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Un nouveau magistrat lyonnais sur une épitaphe découverte au ‘point-du-jour’

François Bérard, Frédéric Herbin et Jules Ramona
p. 459-470

Résumés

Une fouille d’archéologie préventive menée conjointement par le SAVL et l’Inrap à Lyon au 65 avenue du Point-du-Jour (69005) en novembre-décembre 2021 a fait connaître une plaque inscrite d’un grand intérêt. Entièrement conservée, elle contient la carrière municipale d’un magistrat lyonnais du Ier siècle de notre ère qui avait été à deux reprises pro duumuir(o). Outre l’analyse épigraphique proprement dite, précédée d’une rapide présentation du contexte archéologique, l’étude propose une première réflexion sur la nature du support architectural, qui est caractéristique d’une période ancienne de la colonie.

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Texte intégral

1Le Service archéologique de la Ville de Lyon (SAVL), en partenariat avec l’Inrap, a mené du 9 novembre au 22 décembre 2021 une fouille préventive au 65 avenue du Point-du-Jour, dans le 5ème arrondissement de Lyon (fig. 1 et 2). Le site, encore en cours d’étude au moment où nous rédigeons ces lignes, s’est révélé d’une grande richesse. Composé d’un ensemble regroupant nécropole, enclos funéraire et espace de circulation extérieur (voie ?), il a par ailleurs livré un lot de mobilier lapidaire remarquable, parmi lequel figure la plaque inscrite qui fait l’objet de cette étude.

Fig. 1. Localisation de la fouille dans Lyon et son agglomération.

Fig. 1. Localisation de la fouille dans Lyon et son agglomération.

Sources : données archéologiques ALyAS Service archéologique Ville de Lyon ; fond de plan Métropole du Grand Lyon, Cadastre / Cartographie : E. Leroy SAVL.

Fig. 2. Plan de localisation de la fouille et contexte archéologique antique.

Fig. 2. Plan de localisation de la fouille et contexte archéologique antique.

Sources : données archéologiques ALyAS Service archéologique Ville de Lyon ; fond de plan Métropole du Grand Lyon, Cadastre / Cartographie : E. Leroy SAVL.

Le contexte de la découverte

Contexte général

  • 1 CAG, 69-2, p. 697-699.

2Culminant sur le plateau du Point-du-Jour, le site est localisé en dehors de l’enceinte urbaine de Lugdunum, en bordure de la voie dite d’Aquitaine. Son contexte archéologique est logiquement caractérisé par la présence d’une forte densité de structures funéraires : des fosses-bûchers et des vases ossuaires ont été mis au jour au 62, rue du Commandant Charcot, au 19, rue des Granges ou au 41, rue Joliot Curie, et le plateau du Point-du-Jour en est également largement pourvu1. Le site qui nous intéresse ne fait donc pas exception.

3L’emprise de la fouille, telle qu’elle est définie par le cahier des charges édité par le Service régional de l’archéologie, a permis d’embrasser un pan complet de la topographie d’un bord de voie en périphérie d’une agglomération antique majeure. Ainsi ont pu être mis au jour, d’un bout à l’autre de l’emprise, du nord au sud, un potentiel axe viaire, trois hypothétiques concessions funéraires, et un ensemble composé de dix-huit fosses-bûchers et deux, voire trois, dépôts secondaires de crémation (fig. 3).

Fig. 3. Le site du 65 avenue du Point du Jour (69005).

Fig. 3. Le site du 65 avenue du Point du Jour (69005).

Plan simplifié des vestiges.

DAO : Jules Ramona.

4Deux grandes phases d’occupation ont marqué l’histoire du site au cours de l’Antiquité. La première semble s’étendre durant les deux premiers, voire les trois premiers siècles de notre ère. Elle est d’abord caractérisée par la fréquentation de l’aire de crémation au cours des deux premiers siècles. Dans le même temps, peut-être au cours de la seconde moitié du Ier siècle, la mise en place de l’espace de circulation extérieur semble associée à la construction d’un espace architecturé compartimenté, interprété comme une série d’enclos funéraires. Des trois cellules supposées, seule la cellule centrale livre une surface complète ceinte de quatre murs de 5,3 x 5,5 m. Au sein de l’emprise de la construction, une série de structures funéraires (fosses-bûchers et dépôts de crémation) a par ailleurs été mise au jour. En l’absence de liens stratigraphiques et d’indices de datation relatifs à la mise en place des maçonneries, l’association fonctionnelle et chronologique entre les enclos et les structures funéraires ne peut toutefois être assurée.

5La seconde phase d’occupation du site antique correspond à une vaste entreprise de récupération de matériaux, accompagnée de la restructuration de l’axe de circulation extérieur. Deux événements principaux marquent alors durablement le paysage. Le premier est constitué par la récupération des matériaux de construction du secteur. Un vaste chantier de débitage du bâti ancien semble en effet se mettre en place ; en témoignent les fragments de blocs plus ou moins calibrés de calcaire blanc (calcaire oolithique et crayeux), de gneiss, de granite, de galets, ou les gros fragments de terre cuite architecturale observés en rechapage unique de l’axe de circulation extérieur ou au sein du comblement de la grande fosse d’extraction. Le second événement, qui succède au précédent, semble concrétiser, sinon le réinvestissement du secteur suite à une période de désertion, du moins sa restructuration en vue d’une nouvelle forme de fréquentation. Il est matérialisé par la réfection de l’axe de circulation qui, amputé de sa partie méridionale par le creusement de la fosse d’extraction, est décalé vers le nord, entièrement rechapé, et doté d’un mur de soutènement au passage de ladite fosse.

La grande fosse d’extraction d’argile

  • 2 Inventoriée sous le numéro 693852214257M065L009.

6C’est au cours de cette seconde phase d’occupation, marquée par le débitage de matériaux de construction et d’ornementation antiques, qu’il convient de placer le creusement de la fosse d’extraction d’argile au sein de laquelle a été découvert un lot de matériel lapidaire remarquable (fig. 4). Mise en place contre le parement nord de l’espace compartimenté, elle n’entame toutefois pas la maçonnerie, mais perfore en revanche largement le cailloutis caractéristique du revêtement de l’ancien niveau de circulation extérieur. En surface, sa forme oblongue s’étire sur 11 m de longueur et près de 8 m de largeur. Son creusement est évasé et peu profond : cantonné à la récupération du dépôt argileux, il se confond avec le toit de la terrasse villafranchienne, situé à environ 1 m de profondeur. La nature de son comblement est hétérogène. La partie sédimentaire est constituée d’un épais dépôt argileux brun de profil hydromorphe assimilable à un niveau de stagnation. Il pourrait indiquer une exposition du creusement à l’air libre durant un certain temps. Au sein de ces dépôts est jetée une partie du surplus de débitage de matériaux utilisés pour rechaper le niveau de circulation. Outre les galets et les fragments de moellons de granite ou de gneiss, le remplissage de la fosse comprend une quantité importante de résidus de débitage calibrés de calcaire tendre blanc, parmi lesquels ont pu être dégagés des fragments d’architecture, deux éléments de statuaire, un chaperon et une plaque inscrite. En attendant la publication du lot dans son ensemble, nous proposons ici une étude de l’inscription2.

Fig. 4. Vue en coupe depuis l’est de la fosse d’extraction d’argile creusée au-devant du mur de l’espace compartimenté.

Fig. 4. Vue en coupe depuis l’est de la fosse d’extraction d’argile creusée au-devant du mur de l’espace compartimenté.

Cliché : Jules Ramona.

L’inscription

Description générale du bloc

7La plaque a été découverte reposant sur sa face inscrite, brisée en trois fragments encore en connexion (fig. 5). Cette position invite à penser qu’elle a été cassée ainsi lors de sa chute dans la fosse où elle a été retrouvée. Son dégagement et son prélèvement lors de la fouille ont occasionné une fragmentation supplémentaire et elle se compose désormais de quatre fragments jointifs.

Fig. 5. Vue de la plaque inscrite en contexte de découverte.

Fig. 5. Vue de la plaque inscrite en contexte de découverte.

Cliché : Jules Ramona.

8Taillé dans un calcaire blanc tendre et crayeux de type « pierre de Seyssel », le bloc reconstitué est par ailleurs assez bien conservé : seul son angle inférieur droit a disparu, emporté dans une cassure. Ses arêtes sont généralement épaufrées et sa surface quelque peu usée, mais l’inscription reste parfaitement lisible.

9De face, la plaque présente une forme rectangulaire, légèrement plus large que haute (larg. 55 cm ; haut. : 51 cm ; prof. en bas : 16 cm ; prof. en haut : 11 cm) ; dans sa profondeur, elle est taillée en sifflet, son épaisseur étant moindre en haut qu’en bas, ce qui assurait une bonne assise au bloc, qui se trouvait manifestement de chant dans l’élévation du monument auquel il appartenait, apparemment sans y être scellé d’aucune manière (fig. 6).

Fig. 6. Relevés de la plaque inscrite.

Fig. 6. Relevés de la plaque inscrite.

Relevés : Jules Ramona. Mise au net : Frédéric Herbin.

10Ses deux lits, ses faces latérales et sa face postérieure ont été grossièrement équarries au taillant, dont les traces caractéristiques sont bien visibles sur toutes ces faces (larg. de l’outil de 6,5 à 7 cm). La face principale a bénéficié d’un plus grand soin et toutes ses surfaces sont polies. Un cadre mouluré large de 8,5 cm, composé d’un bandeau externe et d’une doucine, délimite le champ de l’inscription, qui est surcreusé.

Étude épigraphique

11Champ épigraphique complet (fig. 7) : h. : 36,5 à 35,5 cm ; l. : 40,5 (en haut) à 41 cm (en bas). Hauteur des lettres : l. 1 : 5,4 à 5,6 ; l. 2 : 4,1 à 4,2 ; l. 3 : 3,8 à 3,9 ; l. 4 : 3,9. Belles lettres régulières et bien gravées ; l. 4, petit O au milieu de la ligne et barre d’abréviation sur le chiffre II. L. 3 centrée. Points triangulaires pointe en bas l. 1 après P et avant et après le deuxième P, l. 4 après AED, avant et après VIR ; pas de ponctuation visible l. 2, ni l. 4 après PRO.

Fig. 7. Vue du champ épigraphique.

Fig. 7. Vue du champ épigraphique.

Cliché et mise au net : Jules Ramona.

P(ublio) Valerio P(ublii)
fil(io) Gal(eria)
Primo,
aed(ili), pro (duum)uir(o) bis

12À Publius Valerius Primus, fils de Publius, de la tribu Galeria, édile, ayant fait deux fois fonction de duumvir.

  • 3 Cf. SAVAY-GUERRAZ, 1990, p. 139 ; nous remercions Hugues Savay-Guerraz pour l’expertise qu’il a fa (...)
  • 4 Voir infra et n. 32.

13L’usage de la pierre de Seyssel invite à privilégier une date antérieure à la généralisation du calcaire portlandien du Bugey, vers le milieu du Ier siècle ap. J.-C.3. La paléographie, plutôt ancienne, plaide aussi pour une date assez haute, ainsi que l’aspect général du support, puisque ce genre de plaque à champ épigraphique mouluré est souvent associé à des inscriptions que le formulaire amène à dater du Ier siècle ap. J.-C. et parfois même de la première moitié de celui-ci4. L’étude essaiera de préciser cette datation, mais on peut déjà noter que plusieurs critères suggèrent une date assez ancienne.

  • 5 Cf. BÉRARD, 1999, p. 124-125, et nos 1, 4, 5, 6, 12, 16, 21.
  • 6 Cf. BÉRARD, 1999, nos 21-23 = CIL, XIII, 1923-1925.
  • 7 Cf. BÉRARD, 1999, nos 3 et 14 = CIL, XIII, 1910.
  • 8 CIL, XIII, 1856 = AD, I, 36; cf. BÉRARD, 2015, p. 478-479, n° 27.

14Le défunt porte un gentilice et un cognomen très courants, qui ne permettent guère d’identification. La tribu Galeria montre que nous avons affaire à un citoyen de la colonie de Lyon, où la très grande majorité de ses mentions se trouve justement pour des magistrats ou pour des décurions5. On remarquera que parmi la soixantaine d’occurrences du gentilice Valerius que compte l’épigraphie lyonnaise, deux et peut-être trois concernent des décurions, C. Valerius Antiochus Libanius, L. Valerius Iulianus et un certain Marinus, dont le frère s’appelait Valerius Vallo6. Mais il serait hasardeux de faire le moindre rapprochement entre leurs inscriptions, qui datent toutes de la fin du IIe ou du début du IIIe siècle, et le nouveau texte, qui est beaucoup plus ancien, et il est toujours aussi difficile d’identifier les familles décurionales lyonnaises, si on excepte celle des Acceptii, dont le mausolée peut également être daté de la fin du IIe ou du début du IIIe siècle7. En dehors de l’aristocratie décurionale, le défunt a un parfait homonyme avec l’alumnus d’un vétéran légionnaire retiré à Lyon qui s’appelait Valerius Primus Viperius8 ; mais il n’y a là non plus aucun rapprochement possible, cette épitaphe militaire n’étant pas antérieure au début du IIIe siècle.

  • 9 Cf. le tableau dressé dans BÉRARD, 1999, p. 112-114.
  • 10 AE, 1980, 639 : q(uaestor), aed(ilis), IIuir [---]nor(um) ; cf. BÉRARD, 1999, n° 8, et, pour l’int (...)

15La dernière ligne contient une carrière municipale qui est de loin le principal intérêt de l’inscription. Elle ajoute en effet un nouveau nom à la liste des notables lyonnais déjà connus, qui en comptait une trentaine, mais seulement treize magistrats9, et ce complément est d’autant plus précieux que c’est la première nouveauté depuis l’anonyme qui apparaît comme dédicant sur une des plaques impériales découvertes dans la fouille du Verbe Incarné10.

  • 11 CIL, XIII, 1917 = AD, II, 142 : [---G]al(eria) aedili / [---]ratus liberti ; cf. BÉRARD, 1999, n°  (...)
  • 12 Cf. FABIA, 1911, p. 29 ; WUILLEUMIER, 1953, p. 44 ; BURNAND, 1973, p. 334 et 338 ; BÉRARD, 1999, p (...)
  • 13 Pour un autre exemple de cursus qui semble aussi commencer par l’édilité, voir CIL, XIII, 1912 = A (...)

16La première fonction indiquée est l’édilité, et P. Valerius Primus vient donc s’ajouter aux six édiles déjà connus, dont deux sont datés de la première moitié du Ier siècle, le dédicant anonyme du Verbe Incarné, qui avait exercé auparavant la questure, et un autre anonyme auquel était dédié un des mausolées du célèbre alignement de Trion11. Ce second exemple, dont le cursus semble au contraire commencer par l’édilité, constitue un parallèle particulièrement intéressant pour notre nouveau texte, et il est tentant d’en conclure que, contrairement à ce que qu’on a pu croire12, mais comme dans de nombreuses autres colonies romaines, la questure n’était pas une étape obligatoire au début du cursus municipal lyonnais13.

  • 14 Cf. BÉRARD, 1999, p. 101, nos 3-8.
  • 15 CIL, XII, 4371-4372, 4396, 4401, 4403, 4405, 4417, 4420 = ILN Narbonne, 59, 70, 58, 84, 74, 81, 78 (...)
  • 16 CIL, XIII, 5010 et AE, 1978, 567 (= RISchweiz, II, 47 et 247) ; cf. FREI-STOLBA, 1999, p. 43-45. L (...)
  • 17 Corinth, VIII, 3, 150 ; CIL, III, 605 = CIA, 33 = LIA, 42 ; CIL, III, 4111, AIJ, 279 et AE, 1986, (...)
  • 18 Cf. GASCOU, 1990.

17Après l’édilité on lit pro IIuir(o), qui constitue une véritable surprise. La fonction était en effet inconnue dans la colonie de Lyon, où l’on connaît seulement six duumvirs, dont un seul, l’anonyme du Verbe Incarné, peut être daté du Ier siècle14. Elle est en revanche attestée dans plusieurs villes de Narbonnaise, dont principalement Narbonne et Béziers15, ainsi qu’en Germanie supérieure dans les colonies de Nyon et peut-être d’Avenches16, dans quelques colonies des provinces grecques ou danubiennes, comme Corinthe, Dyrrachium ou Poetovio17, et surtout en Afrique, d’où provient la grande majorité des exemples recensés18. Mais dans tous ces exemples, sans exception, il s’agit toujours de praef(ecti) pro IIuir(o), ou parfois pro IIuir(is), alors que le mot praef(ectus) ne figure pas dans la nouvelle inscription lyonnaise. A-t-il été omis par erreur, ou s’agit-il d’une titulature simplifiée ? Faut-il comprendre au contraire que c’est en tant qu’édile que le défunt avait remplacé un duumvir ? Il est difficile, en l’absence de parallèles, de répondre à cette question, mais l’usage narbonnais, dans lequel la préfecture pro IIuiro vient quatre fois après l’édilité, plaide plutôt pour la première éventualité et donc pour une fonction autonome.

  • 19 Lex Salpensana, 24-25 ; lex Irnitana, 24-25 ; cf. SPADONI, 2004, p. 185-215 sur les praefecti Caes (...)
  • 20 Cf. GASCOU, 1990 et par exemple pour Thugga CIL, VIII, 26519 (= Dougga, Fragments d’histoire, n° 2 (...)
  • 21 Ainsi GASCOU, 1997, p. 79, qui souligne l’importance du territoire de ces cités ; DONDIN-PAYRE, 19 (...)
  • 22 Cf. cependant Corinth, VIII, 3, 150, où la restitution proposée par l’éditeur paraît toutefois inc (...)

18Une autre difficulté est que la fonction de praef(ectus) pro IIuiro est en elle-même ambiguë, puisqu’elle peut désigner soit un remplaçant, ponctuel ou plus durable, du duumvir, soit un adjoint qui le seconderait dans une partie de ses fonctions, ou du territoire de la cité. On trouve ainsi des préfets remplaçant un empereur ou un prince nommé à titre honorifique et d’autres remplaçant un duumvir obligé de s’absenter plus d’une journée de sa cité, deux cas prévus dans les lois municipales espagnoles et bien documentés en Italie19. La fonction d’adjoint, quasiment inconnue en Italie, est bien attestée en Afrique, où les praef(ecti) pro IIuiro, dits parfois simplement praef(ecti) i(ure) d(icundo), apparaissent comme des représentants des duumvirs dans des centres éloignés du chef-lieu, notamment dans des cités ayant un vaste territoire, comme la confédération cirtéenne ou la colonie de Carthage20. Mais on peut l’envisager aussi pour des cités comme Béziers ou Narbonne, où les attestations sont particulièrement nombreuses21. La rareté du titre à Lyon plaiderait plutôt en faveur d'une charge ponctuelle, mais elle n’est guère significative si on tient compte du très petit nombre de carrières municipales connues. L’adverbe bis, dont c’est le seul exemple dans le dossier municipal lyonnais, ne nous éclaire pas davantage, puisqu’il pourrait aussi bien s’appliquer à un édile qui aurait remplacé un duumvir en deux occasions ponctuelles, qu’à une fonction plus régulière que le défunt aurait exercée deux fois. Il faut surtout remarquer que c’est apparemment le seul exemple sûr d’itération de la préfecture pro IIuiro22. Ce n’est pas très étonnant, les praef(ecti) pro IIuiro poursuivant d’ordinaire leur carrière comme duumvirs de plein droit, mais on attendra d’autres attestations pour se prononcer sur une charge qui jette un éclairage nouveau sur une période assez ancienne de l’histoire de la colonie de Lyon. Tout ce qu’on peut dire là encore est que le parallèle narbonnais suggère plutôt un poste intermédiaire situé entre l’édilité et le duumvirat, et une chronologie assez haute, qu’on retrouve aussi dans des colonies comme Corinthe ou Dyrrachium.

Typologie et datation

  • 23 Pour d’autres exemples, cf. AUDIN, GUEY, 1961, p. 114-121 ; BÉRARD, 2007, p. 171 et en dernier lie (...)
  • 24 Cf. AUDIN, BURNAND, 1959, p. 320-321 ; AUDIN, 1974, p. 99 ; AUDIN, LE GLAY, 1976, p. 24-25, à prop (...)
  • 25 Cf. AUDIN, BURNAND, 1959, p. 322, ou AUDIN, GUEY, 1961, p. 114, qui parlent de tablettes de columb (...)
  • 26 Cf. LAUBRY, 2009b, p. 135-136 ; S. Agusta-Boularot, dans ILN, Narbonne, p. 208-210, et pour Bézier (...)
  • 27 Ainsi dans la nécropole de La Robine à Narbonne, où ont été trouvées plusieurs épitaphes sur de pe (...)

19Outre le matériau et la paléographie, la nature du support invite à proposer une date assez ancienne pour cette nouvelle inscription. Sans reprendre ici l’ensemble du dossier23, on signalera seulement quelques plaques à champ épigraphique mouluré connues dans l’épigraphie lyonnaise, qui peuvent fournir d’utiles éléments de comparaison et de datation. Parfois interprétées comme des dalles simplement posées sur la sépulture24, elles pouvaient aussi fermer un loculus funéraire25 ou bien sûr être prises dans la maçonnerie d’un enclos ou d’un monument funéraire26. Mais il est souvent difficile, en l’absence de toute information archéologique, de préciser leur usage exact. On s’est volontairement limité à la documentation lyonnaise et aux plaques de calcaire, à l’exclusion de celles de marbre, qui posent des problèmes spécifiques, même si elles peuvent elles aussi avoir été enchâssées dans des murs d’enclos, de columbaria ou de mausolées27.

  • 28 CIL, XIII, 2119 = AD, III, 298 (60 x 44 cm) ; 2268 = 380 (42 x 62 cm).
  • 29 CIL, XIII, 2266 = AD, III, 378 (47 x 106 cm).
  • 30 ILTG, 249 (43 x 44 x 12 cm), 260 (58 x 63 x 27) et 248 (60 X 76 x 13) ; cf. WUILLEUMIER, 1950 ; DE (...)

20Parmi les découvertes anciennes de la nécropole de Saint-Just - Saint-Irénée, on relève les épitaphes de P. Curtilius Artemon(is) l(ibertus) Anthiocus et de Serenius Licin(us), toutes deux de forme rectangulaire (fig. 8 et 9)28, auxquelles on peut ajouter celle de Sex. Selius Sex. fil. Gal. Homullinus, de dimensions nettement supérieures29. Une fouille d’urgence à Vaise a ensuite fait connaître trois plaques de dimensions voisines, mais de forme carrée, avec les épitaphes de M. Carpinarius Montanus, C. Veratius Verecundi l(ibertus) Ianuarius (fig. 10) et M. Aurelius Anicius, moins bien conservée, mais de forme comparable30.

Fig. 8. Plaque de P. Curtilius Anthiocus.

Fig. 8. Plaque de P. Curtilius Anthiocus.

CIL, XIII, 2119 ; ©photo : Jean-Michel Degueule/ Christian Thioc/ Lugdunum.

Fig. 9. Plaque de Serenius Licinus.

Fig. 9. Plaque de Serenius Licinus.

CIL, XIII, 2268 ; ©photo : Jean-Michel Degueule/ Christian Thioc/ Lugdunum.

Fig. 10. Plaque de C. Veratius Ianuarius.

Fig. 10. Plaque de C. Veratius Ianuarius.

ILTG, 260 ; cliché : ©photo : Jean-Michel Degueule/ Christian Thioc/ Lugdunum.

  • 31 AE, 1973, 333-334, avec respectivement 42,5 x 42,5 x 13,5 cm (champ épigraphique : 30,5 x 32,5 ; l (...)
  • 32 Sur la datation julio-claudienne de la formule, cf. LAUBRY, 2005, p. 299-309.
  • 33 Selon AUDIN, 1974, p. 99, la plaque de Seleucus était « posée sur le sol » et « rendue solidaire d (...)

21Mais le parallèle le plus proche est celui de deux « tablettes carrées en calcaire blanc » découvertes dans un enclos funéraire de la rue Pierre-Audry en 1973, dont l’aspect général et les dimensions sont très proches de celle de P. Valerius Primus, même si elles sont taillées dans la pierre du Midi31. Elles portent les épitaphes de C. Iulius Cottae l(ibertus) Seleucus (fig. 11) et d’un nommé Clemens (fig. 12) et peuvent être datées de la première moitié du Ier siècle de notre ère en raison de la formule hic adquiescit qui termine la première32. Outre la ressemblance typologique, il est intéressant de noter que ces deux plaques ont été découvertes lors la fouille d’enclos funéraires situés le long d’une voie, même si la documentation ne permet pas de préciser leur localisation exacte33.

Fig. 11. Plaque de C. Iulius Seleucus.

Fig. 11. Plaque de C. Iulius Seleucus.

AE, 1973, 333 ; cliché : ©photo : Jean-Michel Degueule/ Christian Thioc/ Lugdunum.

Fig. 12. Plaque de Clemens.

Fig. 12. Plaque de Clemens.

AE, 1973, 334 ; ©photo : Jean-Michel Degueule/ Christian Thioc/ Lugdunum.

  • 34 AE, 1976, 428 ; cf. AUDIN, LE GLAY, 1976, p. 24-25, n° 7, avec une date (100 ap. J.-C.) qui paraît (...)

22La plaque portant l’épitaphe d’Aur(elius) Muc(ianus) a au contraire été découverte en remploi dans une tombe de Saint-Laurent de Choulans (fig. 13)34. Les dimensions sont assez proches (49,5 x 49,5 x 13 cm), et l’absence de trace de ciment a fait supposer qu’elle pouvait être posée directement sur le sol pour couvrir une urne cinéraire. Mais elle est dépourvue de moulures et le formulaire, avec la dédicace aux Mânes et des gentilices abrégés, indique une date nettement postérieure, qui montre que ce type de monument a pu continuer à être utilisé, avec quelques différences, au delà du Ier siècle ap. J.-C.

Fig. 13. Plaque d’Aur(elius) Muc(ianus).

Fig. 13. Plaque d’Aur(elius) Muc(ianus).

AE, 1976, 428 ; ©photo : Jean-Michel Degueule/ Christian Thioc/ Lugdunum.

  • 35 Voir par exemple ILN, Voconces, p. 62 et nos 68, 89, 221 ; ILN, Alba, 9, 19, 25, 27, et DUPRAZ, FR (...)
  • 36 AE, 2017, 942 ; cf. DIAS, RÉMY, 2017.

23Si on élargissait l’enquête à la province de Narbonnaise voisine, on trouverait sans difficulté d’assez nombreuses plaques moulurées du même genre portant une épitaphe35. Même si certaines commencent par la dédicace aux dieux Mânes et ne sont pas antérieures au IIe siècle, une majorité présente, comme la nouvelle inscription du Point-du-Jour, une date assez haute. On se contentera de signaler ici une plaque récemment découverte dans le nord de la cité de Vienne, au bord du Rhône, qui est à la fois très proche de celle de Lyon et très semblable, par ses dimensions (51 x 55 x 30 cm) comme par sa mouluration, à la nouvelle inscription lyonnaise (fig. 14)36 : le défunt, D. Iulius Pacatus, était préfet de pagus et curateur des citoyens romains, et les éditeurs, qui situent son activité avant l’octroi du droit romain à la cité de Vienne, donc dans les premières décennies du Ier siècle, attribuent son épitaphe à un mausolée ou du moins à un important monument funéraire. Il s’agit ainsi d’un parallèle particulièrement intéressant pour la nouvelle inscription du Point-du-Jour, aussi bien du point de vue chronologique que du point de vue typologique.

Fig. 14. Plaque de C. Iulius Pacatus à La Balme-les-Grottes (Isère) ;

Fig. 14. Plaque de C. Iulius Pacatus à La Balme-les-Grottes (Isère) ;

AE, 2017, 942 ; ©photo : Musée d’Hières-sur-Amby.

24L’absence de tout système de scellement ou de trace de mortier suggère que notre bloc n’était pas pris dans une maçonnerie et plaiderait plutôt en faveur d’un bloc couvrant une tombe. D’un autre côté, la présence de moulures ne s’accorde guère avec l’hypothèse d’une pierre posée à plat, qui aurait pu être endommagée par la stagnation des eaux de pluie ou sur laquelle un visiteur distrait aurait pu trébucher. On peut dans ces conditions suggérer une troisième hypothèse : que le bloc ait été posé de chant et ait servi de tabula permettant de fermer un loculus maçonné dans l’hypogée ou la chambre d’un monument ou d’un complexe funéraire de taille indéterminée. Le fait que le bloc soit taillé en sifflet constitue un argument supplémentaire en ce sens. Quant à la forme que pouvait avoir ce monument, en l’absence d’autres blocs ou de tout élément objectif permettant de rattacher notre inscription à l’une ou l’autre des structures mises au jour au cours de la fouille du secteur, il semble impossible de la préciser davantage.

  • 37 CIL, XIII, 1917 = AD, II, 142 (cf. supra, note 11), et pour Turpio CIL, XIII, 1941 = AD, II, 147 ; (...)

25Les quelques parallèles que nous avons réunis invitent aussi à la prudence. Il s’agit en général de défunts d’un niveau social relativement modeste, souvent affranchis, comme P. Curtilius Anthiocus, C. Iulius Seleucus ou C. Veratius Ianuarius. Il est un peu surprenant de trouver parmi eux un magistrat de la colonie, alors que les rares élites connues à cette époque ont des tombes apparemment plus prestigieuses, comme l’édile anonyme dont le titre apparaît sur l’architrave d’un des mausolées de l’alignement de Trion, ou bien sûr dans la même nécropole le sévir Q. Caluius Turpio37. Mais le monument auquel cette inscription appartenait, dont on ignore tout, pouvait avoir une certaine importance, et on a vu que dans la cité voisine de Vienne une plaque tout à fait analogue porte l’épitaphe d’un notable qui avait été préfet de pagus et curateur des citoyens romains. Quant aux datations, même si elles restent parfois approximatives, les parallèles sont suffisamment nombreux pour qu’on puisse dater l’épitaphe de P. Valerius Primus du Ier siècle, sans doute plutôt dans la première moitié ou vers le milieu de celui-ci. C’est un argument supplémentaire en faveur du titre de (praefectus) pro IIuir(o), qui, comme on l’a vu, se trouve souvent à des époques assez anciennes, même s’il en existe aussi, notamment, mais pas uniquement, en Afrique, des exemples plus récents.

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Notes

1 CAG, 69-2, p. 697-699.

2 Inventoriée sous le numéro 693852214257M065L009.

3 Cf. SAVAY-GUERRAZ, 1990, p. 139 ; nous remercions Hugues Savay-Guerraz pour l’expertise qu’il a faite de la nouvelle inscription.

4 Voir infra et n. 32.

5 Cf. BÉRARD, 1999, p. 124-125, et nos 1, 4, 5, 6, 12, 16, 21.

6 Cf. BÉRARD, 1999, nos 21-23 = CIL, XIII, 1923-1925.

7 Cf. BÉRARD, 1999, nos 3 et 14 = CIL, XIII, 1910.

8 CIL, XIII, 1856 = AD, I, 36; cf. BÉRARD, 2015, p. 478-479, n° 27.

9 Cf. le tableau dressé dans BÉRARD, 1999, p. 112-114.

10 AE, 1980, 639 : q(uaestor), aed(ilis), IIuir [---]nor(um) ; cf. BÉRARD, 1999, n° 8, et, pour l’interprétation du cursus, p. 119-122.

11 CIL, XIII, 1917 = AD, II, 142 : [---G]al(eria) aedili / [---]ratus liberti ; cf. BÉRARD, 1999, n° 12.

12 Cf. FABIA, 1911, p. 29 ; WUILLEUMIER, 1953, p. 44 ; BURNAND, 1973, p. 334 et 338 ; BÉRARD, 1999, p. 112-114, avec un point de vue un peu plus nuancé.

13 Pour un autre exemple de cursus qui semble aussi commencer par l’édilité, voir CIL, XIII, 1912 = AD, II, 140 : [---dec(urioni)] / c(oloniae) C(opiae) C(laudiae) Aug(ustae) Lug(uduni), a[edili ? ---] ; cf. BÉRARD, 1999, n° 9 et p. 113.

14 Cf. BÉRARD, 1999, p. 101, nos 3-8.

15 CIL, XII, 4371-4372, 4396, 4401, 4403, 4405, 4417, 4420 = ILN Narbonne, 59, 70, 58, 84, 74, 81, 78 ; pour Béziers CIL, XII, 4230, 4250, 4402 (= ILN Narbonne, 73) et ILGN, 558 et 559 ; cf. GASCOU, 1997, p. 78-80 et 85-88, qui signale aussi (p. 102-103) un exemple à Aix (ILN Aix, 28), ainsi qu’un probable (p. 127-128) à Marseille (CIL, V, 7914), et observe (p. 136) que la fonction suit toujours l’édilité et précède en revanche le duumvirat ; M.-Th. Raepsaet-Charlier, dans ILN Narbonne, p. 88-89.

16 CIL, XIII, 5010 et AE, 1978, 567 (= RISchweiz, II, 47 et 247) ; cf. FREI-STOLBA, 1999, p. 43-45. La restitution du titre dans un des cursus fragmentaires d’Avenches (CIL, XIII, 5105 = AE, 2009, 936) est jugée très douteuse par R. Frei-Stolba (p. 83), mais ne paraît pas impossible au vu des fragments conservés.

17 Corinth, VIII, 3, 150 ; CIL, III, 605 = CIA, 33 = LIA, 42 ; CIL, III, 4111, AIJ, 279 et AE, 1986, 568 ; sur les magistrats de Dyrrachium, voir en dernier lieu DESTEPHEN, 2012.

18 Cf. GASCOU, 1990.

19 Lex Salpensana, 24-25 ; lex Irnitana, 24-25 ; cf. SPADONI, 2004, p. 185-215 sur les praefecti Caesaris ou Imperatoris et 217-233 sur les praefecti dits ‘municipales’ ; mais on remarquera que parmi ces derniers, un seul est dit praef(ectus) pro IIu[iro] (n° 54 = AE, 1987, 238c, à Terracine), les titres les plus fréquents étant praef(ectus) i(ure) d(icundo) ou praef(ectus) tout court.

20 Cf. GASCOU, 1990 et par exemple pour Thugga CIL, VIII, 26519 (= Dougga, Fragments d’histoire, n° 24) et 26615, auxquelles il faut ajouter AE, 1997, 1655.

21 Ainsi GASCOU, 1997, p. 79, qui souligne l’importance du territoire de ces cités ; DONDIN-PAYRE, 1999, p. 184-186 ; M.-Th. Raepsaet-Charlier, dans ILN Narbonne, p. 88-89. Mais un praefectus pro IIuiro C. Caesaris Augusti f. est connu à Béziers : CIL, XII, 4230.

22 Cf. cependant Corinth, VIII, 3, 150, où la restitution proposée par l’éditeur paraît toutefois incertaine ; pour des exemples d’itération d’autres types de préfecture municipale, cf. SPADONI, 2004, p. 229-231.

23 Pour d’autres exemples, cf. AUDIN, GUEY, 1961, p. 114-121 ; BÉRARD, 2007, p. 171 et en dernier lieu LAUBRY, 2021, p. 347-348.

24 Cf. AUDIN, BURNAND, 1959, p. 320-321 ; AUDIN, 1974, p. 99 ; AUDIN, LE GLAY, 1976, p. 24-25, à propos d’AE, 1976, 428, à Saint-Laurent de Choulans.

25 Cf. AUDIN, BURNAND, 1959, p. 322, ou AUDIN, GUEY, 1961, p. 114, qui parlent de tablettes de columbaria ; AUDIN, 1974, p. 99 ; pour des parallèles extérieurs à Lyon S. Agusta-Boularot, dans ILN, Narbonne, p. 208, et ILN, Narbonne, 108 ; ILN, Die, p. 62 et nos 68, 89, 221.

26 Cf. LAUBRY, 2009b, p. 135-136 ; S. Agusta-Boularot, dans ILN, Narbonne, p. 208-210, et pour Béziers AGUSTA-BOULAROT et alii, 2009, p. 450-451.

27 Ainsi dans la nécropole de La Robine à Narbonne, où ont été trouvées plusieurs épitaphes sur de petites plaques de marbre qui pouvaient appartenir à des monuments relativement modestes : cf. BONSANGUE, 2019 et ILN, Narbonne, 108, 122, etc.

28 CIL, XIII, 2119 = AD, III, 298 (60 x 44 cm) ; 2268 = 380 (42 x 62 cm).

29 CIL, XIII, 2266 = AD, III, 378 (47 x 106 cm).

30 ILTG, 249 (43 x 44 x 12 cm), 260 (58 x 63 x 27) et 248 (60 X 76 x 13) ; cf. WUILLEUMIER, 1950 ; DELAVAL, 1995, p. 30, n° 19.

31 AE, 1973, 333-334, avec respectivement 42,5 x 42,5 x 13,5 cm (champ épigraphique : 30,5 x 32,5 ; lettres de 6 à 4 cm) et 42 x 46,5 x 12,5 cm (champ épigraphique : 30,5 x 29 cm ; lettres de 5 cm) ; cf. AUDIN, 1974, p. 99-100 ; SAVAY-GUERRAZ, 1990, p. 138 ; DELAVAL, 1995, p. 28-29, n° 12.

32 Sur la datation julio-claudienne de la formule, cf. LAUBRY, 2005, p. 299-309.

33 Selon AUDIN, 1974, p. 99, la plaque de Seleucus était « posée sur le sol » et « rendue solidaire du coffre de maçonnerie contenant l’urne par un crampon métallique de 6 cm » ; mais il semble s’agir d’une interprétation et non d’une donnée de fouille : cf. LASFARGUES et alii, 1973.

34 AE, 1976, 428 ; cf. AUDIN, LE GLAY, 1976, p. 24-25, n° 7, avec une date (100 ap. J.-C.) qui paraît un peu haute.

35 Voir par exemple ILN, Voconces, p. 62 et nos 68, 89, 221 ; ILN, Alba, 9, 19, 25, 27, et DUPRAZ, FRAISSE, 2001, p. 166-173 ; etc.

36 AE, 2017, 942 ; cf. DIAS, RÉMY, 2017.

37 CIL, XIII, 1917 = AD, II, 142 (cf. supra, note 11), et pour Turpio CIL, XIII, 1941 = AD, II, 147 ; sur l’alignement de Trion, voir TRANOY et alii, 2009, p. 263-268 et 278-279. Pour un autre sévir, Acutus, on trouve une plaque en marbre et de dimensions nettement supérieures (CIL, XIII, 1813 = AD, I, 30) : cf. BÉRARD, 2010.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Localisation de la fouille dans Lyon et son agglomération.
Crédits Sources : données archéologiques ALyAS Service archéologique Ville de Lyon ; fond de plan Métropole du Grand Lyon, Cadastre / Cartographie : E. Leroy SAVL.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17825/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
Titre Fig. 2. Plan de localisation de la fouille et contexte archéologique antique.
Crédits Sources : données archéologiques ALyAS Service archéologique Ville de Lyon ; fond de plan Métropole du Grand Lyon, Cadastre / Cartographie : E. Leroy SAVL.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17825/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 717k
Titre Fig. 3. Le site du 65 avenue du Point du Jour (69005).
Légende Plan simplifié des vestiges.
Crédits DAO : Jules Ramona.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17825/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 185k
Titre Fig. 4. Vue en coupe depuis l’est de la fosse d’extraction d’argile creusée au-devant du mur de l’espace compartimenté.
Crédits Cliché : Jules Ramona.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17825/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 836k
Titre Fig. 5. Vue de la plaque inscrite en contexte de découverte.
Crédits Cliché : Jules Ramona.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17825/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 1,2M
Titre Fig. 6. Relevés de la plaque inscrite.
Crédits Relevés : Jules Ramona. Mise au net : Frédéric Herbin.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17825/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 371k
Titre Fig. 7. Vue du champ épigraphique.
Crédits Cliché et mise au net : Jules Ramona.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17825/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 1,4M
Titre Fig. 8. Plaque de P. Curtilius Anthiocus.
Crédits CIL, XIII, 2119 ; ©photo : Jean-Michel Degueule/ Christian Thioc/ Lugdunum.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17825/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 1,6M
Titre Fig. 9. Plaque de Serenius Licinus.
Crédits CIL, XIII, 2268 ; ©photo : Jean-Michel Degueule/ Christian Thioc/ Lugdunum.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17825/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 1,5M
Titre Fig. 10. Plaque de C. Veratius Ianuarius.
Crédits ILTG, 260 ; cliché : ©photo : Jean-Michel Degueule/ Christian Thioc/ Lugdunum.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17825/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 1,7M
Titre Fig. 11. Plaque de C. Iulius Seleucus.
Crédits AE, 1973, 333 ; cliché : ©photo : Jean-Michel Degueule/ Christian Thioc/ Lugdunum.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17825/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 2,2M
Titre Fig. 12. Plaque de Clemens.
Crédits AE, 1973, 334 ; ©photo : Jean-Michel Degueule/ Christian Thioc/ Lugdunum.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17825/img-12.jpg
Fichier image/jpeg, 2,0M
Titre Fig. 13. Plaque d’Aur(elius) Muc(ianus).
Crédits AE, 1976, 428 ; ©photo : Jean-Michel Degueule/ Christian Thioc/ Lugdunum.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17825/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 1,6M
Titre Fig. 14. Plaque de C. Iulius Pacatus à La Balme-les-Grottes (Isère) ;
Crédits AE, 2017, 942 ; ©photo : Musée d’Hières-sur-Amby.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17825/img-14.jpg
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Pour citer cet article

Référence papier

François Bérard, Frédéric Herbin et Jules Ramona, « Un nouveau magistrat lyonnais sur une épitaphe découverte au ‘point-du-jour’ »Revue archéologique de l’Est, Tome 72 | 2023, 459-470.

Référence électronique

François Bérard, Frédéric Herbin et Jules Ramona, « Un nouveau magistrat lyonnais sur une épitaphe découverte au ‘point-du-jour’ »Revue archéologique de l’Est [En ligne], Tome 72 | 2023, mis en ligne le 20 décembre 2023, consulté le 13 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/17825

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Auteurs

François Bérard

ENS - EPHE - PSL, UMR 8546 AOROC

Frédéric Herbin

Archéologue indépendant

Jules Ramona

Service archéologique de la Ville de Lyon puis DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, UMR 5138

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