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AccueilNumérosTome 72Le théâtre d’Alésia

Le théâtre d’Alésia

Techniques de construction et restitutions
Albéric Olivier
p. 275-316

Résumés

La récente publication de la fouille programmée du théâtre d’Alésia a vu le jour en décembre 2021. Ayant moi-même fait des sondages sur ce monument de 1976 à 1986 avec Élisabeth Rabeisen et Fabienne Creuzenet, il m’a paru nécessaire de faire état de nos résultats qui n’ont pas été assez pris en compte dans cet ouvrage récent. Cet article doit être interprété comme un complément d’information et une réflexion sur des conclusions originales formulée dans cette publication, principalement sur celle d’un arasement total du monument et de sa reconstruction sur les mêmes fondations un siècle et demi après son édification.

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Texte intégral

1Le théâtre d’Alésia a fait l’objet d’une publication récente parue en décembre 2021, sous le titre : Le théâtre romain d’Alésia : structuration et développement d’un quartier urbain, sous la direction de François Eschbach et Sébastien Freudiger, avec une préface de Françoise Dumasy et les contributions de très nombreux spécialistes. Le contexte archéologique et la présentation du site sont de Claude Grapin.

2Cette publication de 384 pages est le résultat de cinq campagnes de fouilles programmées de 2004 à 2008, après une étude préliminaire de Stéphane Sindonino en 2002, dont le bilan est enrichi de l’expertise de Fr. Dumasy et R. Neiss pour la C.I.R.A. de Bourgogne. Sur ces bases, la D.R.A.C. a préconisé un programme de fouilles, dont le but était de « compléter la fouille et l’étude du théâtre antique avant qu’il ne soit touché par les travaux de restauration... » (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 19).

3Dans le programme envisagé par les commanditaires, il était question de faire un bilan de toutes les interventions qui ont eu lieu dans le passé sur ce théâtre, pour proposer une nouvelle étude complète avec restitutions graphiques. Il a été recommandé d’analyser particulièrement ce qui s’était passé avant la construction du théâtre et après son abandon, dans le cadre de l’insertion de ce monument dans le tissu de l’agglomération.

4L’analyse de ce monument a peut-être un peu souffert de l’ampleur du programme général car son étude proprement dite n’occupe qu’un tiers de l’ouvrage. C’est ainsi que de nombreuses remarques que l’équipe dirigée par Fabienne Creuzenet, Élisabeth Rabeisen et Albéric Oliver, de 1976 à 1986, n’ont été que peu utilisées dans cette publication. Il est vrai qu’une synthèse de ces travaux n’a pas vu le jour mais les comptes rendus annuels ont été publiés dans le Bulletin de la Société des Sciences de Semur (B.S.S.S.), qui était propriétaire des zones de fouilles et du musée archéologique local. Cet ensemble a été racheté par le département de la Côte-d’Or au début de ce siècle.

5Il s’est avéré utile de reprendre quelques éléments techniques insuffisamment décrits, en recherchant des comparaisons dans d’autres monuments du spectacle, spécialement l’amphithéâtre de Grand (Vosges) et, surtout, de réfléchir sur les fondements d’une affirmation particulièrement importante, celle de la destruction volontaire du monument à la fin du IIe siècle et de sa reconstruction à l’identique sur les mêmes fondations, qui bouleverse la succession des étapes de ce monument. Cette affirmation quelque peu surprenante a priori, incite à analyser les bases sur laquelle elle se fonde, et à rechercher des exemples pertinents de comparaison, tout en restant dans les limites strictes de l’architecture qui est seule étudiée dans le présent article.

I. Description du monument

6Le théâtre adossé à l’ouest du centre monumental, tel qu’il nous est parvenu en ce début du XXIe siècle, n’offre apparemment pas de difficulté d’identification dans ses composantes, mais ses restitutions peuvent diverger. Pour décrire l’économie générale de ce monument, trois images permettent d’emblée d’en avoir une vision d’ensemble.

  • La figure 1 est une photographie aérienne prise en 2004 (cl. O. Feihi, Archéotech SA, ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 154) qui est orientée vers le S.-E., le nord étant dirigé vers le bas, et qui offre une vue pratiquement complète du monument. Seul, le mur rectiligne 29 appartenant à la façade occidentale n’est visible que sur une courte distance à l’endroit de la scène, mais existe bien sous l’herbe ;
  • La figure 2 est une vue axonométrique de la restitution du monument avant la construction des nombreux contreforts (OLIVIER, 1989a) ;
  • La figure 3 est la reprise du plan donné au début de la publication de F. Eschbach et S. Freudiger, p. 23. Ce plan orienté au nord donne la numérotation des murs du théâtre avec ses contreforts ainsi que quelques murs extérieurs. Il montre aussi les limites des sondages pratiqués par les auteurs ainsi que ceux de notre équipe autour des années 80, par de légères lignes de « trait-point ».

Fig. 1. Vue aérienne du théâtre d’Alésia.

Fig. 1. Vue aérienne du théâtre d’Alésia.

Photo prise en 2004 vers le S-E avec localisation des cinq points dont nous connaissons les altitudes, servant de cadre pour les restitutions (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 154).

Fig. 2. Vue axonométrique de notre restitution.

Fig. 2. Vue axonométrique de notre restitution.

Vue d’ensemble en regardant vers le N-E de cette restitution du projet du théâtre gallo-romain d’Alésia, avant la construction des contreforts (A.O., 1990-2022).

Fig. 3. Plan du théâtre entouré par les rues 1, 3 et 120.

Fig. 3. Plan du théâtre entouré par les rues 1, 3 et 120.

Il donne les limites des sondages, y compris les nôtres, ainsi que les numéros des murs (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 23).

7Pour ne pas compliquer la lecture, c’est la numérotation donnée dans le plan de la fig. 3 qui a été retenue pour cet article, malgré son incohérence, puisque presque tous les murs étaient connus par les auteurs au début de leurs fouilles.

Table de correspondance pour se reporter aux comptes rendus du Bull. de la Société des Sciences de Semur :

A. Olivier Archeodunum
Façade occidentale A 30 et 66
Façade occidentale B 29
Cavea C 19
Prolongement du mur C vers l’Est D 44
Mur au nord de Z E 457
Mur au nord du mur Z F 458
Mur au nord du mur Z G 372
1er contrefort Nord 45
2ème contrefort Nord 46
3ème contrefort Nord 47
Contreforts Ouest W 34
Contreforts Ouest X 33
Contreforts Ouest Y 32
Mur Nord de l’aire derrière la scène Z 31
Redans Aw Ax Ay 29
Redans Bw Bx By 30

I.1. Le mur périmétral du théâtre

8Ce long mur de plan semi-circulaire légèrement outrepassé portant le n° 19 sur la figure 3, de 90 cm d’épaisseur et 129 m de longueur pour un diamètre de 82 m, flanqué de contreforts, enserre une vaste cavea, dans laquelle aucun vestige construit n’est visible à l’exception de deux murs parallèles, restes du vomitoire 85-86. Ce mur se prolonge vers l’ouest au-delà de la façade de 4 m et se termine en grand appareil à la façon d’une ante. Construit en opus caementicium avec parements de moellons réguliers disposés en assises horizontales, il est fondé presqu’exclusivement sur hérissons.

I.2. Structure de la cavea

9Cette cavea était totalement comblée par un empierrement. D’abord considéré comme le résultat des épierrements par les paysans, la réalité est différente parce que ceux-ci creusaient des fosses qu’ils emplissaient de cailloux, fosses que l‘on trouve sur tout le plateau du Mont Auxois. Cet empierrement est bien un acte de construction pour créer la forme sur laquelle seront installés les gradins.

10Dans les années 1929-1932, J. Toutain a fait déblayer les deux tiers de la surface de la cavea dans le but d’étudier ce qui se trouvait sous le monument au moment de sa construction. (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 58). Il est vraiment heureux que soit restée en place cette zone épargnée car nous aurions actuellement de la peine à imaginer cette structure qui s’avère être assez originale.

11Cette technique de façonner une cavea sur un terrain irrégulier, instable ou insuffisamment en pente, par un empierrement général, semble plutôt rare. Cependant, il y a un parallèle très suggestif et plus monumental dans l’amphithéâtre de Grand (fig. 4) qu’il est opportun de décrire ici.

Fig. 4. Amphithéâtre de Grand (Vosges).

Fig. 4. Amphithéâtre de Grand (Vosges).

Plan schématique. En rouge, maçonnerie en opus caementicum ; en jaune, zone d’empierrement ; en noir, murs et arcades où le grand appareil a remplacé la maçonnerie ; les quatre petites flèches noires indiquent le sens des quatre photographies ; 1. hérissons derrière l’escalier S-E ; 2. derrière l’escalier S-O ; 3 et 4. empierrement autour de la niche méridionale de l’arène (A.O., 1970).

12Cet amphithéâtre, qui a un plan original, a longtemps été considéré comme un théâtre-amphithéâtre, jusqu’à que soit dégagé un premier maenianum septentrional qui n’avait pas été vu auparavant. L’arène, ovale à quatre centres, est bien entourée par une cavea complète, beaucoup moins importante au nord qu’au sud. C’est dans cette partie du monument que se trouvent les techniques qui nous rapprochent d’Alésia. La zone colorisée en orange est celle sur laquelle a été construite l’énorme cavea sur un empierrement général.

13Long de 148 m, il a été installé dans un vallon peu profond, le sol environnant au sud se trouvant à peu de chose près au niveau de la deuxième précinction, soit environ la moitié de la hauteur totale. Le niveau de la galerie d’où partent les escaliers montant vers la summa cavea, correspond au terrain environnant. De ce fait on accédait de plain-pied à cette galerie par le sud. Cette disposition se retrouve aussi dans le théâtre d’Autun (OLIVIER, REBOURG, 1991, p. 143). Les contreforts de soutènement d’origine se trouvent dans les zones en pente où les murs sont les plus hauts. De plus deux murs rayonnants qui ne devaient pas être vus, partant des escaliers donnant sur le grand couloir axial, matérialisaient deux caissons dans la zone proche du grand axe central de l’amphithéâtre, là où se trouve la plus grande masse de pierres.

14La figure 4 montre des exemples de puissants hérissons placés entre les murs et l’empierrement proprement dit, fait de gros moellons non taillés disposés en vrac, qui a pour but de diminuer les poussées latérales de cet empierrement. C’est exactement le même aménagement que l’on peut voir dans le théâtre d’Alésia (cf. fig. 7 et 8 infra).

15Il est donc difficile de considérer que le remplissage des tranchées de fondations par des pierres posées en hérisson serait un argument pour justifier l’arasement du théâtre et la reconstruction de l’état 3.

I.3. L’orchestra du théâtre d’Alésia

16Cette cavea entoure une orchestra de plan semi-circulaire outrepassé, limitée par un muret dont il reste le hérisson de fondation surmonté encore de quelques fragments de mur. Le plan de 1924 (cf. fig. 24 ; ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 154) indique la présence d’un autre hérisson en plusieurs fragments au tracé courbe mais légèrement excentré par rapport au mur entourant l’orchestra. Il sera question de ce hérisson plus tard.

I.4. La façade occidentale

17Un puissant mur rectiligne limite la cavea à l’ouest. Ce mur, qui est formé de deux parties bien alignées et séparées par l’orchestra, porte les nos 30 au nord et 66 au sud. La structure de ce mur ressemble à celle du mur 19 auquel il est lié ; son parement extérieur est orné d’une suite de redans en saillie de 10 à 12 cm. Il faut le considérer a priori comme la façade occidentale du théâtre.

18Le mur 29, parallèle à ce mur 30-66, 2 m plus à l’ouest, n’est pas visible sur la vue aérienne, hormis la courte zone au niveau du bâtiment de scène. Pourtant il existe sans interruption tout le long de la façade mais il a une structure très différente de son puissant voisin 30-66 et a été diversement interprété dans les restituions (voir infra).

I.5. Les accès à l’intérieur du théâtre

19Les spectateurs pouvaient accéder aux gradins par sept passages. Depuis les rues 1 et 3 en longeant les murs 66, au sud et 30, au nord. Quatre escaliers extérieurs permettaient d’atteindre une précinction ou le sommet des gradins selon les hypothèses de restitutions choisies. Enfin il devait y avoir une porte dans l’axe transversal correspondant à la ruelle longeant le mur extérieur du portique du temple, tout près de l’angle sud-ouest de ce portique. Ainsi il est vraiment possible de lier structurellement le théâtre et le temple. Rappelons que le temple n’est pas dans l’axe de son portique et ses murs ne sont pas parallèles à leurs murs. Le portique a semble-t-il été construit en relation avec la basilique pour former une structure homogène selon les traditions romaines.

I.6. Le bâtiment de scène

20Le bâtiment de scène est formé simplement de trois éléments. Devant le mur 29, qui sert de mur de scène, une estrade supportée par trois murets fondés sur hérissons empiète légèrement sur l’orchestra. Derrière le mur de scène présumé, se trouve une construction énigmatique à peu près rectangulaire dont il ne reste que l’assise inférieure (la fondation) composée d’une suite de grands blocs sur les lits d’attente desquels peuvent se voir des repères de pose pour une assise superposée qui a disparu. C’est l’un des rares exemples de grand appareil conservés dans ce monument. Ce bâtiment semble difficile à dater mais peut avoir été construit à l’époque des contreforts si l’on tient compte de ses fondations.

21Cette analyse sommaire mérite d’être développée et ne concerne que la période du théâtre avant l’adjonction des nombreux contreforts. Il sera question plus loin du premier théâtre révélé par une longue tranchée de plan semi-circulaire de 76 m de diamètre presque concentrique au mur 19.

II. Analyse et restitutions de détail

22Les restitutions ne posent pas trop de difficultés de principe dans l’ensemble. Cependant, il faut approfondir les points suivants :

  • La pente de la cavea ;
  • La circulation des spectateurs ;
  • Les gradins.

II.1. La pente de la cavea (fig. 5 et 6)

Fig. 5. Schéma des pentes de la cavea.

Fig. 5. Schéma des pentes de la cavea.

Ligne noire irrégulière : sur la même base que celle de la fig. 6, a été portée la zone où se trouve le niveau le plus haut et le plus près de l’orchestra ; ligne bleue : pour une cavea sans les petits vomitoires couverts, avec une pente d’environ 12,6° ; ligne rouge : profil de la cavea de la coupe correspondant à la coupe présentée fig. 6, pente voisine de 18° ; ligne verte : profil de la cavea de la vue axonométrique (cf. fig. 2) pente proche de 19° (A.O., 2022).

Fig. 6. Proposition de coupe.

Fig. 6. Proposition de coupe.

En partant de la ruelle longeant le portique du temple pour arriver à la précinction, il faut passer par le petit passage souterrain correspond à la longueur des vomitoires observée depuis le début des dégagements. Le mur entourant l’orchestra peut être considéré comme le support d’un rang de sièges avec dossier les isolant de la cavea. Cette coupe a intégré la fig. 117 (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 137), coupe qui se trouve à proximité du vomitoire conservé. La ligne noir au bas de la cavea est le profil déduit du plan des courbes de niveaux (ibid., p. 154).

23Peut-on se faire une idée de l’empierrement de la cavea lors de la construction du monument ? Il devait sans doute apparaître sous la forme d’un vaste demi-cône creux très ouvert destiné à supporter les gradins. Les murs 19, 30 et 66 limitant extérieurement la cavea peuvent être considérés comme des murs de soutènement. Il faut reconnaître que le massif composé de milliers de blocs non taillés – de gros moellons – présente l’avantage d’absorber toutes les irrégularités des sols en place et d’éviter les tassements qui ne manqueraient pas de se produire selon la nature des terrains recouverts. De plus, cette pierraille a le mérite de ne provoquer que peu de poussées contre ces murs de soutènement, épais en partie basse de 90/92 cm, grâce à l’intrication des pierres irrégulières. Ces poussées, même faibles, bien sûr, croissent avec la hauteur du massif de pierres, donc des murs.

24Ces poussées horizontales très difficiles à évaluer, existent quand même, mais vu la hauteur des murs visibles au-dessus du sol, les plus importantes se situent dans les angles S.-O. et N.-O. du monument, là où les murs sont les plus hauts. La puissance des murs a été choisie, sans doute empiriquement, pour éviter les effondrements.

25Cet amas de pierre fait songer aux ballasts utilisés pour asseoir les rails des chemins de fer par l’intermédiaire de traverses. Bien que simplement posés sur le sol, et limités sur leurs côtés par le talus naturel en pente d’environ 45°, ces ballasts résistent très bien à des pressions violentes et aux vibrations très fortes lors des passages de trains.

26On constate aussi que les ouvriers de l’Antiquité avaient intercalé un épais rang de pierres posées en hérissons entre le remplissage en pierraille et le mur de maçonnerie comme ce qui existe à Grand. (fig. 7 et 8). Ce détail montre que les maçons ont vraiment construit ce massif de fondation et ne se sont pas contentés de déverser des pierres sans s’occuper du résultat.

Fig. 7. Hérisson derrière le mur de la cavea.

Fig. 7. Hérisson derrière le mur de la cavea.

Photo proche de la fig. 27, mais avec moins de parement de moellons (A.O., 1980).

Fig. 8. Sondage dans les carrés M-R / 34.

Fig. 8. Sondage dans les carrés M-R / 34.

Cette partie du mur 29 (= Mur B) a été démontée pour observer le hérisson. Le mur 30 (= Mur A) à moitié rejointoyé est longé par un hérisson séparant le mur du remplissage de la cavea par le puissant empierrement. Deux petits sondages ont atteint le roc 40 et 50 cm sous les hérissons. Éch. 1/40 (A. O., 1984).

27Un tel système de construction donne une grande latitude pour le choix des pentes, l’implantation des gradins et pour les circulations, même si l’on ne connaît pas exactement l’épaisseur de la masse de pierre.

28Une fois admis le principe selon lequel le niveau sur lequel seront posés les gradins doit se situer au-dessus du point le plus haut de l’amas de pierres (fig. 5 et 9), aucune contrainte n’impose une pente plutôt qu’une autre. Le niveau de la ruelle longeant le portique du temple, un des points à partir duquel on devait accéder à l’intérieur du monument depuis l’Est, peut nous aider à proposer une hypothèse. La figure 6 montre qu’il est possible d’avoir une pente convenable qui prend en compte la présence du vomitoire conservé, sachant que les fouilleurs, avant l’enlèvement de la pierraille, avaient mis au jour un autre vomitoire analogue au Sud. Ces vomitoires donnent une indication sur la longueur voûtée du couloir.

Fig. 9. Plan avec courbes de niveaux (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 54).

Fig. 9. Plan avec courbes de niveaux (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 54).

C : Zone où se trouve actuellement le point le plus haut et le plus proche de l’orchestra, soulignée en bleu ; E : position de la coupe donnant la photo de l’empierrement (ibid., p. 136).

29Sur la coupe schématique (fig. 5), la pente bleue, de 14°, peut être proposée pour une cavea sans couloir voûté. La pente rouge à 17° correspond à celle de la figure 6. La pente verte, de 21°, est celle de vue axonométrique (fig. 2). À propos de ces pentes, notons que l’architecte Pierre André a proposé des pentes de 16,6° à l’État 1 de la publication, et de 26° et 32° à l’État 3, le théâtre reconstruit à l’identique après sa destruction (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 239 et 242, fig. 228 et 230).

30Le choix des pentes de la cavea est lié à l’épaisseur de la pierraille : celle-ci est ce qui reste après des années de nivellements et d’épierrements par les agriculteurs jusqu’à faire disparaître toute trace de construction visible sous l’humus de surface. Ce massif de pierres pourrait être plus épais, sans difficulté. La hauteur attribuée au mur entourant l’orchestra peut jouer sur le choix de cette pente : plus il est haut, plus il est possible de faire varier la pente.

31Deux théâtres ont des points communs avec celui d’Alesia : celui d’Argentomagus (Argenton-sur-Creuse ; fig. 10), 1er état, phase 2, (Ø = 64 m), présente une pente de 13 à 14 ° et est dépourvu de couloir d’accès souterrain (Dumasy, 2000) ; celui de Lenzburg, illustré figures 11 et 12 (Ø = 74,6 m), est plus plat avec une pente de 10/11° (NIFFELER, 1988). Ces deux monuments ont en commun que les couloirs d’accès aux gradins ne sont pas voûtés.

Fig. 10. Théâtre d’Argentomagus (Saint-Marcel, Indre).

Fig. 10. Théâtre d’Argentomagus (Saint-Marcel, Indre).

Plan, coupes et photographie des gradins (DUMASY, 2000).

Fig. 11. Théâtre de Lenzburg. Plan partiel.

Fig. 11. Théâtre de Lenzburg. Plan partiel.

Échelle 1/400 (NIFFELER, 1988).

Fig. 12. Théâtre de Lenzburg. Vue de l’orchestra et du premier maenianum (NIFFELER, 1988).

Fig. 12. Théâtre de Lenzburg. Vue de l’orchestra et du premier maenianum (NIFFELER, 1988).

32À Alésia cette solution est aussi possible mais la présence des paires de murs encadrant le début des couloirs à partir du mur semi-circulaire de la cavea, incite à proposer une vision un peu plus monumentale avec de courts passages voûtés sous les parties hautes du monument. C’est la solution proposée en volume avec une pente de 22° figure 2 et figure 5, pente verte.

II.2. La circulation des spectateurs

33Sur ce point, il faut se contenter d’hypothèses puisqu’il n’y a plus d’éléments en place. Les circulations à l’intérieur de la cavea se déduisent presque d’elles-mêmes. Il est possible de proposer trois couloirs horizontaux, un au sommet, une précinction à mi-hauteur et un troisième au bas de la cavea. Au sommet de la cavea, ce couloir situé contre le mur d’enceinte sera un point de vue privilégié d’observation vers le sud, l’ouest et le nord ; vers l’est, le temple et la basilique civile seront particulièrement bien mis en scène.

34À mi-hauteur de la cavea, la précinction sera au niveau de la venelle longeant le mur du portique occidental du temple, donc de l’accès oriental aux gradins. Les niveaux des vomitoires et des escaliers extérieurs ne s’opposent pas à cette option. Le couloir inférieur sera placé derrière le mur ceinturant l’orchestra et devant le premier rang de gradin. Le spectateur y accédera directement à partir des couloirs d’accès venant des rues 1 et 3, juste avant d’arriver à l’orchestra. Le mur ceinturant cette orchestra pourrait supporter un rang de sièges pour les notables. C’est une raison pour récuser la proposition de Pierre André, qui oblige les spectateurs à traverser l’orchestra pour se faufiler par un unique passage axial, à l’endroit de la plus belle place pour les édiles (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, fig. 234 et 235, p. 249 et 250) : il suffit de regarder l’odéon de Pompéi ou le théâtre de Merida pour comprendre cette disposition (https :www.theatrum.de, Espagne et Italie).

35Les niveaux du vomitoire conservé et des deux escaliers extérieurs ne s’opposent pas à cette option. Il n’est pas facile de déterminer le nombre d’escaliers radiaux pour la circulation à l’intérieur de la cavea. Ceux-ci sont très souvent liés aux accès depuis l’extérieur.

36Il est guère possible de mettre en œuvre le parti observé aux théâtres de Lenzburg ou d’Argentomagus consistant à isoler les couloirs/escaliers par des murets séparant nettement les cunei les uns des autres (fig. 10 et 12).

II.3. Les gradins : forme et mise en œuvre

37Les fouilles anciennes et récentes ont mis au jour une série de blocs parallélépipédiques de section proche du carré, de 33 à 35 cm de côté et de longueur variable, de 50 cm à 1,33 m. Ces blocs sont pourvus de cadres d’anathyrose sur leurs petits côtés et de trou de louve sur leur lit d’attente. Contre certains blocs, l’application d’une règle droite fait apparaître une légère courbure qu’il n’est pas surprenant de trouver sur de tels blocs. Il s’agit sans nul doute possible de gradins. Un seul a été trouvé pendant les fouilles de 1978 à 1986 dans le carré M 34 (B 281) (OLIVIER, RABEISEN, 1983).

38• Comment étaient-ils utilisés dans ce monument ? Le puissant massif de pierraille aménagé en cône creux très ouvert est une base très solide pour soutenir les gradins. Il est prêt à être aménagé localement en utilisant des moellons taillés pour façonner une série de zones concentriques plates et un peu surélevées. Il n’y a aucune difficulté à utiliser du mortier pour figer cet ensemble : il est donc tout à fait facile de caler les blocs sur des surfaces horizontales stables, de rattraper les petites variations dimensionnelles des blocs afin d’obtenir des rangs réguliers de gradins. L’utilisation de mortier pour obtenir une forme appropriée est aussi utile pour maintenir propre le sol entre les rangs où l’on pose les pieds ou, mieux, d’aménager un véritable sol le long des gradins. Finalement ce traitement souple finit par ressembler à celui, classique, des gradins monoblocs de 40 à 45 cm de hauteur et 85 à 95 cm de profondeur qui couvrent la totalité de la cavea de très nombreux théâtres.

39Il n’est pas facile de dire si les rangs de gradins du théâtre d’Alesia n’occupaient qu’une partie de la cavea ou l’ensemble de celle-ci. Pour avoir une idée, la figure 6 donne une coupe avec vingt-sept rangs de gradins pouvant contenir environ 4500 spectateurs. La réponse à cette question n’est pas aisée puisque les blocs taillés des gradins devaient être choisis en premier par les récupérateurs de matériaux.

  • La pelouse simple sur une pente aménagée en gradins ou non, n’est pas facile à proposer en pensant aux travaux d’entretien qu’elle sous-tend.
  • Les gradins en bois peuvent être fixes mais nécessitent une fabrication soignée pour durer. Ils peuvent aussi être amovibles c’est-à-dire installés pendant une partie de l’année, puis rangés à l’abri.

II.3.1. L’exemple du théâtre des Roches

40À ce propos, le petit « théâtre des Roches » (fig. 13), construit dans le village d’Alise-Sainte-Reine après la dernière guerre en utilisant comme mur de scène le parement d’une carrière de pierre, présente une cavea en pente douce sur laquelle sont posés des bancs de bois avec des pieds métalliques plus hauts côté aval, comme les pattes du dahu. Cette formule est souple et fonctionne bien : il suffit de quelques jours de travail pour sortir les bancs de leur entrepôt et obtenir un théâtre tout neuf. L’autre intérêt de cette formule est de permettre, sur cette surface légèrement inclinée, d’autres manifestations type marché ou « vide-grenier » que gênerait la présence constante des bancs.

Fig. 13. Alise-Sainte-Reine, le théâtre des Roches.

Fig. 13. Alise-Sainte-Reine, le théâtre des Roches.

A : Vue du théâtre peu de temps après sa construction ; B : vue récente après réfection de quelques bancs ; C : atmosphère champêtre et très agréable du théâtre sans les bancs et avec les arbres qui ont poussé.

41Ce petit théâtre des Roches ressemble beaucoup à un théâtre antique gallo-romain, avec une scène assez élevée qui occupe presque toute la surface de l’orchestra, elle-même séparée de la cavea par un muret ressemblant à une simple marche. Le mur de scène est impressionnant de puissance. Il ne faut pas oublier l’ambiance assez exceptionnelle résultant de la présence de grands arbres conservés parmi les rangées de bancs.

II.3.2. Parallèles concernant les gradins

42En dehors de certains théâtres construits sur de fortes pentes, qui ont nécessité de puissantes infrastructures maçonnées, murs de soutènement et souvent des voûtes pour les circulations ou supporter les gradins – pensons ici au roi des théâtre gallo-romains, le majestueux théâtre de Mandeure (ANDRÉ et alii, 2007) ou encore à celui des Bouchauds à Saint-Cybardiaux (FINKER, TASSAUX, 1992) – les théâtres gallo-romains sont souvent des monuments plus petits, construits à peu de frais. Les pentes des zones soutenant les gradins ne sont pas très fortes la plupart du temps. De plus les matériaux ont souvent été récupérés, en commençant par les blocs d’appareil, s’il y en avait. Il ne faut pas s’étonner d’avoir si peu de renseignements sur ces gradins. Deux monuments doivent ici être distingués, le théâtre de Lenzburg en Suisse et celui d’Argentomagus à Saint Marcel.

  • Lenzburg (NIFFELER, 1988) (fig. 11 et 12) : la pente de la cavea, qui a un diamètre de 74,6 m, est faible, autour de 10/11°. Les gradins, dont certains ont été retrouvés en place, sont des blocs larges de 35/36 cm pour une hauteur de 42 cm, les longueurs, variables, pouvant atteindre 1,30 m. Ces blocs étaient posés sur des fondations linéaires concentriques, pratiquement parallèles, des petits murets qui permettaient de s’affranchir des irrégularités du sol. À la différence d’Alésia, le sol était resté naturel et n’avait pas été unifié par un énorme massif de pierres. Les allées rayonnantes, larges de 1,75/1,80 m, étaient contenues entre des murs de peu de hauteur mais qui isolaient les cunei dont le sol a été restitué à une hauteur un peu supérieure, ce qui rendait difficile l’accès aux gradins à partir des allées et même de la précinction ou du sommet de la cavea. Il y avait sans aucun doute des accès faciles aux gradins que l’état des ruines n’a pas permis de déceler.
  • Argentomagus (DUMASY, 2000) : la phase 2 du premier théâtre présente un système analogue (fig. 10). Les blocs d’appareil sont un peu différents : des largeurs analogues, 32,5/35,5 cm mais de hauteurs plus réduites, 16/19 cm ; les longueurs sont variables, de 34 cm à 1,39 m. Là aussi ont été exhumées des files de fondations sous forme de murets concentriques qui ont été préservés par le recouvrement des structures lors de l’abandon de ce monument en vue de sa reconstruction plus monumentale sur de nouvelles fondations.
  • Lutèce : on peut faire entrer dans cette série les arènes de Lutèce, où ont été mises au jour des séries de blocs de gradins, dont plusieurs inscrits (fig. 14). La pente de la cavea serait, d’après les fouilleurs, de 18°. Si l’on met en relation cette pente avec la hauteur des gradins inscrits, on pourrait avoir une coupe proche de celle de la fig. 6.
  • Le petit théâtre d’Épiais-Rhus lui, a conservé une série de gradins originaux munis de dossiers pour lesquels il n’y pas de parallèles connus (fig. 14). Malheureusement, l’auteur n’a pas donné de coupe qui pourrait ressembler à ce schéma proposé pour attirer l’attention sur ce détail rare. Je le propose ici parce qu’il entre dans la série des gradins qui ne sont pas solidarisés entre eux par un soubassement construit (pour ces deux derniers sites, OLIVIER, 2013). dfds

Fig. 14. Gradins des arènes de Lutèce et du théâtre d’Épiais-Rhus (Val-d’Oise) (A.O., 2022).

Fig. 14. Gradins des arènes de Lutèce et du théâtre d’Épiais-Rhus (Val-d’Oise) (A.O., 2022).

II.3.3. Restitutions des gradins dans la publication de 2021

43Les auteurs évoquent la succession des trois états de ce monument : l’état 1 serait le premier théâtre en maçonnerie ; l’état 2, sa consolidation par des contreforts et l’état 3, sa reconstruction complète. L’étude des gradins a été abordée pour les états 1 et 3 (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 226, 248 et 343).

44Concernant les gradins de l’état 1, la proposition est vraiment originale. Les blocs de section carrée de 33 à 35 cm de côté décrits plus haut appartiennent bien aux gradins mais ont été considérés comme de simples « repose-pieds ». Pour les sièges, l’architecte chargé des restitutions a fait appel à un bloc de remploi n° 22, qui possède un bourrelet saillant destiné à soutenir partiellement les repose-pieds (fig. 16). Il s’agit en fait d’un bloc d’appareil avec agrafe sur le lit d’attente et une mortaise pour pince à crochet au lit de pose (FINKER, 1986). Ces détails indiquent que ce bloc issu d’un mur de grand appareil ne peut absolument pas entrer dans la composition des gradins et ce, d’autant plus, cerise sur le gâteau, qu’il est utilisé à l’envers ! (fig. 15).

Fig. 15. Restitution des gradins.

Fig. 15. Restitution des gradins.

A : Notre proposition : gradins de 33 x 33 cm scellés sur un moellon de 10/12 cm donnant des sièges d’environ 45 cm de hauteur et distants de 90 cm. Ces deux cotes peuvent être modifiées selon les pentes choisies ou l’écart entre les gradins proposé. C’est une formule souple ; B : proposition pour l’état 1 du théâtre selon Eschbach et Freudiger ; C : proposition pour l’état 3 de leur théâtre (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 55).

Fig. 16. Bloc 22 (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 323) utilisé à l’envers pour la restitution des gradins de l’état 1 du théâtre.

Fig. 16. Bloc 22 (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 323) utilisé à l’envers pour la restitution des gradins de l’état 1 du théâtre.

J’ai rajouté les cotes et trois lettres. A : Petite zone verticale et lisse ; B : ligne de contact entre le bourrelet et la face du bloc ; C : endroit ou le bourrelet est le plus large (ibid., p. 323).

45Pour l’état 3, le choix de l’architecte, en proposant des gradins monoblocs hauts de 40 cm, dont aucun n’a été retrouvé, a mis en avant le bloc de remploi n° 30, qui serait un demi-gradin placé au sommet d’un maenianum. « L’existence de deux blocs (bloc n° 30, le second n’a pas été retrouvé) de section proche du carré incite à restituer un type de gradin monobloc à l’état 3 » (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 241-242). Il se trouve que ce bloc est haut de 49 cm et large de 43 cm. Mais en le couchant sur le côté il se rapproche des 40 cm de la coupe restituée (ibid., p. 242). Les auteurs affirment cependant que « la prise en compte de ces éléments implique une refonte en profondeur de la cavea, confortant les observations de terrain ayant mis en évidence la reconstruction de l’ensemble du monument à l’état 3 » (ibid., p. 241).

III. Chronologie et analyses présentées dans la publication

46Il faut maintenant analyser le fondement de l’hypothèse qui est la clé de toute la démarche des auteurs de cette publication toute récente. Cette hypothèse, qui a vu le jour en 2001 au moment des sondages préliminaires par St. Sindonino, a été formulée ainsi : « Concernant le monument proprement dit, deux états de construction sont définis. Le théâtre est reconstruit avec des contreforts après un court laps de temps » (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 63).

47Il semble difficile de maintenir cette hypothèse parce que, au bout d’un court laps de temps, le théâtre n’est pas reconstruit, seuls ses murs sont renforcés par une série de contreforts.

48En revanche, les auteurs ont précisé et défini les différents états de ce monument :

État 0 : « Les aménagements antérieurs sont désaffectés par le creusement d’une tranchée curviligne... » considéré comme « le tracé abandonné d’un premier projet de théâtre » ;

État 1 : état initial qui correspond à la construction de l’édifice que nous connaissons ;

État 2 : « Dans la première moitié de IIe s., des faiblesses dans la structure ont manifestement nécessité l’adjonction de contreforts... » ;

État 3 : « Ce dernier état se traduit par la reconstruction en profondeur du monument, sans doute à la suite de nouveaux troubles (transition iie-iiie s.). Le théâtre est arasé jusqu’à ses fondations à la fin du iie s. et reconstruit selon un plan identique... » (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 67).

49Cette évolution du monument est vraiment nouvelle. Les arguments évoqués par les auteurs pour arriver à de telles conclusions sont les suivants : l’analyse des mortiers et l’effondrement d’une partie du mur de la cavea dans sa partie méridionale.

III.1. L’analyse des mortiers

50Cet argument mis en avant pour justifier la reconstruction se trouve dans les recherches macroscopiques des mortiers en créant six catégories, quatre pour les mortiers et deux pour les joints, groupés sur un tableau (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 140-143). L’analyse donnée est très claire et citée ici : « Les maçonneries du groupe A forment un ensemble cohérent, tant du point de vue des modes de construction que de la chronologie relative. Il est donc possible de les considérer comme l’état initial du théâtre.

51Le groupe B concerne les mêmes murs que le groupe A, mais les maçonneries concernées sont systématiquement situées au-dessus de celles du groupe A. Ce groupe B correspond donc à un état de construction distinct et postérieur au groupe A. ». C’est sur cet argument que repose cette extraordinaire hypothèse de l’arasement quasi total du monument et de sa reconstruction à l’identique sur les mêmes fondations non restaurées !

52Un autre point est surprenant : c’est l’absence de localisation des prélèvements soumis à l’analyse et la maigreur des résultats hormis les tableaux synthétiques : « Les nombreuses contraintes liées à la préservation du monument et l’accès difficiles aux parties antiques des murs n’ont pas permis de réaliser un échantillonnage systématique des maçonneries romaines. Il a donc été décidé de ne pas entreprendre d’analyses macroscopiques complémentaires » (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 139). Cette phrase jette un voile pudique sur le nombre et la localisation des prélèvements.

III.2. L’éboulement du mur de la cavea

53Cette destruction du mur de la cavea repose sur un détail observé lors d’un sondage (fig. 17) (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 81 et 157). On y aperçoit ces quatre alignements de trois ou quatre moellons qui ont été considérés comme issus de la chute du mur 19. Ils sont situés entre deux murs parallèles à celui de la cavea, le mur 250 épais de 40 cm et le mur 21 épais lui aussi de 40 cm, mais posé sur un soubassement de 70 cm de largeur. Il est curieux que les auteurs n’aient pas analysé plus à fond les murs entre lesquels le puissant mur de la cavea se serait échoué. En particulier le mur 21, qui ne semble pas avoir été construit d’un seul jet : en effet les quatre ou cinq assises supérieures (épaisseur 40 cm) surmontent un autre mur large de 70 cm : c’est peut-être lui qui est tombé et qui a laissé quelques moellons plantés dans le sol ?

Fig. 17. Mur de la cavea 19 entre les contreforts 24 et 25 qui se serait éboulé.

Fig. 17. Mur de la cavea 19 entre les contreforts 24 et 25 qui se serait éboulé.

La photo (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 157) montre quatre assises réduites à trois moellons fichés dans le sol, à l’envers, près du mur 250, soit à environ de 4 m du mur de la cavea. Le plan (ibid., p. 157, fig. 141) montre bien les deux murs (250) et (21) que l’on voit sur la coupe (ibid., p. 80, fig. 45). La zone où se trouvent les moellons effondrés a été colorée en rose.

54À quelques mètres à l’ouest, le sondage voisin signale la présence d’un groupe de briques sur le sol, briques qui appartenaient probablement (?) à un mur tardif ayant des assise de briques. Les auteurs auraient pu émettre l’hypothèse de la chute de l’un de ces deux murs, la combattre et prouver qu’il s’agit bien du puissant mur de la cavea, de 90 cm d’épaisseur et haut à cet endroit d’une dizaine de mètres, fondé sur le roc.

55Comment imaginer la chute de ce mur si épais renforcé par deux contreforts distants de 4 m ? Bien sûr, ceux-ci sont considérés comme construits ou reconstruits à la fin du IIe siècle comme tous les contreforts ! Seule l’hypothèse de la chute d’une partie du parement qui se serait décollé du mur pourrait être évoquée, mais alors, les moellons seraient tombés au pied du mur de la cavea et non à 4 m de celle-ci.

56En conclusion de ces paragraphes, la faiblesse des arguments proposés pour justifier l’hypothèse d’un arasement du monument et de sa reconstruction sur les mêmes fondations, saute aux yeux. Il faut vraiment considérer que les murs que nous voyons sont les murs d’origine qui ont dû être parfois restaurés localement au cours de leur existence de deux ou trois siècles.

IV. Les éléments apportés par les sondages de 1976 à 1984

57Après avoir tenté de montrer la fragilité des arguments qui ont amené les auteurs de la publication au concept de démolition volontaire du monument pour le remplacer par un autre théâtre reconstruit sur les mêmes fondations, il faut apporter quelques observations qui ont été faites sur la construction des murs et des fondations, principalement au N.-O. du monument.

IV.1. Les murs de la façade occidentale

58Les murs rectilignes 30 et 66 sont en fait le même mur interrompu par l’orchestra, alors que le mur 29 est continu sur toute la façade. Les mur 30 et 66 adossés à l’empierrement de la cavea sont plus puissants et conservés sur une plus grande hauteur que le mur 29, distant de 2 m. Ce dernier a été arasé au niveau de terres environnantes. Un détail est surprenant : ces murs possèdent des redans larges de 1,40 m et saillants de 10/12 cm qui se font face. la première conclusion a été de penser que ces deux murs ont été construits en même temps.

59Au-dessus des redans du mur 30 se trouvaient des blocs de grand appareil que l’on ne voit pas sur le mur 29 arasé plus bas. Il en sera question plus loin.

60Les sondages ont commencé dans cette zone encadrée par les murs 30 et 29 et se sont prolongés vers l’ouest lorsque a été mis au jour un mur perpendiculaire qui se révélera être un puissant contrefort. Une coupe d’ensemble des murs 30 et 29 et du contrefort 33 facilite la compréhension de cet ensemble complété par l’élévation de la face septentrionale du contrefort (fig. 18 et 19).

Fig. 18. Coupe transversale sur les deux murs de la façade et élévation du parement septentrional du contrefort 33.

Fig. 18. Coupe transversale sur les deux murs de la façade et élévation du parement septentrional du contrefort 33.

A : Mur 30 ; B : redan ; C : tranchée atteignant le sommet des hérissons ; D : sommet du terrain archéologique bourré de fragments de moules de bronziers ; E : tranchée de fondation du mur 29 ; F ; bloc de soutien du redan qui s’est affaissé dans le fond de la tranchée ; G : redan ; H : mur 29 ; I : les deux retraits au bas du mur ; J : début de la fondation du contrefort ; L : joint horizontal sous des assise utilisant des moellons plus gros ; M : les hachures indiquent les parties où le parement a disparu ; N : cinq gros blocs de fondation ; O : le terrain caillouteus naturel est en légère pente vers l’Ouest ; P : zone des joints tirés au fer et peints en rouge ; Q : la pente a amené à surélever un peu le cinquième bloc (A.O., 1978).

Fig. 19. Mur 30 : fondation du mur sous le premier redan septentrional.

Fig. 19. Mur 30 : fondation du mur sous le premier redan septentrional.

Le point rouge indique le même moellon dans les deux photographies (A.O., 1978).

IV.1.1. Le mur de façade 30 (et son prolongement n° 66)

61Le mur rectiligne qui retient la pierraille emplissant la cavea n’a été vu que sur sa face occidentale (fig. 19). Ce mur est fondé sur quatre rangs (ou assises) de pierres sèche disposées en hérisson reposant sur le sol naturel argileux recouvert d’un lit de cailloutis. Ce hérisson épais de plus d’un mètre et haut de 92 cm supporte une fondation en maçonnerie d’une dizaine d’assises irrégulières, haute de 1,15 m, composée de pierres de calibres très différents, souvent à peine dégrossis. L’épaisseur est de plus d’un mètre environ parce cette fondation était prévue pour supporter en même temps le redan de 10 à 12 cm de saillie. Au-dessus se trouve le mur bien appareillé, mais restauré, avec des assises régulières faites de moellons bien taillés. Le parement de ce mur est orné de redans larges de 1,40 m et saillants de 10 à 12 cm utilisant les mêmes fondations.

62La coupe réalisée entre les murs 30 et 29 (fig. 18) montre que le sol archéologique, qui contenait de très nombreux fragments de moules de bronzier, atteint presque le niveau d’arasement de cette zone. Les tranchées pour atteindre le sommet des fondations en hérissons sont très visibles.

IV.1.2. Le mur de soutènement n° 29

63Ce mur parallèle au mur 30 ne comporte qu’un rang de hérisson posé sur une autre couche caillouteuse plus haute de 20 cm que celle du bel hérisson du mur 30. Le sondage a fait apparaître que les redans du mur 29, qui font face à ceux du mur 30, sont fondés très différemment. On peut vraiment déduire qu’ils ont été construits dans une période postérieure. En effet le mode de construction est apparu clairement : une deuxième tranchée moins profonde a été creusée, au fond de laquelle de gros moellons ont été placés horizontalement pour soutenir provisoirement ce nouvel aménagement. Avec le temps ces moellons se sont un peu affaissés dans le remplissage de la première tranchée (fig. 20, C). Sur cette vue, le redan a l’air d’être suspendu au-dessus du vide. Avant la présence des redans, le parement de ce mur était parfaitement vertical.

Fig. 20. Deuxième et premier redans du mur 29 en partant du nord.

Fig. 20. Deuxième et premier redans du mur 29 en partant du nord.

A : Terrain archéologique en place ; B : tranchée de fondation pour installer les blocs C servant d’appui aux redans pendant leur construction ; D : parement oriental primitif du mur 29 ; E : contrefort 33 ; F : assise unique de hérisson de fondation du mur 29. Sur cette vue les blocs C de la photo voisine ne sont plus là, à moins qu’il s’agisse des deux blocs inférieurs fichés dans le parement. Le redan semble collé au mur sans fondation particulière. Ces vues donnent un bon exemple de parements destinés à rester cachés en fondation. (A.O., 1977).

64Le parement extérieur tourné vers l’ouest est très différent : fondé sur le même hérisson, bien sûr, ce parement vertical surmonte deux semelles saillantes de deux assises chacune. Cette configuration fait penser à un mur de soutènement. Entre les deux murs, le sol archéologique – une terre grise contenant des fragments de moules de bronziers – oblige à placer le niveau de circulation au-dessus. Il faut donc le considérer comme le chemin permettant d’accéder à la scène et à l’orchestra à partir de la rue 3.

65Le sol de cette aire aux abords du théâtre est nettement plus bas que les sols environnants (rue 3 et couloir d’accès à l’orchestra). On n’y retrouve pas les couches archéologiques, alors que cette partie n’a jamais été fouillée. Le mur 29 doit donc n’être considéré que comme le mur de soutènement destiné à maintenir le niveau du passage le long du mur de la cavea. Il est difficile d’admettre que ce mur relativement mince, 65 cm comparé aux 90 cm du mur de façade, ait atteint la hauteur d’une dizaine de mètres pour soutenir quelques rangées de gradins de 2 m de longueur, comme cela est proposé dans les restitutions de la publication.

66La fig. 18 donne aussi l’élévation du contrefort 33 dont il sera question un peu plus loin.

IV.2. Les fondations sur hérisson

67Les murs nos 29 et 30 ont des fondations différentes. Il paraît utile de décrire le principe de ces fondations qui ont été presque exclusivement utilisées dans ce théâtre ainsi que dans la plupart des constructions d’Alésia.

68Il est possible de répartir ces fondations en trois groupes : celui comportant plusieurs assises de hérisson superposées, celui d’une seule assise et enfin celui utilisé pour les voies, les venelles et les trottoirs.

IV.2.1. Fondation sur plusieurs rangs de hérisson

69Lorsqu’il a été décidé d’utiliser ce genre de fondation, les ouvriers creusent sous le futur mur une tranchée (fig. 25 A) bien plus large que le mur projeté pour pouvoir travailler. Au fond de cette tranchée ils creusent une nouvelle tranchée (fig 25 Aa) de la largeur du mur à construire. Le sommet de la première tranchée (a) correspondra au niveau où commencera la fondation construite en maçonnerie.

70Le rang inférieur de ce hérisson est construit avec des pierres relativement plates, non taillées, de dimension voisines de 30/35 cm posées transversalement jusqu’à occuper la totalité de la largeur de la tranchée. Elles sont légèrement inclinées, ce qui facilite leur pose. Le sens de cette inclinaison peut changer d’une assise à l’autre. Cette inclinaison ne donne que le sens d’avancement du travail des ouvriers mais n’a pas d’incidence sur la solidité. La fig. 19 montre que les ouvriers progressaient de droite à gauche pour les trois premiers rangs et de gauche à droite pour le quatrième rang. Des pierres supplémentaires plus petites sont enfoncées à force pour densifier au maximum ces rangs à l’intérieur du hérisson, ou sur ses parois pour le serrer le plus possible à l’intérieur de la tranchée (fig. 19 et 25, A).

71Quelle est la faiblesse de ce système ? La tranchée se comporte comme un drain, ressemblant en cela aux drains remplis de galets que l’on met autour d’une maison construite sur une prairie en pente. La tranchée peut atteindre ou non le roc naturel. Si le roc est atteint il n’y a plus de tassement possible. En revanche si le terrain au fond de la tranchée est varié et surtout s’il est argileux, l’eau de pluie finit par humidifier le sol et toute la fondation peut s’enfoncer dans ce sol humide sous le poids du mur. Il y a souvent une fondation en maçonnerie entre les hérissons et les structures soignées destinées à être vues.

IV.2.2. Fondation sur un seul rang de hérisson

72Le processus est le même mais plus léger parce que dans ce cas les pierres utilisées sont plus petites. Le rang de hérisson est homogène sur toute sa surface avec, ici ou là, quelques pierres plus grosses. Sur ses bords, souvent, des moellons plus volumineux maintiennent la cohésion de l’ensemble où les pierres sont posées avec soin, bien serrées dans la recherche de solidité. Une tranchée peu profonde peut faciliter la pose de cet unique rang de hérisson. À titre de démonstration, une toute petite partie du mur 29 qui n’avait plus qu’une assise au-dessus de la fondation a été démonté (fig. 21). De haut en bas on voit le mur en place ; au-dessous, l’assise subsistante ou assise de réglage a été déposée et présentée à côté pour voir qu’elle reposait sur une couche de mortier couchée sur le hérisson ; une fois cette couche enlevée, le hérisson composé de petites pierres apparaît. Le hérisson étant déposé, on peut voir tous les trous dans le terrain naturel. Ce mur n’était pas très haut mais son poids était suffisant pour enfoncer légèrement le sol naturel.

Fig. 21. Quatre photos montrant les diverses strates de la fondation du mur B dans le carré N 34, à 8 m au nord de l’orchestra où le mur était réduit à son assise de réglage au-dessus du hérisson de fondation (A.O., 1983).

Fig. 21. Quatre photos montrant les diverses strates de la fondation du mur B dans le carré N 34, à 8 m au nord de l’orchestra où le mur était réduit à son assise de réglage au-dessus du hérisson de fondation (A.O., 1983).

IV.2.3. Fondation des voies

73Le problème est légèrement différent en ce sens qu’une voie ne supporte pas de bâtiment. Étant construite en surface, et même souvent sur une voie déjà existante, il n’y a pas de tranchée mais seulement de gros moellons ou des grosses pierres enfoncées dans le sol le long de la voie pour assurer le maintien de l’ensemble (fig. 22). Les fouilles nous montrent que ces voies sont résistantes et souvent très bien conservées.

Fig. 22. La ruelle longeant le pourtour du théâtre à l’est est un bon exemple de hérisson bordé par des dalles fichées dans le sol.

Fig. 22. La ruelle longeant le pourtour du théâtre à l’est est un bon exemple de hérisson bordé par des dalles fichées dans le sol.

A : Hérisson de la ruelle 120 ; B : dalles verticales de bordure ; C : contrefort 55 ; D : mur 67 ; E : mur 102 (A.O., 1981).

74Il semble y avoir une relation entre la hauteur des murs, la puissance des fondations sur hérissons et la nature du terrain. Pour le théâtre d’Alésia, les hérissons du mur de façade 30 sont à quatre rangs dans sa partie septentrionale ainsi qu’ au début du mur 19 de la cavea de plan semi-circulaire. Il se trouve que le niveau inférieur est le même, à 30 à 40 cm au-dessus du roc compact. En se rapprochant de la scène, la plaque rocheuse s’élève doucement. À 8 mètres au nord de l’orchestra, ce hérisson n’a plus que deux rangs ou deux assises, le roc se trouvant encore à 30 cm plus bas. Ce n’est pas la recherche du roc pour asseoir le hérisson qui est pris en compte mais la hauteur du mur à soutenir : il faut en conclure que ce puissant mur de façade devait avoir une pente analogue à celle des gradins.

75Cette remarque s’applique au mur parallèle 29 qui, n’ayant qu’un seul rang de hérisson, devait avoir une hauteur réduite.

IV.3. Construction du mur entourant l’aire devant le théâtre

76La façade occidentale du théâtre est longée par une grande aire de 80 x 24 m. Elle est appelée dans la publication porticus post-scaenam. Le sol de cette aire est nettement plus bas que les sols environnants (rue 3 et couloir d’accès à l’orchestra) (fig. 23).

77Cet espace, qui existe dans de nombreux théâtres antiques, est souvent encombré de portiques entourant des temples, des salles ou des bassins : le théâtre de Bulla Regia en Tunisie en est un excellent exemple (KSOURI, 2012). Il se trouve qu’à Alésia, les limites de cette enceinte ont été déduites d’une série de sondages ponctuels, mais sa surface n’a pas été fouillée. Cependant deux arguments poussent à croire que ce mur a été construit en même temps que le théâtre.

  • Au sud comme au nord, ces murs présentent les mêmes caractéristiques : ils ont un parement très soigné, côté cour, quoique légèrement différents ; ils n’ont pas de parement extérieur, ce qui signifie qu’ils ne sont que des murs de soutènement destinés à protéger le sol intérieur nettement plus bas que le terrain environnant. C’est exactement ce qui a été décrit plus haut pour le mur rectiligne 29. Ainsi ce mur et ceux de l’enceinte de l’espace derrière la scène ont été construits en même temps.
  • L’autre argument est la constatation de la parfaite liaison entre ce mur d’enceinte et le massif de grandes dalles (fig. 23), de la façade méridionale, alors que dans la partie septentrionale, cette liaison est moins nette puisque les dalles ont disparu. Il est peut-être possible que les mortiers utilisés soient différents de ceux du mur de la cavea. Est-ce une raison assez forte pour bousculer une chronologie fondée sur l’observation des éléments d’architecture ? Michel Frizot, qui a beaucoup travaillé sur les mortiers, disait que seuls deux mortiers identiques permettent d’affirmer l’unité de deux parties différentes d’un même monument, mais que l’utilisation de mortiers différents ne signifiait pas que le monument en question soit de deux époques différentes (FRIZOT, 1975).

Fig. 23. Mur d’enceinte de l’aire libre derrière la scène.

Fig. 23. Mur d’enceinte de l’aire libre derrière la scène.

En haut, vue vers le sud de la zone méridionale du théâtre reprise d’après la fig. 155 de ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 166, montrant la liaison intime du mur de maçonnerie et du massif de grands blocs qui est l’extrémité du mur de plan semi-circulaire de la cavea. A : Extrémité méridionale du mur 29 ; B : massif de grandes dalles ; C : magnifique liaison des grands blocs et du mur 42 en maçonnerie ; D : parement extérieur du mur 42 ; E : contrefort 41. En bas, deux photos du même secteur au nord, vue vers le N-O ; F : fosse d’épierrement des agriculteurs ; G : grande dalle de fondation du mur 31 ; H : ressaut ; I : assise à parement en biais ; J : ressaut ; K : extrémité orientale du mur 31, qui était plaqué contre le massif spolié de ses grandes dalles ; L : assise inférieure du massif spolié ; M : extrémité septentrionale du mur 29 (A.O., 1979).

V. Le théâtre projeté et non construit : la tranchée St 126

78Avant d’aborder le chapitre des contreforts, il faut consacrer un paragraphe à la fameuse tranchée St 126 mise au jour par les sondages de 2004 et suivants (fig. 24 et 25).

Fig. 24. Plan du théâtre d’Alésia.

Fig. 24. Plan du théâtre d’Alésia.

Sur le plan Fornerot de 1936 (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 51, fig. 18), j’ai reporté le plan de la tranchée 126 tel qu’il est dessiné sur plan diachronique (ibid., p. 51, fig. 28). J’ai rajouté cinq cotes de distance entre l’extérieur du hérisson de l’orchestra et l’extérieur de la tranchée 126 dont le centre est indiqué par la lettre C (ibid., p. 51, fig. 28).

Fig. 25. Coupes sur la tranchée 126. Ces quatre vues sont à la même échelle, 1/50.

Fig. 25. Coupes sur la tranchée 126. Ces quatre vues sont à la même échelle, 1/50.

La mise en valeur des tranchées est accentuée par la couleur représentant le terrain dans lequel elles sont creusées. A : Fondation du mur de façade 30 et du terrain entre ce mur et le mur parallèle 29 : a. quatre assises de hérisson ; b. neuf assises irrégulières de la fondation maçonnée ; c. mur proprement dit ; B : photo d’une coupe (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 138) et extrait du relevé de cette coupe au même endroit (ibid., p. 112, fig. 92) ; C : coupe extraite de la grande coupe avec photo de l’empierrement (ibid., p. 140).

79Ce paragraphe a été placé ici, parce que les traces du monument sont réduites à cette seule tranchée mais celle-ci a un lien direct avec les structures (mur et contreforts) de la zone septentrionale du monument dont il sera question dans les paragraphes suivants.

80Les auteurs de la publication ont clairement exprimé leur conviction : « ...elle constitue la seule trace reconnue attribuable à une construction qui ne s’est apparemment jamais concrétisée. Étant donnée l’impossibilité de lier cet événement et l’histoire du théâtre lui-même avec certitude, il a été décidé de ne pas l’intégrer au phasage chronologique du monument étudié » (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 135).

81Cette tranchée est large de 2 m environ et profonde d’1 m au minimum. Elle était en partie remplie de pierres non taillées ressemblant à la pierraille qui a occupé la totalité de la surface de la cavea (fig. 25). La largeur de cette tranchée est vraiment importante. La comparaison avec celles des fondations du mur 30 de la façade a quelque chose de surprenant (fig. 25). Sur cette figure, les trois figurations de cette coupe (photo et dessins) ont été juxtaposées à la coupe de la fondation du puissant mur 30 de la façade du théâtre qui brusquement paraît bien modeste !

82Cette tranchée a été mise au jour sur un peu plus de la moitié de sa longueur. En prolongeant son tracé vers le nord selon la même courbure, le monument dont elle serait la fondation viendrait frôler le parement interne du mur semi-circulaire 19 de la cavea actuelle.

83Ce constat a apporté un éclairage nouveau sur une anomalie qui avait été observée dans les sondages de 1976-1986. Effectivement, le fond d’une tranchée qui traversait la fondation du mur de façade 30 a été mis au jour exactement dans le prolongement de la tranchée St 126 : le hérisson de fondation était, à cet endroit, irrégulier comme s’il avait rencontré un obstacle (fig. 26).

Fig. 26. Extrémité septentrionale du mur de façade 30, parement occidental : vue vers le N-E.

Fig. 26. Extrémité septentrionale du mur de façade 30, parement occidental : vue vers le N-E.

A : Sommet du mur de soutènement 29 ; B : hérisson de fondation de l’élargissement du prolongement vers l’ouest du mur de la cavea ; C : mur de façade 30 ; D : fond de la tranchée du monument précédant le théâtre en maçonnerie ; E : sommet du redan du mur de soutènement 29 ; F : hérisson disloqué ; G : partie restaurée du mur de façade 30 ; H : les quatre rangs de hérisson sous le mur 30 (A.O., 1980).

84Les auteurs de la publication ont été un peu décontenancés devant cette tranchée dont le plan fait irrésistiblement penser à un théâtre légèrement plus petit que le théâtre actuel. À son propos, les auteurs écrivent (p. 135 puis p. 159) : « Elle est aujourd’hui interprétée comme les restes du creusement de la tranchée de fondation d’un premier projet n’ayant jamais été mené à son terme ».

85Pourquoi ces réticences ? En effet, sur le plan soigné de Fornerot de 1936 (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 51), les hérissons conservés dans l’orchestra semblent avoir une relation étroite avec cette puissante tranchée (fig. 24). Cinq cotes prises entre l’extérieur des hérissons et l’extérieur de la tranchée, proches les unes des autres, autorisent à dire que les hérissons conservés dans l’orchestra seraient les fondations du muret la séparant de la cavea. Bien sûr il ne faut pas trop sur-interpréter les données mais il faut reconnaître que c’est troublant.

86Ainsi, ce n’est pas audacieux de considérer ce théâtre comme le premier théâtre d’Alésia, assurant la transition entre les proto-espaces de réunion matérialisés par les murs en pierres sèches portant les numéros 5 et 83 du plan diachronique, et le théâtre en dur que nous connaissons. Sur la fig. 24, a été reproduit le plan de la tranchée St 126 tel qu’il est dessiné sur plan diachronique (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, fig. 28, p. 66), ainsi que les cinq cotes dont il vient d’être question, et le centre C de la tranchée. Il est possible d’apprécier le déplacement du centre du théâtre actuel d’environ 3,60 m au sud-est du centre C de ce premier théâtre.

87Pourquoi cette tranchée n’aurait-elle pas été celle d’un monument construit en pierres sèches à la façon des cadoles ou bories ? Ce qui donnerait une explication à la largeur étonnante de la tranchée. La pratique de ces murs ordinaires ou de soutènement construits sans mortier avec ou non des chaînages de bois intégrés devait être une pratique courante avant la conquête romaine, technique qui n’a pas été supplantée immédiatement par les murs de maçonnerie. Il ne faut pas oublier que les Celtes ont des traditions de constructions, des palissades et des fortifications où le bois tenait un rôle prépondérant. Pensons au murus gallicus.

88Des pieux tenus verticalement par un amas de pierres à leur base permettent toutes sortes de possibilités, dont des murs de cavea résistant à toute poussée latérale. Il est possible de doubler les bois, de les lier entre eux, de mettre des traverses et contreventements. Il y a tant de possibilités différentes qu’il n’est pas nécessaire d’insister. Il n’y a aucune raison de ne pas considérer ce théâtre, qui a déjà une grande ampleur, comme le premier vrai théâtre d’Alesia, mais construit en bois ou en pierres sèches. Il n’y a pas de rapport entre ce monument et celui qui a été construit plus grand par la suite. Ce dernier a été légèrement déplacé vers le S-E peut-être pour tenir compte des rues 1 et 3 qui l’encadrent ? Ces rues sont en effet plus proches du théâtre au nord qu’au sud.

89En conclusion, il est possible d’affirmer que le théâtre en dur que nous connaissons a succédé à un théâtre de dimensions respectables mais de structure plus primitive, qui a été arasé au profit d’un monument en maçonnerie plus grand sur des fondations nouvelles. La durée de vie et les aménagements intérieurs sont difficiles à évaluer.

VI. Les contreforts

90L’adjonction des contreforts a fortement modifié l’aspect extérieur du monument, alors qu’il n’y a pas eu, semble-t-il, de modification à l’intérieur. Deux batteries de trois longs contreforts ont été construites perpendiculairement à chaque extrémité du mur de la façade. Le pourtour du mur semi-circulaire de la cavea a été flanqué d’environ vingt-quatre contreforts puissants dont les longueurs sont plus importantes au nord et au sud, où ce mur était le plus haut. Ailleurs, vers l’est, ils sont plus courts et plus irrégulièrement disposés.

91Il est logique de commencer par décrire les contreforts du mur de la cavea en observant leur proximité du premier théâtre dont il vient d’être question.

VI.1. Zone septentrionale du mur semi-circulaire 19

92Les sondages ont porté, au nord, sur les trois premiers contreforts à partir de la façade rectiligne, portant les nos 45, 46 et 47. Le premier souci a été de ne pas restaurer les deux premiers contreforts longs de 3,40 m et larges de 0,85 m, en piteux état, pour pouvoir montrer qu’ils sont bien collés contre le mur de la cavea (fig. 27).

Fig. 27. Mur de la cavea entre les contreforts 46 à g. et 45 à dr.

Fig. 27. Mur de la cavea entre les contreforts 46 à g. et 45 à dr.

A : Contrefort 46 posé sur la rue 3 ; B : fondation en hérisson du contrefort ; C : fondation en hérisson du contrefort 45 ; D : contrefort 45 ; E : hérisson grossier placé entre le mur de la cavea et l’empierrement supportant les gradins ; F : parement du mur de la cavea contre lequel venait buter le contrefort ; G : assise de réglage du mur ; H : terrain archéologique ; J : parement du mur de la cavea contre lequel venait buter le contrefort (A.O., 1981).

93L’approfondissement du sondage a fait apparaître que les contreforts 45 et 46 étaient fondés sur une superposition de nombreux rangs de hérisson à partir du mur de la cavea sur une longueur d’environ 1,70 m, puis posés directement sur la rue 3. Les trois premiers contreforts sont ainsi organisés. Cette cote de 1,70 m est celle de l’espace qui sépare le mur de la cavea de la rue 3. Celle-ci n’a pas été entamée lors de la mise en place des deux premiers contreforts (fig. 28), mais ça n’a pas été le cas pour le contrefort 47 où les rangs de hérisson ont entamé la voie 3 B (fig. 29). À cet endroit la rue 3 était légèrement plus éloignée du théâtre, env. 1,96 m, ce qui n’est pas surprenant puisque ce mur est courbe.

Fig. 28. Coupe transversale à l’est du contrefort 45.

Fig. 28. Coupe transversale à l’est du contrefort 45.

A : Parties non vues mais restituées ; B : quatrième rang de hérisson vu ; C : terrain naturel faisant sentir le décalage par rapport aux hérissons ; D : trou de poteau qui a atteint le roc naturel ; E : partie du contrefort déposé pour examiner son contact avec le mur 19 de la cavea ; F : rue 3, sur laquelle a été construit le contrefort ; G : extrémité du contrefort, long de 3,34 m (A.O., 1980).

Fig. 29. Coupe devant le contrefort 47 dont les hérissons de fondation ont entamé les différentes strates de la rue 3.

Fig. 29. Coupe devant le contrefort 47 dont les hérissons de fondation ont entamé les différentes strates de la rue 3.

Ces croquis montrent l’importance de la rue 3, qui devait être l’artère principale de direction ouest-est. de la ville gallo-romaine (A.O., 1980).

94Le principal intérêt de ces deux coupes est d’attirer l’attention sur la similitude du mode de construction et surtout de montrer le porte-à-faux du mur de la cavea sur ses propres fondations : sur la fig. 28, la moitié du mur est à l’extérieur du bas de sa fondation ! C’est considérable pour un mur qui devait être à cet endroit haut d’une dizaine de mètres. C’est le moment de rappeler que, s’il y avait un endroit où le mur de la cavea était fragile, c’est bien ici et non dans la partie méridionale du théâtre (voir supra le paragraphe « mur éboulé »).

95S’il n’a pas été possible de voir comment étaient exactement profilées les fondations sous l’amas de pierre emplissant la cavea, nous avons pu avoir des informations précieuses dans l’angle intérieur des murs de la cavea 19 et celui de la façade rectiligne 30. Cet angle avait été en partie vidé par des prédécesseurs et, avec un minimum de nettoyage, il a été possible de faire des photos et prendre des cotes (fig. 30). À cette extrémité du mur de la cavea avant sa jonction avec le mur rectiligne 3, la fondation est très large et déborde sensiblement vers l’intérieur du monument.

Fig. 30. Coupe transversale du mur de la cavea juste avant sa liaison avec le mur 30 de la façade, en regard avec une photo vers le N-E prise au même endroit.

Fig. 30. Coupe transversale du mur de la cavea juste avant sa liaison avec le mur 30 de la façade, en regard avec une photo vers le N-E prise au même endroit.

A : Sommet du mur restauré ; B : partie non restaurée ; S : semelles ; R : assise de réglage ; H : hérissons (A.O., 1981).

96Il faut trouver une explication à ces détails.

97Peut-être faut-il comprendre que les maçons ont été surpris devant les désordres liés à l’abandon ou la destruction volontaire du théâtre légèrement plus petit dont l’extrémité septentrionale aurait été tangente au parement interne du futur mur de la cavea. Ce théâtre, dont la paroi extérieure en pierres sèches ou en bois enfoncée dans une large tranchée, devait représenter un volume de matériaux important. De ce fait, le chantier de construction ne devait pas être une surface lisse, façonnée par un bulldozer.

98Les maçons ont-ils voulu assurer la solidité des fondations en élargissant celles-ci vers l’intérieur de la cavea ? C’est possible. Du côté intérieur, en effet, il n’y avait plus terrain pour y creuser une tranchée de fondation. Ce serait pour cela que les quatre rangs de hérisson sont limités par des blocs moyens à l’intérieur (puis complètement recouverts par la pierraille de la cavea) et à l’extérieur (au nord) par le bord de la tranchée creusée pour ce hérisson. Chaque rang de hérisson serait une sorte d’association de structures à plusieurs rangs de hérissons comblant une tranchée, côté rue, et de hérisson d’un seul rang côté sud, détail plutôt rare qu’il faut souligner.

99Pendant l’aménagement de cette fondation, une petite erreur de trajectoire dans la position du futur mur a pu apparaître : la paroi externe de la tranchée aurait été trop tendue sur une quinzaine de mètres (fig. 31) ? Ce schéma tente de montrer le décalage dans les fondations ainsi que le recul vers le nord de la rue 3. C’est parfaitement possible : des quantités de petits obstacles, des gravats, du matériel..., peuvent être source d’erreur dans les mesures. Cet écart de trajectoire n’a pas dû paraître suffisamment important pour recommencer cette fondation déjà amorcée. Ce serait la raison qui aurait suggéré aux maçons de déporter vers l’extérieur les rangs de hérisson en construction. Nous ne pouvons que constater les résultats en admettant que la solidité de l’ensemble tenait à la masse même du mur et à la cohésion des maçonneries. Il est même possible que les maçons ne soient pas rendu compte de cette malfaçon qui, soulignons-le, n’a existé que sur une zone assez courte.

Fig. 31. Croquis schématique des variations des fondations et des chaussées de la rue 3 (A.O., 1981).

Fig. 31. Croquis schématique des variations des fondations et des chaussées de la rue 3 (A.O., 1981).

VI.2. Vue globale de la zone septentrionale du théâtre

100Avant de passer à la façade occidentale, une vue d’ensemble de cette zone permet de peut-être mieux appréhender les relations des murs les uns par rapport aux autres (fig. 32). Cette vue a été prise en regardant vers l’Est.

Fig. 32. Vue d’ensemble vers le S-E du secteur N-O du théâtre.

Fig. 32. Vue d’ensemble vers le S-E du secteur N-O du théâtre.

A : contrefort 49 ; B : contrefort 48 ; C : contrefort 47 ; D : contrefort 46 ; E : contrefort 45 ; F : mur de plan semi-circulaire de la cavea 19 ; G : angle intérieur des murs 19 et 30 ; H : liaison des murs 19 et 30 ; I : élargissement des fondations du massif de façade ; J : restes des grandes dalles de pierre du massif de façade ; K : les grandes dalles se prolongent vers le bas, sous la berme (vers l’ouest) ; L : semelles du mur 29 ; M : parement occidental du mur 29 ; N : contrefort 32 ; O : niveau du sol au début de nos sondages ; P : parement du mur 30 rejointoyé au début des fouille du XIXe siècle ; Q : redan ; R : pierraille de la cavea ; S : mur de la cavea près de l’axe du théâtre (A.O. 1981).

101Les trois contreforts A, B et C ont fait l’objet de restauration et de rejointoiement dans les années 70. Les parties proches du mur 19 des contreforts D et E ont été déposées pour bien observer leur liaison avec le mur. Le mur de la cavea F tend à être réduit en hauteur autour de l’angle avec le mur 30. L’angle intérieur G des murs 19 et 30 nous a permis de comprendre le système de fondation du mur de la cavea. La lettre H montre la liaison parfaite des murs. L’élargissement I du prolongement du mur de la cavea est très visible : les quatre rangs en hérisson sont le prolongement de fondations du mur de la cavea et du mur 30 de la façade. Toutes ces fondations sont homogènes et construites en même temps. Les petites difficultés rencontrées sous le mur 30 n’ont pas entravé l’unité de tout ce secteur. Le changement de fondation se situe sous les grandes dalles J où il n’y a qu’une seule assise de hérisson. La lettre K indique que les grandes dalles se prolongent vers l’ouest sur 2 m environ.

102La lettre L montre les semelles du mur 29. Le contrefort N est très semblable au contrefort décrit plus loin. Le sol O est celui trouvé au début des sondages. P est la partie restaurée et rejointoyée du mur de façade et Q un redan. La pierraille qui couvrait toute la cavea se voit bien en R. La partie orientale du mur de la cavea S apparaît derrière la montagne de pierres.

VI.3. Façade occidentale

103Que se passe-t-il passe le long de la façade rectiligne ? Les fouilles ont révélé la présence de six contreforts en deux groupes de trois, situés au nord et au sud de l’édifice. Ils n’étaient pas connus avant ces sondages et se sont révélés très intéressants.

VI.3.1. Le contrefort portant le numéro 33 (fig. 18, 33, 34)

Fig. 33. Contrefort 33.

Fig. 33. Contrefort 33.

A : Mur 29 qui a perdu son parement ; B : le contrefort est bien collé contre le mur 29 ; C : seul rang de hérisson de fondation du mur 29 ; D : zone des joints peints en rouge ; E : cinquième bloc légèrement surélevé ; F : les deux pierres enfoncées dans le sol pour supprimer le vide entre les deux rangées de grands blocs de fondation ; G : dernier bloc de la deuxième rangée de blocs de fondation (A.O., 1978).

Fig. 34. Contrefort 33, vue vers le S-O.

Fig. 34. Contrefort 33, vue vers le S-O.

A : Mur de soutènement 29 ; B : une partie du parement est tombé depuis le relevé de la fig. 18 ; C : sol naturel presqu’horizontal, en faible pente vers le S-O ; D : zone des joints peints en rouge (A.O., 1978).

104Long de 5,80 m et large de près d’1 m, le deuxième contrefort à partir du nord est fondé sur deux alignements de blocs. Il y a cinq gros blocs longs de 0,80 à 1,25 m et hauts de 32 à 35 cm sur le côté septentrional, posés directement sur le terrain naturel, la même couche de petits cailloux posés sur une couche argileuse de 30 à 40 cm d’épaisseur que celle du mur 30 de la façade. Cette couche est en très légère pente (16 cm pour les 5,80 m du contrefort) : de ce fait, le dernier bloc est légèrement surélevé par des pierres de calage, par rapport à ses voisins (fig. 18, q et 35, a). À l’extrémité, deux pierres plates ont été fichées dans le sol pour lier, en quelque sorte, les deux files de blocs parallèles de la fondation (fig. 35, c). Sur ces trois dessins sont donnés les trois sondages effectués pour rechercher le niveau supérieur de roc naturel : il apparaît nettement que dans toute cette zone assez étendue du théâtre, la strate rocheuse est régulière et en très légère pente vers le N-O. Le roc ne se trouve qu’à 30 à 50 cm sous la strate graveleuse, niveau inférieur des fondations. Il paraît curieux que les constructeurs de l’époque, qui ont dû avoir vu quelques fois la faible profondeur de ce « bon sol », n’en aient pas tiré profit pour y poser directement leurs fondations ou, tout au moins, ajouter un ou deux rangs de hérisson !

Fig. 35. Petits sondages de recherche du roc naturel.

Fig. 35. Petits sondages de recherche du roc naturel.

A : Coupe devant le cinquième bloc ; B : coupe devant le deuxième bloc ; C : plan de l’extrémité du contrefort (A.O., 1978).

105En ce qui concerne la face méridionale, nous n’avons vu que le premier bloc, mais nous avons pu voir un des blocs centraux de la rangée de blocs méridionale (fig. 35, b).

VI.3.2. Les fondations des contreforts 32 et 33

106Les contreforts 32 et 33 ont le même type de fondation, qui tranche avec les fondations sur hérissons très largement utilisé dans le théâtre et nombre de monuments alisiens. Ici, apparaît un type inusité : un alignement de très gros blocs posés directement sur une couche argileuse naturelle saupoudrée de cailloux à sa surface. Chaque fois, deux lignes de blocs longs de 90 à 120 cm et larges d’une soixantaine de centimètre et dont le vide qui les sépare est rempli de pierres, forment une assise d’une extrême solidité. Pourquoi ce changement ? L’hypothèse mise en avant serait le fait que les responsables, techniciens, architectes et maçons, en constatant la tendance des murs à s’incliner vers l’extérieur, auraient lié ce phénomène à l’enfoncement des hérissons dans ce sol argileux. Ils auraient choisi alors d’asseoir les contreforts de la façade occidentale sur des blocs assez larges pour éviter tout tassement. Cette solution paraît bien adaptée au problème posé par la hauteur des murs ceinturant la cavea dans la partie N-O du théâtre. C’est à cause de la ressemblance de ces fondations avec celle de la salle derrière la scène qu’il est légitime de lier dans le temps ces deux constructions. Cela reste une hypothèse

VI.4. Incidences des contreforts sur les façades

107Avant de dire un mot sur les appareils, il convient de regarder les conséquences de l’introduction des contreforts dans la restitution en volume du théâtre.

VI.4.1. Le pourtour de la cavea

108Quelle hauteur pouvait atteindre ces contreforts ? Il n’est pas facile de répondre. Vu leur épaisseur, ils pourraient atteindre le sommet du mur de la cavea. Mais comprenant que celui-ci est aussi très puissant et que les poussées centrifuges de la masse de pierres sont modérées à cause de l’agencement des pierres brutes et du hérisson complémentaire contre le parement intérieur de ce mur, les contreforts pourraient atteindre les 2/3 de la hauteur. C’est une estimation.

VI.4.2. La façade occidentale

109La question est plus délicate pour les contreforts de la façade occidentale. Le mur de façade 30-66 avait conservé chacun deux blocs placés de telle façon qu’il faille les restituer sur tous les redans (fig. 36). Les redans du mur de soutènement 29, parallèle à 30, n’ont été construits qu’après coup et à un niveau nettement plus bas que ceux du mur 30 (cf. fig. 18). Il est tentant de placer leur construction au moment où ont été installés les contreforts.

Fig. 36. Bloc n° 35 sur le mur 66 de la façade (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 330 ; relevé Gaston ; photo et dessin A.O., 2022).

Fig. 36. Bloc n° 35 sur le mur 66 de la façade (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 330 ; relevé Gaston ; photo et dessin A.O., 2022).

110Les quatre blocs conservés ont la même structure. La figure 36 présente le plus complet : sur une base très simple, le bloc est animé par la naissance d’une sorte de pilastre qui émerge au-dessus d’une assise en talus (deux blocs ont un joint horizontal au sommet de cette assise, de sorte que la naissance des pilastres est visible). Du bloc le plus au nord, qui était formé de deux blocs juxtaposés, un seul a été conservé. En revanche, pour les trois autres, les pilastres ont la même largeur, 68 cm, et leur saillie sur le fond est de 8 cm pour deux d’entre eux et de 10 cm pour le troisième. Leur intérêt est que les niveaux pris au même endroit (le sommet de l’assise en talus) sont décroissants en se dirigeant de l’extérieur vers l’orchestra. Cette indication est précieuse car elle permet de déduire que cette façade était ornée de pilastres ou de bandeaux verticaux décroissants de l’extérieur vers l’intérieur. C’est pour cette raison que la restitution de la figure 2 montre un mur de façade suivant la pente des gradins, avec des bandeaux reliés deux à deux par des arcs décoratifs peu saillants mais animant ces façades austères.

111L’irruption des contreforts a dû obliger les maçons à prévoir des passages sous forme de porte ou d’arcade pour ne pas interrompre la voie de circulation existant entre les rues 1 et 3 et le bâtiment de scène. Il semble qu’une solution acceptable se trouve dans l’aménagement d’une arcade dans chaque contrefort qui se comporterait, toute proportion gardée, comme un arc-boutant. Pour accéder à la scène ou à l’orchestra il faut donc franchir une première porte donnant sur les rues puis, au nord comme au sud, passer sous trois arcades percées dans les contreforts.

112Dans cette configuration il ne semble pas que l’on puisse utiliser ces contreforts pour supporter une extension de la cavea jusqu’à l’aplomb du mur 29. Techniquement, bien sûr, c’est possible. Quoi qu’il en soit, les redans du mur 29, construits après coup, gardent leur mystère.

VI.5. Les appareils

113Il faut quelques lignes pour parler des appareils. Hors les quatre bloc dont il vient d’être question, les blocs alignés derrière la scène servant de base à une pièce (?) bâtie en grand appareil en pensant aux marques de pose visibles sur les lits d’attente, et certaines fondations de contrefort, ce théâtre est entièrement construit en opus caementcium avec parement de moellons régulier construits en assises horizontales. Les quatre blocs et la structure derrière la scène sont bien visibles sur la vue d’ensemble (fig. 1).

114Les murs en maçonnerie sont très variés. Les plus beaux parements conservés se trouvent sur les débuts du mur qui entoure l’aire derrière la scène (fig. 23). Le parement de la cavea est très correct avec ses assises régulières et ses joints tirés au fer et peints en rouge comme ce fragment de mur qui se situe entre les contreforts 24 et 25 (fig. 37).

Fig. 37. Parement du mur de la cavea entre les contreforts 24 et 25 (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 157, fig. 138).

Fig. 37. Parement du mur de la cavea entre les contreforts 24 et 25 (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 157, fig. 138).

115Le contrefort n° 33 présente aussi des joints tirés au fer et peints en rouge (fig. 18 et 38). Il est amusant de voir une petite erreur de trajectoire de la ligne rouge qui plait beaucoup, car brusquement, on sent la main du maçon qui avait peut-être un peu trop bu du vin d’Alésia !

Fig. 38. Détail des joints peints (A.O., 1978).

Fig. 38. Détail des joints peints (A.O., 1978).

116Les parements des contreforts 32 et 33 présentent la même variation de grosseur de moellons, c’est-à-dire trois assises construites avec des moellons plus gros que les sept assises inférieures.

117Il faut insister sur la qualité des mortiers utilisés lorsque l’on voit tous les parements qui ont disparu. (fig. 39). Ces photos sont très parlantes concernant le décollement des parements de moellons, conséquences des infiltrations d’eau, donc du gel et de la dislocation des mortiers. La structure même des murs de maçonnerie avec parements montre que, sur la plupart des constructions d’époque romaine, les moellons sont réguliers en largeur et en hauteur : ils ont aussi des profondeurs voisines de 15 à 35 cm. De ce fait, il existe une sorte de joint qui se forme naturellement derrière le parement à 25 cm environ. Pour ces murs, les infiltrations d’eau sont dévastatrices. Remarquons au passage que les murs ordinaires épais de 50 cm ne sont formés que de deux parements avec, au centre, une petite zone étroite de petites pierres et du mortier pour lier les deux parements. Il est curieux que l’on ne trouve jamais de moellons de 50 cm faisant parpaing pour lier ces deux parements, excepté les ouvertures, portes et fenêtres. Est-ce que les assises de deux ou trois briques auraient été utilisées pour jouer ce rôle ?

Fig. 39. Mur 29 et contrefort 32.

Fig. 39. Mur 29 et contrefort 32.

À gauche, bel exemple de décollement du parement. À droite, le parement septentrional du contrefort 32 qui ressemble extraordinairement au contrefort 33 (A.O., 1978).

VII. Destruction et reconstruction : l’exemple de Grand (fig. 4, et 40 à 43)

118Après avoir déjà fait un parallèle entre le théâtre d’Alésia et l’amphithéâtre de Grand à propos du remplissage de le la cavea par un empierrement pour construire une forme supportant les gradins (cf. fig. 4), il faut présenter aux lecteurs l’extraordinaire réparation de grande ampleur qui a été faite dans cet amphithéâtre. Il s’agit de la destruction d’une partie d’édifice dans le but de la reconstruire sur ses propres fondations. Cet exemple rare montre clairement que ce genre de modification entraîne un travail considérable dont les résultats sont particulièrement visibles.

119L’amphithéâtre de Grand a un plan original qui l’a fait entrer dans la catégorie des théâtres-amphithéâtres (fig. 40). Long de 148 m, il est construit dans un vallon peu profond, le sol environnant au sud se trouvant à peu de chose près au niveau de la deuxième précinction et de la galerie extérieure à laquelle on accédait de plain-pied depuis une large zone méridionale. Cette galerie, d’où partent les escaliers montant vers la partie haute de la cavea, en fait le tour complet depuis l’extrémité occidentale jusqu’à l’extrémité orientale de la grande façade rectiligne, en franchissant chaque fois le grand couloir axial passant dans l’arène.

Fig. 40. Amphithéâtre de Grand (Vosges).

Fig. 40. Amphithéâtre de Grand (Vosges).

Plan : A : couloir axial oriental, parement septentrional du monument en opus caementicium. Vue vers le N.-E. Dans cette zone, le sol du couloir axial a été surcreusé et l’on ne peut plus acéder aux différentes salles ; B : même couloir occidental, après la restauration antique. Vue vers le N-O (A.O., 2022).

120Dans les deux zones voisines de ce couloir, se trouve une série de cinq contreforts épaulant le parement des façades dans la zone en forte pente, là où les murs sont les plus hauts et les masses de pierrailles internes les plus importantes. Tout est parfaitement cohérent. Tout le monument avait été construit en opus caementicium et parement en moellons réguliers avec joints tirés au fer et peints en rouge.

121À un période que nous n’avons pu préciser, cet amphithéâtre a subi une importante réparation qui a intéressé le quart nord-ouest du monument. Elle a consisté à détruire les murs, les arcades du grand couloir axial et celles de la façade septentrionale ainsi que les deux escaliers partant du couloir axial pour les remplacer par des blocs de grand appareil en utilisant les mêmes fondations et les mêmes dimensions. En dehors d’une toute petite modification dans la façade occidentale, les dimensions sont parfaitement respectées. Les deux arcades en grand appareil de la façade septentrionale, qui ont résisté au temps, ont toujours été visibles : elles donnent la pente des façades.

122Pour exécuter cet énorme travail, il a fallu démolir les arcades soutenant la voûte en berceau rampant du grand axe qui se trouve sous les gradins. Il en fut de même pour les arcades de la façade septentrionale, pour la façade occidentale et pour les escaliers. Au total cette modification a intéressé presque 200 m de murs et arcades (fig. 4, plan).

123Il faut préciser un détail important. Lorsque l’on construit un mur en grand appareil, le remplissage en opus caementicium est installé après la pose des blocs de façade : ceux-ci laissent leur empreinte dans la maçonnerie.

124À Grand, les blocs d’appareil ont été posés après destruction préalable du mur à parement de moellons. La conséquence est qu’il reste toujours un petit espace irrégulier entre les blocs et la maçonnerie conservée. Au moment du dégagement du monument, on pouvait vider ce petit espace rempli de simples déchets de pierre et de sable (fig. 41). Il en est de même dans les escaliers, où la zone située entre le grand appareil et le mur démoli était remplie de déchets et de sable (fig. 42). J’attire l’attention sur ces détails parce que lors des restaurations et des consolidations modernes, ces petites zones sans consistance sont obligatoirement masquées par la maçonnerie des restaurateurs et disparaissent complètement au regard. Les fouilleurs ensuite pourront affirmer sans avoir de doute que le monument a été construit d’origine avec deux types d’appareils différents.

125Ce petit résumé montre bien ce que peut représenter de travail une destruction suivie d’une reconstruction en conservant les mêmes dimensions et les mêmes fondations.

Fig. 41. Couloir axial occidental au moment du dégagement en 1970.

Fig. 41. Couloir axial occidental au moment du dégagement en 1970.

A : Arc de décharge au-dessus du linteau ; B : linteau de la porte d’accès à la salle médiane du couloir axial occidental ; C : espace vidé de ses déchets permettant de voir la travée suivante. C’est un bon exemple de la construction du pilier en grand appareil après la démolition du pilier en maçonnerie avec parements de moellons réguliers ; D : pile après la reconstruction ; E : sommet actuel de la pile voisine ; F : déblais provenant du dégagement des salles entre le couloir axial et la façade septentrionale ; G : partie consolidée au sud du couloir axial ; H : première arcade à partir de l’escalier ; I : escalier en grand appareil ; J : arène ; K : partie orientale du couloir axial ; L : massif de maçonnerie (A.O., 2022).

Fig. 42. Escalier N-O, reconstruit après la destruction du précédent et des murs d’échiffre.

Fig. 42. Escalier N-O, reconstruit après la destruction du précédent et des murs d’échiffre.

A : Fondation en hérisson du début de la construction du massif du deuxième maenianium qui n’a pas été achevé ; B : assise de réglage ; C : empreinte des blocs de façade dans la maçonnerie du massif ; D : parement du massif qui avait été construit contre le mur de façade primitif ; E : reste du parement de ce mur de façade qui n’a conservé que son parement (protégé par le massif D construit contre lui ; F : vide entre le parement E et le nouvel escalier en grand appareil rempli de déchets de taille et de sable ; G : mur d’échiffre et palier du nouvel escalier ; H : fragments de dalles de couverture en pierres sciées ; I : une cinquantaine de triangles provenant de dalles de couverture dont les angles latéraux ont été abattus au moment de la pose de la couverture. Un chantier de couvreurs devait être à proximité de cette zone ; sur le plan, localisation de la photographie (flèche rouge) (Olivier, 1982).

Fig. 43. Angle S.-O. du couloir axial vu vers le S-E.

Fig. 43. Angle S.-O. du couloir axial vu vers le S-E.

: Fondation en hérissons du mur de façade occidental ; B : bloc arraché en pierre « tendre » qui entrait dans la construction du grand arc honorifique à l’entrée du couloir axial du monument. Les montants de cet arc occupaient toute l’échancrure angulaire très visible sur cette photographie. Cette échancrure se retrouve aussi à l’extrémité orientale du monument ; C : semelle de deux assises du mur primitif ; D : mur primitif arasé dont il ne reste que cinq assises de moellons ; E : assise à parement en talus ; F : deux assises inférieures de la nouvelle façade en grand appareil ; G : assise inférieures du parement du grand couloir axial. Il n’y a pas de lien entre les murs de F et de G ; H : niche ; J : les deux premiers contreforts conservés de la première période en opus caementicium ; lorsque l’on voit cette image, on a l’impression que les énormes blocs des nouveaux parements écrasent les maçonneries précédentes. La mire que tient le personnage mesure 2 m (A.O., 2022).

VIII. Les blocs d’architecture (fig. 44 à 54)

126Dans nos sondages, nous avons mis au jour un certain nombre de blocs et de fragments ayant un décor reconnaissable. Tous ces blocs ont été trouvés dans des couches de démolition, sauf le chapiteau B 298. On peut en déduire que les décors, probablement modestes, devaient être concentrés sur la façade occidentale et la scène. Il ne suffit donc pas de les identifier et de les localiser pour avoir une vague idée de l’endroit où ils pourraient trouver leur place dans le théâtre et encore moins estimer le décor qui les entoure.

127Les fragments ne sont pas tous dessinés et montrés dans cet article, mais certains auraient pu apparaître ici, par exemple la volute composite B 278 (carré Q 31), le fleuron B 365 (carré M 29), l’ove B 364 (carré M 29) ou encore le fragment de chapiteau composite B 369 (carré L 24). Pour les décrire partiellement et pour les retrouver plus facilement dans le plan (fig. 44), il faut partir du Nord et descendre vers le Sud.

  • Chapiteau toscan B 292 (carré U 48) (fig. 45 ; ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 348, bloc 54). Ce chapiteau dont n’est conservé qu’une petite partie du sommet (abaque, listel et cavet) avait un abaque de 60 cm de côté, pour un diamètre du fût d’env. 45/48 cm qui convient parfaitement pour une colonne du portique de la rue 3 (OLIVIER, 1985).
  • Chapiteau B 298 (carré N 48) (fig. 46-47). Ce bloc, réutilisé comme borne chasse-roue dans la rue 3 A, n’appartient pas au théâtre. Il a été masqué par la recharge 3 B, sur laquelle ont été « posés » les contreforts 45, 46 et 47. Associés à la volute B 271 trouvée à proximité, ces deux blocs font partie d’un chapiteau ionisant très proche du chapiteau B 18, lui-même réutilisé pour soutenir un escalier dans le sanctuaire de Moritasgus, situé à 1250 m à l’est du théâtre. Ces deux chapiteaux appartiennent à un même monument précoce non encore localisé. Ils sont mis en parallèle dans la fig. 46, issue de la petite monographie concernant ces deux chapiteaux (OLIVIER, 1985).

Fig. 44. Plan de la localisation des blocs d’architecture mis au jour lors de nos sondages le long de la façade rectiligne du théâtre et replacés dans le carroyage en vert.

Fig. 44. Plan de la localisation des blocs d’architecture mis au jour lors de nos sondages le long de la façade rectiligne du théâtre et replacés dans le carroyage en vert.

Tous les blocs et fragments ont été trouvés dans des couches de démolition, à l’exception du chapiteau B 296 qui a été utilisé comme borne chasse-roue dans la rue 3 (A.O., 2022).

Fig. 45. B 292. Chapiteau toscan très abimé.

Fig. 45. B 292. Chapiteau toscan très abimé.

Le sommet de l’échine permet de calculer les dimensions de l’abaque, 63 x 63 cm, son épaisseur, 6,3 cm et le diamètre approximatif du fût 35 à 40 cm. Ce chapiteau pourrait bien provenir d’un portique de rue (A.O., 2022).

Fig. 46. Chapiteau ionisant B 298 et B 271 (volute) comparé à B 18, trouvé en remploi dans le sanctuaire de Moritasgus (A.O., 2022).

Fig. 46. Chapiteau ionisant B 298 et B 271 (volute) comparé à B 18, trouvé en remploi dans le sanctuaire de Moritasgus (A.O., 2022).

Fig. 47. Vue vers le S-E de la zone au nord de la façade occidentale du théâtre.

Fig. 47. Vue vers le S-E de la zone au nord de la façade occidentale du théâtre.

A : Rue 3-B, qui a recouvert la rue 3-A ; B : rue 3-A, dans laquelle le chapiteau B 298 a été remployé en chasse-roue ; C : chapiteau B 298 à l’envers ; D : mur G (474) non dessiné sur le plan de la fig. 3 de ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 23 ; E : rue 3-B construite après la démolition du mur G et en même temps que le théâtre ; F : dalles de fondation du massif de la façade septentrionale (372) ; G : Mur 457 ; H : endroit où a été trouvé le triangle B 288 ; I : espace étroit entre les murs 457 et 458 ; J : endroit où a été trouvé le losange B 287 (A.O., 2022).

128Non loin de là a été trouvée une volute d’angle (B 271) qui colle pratiquement à ce chapiteau. Celui-ci et le chapiteau du sanctuaire de Moriatasgus ont été trouvés à plus d’un kilomètre de distance, tous deux remployés. Ils devaient appartenir à un monument assez prestigieux dont personne n’a pu déterminer la localisation.

  • Losange B 287 et triangle B 288 (carrés L-M 47) (fig. 48). Ces deux petits blocs étaient peints en rouge. Un deuxième losange sans couleur B 358 dont malheureusement les dimensions n’ont pas été prises, a été mis au jour dans les déblais de l’angle interne des murs A et C, (carré Q 45).

Fig. 48. B 287 - B 288. Losange et triangle.

Fig. 48. B 287 - B 288. Losange et triangle.

Petits fragments purement décoratifs (A.O., 2022).

  • Volute corinthienne B 268 (carré L 50) (fig. 49). Elle est intéressante par la présence d’une rosette à quatre pétales sur l’enroulement de la volute. Plusieurs chapiteaux d’Alesia présentent ce détail. Le musée de Chalon-sur-Saône conserve un beau chapiteau de la Vigne de Saule avec cet ornement (OLIVIER, 1995).

Fig. 49. B 268. Chapiteau corinthien à fleurette au centre des volutes.

Fig. 49. B 268. Chapiteau corinthien à fleurette au centre des volutes.

Cet exemple n’est pas isolé et se rencontre souvent sur des chapiteaux augustéen et du Ier siècle (A.O., 2022).

  • Volute ionique B 271 (carré K 46). Elle est dessinée dans la fig. 46.
  • Moulures B 277 et B 370 (carrés K 42 et L 24) (fig. 50). Ces deux moulures ont été présentées ensemble par commodité mais n’ont aucun rapport entre elles.

Fig. 50. B 277 - B 370. Moulures d’un chapiteau de pilastre ? (A.O., 2022).

Fig. 50. B 277 - B 370. Moulures d’un chapiteau de pilastre ? (A.O., 2022).
  • Volute corinthienne B 262 (carré N 34) (fig. 51). Les dessins D et B pour une vue de face et les dessins A, C et E, pour une vue à 45° du chapiteau restitué.

Fig. 51. B 262. Chapiteau corinthien, corne de l’abaque.

Fig. 51. B 262. Chapiteau corinthien, corne de l’abaque.

B et D : vues de face ; A, C et E : vues à 45° (A.O., 2022).

  • Corniche modillonnaire à moulures lisses B 270 (carré M 34) (fig. 52) C’est le plus beau bloc trouvé dans nos sondages. Il a fait l’objet d’une publication (OLIVIER, 1989, p. 51).

Fig. 52. B 270. Corniche modillonnaire.

Fig. 52. B 270. Corniche modillonnaire.

Dessin A 386 : A.O.

129Ce bloc a été scié pour en récupérer toute la partie non moulurée. Au-dessus d’un talon restitué et d’un filet droit, le registre médian a conservé trois modillons avec retombée antérieure, couronnés par un quart-de-rond. Les soffites prismatiques font saillie de la hauteur de la moulure de couronnement des modillons. Au registre supérieur, se superposent un filet droit, une doucine et un bandeau jusqu’au lit d’attente en talus.

  • Chaperon B 269 (carré M 34) (fig. 53)
  • Chaperons B 323 et 324 (carré M 08) (fig. 54). Ils ont été trouvés dans l’espace entre les contreforts 40 et 41, transformé en lieu d’habitation très rudimentaire. Cependant un petit lot de monnaies a été dispersé à cet endroit (BSSS, 1986, p. 9-16).
  • Les chaperons B 325 et 326 ainsi que le gradin B 329 indiqués sur le plan (fig. 44) étaient entreposés dans la rue 1 et placés par nous sur les murs de la cavea à l’extrême sud.

Fig. 53. B 269. Chaperon.

Fig. 53. B 269. Chaperon.

Relevé J.-C. Barçon.

Fig. 54. Chaperons B 323 et B 324 (carré M 8) (A.O., 1982).

Fig. 54. Chaperons B 323 et B 324 (carré M 8) (A.O., 1982).

130Les fragments sont nombreux et bien localisés mais ils gardent leur mystère. Les chapiteaux de trois ordres sont présents, toscan, corinthien et composite. La belle corniche à modillons et à moulures lisses nous oriente vers un décor sobre qui contraste avec la présence de chapiteaux corinthiens et composites. La présence des petits blocs décoratifs en forme de losange et de triangle ne doivent pas surprendre. On trouve ce type de blocs dans des murs de moellons comme, par exemple à l’amphithéâtre de Grand ou sur la célèbre Römerturm de Cologne.

Conclusion

131La rédaction de ce travail fait suite à la publication récente du théâtre dont certaines hypothèses et restitutions peuvent légitimement être remises en cause. Cet article n’est pas une nouvelle publication du monument, mais simplement un complément d’informations fondé sur les sondages de 1978 à 1986.

132Dans le programme envisagé par les commanditaires, il était question de faire un bilan de toutes les interventions sur ce théâtre qui ont eu lieu dans le passé pour proposer une nouvelle étude complète avec restitutions graphiques.

133Les archéologues chargés de cette fouille ont paru plus intéressés par la recherche de la chronologie des différentes parties du monument que par celles de l’analyse proprement dite de l’architecture. L’ampleur et la diversité des sondages en font foi.

134La démarche des fouilleurs a semble-t-il été de rechercher les arguments prouvant légitimer une hypothèse nouvelle, celle de l’arasement du monument et de sa reconstruction sur les mêmes fondations un peu plus d’un siècle après sa construction.

135Ce monument, qui paraît limpide et sans surprise, a conservé des éléments techniques très intéressants comme l’empierrement de la cavea pour supporter les gradins, la grande tranchée d’un premier monument construit avec les techniques traditionnelles non maçonnées (pierres sèches et bois), des fondations sur hérissons variés avec de surprenants porte-à-faux, des fondations sur gros bloc, des repentirs (construction après coup des redans du mur 29), la mise en place de contreforts, le déplacement d’une voie (la rue 3). Néanmoins, des points n’ont pas pu trouver de solutions acceptables : le bâtiment de scène, les blocs à pilastre de la façade, la proédrie, le décor qu’il n’est pas facile de restituer et de remettre en place (corniches, chapiteaux, petits triangles et losanges décoratifs).

136Du grain à moudre pour les futurs fouilleurs !

137En clair, l’hypothèse d’un arasement général de tous les murs et des contreforts dans le but de construire un nouveau théâtre à l’identique ne nous paraît pas recevable ni justifiée par les sondages de 1976 à 1986. De plus, les restitutions proposées sur la base de cette hypothèse doivent être remises en cause.

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Bibliographie

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Vue aérienne du théâtre d’Alésia.
Légende Photo prise en 2004 vers le S-E avec localisation des cinq points dont nous connaissons les altitudes, servant de cadre pour les restitutions (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 154).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17340/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 673k
Titre Fig. 2. Vue axonométrique de notre restitution.
Légende Vue d’ensemble en regardant vers le N-E de cette restitution du projet du théâtre gallo-romain d’Alésia, avant la construction des contreforts (A.O., 1990-2022).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17340/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 568k
Titre Fig. 3. Plan du théâtre entouré par les rues 1, 3 et 120.
Légende Il donne les limites des sondages, y compris les nôtres, ainsi que les numéros des murs (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 23).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17340/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 357k
Titre Fig. 4. Amphithéâtre de Grand (Vosges).
Légende Plan schématique. En rouge, maçonnerie en opus caementicum ; en jaune, zone d’empierrement ; en noir, murs et arcades où le grand appareil a remplacé la maçonnerie ; les quatre petites flèches noires indiquent le sens des quatre photographies ; 1. hérissons derrière l’escalier S-E ; 2. derrière l’escalier S-O ; 3 et 4. empierrement autour de la niche méridionale de l’arène (A.O., 1970).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17340/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 561k
Titre Fig. 5. Schéma des pentes de la cavea.
Légende Ligne noire irrégulière : sur la même base que celle de la fig. 6, a été portée la zone où se trouve le niveau le plus haut et le plus près de l’orchestra ; ligne bleue : pour une cavea sans les petits vomitoires couverts, avec une pente d’environ 12,6° ; ligne rouge : profil de la cavea de la coupe correspondant à la coupe présentée fig. 6, pente voisine de 18° ; ligne verte : profil de la cavea de la vue axonométrique (cf. fig. 2) pente proche de 19° (A.O., 2022).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17340/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 138k
Titre Fig. 6. Proposition de coupe.
Légende En partant de la ruelle longeant le portique du temple pour arriver à la précinction, il faut passer par le petit passage souterrain correspond à la longueur des vomitoires observée depuis le début des dégagements. Le mur entourant l’orchestra peut être considéré comme le support d’un rang de sièges avec dossier les isolant de la cavea. Cette coupe a intégré la fig. 117 (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 137), coupe qui se trouve à proximité du vomitoire conservé. La ligne noir au bas de la cavea est le profil déduit du plan des courbes de niveaux (ibid., p. 154).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17340/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 193k
Titre Fig. 7. Hérisson derrière le mur de la cavea.
Légende Photo proche de la fig. 27, mais avec moins de parement de moellons (A.O., 1980).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17340/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 678k
Titre Fig. 8. Sondage dans les carrés M-R / 34.
Légende Cette partie du mur 29 (= Mur B) a été démontée pour observer le hérisson. Le mur 30 (= Mur A) à moitié rejointoyé est longé par un hérisson séparant le mur du remplissage de la cavea par le puissant empierrement. Deux petits sondages ont atteint le roc 40 et 50 cm sous les hérissons. Éch. 1/40 (A. O., 1984).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17340/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 293k
Titre Fig. 9. Plan avec courbes de niveaux (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 54).
Légende C : Zone où se trouve actuellement le point le plus haut et le plus proche de l’orchestra, soulignée en bleu ; E : position de la coupe donnant la photo de l’empierrement (ibid., p. 136).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17340/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 370k
Titre Fig. 10. Théâtre d’Argentomagus (Saint-Marcel, Indre).
Légende Plan, coupes et photographie des gradins (DUMASY, 2000).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17340/img-10.jpg
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Titre Fig. 11. Théâtre de Lenzburg. Plan partiel.
Légende Échelle 1/400 (NIFFELER, 1988).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17340/img-11.jpg
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Titre Fig. 12. Théâtre de Lenzburg. Vue de l’orchestra et du premier maenianum (NIFFELER, 1988).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17340/img-12.jpg
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Titre Fig. 13. Alise-Sainte-Reine, le théâtre des Roches.
Légende A : Vue du théâtre peu de temps après sa construction ; B : vue récente après réfection de quelques bancs ; C : atmosphère champêtre et très agréable du théâtre sans les bancs et avec les arbres qui ont poussé.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17340/img-13.jpg
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Titre Fig. 14. Gradins des arènes de Lutèce et du théâtre d’Épiais-Rhus (Val-d’Oise) (A.O., 2022).
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Titre Fig. 15. Restitution des gradins.
Légende A : Notre proposition : gradins de 33 x 33 cm scellés sur un moellon de 10/12 cm donnant des sièges d’environ 45 cm de hauteur et distants de 90 cm. Ces deux cotes peuvent être modifiées selon les pentes choisies ou l’écart entre les gradins proposé. C’est une formule souple ; B : proposition pour l’état 1 du théâtre selon Eschbach et Freudiger ; C : proposition pour l’état 3 de leur théâtre (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 55).
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Titre Fig. 16. Bloc 22 (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 323) utilisé à l’envers pour la restitution des gradins de l’état 1 du théâtre.
Légende J’ai rajouté les cotes et trois lettres. A : Petite zone verticale et lisse ; B : ligne de contact entre le bourrelet et la face du bloc ; C : endroit ou le bourrelet est le plus large (ibid., p. 323).
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Titre Fig. 17. Mur de la cavea 19 entre les contreforts 24 et 25 qui se serait éboulé.
Légende La photo (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 157) montre quatre assises réduites à trois moellons fichés dans le sol, à l’envers, près du mur 250, soit à environ de 4 m du mur de la cavea. Le plan (ibid., p. 157, fig. 141) montre bien les deux murs (250) et (21) que l’on voit sur la coupe (ibid., p. 80, fig. 45). La zone où se trouvent les moellons effondrés a été colorée en rose.
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Titre Fig. 18. Coupe transversale sur les deux murs de la façade et élévation du parement septentrional du contrefort 33.
Légende A : Mur 30 ; B : redan ; C : tranchée atteignant le sommet des hérissons ; D : sommet du terrain archéologique bourré de fragments de moules de bronziers ; E : tranchée de fondation du mur 29 ; F ; bloc de soutien du redan qui s’est affaissé dans le fond de la tranchée ; G : redan ; H : mur 29 ; I : les deux retraits au bas du mur ; J : début de la fondation du contrefort ; L : joint horizontal sous des assise utilisant des moellons plus gros ; M : les hachures indiquent les parties où le parement a disparu ; N : cinq gros blocs de fondation ; O : le terrain caillouteus naturel est en légère pente vers l’Ouest ; P : zone des joints tirés au fer et peints en rouge ; Q : la pente a amené à surélever un peu le cinquième bloc (A.O., 1978).
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Titre Fig. 19. Mur 30 : fondation du mur sous le premier redan septentrional.
Légende Le point rouge indique le même moellon dans les deux photographies (A.O., 1978).
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Titre Fig. 20. Deuxième et premier redans du mur 29 en partant du nord.
Légende A : Terrain archéologique en place ; B : tranchée de fondation pour installer les blocs C servant d’appui aux redans pendant leur construction ; D : parement oriental primitif du mur 29 ; E : contrefort 33 ; F : assise unique de hérisson de fondation du mur 29. Sur cette vue les blocs C de la photo voisine ne sont plus là, à moins qu’il s’agisse des deux blocs inférieurs fichés dans le parement. Le redan semble collé au mur sans fondation particulière. Ces vues donnent un bon exemple de parements destinés à rester cachés en fondation. (A.O., 1977).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17340/img-20.jpg
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Titre Fig. 21. Quatre photos montrant les diverses strates de la fondation du mur B dans le carré N 34, à 8 m au nord de l’orchestra où le mur était réduit à son assise de réglage au-dessus du hérisson de fondation (A.O., 1983).
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Titre Fig. 22. La ruelle longeant le pourtour du théâtre à l’est est un bon exemple de hérisson bordé par des dalles fichées dans le sol.
Légende A : Hérisson de la ruelle 120 ; B : dalles verticales de bordure ; C : contrefort 55 ; D : mur 67 ; E : mur 102 (A.O., 1981).
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Titre Fig. 23. Mur d’enceinte de l’aire libre derrière la scène.
Légende En haut, vue vers le sud de la zone méridionale du théâtre reprise d’après la fig. 155 de ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 166, montrant la liaison intime du mur de maçonnerie et du massif de grands blocs qui est l’extrémité du mur de plan semi-circulaire de la cavea. A : Extrémité méridionale du mur 29 ; B : massif de grandes dalles ; C : magnifique liaison des grands blocs et du mur 42 en maçonnerie ; D : parement extérieur du mur 42 ; E : contrefort 41. En bas, deux photos du même secteur au nord, vue vers le N-O ; F : fosse d’épierrement des agriculteurs ; G : grande dalle de fondation du mur 31 ; H : ressaut ; I : assise à parement en biais ; J : ressaut ; K : extrémité orientale du mur 31, qui était plaqué contre le massif spolié de ses grandes dalles ; L : assise inférieure du massif spolié ; M : extrémité septentrionale du mur 29 (A.O., 1979).
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Titre Fig. 24. Plan du théâtre d’Alésia.
Légende Sur le plan Fornerot de 1936 (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 51, fig. 18), j’ai reporté le plan de la tranchée 126 tel qu’il est dessiné sur plan diachronique (ibid., p. 51, fig. 28). J’ai rajouté cinq cotes de distance entre l’extérieur du hérisson de l’orchestra et l’extérieur de la tranchée 126 dont le centre est indiqué par la lettre C (ibid., p. 51, fig. 28).
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Titre Fig. 25. Coupes sur la tranchée 126. Ces quatre vues sont à la même échelle, 1/50.
Légende La mise en valeur des tranchées est accentuée par la couleur représentant le terrain dans lequel elles sont creusées. A : Fondation du mur de façade 30 et du terrain entre ce mur et le mur parallèle 29 : a. quatre assises de hérisson ; b. neuf assises irrégulières de la fondation maçonnée ; c. mur proprement dit ; B : photo d’une coupe (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 138) et extrait du relevé de cette coupe au même endroit (ibid., p. 112, fig. 92) ; C : coupe extraite de la grande coupe avec photo de l’empierrement (ibid., p. 140).
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Titre Fig. 26. Extrémité septentrionale du mur de façade 30, parement occidental : vue vers le N-E.
Légende A : Sommet du mur de soutènement 29 ; B : hérisson de fondation de l’élargissement du prolongement vers l’ouest du mur de la cavea ; C : mur de façade 30 ; D : fond de la tranchée du monument précédant le théâtre en maçonnerie ; E : sommet du redan du mur de soutènement 29 ; F : hérisson disloqué ; G : partie restaurée du mur de façade 30 ; H : les quatre rangs de hérisson sous le mur 30 (A.O., 1980).
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Titre Fig. 27. Mur de la cavea entre les contreforts 46 à g. et 45 à dr.
Légende A : Contrefort 46 posé sur la rue 3 ; B : fondation en hérisson du contrefort ; C : fondation en hérisson du contrefort 45 ; D : contrefort 45 ; E : hérisson grossier placé entre le mur de la cavea et l’empierrement supportant les gradins ; F : parement du mur de la cavea contre lequel venait buter le contrefort ; G : assise de réglage du mur ; H : terrain archéologique ; J : parement du mur de la cavea contre lequel venait buter le contrefort (A.O., 1981).
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Titre Fig. 28. Coupe transversale à l’est du contrefort 45.
Légende A : Parties non vues mais restituées ; B : quatrième rang de hérisson vu ; C : terrain naturel faisant sentir le décalage par rapport aux hérissons ; D : trou de poteau qui a atteint le roc naturel ; E : partie du contrefort déposé pour examiner son contact avec le mur 19 de la cavea ; F : rue 3, sur laquelle a été construit le contrefort ; G : extrémité du contrefort, long de 3,34 m (A.O., 1980).
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Titre Fig. 29. Coupe devant le contrefort 47 dont les hérissons de fondation ont entamé les différentes strates de la rue 3.
Légende Ces croquis montrent l’importance de la rue 3, qui devait être l’artère principale de direction ouest-est. de la ville gallo-romaine (A.O., 1980).
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Titre Fig. 30. Coupe transversale du mur de la cavea juste avant sa liaison avec le mur 30 de la façade, en regard avec une photo vers le N-E prise au même endroit.
Légende A : Sommet du mur restauré ; B : partie non restaurée ; S : semelles ; R : assise de réglage ; H : hérissons (A.O., 1981).
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Titre Fig. 31. Croquis schématique des variations des fondations et des chaussées de la rue 3 (A.O., 1981).
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Titre Fig. 32. Vue d’ensemble vers le S-E du secteur N-O du théâtre.
Légende A : contrefort 49 ; B : contrefort 48 ; C : contrefort 47 ; D : contrefort 46 ; E : contrefort 45 ; F : mur de plan semi-circulaire de la cavea 19 ; G : angle intérieur des murs 19 et 30 ; H : liaison des murs 19 et 30 ; I : élargissement des fondations du massif de façade ; J : restes des grandes dalles de pierre du massif de façade ; K : les grandes dalles se prolongent vers le bas, sous la berme (vers l’ouest) ; L : semelles du mur 29 ; M : parement occidental du mur 29 ; N : contrefort 32 ; O : niveau du sol au début de nos sondages ; P : parement du mur 30 rejointoyé au début des fouille du XIXe siècle ; Q : redan ; R : pierraille de la cavea ; S : mur de la cavea près de l’axe du théâtre (A.O. 1981).
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Titre Fig. 33. Contrefort 33.
Légende A : Mur 29 qui a perdu son parement ; B : le contrefort est bien collé contre le mur 29 ; C : seul rang de hérisson de fondation du mur 29 ; D : zone des joints peints en rouge ; E : cinquième bloc légèrement surélevé ; F : les deux pierres enfoncées dans le sol pour supprimer le vide entre les deux rangées de grands blocs de fondation ; G : dernier bloc de la deuxième rangée de blocs de fondation (A.O., 1978).
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Titre Fig. 34. Contrefort 33, vue vers le S-O.
Légende A : Mur de soutènement 29 ; B : une partie du parement est tombé depuis le relevé de la fig. 18 ; C : sol naturel presqu’horizontal, en faible pente vers le S-O ; D : zone des joints peints en rouge (A.O., 1978).
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Titre Fig. 35. Petits sondages de recherche du roc naturel.
Légende A : Coupe devant le cinquième bloc ; B : coupe devant le deuxième bloc ; C : plan de l’extrémité du contrefort (A.O., 1978).
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Titre Fig. 36. Bloc n° 35 sur le mur 66 de la façade (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 330 ; relevé Gaston ; photo et dessin A.O., 2022).
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Titre Fig. 37. Parement du mur de la cavea entre les contreforts 24 et 25 (ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 157, fig. 138).
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Titre Fig. 38. Détail des joints peints (A.O., 1978).
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Titre Fig. 39. Mur 29 et contrefort 32.
Légende À gauche, bel exemple de décollement du parement. À droite, le parement septentrional du contrefort 32 qui ressemble extraordinairement au contrefort 33 (A.O., 1978).
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Titre Fig. 40. Amphithéâtre de Grand (Vosges).
Légende Plan : A : couloir axial oriental, parement septentrional du monument en opus caementicium. Vue vers le N.-E. Dans cette zone, le sol du couloir axial a été surcreusé et l’on ne peut plus acéder aux différentes salles ; B : même couloir occidental, après la restauration antique. Vue vers le N-O (A.O., 2022).
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Titre Fig. 41. Couloir axial occidental au moment du dégagement en 1970.
Légende A : Arc de décharge au-dessus du linteau ; B : linteau de la porte d’accès à la salle médiane du couloir axial occidental ; C : espace vidé de ses déchets permettant de voir la travée suivante. C’est un bon exemple de la construction du pilier en grand appareil après la démolition du pilier en maçonnerie avec parements de moellons réguliers ; D : pile après la reconstruction ; E : sommet actuel de la pile voisine ; F : déblais provenant du dégagement des salles entre le couloir axial et la façade septentrionale ; G : partie consolidée au sud du couloir axial ; H : première arcade à partir de l’escalier ; I : escalier en grand appareil ; J : arène ; K : partie orientale du couloir axial ; L : massif de maçonnerie (A.O., 2022).
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Titre Fig. 42. Escalier N-O, reconstruit après la destruction du précédent et des murs d’échiffre.
Légende A : Fondation en hérisson du début de la construction du massif du deuxième maenianium qui n’a pas été achevé ; B : assise de réglage ; C : empreinte des blocs de façade dans la maçonnerie du massif ; D : parement du massif qui avait été construit contre le mur de façade primitif ; E : reste du parement de ce mur de façade qui n’a conservé que son parement (protégé par le massif D construit contre lui ; F : vide entre le parement E et le nouvel escalier en grand appareil rempli de déchets de taille et de sable ; G : mur d’échiffre et palier du nouvel escalier ; H : fragments de dalles de couverture en pierres sciées ; I : une cinquantaine de triangles provenant de dalles de couverture dont les angles latéraux ont été abattus au moment de la pose de la couverture. Un chantier de couvreurs devait être à proximité de cette zone ; sur le plan, localisation de la photographie (flèche rouge) (Olivier, 1982).
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Titre Fig. 43. Angle S.-O. du couloir axial vu vers le S-E.
Légende : Fondation en hérissons du mur de façade occidental ; B : bloc arraché en pierre « tendre » qui entrait dans la construction du grand arc honorifique à l’entrée du couloir axial du monument. Les montants de cet arc occupaient toute l’échancrure angulaire très visible sur cette photographie. Cette échancrure se retrouve aussi à l’extrémité orientale du monument ; C : semelle de deux assises du mur primitif ; D : mur primitif arasé dont il ne reste que cinq assises de moellons ; E : assise à parement en talus ; F : deux assises inférieures de la nouvelle façade en grand appareil ; G : assise inférieures du parement du grand couloir axial. Il n’y a pas de lien entre les murs de F et de G ; H : niche ; J : les deux premiers contreforts conservés de la première période en opus caementicium ; lorsque l’on voit cette image, on a l’impression que les énormes blocs des nouveaux parements écrasent les maçonneries précédentes. La mire que tient le personnage mesure 2 m (A.O., 2022).
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Titre Fig. 44. Plan de la localisation des blocs d’architecture mis au jour lors de nos sondages le long de la façade rectiligne du théâtre et replacés dans le carroyage en vert.
Légende Tous les blocs et fragments ont été trouvés dans des couches de démolition, à l’exception du chapiteau B 296 qui a été utilisé comme borne chasse-roue dans la rue 3 (A.O., 2022).
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Titre Fig. 45. B 292. Chapiteau toscan très abimé.
Légende Le sommet de l’échine permet de calculer les dimensions de l’abaque, 63 x 63 cm, son épaisseur, 6,3 cm et le diamètre approximatif du fût 35 à 40 cm. Ce chapiteau pourrait bien provenir d’un portique de rue (A.O., 2022).
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Titre Fig. 46. Chapiteau ionisant B 298 et B 271 (volute) comparé à B 18, trouvé en remploi dans le sanctuaire de Moritasgus (A.O., 2022).
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Titre Fig. 47. Vue vers le S-E de la zone au nord de la façade occidentale du théâtre.
Légende A : Rue 3-B, qui a recouvert la rue 3-A ; B : rue 3-A, dans laquelle le chapiteau B 298 a été remployé en chasse-roue ; C : chapiteau B 298 à l’envers ; D : mur G (474) non dessiné sur le plan de la fig. 3 de ESCHBACH, FREUDIGER dir., 2021, p. 23 ; E : rue 3-B construite après la démolition du mur G et en même temps que le théâtre ; F : dalles de fondation du massif de la façade septentrionale (372) ; G : Mur 457 ; H : endroit où a été trouvé le triangle B 288 ; I : espace étroit entre les murs 457 et 458 ; J : endroit où a été trouvé le losange B 287 (A.O., 2022).
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Titre Fig. 48. B 287 - B 288. Losange et triangle.
Légende Petits fragments purement décoratifs (A.O., 2022).
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Titre Fig. 49. B 268. Chapiteau corinthien à fleurette au centre des volutes.
Légende Cet exemple n’est pas isolé et se rencontre souvent sur des chapiteaux augustéen et du Ier siècle (A.O., 2022).
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Titre Fig. 50. B 277 - B 370. Moulures d’un chapiteau de pilastre ? (A.O., 2022).
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Titre Fig. 51. B 262. Chapiteau corinthien, corne de l’abaque.
Légende B et D : vues de face ; A, C et E : vues à 45° (A.O., 2022).
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Titre Fig. 52. B 270. Corniche modillonnaire.
Crédits Dessin A 386 : A.O.
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Titre Fig. 53. B 269. Chaperon.
Crédits Relevé J.-C. Barçon.
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Titre Fig. 54. Chaperons B 323 et B 324 (carré M 8) (A.O., 1982).
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Pour citer cet article

Référence papier

Albéric Olivier, « Le théâtre d’Alésia »Revue archéologique de l’Est, Tome 72 | 2023, 275-316.

Référence électronique

Albéric Olivier, « Le théâtre d’Alésia »Revue archéologique de l’Est [En ligne], Tome 72 | 2023, mis en ligne le 20 décembre 2023, consulté le 20 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/17340

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Auteur

Albéric Olivier

Architecte au C.N.R.S. à la retraite

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