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Deux coins monétaires romains découverts récemment

Dans le centre-est de la Gaule
Laurent Popovitch
p. 243-255

Résumés

L’inventaire connu des coins monétaires romains en Bourgogne est augmenté de trois objets provenant de deux sites. Sur un total de trente, on compte aujourd’hui vingt-sept coins qui datent des règnes de Tibère et de Caligula. La forte concentration de ces coins dans le temps et dans l’espace révèle une activité monétaire certainement liée à la présence de l’armée romaine sur le territoire éduen. Cette activité et cette présence ne peuvent être dues à la seule répression de la révolte de Sacrovir en 21 ap. J.-C., mais à la probable occupation militaire qu'a subie la cité des Éduens après cet événement, au moins jusqu’au règne de Caligula. La découverte récente de deux coins de chronologie plus haute (République et Auguste) s’explique sans doute par des usages plus ou moins réguliers que s’autorisaient les monetae castrenses, ou par le succès prolongé qu’ont eu certains types monétaires auprès des militaires.

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Texte intégral

Nous tenons à remercier Jean-Marc Doyen, Jacques Meissonnier et Michel Reddé pour l’aide et les conseils qu’ils nous ont amicalement apportés.

1Au dossier des découvertes de coins monétaires romains dans le Centre-Est de la Gaule, qui interroge les numismates depuis plus de cinquante ans, nous souhaitons apporter de nouvelles pièces.

2Il faut d’abord rappeler que les sources concernant ces matrices monétaires sont assez rares. Tout juste apprend-on par la Lex Rubria de Gallia Cisalpina (CIL, I, 592) qu’elles étaient désignées par le mot polysémique de « forma(e) ». Cette loi parle précisément de « (pecunia) signata forma p(ublica) p(opuli) R(omani) », ce qui veut dire que les coins monétaires appartenaient à l’État romain. Une autre inscription (CIL, VI, 44) donne une liste d’esclaves et d’affranchis qui travaillaient dans l’atelier monétaire de Rome en 115 de notre ère. Sont ainsi nommés des ouvriers signatores (qui tiennent le coin), des suppostores (qui placent les flans) et des malliatores (qui frappent au marteau) (WOYTEK, 2012 ; WOYTEK, 2013). Les documents iconographiques ne sont pas beaucoup plus nombreux. Des reliefs funéraires, comme celui de Philonicus et Demetrius, découvert à Tusculum et conservé au British Museum, représentent les outils de la frappe monétaire, soit une paire de coins, une tenaille et un marteau. Le célèbre revers du denier de T. Carisius frappé en 46 av. J.-C. (RRC 464/2) présente aussi une tenaille et un marteau autour d’une enclume surmontée du bonnet de Vulcain (WOYTEK, 2003, p. 258). À chaque fois, le dispositif est asymétrique : le premier coin est fixé dans une enclume, le second coin est libre et doit être maintenu en place à l’aide de la tenaille. Les numismates les appellent respectivement le coin dormant (coin de droit) et le coin de trousseau (coin de revers).

3Par ailleurs on sait que l’État romain, comme tous les états antiques, avait le droit exclusif de frapper monnaie (GRIERSON, 1975, p. 10 ; REBUFFAT, 1996, p. 92-95). Il veillait sévèrement à ce monopole ainsi qu’à la sécurité de ses ateliers monétaires, comme le laisse penser la présence à Lyon d’une cohorte installée auprès de sa Moneta (CIL, XIII, 1499 ; LE BOHEC, 1997). On devine donc que les coins monétaires, comme les planches à billets actuelles, étaient des outils sensibles et surveillés. Et que, lorsqu’ils étaient usés, ils ne devaient pas être simplement jetés mais soit regravés, ce que l’examen de certaines monnaies a montré (GIARD, 1976, p. 18-19), soit simplement détruits. On pourrait donc penser que les coins n’étaient pas destinés à sortir des ateliers officiels connus, et que leur éventuelle circulation devait être rare, encadrée et protégée. Cependant, non seulement il arrive que l’on découvre des coins monétaires, mais ces découvertes sont relativement abondantes.

I. Inventaire des coins antiques

4Le premier corpus des découvertes de coins antiques date de 1952 (VERMEULE, 1954), le plus récent date de 2008 (MALKMUS, 2008). Ce dernier inventaire, qui prétendait à l’exhaustivité et qui a eu le mérite de faire connaître un grand nombre d’objets provenant des Balkans, est cependant aujourd’hui dépassé. Les raisons qui expliquent la difficulté de dresser inventaire complet sont nombreuses : une documentation inégale et éparpillée en Europe ; des découvertes anciennes perdues et mal décrites (l’existence de certains coins peut d’ailleurs être discutée) ; des coins conservés dans des collections publiques mais qui n’ont pas d’origine géographique ; des coins sans origine vérifiée qui passent furtivement dans les ventes aux enchères ; enfin, des coins découverts par détection qui ne sont ni publiés ni même déclarés.

5En comptant large, avec les coins disparus et les coins d’origine géographique floue, l’inventaire de W. Malkmus (que nous n’avons pas cherché à actualiser) compte 230 exemplaires, nombre tout à fait considérable.

Ces coins se répartissent ainsi :
- 22 ex. grecs et hellénistiques,
- 95 ex. pré-romains (66 gaulois, 2 ibériques, 27 géto-daces),
- 113 ex. romains (République et Empire).

6La répartition chronologique des coins romains (fig. 1) montre que les périodes anciennes sont surreprésentées : avec soixante-dix exemplaires, la République et le Ier siècle totalisent près des deux tiers (62 %) de l’ensemble. Et avec quarante-six coins, les seuls règnes d’Auguste, Tibère et Caligula (27 av. à 41 ap. J.-C.) représentent 41 % de l’effectif total. Soit davantage que les trente-huit coins (34 %) appartenant aux IIe, IIIe et IVe siècles. Cinq coins illisibles ou non identifiés (4 %) n'ont pas pu être attribués à une période.

Fig. 1. Répartition chronologique et géographique des coins romains connus, d’après l’inventaire de W. Malkmus.

Fig. 1. Répartition chronologique et géographique des coins romains connus, d’après l’inventaire de W. Malkmus.

GB : Grande-Bretagne ; F : France ; B : Belgique ; D : Allemagne ; CH : Suisse ; I : Italie ; Balk. : Balkans ; E : Espagne ; ind. : indéterminé.

  • 1 Pour cette ventilation nous n’avons pas utilisé les provinces romaines mais les territoires actuel (...)

7Une répartition des coins selon l’origine géographique de leurs découvertes (fig. 1) produit également des résultats assez marqués1. Plusieurs pays ont livré entre un et six coins : Grande-Bretagne, Belgique, Allemagne, Suisse et Italie. Il faut relever le fait que deux coins seulement proviennent d’Italie. D’ailleurs l’un d’eux, prétendument découvert à Ostie mais passé par une vente en Suisse, a une origine suspecte (ESTIOT, AYMAR, 2002, p. 90, n. 85). Un ou deux coins italiens donc, dont aucun trouvé à Rome même, cela est bien peu pour ce territoire et cette capitale qui a hébergé l’atelier principal sinon unique de tout l’Empire. Mais précisons que presque toutes les découvertes de coins sont situées en dehors des villes-ateliers connues. Les pays balkaniques et l’Espagne ont livré respectivement dix-huit et douze coins, chiffres déjà assez élevés. Mais c'est de France que provient près de la moitié des coins romains, soit quarante-sept sur cent treize ex. (42 %), part bien sûr très importante et a priori étonnante. Plus étonnante encore est la répartition géographique de ces découvertes françaises (fig. 2) : les départements bourguignons (Côte-d’Or, Yonne et Saône-et-Loire), auxquels nous ajoutons l’Allier – la découverte de Chassenard ne se trouve qu’à 500 m de la Saône-et-Loire –, ont livré vingt-sept coins, soit 57 % de l’effectif national.

Fig. 2. Répartition chronologique et géographique des coins romains découverts en France.

Fig. 2. Répartition chronologique et géographique des coins romains découverts en France.

D’après l’inventaire de W. Malkmus. Rép. : République ; Aug. : Auguste ; Tib. : Tibère ; Calig. : Caligula ; Tib./Cg. : Tibère ou Caligula ; Tétr. : Tétrarchies ; ind. : indéterminé.

8Précisons que ces deux surreprésentations relevées (du très Haut-Empire et d’une Bourgogne un peu élargie) se rejoignent : sur les trente coins monétaires datant des règnes de Tibère et de Caligula découverts en Europe, vingt-six proviennent de Bourgogne ; sur les vingt-sept coins découverts en Bourgogne, vingt-six datent des règnes de Tibère et de Caligula. J. Lafaurie d’abord (LAFAURIE, 1970) puis surtout M. Amandry (AMANDRY, 1991) et S. Estiot (ESTIOT, AYMAR, 2002) avaient déjà pointé cette double particularité. Les inventaires et les cartes de répartition de leurs études montraient clairement cette concentration de coins romains du Haut-Empire en Bourgogne.

II. Les découvertes régionales

  • 2 Nous n’avons pas retenu le coin de Tétricus (MALKMUS, 2008, V-54g), non conservé, qui aurait été d (...)

9Voici le rappel de ces découvertes régionales, qui sont toutes anciennes, voire très anciennes (certains coins ne nous sont d’ailleurs pas parvenus), classées par ordre chronologique de découverte2. Nous ne renvoyons ici qu’aux références bibliographiques les plus anciennes et aux numéros du corpus de W. Malkmus :

101 - Autun (Saône-et-Loire) en 1704

Sept coins de « Tibère et de Caligula »

Localisation : inconnue.

Contexte : inconnu.

Conservation : tous disparus.

Bibliographie : LENORMANT, 1877, p. 503 ; MALKMUS, 2008, V-30b à V-30h.

11Malgré sa grande imprécision, nous pensons que la lettre écrite par C.-F. Ménestrier en 1705, citée par C. Lenormand, est fiable car les deux règnes mentionnés correspondent exactement aux trouvailles bourguignonnes postérieures.

122 – Auxerre (Yonne) en 1799

Six coins de Tibère (3 droits, 3 revers)

Localisation : derrière les murs de l’abbaye St-Julien, dans le voisinage du moulin du Batardeau.

Contexte : dans « une espèce de fourneau » en pierres, à un mètre de profondeur.

Conservation : deux à la BnF, deux à la Monnaie de Paris (un brisé) et deux au Musée d’Auxerre (disparus)

Bibliographie : LAIRE, 1801, p. 56-57 ; MALKMUS, 2008, V-24 à V-26.

133 - Paray-le-Monial (Saône-et-Loire) en 1863

Quatre coins de Tibère (2 droits, 2 revers), trois de Caligula (2 droits, 1 revers), un coin ind. (?)

Localisation : Les Comblettes (à 2 km au sud de la ville).

Contexte : sous une tuile romaine, à 30 cm de profondeur.

Conservation : cinq au MAN, deux disparus (?), un au Musée de Paray-le-Monial.

Bibliographie : CUCHERAT, 1863 ; DÉCHELETTE, 1902, p. 389-393 ; MALKMUS, 2008, V-19-V-20 et V-28 à V-33.

  • 3 Signalons d’ailleurs que dans ce catalogue d’exposition les photographies des nos 52 et 54 sont im (...)
  • 4 Nous tenons à remercier Maud Siron, assistante de conservation au Musée du Hiéron de Paray-le-Moni (...)

14L’abbé Cucherat est le premier à décrire cette découverte de 1863 qui selon lui comportait sept coins. Il ne les identifie pas très bien, en précisant d'ailleurs que « deux coins sont aux mains d’un amateur qui m'a devancé ». Quarante ans plus tard, J. Déchelette reprend la découverte, dessine et identifie bien les cinq coins qui sont conservés au Musée des Antiquités nationales. Il mentionne en outre un sixième coin de Tibère conservé au Musée de Paray-le-Monial, et se demande s’il faisait ou non partie de la découverte de 1863. Nous pensons qu’il est hautement probable que ce coin appartienne bien à ce groupe de coins de même époque recueillis dans la même commune, dont deux présentent un profil tronconique un peu arrondi absolument identique (AMANDRY, 1991, p. 95, nos 51 et 52)3. On a cru un moment que ce coin était égaré (VERMEULE, 1954, p. 22 ; MALKMUS, 2008, V-19), et il n’a pas été souvent illustré (GIARD, 1976, pl. A, n° 13 ; GIARD, 1983, pl. I, n° 7). C’est pourquoi nous pensons utile de confirmer sa présence actuelle dans les collections du Musée du Hiéron à Paray-le-Monial (inv. 62.0.78.27) et d’en donner de nouvelles photographies4 (fig. 3). Précisons que le type, gravé sur le petit côté de cet objet, est celui d’un revers d’aureus tibérien avec l’effigie du divin Auguste (RIC I2 24).

Fig. 3. Coin de Tibère découvert à Paray-le-Monial (Saône-et-Loire) en 1863 (?).

Fig. 3. Coin de Tibère découvert à Paray-le-Monial (Saône-et-Loire) en 1863 (?).

Conservé au Musée du Hiéron de Paray-le-Monial (inv. 62.0.78.27). Poids : 292 g ; long. : 43,1 mm ; diam. max. : 32,1 mm.

Photos J. Grosbost.

154 - Chassenard (Allier) en 1874

Deux coins de Tibère et deux illisibles (2 droits, 2 revers).

Localisation : champ du Domaine de Vivant (à 3 km au nord du village).

Contexte : tombe d’un officier de cavalerie, datée de Caligula d’après le mobilier (BECK, 1991).

Conservation : quatre au MAN.

Bibliographie : DÉCHELETTE, 1902, p. 372-387 ; MALKMUS, 2008, V-34 à V-37.

165 – Vertault (Côte-d’Or) en 1888

Un coin de Tibère (revers).

Localisation : inconnue.

Contexte : inconnu.

Conservation : disparu.

Bibliographie : ENGEL, 1888 ; MALKMUS, 2008, V-27.

17À ce catalogue des coins monétaires de la région, qui a souvent été repris tel quel (MARTIN, 2015, p. 279-283 ; CHARRIER, 2022, p. 168-171), nous voulons ajouter quelques objets et enrichir la carte de répartition d’au moins deux nouveaux points de découverte.

18Il faut d’abord corriger l’oubli par tous d’une découverte pourtant moins ancienne que les autres et publiée par un illustre archéologue dans les Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Cette découverte, qui renforce les concentrations déjà relevées, est importante parce qu’elle est située dans une ville gallo-romaine de premier plan :

196 - Alise-Sainte-Reine (Côte-d’Or) en 1937

Un coin de Tibère (droit).

Localisation : Alésia. En Belles Oreilles, parcelle 424 de la section B du cadastre d’Alise.

Contexte : dans des latrines.

Conservation : disparu (?).

Bibliographie : ESPÉRANDIEU, 1937, p. 309.

20La mention est laconique, sans illustration, mais elle désigne sans ambigüité un coin de droit de denier ou d’aureus de Tibère.

21Par ailleurs les ventes publiques font régulièrement apparaître des coins inédits, hélas d’origine géographique inconnue ou très floue, mais qu’il est parfois tentant de relier à notre groupe bourguignon. Les plus intéressants sont deux objets vendus à six ans d’intervalle à Paris par CGB Numismatique :

227 - Poule-lès-Écharmeaux (Rhône) ? avant 2007

Deux coins ou deux poinçons de Tibère.

Localisation : hameau de Pey ?

Contexte : ?

Conservation : coll. privée.

Vente CGB 32 (2007) n° 128 et vente CGB 57 (2013) n° 235.

23Ces coins auraient été trouvés à Poule-lès-Écharmeaux dans le « buffet ancien » d’une cave du hameau de Pey. Cette commune du haut Beaujolais est certes relativement proche de notre zone de concentration, mais que nous dit ce tiroir de meuble du lieu de découverte initiale ? Rien sans doute. C’est pourquoi nous n’avons pas intégré ce site à notre carte de répartition. Le marchand a avancé que ces objets pouvaient provenir de la trouvaille de Paray-le-Monial (à 43 km), mais sans argument. Il s’agit là encore de matrices portant des types de deniers de Tibère mais qui ont la particularité de présenter une effigie et une légende en relief et en positif ; le marchand les a donc décrits comme des coins ayant une monnaie « enchâssée », c'est-à-dire qui serait restée collée suite à une frappe. Cependant l’examen des photos diffusées (fig. 4 et 5) peut aussi faire penser à des poinçons, matrices (en positif) conçues pour produire rapidement des coins monétaires (en négatif). Sur la question de l’utilisation de ces outils, appelés hub en anglais, voir l’étude de C. Stannard (STANNARD, 2011, p. 59).

Fig. 4. Coin de Tibère découvert à Poule-lès-Écharmeaux (Rhône) ? avant 2007.

Fig. 4. Coin de Tibère découvert à Poule-lès-Écharmeaux (Rhône) ? avant 2007.

Vente CGB 32 (2007) n° 128. Poids : 162 g ; long. : 36,5 mm ; diam. max. : 31,5 mm.

Photos CGB.

Fig. 5. Coin de Tibère découvert à Poule-lès-Écharmeaux (Rhône) ? avant 2007.

Fig. 5. Coin de Tibère découvert à Poule-lès-Écharmeaux (Rhône) ? avant 2007.

Vente CGB 57 (2013) n° 235. Poids : 83,15 g ; long. : 27 mm ; diam. max. : 26 mm.

Photos CGB.

III. Les nouveaux coins découverts à Oulon

  • 5 Issus de prospections non autorisées, probablement au détecteur de métaux, ces deux objets ont été (...)

24Enfin, il faut parler de deux découvertes récentes situées encore en Bourgogne qui, sans être inédites (DHE et alii, 2012, p. 70), sont restées à peu près ignorées de la communauté scientifique. Ces deux coins romains présentent d’abord la particularité d’avoir été découverts dans le même champ de la commune d’Oulon (Nièvre), à une dizaine de mètres l’un de l’autre, mais à deux ans d’intervalle5. Cependant, le plus extraordinaire concerne leur chronologie : ils ne datent pas des règnes de Tibère ou de Caligula, comme tous les autres coins provenant de la région, mais de la République et du règne d’Auguste.

258 - Oulon (Nièvre) le 31-12-2005

Un coin d’Antoine (revers) de 32-31 av. J.-C. (RRC 544/21).

Poids : 181,55 g ; long. : 35,4 mm ; diam. max. : 31,8 mm.

Localisation : Marolles, Le Champ d’Aubues.

Contexte : dans les labours.

Conservation : Musée R. Rolland de Clamecy (inv. 2007.2.1).

Bibliographie : DHE et alii, 2012, p. 70, n° 127.

26Ce premier coin est déjà une surprise car dans l’ensemble des Gaules (France, Belgique, Suisse) les coins de la République sont des découvertes rares. On n’en compte que trois, dont deux sont bien localisés et publiés :

  • Latour-de-France (Pyrénées-Orientales) avant 1853 : un coin républicain (droit) de 101 av. J.-C. (RRC 323/1) ; RICHARD, 1977 ; MALKMUS, 2008, V-27.
  • Orange, environs (Vaucluse) en 2007 : un coin républicain (revers) de 82/81 av. J.-C. (RRC 366/2b) ; vente CGB 29 (2007), n° 51.
  • Gressy-Sermuz (CH, canton de Vaud) en 2012 : un coin républicain (revers) de 79 av. J.-C. (RRC 382/1b) ; GEISER, CAPT, 2011.
  • 6 Un test avec aimant s’est révélé négatif sur les deux coins d’Oulon. Nous tenons à remercier chale (...)

27Le premier coin d’Oulon (fig. 6) est en bronze6. Il représente trois étendards militaires verticaux, une aquila de légion entre deux signa de manipule (TÖPFER, 2011, p. 99 et p. 115 n. 729), type de revers des célèbres deniers « légionnaires » de Marc Antoine. La légende horizontale nomme l’une des vingt-trois légions qui composaient l’armée d’Antoine avant Actium (BRUNT, 1971, p. 505), ici LEG VIII pour la legio octaua (RRC 544/21). La chronologie de cette énorme production monétaire fait consensus : 32 à 31 av. J.-C., c’est-à-dire pendant les deux ans qui ont précédé la bataille d’Actium (SYDENHAM, 1952, p. 195 ; CRAWFORD, 1974, p. 102 ; WOYTEK, 2007, p. 503). L’atelier monétaire, forcément situé en Grèce ou en Asie mineure, que contrôlait Antoine, est plus difficile à identifier. Si Éphèse a pu être évoquée, il y a de bons arguments en faveur de Patras (Péloponnèse), quartier général de l’imperator pendant l’hiver 32-31 av. J.-C. (WOYTEK, 2007, p. 507-508 ; HOLLSTEIN, 2016, p. 269-270).

Fig. 6. Coin d’Antoine découvert à Oulon (Nièvre) le 31/12/2005.

Fig. 6. Coin d’Antoine découvert à Oulon (Nièvre) le 31/12/2005.

Conservé au Musée R. Rolland de Clamecy (inv. 2007.2.1). Poids : 181,55 g ; long. : 35,4 mm ; diam. max. : 31,8 mm.

Photos L. Popovitch.

28Ce coin est le seul de cette série d’Antoine à avoir été découvert dans les provinces occidentales, mais on en connaît par ailleurs sept exemplaires, dont deux paires de droit et revers. La plupart sont apparus dans des ventes publiques récentes et leurs origines sont hélas assez floues. Lorsqu’elles sont connues, les provenances sont balkaniques :

a) Sremska Mitrovica, près de (Serbie), déc. avant 1960 : un coin d’Antoine (droit) de 32-31 av. J.-C. ; PEGAN, 1965 ; MALKMUS, 2008, V-7u.

b) Balkans, déc. avant 1995 (acquis par le Musée archéologique de Francfort) : un coin d’Antoine (droit) de 32-31 av. J.-C. MOESTA, FRANKE, 1995 p. 88 ; MALKMUS, 2008, V-7q.

c) Balkans, déc. avant 1995 (acquis par le Musée archéologique de Francfort) : un coin d’Antoine (revers) de 32-31 av. J.-C. (LEG IV, RRC 544/17) ; MOESTA, FRANKE, 1995 p. 88 ; MALKMUS, 2008, V-7r.

d) Montana, environs (Bulgarie), déc. vers 2000 : un coin d’Antoine (droit) de 32-31 av. J.-C. ; vente Triton V (2002), n° 1849 ; vente Heritage 3105 (2023), n° 32073 ; MALKMUS, 2008, V-7o.

e) Montana, environs (Bulgarie), déc. vers 2000 : un coin d’Antoine (revers) de 32-31 av. J-C. (LEG VI, RRC 544/19) ; vente Gemini I (2005), n° 299 ; MALKMUS, 2008, V-7l.

f) Provenance inconnue : un coin d’Antoine (revers) de 32-31 av. J-C. (LEG XII ANTIQVAE, RRC 544/9) ; vente Gemini X (2013), n° 467 ; vente CNG 109 (2018), n° 749.

g) Provenance inconnue : un coin d’Antoine (revers) de 32-31 av. J-C. (LEG VI, RRC 544/19) ; vente Gemini X (2013), n° 473 ; vente CNG 109 (2018), n° 750.

29Ces sept coins forment un groupe imposant mais assez hétérogène : ils présentent une grande variété d’aspects et de profils (fig. 7) et aucun, même parmi les coins de revers, ne se rapproche vraiment de celui d’Oulon. Mais il convient d’être prudent avec ces objets dont l’authenticité est discutée. Beaucoup d’auteurs pensent qu’il s’agit de coins de faux-monnayeurs antiques, ou même de faux modernes (PEGAN, 1965, p. 435 ; WOYTEK, 2007, p. 503 ; PAUNOV, 2014, p. 32-33), même si tous s’accordent à dire la difficulté de distinguer les coins officiels des coins irréguliers (CRAWFORD, 1974, p. 576). Certains coins irréguliers semblent avoir été produits non par une gravure directe, mais par poinçonnage ou par transfert, c’est-à-dire en estampant une monnaie originale, ce qui ne paraît jamais avoir été le cas pour les coins d’ateliers officiels (STANNARD, 2011 ; PAUNOV, 2014). L’état de conservation du coin d’Oulon ne permet pas de juger de la qualité de sa gravure, mais le tracé du grènetis, d’un diamètre de 14,1 mm, est complet et assez bien centré sur la surface de frappe, ce qui plaide pour une origine officielle.

Fig. 7. Les coins d’Antoine découverts dans le monde romain avant celui d’Oulon.

Fig. 7. Les coins d’Antoine découverts dans le monde romain avant celui d’Oulon.

De haut en bas : a. Sremska Mitrovica, avant 1960 ; b. et c. Balkans, avant 1995 (Musée de Francfort) ; d. et e. Montana, vers 2000 ; f. et g. Provenance inconnue.

309 - Oulon (Nièvre) le 13-05-2007

Un coin d’Auguste (revers).

Poids : 170,43 g ; long. : 43,3 mm ; diam. max. : 33,0 mm.

Localisation : Marolles, Le Champ d’Aubues.

Contexte : dans les labours (à une dizaine de mètres de la découverte de 2005).

Conservation : Musée R. Rolland de Clamecy (inv. 2022.3.1).

Bibliographie : DHE et alii, 2012, p. 70, n° 128.

  • 7 Le prétendu coin de droit de sesterce de Vespasien, vendu à Londres en 1948 par Sotheby, a été ide (...)

31Le second coin d’Oulon date du règne d’Auguste, ce qui n’est pas exceptionnel : le corpus de W. Malkmus en donne seize autres exemplaires, dont sept découverts en France (MALKMUS, 2008, V-13 à V-18, V21 à V-23c). En revanche, ce qui est exceptionnel, c’est qu’il s’agit d’un coin destiné à frapper des monnaies de cuivre. On ne connaît qu’un autre coin romain antérieur à la réforme de Dioclétien qui a été conçu pour frapper du métal vil7 : découverte française récente mais mal documentée (« Sud de la Haute-Loire »), il s’agit d’un autre coin augustéen, celui-ci de droit, destiné à produire des dupondii de Nîmes de la série Ib (RICHARD et alii, 2012).

32Le coin de revers d’Oulon porte le célèbre type de l’autel de Lyon et la légende ROM ET AVG, pour (ara) Rom(ae) et Aug(usti), « autel de Rome et d’Auguste » (fig. 8). Le diamètre de son grènetis (22,9 mm) correspond à celui d’un as. Certains détails dans sa gravure, de bon style, permettent de déterminer qu’il appartient à la première série de ces as lyonnais (RIC I2 230 = Lyon 1, 73) : les lignes horizontales du rectangle de l’autel ne sont pas dédoublées, les couronnes tenues par les Victoires n’ont pas de rubans et il n’y pas de point au-dessus des deux formes centrales en forme de fer à cheval (VAN HEESCH, 1992, p. 83). D’autres détails révèlent que ce type appartient à l’atelier principal de Lyon : J.-M. Doyen a montré que les revers des monnaies issues de l’atelier dit auxiliaire, situé probablement à Cologne, se reconnaissaient à leurs mots toujours séparés par des points, aux A bien barrés et, sur la ligne entre les pieds des victoires, aux deux formes centrales flanquées de deux et deux figures seulement (DOYEN, 2007, p. 56), ce qui n'est pas le cas ici. Enfin, nous suivons J. Van Heesch qui, avec de bons arguments, date cette première série de Lyon de 7 à 3 av. J.-C. (VAN HEESCH, 1993).

Fig. 8. Coin d’Auguste découvert à Oulon (Nièvre) le 13/05/2007

Fig. 8. Coin d’Auguste découvert à Oulon (Nièvre) le 13/05/2007

Conservé au Musée R. Rolland de Clamecy. Poids : 170,43 g ; long. : 43,3 mm ; diam. max. : 33,0 mm.

Photos L. Popovitch.

IV. Hypothèses d’interprétation

33Ainsi, l’inventaire connu augmenté de ces nouveaux éléments, retenons que sur la cinquantaine de coins monétaires découverts en France, trente proviennent d’une Bourgogne un peu étendue et, à trois exceptions près, datent des règnes de Tibère et de Caligula (14 à 41). Et que ces vingt-sept coins étaient destinés à produire des aurei et/ou des deniers, tous attribués à Lyon, le seul atelier romain qui a frappé de l’or et de l’argent entre 12 av. J.-C. et 64 ap. J.-C. (GIARD, 1983 ; ZEHNACKER, 1997 ; SUSPÈNE, 2014). Il y a donc là quelque chose de significatif qu’il faut tenter de comprendre et d’interpréter.

34D’abord, l’hypothèse de faux coins fabriqués pour frapper de la monnaie frauduleuse, intéressante parce que les deniers fourrés de Tibère au revers Pontif Maxim sont nombreux en Gaule (DOYEN, 2007, p. 116-117), a toujours été écartée étant donné la bonne qualité de gravure des coins observés (LAFAURIE, 1970, p. 546 ; GIARD, 1988, p. 7 ; AMANDRY, 1991, p. 92).

35Ensuite, il n’est pas difficile de constater que les découvertes de ces coins se répartissent essentiellement sur la cité des Éduens (fig. 9), depuis ses confins nord (Auxerre) jusqu’au sud (Paray-le-Monial et Chassenard), en passant par son centre (Oulon et la capitale Autun). Ce territoire déborde ici un peu vers l’est, jusqu’à deux villes importantes de la cité des Lingons, Vertault et Alésia (BARRAL et alii, 2002). Est-il nécessaire de signaler que la cité des Éduens se trouve à proximité de Lyon et de son atelier monétaire (à 100 km à vol d’oiseau depuis Paray-le-Monial) ?

Fig. 9. Carte de répartition des coins romains précoces découverts dans la Gaule du Centre-Est.

Fig. 9. Carte de répartition des coins romains précoces découverts dans la Gaule du Centre-Est.

La très douteuse localisation de Poule-lès-Écharmeaux n’a pas été retenue. R : coin de la République ; A : coin d’Auguste ; T : coin de Tibère ; G : coin de Caligula ; carré rouge vide : coin indéterminé.

36Et donc, il est tentant de relier cette série de coins, majoritairement tibériens et découverts en territoire éduen, à un événement militaire connu du règne de Tibère qui a concerné la Gaule romaine et la cité des Éduens en particulier : la révolte armée menée entre autres par l’Éduen Julius Sacrovir en 21 ap. J.-C. (TACITE, Annales, III, 40-46). Cette révolte a été réprimée en Gaule par la cohorte de Lyon chez les Andécaves et les Turons, puis par deux légions de Germanie chez les Séquanes et les Éduens. De nombreux auteurs ont bien sûr fait ce rapprochement et ont proposé différentes lectures de cette réalité. Mais aucune des hypothèses suivantes n’est entièrement satisfaisante :

  • un pillage de l’atelier monétaire de Lyon par les insurgés de 21, suivi de la dispersion des coins dans la cité des Éduens (LAFAURIE, 1970, p. 546-547 ; GIARD, 1983, p. 31 ; ZEHNACKER, 1987, p. 332 ; ESTIOT, AYMAR, 2002, p. 91). Voler des monnaies ou les moyens d’en produire aurait certes servi la cause des Gaulois, mais la XVIIe cohorte ad monetam basée à Lyon aurait sans doute empêché l’attaque à main armée de son atelier (AMANDRY, 1991, p. 92 ; VOISIN, 2002, p. 174). Et si un tel hold up avait eu lieu, les historiens n’auraient certainement pas oublié un épisode aussi spectaculaire, à commencer par Tacite qui fait un récit détaillé de la révolte de 21. Enfin, les coins de Caligula découverts en Bourgogne ne peuvent pas avoir été volés pendant le règne de Tibère.
  • l’existence d’un ou plusieursateliers monétaires itinérants, suivantles légions ou les cohortes en opérations (LEGENTILHOMME, 1946, p. viii ; LAFAURIE, 1970, p. 547). Ces ateliers mobiles, constitués par des monétaires détachés de l’atelier de Lyon ou appartenant à l’armée, auraient pu être pris par les insurgés, d’où la dispersion des coins en territoire éduen (ESTIOT, AYMAR, 2002, p. 91-92 ; VOISIN, 2002, p. 174). Cette hypothèse est séduisante parce que le phénomène est bien connu à partir de la fin de la République. Pendant les guerres civiles, les imperatores en campagne faisaient régulièrement frapper monnaie à leur nom. Sans doute illégale à l’origine, cette pratique s’est largement répandue (ZEHNACKER, 1973, p. 59, 358 et 744 ; CRAWFORD, 1974, p. 604 ; LAIGNOUX, 2014, p. 213 ; VANHEESCH, 2014, p. 150). On en comprend bien les avantages : éviter tous les risques liés aux transports de fonds et éviter les retards dans le versement des soldes, des récompenses, ou le paiement des denrées diverses. Un vers de Lucain (Pharsale, I, 380) est la seule source littéraire qui évoque ces ateliers monétaires dans les camps militaires de la fin de la République : la « moneta castrensis». Une production monétaire au sein de l’armée du Haut-Empire est quant à elle révélée par différentes découvertes archéologiques, comme celle d’un coin de denier de Tibère à l’intérieur du camp légionnaire de Vindonissa-Windisch en Suisse (DOPPLER et alii, 2004), ou les restes d’un atelier de frappe d’as claudiens par le camp légionnaire de Camulodunum-Colchester en Angleterre (KENYON, 1987). Et rappelons que les quatre coins de Chassenard ont été découverts avec notamment un « casque-visage », dans la sépulture d’un officier de cavalerie auxiliaire (BECK, 1991 ; REDDÉ, 2014, p. 131-132). Mais l’existence d’une ou plusieurs monetae castrenses pendant la révolte de Sacrovir n’explique pas que la plupart des coins (quinze sur vingt-six) proviennent de villes comme Autun, Auxerre, Alésia et Vertault, et encore moins la présence des coins de Caligula.
  • l’existenced’ateliers monétaires auxiliaires de Lyon, installés provisoirement dans des villes éduennes ou lingones au moment de la révolte de Sacrovir, toujours pour fournir du numéraire à l’armée romaine en intervention, et eux-mêmes possiblement pillés par des rebelles gaulois. Cette variante de l’hypothèse précédente permet de comprendre les découvertes urbaines (AMANDRY, 1991, p. 92 ;VOISIN, 2002, p. 174), mais toujours pas la présence des coins de Caligula.
  • enfin, variante des hypothèses précédentes pour tenter d’expliquer les coins de Caligula : des ateliers militaires installés en Bourgogne au moment, non pas de la révolte de Sacrovir et de sa répression par les deux légions de Silius, mais d’une série de troubles qu’auraient connus les Gaules sous Caligula, en relation avec la présence du prince à Lyon et ses projets de campagne militaire contre la Germanie puis contre la Bretagne ; ateliers qui auraient pu eux-mêmes subir le vol de leurs coins (LAFAURIE, 1970, p. 547 ;AMANDRY, 1991, p. 92 ; ESTIOT, AYMAR, 2002, p. 91-92).

37Toutes ces interprétations se heurtent au fait que les opérations militaires évoquées ont été d’une envergure limitée, bien loin par exemple de celles menées par les huit à douze légions de César pendant la Guerre des Gaules, et qu’elles ont été assez courtes : elles n’ont pas duré au-delà de l’année 21 pour la première, ou de 39/40 pour les secondes. Elles n’auraient donc pas nécessité qu’une ou plusieurs monetae suivent les troupes en mouvement, ou bien les alimentent en numéraire depuis autant de villes gauloises.

*

38C’est pourquoi nous proposons une autre interprétation, un peu différente des précédentes. Nous pensons que les nombreuses découvertes de coins en Bourgogne sont certes le souvenir de l’activité d’ateliers monétaires liée à la présence de l’armée romaine. Mais nous pensons que l’essentiel de cette activité monétaire n’est pas contemporaine de la courte campagne menée en 21 pour réprimer la révolte de Sacrovir, mais des quelques décennies qui ont suivi, c’est-à-dire pendant la probable occupation de la cité des Éduens par des troupes romaines à la suite de cette crise. À partir de 43, les soldats encore présents dans la région ont certainement dû quitter la Gaule pour participer à la conquête de la Bretagne lancée par Claude.

39Après le siège d’Alésia, on sait que César a installé des troupes en Gaule chevelue pour contrôler la situation et pour assurer la paix. Pendant l’hiver 51-50 av. J.-C., quatre légions ont été envoyées chez les Belges et autant chez les Éduens (BG, VIII, 54). Ces huit légions sont restées stationnées en Gaule jusqu’en 49 av. J.-C. et une partie d’entre elles sans doute au-delà, jusqu’en 12 av. J-C. et le début de la campagne de Drusus en Germanie (REDDÉ, 2006). Le maintien d’une présence de l’armée romaine en Gaule plusieurs décennies après la conquête est confirmé par le nombre et la répartition des militaria césaro-augustéens (POUX, 2008).

  • 8 Le camp d’Arlaines se trouve également près de Soissons où deux coins de Claude ont été découverts (...)

40Même si les textes sont muets à ce sujet, la découverte d’une série de camps militaires en Gaule intérieure a permis de comprendre que Rome avait exercé une surveillance armée analogue à la suite d’événements plus récents. Les castella d’Arlaines dans l’Aisne et d’Aulnay-en-Saintonge en Charente-Maritime, qui sont datés par leur mobilier des règnes de Tibère à Claude, ont certainement été implantés au moment de la révolte de 21 et ont été occupés pendant deux ou trois décennies (REDDÉ, 1985 ; REDDÉ, 1996 ; TRONCHE, 1996 ; VON SCHNURBEIN, 2006a). Ils étaient judicieusement situés à proximité de capitales de province (Reims et Saintes) et de cités révoltées (les Trévires et les Andes)8. De même, le camp de légion de Mirebeau-sur-Bèze a été installé en territoire lingon à la suite de la révolte de Sabinus en 70, et il a été occupé pendant près de vingt ans (GOGUEY, REDDÉ, 1995 ; REDDÉ, 2013).

41Il est donc permis de penser qu’un ou plusieurs camps romains ont été implantés chez les Éduens pour surveiller leur territoire après la révolte de Sacrovir, et que cette occupation militaire a pu durer deux ou trois décennies. Et donc qu’une ou des monetae castrenses ont pu fonctionner pendant toute cette période, d’où la présence de coins non seulement de Tibère mais aussi de Caligula parmi les découvertes bourguignonnes. Il n’est donc pas nécessaire de relier ces coins tardifs à des événements qui ont eu lieu pendant le règne de Caligula. Le sud du territoire des Éduens, idéalement situé entre Lyon et Autun, pourrait avoir été choisi pour installer l’un de ces camps. Par exemple vers Paray-le-Monial et Chassenard, dont les découvertes de coins sont certainement liées (seuls 10 km les séparent). Ces deux sites, qui n’ont livré pour le moment aucun vestige antique significatif, se trouvent sur l’Allier et la Bourbince, et on connaît l’habitude de l’armée romaine d’installer ses camps près d’un cours d’eau navigable (VON SCHNURBEIN, 2006b). L’officier enterré à Chassenard vient-il du proche castellum d’une aile de cavaliers auxiliaires ? Le site d’Oulon aux abords de l’Aron, affluent de la Loire, est un autre candidat intéressant. De même que le camp légionnaire de Mirebeau-sur-Bèze a volontairement été implanté à proximité d’un grand sanctuaire de tradition indigène (VENAULT, 2006), un camp a-t-il été installé à Oulon, à 8 km du sanctuaire de Compierre à Champallement, pour en contrôler la fréquentation ?

42L’hypothèse de plusieurs monetae castrenses, ou peut-être d’une moneta castrensis mobile et partagée entre différents camps, n’exclut pas celle d’une ou plusieurs monetae urbanae placées sous le contrôle de l’armée, elles-mêmes itinérantes ou provisoires, et dont les découvertes de coins à Auxerre, Autun, Alésia et Vertault seraient le souvenir. D’après M. Poux, la dispersion des militaria dans de nombreuses agglomérations sur l’ensemble de la Gaule peut révéler une large occupation des territoires conquis après la Guerre des Gaules. Occupation qui a dû être fondée sur un réseau dense de sites, plus dispersés et plus restreints que le camp de légion, par de petites unités composées de quelques dizaines ou centaines d’hommes cantonnés dans des quartiers plus ou moins séparés du reste de la ville (POUX, 2008, p. 426-427). Un réseau analogue de villes occupées quadrillant le territoire des Éduens et des Lingons voisins a-t-il été réactivé après la révolte de 21 ? A-t-il fonctionné quelques décennies après cet événement ? Dans ce sens, l’étude des militaria d’Autun a montré une forte représentation du Ier siècle (trente-quatre objets sur quarante-six), compatible avec une occupation militaire au début du Haut-Empire (FORT, LABAUNE, 2008, p. 150). À Chalon, ville éduenne importante, les indices d’une présence militaire pendant le Ier siècle sont plutôt épigraphiques (CIL, XIII, 2613, 2615, 2603).

43Si la dispersion de coins monétaires dans la cité des Éduens est peut-être le souvenir d’une occupation militaire par des castella isolés et/ou par de petites garnisons urbaines, la cause de leur abandon est plus difficile à expliquer. Des vols peuvent bien sûr être envisagés, mais les découvertes montrent plutôt d’autres situations. Alésia et Vertault mises à part, on constate que les coins sont toujours par groupe de deux jusqu’à sept, ce qui est considérable. Et les contextes archéologiques observés – à Auxerre et à Paray-le-Monial – sont ceux de dépôts organisés avec soin, et non pas de cachettes improvisées. Ce qui fait donc plutôt penser à des lots d’outils monétaires proprement mis à l’abri par qui de droit. Car si des coins ont pu être volés, c’est pour être utilisés, pas thésaurisés. Le coin des latrines d’Alésia correspond lui manifestement à une perte accidentelle, habituelle dans ces lieux. Enfin, la sépulture de l’officier de cavalerie de Chassenard est bien sûr un cas particulier. Le dépôt de deux paires de coins a dû être un privilège (MARTIN, 2015, p. 282), certainement lié à sa charge : comme officier auxiliaire, il a dû faire frapper monnaie pour pouvoir verser directement la solde de ses compatriotes gaulois (REDDÉ, 2014, p. 132).

44Enfin, il faut tenter d’interpréter la présence détonante des deux coins d’Oulon au milieu de ce large ensemble de coins de deniers et d’aurei des règnes de Tibère et de Caligula.

45Le coin républicain peut d’abord surprendre par sa datation haute, cinquante ans avant la révolte de Sacrovir, et par son origine géographique lointaine. Il faut cependant rappeler qu’en Occident, et notamment en Gaule, l’abondance et la longue utilisation des deniers d’Antoine sont bien connues. Ces deniers figurent en bonne proportion parmi l’argent thésaurisé et en circulation au Ier siècle (jusqu’à 20 %) et ils sont encore bien présents après le rappel des espèces anciennes par Trajan (WOYTEK, 2007, p. 512-518 ; DOYEN, 2011, p. 33-34). On les trouve encore en usage à l’époque des Sévères, comme par exemple dans la bourse d’un soldat tué à Lyon en 197 (DROST, PLANET, 2014).

46On a proposé d’expliquer la survie remarquable de ces monnaies par leur titre d’argent, qui était inférieur à celui des deniers frappés à Rome (en moyenne 92,2 % contre 96,8 %). Un passage de Pline l’Ancien (Hist. Nat., XXXIII, 46) parle d’ailleurs de la composition particulière de ces deniers, auxquels aurait été ajouté du « fer » (en fait, du plomb). Leur titre un peu plus faible serait lié à l’importance des frappes qui ont lieu avant la bataille d’Actium, ou à la volonté de les aligner sur les cistophores locaux (DILLON, 2007, p. 45 ; WOYTEK, 2007, p. 508-512). Comme J.-M. Doyen, nous pensons au contraire que la diffusion et la pérennité de ces deniers sont dues non à leur mauvaise qualité, mais à la force de leur iconographie (DOYEN, 2007, p. 33-34). Affichant des types purement militaires – une galère armée et des étendards terrestres –, célébrant toutes les légions de Rome en les énumérant, on devine qu’ils ont dû avoir un grand succès auprès des soldats. De plus, ne portant pas l’effigie d’Antoine, ils avaient l’avantage de paraître neutres politiquement : Octave lui-même n’aurait d’ailleurs pas évité de les utiliser pour payer ses troupes après Actium (DILLON, 2007, p. 43). Indices d’une popularité encore vive au IIe siècle, cette série connaît une émission de restitution sous le règne conjoint de M. Aurèle et L. Verus (RIC III 443), et son iconographie est évoquée par des vers hélas lacunaires de Festus (De Verborum Significatione, XVII, 274.14-29).

47Peut-on alors imaginer que des monetae castrenses aient continué de produire ces monnaies populaires longtemps après la mort d’Antoine pour répondre à l’attente des soldats ? On sait que l’État romain, lorsqu’il en avait les moyens, choisissait de diffuser certaines images monétaires plutôt que d’autres pour renforcer la loyauté et le moral des troupes (KEMMERS, 2014). Cette hypothèse de productions militaires tardives expliquerait d’une part la large diffusion et la longue circulation des deniers d’Antoine, et d’autre part la découverte d’autant de coins de cette série, tous fort éloignés de Patras, depuis les Balkans jusqu’à Oulon en territoire éduen.

48Si l’archivage de coins anciens a pu avoir cours dans des ateliers officiels (BABELON, 1901, col. 914 ; ZEHNACKER, 1973, p. 711-712 ; GIARD, 1976, p. 18), il nous paraît peu probable qu’un coin de la République, déplacé d’Orient en Occident, ait été conservé et utilisé cinquante ans après Actium ; même retouché, ce coin n’aurait pas résisté à un usage mécanique aussi prolongé (MOESTA, FRANKE, 1995, p. 87 et 91 ; CALLATAŸ, 1999, p. 91). C’est pourquoi nous pensons que ce coin d’Oulon, de même que les autres coins découverts dans les Balkans, ont été fabriqués à l’époque impériale par différentes monetae castrenses pour répondre à des besoins ponctuels et militaires (PAUNOV, 2014, p. 34). Fabriqués par poinçonnage ou par gravure directe, par des ouvriers déplacés depuis un atelier officiel ou appartenant à l’armée, cette origine semi-officielle expliquerait la variété d’aspect et de profil de tous ces coins (cf. fig. 7).

49Le second coin d’Oulon est le seul de notre ensemble bourguignon à n’avoir pas servi à frapper du métal précieux. S’agissant précisément d’un coin conçu pour produire des as de bon diamètre et donc de bon poids, l’hypothèse d’un faux antique est peu convaincante. On comprend bien le profit que pouvait faire un faux-monnayeur en fabriquant des aurei ou deniers au titre abaissé ou fourrés d’une âme en bronze (des subaerati). En revanche, celui qu’il aurait pu faire en fabriquant des (bons) as de cuivre n’est pas évident. À moins bien sûr de produire des subferrati (de fausses monnaies de cuivre avec une âme de fer) et cela en quantités industrielles (DOYEN et alii, 2017, p. 226). La présence de ce coin dans un contexte probablement militaire permet de vérifier que des monnaies viles ont bien fait partie des espèces qui ont été versées aux soldats. C’est sans doute à partir du règne d’Auguste que le stipendium a été payé, au moins en partie, en bronze (ZEHNACKER, 1983 ; WOLTERS, 2001). C’est ce que suggère un passage de Tacite décrivant la révolte des légions de Pannonie à la mort d’Auguste : celles-ci exigeaient non seulement une augmentation de la solde, mais aussi le retour de son versement en argent (TACITE, Annales, I, 17). Cependant, le matériel recueilli sur les sites militaires montre que l’or et l’argent représentaient encore l’essentiel de la valeur monétaire en possession des soldats romains : 90 % par exemple sur le site de la bataille de Kalkriese, datée de 9 de notre ère (KAENEL, 1999).

50La chronologie de ce coin d’Oulon est antérieure d’environ 25 ans à la révolte de Sacrovir, mais elle s’accorde cependant assez bien à ce que nous savons de la circulation monétaire en contexte militaire à l’époque de Tibère : après la mort de Drusus en 9 av. J.-C., les as à l’autel de cette série (RIC I2 230) ont été produits massivement par l’atelier de Lyon pour être avant tout diffusés en direction des camps de Germanie (WOLTERS, 2001). Les découvertes des sites augustéens ont montré que ces as constituaient l’essentiel du bronze en circulation : 86 % à Haltern et même 97 % à Kalkriese (KRAFT, 1955 ; BERGER, 1996). Quant aux sites militaires rhénans du Ier siècle, comme Windisch-Breite, Tenedo-Zurzach ou Oedenburg, leurs niveaux archéologiques tibériens ont livré encore une part importante d’as de cette première série de Lyon, soit de 25 % à 50 % des monnaies présentes (ROTH RUBI, 1994 ; DOPPLER, 2003 ; POPOVITCH, 2009).

51La découverte du coin d’Oulon en contexte probablement militaire laisse penser que certains de ces as RIC I2 230 ont pu être produits par une moneta castrensis après le règne d’Auguste, pendant une partie du règne de Tibère (KRAAY, 1952). Il est possible d’évoquer la faveur qu’ont pu avoir les types à l’autel dédié à Rome et à Auguste auprès des soldats, et donc une attente de leur part (SUTHERLAND, 1959, p. 53 ; KEMMERS, 2014, p. 231). Mais on peut aussi imaginer que cet atelier militaire, devant produire des monnaies de cuivre pour certains besoins urgents, ne disposait pas encore de coins tibériens pour frapper de nouveaux types, comme ceux au nom du Diuus Augustus Pater, dont on connaît pourtant la grande diffusion en Occident (BARRANDON et alii, 2010, p. 150).

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Notes

1 Pour cette ventilation nous n’avons pas utilisé les provinces romaines mais les territoires actuels, ce qui ne change rien au panorama général.

2 Nous n’avons pas retenu le coin de Tétricus (MALKMUS, 2008, V-54g), non conservé, qui aurait été découvert avant 1840 près de Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne), parce qu’il est fort éloigné de notre propos.

3 Signalons d’ailleurs que dans ce catalogue d’exposition les photographies des nos 52 et 54 sont imprimées à l’envers (retournées en miroir).

4 Nous tenons à remercier Maud Siron, assistante de conservation au Musée du Hiéron de Paray-le-Monial, pour nous avoir communiqué le dossier de cet objet, ainsi que Jocelyn Grosbost, étudiant en archéologie, pour avoir mené localement cette enquête et réalisé une belle série de photographies.

5 Issus de prospections non autorisées, probablement au détecteur de métaux, ces deux objets ont été donnés au Musée d’Art et d’Histoire Romain Rolland de Clamecy le 27 mai 2007 et le 14 avril 2022.

6 Un test avec aimant s’est révélé négatif sur les deux coins d’Oulon. Nous tenons à remercier chaleureusement Pierre-Antoine Jacquin, directeur du Musée d’Art et d'Histoire Romain Rolland de Clamecy, qui nous a offert toutes les facilités pour étudier ces deux objets.

7 Le prétendu coin de droit de sesterce de Vespasien, vendu à Londres en 1948 par Sotheby, a été identifié par R.A.G. Carson et C.C. Vermeule comme une monnaie incuse (VERMEULE, 1954, p. 31 ; MALKMUS, 2008, V-48).

8 Le camp d’Arlaines se trouve également près de Soissons où deux coins de Claude ont été découverts (MALKMUS, 2008, V-43 et V-44).

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Répartition chronologique et géographique des coins romains connus, d’après l’inventaire de W. Malkmus.
Légende GB : Grande-Bretagne ; F : France ; B : Belgique ; D : Allemagne ; CH : Suisse ; I : Italie ; Balk. : Balkans ; E : Espagne ; ind. : indéterminé.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17261/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 365k
Titre Fig. 2. Répartition chronologique et géographique des coins romains découverts en France.
Légende D’après l’inventaire de W. Malkmus. Rép. : République ; Aug. : Auguste ; Tib. : Tibère ; Calig. : Caligula ; Tib./Cg. : Tibère ou Caligula ; Tétr. : Tétrarchies ; ind. : indéterminé.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17261/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 268k
Titre Fig. 3. Coin de Tibère découvert à Paray-le-Monial (Saône-et-Loire) en 1863 (?).
Légende Conservé au Musée du Hiéron de Paray-le-Monial (inv. 62.0.78.27). Poids : 292 g ; long. : 43,1 mm ; diam. max. : 32,1 mm.
Crédits Photos J. Grosbost.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17261/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 628k
Titre Fig. 4. Coin de Tibère découvert à Poule-lès-Écharmeaux (Rhône) ? avant 2007.
Légende Vente CGB 32 (2007) n° 128. Poids : 162 g ; long. : 36,5 mm ; diam. max. : 31,5 mm.
Crédits Photos CGB.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17261/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 457k
Titre Fig. 5. Coin de Tibère découvert à Poule-lès-Écharmeaux (Rhône) ? avant 2007.
Légende Vente CGB 57 (2013) n° 235. Poids : 83,15 g ; long. : 27 mm ; diam. max. : 26 mm.
Crédits Photos CGB.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17261/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 506k
Titre Fig. 6. Coin d’Antoine découvert à Oulon (Nièvre) le 31/12/2005.
Légende Conservé au Musée R. Rolland de Clamecy (inv. 2007.2.1). Poids : 181,55 g ; long. : 35,4 mm ; diam. max. : 31,8 mm.
Crédits Photos L. Popovitch.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17261/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 601k
Titre Fig. 7. Les coins d’Antoine découverts dans le monde romain avant celui d’Oulon.
Légende De haut en bas : a. Sremska Mitrovica, avant 1960 ; b. et c. Balkans, avant 1995 (Musée de Francfort) ; d. et e. Montana, vers 2000 ; f. et g. Provenance inconnue.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17261/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 708k
Titre Fig. 8. Coin d’Auguste découvert à Oulon (Nièvre) le 13/05/2007
Légende Conservé au Musée R. Rolland de Clamecy. Poids : 170,43 g ; long. : 43,3 mm ; diam. max. : 33,0 mm.
Crédits Photos L. Popovitch.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17261/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 637k
Titre Fig. 9. Carte de répartition des coins romains précoces découverts dans la Gaule du Centre-Est.
Légende La très douteuse localisation de Poule-lès-Écharmeaux n’a pas été retenue. R : coin de la République ; A : coin d’Auguste ; T : coin de Tibère ; G : coin de Caligula ; carré rouge vide : coin indéterminé.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17261/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 794k
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Pour citer cet article

Référence papier

Laurent Popovitch, « Deux coins monétaires romains découverts récemment »Revue archéologique de l’Est, Tome 72 | 2023, 243-255.

Référence électronique

Laurent Popovitch, « Deux coins monétaires romains découverts récemment »Revue archéologique de l’Est [En ligne], Tome 72 | 2023, mis en ligne le 20 décembre 2023, consulté le 21 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/17261

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Laurent Popovitch

Université de Bourgogne, 2, bd Gabriel. 21000 Dijon. laurent.popovitch@u-bourgogne.fr

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