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Les ateliers de potiers du haut Moyen Âge du 8 rue Georges Brusson à Sevrey (Saône-et-Loire)

Antoine Guicheteau, Anne Ahü-Delor, Alexandre Beaudet, Céline Brun, Anne-Lise Bugnon, David Cambou, Sylvie Coubray, Geneviève Daoulas, Florent Delencre, Gaétan Gouérou, Luc Jaccottey, Dominique Sordoillet et Valérie Thirion-Merle
p. 359-427

Résumés

Une fouille préventive réalisée en 2018 dans le village de Sevrey, avant la construction d’une maison individuelle au 8 de la rue Georges Brusson, a permis l’étude de vestiges d’ateliers de potiers du haut Moyen Âge. Bien que l’emprise de l’opération se limite à une superficie de 270 m2, plusieurs dizaines de structures directement liées à l’artisanat de la céramique, dont quatre fours, ont été mises au jour. L’étude des près de 30 000 tessons recueillis renouvelle nos connaissances sur l’évolution des productions potières médiévales tout en permettant de préciser la typo-chronologie de la céramique de Sevrey. En outre, les études paléoenvironnementales, physico-chimique et pétrographique réalisées offrent la possibilité de mieux appréhender le contexte global de la production potière. Tout ceci concourt donc à un enrichissement considérable des données disponibles concernant le pôle de production de Sevrey au Moyen Âge.

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Texte intégral

I. Les ateliers de potiers médiévaux de Sevrey, une recherche au long cours

1Le village de Sevrey se situe à environ 5 km au sud de Chalon-sur-Saône, première aire urbaine de Saône-et-Loire, et à 3 km à l’ouest de la Saône (fig. 1). La notoriété archéologique de la commune repose sur l’importance des recherches effectuées dans ce village de potiers, continues depuis les années 1970. Si, dès la fin du XIXe siècle, les érudits locaux se sont intéressés aux potiers de Sevrey (CANAT de CHIZY, 1884), il faudra attendre les années 1970 pour qu’aboutisse la publication d’un travail de référence concernant l’évolution de la topographie des ateliers et la chrono-typologie des productions céramiques (RENIMEL, 1974). Les travaux conduits alors permettent d’appréhender l’importance des ateliers de Sevrey, fondée sur la présence de gisements d’argile et de sable mais aussi de bois, la proximité d’axes de communication majeurs comme la Saône (BONNAMOUR, 1992) ou la voie d’Agrippa, et d’un important centre urbain – Chalon-sur-Saône –, ainsi que sur un savoir-faire artisanal directement hérité de l’Antiquité (MOUTON-VENAULT, AHÜ-DELOR, 2017). Dès lors, le développement des recherches archéologiques, conduites par des bénévoles puis par des professionnels de l’archéologie préventive, accompagne l’aménagement du bourg de Sevrey. Sans revenir sur l’ensemble des opérations réalisées depuis près d’un demi-siècle (fig. 2), il convient de signaler l’apport majeur que représente des opérations comme celle aux lieux-dits La Serve en 1986 et 1987 (AUGROS, DEPIERRE, 1991), qui porte sur des vestiges de la période mérovingienne, ou Les Chagnots en 1993, sur des ateliers relevant plutôt des Xe-XIe siècles (PETIDENT, 1994) puis en 1994 sur les vestiges d’un bâtiment du Haut-Empire et d’habitats médiévaux (VAXELAIRE, 1994). En parallèle, de nombreux travaux de recherche en céramologie ou sur des habitats du Val de Saône (CATTEDDU et alii, 1992 ; FAURE-BOUCHARLAT, 2001) permettent de prendre la mesure de l’importance des productions des ateliers du sud de Chalon-sur-Saône pour la période mérovingienne – au premier rang desquels apparaît Sevrey aux côtés d’autres officines répertoriées à La Charmée, Givry et Saint-Ambreuil (BONNAMOUR, 1976 ; THIRAULT, 1992 ; BLANCHOT, 2004) – et durant tout le Moyen Âge (PETIDENT, POIL, 1998 ; MANI, 2004).

Fig. 1. L’activité archéologique dans les environs de Chalon-sur-Saône.

Fig. 1. L’activité archéologique dans les environs de Chalon-sur-Saône.

A. Guicheteau.

Fig. 2. Localisation des opérations réalisées dans le bourg de Sevrey jusqu’en 2021, reportées sur le cadastre de 1830.

Fig. 2. Localisation des opérations réalisées dans le bourg de Sevrey jusqu’en 2021, reportées sur le cadastre de 1830.

A. Guicheteau, Archives départementales de Saône-et-Loire.

  • 1 PCR intitulé « Sevrey : archéologie d’un village de potiers au Moyen Âge et aux Temps modernes », (...)

2En s’inscrivant dans une surface de près de 5000 m2, la fouille préventive réalisée au lieu-dit Les Tupiniers en 2003 constitue une référence pour la compréhension des ateliers de potiers du haut Moyen Âge (DELOR-AHÜ et alii, 2005) en mettant en évidence un bâti relativement épars pour la période mérovingienne, contrastant avec la densification de l’espace et le regroupement en un véritable quartier artisanal des constructions et des structures de production, dont plusieurs fours, à partir du IXe siècle. Depuis les années 2000, la densification des centres villageois a constitué un changement de paradigme dans la recherche archéologique en permettant d’étudier des secteurs jusqu’ici peu impactés par l’archéologie préventive (CARRÉ et alii, 2007). Du fait d’un suivi attentif des agents du Service régional de l’archéologie, les opérations sur des parcelles réduites se sont multipliées, permettant d’amasser une remarquable moisson de données, notamment l’étude d’un four de potier des Xe-XIe siècles en 2007 (MANI et alii, 2015), et de mieux connaître la topographie du village et des ateliers. De fait, en 2021, plus de 7 ha de terrains situés dans le bourg ou à proximité immédiate ont été sondés et près de 1,25 ha entièrement décapé. La multiplication des informations a donné l’élan à un projet collectif de recherche en 20211 se donnant pour objectif de dresser un bilan des connaissances sur la topographie de Sevrey et la typo-chronologie des céramiques produites, de dresser la cartographie de l’aire de diffusion des vases, qui s’étend jusqu’à la mer Méditerranée aux VIe-VIIe siècles (RAYNAUD, BOUCHARLAT, 2007) mais aussi de publier les principaux résultats des opérations de terrain.

II. Au cœur d’un village de Potiers médiévaux

  • 2 L’opération a duré deux mois et mobilisé quatre archéologues. L’ensemble des structures a été inté (...)

3La fouille préventive réalisée en 2018 se situe au cœur du village de Sevrey, au 8 de la rue Georges Brusson2. L’intérêt du gisement repose sur la présence de quatre fours de potiers, la chronologie de trois d’entre eux s’échelonnant de la fin du VIIIe au IXe siècle. L’étude des céramiques provenant de ces derniers a permis d’établir un référentiel céramologique pour cette période jusqu’ici largement méconnue dans le Val de Saône. Plusieurs dizaines de faits archéologiques ont pu être étudiées sur une superficie limitée à 270 m2 (GUICHETEAU, 2020b). La densité est donc importante – particulièrement sur le secteur le plus élevé du terrain (fig. 3) –, les recoupements sont nombreux et des phénomènes de stratification ont pu être mis en évidence. La chronologie des vestiges liés à la production potière s’échelonne des VIe-VIIe siècles au milieu du XIe siècle. Les faits datés entre le VIe et le IXe siècle apparaissent sous un horizon de limon fin gris foncé, au sein duquel s’ouvrent les structures en creux relevant de la phase Xe-XIe siècles. Enfin, les vestiges les plus récents apparaissent directement sous l’horizon de terre végétale.

Fig. 3. Plan général des vestiges par rapport aux différences altimétriques d’apparition du substrat et des faits archéologiques sur la parcelle.

Fig. 3. Plan général des vestiges par rapport aux différences altimétriques d’apparition du substrat et des faits archéologiques sur la parcelle.

A. Guicheteau.

4Les vestiges du haut Moyen Âge apparaissent donc, selon leur chronologie exacte, sous ou au sein d’une strate de fin limon gris foncé présente sur l’ensemble de la parcelle. L’épaisseur moyenne de ce niveau, situé entre la terre végétale et le substrat argilo-sableux orangé du fait de nodules d’oxydes de fer, est de 10 à 15 cm. À l’œil nu, de nombreux nodules de charbon de bois et des tessons de poterie très fragmentés peuvent y être distingués. La morphologie de ce niveau n’est pas sans évoquer, toutes proportions gardées, les terres noires, dont le concept est généralement réservé aux contextes urbains (FONDRILLON, 2009) mais dont les occurrences semblent parfois apparaître dans le monde rural, dans des cadres sans doute spécifiques (LOUIS, 2004).

  • 3 Nous remercions K. Ismaïl-Meyer, P. Rentzel, D. Marguerie, M. Cabanis, R.I. Macphail, A. Dufraisse (...)

5Une étude micromorphologique a été réalisée sur toute la hauteur de cette couche afin de préciser les modalités de sa formation. L’accumulation sédimentaire se caractérise par la fréquence des constituants issus d’activités domestiques ou artisanales, parfois très fortement chauffés, voire fondus (fig. 4). On observe ainsi des restes végétaux et animaux (fragments de plantes, charbons de bois, esquilles d’os, coquilles d’œufs, écailles de poissons) et des résidus d’activités artisanales (fragments de poterie, métalliques, scories vitreuses). À différentes hauteurs de la couche, des graviers ou des charbons allongés disposés à plat, ainsi que des vides lenticulaires subhorizontaux témoignent de l’épaississement progressif de cette couche par accumulation continue de déchets sur les paléosurfaces de circulation. Parmi tous ces éléments anthropiques, d’étranges charbons n’ont pas pu être définitivement identifiés, malgré l’expertise de plusieurs collègues géoarchéologues ou archéobotanistes3. Pour Q. Borderie, P. Rentzel et K. Ismail-Meyer, il faut envisager la possibilité de porridge ou de pain carbonisé. Pour A. Mayoral et M. Cabanis, l’interprétation comme charbons vitrifiés est probable, l’un d’entre eux pouvant être issu de la transformation d’un bois hétéroxylé de feuillu (angiosperme). Enfin, R.I. Macphail (in e-litteris) précise que « pottery workshop and charcoal-slag could go together ». Les conditions nécessaires à l’obtention des charbons vitrifiés ne sont pas complètement comprises ainsi que le soulignent D. Marguerie et J.-Y. Hunot (MARGUERIE, HUNOT, 2007). Pour ces auteurs, de multiples contextes de combustion peuvent conduire à ces faciès, même s’ils rappellent que d’après F. H. Schweingruber (SCHWEINGRUBER, 1982), des combustions rapides à fortes températures peuvent entraîner la vitrification des charbons. Il est possible que les charbons de Sevrey soient issus de la combustion d’éléments de différentes natures. Des analyses complémentaires vont donc être entreprises afin de mieux les caractériser et de mieux cerner les activités domestiques ou artisanales impliquées dans leur formation. Quels que soient les résultats de ces analyses, les caractéristiques micromorphologiques de ce dépôt sédimentaire indiquent déjà clairement que la quasi-totalité de la couche est la conséquence des multiples activités humaines, de consommation mais aussi de production, pratiquées à Sevrey au cours du haut Moyen Âge.

Fig. 4. La couche archéologique de Sevrey est riche en résidus de combustion visibles à l’œil nu sur les lames.

Fig. 4. La couche archéologique de Sevrey est riche en résidus de combustion visibles à l’œil nu sur les lames.

L’observation de certains restes carbonisés au microscope révèle des caractéristiques morphologiques originales, différentes de celles classiquement observées sur les charbons de bois, et peut-être liées aux conditions de combustion régnant dans les fours des artisans.
a. Scan de la lame mince ; b. photo au microscope.

D. Sordoillet.

III. Les vestiges de la période mérovingienne

6Même si quelques pièces lithiques – éclats et fragments de lames – en position secondaire témoignent d’un peuplement plus ancien, la chronologie des plus anciennes structures mises au jour relève des VIe-VIIe siècles, du fait des tessons de céramique bistre récupérés dans leur remplissage. Trois fosses et un trou de poteau marquent l’implantation d’activités artisanales sur le terrain (fig. 5). Les fosses F.16 et F.62 présentent des plans quadrangulaires aux angles arrondis, des fonds plats et leur grand côté s’oriente selon un axe sud-est/nord-ouest, parallèle à l’actuelle rue Georges Brusson. Le maintien de cet axe directeur dans l’orientation de vestiges toutes périodes confondues constitue un indice permettant d’envisager l’ancienneté de cet axe viaire, même si son tracé précis a pu évoluer quelque peu au fil du temps.

Fig. 5. Les vestiges des VIe-VIIe siècles.

Fig. 5. Les vestiges des VIe-VIIe siècles.

A. Guicheteau.

7La présence d’un pot complet rejeté dans le comblement de la fosse F.16 est un premier élément suggérant une production artisanale dans le secteur, mais la nature de la fosse F.70 constitue sans doute un élément plus probant. La structure de plan subcirculaire, perturbée par plusieurs creusements postérieurs, se développe sur une longueur de 3,4 m et une largeur de 2,9 m ; elle présente un profil très ouvert, sa profondeur n’excède pas 0,3 m. Son originalité réside dans les nombreux tessons de poterie très fragmentés reposant sur le fond de la structure. Deux fragments d’une même lame en silex sont aussi enregistrés (fig. 6). La lame a sans doute été récupérée et réemployée, peut-être comme racloir ou tournassin, par les potiers mérovingiens (BAZZANA, 2010, fig. 1 ; ADRIAN, FAVENNEC, 2019, fig. 10), selon une pratique largement attestée sur les ateliers de potiers antiques, notamment pour les haches polies (POUX et alii, 2014, p. 407).

Fig. 6. Lame découverte sur le fond de la fosse F.70.

Fig. 6. Lame découverte sur le fond de la fosse F.70.

P. Quenton.

8Un échantillon non déstructuré destiné à l’analyse micromorphologique a été prélevé à la base de la fosse F.70 (fig. 7). Les observations portent sur les zones épargnées par l’activité biologique secondaire. L’encaissant de la fosse est caractérisé par le bon tri des grains, qui indique le passage au substrat du site, formé par des alluvions du Quaternaire ancien. Au-dessus, la juxtaposition de plages sablo-limoneuses de granulométrie variée et plus ou moins oxydées s’explique par le remaniement du sommet de ces alluvions anciennes lors du creusement et fonctionnement de la fosse. Localement, des unités lenticulaires compactes et subhorizontales rappellent la structuration des surfaces piétinées (SORDOILLET, 2009 ; BORDERIE et alii, 2018). Vers le haut de la lame, la disposition à plat d’éléments allongés s’accorde également avec l’existence d’une paléosurface au fond de la fosse F.70. Le remplissage de la fosse et la partie sommitale des alluvions remaniées sont marqués par l’augmentation de la teneur en argile.

Fig. 7. Des éléments allongés à plat ou des unités lenticulaires compactes enrichies en fraction fine (LC), soulignent l’existence de paléosurfaces.

Fig. 7. Des éléments allongés à plat ou des unités lenticulaires compactes enrichies en fraction fine (LC), soulignent l’existence de paléosurfaces.

La situation de la photo prise au microscope, est indiquée par le petit rectangle sur la lame mince.
a. Scan de la lame mince ; b. photo au microscope ; B = Bioturbation.

D. Sordoillet.

9Ces différentes observations de terrain nous amènent à proposer l’hypothèse d’une fosse ou aire faiblement excavée, utilisée pour le foulage de l’argile par piétinement, humain ou animal, technique mise en œuvre pour disposer d’un matériau plus propice au tournage et façonnage des pots. Cette activité de préparation primaire de la matière première était fréquemment réalisée à l’aire libre, selon des exemples ethnographiques (DESBAT, 1989, p. 143 ; ALLIOS, 2004, p. 92). Cette technique, connue pour la période antique, est manifestement toujours pratiquée au début du haut Moyen Âge, comme l’illustre le célèbre exemple de la lettre d’Avit de Vienne à son frère Apollinaire, évêque de Valence. De fait, l’évêque de Vienne commande l’envoi d’un artifex figulus capable de diriger « des choses telles que les mesures adéquates pour la cheminée des fours de potier ou la distance interne entre les parois d’argile de la fosse, permettant d’écraser l’argile à cuisson à l’aide des pieds des animaux » (AVIT, ep. LXXVIII, trad. adaptée de SHANZER, WOOD, 2002, p. 255-257). En quelques mots, l’évêque de Vienne démontre une connaissance de plusieurs spécificités relatives à la construction ou à l’entretien d’ateliers céramiques : la nécessité de mesures particulières pour la construction des fours et des fosses de marchage. Si les mentions de potiers dans les textes alto-médiévaux sont souvent des interpolations bibliques ou antiques, on peut écarter cette interprétation pour ce passage. Certes, le foulage de l’argile est mentionné dans la Vulgate, mais par pieds d’hommes, et on n’y décrit pas une fosse, alors qu’Avit parle explicitement d’une fosse particulière et destinée au piétinement animal (ISAÏE, 41, 25). De même, on reconnaît possiblement le foulage de l’argile dans deux scènes de briquetiers du Pentateuque dit d’Ashburnham, daté autour de 700 (fol. 56r et 58r). Toutefois, le travail se fait à la houe, ce qui peut autant représenter la collecte que la préparation de l’argile. De plus, la perspective du dessin ne permet pas de déterminer si l’image représente une fosse ou simplement une aire de travail en surface (FAVENNEC, 2016, vol. 1, p. 207-210).

10Ainsi, le témoignage d’Avit permet-il de confirmer l’existence de structures particulières destinées à la préparation de l’argile. La construction de ces dernières, comme les fours d’ailleurs, pouvait bénéficier de la supervision d’un artisan spécialiste. Même si la prudence incombe quant à l’interprétation définitive de cette fosse, l’hypothèse reste intéressante et questionne notre perception des structures de production autres que les fours, encore trop rarement identifiées pour la période mérovingienne (FAVENNEC, 2016, vol. 1, p. 269-270).

IV. Les fours de la fin du viiie et du ixsiècle

11À l’exception d’un unique trou de poteau, la période est marquée par l’installation successive de trois fours de potiers (fig. 8), dont seules les parties excavées dans le substrat sont conservées. La céramique récupérée dans les comblements des vestiges présente un faciès propre à un groupe technique de la période, nommé céramique grise fine.

Fig. 8. Les vestiges de la fin du VIIIe et du IXe siècles.

Fig. 8. Les vestiges de la fin du VIIIe et du IXe siècles.

A. Guicheteau.

IV.1. Le four F.200

12Le four F.200 est impacté par quelques creusements postérieurs et son aire de travail n’a pu être entièrement dégagée dans l’emprise de l’opération. Il est orienté selon un axe sud-ouest/nord-est strictement perpendiculaire à l’orientation de l’actuelle rue Georges Brusson et pratiquement parallèle à celle du four F.300. Au sein de l’emprise, le four F.200 présente une longueur de 1,76 m, de 2,62 m avec la portion fouillée de la fosse d’accès, et une largeur maximale de 1,25 m (fig. 9 et 10). La chambre de cuisson à volume unique est au sud-ouest et s’ouvre vers le nord-est. Elle est de plan subcirculaire, d’un diamètre de 1,16 m. Elle est reliée à l’aire de travail par un petit alandier long d’environ 0,6 m et large de 0,4 m. Sa superficie avoisine 1,4 m2. Les parois et le fond sont matérialisés par une bande d’argile sableuse dont l’épaisseur moyenne est d’environ 0,03 m. Compactée sous l’effet de fortes températures, elle présente une teinte rouge à grisée là où la chaleur fut la plus intense, essentiellement sur les parois et au niveau des deux plots internes. Seule une zone grisée conservée au niveau de la gueule du four pourrait marquer l’emplacement d’un foyer.

Fig. 9. Plan et coupe du four F.200.

Fig. 9. Plan et coupe du four F.200.

A. Guicheteau.

Fig. 10. Le four 200.

Fig. 10. Le four 200.

A. Guicheteau.

13Deux plots internes en terre sont établis au cœur de la chambre de cuisson. Ils présentent un plan oblong, avec un côté droit vers le centre de la chambre de cuisson et un côté subcirculaire épousant la forme générale des parois de la chambre, distantes d’une vingtaine de centimètres. Les deux plots ménagent un canal au centre de la chambre large d’une quinzaine de centimètres. Leur grande longueur s’inscrit dans un axe similaire à celui de l’axe général du four F.200. Le plot nord-est, l’US 205, présente une longueur de 0,74 m et une largeur maximale de 0,28 m. Sa hauteur n’excède pas 0,12 m. La surface du plot est plane, avec un pendage du sud-ouest vers le nord-est de 193,92 m NGF à 193,85 m NGF. Le plot sud-ouest, l’US 206, mesure 0,82 m de long et 0,29 m de large. Comme le plot US 205, sa hauteur maximale est de 0,12 m. Là encore, la surface du plot est plane, avec un pendage similaire de 193,96 m NGF à 193,90 m NGF. Ce phénomène de pendage constaté pour les plots se retrouve également pour le fond de la chambre de cuisson, puisque ce dernier suit une pente douce depuis 193,91 m NGF au sud-ouest jusqu’à 193,76 m au nord-est avant de remonter à 193,79 m NGF au niveau de la gueule du four.

  • 4 Le détail de l’analyse est dans la partie VII.3.3.

14Afin de déterminer la composition et la technique de fabrication des plots, un prélèvement micromorphologique a été réalisé dans le plot US 205, qui a conduit à la fabrication de deux lames superposées. Les lames montrent une accumulation hétérogène avec la juxtaposition d’unités sableuses ou limoneuses, claires ou oxydées. L’origine alluviale des grains est attestée par leur forme arrondie et leur bon tri granulométrique au sein des différentes unités, mais l’absence d’organisation sédimentaire alluviale in situ implique un dépôt en position secondaire. L’organisation observée plaide pour le remaniement des alluvions anciennes du substrat. Le plot analysé a vraisemblablement été façonné sur place, en ramenant les sables et les limons sur eux-mêmes pour obtenir la forme désirée (fig. 11). L’analyse élémentaire par spectrométrie de fluorescence X4 d’un échantillon de paroi du four F.200 (SEV257) révèle une composition très argileuse du fait d’une teneur en alumine élevée, et se rapproche plus des compositions des céramiques, sans pour autant que l’on puisse dire qu’elle a pu être produite à partir de la même matière première. On note des différences notamment sur les taux de strontium et de manganèse. Elle présente, tout comme les céramiques, de très fortes teneurs en phosphore, baryum et dans une moindre mesure en zinc, avec des corrélations positives calcium/phosphore et strontium/phosphore. Sa composition a pu être altérée, comme le montre également l’observation micromorphologique.

Fig. 11. À l’œil nu comme au microscope, le plot du four F.200 montre l’amalgame d’amas d’alluvions plus ou moins grossières et plus ou moins oxydées.

Fig. 11. À l’œil nu comme au microscope, le plot du four F.200 montre l’amalgame d’amas d’alluvions plus ou moins grossières et plus ou moins oxydées.

A. Scan de la lame mince ; b. photo au microscope.

D. Sordoillet.

15Ce dispositif de plots internes se rencontre rarement sur les fours de potier du haut Moyen Âge en France mais assez fréquemment à Sevrey, comme c’est le cas pour le four 1 du secteur I fouillé aux Tupiniers en 2003 et daté de la période mérovingienne (DELOR-AHÜ et alii, 2005, fig. 4, p. 254). Ils servent manifestement à surélever la charge proprement dite et à faciliter la circulation des gaz chauds dans la chambre. Dans le cas du four F.200, cet aménagement est complété par des vases « martyrs », des fonds de pots généralement non commercialisables réemployés comme support de la charge à cuire (GOUSTARD, 2009, p. 182), dont trois sont encore en place sur les parties les plus élevées des plots. Avec une largeur limitée à 0,4 m et une longueur de 0,35 m, l’alandier apparaît ici particulièrement réduit, voire presque confondu avec la chambre de cuisson. Aucune trace d’aménagement n’a été repérée, même si la présence d’un bloc de grès rubéfié situé plus au nord-ouest dans l’aire de travail et dans l’axe de l’alandier pourrait peut-être constituer la marque d’un dispositif de fermeture de la gueule de la chambre de chauffe.

16L’aire de travail du four F.200 présente un plan particulier, en deux espaces. L’espace le plus à l’ouest est légèrement excavé de près d’une dizaine de centimètres par rapport au second et présente un plan oblong, sa longueur (1,25 m) se développant selon un axe perpendiculaire à celui du four dans son ensemble. Deux excroissances subcirculaires marquent les extrémités nord-ouest et sud-est de l’espace et sont adjacentes à l’extrémité nord-est de l’alandier. À titre d’hypothèse, ces limites du creusement pourraient servir à l’installation d’un dispositif de fermeture de la chambre du four. La largeur maximale de ce premier espace est de 0,51 m. Le second espace de l’aire de travail n’a pu être entièrement dégagé. Il présente une largeur de 0,68 m et une longueur minimale de 0,38 m. Par sa morphologie, le four F.200 s’apparente à une catégorie spécifique des fours à « support de charge » (THUILLIER, 2015), matérialisée ici par des plots internes en argile et des fonds de vases « martyrs ».

17Le fond de l’ensemble du four est comblé par une couche de limon gris à noir contenant de nombreux nodules de charbon de bois et quelques nodules d’argile rubéfiée ainsi que de multiples fragments de ratés de cuisson, l’US 203, dont une concentration notable est à signaler au niveau de l’alandier. Par sa nature, cette strate pourrait correspondre aux résidus et déchets pour partie produits lors de l’ultime cuisson effectuée dans le four.

18Deux datations 14C ont été réalisées sur deux échantillons provenant de l’US 203 (fig. 12). Le premier est un reste d’aubier de Quercus, le second une graine est une graine carbonisée d’orge polystique vêtue (Hordeum vulgare ssp. vulgare). Les résultats indiquent une chronologie comprise entre 666 et 863 avec une probabilité de 95,4 %, entre 666 et 779 à 89,1 %, concernant l’échantillon d’aubier de Quercus (Sevrey_f_18_F200_US203 ; Poz-113994). La datation de la graine est comprise entre 730 et 951 avec une probabilité de 95,4 %, entre 769 et 901 à 87,5 % (Sevrey_f_18_F200_US203_gr, Poz-113966).

Fig. 12. Datations radiocarbones des échantillons du four F.200.

Fig. 12. Datations radiocarbones des échantillons du four F.200.

Oxcal et A. Guicheteau.

19Une datation par archéomagnétisme a été réalisée à partir de quinze échantillons répartis sur toute la largeur de la structure (neuf échantillons extraits de la base de la chambre de cuisson et six prélevés dans les plots) en privilégiant la partie arrière du four où l’épaisseur rubéfiée est plus importante. Une direction archéomagnétique moyenne de très bonne qualité (α95=0,5°) a pu être déterminée. Transférée à Paris, cette direction devient : D=10,1° ; I=70,3° ; K=5729 ; N=15 (SEV 200). La comparaison avec la courbe de référence la plus récente des variations directionnelles du CMT en France au cours des deux derniers millénaires (LE GOFF et alii, 2020) permet d’obtenir une équivalence statistique avec un seuil de confiance à 95 % pour l’intervalle de temps entre 735 et 867 (fig. 13). On note par ailleurs que la probabilité est plus forte autour de l’an 800 (P > 50 % entre 785 et 820).

Fig. 13. Datation archéomagnétique par équivalence statistique à 95 % du four F.200.

Fig. 13. Datation archéomagnétique par équivalence statistique à 95 % du four F.200.

G. Gouérou.

20L’analyse 14C effectuée sur la graine et les résultats de la datation archéomagnétique s’accordent sur une datation qui recouvre la fin du viiie et les deux premiers tiers du IXe siècle. L’écart constaté avec la datation du reste d’aubier témoigne sans doute d’un effet « vieux bois ».

IV.2. Le four F.300

21Situé à quelques mètres à l’ouest du four F.200, le four F.300 est également légèrement perturbé en surface par des creusements plus tardifs, tandis que la base rubéfiée de sa chambre de cuisson a été détruite par une installation postérieure, probablement lorsque le four était encore visible. Cela étant, il a pu être entièrement dégagé dans l’emprise de l’opération.

22Ce four est orienté selon un axe sud-ouest/nord-est. L’ensemble four et fosse d’accès présente une longueur de 2,96 m et une largeur maximale de 1,36 m (fig. 14 et 15). La longueur du four seul est de 1,64 m. La chambre de cuisson se situe à l’ouest du four. De plan légèrement piriforme, elle mesure 1,42 m de long pour 1,36 m de large, sa surface est d’environ 1,5 m2. Sa profondeur maximale conservée est de 0,31 m. Les parois de la chambre sont matérialisées par une bande d’argile sableuse de 3 cm d’épaisseur rendue compacte du fait d’une exposition à de très fortes températures et de teinte rosée à grise. Au niveau de l’alandier, l’épaisseur est plus importante, de l’ordre de 4 à 5 cm, et la teinte tire sur le gris foncé. Sous l’impact de la chaleur, le substrat sous-jacent est rubéfié sur plusieurs centimètres d’épaisseur.

Fig. 14. Plan et coupe du four F.300.

Fig. 14. Plan et coupe du four F.300.

A. Guicheteau.

Fig. 15. Le four F.300.

Fig. 15. Le four F.300.

A. Guicheteau.

23La chambre de cuisson s’ouvre sur un alandier de taille réduite de 0,22 m de long sur 0,6 m de large, conservé sur une profondeur de 0,28 m. Sur le flanc nord-ouest de l’alandier, au départ de la paroi, un creusement oblong d’une longueur de 0,16 m et large de 0,04 m apparaît. Sa profondeur est de 5 cm, aussi impacte-t-il la paroi de l’alandier sur toute son épaisseur. L’hypothèse d’un emplacement marquant en négatif un dispositif technique indéterminé (fragment de terre cuite, bloc de pierre ?) utile dans le déroulement de la cuisson des pots, peut-être en obstruant la gueule de la chambre ou en canalisant la chaleur, est sans doute à envisager. L’alandier est pour partie comblé par de nombreux restes de poterie, qui pourraient correspondre à des ratés de cuisson de l’ultime fournée (fig. 16).

Fig. 16. Détail de ratés de cuisson dans l’alandier du four F.300.

Fig. 16. Détail de ratés de cuisson dans l’alandier du four F.300.

A. Guicheteau.

24L’aire de travail présente un plan pratiquement carré aux angles arrondis de 1,3 m de côté. Sa profondeur maximale conservée est de 0,38 m, les bords du creusement sont droits et son fond est plat. Un fin niveau de limon cendreux gris contenant de nombreux nodules de charbon de bois recouvre le fond de l’aire de travail, l’US 308. Il s’agit probablement d’une couche en place directement liée aux dernières utilisations du four.

25Même si la destruction de la base de la chambre de cuisson ne permet pas de définir précisément le type du four F.300, l’hypothèse d’une chambre de cuisson à volume unique – probablement avec deux plots rubéfiés avec rigole centrale ou une sole pleine –, est à privilégier compte tenu de la chronologie du four et des éléments de comparaison disponibles (THUILLIER, 2015). Par ailleurs, la présence en nombre de fragments de matériaux de construction en terre cuite de tradition antique est à noter, puisque pas moins de treize restes – onze tegulae et deux briques dont une peignée, pour une masse de presque 20 kg –, ont pu être recueillis. Bien que situés dans les strates de comblement du four, un éventuel usage dans la construction du four et/ou l’agencement de la charge est peut-être à envisager.

26Deux datations 14C ont été réalisées sur deux échantillons provenant de ce niveau, une graine carbonisée de seigle (Secale cereale) et un reste d’aubier de Quercus (fig. 17). La datation livrée par ce dernier est comprise entre 650 et 768 avec une probabilité de 95,4 %, entre 650 et 722 à 75,4 % (Sevrey_f_18_F300_US308 ; Poz-113665), tandis que la graine indique une chronologie située entre 694 et 889 avec une probabilité de 95,4 %, entre 763 et 889 à 79,4 % (Sevrey_f_18_F300_US308_gr ; Poz-113967).

Fig. 17. Datations radiocarbones des échantillons du four F.300.

Fig. 17. Datations radiocarbones des échantillons du four F.300.

Oxcal et A. Guicheteau.

27Une datation par archéomagnétisme a été réalisée à partir de seize échantillons prélevés sur la partie préservée de la base, à l’avant de la chambre de cuisson. Une direction archéomagnétique moyenne de très bonne qualité (α95=0,5°) a pu être déterminée. Transférée à Paris, celle-ci est la suivante : D=11,2° ; I=69,6° ; K=4999 ; N=15 (SEV300). À la faveur de la publication récente d’une courbe de référence réactualisée des variations directionnelles du CMT en France au cours des deux derniers millénaires (LE GOFF et alii, 2020), la datation obtenue dans le cadre de l’étude post-fouille a pu être réévaluée. En utilisant la méthode de datation décrite par M. Le Goff (LE GOFF et alii, 2002), une équivalence statistique entre la direction archéomagnétique moyenne déterminée pour le four F.300 et la nouvelle courbe de référence est obtenue pour l’intervalle de temps entre 765 et 859 avec un seuil de confiance à 95 % (fig. 18). Ainsi, comme pour le four F.200, la cohérence chronologique entre la date 14C réalisée à partir de la graine et celle de l’archéomagnétisme est à souligner.

Fig. 18. Datation archéomagnétique par équivalence statistique à 95 % du four F.300.

Fig. 18. Datation archéomagnétique par équivalence statistique à 95 % du four F.300.

G. Gouérou.

IV.3. Le four F.400

28Le four F.400 se développe selon un axe nord-ouest/sud-est strictement parallèle à celui de l’actuelle rue Georges Brusson, soit à la perpendiculaire des fours F.300 et F.200. Le four mesure 2,19 m de longueur, 3,42 m avec sa fosse d’accès, pour une largeur maximale de 1,73 m, sa profondeur maximale étant de 0,34 m (fig. 19 et 20). La chambre de cuisson à volume unique se trouve au sud-est et s’ouvre vers le nord-ouest sur l’alandier et l’aire de travail. De plan circulaire, son diamètre est de 1,73 m, soit une surface d’environ 2,35 m2. Les parois comme la base de la chambre sont tapissés d’une couche d’argile sableuse préparée, très compacte et présentant une teinte rose à grisée sous l’effet des températures élevées produites lors des cuissons réalisées dans le four. L’épaisseur des parois oscille autour de 4 cm et une auréole large d’environ 7 cm de substrat rougi sous l’effet des combustions entoure la chambre.

Fig. 19. Plan et coupe du four F.400.

Fig. 19. Plan et coupe du four F.400.

A. Guicheteau.

Fig. 20. Le four F.400.

Fig. 20. Le four F.400.

A. Guicheteau.

29Trois plots internes en terre sont établis dans la chambre de cuisson. Les deux principaux reprennent la forme générale de ceux déjà mis en évidence pour le four F.200 et le four 1 du secteur I de la fouille des Tupiniers en 2003. Les deux plots présentent un plan oblong, avec un côté droit tourné vers le centre de la chambre et un côté subcirculaire épousant la forme générale de la chambre de cuisson. Ils se développent selon un axe identique à celui du four, soit une orientation nord-ouest/sud-est. Ils délimitent un conduit central qui va s’évasant légèrement vers le fond du four : sa largeur est de 0,26 m vers l’alandier et s’accentue pour atteindre 0,3 m vers le fond de la chambre. La partie sommitale des plots est plane, avec des altitudes de 193,66 m NGF pour le plot US 410 et de 193,67 m NGF pour le plot US 411. Le plot US 410 mesure 0,92 m de long sur 0,38 m de large. Le plot US 411 présente des dimensions légèrement différentes, avec une longueur de 1,08 m et une largeur de 0,32 m. La hauteur maximale des plots est comprise entre 0,10 et 0,12 m par rapport au fond de la chambre. Ce dernier présente un net pendage depuis le fond, dont l’altitude est de 193,57 m NGF, vers l’alandier, situé à une altitude de 193,46 m NGF. Une bande de 0,30 à 0,34 m de large sépare les plots des parois du four.

30Une lame mince a été réalisée dans le plot US 411. À l’œil nu, cette lame montre un dépôt hétérogène, avec sur le côté droit des alluvions rougies ou noircies par le feu, et sur la gauche une perturbation racinaire grisâtre. Dans la partie non perturbée du dépôt, les alluvions apparaissent stratifiées avec un granoclassement caractéristique d’une mise en place par l’eau. Des argilanes tapissent la porosité de ces alluvions et sont différemment affectées par la combustion, rubéfiées vers la base, noirâtres au sommet. Cette organisation pédo-sédimentaire indique que la combustion a affecté un matériel alluvial non remanié. Le plot US 411 semble ainsi avoir été façonné dans les alluvions au moment de la fabrication du four, et non pas ajouté et mis en forme après le creusement de la fosse comme dans le cas du four F.200 (fig. 21). L’analyse élémentaire par spectrométrie de fluorescence X révèle une composition de la paroi du four F.400 (SEV258) différente de celle de la paroi du four F.200. Elle est, en revanche, très similaire à celle du prélèvement d’argile brute effectué dans la fosse F.53 – datée des Xe-XIe siècles – au cours de la fouille (SEV260) et celle du substrat naturel (SEV259). Au vu de leurs teneurs en alumine et silice, on peut plutôt parler de sables argileux, résultat qui rejoint l’observation micromorphologique.

Fig. 21. La partie droite de la lame mince, non bioturbée, montre la superposition de niveaux grossiers ou plus fins.

Fig. 21. La partie droite de la lame mince, non bioturbée, montre la superposition de niveaux grossiers ou plus fins.

Cette alternance d’alluvions plus ou moins grossières et bien triées est également visible au microscope.
a. Scan de la lame mince ; b. photo au microscope ; B = Bioturbation.

D. Sordoillet.

31Le troisième et dernier plot US 409 est de taille plus réduite. Il présente un plan hémisphérique de 0,48 m de large sur 0,22 m de long. Il s’appuie contre la paroi du four et présente une surface bombée culminant à 193,69 m NGF. Il se situe très exactement dans l’axe du conduit délimité par les plots US 410 et US 411 : il sert très probablement à compléter ce dispositif de support de la fournée. Sa forme et sa localisation évoquent un reliquat de languette attachée à la paroi, dispositif connu à l’époque gallo-romaine et au Moyen Âge. Sa présence s’explique sans doute par la nécessité de renforcer le système de support par plots internes, comparable dans ses formes au dispositif des fours F.200 et 1 du secteur I des Tupiniers, mais probablement plus complexe à mettre en œuvre du fait de l’accroissement considérable de la taille de la chambre de cuisson, qui passe d’une surface de 1,4 m2 pour le four F.200 à 2,35 m2 pour le four F.400. Cette hausse de la surface de la chambre se traduit sans doute également par une augmentation sensible de son volume, qu’il demeure délicat de quantifier précisément même si un doublement de la capacité peut sans doute être envisagé. Des vases « martyrs », sept identifiés ici, sont également utilisés dans l’agencement de la charge.

32L’alandier du four F.400 présente une longueur de 0,6 m. Il mesure 0,76 m de large et n’est conservé que sur une profondeur maximale de 0,28 m. La base de l’alandier se caractérise paradoxalement par l’absence de traces de rubéfaction, au contraire de ses parois dont la coloration grisée indique une exposition intense à de fortes températures. L’hypothèse de tuiles ou de carreaux tapissant sa base est peut-être à envisager.

33L’aire de travail dispose d’un plan grossièrement trapézoïdal, avec son grand côté disposé du côté de l’alandier du four. La longueur de l’aire est de 1,2 m. La largeur oscille entre 1,16 m au niveau de l’alandier et 0,8 m sur son extrémité nord-ouest. Les parois de l’aire de travail sont droites et le fond est plat, à l’exception notable d’un léger creusement. Une petite excavation faiblement prononcée a été repérée à proximité de l’angle ouest de l’aire de travail. De forme subcirculaire d’environ 0,2 m de large sur 0,22 m de long, son grand côté semble s’ouvrir vers l’alandier du four. Sa profondeur maximale est limitée à 3 cm, mesurée à son extrémité nord. Si l’hypothèse d’une petite fosse de débraisage est à envisager, en dépit de l’absence de traces de rubéfaction, une identification comme creusement lié au curage du four doit également être considérée.

34La morphologie du four F.400 est similaire à celle du four F.200 et l’apparente également à la catégorie des fours à support de charge, système matérialisé ici par des plots internes et des fonds de vases « martyrs ». Mais si les dimensions de son aire de travail sont tout à fait similaires à celles du four F.300, la taille comme le plan circulaire de la chambre de cuisson évoquent des exemples de fours plus tardifs, notamment les fours 2 et 3 du secteur II fouillés aux Tupiniers (DELOR-AHÜ et alii, 2005, fig. 9, p. 260).

35Un abondant matériel a été laissé par les potiers lors de l’abandon du four. Dans la chambre de cuisson en particulier, près de trente-huit vases, parfois disposés sur plusieurs niveaux, ont été abandonnés (fig. 22). En effet, si certains d’entre eux apparaissent brisés, peut-être lors de leur rejet, d’autres n’ont manifestement pas été déplacés après la cuisson, un simple examen visuel permettant sans doute au potier de déterminer l’échec ou la réussite du processus de caléfaction. Ainsi, il est possible de discerner dans l’aménagement de la fournée plusieurs niveaux successifs : au moins deux sont ainsi conservés vers le fond de la chambre de cuisson, au sud-est. À l’inverse, aucun niveau de vase n’était conservé vers l’alandier, signe que le potier a probablement accédé à la fournée par la gueule du four. Les vases sont appuyés contre les parois ou sur les plots internes et les vases « martyrs », mais aussi directement déposés les uns sur les autres. De fait, aucun élément de maintien ou de séparation des vases n’a été découvert, comme des boudins d’argile par exemple, même si les hypothèses de l’emploi de « tenons » en matériaux périssables ou de tessons recyclés ne peuvent être exclues. Un simple emboîtement des vases peut suffire à assurer un maintien convenable lors de la cuisson. Ainsi deux pots sont disposés fond contre fond, selon un axe pratiquement horizontal (fig. 23). L’un est appuyé contre la paroi du four, tandis que l’autre prend appui sur le plot interne US 410 et un vase « martyr ». Les pots ne touchent pas la base du four mais reposent sur l’US 404. Cette position des vases peu ou prou à l’horizontale ne semble pas fortuite : elle permet sans doute une cuisson plus homogène du vase, notamment de l’intérieur, que ne permettrait peut-être pas une disposition verticale. La quasi-totalité des vases du niveau inférieur sont d’ailleurs disposés à peu près horizontalement. Une disposition identique est attestée dans l’un des fours des ateliers de Romans-sur-Isère (LE NÉZET-CÉLESTIN, HORRY, 2015, p. 322). Les auteurs envisagent là-aussi l’hypothèse d’une fournée en place, sans écarter la possibilité d’un dispositif servant de support à la charge. Dans l’exemple du four F.400 du 8, rue Georges Brusson, cette disposition n’est sans doute pas à interpréter comme un dispositif servant uniquement de support à la fournée, du fait de la présence de plusieurs vases « martyrs » remplissant déjà cette fonction. L’hypothèse d’une fournée en place est donc manifestement à privilégier dans le cas présent.

Fig. 22. Les vases abandonnés par les potiers.

Fig. 22. Les vases abandonnés par les potiers.

A. Guicheteau.

Fig. 23. Détail de l’agencement des vases dans la chambre de cuisson.

Fig. 23. Détail de l’agencement des vases dans la chambre de cuisson.

Les deux pots au premier plan sont probablement en place, tel que les potiers les ont disposés avant cuisson.

A. Guicheteau.

36Comme pour les autres fours, deux datations 14C ont été réalisées sur deux échantillons provenant de l’US 408 (fig. 24). La date réalisée sur un échantillon d’aubier de Quercus a livré une chronologie comprise entre 777 et 991 avec une probabilité de 95,4 %, entre 862 et 991 à 89,7 % (Sevrey_f_18_F400_US408 ; Poz-113709). L’analyse effectuée sur une graine carbonisée de blé (Triticum sp.) indique une datation comprise entre 730 et 951 avec une probabilité de 95,4 %, entre 769 et 901 à 87,5 % (Sevrey_f_18_F400_US408_gr ; Poz-113969).

Fig. 24. Datations radiocarbones des échantillons du four F.400.

Fig. 24. Datations radiocarbones des échantillons du four F.400.

Oxcal et A. Guicheteau.

37Une datation par archéomagnétisme a été réalisée à partir de dix-huit échantillons répartis sur l’ensemble de la structure : huit prélevés dans les plots et dix extraits de la base de la chambre de cuisson (fig. 25). Une direction archéomagnétique moyenne de très bonne qualité (α95=0,5°) a pu être déterminée. La direction archéomagnétique réduite à Paris est : D=12,6° ; I=70,7° ; K= 4428 ; N=18 (SEV400). Comme pour les fours précédents, la comparaison avec la nouvelle courbe de référence des variations directionnelles du CMT en France au cours des deux derniers millénaires (Le Goff et alii, 2020) permet d’obtenir une datation révisée (fig. 26). Une équivalence statistique avec un seuil de confiance à 95 % est déterminée pour l’intervalle entre 782 et 898. Un léger pic de probabilité autour de 830 (P > 50 %) permet d’envisager une datation plus probable dans la première moitié du IXe siècle, qui une nouvelle fois concorde avec la date 14C réalisée à partir d’une graine carbonisée, la chronologie plus récente de la datation sur le charbon étant peut-être lié au caractère intrusif de l’échantillon daté.

Fig. 25. Échantillonnage archéomagnétique du four F.400.

Fig. 25. Échantillonnage archéomagnétique du four F.400.

G. Gouérou.

Fig. 26. Datation archéomagnétique par équivalence statistique à 95 % du four F.400.

Fig. 26. Datation archéomagnétique par équivalence statistique à 95 % du four F.400.

G. Gouérou.

V. L’atelier des xe-xie siècles

38La période est représentée par près de vingt-quatre faits. Leur implantation est remarquablement cohérente et dessine le plan d’un atelier pratiquement complet au sein de l’emprise (fig. 27), où la quasi-totalité de la chaîne opératoire de l’artisanat potier semble documentée. Le matériel céramique est très abondant et homogène. Il s’agit des productions de céramique grise désormais bien répertoriées à Sevrey pour le Xe et la première moitié du XIe siècle (DELOR-AHÜ et alii, 2005 ; MANI et alii, 2015).

Fig. 27. Les vestiges des Xe-XIe siècles.

Fig. 27. Les vestiges des Xe-XIe siècles.

A. Guicheteau.

V.1. Les fosses de traitement de matériaux

39Au nord-ouest, un groupe de trois creusements et deux fosses de grandes dimensions ont été détectés. Les fosses F.57, F.59 et F.60 sont juxtaposées (fig. 28). Elles présentent des plans grossièrement quadrangulaires aux angles arrondis, des fonds plats, des bords droits ou légèrement évasés.

Fig. 28. Plan et coupes des fosses F.57, F.59 et F.60.

Fig. 28. Plan et coupes des fosses F.57, F.59 et F.60.

A. Guicheteau.

40La fosse F.57 mesure 1,7 m de longueur sur 1,6 m de largeur et est orientée selon un axe nord-ouest/sud-est identique à celui de l’actuelle rue Georges Brusson. Sa profondeur maximale est de 0,6 m. Ses parois sont tapissées d’une fine couche de limon sableux blanchâtre à gris, très homogène. La formation de cette couche pourrait être liée à l’affinage de la terre par immersion dans cette fosse. Dans cette hypothèse, le traitement de sédiments dans la fosse a peut-être permis de séparer les matériaux lourds, les sables, des matériaux plus fins, l’argile, entraînant la formation d’un dépôt sur les parois. Le fond de la fosse est presque entièrement comblé par des fragments de parois de fours : cinquante-cinq restes pour une masse de plus de 25 kg. Il s’agit de blocs de terre sableux à faible composante argileuse, particulièrement indurés, voire vitrifiés sur l’une de leur face. Des traces de clayonnage sont parfois visibles. La composition largement sableuse de ces éléments les distingue aisément des restes de torchis, dont la matrice est quasi uniquement composée d’argile. Des rejets massifs de ratés de cuisson sont également à signaler dans les strates supérieures, avec, là encore, de nombreux fragments de parois de fours. La fosse en a ainsi livré près de cent soixante et onze, totalisant une masse de plus de 62 kg. Il s’agit probablement de la voûte, sans doute aérienne, d’un four de potier. La datation 14C réalisée sur un reste de faune provenant de l’US 1 indique une chronologie comprise entre 778 et 995 à 95,4 % de probabilité et entre 863 et 995 à 91,8 % (Sevrey_f_18_F.57_US.1 ; Poz-113071). Un fragment de meule en grès caractéristique des formations triasiques du massif de la Serre, région située à environ 80 km au nord-est du Chalonnais, a été récupéré dans son remplissage. Une portion de surface est plane et son épaisseur, limitée à 5,3 cm, permet de privilégier l’hypothèse d’une meule manuelle ou à perche.

41La fosse F.59 mesure 1,35 m de longueur sur 1,05 m de largeur ; elle est orientée selon un axe nord-est/sud-ouest, à la perpendiculaire de la fosse F.57. Sa profondeur maximale est de 0,52 m. À l’instar de la fosse F.57, une fine couche de limon sableux blanchâtre à gris a été observée à la base de ses parois. Là encore, la fosse est comblée par un rejet massif de ratés de cuisson et d’éléments de parois de fours : cinquante-cinq restes représentant une masse de plus de 14,6 kg. Un reste de faune découvert dans l’US 2 a fait l’objet d’une datation 14C, indiquant une chronologie comprise entre 901 et 1036 à 95,4 % de probabilité et entre 952 et 1036 à 91,4 % (Sevrey_f_18_F.59_US.2 ; Poz-113965). Un fragment de cuvette de meule dormante en auge en grès de Blanzy a été découvert dans le comblement de la fosse (fig. 29). Plusieurs ateliers et carrières sont répertoriés dans ce secteur depuis l’Antiquité, comme à Collonges-en-Charolais (Jaccottey et alii, 2011) et certains perdureront jusqu’à la période contemporaine.

Fig. 29. Fragment en grès de meule dormante intérieure.

Fig. 29. Fragment en grès de meule dormante intérieure.

L. Jaccottey, V. Bourson, 2019.

42La fosse F.60 mesure 1,2 m de longueur sur 0,92 m de largeur. Sa profondeur n’excède pas 0,3 m. Son volume est donc considérablement plus réduit au regard des deux fosses précédentes.

43Les trois fosses présentent une morphologie similaire, seules les dimensions diffèrent. Leur accolement suggère un fonctionnement simultané des trois fosses, en tous cas d’au moins deux fosses (F.57-F.59 et/ou F.57-F.60). Un tel dispositif de préparation de la matière première a été mis en évidence pour la période antique sur le site de La Bourderie à Rezé (PIRAULT et alii, 2001, p. 152-153). Trois fosses, reliées par des échancrures permettaient, selon les auteurs, de procéder à un affinage par dilution de l’argile. Il pourrait s’agir ici d’un aménagement similaire, la fosse F.57 servant de réceptacle – ou inversement ? – aux décantations par gravitation de la matière première se déroulant dans les fosses F.59 et F.60.

44La fosse F.53 se situe à l’est de la fosse F.57. Elle présente un plan quadrangulaire aux angles arrondis de 2,48 m de longueur sur 1,88 m de largeur (fig. 30). Sa profondeur est de 1,16 m ; son volume est donc de près de 5 m3. Son fond est plat et ses bords droits, voire légèrement rentrants. Le petit côté nord-ouest de la fosse présente un décroché d’une quarantaine de centimètres de largeur, matérialisant un hypothétique système d’emmarchement permettant l’accès au fond de la fosse. Ce dispositif est d’ailleurs orienté vers les fosses F.57, F.59 et F.60. Le fond de la fosse est comblé par une épaisse couche de terre très homogène grise hydromorphe (US 3), à très forte composante argileuse. Il pourrait s’agir d’un stock de terre riche en argile, partiellement épurée. Son utilisation comme matière à tourner nécessite l’ajout de dégraissant. La faible quantité de tessons récupérée dans le comblement de la fosse est également à noter, et constitue peut-être un argument de plus en faveur d’un stock de matière en place. Une pierre à aiguiser en un matériau bleuté d’origine alluviale provient de la fosse (fig. 31). La datation radiocarbone réalisée à partir d’un reste faunique provenant de l’US 3 indique une chronologie comprise entre 776 et 971 à 95,4 % de probabilité, avec un pic de probabilité entre 916 et 967 de 31,9 % lorsque l’on ramène la probabilité globale à 68,2 % (Sevrey_f_18_F.53_US.3 ; Poz-113068).

Fig. 30. Plan et coupe de la fosse F.53.

Fig. 30. Plan et coupe de la fosse F.53.

A. Guicheteau.

Fig. 31. Pierre à aiguiser provenant de la fosse F.53.

Fig. 31. Pierre à aiguiser provenant de la fosse F.53.

P. Quenton.

45Un prélèvement argileux effectué dans cette fosse (US3) a fait l’objet de deux analyses chimiques. La première (SEV260) correspond au prélèvement brut sans traitement, le second à la phase supérieure récupérée après décantation et séchage qui correspond à la phase argileuse fine (SEV256). La comparaison de la composition du matériau argileux brut et de la phase argileuse fine permet de mieux comprendre l’influence des différentes phases dans la composition chimique du matériau. Les éléments dont les teneurs augmentent en passant du matériau brut à la fraction fine sont ceux liés principalement à la phase argileuse tandis que ceux dont les teneurs diminuent sont ceux essentiellement apportés par la fraction sableuse. Dans le cas du prélèvement de la fosse F.53, les éléments chimiques apportés principalement par la phase argileuse sont CaO, Al2O3, Fe2O3, TiO2, MgO, MnO, Rb, Zn, Cr, Ni, La et V tandis que ceux de la phase sableuse sont SiO2, K2O, Na2O, Zr, Sr, et Ba. Par ailleurs, la comparaison des compositions de ces deux fractions argileuses montre que la fraction fine (SEV256) ne correspond pas aux compositions des céramiques, celle du matériau brut (SEV260) s’en approche sans y correspondre complètement. D’autres étapes interviennent donc dans l’élaboration du matériau final utilisé lors du tournage des vases.

46La fosse F.15 se situe au nord des fosses précédentes. Elle mesure 3,48 m de longueur sur 3,26 m de largeur, soit un plan quadrangulaire qui tend au carré (fig. 32). Son grand côté s’oriente selon un axe sud-ouest/nord-est perpendiculaire à celui de l’actuelle rue Georges Brusson. La profondeur maximale de la fosse est de 1,2 m. Elle possède donc un volume très important, dépassant 10 m3. La couche US 4 présente un faciès très proche de l’US 3 de la fosse US 53, une terre grise hydromorphe à forte composante argileuse. Toutefois, la spécificité du comblement de la fosse réside dans la présence d’un rejet massif de plusieurs dizaines de vases, des ratés de cuisson (fig. 33), qu’accompagnent des restes de parois de fours (trente-cinq, pour une masse de plus de 9 kg). La logique du dépôt ne présente manifestement pas d’organisation. Les positions des vases évoquent clairement un rejet, probablement lié à l’échec d’une fournée. La composition typologique de l’ensemble révèle un répertoire essentiellement constitué de pots à bords en bandeau ou avec une lèvre oblique en bourrelet. Quelques cruches et un exemplaire de bassin à décor de bandes rapportées digitées complètent l’éventail des formes. La découverte de ces vases dans un état de conservation tout à fait satisfaisant permet d’envisager la présence d’eau dans la fosse, à l’instar de l’exemple de la fosse 38 découverte dans l’atelier breton de Fontenay (BEUCHET et alii, 1998, p. 89). Les résultats d’une analyse 14C sur un reste de faune issu de l’US 3 indiquent une chronologie comprise entre 777 et 988 à 95,4 %, entre 861 et 988 à 86,6 % (Sevrey_f_18_F.15_US.3 ; Poz-113069). Un bloc de grès fin du Rhétien, récupéré dans l’US 2, a été utilisé sur trois de ses faces comme polissoir à main. Ce type d’outil est employé pour l’aiguisage de certains outils métalliques.

Fig. 32. Plan et coupe de la fosse F.15.

Fig. 32. Plan et coupe de la fosse F.15.

A. Guicheteau.

Fig. 33. Le dépotoir de la fosse F.15.

Fig. 33. Le dépotoir de la fosse F.15.

A. Guicheteau.

47Les fosses F.15, F.53 et F.57-F.59-F.60 présentent des caractéristiques qui incitent à les interpréter comme des structures associées au travail et à la préparation de la terre avant tournage. La terre extraite initialement, impropre à la fabrication de vases sans traitement, a aussi pu servir dans l’architecture des maisons. Les fosses montrent aussi l’importance de l’eau dans ces processus préparatoires. L’absence de recoupements entre ces vestiges volumineux et la distinction entre la fonction des fosses F.57-F.59-F.60, peut-être plutôt voué au tri des matériaux et à la récupération de l’argile, et celles des fosses F.53 et F.15, plutôt tournées semble-t-il vers le stockage et/ou le pourrissage de l’argile, permet d’envisager tout de même leur contemporanéité (fig. 34), même s’il reste délicat de conclure de manière définitive. De fait, les fosses marquent un secteur voué à la préparation de la terre au sein de l’atelier, distingué des autres zones par une palissade formée des trous de poteau F.50, F.52 et F.66.

Fig. 34. Datations radiocarbones des échantillons des fosses F.53, F.15, F.57 et F.59.

Fig. 34. Datations radiocarbones des échantillons des fosses F.53, F.15, F.57 et F.59.

Oxcal et A. Guicheteau.

V.2. Le bâtiment sur poteaux

48Un bâtiment sur poteaux porteurs se situe dans l’angle est de l’emprise de fouille, à l’emplacement dont l’altitude est la plus élevée. Son développement vers l’est en dehors de l’emprise est probablement à envisager. Son ossature est formée par huit trous de poteau subcirculaires, dont l’agencement témoigne peut-être de réfections (fig. 35). Deux trous de poteau de plus faibles dimensions – F.9 et F.21 – marquent peut-être plutôt des aménagements internes. Les remplissages des trous de poteau sont relativement homogènes, le sédiment présentant fréquemment une teinte plus sombre à l’emplacement de l’ancien montant en bois, permettant d’appréhender le diamètre du poteau proprement dit. Leur taille montre un édifice profondément ancré et pourrait suggérer la présence de combles aménagés.

Fig. 35. Plan et coupes des creusements du bâtiment sur poteaux.

Fig. 35. Plan et coupes des creusements du bâtiment sur poteaux.

A. Guicheteau.

49À l’intérieur du bâtiment, deux petites fosses – F.3 et F.20 – peuvent être distinguées. Elles présentent toutes deux des plans oblongs, des profondeurs de plus de 50 cm plus importantes que les trous de poteau (fig. 36). Leur comblement apparaît également plus complexe et un décroché est observable sur l’un des côtés de leur profil. Le bas de la coupe de la fosse F.3 suggère l’existence d’un montant en bois. À l’interface entre l’US 1 et les US 2 et 3, la découverte de deux artefacts qui pourraient être liés à l’artisanat potier, en l’occurrence une lame de couteau en fer (fig. 37) et un bâtonnet en calcaire (fig. 38), et la présence de nodules d’argile plastique jaune à vert au même endroit et sur les parois de la fosse tendent à identifier la structure comme les restes d’une fosse d’ancrage de tour à axe fixe. La fosse F.20 présente une séquence stratigraphique relativement identique, le maintien de l’axe du tour étant peut-être renforcé par deux blocs de grès rhétien utilisé en calage.

Fig. 36. Les fosses d’ancrage d’axe de tour.

Fig. 36. Les fosses d’ancrage d’axe de tour.

A. Guicheteau.

Fig. 37. La lame de couteau en fer provenant de la fosse F.3.

Fig. 37. La lame de couteau en fer provenant de la fosse F.3.

P. Quenton.

Fig. 38. Le bâtonnet en calcaire provenant de la fosse F.3.

Fig. 38. Le bâtonnet en calcaire provenant de la fosse F.3.

P. Quenton.

50Des fosses d’ancrage de tour à axe fixe sont parfois détectées au sein des ateliers de potiers médiévaux, et presque systématiquement au sein de bâtiments, ainsi à Saran dès les VIe-VIIe siècles (Loiret ; JESSET et alii, 2017, p. 88), Romans-sur-Isère au XIe siècle (Drôme ; LE NÉZET-CÉLESTIN, HORRY, 2015, p. 324-325) ou encore Fontenay aux XIe-XIIe siècles (Ille-et-Vilaine ; BEUCHET et alii, 1998, p. 89).

51La fosse F.3 recoupe la fosse F.71. Cette dernière n’a pu être entièrement dégagée, mais son profil a été appréhendé. Son fond est plat, ses parois pratiquement droites et sa profondeur maximale est de 0,92 m. La céramique recueillie dans le comblement de la fosse indique une chronologie comprise aux alentours des Xe et XIe siècles. Il pourrait s’agir d’une fosse en lien avec le bâtiment sur poteaux et l’artisanat potier, servant par exemple au stockage de l’argile à l’intérieur de l’édifice, mais son antériorité est également possible. De fait, sa fonction précise demeure indéterminée.

V.3. Le four F.100

52Le four F.100 se situe au sud de l’emprise de fouille. Seule sa chambre de cuisson a pu être dégagée, l’alandier et l’aire de travail se développant sur la parcelle attenante ont été détruits par un décaissement réalisé durant les années 1960. Cela étant, il est possible de restituer une orientation nord-ouest/sud-est pour ce four, au vu de l’absence d’ouverture dans les parois dégagées. La chambre de cuisson présente un plan subcirculaire d’environ 1,76 m de largeur, sa longueur tronquée étant de 1,41 m (fig. 39 et 40). Il n’est donc pas permis de privilégier l’hypothèse d’une chambre circulaire comme pour les fours 2 et 3 du secteur II des Tupiniers (DELOR-AHÜ et alii, 2005, p. 260) sur celle d’une chambre piriforme, comme pour le four de la rue Georges Brusson (MANI et alii, 2015, p. 275). La surface minimale de la chambre de cuisson est d’environ 2,25 m2. La profondeur maximale conservée est de 0,32 m. Compactées sous l’effet de la chaleur, les parois du four sont légèrement évasées. Leur épaisseur ne dépasse pas 4 cm. Elles présentent une teinte gris bleuté due aux fortes températures et sont entourées d’une auréole de sédiment rubéfié.

Fig. 39. Plan et coupe du four F.100.

Fig. 39. Plan et coupe du four F.100.

A. Guicheteau.

Fig. 40. Le four F.100.

Fig. 40. Le four F.100.

A. Guicheteau.

53La sole pleine est légèrement inclinée du nord-ouest vers le sud-est, depuis 194 m NGF jusqu’à 193,78 m NGF. La sole pleine initiale, US 111, a été considérablement endommagée, et seul un lambeau est encore perceptible vers le quart sud du four. Elle présente en surface une teinte gris bleuté largement entamée par la sole pleine postérieure, tandis que sa coloration est rougie dans son cœur. Son épaisseur n’excède pas 4 cm. Une nouvelle sole pleine, US 106, est alors installée et liée aux parois. Elle est par la suite réparée par l’adjonction d’une chape d’argile sableuse dans le quart sud de la chambre de chauffe, l’US 105. Le four F.100 relève d’un type « à sole basse » caractéristique de la période carolingienne (THUILLIER, 2015). Il est notamment répertorié à Romans-sur-Isère dans la Drôme (LE NÉZET-CÉLESTIN, HORRY, 2015) et à La Calotterie dans le Pas-de-Calais (THUILLIER et alii, 2015).

54Un échantillon non déstructuré destiné à l’analyse micromorphologique a été prélevé à la base du four F.100. La lame réalisée montre deux limites horizontales très nettes visibles à l’œil nu, l’une vers le milieu de la lame, l’autre dans la partie sommitale (fig. 41). Ces limites marquent le sommet de deux unités sablo-limoneuses denses à structuration lenticulaire et comprenant des argilanes secondaires. Ces unités essentiellement minérales sont rubéfiées et recouvertes par des couches organo-détritiques, où se mêlent des alluvions remaniées, des charbons, des os, des fragments de construction en terre et des tessons, en entassement lâche et désordonné. Ces caractéristiques micromorphologiques rappellent celles des sols construits et des couches d’occupation observées sur des lames expérimentales ou sur le site de Saint-Alban en Isère (SORDOILLET, 2009). Elles s’apparentent également à celles vues dans les sols des maisons médiévales de Gien dans le Loiret (BORDERIE et alii, 2017). À Sevrey, les alluvions anciennes qui forment le substrat du village ont fourni l’essentiel de la matière première utilisée pour ces aménagements sablo-limoneux. Les données microscopiques viennent ainsi conforter l’hypothèse d’une structure construite au sein d’une excavation et non plus simplement creusée.

Fig. 41. Limite médiane nette entre limons sableux compactés (sol construit) et apports organo-détritiques (résidus d’activité).

Fig. 41. Limite médiane nette entre limons sableux compactés (sol construit) et apports organo-détritiques (résidus d’activité).

A. Scan de la lame mince ; b. photo au microscope.

D. Sordoillet.

55Deux analyses radiocarbones ont été conduites à partir d’un échantillon d’aubier de Quercus et d’un pépin de vigne (vitis vinifera ssp. vinifera) provenant de l’US 104 (fig. 42). Les résultats indiquent une chronologie comprise, avec une probabilité de 95,4 %, entre 649 et 767 concernant l’échantillon d’aubier de Quercus (Sevrey_f_18_F100_US104 ; Poz-113666) ; la datation du reste de vigne cultivée est comprise entre 775 et 969 avec une probabilité de 95,4 % (Sevrey_f_18_F100_US104_gr ; Poz-113968), plus cohérente avec les datations archéomagnétiques.

Fig. 42. Datations radiocarbones des échantillons du four F.100.

Fig. 42. Datations radiocarbones des échantillons du four F.100.

Oxcal et A. Guicheteau.

56Une datation par archéomagnétisme a été réalisée à partir de deux séries de prélèvements. Seize échantillons ont été extraits dans la chape d’argile US 105, tandis que seize autres ont été prélevés dans la sole pleine US 106. Étant caractéristiques du même événement thermique (c’est-à-dire la dernière utilisation du four), les données des deux séries d’échantillons ont été réunies pour calculer la direction archéomagnétique moyenne pour le four F.100. Celle-ci est remarquablement bien définie (α95=0,3°). Après transfert à Paris, nous obtenons la direction suivante : D=20,6° ; I=65,3° ; K=5536 ; N=29 (SEV100). Sa comparaison avec la courbe révisée des variations directionnelles du CMT en France au cours des deux derniers millénaires (LE GOFF et alii, 2020) permet d’obtenir une équivalence statistique avec un seuil de confiance à 95 % pour l’intervalle de temps entre 903 et 980 (fig. 43).

Fig. 43. Datation archéomagnétique par équivalence statistique à 95 % du four F.100.

Fig. 43. Datation archéomagnétique par équivalence statistique à 95 % du four F.100.

G. Gouérou.

VI. Environnement, ressources végétales et animales

VI.1. L’anthracologie

VI.1.1. Corpus et méthodes

57L’analyse anthracologique a été menée sur six structures, dont les quatre fours de potiers (fours F.100, F.200, F.300 et F.400), une fosse de stockage de l’argile (F.53) et une fosse de travail de l’argile (F.16). En laboratoire, la fraction supérieure à 1 mm a été divisée afin d’obtenir une fraction ≥ 4 mm et une fraction comprise entre 2 et 4 mm. Cette opération a permis de sélectionner une série de charbons des fours F.200, F.300 et F.400 aptes à l’application d’une analyse dendro-anthracologique. Cette méthode permet, grâce à l’application d’outils dendrométriques aux charbons de bois, de répondre plus précisément aux questions touchant les modes d’exploitation des espaces boisés. Par contre, les charbons du four F.100 comme des fosses F.16 et F.53 présentaient une mauvaise conservation de dimensions comprises entre 2 et 4 mm, ne permettant pas d’appliquer cette méthode. La détermination des taxons est faite à l’aide d'ouvrages spécialisés sur l’anatomie du bois (SCHWEINGRUBER, 1990). Chaque fragment de charbon a été caractérisé par trois paramètres (largeur de cerne, distance charbon-moelle et estimation de l’âge) permettant d’établir une grille anthraco-typologique composée de huit groupes (DUFRAISSE et alii, 2018).

VI.1.2. Résultats

58L’étude a révélé un minimum de six taxa pour l’ensemble des prélèvements. La précision de l’identification du taxon est souvent l’espèce. Restent des incertitudes dans le travail d’identification. Il est ainsi impossible de distinguer les diverses espèces possibles dans les chênes à feuillage caduc, nous obligeant à utiliser l’appellation Quercus sp. fc. (feuillage caduc). Les caractères anatomiques sembleraient se rapporter plutôt aux espèces Quercus robur - Quercus sessiliflora (chêne pédonculé-chêne sessile). Nous rappelons cependant que le chêne pubescent, espèce typiquement méridionale, déborde largement ces régions et se répand jusqu’au nord de la France, soit dans des stations isolées, soit dans des peuplements localement importants (BOURNÉRIAS et alii, 2001). L’imprécision anatomique entre deux seuls genres ou deux espèces est indiquée par un trait d’union entre les deux noms : Populus-Salix (peuplier-saule). Dans la famille des Rosacées, les sous-familles Maloidées et Prunoïdées comprennent notamment de nombreuses espèces fruitières mais les genres sont difficilement déterminés. Ils sont donc regroupés par sous-famille. Les fragments de bois détériorés, soit par la combustion soit par l’action des agents naturels, ne sont pas pris en compte dans les fréquences relatives, ils sont notés « indéterminables ». Enfin, les fragments « écorce et/ou nœuds » ne sont pas pris en compte dans les fréquences.

59Toutes structures confondues, 217 fragments ont été analysés (fig. 44), 156 ont été identifiés comme du chêne à feuillage caduc (Quercus f.c.), ce taxon est présent dans les quatre fours, tout comme le charme (Carpinus betulus) identifié par dix fragments. Le peuplier-saule (Populus-Salix) est identifié par vingt et un fragments de charbons, il est présent dans cinq structures dont trois fours (F.200, F.300, F.400). L’érable est présent avec sept charbons dans trois structures (fours F.100 et F.300, fosse F.53). Les Rosacées Maloidées sont identifiées par trois charbons uniquement dans les fours F.100 et F.300, tandis que les Prunoïdées ne sont identifiées que par un seul charbon dans la fosse F.16.

Fig. 44. Décomptes des charbons de bois par structure.

Fig. 44. Décomptes des charbons de bois par structure.

S. Coubray.

60Seize fragments sont indéterminables, quarante-cinq fragments sont scoriacés/fondus (niveau de vitrification élevé). La vitrification est un phénomène régulièrement observé au cours de l’analyse anthracologique mais son interprétation demeure incertaine. La vitrification est une fusion partielle (type fondu) ou totale (type scoriacé) de la structure anatomique du bois jusqu’à la rendre, parfois, totalement indéterminable. Les études récentes montrent que les variables ayant un effet sur la vitrification relèvent plus probablement de l’état de dégradation du bois utilisé et/ou de la carbonisation en conditions réductrices (MAC PARLAND et alii, 2010 ; HENRY, 2011) ou encore des fortes températures et des conditions de combustion réductrices (OILLIC, 2011).

61Si on concentre notre attention sur les fours, bien que les résultats anthracologiques mettent en évidence une exploitation massive du chêne quelle que soit la structure étudiée, des essences secondaires apparaissent régulièrement dans le combustible. Au moins trois groupes de taxons permettent de distinguer autant de zones d’approvisionnement en combustible : des essences de la chênaie (chêne, charme, érable), des essences de lisière buissonnante, les Rosacées (Maloidées et Prunoidées), enfin des essences de sols hydromorphes des zones inondables (peuplier-saule). Même si le chêne est a priori une essence dominante dans le milieu, le spectre anthracologique n’est sûrement pas représentatif de la végétation environnante mais il reflète bien une exploitation du bois de feu sélective, axée sur le chêne. Trois structures permettent d’en préciser les modalités de collecte.

62Les échantillons prélevés se sont révélés stériles en pollens, sans doute du fait des phénomènes d’oxydation des sédiments à l’origine de la mauvaise conservation du matériel sporopollinique.

VI.1.3. Analyse anthraco-typologique des fours F.200, F.300, F.400

63Des mesures de largeurs de cerne, de diamètre et de comptage des thylles ont pu être réalisées sur un total de quatre-vingts fragments de charbons de chêne (fig. 45). Dans l’ensemble des trois structures, une majorité de fragments présente une croissance régulière (four 200 : 84 % ; four 300 : 96 % ; four 400 : 77 %) et à cernes larges (> 1 mm/an). Le patron de croissance irrégulière SUPP-type est présent dans les charbons des trois assemblages. Dans l’assemblage du four F.200, cinq charbons présentent une croissance irrégulière SUPP-type, un charbon dans chaque four, F.300 et F.400, présente ce patron de croissance. Le LOC-type et le REL-type sont présents uniquement dans le four F.400. Ces trois patrons de croissance irrégulière peuvent être relatifs à des pratiques de taille (telle que l’émondage, à déterminer) ou des modes d’exploitation en taillis.

Fig. 45. Synthèse des données anthraco-typologiques.

Fig. 45. Synthèse des données anthraco-typologiques.

S. Coubray.

64Pour les fours F.200 et F.300, une majorité de fragments se situent à moins de 7 cm de la moelle. 96 % des charbons mesurés pour le four F.200 se placent dans l’anthraco-groupe 2, tandis que les charbons du four 300 se distribuent entre les anthraco-groupes 1 et 2, respectivement 59 % et 39 %, c’est-à-dire qu’au total 98 % sont issus de jeunes bois. Seuls 4 % des charbons du four 200 appartiennent à l’anthraco-groupe 6 ; ils sont issus de l’aubier périphérique d’un bois de diamètre supérieur à 7 cm mais probablement d’un diamètre plus important (fig. 46). Dans le four 300, 12 % des charbons sont issus de duramen plutôt médians (> 7 cm). À l’opposé, le four 400 présente une majorité de charbons (94 %) dans les anthraco-groupe 6 (77 %) et 8 (17 %), issus aussi bien de l’aubier que du duramen de bois mature, > 7 cm de diamètre et âgé de plus de 20 ans. Seule une petite fraction (6 %) est classée dans l’anthraco-groupe 2, issue de bois non mature. De manière générale, on notera l’absence de fragments de duramen dans les petites classes de diamètre (partie interne d’arbre mature).

Fig. 46. Graphes anthraco-typologiques des fours F.200, F.300 et F.400.

Fig. 46. Graphes anthraco-typologiques des fours F.200, F.300 et F.400.

S. Coubray.

65Les résultats des analyses montrent donc l’exploitation de boisements relativement denses (majorité de fragments dont la croissance varie entre 1 et 2 mm), plutôt homogènes. Certains fragments présentent également une croissance pouvant indiquer la pratique du taillis, en particulier des cernes larges suivis de cernes étroits traduisant des conditions de croissance de plus en plus difficiles. Ils montrent également une opposition entre l’assemblage anthracologique des fours F.200 et F.300, composé de jeunes bois, et celui du four F.400, dans lequel on identifie principalement la partie externe de bois dont les diamètres varient au-delà de 7 cm.

66L’activité de cuisson des céramiques telle qu’elle est décrite dans ses différentes phases est bien identifiée dans les fours de Sevrey. En effet, les assemblages anthracologiques restituent une image du combustible utilisé composé de bois de calibres différents (de la ramille à des calibres allant au-delà de 7 cm de diamètre) correspondant aux besoins de la montée en température des phases de cuisson (petit feu, grand feu). Bien que le chêne soit dominant dans le corpus, d’autres essences ligneuses ont été exploitées, comme le peuplier-saule qui est un bois dit tendre ou blanc, de faible densité, qui produit un combustible très aéré permettant d’éviter la formation de braises en fin de cuisson, ce qui souligne l’importance technique dans le choix des essences ligneuses.

67Dans l’ensemble de l’assemblage anthracologique, un certain nombre de fragments de charbons de bois montrent des zones de collapse des vaisseaux du bois, indiquant une forme drastique de séchage (bois encore humide utilisé dans le combustible ?) ; cependant les nombreuses traces d’insectes xylophages dans le bois, quel que soit le taxon, indiqueraient un temps de stockage du bois après la coupe.

VI.1.4. Remarques conclusives

68Dans un tel contexte artisanal, on peut s’attendre à trouver une exploitation des boisements de type taillis. L’argument en faveur de ce type d’exploitation est la présence constante de faibles calibres de bois et un schéma de croissance lié à l’âge, composé de larges cernes de croissance près de la moelle suivie d’une diminution rapide de la largeur des cernes. Une exploitation de ce type, même si elle n’est pas forcément systématique, a sans aucun doute favorisé dans les massifs forestiers exploités le chêne et le charme, qui sont les espèces dominantes dans le combustible. Ce phénomène est attesté par l’anthracologie dans le nord du Bassin parisien, où le charme se développe fortement au Moyen Âge (LEROYER et alii, 2011).

VI.2. La carpologie

  • 5 La flottation a été réalisée à l’aide d’une colonne à deux tamis : 1 mm et 0,315 mm. Les observati (...)

69Six échantillons issus de la fosse F.16, datée des VIe-VIIe siècles, de trois remplissages de fours de potier (F.200, F.300 et F.400) des VIIIe-IXe siècles et d’un remplissage de four de potier (F.100) ainsi que d’une fosse de préparation d’argile (F.53) datés des Xe-XIe siècles, ont été analysés dans le but d’avoir des informations sur les espèces végétales en présence sur le site. Ils ont été traités selon la technique de la flottation manuelle pour les prélèvements secs (MARINVAL, 1999)5. Seuls quatre-vingt-deux carporestes carbonisés ont été décomptés (fig. 47). Il s’agit de cinq taxons de céréales, trois de plantes sauvages, une légumineuse et un fruit. Les carporestes de fruits sont les plus nombreux (61 %, fig. 48) suivis des céréales (29 %), tandis que les plantes sauvages et les fruits sont beaucoup moins bien représentés (respectivement 9 % et 1 %). Concernant les céréales, on observe des proportions équivalentes d’orge vêtue (Hordeum vulgare ssp. vulgare), de blés nus (Triticum aestivum s.l./durum/turgidum), de millet commun (Panicum miliaceum) et de seigle (cf. Secale cereale). Le spectre des plantes alimentaires est complété par une semence de lentille (Lens culinaris). Mais il est important de relativiser ces données dans la mesure où plus de la moitié des graines de céréales n’ont pas pu être identifiées au rang de l’espèce et où la quantité de graines était très faible (seules une ou deux graines par espèces). Ces résultats donnent donc des indications sur les espèces en présence mais ne permettent pas de tirer des conclusions concernant l’environnement et l’économie végétale du site. La proportion importante de fruits s’explique par une petite concentration de pépins de vigne (Vitis vinifera ssp. vinifera) découverte au sein du four de potier F.100. Seules une graine de millet commun (Panicum miliaceum), trois semences de vrillés (Fallopia convolvulus/dumetorum), une semence de gaillet gratteron (Galium aparine) et une graine de céréale non identifiée (Cerealia indeterminata) accompagnent ce petit ensemble carpologique. Son interprétation reste difficile. Une des hypothèses est qu’il pourrait être le résultat d’une consommation ponctuelle de grappes dont les pépins ont été jetés au feu pour destruction.

Fig. 47. Résultats de l’étude carpologique. Les décomptes sont indiqués en NMI.

Fig. 47. Résultats de l’étude carpologique. Les décomptes sont indiqués en NMI.

G. Daoulas.

Fig. 48. Pourcentages des catégories de plantes découvertes sur le site (NMI : 82).

Fig. 48. Pourcentages des catégories de plantes découvertes sur le site (NMI : 82).

G. Daoulas.

VI.3. L’archéozoologie

70L’opération livre un mobilier faunique limité à 128 restes dont 89 indéterminés pour une masse de 1634 g (fig. 49). Le lot est marqué par une corrosion de surface et un état résiduel relativement prononcés. Il est trop peu abondant pour en tirer des informations pertinentes sur la gestion des cheptels et la qualité des viandes consommées au cours du haut Moyen Âge. Seule la consommation du cheval (sous réserve que la viande ait bien été destinée à l’alimentation humaine) livre un indice sur le statut des consommateurs en laissant envisager une population peu aisée au cours des VIe-VIIe siècles. Par ailleurs, la présence de plusieurs restes d’équidés, dont l’âne, semble traduire une utilisation de leur vivant, notamment dans des activités de transport. Les autres espèces recensées – bœuf, porc et caprinés – constituent généralement la base du régime carné tous contextes confondus, et la prédominance du duo bœuf/caprinés est régulièrement observée sur la grande majorité des sites ruraux ou à vocation artisanale, au contraire du porc, apanage des sites privilégiés (AUDOIN-ROUZEAU, 1997 ; FAURE-BOUCHARLAT et alii, 2001).

Fig. 49. Décompte des espèces par contexte et par période.

Fig. 49. Décompte des espèces par contexte et par période.

D. Cambou.

VII. La céramique

71Le tri du mobilier céramique de cette opération a fait l’objet d’une méthodologie spécifique contrainte par les délais de l’archéologie préventive. La priorité a été portée sur le matériel en lien avec l’artisanat céramique (comblements des fours et de certaines structures excavées F.15, F.53, F.57, F.59, F.60). Les lots issus de contextes de consommation n’ont fait l’objet que d’un comptage et d’une évaluation chronologique. La céramique bistre, en position résiduelle, a été isolée sans aucune quantification.

72Le choix de la méthode de quantification s’est porté sur le NMIb (ARCELIN, TRUFFREAU-LIBRE, 1998) : décompte de bords après recollage au sein des sériations catégorie/groupe technique/forme générique/type/diamètre par type. Cette méthode entraîne probablement une surreprésentation des vases les plus fragmentés.

VII.1. Groupes de référence et typologies

73Les découvertes réalisées s’inscrivent dans le hiatus chronologique défini par les deux phases de production du site des Tupiniers (DELOR-AHÜ et alii, 2005). De même, les opérations effectuées Rue du Roch et Impasse Champagne ont permis d’envisager d’autres phases de production, l’une plus ancienne, l’autre plus récente (GUICHETEAU, 2019 ; 2020a) qui donnent lieu à des compléments du référentiel typologique sevrotin. La reprise en cours des découvertes anciennes conservées au musée Denon de Chalon-sur-Saône – rue des Acacias (AUGROS, 1975) et rue de la Serve 1986-1987 notamment (AUGROS, DEPIERRE, 1991) – montrent le caractère encore partiel de l’information à l’échelle du village ainsi que la nécessaire remise à plat de la documentation et sa normalisation afin de pouvoir intégrer correctement les prochaines découvertes archéologiques. Cet exercice, institué dans le cadre du PCR « Sevrey, archéologie d’un village de potiers au Moyen Âge et aux Temps modernes », implique la codification des groupes techniques et des typologies ouvertes correspondantes.

VII.1.1. Les productions céramiques du 8 rue Georges Brusson à Sevrey

74Les groupes de pâtes distingués comme suit ont été exploités lors de la phase de tri et d’inventaire. Ils s’appuient sur une observation macroscopique des pâtes sur cassures fraîches et examen des surfaces. Ces groupes ont été confortés et repris dans le cadre des analyses pétrographiques et archéométriques. L’ensemble des vases produits au 8 rue Georges Brusson a été cuit en mode B avec une cuisson et une post-cuisson réductrices. Les quelques pièces rouges, orangées ou beiges sont des ratés de production.

75Le répertoire fonctionnel de la céramique culinaire compte des pots, des cruches, des couvercles s’adaptant sur chacun des types précédents, ainsi que des jattes, bassins et cuviers. S’y ajoute un élément interprété comme une lampe, non assujettie à la standardisation.

VII.1.1.1. La céramique grise fine, SEV-GF

  • 6 Équivalente à SEV gpe 4 dans l’arborescence chalonnaise de l’époque gallo-romaine (MOUTON-VENAULT, (...)

76L’opération du 8 rue Georges Brusson a ainsi permis la définition d’un nouveau groupe technique abrégé SEV-GF6 (fig. 50). Cette céramique est produite en cuisson et post-cuisson réductrice (mode B). La cuisson confère à la pâte une teinte allant du gris clair au gris bleuté foncé. La surface est laissée brute et de teinte gris clair à beige. Elle présente une pâte fine et homogène, non calcaire, sans dégraissant visible à l’œil nu. Il est à noter la présence de grains de quartz, de nodules ferreux et de quelques points noirs (dégraissants organiques) dans la matrice.

Fig. 50. Clichés macroscopiques des céramiques SEV-GF x30.

Fig. 50. Clichés macroscopiques des céramiques SEV-GF x30.

A. Ahü-Delor.

77Le groupe technique SEV-GF domine largement les séries issues des fours de la fin VIIIe-IXe siècles. Il recense plus de 70 % du matériel du comblement du four F.200, plus de 80 % du four F.300 et jusqu’à 90 % du remplissage du four F.400. Seul le four F.300 a permis d’exhumer des vases décorés par lissage. Les autres tessons enregistrés dans les fours correspondent à des productions grossières sombres dont la présence se justifie par les perturbations observées lors de la fouille. Le taux de ces éléments intrusifs est aussi proportionnel à la proximité des structures foyères de cette première phase d’activité avec l’atelier Xe-XIe siècles.

78Ce groupe technique est donc majoritaire à cette période et très marginal (résiduel ?) au cours de la deuxième phase de production identifiée sur le site. L’indigence de l’information sur les sites de consommation est d’autant plus surprenante que la quantité recensée ne témoigne pas ici d’une production anecdotique, avec près de 500 pièces pour plus de 6000 tessons ; ce constat souligne assurément la qualité médiocre du référentiel disponible en contexte domestique et l’important travail d’identification à accomplir. Quelques pièces, a priori en contexte de dépotoir domestique, sont identifiées sur le site des Tupiniers (DELOR-AHÜ et alii, 2005) et de la rue de la Serve (AUGROS, DEPIERRE, 1991) ; le four 1 dégagé par M. Augros, rue des Acacias (AUGROS, 1975), semble avoir cuit aussi des vases gris à pâte dégraissée ; cette production, en cours d’étude dans le cadre du PCR, complète le répertoire du 8 rue Georges Brusson mais propose une chronologie peut-être plus récente. Selon le protocole mis en place dans le cadre du PCR, qui reprend l’ensemble des productions sevrotines, la typologie du groupe de SEV-GF s’inscrit dans la fourchette numérique de 100 à 199 (GUICHETEAU, 2020b, p. 23, vol. 2) (fig. 51).

Fig. 51. Synthèse typologique de la céramique SEV-GF.

Fig. 51. Synthèse typologique de la céramique SEV-GF.

A. Ahü-Delor, C. Bioul.

  • 7 Le type P3 des Tupiniers est assurément le prototype du type Pot101 ; le type P11 des Tupiniers es (...)

79D’un point de vue strictement morphologique, la filiation est évidente avec certains types de la vaisselle bistre des Tupiniers7. Les points de divergences sont cependant nets sur le plan technique. Par comparaison avec le service bistre, et outre le mode de cuisson et le choix des argiles parfois dégraissées, on note notamment pour le gisement du 8 rue Georges Brusson l’absence de décors à la molette et de bec verseur pincé. D’un point de vue fonctionnel, la disparition des récipients à usage individuel comme les gobelets, jattes de petit module ou bol, est notoire. Les cruches présentent des anses plus larges que les productions bistres, tandis que les couvercles voient un « aplatissement » de leur profil général. On souligne au sein de la production caractérisée ici, la part importante de la cruche à bord en Y redressé et de celle à lèvre en Y rentrant qui forme ainsi une mini-collerette. Les pots à ouverture large, peu globulaires, présentent un bandeau court anguleux ou une lèvre éversée.

80Le Pot100, récipient multifonctionnel, est donc l’un des marqueurs du groupe technique même si quelques pièces en céramique grise sont inventoriées ; il doit être envisagé comme le prototype des classiques pots en poulie largement documentés sur le site des Tupiniers. Les Cru100 et Cru101 sont des formes nouvelles à Sevrey. Destinées au service des liquides, elles sont uniquement produites en SEV-GF et présentent une panse cannelée, lisse ou ornée d’un décor géométrique réalisé au polissoir.

  • 8 L’ensemble du mobilier de ce site découvert en 1976 par L. Bonnamour a été repris dans le cadre du (...)
  • 9 Sous la direction de A. Guicheteau, Inrap.

81Ces formes phares du répertoire sont aussi attestées en production dans le comblement du four 1 de la rue des Acacias (AUGROS, 1975) en association avec des versions simplifiées de cruches à lèvre presque ronde et de pots à bord en poulie marquée. Le gisement de la Ferté-Saint-Ambreuil (Saône-et-Loire) a de même produit des pots bistres à bandeau court convexe qui pourraient marquer la transition technologique entre service bistre et céramique grise (BONNAMOUR, 1976 ; POIL, 19978). Des fragments lacunaires de cruches en céramique bistre, extraits du site de la rue de la Serve (AUGROS, DEPIERRE, 1991), amorcent le profil des types Cru100 et 101 mais avec des bords rentrants plus larges. De même, la fosse F.33 du 2 rue Guyot à Sevrey, fouillée en 20219 et en cours d’étude, a permis la mise au jour de pièces, certaines archéologiquement complètes, ornées à la molette et cuites en mode oxydant, qui préfigurent les types en céramique grise fine. Au sein du groupe dit « de la Forêt de la Ferté », un lot de céramique claire produit dans l’atelier de La Charmée compte aussi une belle série de ces types de cruches (POIL, 1997) (fig. 52).

Fig. 52. Prototypes et avatars du types SEV-GF Cru100 et 101 produites au 8 rue G. Brusson.

Fig. 52. Prototypes et avatars du types SEV-GF Cru100 et 101 produites au 8 rue G. Brusson.

A. Ahü-Delor.

VII.1.1.2. La céramique commune grise, SEV-Grise

  • 10 Équivalente à SEV gpe 5 dans l’arborescence chalonnaise de l’époque gallo-romaine ; il correspond (...)

82Le second groupe des productions correspond aux classiques céramiques grossières grises et est abrégé SEV-Grise10 (fig. 53). Ce groupe est reconnu en abondance sur le site ; il comptabilise presque 21000 restes pour plus de 1500 vases. Il est cuit en mode B. La cuisson, sans enfumage volontaire, donne à la céramique une teinte gris clair à gris foncé bleuté. La présence de gros grains de quartz grossiers et d’oxydes de fer rend la surface rugueuse au toucher. La pâte est non calcaire. Par commodité et dans le cadre de la normalisation des données de production dans le protocole du PCR sur les ateliers de Sevrey, la typologie du groupe de SEV-Grise s’inscrit dans la fourchette numérique de 200 à 299 (GUICHETEAU, 2020b, p. 23, vol. 2).

Fig. 53. Clichés macroscopiques des céramiques SEV-Grise x30.

Fig. 53. Clichés macroscopiques des céramiques SEV-Grise x30.

A. Ahü-Delor.

83La portion des communes grises est importante, voire exclusive dans chacun des faits isolés de l’atelier des Xe-XIe siècles du site (fosses F.15, F.53, F.57, F.59 et F.71 et du four F.100) avec toujours plus de 90 % du mobilier.

84Le répertoire compte trois formes majeures (fig. 54 et 55) : le pot à bord en poulie ou bandeau haut Pot201, le pot à lèvre oblique épaisse Pot202 et la cruche Cru202. S’y ajoutent quelques rares formes ouvertes comme des bassins, des jattes et des cuviers ainsi qu’un couvercle à bord simple. Il s’agit exclusivement de récipients culinaires mais aussi domestiques à usage collectif. La représentativité fonctionnelle observée dans certains contextes suggère un mélange des rebuts de productions avec du mobilier utilisé sur place ou à proximité. La normalisation des modules et diamètres observée au cours de la phase précédente ne paraît plus une priorité à cette période d’activité.

Fig. 54. Synthèse typologique de la céramique SEV-Grise, planche 1.

Fig. 54. Synthèse typologique de la céramique SEV-Grise, planche 1.

A. Ahü-Delor, C. Bioul.

Fig. 55. Synthèse typologique de la céramique SEV-Grise, planche 2.

Fig. 55. Synthèse typologique de la céramique SEV-Grise, planche 2.

A. Ahü-Delor, C. Bioul.

85Les fondamentaux sur cette production de SEV-Grise étaient d’ores et déjà maîtrisés ; les opérations de sauvetage sur le site des Tupiniers et le gisement de la rue Georges Brusson ont posé des bases solides, typologiques comme chronologiques (SIMONIN, DELOR-AHÜ, 2004 ; DELOR-AHÜ et alii, 2005, p. 264 ; MANI et alii, 2015). Le service gris composé du pot et de la cruche se reconnaît de façon systématique au sein des ateliers comme sur les sites de consommation identifiés mais aussi au sein des répertoires concurrentiels.

VII.2. Technologie mise en œuvre et traitement spécifique

86Malgré la fragmentation, la plupart des critères de rejet des pièces de vaisselle au sein de l’atelier correspondent à des détériorations résultant d’une mauvaise maîtrise de la température dans les fours, d’un séchage insuffisant ou trop rapide des vases avant enfournement, ou d’une préparation peu soigneuse de l’argile (fig. 56). Le four F.200 compte des éléments bien cuits, voire trop cuits, avec parfois des déformations ; dans ce comblement, on ne recense aucun problème de ré-oxydation lors du refroidissement. Inversement le four F.300 présente une grande quantité de vases oxydés, parfois entièrement beiges ou orangés.

Fig. 56. Ratés de cuisson.

Fig. 56. Ratés de cuisson.

G. Pertuisot.

87Peu d’erreurs de tournage sont observées, cependant la finition des vases n’est pas soignée : le décor est généralement rapidement appliqué avec des chevauchements d’impression, les fonds sont décollés à la ficelle sans nettoyage ou reprise, des traces de doigts et enfoncements de la partie inférieure laissés lors du retrait de la pièce du tour sont récurrents, le collage des anses est souvent fait sans préparation et manifestement sur des pièces déjà relativement sèches.

88Parallèlement à ces défauts de façonnage spécifiques à chaque structure, l’examen attentif du façonnage des bords met en évidence des « mains » différentes pour le tournage de ces productions (fig. 57). Les bords des pots Pot100 des fours F.200 et F.300 sont assez proches, avec un bandeau court (environ 1,5 cm de haut), un profil concave assez marqué, des arêtes saillantes et la face interne forme le plus souvent un large creusement de la hauteur de la lèvre. Les bords des pots Pot100 du four F.400 se distinguent par un bandeau concave marqué par une arête saillante sur la base et un arrondi du bord supérieur ; le replat interne forme une arête plus ou moins nette. Ainsi, même si les fours précoces ont mis en évidence des types morphologiques communs, ils témoignent d’ateliers distincts.

Fig. 57. Comparaison des bandeaux des Pot100 par fours.

Fig. 57. Comparaison des bandeaux des Pot100 par fours.

A. Ahü-Delor.

89Globalement les parois des vases sont minces sauf vers le fond (5/8 mm au niveau du col et épaule). Les cannelures des formes fermées sont faites par pression des doigts sur la pâte molle, sans chiffon ou outil. Les rares décors ondés sont incisés, toujours sur pâte grise grossière, à l’aide d’un bâton de bois ou d’un stylet métallique (fig. 58) ; ils sont rapidement exécutés, sans soin de régularité, avec des registres qui se chevauchent parfois. Les quelques ornements lissés, sur céramique grise fine exclusivement, sont obtenus par frottement d’une matière dure sur pâte cuite, mais là encore, sans souci de régularité.

Fig. 58. Présentation des décors sur vaisselle céramique, par emplacement, types et groupes techniques.

Fig. 58. Présentation des décors sur vaisselle céramique, par emplacement, types et groupes techniques.

A. Ahü-Delor.

90Les fonds des productions grises fines sont plats, détachés à la ficelle, non repris, voire même souvent laissés en l’état sans nettoyage. Certains fonds présentent une surface légèrement rentrante à la suite d’un séchage long sur une surface peu absorbante et non aérée (planche de bois par exemple). Les fonds des productions Xe-XIe siècles, prioritairement des pâtes grossières grises, sont repris lors de la phase de finition et présentent quant à eux un profil bombé caractéristique.

91Aucune marque ou graffiti avant cuisson n’est enregistré sur le mobilier rejeté dans les niveaux d’abandon des fours liés à la céramique grise fine. Par contre, des marques, sur pâte crue, sont lisibles sur trois fonds bombés de formes fermées en pâte grise grossière de la fosse dépotoir F.15 (fig. 59). Ces graffitis couvrent toute la surface du fond de la pièce ; il s’agit d’une croix à quatre branches (iso C28/15-366), d’une croix à six branches (iso C27/15-257) ou d’un losange (?) divisé en deux (iso 15us3f). Ils ont été pratiqués à l’aide d’un bâton, stylet ou clou sur pâte plus ou moins sèche. En Rhône-Alpes, le marquage des fonds est identifié dans l’atelier de Romans-sur-Isère vers l’an Mil (LE NÉZET-CÉLESTIN, HORRY, 2015) ; sur ce gisement, le phénomène est plus systématique et le répertoire de motifs plus étoffé avec une importante série crucifère. Si ces fonds bombés décorés sont un marqueur chronologique pertinent pour la période Xe-XIIe siècles en Rhône-Alpes (HORRY, 2013, p. 161, fig. 113, nos 10 à 13 ; 2015, p. 104, fig. 78, nos 2-3-4-12), la pratique ne semble pas aussi significative en Bourgogne et reste parfaitement marginale à Sevrey.

Fig. 59. Marques sur fonds de formes fermées issues de F.15.

Fig. 59. Marques sur fonds de formes fermées issues de F.15.

A. Ahü-Delor, G. Pertuisot.

92Une demi-douzaine de vases de cette fosse F.15 et un exemplaire de la structure F.59 présentent des traces de coup volontaire ayant brisé le vase ou perforé la panse (fig. 60). Dans les premiers cas, cette pratique devait avoir pour but de rendre clairement inutilisable le vase (fig. 60, nos 4 à 7). Elle implique donc peut-être, à cette période, une étape de contrôle de la production à la sortie du four et le déclassement (et la destruction) des pièces avec défauts. En effet, tous les exemples observés ayant subi cette détérioration présentent des dégradations plus ou moins invalidantes pour un usage culinaire des pièces, comme des fissures ou des cupules thermiques (problème de séchage ; iso C37/15_258, C27/15_270, C27/15_280), des traces d’empilement (iso C27/15_274), ou encore un enfoncement important de la panse avant séchage (iso C27/15_245). Les seconds cas d’altération des pièces correspondent à des perforations faites depuis l’extérieur avec un outil pointu (broche/poinçon ?). Il s’agit de perforations de petit diamètre dont le bord est régularisé par enlèvements de micro-éclats (fig. 60, nos 1 et 3) ou d’une succession de perforations formant une ouverture longue de plusieurs centimètres (n° 2). Si les premiers exemples restent difficiles à justifier, la longue perforation rappelle franchement celle pratiquée sur des formes fermées pour transformer la pièce en tirelire. Ce détournement opportuniste est principalement observé en contexte domestique et généralement sur des formes très fermées dont l’intérieur n’est pas accessible, ce qui n’est cependant pas le cas des pots ou même des cruches de Sevrey. La présence de mobilier issu de la sphère domestique dans la fosse F.15, mélangé aux rebuts d’atelier, permet tout de même de soutenir l’interprétation ; le contexte permet aussi assurément d’en envisager d’autres en lien avec une activité artisanale et économique (production de barbotine…).

Fig. 60. Traces de coups et perforations volontaires observées sur des vases de F.15.

Fig. 60. Traces de coups et perforations volontaires observées sur des vases de F.15.

A. Ahü-Delor, G. Pertuisot.

VII.3. Les analyses pétrographiques et chimiques des céramiques

VII.3.1. Méthodes, échantillonnages et problématiques

VII.3.1.1. Les analyses pétrographiques macro- et microscopiques

93Les analyses pétrographiques réalisées sur ce corpus de vaisselle céramique ont pour objectif de mettre en évidence les éléments constitutifs des ressources naturelles mobilisées. L’observation macroscopique des pâtes et la description des lames minces obtenues sur ces échantillons définissent ainsi les référentiels pétrographiques spécifiques au site. L’analyse de l’argile naturelle présente dans l’emprise du sous-sol permet, sur un autre aspect, de caractériser la provenance probable de ces ressources. Des pistes de réflexions peuvent également être apportées à la compréhension du traitement de la matière première dans le façonnage des céramiques.

94Un corpus de quinze échantillons a été analysé dans le cadre des fouilles menées à Sevrey, 8, rue Georges Brusson. L’échantillonnage s’est porté sur un ensemble de cruches et de pots qui se répartissent entre les différents groupes techniques. Ainsi, un ensemble de quatorze tessons de céramique a été sélectionné, dont six échantillons caractérisent le groupe SEV-GF et huit se rapportent au groupe SEV-Grise. Un échantillon sur argile naturelle a été ajouté à des fins de comparaison.

95L’observation macroscopique des éléments constituant la pâte céramique permet de les déterminer à l’œil nu, puis à la loupe de diamantaire x10 pour les grains les plus fins. Ces observations ont été réalisées à l’aide d’un microscope polarisant LEICA DM EP et l’enregistrement photographique a été effectué au grossissement 10x associé au grossissement de l’optique établi et fixé à 10x. La lecture des lames minces a pour but de caractériser les vecteurs les plus pertinents qui nous donnent des indices sur l’origine des éléments figurés présents dans les pâtes analysées, aussi bien pour des inclusions ajoutées volontairement au moment de la production des céramiques que pour des grains présents naturellement dans les argiles employées.

96La description pétrographique de ces échantillons repose en premier lieu sur des observations strictement macroscopiques effectuées à partir du mobilier céramique. Les éléments enregistrés se fondent sur des critères identifiés par nos soins lors du développement d’une méthodologie d’étude des matériaux de construction en terre cuite de l’oppidum de Bibracte (DELENCRE, GARCIA, 2012). Cette méthodologie s’est avérée par ailleurs pertinente pour caractériser d’autres mobiliers de terre cuite, tout en étant également applicable à la terre crue et aux argiles naturelles (DELENCRE, 2017a, 2017b). La reconnaissance des différents types de pâtes s’appuie sur la description de ces critères concernant la matrice et les éléments figurés, à savoir la couleur et l’homogénéité de la matrice, la description (granulométrie, angulosité, tri et proportion) et la nature des grains (PICON, 1973 ; ORTON et alii, 1993).

97L’analyse des lames minces porte sur la détermination des faciès microscopiques qui, associés aux observations macroscopiques, permettent d’affiner la reconnaissance de l’abondance et de la nature des grains présents dans les pâtes des terres cuites.

VII.3.1.2. Les analyses chimiques

98Les analyses chimiques réalisées sur l’ensemble du corpus de vaisselle en terre cuite découverte sur ce site ont été effectuées par fluorescence X en dispersion de longueur d’onde (WD-XRF) au laboratoire de céramologie de Lyon (ArAr-CNRS-Université Lyon2). Cette méthode largement reconnue pour l’analyse des céramiques archéologiques permet de déterminer la composition chimique globale de chaque céramique, c’est-à-dire de la matrice argileuse et des inclusions (THIRION-MERLE, 2014 ; WAKSMAN, 2014).

99Ces analyses ont plusieurs objectifs : tout d’abord elles interviennent dans la caractérisation des répertoires typo-chronologiques. Elles visent en effet à vérifier si les différents groupes techniques identifiés lors du tri correspondent à des groupes chimiques distincts ou s’il y a des distinctions possibles par structure, par type ou par contexte ; et, plus globalement, si ces productions se singularisent ou non des autres productions des ateliers de Sevrey. Ces analyses se focalisent également sur le traitement possible des argiles et les matériaux argileux utilisés pour la construction des fours. Afin de répondre à l’ensemble de ces questions, soixante-deux échantillons de céramiques (SEV194 à SEV255), un échantillon d’argile pure et crue (SEV260), un autre de terre naturelle (SEV259) et deux parois de four (SEV257 et SEV258) ont été prélevés et analysés. La correspondance entre les numéros d’analyse, la description des tessons et la phase chronologique est donnée dans le tableau de synthèse (fig. 61).

Fig. 61. Tableau de correspondance entre les numéros d’analyse, la description des tessons céramiques et la phase chronologique.

Fig. 61. Tableau de correspondance entre les numéros d’analyse, la description des tessons céramiques et la phase chronologique.

C. Brun et V. Thirion-Merle.

100Les prélèvements réalisés sur la vaisselle céramique ont cherché à illustrer la diversité des principaux groupes techniques observés ainsi que l’ensemble des formes phares de la production de cet atelier couvrant toute la période de production. Aucune forme unique n’a été sélectionnée. Il s’est avéré que les prélèvements correspondaient aux deux groupes techniques majoritaires, céramiques grises fines (SEV-GF) et céramiques grises (SEV-Grise). Ainsi, les céramiques sélectionnées à partir de critères techniques et typologiques proviennent en majorité du mobilier issu du comblement des fours et des fosses dépotoirs.

VII.3.2. Analyses pétrographiques des pâtes

101L’étude pétrographique a donc été menée sur chacun des groupes techniques échantillonnés et sur un prélèvement d’argile naturelle. Cette distinction préliminaire est justifiée puisque ces groupes techniques sont définis initialement sur des critères d’abondance et de taille des grains visibles en surface et sur cassures fraîches sous loupe binoculaire lors de la phase de tri. Les résultats sont présentés sous forme de tableau afin de rassembler les ensembles cohérents (fig. 62).

Fig. 62. Tableau de résultats des analyses macro- et microscopiques de la vaisselle céramique de Sevrey.

Fig. 62. Tableau de résultats des analyses macro- et microscopiques de la vaisselle céramique de Sevrey.

F. Delencre.

VII.3.2.1. Le groupe technique SEV-GF

102Pour ces céramiques, l’observation à l’œil nu des talons montre une pâte de teinte hétérogène allant du gris-beige au brun-rouge (fig. 63). Les grains, mélangés sans tri, possèdent une granulométrie évoluant des silts aux sables moyens (inférieur à 1 mm) avec la fraction fine qui est dominante. Ces éléments sont émoussés à arrondis et présents dans la pâte avec une proportion inférieure à 5 %. Nous avons ainsi pu déterminer des quartz, des feldspaths, ainsi que des oxydes ferriques dont la fréquence peut varier assez fortement.

Fig. 63. Caractérisation pétrographique du groupe technique « SEV-GF ».

Fig. 63. Caractérisation pétrographique du groupe technique « SEV-GF ».

F. Delencre.

103Les différentes lames minces ont permis d’identifier ces mêmes minéraux et leur abondance, ainsi que des éléments uniquement déterminables en microscopie. Ainsi, les éléments les plus abondants correspondent aux grains de quartz (plus souvent mono- mais aussi polycristallins), qui appartiennent principalement aux tailles inframillimétriques. Plus rarement, voire ponctuellement, des feldspaths alcalins (plagioclases) et potassiques (orthoses), des oxydes ferriques et des baguettes de muscovite et de biotite sont caractérisées dans la fraction fine de la pâte. Quelques pores peuvent aussi être remarqués.

VII.3.2.2. Le groupe technique SEV-Grise

  • 11 Seul l’échantillon SEV-243 présente une couleur rouge uniforme pour un tesson qui correspond à un (...)

104La pâte caractérisant cette catégorie de céramiques possède une matrice dont la couleur évolue du gris-beige au brun-rouge, même si elle apparaît plus régulièrement grise11. Les éléments figurés ne semblent pas triés et sont présents dans toute l’épaisseur du tesson (fig. 64). La taille des grains est comprise dans l’intervalle des silts (entre 0,004 et 0,063 mm) et des sables grossiers (< 2 mm). Les grains sont émoussés à arrondis et ont une proportion proche de 5-10 %. Cette fréquence des éléments figurés dans la pâte diminue fortement en dessous de 5 % pour un unique échantillon (SEV220). Il est possible d’observer parmi eux des grains de quartz, de feldspaths, des oxydes ferriques, ainsi que de rares nodules argileux.

Fig. 64. Caractérisation pétrographique du groupe technique « SEV-Grise ».

Fig. 64. Caractérisation pétrographique du groupe technique « SEV-Grise ».

F. Delencre.

105L’étude des lames minces confirme l’abondance des grains de quartz hétérométriques, parfois très altérés, monocristallins et plus rarement polycristallins. Les analyses microscopiques permettent aussi d’identifier d’autres minéraux, notamment de rares plagioclases souvent altérés. Les baguettes de muscovite appartiennent à la gamme exclusive des silts dans des proportions extrêmement variables (d’abondantes à rares). Sont également ponctuellement présents des oxydes ferriques, des micas noirs (biotite), des feldspaths potassiques (dans le cas de l’échantillon SEV222) et des vacuoles de petites dimensions pouvant parfois être de forme allongée.

VII.3.2.3. L’argile naturelle

106L’échantillon prélevé directement dans le substrat argileux du site (fig. 65) présente macroscopiquement une matrice argileuse de couleur brune. Les grains sont répartis dans l’ensemble de la matière avec des tailles évoluant du silt au sable grossier (entre 0,004 et 2 mm). Ils sont émoussés à arrondis avec une proportion proche de 20-30 %. Leur détermination permet de mettre en évidence des grains de quartz, des feldspaths et de rares oxydes ferriques.

Fig. 65. Caractérisation pétrographique de l’argile naturelle.

Fig. 65. Caractérisation pétrographique de l’argile naturelle.

F. Delencre.

107L’étude de la lame mince confirme l’abondance des grains de quartz hétérométriques, parfois très altérés, monocristallins et plus rarement polycristallins. L’analyse microscopique permet d’identifier d’autres minéraux, notamment de rares plagioclases, souvent altérés, des oxydes ferriques et, plus rarement, des baguettes de micas (muscovite et biotite) appartenant à la gamme exclusive des silts (fraction fine de l’argile).

VII.3.3. Résultats des analyses chimiques

108En préambule à la présentation de ces résultats, une remarque sur la variabilité des analyses et les problèmes de pollution s’impose (fig. 66). Les fluctuations importantes repérées ici, à partir d’un premier calcul de moyennes et écart-types, sur certains éléments chimiques – notamment le calcium (CaO), le manganèse (MnO), le strontium (Sr), le zinc (Zn), le baryum (Ba) et le phosphore (P2O5) –, apparaissent comme un phénomène récurrent et quelque peu habituel pour les céramiques produites dans les différentes officines de Sevrey (Mani, 2004 ; THIRION-MERLE, SCHMITT, 2016, p. 100-108). Les céramiques des ateliers du 8 rue Georges Brusson n’échappent pas à la règle. Si certaines fluctuations sont simplement liées aux variations naturelles observées sur les argiles, d’autres sont vraisemblablement le reflet de phénomènes de pollution des céramiques au cours de l’enfouissement. Vingt-neuf des soixante-deux céramiques analysées ont des teneurs en oxyde de phosphore supérieures à 1 %, alors que dans une argile, cette teneur varie généralement de 0,2 % à 0,5 % en poids (COLLOMB, MAGGETTI, 1996). Il semble par ailleurs que le baryum soit corrélé au phosphore, tout comme la chaux et le strontium. Ces éléments corrélés au phosphore peuvent donc avoir été affectés par des effets de pollution. Les teneurs élevées en baryum pourraient aussi s’expliquer par la présence de filons de barytine, une espèce minérale composée de sulfate de baryum, à proximité. En effet, d’après la carte géologique (feuille Chalon-sur-Saône, 579), de la barytine a été signalée au sud du cours d’eau de la Grosne entre les villages de Laives et Nanton (BONVALOT et alii, 1984).

Fig. 66. Tableau des compositions chimiques des céramiques, parois de four, argiles et substrat.

Fig. 66. Tableau des compositions chimiques des céramiques, parois de four, argiles et substrat.

Ces compositions sont présentées dans l’ordre d’apparition des céramiques sur la classification de la figure 67. Les majeurs sont exprimés en pourcentage massique d’oxyde et les traces en partie par million de métal (ppm).

C. Brun et V. Thirion-Merle.

109La composition globale des céramiques concernées a par conséquent pu être affectée, même si certains auteurs estiment que la présence de phosphates dans les échantillons n’influence pas toujours de façon significative leur composition chimique (MARITAN, MAZZOLI, 2004). Néanmoins, ce point a fait l’objet d’une attention particulière lors du traitement des données.

110Les céramiques et autres matériaux argileux analysés ici sont tous à pâte non calcaire. Au moins quatre groupes de compositions chimiques distincts ont été repérés à partir de la classification (fig. 67), certains de ces groupes pouvant même se subdiviser en différents sous-groupes ; et sept échantillons, notamment du four F.300 ne peuvent être classés. Ces groupes chimiques ne présentent pas de particularités majeures ; les différences de compositions entre groupes sont assez minimes. Ils présentent par ailleurs des caractéristiques communes, à savoir une corrélation inverse silice/alumine pouvant être le reflet d’une phase sableuse importante, mais également, à quelques exceptions près, les mêmes corrélations positives calcium/baryum, calcium/strontium et potassium/rubidium. Ces corrélations sont la signature d’une même origine de la matière première.

Fig. 67. Classification ascendante hiérarchique des soixante-deux céramiques analysées de l’atelier du 8 rue Georges Brusson.

Fig. 67. Classification ascendante hiérarchique des soixante-deux céramiques analysées de l’atelier du 8 rue Georges Brusson.

Analyse de grappes en affinité moyenne non pondérée sur variables centrées réduites relatives à seize constituants chimiques.

C. Brun et V. Thirion-Merle.

111Si on se place d’un point de vue typo-chronologique, ces quatre groupes chimiques présentent une grande hétérogénéité. Aucun ne correspond à un groupe typologique, ni à un four ou un dépotoir particulier et donc à une période de production particulière.

112Cette classification apporte toutefois plusieurs informations importantes. Dans les groupes chimiques 1 et 3, les deux séries macroscopiques ou groupes techniques SEV-Grise et SEV-GF, sont distinguées en deux sous-groupes distincts : toutes les grises fines (SEV-GF) du four F.200 sont regroupées dans le groupe 1, distinctes des grises (SEV-Grise). Toutes les grises fines du four F.400 (sauf SEV248) forment avec quelques grises fines du four F.300 un des sous-groupes du groupe 3. Les autres grises fines du four F.300 se dispersent dans le groupe 4 ou parmi les éléments non classés. Le second sous-groupe du groupe 3 rassemble des céramiques grises (SEV-Grise) des fosses-dépotoirs. Les céramiques grises fines du four F.300 ne forment pas un groupe à part, elles sont soit réparties dans les groupes 3 et 4, soit non classées en fin de grappe.

VII.3.4. Discussions

VII.3.4.1. Distinction des pâtes

113La description des pâtes pour ces tessons de céramique met en évidence un premier élément remarquable concernant la proportion et la taille des grains. En effet, certains échantillons présentent une abondance de sables mélangés à l’argile, pouvant atteindre occasionnellement des dimensions plurimillimétriques. À l’inverse, certains tessons se caractérisent par une plus faible fréquence des sables ne dépassant jamais la taille du millimètre. Toutefois, ces deux critères ne semblent pas être les plus pertinents dans la caractérisation des argiles puisque les éléments minéraux concernés sont tout à fait identiques, avec une majorité de grains de quartz et plus ponctuellement des plagioclases altérés, des baguettes de muscovite et de biotite. Ils restent toutefois un bon moyen de distinction visuelle des pâtes pour les deux groupes techniques SEV-Grise et SEV-GF et ce constat est conforté par le fait qu’il existe une certaine cohérence entre les groupes techniques réalisés à partir d’observations macroscopiques et les analyses chimiques.

VII.3.4.2. Caractérisation d’un fragment de la chaîne opératoire

114Les regroupements chimiques observés pour les céramiques SEV-GF et les SEV-Grise peuvent être le reflet de plusieurs événements : soit une sélection différente de l’argile en un lieu particulier, à savoir la sélection d’un banc d’argile plus fin pour produire les grises fines par exemple ; soit un mode de préparation de la pâte céramique différent et donc un geste technique opéré par les potiers visant possiblement à épurer l’argile pour la production des grises fines. Pour les céramiques grises fines du four F.200, classées en chimie uniquement dans le groupe 1, on peut se demander si elles ne seraient pas le résultat de l’utilisation d’un gisement d’argile unique ; mais que ce gisement aurait également été utilisé dans les phases ultérieures pour produire des céramiques grises. Mais il ne faut pas oublier que les grises fines et les grises n’appartiennent pas aux mêmes phases chronologiques du site, ce qui pourraient tout simplement conduire naturellement aux deux actions précédemment citées. Hormis pour ces céramiques du four F.200, aucune autre distinction ne peut être faite par structure. Au contraire, la grise fine du four F.300, par exemple, est produite à partir de plusieurs pâtes argileuses, du fait de sa répartition dans toute la grappe. On peut là-aussi se demander si ces différences de composition sont liées à différents gestes, différents potiers ou différents lieux d’extraction de l’argile alors qu’il s’agissait de fabriquer les mêmes types de vase, à savoir les pots Pot100 ou les cruches Cru100/101.

115La pétrographie met en effet en évidence des procédés différents dans le traitement de la matière première qui aboutissent à des argiles plus ou moins épurées. Cette méthode d’analyse conclut que l’argile prélevée dans le substrat direct du site se caractérise par une abondance de grains dans la pâte plus importante que celle observée dans les céramiques : en cas d’un approvisionnement en terre directement sur le site, ceci marque un travail de la matière première au sein de l’atelier de potiers pour que celle-ci soit optimale pour son façonnage et sa cuisson en la décantant (ORTON et alii, 1993, p. 114). Cette opération est étayée par la découverte des structures associées sur le site de Sevrey 8 rue Georges Brusson, interprétées comme des fosses de décantation. Cette argile épurée permet d’obtenir plus facilement des parois peu épaisses au moment de la mise en forme de la vaisselle céramique. Si les deux groupes techniques confirment bien macroscopiquement la recherche d’une argile plus grasse, l’homogénéité des pâtes montre que le travail de cette matière reste plus ou moins poussé selon le résultat souhaité.

VII.3.4.3. Caractérisation de la ressource géologique mobilisée

116Il faut bien évidemment évoquer la question de la provenance des ressources mobilisées en fonction des éléments caractéristiques mis en évidence par la description pétrographique et les résultats de l’analyse chimique.

117Il a ainsi été constaté que la détermination des sables permet la reconnaissance quasi exclusive pour tous les échantillons de quatre minéraux particuliers (quartz, feldspaths – plagioclase et plus rarement orthose –, muscovite et biotite). Bien que le travail de la matière première permette de distinguer les groupes techniques, la même argile semble mobilisée dans le cadre de ces productions.

118L’analyse d’un échantillon prélevé au sein de l’argile naturelle présente sur le site de fouille met en évidence sans équivoque que les ressources mobilisées pour la production des céramiques lui sont très semblables : les éléments descriptifs sont identiques en termes de nature, de granulométrie, de tri, etc., bien que le sable soit beaucoup plus présent dans l’argile constitutive du substrat. Cependant l’analyse chimique précise que si l’argile prélevée sur le terrain a pu servir à la construction du four F.400, les potiers ont utilisé une autre argile, notamment plus riche en fer, pour fabriquer les objets céramiques. En effet, les corrélations repérées pour les céramiques ne se vérifient pas avec ce prélèvement argileux. S’il semble qu’il y ait eu à cette époque sélection de l’argile selon son utilisation, il n’en reste pas moins que l’argile utilisée pour produire les céramiques est à rechercher à proximité de l’atelier. Les argiles sont facilement accessibles à Sevrey et sont assez hétérogènes avec des fluctuations importantes au niveau des compositions chimiques (données du laboratoire non publiées). Il n’est d’ailleurs pas rare d’observer une forte variabilité des compositions chimiques des matériaux argileux dans une même coupe stratigraphique. Plus largement, à l’instar des tuileries (LE NY, 1988), les ateliers de potiers sont généralement localisés à proximité des gisements exploités de sables et d’argiles, qui nécessitent d’être faciles d’accès et d’être extraits en grandes quantités (DELOR, 1996, p. 19). Il n’est par conséquent en rien étonnant que l’argile constitutive du substrat ait été exploitée dans l’environnement proche de l’atelier pour ce type de production (fig. 68). Celle-ci semble pouvoir être rattachée aux Argiles de la forêt de la Ferté (p-IVF) en l’absence de grains carbonatés et d’éléments grossiers détritiques dans nos observations (BONVALOT et alii, 1984). Chimiquement ces argiles sont assez hétérogènes avec des fluctuations de la proportion de sables et des différents minéraux argileux. Les variations observées dans les compositions des céramiques sont plus vraisemblablement dues à la variabilité des matières premières et à la multiplicité des zones d’extraction qu’à un choix raisonné des potiers à des époques différentes.

Fig. 68. Localisation du site de Sevrey sur la carte géologique au 1/50000.

Fig. 68. Localisation du site de Sevrey sur la carte géologique au 1/50000.

Extrait de BONVALOT et alii, 1984.

119Une autre question était de savoir si les productions de cet atelier du 8 rue Georges Brusson avaient une signature chimique particulière par rapport au référentiel établi jusque-là par le laboratoire (Mani, 2004 ; THIRION-MERLE, SCHMITT, 2016, p. 100-108). La comparaison avec le référentiel (fig. 69) montre que ces nouvelles analyses entrent dans le rang de variabilité des compositions des productions céramiques et argiles de Sevrey et sa région. Qu’il s’agisse de la céramique bistre, de la céramique grise de l’atelier dit des Tupiniers ou de celui de la rue Georges Brusson, il ne peut être fait de distinction stricte. Il ne faut donc pas envisager de séparer les différents ateliers sur la base des analyses chimiques. Il faudra parler globalement, à l’échelle d’une zone et non à l’échelle d’un atelier. L’atelier du 8 rue Georges Brusson rejoint les ateliers de la zone dite de la « Forêt de la Ferté » et permet d’étoffer le référentiel des productions sevrotines, référentiel dorénavant établi pour des céramiques produites entre les Ve-VIe siècles et le XIe siècle.

Fig. 69. Classification ascendante hiérarchique d’un ensemble de céramiques communes produites dans les ateliers de Sevrey, Givry, La Charmée et La Ferté (antiques et médiévaux), et d’argiles prélevées à proximité.

Fig. 69. Classification ascendante hiérarchique d’un ensemble de céramiques communes produites dans les ateliers de Sevrey, Givry, La Charmée et La Ferté (antiques et médiévaux), et d’argiles prélevées à proximité.

Analyse de grappes en affinité moyenne non pondérée sur variables centrées réduites relatives à seize constituants chimiques.

C. Brun et V. Thirion-Merle.

VII.4. La caractérisation des productions carolingiennes du centre potier de Sevrey

120L’étude permet de mieux appréhender la transition entre une vaisselle beige orangé à gris noir à la charnière du VIIIe siècle. Ce phénomène s’accompagne de nouveaux gestes techniques lors du façonnage et de tâtonnements durant la cuisson, bien visibles sur les vases rejetés sur le site. Ces traces sont nettes sur les rebuts évacués dans les niveaux d’abandon des fours F.200 et F.300. L’ensemble des fours de la fin VIIIe-IXe siècles a cuit majoritairement des céramiques grises fines – groupe inédit jusqu’alors sur le village de Sevrey. Les fours F.200, F.300 et F.400 semblent avoir produits exclusivement le groupe de pâte fine et peu dégraissée (SEV-GF). L’assemblage typologique des premiers fours est dominé par le Pot100. Les cruches Cru100 et Cru101, plus minoritaires, viennent compléter le vaisselier. La standardisation est forte, avec des modules normalisés. Les cruches Cru101 du four F.300 se distinguent par des motifs lissés ou incisés.

121L’examen de chaque tesson a permis de mettre en évidence des « mains » d’artisans différentes. La relative complexité des formes de cruches permet de distinguer des « façonnages » au sein des comblements des fours F.200 et F.300, notoires au travers des différences morphologiques, infimes peut-être mais nettes au regard de la masse traitée. Le pot à bandeau évolue légèrement, comme cela avait été montré à Lyon sur le site de la Presqu’Île (HORRY, 2000).

122L’unique four F.100 associé à l’atelier Xe-XIe siècles est contemporain des Tupiniers et de la rue Georges Brusson. L’assemblage typologique compte toujours une prédominance des pots avec notamment le type à bandeau Pot201, majoritaire, et le pot à lèvre oblique épaisse Pot202. Les cruches sont standardisées avec un type unique (Cru201). Quelques formes ouvertes et couvercles viennent compléter cet ensemble.

123L’intervention archéologique confirme donc l’apparition puis la prédominance du pot à bandeau dès la fin du VIIIe siècle et plus largement dès le IXe siècle. L’expérimentation de la cruche à collerette entre la fin du VIIIe et le IXe siècle ne perdurera pas. Au tournant du IXe, l’association de pot à lèvre en bandeau et à lèvre oblique en bourrelet avec les cruches à bec ponté, qui apparaissent à cette période, forment un assemblage qui connaîtra une large diffusion entre le IXe et le XIe siècle.

124Le répertoire typologique, toujours centré sur le binôme pot/cruche, évolue depuis des pièces à fond plat dans la tradition antique vers des récipients à fond bombé au cours de la dernière phase d’activité de l’atelier du 8 rue Georges Brusson. Le répertoire de la céramique grise fine se présente clairement comme un répertoire de transition. Il reste cependant largement méconnu en Bourgogne et trouve, de manière anecdotique, des parallèles au sein des productions des régions limitrophes. Les formes ouvertes sont héritées des productions de l’Antiquité tardive dont elles conservent les grands traits morphologiques jusqu’au VIIIe siècle. Au cours de la dernière phase d’activité identifiée sur le site, le pot à lèvre en bandeau évolue vers des modèles plus massifs tandis que la cruche en collerette disparaît au profit du type de cruche à bec ponté qui inonde le marché à partir du IXe siècle jusqu’à l’aube du XIIe siècle. Cet assemblage Pot201/202-Cru202 est maintenant largement diffusé sur les sites de consommation bourguignons à compter de la seconde moitié du IXe siècle, et plus généralement entre la fin du IXe et le courant du XIe siècle. Les formes ouvertes représentent déjà, dès la fin du VIIe siècle, une infime part du vaisselier carolingien. Ce phénomène va s’accentuer et ensuite ces pièces se limiteront à des vases utilitaires.

125Les analyses archéométriques couplées à l’étude de lames minces s’accordent sur l’hétérogénéité de la ressource en matière première, assurément en lien avec la multitude des sites de prélèvement de l’argile, mais toutefois localisés dans un même secteur géographique.

  • 12 La biotite est un minéral qui se dégrade très facilement.

126Les variations de composition chimique observées peuvent également être liées à celles naturelles de l’argile. En effet, Sevrey se situe au niveau de la partie terminale d’une grande formation du Tertiaire appelée ‘Marnes de Bresse’, soit à des niveaux de cônes alluviaux (DEBRAND-PASSARD et alii, 1984) et implique que les apports sédimentaires ne sont pas homogènes. C’est ce qui pourrait expliquer la présence ou l’absence de biotite dans certaines des lames minces étudiées12.

127La distinction entre la SEV-GF et la SEV-Grise résulterait donc d’un geste technique du potier visant à améliorer la pâte à céramique en l’épurant d’une grande quantité de sable présent naturellement. Au-delà de ces différences, les analyses confirment la continuité des approvisionnements multiples en argile entre le VIe et le début du XIe siècle.

VIII. Principaux résultats de l’approche pluridisciplinaire d’ateliers de potiers carolingiens à Sevrey

128Le fouille du 8 rue Georges Brusson a permis d’étudier la transition technologique dans le centre potier de Sevrey, à l’œuvre durant la période carolingienne. Ce moment charnière dans l’industrie potière est marqué par le passage d’un vaisselier orange, avec une spécialisation des formes, vers un vaisselier gris moins diversifié avec des formes multifonctionnelles. Les fonds plats deviennent lenticulaires et les formes ouvertes disparaissent. Les formes du répertoire carolingien sont plus polyvalentes que celles du vaisselier mérovingien. Le répertoire du site du 8 rue Georges Brusson se compose ainsi de pots, cruches et couvercles adaptés à ces vases (fig. 70). Les autres formes sont très secondaires (jattes, bassines et cuviers).

Fig. 70. Chrono-typologie de la céramique produite dans les ateliers du 8, rue G. Brusson.

Fig. 70. Chrono-typologie de la céramique produite dans les ateliers du 8, rue G. Brusson.

A. Ahü-Delor.

129La découverte et la caractérisation des productions en céramique grise fine, datées de la seconde moitié du VIIIe et du IXe siècle, constituent l’apport majeur de l’opération. La réalisation d’analyses chimiques et pétrographiques en parallèle à l’étude typologique a permis d’établir le répertoire et les caractéristiques de cette production, dont la chronologie établie par l’archéomagnétisme et le radiocarbone, est corrélée par la stratigraphie et la typologie des fours de potiers. En effet, les chambres de cuisson des fours, de tailles restreintes et équipées de plots internes à la fin du VIIIe siècle, s’agrandissent au cours du IXe siècle puis évoluent vers un système de soles basses inclinées, fréquemment réparées, à partir du Xe siècle (fig. 71). L’archéomagnétisme montre également que les fours F.200, F.300 et F.400 présentent des directions archéomagnétiques trop proches pour percevoir une évolution chronologique entre eux, alors que l’aimantation thermorémanente du four F.100 a été acquise dans un champ magnétique très différent, signifiant bien deux phases d’activité distinctes, séparées par un laps de temps assez long d’un siècle à un siècle et demi environ (fig. 72).

Fig. 71. Les fours de potiers découverts au 8 rue G. Brusson.

Fig. 71. Les fours de potiers découverts au 8 rue G. Brusson.

A. Guicheteau.

Fig. 72. Les quatre directions archéomagnétiques moyennes obtenues à Sevrey reportées sur la courbe de référence des variations directionnelles du CMT depuis 2000 ans.

Fig. 72. Les quatre directions archéomagnétiques moyennes obtenues à Sevrey reportées sur la courbe de référence des variations directionnelles du CMT depuis 2000 ans.

G. Gouérou.

130Il reste maintenant à dresser l’aire de diffusion de cette production du début de la période carolingienne, d’ores et déjà suspectée sur plusieurs sites bourguignons (BAUD, SAPIN, 2019, p. 161-171). Il s’agit d’une période charnière qui voit disparaître les ateliers situés dans le secteur de la forêt de La Ferté au profit du seul village de Sevrey, où de véritables quartiers artisanaux, structurés le long d’axes viaires et caractérisés par une forte densité de vestiges, se développent.

131Les acquis de cette opération archéologique soulignent également l’importance du traitement de la matière première dans la chaîne opératoire de la production et la complexité de ce processus (fig. 73). Des pistes de réflexions sont ainsi proposées quant aux fonctions des fosses rencontrées (marchage, ancrage de tour, décantation, pourrissage, etc.). En effet, si l’origine des matériaux varie globalement peu, les analyses suggèrent tout de même des changements réguliers de lieux d’extraction des matières premières dont la logique nous échappe encore largement. La présence de nombreux outils ou fragments d’outils, en pierre pour l’essentiel, est également à noter, en particulier un usage intense des meules, peut-être utilisées dans la préparation des argiles ou des dégraissants.

Fig. 73. L’atelier de potiers du Xe siècle.

Fig. 73. L’atelier de potiers du Xe siècle.

A. Guicheteau.

132Les premiers référentiels concernant l’alimentation et l’environnement des potiers du Moyen Âge ont été dressés, même s’ils demeurent limités et demandent à être étoffés. Ils soulignent le caractère humide du sous-sol, largement induit par sa composante argileuse.

133Les résultats de la fouille du 8 rue Georges Brusson démontrent – une nouvelle fois – tout l’intérêt d’investir les centres villageois, même à travers de faibles superficies, pour la compréhension des dynamiques topographiques à l’œuvre au fil du temps. Petit à petit, il est possible de percevoir l’évolution de l’habitat et des ateliers, mais aussi de reconstituer le panel des productions du village de potiers de Sevrey au Moyen Âge et aux Temps modernes.

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Annexe

Annexes

Annexe 1 : Tableau de comptage de la céramique par faits et groupes.

Annexe 1 : Tableau de comptage de la céramique par faits et groupes.

A. Ahü-Delor et A. Bugnon.

Annexe 2 : Tableaux de comptage de la céramique par faits.

Annexe 2 : Tableaux de comptage de la céramique par faits.

A. Ahü-Delor et A. Bugnon.

Annexe 3 : Ensemble des échantillons analysés en archéométrie.

Annexe 3 : Ensemble des échantillons analysés en archéométrie.

* : échantillon analyse chimique ; ** : échantillon analyse chimique et lame mince pétrographie.

A. Ahü-Delor et A. Bugnon.

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Notes

1 PCR intitulé « Sevrey : archéologie d’un village de potiers au Moyen Âge et aux Temps modernes », sous la direction d’A. Guicheteau.

2 L’opération a duré deux mois et mobilisé quatre archéologues. L’ensemble des structures a été intégralement fouillé, la plupart manuellement, à l’exception du fond des fosses F.15 et F.53, traité mécaniquement.

3 Nous remercions K. Ismaïl-Meyer, P. Rentzel, D. Marguerie, M. Cabanis, R.I. Macphail, A. Dufraisse, L. Bouby et A. Mayoral, pour la question des charbons vitrifiés.

4 Le détail de l’analyse est dans la partie VII.3.3.

5 La flottation a été réalisée à l’aide d’une colonne à deux tamis : 1 mm et 0,315 mm. Les observations ont été menées sous loupe binoculaire avec un grossissement de 7 à 10 fois et, pour les observations plus précises, un grossissement de 40 fois.

6 Équivalente à SEV gpe 4 dans l’arborescence chalonnaise de l’époque gallo-romaine (MOUTON-VENAULT, AHÜ-DELOR, 2017, p. 376, fig. 90).

7 Le type P3 des Tupiniers est assurément le prototype du type Pot101 ; le type P11 des Tupiniers est le prototype du type Cru100.

8 L’ensemble du mobilier de ce site découvert en 1976 par L. Bonnamour a été repris dans le cadre du PCR sur le village de Sevrey.

9 Sous la direction de A. Guicheteau, Inrap.

10 Équivalente à SEV gpe 5 dans l’arborescence chalonnaise de l’époque gallo-romaine ; il correspond au groupe II de S. Renimel (RENIMEL, 1974).

11 Seul l’échantillon SEV-243 présente une couleur rouge uniforme pour un tesson qui correspond à un raté de cuisson.

12 La biotite est un minéral qui se dégrade très facilement.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. L’activité archéologique dans les environs de Chalon-sur-Saône.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 724k
Titre Fig. 2. Localisation des opérations réalisées dans le bourg de Sevrey jusqu’en 2021, reportées sur le cadastre de 1830.
Crédits A. Guicheteau, Archives départementales de Saône-et-Loire.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 621k
Titre Fig. 3. Plan général des vestiges par rapport aux différences altimétriques d’apparition du substrat et des faits archéologiques sur la parcelle.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 332k
Titre Fig. 4. La couche archéologique de Sevrey est riche en résidus de combustion visibles à l’œil nu sur les lames.
Légende L’observation de certains restes carbonisés au microscope révèle des caractéristiques morphologiques originales, différentes de celles classiquement observées sur les charbons de bois, et peut-être liées aux conditions de combustion régnant dans les fours des artisans. a. Scan de la lame mince ; b. photo au microscope.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 553k
Titre Fig. 5. Les vestiges des VIe-VIIe siècles.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 238k
Titre Fig. 6. Lame découverte sur le fond de la fosse F.70.
Crédits P. Quenton.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 454k
Titre Fig. 7. Des éléments allongés à plat ou des unités lenticulaires compactes enrichies en fraction fine (LC), soulignent l’existence de paléosurfaces.
Légende La situation de la photo prise au microscope, est indiquée par le petit rectangle sur la lame mince. a. Scan de la lame mince ; b. photo au microscope ; B = Bioturbation.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 502k
Titre Fig. 8. Les vestiges de la fin du VIIIe et du IXe siècles.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 273k
Titre Fig. 9. Plan et coupe du four F.200.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 223k
Titre Fig. 10. Le four 200.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 670k
Titre Fig. 11. À l’œil nu comme au microscope, le plot du four F.200 montre l’amalgame d’amas d’alluvions plus ou moins grossières et plus ou moins oxydées.
Légende A. Scan de la lame mince ; b. photo au microscope.
Crédits D. Sordoillet.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 611k
Titre Fig. 12. Datations radiocarbones des échantillons du four F.200.
Crédits Oxcal et A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-12.jpg
Fichier image/jpeg, 94k
Titre Fig. 13. Datation archéomagnétique par équivalence statistique à 95 % du four F.200.
Crédits G. Gouérou.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 169k
Titre Fig. 14. Plan et coupe du four F.300.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-14.jpg
Fichier image/jpeg, 233k
Titre Fig. 15. Le four F.300.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-15.jpg
Fichier image/jpeg, 615k
Titre Fig. 16. Détail de ratés de cuisson dans l’alandier du four F.300.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-16.jpg
Fichier image/jpeg, 912k
Titre Fig. 17. Datations radiocarbones des échantillons du four F.300.
Crédits Oxcal et A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-17.jpg
Fichier image/jpeg, 100k
Titre Fig. 18. Datation archéomagnétique par équivalence statistique à 95 % du four F.300.
Crédits G. Gouérou.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-18.jpg
Fichier image/jpeg, 170k
Titre Fig. 19. Plan et coupe du four F.400.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-19.jpg
Fichier image/jpeg, 307k
Titre Fig. 20. Le four F.400.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-20.jpg
Fichier image/jpeg, 793k
Titre Fig. 21. La partie droite de la lame mince, non bioturbée, montre la superposition de niveaux grossiers ou plus fins.
Légende Cette alternance d’alluvions plus ou moins grossières et bien triées est également visible au microscope. a. Scan de la lame mince ; b. photo au microscope ; B = Bioturbation.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-21.jpg
Fichier image/jpeg, 610k
Titre Fig. 22. Les vases abandonnés par les potiers.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-22.jpg
Fichier image/jpeg, 766k
Titre Fig. 23. Détail de l’agencement des vases dans la chambre de cuisson.
Légende Les deux pots au premier plan sont probablement en place, tel que les potiers les ont disposés avant cuisson.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-23.jpg
Fichier image/jpeg, 768k
Titre Fig. 24. Datations radiocarbones des échantillons du four F.400.
Crédits Oxcal et A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-24.jpg
Fichier image/jpeg, 95k
Titre Fig. 25. Échantillonnage archéomagnétique du four F.400.
Crédits G. Gouérou.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-25.jpg
Fichier image/jpeg, 605k
Titre Fig. 26. Datation archéomagnétique par équivalence statistique à 95 % du four F.400.
Crédits G. Gouérou.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-26.jpg
Fichier image/jpeg, 165k
Titre Fig. 27. Les vestiges des Xe-XIe siècles.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-27.jpg
Fichier image/jpeg, 317k
Titre Fig. 28. Plan et coupes des fosses F.57, F.59 et F.60.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-28.jpg
Fichier image/jpeg, 199k
Titre Fig. 29. Fragment en grès de meule dormante intérieure.
Crédits L. Jaccottey, V. Bourson, 2019.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-29.jpg
Fichier image/jpeg, 126k
Titre Fig. 30. Plan et coupe de la fosse F.53.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-30.jpg
Fichier image/jpeg, 213k
Titre Fig. 31. Pierre à aiguiser provenant de la fosse F.53.
Crédits P. Quenton.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-31.jpg
Fichier image/jpeg, 390k
Titre Fig. 32. Plan et coupe de la fosse F.15.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-32.jpg
Fichier image/jpeg, 215k
Titre Fig. 33. Le dépotoir de la fosse F.15.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-33.jpg
Fichier image/jpeg, 768k
Titre Fig. 34. Datations radiocarbones des échantillons des fosses F.53, F.15, F.57 et F.59.
Crédits Oxcal et A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-34.jpg
Fichier image/jpeg, 126k
Titre Fig. 35. Plan et coupes des creusements du bâtiment sur poteaux.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-35.jpg
Fichier image/jpeg, 201k
Titre Fig. 36. Les fosses d’ancrage d’axe de tour.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-36.jpg
Fichier image/jpeg, 292k
Titre Fig. 37. La lame de couteau en fer provenant de la fosse F.3.
Crédits P. Quenton.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-37.jpg
Fichier image/jpeg, 260k
Titre Fig. 38. Le bâtonnet en calcaire provenant de la fosse F.3.
Crédits P. Quenton.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-38.jpg
Fichier image/jpeg, 407k
Titre Fig. 39. Plan et coupe du four F.100.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-39.jpg
Fichier image/jpeg, 238k
Titre Fig. 40. Le four F.100.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-40.jpg
Fichier image/jpeg, 681k
Titre Fig. 41. Limite médiane nette entre limons sableux compactés (sol construit) et apports organo-détritiques (résidus d’activité).
Légende A. Scan de la lame mince ; b. photo au microscope.
Crédits D. Sordoillet.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-41.jpg
Fichier image/jpeg, 507k
Titre Fig. 42. Datations radiocarbones des échantillons du four F.100.
Crédits Oxcal et A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-42.jpg
Fichier image/jpeg, 100k
Titre Fig. 43. Datation archéomagnétique par équivalence statistique à 95 % du four F.100.
Crédits G. Gouérou.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-43.jpg
Fichier image/jpeg, 167k
Titre Fig. 44. Décomptes des charbons de bois par structure.
Crédits S. Coubray.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-44.jpg
Fichier image/jpeg, 172k
Titre Fig. 45. Synthèse des données anthraco-typologiques.
Crédits S. Coubray.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-45.jpg
Fichier image/jpeg, 112k
Titre Fig. 46. Graphes anthraco-typologiques des fours F.200, F.300 et F.400.
Crédits S. Coubray.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-46.jpg
Fichier image/jpeg, 193k
Titre Fig. 47. Résultats de l’étude carpologique. Les décomptes sont indiqués en NMI.
Crédits G. Daoulas.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-47.jpg
Fichier image/jpeg, 328k
Titre Fig. 48. Pourcentages des catégories de plantes découvertes sur le site (NMI : 82).
Crédits G. Daoulas.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-48.jpg
Fichier image/jpeg, 178k
Titre Fig. 49. Décompte des espèces par contexte et par période.
Crédits D. Cambou.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-49.jpg
Fichier image/jpeg, 162k
Titre Fig. 50. Clichés macroscopiques des céramiques SEV-GF x30.
Crédits A. Ahü-Delor.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-50.jpg
Fichier image/jpeg, 609k
Titre Fig. 51. Synthèse typologique de la céramique SEV-GF.
Crédits A. Ahü-Delor, C. Bioul.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-51.jpg
Fichier image/jpeg, 205k
Titre Fig. 52. Prototypes et avatars du types SEV-GF Cru100 et 101 produites au 8 rue G. Brusson.
Crédits A. Ahü-Delor.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-52.jpg
Fichier image/jpeg, 213k
Titre Fig. 53. Clichés macroscopiques des céramiques SEV-Grise x30.
Crédits A. Ahü-Delor.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-53.jpg
Fichier image/jpeg, 595k
Titre Fig. 54. Synthèse typologique de la céramique SEV-Grise, planche 1.
Crédits A. Ahü-Delor, C. Bioul.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-54.jpg
Fichier image/jpeg, 189k
Titre Fig. 55. Synthèse typologique de la céramique SEV-Grise, planche 2.
Crédits A. Ahü-Delor, C. Bioul.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-55.jpg
Fichier image/jpeg, 176k
Titre Fig. 56. Ratés de cuisson.
Crédits G. Pertuisot.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-56.jpg
Fichier image/jpeg, 461k
Titre Fig. 57. Comparaison des bandeaux des Pot100 par fours.
Crédits A. Ahü-Delor.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-57.jpg
Fichier image/jpeg, 157k
Titre Fig. 58. Présentation des décors sur vaisselle céramique, par emplacement, types et groupes techniques.
Crédits A. Ahü-Delor.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-58.jpg
Fichier image/jpeg, 152k
Titre Fig. 59. Marques sur fonds de formes fermées issues de F.15.
Crédits A. Ahü-Delor, G. Pertuisot.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-59.jpg
Fichier image/jpeg, 331k
Titre Fig. 60. Traces de coups et perforations volontaires observées sur des vases de F.15.
Crédits A. Ahü-Delor, G. Pertuisot.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-60.jpg
Fichier image/jpeg, 391k
Titre Fig. 61. Tableau de correspondance entre les numéros d’analyse, la description des tessons céramiques et la phase chronologique.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-61.jpg
Fichier image/jpeg, 389k
Crédits C. Brun et V. Thirion-Merle.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-62.jpg
Fichier image/jpeg, 340k
Titre Fig. 62. Tableau de résultats des analyses macro- et microscopiques de la vaisselle céramique de Sevrey.
Crédits F. Delencre.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-63.jpg
Fichier image/jpeg, 238k
Titre Fig. 63. Caractérisation pétrographique du groupe technique « SEV-GF ».
Crédits F. Delencre.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-64.jpg
Fichier image/jpeg, 393k
Titre Fig. 64. Caractérisation pétrographique du groupe technique « SEV-Grise ».
Crédits F. Delencre.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-65.jpg
Fichier image/jpeg, 394k
Titre Fig. 65. Caractérisation pétrographique de l’argile naturelle.
Crédits F. Delencre.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-66.jpg
Fichier image/jpeg, 345k
Titre Fig. 66. Tableau des compositions chimiques des céramiques, parois de four, argiles et substrat.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-67.jpg
Fichier image/jpeg, 425k
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-68.jpg
Fichier image/jpeg, 403k
Légende Ces compositions sont présentées dans l’ordre d’apparition des céramiques sur la classification de la figure 67. Les majeurs sont exprimés en pourcentage massique d’oxyde et les traces en partie par million de métal (ppm).
Crédits C. Brun et V. Thirion-Merle.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-69.jpg
Fichier image/jpeg, 196k
Titre Fig. 67. Classification ascendante hiérarchique des soixante-deux céramiques analysées de l’atelier du 8 rue Georges Brusson.
Légende Analyse de grappes en affinité moyenne non pondérée sur variables centrées réduites relatives à seize constituants chimiques.
Crédits C. Brun et V. Thirion-Merle.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-70.jpg
Fichier image/jpeg, 210k
Titre Fig. 68. Localisation du site de Sevrey sur la carte géologique au 1/50000.
Crédits Extrait de BONVALOT et alii, 1984.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-71.jpg
Fichier image/jpeg, 415k
Titre Fig. 69. Classification ascendante hiérarchique d’un ensemble de céramiques communes produites dans les ateliers de Sevrey, Givry, La Charmée et La Ferté (antiques et médiévaux), et d’argiles prélevées à proximité.
Légende Analyse de grappes en affinité moyenne non pondérée sur variables centrées réduites relatives à seize constituants chimiques.
Crédits C. Brun et V. Thirion-Merle.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-72.jpg
Fichier image/jpeg, 254k
Titre Fig. 70. Chrono-typologie de la céramique produite dans les ateliers du 8, rue G. Brusson.
Crédits A. Ahü-Delor.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-73.jpg
Fichier image/jpeg, 225k
Titre Fig. 71. Les fours de potiers découverts au 8 rue G. Brusson.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-74.jpg
Fichier image/jpeg, 254k
Titre Fig. 72. Les quatre directions archéomagnétiques moyennes obtenues à Sevrey reportées sur la courbe de référence des variations directionnelles du CMT depuis 2000 ans.
Crédits G. Gouérou.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-75.jpg
Fichier image/jpeg, 237k
Titre Fig. 73. L’atelier de potiers du Xe siècle.
Crédits A. Guicheteau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-76.jpg
Fichier image/jpeg, 204k
Titre Annexe 1 : Tableau de comptage de la céramique par faits et groupes.
Crédits A. Ahü-Delor et A. Bugnon.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-77.jpg
Fichier image/jpeg, 299k
Titre Annexe 2 : Tableaux de comptage de la céramique par faits.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-78.jpg
Fichier image/jpeg, 378k
Crédits A. Ahü-Delor et A. Bugnon.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-79.jpg
Fichier image/jpeg, 258k
Titre Annexe 3 : Ensemble des échantillons analysés en archéométrie.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-80.jpg
Fichier image/jpeg, 234k
Légende * : échantillon analyse chimique ; ** : échantillon analyse chimique et lame mince pétrographie.
Crédits A. Ahü-Delor et A. Bugnon.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17648/img-81.jpg
Fichier image/jpeg, 222k
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Pour citer cet article

Référence papier

Antoine Guicheteau, Anne Ahü-Delor, Alexandre Beaudet, Céline Brun, Anne-Lise Bugnon, David Cambou, Sylvie Coubray, Geneviève Daoulas, Florent Delencre, Gaétan Gouérou, Luc Jaccottey, Dominique Sordoillet et Valérie Thirion-Merle, « Les ateliers de potiers du haut Moyen Âge du 8 rue Georges Brusson à Sevrey (Saône-et-Loire) »Revue archéologique de l’Est, Tome 72 | 2023, 359-427.

Référence électronique

Antoine Guicheteau, Anne Ahü-Delor, Alexandre Beaudet, Céline Brun, Anne-Lise Bugnon, David Cambou, Sylvie Coubray, Geneviève Daoulas, Florent Delencre, Gaétan Gouérou, Luc Jaccottey, Dominique Sordoillet et Valérie Thirion-Merle, « Les ateliers de potiers du haut Moyen Âge du 8 rue Georges Brusson à Sevrey (Saône-et-Loire) »Revue archéologique de l’Est [En ligne], Tome 72 | 2023, mis en ligne le 20 décembre 2023, consulté le 15 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/17648

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Auteurs

Antoine Guicheteau

Inrap - UMR 6298 ArTeHiS

Anne Ahü-Delor

Inrap - UMR 6298 ArTeHiS

Articles du même auteur

Alexandre Beaudet

Doctorant au Département des sciences historiques de l’Université Laval (Québec)

Céline Brun

CNRS, UMR 5138 ArAr

Articles du même auteur

Anne-Lise Bugnon

Inrap - UMR 6298 ArTeHiS

David Cambou

Inrap - UMR 6298 ArTeHiS

Articles du même auteur

Sylvie Coubray

Inrap - UMR 7209 AASPE

Geneviève Daoulas

Inrap - UMR 7209 AASPE

Florent Delencre

Chercheur associé UMR 6298 ArTeHiS

Articles du même auteur

Gaétan Gouérou

Inrap

Luc Jaccottey

Inrap - UMR 6249 Chrono-environnement

Articles du même auteur

Dominique Sordoillet

Inrap - UMR 6249 Chrono-environnement

Valérie Thirion-Merle

CNRS, UMR 5138 ArAr

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Droits d’auteur

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