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Augustodunum (Autun, Saône-et-Loire) dans la seconde moitié du ivet au début du vsiècle

Nouveaux témoignages d’une production originale en os et en bois de cerf au Clos Jovet
Yannick Labaune, Isabelle Rodet-Belarbi et Adrien Saggese
p. 317-334

Résumés

Une séquence d’occupation urbaine allant de l’époque augusto-tibérienne jusqu’au début du Ve siècle a été mise au jour lors d’un diagnostic archéologique réalisé par le Service archéologique de la Ville d’Autun, non loin de l’imposante infrastructure, peut-être une domus, qui accueillait la mosaïque dite de Bellérophon. Des structures fossoyées de l’Antiquité tardive se sont installées dans un horizon de « terres noires » mis en place dès la fin du Haut-Empire. Certaines indiquent la présence de constructions en matériaux périssables, d’autres, celle de fosses de nature diverse réutilisées comme dépotoirs. Les comblements ont livré un mobilier varié : vaisselle céramique et en verre, monnaies, objets en métal et en os, et aussi des indices d’une activité de recyclage d’objets en alliages cuivreux ainsi que des déchets du travail du bois de cerf et de l’os. Ces derniers proviennent d’ateliers qui fabriquaient en particulier des plaquettes pour décorer peut-être des coffrets sous forme de marqueterie.

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Texte intégral

I. Introduction

1Le projet de construction d’une cantine dans l’enceinte du groupe scolaire du Clos Jovet, située dans la partie orientale de l’espace urbain (îlot théorique VIII-X 11), à proximité du decumanus principal menant à la porte Saint-André (fig. 1), a incité la collectivité à formuler une demande de diagnostic archéologique anticipé sur ce secteur proche du centre monumental mais surtout de l’imposante infrastructure, peut-être une domus, où a été découverte au XIXe s. la grande mosaïque dite de Bellérophon (REBOURG, 1993, n° 243, p. 113-114). Cette opération a été menée par le Service archéologique de la Ville d’Autun à l’automne 2013 sous la responsabilité de Y. Labaune (LABAUNE, 2013).

Fig. 1. Localisation de l’intervention.

Fig. 1. Localisation de l’intervention.

Infographie A. Tisserand.

2La déshérence de ce secteur, utilisé comme zone maraîchère du Moyen Âge aux années 1960, a contribué à l’excellente préservation des vestiges. La fenêtre d’observation, d’environ 200 m², a permis de mettre au jour quelques pièces en façade d’un îlot bordé par un cardo secondaire. L’occupation, caractérisée par une stratigraphie complexe de 2,50 m d’épaisseur, se met en place au moment de la fondation de la ville. Un ensemble de cinq phases a été distingué, s’échelonnant de l’époque augusto-tibérienne jusqu’au début du Ve siècle. À l’époque julio-claudienne (phase 1), la vocation du secteur est largement artisanale, en lien avec le travail du fer et des alliages cuivreux. On assiste, sous les Flaviens (phase 2), à l’émergence d’un habitat aristocratique bordé par des « ateliers-boutiques » qui maintiennent une activité métallurgique. À partir de la fin du IIe siècle, l’îlot est en grande partie restructuré, ce qui correspond à la phase 3 du site (fig. 2). Quelques « ateliers-boutiques » sont abandonnés. De nouvelles infrastructures domestiques sont édifiées sur les ruines de l’habitat antérieur. Plusieurs pièces au sol en béton de tuileau d’assez grandes dimensions ont été partiellement dégagées. Au cours de la phase 4, dès la fin du Haut-Empire et dans la première moitié du IVe s., on assiste à la mise en place d’un horizon assez précoce de « terres noires » dans lequel s’installent des structures fossoyées de la phase 5 (fig. 3). Une activité de récupération des matériaux émerge ainsi à partir de la deuxième moitié du IVe siècle. Une partie des maçonneries est soigneusement démantelée. La découverte de fragments d’objets en alliage cuivreux volontairement tordus ou découpés et d’une possible lingotière pourrait témoigner d’une activité de recyclage du bronze. Plusieurs structures fossoyées ont piégé des réserves et des chutes de matières dures d’origine animale qui font l’objet de cette publication, et peuvent être en lien avec un atelier de tabletterie / marqueterie. Les constructions contemporaines de cette fréquentation artisanale, édifiées en terre et bois, ont laissé des traces modestes à la base des horizons de « terres noires » sous la forme de trous d’installation de poteaux en bois et de sablières. Un ensemble de fosses dépotoirs, mais aussi un possible silo ont également été recensés. Cette occupation ne perdure pas au-delà du début du Ve siècle et ce secteur de l’espace urbain antique ne sera pas réinvesti avant le milieu du XXe siècle.

Fig. 2. Plan des vestiges de la phase 3.

Fig. 2. Plan des vestiges de la phase 3.

Fin IIe-fin IIIe s.

Infographie A. Tisserand d’après le phasage de Y. Labaune.

Fig. 3. Plan des vestiges de la phase 5.

Fig. 3. Plan des vestiges de la phase 5.

Seconde moitié du IVe s.-début du Ve s.

Infographie A. Tisserand d’après le phasage de Y. Labaune.

3Ainsi, l’activité artisanale de l’os et du bois de cerf présentée dans les lignes suivantes se développe sur un site caractéristique de l’occupation urbaine d’Autun dans une période approximativement comprise entre 360 et 420 ap. J.-C. Suite à une forte rétraction urbaine, il fait en effet partie des rares indices d’occupation de l’enveloppe urbaine situés en dehors de l’enceinte réduite, qui se concentrent le long du cardo maximus et des decumani principaux (en l’occurrence la rue menant à la porte Saint-André), au sein de petits pôles séparés par des vastes zones peu ou pas occupées, soit un mode d’occupation qui confirme les tendances apparues dans la première moitié du IVe siècle (BALCON-BERRY et alii, à paraître).

II. Les contextes de découverte

II.1. Présentation générale du corpus

4Un ensemble de quarante et une pièces en os ou en bois de cerf fait l’objet de cette étude.

5Un premier quart du corpus (dix fragments) est issu pour moitié d’unités stratigraphiques techniques correspondant à la phase de décapage des horizons superficiels (1000), notamment de « terres noires », et au nettoyage manuel des vestiges après décapage (1001), et pour moitié de couches de démolition / abandon des horizons de la fin du Haut-Empire dégagés à la pelle mécanique et appartenant à la phase 4 du site.

6Cependant, trente et un fragments, soit les trois quarts du corpus, proviennent de contextes mieux établis, en l’occurrence du comblement d’un ensemble de structures fossoyées recoupant généralement les horizons d’abandon de la fin du Haut-Empire (1008, 1025=1026, 1057, 1059, 1065, 1066, 1068, 1100), installés dans les « terres noires » et appartenant à la phase 5 du site (fig. 3). Si on ne peut exclure l’apparition de ces pièces dès la phase 4, on conviendra que la partie la mieux documentée du corpus, au sein de structures bien caractérisées et appréhendées par la fouille manuelle, relève de la phase 5.

II.2. Le cadre chronologique

II.2.1. La phase 4 : première moitié du IVe siècle

7Le mobilier céramique rattaché à la phase 4 a été collecté lors des phases de décapage et de nettoyage, aux prémices de l’opération, mais aussi dans des horizons de « terres noires » appréhendés à la pelle mécanique. Il est majoritairement résiduel. L’unique élément représentatif de la première moitié du IVe siècle, et même, plus largement, du IVe siècle, est une coupe chenet 320 en sigillée d’Argonne, en provenance des ateliers de la région des Allieux à Vauquois (Meuse). Cette forme apparaît dès le premier quart du IVe siècle et perdure vraisemblablement jusqu’au milieu du Ve siècle (BAYARD, 1990 ; DJIKMAN, 1992 ; BRULET et alii, 2010 ; BAKKER et alii, 2018).

II.2.2. La phase 5 : seconde moitié du IVe siècle – début du Ve siècle

8Le faciès céramique autunois du courant du IVe siècle et du début du Ve siècle reste globalement mal connu, car rares sont les sites qui ont livré du mobilier de cette période en quantité importante et dans une stratigraphie claire (KASPRZYK, 2005 ; KASPRZYK, MOUTON-VENAULT, 2011). Celui mis au jour au Clos Jovet apparaît donc comme exceptionnel (fig. 4).

Fig. 4. Les marqueurs chronologiques de la phase 5.

Fig. 4. Les marqueurs chronologiques de la phase 5.

Seconde moitié du IVe s.-début du Ve s.

Dessins et DAO A. Saggese.

9Les trois groupes de production les plus caractéristiques du Grand Est de la Gaule durant l’Antiquité tardive sont représentés.

  • Plusieurs éléments de sigillée d’Argonne, principalement des ateliers des Allieux, parsèment les lots inventoriés, offrant une datation large du IVe siècle au milieu du Ve siècle. Une panse de coupe Chenet 320 a livré un décor de molette remarquablement conservé, identifiée LA 87-149. Cette mollette rentre dans le groupe 7 de la classification de Hübener, correspondant aux années 390-420 de notre ère (BAYARD, 1990 ; FELLER, 1991 ; DJIKMAN, 1992 ; BAKKER et alii, 2018).
  • De même, de nombreux fragments de céramique savoyarde à revêtement argileux, dite « luisante », ont été identifiés, dont des coupes à lèvre arrondie P.37 et un fond de mortier P.40 brisé au niveau de son bandeau. Ces vases sont produits de l’extrême fin du IIIe siècle jusqu’au milieu du Ve siècle (REYNAUD, 1993). Ils se rencontrent relativement souvent dans les contextes tardifs d’Autun, où ils sont décrits comme représentatifs du courant du IVe siècle (KASPRZYK, MOUTON-VENAULT, 2011).
  • Le troisième grand groupe de productions est celui des ateliers bourguignons de Jaulges et Villiers-Vineux. Outre une coupelle Séguier 5.03/Chenet 323c et une jatte Séguier 5.01/Chenet 323a, c’est une coupelle Séguier 5.06/Chenet 323ac qui a été découverte au sein du niveau 1020. Cette forme, ajoutée très récemment à la typologie de Jaulges et Villiers-Vineux, n’était connue à ce jour que par un unique exemplaire découvert sur le site du Bois de Roselle à Balloy (Seine-et-Marne ; SÉGUIER, 2011). La diffusion de la jatte Séguier 5.01, quant à elle, se généralise durant la période valentinienne et perdure jusqu’au début du Ve siècle (ibid.).

10La céramique commune claire domine le vaisselier culinaire tardif. Outre plusieurs exemplaires de mortiers peints sur leur paroi externe, nous retrouvons des jattes carénées à lèvre simple, mais surtout un important répertoire de pots, généralement peints. Les formes les plus couramment observées sont des pots à lèvre en bandeau, mais surtout à lèvre en poulie. Ces vases, inspirés des productions du Val de Loire (COUVIN, 2012), semblent courants dans les contextes de la deuxième moitié du IVe siècle à Autun (KASPRZYK, MOUTON-VENAULT, 2011). À ce corpus s’ajoutent des cruches à pâte blanche et lèvre en poulie décorées de rinceaux ocres (CHABERT, CHAMBON, 2020).

11II.3. Les structures de la phase 5 ayant livré les pièces en os ou en bois de cerf

12Deux structures fossoyées concentrent la moitié du corpus découvert sur ce site. Il s’agit en premier lieu de la tranchée d’épierrement 1154 d’une maçonnerie du Haut-Empire, dont le comblement 1100 recèle onze pièces (fig. 4, fig. 5). Un tronçon d’environ 1,50 m de longueur de cette structure fossoyée, d’environ 1,60 m de largeur à l’ouverture, a été fouillé manuellement. Les matériaux de construction avaient été intégralement récupérés, y compris les fondations de la maçonnerie. L’espace laissé vacant a manifestement servi de dépotoir. On relève la présence au sein du comblement de déchets artisanaux issus du travail des alliages cuivreux, en particulier des fragments de tôle de bronze pliés qui montrent des traces de découpe, témoignant peut-être d’une activité de recyclage d’objets en alliage cuivreux. Le mobilier céramique et en verre est assez abondant ; il est accompagné d’un nummus de Valentinien Ier frappé en 367.

Fig. 5. Tranchée d’épierrement 1154 réalisée lors de la phase 5 ayant permis de récupérer l’intégralité des matériaux de construction d’un mur de la phase 3, jusqu’aux fondations, puis utilisée comme dépotoir.

Fig. 5. Tranchée d’épierrement 1154 réalisée lors de la phase 5 ayant permis de récupérer l’intégralité des matériaux de construction d’un mur de la phase 3, jusqu’aux fondations, puis utilisée comme dépotoir.

Cliché : Y. Labaune.

13En second lieu, la fosse 1056, intégralement fouillée, dont le comblement 1057 a livré dix pièces (fig. 4, fig. 6). De forme ovale, la structure mesure 1,50 x 1,10 m et est profonde d’1 m environ. Son profil nettement piriforme pourrait permettre de l’interpréter comme un silo, qui aurait servi de dépotoir dans un second temps. Outre les vestiges en matières dures d’origine animale et un mobilier céramique et en verre assez abondant, on note la présence de quatre monnaies, dont deux nummi indéterminés, un nummus très usé de Constantin II frappé vers 320 et un nummus à faible indice d’usure de Valentinien Ier frappé vers 367. Citons également la présence d’une clé en fer à platine et d’une tôle de bronze en partie découpée qui pourrait constituer, comme pour la fosse 1154, l’indice d’une activité de recyclage des alliages cuivreux.

Fig. 6. Possible structure de stockage 1056 (silo à grains ?) recoupant les « terres noires » de la phase 4 et un sol en béton de tuileau de la phase 3, puis utilisée comme dépotoir.

Fig. 6. Possible structure de stockage 1056 (silo à grains ?) recoupant les « terres noires » de la phase 4 et un sol en béton de tuileau de la phase 3, puis utilisée comme dépotoir.

Cliché : Y. Labaune.

14Par suite, trois fragments ont été découverts dans le comblement 1025=1026 d’une fosse 1024, qui prend naissance dans les horizons de « terres noires » (fig. 4, fig. 7). Elle a été intégralement fouillée manuellement. En forme de « trou de serrure », ses parois sont obliques et son fond est concave. Elle mesure environ 1 m de diamètre et est profonde d’autant. Sa nature reste sujette à caution : la rubéfaction des parois et la présence d’un ensemble de trous de piquets à son voisinage pourrait être en lien avec une activité artisanale, avant une réutilisation comme dépotoir. Le mobilier céramique et en verre issu du comblement est assez abondant mais il est pour l’essentiel résiduel. Le petit mobilier est également bien représenté. On relève la présence de petite quincaillerie en fer et de plusieurs objets en os. Quelques discrets indices artisanaux sont à ajouter à l’inventaire : une tôle en bronze montrant des traces de découpe ainsi qu’un petit polissoir en grès.

Fig. 7. Fosse de nature indéterminée 1024 (fonction artisanale ?) utilisée comme dépotoir.

Fig. 7. Fosse de nature indéterminée 1024 (fonction artisanale ?) utilisée comme dépotoir.

Cliché : Y. Labaune.

15Deux fragments ont été mis au jour à la surface du comblement 1008 d’une très grande fosse protéiforme 1049 d’une quarantaine de mètres carrés (fig. 4, fig. 8). Elle n’a pas été fouillée et compte tenu de son plan, elle paraît combiner plusieurs creusements successifs. Sa fonction reste indéterminée.

Fig. 8. Au premier plan, contours de la grande fosse 1049 de la phase 5 (non fouillée).

Fig. 8. Au premier plan, contours de la grande fosse 1049 de la phase 5 (non fouillée).

Cliché : Y. Labaune.

16Enfin, des fragments de pièces ont été piégés dans les différents comblements (1059, 1065, 1066, 1068) d’une structure hydraulique 1058 destinée à collecter les eaux de toiture du portique avant de les rejeter dans le collecteur bordant la chaussée.

III. LES PIÈCES EN OS OU EN BOIS DE CERF

17Les quarante et une pièces en os ou en bois de cerf (Cervus elaphus) répertoriées se répartissent en cinq catégories (fig. 9). La première comprend les scapulas de bœuf, toujours incomplètes, qui ont livré la matière première pour la fabrication de plaquettes. Les deux catégories suivantes concernent les métapodes III d’équidés et les bois de cerf, également fournisseurs de matériaux osseux, et dont il ne reste dans tous les cas que des petits segments. Le quatrième ensemble rassemble les objets de la vie quotidienne et le dernier, les deux pièces pour lesquelles l’identification proposée est hypothétique.

Fig. 9. Inventaire des pièces en os ou en bois de cerf mis au jour au Clos Jovet.

Fig. 9. Inventaire des pièces en os ou en bois de cerf mis au jour au Clos Jovet.

Les mesures sont données en millimètre. Celles des métapodes d’équidés ont été prises selon les standards publiés par A. von den Driesch (1976).

III.1. Les déchets et les réserves de matière première

18Il est parfois délicat de décider si une portion de matière première pourrait encore être exploitable ou non. Ses dimensions peuvent aider à le déterminer mais il est difficile de trancher dans quatre des cas autunois, signalés au fil du texte.

III.1.1. Les scapulas de bœuf

19Les pièces les plus originales du lot du Clos Jovet sont les déchets de scapulas de bœuf (fig. 10). Il a été mis au jour seize éléments, qui illustrent les différentes étapes d’acquisition de cette pièce anatomique et de la transformation de la matière première. Tout d’abord, lors de la désarticulation de l’épaule et du décharnement de l’os, l’angle ventral, le tubercule supra-glénoïdal et l’épine scapulaire de cet os plat ont été supprimés à l’aide d’un couperet (Us 1000 [fig. 11], Us 1100). On remarque en outre des traces laissées par la lame d’un couteau lors du nettoyage de la face médiale de ces deux exemplaires. Puis, la fosse infra-épineuse a été sciée, plus ou moins en biais (Us 1000, Us 1100 [fig. 12]). Sur les pièces complètes, on peut remarquer que le sciage a lieu en deux temps : les deux plans de coupe, peu ou prou perpendiculaires l’un à l’autre, ne se rejoignent pas toujours en un même point (Us 1100 ; fig. 13). Ce décalage entre les deux lignes de coupe est parfois le seul indice encore visible de ce travail sur les exemplaires incomplets (Us 1100 ; fig. 14). Cette découpe permet d’éliminer le bord caudal scié sur toute sa longueur (Us 1000, Us 1100 [deux exemplaires] ; fig. 15). À l’inverse, dans un cas (Us 1006), il ne reste que le bord crânial et l’épine scapulaire isolés de la fosse infra-épineuse par sciage de cette dernière ; le travail a été effectué en longeant l’épine. Puis, la fosse infra-épineuse est aplanie et retaillée afin d’obtenir des plaquettes aux dimensions voulues (US 1068, Us 1100 ; fig. 16, a et b). Cette opération occasionne des déchets irréguliers (Us 1057, Us 1059, Us 1100 [deux exemplaires]). Selon leur degré de transformation, leur identification spécifique et anatomique peut devenir délicate. C’est le cas pour trois déchets mis au jour dans le comblement Us 1057 d’une fosse, qui s’apparentent néanmoins aux rejets précédents. Enfin, un rebut de plaquette rectangulaire présente un bord et une extrémité droits tandis que l’autre a été taillée en biais (Us 1057 ; fig. 17). Cette dernière porte les traces d’arrachement liées à la séparation entre les deux segments avant la fin du sciage. Les deux faces sont lisses. L’une d’elles est entaillée par un sillon situé au centre de la pièce et dont le sciage a entamé toute l’épaisseur sur une faible longueur. Un second sillon se remarque sur l’un des bords qui porte également des traces d’arrachement de l’os. Cette pièce semble avoir été préparée pour fournir des petits tronçons de plaquettes qui devaient être polies après avoir été détachées de cette plaque.

Fig. 10. Terminologie des différentes parties d’une scapula gauche de bœuf (BARONE, 1976, pl. 227).

Fig. 10. Terminologie des différentes parties d’une scapula gauche de bœuf (BARONE, 1976, pl. 227).

Fig. 11. Scapula droite de bœuf dont la fosse infra-épineuse a été sciée en biais, la cavité glénoïdale et le bord caudal ont été débités.

Fig. 11. Scapula droite de bœuf dont la fosse infra-épineuse a été sciée en biais, la cavité glénoïdale et le bord caudal ont été débités.

Us 1000 ; vue latérale à gauche et vue médiale à droite.

Clichés : I. Rodet-Belarbi.

Fig. 12. Scapula gauche de bœuf dont la fosse infra-épineuse a été sciée, la cavité glénoïdale et le bord caudal ont été débités.

Fig. 12. Scapula gauche de bœuf dont la fosse infra-épineuse a été sciée, la cavité glénoïdale et le bord caudal ont été débités.

Us 1100 ; vue latérale à gauche et vue médiale à droite.

Clichés : I. Rodet-Belarbi.

Fig. 13. Scapula droite de bœuf dont la fosse infra-épineuse a été sciée en deux temps, la cavité glénoïdale et le bord caudal ont été débités.

Fig. 13. Scapula droite de bœuf dont la fosse infra-épineuse a été sciée en deux temps, la cavité glénoïdale et le bord caudal ont été débités.

Us 1100 ; vue latérale à gauche et vue médiale à droite.

Clichés : I. Rodet-Belarbi.

Fig. 14. Scapula gauche de bœuf dont la fosse infra-épineuse a été sciée en deux temps.

Fig. 14. Scapula gauche de bœuf dont la fosse infra-épineuse a été sciée en deux temps.

Us 1100 ; vue médiale

Cliché : I. Rodet-Belarbi.

Fig. 15. Bord caudal et fosse infra-épineuse sciée d’une scapula droite de bœuf.

Fig. 15. Bord caudal et fosse infra-épineuse sciée d’une scapula droite de bœuf.

Us 1100, vue médiale.

Cliché : I. Rodet-Belarbi.

Fig. 16. Déchets de travail provenant de scapulas de bœuf.

Fig. 16. Déchets de travail provenant de scapulas de bœuf.

A. Us 1100, vue latérale et vue médiale ; b. Us 1068, vue médiale.

Clichés : I. Rodet-Belarbi.

Fig. 17. Déchet de travail provenant d’une scapula de bœuf.

Fig. 17. Déchet de travail provenant d’une scapula de bœuf.

Us 1057.

Cliché : I. Rodet-Belarbi.

III.1.2. Les métapodes III d’équidé

20Trois portions de métapodes III d’équidés ont été recensées. Sur chacune d’elles, la diaphyse, longue, tubulaire et régulière, a été récupérée comme matière première pour la fabrication d’objets. Le premier segment correspond au tiers supérieur d’un métatarse III gauche (Us 1014 ; fig. 18, a). Des coups de couperet ont été donnés sur le bord de la surface articulaire proximale pour détacher cet os de ceux du tarse, ainsi que sur la zone de contact entre les doigts II et III afin de les isoler les uns des autres. Puis la diaphyse de ce dernier a été sciée dans le sens dorso-plantaire, et la séparation entre les deux tronçons a laissé une languette d’arrachement positive sur le bord de sa face plantaire. Il ne reste du deuxième métatarse que son tiers distal. Ce dernier porte les stigmates des coups donnés sur et au-dessus de la surface articulaire à l’aide d’un outil tranchant de type couperet, peut-être lors de la dissociation d’avec la phalange proximale (Us 1014 ; fig. 18, b). Ensuite, le corps de l’os a été scié et en raison de ce travail inachevé, une languette d’arrachement positive est visible sur le bord de la face dorsale, résultant de la cassure par pression des deux segments. Le dernier exemplaire comprend une extrémité distale épiphysée exempte de toute trace de débitage ou de sciage et une petite longueur de diaphyse (Us 1100 ; fig. 18, c). Celle-ci a été fendue longitudinalement dans le sens transverse à l’aide d’un couperet qui a laissé de nombreuses marques à chacune des butées de sa lame lisse.

Fig. 18. a et b. Métatarses d’équidé (Us 1014) ; c. métapode d’équidé (Us 1100).

Fig. 18. a et b. Métatarses d’équidé (Us 1014) ; c. métapode d’équidé (Us 1100).

Clichés : I. Rodet-Belarbi.

III.1.3. Le bois de cerf

  • 1 Les diverses portions de bois ont été mesurées selon la codification de la base de données ostéomé (...)

21Le cerf est représenté uniquement par ses bois dans le lot découvert sur le site du Clos Jovet1 (fig. 19). Le comblement Us 1057 d’une fosse a livré trois exemplaires. Le premier est issu d’un bois de mue (fig. 20, a). Sont conservés le cercle de pierrures, le départ du merrain A et de l’andouiller basilaire. Ces deux derniers ont été sciés à leur base. Il est difficile de déterminer si la deuxième pièce est un déchet ou une réserve de matière première compte tenu de la hauteur conservée, qui aurait peut-être permis d’exploiter le tissu osseux compact. Il s’agit d’un tronçon de merrain situé sous l’andouiller central et scié à ses deux extrémités (fig. 20, b). Le décalage entre les deux pans de coupe de la face proximale indique que le travail a été fait en deux temps. Cette pièce présente en outre, non loin du bord distal, des marques d’épannelage laissées par la lame lisse d’un couperet. Le dernier exemplaire, dont il ne reste que la moitié de la circonférence, se situe au niveau de la jonction entre les merrains A-B et l’andouiller central (fig. 20, c). Le sciage a été fait perpendiculairement à chacun de leur axe, dans le sens antéro-postérieur. Par ailleurs, une autre portion de merrain A a été découverte dans la couche d’abandon Us 1011 (LABAUNE, 2013, p. 187, fig. 120a). Elle a été sciée au-dessus du cercle de pierrures. Deux entailles parallèles au plan de coupe témoignent d’essais infructueux. Il en est de même à son extrémité distale, où se remarque une entaille profonde creusée en biais par rapport au plan de coupe. L’andouiller basilaire a été scié à sa base et perpendiculairement à son axe. Enfin, un andouiller (central ?) issu du remplissage d’un drain (Us 1059) a été scié non loin de sa jonction avec le merrain (ibid., p. 187, fig. 120c). Il pourrait s’agir autant d’une réserve de matière première que d’un déchet.

Fig. 19. Terminologie des diverses parties du bois de cerf.

Fig. 19. Terminologie des diverses parties du bois de cerf.

D’après Billamboz, 1979.

Fig. 20. Portions de bois de cerf.

Fig. 20. Portions de bois de cerf.

Us 1057.

Cliché : I. Rodet-Belarbi.

III.2. Les objets et les indéterminés

III.2.1. Les objets

22Les onze objets mis au jour lors des fouilles se rapportent à divers domaines de la vie quotidienne (fig. 9). Ils sont tous de facture simple.

23La couture et l’ameublement sont respectivement illustrés par une aiguille dont il ne reste que la partie centrale du fût et une petite portion du chas (Us 1010), et par un élément de charnière très incomplet (Us 1008 ; type A XI,2 ; Béal, 1983, p. 110). La partie conservée de celui-ci correspond à environ un tiers de sa circonférence et sa face interne a été entaillée par la pointe de la mèche utilisée pour perforer la pièce. La toilette et le soin du corps sont représentés par quatre épingles à cheveux. Deux d’entre elles possèdent une tête conique (Us 1008, Us 1025/26 ; type A XX,3 ; ibid., p. 185), la troisième se termine à son sommet en forme d’olive (Us 1001, type A XX,8 ; ibid., p. 193). La dernière est incomplète et a été identifiée grâce au renflement de son corps caractéristique des épingles de types A XX, 5-9 (Us 1025/26 ; BÉAL, 1983). Deux jetons de jeu ou d’échange appartiennent à deux types différents ; l’un possède deux faces lisses et une tranche en biais (Us 1015 ; A XXXIII,2 ; ibid., p. 286) et le second est creusé de gorges concentriques sur sa face supérieure. Sa tranche est également en biais (Us 1025/26 ; A XXXIII,8 ; ibid., p. 307). Enfin, trois plaquettes ont été inventoriées. Deux d’entre elles ont probablement été taillées dans les fosses infra-épineuses des scapulas de bœuf. Elles se caractérisent par une fine épaisseur, deux faces lisses et des bords droits. La première a approximativement la forme d’un losange et correspond peut-être à un élément de marqueterie raté (Us 1014 ; fig. 21, a). La deuxième plaque est longue et étroite (Us 1100 ; fig. 21, b). La face supérieure correspond à l’os naturel de la fosse infra-épineuse et la face inférieure a été aplanie, laissant apparaître de l’os spongieux. L’une des extrémités est cassée tandis que l’autre se rétrécit pour se terminer en arrondi. La dernière plaquette, pour laquelle l’identification spécifique et anatomique n’est pas assurée, possède une extrémité cassée tandis que l’autre est droite, tout comme les deux bords (Us 1011 ; fig. 21, c). Ces derniers ont été affinés sur la moitié de leur épaisseur, évoquant les couvercles se glissant dans les rainures des côtés d’une boîte.

Fig. 21. Plaquettes en os.

Fig. 21. Plaquettes en os.

A. Us 1014 ; b. Us 1100 ; c. Us 1011.

Clichés : I. Rodet-Belarbi.

III.2.2. Les indéterminés

24L’une des deux pièces indéterminées a été taillée dans un tibia de capriné. Il ne reste qu’une portion longue et creuse dont la surface externe patinée présente au moins trois pans coupés (fig. 22). Il est possible d’en restituer six, sept au maximum, si on considère que la moitié de la pièce est manquante. Une extrémité est cassée, l’autre est droite et polie. Cet objet était peut-être un tube ou un manche de couteau, même si aucune trace de corrosion métallique émanant de la soie de la lame n’a été repérée dans le canal médullaire de l’os.

Fig. 22. Tibia de capriné travaillé (tube, manche ? ; Us 1057).

Fig. 22. Tibia de capriné travaillé (tube, manche ? ; Us 1057).

Cliché : I. Rodet-Belarbi.

25Le second élément non identifié correspond à une portion de merrain de bois de cerf de section circulaire s’évasant un peu vers l’extrémité cassée, l’autre étant sciée. La surface externe a été nettoyée de ses perlures afin d’obtenir une surface lisse et polie. Le canal médullaire a également été évidé, peut-être pour y enfoncer la soie d’une lame si cette pièce est un manche.

IV. SYNTHÈSE ET COMPARAISONS

  • Les scapulas de bœuf découvertes au Clos Jovet ont servi à la fabrication de plaquettes. Les différents stades de travail sont illustrés par les déchets : rejet des pièces anatomiques après la récupération des fosses infra-épineuses, épannelage des faces médiales de ces dernières, découpe en petits éléments géométriques sans doute destinés à l’ornementation de meubles. Aucune pièce achevée n’a été mise au jour à l’exception d’un exemplaire en forme de losange, mais son absence de symétrie explique peut-être son abandon.

26Deux autres portions de scapulas de bœuf sciées, mises au jour à Autun extra-muros, peuvent être associées à l’ensemble du Clos Jovet. La première a été découverte lors des fouilles du Quartier artisanal (Us 7117, fin Ier s.- début IIe s ; RODET-BELARBI, 2022). Il ne reste de cette pièce osseuse que le bord crânial intact, la fosse supra-épineuse et l’épine scapulaire conservés sur la moitié proximale de leur longueur, les deux extrémités ayant été débitées. On remarque le long de l’épine scapulaire, un plan de sciage correspondant à la séparation d’avec la fosse infra-épineuse. L’état de conservation de la matière osseuse ne permet pas d’observer d’éventuelles traces de travail ou d’utilisation (stries, patine, etc.). Le second exemplaire est signalé malgré une attribution chronologique problématique. Il a en effet a été mis au jour sur le site du Temple de Janus dans une fosse contemporaine mais qui contenait également du mobilier résiduel daté du bas Moyen Âge/période moderne et de l’Antiquité. Il s’agit d’une scapula gauche de bœuf dont le col a été scié en biais (Us 8872 ; RODET-BELARBI, 2022). Par ailleurs, il a été recensé sur le site du Lycée militaire une petite plaquette extraite de la fosse infra-épineuse et sciée sur trois côtés (Us 1070, 75-100 ; RODET-BELARBI, CHARDRON-PICAULT, 2005, p. 199).

27Ces pièces autunoises s’inscrivent dans une série de scapulas montrant l’emploi de cette pièce anatomique comme réserve de matière première (RODET-BELARBI, 2021). Outre les éléments de comparaison de cette première synthèse, mentionnons le site des Bolards (Nuits-Saint-Georges, Côte-d’Or ; période gallo-romaine) où a été mise au jour une scapula réduite à son bord caudal scié à ses deux extrémités et le long de la fosse infra-épineuse (MOUSSION, 2017, p. 199). Elle est similaire aux déchets des niveaux autunois Us 1000 et Us 1100 (fig. 15). Au Clos de Lombarde à Narbonne (Aude ; période augustéenne), une scapula montre les mêmes décalages entre les deux plans de sciage que sur deux des exemples autunois (Us 1100), témoignant de la récupération de la matière première sur cet os (RODET-BELARBI, 2004, p. 225). Les fosses infra-épineuses des deux exemplaires mis au jour à Toulon (Var ; IVe s.) semblent avoir été également prélevées par sciage (LEGUILLOUX, 2022, p. 297). En revanche, les objets fabriqués dans la zone plane des fosses infra-épineuses des scapulas découvertes à Orange (Vaucluse ; seconde moitié Ier-fin Ve s.) sont des jetons, d’après les négatifs encore présents sur l’os (PRÉVOT, 2008, p. 219).

28Mais les scapulas ont aussi été utilisées comme objet après une modification plus ou moins importante de leur morphologie (RODET-BELARBI, 2021). Rappelons la découverte, sur le site du Lycée militaire, de deux exemplaires interprétés comme des racloirs taillés dans la fosse infra-épineuse (Us 4546, IIIe s. ; Us 6606, seconde moitié du IIe s. ; RODET-BELARBI, 1999).

  • Les os de bœuf sont très majoritairement employés comme matière première pour la fabrication d’objets, tandis que ceux d’équidés participent modestement à cet apport. À Autun, il a été recensé vingt-sept pièces anatomiques de ce taxon ayant servi dans le cadre de cet artisanat (fig. 23 ; RODET-BELARBI, CHARDRON-PICAULT, 2005 ; PETIT, 2010 ; RODET-BELARBI, 2022). Certains sites en livrent parfois une quantité très supérieure, comme à Saintes, rue Daubonneau (Charente-Maritime ; Ier-début IIe s.) où les ossements d’équidés découverts représentent 19 % du total des pièces identifiées spécifiquement et anatomiquement (ROBIN et alii, 2010, p. 400). C’est également le cas à Augst (DESCHLER-ERB, 2010, p. 384) où les os d’équidés sont très souvent travaillés au Ier siècle ap. J.-C. en raison de leurs grandes dimensions. À Autun, les métapodes III sont les plus nombreux. Parmi eux, les métacarpes III et les métatarses III sont en quantité égale. En outre, deux doigts vestigiaux ont été travaillés, peut-être dans l’optique de les transformer en poinçon (Lycée militaire ; Maison aux artisans). Les radius et les tibias sont en trois exemplaires chacun. Cette répartition anatomique est similaire à celle donnée par les ossements d’équidés découverts dans deux puits du site du Théâtre national de l’Odéon à Paris (IIe s.), lots dans lesquels les métapodes dominent très largement (OUESLATI, 2007, p. 488). Cette sélection parmi les os longs ne se retrouve pas sur tous les sites gallo-romains, comme l’a montré un essai sur la place des équidés dans l’artisanat de l’os (RODET-BELARBI, 2010). Par exemple, à Dijon (Côte-d’Or) sur le site de Sainte-Anne (IIe s.), les radius et les tibias sont les plus nombreux : respectivement six et treize pièces pour un total de vingt-sept (FOREST, 1999). Il en est de même à Subdray (Cher ; début Ier s.) où les radius et les tibias totalisent la moitié des quatre-vingt-dix-neuf os d’équidés répertoriés (SALIN, 2010, p. 264). Citons enfin le cas d’Auribelle-Basse à Pézenas (Hérault ; 140-170 ap. J.-C.) où les os sciés d’équidés, en particulier des ulnas, sont plus nombreux que ceux de bœuf (FOREST, 2004, p. 426).

Fig. 23. Inventaire des pièces anatomiques d’équidé découvertes à Autun.

Fig. 23. Inventaire des pièces anatomiques d’équidé découvertes à Autun.

29La répartition chronologique des niveaux autunois dans lesquels ont été découverts ces éléments, montre que les os d’équidés ont été travaillés du Ier siècle jusqu’au début du Ve siècle. Ce résultat contredit la conclusion préliminaire sur l’exploitation des os d’équidés à Autun qui semblait se limiter aux IIe-IIIe siècles d’après les données disponibles alors (RODET-BELARBI, 2010).

  • Les portions de bois de cerf mises au jour au Clos Jovet correspondent toutes à des réserves de matière première et/ou des déchets (fig. 24). De telles pièces ont été découvertes sur divers autres sites autunois localisés intra-muros : deux portions comprenant la base d’un bois de mue et le départ du merrain A (Faubourg d’Arroux ; PETIT, 2010 ; Rue des Pierres ; RODET-BELARBI, CHARDRON-PICAULT, 2005), des segments des merrains et des andouillers (Lycée militaire, Faubourg d’Arroux). En revanche, aucune ébauche n’a été collectée lors de ce diagnostic alors que trois andouillers ont semble-t-il été abandonnés en cours de transformation sur les sites du Faubourg d’Arroux et du Lycée militaire. Les objets mis au jour à Autun sont tous en os à l’exception d’un médaillon prophylactique issu d’un bois de massacre (Maison aux artisans), d’un outil fabriqué dans un andouiller en partie épannelé et perforé de deux trous (Lycée militaire) et de trois manches de facture rudimentaire fabriqués dans des andouillers dont la surface externe est grossièrement épannelée afin d’ôter les perlures (Lycée militaire [deux exemplaires] ; Maison aux artisans). La pièce en bois de cerf du Clos Jovet, dont la fonction est indéterminée, pourrait être rapprochée de ces manches frustres.

Fig. 24. Inventaire des portions de bois de cerf découvertes à Autun.

Fig. 24. Inventaire des portions de bois de cerf découvertes à Autun.

30L’approvisionnement en matière première est peu renseigné par les éléments mis au jour. Trois bases témoignent de la présence de trois bois de mue, donc d’une collecte des ramures en forêt, tandis que le médaillon prophylactique a été fabriqué à partir d’un bois de massacre, impliquant une chasse et très certainement la consommation de l’animal. Cette dernière est très limitée à Autun ; la part des cervidés dans l’alimentation carnée des habitants d’Augustodunum est extrêmement faible. Par ailleurs, il n’a été recensé qu’un seul os dont la diaphyse a été sciée pour être exploitée.

  • La récupération d’os issus des squelettes de caprinés a déjà été notée à Autun. Au Lycée militaire, ont été mis au jour un os hyoïde et un métatarse (respectivement Us 4543 et Us 1018, non datés ; RODET-BELARBI, CHARDRON-PICAULT, 2005, p. 168). Les deux présentent une perforation dont le rôle reste à ce jour indéterminé, tout comme la fonction de ces objets. Il en est de même pour la phalange proximale découverte lors des fouilles du Bâtiment à exèdre (Us 7109 ; datation en cours ; Rodet-Belarbi, 2022). Les deux derniers exemplaires découverts sur le site du Quartier artisanal sont des tibias (Us 6143, IIIe s. ; RODET-BELARBI, 2022). Le premier exemplaire se résume à la portion centrale de la diaphyse, cassée à l’une des extrémités, sciée à l’autre. Le travail a été effectué en plusieurs fois comme en témoignent les diverses reprises visibles sur la tranche de l’os. Il ne reste du second exemplaire que le tiers supérieur du corps. Des coups de couperet ont été observés sur la crête tibiale et la séparation de ce tronçon avec le reste de l’os a laissé une languette d’arrachement négative témoignant d’un sciage en biais inachevé. La pièce du Clos Jovet est donc la plus aboutie des exemplaires autunois. Les tibias ne sont cependant pas la pièce anatomique la plus fréquemment employée dans l’artisanat de l’os, comme le montre un inventaire préliminaire des os de caprinés intervenant dans la fabrication d’objets durant les périodes historiques. Les os les plus souvent répertoriés lors de la période gallo-romaine sont les métatarses et les talus (CHAZOTTES, RODET-BELARBI, 2019).

31La quarantaine de pièces résultant du travail de l’os et de bois de cerf mises au jour lors de ce diagnostic complètent et enrichissent nos données sur l’artisanat de ces matières dures d’origine animale à Autun. L’exploitation des scapulas de bœuf pour la fabrication de plaquettes n’a que rarement été identifiée durant la période gallo-romaine et ne l’avait jamais été pour la période allant de la seconde moitié du IVe siècle au début du Ve siècle. Ce matériel osseux illustre les différentes étapes de récupération de la matière première sur ces os plats et témoigne de la présence d’ateliers utilisant ces pièces très certainement pour la marqueterie. Les comparaisons font défaut, mais citons néanmoins un ensemble de quinze plaquettes en bois de cerf, et non en os, gravées, découvertes dans un contexte funéraire tardo-antique à Goussancourt (Aisne) et interprétées comme des garnitures d’un coffret en bois (HOSDEZ, MOREL, 2016, fig. 8). En revanche, il n’a malheureusement pas été possible de déterminer la nature des objets fabriqués dans les diaphyses des métapodes d’équidés et dans les bois de cerf collectés, faute d’ébauche ou de raté de fabrication. On rappellera que cette occupation artisanale s’accompagne probablement d’une activité de recyclage des alliages cuivreux. Enfin, si la dizaine d’objets en os découverts lors du diagnostic sur le site du Clos Jovet sont très « classiques », la fabrication d’un manche ou d’un tube dans un tibia de capriné est une donnée nouvelle.

32Ces modestes découvertes contribuent à lever progressivement le voile sur les modalités d’occupation de l’enveloppe urbaine dans le courant de la seconde moitié du IVe s. et au début du siècle suivant, période particulièrement mal connue à Autun.

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Notes

1 Les diverses portions de bois ont été mesurées selon la codification de la base de données ostéométriques du bois de cerf, afin d’y être intégrées (dir. Yolaine Maigrot [CNRS, UMR 8215], Laurent Aubry [CNRS, UMR 8215] et Noëlle Provenzano [CNRS, UMR 5140]).

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Localisation de l’intervention.
Crédits Infographie A. Tisserand.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 486k
Titre Fig. 2. Plan des vestiges de la phase 3.
Légende Fin IIe-fin IIIe s.
Crédits Infographie A. Tisserand d’après le phasage de Y. Labaune.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 292k
Titre Fig. 3. Plan des vestiges de la phase 5.
Légende Seconde moitié du IVe s.-début du Ve s.
Crédits Infographie A. Tisserand d’après le phasage de Y. Labaune.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 245k
Titre Fig. 4. Les marqueurs chronologiques de la phase 5.
Légende Seconde moitié du IVe s.-début du Ve s.
Crédits Dessins et DAO A. Saggese.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 274k
Titre Fig. 5. Tranchée d’épierrement 1154 réalisée lors de la phase 5 ayant permis de récupérer l’intégralité des matériaux de construction d’un mur de la phase 3, jusqu’aux fondations, puis utilisée comme dépotoir.
Crédits Cliché : Y. Labaune.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 1010k
Titre Fig. 6. Possible structure de stockage 1056 (silo à grains ?) recoupant les « terres noires » de la phase 4 et un sol en béton de tuileau de la phase 3, puis utilisée comme dépotoir.
Crédits Cliché : Y. Labaune.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 924k
Titre Fig. 7. Fosse de nature indéterminée 1024 (fonction artisanale ?) utilisée comme dépotoir.
Crédits Cliché : Y. Labaune.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 943k
Titre Fig. 8. Au premier plan, contours de la grande fosse 1049 de la phase 5 (non fouillée).
Crédits Cliché : Y. Labaune.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 946k
Titre Fig. 9. Inventaire des pièces en os ou en bois de cerf mis au jour au Clos Jovet.
Légende Les mesures sont données en millimètre. Celles des métapodes d’équidés ont été prises selon les standards publiés par A. von den Driesch (1976).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 470k
Titre Fig. 10. Terminologie des différentes parties d’une scapula gauche de bœuf (BARONE, 1976, pl. 227).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 240k
Titre Fig. 11. Scapula droite de bœuf dont la fosse infra-épineuse a été sciée en biais, la cavité glénoïdale et le bord caudal ont été débités.
Légende Us 1000 ; vue latérale à gauche et vue médiale à droite.
Crédits Clichés : I. Rodet-Belarbi.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 990k
Titre Fig. 12. Scapula gauche de bœuf dont la fosse infra-épineuse a été sciée, la cavité glénoïdale et le bord caudal ont été débités.
Légende Us 1100 ; vue latérale à gauche et vue médiale à droite.
Crédits Clichés : I. Rodet-Belarbi.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-12.jpg
Fichier image/jpeg, 894k
Titre Fig. 13. Scapula droite de bœuf dont la fosse infra-épineuse a été sciée en deux temps, la cavité glénoïdale et le bord caudal ont été débités.
Légende Us 1100 ; vue latérale à gauche et vue médiale à droite.
Crédits Clichés : I. Rodet-Belarbi.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 731k
Titre Fig. 14. Scapula gauche de bœuf dont la fosse infra-épineuse a été sciée en deux temps.
Légende Us 1100 ; vue médiale
Crédits Cliché : I. Rodet-Belarbi.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-14.jpg
Fichier image/jpeg, 503k
Titre Fig. 15. Bord caudal et fosse infra-épineuse sciée d’une scapula droite de bœuf.
Légende Us 1100, vue médiale.
Crédits Cliché : I. Rodet-Belarbi.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-15.jpg
Fichier image/jpeg, 444k
Titre Fig. 16. Déchets de travail provenant de scapulas de bœuf.
Légende A. Us 1100, vue latérale et vue médiale ; b. Us 1068, vue médiale.
Crédits Clichés : I. Rodet-Belarbi.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-16.jpg
Fichier image/jpeg, 623k
Titre Fig. 17. Déchet de travail provenant d’une scapula de bœuf.
Légende Us 1057.
Crédits Cliché : I. Rodet-Belarbi.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-17.jpg
Fichier image/jpeg, 697k
Titre Fig. 18. a et b. Métatarses d’équidé (Us 1014) ; c. métapode d’équidé (Us 1100).
Crédits Clichés : I. Rodet-Belarbi.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-18.jpg
Fichier image/jpeg, 526k
Titre Fig. 19. Terminologie des diverses parties du bois de cerf.
Crédits D’après Billamboz, 1979.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-19.jpg
Fichier image/jpeg, 223k
Titre Fig. 20. Portions de bois de cerf.
Légende Us 1057.
Crédits Cliché : I. Rodet-Belarbi.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-20.jpg
Fichier image/jpeg, 585k
Titre Fig. 21. Plaquettes en os.
Légende A. Us 1014 ; b. Us 1100 ; c. Us 1011.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-21.jpg
Fichier image/jpeg, 428k
Titre Fig. 22. Tibia de capriné travaillé (tube, manche ? ; Us 1057).
Crédits Cliché : I. Rodet-Belarbi.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-22.jpg
Fichier image/jpeg, 439k
Titre Fig. 23. Inventaire des pièces anatomiques d’équidé découvertes à Autun.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-23.jpg
Fichier image/jpeg, 315k
Titre Fig. 24. Inventaire des portions de bois de cerf découvertes à Autun.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17470/img-24.jpg
Fichier image/jpeg, 229k
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Pour citer cet article

Référence papier

Yannick Labaune, Isabelle Rodet-Belarbi et Adrien Saggese, « Augustodunum (Autun, Saône-et-Loire) dans la seconde moitié du ivet au début du vsiècle »Revue archéologique de l’Est, Tome 72 | 2023, 317-334.

Référence électronique

Yannick Labaune, Isabelle Rodet-Belarbi et Adrien Saggese, « Augustodunum (Autun, Saône-et-Loire) dans la seconde moitié du ivet au début du vsiècle »Revue archéologique de l’Est [En ligne], Tome 72 | 2023, mis en ligne le 20 décembre 2023, consulté le 17 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/17470

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Auteurs

Yannick Labaune

Service Archéologique de la Ville d’Autun, UMR 6298 ArTeHiS

Articles du même auteur

Isabelle Rodet-Belarbi

Inrap, Université Côte d’Azur, CNRS, CEPAM, France

Articles du même auteur

Adrien Saggese

Service commun d’Archéologie préventive de Besançon - Doctorant UMR 6298 ArTeHiS

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