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Chronique des recherches sur le Mont Beuvray 2017-2021

Andrea Fochesato, Arnaud Meunier et Vincent Guichard
p. 153-241

Résumés

Cet article propose un bilan succinct des recherches effectuées sur le mont Beuvray et dans ses environs entre 2017 et 2021 dans le cadre du programme international de recherche consacré à l’oppidum de Bibracte. Les axes de la recherche se sont articulés autour de quinze opérations qui ont ciblé différents secteurs de l’oppidum. Au terme de ce cycle quinquennal, plusieurs opérations de terrain qui avaient été au cœur du cycle précédent s’achèvent, alors que d’autres se poursuivent ou démarrent, destinées à se prolonger dans les années à venir. C’est le cas par exemple de la fouille du secteur des Grandes Portes, qui enrichit le dossier des remparts de Bibracte dans une portion de l’enceinte encore très peu explorée. Au Parc aux Chevaux, l’achèvement de la fouille de l’espace public sous la terrasse PC15 conduit à s’interroger sur l’histoire et l’agencement de l’habitat alentour et, plus généralement, sur l’organisation urbaine de ce vaste quartier central tout au long du Ier s. av. n.è. La fouille de la domus PC2 confirme d’ores et déjà la richesse de la stratigraphie piégée sous les vestiges de la demeure augustéenne. Les campagnes de prospection géophysique menées à rythme annuel ont progressivement étendu la surface prospectée, avec d’excellents résultats qui ont généré de nouveaux projets de fouille, sur le sommet de la Chaume, à la Terrasse ou encore sur le versant méridional du mont Beuvray. Les recherches consacrées au territoire de Bibracte n’ont pas été en reste avec, par exemple, la poursuite de l’étude du sanctuaire gallo-romain au cœur d’une vaste agglomération du Ier s. av. n.è. aux Sources de l’Yonne, à 4 km des remparts de l’oppidum.

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Texte intégral

1Dans la suite de celles qui l’ont précédées (en dernier lieu : GUICHARD et alii, 2018c), cette chronique retrace de manière synthétique les avancées du programme de recherche sur le mont Beuvray. Elle prend en compte les années 2017-2021, le cycle quadriennal initialement prévu ayant été prolongé d’un an en raison des avancées très réduites constatées en 2020 dans le contexte de la pandémie de CoVID-19. Rappelons qu’une des spécificités de ce programme de recherche est le fait de mobiliser des compétences à l’échelle européenne. La présente chronique résume ainsi les travaux de l’ensemble d’une communauté scientifique nombreuse et dynamique, dont la liste des membres est rappelée en annexe. Les signataires de ces lignes tiennent ainsi à remercier les collègues dont les efforts animent et nourrissent le programme de recherche, accompagnés par les huit membres du Conseil scientifique de Bibracte, toujours fortement sollicités pour la construction de la programmation et l’évaluation de chaque étape de sa réalisation.

2Comme d’habitude, la chronique se focalise sur les données nouvellement acquises sur le terrain. À cet égard, la programmation 2017-2021 a connu une diversification importante des axes de recherche, avec quinze opérations qui ont concerné plusieurs secteurs de l’oppidum et ses abords (fig. 1), avec une activité très variée sur la période (fig. 2). Les prospections géophysiques se sont poursuivies sans interruption, apportant une foule de résultats, avec l’intégration d’équipes et d’approches nouvelles qui se sont concrétisées en deux projets spécifiques visant l’analyse des espaces « vides » de l’oppidum et la longue histoire agraire d’un versant du mont Beuvray. La fouille du « quartier artisanal » du Champlain, en arrière de la Porte du Rebout, engagée depuis 2013, s’est poursuivie, alors que d’autres chantiers qui avaient été au cœur du cycle précédent (l’Îlot des Grandes Forges, la domus PC1 et surtout la vaste clairière du Parc aux Chevaux et du Theurot de la Roche) se sont en revanche conclus avec d’ultimes observations complémentaires effectuées en marge de la préparation des publications des secteurs concernés et de la valorisation des vestiges.

Fig. 1. Mont Beuvray. Localisation des chantiers de fouille actifs entre 2017 et 2021.

Fig. 1. Mont Beuvray. Localisation des chantiers de fouille actifs entre 2017 et 2021.

DAO : A. Meunier.

Fig. 2. Mont Beuvray. Tableau synoptique des interventions de terrain entre 2017 et 2021.

Fig. 2. Mont Beuvray. Tableau synoptique des interventions de terrain entre 2017 et 2021.

3Le cycle a également vu la reprise de l’exploration du vaste replat situé au sud des enclos PC14 et PC15, ainsi que le déploiement de la fouille de la domus PC2. En parallèle, des portions jusque-là peu explorées de l’oppidum ont été investies par de nouveaux projets, notamment le sommet de la Chaume et le secteur des Grandes Portes, qui refocalisent l’attention sur l’organisation et l’évolution du système défensif de Bibracte. Les années écoulées ont également vu la reprise de l’étude du site des Sources de l’Yonne, à 4 km au nord-ouest de l’oppidum, avec des sondages exploratoires sur le sanctuaire gallo-romain qui pérennise l’agglomération du Ier s. av. n.è située à cet emplacement.

  • 1 Lorsqu’aucune référence bibliographique n’est fournie, les informations sont issues des rapports a (...)

4Les pages qui suivent évoqueront tour à tour les différentes opérations qui viennent d’être mentionnées1. On notera en même temps que la dynamique des groupes de travail actifs sur des thématiques transversales telles que la chronologie ou encore les approches paléo-environnementales, géo-archéologiques ou bio-archéologiques à l’échelle du mont Beuvray, mais aussi de son territoire, n’a cessé de s’accroître au cours des cinq campagnes de recherche considérées, tout comme les efforts de l’équipe de Bibracte en matière de gestion et de valorisation des données produites dans le cadre du programme de recherche. Les résultats de ces démarches ne seront pas balayés ici de façon systématique.

I. Cartographie et archéologie extensive

5Après avoir été un terrain d’expérimentation durant les années 1980 et 90, le mont Beuvray a connu depuis 2011 un regain d’intérêt pour les approches extensives et non intrusives de l’analyse spatiale et de la dynamique urbaine de l’agglomération de Bibracte. Les campagnes de géophysique menées à rythme annuel par l’équipe de l’université Masaryk de Brno (République tchèque) dirigée par P. Milo (GUICHARD, PARIS, 2013, p. 145-147 ; GUICHARD et alii, 2018c, p. 152-158), accompagnée depuis 2019 par celles des universités de Besançon (dirigée par M. Thivet, Ch. Sanchez et E. Hamon) et Dijon (dirigée par A. Quiquerez), ont progressivement étendu la surface prospectée, l’accès à des nouveaux secteurs du massif étant facilité par l’intensification de coupes sanitaires liées aux dépérissements importants de peuplements forestiers. Depuis le début des prospections systématiques, environ 21,4 % de la superficie intra-muros de l’oppidum ont pu être couverts en prospection magnétique et 5,2 % en géoradar (respectivement 28,8 et 7 ha) (fig. 3). La cadence de ces opérations s’est sensiblement réduite durant les dernières années du cycle 2017-2021, après que les surfaces facilement accessibles aient été traitées. L’accent a été dès lors porté sur l’exploitation croisée de la grande moisson de données collectées durant la décennie écoulée et notamment sur leur publication, à la fois conventionnelle et numérique (cette dernière utilisant notamment le portail Chronocarto, www.chronocarto.eu). En même temps, cette dynamique d’archéologie extensive s’est diversifiée et a engendré le développement de deux projets qui ont visé des secteurs spécifiques intra-muros (Oppidum as an urban landscape, cf. infra) et extra-muros, ainsi que des thématiques d’étude ciblées à travers l’application d’une méthodologie pluridisciplinaire mobilisant à la fois des approches non intrusives, géo- et bioarchéologiques, stratigraphiques ou encore archéométriques. Le regard s’est également élargi pour englober le mont Beuvray dans son contexte micro-régional et dans le temps long, dans des perspectives historiques (CHEVASSU, 2021) et d’évolution paysagère. L’histoire et l’organisation de l’activité humaine du territoire a été ainsi appréhendée au moyen de l’enregistrement sédimentaire d’informations paléoenvironnementales dans des dépôts de bas de versant (cf. infra), qui étoffent celles déjà collectées dans des tourbières (JOUFFROY-BAPICOT et alii, 2013), mais aussi par la lecture des traces d’activité humaine fossilisées dans le paysage. Cette démarche de documentation archéologique des paysages, destinée à se développer au cours du prochain cycle quadriennal, s’inscrit, à plus large échelle, dans la continuité de l’étude approfondie des vestiges agraires d’une clairière de défrichement située sur le flanc sud du mont Beuvray (au lieu-dit de la Place aux Laides, cf. infra). Elle est portée notamment par une équipe de l’université Masaryk de Brno (République tchèque) qui a déjà développé une compétence spécifique sur l’enregistrement de paysages fossiles dans les régions d’Europe centrale affectées, comme le Morvan, par les dépérissements massifs de résineux (MAZÁČKOVÁ et alii, 2021).

Fig. 3. Mont Beuvray. Étendue des secteurs couverts par les prospections géophysiques et les interventions concernant la caractérisation des espaces non construits de l’oppidum entre 2017 et 2021.

Fig. 3. Mont Beuvray. Étendue des secteurs couverts par les prospections géophysiques et les interventions concernant la caractérisation des espaces non construits de l’oppidum entre 2017 et 2021.

P. Milo, M. Vágner, A.-M. Rekemová, P. Goláňová et alii ; DAO : A. Meunier.

6C’est aussi dans cette perspective d’étude mêlant différentes approches – non intrusives, historiques et géographiques – que peut être inscrite l’action engagée en 2020 par l’équipe de l’université de Lausanne, sous la direction de Th. Luginbühl, à proximité de Luzy dans le but d’identifier le siège de la bataille qui, en 58 av. n.è., opposa les troupes de César et les Helvètes (BG, I, 5-29). Localisée traditionnellement dans le secteur de Montmort, à proximité de Toulon-sur-Arroux, l’absence de découvertes probantes lors de recherches menées au XIXe siècle et durant les années 1980 (FLUTSCH, 1991) a conduit plusieurs chercheurs à s’interroger sur la véritable localisation de cette confrontation. Selon une hypothèse récente formulée par Ch. Pommeau (POMMEAU, 2018), César, venant de Toulon-sur-Arroux, aurait emprunté un axe de crête nord-sud très direct pour gagner Bibracte et se serait installé sur le sommet tabulaire de la Grande Montagne après avoir été rejoint par les troupes helvètes. Ces dernières se seraient mises en formation au pied de la Montagne des Baudins et y auraient trouvé refuge après l’échec de leur premier assaut, tandis que leur camp de chariots, pris durant la nuit par César, aurait été établi sur le plateau sommital de Croix Rozian (fig. 4). Les prospections au détecteur à métaux, menées sur vingt-trois parcelles (environ 14,5 ha) considérées comme prioritaires au vu de la vérification de cette hypothèse, ont été réalisées sans discrimination (tous métaux). Le corpus collecté se compose de 1019 éléments métalliques, pour un poids global de plus de 58 kg (dont 56 kg en fer), presque exclusivement constitués de déchets en relation avec l’activité rurale moderne et, surtout, contemporaine, avec également quelques éléments plus remarquables, liés aux mêmes périodes, comme des médailles religieuses et quelques monnaies. Un clou de sandale de type militaire de taille moyenne, attribuable au vu de son module et de sa morphologie à une période couvrant le Ier s. av. n.è. et le Haut-Empire, constitue le seul artéfact antique mis au jour. Les résultats non-probants de cette première campagne, alliés à une perception nettement affinée du réseau de voies antiques dans le secteur d’étude grâce aux photographies aériennes, invitent à adopter une nouvelle méthode de prospection qui se concentre sur les abords des voies. Pour l’heure, l’opération a néanmoins été mise en sommeil en raison du retrait de son responsable.

Fig. 4. Prospections sur le site de la bataille de Bibracte et les fortifications des abords du mont Beuvray.

Fig. 4. Prospections sur le site de la bataille de Bibracte et les fortifications des abords du mont Beuvray.

Projection cartographique des hypothèses de Charles Pommeau (en haut) et d’Alain Magdelaine (en bas) concernant la bataille de Bibracte (58 av. n.è.).

D’après MAGDELAINE, 2019, 2020 ; fond BdAlti ®©IGN et cartes d’État-Major ; DAO A. Meunier, P. Brand.

I.1. Les prospections géophysiques intra-muros

7Le programme de prospection engagé depuis 2011 s’est poursuivi à un rythme régulier entre 2017 et 2021, couplant mesures géomagnétiques et géoradar, mais avec des surfaces prospectées qui, jusqu’en 2020, ont été bien moins étendues en raison de l’amenuisement des grands espaces bien dégagés disponibles. Cette tendance a été renversée en 2021 grâce à la coupe à blanc du peuplement d’épicéas qui recouvrait sur quelque 10 ha le flanc occidental du Theurot de la Roche, avec la conséquence de faciliter l’accès à cet espace qui avait été peu exploré au XIXe siècle. Au final, 71 016 m² ont été prospectés au magnétomètre et 34 534 m² au géoradar entre 2017 et 2021 (cf. fig. 3). Si l’équipe de l’université de Brno a poursuivi à bon rythme son activité, d’autre prospections ont été menées en parallèle par l’équipe de Dijon (Laboratoire ARTEHIS et étudiants de Master AGES de l’université de Bourgogne) et de l’université de Franche-Comté. Elles ont concerné les remparts – plus précisément les abords des portes A8-B4 (Grandes Portes) et A5-B7 (en amont de la fontaine Saint-Martin) – et le flanc ouest du Theurot de la Roche, en mobilisant des approches complémentaires telles que la tomographie électrique (Electrical Resistivity Tomography, ERT) ou les levés topographiques à haute résolution par lasergrammétrie.

8Nous nous contentons d’exposer ici quelques exemples de résultats qui ont été obtenus dans les divers secteurs de l’oppidum et qui ont la chance de pouvoir être confrontés aux relevés microtopographiques et aux observations de fouille (notamment les relevés des fouilles du XIXe siècle, dont les prospections géophysiques permettent souvent d’ajuster position et orientation).

9Déjà majoritairement ratissé lors des campagnes précédentes, notamment en 2013 et 2016, le secteur du Parc aux Chevaux a bénéficié à nouveau en 2017 de prospections magnétiques et géoradar (sur des étendues respectives de 29 200 m² et 3 270 m²). La prospection magnétique (fig. 5) a permis de révéler la présence de constructions maçonnées, de structures en creux et d’aménagements de terrain sous la forme de terrasses. Cette prospection, qui a recoupé en grande partie celles des campagnes précédentes en raison de meilleures conditions de relevé, a permis d’obtenir un magnétogramme plus détaillé, même si aucune nouvelle structure archéologique n’a été observée. La prospection géoradar menée dans ce même secteur (fig. 6) a permis d’identifier de nombreuses structures en creux et des tronçons de constructions maçonnées, mais aussi de révéler plus en détail les vestiges d’une maison sur fondations en pierre jusque-là inconnue, qui a partiellement été mise au jour lors de la campagne de fouille menée en 2021 dans la frange sud-ouest de PC14 (cf. infra). Ce bâtiment s’inscrit bien dans la série des petites maisons de type romain à cour frontale déjà recensées en plusieurs exemplaires dans le même secteur de l’oppidum. L’une de ces dernières, fouillée par J.-G. Bulliot en 1887 (PC23), a pu être détectée lors des prospections menées en 2021 suite à la grande coupe à blanc réalisée sur le flanc sud du Theurot de la Roche, tant en magnétométrie qu’au géoradar (fig. 7 et 8). Ce dernier révèle un grand nombre de maçonneries, bien visibles entre 0,6 et 1,2 m de profondeur, qui viennent compléter le plan dressé par J.-G. Bulliot. Au sud de la structure, plusieurs anomalies linéaires parallèles à la pente peuvent être interprétées comme des murs de terrasse ou des restes de bâtiments absents des relevés du XIXe siècle. Ici, le magnétogramme montre également le possible emplacement d’une voie, de 3 m de largeur environ et d’orientation nord-est/sud-ouest.

Fig. 5. Mont Beuvray. Prospections géophysiques au sud du Parc aux Chevaux.

Fig. 5. Mont Beuvray. Prospections géophysiques au sud du Parc aux Chevaux.

Magnétogramme (Lea Max/Foerster -4/4 nT, noir/blanc) et plan des structures archéologiques connues avec l’interprétation des anomalies identifiées.

P. Milo, M. Vágner.

Fig. 6. Mont Beuvray. Prospections géophysiques au sud du Parc aux Chevaux.

Fig. 6. Mont Beuvray. Prospections géophysiques au sud du Parc aux Chevaux.

Coupe horizontale au géoradar des relevés 2016 et 2017 à une profondeur d’environ 0,6-1,4 m et interprétation des anomalies identifiées.

P. Milo, M. Vágner.

Fig. 7. Mont Beuvray. Prospections géophysiques.

Fig. 7. Mont Beuvray. Prospections géophysiques.

Le flanc sud-ouest du Theurot de la Roche. Magnétogramme (Foerster Ferex, -4/4 nT, blanc/noir) et interprétation des anomalies identifiées.

M. Vágner, A.-M. Rekemová.

Fig. 8. Mont Beuvray. Prospections géophysiques.

Fig. 8. Mont Beuvray. Prospections géophysiques.

Le flanc sud-ouest du Theurot de la Roche. Coupes horizontales au géoradar à des profondeurs d’environ 0,7-0,8 m, 0,8-0,9 m, 0,9-1,0 m et interprétation des anomalies identifiées.

M. Vágner, A.-M. Rekemová.

10Tout le flanc sud-ouest du Theurot de la Roche paraît structuré par un système d’imposantes terrasses, au plan parfois très régulier et soutenues par des murs visibles dans le magnétogramme sous forme d’anomalies linéaires. De fortes anomalies magnétiques positives surfaciques, plus ou moins étendues, suggèrent également l’existence de zones rubéfiées importantes signalant la trace de structures de chauffe ou de zones naturellement ferrugineuses. Les structures de surface étendues avec une réponse négative un peu moins forte suggèrent plutôt la présence de fosses remblayées. Une anomalie de plus grande ampleur, en forme de L, pourrait correspondre à un fossé peu profond. Par ailleurs, une cartographie détaillée des anomalies topographiques du versant oriental du Theurot de la Roche, dans la lignée des travaux engagés par Fr. Schubert dans les années 1990 et au début des années 2000, en s’aidant des relevés LiDAR de 2007, a été engagée en 2019 par une équipe de l’université de Franche-Comté. Les nombreuses terrasses artificielles bien marquées ont ainsi pu être documentées par la mise en place d’un protocole de levés topographiques à haute résolution par lasergrammétrie et de prospections électriques et magnétiques.

11Des prospections intra-muros ont été également menées entre 2018 et 2020 (sur la Chaume, la Terrasse, le Porrey et les Vergers, ainsi qu’aux Grandes Portes) en complémentarité des projets de fouille dans ces secteurs. Les prospections menées à la Terrasse, au Porrey et aux Vergers sont associées aux observations de terrain du projet de recherche consacré aux ‘espaces vides’ de l’oppidum (cf. infra). À la Chaume, le but était notamment de compléter les informations relatives aux fossés mis au jour en 2017 et dont le tracé avait été repéré lors de prospections géophysiques précédemment menées. Les relevés au géoradar dans ce secteur ont permis de confirmer la continuité des fossés reconnus ces dernières années et de préciser le plan du complexe antique mis au jour par J.-G. Bulliot au XIXe siècle sous l’actuelle chapelle Saint-Martin (BULLIOT, 1899, p. 223-262). À la Pâture du Couvent, une nouvelle prospection magnétométrique de l’avenue centrale, menée en parallèle de sondages ouverts en 2020 sur le même secteur, n’a pas apporté d’information nouvelle.

12En prévision du démarrage en 2019 du nouveau chantier de fouille dans le secteur des Grandes Portes (cf. infra), des prospections ont également ciblé entre 2017 et 2018 les remparts de Bibracte, ici et aux abords de la fontaine Saint-Martin, dans le tronçon sud-est de l’enceinte. Les campagnes font suite aux prospections électriques réalisées en 2013 au travers de fortifications par P. Brengel (BRENGEL, 2013), qui avaient montré qu’il était possible de repérer des structures archéologiques telles que des fortifications ou des fossés et de discuter de leur démantèlement à partir de mesures de résistivité. L’étude du secteur de la fontaine Saint-Martin, déboisé en 2016 afin de rouvrir le point de vue, avait pour objectif de préciser la géométrie des fortifications à proximité de la porte B7 du rempart interne et d’explorer le secteur de la terrasse amont à la recherche de structures anthropiques. Vingt-huit profils, espacés régulièrement de 10 m et répartis sur toute la zone d’étude, ont été acquis, traités et regroupés en seize coupes (fig. 9 ; PROUIN, 2017) Elles ont permis de préciser la géométrie et la structure du rempart intérieur, dont le tracé est encore nettement perceptible dans la topographie, et d’attester la présence d’un fossé dont le flanc extérieur est renforcé. Dans le secteur de la porte, une interruption de la structure du rempart et du fossé a été mise en évidence comme on l’attendait. Cette porte montre une ouverture asymétrique, qui respecte l’axe de la voie qui la traverse. Deux terrasses d’origine anthropique – mais dont la fonction reste inconnue – ont également été détectées : l’une située en surplomb de l’ouverture, l’autre dans la pente à proximité du fossé du rempart intérieur. De par leur largeur, il est envisageable qu’elles aient pu être occupées par des structures bâties, peut-être de type défensif.

Fig. 9. Mont Beuvray. Prospections géophysiques.

Fig. 9. Mont Beuvray. Prospections géophysiques.

Plan de localisation des relevés électriques compris entre la Chaume et la fontaine Saint-Martin, représentation 3D des profils électriques 8, 10, 11 et 12 et interprétation des résultats.

A. Quiquerez, B. Prouin, R. Steinmann ; relevés et DAO : A. Quiquerez.

13Le secteur des Grandes Portes a été prospecté de manière conjointe par les universités de Brno et Dijon. Plusieurs types d’investigations géophysiques, magnétique, géoradar et électrique, ont ainsi été mises en œuvre. Les résultats des profils électriques (fig. 10) présentent de grandes similitudes avec ceux du secteur de la fontaine Saint-Martin. En particulier, il a été possible de reconnaître les mêmes signatures électriques marquant le parement et son démantèlement le long de la pente. En revanche, sur le talus inférieur, aucune structure fossoyée associée au rempart n’a pu être mise en évidence par la géophysique, mais plutôt un chemin, possiblement construit à partir de déblais postérieurement au fonctionnement des Grandes Portes. La porte du rempart intérieur, dont les vestiges des ailes rentrantes sont visibles sous la forme de talus, a été clairement identifiée, confirmant le type Zangentor. Les profils semblent enfin confirmer la présence d'une voie d’accès qui passait au travers de cette porte, avant qu’elle ne soit bloquée (et, sans doute bien plus tard, déviée plus au sud en recoupant le rempart). Tous ces éléments ont également pu être confirmés par les prospections géomagnétiques et géoradar associées. Celles menées sur la plateforme en amont des Grandes Portes indiquent une occupation peu importante, corroborant les résultats des sondages de 1992 qui avaient livré des traces manifestes d’extraction de la pierre, sans association remarquable avec du mobilier, ainsi que ceux livrés par la nouvelle tranchée de fouille ouverte dans le secteur en 2021 (cf. infra).

Fig. 10. Mont Beuvray. Prospections géophysiques.

Fig. 10. Mont Beuvray. Prospections géophysiques.

Secteur des Grandes Portes. Analyse morphologique et profils électriques 3, 4 et 5.

A. Quiquerez ; relevés et DAO : A. Quiquerez.

14On mentionnera enfin une campagne de prospection réalisée en 2017 par l’équipe de Brno en complément des fouilles du sanctuaire des Sources de l’Yonne. Ici, l’objectif était d’examiner un bombement du terrain situé immédiatement au nord-est du sanctuaire, avec l’hypothèse qu’il s’agissait d’une construction maçonnée similaire à celle qui avait été observée par les fouilles archéologiques aux abords de l’angle sud-est du sanctuaire (cf. infra, fig. 76). Pour cette raison, l’espace en question a été prospecté à l’aide du géoradar sur une superficie de 1950 m2, limitrophe de celle prospectée en 2016. Il a été possible d’identifier le mur périphérique du sanctuaire sur une longueur d’environ 25 m du côté est et sur environ 6 m du côté nord. Au nord-est de l’angle du sanctuaire, des maçonneries bien lisibles ont été repérées. On peut y voir le plan d’un édifice maçonné de 15 x 9 m, divisé en trois espaces par deux murs de séparation. Ce bâtiment est symétrique à celui situé à l’angle sud-est du péribole. Quelques anomalies supplémentaires ont également pu être repérées, mais uniquement dans les niveaux supérieurs (dans les coupes horizontales situées entre 0,2 et 0,4 m de profondeur). Le sanctuaire gallo-romain apparaît donc précédé du côté est, où il faut sans doute restituer son entrée, par une grande avant-cour encadrée de bâtiments annexes.

I.2. Le projet Oppidum as an urban landscape : multidisciplinary approach to the study of space organisation intra-muros

15En lien étroit avec les avancées des approches extensives, un nouveau projet de recherche porté par P. Goláňová (université Masaryk de Brno, République tchèque) – Oppidum as an urban landscape : multidisciplinary approach to the study of space organisation intra-muros – et financé pour les années 2019-2021 par la Fondation tchèque pour la science, s’est concentré sur l’étude des espaces dépourvus de traces apparentes de construction dans l’oppidum, dans le but de répondre aux questions suivantes : comment a t-on utilisé et entretenu ces surfaces ? Peut-on y prouver l’existence d’une utilisation spécifique : champ cultivé/jardin, pâturage, boisement, place publique, dépôt d’ordures… À cette fin, une approche pluridisciplinaire a été développée, par la mobilisation de différents spécialistes en géophysique, analyse pédochimique, micromorphologie, carpologie, palynologie, anthracologie, parasitologie, analyse des diatomées. Le projet s’est déroulé avec deux campagnes de terrain (en 2019 et 2020), suivies par une année de traitement des données en vue de la préparation de la publication des résultats sous la forme d’une monographie. L’activité de terrain, systématiquement précédée par des prospections géophysiques, a consisté pour l’essentiel en l’ouverture de sondages ponctuels, en tirant profit de tranchées de fouilles antérieures dans différents secteurs cibles de l’oppidum : la Terrasse, le Porrey, les Vergers et dans une moindre mesure le Champlain, les Grandes Portes et la Fontaine du Loup Bourrou (cf. supra, fig. 3).

16Nous nous limitons ici à décrire quelques résultats préliminaires pour chacun de ces secteurs. La première campagne de terrain s’est concentrée sur la Terrasse, qui occupe l’un des sommets du mont Beuvray (fig. 11). Il s’agit d’une esplanade presque carrée d’environ 1 ha, délimitée par un talus doublé d’un fossé. Déjà sondée au XIXe siècle, le secteur a ensuite fait l’objet de différents sondages ouverts entre 1986 et 1995, qui avaient permis de constater l’existence d’un espace dépourvu de constructions. Deux zones distinctes ont été prospectées au préalable : le plateau supérieur et l’esplanade ouest, à l’aide du géoradar, et le versant sud, d’abord traité à l’aide d’un magnétomètre, puis au géoradar sur une surface plus réduite. Les prospections magnétiques n’ont pas permis de signaler de potentielles structures archéologiques du fait du fort magnétisme du substrat rocheux. Quelques fossés ont été repérés par le géoradar ainsi que des bâtiments partiellement visibles sur les terrasses du versant sud, mais d'une manière générale, les prospections menées dans ce secteur sont peu évocatrices. En complément, des carottages ont été effectués en 2019 à l’intérieur de l’enceinte, puis la réouverture de quatre tranchées de fouille antérieures a permis d’échantillonner l’intégralité des dépôts archéologiques. La stratigraphie observée respecte presque partout la même organisation, avec une séquence composée, directement sous l’humus forestier, d’une couche claire appuyée sur une couche mélangée avec le substrat rocheux meuble, puis du substrat compact (fig. 12). La recherche n’a pas permis d’observer de structure archéologique, hormis quelques cuvettes interprétables comme des vestiges de fosses. Les traces d’activités médiévales font défaut, mais une présence humaine ancienne (Néolithique et Protohistoire) est signalée par des tessons et des restes relativement nombreux d’industrie lithique. Les premiers résultats de la palynologie et de l’analyse montrent qu’ils contiennent peu de restes végétaux, mais la présence de micro-charbons, y compris dans les couches profondes, témoigne d’activités humaines. Les résultats préliminaires de l’étude micromorphologique montrent que la surface originelle du sol se trouvait au moins 0,40 m plus bas qu’aujourd’hui. Au vu de la morphologie de la Terrasse, l’épaisseur des horizons qui recouvrent le substrat géologique altéré ne peut pas avoir été générée par des processus naturels ; le facteur humain y a donc joué un rôle décisif. Le sol a très probablement été surélevé par un apport de matériaux, afin d’aplanir un espace plus conséquent. La présence d’un horizon de sol fossilisé sous des remblais a été confirmée par les premiers résultats de l’analyse des diatomées : les diatomées aérotolérantes sont en effet absentes dans les couches supérieures, alors qu’on les trouve (en faible quantité) à une profondeur de 0,7 à 1 m.

Fig. 11. Mont Beuvray. Caractérisation des espaces non-construits de l’oppidum.

Fig. 11. Mont Beuvray. Caractérisation des espaces non-construits de l’oppidum.

La Terrasse. Localisation des sondages archéologiques et pédologiques ainsi que les carottages réalisés préalablement à la réouverture des anciens sondages en 2019.

P. Goláňová et alii ; DAO : A. Meunier.

Fig. 12. Mont Beuvray. Caractérisation des espaces non-construits de l’oppidum.

Fig. 12. Mont Beuvray. Caractérisation des espaces non-construits de l’oppidum.

La Terrasse. Coupe nord-ouest dans la tranchée 4 et emplacement des sondages pédologiques.

P. Goláňová et alii ; DAO : M. Prištáková, P. Žaža.

17La réouverture d’un sondage réalisé en 2012 sur la petite terrasse à l’extrémité nord-est du Porrey n’a permis de découvrir aucune structure ou mobilier archéologique. Pour rappel, cette crête, qui représente la partie la plus élevée du mont Beuvray, est entourée d’un rempart peu élevé auquel se rattache une petite terrasse située dans son prolongement vers le nord-est. Si la datation du rempart sommital est placée entre le milieu et le troisième quart du Ier siècle av. n.è., les sondages de 2012 avaient montré que les flancs de la petite terrasse ne prenaient pas la forme d’un talus et que ce rebord était précédé, à 16 m de distance, par une profonde tranchée de palissade qui avait été datée du milieu du Ve millénaire par le radiocarbone. Ici, le géoradar a révélé plusieurs anomalies significatives, dont seules quelques-unes ont pu être interprétées, alors que la prospection magnétique n’a montré que quelques anomalies de surface correspondant à des éléments métalliques modernes. L’observation pédologique, quant à elle, montre une évolution complexe du secteur qui, dans le passé, a dû être longtemps occupé par une forêt à prédominance de conifères sous laquelle s’est formé un sol caractéristique. Un remblai a été déposé par la suite, probablement afin de niveler le terrain originellement en pente. Ce remblai, peut-être installé en plusieurs fois, ne provient pas de la zone étudiée. La présence de charbons de bois dans les couches interprétées auparavant comme stériles témoigne également d’une activité anthropique ancienne.

18La zone des Vergers, appelée aussi le Fou du Loup, fait partie d’une terrasse qui s’étend du secteur des Grandes Portes, à l’ouest, aux structures limitrophes de la Terrasse, à l’est. La seule tranchée de fouille moderne réalisée dans ce secteur, en 1993, avait mis au jour un petit fossé dont le prolongement a été repéré par les prospections géophysiques menée au nord-ouest de la zone excavée, auquel s’ajoute un trou de poteau découvert par la réouverture du sondage en 2020 (fig. 13). La réouverture de l’ancien sondage a permis de collecter un petit ensemble de mobilier. La couche supérieure d’humus a livré de la céramique datée à la fois de la période de l’oppidum et de l’époque romaine impériale. En revanche, le fossé contenait du mobilier plus ancien, daté de La Tène D2a, ou au plus tard de La Tène D2b. L’analyse du dépôt montre ici de forts signes d’érosion, ce qui peut expliquer la perte par colluvionnement d’une partie importante des sédiments.

Fig. 13. Mont Beuvray. Caractérisation des espaces non-construits de l’oppidum.

Fig. 13. Mont Beuvray. Caractérisation des espaces non-construits de l’oppidum.

Les Vergers. Plan des structures dégagées lors de la réouverture du sondage de 1993 en 2020.

P. Goláňová et alii.

19D’autres interventions plus ponctuelles dans le cadre du projet ont eu lieu au Champlain, à la Fontaine du Loup Bourrou et aux Grandes Portes. Ici, l’attention a été notamment portée sur le point bas d’une dépression située à l’arrière de la fortification interne, où il était attendu de pouvoir observer une accumulation de sédiments résultant de l’érosion des pentes par l’activité humaine. De façon surprenante, le profil observé est très proche de celui de la Terrasse et dépourvu de traces de colluvion, ce qui ouvre la question d’éventuels réaménagements importants encore mal perçus du secteur.

20En dehors du cadre strict du projet, ces résultats vont s’ajouter à ceux acquis lors d’opérations de terrain menées entre 2016 et 2018 dans des incisions récentes de petits vallons situés sur les pentes sud-est du mont Beuvray (PETRIK et alii, 2022). Les analyses géomorphologiques et sédimentaires ont permis d’étudier localement des processus hydrologiques et érosifs. Des analyses palynologiques réalisées sur les prélèvements sédimentaires ont également permis de documenter l’histoire locale de la végétation et des activités agro-pastorales. Celles-ci ont pu être replacées dans le contexte plus général du massif du Morvan. Les résultats illustrent la présence de plusieurs phases érosives : aux IIe-Ier siècles av. n.è., aux XIe-XIIIe siècles de n.è., à la fin de la période médiévale et durant l’époque moderne.

21Ces phases peuvent notamment être mises en relation avec des activités minières et/ou métallurgiques, à la fin de l’âge du Fer, alors que le milieu est d’ores et déjà ouvert. Les données polliniques évoquent un milieu qui est alors très rudéralisé, avec une activité pastorale marquée et un signal beaucoup plus faible de céréaliculture. Si au Moyen Âge la présence de troupeaux est également suggérée par des spores de champignons coprophiles, elle est cette fois accompagnée de la culture du seigle et du développement du châtaignier. Celui-ci est encore bien ancré dans le paysage à la fin du Moyen Âge et au début de l’époque moderne (XVe-XIVe siècle), une période qui voit également la culture du chanvre se développer.

I.3. Paysages agraires fossiles du Morvan : premières approches sur le secteur de La Place aux Laides – Le Haut de Sery

22Dans la même perspective d’appréhender l’évolution du paysage sur le temps long s’inscrit l’opération menée depuis 2019 par l’équipe de l’université de Bourgogne sous la direction d’A. Quiquerez, M. Bizri et J.-P. Garcia dans le secteur de la Place aux Laides, un espace actuellement forestier, encore vierge de recherches archéologiques et paléoenvironnementales, situé sur le versant méridional de la montagne (fig. 14). L’analyse de la topographie et des cartes anciennes, ainsi que les observations réalisées au cours des prospections pédestres, ont révélé ici les vestiges d’un parcellaire structuré par un axe de communication central, longé dans sa partie nord par deux murets, puis, sur la bordure amont, par un talus sur lequel une haie s’est développée (fig. 15). Ce chemin, utilisé jusqu’au début du XXe siècle, est reconnu par J.-G. Bulliot comme une possible voie antique. Il débouche vers le nord sur une plate-forme au-delà de laquelle il se poursuit, sans murets latéraux, en direction de la chapelle Saint-Martin. En amont du chemin, les indicateurs de pratiques agraires sont nombreux. La présence de meurgers témoignant de l’épierrement des sols, les caractéristiques de ces derniers, noirs, épais, à structure grumeleuse et riches en matière organique, probablement issus d’amendements, indiquent une mise en culture ancienne du terrain. La préservation d’un talus en limite de parcellaire pourrait également constituer la trace d’un rideau de culture. En contrebas du chemin, on note cinq petites terrasses d’une longueur inférieure à 10 m, qui ne sont pas reportées sur le cadastre napoléonien et qui sont obliques à celui-ci. De nombreuses petites zones d’extraction de blocs granitiques ou rhyolitiques, d’extension variable, ont également été cartographiées.

Fig. 14. Mont Beuvray. La Place aux Laides – Le Haut de Sery. Localisation du secteur d’étude.

Fig. 14. Mont Beuvray. La Place aux Laides – Le Haut de Sery. Localisation du secteur d’étude.

A : Larochemillay, cadastre ancien (XIXe siècle), plan parcellaire de la section A dite du Mont Beuvray, feuille 2, s. d., Archives de la Nièvre ; B : parcellaire sur fond cartographique ©IGN. Localisation des opérations de terrain menées entre 2019-2021.

M. Bizri, J.-P. Garcia, A. Quiquerez.

Fig. 15. Mont Beuvray. La Place aux Laides – Le Haut de Sery.

Fig. 15. Mont Beuvray. La Place aux Laides – Le Haut de Sery.

Vue d’un chemin encadré par deux murées.

M. Bizri, J.-P. Garcia, A. Quiquerez ; cliché : A. Maillier.

23Les opérations archéologiques menées dans le secteur ont consisté en l’ouverture de neuf sondages et la réalisation d’une batterie d’analyses comprenant des dosages de radiocarbone, des analyses géochimiques, des prospections magnétiques et la mesure de profils géoélectriques. À cela s’associe une plus large investigation du contexte historique autour de la question des péages liés aux foires annuelles du Beuvray, le mot laide pouvant se référer à un droit d’octroi prélevé sur des marchandises. L’étude documentaire a pu être menée à partir d’un corpus réduit de textes, qu’il conviendra d’étoffer. L’existence d’une foire sur le Beuvray à l’époque médiévale est implicitement attestée vers 1220, mais le toponyme n’apparaît sur aucun document plus ancien que le cadastre napoléonien.

24L’ensemble des observations collectées sur le terrain, les datations radiocarbone, complétées par les études archivistiques, témoignent d’un schéma d’organisation de cet espace agraire qui peut être résumé en quatre périodes, avant l’abandon des dernières terres cultivées au début du XXe siècle. Les sondages réalisés au travers de la voie fournissent des indices ténus d’une activité à l’époque antique (Période 1), confirmés par la découverte de quelques tessons d’amphore et d’un demi-as de Nîmes qui pointe vers la dernière période d’occupation de Bibracte. La chaussée est à ce moment grossièrement empierrée et confortée par une blocaille vers l’aval, où elle est bordée par un fossé. Au haut Moyen Âge (Période 2), le substrat est entaillé à l’amont pour former un talus protégeant la voie du colluvionnement et créer un petit fossé bordier symétrique par rapport à celui en aval. Le remplissage de ce fossé, comportant des tessons d’amphores résiduels et des charbons de bois (provenant de fumures lors de la plantation ?), permet de l’associer à l’installation d’une haie bordière. Une datation radiocarbone réalisée au sein de ce remplissage livre une date calibrée de 441-601 de n.è. D’épaisses couches de colluvionnement témoignent d’un délaissement du secteur (Période 3), suivi, à la fin du Moyen Âge, par l’aménagement d’une nouvelle chaussée empierrée, réduite dans sa largeur et longées par des murets bordiers (Période 4). Ces aménagements, qui peuvent être datés postérieurement au XIIIe siècle et antérieurement à la seconde moitié du XVIIe siècle, sont en relation avec un usage agro-pastoral qui dure jusqu’à la fin du XIXe siècle.

25La mise en culture des sols, les apports de terre, les amendements ou le parcage d’animaux peuvent avoir entraîné un enrichissement en azote et/ou en phosphore de ces sols, notamment dans la grande parcelle en amont du chemin, où d’autres indices – les tas d’épierrement, les caractéristiques de ces sols noirs épais à structure grumeleuse, les litages frustres –, suggèrent une même pratique. De fait, les résultats des analyses du rapport isotopique 15δN et de la teneur en phosphore et en carbone (fig. 16) montrent des différences de teneur en carbone entre le sommet du secteur étudié, sous couvert forestier depuis au moins le XIXe siècle, et les parcelles cultivées situées en contrebas. Les parcelles 197 et 194 présentent les valeurs les plus fortes du rapport 15δN, avec des valeurs conformes à celles observées sur des parcelles cultivées, alors que les valeurs de la parcelle triangulaire 196 et l’ensellement 195 correspondent à des valeurs de parcelles pâturées. En outre, de fortes teneurs en phosphore ont été observées dans la parcelle triangulaire, ce qui conforte l’hypothèse d’un usage pour le parcage de bétail. Ces résultats préliminaires démontrent qu’il existe un héritage pédochimique des usages des sols passés et que celui-ci peut servir pour caractériser l’usage des différentes parcelles au cours du temps.

Fig. 16. Mont Beuvray. La Place aux Laides – Le Haut de Sery.

Fig. 16. Mont Beuvray. La Place aux Laides – Le Haut de Sery.

Variation spatiale de la teneur des sols en carbone, du rapport isotopique en 15δN et de la teneur en phosphore.

M. Bizri, J.-P. Garcia, A. Quiquerez.

26Au final, ces travaux ont contribué à évaluer le rôle des occupations passées sur le façonnement du paysage actuel. L’organisation actuelle de ce paysage rural fossile est pour partie héritée de la période d’occupation de l’oppidum, le parcellaire s’appuyant sur un axe de circulation antique. Les autres phases d’aménagement principales reconnues sont agraires (système de talus-haie, puis murets), contemporaines des deux phases d’essor datées du haut Moyen Âge et de la période moderne déjà signalées par les textes pour le sud du Morvan (CHEVASSU, 2021) et confirmées par les études palynologiques et sédimentaires effectuées dans les vallons à proximité du mont Beuvray (PETRIK et alii, 2022 ; JOUFFROY-BAPICOT et alii, 2013). La phase médiévale d’abandon/colluvionnement de la voie coïnciderait avec la phase de déprise observée dans le territoire autour du XIVe siècle (CHEVASSU, 2021).

II. Le quartier du Champlain

27Les campagnes de fouille menées entre 2017 et 2019 dans le secteur du Champlain sous la direction de T. Bochnak (université de Rzeszów, Pologne) et G. Hamm (UMR 6298 ArTeHiS) s’inscrivent dans la continuité des travaux engagés depuis 2013 (GUICHARD et alii, 2018, p. 158-162) qui visent en la réalisation d’un transect de 20 m de largeur perpendiculaire aux terrasses qui jalonnent la pente, entre les ateliers artisanaux situés en bordure de la voie principale – explorés dans les années 2000 sous la direction de J.-P. Guillaumet (DHENNEQUIN et alii, 2008, p. 68-77) – et le sommet du Theurot de la Wivre, sondé en 2006 et 2007 (LUGINBÜHL et alii, 2014) (fig. 17). L’objectif principal de la fouille consiste à évaluer la densité et la dynamique de l’occupation du versant en amont de la première ligne de bâtiments, dans une zone décapée sur 1255 m² en 2019 (fig. 18). Cette zone avait été ponctuellement explorée à la fin des années 1860 par J.-G. Bulliot qui notait, sans plus de précisions, qu’« aussitôt qu’on s’éloigne du grand chemin, les habitations disparaissent […] » (BULLIOT, 1899, p. 263). La seconde ambition de ce projet, d’ordre plutôt méthodologique, était de confronter les résultats de la fouille avec ceux des prospections géophysiques. Pour rappel, ce secteur avait été prospecté une première fois entre 1987 et 1989 par l’équipe tchèque de P. Drda, A. Majer et M. Čižmář. Des carottages destinés au dosage des phosphates avaient été réalisés par la même occasion et avaient permis d’attester la présence d’une activité anthropique modérée dispersée sur tout le versant (DRDA, MAJER, 1991). De nouvelles prospections ont été ensuite réalisées en 2011, 2012 et 2015, associant différentes méthodes (magnétomètre et géoradar, avant et après décapage des couches végétales). De manière générale, l’ensemble de ces mesures révèle des anomalies, notamment magnétiques, qui attestent l’occupation de ce versant, sans pour autant permettre une caractérisation plus précise des éventuelles structures archéologiques enfouies. Cette apparente faible densité du bâti s’explique en partie par les conditions topographiques et taphonomiques de ce secteur. La pente, qui présente une inclinaison d’environ 17 % dans sa partie haute, a induit une érosion très marquée du versant, amplifiée par des perturbations dues aux travaux agricoles modernes. Ces phénomènes sont bien perceptibles dans la stratigraphie. Une importante couche de colluvion, placée directement sous l’humus, se superpose sur l’ensemble du chantier aux couches archéologiques en place, qui correspondent pour l’essentiel à des remblais d’installation de terrasses, toutes tronquées par l’érosion, et dans une bien moindre mesure à des vestiges de couches d’occupation, souvent associées à des foyers plus ou moins érodés et à des structures en creux qui ne dessinent que rarement des plans de construction. L’analyse préliminaire du mobilier contenu dans ce colluvionnement montre la présence de marqueurs chronologiques associés à la dernière occupation de l’oppidum (avec un terminus post quem autour de 10 av. n.è.), mêlés à des éléments appartenant à l’ensemble de la période d’occupation de l’oppidum et à de nombreux déchets liés au travail du fer (scories, battitures).

Fig. 17. Mont Beuvray. Le quartier du Champlain.

Fig. 17. Mont Beuvray. Le quartier du Champlain.

Localisation de la fouille 2013-2019.

T. Bochnak, G. Hamm ; DAO : A. Meunier ; fond orthophotographique ©IGN, 2014.

Fig. 18. Mont Beuvray. Le quartier du Champlain.

Fig. 18. Mont Beuvray. Le quartier du Champlain.

Plan d’ensemble de la fouille 2013-2019, assemblée avec la zone de fouille de 2000-2005.

T. Bochnak, G. Hamm, J.-P. Guillaumet, D. Dungworth ; DAO : A. Fochesato, A. Meunier.

28La fouille du transect a révélé au moins cinq terrassements majeurs, qui suivent la pente naturelle du versant qui, par rapport à la voie antique, pivote vers le nord en progressant vers l’amont, de sorte que le front des terrasses supérieures artificielles, toujours perpendiculaire aux lignes de plus grande pente, dévie de 21/22° par rapport à la rangée d’ateliers qui longent la voie en aval (fig. 19). Certaines des terrasses ont été modifiées dans l’Antiquité ; suite à ces remaniements, leur niveau a pu être partiellement abaissé. Ces ajustements sont discrets et il est difficile de bien les délimiter. Il en résulte que chaque terrasse comprend plusieurs replats à des altitudes un peu différentes. Ces terrasses sont presque toujours dépourvues de relations stratigraphiques du fait de leur érosion, ce qui empêche de restituer avec certitude leur chronologie relative. L’ensemble des vestiges semble néanmoins pouvoir être rattaché à trois états successifs dont le deuxième, compris entre la Conquête et la période augustéenne, connaîtrait une réorganisation de toutes les terrasses selon un projet concerté. Les vestiges maçonnés tardifs se concentrent en revanche le long de la voie, ce qui suggère une rétraction de l’habitat dans l’ultime phase d’occupation de l’oppidum (fig. 20).

Fig. 19. Mont Beuvray. Le quartier du Champlain.

Fig. 19. Mont Beuvray. Le quartier du Champlain.

Cartographie des terrasses sur fond d’orthophotographies combinées en fin de fouille 2017, 2018, 2019 de la zone étudiée en 2013-2019 et deux profils topographiques longitudinaux.

T. Bochnak, G. Hamm ; orthophotographies A. Meunier, Q. Verriez ; DAO : A. Meunier.

Fig. 20. Mont Beuvray. Le quartier du Champlain.

Fig. 20. Mont Beuvray. Le quartier du Champlain.

Plan général des différentes structures et terrasses du premier état d’occupation se terminant à LTD2B, du second état daté à LTD2B et à l’Augustéen ancien et du troisième état daté au plus tard de l’Augustéen moyen.

T. Bochnak, G. Hamm ; DAO : A. Meunier.

29La terrasse inférieure (terrasse 1) se situe immédiatement à l’arrière des bâtiments longeant la voie. Sa limite amont se matérialise par un ressaut d’une trentaine de centimètres de hauteur qui la sépare de la terrasse suivante (terrasse 2). Hormis quelques fosses peu caractérisées, aucune structure significative n’a pu être observée dans son emprise, les sols d’origine ayant totalement disparu. Rappelons toutefois la découverte en 2013 d’un bâtiment semi-excavé en bois et torchis, localisé sur le bord sud-est de la zone de fouille et incomplètement dégagé (GUICHARD et alii, 2018, p. 158, 160). Quelques structures mieux conservées ont en revanche été observées sur les terrasses 2 et 3, séparées par une rangée de trous de poteau alignés d’est en ouest, disposés de manière régulière avec un entraxe d’1 m, appartenant probablement à une palissade ou à une structure de renforcement du front de la terrasse. Un alignement similaire et parallèle sépare également la terrasse 3 de la terrasse 4, l’ensemble formant une sorte d’enclos qui ceinture, par une construction légère, l’espace de la terrasse 3 durant le second état d’aménagement du secteur. Cet espace est occupé par un petit cellier maçonné dont la fouille avait été achevée en 2016 et qui peut être rattaché au dernier état d’occupation du secteur, ainsi que par un puits chemisé en pierre (fig. 21), mis au jour environ 8 m au sud de ce dernier et contemporain, quant à lui, de la clôture de la terrasse. De forme ovalaire (0,80 x 0,90 m), le puits est installé à l’intérieur d’un creusement d’environ 3 m de diamètre, selon un mode de construction qui trouve des parallèles avec les puits fouillés au Parc aux Chevaux (PC1) et au Theurot de la Roche (GUICHARD, PARIS, 2013, p. 136-137). La fouille intégrale de la structure a été différée afin de préserver son potentiel de données paléoenvironnementales. Rappelons aussi qu’en 2014 un caniveau large de 0,35 m soigneusement appareillé en pierre (pour protéger un conduit en bois ?) avait été suivi sur 6 m à l’ouest de la zone où ont été mis au jour le cellier et le puits.

Fig. 21. Mont Beuvray. Le quartier du Champlain.

Fig. 21. Mont Beuvray. Le quartier du Champlain.

Le puits et son creusement d’installation.

T. Bochnak, G. Hamm ; orthophotographie : Q. Verriez.

30L’interprétation de l’espace immédiatement à l’est de ces structures est plus délicate. Quelques traces modestes de murets en pierres sèches alignés sur le mur est du cellier ne sont pas évidentes à interpréter ni à dater, mais au vu de leur technique de construction et de leur position stratigraphique, elles peuvent être rattachées à une même phase d’aménagement. Ces murets recouvrent une série de creusements longitudinaux peu profonds dont l’un marque la limite d’un décaissement réalisé dans la terrasse 3 sur une profondeur d’environ 9 m, afin d’aménager une surface d’environ 80 m² de plain-pied avec la terrasse inférieure (terrasse 2, replat 2A). Cet élargissement est délimité à l’est par un alignement de quatre trous de poteau. Il abrite une structure assez singulière constituée de quatre trous de poteaux corniers, de 0,80/0,90 m de diamètre et 0,80 m de profondeur, et un poteau central, le tout dessinant un carré de 3,25/3,35 m de côté (environ 11 m² d’emprise au sol) qui peut être rattaché au deuxième état d’occupation du secteur compte tenu de sa relation stratigraphique avec le cellier voisin. La taille des supports et la présence d’autres possibles éléments dans le prolongement des angles indiquent une superstructure massive qui ne trouve à l’heure actuelle aucun parallèle sur l’oppidum et dont l’interprétation reste incertaine. Cette structure recoupe un foyer plus ancien, très arasé, appartenant sans doute à la première occupation de la terrasse. Un réaménagement similaire a pu être observé entre les terrasses 3 et 4, dont la limite initiale a été décaissée afin de créer un nouvel espace (terrasse 5) occupé par une structure matérialisée par un alignement de trois importants trous de poteaux dotés de pierres de calage, espacés de 5,5 m et reliés par des empreintes de sablières basses. À l’ouest, le retour d’angle du bâtiment, dont le plan reste incomplet, a également pu être observé.

31La fouille de la terrasse supérieure (terrasse 4) a révélé enfin un contexte stratigraphique et planimétrique assez complexe, avec notamment la présence de deux terrasses artificielles juxtaposées marquant la bordure supérieure du replat. Quelques restes de foyer et des lambeaux de sol, parfois installés sur une préparation en pierres et fragments d’amphore, montrent l’existence d’une séquence d’occupation, mal caractérisée, qui semble se limiter aux deux premiers états d’aménagement du versant, l’occupation plus tardive se resserrant davantage en bas de la pente. Dans la partie haute de la terrasse, le substrat rocheux, qui affleure ici à très faible profondeur, a été entaillé pour former un gradin d’environ 0,50 m de hauteur qui a permis la conservation de couches archéologiques en place, piégées sous un épais niveau de colluvion. Il s’agit notamment d’un lambeau de foyer qui se juxtapose à une couche de rejets d’ossements calcinés mêlés à des charbons de bois et à des éclats de rhyolite qui, pour les deux tiers, montrent des traces de passage au feu, tout comme une petite partie du mobilier céramique et métallique. Cette couche correspond donc vraisemblablement à un rejet de bûcher mélangé ensuite avec du mobilier non brûlé. L’analyse des ossements, effectuée par P. Méniel, montre un lot homogène, important (avec plusieurs dizaines d’animaux mobilisés) et mono-spécifique (il s’agit exclusivement d’os de porc, avec absence d’os de pieds et de scapula). Les choix des sujets, des truies et des verrats abattus préférentiellement vers 2 ans, respecte les règles habituelles de la gestion des porcs en Gaule ; l’ampleur du dépôt et son apparente homogénéité tendent à l’interpréter comme le relief de repas collectifs d’une certaine ampleur plutôt que comme des déchets domestiques. Ce dépôt recouvre un alignement de trois trous de poteau de profondeur importante (0,60/0,90 m) qui témoignent d’une structure plus ancienne implantée en bordure de la terrasse, mais dont l’emprise dépasse les limites de la fouille.

32Les résultats de la fouille, qui doit se poursuivre dans la partie haute du versant, suggèrent que tout le versant a été occupé par du bâti, avec des travaux d’élargissement ou de réagencement des terrasses existantes dont la chronologie – relative et absolue – reste néanmoins difficile à appréhender en raison de la forte érosion des niveaux archéologiques en place.

III. La Pâture du Couvent

33Rappelons en préambule que les fouilles à grande échelle dans ce secteur sont provisoirement interrompues depuis 2010 afin de procéder à la publication des résultats des recherches qui y avaient commencé dès la fin des années 1980. Ainsi, la fouille de l’Université Libre de Bruxelles au nord de la « rue des Caves » a fait l’objet d’une monographie (BONENFANT et alii, 2014), de même que le couvent franciscain (BECK, SAINT-JEAN VITUS, 2018), tandis que les équipes qui ont exploré l’îlot antique dit « des Grandes Forges » ont livré des synthèses préliminaires qui prennent en compte les observations jusqu’à la campagne 2015 incluse (RIECKHOFF, HOPPADIETZ, 2019 ; SZABÓ et alii, 2019), dans l’attente d’une publication monographique.

34Les efforts des dernières années se sont ainsi concentrés sur la mise en valeur des vestiges du quartier et tout particulièrement de la partie occidentale de l’îlot et ses abords, où les visiteurs peuvent désormais cheminer selon la logique de déambulation antique, à savoir depuis l’avenue centrale en passant par l’entrée qui se situe au centre de la façade ouest de l’îlot (fig. 22). Initiés en 2017, ces travaux ont fourni l’occasion à l’équipe de Bibracte d’effectuer de nouvelles observations archéologiques ponctuelles, de même que d’ultimes relevés de maçonneries (fig. 23). Cela concerne notamment le mur de façade occidental de la parcelle et les différents niveaux de circulation de l’avenue centrale du quartier.

Fig. 22. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.

Fig. 22. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.

Vue aérienne vers le nord-est de la grande voie et des nouveaux dispositifs de visualisation des vestiges à l’issue des travaux de mise en valeur de 2017-2019.

A. Fochesato, A. Meunier ; cliché : A. Meunier.

Fig. 23. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.

Fig. 23. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.

Localisation des sondages de 2017-2020.

A. Fochesato, A. Meunier ; DAO : A. Meunier.

III.1. Compléments d’observations sur la voie de la Pâture du Couvent

35D’une largeur de 0,6 m environ, la façade primitive de l’îlot (état 2) (fig. 24) est doublée côté extérieur par une seconde maçonnerie formant un contrefort au parement incliné, soigneusement appareillé, qui reprend en sous-œuvre la fondation du mur. Cette reprise, que l’on observe également le long de la façade méridionale de la parcelle, est interprétée comme une consolidation mise en œuvre au moment de la reconstruction de l’îlot à la suite de l’incendie qui ravage le complexe du forum peu après 20 av. n.è. Cela s’accompagne également d’un réaménagement de l’entrée (état 3), dont le seuil d’origine est repris par un emmarchement maçonné. Un mur de largeur plus réduite et d’exécution plus grossière correspond à une ultime réfection de la façade lors des derniers remaniements de l’îlot (état 3b).

Fig. 24. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.

Fig. 24. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.

Plan général du mur de façade primitif, de son contrefort extérieur et de sa réfection de part et d’autre de l’entrée principale de l’îlot.

A. Meunier ; DAO : A. Meunier.

36Les matériaux issus de la démolition de ce dernier état, mêlés aux éléments de sa toiture effondrés vers l’extérieur de l’édifice, reposent à la surface du dernier état de l’avenue (Voie 2b). Après avoir été nivelés, ces amas sont recouverts par les couches d’occupation médiévales, et notamment par les maçonneries des bâtiments annexes du Couvent de Cordeliers, édifiés au tournant des XIVe et XVe siècles (BECK, SAINT-JEAN VITUS, 2018, p. 81-121). L’ouverture en 2020 d’un sondage sur une fenêtre de 4,5 m de largeur et 22 m de longueur devant l’entrée du complexe (fig. 25) a permis de documenter la longue séquence des aménagements antiques de la voie. Les cinq phases de réfection majeures qui avaient déjà été observées dans les sondages antérieurs ont pu être identifiées, ainsi que des creusements linéaires jusque-là inconnus, fonctionnant avec différents états de la chaussée (fig. 26). La surface construite la plus ancienne (Voie 0), composée d’un gravier très compact et bien tassé mélangé avec quelques tessons d’amphore, est séparée par une recharge argileuse d’environ 0,12 m d’épaisseur d’un deuxième niveau de la voie (Voie 1A) de facture très similaire. Ce dernier est à son tour recouvert par un remblai pierreux qui sert d’appui au pavage de la chaussée suivante (Voie 1B). Composée d’un sédiment graveleux assez fin, cette dernière est recoupée par un creusement à profil très évasé d’environ 0,70 m de largeur et d’une trentaine de centimètres de profondeur, dont le fond butte sur la surface indurée de la voie primitive. Ce creusement, qui ne semble pas matérialiser une bordure – le pavage de la voie se poursuivant de façon continue de part et d’autre du creusement –, peut être interprété comme la tranchée d’installation d’une conduite enterrée. La comparaison des séquences stratigraphiques issues des différents sondages réalisés à partir des années 1980 le long de la voie permet d’avancer l’hypothèse qu’il s’agit de l’adduction d’eau du bassin monumental installé une cinquantaine de mètres plus au nord, dont le tracé n’avait pas encore été identifié à ce jour, la portion amont conservée du bassin ne montrant aucune trace d’une structure de ce type.

Fig. 25. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.

Fig. 25. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.

Orthophotoplan de fin de fouille avec les différents niveaux de voie mis au jour et le fossé.

A. Fochesato, A. Meunier ; DAO : A. Meunier.

Fig. 26. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.

Fig. 26. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.

Coupe nord-ouest/sud-est à travers les niveaux de voie.

A. Fochesato, A. Meunier ; DAO : A. Meunier.

37L’installation de la voie 1B peut en effet être associée à une phase de réaménagement majeure de l’avenue qui, élargie d’environ 6 m vers l’ouest, atteint à ce moment une largeur d’environ 15 m. Il est possible que cette réorganisation générale du quartier, mise en œuvre vers le milieu du Ier siècle av. n.è., comprenne la construction du bassin, car ce dernier se positionne dans l’axe médian de la nouvelle emprise élargie de l’avenue. Les deux opérations semblent ainsi s’inscrire dans le cadre du même projet d’urbanisme. Les études antérieures ont bien montré que le bassin est construit selon un procédé de traçage au sol très précis (ALMAGRO-GORBEA, GRAN-AYMERICH, 1991, p. 156-158 ; SCHUBERT, 1994), résultant de l’intersection de deux circonférences dont les centres respectifs sont placés à une distance de 7,4 m de part et d’autre du grand axe du bassin. La reprise des données de fouille montre que ces points se positionnent assez précisément (± 0,2 m) sur le bord de la voie tel qu’on peut le restituer (fig. 27). Par ailleurs, les études récentes (FOCHESATO, 2017 ; FOCHESATO, 2020, p. 277-281) ont montré qu’une telle construction géométrique n’est pas un cas isolé, car plusieurs bâtiments de l’oppidum – par exemple PS1 et PS19 au Theurot de la Roche (GUICHARD et alii, 2018, p. 179) – respectent un ratio qui s’explique aisément par l’emploi de méthodes de traçage bien connues au second âge du Fer (WASSONG, 2018).

Fig. 27. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.

Fig. 27. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.

Schéma du traçage du bassin et matérialisation de la voie élargie.

A. Fochesato, A. Meunier ; DAO : A. Fochesato.

38En supposant donc que le creusement découvert en 2020 ait fonctionné comme structure d’adduction pour le bassin, cela permet de restituer une canalisation qui, avec une inclinaison constante d’environ 4,8 % sur une longueur de 48 m, déboucherait exactement à hauteur de la dernière assise conservée du bassin (fig. 28). Pour pouvoir atteindre le bassin, le tracé parallèle à la façade de l’îlot des Grandes Forges devait toutefois former un coude ; néanmoins, l’érosion de plus en plus marquée des surfaces de la voie en s’approchant du bassin, bien attestée par les fouilles antérieures, exclut la possibilité de découvrir une quelconque trace de cet aménagement hydraulique sur l’espace d’une vingtaine de mètres en amont du bassin, comme le confirment les prospections géophysiques menées en 2020 dans le secteur.

Fig. 28. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.

Fig. 28. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.

Profil topographique restitué du système d’adduction du bassin.

A. Fochesato, A. Meunier ; DAO : A. Fochesato.

39La canalisation est reprise plusieurs fois lors de réfections successives de l’avenue et ce, jusqu’aux dernières phases d’occupation du quartier. Une recharge plus puissante que les précédentes, d’une vingtaine de centimètres d’épaisseur, recouvre en effet la première canalisation et sert de base à la mise en œuvre d’une nouvelle surface construite (Voie 2A). D’après les données issues de sondages contigus (SZABÓ, SZABÓ, 2010), cette phase est contemporaine du premier état de construction de la façade maçonnée de l’îlot des Grandes Forges, de peu postérieure au milieu du Ier s. av. n.è (état 2). La canalisation primitive est à ce moment en partie réaménagée, pour être ensuite scellée par une nouvelle recharge puissante composée d’un remblai pierreux, sur lequel est enfin aménagée la dernière surface construite (Voie 2B). À ce rehaussement de la chaussée correspond la consolidation de la façade de l’îlot par la mise en œuvre du contrefort, ainsi que le réaménagement du seuil d’accès (cf. supra, état 3). Une nouvelle canalisation, de dimensions plus réduites (environ 0,30 m de largeur pour 0,25 m de profondeur) remplace alors la précédente, peut-être à un moment où le bassin était déjà comblé et son système d’évacuation des eaux progressivement enterré sous les nouveaux pavages de la voie, à l’Augustéen moyen (BARRIER, 2014, p. 318-323). Si, dans les états antérieurs, le pavage de la voie avait pu être observé de part et d’autre du fossé, pour les états plus récents, ce dernier semble marquer une interruption entre la chaussée, à l’ouest, et une surface légèrement rehaussée qui pourrait être interprétée comme un trottoir aménagé le long de la façade de l’îlot. Le côté opposé de l’avenue est caractérisé à la même époque par un aménagement similaire, formé par une canalisation séparant la chaussée d’un trottoir pavé en tessons d’amphores. Suivie ici sur près de 70 m de longueur, cette canalisation se caractérise par la présence de clous dont la répartition spatiale – analysé pour le tronçon au nord du bassin – montre une distribution régulière avec des concentrations disposées chaque 0,9/1 m qui peuvent s’expliquer par la présence des éléments assemblés d’un coffrage en bois (FLEISCHER, 2007, 1, p. 248).

40Une quatrième et dernière canalisation, qui a pu être suivie sur une longueur de 9 m, remplace enfin la précédente. Rectiligne et placée à une distance de 3 m de la façade de l’îlot, son remplissage se compose pour l’essentiel de fragments de tuiles et de quelques tessons de céramique antique ou, de manière plus sporadique, médiévales, ces derniers issus peut-être de perturbations postérieures. Le tracé témoigne ainsi de l’ultime phase de l’occupation antique du quartier, contemporaine des derniers remaniements de l’îlot des Grandes Forges – et notamment de la réfection de la façade (état 3b) – et de l’ultime état de la voie (Voie 2B) ou peut-être même postérieure à l’abandon du complexe monumental. L’état de conservation et la nature du remplissage du fossé, quasi indistinguable des niveaux de démolition environnants, ne permettent en effet pas d’établir avec certitude si son installation recoupe ces derniers ou si elle en est synchrone. Une canalisation tout à fait comparable avait par ailleurs également été observée à l’extérieur de la façade sud de l’îlot en 1997, à l’occasion des fouilles de la chapelle du Couvent, et interprétée par les fouilleurs comme une structure de drainage en fonction, alors que le mur de façade voisin, placé à 2-3 m de distance, était déjà arasé (BECK, SAINT-JEAN VITUS, 2018, p. 65-68).

IV. L’esplanade du Parc aux Chevaux et le Theurot de la Roche

41L’exploration de la vaste clairière du Parc aux Chevaux avait été au cœur du programme quadriennal 2013-2016. L’étude du large transect ouvert entre le sommet du Theurot de la Roche, à l’ouest, et l’angle nord-oriental de la terrasse PC14 à l’est sur 210 m de longueur avait débuté en 2002 (fig. 29). En profitant du vaste espace déboisé dans le secteur (fig. 30), l’opération avait mobilisé à elle seule cinq équipes de recherche sur une surface fouillée de 8700 m² au terme de la campagne 2018. Dès les premières campagnes de fouille, il était apparu que les grandes terrasses maçonnées PC14 et PC15, reconnues par J.-G. Bulliot dans les années 1880, ne représentaient que le dernier état d’aménagement de ce secteur qui, comme on le sait désormais, a connu une histoire complexe, pouvant être synthétisée en quatre étapes principales (GUICHARD et alii, 2018, p. 187-191). L’ensemble monumental de la terrasse PC15 constitue sans doute l’élément central de ce quartier (fig. 31). L’achèvement de son exploration témoigne de différents états qui se succèdent avec un rythme soutenu (fig. 32), ce qui semble inscrire ce secteur dans une dynamique soutenue de transformation urbaine rapide. La topographie initiale a été très largement modifiée par l’aménagement d’une terrasse artificielle dont les terres ont été maintenues par un mur à poutrage interne, exemple quasiment unique de l’utilisation de la technique du murus gallicus en dehors d’une fortification. Les trois états les plus anciens (I, II et III) concernent un ensemble de forme carrée, de 43/44 m de côté, installé à une date imprécise durant la première moitié du Ier s. av. n.è. sur la terrasse artificielle. L’ensemble est délimité par un système de voirie le reliant d’une part, en direction de l’angle nord-est de la terrasse PC14, à un habitat bien structuré, d’autre part aux installations mises au jour sur le sommet voisin du Theurot de la Roche. Un réaménagement majeur intervient avant la fin du Ier s. av. n.è. (état IV), sous la forme des deux enclos maçonnés de PC15 de forme trapézoïdale et un peu plus vastes que l’ensemble précédent dont il recouvre une partie des structures (notamment le mur de soutènement septentrional et une partie du mur oriental) et de PC14 plus vaste, mais dans le même style architectural, à quelques mètres plus au sud. Les différentes modifications du plan, de l’agencement et des modes de construction de cet ensemble monumental, somme toute mineures, ne semblent pas de nature à signaler un changement de fonction de ce complexe. Ses caractéristiques principales (son assiette, sa forme et ses dimensions générales ; l’emplacement des accès, principal à l’est et secondaire à l’ouest ; l’association d’espaces couverts et d’espaces non couverts ; l’entretien régulier des sols de circulation) restent en effet stables sur l’ensemble de son existence et permettent de reconnaître un édifice public qui illustre, dans la durée, un projet architectural ambitieux.

Fig. 29. Mont Beuvray. Le quartier du Parc aux Chevaux.

Fig. 29. Mont Beuvray. Le quartier du Parc aux Chevaux.

Plan général des zones fouillées entre 2002 et 2021 dans le secteur du Parc aux Chevaux et du Theurot de la Roche.

Ph. Barral, M. Joly, P. Nouvel, M. Thivet ; DAO : A. Meunier, A. Fochesato.

Fig. 30. Mont Beuvray. Le quartier du Parc aux Chevaux.

Fig. 30. Mont Beuvray. Le quartier du Parc aux Chevaux.

Vue aérienne vers le sud-est du secteur en 2017.

Cliché : Q. Verriez.

Fig. 31. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.

Fig. 31. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.

Orthophotographies combinées à l’issue des campagnes 2017 et 2018 et emprises de fouilles 2012-2021.

Ph. Barral, M. Joly, P. Nouvel, M. Thivet ; acquisition et traitement : M. Thivet, Q. Verriez, A. Meunier.

Fig. 32. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.

Fig. 32. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.

Les principaux états de construction observés.

Ph. Barral, M. Joly, P. Nouvel, M. Thivet ; hors état II ; DAO : J. Hantrais.

42Avec d’ultimes observations complémentaires effectuées en marge des travaux de consolidation et valorisation de ces vestiges, la fouille de ce secteur a été achevée au cours du cycle 2017-2021. Si elle a permis de faire la lumière sur le développement urbain jusque-là peu connu de ce replat central de l’oppidum, elle est en même temps loin d’avoir épuisé le potentiel archéologique du secteur, les mesures géophysiques effectuées en 2013 et 2016 livrant un grand nombre d’indices d’aménagements sur l’ensemble de l’esplanade du Parc aux Chevaux. L’exploration du quartier se poursuit ainsi avec une nouvelle opération lancée en 2021 dans le but d’étudier l’extension vers le sud et le sud-ouest de PC14, mais aussi la nature, l’organisation et l’évolution de l’occupation qui l’ont précédée (cf. infra).

IV.1. L’enclos PC15

43Si la fouille des structures situées sur la terrasse PC15 par les équipes des universités de Franche-Comté, Bourgogne et Toulouse (dirigées par Ph. Barral, P. Nouvel, M. Joly et M. Thivet) avait bien été achevée à l’issue de la campagne 2016, à l’exception de quelques compléments d’observation effectués en 2017 qui ont permis de compléter le plan des bâtiments, notamment pour les états III et IV (ses résultats ayant déjà fait l’objet de différents articles et contributions : BARRAL et alii, 2018 ; FICHTL, 2018 ; ESTUR et alii, 2019 ; HANTRAIS et alii, 2020 ; TAILLANDIER, BLONDEL, 2022 ; BARRAL et alii, à paraître), un certain nombre de vérifications restaient encore à faire concernant les abords de cet ensemble monumental ainsi que ses systèmes de soutènement et d’accès. Entre 2017 et 2018, les moyens ont donc porté sur la poursuite de la fouille du murus gallicus et des espaces périphériques du complexe, à l’ouest et à l’est, afin de mieux appréhender son intégration au sein du système de voirie alentour (cf. supra, fig. 31). Cela aboutit à une surface totale de 4450 m² fouillée à l’issue de la campagne 2018. Une attention particulière a été notamment portée au dégagement de l’angle nord-oriental de la terrasse maçonnée qui constitue une zone remarquablement bien conservée (fig. 33 et 34). De ce fait, cette zone a fait l’objet d’importants travaux d’aménagement et de valorisation qui se sont déroulés entre 2021 et 2022 afin d’inscrire la terrasse PC15 dans un parcours renouvelé de découverte du site par le public. Cela a été l’occasion d’effectuer en 2021 d’ultimes observations complémentaires (sous la direction d’A. Fochesato et A. Meunier) qui ont permis d’étoffer le déjà riche constat stratigraphique du secteur.

Fig. 33. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.

Fig. 33. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.

Vue vers l’ouest du mur oriental de l’état IV scandé par des pilastres en grand appareil de granite en 2017.

Ph. Barral, M. Joly, P. Nouvel, M. Thivet ; cliché : A. Maillier.

Fig. 34. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.

Fig. 34. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.

Vue de l’angle nord-est de la terrasse maçonnée à l’issue de la campagne de fouille de 2017. On distingue aussi, en arrière de l’angle maçonné, l’angle du mur de soutènement primitif construit avec la technique du murus gallicus (flèche).

Ph. Barral, M. Joly, P. Nouvel, M. Thivet ; cliché : A. Maillier.

44Le murus gallicus qui servait à contrebuter les remblais de la terrasse au nord et à l’est et dont la mise en œuvre coïncide avec la première phase d’aménagement de la galerie quadriportique vers 60-40 av. n.è. (état I) – à moins qu’une structure analogue ne le précède, hypothèse non envisagée jusqu’à présent mais qui ne peut pas être écartée (cf. infra) – a été dégagé en 2017 sur un tronçon de 23,6 m comprenant sa face septentrionale et son retour à l’est (fig. 35), puis intégralement démonté en 2021 près de l’angle nord-est sur une portion de 3,3 m qui n’avait pas été dégagée lors des campagnes de fouille antérieures, ce qui a permis d’en reconnaître précisément la structure (fig. 36). Le parement du murus repose ici sur un véritable système de fondation composé d’une semelle en moellons jetée dans une tranchée d’une quarantaine de centimètres de largeur. À l’arrière de la tranchée et au même niveau, le premier lit de poutres transversales (fig. 37) est posé sur un remblai compact qui servait d’assiette à l’armature. La découverte de fiches en fer – toujours en position verticale, pointe en bas – à l’extrémité avant de ces poutres, suggère l’existence d’une poutre perpendiculaire fichée à l’origine dans la tranchée et servant de support à la première assise du parement. Si ce système est bien attesté pour la portion nord-orientale du mur de soutènement nord de la terrasse, dans toute sa portion occidentale et jusqu’à son extrémité nord-ouest, le murus reposait plus à l’est sur une semelle prenant la forme d’un ressaut débordant d’environ 0,10 m de l’aplomb du parement. Cette différence pourrait s’expliquer par les diverses conditions d’installation de l’ensemble. Tandis qu’à l’ouest, du côté amont, la terrasse est édifiée par incision du substrat naturel, ce qui implique une épaisseur réduite et une fonction de soutènement du murus par conséquent limitée, vers l’est, la pression exercée par des remblais de plus en plus conséquents aurait forcé les constructeurs à rechercher une meilleure stabilité pour le mur de soutènement.

Fig. 35. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.

Fig. 35. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.

Élévation du murus gallicus sur la face nord de la plateforme.

Ph. Barral, M. Joly, P. Nouvel, M. Thivet ; DAO : équipe de fouille ; localisation sur fig. 31.

Fig. 36. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.

Fig. 36. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.

Coupe sud-nord réalisée en 2021 à l’angle nord-est de la terrasse.

A. Fochesato, A. Meunier ; DAO : A. Fochesato ; orthophotographie : A. Meunier ; localisation sur fig. 31.

Fig. 37. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.

Fig. 37. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.

Vue depuis l’intérieur de l’assise inférieure sous la base du parement du murus gallicus fouillé en 2021.

A. Fochesato, A. Meunier ; cliché : A. Meunier.

45C’est sur ce dispositif de fondation, qui constitue ainsi un véritable châssis, que le murus gallicus a été érigé, appuyé sur les remblais de la terrasse. En élévation, son parement se compose de lits parallèles de blocs de rhyolite grossièrement équarris, séparés par des couches de limon épaisses de quelques centimètres qui révèlent l’emplacement de longrines de bois intégrées dans la façade de la structure. Ces longrines étaient intercalées entre deux assises successives de poutres transversales, espacées de 1,0 à 1,1 m, auxquelles elles étaient systématiquement fixées par des clous. L’emplacement des poutres transversales est signalé dans le parement par des alvéoles carrées de 0,20 à 0,25 m de côté, dont certaines possèdent une fiche en fer encore en place, toujours plantée du haut vers le bas. Ce sont en tout soixante-sept fiches en fer de 18 à 20 cm de longueur qui ont pu être collectées sur l’emprise de PC15. L’armature interne du murus gallicus est formée d’un empilement d’assises horizontales de poutres de dimensions variables, les pièces placées à la base de la structure étant les plus courtes, avec une longueur d’environ 1,5 m, leur longueur s’accroissant à mesure que l’on se rapproche de la surface, jusqu’à atteindre 3 m environ pour les poutres sommitales. Les empreintes de ces dernières sont recouvertes par les sols du premier état d’aménagement de la galerie quadriportique (état I), ce qui permet d’exclure la présence d’un talus en élévation entourant la parcelle durant la période de fonctionnement de l’état I – mais ne permet pas de l’exclure dans l’hypothèse d’un premier état de fonctionnement de la plateforme dépourvue de construction intérieure.

46La structure du murus gallicus, et notamment l’agencement de son armature, ne suit pas une assiette horizontale, mais présente un pendage qui, le long du tronçon septentrional, est d’environ 7 % d’ouest en est, ce qui correspond à la pente naturelle du terrain d’origine (cf. fig. 35). Le dénivelé entre la surface quasi-horizontale à l’intérieur de la terrasse et la base inclinée du mur, qui n’est que de 20 cm dans l’angle nord-ouest, atteint en revanche environ 2 m dans l’angle nord-est, qui correspond au point le plus bas du terrain d’origine. Le rôle de soutènement maximum à cet emplacement explique l’utilisation de blocs de plus grande dimension pour le parement. À l’angle, les poutres ne sont pas disposées en éventail, mais de manière perpendiculaire, de façon à former un caisson. Ce choix architectural a certainement contribué à fragiliser la structure, conduisant à son effondrement et à son abandon rapide à la fin de l’état II. Lors de la première réfection du quadriportique, vers 40 av. n.è. (état II), le système de soutènement de la terrasse reste en effet inchangé, alors que plusieurs réaménagements peuvent être observés dans la périphérie ouest et nord du complexe, en particulier dans les rues et les esplanades orientales. Vers le début de l’époque augustéenne (état III), toutefois, le démantèlement complet du quadriportique fait probablement suite à l’effondrement de l’angle du murus gallicus, comme semble le démontrer le fait que les assises résiduelles de son parement soient ensevelies sous les remblais de construction de la terrasse de l’état suivant, dont le rebord forme un talus en forte pente repoussé vers le nord. La ruine du mur de soutènement a donc précédé les travaux de réorganisation de la parcelle, occupée alors par un vaste bâtiment central.

47La fouille des abords de la terrasse et de la rampe qui permettait d’y accéder, entre 2017 et 2018, s’est de même révélée particulièrement intéressante (fig. 38). La technique du mur armé a été également employée pour l’édification de cette dernière lors des premiers états du complexe (états I et II). Dans sa configuration initiale, la rampe s’évase légèrement vers sa base (5,15 m à l’ouest contre 6,3 m au moins à l’est), là où elle rejoignait les deux branches curvilignes nord-est et sud-est de la voie qui entourait le complexe. Cet agencement, qui est articulé avec le mur de soutènement oriental, ménage deux esplanades de part et d’autre de l’accès, au pied de la terrasse. Lors du démantèlement du quadriportique, au début de l’époque augustéenne, l’esplanade au sud de la rampe fait l’objet d’un important assainissement par la mise en œuvre d’une épaisse couche d’amphores enrobant les vestiges des états précédents. Les amphores dégagées dans cette zone, pour certaines encore entières (1393 kg pour au moins 383 individus), sont disposées de manière à drainer le terrain, la rampe formant ici durant les périodes précédentes une sorte de barrage, à l’origine d’une zone insalubre en amont. La situation en contrebas de l’entrée est en revanche totalement différente, l’esplanade étant occupée par des ateliers métallurgiques. Ces ateliers ont été analysés, sous la direction de M. Berranger et P. Nouvel, à travers un protocole d’étude adapté (HULIN et alii, 2016), intégrant de manière systématique des approches géophysiques – des analyses de susceptibilité magnétique notamment – et la détection des micro-déchets liés au travail des métaux. Trois phases de fonctionnement ont pu être distinguées, dont les deux premières sont contemporaines de l’état III de la terrasse daté de l’époque augustéenne (fig. 39). L’atelier le plus ancien (état A1), dont l’installation recoupe les niveaux d’une voie située plus à l’ouest fonctionnant avec les deux premiers états de la plateforme PC15, n’est conservé que dans sa moitié méridionale. Il s’agit d’un bâtiment de 24,5 m² délimité par des parois édifiées sur sablières basses. L’espace interne, installé à une dizaine de centimètres en contrebas de la voie, est divisé par un mur de refend en deux unités de superficies égales, dont seule celle au sud a pu être étudiée. Elle se caractérise par un sol très charbonneux comportant un foyer en position centrale, et une fosse rectangulaire qui avait probablement une fonction de stockage de la matière première. La concentration de micro-déchets ferreux et de battitures, particulièrement denses à proximité du foyer où devait se trouver l’enclume, témoigne d’une activité de forge. À un moment donné, l’atelier est agrandi sur ses côtés nord et ouest par la mise en œuvre de nouvelles parois, toujours montées sur sablières basses (état A2), et l’espace interne, qui atteint alors 35 m², est totalement remanié. Il est probable qu’une subdivision interne entre deux espaces nord et sud ait subsisté : au nord, un sol en terre battue, en grande partie détruit, n’a livré aucune trace d’activité artisanale, alors qu’au sud, on observe une surface de travail matérialisée par des recharges argileuses installées sur un radier pierreux. Ces sols, indurés et rubéfiés, ont été fortement marqués par le feu. L’existence d’un plancher dans la partie sud-est de la structure peut être également envisagée. Les analyses y montrent de très faibles quantités de micro-déchets ferreux, tandis que la découverte d’une micro-feuille d’or et la présence ponctuelle de petits éléments en alliages cuivreux incrustés dans le sol permet de supposer une activité liée au travail des alliages fusibles, ainsi que de façon au moins ponctuelle de placage de revêtements précieux. Deux postes de travail ont été distingués, l’un dédié à la chauffe (avec notamment la présence d’un petit foyer associé à l’empreinte d’un probable soufflet), l’autre plutôt consacré aux activités de transformation plastique et de placage.

Fig. 38. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.

Fig. 38. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.

Vue générale de la façade orientale à l’issue de la campagne de fouille de 2017 avec, au premier plan, les vestiges de la rampe d’accès mise en place lors de l’état I. On distingue le système de poutres, vestige des deux retours du murus gallicus qui la soutenait au nord et au sud.

Ph. Barral, M. Joly, P. Nouvel, M. Thivet ; cliché A. Maillier.

Fig. 39. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.

Fig. 39. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.

Plans des différents états de construction de l’atelier accolé à la rampe de l’État IV.

M. Berranger, P. Nouvel, J. Hantrais ; DAO : P. Nouvel.

48Avec la construction des plateformes PC14 et PC15 durant la dernière décennie du Ier s. av. n.è. et la généralisation de l’emploi de la maçonnerie, le quartier est une dernière fois réorganisé. Une nouvelle voie est créée au sud de la terrasse PC15, accompagnée de la mise en place d’une nouvelle limite méridionale, parallèle au nouvel enclos PC14 qui, au sud, vient recouvrir l’habitat antérieur. Cette nouvelle esplanade englobe, au nord et à l’est, les soutènements de la terrasse précédente. Les éboulis des aménagements antérieurs sont alors enfouis sous de puissants remblais maintenus par d’imposants murs de soutènement construits en opus incertum. Le caractère monumental de cet ouvrage s’illustre notamment par l’utilisation de blocs en grand appareil, à la fois pour habiller l’angle nord-est de la plateforme et pour orner le mur de pilastres engagés qui rythment la façade, de la même manière que pour le mur septentrional de PC14. De même, la rampe qui permettait d’accéder à la terrasse par l’est est réaménagée avec la mise en œuvre d’un mur de soutènement venant se superposer à celui en armature en bois des états antérieurs. Au mur de la rampe – qui a été observé sur une longueur de 16 m – vient s’adosser un nouvel atelier qui remplace les installations antérieures. Ce bâtiment (état A3) présente une architecture mixte associant un solin maçonné chaîné avec le mur de la rampe, à l’ouest, et des parois fondées sur sablières basses. Son entrée se faisait toujours depuis la voie située plus à l’est. Une tranchée parallèle à la façade a été observée à 1,8 m en avant de celle-ci, incisée dans la surface de la chaussée ; elle pourrait matérialiser la présence de la fondation d’un mur de galerie ou simplement résulter d’un effet de gouttière lié au débordement du toit.

49L’emprise de la structure, de 29 m², légèrement plus réduite que celle de l’atelier qui la précède, est marquée par un sol en terre battue alterné avec des recharges argileuses fortement marquées par le feu. Le fait que le sol se poursuive au nord de la paroi septentrionale du bâtiment laisse envisager la présence d’un espace de travail mitoyen, délimité au sud par un alignement de trois poteaux de section carrée et s’étendant au nord en dehors de la zone de fouille. On a observé plusieurs traces de foyers et une zone d’accumulation charbonneuse localisée dans la portion sud-ouest de la pièce. La faible densité des battitures et des micro-déchets ferreux permet de supposer la poursuite du travail des alliages fusibles.

50Alors que l’histoire du complexe monumental et de ses abords est bien cernée à partir de l’édification de la première galerie (état I) jusqu’à la construction de la plateforme maçonnée autour du changement d’ère, l’existence d’un possible horizon d’occupation précoce, antérieur à la galerie primitive et qui daterait des premières décennies de l’oppidum, bien que supposée auparavant, n’a pu être vérifiée qu’en 2021 par la réalisation d’un sondage profond en travers des puissants remblais de la première terrasse. La coupe réalisée à l’occasion (cf. fig. 36) permet tout d’abord d’apprécier le mode de mise en œuvre de ces remblais, qui atteignent une épaisseur de presque 2 m à l’extrémité nord-est du terrassement. Une séquence d’au moins trois couches successives de remblais, disposées par bandes horizontales, a pu être distinguée. Au sein de ces couches, un premier niveau horizontal matérialise une surface de réglage, préalable à l’achèvement du terrassement, peut-être en lien avec le sommet du murus gallicus. La séquence de remblais se conclut à la base par une couche argileuse qui à son tour repose sur une interface indurée comparable à celle des sols construits de la galerie des états I et II, mais l’absence totale de mobilier archéologique et le manque de limites structurelles claires (trous de poteau, effets de paroi) semblent s’opposer à l’hypothèse qu’il s’agit d’un sol correspondant à un état de fonctionnement à part entière. Elle pourrait en revanche représenter un sol de chantier correspondant à une phase initiale d’installation du terrassement de l’état I. Du point de vue stratigraphique, il ne peut néanmoins pas être exclu qu’à cette phase initiale (état Ia) puisse être déjà rattachée la construction du murus gallicus.

51Ce sol repose sur un vaste et épais remblai d’une épaisseur comprise entre 0,45 m (au sud) et 0,65 m (au nord), dont les interfaces supérieure et inférieure sont constituées d’une fine strate indurée de couleur orange vif qui est le résultat de processus post-dépositionnels de décantation et d’oxydation de ses composants. Ce remblai scelle une interface tachetée de charbons, d’oxydes de manganèse et de fer compressés sur une épaisseur d’1 cm. Sans structuration apparente à première vue, cette surface présente néanmoins des zones plus claires – en raison de la présence beaucoup moins abondante de charbons et de manganèse et, à l’inverse, d’une plus grande concentration de cailloutis – ainsi que des tâches rubéfiées et plus indurées interprétables comme des restes de foyer. Ces quelques indices suggèrent la nature anthropique de ce niveau, confirmée également par la découverte d’une petite quantité de mobilier céramique et d’un potin, qui permettent d’ores et déjà de rattacher cette première phase d’occupation aux premiers horizons de l’oppidum, durant les premières décennies du Ier s. av. n.è. Si les grands travaux d’aménagement de la terrasse monumentale et la construction du premier quadriportique (état I) datent bien d’une phase avancée de la première moitié du Ier s. av. n.è., ils ne se déploient donc pas sur un terrain vierge. Il apparaît que ce secteur était au contraire bien occupé, comme le laissait supposer par ailleurs l’abondant mobilier découvert dans les structures précoces fouillées sous l’angle nord-est de PC14, distantes de quelques dizaines de mètres à peine et qui s’inscrivent dans une fourchette chronologique La Tène D1b-D2a. Le caractère dispersé des vestiges de cet « état 0 » empêche toutefois d’appréhender l’organisation initiale de ces espaces et du réseau de voirie attenant ; de même, leur interprétation fonctionnelle – espace ouvert ? zone d’habitat ? – reste incertaine. Cependant, d’importants travaux de terrassement semblent avoir déjà été mis en œuvre durant cette première phase d’occupation, la construction de la terrasse monumentale de l’état I s’appuyant en réalité – du moins dans sa portion orientale – sur un remblaiement plus ancien. Le niveau d’occupation précoce repose en effet sur un niveau de remblai très argileux (observé dans un sondage profond d’ampleur limitée), d’une soixantaine de centimètres d’épaisseur, mis en œuvre sur la tête du substrat et délimité, au nord, par une rupture de pente qui suit l’emplacement des murs de soutènement des états de construction postérieurs. Cela amène dès lors à s’interroger sur l’éventuelle présence d’une structure de rétention primitive des remblais, qui aurait pu précéder le murus gallicus des états I et II. La découverte d’un lit de poutres sous le châssis de fondation du murus (cf. supra) conforte cette hypothèse. Il s’agit de trois poutres parallèles, perpendiculaires au front du murus, mais devançant l’aplomb de ce dernier d’environ 0,25 m, qui s’associent à d’autres poutres déjà observées en coupe lors de la fouille du murus en 2017 entre 0,30 et 0,40 m au-dessous de la semelle de fondation. De plus, l’existence d’un poutrage en saillie placé sous la fondation avait été clairement observée sous le parement de l’angle nord-est du murus, ce que le sondage de 2021 a pu confirmer. Aucun autre vestige – parement, blocage – ne peut être mis en relation avec ce lit de poutres, qui peut être interprété soit comme une fondation du châssis du murus des états I et II (avec lequel aucun lien stratigraphique clair n’a pu être toutefois observé), soit plutôt comme le reste d’une structure de soutènement du premier terrassement du secteur (état 0) qui, au début du Ier s. av. n.è., précède l’aménagement du complexe monumental de PC15.

IV.2. L’enclos PC14

52Suite à l’achèvement de l’étude de la plateforme PC15, et compte tenu du bon état d’avancement de la publication dédiée, un nouveau projet de fouille a été engagé en 2021 visant l’exploration de la portion sud-occidentale de PC14. S’inscrivant dans la continuité des campagnes précédentes, les interventions menées sous la direction de Ph. Barral, P. Nouvel, M. Joly, M. Thivet et B. Clément sur le nouveau périmètre d’intervention, qui s’appuient sur les résultats des prospections géophysiques menées dans le secteur en 2013 et surtout en 2016. Elles permettent d’aborder plusieurs questionnements relatifs à la nature et à l’évolution de l’occupation du quartier. Les objectifs de cette nouvelle opération sont de ce fait multiples. Il s’agit en premier lieu d’identifier la limite méridionale de l’enclos PC14 et de compléter son plan. L’existence d’une maison romaine, révélée par les prospections et visiblement épargnée par les fouilles anciennes (cf. supra fig. 5 et 6), offre en outre l’occasion d’étudier pour la première fois depuis la reprise des fouilles dans les années 1980 un type d’architecture bien attesté au Parc aux Chevaux par les explorations du XIXe siècle. Il s’agit d’un modèle de maison à plan standardisé, formé par un alignement de pièces donnant sur une cour frontale délimitée par un mur (‘petites domus modulaires’ de type PC18, PC21 ou PC23 : LUGINBÜHL, 2019, p. 433-434). Comme les fouilles antérieures menées tant dans le secteur de PC15 que dans l’angle opposé de PC14, au nord-est, l’ont bien montré, le potentiel stratigraphique et le bon état de conservation de la sédimentation archéologique, notamment pour ce qui concerne les occupations antérieures aux dernières décennies du Ier s. av. n.è. (en s’écartant de la zone centrale du replat, plus érodée), laissent enfin espérer que la fouille du secteur permettra de comprendre l’évolution de l’habitat sur la longue durée et l’organisation de son réseau de voirie, en relation notamment avec l’espace public de PC15.

53Même si la campagne de fouille menée en 2021 n’est que la première d’une série à venir, ses résultats montrent d’ores et déjà la richesse du secteur. L’ouverture d’une fenêtre de fouille de 820 m² (fig. 40) a permis de définir une séquence stratigraphique composée d’une succession d’au moins quatre états (fig. 41 ; pour la localisation, cf. fig. 29). Le plus ancien, assez mal caractérisé en raison de l’arasement généralisé qui s’est produit lors de la construction de la plateforme PC14 (état 4, cf. infra), est matérialisé seulement par deux structures en creux localisées en limite sud-est du chantier. La première correspond à un grand cellier sub-rectangulaire, dont les dimensions d’origine peuvent être estimées à 4,6 m sur au moins 2 m de largeur, en partie rebouché par des tessons d’amphores de grande taille. Il peut être associé, quelques mètres à l’ouest, à une deuxième structure fossoyée, largement recoupée par les aménagements postérieurs. À un état postérieur (état 2, daté de manière provisoire vers 60-40 av. n.è. et qui correspondrait à l’état I de PC15, cf. supra) peuvent en revanche être rattachées de nombreuses structures fossoyées, toutes antérieures à la mise en place des fondations de la domus (état 3). Il regroupe probablement plusieurs occupations, que l’absence de recoupement et de niveau de circulation ne permet pas de distinguer. Parmi les vestiges qui caractérisent cet état, on peut signaler plusieurs celliers de dimensions comparables (entre 1,8-1,9 m de longueur sur 1,25-1,3 m de largeur), tous approximativement orientés selon les mêmes axes (entre 12° et 14° est) et dont l’un, au nord, est délimité par des parois en pierres non maçonnées. Dans un cas au moins, un des celliers, d’une profondeur conservée de près d’1 m, montre quelques traces d’un coffrage en bois et un comblement assez riche en mobilier autant céramique que métallique.

Fig. 40. Mont Beuvray. Frange sud-ouest de la terrasse PC14 du Parc aux Chevaux.

Fig. 40. Mont Beuvray. Frange sud-ouest de la terrasse PC14 du Parc aux Chevaux.

Vue aérienne vers l’ouest du chantier à l’issue de la fouille de 2021.

Ph. Barral, B. Clément, M. Joly, P. Nouvel, M. Thivet, Q. Verriez ; cliché : Q. Verriez.

Fig. 41. Mont Beuvray. Frange sud-ouest de la terrasse PC14 du Parc aux Chevaux.

Fig. 41. Mont Beuvray. Frange sud-ouest de la terrasse PC14 du Parc aux Chevaux.

Plan des différents états observés.

Ph. Barral, B. Clément, M. Joly, P. Nouvel, M. Thivet, Q. Verriez ; DAO : P. Nouvel.

54Trois regroupements de trous de poteaux, localisés respectivement sur la limite occidentale du chantier, en correspondance de l’angle sud-ouest et immédiatement à l’est de ce dernier, semblent matérialiser trois unités d’habitat, associées chacune à une structure de stockage, dans le cadre d’une occupation domestique modeste.

55Au centre de la parcelle décapée se trouvent deux petites sections de fossé répondant à cette orientation générale, qui encadrent un puits chemisé en pierre dont seul le remplissage supérieur a été exploré. Le chemisage de gros blocs délimite une structure de puisage circulaire d’un diamètre de 0,75-0,8 m, installée dans une fosse d’un diamètre de 2,1 m. Par son mode de construction la structure rappelle les puits déjà fouillés aux abords de PC14 en 2003-2005 et sur le sommet du Theurot de la Roche. En termes généraux, la compréhension de l’organisation de l’habitat à cette période pâtit fortement des bouleversements liés à l’installation de la plate-forme postérieure. On peut estimer à 50 cm, voire à 1 m, l’épaisseur des couches manquantes, avec un arasement plus important vers le nord-est que le sud-ouest. Il est révélé, en particulier, par la profondeur conservée des celliers.

56L’état suivant (état 3), lui aussi largement arasé lors de l’aménagement de PC14, se matérialise par les fondations empierrées de la maison détectée par les prospections géophysiques, sondée dans son angle nord-oriental, ainsi que par quelques structures en creux. Les fondations, seulement liées à la terre, sont conservées, au mieux, sous la forme d’un lit de pierres. Tout en considérant les arasements postérieurs et l’absence de niveau d’élévation conservé, il est impossible de déterminer si les murs étaient édifiés en pierre ou en matériaux périssables. La surface fouillée limitée de la maison, qui est explorée dans son intégralité depuis 2022, permet d’ores et déjà de reconnaître trois unités spatiales. Un épandage de mortier blanc surmonté d’une couche plus hétérogène mis au jour dans l’angle sud-ouest de la fouille constitue la seule couche en relation avec cet édifice. Au nord et nord-est de l’angle de la maison se trouvent un cellier et un deuxième puits, exploré seulement de façon superficielle, de sorte qu’il est impossible de juger de ses modalités de chemisage, en pierres parementées ou en cuvelage de bois.

57Deux tronçons de murs parallèles découverts à l’est de la domus et dont l’orientation diverge sensiblement de cette dernière peuvent être rattachés à une structure ou bien à un état distinct. Dans la portion orientale du chantier, d’autres structures non phasées faute de liens stratigraphiques conservés, sont probablement contemporaines de la maison. C’est le cas plus particulièrement d’une vaste excavation de 5,25 m de longueur pour 4,3 m de largeur à profil en cuvette (0,6 m de profondeur conservée), comblée par des tessons d’amphores de grande taille couverts par une couche moins détritique, qui peut être interprétée comme une fosse de vidange ou une sorte de mare : un petit fossé semble en effet s’y verser depuis l’ouest, un deuxième formant alors un trop-plein vers le sud-est.

58Après une durée d’utilisation qui reste encore difficile à déterminer, la maison est démantelée, ses niveaux de circulation arasés jusqu’à la base des fondations. L’aspect initial du secteur est largement modifié, avec l’incision de la base du versant et l’apport conséquent de remblais en aval pour modeler une assiette horizontale pour la mise en œuvre, durant la dernière décennie du Ier s. av. n.è., de la plate-forme PC14 (état 4, équivalent à l’état IV de PC15). Les aménagements réalisés sur cette surface sont peu nombreux et ne permettent pas de comprendre clairement le plan du complexe PC14. L’élément le plus visible est une tranchée d’axe nord-sud, d’environ 0,8 m de largeur et d’une dizaine de centimètres de profondeur, orientée dans l’axe des deux poteaux appartenant à la galerie ouest de PC14 fouillés plus au nord en 2013. Bien que la technique de construction indiquée par cette tranchée diffère grandement des éléments de la galerie fouillés dans la portion septentrionale de la plate-forme, on peut supposer qu’il s’agit d’une autre forme de support de cette galerie qui, pour mémoire, redouble au nord le tracé du mur de PC14. On n’observe aucune trace du mur ouest de PC14 au sud du piédroit dégagé en 2013, mais la fondation très peu profonde de ce mur ne permet pas d’exclure qu’il se soit prolongé dans cette direction sans qu’aucune trace en soit préservée. Dans son axe, au sud, seuls trois trous de poteau pourraient marquer la suite du système de clôture occidentale du complexe, bien qu’il soit cependant certain qu’il n’existe pas de succession régulière de poteaux sur cette ligne. Une tranchée rectiligne, repérée dans le prolongement du mur ouest de PC14, peut en effet être attribuée aux sondages réalisés ici par J.-G. Bulliot dans sa tentative, vaine, de trouver le mur de la plate-forme. Trois fondations formées d’une assise de pierre de 1,3 x 1,5 m apparemment non liée au mortier semblent former la limite sud de PC14, d’autant que leur alignement est strictement parallèle au mur nord de la plateforme. Le support central se place par ailleurs sur l’axe de la tranchée nord-sud. En considérant ces supports comme la bordure méridionale de PC14, la place monumentale mesurerait environ 58 m de largeur pour 91 m de longueur, soit une superficie d’environ 5300 m2.

IV.3. Le Theurot de la Roche : des excavations minières

59L’année 2017 a vu également l’achèvement de l’opération de longue durée visant l’étude du sommet du Theurot de la Roche, petite éminence dominant le vaste ensellement du Parc aux Chevaux. Le Theurot de la Roche a été investi en 2008 par l’équipe de l’université de Lausanne qui en a achevé l’exploration en 2015, atteignant une surface fouillée de 2750 m². La fouille du versant oriental avait mené en 2015 à la découverte d’une structure inédite (PS19) composée d’un quadrilatère maçonné de 10,7 x 9,2 m (dans l’œuvre) profondément encaissé dans le terrain, formé par des murs maçonnés dépourvus d’ouverture et conservés par endroits sur 2,3 m de hauteur (GUICHARD et alii, 2018, p. 175-180). De dimensions rigoureusement identiques à celles de la structure PS1 fouillée en 2012 sur la pente opposée du Theurot, au nord-ouest (GUICHARD, PARIS, 2013, p. 139-141), et de fonction aussi inconnue qu’elle, PS19 s’installe, comme cette dernière, à l’emplacement de deux excavations antérieures profondes situées respectivement au centre et au sud de son emprise. Profondément entaillées dans le rocher, ces creusements sont interprétés comme les vestiges d’une ancienne activité minière (fig. 42).

Fig. 42. Mont Beuvray. Le Theurot de la Roche, excavations minières.

Fig. 42. Mont Beuvray. Le Theurot de la Roche, excavations minières.

Plan d’ensemble des minières et emprise de la construction postérieure PS19 ; profil longitudinal de la minière sud avec les niveaux fouillés en 2017 et le positionnement du mur de PS19 qui recoupe la minière ; photo du fond de la minière-puits en fin de fouille : au premier plan le gradin intérieur, au deuxième plan le puits.

B. Cauuet, C. Tamas ; DAO et cliché : B. Cauuet.

60La fouille de l’excavation centrale, dirigée par B. Cauuet, s’était achevée en 2015. La fosse, large de 6,5 x 2,5 m, présentait des parois abruptes et deux gradins aménagés dans le rocher conduisant vers le fond, qui prend la forme d’un puits vertical atteignant une profondeur de 6 m à partir du sol de PS19. La fouille de la seconde excavation, menée entre 2016 et 2017, révèle le même type d’organisation. Localisée 2 m plus au sud et pratiquement à la perpendiculaire de la première, la fosse est légèrement plus large (3,5 m) et présente le même système de descente, sous la forme d’un gradin entaillé dans la paroi abrupte, ainsi qu’un puits de forme ovale à quadrangulaire, au plan irrégulier, se resserrant en progressant vers le fond. Aucune trace d’outil n’a été observée dans la rhyolite cassante du substrat, bien qu’elle ait sans doute été taillée à l’aide d’outils en fer, l’absence de parois arrondies et chauffées et de charbon de bois excluant l’utilisation de l’abattage au feu. La profondeur de la fosse atteint 6,2 m par rapport au terrain extérieur, mais son comblement se limite à environ 4 m d’épaisseur, les derniers 2 m ayant été décaissés lors de l’édification des maçonneries de PS19. Du fait de cet arasement important, il ne peut pas être exclu que les deux excavations si proches appartenaient à l’origine à une unique installation minière, creusée en deux branches perpendiculaires se terminant chacune par un puits.

61Le comblement se caractérise par un empilement de niveaux assez réguliers, avec des venues de matériaux des deux côtés de la structure. Quatre couches principales, imbriquées au centre de la fosse, ont pu être distinguées, toutes des variantes d’un même type de remplissage très caillouteux et peu caractérisé, hormis pour une petite poche charbonneuse observée dans la partie haute du comblement. Le mobilier est dans son ensemble plutôt modeste et ne comporte pas de marqueurs chronologiques permettant de dater précisément l’abandon de la minière, l’hypothèse la plus probable restant que le remblaiement a été effectué rapidement lors de l’installation de PS19, à la fin du Ier s. av. n.è.

62En 2017, la désobstruction totale de ce comblement a permis de compléter les observations géologiques et minéralogiques. Le minerai sulfuré exploité dans les deux excavations se compose d’une association de pyrite, galène, sphalérite, chalcopyrite, pyrrhotite et au moins deux types de minéraux d’argent (achantite et iodargyrite/hessite). La galène possède un évident caractère argentifère (avec une teneur de 1 500 à 2 700 ppm, soit 1,5-2,7 kg d’argent par tonne de minerai). Les matériaux extraits sont quantifiés à 320 t, ce qui correspondrait – dans le cadre d’une estimation basse des teneurs en argent – à un poids minimum (mais modeste) d’environ 800 g d’argent récupérable. La chaîne opératoire pour la récupération de l’argent contenu dans le minerai exploité a pu se faire par deux opérations métallurgiques successives après concassage et lavage/concentration. La première devait consister en une fusion réductrice du minerai et la production de plomb argentifère à partir de la galène et de l’acanthite contenues dans le matériau. La récupération de l’argent métal a été ensuite réalisée au moyen d’une fusion oxydante du plomb, ou coupellation. Les arasements en lien avec les aménagements urbanistiques d’époque augustéenne ont affecté fortement le secteur et il ne reste aujourd’hui aucun vestige des installations minéralurgiques (aires de traitement des minerais) et métallurgiques (production de l’argent), situés généralement aux abords des minières.

63Concernant enfin la question de la destination du minerai exploité, les analyses par isotopie du plomb présent dans le minerai et sur un lot de dix monnaies (un quinaire lingon fourré et neuf quinaires éduens, dont quatre fourrés, émis sur l’oppidum, comme le témoigne la découverte de deux coins monétaires) montrent que les signatures des minéralisations de Bibracte se distinguent assez nettement de celles des monnaies (fig. 43) : le plomb présent dans les monnaies ne proviendrait donc pas des gisements identifiés sur le mont Beuvray (CAUUET et alii, 2023). Les données les plus proches des signatures isotopiques des monnaies d’argent de Bibracte sont celles des gisements mésozoïques, dont de nombreuses occurrences existent dans le Morvan, notamment dans les filons à galène argentifère du site au toponyme évocateur d’Argentolle (commune de Saint-Prix) situé à la base du versant nord du mont Beuvray. Défiguré de nos jours par une exploitation de fluorine en carrière de 1970 à 1982, le gisement renfermait des minéralisations telles que du plomb, de l’argent et du cuivre sous forme de galène argentifère, de pyrite, de chalcopyrite, et même d’argent natif. Si les analyses permettent ainsi d’exclure l’exploitation des petits gisements du mont Beuvray pour la production monétaire – au profit d’une mobilisation de minerai dans d’autres filons proches, bien qu’en dehors de l’oppidum – le secteur du Theurot de la Roche et de ses flancs semble pour autant constituer à l’époque pré-augustéenne un champ de mines argentifères exploitées par petits ensembles de fosses disséminées sur des zones aux croisements de failles, plus riches en minéralisation. Il serait intéressant à ce propos de poursuivre l’étude de ce secteur par des prospections géophysiques approfondies ciblant notamment les zones qui, à l’écart des remaniements tardifs, sont les plus susceptibles d’avoir conservé les installations annexes de cette activité d’extraction, en tirant profit du déboisement récent d’une vaste portion du secteur.

Fig. 43. Mont Beuvray. Comparaison des rapports isotopiques du plomb observés dans les minières fouillées sur le Beuvray avec celui de monnaies d’argent.

Fig. 43. Mont Beuvray. Comparaison des rapports isotopiques du plomb observés dans les minières fouillées sur le Beuvray avec celui de monnaies d’argent.

B. Cauuet, C. Tamas.

V. Les domus PC1 et PC2 du Parc aux Chevaux

64Le cycle de recherche 2017-2021 marque le début d’un nouveau projet visant à l’exploration stratigraphique extensive de la domus PC2, située en face de la grande domus PC1 dans la portion méridionale du Parc aux Chevaux (fig. 44). Cette opération planifiée sur une longue période s’inscrit dans le cadre des activités du chantier-école pour adolescents de Bibracte et fait suite à la fouille extensive de PC1 qui, achevée en 2016 (GUICHARD et alii, 2018, p. 168-175), avec d’ultimes observations ponctuelles en 2017 et 2019, est désormais en phase de publication. Les objectifs du nouveau projet s’articulent autour de deux enjeux principaux. En premier lieu, il s’agit d’étudier un scénario stratigraphique et architectural complexe dont la domus fouillée par J.-G. Bulliot en 1882 ne constitue que la phase ultime, tout en tenant compte des aspects pédagogiques inhérents au chantier-école. En second lieu, il s’agit de faire de PC2 un chantier-pilote afin de tester les nouveaux outils de saisie de terrain dans le cadre du projet d’équipement numérique du Mont Beuvray, développé par Bibracte en collaboration avec divers partenaires de recherche, et de montrer aux visiteurs du site sur un exemple évocateur, les techniques et méthodes de l’archéologie de terrain (cf. infra). Les deux thématiques ont par ailleurs inspiré deux projets doctoraux, l’un portant sur les méthodes d’acquisition numérique et gestion des données sur le terrain, l’autre, qui démarre en 2022, sur les techniques et l’évolution de l’architecture romaine à Bibracte et en Gaule du Centre (cf. bibliographie).

Fig. 44. Mont Beuvray. Les domus du Parc au Chevaux PC1 et PC2.

Fig. 44. Mont Beuvray. Les domus du Parc au Chevaux PC1 et PC2.

Plan général des emprises de fouilles de 1985-2016 et 2017-2021.

Ch. Defer, N. Delferrière, E. Hamon, Ch. Martini, A. Meunier, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; DAO : A. Meunier.

65Ces volets scientifiques et méthodologiques doivent composer avec les contraintes de valorisation du chantier auprès des visiteurs du site, qui se traduit par la préservation des maçonneries romaines ainsi que de portions sélectionnées de la stratigraphie archéologique protégées par un abri de 1300 m² (36 x 36 m) qui, depuis novembre 2020, couvre la totalité de l’emprise de la domus (fig. 45). L’installation de la structure de protection a en partie conditionné la stratégie de fouille, les campagnes successives menées depuis 2017 s’étant intéressées prioritairement à la portion orientale de la domus, en dehors du périmètre abrité, et à ses abords sud et nord, fouillés pour permettre l’installation des supports de l’abri. Les fouilles ont d’ores et déjà largement confirmé la richesse de la stratigraphie, avec l’identification d’une riche séquence d’occupation qui précède la construction de la domus et qui s’inscrit dans la longue évolution architecturale et urbaine du quartier qui avait été déjà perçue dans les parcelles voisines PC1 et PC4 (PAUNIER, LUGINBÜHL, 2004).

Fig. 45. Mont Beuvray. Les domus du Parc au Chevaux PC1 et PC2.

Fig. 45. Mont Beuvray. Les domus du Parc au Chevaux PC1 et PC2.

Vue générale vers l’ouest des domus. Au premier plan, PC1 ; sous l’abri installé en 2021, PC2.

Cliché : A. Meunier.

V.1. Compléments d’observations sur la domus PC1

66Suite à l’achèvement de la fouille extensive de la domus PC1 en 2016, et afin de préparer au mieux sa publication, quelques sondages de vérification de petite envergure (de 2 x 1 m en moyenne) ont été effectués entre 2017 et 2019 dans différentes pièces de la maison sous la coordination d’E. Hamon, N. Delferrière et A. Meunier (fig. 46). Il s’est surtout agi de mieux caractériser la diversité des sols construits de la grande domus (état 5) pour pallier des imprécisions et des incohérences dans la documentation. Les vérifications ont été menées dans les locaux F, G, H, HH, BN, BJ, BI, CB, T, S, R, Q, P. Parmi ces sondages, deux, de plus grande taille, ont également permis de mieux documenter les deux états du foyer de la pièce CB et de vérifier le plan de la maison dite « à l’opus spicatum » qui a précédé la construction de la domus (état 4 ; PAUNIER, LUGINBÜHL, 2004, p. 79-98) grâce à la mise au jour de son angle sud-ouest dans la pièce S.

Fig. 46. Mont Beuvray. La domus PC1.

Fig. 46. Mont Beuvray. La domus PC1.

Plan pierre à pierre de l’état 5 avec les sondages effectués entre 2017 et 2019 et typologie des traitements des sols observés.

N. Delferrière, E. Hamon, A. Meunier ; DAO : E. Hamon, A. Meunier.

67De plus, le suivi des travaux de mise en valeur de vestiges a permis, entre 2018 et 2019, d’achever l’exploration de la pièce Z et de confirmer l’existence, au sud, d’un local inédit nommé W. Le sondage de 9 m2 a également clarifié le phasage de cette zone dont l’évolution stratigraphique n’avait été que partiellement élucidée. Le local Z et son voisin méridional W connaissent ainsi deux phases de construction, rattachées aux états 5b et 5c. À la phase 5b, le local Z est délimité au nord par le mur de façade du corps de bâtiment principal ; son sol, composé de fragments de terre cuite coulés dans un mortier de chaux et damé, repose sur un hérisson compact de pierres calibrées mêlées à un sable grossier. À l’image du mur opposé, le mur est se poursuit jusqu’à la façade du corps de bâtiment principal, auquel il est chaîné. Dans la partie orientale de la pièce, en position axiale, un creusement circulaire entame le sol et accueille un foyer hémicirculaire délimitant une aire de chauffe d’1,20 m de diamètre. À l’état 5c, les locaux situés en saillie au sud du corps de bâtiment principal connaissent d’importants réaménagements. L’implantation du conduit hydraulique qui ceinture la domus par le sud provoque la reprise de l’extrémité septentrionale du mur oriental dans l’angle sud-est de la pièce I et occasionne de lourds travaux dans la pièce Z. Son sol est alors recoupé par les tranchées de fondation des deux nouveaux murs qui vont former les nouvelles limites méridionale et septentrionale du local. La construction du mur sud a effacé toute trace du mur antérieur, présumé en matériau périssable et dans le prolongement de celui qui limite la pièce adjacente L. L’unique accès au local Z se fait via la pièce W et le seuil présente une largeur – habituelle sur PC1 – d’environ 1,30 m.

68Une dernière opération de suivi archéologique a enfin été réalisée sur une portion de la canalisation qui traverse dans la partie sud de l’atrium BN afin de parachever sa remise en état. Elle a été l’occasion d’en compléter le relevé.

V.2. La domus PC2

69Construite durant les derniers temps de l’oppidum sur près de 1500 m², la domus PC2 compte parmi les plus prestigieuses demeures de Bibracte par son architecture, mais également par les conditions topographiques particulières de son installation. La domus est en effet édifiée sur une terrasse artificielle de plain-pied avec la rue qui la borde à l’est, mais qui, à l’ouest, surplombe le versant de plus de 8 m. Cette terrasse, qui domine par sa masse les parcelles environnantes, est constituée d’un puissant réseau de fondations délimité par des murs de façade pourvus de contreforts, comme l’avait montré J.-G. Bulliot en 1882. L’emprise générale de la domus (fig. 47), connue depuis les fouilles de J.-G. Bulliot et dont l’assiette a été confirmée par les prospections géophysiques menées en 2014 (GUICHARD et alii, 2018, p. 173, fig. 25), se compose de trente-cinq locaux (nommés de A à XX) organisés en deux corps principaux. À l’ensemble central, articulé autour d’une cour entourée d’un quadriportique (locaux HH et H) et accessible depuis une entrée traversant son aile septentrionale, s’accole à l’est un deuxième corps organisé autour d’une cour trapézoïdale (Z). Un décalage d’environ 12° entre la façade est de la cour, alignée sur celle de la domus PC1 et longeant la voie qui sépare les deux édifices, et l’orientation du corps principal du bâtiment sont à l’origine de cette forme inhabituelle, un écartement qui avait incité J.-G. Bulliot à considérer la portion orientale comme une adjonction tardive, hypothèse que la reprise des explorations dans le secteur semble néanmoins écarter.

Fig. 47. Mont Beuvray. La domus PC2.

Fig. 47. Mont Beuvray. La domus PC2.

Plan général de la domus relevé par J.-G. Bulliot en 1882, confronté avec les maçonneries mises au jour depuis 2016, et nomenclature des espaces.

Ch. Defer, Ch. Martini, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; DAO : A. Meunier.

70Précédées par un premier sondage exploratoire en 2016 (GUICHARD et alii, 2018, p. 168-175), les campagnes écoulées (sous la direction de Ch. Martini, Q. Verriez, Ch. Defer et N. Scavone) se sont concentrées sur l’exploration de la portion orientale de la domus, à savoir la cour Z et les locaux attenants, et sur la fouille des espaces devançant ses façades sud et nord, sondés entre 2019 et 2020 par deux tranchées afin de préparer le terrain pour les fondations des supports de l’abri. Pour la même raison, deux sondages ont été implantés aux angles sud-ouest et nord-ouest des murs périmétraux de la domus. Dans ce dernier, l’angle se signale par un gros bloc de granit taillé, alors qu’au sud-ouest, il est détruit, tout comme le parement externe des maçonneries. Au moins trois états antérieurs à la construction de la domus ont pu être identifiés dans ces secteurs (fig. 48). Les occupations initiales, antérieures au milieu du Ier s. av. n.è., n’ont été appréhendées que de manière fragmentaire, mais leur présence est bien attestée – sous forme de structures fossoyées – dans plusieurs sondages profonds. Les décennies qui suivent la Conquête ont en revanche laissé des traces plus substantielles d’architecture à ossature en bois, qui relèvent d’au moins deux phases de construction successives, scellées ensuite, dans la portion orientale de l’édifice, par la mise en œuvre des imposantes fondations de la domus, dont la technique de construction se distingue en raison de la puissance des remplais à contenir. Pour la construction de la voisine domus PC1, par exemple, le terrain en pente a été aplani pour former une terrasse après avoir érigé le mur périmétral du bâtiment, pour ensuite creuser les fondations des maçonneries. Pour PC2, à l’inverse, les fondations des murs ont été installées en premier lieu dans des tranchées suivant la déclivité initiale du terrain, pour ensuite être montées par paliers de différentes hauteurs selon les locaux, tout en remblayant au fur et à mesure les espaces intermédiaires. Cette méthode de construction en caissons, bien documentée par exemple dans le local CC (fig. 49), mais envisageable également pour les autres pièces de l’aile est de la domus à proprement parler (B, XX, VV), permet d’adapter le bâtiment au versant sans entreprendre au préalable un terrassement de grande envergure. Dans la partie orientale de la parcelle, située à l’amont, les fondations des murs suivent la même disposition. Ainsi, si l’élévation du mur de façade sur la rue repose directement sur une fondation jetée en tranchée, les murs transversaux des locaux A, Y et X s’appuient sur une fondation montée hors sol de hauteur croissante vers l’ouest, de façon à aménager un espace de circulation horizontal. En règle générale, les fondations construites en élévation ont une épaisseur régulière de 0,60 m et sont arasées au niveau du ressaut qui marquait la base de l’élévation, ce qui interdit dans la plupart des cas l’identification des seuils de porte et, par conséquent, des circulations entre les espaces internes de la domus. La présence de bases de piédroits en granit autorise néanmoins à restituer quelques ouvertures, par exemple entre les locaux XX et CC. Une autre conséquence de la mise en œuvre des fondations en caissons consiste en un abaissement très fort du niveau originel des pavements de la domus en raison du tassement des remblais sur lesquels ils ont été posés, ce qui a favorisé la conservation des sols, souvent affaissés de plusieurs dizaines de centimètres. Plusieurs exemples témoignent ainsi du soin porté à l’aménagement des sols dans les différentes pièces. Le pavement du local CC se compose en effet d’un terrazzo d’excellente facture, mis en œuvre sur une préparation d’argile beige d’une dizaine de centimètres d’épaisseur enchâssée dans un lit de pierre. Le même type de sol a été observé dans la pièce adjacente XX, agrémenté ici par la présence d’un décor géométrique régulier, constitué de petits cubes de schiste et de calcaire organisés en carrés d’environ 0,45 m de côté et disposées en quinconce ; ce local était aussi doté d’un foyer composé d’une sole en dalles de terre cuite installée sur la préparation du terrazzo. Un aménagement très soigné a été observé également dans le local B, identifié comme la pièce chaude du balnéaire de la domus. Cette interprétation proposée par J.-G. Bulliot est confirmée par la découverte, dans le sol surbaissé du local, de restes ténus de pilettes d’hypocauste (fig. 50) et de l’amorce du parement d’une niche hémicirculaire qui devait accueillir un labrum, aménagée dans son épais mur oriental. Les empreintes de supports permettent de restituer une suspensura appuyée sur des rangées de six pilettes espacées de 0,60 m. Cet hypocauste, d’une surface de 12 m², est limité à l’ouest, en direction du local adjacent C, par une maçonnerie interne perpendiculaire au mur de la façade. L’aspect de cette dernière fait penser à un pied d’arc, ce qui indiquerait un plafond voûté. Le niveau de circulation de la galerie H, adjacente à la cour centrale et fouillé pour l’heure de manière partielle, présente une surface en graviers compactés pris dans un limon beige. La mise en œuvre des niveaux d’occupation du local A est quant à elle plus grossière. L’identification des sols dans les locaux X, Y et Z est plus délicate du fait d’un affaissement général du dépôt vers le centre de la cour Z, dû à la présence de vestiges antérieurs. Un sol maçonné de facture moins soignée que celui des locaux CC ou XX peut être supposé pour les pièces Y et X, alors que la cour Z est dotée d’un sol induré fait de cailloutis noyés dans une matrice claire. Conservé seulement par lentilles irrégulières, ce sol est recouvert d’une épaisse couche cendreuse litée qui matérialise une phase tardive et jusque-là inconnue de l’occupation de la domus, en lien avec des activités de métallurgie. Au cœur du local XX, le terrazzo et les niveaux sous-jacents ont en effet été recoupés par l’installation d’un four de bronzier, un creusement quadrangulaire pourvu à l’une de ses extrémités d’une sole en terre cuite pour la pose et l’alimentation des creusets et, à l’extrémité opposée, d’une fosse profonde de 0,64 m et remplie par deux épais niveaux de charbon déposés en litage très fin (fig. 51). À l’activité de ce four peut être associée la couche cendreuse formée des rejets d’atelier étalés sur le sol de la cour Z en profitant de l’affaissement de ce dernier. Parmi les rejets d’atelier ont été récupérés de nombreux fragments d’argile surcuite, parfois avec surfaces vitrifiées, et des traces de sels de cuivre, appartenant pour bon nombre à des moules, couvercles et quelques creusets dont certains d’une contenance de 10 l environ, inhabituelle pour Bibracte. Quelques débris de couvercles et de moules, dont plusieurs présentant l’empreinte d’arcs de fibules, ont pu également être identifiés. Au vu de la quantité des fragments de creusets et de l’épaisseur des cendres, l’activité de l’atelier s’avère avoir été importante. L’analyse micromorphologique du litage cendreux indique en effet un dépôt qui s’est fait en plusieurs fois, ce qui suggère des opérations successives de tassement régulier des rejets dans un espace protégé de la pluie, probablement par un auvent en matériaux périssables. Les artisans semblent s’installer sans césure nette dans la continuité de l’occupation des locaux, alors que ces derniers étaient déjà en partie en ruine. La découverte dans le local Y des restes effondrés d’une toiture en tuile et de sa charpente brûlée atteste que la domus avait déjà été affectée, du moins en partie, par un incendie avant l’installation de l’atelier. La dégradation des maçonneries se poursuit durant le fonctionnement de l’atelier, les restes du mur effondré de Y s’intercalant entre deux couches de rejets. Enfin, après une période d’activité dont la durée reste difficile à estimer, la désagrégation des dernières maçonneries conduit à l’abandon définitif de l’atelier et du secteur. Concernant la chronologie de cette réoccupation des lieux par des bronziers, l’on serait tenté de la rapprocher des témoins d’occupation les plus récents du secteur, par exemple le comblement de la cave située en vis-à-vis de la domus PC2, et au sud de PC1, que l’on date de la fin du règne d’Auguste (BARRIER, 2014). En ce sens, la période d’utilisation de la domus correspondrait pour l’essentiel à celle de la domus PC1 (tpq de15 av. n.è. en tpq) et ce, malgré la grande rareté des marqueurs bien engagés dans la période augustéenne que l’on observe au sein du mobilier collecté jusqu’à ce jour.

Fig. 48. Mont Beuvray. La domus PC2.

Fig. 48. Mont Beuvray. La domus PC2.

Phasage provisoire des occupations sur les secteurs nord et est de la domus.

Ch. Defer, Ch. Martini, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; DAO : A. Meunier.

Fig. 49. Mont Beuvray. La domus PC2.

Fig. 49. Mont Beuvray. La domus PC2.

Exemple de construction en caisson, avec fondations parementées. Vue vers le nord-ouest du local CC à l’issue de la campagne 2017.

Ch. Martini, Q. Verriez ; cliché A. Maillier.

Fig. 50. Mont Beuvray. La domus PC2.

Fig. 50. Mont Beuvray. La domus PC2.

Local B. Relevé des empreintes de pilettes.

Ch. Martini, Q. Verriez ; photogrammétrie et DAO : Q. Verriez.

Fig. 51. Mont Beuvray. La domus PC2.

Fig. 51. Mont Beuvray. La domus PC2.

Vue vers le nord-ouest du local XX à l’issue de la campagne 2017.

Ch. Martini, Q. Verriez ; cliché A. Maillier.

71À cette étape de l’occupation tardive du secteur peut encore être rattaché le bâtiment [140], découvert grâce à l’ouverture d’une large fenêtre de fouille au sud de la façade méridionale de la domus (cf. fig. 47). D’orientation légèrement différente par rapport à cette dernière, le bâtiment présente un plan rectangulaire d’au moins 5,80 x 4,55 m, son côté sud, qui se trouve en dehors des limites de la fouille, n’étant pas connu. Les maçonneries de cet édifice sont conservées sur plus d’1,30 m d’élévation. Le mur oriental, dépourvu de parement à l’extérieur et plus épais par rapport aux autres murs (0,80 m contre 0,60 m), fonctionnait également comme soutènement du terrain en amont. Le mur occidental est longé, à 1,60 m de distance, par un alignement de blocs qui peut être interprété comme la base d’une installation de type appentis. À l’intérieur de l’espace, le sol est mal caractérisé. Ses maçonneries s’appuient sur la façade préexistante de la domus. La fouille du local V voisin, à l’extrémité sud-ouest de la cour Z, montre que cet espace de transition au plan assez particulier a subi une réfection par l’ajout d’un mur méridional refermant cet espace initialement ouvert, ces maçonneries n’étant pas chaînées avec l’angle du local contigu X, ni avec celui de la pièce U à l’ouest.

72Si l’édification et l’occupation de la domus PC2 constituent sans doute une étape majeure dans la séquence des aménagements du secteur (état 4), elle n’est tout de même que la dernière d’une évolution longue que l’on peut faire remonter aux premiers temps de l’oppidum. L’existence d’édifices antérieurs à la domus avait déjà été avancée par J.-G. Bulliot sous la forme de « quelques cabanes de métallurgistes » auxquelles il associe la cave maçonnée AA dont l’escalier d’accès a été condamné lors de la construction de la façade orientale de la cour Z (BULLIOT, 1899, p. 381). Remise au jour en 2016 (GUICHARD et alii, 2018, p. 170, 174-175), la cave appartient en effet à une construction antérieure à la domus, mais qui est pour l’instant difficile à rattacher à d’autres vestiges contemporains, faute de liens stratigraphiques suffisamment épargnés par les tranchées des fouilles anciennes. Quelques traces d’occupation précoces ont été observés dans les environs immédiats de la cave, notamment dans les locaux A et B. Il s’agit de trois fossés caractérisés par un comblement assez compact et de deux trous de poteaux identifiés en B. Il est possible que ces traces appartiennent en réalité à une même structure dont le plan reste inconnu, mais qui par sa position stratigraphique semble davantage appartenir à un horizon d’occupation précoce du secteur (état 1). À ce même état peuvent être rattachées plusieurs structures fossoyées mises au jour dans la tranchée explorée en 2020 au nord de la façade septentrionale de la domus. C’est en effet ici que l’on observe la séquence stratigraphique la plus complète pour le secteur (fig. 52, 53). Fossés ou empreintes de paroi creusées directement dans le substrat naturel, trous de poteau, larges fosses ou encore petits dépotoirs, ces structures se recoupent parfois et n’ont donc pas été utilisées au même moment, mais leurs remplissages se caractérisent par la présence de plusieurs marqueurs céramiques spécifiques des horizons anciens de l’oppidum (La Tène D2a, 90-60 av. n.è.). En raison de leur conservation lacunaire, néanmoins, ces structures ne peuvent pas être associées à une organisation spatiale précise, encore moins à des plans de bâtiments bien reconnaissables.

Fig. 52. Mont Beuvray. La domus PC2.

Fig. 52. Mont Beuvray. La domus PC2.

Orthophotographie de la coupe est-ouest le long de la façade nord de la domus.

Ch. Defer, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; acquisition et traitement : Q. Verriez.

Fig. 53. Mont Beuvray. La domus PC2.

Fig. 53. Mont Beuvray. La domus PC2.

Interprétation de la coupe est-ouest le long de la façade nord de la domus.

Ch. Defer, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; DAO : Ch. Defer.

73L’ensemble de ces structures est scellé – probablement autour du milieu du siècle – par la mise en œuvre d’un vaste bâtiment à ossature bois (bâtiment [[728]], état 2, fig. 54) dont l’orientation sera ensuite strictement respectée par les murs de la domus. La largeur de cette construction est d’environ 11,8 m d’est en ouest. Au nord et au sud, elle se prolongeait hors de l’emprise de la tranchée, mais elle était d’au moins 8,2 m. L’installation du bâtiment semble avoir été précédée par des travaux d’assainissement et par l’aménagement d’un fossé probablement destiné à drainer le terrain en amont de l’édifice. Le bâtiment est doté d’un sol en argile jaune bien lissée, ayant fait l’objet de plusieurs rechapages séparés de minces couches d’occupation, ce qui indique que le bâtiment a été entretenu pendant un certain temps. Ses limites très nettes montrent que le sol s’appuyait contre des parois qui avaient été installées préalablement. Celle à l’ouest, la mieux conservée, est édifiée à l’aide de poteaux régulièrement espacés de 1,3 et 1,4 m. L’espace interne du bâtiment est partagé par un alignement de poteaux équarris de petite section (de 0,10 à 0,14 m), perpendiculaires à la paroi ouest. Ces poteaux matérialisent sûrement une cloison légère, qui n’a laissé toutefois aucune trace sur le sol.

Fig. 54. Mont Beuvray. La domus PC2.

Fig. 54. Mont Beuvray. La domus PC2.

Restitution du bâtiment [728] de l’état 2, au nord de la domus.

Ch. Defer, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; DAO : Ch. Defer.

74Du point de vue de son organisation et de son mode de construction, le bâtiment [[728]] présente de nombreuses similitudes avec le bâtiment [[441]] mis à jour dans la portion orientale de la domus sous les remblais de construction des locaux V et X (fig. 55). Caractérisé par un sol argileux compact, semblable à celui du bâtiment [[728]], ce bâtiment est comme le précédent délimité au nord par des poteaux espacés de 1,1 à 1,4 m. Les empreintes laissées suite à leur pourrissement, déjà visibles dans l’épais remblai qui scelle les restes du bâtiment après son abandon, montrent que son ossature n’avait pas été complétement arrachée et démontée, mais que, au contraire, certains poteaux avaient été laissés en place lors du remblaiement et de la réaffectation du local. Ces poteaux étaient, du moins pour certains, équarris, avec des sections comprises entre 0,15 et 0,25 m. L’espace de l’édifice est limité à l’est par une cloison qui, s’appuyant sur un des poteaux du mur nord, se prolongeait perpendiculairement vers le sud. Cette dernière était composée de deux poteaux équarris de 0,15 m de section, intercalés par deux montants de section nettement plus faible. L’espace oriental, tronquée par le mur de façade de la domus, dispose d’un sol de terre battue sommairement aménagé, associé aux vestiges érodés d’un foyer similaire à celui observé à l’extérieur du bâtiment, ce qui permet d’y reconnaître une galerie ou un auvent ouvert sur la voie située plus à l’est. À l’ouest, l’espace contigu est en revanche pourvu d’un sol plus soigné d’argile jaune lissée et rechapée à plusieurs reprises. Ce dernier peut être suivi vers l’ouest dans la pièce X et dans le couloir V où il est clairement recoupé par les tranchées de fondation des murs de la domus.

Fig. 55. Mont Beuvray. La domus PC2.

Fig. 55. Mont Beuvray. La domus PC2.

Plan du bâtiment [[441]] et des structures liées à l’état 2 sous la pièce X.

Ch. Defer, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; DAO : Ch. Defer.

75Vers le sud, le sol est entaillé par une tranchée étroite qui traverse le bâtiment en oblique. Le comblement de cette tranchée montre localement une empreinte axiale étroite que l’on identifie aux restes d’une conduite de bois, notamment par son association avec une emboîture en fer retrouvée in situ. L’attribution stratigraphique de cette conduite n’est pas sans poser problèmes. D’une part, elle ne semble pas pouvoir être associée à la construction de la domus, dans la mesure où son tracé est recoupé par les tranchées de fondation de ses murs (notamment dans le local V) et qu’aucun aménagement lié à son installation n’a été observé dans les maçonneries. En même temps, son attribution à la période de fonctionnement du bâtiment [[441]] n’est également pas envisageable, comme le suggèrent les dernières observations (2022) qui montrent que le tracé de la conduite se superpose en partie – mais étrangement de façon assez précise – aux empreintes de la paroi sur poteaux du bâtiment. La conduite semble ainsi devoir être rattachée soit à un réaménagement postérieur de l’édifice, soit à un éventuel état d’occupation compris entre l’abandon de ce dernier et la construction de la domus – et qui serait daté vraisemblablement à la période augustéenne – mais qui reste pour l’heure invisible dans la stratigraphie des espaces X et Z. On remarquera toutefois qu’un indice indirect de l’existence de cet état intermédiaire peut être reconnu dans la cave maçonnée AA qui, malgré l’absence de liens stratigraphiques clairs, semble, entre autres par sa technique architecturale, postérieure au bâtiment [[441]]. Une deuxième cave présumée [[471]], cette fois en ossature en bois, se place par ailleurs entre les deux structures au niveau de la cour Z (cf. fig. 48). Ici, son existence est suggérée par un affaissement général des niveaux postérieurs sur plus de 0,7 m. Les campagnes écoulées n’ont pas encore permis de délimiter définitivement son plan, encore moins d’entreprendre son étude architecturale. Tout au plus cerne t-on un peu mieux ses contours, qui prennent la forme approximative d’un carré de 6 m de côté dont on ignore encore s’il respecte le même alignement que le mur de façade de la domus ou bien celui du bâtiment [[441]] plus au sud.

76Dans tous ce secteur oriental de la domus, plusieurs points restent donc à éclaircir quant à la datation et à l’articulation chrono-stratigraphique entre le bâtiment sur poteaux [[441]], la cave contiguë [[471]] et la cave maçonnée AA plus au nord. Bien plus claire est à l’inverse la séquence chrono-stratigraphique documentée dans la tranchée septentrionale. Ici, à l’arasement du premier bâtiment sur poteaux [[728]] fait suite, durant la seconde moitié du Ier s. av. n.è., l’installation d’un nouvel édifice (bâtiment [[689]]) organisé selon la même orientation que le précédent. Mal conservé, le bâtiment se signale essentiellement par des lambeaux de sol et par la présence d’un large foyer quadrangulaire (1,0 x 1,3 m) pourvu d’une dalle foyère très compacte. Après une période de fonctionnement dont la durée est difficile à estimer mais qui s’inscrit sans doute durant la seconde moitié du Ier s. av. n.è., ce bâtiment est remplacé par une nouvelle structure (bâtiment [[727]], état 3, fig. 56) nettement mieux conservée. L’édifice, bien daté grâce à la présence de nombreux marqueurs augustéens dans son ensemble céramique (avec un tpq autour de 20 av. n.è.), témoigne d’un changement architectural net qui suit une trajectoire bien connue à la même époque dans d’autres quartiers de l’oppidum (Fochesato, 2020, p. 257-262). Les parois sur poteaux des bâtiments antérieurs sont en effet remplacées par des murs fondés sur des poutres horizontales (sablières basses). À l’est, une première sablière sert d’appui au sol de circulation extérieur et retient, côté intérieur, une couche de remblai qui sert d’assiette pour la pose des autres sablières qui, à leur tour, forment des cadres dans lesquels sont installés les sols du bâtiment. Le plan se compose de quatre espaces : deux pièces contiguës, larges de 4,15 et 4,25 m, bordées par deux espaces longitudinaux (couloirs) larges de 1,35 m à l’est et 1,0 m à l’ouest. La largeur totale du bâtiment est ainsi d’environ 11 m, pour une longueur supérieure à 6 m, ses extrémités sud et nord n’ayant pas été atteints. Les sols de ces locaux, installés sur un radier de blocs de rhyolite, sont de facture soignée, composés d’une couche de préparation de mortier de chaux dégradé et, pour l’un des espaces centraux, d’un terrazzo de tuiles et amphores concassées.

Fig. 56. Mont Beuvray. La domus PC2.

Fig. 56. Mont Beuvray. La domus PC2.

Restitution du bâtiment [[727]] de l’état 3, au nord de la domus.

Ch. Defer, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; DAO : Ch. Defer.

77Une épaisse couche jaunâtre issue de la destruction des murs du bâtiment recouvrait ces sols. Elle contenait des fragments de tuiles, indiquant que le bâtiment était au moins partiellement couvert par une toiture en terre cuite. De nombreuses plaquettes de mortier observées en coupe (cf. fig. 52) sont interprétées comme des restes d’enduit mural, très mal conservés en raison de l’acidité du sol, comme c’est souvent le cas sur le mont Beuvray. Ces couches de démolition étaient à leur tour couvertes directement par les restes effondrés de la toiture de la domus, sans véritable interface entre les deux qu’on puisse rattacher à la période de fonctionnement de la domus. Cette absence est surprenante, d’autant plus que la zone fouillée se trouve dans l’axe de l’entrée principale, soit donc à un emplacement où on serait en droit d’attendre un sol extérieur soigné. Si on ne peut pas exclure formellement que le bâtiment [[727]] ait pu coexister avec la domus, cette hypothèse semble très peu probable au vu de la disposition des lieux, le premier bâtiment se trouvant juste en avant de l’entrée. Une seule couche mince, limoneuse et meuble, observée à la base de la démolition, pourrait être associée au fonctionnement de la domus, tandis qu’aucun remblai ne traduit la volonté de renforcer le sol de l’espace situé entre PC2 et PC4, une vingtaine de mètres plus au nord, que la géométrie des lieux oblige néanmoins à considérer comme une rue.

78Compte tenu des résultats importants obtenus dans les différents secteurs de la fouille, l’enjeu majeur consiste à les assembler afin d’obtenir une vue chrono-stratigraphique d’ensemble à la fois du secteur de PC2 et, à plus grande échelle, des parcelles environnantes, ce qui n’est pas sans problèmes au vu de l’écartement des fenêtres de fouille. Si les vestiges plus anciens (état 1) n’autorisent pas encore une interprétation d’ensemble en raison de leur fragmentation, une première corrélation entre les différents sondages semble pouvoir se faire pour le premier horizon de construction, bâti probablement autour du milieu du Ier s. av. n.è. Néanmoins, malgré les très nombreux points en commun entre les bâtiments sur poteaux [[728]] (état 2 au nord, cf. supra) et [[441]] (état 2 à l’est), à la fois dans le mode de construction, la disposition des plans et jusqu’à la taille et l’organisation de leurs éléments architecturaux, leur appartenance à une seule et même phase d’aménagement de la parcelle ne peut pas être prouvée en absence d’une connexion stratigraphique directe. La datation des deux ensembles via l’étude du mobilier, notamment céramique, n’est pas non plus assez précise pour en assurer la contemporanéité (bien que le bâtiment septentrional semble présenter un faciès un peu plus récent). On notera d’ailleurs que, le cas échéant, les deux bâtiments attesteraient une organisation de la parcelle moins régulière qu’à l’époque de la domus, celui de l’est étant clairement désaxé par rapport à celui au nord qui, lui, s’oriente exactement comme la domus. Il en va de même pour l’horizon d’occupation postérieur, augustéen, bien caractérisé au nord par l’installation du bâtiment [[727]] sur sablières basses (état 3), mais qui reste plus difficile à caractériser (cave AA, cave en bois) pour la portion orientale de la domus.

79Comme cela est le cas à la Pâture du Couvent, un outil indispensable pour la mise en corrélation des séquences stratigraphiques de PC2 avec celles des parcelles environnantes PC1, à l’est, et PC4, plus au nord, fouillées dans les années 1990, début 2000, est l’analyse de la succession des aménagements de la voie qui sépare les trois parcelles, tous caractérisés par une occupation structurée de longue durée, remontant aux premières décennies de l’oppidum (PANIER, LUGINBÜHL, 2004). En 2019 et 2021, la voie a été ainsi sondée afin d’obtenir une séquence stratigraphique qui se révèle cohérente avec les observations effectuées antérieurement le long de la façade ouest de PC1 (DUFAY, 1995 ; DUFAY-FLOUEST, DUNKLEY, 1997 ; PAUNIER, LUGINBÜHL, 2004, p. 133-134 et fig. 6.1 ; MARTINI, HAMON, 2016). Malgré une réduction de la puissance de la sédimentation du nord au sud, on identifie tout au long des quelque 55 m de son tracé quatre surfaces d’utilisation principales (fig. 57) (les deux premières étant décomptées pour trois dans PAUNIER, LUGINBÜHL, 2004). Le premier radier de la voie s’appuie directement sur un remblai lié au terrassement de la pente naturelle. Composée d’un cailloutis calibré et tassé, la surface de circulation est alors large d’environ 4 m. La première réfection de la chaussée se manifeste par un remblai sableux qui sert de pose pour une nouvelle surface (état 2), délimitée à l’ouest par un petit fossé qui réduit d’environ 0,7 m la largeur de la première voie. Une couche de cailloutis vient ensuite repaver la surface de circulation (état 3), qui est dotée d’une canalisation centrale (fig. 58) matérialisée par une tranchée de 0,6 m de largeur sur 0,5 m de profondeur, au sein de laquelle on reconnaît l’empreinte d’une conduite en bois de 0,2 m de diamètre. Cette dernière était ponctuée de deux emboîtures en fer, découvertes à 1,5 m de distance l’une de l’autre, semblables à celle découverte dans la pièce X (cf. supra). L’ensemble de ces vestiges est recouvert enfin par une ultime réfection (état 4), à laquelle on peut associer un étroit fossé bordier, à l’est, et un deuxième, 1,7 m plus à l’ouest. Ce dernier état s’appuie plus au nord sur les tranchées de fondation de la domus PC1, ce qui fournit un précieux indice pour raccorder les stratigraphies des parcelles PC1, PC2 et PC4 (PAUNIER, LUGINBÜHL, 2004, p. 153-155). Deux conduites en bois ont été repérées le long de la façade de PC1, installées de part et d’autre de la voie lors de l’aménagement de son état correspondant, à l’est, à l’occupation immédiatement antérieure à la construction de la domus (Période 4 de PC1, Augustéen ancien et moyen) et, à l’ouest, au fonctionnement de deux bâtiments sur solins en pierre dans la parcelle PC4, également datés de l’Augustéen ancien et moyen (Période β : PAUNIER, LUGINBÜHL, 2004, p. 150-151 ; FOCHESATO, 2020, p. 235-236). Ces conduites, comme celle documentée en 2021, sont dotées d’emboîtures en fer, régulièrement disposées à intervalles d’1 m. Au vu de son orientation et de sa technique de construction, le nouveau tronçon de conduite repérée en 2021 plus au sud (état 3 de la voie) est indubitablement le prolongement de celle observée antérieurement plus au nord à l’ouest de la voie, alors que la suite de la seconde n’a pas pu être discernée. À cette conduite peut correspondre celle découverte sous la pièce X et rattachée à une possible réfection du bâtiment de l’état 2 ou à un supposé état postérieur (cf. supra ; état qui serait donc synchrone de la Période 4 de PC1 et à la période β de PC4), très similaire du point de vue de la technique de construction – notamment l’emploi de frettes en fer de même module –, ce qui laisse supposer que la première se raccorde sur la seconde un peu en amont de l’angle sud-est de PC2.

Fig. 57. Mont Beuvray. La domus PC2.

Fig. 57. Mont Beuvray. La domus PC2.

Coupe est-ouest de la rue entre PC1 et PC2.

Ch. Defer, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; DAO : F. Lemke.

Fig. 58. Mont Beuvray. La domus PC2.

Fig. 58. Mont Beuvray. La domus PC2.

Plan des canalisations dans la partie orientale de la domus et dans l’emprise de la rue adjacente.

Ch. Defer, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; DAO : N. Scavone.

80Selon cette hypothèse, la période de fonctionnement de la domus PC2 serait ainsi essentiellement contemporaine du dernier état de la voirie (état 4) et donc synchrone de la grande domus de l’état 5 de PC1. Le raccordement de la stratigraphie de la voie avec celle de la domus PC2 reste néanmoins incertain. On note en particulier qu’on n’a pas pu observer de façon nette la relation entre la tranchée de fondation du mur de façade de la domus et les couches qui forment l’accotement de la voie, très perturbé par les fouilles anciennes.

VI. La Chaume

81Située dans la partie sud-est de l’oppidum, la Chaume est un des replats sommitaux du mont Beuvray qui constitue, avec le Porrey et la Terrasse, un des secteurs du site dont la fonction reste pour l’heure méconnue. Sondé brièvement par X. Garenne entre 1864 et 1865 dans le but d’identifier les restes de l’ancien ‘hameau du Beuvray’ localisé à proximité de la chapelle Saint-Martin (GARENNE, 1867, p. 163), ce plateau, connu pour avoir accueilli les foires du Beuvray dont la première attestation remonte à 1236 (BECK, SAINT-JEAN VITUS, 2018, p. 19), a été exploré durant les années 1870 par J.-G. Bulliot, qui exhuma sous la chapelle les vestiges d’un temple gallo-romain associé à des bâtiments bordés d’un portique extérieur accolé à une voie (BULLIOT, 1899, p. 223-262). Lors du redémarrage des recherches sur le mont Beuvray en 1984, trois campagnes de fouille ont été consacrées au fanum et aux différents états du lieu de culte chrétien (GRUEL, VITALI, 1998, p. 13-16). Le reste du secteur n’a pas fait l’objet de nouvelles explorations, à l’exception d’une longue et étroite tranchée réalisée en 1989 entre le Porrey et la Chaume, dont les résultats n’ont pas été très probants (ALMAGRO-GORBEA, GRAN-AYMERICH, 1996). Entre 2012 et 2014, les campagnes de prospection géophysique extensives menées dans ce secteur (85 054 m2 mesurés par méthode géomagnétique et 10 388 m2 par géoradar : GUICHARD et alii, 2018, p. 152-158) ont permis de mettre en évidence une longue anomalie linéaire interprétée comme un fossé reliant la zone sommitale du Porrey, au nord-est, à l’enclos de la Terrasse, au sud-ouest, suscitant ainsi un regain d’intérêt pour cette zone. La compréhension de la fonction et de la chronologie de cet aménagement jusque-là inconnu est susceptible d’aider à préciser le rôle de ce vaste espace intra-muros de l’oppidum encore assez mal caractérisé.

82C’est pourquoi une nouvelle opération de fouille a été engagée dans ce secteur en 2017 sous la direction de P. Goláňová (universités Masaryk de Brno, République tchèque), dans l’optique de vérifier les résultats des prospections géophysiques et de caractériser la chronologie de cette structure linéaire. Organisée en deux sondages proches (fig. 59 et 60), elle vise d’une part à explorer un tronçon du fossé sur toute sa profondeur et d’autre part à étudier la zone où ce dernier croise la voie mise au jour par J.-G. Bulliot à l’ouest du sanctuaire gallo-romain, afin de préciser leur relation chrono-stratigraphique. Une attention particulière a été portée à la mobilisation systématique des approches paléo-environnementales, avec la mise en œuvre d’un protocole de prélèvement méthodique pour l’étude des macrorestes végétaux, des diatomées et des parasites, ainsi que pour l’analyse micromorphologique du comblement des structures en creux (GOLÁŇOVÁ et alii, 2020).

Fig. 59. Mont Beuvray. La Chaume.

Fig. 59. Mont Beuvray. La Chaume.

Localisation des sondages de 2017-2021.

P. Goláňová ; DAO : A. Meunier.

Fig. 60. Mont Beuvray. La Chaume.

Fig. 60. Mont Beuvray. La Chaume.

Emplacement des sondages 1 et 2 sur le relevé de J.-G. Bulliot.

P. Goláňová ; DAO : A. Meunier.

83Étudié en 2017 et 2018, le premier sondage, de taille réduite (6 x 10 m), a permis d’atteindre le substrat et d’obtenir un profil complet du fossé (fig. 61). Ce dernier se caractérise par un creusement en ‘V’ très régulier, avec une profondeur de 2,5 m par rapport à la surface du terrain actuel et une largeur de presque 5 m à l’ouverture. Son comblement, assez hétérogène, était recouvert de couches au caractère hétéroclite. Le remblai supérieur, qui recouvrait quasiment l’ensemble de la zone fouillée, contenait, en plus du mobilier daté de La Tène D et de l’époque augustéenne, des éléments gallo-romains des Ier-IIIe s. de n.è., mais également des fragments de céramique médiévale. Plusieurs structures – fosses, trous de poteau – ont également pu être distinguées dans les niveaux supérieurs du comblement. Les premiers niveaux sous-jacents se caractérisent par un profil en cuvette, tandis que les couches suivantes, déversées majoritairement depuis l’amont, présentent un pendage orienté vers l’aval, probablement causé par un glissement lent des couches dans ce dernier. À environ 0,30 m du fond du fossé, un niveau d’eaux souterraines se maintenait en permanence, retenu par la couche argileuse compacte dans laquelle le fossé avait été creusé. L’analyse micromorphologique des comblements inférieurs ne montre pas de stratification qui puisse suggérer un écoulement d’eau : les matériaux se sont très probablement accumulés dans de l’eau stagnante, et ce pendant une période assez longue (des semaines ou des années). L’analyse des diatomées – algues unicellulaires qui constituent un excellent indicateur de la qualité de l’eau – confirme ces observations. Un second fossé, plus petit et qui n’avait pas été repéré par les prospections géophysiques, est également apparu en aval, dans la partie nord du sondage. Placé comme le premier sous le niveau de remblai post-antique, il présente une profondeur de 0,70 m pour une largeur d’environ 2 m à son ouverture. Tout comme le grand fossé voisin, cette structure a été creusée dans un remblai caillouteux jaune-rouille, mais elle s’interrompt à environ 1 m du bord nord-est du sondage. À une trentaine de centimètres après cette interruption, on observe une fosse dont l’interprétation et la relation avec le fossé restent incertaines.

Fig. 61. Mont Beuvray. La Chaume.

Fig. 61. Mont Beuvray. La Chaume.

Sondage 1. Vue vers le sud-ouest de la coupe du grand fossé.

P. Goláňová ; cliché : T. Kamp.

84Le fond du fossé se caractérise par une couche charbonneuse de quelques centimètres d’épaisseur. Une densité importante de clous a été observée à la fois dans le remplissage du petit fossé et dans la moitié nord de celui du grand fossé, possiblement en lien avec la présence d’une structure en bois cloué (une clôture, par exemple) installée entre les deux fossés, dont les clous auraient glissé dans ces fossés suite à la décomposition des bois. Des fosses et des trous de poteaux installés sur le même niveau ont pu fonctionner en même temps, sans que l’on puisse toutefois percevoir une organisation spatiale bien définie. On note la découverte dans l’un d’entre eux d’une bague en fer avec intaille, peut-être en cornaline, représentant un scorpion aux pinces ouvertes. Le mobilier des couches de comblement des deux fossés montre que celui-ci s’est effectué assez rapidement après le milieu du Ier s. av. n.è., en débordant peu sur la période augustéenne. Les deux fossés étaient donc déjà comblés à l’époque impériale, alors que le fanum gallo-romain était actif.

85Dans le but de mieux appréhender la séquence des aménagements du secteur, une seconde fenêtre de fouille d’environ 340 m² a été explorée à partir de 2018 au sud-ouest du premier sondage, sur le lieu supposé de l’intersection du fossé et de la voie antique qui longeait le temple gallo-romain anciennement fouillé. La partie haute du dépôt se caractérise par la présence de nombreux vestiges d’époque médiévale et moderne, mis au jour notamment dans la partie méridionale du sondage, noyés dans une épaisse couche humique de couleur sombre. Le nettoyage des remblais pierreux et des couches de destruction détectés sous les niveaux d’humus a permis de reconnaître le plan d’un bâtiment, qui peut être daté probablement des XVIe-XVIIe siècles (fig. 62). De plan rectangulaire (4,2 x 3 m), l’édifice est matérialisé par des solins en pierre très faiblement fondés et qui ne présentent parfois qu’une seule assise conservée. Aux angles, du côté extérieur, des couronnes de pierres étaient destinées selon toute probabilité à caler les poteaux qui soutenaient le toit. Ces poteaux placés à l’extérieur des solins semblent avoir été prévus dès la conception de l’édifice ; l’assise de base des murs forme en effet des angles coupés afin de laisser l’espace pour les poteaux, alors qu’à partir de la deuxième assise les blocs sont assemblés de façon à former un angle droit. Le démontage partiel des murs jusqu’à la première assise de construction indique l’existence de deux entrées opposées sur les côtés sud et nord. À l’intérieur du bâtiment, les calages en pierre de cinq ou six poteaux supplémentaires ont été découverts. Ces poteaux intérieurs réduisant substantiellement la surface utile du bâtiment, on peut avancer qu’ils pouvaient plutôt soutenir un plancher, ou bien appartenir à un édifice antérieur, ce qui permettrait d’expliquer de surcroît la présence d’autres structures à l’extérieur du périmètre de ce bâtiment. À environ 1,8 m au sud de cet édifice, un autre mur a été identifié, associé à une série de petites structures en pierre – en partie identifiables comme des éléments de calages de poteaux – et à un deuxième petit mur postérieur. Au nord du bâtiment, la séquence d’occupation comprend plusieurs empierrements superposés qui forment autant de plateformes irrégulières dont la fonction et la datation restent incertaines, ainsi que plusieurs trous de poteaux et de piquets (fig. 63). Un lambeau de sol édifié à partir d’une plateforme de tegulae et de grandes pierres matérialise une construction en bois assez mal conservée qui, à partir du mobilier associé, peut être datée à l’époque médiévale (XIVe-XVe siècles). On notera qu’aucun mobilier daté du haut Moyen Âge et des Xe-XIIe siècles n’est attesté dans ce secteur, malgré une datation radiocarbone de 1048-1220 cal AD et un fonctionnement avéré de la chapelle Saint-Martin à cette époque (BECK, SAINT-JEAN-VITUS, 2018, p. 15).

Fig. 62. Mont Beuvray. La Chaume.

Fig. 62. Mont Beuvray. La Chaume.

Sondage 2. Orthophotographie 2019 de la première assise du bâtiment moderne.

P. Goláňová ; traitement : P. Žaža.

Fig. 63. Mont Beuvray. La Chaume. Sondage 2.

Fig. 63. Mont Beuvray. La Chaume. Sondage 2.

Plan des structures (niveaux 2-5) relevées en 2019 et 2020, corrélées à l’orthophotographie de fin de fouille 2018.

P. Goláňová.

86Une fois les niveaux post-antiques dégagés dans la partie nord du chantier, des lambeaux de la voie antique et la partie supérieure du comblement du fossé sont apparus (fig. 63, niveau 5). Plusieurs trous de poteau sont venus percer les niveaux de colmatage du fossé. Néanmoins, aucune structure attribuable à la période gallo-romaine n’a pu être clairement identifiée, bien que la céramique qui caractérise cette époque semble prédominer dans certaines de ces couches, avec notamment une forte représentation des gobelets et des mortiers (signe possible d’une activité spécifique, peut-être en lien avec le sanctuaire gallo-romain situé aux abords immédiats). La voie est matérialisée par plusieurs lambeaux discontinus, généralement constitués de pierres de petit calibre sous lesquelles on observe par endroits une couche de préparation grise. D’après la localisation des lambeaux conservés de la chaussée, la voie pourrait avoir une largeur d’au moins 8 m, alors que J.-G. Bulliot mentionne une largeur primitive de 12 m (BULLIOT, 1899, vol. 1, p. 228). Un clou de chaussure a été trouvé directement sur l’interface de la chaussée, qui s’ajoute aux quinze découverts dans les couches immédiatement supérieures. Dans la partie ouest de la zone étudiée, un mur de terrassement orienté nord-sud, déjà repéré au XIXe siècle et lors de prospections géophysiques, a pu être reconnu. Bien que J.-G. Bulliot l’interprète comme un mur bordier de la voie (ibid., p. 228), les fouilles ont permis de certifier que la chaussée, recoupée par sa tranchée de fondation, se prolongeait au-delà du mur. Mis en œuvre postérieurement à la voie, la datation exacte et la fonction de ce mur restent ainsi incertaines.

87Sous les niveaux de la voie, un nouveau tronçon du fossé situé dans le prolongement de celui fouillé dans le précédent sondage au nord-est a pu être exploré (fig. 63 et 64). Le profil en ‘V’, la largeur d’environ 4,6 m et la profondeur de 1,8 m se sont avérés conformes aux résultats du sondage de 2017-2018. Comme dans ce dernier, un niveau d’eau a été atteint dans le fond du fossé. La structure est creusée dans une couche pierreuse et dans le sous-sol compact sous-jacent. Son comblement se compose d’une série de remblais qui présentent un pendage vers le nord et l’ouest. Sa portion supérieure se caractérise par la présence d’une couche sombre et compacte, riche en composants organiques qui peuvent être expliqués par une accumulation d’eau au sein de la dépression causée par le tassement des couches inférieures du comblement. Datée du troisième quart du Ier siècle av. n.è. grâce au mobilier céramique, cette couche témoigne probablement d’une phase de stabilité qui fait suite au premier comblement du fossé et peut être associée à un mince niveau, observé à sa base, qui restitue trois clous de chaussure. Ces clous peuvent témoigner d’une première intégration de la zone du fossé, après son comblement, dans le système de voirie et ce, avant l’aménagement de la voie antique menant au fanum.

Fig. 64. Mont Beuvray. La Chaume.

Fig. 64. Mont Beuvray. La Chaume.

Orthophotographie de fin de fouille ; coupes longitudinale et transversale du fossé.

P. Goláňová ; orthophotographie et DAO : J. Geršl.

88Contrairement aux résultats du premier sondage en 2017-2018, très peu de mobilier a été trouvé dans le comblement du fossé dans le second sondage, ce qui suggère que ses modalités de remblaiement ont été ici sensiblement différentes. Le remblaiement mobilise surtout des matériaux issus du substrat remanié à l’emplacement de la voie et il semble avoir été plus solide. En revanche, dans les deux sondages, on observe le même profil dissymétrique du comblement, qui montre un déversement préférentiel des remblais depuis l’amont. Ceci laisse possible l’hypothèse que les remblais soient issus d’un talus qui bordait à l’origine le fossé et qui aurait été totalement arasé lors du comblement du fossé et de la réorganisation complète du secteur à partir de l’époque augustéenne.

VII. Le secteur des Grandes Portes

89Les remparts de Bibracte, constitués de deux enceintes concentriques, ont fait l’objet de plusieurs investigations depuis les premières explorations menées par J.-G. Bulliot en 1868. Après les fouilles réalisées à la Porte du Rebout entre 1984 et 1996 (BUCHSENSCHUTZ et alii, 1999), les campagnes de relevé topographique de Fr. Schubert (SCHUBERT, 1999), puis les sondages de l’équipe de O.-H. Urban sur l’enceinte externe et les fortifications des Barlots (1995-2009 : DHENNEQUIN et alii, 2008, p. 20-22 ; URBAN, 2010), les recherches sur les fortifications de l’oppidum se sont momentanément interrompues. Ce n’est qu’en 2019 qu’un nouveau projet d’étude porté par des équipes des universités de Bordeaux, puis de Paris Panthéon Sorbonne et de Cluj-Napoca (Roumanie) a émergé. Ce projet est articulé autour de deux axes principaux : la réalisation d’une synthèse des connaissances sur l’ensemble du système défensif de Bibracte, et l’engagement d’un nouveau programme de fouille dans le secteur des Grandes Portes, dans la portion sud-occidentale de l’oppidum (fig. 65). Bien qu’elles comptent parmi les zones les moins explorées de Bibracte – seuls quelques sondages très limités ont été réalisés en 1992 dans l’une des buttes de la porte, accompagnés de prospections au détecteur à métaux (BARRAL et alii, 1996) – les Grandes Portes représentent un choix stratégique pour aborder la question de l’architecture militaire sous différents angles. Tout d’abord, cette entrée constitue probablement l’un des accès principaux de l’oppidum, symétrique de la Porte du Rebout. Elle est traversée par une voie menant vers une vaste plateforme – dite du « Petit Bois » – située en position dominante et dont la datation et la fonction restent à déterminer. Le remarquable état de conservation des structures, encore bien visibles dans la topographie des lieux, suggère la présence de deux Zangentore qui se sont succédé dans les deux enceintes, dont la plus récente, à l’intérieur, a été ultérieurement condamnée, ainsi que le propose Fr. Schubert. Une autre hypothèse envisage à l’inverse l’existence d’une seule porte à long couloir aménagée dans l’enceinte externe, condamnée par la suite lors de la construction du rempart interne qui ne prévoyait plus d’accès dans ce secteur. Quelle que soit l’hypothèse retenue, l’histoire des fortifications a inévitablement eu un impact sur le développement de l’occupation intra-muros et notamment sur l’évolution de la voirie connectée à cet axe d’accès sud-occidental. Précédées par des prospections géophysiques réalisées en 2018 (cf. supra), les fouilles ont démarré dans ce secteur en 2019. En préalable de la fouille de la porte, l’ouverture d’une tranchée dans une portion de l’enceinte interne proche de l’entrée a d’ores et déjà permis d’évaluer l’état de conservation du rempart, les modalités de son installation sur la pente et son architecture. À la fouille du rempart, menée par l’équipe française, est associé depuis 2021 un sondage réalisé par l’équipe roumaine sur la plateforme en amont de la porte dans le but d’y détecter la présence d’aménagements, mais surtout de vérifier l’hypothèse selon laquelle cette terrasse est un aménagement tardif qui a occulté le tracé de la voirie issue de la porte.

Fig. 65. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.

Fig. 65. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.

Localisation des sondages de 1992 et 2019-2021 et restitution schématique des fortifications des Grandes Portes selon Fr. Schubert.

S. Krausz, G. Florea, C. Millereux, S. Vasilache ; DAO : A. Meunier.

VII.1. Le système défensif de l’oppidum : sondage dans le rempart interne

90À partir de 2019, la fortification interne de Bibracte a pu être explorée pour la première fois de manière complète dans le secteur sud-occidental de l’oppidum, grâce à un sondage ouvert sous la direction de S. Krausz et C. Millereux dans une portion linéaire très bien conservée de la fortification située à environ 100 m au sud-est des Grandes Portes. Dès la première campagne, il a été possible de réaliser une longue tranchée exploratoire qui a permis d’appréhender le système défensif lié au rempart interne sur toute sa profondeur et sur 26 m de dénivelée (fig. 66). Dans le souci de sauvegarder les arbres qui couronnent les fortifications, la tranchée a été divisée en deux tronçons, en aval du rempart (17 m de longueur sur 4 m de largeur) et en amont (45 m de longueur pour une largeur allant de 2 à 10 m en fonction des paliers de sécurité aménagés pour atteindre le fond de la structure). L’extension importante de la tranchée vers l’amont (fig. 67) a permis de mettre au jour un espace totalement dépourvu de traces d’occupation, avec un aménagement de la pente qui fonctionne avec le rempart. Il apparaît aujourd’hui que le rempart ne constitue pas la défense à lui seul, mais qu’il est intégré au sein d’un dispositif défensif qui comprend plusieurs glacis aménagés sur la pente. Ces glacis encadrent le rempart proprement dit, construit avec la technique du murus gallicus sur une hauteur de 3 m et une largeur d’environ 7,5 m. En aval, un glacis se développe sur 5 m de dénivelée, précédé d’un replat large de 6 m, peut-être lui-même précédé d’un aménagement formant contrescarpe, ce qui reste à préciser avec la poursuite des explorations dans ce secteur en contrebas de l’enceinte, pour l’heure difficilement accessible en raison de la raideur de la pente (fig. 68). En amont, le rempart est précédé d’un replat formant un espace de circulation à la base d’une pente rectifiée sur près de 25 m de longueur. Cette pente résulte probablement du prélèvement de matériaux pour la construction du rempart, mais le fait qu’elle ait été maintenue vierge d’habitations indique qu’elle participait elle aussi au système défensif avec une fonction de glacis (fig. 69). Une campagne de reconnaissance menée en 2020 sur l’ensemble de l’enceinte – profitant de l’arrêt temporaire du chantier dû à la pandémie – a permis d’observer ce type d’aménagement sur toute la longueur de la fortification, ce qui ouvre la voie à un possible futur projet visant à l’analyse fine de la topographie des remparts au moyen des nouveaux relevés LiDAR de 2019 (cf. infra) en vue d’appréhender à large échelle les modalités de leur implantation et de leur articulation avec l’occupation urbaine qu’ils enserrent.

Fig. 66. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.

Fig. 66. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.

Sondage sur le rempart intérieur. Vue générale vers le nord-est de la tranchée nord en fin de campagne 2021.

S. Krausz, C. Millereux ; cliché : A. Maillier.

Fig. 67. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.

Fig. 67. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.

Sondage sur le rempart intérieur. Orthophotographie de fin de fouille et plan général de la tranchée nord.

S. Krausz, C. Millereux ; DAO : C. Millereux ; orthophotographie : A. Meunier.

Fig. 68. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.

Fig. 68. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.

Sondage sur le rempart intérieur. Relevé de la paroi orientale des tranchées nord et sud.

S. Krausz, C. Millereux ; DAO : C. Millereux.

Fig. 69. Mont Beuvray. Le secteur des Grandes Portes.

Fig. 69. Mont Beuvray. Le secteur des Grandes Portes.

Sondage sur le rempart intérieur. Restitution 3D du système défensif.

S. Krausz, C. Millereux ; conception S. Krausz ; restitution 3D : Fl. Comte.

91L’installation du murus gallicus sur la pente a nécessité un aménagement spécifique pour stabiliser l’ouvrage, selon un procédé habituellement attesté dans les remparts de Bibracte (FOCHESATO, 2020, p. 112 ; BUCHSENSCHUTZ, 2021). Cette installation a entraîné d’importants travaux de terrassement pour modeler le versant, aménager un gradin, lui donner l’inclinaison adéquate et asseoir le poutrage et le parement. L’extrémité arrière du murus gallicus est constituée d’une masse de remblai qui comble le gradin initial servant de réglage au poutrage et qui aurait pu également fonctionner comme une rampe, bien que l’érosion du dépôt ne permette pas de le déterminer avec certitude. D’autres niveaux de remblai qui restaient à finir d’explorer à la fin de la campagne 2021 ont pu être observés dans la partie avant du rempart, sous le niveau de pose du parement. La poursuite de la fouille en 2022 a montré qu’ils correspondaient à la démolition d’un murus gallicus plus ancien, qui est probablement le rempart externe, tangent au rempart interne à cet emplacement.

92Le parement du murus gallicus, fouillé sur près de 7 m de longueur (fig. 70 et 71), se compose, comme c’est toujours le cas dans les remparts de Bibracte, de roches homogènes extraites et dégrossies localement. Conservé en élévation sur un maximum de quatre assises, il présente un rang supérieur formé de six blocs assez volumineux (diamètres de 0,4 à 0,5 m) et grossièrement équarris. Leurs faces externes sont sub-rectangulaires et planes, alors que le côté arrière, encastré dans le blocage, est plus étroit. Ayant glissé vers l’avant, ces gros blocs reposaient à l’origine sur une assise de réglage formée de blocs bien agencés de plus petite taille. Immédiatement à l’arrière du parement, le blocage interne du murus est conservé sur environ 1 m de hauteur. Il se compose d’un agglomérat de blocs de tailles et de natures diverses (rhyolite, quartzite, microgranite) enrobés dans un sédiment meuble et relativement homogène sur une cinquantaine de centimètres de largeur. Le poutrage qui assurait l’armature du rempart a pu être partiellement observé (fig. 72). En 2019 et 2021, cinq assises de poutres ont pu être mises en évidence dans le cœur du rempart, auxquelles vient s’ajouter une assise découverte sur un palier supérieur de la fouille, matérialisée par des gros blocs servant de calage aux poutres transversales. Les traces de pièces de bois sont encaissées dans un remblai argileux homogène et révèlent un maillage très dense du poutrage. Les empreintes des poutres mesurent en moyenne 1 m de longueur, bien que la plus longue soit conservée sur 2 m. Elles atteignent 0,15 m de largeur sur 0,20 m de hauteur maximum. L’entraxe entre les poutres est très irrégulier : on mesure 0,40 m en moyenne entre les poutres transversales – perpendiculaires au parement – et 0,20 à 1,0 m entre les poutres longitudinales. Une assise de poutres transversales a pu être également observée grâce aux vides que les extrémités des bois ont laissé entre les blocs du parement. Ces poutres sont disposées à intervalles réguliers, tous les mètres. Chaque logette contenait une fiche en fer, à peu près en place, mais basculée en avant, ce qui suggère la présence de poutres longitudinales placées dans le parement ou immédiatement à l’arrière et clouées sur les poutres transversales. L’existence de ces poutres longitudinales avait été par ailleurs envisagée dès 2019 grâce à la découverte, à l’avant du rempart et dans ses niveaux d’effondrement, de plusieurs fiches en fer. En outre, la présence de gros blocs dans les assises supérieures du parement s’explique bien en relation avec les longrines : ces blocs pouvaient servir à maintenir solidement les bois longitudinaux, puis des blocs plus petits étaient mobilisés autant que nécessaire pour créer une nouvelle arase régulière pour l’assise suivante de longrines.

Fig. 70. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.

Fig. 70. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.

Sondage sur le rempart intérieur. Orthophotographie et relevé de l’élévation du parement du rempart.

S. Krausz, C. Millereux ; DAO : C. Millereux ; orthophotographie : A. Meunier.

Fig. 71. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.

Fig. 71. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.

Sondage sur le rempart intérieur. Vue vers le nord-est des vestiges du parement du rempart.

S. Krausz, C. Millereux ; cliché : A. Maillier.

Fig. 72. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.

Fig. 72. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.

Sondage sur le rempart intérieur. Relevé des différentes assises de poutrage du rempart.

S. Krausz, C. Millereux ; DAO : C. Millereux.

93Cette fouille confirme donc l’emploi de poutres longitudinales ou de longrines clouées aux poutres transversales, insérées dans le parement, ce qui semble avoir été la règle à Bibracte, ce fait ayant aussi été clairement noté aux abords de la poterne ouverte dans le rempart externe fouillé par O.H. Urban et sur le murus gallicus qui ceinture la plateforme PC15 (BARRAL et alii, 2018 ; FOCHESATO, 2020, p. 118-119 ; p. 124-139) ; c’est cette formule qui a été choisie pour les nouvelles restitutions de murus gallicus mises en œuvre sur le site en 2022, à la Porte du Rebout et à PC15. Bien que difficiles à mettre en évidence à cause de la faible hauteur conservée des parements, les longrines semblent jouer un rôle important dans la stabilité du mur (FOCHESATO, 2020, p. 137). Leur présence avait d’ailleurs déjà été suggérée dans le rempart interne grâce aux observations de J.-G. Bulliot (BULLIOT, 1899, p. 32) et à un cliché du rempart près de la Porte du Rebout redégagé en 1907 (DÉCHELETTE, s.d., p. 44). Elle avait également été évoquée lors de la fouille du premier état du bastion nord de la porte (BUCHSENSCHUTZ et alii, 1999, p. 39). D’autres exemples de murus gallicus, à Vertault, Alésia, Pons ou Lyon, témoignent de l’usage de ce type d’assemblage (KRAUSZ, 2019).

94Compte tenu de la distribution des fiches en fer découvertes lors de la fouille, il s’avère que l’assemblage des bois par clouage était réservé aux environs du parement et, à l’intérieur, peut-être seulement aux assises supérieures. Ces particularités – dont la récurrence à Bibracte et sur d’autres sites reste à préciser – peuvent facilement s’expliquer par des exigences en lien avec la construction : alors que la pression des terres était suffisante pour contrer le glissement des poutres insérées dans la masse du rempart, les longrines situées dans le parement ou immédiatement en arrière étaient sujettes au basculement, un problème que l’enclouage sur des poutres transversales permettait de résoudre tant que le bois ne pourrissait pas. La seule fiche en fer découverte dans le cœur de l’armature se situe à l’intersection d’une poutre transversale et d’une poutre longitudinale dont l’empreinte est enveloppée d’une fine couche de charbon de bois, ce qui indique qu’elle a été brûlée, du moins superficiellement. Ceci peut révéler une technique de construction destinée à consolider l’ouvrage en le préservant dans le temps : la pellicule superficielle carbonisée forme une couche isolante et protectrice, permettant aux poutres de mieux résister à la pourriture et aux insectes. D’autres fragments de charbon, détectés dans les assises supérieures du poutrage, suggèrent que cette technique a peut-être été mise en œuvre plusieurs fois dans différentes sections du rempart. Des traces identiques de carbonisation ont également été observées dans les fouilles du rempart externe (par exemple à la poterne du Porrey : URBAN, 2010) et à la Porte du Rebout.

VII.2. La Terrasse du Petit Bois

95En parallèle de l’étude du système défensif de l’oppidum, le nouveau programme de recherche dans le secteur des Grandes Portes pose la question de l’évolution et de la fonction des espaces situés immédiatement en amont des fortifications. La Terrasse du Petit Bois, située approximativement 80 m à l’intérieur du rempart interne, à un point dominant les Grandes Portes, revêt un intérêt particulier de ce point de vue. Cette terrasse se présente comme une esplanade aux angles semi-arrondis d’une surface de 5500 m² faiblement inclinée (environ 7 %). Des talus bien marqués, dont le dénivelé est entre 3 et 4 m, constituent ses limites au sud et à l’ouest, tandis qu’elle est bordée à l’est par un escarpement rocheux haut de 6 à 8 m, identifié comme un front de taille de carrière (BARRAL et alii, 1996, p. 228, cf. fig. 65). Les premières explorations du secteur remontent à 1992, quand une série de sondages d’ampleur limitée avaient permis d’obtenir un premier aperçu de la stratigraphie de la zone, composée essentiellement de deux niveaux superposés. Le niveau supérieur, très pierreux sur une trentaine de centimètres d’épaisseur, avait été interprété comme le résultat de l’exploitation de la carrière. Il reposait sur une couche limoneuse, essentiellement stérile, mais dans laquelle au moins une fosse avait été aménagée. D’après les fouilleurs, celle-ci pouvait être en lien avec l’activité d’extraction des matériaux de construction nécessaires au chantier du murus gallicus voisin. La nouvelle exploration démarrée en 2021 sous la direction de G. Florea vise en premier lieu à vérifier et compléter l’ensemble de ces indices d’occupation, et ce, afin d’obtenir une séquence stratigraphique pouvant aider à comprendre l’évolution de la topographie et de l’usage du secteur. L’attention s’est notamment portée sur l’étude des remblais de la terrasse dans sa partie aval (datation et mode de mise en œuvre) et sur la vérification de l’existence d’une voie issue de la porte et supprimée par l’aménagement de la terrasse, ainsi que le suggèrent les prospections électriques réalisées en 2018 et l’analyse des relevés LiDAR.

96Bien que limitée à un premier sondage d’évaluation, la première campagne de fouille a d’ores et déjà permis de tirer quelques conclusions provisoires relativement à la séquence d’occupation du secteur (fig. 73 et 74). Une première tranchée de 30 m de longueur pour 4,75 m de largeur, orientée est-ouest, a été ouverte à partir du chemin forestier actuel afin de recouper le rebord aval de la terrasse. Une tranchée perpendiculaire a ensuite été ouverte sur le replat de la terrasse sur une longueur de 13 m et 3,2 m de largeur, perpendiculairement à l’axe de la porte de la fortification interne. Le profil observé dans un sondage profond limité montre une stratigraphie simple, qui dénote d’au moins trois phases d’aménagement du secteur. L’occupation la plus ancienne est matérialisée par un fossé à profil en ‘V’ évasé, large de 2 m à l’ouverture et creusé dans le substrat sur une profondeur de 0,8 m. Mis au jour sur un tronçon de 1,6 m, ce fossé est orienté nord-ouest/sud-est selon une ligne de plus grande pente et, de ce fait, il se situe dans l’axe du couloir supposé des Grandes Portes, ce qui permet de supposer qu’il s’agit d’un fossé bordier de la voie provenant de la porte. Suite à sa désaffectation, le fossé est comblé et recouvert par un remblai épais à cet endroit de 30 cm qui a pu être observé sur l’ensemble de la zone fouillée. Deux zones empierrées, qui sont peut-être les vestiges d’une surface de circulation, prennent appui sur ce remblai alors que des lambeaux de sols pavés de tessons d’amphore érodés et une petite accumulation de mobilier découverte au sein d’un creusement allongée dont la fonction reste incertaine en sont recouverts et peuvent être rattachés à l’état antérieur à la mise en œuvre du terrassement. Parmi le mobilier recueilli, on citera des nombreux jetons en céramique, deux potins, un fragment de bracelet de lignite et un lopin en fer. Le remblai est à leur tour recouvert par des épandages bruns avec du mobilier en position secondaire qui viennent clore la séquence. En poursuivant vers la partie centrale et occidentale de la tranchée est-ouest – suivant la pente générale du secteur et en se rapprochant de la limite du replat – la stratigraphie devient plus épaisse. Le remblai de la terrasse atteint en effet ici 0,5 m d’épaisseur et est surmonté par un deuxième remblai de presque 1 m. On notera au sein de ce dernier la présence de quelques poches noirâtre riches en fragments d’objets en fer (clous, scories) pour la plupart brûlés, peut-être dues aux origines diverses des masses de terre mobilisées pour l’aménagement de la terrasse. Ce remblai repose sur une fine couche grise limoneuse qui suit la pente du terrain et qui témoigne, comme pour le fossé documenté à l’ouest, d’une interface d’occupation antérieure à l’aménagement initial de la terrasse horizontale qui caractérise encore aujourd'hui le secteur. Cette couche disparaît, érodée, à l’aplomb du rebord aval du replat, où l’on n’observe aucun aménagement particulier à l’emplacement du front des remblais.

Fig. 73. Mont Beuvray. Les Grandes Portes / la Terrasse du Petit Bois.

Fig. 73. Mont Beuvray. Les Grandes Portes / la Terrasse du Petit Bois.

Plan et coupes des parois nord et est de la tranchée en L.

G. Florea, S. Vasilache ; DAO : S. Vasilache.

Fig. 74. Mont Beuvray. Les Grandes Portes / la Terrasse du Petit Bois.

Fig. 74. Mont Beuvray. Les Grandes Portes / la Terrasse du Petit Bois.

Vue générale vers le sud-ouest de la tranchée en cours de fouille.

G. Florea, S. Vasilache ; cliché : A. Maillier.

97À l’issue de cette première campagne, plusieurs questionnements demeurent concernant l’organisation générale des espaces, leur évolution au cours du temps et leur chronologie. L’ensemble des indices collectés suggère néanmoins une occupation qui, au vu d’un mobilier somme toute peu abondant, devait être nettement moins intense que celle attestée aux abords de la Porte du Rebout. Couplée avec l’exploration de la porte voisine, la poursuite des fouilles dans le secteur devrait permettre de mieux appréhender cette zone encore largement méconnue de l’oppidum.

Conclusion

98Le cycle de recherche 2017-2021 se solde par une quantité de nouveaux résultats qui enrichissent les différents axes de la recherche sur l’oppidum de Bibracte et son territoire. La diversification des approches et des thématiques caractérisant ces dernières années les désigne comme une période charnière qui conclut une décennie d’avancées sur la compréhension de la dynamique urbaine de l’oppidum et, d’autre part, introduit de nouvelles perspectives pour les recherches à venir. On signalera à ce propos la réalisation en 2019 d’un nouveau relevé LiDAR à l’échelle du Parc naturel régional du Morvan qui, avec un niveau de détail inédit, constituera un outil fondamental pour les futurs projets de recherche sur le mont Beuvray.

99Il est toujours difficile d’établir une synthèse des acquis d’un programme de recherche comme celui du mont Beuvray, qui embrasse un grand nombre de directions de travail, mais il nous semble néanmoins que différentes avancées majeures peuvent être retenues pour les cinq années qui font l’objet de cette chronique.

100Notons tout d’abord que les résultats conjugués de la fouille de PC2 et des travaux de terrain menés sur les espaces en apparence non construits de l’oppidum permettent d’envisager de façon nouvelle la densité très variable des vestiges archéologiques dans l’enceinte des remparts. Tous les secteurs examinés portent les traces de phénomènes érosifs importants, dont certains ont pu être datés d’une époque plus récente que celle de l’oppidum. Ce constat trouve une correspondance évidente avec celui effectué sur le site de PC2, où les fouilles témoignent d’un « effet de tell » à l’emplacement de la domus augustéenne : l’établissement puis la ruine de la construction maçonnée ont préservé les vestiges des états antérieurs à sa construction, qui disparaissent très vite quand on s’écarte de son emprise. Rétrospectivement, on peut considérer que le constat effectué à PC2 vaut pour tous les secteurs qui ont été fouillés depuis les années 1980 : dès lors qu’existent des constructions maçonnées tardives associées à l’installation de fondations profondes et de remblais de construction faisant office de terrasses et à l’accumulation de pierres issues de leur ruine, on observe toujours à leur emplacement des vestiges stratifiés d’occupations plus anciennes qui s’échelonnent sur toute la durée du Ier s. av. n.è. À l’inverse, un secteur comme le flanc du Champlain montre que la modestie apparente des vestiges résulte de phénomènes érosifs intenses. Sur le secteur sud de PC14, tout comme sur le sommet du Theurot de la Roche, c’est un autre phénomène qui explique, au moins en partie, la mauvaise conservation des occupations antérieures à la fin du Ier s. av. n.è. : des déblaiements importants effectués à cette époque pour installer de vastes espaces publics.

101La question de la dynamique urbaine de l’agglomération au cours du Ier s. av. n.è. a pu être abordée par l’achèvement de la fouille des espaces publics du Parc aux Chevaux, qui éclairent d’un jour nouveau la vie publique des habitants de Bibracte, jusque-là attestée seulement par le forum de la Pâture du Couvent. Dans ce cas, l’espace public résulte des conditions nouvelles créées par la Guerre des Gaules et de l’appropriation par le peuple éduen d’usages politiques d’origine romaine ; la préexistence d’un espace public sous son emprise a été proposée au vu des vestiges d’une galerie en bois sur sa façade ouest, mais cette hypothèse reste encore largement ouverte. Au Parc aux Chevaux, c’est un scénario tout différent que l’on observe, à la fois par la disposition spatiale des lieux et par leur chronologie. Sur le premier point, l’espace carré délimité par une galerie s’inscrit dans une série encore très courte d’espaces publics laténiens de la fin de l’âge du Fer. Sur le second, les ultimes observations de terrain permettent de privilégier l’hypothèse que l’espace public de PC15 est installé dans un secteur structuré dès les premiers temps de l’oppidum, mais dont la fonction reste encore incertaine pour cette période initiale. Deux autres espaces publics périphériques sont moins connus. Il s’agit d’une part de la plateforme PC14, qui vient compléter le dispositif à date tardive et dont le plan est encore incomplet. C’est aussi le fanum présumé au sommet du Theurot de la Roche, dont une date d’installation antérieure à la dernière reconstruction de PC15 est étayée par son orientation identique de celle des états antérieurs de la plateforme. Dans le registre des espaces religieux, le site des Sources de l’Yonne fournit le témoignage indubitable de l’installation de temples de plan centré avant le changement d’ère, tandis que, sur le mont Beuvray, le comblement du fossé de la Chaume dans le troisième quart du Ier s. av. n.è. fournit un indice indirect de l’installation du fanum contiguë au même moment. Ces dates, précoces pour des fana, peuvent être rapprochées de celle acquise tout récemment sur le premier état architecturé du temple de Janus à Autun (JOLY et alii, 2019).

102La reconnaissance du réseau de voirie a bénéficié de différentes observations ponctuelles. Il s’agit d’abord de la démonstration de la date tardive de l’installation de la rue qui sépare le fanum de la Chaume de l’enceinte de la Terrasse, comme évoqué ci-dessus. À la Pâture du Couvent, des observations nouvelles associées au récolement des données collectées depuis les années 1980 permettent de considérer comme scénario le plus plausible que le bassin naviforme a été installé dans l’axe de l’avenue centrale au moment de son élargissement ou peu après. Au Parc aux Chevaux, le réseau de conduites forcées en bois installées dans l’emprise de la rue qui sépare les parcelles PC1 et PC2 s’avère être un bon moyen de raccorder les séquences de construction associées à chaque parcelle. À l’extérieur des remparts, les sondages menés à la Place aux Laides ont permis le repérage d’une voie secondaire d’accès à la porte située en aval de la chapelle Saint-Martin, avec des indications claires d’un fonctionnement prolongé à l’époque impériale et sans doute au-delà.

103Sur le sujet des fortifications, le nouveau chantier des Grandes Portes n’est pas encore assez avancé pour permettre une révision des connaissances sur les fortifications de Bibracte, mais il est du moins très prometteur et permet d’ores et déjà, avec le chantier de PC15, d’appréhender l’architecture du murus gallicus à un niveau de détail jusque-là inédit.

104On relèvera enfin la montée en puissance des approches géo- et bio-archéologiques, dont la diversité n’a cessé de se diversifier au cours du cycle, ce qui a conduit à l’identification de nouvelles problématiques, comme celle de l’impact de l’Homme sur les processus sédimentaires du mont Beuvray et de son territoire sur le temps long.

105Soulignons enfin que l’ensemble de ces activités produit, en flux continu, une quantité de données scientifiques qui nécessitent d’être gérées, exploitées et partagées. De 2018 à 2021, Bibracte a conduit un programme pluriannuel de développement d’outils numériques qui concerne ses différents métiers et les différentes catégories de ses usagers (archéologues, étudiants, chercheurs et grand public), dans une perspective d’approche intégrée, d’expérimentation et de partage d’expérience avec d’autres acteurs de l’archéologie. Le programme, qui s’est déployé en différents projets, ambitionne la construction d’une nouvelle chaîne de production qui, liant supports digitaux et physiques, accompagne la gestion et la diffusion de l’information archéologique, de l’acquisition des données sur le terrain à leur partage et publication. Parmi les résultats concrets, signalons par exemple l’intégration d’un corpus d’environ 2700 objets de Bibracte sur la base collaborative Artefacts (https://artefacts.mom.fr/​), la transcription des quelque sept cents pages des carnets de fouille de J.-G. Bulliot, qui seront prochainement accessibles en ligne (www.collexpersee.eu), l’intégration du fichier de la bibliothèque de Bibracte au catalogue collectif FRANTIQ (www.frantiq.fr), l’intégration des résultats des prospections géophysiques au portail de données spatiales Chronocarto (www.chronocarto.eu), ou encore la publication en ligne de la typologie de la céramique, en marge du nouveau volume qui lui a été consacré (BARRIER, LUGINBÜHL, 2021) en utilisant la ressource d’un outil de conception de thésaurus (https://thesaurus.mom.fr/​opentheso/​).

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Bibliographie

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Bibliographie

Cette bibliographie comprend l’ensemble des ouvrages, articles et thèses de doctorat relatifs à l’archéologie du mont Beuvray publiés entre 2017 et 2021. Les synthèses des rapports scientifiques et leurs référentiels remis chaque année au Service régional de l’Archéologie sont par ailleurs consultables en ligne à l’adresse https://hal.archives-ouvertes.fr/BIBRACTE/.

Publications scientifiques et de vulgarisation relatives au programme de recherche et à l’archéologie du mont Beuvray pour la période 2017-2021

AYACHE L., SKOWRON K., 2018, « Une ville gauloise cachée dans la forêt : l’exploration et la mise en valeur de l’oppidum de Bibracte (France) », in : FLORKEWICZ I., WOŁOSYN M. dir., Gone with the wind ? Early medieval central places in today’s rural areas : between research, preservation and re-enactment, Rzeszów, Rzeszów University, p. 69-87 (Analecta archaeologica ressoviensia, 13). https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.15584/anarres.2018.13.4

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BARRAL Ph., 2020, « Édifice public à Bibracte », L’Archéologue, 56, déc. 2020, p. 44-47 (N° spécial Celtes et Gaulois : Dernières découvertes).

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BARRAL Ph., HANTRAIS J., JOLY M., NOUVEL P., THIVET M., avec la coll. de BLONDEL F., CURRIA A., ESTUR E., IZRI S., SOICHET J., STOCK A., TAILLANDIER V., VERRIEZ Q., 2018, « Un nouveau type d’architecture publique ? Le complexe monumental de PC15 à Bibracte et les bâtiments sur cour de la fin de l’âge du Fer en Gaule interne », in : VILLARD-Le TIEC A. dir., MENEZ Y., MAGUER P. coll., Architectures de l’âge du Fer en Europe occidentale et centrale, Actes du 40e colloque international de l’AFEAF, Rennes, 4-7 mai 2016, Rennes, Presses univ. de Rennes, p. 489-508 (coll. Archéologie & culture).

BARRAL Ph., FICHTL S., GUICHARD V., GUILLAUMET J.-P., JOLY M., THIVET M., 2019, « De Architectura Celtica : déclinaisons insolites du murus gallicus », in : ROMANKIEWCZ T., FERNANDEZ-GÖTZ M., BUCHSENSCHUTZ O. dir., Enclosing space, opening new ground : iron age studies from Scotland and mainland Europe, Oxford, Oxbow Books, p. 19-28.

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ESTUR E., DIZIN J., LACHAMBRE A., SOICHET J., 2019, « La céramique des fouilles de la terrasse PC15 : quelques nouveaux ensembles de mobilier céramique à Bibracte », in : RIVET L. dir., Actes du congrès de la SFECAG, Maubeuge-Bavay, 30 mai-juin 2019, Marseille, SFECAG, p. 439-475.

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FICHTL S., 2018, « L’architecture monumentale à la fin de l’âge du Fer », in : VILLARD-Le TIEC A. dir., MENEZ Y., MAGUER P. coll., Architectures de l’âge du Fer en Europe occidentale et centrale, Actes du 40e colloque international de l’AFEAF, Rennes, 4-7 mai 2016, Rennes, Presses univ. de Rennes, p. 419-437 (coll. Archéologie & culture).

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FOCHESATO A., 2017, « L’économie de la construction en bois à Bibracte : métrologie et standardisation, de l’architecture à la forêt », in : WILCZEK J., CANNOT A., Le COZANET Th., RÉMY J., MACHACEK J., KLAPSTE J. dir., Interdisciplinarité et nouvelles approches dans les recherches sur l’âge du Fer : rencontres de l’EEPB, Bibracte, 2015, Brno, Masarykova univerzita, p. 57-61 (Dissertationes Archaeologicae Brunenses - Pragensesque, supplementum, 4).

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GOLÁŇOVÁ P., HAJNALOVÁ M., LISÁ L., MILO P., PETR L., FRÁNKOVÁ M., KYSELA J., FLAMMER P. G., KOČÁROVÁ R., BARTA P., 2020, « Investigating the complex story of one ditch : a multidisciplinary study of ditch infill provides insight into the spatial organization within the oppidum of Bibracte (Burgundy, France) », PLoS ONE 15(4) : e0231790, Avril 2020. https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.1371/journal.pone.0231790

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GUICHARD V., MEUNIER A., PARIS P., 2018c, « Chronique des recherches sur le Mont Beuvray 2013-2016 », R.A.E., t. 67-2018, p. 151-211.

GUICHARD V., FOCHESATO A., MEUNIER A., 2020, Programme quadriennal de recherche 2017-2020 sur le Mont Beuvray : rapport triennal 2017-2019, Glux-en-Glenne, Bibracte, 96 p.

HANTRAIS J., BARRAL Ph., NOUVEL P., THIVET M., JOLY M., 2020, « The PC15 building : a wood-Built public place at the center of the oppidum of Bibracte (France) », Chronika, interdisciplinary journal for graduate students studying the art and archaeology of Europe and the Mediterranean, Univ. of Buffalo, 10, p. 44-53. http://www.chronikajournal.com/resources/Volume_10/Volume%2010%20Hantrais.pdf

JACCOTTEY L., FARGET V., FRONTEAU G., BEUCHOT S., BOYER F., CHEROT C., 2019, « The quern and millstone quarries of Bibracte and Autun : the case of Saint-Andeux (Côte-d’Or, Burgundy, France) », in : ANDERSON T., ALONSO N. dir., Tilting at mills : the archaeology and geology of mills and milling, Proceedings of the colloquium held at the Museum of Archaeologia of Almeria, Spain, 5-8 march 2014, Lleida, Universitat de Lleida, p. 81-100 (Revista d’Arqueologia de Ponent, extra, 4). https://raco.cat/index.php/RAP/article/view/382292/475381

JANKOWSKI D., 2021, Jacques-Gabriel Bulliot, ‘l’inventeur’ de la Bibracte gauloise, Dijon, Raison et Passions, 315 p.

LEMARCHAND F., 2017, Bibracte, une ville entre deux mondes, Glux-en-Glenne, Bibracte, 104 p. (hors collection).

LUGINBÜHL Th., 2019, « Les maisons de tradition méditerranéenne de Bibracte : techniques et matériaux, types architecturaux, organisation spatiale et fonctions », in : GUICHARD V., VAGINAY M., Les modèles italiens dans l’architecture des IIe-Ier siècles avant notre ère en Gaule et dans les régions voisines, Actes du colloque de Toulouse, 2-4 oct. 2013, Glux-en-Glenne, Bibracte, p. 421-440 (Bibracte, 30).

PETŘÍK J., ADAMEKOVÁ K., PETR L., JOUFFROY-BAPICOT I., KOČÁR P., KOČÁROVÁ R., GOLÁŇOVÁ P., GUICHARD V., 2021, « Landscape evolution around the oppidum of Bibracte (Morvan, France) since the Late Iron Age to the Post-Mediaeval period (3th century BC-18th century AD) », Quaternary International, sous presse. Accessible en ligne : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.1016/j.quaint.2021.02.022

RIECKHOFF S., HOPPADIETZ R., 2019, « L’architecture pré-romaine aux abords de la basilique de Bibracte », in : GUICHARD V., VAGINAY M., Les modèles italiens dans l’architecture des IIe-Ier siècles avant notre ère en Gaule et dans les régions voisines, Actes du colloque de Toulouse, 2-4 oct. 2013, Glux-en-Glenne, Bibracte, p. 407-420 (Bibracte, 30).

ROULIÈRE-LAMBERT M.-J., 2020, « Gilbert Kaenel (17 septembre 1949 – 20 février 2020), R.A.E., t. 69, p. 7-18.

SZABÓ D., 2018, « Un ensemble clos de céramique (PCo 11540) provenant de l’état basilical de l’Îlot des Grandes Forges (Bibracte) », in : BORHY L., DÉVAI K., TANKÓ K. dir., Celto-Gallo-Roman : studies of the MTA-ELTE Research Group for lnterdisciplinary Archaeology, Paris, L’Harmattan, p. 27-34.

SZABÓ M., TIMAR L., SZABÓ D., 2018, « Bibracte, the monumental complex on the Pâture du Couvent », in : BORHY L., DÉVAI K., TANKÓ K. dir., Celto-Gallo-Roman : studies of the MTA-ELTE Research Group for lnterdisciplinary Archaeology, Paris, L’Harmattan, p. 11-26.

SZABÓ M., TIMAR L., SZABÓ D., 2019, « La basilique de Bibracte et son environnement », in : GUICHARD V., VAGINAY M. dir., Les modèles italiens dans l’architecture des IIe-Ier siècles avant notre ère en Gaule et dans les régions voisines, Actes du colloque de Toulouse, 2-4 oct. 2013, Glux-en-Glenne, Bibracte, p. 389-406 (Bibracte, 30).

Travaux universitaires soutenus et en cours dans le cadre du programme de recherche

Doctorats soutenus entre 2017 et 2021

DELENCRE F., 2017, Terres et pierres pour matières de cultures : l’apparition et la diffusion de nouveaux matériaux et modes de construction dans le Nord-Est de la Gaule romaine (IIe siècle avant J.-C.-IIe siècle après J.-C.), Thèse de doctorat sous la dir. de J.-P. Garcia, Dijon, Univ. de Bourgogne-Franche-Comté, 521 p.

FOCHESATO A., 2020, Technologie, typologie et fonction de l’architecture en bois dans l’habitat urbain des oppida celtiques (IIe-Ier s. av. J.-C.) : le cas de Bibracte, Thèse de doctorat sous la dir. de L. Bavay et P. Nouvel, Bruxelles, Univ. libre de Bruxelles / Dijon, Univ. de Bourgogne, 2 vol., 653 p.

Doctorats en cours au 1er janvier 2022

DELFERRIÈRE N., Caractérisation des revêtements architecturaux gallo-romains, en contexte urbain et rural, sur le territoire des Éduens, des Lingons et des Sénons, Thèse de doctorat de l’Univ. de Bourgogne, sous la dir. de D. Vitali et de N. Blanc, en cours.

HOPPADIETZ R., Processus de transformation urbaine et dynamisme spatial : les mutations culturelles à la fin de l’âge du Fer dans l’oppidum de Bibracte – Mont Beuvray (Bourgogne, France), Thèse de doctorat de l’Univ. de Leipzig sous la dir. de S. Rieckhoff, en cours ; soutenance visée en 2023.

LACHAMBRE A., Chronologie de l’oppidum de Bibracte (Saône-et-Loire, Nièvre) : développements méthodologiques, confrontation et synthèse des données, Thèse de doctorat de l’Univ. de Franche-Comté sous la dir. de Ph. Barral et Ph. Lanos, en cours ; soutenance visée en 2023.

VERRIEZ Q., Optimiser les processus d’acquisition, de traitement et de partage des données numériques d’un chantier archéologique, Thèse de doctorat de l’Univ. de Bourgogne sous la dir. de P. Nouvel et M. Thivet ; soutenance visée en 2023.

Masters soutenus entre 2017 et 2021

BARTHOULOT Z., 2021, Étude de l’évolution du vaisselier céramique de Bibracte : fouille de la domus PC2 en 2020, Mémoire de Master 1, Besançon, Univ. de Franche-Comté, 2 vol.

GRADELER M., 2017, Analyse des ressources lithiques locales employées sur l’oppidum de Bibracte (mont Beuvray, Bourgogne), Mémoire de Master 1 Archéo-GÉoSciences, Dijon, Univ. de Bourgogne, 42 p.

GRADELER M., 2018, Approvisionnement en ressources lithiques des constructions de l’oppidum de Bibracte (Mont-Beuvray, Bourgogne), Mémoire de Master 2 Archéo-GÉoSciences, Dijon, Univ. de Bourgogne, 83 p.

GÜNTHER F., 2018, Erstellung von Computer-Animationen und dreidimensionalen Ansichten des Mont Beuvray (Frankreich), Bachelorarbeit, München, Hochschule für angewandte Wissenschaften München.

MAZILLE P., 2018, Établissement d’un protocole d’étude des creusets de bronziers de Bibracte (71) à partir de l’exemple de PC15, Mémoire de Master 1 ASA, Dijon/ Besançon, Univ. de Bourgogne - Franche-Comté, 46 p.

MAZILLE P., 2019, Caractérisation des alliages cuivreux du Ier siècle av. J.-C. sur le site de PC14 / PC15 à Bibracte (Nièvre/S.-et-L.) par spectrométrie de fluorescence des rayons X portable, Mémoire de Master 2 ASA. Dijon / Besançon, Univ. de Bourgogne - Franche-Comté, 78 p.

PATOUREAU L., 2019, Le mobilier en bois du puits du Theurot de la Roche à Bibracte, Mémoire de maîtrise universitaire, Lausanne, Univ. de Lausanne, 73 p., 29 pl.

PROUIN B., 2017, Mesures géophysiques sur les enceintes de l'oppidum de Bibracte : acquisitions, traitements et interprétations, Mémoire de Master 2 Archéo-GÉoSciences, Dijon, Univ. de Bourgogne.

SCAVONE N., 2020, Étude historiographique et architecturale de la domus PC2 à Bibracte (Mont-Beuvray, Nièvre/S.-et-L.) : l’apport de technologies architecturales méditerranéennes dans une domus précoce en Gaule, Mémoire de Master 1, Dijon, Univ. de Bourgogne, 2 vol.

SCAVONE N., 2021, Étude architecturale de la domus PC2 à Bibracte (Mont-Beuvray, Nièvre/Saône-et-Loire) : approches historiographiques et architecturales, Mémoire de Master 2 ASA, Dijon, Univ. de Bourgogne, 2 vol.

Autres publications et mémoires relatifs aux travaux et recherches menés par BIBRACTE et en coopération avec BIBRACTE

ABABNEH A., 2021, « Archaeological Sites’ management, interpretation, and tourism development : a success story and future challenges : the case of Bibracte, France », Heritage, 4 (3), p. 2261-2277, https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.3390/heritage4030128

ADROIT S., BERTAUD A., Le DREFF T., MOULIN C., POIGT T., 2021, Représenter la protohistoire / Se représenter à la protohistoire, Actes des IVe rencontres doctorales de l˙École européenne de protohistoire de Bibracte, 12-13 mars 2018, Glux-en-Glenne, Bibracte, 156 p. (coll. EEPB, 4). https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-03262380

AYACHE L., 2020, « Le musée de Bibracte, vitrine de la recherche archéologique », in : ROUZEAU N., VIGIÉ B. dir., Les collections de Protohistoire dans les musées, Actes des journées d’étude de l’Ass. Musées Méditerranée, Gap, oct. 2018, Mirebeau-sur-Bèze, Tautem, p. 128-133.

AYACHE L., GUICHARD V., 2019, « Archéologie, musée et territoires », Culture et recherche, 139, printemps 2019, p. 61-63 [n° spécial Archéologie entre ruptures et continuités].

AYACHE L., GUICHARD V., 2020, Portrait de territoire : le pays du Beuvray, Livret associé à l’exposition, Glux-en-Glenne, Bibracte, 22 p.

BASSET K., DARROUX C., JUDET P., 2020, « Mining the past ? Alternative forms of heritagization and local resources in mountain territories (France, 18th-21th centuries) », in : DISSART J.-Ch., SEIGNEURET N. dir., Local sources, territorial development and well-being, Cheltenham, Edward Elgar, p. 58-76. https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4337/9781789908619

BLACKIE S., 2020, « Unearthed in France », in : Ceramic Monthly, june/july/august 2019, p. 52-55 [à propos de l’exposition de Jane Norbury et Will Menter à Bibracte en 2018].

BONZOM N., 2021, Carnets d’arpentage du Grand Site de France de Bibracte, Mont- Beuvray, Saint-Brisson, PNR Morvan, 42 p. sérigraphiés en 150 ex. [paru au printemps 2021, Glux-en-Glenne, Larochemillay, Villapourçon].

CAILLEAU M.-G., 2017, Forêt privée et paysage public : cas du Mont Beuvray - Haut-Folin, Mémoire de Mastère spécialisé Forêt, Nature et Société, Montpellier, AgroParisTech.

CHAZELLE C., 2017, Bibracte, Mont-Beuvray : gestion du Grand Site et de ses territoires, éléments de diagnostic paysager, Rapport d’étude de l’atelier de paysage Claude Chazelle, août 2017.

CHAZELLE C., 2021, Bibracte, Mont-Beuvray : gestion du Grand Site et de ses territoires : complément au diagnostic paysager, Rapport d’étude de l’atelier de paysage Claude Chazelle.

COLAS T., 2020, Cartographie et caractérisation du réseau de chemins ruraux du Grand Site de France Bibracte - Mont Beuvray, Mémoire de stage de Master 2 Géographie Aménagement Environnement Développement, spécialité Cartographie des Espaces à Risques, Nantes, Univ. de Nantes, 2 vol., 86 + 32 p.

DARROUX C., 2020, « Faire monde commun dans le Morvan », La Camosine, Annales du Pays nivernais, 181, p. 41-44. [n° thématique Le Morvan et son Parc naturel régional : histoires croisées].

DEPALLE C., DUROST S., GIRARD J.-P., PERRIN E., 2020, « ‘Bulliot, Bibracte et moi’ : une expérience de science participative en archéologie », Culture et recherche, 140, p. 78. [n° thématique Recherche culturelle et sciences participatives].

DUVALET A., 2017, La valorisation des haies bocagères en paillage bois-plaquettes en zone de moyenne montagne, Mémoire de Master 2 Sociétés, Cultures, Territoires. Limoges, Univ. de Limoges.

FONTAINE S., DUHAMEL G., REIX F., 2021, Définition de l’Aire d’influence paysagère du Grand Site de France de Bibracte - Mont Beuvray au regard des projets éoliens, Rapport d’étude pour la DRAC et la DREAL de Bourgogne-Franche-Comté. Bordeaux, 284 p.

FLOUEST A., ROMAC J.-P., 2021, La cuisine gauloise continue, Saint-Pourçain-sur-Sioule / Glux-en-Glenne, Bleu autour / Bibracte, 253 p. [éd. augmentée d’une copieuse et savoureuse partie ‘Chaud devant’].

GOLOSETTI R. dir., 2019, Mémoires de l’âge du Fer : effacer ou réécrire le passé, Actes des 1ères rencontres internationales de l’École européenne de Protohistoire de Bibracte, 10-12 oct. 2012, Paris, Hermann, 294 p.

GOUDIARD R., 2018, La terre en partage : modes de propriété et faire valoir, expériences et perspectives, du Moyen Âge au XXIe siècle : libre retour écrit des 12e entretiens de Bibracte-Morvan, 14-15 sept. 2017, Note de 12 p. publiée sur le site internet de Bibracte.

GOUDIARD R., 2020, « Les chemins du Morvan, un patrimoine en commun », La Camosine, Annales du Pays nivernais, 181, p. 28-30 [n° thématique Le Morvan et son Parc naturel régional : histoires croisées].

GUICHARD V., 2017a, « Bibracte : le paysage au cœur du projet de site / Bibracte : Die Landschaft im Zentrum des Projekts der archäologischen Stätte », in : DUNNING C., DUNNING E., Paysages entre archéologie et tourisme / Landschaften zwischen Archäologie und Tourismus, Bienne, ArchaeoTourism, p. 102-113.

GUICHARD V., 2017b, « La politique territoriale de l’énergie vue depuis le sommet d’un Grand Site de France », in : CAMPO de MONTAUZON Ch. dir., Territoires d’exception et transition énergétique, Actes du séminaire du 25 janvier 2017, Tours, Ass. des Biens français du Patrimoine mondial, p. 10-13.

GUICHARD V., 2018a, « Raconter la construction des territoires : une nouvelle mission pour les musées d’archéologie », in : DEMOULE J.-P., GARCIA D., SCHNAPP A. dir., Une histoire des civilisations : comment l’archéologie bouleverse nos connaissances, Paris, éd. La Découverte / Inrap, p. 579-583.

GUICHARD V., 2018b, « La Bourgogne des Grands Sites : de Solutré à Bibracte, regard croisé », in : SYLLA J.-P. dir., Des lieux et des paysages, Solutré-Pouilly, Grand Site de France Solutré Pouilly Vergisson, p. 46-48 (coll. Les cahiers de Solutré).

GUICHARD V., 2021, « Itinéraire d’un passeur, de l’Apennin au Morvan », in : ESPOSITO A., DELFERRIÈRE N., FOCHESATO A. dir., Itinéraires d’hommes, trajectoires d’objets, Mélanges offerts à Daniele Vitali, Dijon, Éditions univ. de Dijon, p. 13-18 (coll. Histoires).

HIRIART E., GENECHESI J., CICCOLANI V., MARTIN S., NIETO-PELLETIER S., OLMER F. dir., 2018, Monnaies et archéologie en Europe celtique, Mélanges en l’honneur de Katherine Gruel, Glux-en-Glenne, Bibracte, 422 p. (Bibracte, 29).

LEGER C., AYACHE L., 2017, « De la collection d’étude à la collection du musée à Bibracte : état des lieux du système d’enregistrement et perspectives pour la préparation d’un inventaire ‘Musée de France’ », in : THIVET E., CHAILLOU A., PAÏN S., Inventaire du mobilier archéologique, Actes de la première table ronde du Réseau interprofessionnel des gestionnaires de mobilier archéologique RIGMA, 29-30 janv. 2015, Besançon, Besançon, Presses univ. de Franche-Comté, p. 159-172 (ALUB, 967 - série Environnement, sociétés et archéologie, 21).

Le COZANET T., MOULIN C., NORDEZ M. dir., 2019, Interactions et échanges durant la protohistoire, Actes des IIIe rencontres doctorales internationales de l’École européenne de Protohistoire de Bibracte, Glux-en-Glenne, Bibracte (coll. EEPB, 3). https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02307965

MOORE T., GUICHARD V., ALVAREZ SANCHIS J., 2020, « The place of archaeology in integrated cultural landscape management : a case study comparing Iron Age oppida landscapes in England, France and Spain », Journal of European Landscapes, 1, p. 9-28. https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.5117/JEL.2020.1.47039

PÉDENEAU Fl., 2020, Comment donner à voir et à comprendre l’archéologie ? Mémoire de Master d’Histoire, Mulhouse, Univ. de Haute-Alsace, 73 p.

REDDÉ M. dir., L’armée romaine en Gaule à l’époque républicaine : nouveaux témoignages archéologiques, Glux-en-Glenne, Bibracte, 300 p. (Bibracte, 28).

THIÉBAUT O., GUICHARD V., BURTIN J., CHAUCHÉ de GESNAIS P., THIÉRY S., 2021, « Une démarche paysagère expérimentale en réponse aux enjeux forestiers dans le cadre de la démarche Grand Site de France développée autour du Mont Beuvray », Cahiers du GHFF Forêt, Environnement et Société, 31, p. 149-154. [dossier Protéger, développer et valoriser la forêt dans le PNR du Morvan, Journée d’étude du Groupe d’Histoire des Forêts françaises, Glux-en-Glenne, 26-27 sept. 2019].

TULLY G., PIAI Ch., RODRIGUEZ HERNÁNDEZ J., DELHOMMEAU E., 2019, « Understanding perceptions of cultural landscapes in Europe : a comparative analysis using ‘oppida’ landscapes », The Historic Environment, Policy & Practice, 10/2, p. 198-223. https://0-www-tandfonline-com.catalogue.libraries.london.ac.uk/doi/full/10.1080/17567505.2019.1587251

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Annexe

Annexe

Travaux de recherche de 2017 à 2021 : thématiques et principaux contributeurs
Conseil Scientifique
Titrea Mandat 2017-2021
Anne-Marie ADAM Professeur émérite à l’Univ. de Strasbourg Présidente
Caroline BRUNETTI Archéologue cantonale du Valais Membre
Dominique GARCIA Président de l’Inrap, professeur d’archéologie à l’Univ. Aix-Marseille Membre
Rupert GEBHARD Directeur, Archäologische Staatsammlung, Munich Membre
Colin HASELGROVE Professeur à l’Univ. de Leicester Membre
Lionel IZAC Administrateur des sites de Glanum et Ensérune, Centre des Monuments nationaux Membre
Marie-France MEYLAN-KRAUSE Directrice du musée Bible + Orient, Fribourg Membre
Matthieu POUX Professeur à l’Univ. Lumière Lyon 2, UMR 5138 ArAR, Lyon Membre
Travaux de terrain, chercheurs actifs entre 2017 et 2021
Philippe BARRAL Professeur à l’Univ. de Franche-Comté – UMR 6249 Chrono-environnement, Besançon Le Parc aux Chevaux (PC 14 et PC15)
Marion BERRANGER Chargée de recherche, LMC Belfort – UMR 5060 IRAMAT, Orléans Le Parc aux Chevaux (PC 14 et PC15)
Mélinda BIZRI  Ingénieure d’étude à l’Univ. de Bourgogne - UMR 6298 ARTEHIS, Dijon Cartographie et archéologie extensive
Tomasz BOCHNAK Maître de conférences à l’Univ. de Rzeszów Le Champlain
Béatrice CAUUET Chercheur CNRS, UMR 5608 TRACES, Toulouse Archéologie minière, le Theurot de la Roche
Benjamin CLÉMENT Maître de conférences à l’Univ. de Franche-Comté - UMR 6249 Chrono-environnement, Besançon Le Parc aux Chevaux (PC14 et PC15)
Charlotte DEFER Archéologue, Bibracte (CDD) Le Parc aux Chevaux (PC 2)
Gelu FLOREA Professeur à la Faculté d’Histoire et Philosophie de l’Univ. Babeş Bolyai, Cluj-Napoca Les Grandes Portes et la terrasse du Petit Bois
Andrea FOCHESATO Archéologue, responsable du programme de recherche sur le Mont Beuvray, Bibracte La Pâture du Couvent, Le Parc aux Chevaux (PC14 et PC15)
Jean-Pierre GARCIA Professeur à l’Univ. de Bourgogne - UMR 6298 ARTEHIS, Dijon Cartographie et archéologie extensive
Olivier GIRARDCLOS Dendrologue, ingénieur d’études CNRS, - UMR 6249 Chrono-environnement, Besançon Le Parc aux Chevaux (PC14 et PC15)
Petra GOLÁNŎVÁ Maître de conférences à l’Univ. Masaryk, Brno La Chaume
Gilles HAMM (†) Ingénieur d’études au CNRS - UMR 6298 ARTEHIS, Dijon Le Champlain
Emmanuel HAMON Ingénieur d’études contractuel - UMR 6249 Chrono-environnement, Besançon Cartographie et archéologie extensive, Le Parc aux Chevaux (PC 1)
Ralf HOPPADIETZ Archéologue, Bibracte (CDD) Les Sources de l’Yonne
Martine JOLY Professeure à l’Université Toulouse Jean Jaurès - UMR 5608 TRACES, Toulouse Le Parc aux Chevaux (PC 14 et PC15)
Jan KYSELA Université Charles, Prague La Chaume
Sophie KRAUSZ Professeur à l’Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne - UMR 7041 ArScan, Paris Les Grandes Portes et la terrasse du Petit Bois
Chiara MARTINI-PICOT Archéologue chargée d’actions éducatives, Bibracte Le Parc aux Chevaux (PC 2)
Jana MAZÁČKOVÁ Équipe RokLAB, Département d’archéologie et de muséologie, Université Masaryk, Brno Cartographie et archéologie extensive
Arnaud MEUNIER Archéologue géomaticien, Bibracte Cartographie et archéologie extensive, La Pâture du Couvent, Le Parc aux Chevaux (PC 14 et PC15), PC1
Caroline MILLEREUX Archéologue au Pôle d’Archéologie d’Orléans, Chercheuse associée à l’UMR 8546 AOROC, Paris Les Grandes Portes et la terrasse du Petit Bois
Peter MILO Ingénieur, Département d’archéologie et de muséologie, Faculté des Arts de l’Univ. Masaryk, Brno Cartographie et archéologie extensive
Tom MOORE Maître de conférences, Université de Durham Les Sources de l’Yonne
Pierre NOUVEL Professeur, Université de Bourgogne - UMR 6298 ARTEHIS, Dijon Le Parc aux Chevaux (PC 14 et PC15)
Andrej PÚČAŤ Équipe RokLAB Cartographie et archéologie extensive
Amélie QUIQUEREZ Maître de Conférences à l’Univ. de Bourgogne - UMR 6298 ARTEHIS, Dijon Cartographie et archéologie extensive
Anna-Mária REKEMOVÁ Département d’archéologie et de muséologie, Faculté des Arts de l’Univ. Masaryk, Brno Cartographie et archéologie extensive
Oriane ROUSSELET Responsable de la médiation, Bibracte Le Parc aux Chevaux (PC 2)
Christelle SANCHEZ EVEHA International Cartographie et archéologie extensive
Nils SCAVONE Archéologue, Bibracte (CDD) Le Parc aux Chevaux (PC 2)
Calin TAMAS Géologue, MdC, université Babeş Bolyai, Cluj-Napoca Archéologie minière, le Theurot de la Roche
Matthieu THIVET Ingénieur de recherche - UMR 6249 Chrono-environnement, Besançon Cartographie et archéologie extensive, Le Parc aux Chevaux (PC 14 et PC15)
Małgorzata WAWER Musée archéologique de Cracovie Le Champlain
Michal VÁGNER Département d’archéologie et de muséologie, Faculté des Arts de l’Univ. Masaryk, Brno Cartographie et archéologie extensive
Daniela VANĚČKOVÁ Équipe RokLAB Cartographie et archéologie extensive
Stefan VASILACHE  Doctorant de l’Univ. Babeş Bolyai, Cluj-Napoca Les Grandes Portes et la terrasse du Petit Bois
Quentin VERRIEZ Doctorant de l’Univ. de Bourgogne - UMR 6298 ARTEHIS, Dijon Le Parc aux Chevaux (PC 14 et PC15), PC2
Jonhattan VIDAL Archéologue, programme REFIT, Bibracte et MSH de Dijon Cartographie et archéologie extensive
Petr ŽAŽA Équipe RokLAB Cartographie et archéologie extensive
Travaux de post-fouille chercheurs actifs entre 2017 et 2021
José BERNAL Archéologue, Univ. de Lausanne Le Theurot de la Roche
Pascal BRAND Assistant, Univ. de Lausanne Le Theurot de la Roche
Benjamin CLÉMENT Maître de conférences à l’Univ. de Franche-Comté - UMR 6249 Chrono-environnement Le Parc aux Chevaux (PC 1)
Alain DUVAL Conservateur général honoraire du Patrimoine, Poitiers La Porte du Rebout, ateliers à l’extérieur de la porte
Jean-Loup FLOUEST Archéologue, chercheur associé - UMR 6298 ARTEHIS, Dijon La nécropole du Rebout
Emmanuel HAMON Ingénieur d’études contractuel - UMR 6249 Chrono-environnement, Besançon Le Parc aux Chevaux (PC 1)
Ralf HOPPADIETZ Doctorant à l’Univ. de Leipzig ; Archéologue, Bibracte (CDD) La Pâture du Couvent
Anaïs LACHAMBRE Doctorante à l’Univ. de Franche-Comté, Besançon La nécropole du Rebout
Dominique LACOSTE Responsable des collections et de la conservation préventive, Bibracte La Porte du Rebout, ateliers à l’extérieur de la porte
Thierry LUGINBÜHL Professeur à l’Univ. de Lausanne Le Theurot de la Roche
Sabine RIECKHOFF Professeur à l’Univ. de Leipzig La Pâture du Couvent
Dániel SZABO Chercheur à l’Univ. ELTE, Budapest La Pâture du Couvent
Miklós SZABO Professeur à l’Univ. ELTE, Budapest La Pâture du Couvent
Wolf-Rüdiger TEEGEN Maître de conférences, Univ. de Munich La nécropole du Rebout
Lőrinc TIMAR Architecte, chercheur, Univ. ELTE, Budapest La Pâture du Couvent
Sandra ZANELLA Maître de Conférences à l’Univ. Côte d’Azur, Nice Le Parc aux Chevaux (PC 1)
Recherches transversales, chercheurs actifs entre 2017 et 2021
Katarína ADAMEKOVÁ Géoarchéologue, Département de Sciences géologiques, Université Masaryk, Brno Groupe Paléo-environnement
Laïla AYACHE Conservatrice du musée de Bibracte, Bibracte Actualisation des outils documentaires et Bibracte numérique
Philippe BARRAL Professeur à l’université de Franche-Comté -UMR 6249 Chrono-environnement, Besançon Céramique
Sylvie BARRIER Céramologue, chercheur associé à l’IASA, Lausanne Céramique
Peter BARTA Archéobotaniste à l’Univ. de Nitra Groupe Paléo-environnement
Valentina BELLAVIA Archéobotaniste, chercheur associé Géolab, Clermont-Ferrand Groupe Paléo-environnement
François BLONDEL Dendrochronologue - UMR 6298 ARTEHIS, Dijon / UMR 6249, Chrono-environnement, Besançon Groupe Paléo-environnement, Groupe architecture et matériaux de construction
Emmanuelle BONNAIRE Carpologue, Alsace Archéologie - UMR 7209 Archéozoologie, Archéobotanique ; Sociétés, Pratiques et Environnements, Paris Groupe Paléo-environnement
François BOYER Géologue, ancien MdC à l’Univ. Pierre et Marie Curie, Paris Outillage lithique
Anne CHAILLOU Ingénieure, SDA, Ministère de la Culture, Paris Actualisation des outils documentaires et Bibracte numérique
Benjamin CLÉMENT Maître de conférences à l’Univ. de Franche-Comté - UMR 6249 Chrono-environnement Groupe architecture et matériaux de construction
Michel DABAS Chercheur CNRS, laboratoire AOROC - UMR 8546, Paris Actualisation des outils documentaires et Bibracte numérique
Florent DELENCRE Chercheur associé à l’UMR 6298 ARTEHIS, Dijon Groupe architecture et matériaux de construction
Nicolas DELFERRIÈRE Doctorant à l’Univ. de Bourgogne - UMR 6298 ARTEHIS, Dijon Groupe architecture et matériaux de construction
Claire DÉPALLE Ancienne chargée de médiation numérique, Bibracte Actualisation des outils documentaires et Bibracte numérique
Sébastien DUROST Responsable de la cellule éditoriale, Bibracte Actualisation des outils documentaires et Bibracte numérique
Patrik FLAMMER Parasitologue, Univ. d’Oxford (GB) Groupe Paléo-environnement
Andrea FOCHESATO Archéologue, responsable du programme de recherche sur le mont Beuvray, Bibracte Groupe architecture et matériaux de construction
Markéta FRÁNKOVÁ Spécialiste des diatomées, institut botanique de l’Académie tchèque des sciences, Brno Groupe Paléo-environnement
Jean-Pierre GARCIA Professeur à l’Univ. de Bourgogne - UMR 6298 ARTEHIS, Dijon Groupe architecture et matériaux de construction
Benjamin GIRARD Chercheur au laboratoire d’Archéologie méditerranéenne - UMR 5140, Montpellier Mobiliers métalliques
Olivier GIRARDCLOS Dendrologue, ingénieur d’études au CNRS - UMR 6249 Chrono-environnement, Besançon Groupe Paléo-environnement
Jean-Pierre GIRARD Chercheur associé, Maison de l’Orient et de la Méditerranée - Jean Pouilloux Actualisation des outils documentaires et Bibracte numérique
Katherine GRUEL Directrice de recherche au CNRS, Archéologie et Philologie d’Orient et d’Occident - UMR 8546, Paris Numismatique
Jean-Paul GUILLAUMET Chercheur au CNRS - UMR 6298 ARTEHIS, Dijon Mobiliers métalliques
Mária HAJNALOVÁ Département d’Archéologie, Univ. Constantin le Philosophe, Nitra Groupe Paléo-environnement
Gilles HAMM (†) Ingénieur d’études au CNRS - UMR 6298 ARTEHIS, Dijon Mobiliers métalliques
Luc JACCOTTEY Archéologue, Inrap Grand-Est, Besançon Outillage lithique
Isabelle JOUFFROY-BAPICOT Palynologue, Ingénieure au CNRS, laboratoire Chrono-Environnement, Besançon Groupe Paléo-environnement
Romana KOČÁROVÁ Anthracologue, Département d’Archéologie et de Muséologie, Univ. Masaryk, Brno Groupe Paléo-environnement
Petr KOČÁR Institut d’archéologie, Académie des Sciences de la République tchèque, Prague Groupe Paléo-environnement
Anaïs LACHAMBRE Doctorante à l’Univ. de Franche-Comté, Laboratoire Chrono-environnement - UMR 6249, Besançon Chronologie de l’oppidum
Éric LACOMBE Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication, Laboratoire MICA, Univ. Bordeaux Montaigne Actualisation des outils documentaires et Bibracte numérique
Agathe LE RICHE-MAUGIS Chargée de médiation numérique, Bibracte Actualisation des outils documentaires et Bibracte numérique
Lenka LISÁ Micromorphologue, Institut de géologie de l’Académie tchèque des Sciences, Prague Groupe Paléo-environnement
Thierry LUGINBÜHL Professeur à l’Univ. de Lausanne Céramique
Pierre MAZILLE Étudiant à l’Univ. de Bourgogne / Franche-Comté Mobiliers métalliques
Patrice MÉNIEL Chercheur au CNRS - UMR 6298 ARTEHIS, Dijon Archéozoologie
Raphaël MOREAU Documentaliste et responsable informatique, Bibracte Actualisation des outils documentaires et Bibracte numérique
Fabienne OLMER Chercheur au CNRS - UMR 5140, Montpellier Amphores
Lisa PATOUREAU Étudiante à l’Univ. de Lausanne Groupe architecture et matériaux de construction
Jan PETŘÍK Géoarchéologue, Département de Sciences géologiques, Univ. Masaryk, Brno Groupe Paléo-environnement
Libor PETR Palynologue, Institut botanique et zoologique, Univ. Masaryk, Brno Groupe Paléo-environnement
Maxence PIETERS Directeur du Centre ardennais de recherche archéologique (CARA), chercheur associé à l’UMR 6298 ARTEHIS, Dijon Outillage lithique
Guillaume REICH Ingénieur de recherche, M.S.H Claude Nicolas Ledoux (Besançon) au titre du projet Bibracte Ville ouverte Actualisation des outils documentaires et Bibracte numérique
Christelle SANCHEZ Chargée de mission CDD, Bibracte, et MSHE Claude-Nicolas Ledoux, Besançon Actualisation des outils documentaires et Bibracte numérique
Julien SOICHET Archéologue, Univ. de Franche-Comté, Besançon Amphores
Valérie TAILLANDIER ATER à l’Univ. de Lille, laboratoire HALMA - UMR 8164 Mobiliers métalliques
Quentin VERRIEZ Doctorant à l’Univ. de Bourgogne - UMR 6298 ARTEHIS, Dijon Actualisation des outils documentaires et Bibracte numérique
Sandra ZANELLA Maître de Conférences à l’Univ. Côte d’Azur, Nice Groupe architecture et matériaux de construction
Équipe support des recherches au sein des effectifs permanents de Bibracte EPCC
Vincent GUICHARD Directeur général et directeur scientifique
Pascal PARIS Adjoint au directeur scientifique et responsable des activités du centre archéologique
Andrea FOCHESATO Responsable du programme de recherche sur le mont Beuvray, Bibracte
Arnaud MEUNIER Archéologue géomaticien
Claire LEGER Archéologue gestionnaire des mobiliers et matériaux archéologiques (jusqu’en avril 2017)
Cécile CLÉMENT-DEMANGE Archéologue gestionnaire des mobiliers et matériaux archéologiques (jusqu’en juillet 2019)
Hélène DUCHAMP Archéologue gestionnaire des mobiliers et matériaux archéologiques
Dominique LACOSTE Responsable des collections et de la conservation préventive
Raphaël MOREAU Documentaliste
Sébastien DUROST Responsable de la cellule éditoriale
Chloé MOREAU Assistante de rédaction-édition
Jonhattan VIDAL Archéologue géomaticien (postdoc, à partir de janvier 2016)
Antoine MAILLIER Photographe
Chiara MARTINI Responsable action éducative (jusqu’en juin 2019)
Oriane ROUSSELET Responsable action éducative
Annick NOVAK Chargée de l’accueil au centre de recherche (jusqu’à octobre 2020)
Valérie ALLÉOS Chargée de l’accueil au centre de recherche
Bruno CARÉ Technicien en charge de la logistique des chantiers
Thomas SAUVAGET Assistant technique des chantiers (jusqu’en 2017)
David KOVACHICHE Assistant technique des chantiers
Bernard PAUTET Assistant technique
Claude SAINJON Technicien de maintenance
a. Statut au 31 décembre 2021
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Notes

1 Lorsqu’aucune référence bibliographique n’est fournie, les informations sont issues des rapports annuels du programme de recherche, accessibles dans leur intégralité sur la plateforme https://hal.archives-ouvertes.fr/BIBRACTE

a Statut au 31 décembre 2021

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Mont Beuvray. Localisation des chantiers de fouille actifs entre 2017 et 2021.
Crédits DAO : A. Meunier.
URL http://journals.openedition.org/rae/docannexe/image/17199/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 439k
Titre Fig. 2. Mont Beuvray. Tableau synoptique des interventions de terrain entre 2017 et 2021.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 367k
Titre Fig. 3. Mont Beuvray. Étendue des secteurs couverts par les prospections géophysiques et les interventions concernant la caractérisation des espaces non construits de l’oppidum entre 2017 et 2021.
Crédits P. Milo, M. Vágner, A.-M. Rekemová, P. Goláňová et alii ; DAO : A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 567k
Titre Fig. 4. Prospections sur le site de la bataille de Bibracte et les fortifications des abords du mont Beuvray.
Légende Projection cartographique des hypothèses de Charles Pommeau (en haut) et d’Alain Magdelaine (en bas) concernant la bataille de Bibracte (58 av. n.è.).
Crédits D’après MAGDELAINE, 2019, 2020 ; fond BdAlti ®©IGN et cartes d’État-Major ; DAO A. Meunier, P. Brand.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 667k
Titre Fig. 5. Mont Beuvray. Prospections géophysiques au sud du Parc aux Chevaux.
Légende Magnétogramme (Lea Max/Foerster -4/4 nT, noir/blanc) et plan des structures archéologiques connues avec l’interprétation des anomalies identifiées.
Crédits P. Milo, M. Vágner.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 374k
Titre Fig. 6. Mont Beuvray. Prospections géophysiques au sud du Parc aux Chevaux.
Légende Coupe horizontale au géoradar des relevés 2016 et 2017 à une profondeur d’environ 0,6-1,4 m et interprétation des anomalies identifiées.
Crédits P. Milo, M. Vágner.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 331k
Titre Fig. 7. Mont Beuvray. Prospections géophysiques.
Légende Le flanc sud-ouest du Theurot de la Roche. Magnétogramme (Foerster Ferex, -4/4 nT, blanc/noir) et interprétation des anomalies identifiées.
Crédits M. Vágner, A.-M. Rekemová.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 495k
Titre Fig. 8. Mont Beuvray. Prospections géophysiques.
Légende Le flanc sud-ouest du Theurot de la Roche. Coupes horizontales au géoradar à des profondeurs d’environ 0,7-0,8 m, 0,8-0,9 m, 0,9-1,0 m et interprétation des anomalies identifiées.
Crédits M. Vágner, A.-M. Rekemová.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 720k
Titre Fig. 9. Mont Beuvray. Prospections géophysiques.
Légende Plan de localisation des relevés électriques compris entre la Chaume et la fontaine Saint-Martin, représentation 3D des profils électriques 8, 10, 11 et 12 et interprétation des résultats.
Crédits A. Quiquerez, B. Prouin, R. Steinmann ; relevés et DAO : A. Quiquerez.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 465k
Titre Fig. 10. Mont Beuvray. Prospections géophysiques.
Légende Secteur des Grandes Portes. Analyse morphologique et profils électriques 3, 4 et 5.
Crédits A. Quiquerez ; relevés et DAO : A. Quiquerez.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 399k
Titre Fig. 11. Mont Beuvray. Caractérisation des espaces non-construits de l’oppidum.
Légende La Terrasse. Localisation des sondages archéologiques et pédologiques ainsi que les carottages réalisés préalablement à la réouverture des anciens sondages en 2019.
Crédits P. Goláňová et alii ; DAO : A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 355k
Titre Fig. 12. Mont Beuvray. Caractérisation des espaces non-construits de l’oppidum.
Légende La Terrasse. Coupe nord-ouest dans la tranchée 4 et emplacement des sondages pédologiques.
Crédits P. Goláňová et alii ; DAO : M. Prištáková, P. Žaža.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-12.jpg
Fichier image/jpeg, 123k
Titre Fig. 13. Mont Beuvray. Caractérisation des espaces non-construits de l’oppidum.
Légende Les Vergers. Plan des structures dégagées lors de la réouverture du sondage de 1993 en 2020.
Crédits P. Goláňová et alii.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 232k
Titre Fig. 14. Mont Beuvray. La Place aux Laides – Le Haut de Sery. Localisation du secteur d’étude.
Légende A : Larochemillay, cadastre ancien (XIXe siècle), plan parcellaire de la section A dite du Mont Beuvray, feuille 2, s. d., Archives de la Nièvre ; B : parcellaire sur fond cartographique ©IGN. Localisation des opérations de terrain menées entre 2019-2021.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-14.jpg
Fichier image/jpeg, 813k
Titre Fig. 15. Mont Beuvray. La Place aux Laides – Le Haut de Sery.
Légende Vue d’un chemin encadré par deux murées.
Crédits M. Bizri, J.-P. Garcia, A. Quiquerez ; cliché : A. Maillier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-15.jpg
Fichier image/jpeg, 1,2M
Titre Fig. 16. Mont Beuvray. La Place aux Laides – Le Haut de Sery.
Légende Variation spatiale de la teneur des sols en carbone, du rapport isotopique en 15δN et de la teneur en phosphore.
Crédits M. Bizri, J.-P. Garcia, A. Quiquerez.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-16.jpg
Fichier image/jpeg, 552k
Titre Fig. 17. Mont Beuvray. Le quartier du Champlain.
Légende Localisation de la fouille 2013-2019.
Crédits T. Bochnak, G. Hamm ; DAO : A. Meunier ; fond orthophotographique ©IGN, 2014.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-17.jpg
Fichier image/jpeg, 399k
Titre Fig. 18. Mont Beuvray. Le quartier du Champlain.
Légende Plan d’ensemble de la fouille 2013-2019, assemblée avec la zone de fouille de 2000-2005.
Crédits T. Bochnak, G. Hamm, J.-P. Guillaumet, D. Dungworth ; DAO : A. Fochesato, A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-18.jpg
Fichier image/jpeg, 519k
Titre Fig. 19. Mont Beuvray. Le quartier du Champlain.
Légende Cartographie des terrasses sur fond d’orthophotographies combinées en fin de fouille 2017, 2018, 2019 de la zone étudiée en 2013-2019 et deux profils topographiques longitudinaux.
Crédits T. Bochnak, G. Hamm ; orthophotographies A. Meunier, Q. Verriez ; DAO : A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-19.jpg
Fichier image/jpeg, 351k
Titre Fig. 20. Mont Beuvray. Le quartier du Champlain.
Légende Plan général des différentes structures et terrasses du premier état d’occupation se terminant à LTD2B, du second état daté à LTD2B et à l’Augustéen ancien et du troisième état daté au plus tard de l’Augustéen moyen.
Crédits T. Bochnak, G. Hamm ; DAO : A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-20.jpg
Fichier image/jpeg, 494k
Titre Fig. 21. Mont Beuvray. Le quartier du Champlain.
Légende Le puits et son creusement d’installation.
Crédits T. Bochnak, G. Hamm ; orthophotographie : Q. Verriez.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-21.jpg
Fichier image/jpeg, 584k
Titre Fig. 22. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.
Légende Vue aérienne vers le nord-est de la grande voie et des nouveaux dispositifs de visualisation des vestiges à l’issue des travaux de mise en valeur de 2017-2019.
Crédits A. Fochesato, A. Meunier ; cliché : A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-22.jpg
Fichier image/jpeg, 934k
Titre Fig. 23. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.
Légende Localisation des sondages de 2017-2020.
Crédits A. Fochesato, A. Meunier ; DAO : A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-23.jpg
Fichier image/jpeg, 715k
Titre Fig. 24. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.
Légende Plan général du mur de façade primitif, de son contrefort extérieur et de sa réfection de part et d’autre de l’entrée principale de l’îlot.
Crédits A. Meunier ; DAO : A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-24.jpg
Fichier image/jpeg, 268k
Titre Fig. 25. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.
Légende Orthophotoplan de fin de fouille avec les différents niveaux de voie mis au jour et le fossé.
Crédits A. Fochesato, A. Meunier ; DAO : A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-25.jpg
Fichier image/jpeg, 666k
Titre Fig. 26. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.
Légende Coupe nord-ouest/sud-est à travers les niveaux de voie.
Crédits A. Fochesato, A. Meunier ; DAO : A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-26.jpg
Fichier image/jpeg, 498k
Titre Fig. 27. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.
Légende Schéma du traçage du bassin et matérialisation de la voie élargie.
Crédits A. Fochesato, A. Meunier ; DAO : A. Fochesato.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-27.jpg
Fichier image/jpeg, 348k
Titre Fig. 28. Mont Beuvray. Le quartier de la Pâture du Couvent.
Légende Profil topographique restitué du système d’adduction du bassin.
Crédits A. Fochesato, A. Meunier ; DAO : A. Fochesato.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-28.jpg
Fichier image/jpeg, 92k
Titre Fig. 29. Mont Beuvray. Le quartier du Parc aux Chevaux.
Légende Plan général des zones fouillées entre 2002 et 2021 dans le secteur du Parc aux Chevaux et du Theurot de la Roche.
Crédits Ph. Barral, M. Joly, P. Nouvel, M. Thivet ; DAO : A. Meunier, A. Fochesato.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-29.jpg
Fichier image/jpeg, 368k
Titre Fig. 30. Mont Beuvray. Le quartier du Parc aux Chevaux.
Légende Vue aérienne vers le sud-est du secteur en 2017.
Crédits Cliché : Q. Verriez.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-30.jpg
Fichier image/jpeg, 814k
Titre Fig. 31. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.
Légende Orthophotographies combinées à l’issue des campagnes 2017 et 2018 et emprises de fouilles 2012-2021.
Crédits Ph. Barral, M. Joly, P. Nouvel, M. Thivet ; acquisition et traitement : M. Thivet, Q. Verriez, A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-31.jpg
Fichier image/jpeg, 956k
Titre Fig. 32. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.
Légende Les principaux états de construction observés.
Crédits Ph. Barral, M. Joly, P. Nouvel, M. Thivet ; hors état II ; DAO : J. Hantrais.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-32.jpg
Fichier image/jpeg, 431k
Titre Fig. 33. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.
Légende Vue vers l’ouest du mur oriental de l’état IV scandé par des pilastres en grand appareil de granite en 2017.
Crédits Ph. Barral, M. Joly, P. Nouvel, M. Thivet ; cliché : A. Maillier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-33.jpg
Fichier image/jpeg, 653k
Titre Fig. 34. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.
Légende Vue de l’angle nord-est de la terrasse maçonnée à l’issue de la campagne de fouille de 2017. On distingue aussi, en arrière de l’angle maçonné, l’angle du mur de soutènement primitif construit avec la technique du murus gallicus (flèche).
Crédits Ph. Barral, M. Joly, P. Nouvel, M. Thivet ; cliché : A. Maillier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-34.jpg
Fichier image/jpeg, 891k
Titre Fig. 35. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.
Légende Élévation du murus gallicus sur la face nord de la plateforme.
Crédits Ph. Barral, M. Joly, P. Nouvel, M. Thivet ; DAO : équipe de fouille ; localisation sur fig. 31.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-35.jpg
Fichier image/jpeg, 177k
Titre Fig. 36. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.
Légende Coupe sud-nord réalisée en 2021 à l’angle nord-est de la terrasse.
Crédits A. Fochesato, A. Meunier ; DAO : A. Fochesato ; orthophotographie : A. Meunier ; localisation sur fig. 31.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-36.jpg
Fichier image/jpeg, 341k
Titre Fig. 37. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.
Légende Vue depuis l’intérieur de l’assise inférieure sous la base du parement du murus gallicus fouillé en 2021.
Crédits A. Fochesato, A. Meunier ; cliché : A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-37.jpg
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Titre Fig. 38. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.
Légende Vue générale de la façade orientale à l’issue de la campagne de fouille de 2017 avec, au premier plan, les vestiges de la rampe d’accès mise en place lors de l’état I. On distingue le système de poutres, vestige des deux retours du murus gallicus qui la soutenait au nord et au sud.
Crédits Ph. Barral, M. Joly, P. Nouvel, M. Thivet ; cliché A. Maillier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-38.jpg
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Titre Fig. 39. Mont Beuvray. Enclos PC15 du Parc aux Chevaux.
Légende Plans des différents états de construction de l’atelier accolé à la rampe de l’État IV.
Crédits M. Berranger, P. Nouvel, J. Hantrais ; DAO : P. Nouvel.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-39.jpg
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Titre Fig. 40. Mont Beuvray. Frange sud-ouest de la terrasse PC14 du Parc aux Chevaux.
Légende Vue aérienne vers l’ouest du chantier à l’issue de la fouille de 2021.
Crédits Ph. Barral, B. Clément, M. Joly, P. Nouvel, M. Thivet, Q. Verriez ; cliché : Q. Verriez.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-40.jpg
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Titre Fig. 41. Mont Beuvray. Frange sud-ouest de la terrasse PC14 du Parc aux Chevaux.
Légende Plan des différents états observés.
Crédits Ph. Barral, B. Clément, M. Joly, P. Nouvel, M. Thivet, Q. Verriez ; DAO : P. Nouvel.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-41.jpg
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Titre Fig. 42. Mont Beuvray. Le Theurot de la Roche, excavations minières.
Légende Plan d’ensemble des minières et emprise de la construction postérieure PS19 ; profil longitudinal de la minière sud avec les niveaux fouillés en 2017 et le positionnement du mur de PS19 qui recoupe la minière ; photo du fond de la minière-puits en fin de fouille : au premier plan le gradin intérieur, au deuxième plan le puits.
Crédits B. Cauuet, C. Tamas ; DAO et cliché : B. Cauuet.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-42.jpg
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Titre Fig. 43. Mont Beuvray. Comparaison des rapports isotopiques du plomb observés dans les minières fouillées sur le Beuvray avec celui de monnaies d’argent.
Crédits B. Cauuet, C. Tamas.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-43.jpg
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Titre Fig. 44. Mont Beuvray. Les domus du Parc au Chevaux PC1 et PC2.
Légende Plan général des emprises de fouilles de 1985-2016 et 2017-2021.
Crédits Ch. Defer, N. Delferrière, E. Hamon, Ch. Martini, A. Meunier, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; DAO : A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-44.jpg
Fichier image/jpeg, 348k
Titre Fig. 45. Mont Beuvray. Les domus du Parc au Chevaux PC1 et PC2.
Légende Vue générale vers l’ouest des domus. Au premier plan, PC1 ; sous l’abri installé en 2021, PC2.
Crédits Cliché : A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-45.jpg
Fichier image/jpeg, 997k
Titre Fig. 46. Mont Beuvray. La domus PC1.
Légende Plan pierre à pierre de l’état 5 avec les sondages effectués entre 2017 et 2019 et typologie des traitements des sols observés.
Crédits N. Delferrière, E. Hamon, A. Meunier ; DAO : E. Hamon, A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-46.jpg
Fichier image/jpeg, 462k
Titre Fig. 47. Mont Beuvray. La domus PC2.
Légende Plan général de la domus relevé par J.-G. Bulliot en 1882, confronté avec les maçonneries mises au jour depuis 2016, et nomenclature des espaces.
Crédits Ch. Defer, Ch. Martini, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; DAO : A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-47.jpg
Fichier image/jpeg, 391k
Titre Fig. 48. Mont Beuvray. La domus PC2.
Légende Phasage provisoire des occupations sur les secteurs nord et est de la domus.
Crédits Ch. Defer, Ch. Martini, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; DAO : A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-48.jpg
Fichier image/jpeg, 306k
Titre Fig. 49. Mont Beuvray. La domus PC2.
Légende Exemple de construction en caisson, avec fondations parementées. Vue vers le nord-ouest du local CC à l’issue de la campagne 2017.
Crédits Ch. Martini, Q. Verriez ; cliché A. Maillier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-49.jpg
Fichier image/jpeg, 734k
Titre Fig. 50. Mont Beuvray. La domus PC2.
Légende Local B. Relevé des empreintes de pilettes.
Crédits Ch. Martini, Q. Verriez ; photogrammétrie et DAO : Q. Verriez.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-50.jpg
Fichier image/jpeg, 693k
Titre Fig. 51. Mont Beuvray. La domus PC2.
Légende Vue vers le nord-ouest du local XX à l’issue de la campagne 2017.
Crédits Ch. Martini, Q. Verriez ; cliché A. Maillier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-51.jpg
Fichier image/jpeg, 756k
Titre Fig. 52. Mont Beuvray. La domus PC2.
Légende Orthophotographie de la coupe est-ouest le long de la façade nord de la domus.
Crédits Ch. Defer, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; acquisition et traitement : Q. Verriez.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-52.jpg
Fichier image/jpeg, 564k
Titre Fig. 53. Mont Beuvray. La domus PC2.
Légende Interprétation de la coupe est-ouest le long de la façade nord de la domus.
Crédits Ch. Defer, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; DAO : Ch. Defer.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-53.jpg
Fichier image/jpeg, 505k
Titre Fig. 54. Mont Beuvray. La domus PC2.
Légende Restitution du bâtiment [728] de l’état 2, au nord de la domus.
Crédits Ch. Defer, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; DAO : Ch. Defer.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-54.jpg
Fichier image/jpeg, 216k
Titre Fig. 55. Mont Beuvray. La domus PC2.
Légende Plan du bâtiment [[441]] et des structures liées à l’état 2 sous la pièce X.
Crédits Ch. Defer, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; DAO : Ch. Defer.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-55.jpg
Fichier image/jpeg, 291k
Titre Fig. 56. Mont Beuvray. La domus PC2.
Légende Restitution du bâtiment [[727]] de l’état 3, au nord de la domus.
Crédits Ch. Defer, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; DAO : Ch. Defer.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-56.jpg
Fichier image/jpeg, 340k
Titre Fig. 57. Mont Beuvray. La domus PC2.
Légende Coupe est-ouest de la rue entre PC1 et PC2.
Crédits Ch. Defer, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; DAO : F. Lemke.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-57.jpg
Fichier image/jpeg, 166k
Titre Fig. 58. Mont Beuvray. La domus PC2.
Légende Plan des canalisations dans la partie orientale de la domus et dans l’emprise de la rue adjacente.
Crédits Ch. Defer, O. Rousselet, N. Scavone, Q. Verriez ; DAO : N. Scavone.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-58.jpg
Fichier image/jpeg, 274k
Titre Fig. 59. Mont Beuvray. La Chaume.
Légende Localisation des sondages de 2017-2021.
Crédits P. Goláňová ; DAO : A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-59.jpg
Fichier image/jpeg, 518k
Titre Fig. 60. Mont Beuvray. La Chaume.
Légende Emplacement des sondages 1 et 2 sur le relevé de J.-G. Bulliot.
Crédits P. Goláňová ; DAO : A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-60.jpg
Fichier image/jpeg, 318k
Titre Fig. 61. Mont Beuvray. La Chaume.
Légende Sondage 1. Vue vers le sud-ouest de la coupe du grand fossé.
Crédits P. Goláňová ; cliché : T. Kamp.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-61.jpg
Fichier image/jpeg, 742k
Titre Fig. 62. Mont Beuvray. La Chaume.
Légende Sondage 2. Orthophotographie 2019 de la première assise du bâtiment moderne.
Crédits P. Goláňová ; traitement : P. Žaža.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-62.jpg
Fichier image/jpeg, 833k
Titre Fig. 63. Mont Beuvray. La Chaume. Sondage 2.
Légende Plan des structures (niveaux 2-5) relevées en 2019 et 2020, corrélées à l’orthophotographie de fin de fouille 2018.
Crédits P. Goláňová.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-63.jpg
Fichier image/jpeg, 628k
Titre Fig. 64. Mont Beuvray. La Chaume.
Légende Orthophotographie de fin de fouille ; coupes longitudinale et transversale du fossé.
Crédits P. Goláňová ; orthophotographie et DAO : J. Geršl.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-64.jpg
Fichier image/jpeg, 385k
Titre Fig. 65. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.
Légende Localisation des sondages de 1992 et 2019-2021 et restitution schématique des fortifications des Grandes Portes selon Fr. Schubert.
Crédits S. Krausz, G. Florea, C. Millereux, S. Vasilache ; DAO : A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-65.jpg
Fichier image/jpeg, 439k
Titre Fig. 66. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.
Légende Sondage sur le rempart intérieur. Vue générale vers le nord-est de la tranchée nord en fin de campagne 2021.
Crédits S. Krausz, C. Millereux ; cliché : A. Maillier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-66.jpg
Fichier image/jpeg, 1,0M
Titre Fig. 67. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.
Légende Sondage sur le rempart intérieur. Orthophotographie de fin de fouille et plan général de la tranchée nord.
Crédits S. Krausz, C. Millereux ; DAO : C. Millereux ; orthophotographie : A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-67.jpg
Fichier image/jpeg, 304k
Titre Fig. 68. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.
Légende Sondage sur le rempart intérieur. Relevé de la paroi orientale des tranchées nord et sud.
Crédits S. Krausz, C. Millereux ; DAO : C. Millereux.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-68.jpg
Fichier image/jpeg, 168k
Titre Fig. 69. Mont Beuvray. Le secteur des Grandes Portes.
Légende Sondage sur le rempart intérieur. Restitution 3D du système défensif.
Crédits S. Krausz, C. Millereux ; conception S. Krausz ; restitution 3D : Fl. Comte.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-69.jpg
Fichier image/jpeg, 466k
Titre Fig. 70. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.
Légende Sondage sur le rempart intérieur. Orthophotographie et relevé de l’élévation du parement du rempart.
Crédits S. Krausz, C. Millereux ; DAO : C. Millereux ; orthophotographie : A. Meunier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-70.jpg
Fichier image/jpeg, 398k
Titre Fig. 71. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.
Légende Sondage sur le rempart intérieur. Vue vers le nord-est des vestiges du parement du rempart.
Crédits S. Krausz, C. Millereux ; cliché : A. Maillier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-71.jpg
Fichier image/jpeg, 982k
Titre Fig. 72. Mont Beuvray. Les Grandes Portes.
Légende Sondage sur le rempart intérieur. Relevé des différentes assises de poutrage du rempart.
Crédits S. Krausz, C. Millereux ; DAO : C. Millereux.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-72.jpg
Fichier image/jpeg, 250k
Titre Fig. 73. Mont Beuvray. Les Grandes Portes / la Terrasse du Petit Bois.
Légende Plan et coupes des parois nord et est de la tranchée en L.
Crédits G. Florea, S. Vasilache ; DAO : S. Vasilache.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-73.jpg
Fichier image/jpeg, 232k
Titre Fig. 74. Mont Beuvray. Les Grandes Portes / la Terrasse du Petit Bois.
Légende Vue générale vers le sud-ouest de la tranchée en cours de fouille.
Crédits G. Florea, S. Vasilache ; cliché : A. Maillier.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17199/img-74.jpg
Fichier image/jpeg, 1004k
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Pour citer cet article

Référence papier

Andrea Fochesato, Arnaud Meunier et Vincent Guichard, « Chronique des recherches sur le Mont Beuvray 2017-2021 »Revue archéologique de l’Est, Tome 72 | 2023, 153-241.

Référence électronique

Andrea Fochesato, Arnaud Meunier et Vincent Guichard, « Chronique des recherches sur le Mont Beuvray 2017-2021 »Revue archéologique de l’Est [En ligne], Tome 72 | 2023, mis en ligne le 20 décembre 2023, consulté le 16 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/17199

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Auteurs

Andrea Fochesato

Archéologue, responsable du programme de recherche sur le mont Beuvray, Bibracte

Arnaud Meunier

Archéologue-géomaticien, Bibracte

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Vincent Guichard

Directeur général et directeur scientifique. Bibracte, Centre archéologique européen, 58370 Glux-en-Glenne. recherche@bibracte.fr

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Droits d’auteur

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