage des outils numériques et les concepts pour décrire ce phénomène ont évolué depuis le milieu des années 2000 (passant de « fracture numérique » à « inclusion numérique »), les raisons qui expliquent le manque de maîtrise des technologies et le profil des personnes concernées demeurent stables. Malgré une forte progression des taux d’utilisation d’Internet chez les plus âgé·e·s ces dernières années, l’âge reste un facteur de non-usage numérique particulièrement important.

2Au-delà du constat chiffré apporté par les études quantitatives, proposer des solutions favorisant l’inclusion numérique implique de documenter empiriquement les situations vécues et la nature des usages ou non-usages numériques des personnes âgées. Or, l’âge, et a fortiori la vieillesse et le vieillissement (à la fois en tant qu’état et que processus) est un rapport social fluide et complexe. Son incidence sur les usages numériques peut s’avérer difficile à appréhender, notamment parce qu’il correspond à des évolutions qui touchent différentes dimensions de l’existence des individus. Cette complexité nécessite donc de s’interroger sur la nature des méthodes qualitatives à mettre en place afin de recueillir des données permettant de produire une analyse fine du rapport des plus âgé·e·s aux technologies numériques.

3Cet article propose de mettre en commun les enseignements de deux recherches doctorales, l’une en sciences de l’information et de la communication, l’autre en sociologie et anthropologie, portant sur les usages numériques ordinaires et quotidiens des personnes de plus de 60 ans en situation d’autonomie. Dans les deux études, les entretiens semi-directifs menés ont été complétés par des méthodes d’observation propres à chacune des disciplines (observations en ligne pour l’une, observations de long terme auprès des enquêté·e·s pour l’autre). Nous montrerons en quoi la mobilisation de ces méthodes présente des avantages et des limites spécifiques pour aborder le lien entre vieillissement et usages numériques.

4Dans un premier temps, après la présentation des deux recherches et de leur ancrage disciplinaire, nous proposerons d’expliciter ce que recouvre précisément la vieillesse lorsqu’elle est saisie par les recherches en sciences sociales, en identifiant trois dimensions de l’âge qui jouent un rôle central dans le rapport aux technologies numériques : l’état physique, l’appartenance générationnelle, et enfin son aspect performatif et identitaire. Dans un second temps, nous nous appuierons sur nos terrains respectifs pour montrer comment l’appréhension de ces différentes dimensions a posé des défis pendant l’enquête, et comment les méthodes complémentaires que nous avons mises en place ont permis d’y répondre.

Effets du vieillissement dans la recherche sur les usages numériques : défis méthodologiques

5Les réflexions et les éléments empiriques sur lesquels s’appuie cet article sont issus de deux recherches doctorales. Elles portent sur les usages des outils numériques de personnes de plus de 60 ans et ont recours, en raison de leur inscription disciplinaire, à des dispositifs méthodologiques mobilisant des approches variées.

Deux études aux méthodologies d’enquête variées

  • 1 Nous utiliserons les termes « Recherche 1 » et « Recherche 2 » pour faire référence à nos enquêtes (...)
  • 2 Enquête annuelle auprès des ménages sur les technologies de l’information et de la communication (T (...)

6La première recherche a été menée entre 2019 et 2022 dans le cadre d’une thèse en sociologie et anthropologie (Recherche 11). Il s’agissait de comprendre l’usage de l’ordinateur, de la tablette ou du smartphone de personnes de plus de 75 ans au regard de leur parcours de vie et de leur quotidien. La recherche repose sur une méthodologie variée mélangeant à la fois des données quantitatives (issues de l’Enquête TIC de l’Insee2) et qualitatives, combinant entretiens semi-directifs (n=32), observations dans trois ateliers d’informatique pour personnes âgées et 16 mois de suivi de type ethnographique au cours desquels une petite dizaine de personnes ont été régulièrement rencontrées et interrogées à leur domicile et pendant leurs sorties à l’extérieur. Les enquêté·e·s avaient entre 75 et 96 ans. Le choix de cette méthodologie combinatoire s’explique par le double ancrage disciplinaire de l’enquête. Contrairement à la sociologie, les questionnaires et les entretiens (semi-)directifs ne sont pas les méthodes principales de l’anthropologie. Les anthropologues considèrent que la plupart des individus peuvent difficilement dire pourquoi ils vivent leur vie d’une manière particulière (Miller et al. 2016). Au lieu de les interroger sur ce qu’ils font, les anthropologues essaient de participer au quotidien des individus afin d’observer directement leurs comportements et de développer une connaissance approfondie de leur monde vécu (Ingold 2017). Le choix a ainsi été fait d’associer les analyses statistiques et les entretiens à l’ethnographie. Alors que les analyses statistiques ont permis de dresser un panorama général des pratiques numériques des 75 ans et plus, les entretiens ont été l’occasion de retracer finement les parcours technobiographiques (Kennedy 2003) des enquêté·e·s. L’ethnographie a quant à elle servi à observer de près la manière dont les pratiques numériques s’inséraient dans les routines et activités du quotidien, s’ancraient dans les relations familiales (Pype 2017 ; Sonet, Boudon 2021) et évoluaient au fil du temps.

7La seconde recherche (Recherche 2) est issue d’une thèse en science de l’information et de la communication (SIC) et interrogeait l’impact des représentations hégémoniques du « bien-vieillir » et de la « retraite active » sur le rapport des plus âgé·e·s aux technologies numériques (Delias 2019a). L’enquête, réalisée entre 2016 et 2019, comprenait 35 entretiens semi-directifs avec des personnes âgées de 62 à 82 ans, une série d’observations participantes dans des cours d’initiation à l’informatique, ainsi que l’analyse techno-sémiotique et ethnographique d’un corpus de 24 sites de rencontres amicales et amoureuses généralistes et dédiés aux « seniors ». Le choix de ce dernier « terrain » découle de l’ancrage disciplinaire de l’enquête. Dans l’étude des usages numériques, les SIC proposent de ne pas s’intéresser seulement aux acteurs, mais également « aux phénomènes de (trans)médiations et à leurs supports » (Jeanneret 2008). L’analyse située des (inter)actions en ligne des plus âgé·e·s permet à la fois de varier les points de vue sur l’objet en complément des entretiens, mais aussi de voir comment le dispositif socio-technique configure un certain rapport au numérique. L’imbrication entre social et technique est au centre des approches ethnographiques du Web (Jouët, Le Caroff 2013 ; Hine 2015). Observer les espaces en ligne utilisés par les « seniors » (forums, sites d’échanges et de rencontres amicales et amoureuses, réseaux socio-numériques) (Ivan 2019) peut permettre d’étudier leurs représentations et attitudes autour d’un thème spécifique comme les loisirs ou la sexualité (Nimrod 2011 ; Berdychevsky, Nimrod 2017) ; les stratégies d’auto-représentation (Li 2021 ; Wada, Mortenson, Hurd Clarke 2016), et plus généralement la façon dont les contraintes du dispositif à la fois configurent et dévoilent un certain rapport entre vieillissement et usages numériques.

« Déplier » l’âge pour mieux l’intégrer aux méthodes d’enquête

8L’âge est un rapport social complexe, qui demeure relativement peu étudié en tant que tel dans les recherches en sciences sociales (Caradec, Mallon, Hummel 2014). La question du vieillissement, plus particulièrement, est peu mobilisée dans les études qui mettent en place des approches intersectionnelles (Burnay, Hummel 2017). Cela peut s’expliquer par le fait que l’âge, s’il est aussi à l’origine de phénomènes de hiérarchisation et de dynamiques de pouvoir, ne fonctionne pas de manière équivalente aux autres marqueurs de position sociale. En effet, contrairement au genre, à la classe ou au statut ethno-racial, un individu sera a priori amené à connaître l’ensemble des âges de la vie au cours de son existence, et les privilèges ou les oppressions qui l’accompagnent (Rennes 2020). L’âge est un rapport social mouvant aussi dans le sens où il se manifeste dans des domaines variés de la vie : il comporte plusieurs dimensions qu’il s’agit de « déplier » (Rennes 2019a) afin de comprendre en quoi le vieillissement pose des défis spécifiques à l’enquête, que ce soit au niveau des méthodes concrètes de recueil des données ou dans la relation entre enquêteur·rice et enquêté·e·s (Auger, Lefrançois, Trépied 2017). Comprendre à quoi l’âge renvoie est également important pour éviter toute tentation d’essentialisation des pratiques observées, en particulier lorsque l’on étudie les usages numériques des personnes âgées, qui font l’objet de stéréotypes fortement ancrés.

9Afin de déterminer en quoi « l’âge d’une personne ou d’un groupe de personnes est une condition sans laquelle ces individus ne penseraient ou n’agiraient pas de la même façon » (Brossard 2017 : 4) et plus précisément en quoi le vieillissement peut être à l’origine de certains comportements vis-à-vis des technologies numériques, nous emprunterons à Baptiste Brossard son identification des sept dimensions de l’âge. Lorsqu’il est mobilisé comme un élément analytique dans les recherches en sciences sociales, l’âge peut renvoyer à : 1. un état physique et mental (qui détermine comment l’individu peut interagir avec son environnement et à quelles activités il ou elle peut se livrer) ; 2. une variable de l’expérience (être proche de la fin de sa vie peut amener à avoir une vision du monde particulière) ; 3. une position dans la parenté (avoir plus de chances d’être grand-parent) ; 4. l’appartenance à une génération (le fait d’avoir vécu des événements historiques donnés à un âge pivot de l’existence crée une expérience commune) ; 5. l’avancement au sein du parcours de vie (probabilité de connaître des transitions importantes comme la ménopause ou la retraite) ; 6. la position dans la structure sociale et économique (le fait d’être à la retraite qui signifie la plupart du temps des revenus amoindris), et enfin 7. une catégorie performative, c’est-à-dire un marqueur identitaire.

10Au sein de nos recherches respectives sur les usages numériques des personnes âgées, trois de ces dimensions de l’âge ont été particulièrement manifestes, à commencer par l’âge comme un état physique et mental. Si le vieillissement physiologique est un phénomène éminemment social puisqu’il est en grande partie lié aux conditions de vie dans lesquelles les individus évoluent (Rennes 2019b ; Cambois, Laborde, Robine 2008), il demeure qu’à partir d’un certain âge la probabilité qu’un individu connaisse des altérations corporelles augmente. À mesure que les individus avancent en âge, ils doivent s’adapter à des changements liés, par exemple, à des troubles de la marche, à la dégradation de la vision ou de l’audition ou encore à l’apparition de problèmes de santé comme l’ostéoporose ou le diabète (Twigg 2004). Les limitations physiques conditionnent le rapport aux technologies : la vue qui baisse et la perte d’agilité des mains rendent difficile la lecture et l’écriture sur des supports numériques alors que la fatigue peut amener à réaménager les temps d’utilisation (Caradec 2003). Ces difficultés limitent l’accès aux outils et aux services et exigent des individus qu’ils abandonnent leurs usages ou trouvent des tactiques d’adaptation. Or certaines méthodes de recueil de données peuvent invisibiliser l’importance du « corps derrière l’appareil » (Buse 2010) : absente dans les observations en ligne, elle peut être verbalisée lors des entretiens ou focus groups, mais ce sont surtout les observations des enquêté·e·s in situ qui permettent de l’aborder.

11Ensuite, c’est l’âge en tant qu’appartenance à une génération qui s’est révélé structurant dans nos recherches. En effet, l’appartenance générationnelle détermine le fait d’avoir vécu dans un certain contexte social et technologique et d’en avoir tiré un rapport particulier aux technologies et médias dominants à certains moments-clés du parcours de vie, notamment l’adolescence ou la vie professionnelle (Delias 2019b ; Colombo, Fortunati 2011). Ayant souvent rencontré le numérique tardivement au cours de leur vie, les personnes âgées ont plus de chance d’avoir des niveaux de littératie numériques faibles. Les définitions de la littératie numérique sont multiples, en particulier dans un contexte de convergence médiatique et technologique où la maîtrise de compétences variées est nécessaire (Le Deuff 2012), mais on peut la désigner comme l’ensemble des capacités requises pour utiliser les outils numériques et s’orienter dans un monde de plus en plus numérisé. La littératie englobe non seulement les compétences « techniques » de manipulation des outils, mais aussi des éléments liés à la compréhension des enjeux sociaux, politiques et économiques du numérique, ainsi que de la culture et des codes liés à l’utilisation des services en ligne. Or, les plus âgé·e·s manquent souvent de vocabulaire pour décrire précisément leurs activités numériques, ce qui peut rendre difficile à l’enquêteur·rice la compréhension de leurs pratiques. Ici encore, les observations à la fois en ligne et hors ligne peuvent permettre de dépasser les obstacles propres à la restitution orale en entretien par les enquêté·e·s.

12Enfin, le fait que l’âge soit une catégorie performative, c’est-à-dire « une catégorie qu’utilisent les individus pour se penser et que les autres utilisent pour les penser [et] génère notamment des attentes comportementales normatives » (Brossard 2017 : 5), a eu un impact conséquent sur le recueil de nos données et la relation d’enquête. Les personnes concernées par le vieillissement, comme celles appartenant à d’autres catégories d’âge, sont sujettes à un ensemble d’attentes vis-à-vis de ce qui est collectivement défini comme « acceptable » dans leurs comportements et manières de se présenter. Cependant, dans les sociétés occidentales contemporaines, le vieillissement demeure particulièrement dévalorisé et peu interrogé, ce qui donne lieu à des stéréotypes âgistes profondément ancrés (Gullette 2004). Si l’âgisme est surtout une forme d’oppression culturelle (Rennes 2020), il peut mener à des conséquences très concrètes sur la vie des individus concernés. Les stéréotypes âgistes sont particulièrement puissants en ce qui concerne la relation entre les personnes âgées et les technologies numériques. Dès les débuts de la diffusion d’Internet, alors que les plus jeunes sont dépeints comme des digital natives (Prensky 2001), les représentations qui sont associées à la population âgée sont plutôt celles d’une population dépassée, exclue ou réfractaire aux technologies numériques (Breton 1999 ; Caradec 2000 ; Rosales, Fernández-Ardèvol 2020). Ces représentations sont intériorisées par les personnes âgées et ont des conséquences sur leur relation au numérique mais aussi sur la manière dont elles vont en rendre compte (Köttl et al. 2021). Cette hiérarchisation symbolique peut aussi se jouer dans la relation d’enquête, qui, dans les deux recherches, confrontait des enquêtrices jeunes (étudiantes) à des enquêté·e·s âgé·e·s (retraité·e·s). Ici, les observations en ligne peuvent apporter une clé en ce qu’elles « atténuent » la relation d’enquête grâce à la médiation de l’outil.

Prendre en compte les spécificités du vieillissement dans la recherche sur les usages numériques

Le vieillissement corporel : une entrave potentielle pour les usages numériques

13Étudier les pratiques numériques des plus âgé·e·s implique de s’intéresser aux effets du vieillissement corporel sur l’usage des technologies. Toutes les méthodologies de recherche ne permettent pourtant pas de saisir précisément la manière dont les changements corporels affectent et façonnent le rapport au numérique. Ainsi, si les difficultés liées aux limitations physiques peuvent être évoquées par les internautes âgé·e·s dans les conversations en ligne, une des principales limites de l’ethnographie en ligne est de faire « disparaître » le corps des usagers, invisibilisant ainsi la centralité du corps dans l’expérience du numérique. De la même façon, si les entretiens peuvent permettre d’aborder le sujet du corps et de ces transformations, ils restent cependant limités pour saisir complètement les effets du vieillissement sur les usages technologiques.

14L’observation in situ réalisée sur le long terme permet de contourner ces difficultés. Puisqu’elle permet de voir le corps en interaction avec l’appareil, cette méthode présente ainsi l’intérêt de mettre en lumière les éventuelles limitations physiques qui peuvent venir interférer dans l’usage des technologies. Rencontrée dans le cadre de la Recherche 1, Souad (89 ans, ancienne assistante maternelle) manipule difficilement son smartphone en raison de tremblements qui affectent ses mains. Afin de continuer à utiliser son téléphone, moyen de contact privilégié avec sa famille vivant à l’étranger, Souad a mis au point un procédé lui permettant de contourner dans une certaine mesure ces complications physiques, celui-ci consistant à s’allonger et placer le combiné entre son épaule et son cou. Les mois passés auprès de Souad ont donné l’occasion d’observer directement l’impact de ces troubles physiques sur sa pratique du téléphone et d’identifier les tactiques qu’elle met en place pour la conserver. Sur une note similaire, une succession de rencontres dans le cadre de la Recherche 1 est l’occasion pour Simone (91 ans, ancienne directrice d’un centre paramédical), fortement malvoyante, de présenter à l’enquêtrice les logiciels (l’un agrandissant, l’autre lisant le contenu s’affichant à l’écran) et les dispositifs tactiles (de petits stickers collés lui permettant d’orienter ses doigts sur le clavier) facilitant et rendant possible son usage de l’ordinateur. Ici, l’observation en situation menée en complément des discussions a permis d’étudier de près l’assemblage corpo-technologique nécessaire à la pratique numérique de Simone, assemblage corpo-technologique qui ne serait pas apparu aussi saillant avec d’autres méthodologies d’enquêtes. Dans cette situation les informations collectées par le biais de l’observation n’apparaissent pas en dissonance mais bien en complément des données tirées de l’entretien. Elles ont en effet permis de mieux comprendre les difficultés rencontrées par Simone lors de l’usage de l’ordinateur et de donner à voir les solutions qu’elle a mises en œuvre pour les dépasser.

15Les enjeux d’utilisation des appareils numériques liés aux limitations corporelles ne sont pas propres aux personnes âgées : ils concernent également les personnes de tous âges concernés par le handicap, et sont par ailleurs étroitement corrélés à la faible adaptation de l’environnement numérique à la diversité des profils d’usager·ère·s. Néanmoins, ils peuvent apparaître et/ou se renforcer avec l’avancée en âge, et il est donc essentiel d’adopter une méthodologie inclusive permettant de les prendre en considération, d’autant plus lorsqu’ils se cumulent à d’autres spécificités liées au vieillissement.

Appartenance générationnelle : composer avec le manque de littératie numérique

16L’âge d’une personne détermine son appartenance générationnelle, c’est-à-dire le fait d’avoir évolué dans un contexte socio-historique donné qui engendre des expériences communes à certaines cohortes de population. Les personnes les plus âgées sont moins acculturées aux médias et aux technologies qui sont apparues tardivement dans leur parcours de vie et présentent ainsi des niveaux de littératie numérique plus faibles. Ainsi, certaines personnes enquêtées rencontrées lors de la Recherche 2 avaient des difficultés pour expliquer quels types de services en ligne elles utilisaient, en particulier les différentes plateformes de réseaux sociaux et les applications de messagerie, sur lesquelles elles avaient parfois été inscrites par leur entourage sans pleinement en comprendre le fonctionnement ou l’utilité. C’est le cas d’Édith (82 ans, ancienne comptable), qui parle de « son site » pour évoquer son profil sur un site de rencontre, de « lettres » à la place des e-mails, et de sa « plaquette » pour faire référence à sa tablette tactile. Ce manque de vocabulaire, s’il peut sembler anecdotique, peut à la fois engendrer des difficultés pour l’enquêtrice en raison du manque de références partagées, mais peut aussi constituer un frein à l’usage, par exemple lorsqu’il s’agit de recevoir de l’aide à distance de la part de technicien·ne·s ou de proches pour régler des problèmes informatiques. Par exemple, Gérard (72 ans, ancien gestionnaire de patrimoine) relate les difficultés auxquelles il a fait face lors d’un échange téléphonique avec son FAI (fournisseur d'accès à Internet), son interlocutrice lui demandant de brancher son câble Ethernet alors qu’il ne savait pas à quoi ce terme faisait référence, entraînant des heures de tâtonnement et de frustration.

17La littératie numérique est plus large qu’une seule question de vocabulaire et de compétences techniques. Elle renvoie également à un ensemble de codes et de façons de faire propres à l’écosystème numérique dont la méconnaissance peut aboutir à des usages « inappropriés » d’Internet. Les analyses des espaces en ligne qu’utilisent les plus âgé·e·s peuvent permettre de documenter ces « mésusages » in situ. Ainsi, dans les espaces participatifs des sites de sociabilité pour « seniors » étudiés dans la Recherche 2, il n’est pas rare de trouver des commentaires signés systématiquement des prénom et nom de famille de l’auteur, ignorant les conventions de « pseudonymat » propres au Web et le fait que l’identité numérique de l’énonciateur est déjà signifiée par son avatar et son pseudonyme.

18L’observation auprès d’un groupe d’individus, telle qu’elle a été mobilisée dans la Recherche 1, va quant à elle se révéler particulièrement utile pour analyser les configurations dans et pour lesquelles les technologies numériques vont être utilisées sans que celles-ci aient besoin d’être nécessairement identifiées et explicitées par les enquêté·e·s. Alors que Christiane (75 ans, ancienne directrice d’une boutique de cosmétiques), explique « qu’elle ne fait pas grand-chose avec sa tablette » et « qu’elle ne fait pas de l’Internet », il s’avère qu’elle se sert de l’appareil quotidiennement pour jouer en ligne et regarder des vidéos des artistes qu’elle aime. Elle se révèle par ailleurs très active sur les réseaux sociaux. Ces pratiques relevant essentiellement du divertissement et de la communication, Christiane ne les identifie pas comme des usages de l’Internet et elles n’ont pour elle pas matière à être mises en avant et commentées. Les mois d’enquête passés auprès de Christiane donnent alors des opportunités d’observer directement ses comportements numériques et de mettre en parallèle ses pratiques déclarées et ses pratiques effectives.

Stéréotypes négatifs et dimension performative de la vieillesse

19Enfin, il est nécessaire de prendre en compte, lorsque l’on étudie les usages numériques des personnes âgées, la dimension performative de la vieillesse, en tant qu’assignation identitaire. Tout d’abord, la perception des stéréotypes, très largement négatifs, sur le rapport des personnes âgées aux technologies va orienter la façon dont les enquêté·e·s mettent en scène et interprètent leurs usages. Ainsi, les personnes les moins à l’aise avec les outils numériques peuvent avoir tendance à ressentir un sentiment de honte et censurer leurs propos. Lors d’une discussion de groupe dans le cadre d’un atelier d’informatique observé lors de la Recherche 1, Adan (79 ans, ancien ouvrier dans l’éclairage) assure ainsi qu’il n’est « pas doué », que « ce n’est pas dans son âge » et que contrairement aux plus jeunes, « il n’est pas né avec ces appareils entre les mains » et « n’a pas grand-chose à dire sur Internet ». À l’inverse, certaines personnes enquêtées rencontrées dans la Recherche 2, qui se considèrent particulièrement familières d’Internet, mobilisent cette maîtrise comme un élément positif de leur identité. Malgré leur avancée en âge, elles restent « dans le coup » et se distinguent clairement des personnes de leur âge qui ne veulent pas ou ne peuvent pas être en ligne. Denise (73 ans, ancienne consultante en recrutement) revendique ne pas être « une mémé » et mieux s’entendre « avec les jeunes ». Interrogée sur sa conception de la vieillesse, elle distingue « les vieux » qui ont des problèmes de santé, et ceux qui sont vieux

dans leur tête et dans leur mentalité […] qui s’adaptent absolument plus. Et alors la technologie, surtout pas. « Ça ne sert à rien, qu’est-ce que c’est que ce truc ! », et à la limite : « Un portable c’est quoi ? » [rires].

20Dans les deux recherches, cette performance est accentuée par l’écart d’âge entre les chercheuses (dans leur vingtaine au moment des enquêtes) et les enquêté·e·s retraité·e·s. Les enquêté·e·s ont ainsi souvent assigné les chercheuses à des personnes jeunes et donc « naturellement » expertes en technologies numériques. D’une part, cette confrontation, associée à la conscience des stéréotypes associés aux usages numériques des personnes âgées, peuvent ainsi pousser les enquêté·e·s à dissimuler leurs difficultés ou au contraire à sur-performer la maîtrise technologique dans leurs discours. D’autre part, cela a aussi parfois créé des attentes de la part des enquêté·e·s, qui nous identifiaient comme des aidantes potentielles pour les accompagner dans leurs usages numériques. Dans la Recherche 2, une enquêtée demande à la fin de l’entretien de l’aider à compléter son profil sur un site de rencontre, tandis qu’un autre demande de l’aide pour connecter son enceinte Bluetooth à son ordinateur ; une autre encore contacte la chercheuse des mois après l’enquête car elle rencontre des problèmes « avec [son] ordinateur et [son] fournisseur d’accès ». Dans la Recherche 1, des situations semblables se produisent. Une rencontre est l’occasion pour une enquêtée de demander des conseils pour réactiver sur son smartphone l’effet sonore des notifications, pour un autre de faire un achat de chaussures sur Internet.

21Ces situations apparaissent comme des exemples de contre-interprétations de la situation d’enquête de la part des enquêté·e·s qui associent la chercheuse à « une spécialiste, détentrice de connaissances spécialisées », la plaçant ainsi dans une relation de conseil et faisant sortir l’entretien du cadre initial (Demazière 2008). Ces dynamiques d’assignations identitaires, lorsqu’elles sont correctement identifiées, peuvent faire partie intégrante de l’analyse, mais elles peuvent aussi parfois être des entraves au recueil de données.

22Dans ce cas, le recours à des observations en ligne, à plus forte raison si elles sont non participantes, permet de mettre à distance la présence de la chercheuse, et éventuellement réduire les inévitables biais relatifs à la relation d’enquête. En revanche, elle pose la question de l’éthique d’une manière particulièrement forte (Latzko-Toth, Pastinelli 2013) : il est potentiellement plus difficile pour les personnes âgées de donner un consentement éclairé à l’observation de leurs activités en ligne si elles manquent de littératie numérique et ne saisissent pas pleinement les enjeux de « vie privée » en ligne.

Conclusion

23La mise en commun et la discussion de deux recherches réalisées dans des contextes différents mais portant sur un même objet, les usages numériques ordinaires des personnes âgées en France, a permis de faire émerger des enjeux similaires mais également des différences en termes d’apports méthodologiques. Si les deux recherches mobilisaient principalement des entretiens semi-directifs, le recours à des observations in situ de long terme pour la Recherche 1 d’une part, et les observations en ligne de la Recherche 2 d’autre part, ont permis d’avoir accès à des aspects différents des usages numériques des plus âgé·e·s. Ces constats confirment ceux des chercheuses et chercheurs en sciences sociales qui ont noté la richesse de la complémentarité des méthodes qualitatives (voir par ex. Cohen, Manion 1986 ; Roginsky 2020 ; Marshall, Rossman 2014 ; Przybylski 2020) tout en prenant en compte les spécificités de la population âgée.

24En effet, chacune des méthodes mobilisées a pu permettre de répondre aux défis méthodologiques posés par la vieillesse (en tant que rapport social complexe qui entraîne un rapport particulier aux technologies numériques chez les enquêté·e·s) dans la constitution du matériau empirique et de compléter les propos recueillis lors des entretiens. Les limitations physiques entraînées par l’avancée en âge, l’appartenance générationnelle et l’intériorisation de stéréotypes concernant les usages numériques des plus âgé·e·s ont des conséquences spécifiques sur la forme que prennent ces usages, sur la façon de les restituer par les enquêté·e·s ainsi que sur la relation d’enquête. Dans ce cadre, le recours complémentaire aux observations hors ligne et en ligne peut permettre de répondre ponctuellement à ces difficultés en fournissant des points d’accès plus adaptés à la réalité des usages.

25Cette position consistant d’une part à s’interroger sur ce qu’est la vieillesse et ce qu’elle implique concrètement pour les usages numériques et d’autre part à adapter les méthodes au plus près des défis qu’elle pose, permet à la fois d’éviter l’essentialisation des pratiques et de favoriser l’inclusion. Certains des comportements observés auprès de nos enquêté·e·s peuvent être liés à leur âge (qui se manifeste à travers l’état physique, l’appartenance générationnelle ou l’identité sociale). D’autres peuvent être communs à des catégories différentes de population, telle l’identification de certains usages d’Internet comme plus ou moins légitimes chez les familles modestes (Pasquier 2018) ou encore les adaptations des pratiques chez les personnes concernées par le handicap physique (Pinède 2018). Enfin, cette démarche est compatible avec la définition de l’inclusion proposée par les philosophes féministes (Fraser 2011, Young 2002) en tant que reconnaissance et prise en compte des différences propres à chaque groupe, démarche que les politiques publiques de lutte contre la fracture numérique gagneraient à intégrer.

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Bibliographie

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Notes

1 Nous utiliserons les termes « Recherche 1 » et « Recherche 2 » pour faire référence à nos enquêtes respectives.

2 Enquête annuelle auprès des ménages sur les technologies de l’information et de la communication (TIC) parue en 2023 : <https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/serie/s1275>.

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Pour citer cet article

Référence papier

Sophie Colas et Lucie Delias, « Prendre en compte le biais de l’âge dans les méthodes d’enquête »Revue des sciences sociales, 70 | 2023, 70-77.

Référence électronique

Sophie Colas et Lucie Delias, « Prendre en compte le biais de l’âge dans les méthodes d’enquête »Revue des sciences sociales [En ligne], 70 | 2023, mis en ligne le 12 décembre 2023, consulté le 19 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/revss/10426 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/revss.10426

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Auteurs

Sophie Colas

Université de Lille et KU Leuven
sophie.colas[at]kuleuven.be

Lucie Delias

LERASS-CERIC
Université Paul Valéry-Montpellier 3
lucie.delias[at]univ-montp3.fr

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Droits d’auteur

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