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Le tumulus de l’âge du fer de noyers-sur-serein

Le Grand Vaucharme (Yonne)
Marie-José Ancel, Claude Mordant, Émilie Millet, Pierre Nouvel et Bernard Poitout
p. 95-152

Résumés

Un labour profond, à proximité de la ferme de Vaucharme à Noyers, est à l’origine de la découverte d’un tertre funéraire très érodé. Son aplanissement total a permis la conduite d’une fouille fine en planimétrie avec décapage extensif des structures de dallettes calcaires qui révèle une première couronne d’un tumulus circulaire de 12 m de diamètre (T1), puis une ceinture plus externe d’un second monument presque totalement détruit (T2) de 18-19 m environ. Un premier épisode de constructions, au cours du Ha D1, concerne dix à douze petits tertres protecteurs d’inhumations individuelles agglomérés sans forme prédéterminée. Un remodelage complet de l’ensemble conduit à la construction du tumulus circulaire T1. Des aires de crémation in situ à la périphérie externe de la couronne correspondent à une phase tardive d’usage du T1 au tout début de La Tène ancienne. La construction du second tumulus, T2, se situe au Second âge du Fer. Ce monument mémoriel fonctionne sur cinq à six siècles comme une nécropole. Dans sa première phase, il a accueilli plusieurs inhumations de sujets immatures et au moins de deux femmes. Le mobilier métallique de la première phase à inhumations (bracelets-tonnelets et en engrenage) date du Ha D1 ; une petite fibule à disque cale opportunément la fin de l’usage du premier tumulus T1 au début de La Tène ancienne ; une bague en or de la fin de La Tène ancienne a été retrouvée entre les pierres de la couronne du T2. La Tène moyenne n’est pas représentée par du mobilier ; une fibule brulée de Nauheim en fer constituerait un des derniers témoignages de l’occupation du site à La Tène finale.

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Texte intégral

Introduction : la protohistoire sur le plateau de noyers (p.n., b.p.)

1Les alentours du village de Noyers, aux confins de l’Avallonnais et du Tonnerrois, font l’objet depuis plus de cinquante ans d’une attention particulière de la part des archéologues (fig. 1). Ces travaux poursuivent une longue tradition érudite, initiée dès les années 1850 par l’activité des sociétés savantes d’Auxerre et d’Avallon. Plus récemment, entre 1950 et 1995, Jean Duchâtel puis Bernard Poitout y ont mené une série de prospections et de fouilles de sauvetage, au gré des travaux de mise en culture ou de remembrement. Plusieurs sites majeurs, datés du Néolithique, des âges des Métaux et de l’époque romaine ont été étudiés. À partir de 1995, ces opérations discontinues ont été intégrées à une succession de prospections-inventaires menées sur quinze territoires communaux (1997-1999, puis 2000-2002). Des fouilles programmées se sont poursuivies en parallèle, visant à l’étude d’ensembles représentatifs susceptibles de livrer des référentiels de datation (NOUVEL, 2005 ; NOUVEL, 2006a). La fouille du tumulus du Grand Vaucharme est la première d’entre elles (1995-1996), opérations suivies de celles des établissements laténiens, antiques ou altomédiévaux d’Annay-la-Côte (1999), Annay-sur-Serein, Cravant, Joux-la-Ville (2000), Censy (2001), Mailly-la-Ville et Noyers (2002), sans oublier une nécropole antique à Annay-sur-Serein (2001) et les sondages sur les enceintes néolithiques de Puits-de-Bon et d’Annay-sur-Serein (travaux de M. Prestreau, 2000).

Fig. 1. Noyers-sur-Serein (Yonne).

Fig. 1. Noyers-sur-Serein (Yonne).

Localisation générale.

DAO M.-J. Ancel.

2La fouille la plus développée a concerné le sanctuaire laténien et antique de Nitry (Champagne, 2001-2002 ; NOUVEL, 2004a ; NOUVEL, 2011a). Une pause de quelques années a été mise à profit pour exploiter et publier ces différents travaux (MORDANT, POITOUT dir., 1998 ; KASPRZYK, NOUVEL, 2002, 2003 ; DELOR dir., 2002 ; NOUVEL, 2006b, 2011b ; NOUVEL, BARRAL, 2009 ; NOUVEL et alii, 2009). Enfin, une dernière étape de prospections complémentaires et de mise en forme des données a couvert les années 2012-2019. Ce programme, initialement centré sur quinze communes, s’est aussi étendu à un vaste ensemble de soixante territoires communaux du sud du département de l’Yonne (NOUVEL, 2017a).

3Au total, près de 50 % des parcelles agricoles ont été prospectées systématiquement sur les 303 km² couverts par les quinze communes initialement retenues par le programme (NOUVEL, 2017b). Ces données ont été très densément complétées par les prospections aériennes, régulières dans le secteur depuis les années 1980 (NOUVEL, 2019). Toutes ces opérations ont été facilitées par la nature des terrains qui s’étendent, pour partie, dans la vallée du Serein, et pour l’essentiel sur les plateaux de Basse-Bourgogne, auréole calcaire du Bassin parisien, au contact, au sud, de la dépression triasique bordant le massif granitique du Morvan (fig. 2-4). Si la vallée du Serein est limitée par des talus abrupts et des terrasses alluviales étroites, les plateaux se caractérisent par leur surface tabulaire où le substrat correspond, pour l’essentiel, aux calcaires plus ou moins marneux du Jurassique supérieur, surmontant, au sud-est, les calcaires durs du Bathonien et du Bajocien. Le tumulus du Grand Vaucharme repose sur le calcaire à plaquettes du Kimméridgien inférieur utilisé aussi pour sa construction. Les formations pédologiques y sont peu développées, puisqu’il ne subsiste, sur la plupart des sites, que des horizons superficiels dits « petites terres », faciès résultant de l’érosion de formations superficielles de type « aubues », qui prend place lors de la dernière glaciation (NOUVEL, POITOUT, 2021).

Fig. 2. Contexte archéologique du plateau de Noyers et de la vallée du Serein dans les environs du tertre du Grand Vaucharme.

Fig. 2. Contexte archéologique du plateau de Noyers et de la vallée du Serein dans les environs du tertre du Grand Vaucharme.

Le nom des sites est mentionné dans le corps du texte.

Données et DAO P. Nouvel.

4Le secteur des plateaux de Basse-Bourgogne constitue une zone atelier de premier plan pour analyser les structures et les évolutions des réseaux de peuplement sur le temps long. La masse de données accumulées, environ 2 150 sites, permet d’utiles études spatiales. Elles ont été exploitées dans deux travaux de thèse (NOUVEL, 2004b ; KASPRZYK, 2005) et valorisés dans l’ANR ‘Archaedyn’ (GEORGES-LEROY et alii, 2022) ou l’ERC ‘Rurland’ (NOUVEL, THIVET, 2016 ; NOUVEL, 2017b). Ces corpus ont été récemment publiés : nous nous limiterons ici à une présentation rapide des connaissances sur l’occupation du secteur, dans un rayon de quelques kilomètres autour de la fouille du Grand Vaucharme, entre la fin de l’âge du Bronze et le début du second âge du Fer. Cette mise en perspective s’appuie sur deux études préalables, la première réalisée lors de la publication des découvertes hallstattiennes du château de Noyers (NOUVEL, 2013), la seconde sur le réseau de nécropoles des âges des métaux en Avallonnais (NOUVEL, POITOUT, 2012 ; NOUVEL, 2014). Le corpus, datable du Bronze final au début de l’époque laténienne, se caractérise, comme souvent, par une distorsion des données entre de nombreux ensembles funéraires facilement identifiables par leurs vestiges immobiliers et mobiliers, et un faible nombre d’habitats, dont les traces ténues sont difficilement perceptibles par les méthodes de prospection terrestres ou aériennes. Seul le site de hauteur des Vieux Châteaux, à Noyers (fig. 2, 279-37) a fait l’objet d’une fouille partielle (CAYOT, 2004 ; NOUVEL, 2013). En prospection terrestre, ces occupations apparaissent sous la forme d’épandages de mobilier céramique du premier âge du Fer, souvent mêlé à du mobilier du second âge du Fer ou de l’Antiquité : Annay-sur-Serein La Corvée (fig. 2, 010-16 et 010-45), Sous le Bois de Moutot (010-17), La Murée (010-28) ; La Grosse Maison (010-39) ; Grimault Les Meurgers (194-25), Le Prieuré (194-31) ; Jouancy Sous l’Église (207-03) ; Joux-la-Ville Les Rochons (208-92) ; Nitry Les Grands Groseilliers (277-14), Les Champs Gousseaux (277-03), Chemin de Sauloup (277-78) ; Noyers Heursiot (279-04), Chaumigny (279-07), Champs Cailloux (279-08), Les Rompis / Les Carcassons (sur l’enceinte néolithique, fig. 2, 279-09, 279-10 et 279-63), Les Pargues (279-20), Pré des Bandes (279-29), Prés des Côtats Vautour (279-30), Le Fond de Clavisy (279-41, 279-42), Les Champs de Clavisy (279-43 et 279-44), Les Vaux Perdus (279-45), Chemin d’Heursiot (279-57), La Vallée de la Ruelle (279-61), Vallée de Grange-Neuve (279-84) et Vallée d’Amour (fig. 2, 279-105). Il ne s’agit parfois que d’objets métalliques isolés (Annay-sur-Serein, chemin vicinal n° 9, fibule type Duchkov, fig. 2, 010-70) ou une pointe de poignard du Bronze final I à Nitry Tête de Vaucharme (fig. 2, 277-20). Signalons aussi, un peu plus au sud, la découverte d’une petite lame de hache en cuivre du début du Bronze ancien, apparemment isolée (Massangis, Les Quatre Chênes, site 89246-26 ; MORDANT, POITOUT, 1998, p. 8). Enfin, il faut mentionner trois grottes fréquentées aux âges des Métaux : Grimault, La petite Gueule (fig. 2, 194-48), Les grandes Gueules (194-19) et Grotte des Serpents (194-50). La prospection aérienne a quant à elle permis d’identifier de nombreux habitats marqués par des bâtiments sur poteaux plantés associés ou non à des fosses silos. Il est possible que certains d’entres eux, comme celui reconnu 200 m à l’est de la fouille du Grand Vaucharme (fig. 2, 279-147) lui soient contemporains.

5À l’échelle de l’Avallonnais, les nombreux ensembles tumulaires, hormis celui de Vaucharme, restent sous-documentés. Les plus intéressants ont été repérés ou fouillés entre les années 1850 et 1914. Les auteurs de ces travaux, en premier lieu Émile Pallier, François Moreau, Auguste Davout ou les abbés François Poulaine et Alexandre Parat, nous ont cependant laissé des informations suffisamment précises pour confirmer la densité des espaces funéraires de l’âge du Bronze et du premier âge du Fer, sur l’ensemble des plateaux de Basse-Bourgogne, entre Armançon et Puisaye (fig. 3). Un abondant mobilier y a été collecté, conservé dans les musées d’Auxerre ou d’Avallon, mais dont l’étude reste peu approfondie (BARAY, 2002). Ce corpus a nécessité une analyse critique (NOUVEL, POITOUT, 2012), car de nombreux tas d’épierrement du secteur avaient été enregistrés comme des tumulus. L’abbé Parat, parcourant les forêts de Montapot (commune de Bois-d’Arcy), dénombrait près de 600 monuments (PARAT, 1907). En réalité, comme il le reconnaît lui-même, seul l’un d’entre eux a livré des ossements humains et du mobilier funéraire.

Fig. 3. Sites protohistoriques du sud de l’Yonne connus par des fouilles ou par prospection.

Fig. 3. Sites protohistoriques du sud de l’Yonne connus par des fouilles ou par prospection.

Le listing des sites est reporté en annexe 1.

DAO P. Nouvel.

6Après la Première Guerre mondiale, les fouilles furent plus ponctuelles, mais plus méthodiques, comme celles menées dans le tertre de Grimault (commune de Massangis) par le conservateur du musée de Dijon, Henri Corot (fig. 2, 246-02 ; COROT, 1930a, 1930b). Le mobilier retrouvé à cette occasion, d’un rare intérêt scientifique, n’a malheureusement pas été conservé dans les collections publiques : il semble bien avoir été dispersé, après avoir été conservé dans la demeure des propriétaires du terrain, la famille Davout. Après la Seconde Guerre mondiale, les abbés Duchâtel et Lacroix, surtout portés vers l’étude des sites antiques, explorèrent encore ponctuellement quelques monuments (par exemple la tombe sous dalles de Grimault La Tête de Fer, fig. 2, 194-22). Les prospections terrestres récentes n’ont guère apporté d’ensembles nouveaux, mis à part celui de Noyers Les Milosiottes (Bronze final, fig. 2, 279-32 ; POITOUT, MORDANT, 1979) et de Coutarnoult Pierre Taillis (NOUVEL, POITOUT, 2012, p. 17). D’autres ensembles funéraires ont été repérés en prospections terrestres, sous la forme de buttes de pierres allochtones, livrant en surface du mobilier métallique : Grimault Bois Galin (fig. 2, 194-35), de Grimault Les Vaulevés (194-15), Noyers Chaumigny (010-36 / 279-50), Noyers Le Fond de Clavisy (279-40), Noyers Les Plantes (279-106) et surtout Nitry Champagne (277-17), où le mobilier récolté en prospection et lors de la fouille du sanctuaire laténien indique une utilisation continue entre le Bronze final et La Tène moyenne. Les prospections aériennes ont d’ailleurs révélé la présence d’enclos circulaires et fossoyés sur ce site.

7Les monuments fossoyés circulaires se rencontrent avant tout en fond de vallée alluviale, au plan local et régional (fig. 4 ; MORDANT, NOUVEL, 2017). On en connaît un exemplaire à Noyers Les Champs de Clavisy, (279-44) et un autre, monumental avec chambre centrale, à Noyers La Tuilerie (279-107). À l’échelle du sud du département de l’Yonne, cette opposition est bien perceptible entre les monuments circulaires fossoyés, principalement repérés en fond de vallée, et les monuments en pierre, sur les plateaux (NOUVEL, 2019, fig. 3). Elle répond essentiellement à des différences de ressources, d’érosion et de capacités révélatrices spécifiques à ces deux contextes. Les enclos quadrangulaires sont, quant à eux, aussi connus sur les plateaux : Jouancy Champs de Bas (207-08), Joux-la-Ville Les Brosses (208-83), Nitry Champagne (277-17), La Tour Carrée (277-52), Crot du Fossé (277-79 pour les environs proches du tumulus du Grand Vaucharme. Leur répartition se perçoit nettement à l’échelle du Sud-Est du Bassin parisien (MORDANT, NOUVEL, 2017, fig. 13-14).

Fig. 4. L’implantation des enclos fossoyés protohistoriques du sud-est du Bassin parisien en relation avec le substrat géologique.

Fig. 4. L’implantation des enclos fossoyés protohistoriques du sud-est du Bassin parisien en relation avec le substrat géologique.

D’après MORDANT, NOUVEL, 2017, fig. 8.

I. Le tumulus (M.-J. A., C. M., B.P.)

I.1. Circonstances de la découverte

8En novembre 1994, un labour profond réalisé par Daniel Simonet à proximité de sa ferme de Vaucharme met au jour les os d’un avant-bras encore associés à un bracelet-tonnelet en bronze (pl. 2). L’inventeur prévient Bernard Poitout, son voisin et archéologue bénévole référent pour l’archéologie du plateau de Noyers, qui pronostique l’existence d’une sépulture et d’un tumulus complètement érodé, passés inaperçus jusqu’alors. Une première intervention en hiver 1994, conduite par B. Poitout et C. Mordant, confirme la présence potentielle d’un tertre arasé sur lequel une première campagne de fouilles est engagée du 22 août au 12 septembre 1995, suivie d’une seconde en juillet 1996. Ces deux opérations se sont inscrites dans le cadre de stages universitaires, en majorité destinés aux étudiants de l’Université de Bourgogne.

I.2. Situation géographique

9Le tumulus du Grand Vaucharme est implanté sur la parcelle 20, section YL du cadastre, en bordure du chemin rural qui relie la ferme de Vaucharme au hameau de Puits-de-Bon à Noyers-sur-Serein (fig. 5). Son implantation en bordure du chemin rural a permis une relative conservation des niveaux les plus profonds, mais il était totalement invisible en surface du labour.

Fig. 5. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 5. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Implantation cadastrale du tumulus.

DAO M.-J. Ancel.

10Le substrat est constitué de plaquettes calcaires dures du Jurassique ; le sol mince est réduit à environ 20 cm de terre argileuse pierreuse, mais il atteint près de 40 cm en bordure du chemin. Il existe donc un rapide gradient d’érosion à partir du chemin en direction du nord et de l’ouest, ce qui expliquera la conservation différentielle des sépultures et des structures funéraires (cf. infra).

I.3. Méthode de fouille

11L’aplanissement total du tertre a permis la conduite d’une fouille fine extensive en planimétrie avec décapage des dallettes calcaires sur l’ensemble de la zone funéraire. L’absence d’élévation a permis de dégager la structure de la base du potentiel tertre et de révéler ainsi une stratigraphie horizontale facilement lisible, objectif quasi impossible lorsque la masse tumulaire atteint encore plusieurs décimètres ou mètres de hauteur. Cet arasement ancien et « simplificateur » a certes favorisé cette lecture originale, mais il a indéniablement détruit toutes les élévations et structures les plus récentes, du second âge du Fer en particulier, uniquement perçues par quelques petits objets ayant percolé entre les pierres de couverture des tertres, à savoir un fragment de fibule de Nauheim en fer, un petit passe-lacet en bronze et une bague en fil d’or (cf. fig. 15-16).

12Les décapages horizontaux extensifs ont permis la découverte des sépultures, mais aussi des structures de pierres disposées de chant sur deux couronnes concentriques limitant deux états généraux du tumulus. Une berme nord-sud a d’abord été préservée puis supprimée pour permettre une lecture globale du décapage. Il est rapidement apparu que chaque inhumation était elle-même protégée par un petit tertre de pierres plates. À partir de ces structures élémentaires agglomérées les unes aux autres, une première régularisation de l’ensemble conduira à l’érection d’un premier véritable tumulus dont la base de la couronne extérieure est assez bien préservée ; un second tumulus plus grand, mais quasi intégralement délabré suivra (fig. 6).

Fig. 6. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 6. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Plan général du tertre. Le cœur du monument concentre les structures tumulaires en relation avec des inhumations d’adultes (triangle noir) et d’immatures (triangle clair) du Ha D1. La couronne du tumulus T1 (fin Premier âge du Fer) enserre et recoupe ce massif de monuments individuels ; à sa périphérie, se positionnent les différentes aires de crémation. La limite du grand tumulus T2, le plus récent (Second âge du Fer) est visible dans la moitié sud.

Relevés C. Mordant ; D.A.O. M.-J. Ancel.

I.4. Le niveau de sol ancien

13Les pierres et plaquettes des structures archéologiques sont installées sur un niveau horizontal de terre argileuse caillouteuse qui correspond au niveau de base de construction et semble être le sol de circulation de l’époque d’érection des différents tertres. D’une épaisseur très faible (une dizaine de centimètres environ) il repose sur le substrat géologique en place de plaquettes de calcaire sub-lithographique jurassique à l’origine des matériaux de construction des structures funéraires. Leur lieu d’extraction n’a pas été retrouvé à proximité immédiate du monument, mais une exploration extensive n’a pas pu être conduite dans ces terrains agricoles. La qualité des dallettes, plutôt de tailles calibrées, laisse à penser qu’elles ont été facilement extraites d’une zone de carrière par desquamation successive de la roche en place, naturellement stratifiée et fissurée.

14En relation avec ce niveau de base, ont été retrouvés à la fouille différents tessons dépareillés de céramiques grossières (des fragments de panse le plus souvent et de petite taille), quelques esquilles osseuses animales inidentifiables, des éléments de mouture (fragment de meules et molettes en granite du Morvan à 2 micas) (fig. 7). La densité de ces vestiges ne semble pas révéler d’organisation particulière, mais globalement les tessons de céramique semblent plus présents à l’extérieur du noyau initial, sous la couronne du second tertre, le plus grand (T2). Les petits blocs de grès rose du Morvan sont en revanche sur le massif central de T1 ; ils ont été intentionnellement apportés et proviennent au moins d’alluvions de la vallée du Serein, à 5 km à vol d’oiseau. Il se pourrait qu’un certain nombre des tessons détritiques soient à mettre en relation avec le moment de fréquentation du lieu lors des travaux de remodelage du premier tertre circulaire T1. Les tessons ne sont guère discriminants, mais leur attribution au premier âge du Fer ne pose pas de difficultés.

Fig. 7. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 7. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Répartition densimétrique du matériel archéologique (principalement céramique) retrouvé dans le vieux sol, sous les structures tumulaires. Une structuration nette de la dispersion ne se perçoit guère, mais la densité semble plus marquée dans l’auréole qui correspond à l’extension du tumulus T2. Le matériel pourrait donc être mis en relation avec des circulations contemporaines de la réalisation du T1. La céramique recueillie, peu discriminante, peut en effet dater de cette phase à la fin du Premier âge du Fer. Les éléments de mouture semblent plus nettement liés au tumulus T1.

Relevés C. Mordant ; D.A.O. M.-J. Ancel.

15La structure n° 12 a d’abord été interprétée comme une crémation en vase, mais aucune esquille osseuse n’ayant été retrouvée en relation avec ces tessons situés sous la deuxième couronne tumulaire (T2), cette proposition a été abandonnée (fig. 6 ; pl. 21). Ils permettent la reconstitution d’un vase tronconique de 20 cm de diamètre à l’ouverture et 12 cm de hauteur, avec des parois d’épaisseur régulière d’environ 0,7 cm. Ce vase ouvert à panse rectiligne évoque un vase domestique plus qu’une urne funéraire ; cette forme peut appartenir au corpus usuel du premier âge du Fer (cf. infra).

16Sous l’inhumation n° 2, quelques tessons ont également été mis au jour (fig. 8), mais la forme du récipient n’est pas reconstituable ; ces fragments reposent sur des pierres bleuies ayant subi une légère chauffe. Cet ensemble, antérieur à l’édification des structures funéraires, est-il lié à la mise en place de l’inhumation 2 ou correspond-il aux traces « domestiques » qui parsèment le niveau ancien de circulation ?

Fig. 8. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 8. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Large tesson écrasé en N16, sous l’inhumation 2.

Cliché C. Mordant.

17D’autres zones charbonneuses et regroupements de tessons apparaissent en C20, D19 (fig. 6) et deux « trous de poteau » sembleraient exister en E21-22 avec de petits calages de pierres, mais les creusements associés ne semblent pas très pertinents (fig. 6 et 9).

Fig. 9. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 9. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Trou de poteau en N21, comblé par de petites pierres plates disposées de chant ou à plat.

Cliché C. Mordant.

I.5. Structure des tertres

18Le décapage extensif de la première campagne montre un niveau d’arasement totalement parsemé de dallettes et la vue générale laisse apparaître une couronne de plaquettes redressées qui dessine la limite d’un tumulus circulaire (T1) que la berme coupe quasi par son diamètre (fig. 10). L’épandage de pierres se poursuit au-delà de la couronne et elles appartiennent à une ceinture plus externe d’un second monument quasi totalement détruit (T2), mais dont la limite extérieure est un peu plus perceptible du côté sud vers le chemin rural. Le premier tumulus (T1) plutôt circulaire mesure de 12 à 13 m de diamètre ; l’envergure du second (T2) s’établit entre 18-19 m de diamètre (fig. 6).

Fig. 10. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 10. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Vue d’ensemble du premier décapage du disque tumulaire (campagne 1995), en direction du nord. La couronne du tumulus T1 est bien visible dans le secteur sud.

Cliché C. Mordant.

19L’examen du même niveau d’arasement lors de la seconde campagne, après enlèvement de la berme, offre une image d’aspect plus pommelé avec des structures circulaires bien visibles, en particulier en plein centre du décapage (st. 5) ; un examen plus approfondi de la surface montre d’autres structures tout autour de ce disque central (fig. 11). Ces différentes entités plus ou moins discoïdales se trouvent incluses dans la limite de la couronne circulaire du premier tumulus T1. Le plan général reprend de manière schématique cette construction complexe du centre de l’aire funéraire en visualisant des relations de chronologie relative entre les différents tertres élémentaires. Il est en effet particulièrement démonstratif de constater que chacune de ces structures à tendance circulaire accompagne et protège une inhumation (fig. 11). La vue de détail de la st 5 (pl. 10, haut) permet de bien suivre la couronne externe de plaquettes redressées sur chant puis le disque central avec des dallettes à plat. Les limites de l’inhumation 5, bouleversées du fait de l’arasement des labours, sont assez peu nettes et les témoins osseux rares et fragmentés (cf. catalogue et pl. 9).

Fig. 11. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 11. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Vue d’ensemble du décapage total du disque tumulaire (campagne 1996), en direction de l’est. La disparition de la berme permet de bien observer la position centrale du tertre initial n° 5, tandis que l’aspect moutonné de la surface pierreuse traduit la présence des différentes structures protectrices des inhumations individuelles de la première phase de fonctionnement de ce lieu funéraire au cours du Ha D1 (cf. fig. 6). La couronne du tumulus T1 est visible dans la moitié supérieure du cliché, du coté du chemin rural ; au premier plan, la trace d’une tranchée de datation inconnue.

Cliché C. Mordant.

20À partir de ces décapages poussés des niveaux de pierres plates et de l’examen des relations stratigraphiques qu’entretiennent entre elles ces différentes structures, il devient possible de proposer un enchaînement des installations successives d’inhumations sous tertres.

I.5.1. Les inhumations sous tertres individuels (fig. 6, cf. Catalogue)

21La position centrale du tertre 5 suggère qu’il correspond à la première structure funéraire établie sur le site ; ce petit monument de 4 à 5 m de diamètre protège l’inhumation d’un sujet de 10-12 ans. La poursuite des constructions au cours du temps conduit à un adossement successif de tertres qui ne sont pas tous circulaires comme le fondateur, mais plutôt crescentiformes et appuyés sur le massif de la st. 5. Par ailleurs, vers le nord-ouest, l’arasement a fait disparaître de potentielles sépultures et il ne subsiste que les bases des massifs de pierres.

22Après le monument 5 pourrait avoir été établi le monument en croissant (2,5 m x 1,5 m) de l’inhumé 2, un enfant de 4 ans ; ensuite, deux monuments en croissant, un petit et un plus vaste, actuellement dépourvus de tombes, sont établis au nord-ouest en adossement sur les st. 5 et 2.

23Le creusement de la fosse de l’inhumé 3, également un enfant de 9 à 18 mois, a entamé la couronne périphérique de la st. 5 ; son tertre se cale contre elle et un autre petit massif au nord. La densification de l’occupation se poursuit dans le secteur nord-est avec la construction du monument de l’inhumation 13 (un adulte), probablement circulaire et d’un diamètre équivalent à celui de l’inhumé 5 ou de l’inhumé 6 (un enfant de 9 à 11 ans). Ces deux monuments ont été secondairement recoupés et largement détruits par la réalisation du parement du premier tumulus circulaire T1.

24Un monument en croissant est accolé aux st. 5 et 6 puis le massif protecteur de l’inhumé 1 se cale à l’extérieur en adossement sur la st. 3. Une dernière structure bien identifiée est associée à l’inhumé n°4 (un adulte). Un possible monument en croissant pourrait avoir été établi à l’ouest de la st. 4.

25Ce premier épisode de constructions funéraires concerne dix à douze petits tertres de tailles et de formes différentes et aboutit à un agglomérat sans forme prédéterminée de monuments protecteurs d’inhumations individuelles. L’ensemble devait constituer un massif avec des bombements inégaux de 1 à 2 m de hauteur. C’est à la fin de ce cycle qu’une crémation (n° 7) en vase est insérée dans une probable dépression entre les monuments 5, 6, 2 et 13 (fig. 6 et pl. 14-15). Le mobilier homogène retrouvé dans ces différentes inhumations plaide pour une succession assez rapide des constructions au cours du Ha D1 (cf. chap. 3). L’urne de la crémation 7 appartient également à une forme attribuable au Ha D1-D2 (cf. chap. 3).

26C’est donc postérieurement que va être réalisé un remodelage complet du tertre pour lui donner une forme circulaire et en dôme régularisée. Cette opération architecturale tient compte de la position centrale du tertre 5 et la conserve dans cette reconstruction d’un nouveau monument funéraire. La mémoire de ce premier défunt, un jeune enfant à l’origine de la fondation funéraire du lieu, a-t-elle joué ? Ce remodelage va entraîner la destruction partielle de certains tertres individuels et de leurs tombes au nord-est. Le parement de plaquettes disposées de chant limite et souligne la base du tertre ; elle était encore conservée sur une, voire deux épaisseurs de pierres.

I.5.2. Les aires de crémations (cf. Catalogue)

27Des zones de plaquettes chauffées (rougies, noircies et bleutées) en association avec des charbons de bois, de la terre brun-noir et des esquilles osseuses, se placent en position concentrique externe, principalement sur le flanc ouest (fig. 6). Elles s’établissent à la base et sur un éboulis cryoclastique de petites pierres provenant de la dégradation par le gel et l’érosion du tertre T1. Cet épisode d’installation d’aires de crémation in situ (cf. chap. 3) correspond donc à une phase tardive d’usage de ce monument T1. La découverte d’une petite fibule en fer du tout début de La Tène ancienne constitue un précieux repère chronologique (cf. chap. 2 et 3, Catalogue, pl. 17).

28Il est impossible de savoir si, antérieurement à ces aires de crémations périphériques, d’autres sépultures (inhumations ou crémations) ont été établies plus haut dans le massif tumulaire du T1 ; cette proposition est cependant crédible et cette phase serait un peu postérieure au Ha D1-D2, date proposée par l’urne de la tombe 7.

I.5.3. Le potentiel tumulus T2

29Un recouvrement général de toutes ces structures anciennes est ensuite réalisé par la construction du second tumulus T2, plus large et probablement plus haut, mais totalement détruit. Sa réalisation se place au second âge du Fer, mais les indicateurs chronologiques sont plus que ténus. Un petit passe-lacet en bronze non incinéré et l’anneau d’or (cf. chap. 3) plaident pour la présence d’inhumations de La Tène ancienne, puis la trouvaille d’un fragment d’arc d’une fibule en fer de type Nauheim (probablement brûlée) indiquerait également l’existence de crémations de La Tène finale.

I.6. Conclusion : une architecture agglomérante réalisée sur un temps long

30Au premier âge du Fer, des inhumations sont établies sous de petits tertres en dôme autour d’un monument initial construit pour un jeune enfant (st. 5). Ces réalisations, qui se poursuivent de manière progressive pour dix à douze défunts, donnent naissance à un massif de pierres sèches de forme irrégulière. Une décision radicale conduit au remodelage de ce massif de pierres avec la réalisation d’un parement périphérique de plaquettes et pour partie d’une destruction de certains tertres individuels au nord/nord-est. Il est probable que ce remaniement va s’accompagner ensuite d’une poursuite de dépôts funéraires (inhumations ou crémations) dans la masse supérieure de ce nouveau monument par les descendants du groupe d’origine au cours du Ha D2-D3. Tous ces niveaux supérieurs ont complètement disparu suite aux arasements successifs. Les aires de crémation marquent la fin de l’usage du tumulus T1 au tout début de La Tène ancienne (cf. infra).

31Au second âge du Fer, un tumulus plus grand recouvre l’ensemble de ces structures anciennes et, lui aussi, a dû accueillir, dans la continuité, les sépultures à inhumation et crémation des populations précédentes à l’origine de l’installation de ce lieu funéraire. Ces niveaux ont eux aussi été détruits par l’érosion anthropique.

32Ainsi, ce monument en dôme, simple et unitaire dans son état final T2, avec un diamètre de 18-19 m et une hauteur possible de 2 à 3 m à son stade final, masque-t-il une évolution bien plus complexe des architectures funéraires présentes. L’agrandissement de T1 à T2 est classique, mais le phénomène des petits tertres individuels initiaux apparaît le plus original à ce jour. Leur mise au jour découle directement de l’arasement et de la possibilité de conduire une fouille en planimétrie qui a révélé cette stratigraphie horizontale avec son enchaînement de monuments individuels.

33L’usage de ce lieu funéraire se déroule du Ha D1 à La Tène finale, soit une séquence chronologique de cinq à six siècles ; il atteste un attachement fidèle des populations pour ce monument mémoriel qui fait office de nécropole. Des hiatus ont pu exister cependant, mais l’arasement quasi total du tumulus nous prive de compléments en ce domaine.

II. Les pratiques funéraires

II.1. Le recrutement funéraire

II.2.1. La période du Ha D1

34Sept inhumations sous tertres appartiennent à cette première période, suivies de peu a priori par la crémation en urne st. 7. La population inhumée se compose de quatre sujets immatures et de trois adultes (fig. 12). Un quatrième adulte, identifié aussi dans l’inhumation 6, est représenté par quelques ossements associés à ceux d’un sujet immature. Il pourrait s’agir d’une sépulture double, mais la mauvaise conservation générale ne permet pas de l’assurer.

Fig. 12. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 12. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Tableau récapitulatif des données relatives des sépultures.

D.A.O. M.-J. Ancel.

35L’âge au décès des enfants varie de quelques mois à 10-12 ans, mais pour les adultes, l’état médiocre des os n’a pas permis de le déterminer ; deux femmes figurent probablement parmi les trois sujets. La sépulture à crémation n° 7 est celle d’un enfant décédé entre 4 et 5 ans.

II.1.2. Le second âge du Fer

36Il se caractérise par la pratique exclusive de la crémation, illustrée par trois ou quatre structures. Toutefois, il ne s’agit pas a priori de sépultures, mais plutôt d’aires de crémation, bien que les deux termes ne soient pas antinomiques. On parlera ici en NMI (fig. 13), sachant qu’il est impossible de déterminer le sexe en raison de la fragmentation très marquée des os. À nouveau, les immatures occupent une place privilégiée, mais le monument ayant subi de forts arasements, il est probable que des tombes, notamment des crémations, contemporaines ou un peu antérieures à ces aires de crémations, aient totalement disparues.

Fig. 13 Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 13 Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Tableau récapitulatif des données funéraires liées aux aires de crémation.

D.A.O. M.-J. Ancel.

II.2. Les inhumations (fig. 12 et cf. Catalogue)

37Elles semblent toutes avoir fait l’objet de la même attention avec une inhumation individuelle en fosse puis une couverture par des tertres de pierres sèches de volumes plus ou moins importants.

II.2.1. Le mode d’inhumation : le contenant périssable

38L’observation des vestiges osseux a permis de constater que les fractures subies ont été faites sur des os secs, ce qui constitue un argument en faveur d’une décomposition des corps en espace vide car non protégés par l’apport de sédiment périphérique. C’est donc l’effondrement des pierres du système de couverture sur les squelettes qui a provoqué ces fractures. Le délai entre décharnement et affaissement suggère que ces pierres ont été maintenues un temps assez long par une structure de soutien qui a fini par céder, sur les os secs du cadavre. Cet élément architectural était probablement en bois ; il peut s'agir d’un cercueil assemblé stricto sensu, mais aussi de simples rondins de soutènement du blocage de plaquettes placées au-dessus de la fosse et qui ensuite comble le volume de celle-ci. Ce phénomène a été observé sur les squelettes des inhumations nos 1, 4 et 13. Aucune dalle d’envergure pouvant faire directement office de couverture n’a été retrouvée sur le site.

39Une autre observation des structures architecturales des fosses permet de suggérer l’existence d’un contenant périssable comme pour les inhumations nos 3, 4 et 6. Ici, de nombreuses plaquettes calcaires, retrouvées disposées verticalement le long des parois des fosses, semblent avoir glissé dans un espace vide, entre le contenant et la paroi, ou servi de calage lors de l’installation du contenant. Le mauvais état de conservation des fosses et des squelettes des sépultures nos 2 et 5 n’a pas permis l’observation de tels dispositifs.

40En conclusion, il s’avère probable que des contenants en matériau périssable, et/ou des couvertures, ont protégé les corps des défunts le temps de leur décomposition.

II.2.2. Sépultures primaires et remaniements

41Les squelettes sont très lacunaires. Cette situation peut s’expliquer en partie par un mauvais état de conservation de la matière osseuse et des tombes, ainsi que par l’action des animaux fouisseurs (leur présence est en effet révélée par des traces sur les os), mais la possibilité que certaines sépultures aient été réouvertes avec des manipulations des os doit aussi être évoquée. Les tombes nos 1 et 4 peuvent être qualifiées avec certitude de sépultures primaires, car les ossements ont conservé une logique anatomique, même si les connexions ne sont pas observables. La tombe n° 2 est trop perturbée pour envisager ou non de possibles remaniements, mais la question se pose pour l’inhumation 6 et dans une moindre mesure pour la st. 5.

42La sépulture n° 6 a livré quelques fragments osseux immatures (BCF, membres) regroupés dans la première couronne tumulaire, à l’extrémité de la fosse sépulcrale et associés à des morceaux de torque ; quelques fragments de membres inférieurs adultes sont regroupés dans la partie nord-est de la fosse. La tombe a été en partie détruite par l’installation de la première couronne tumulaire, mais cela ne suffit pas à expliquer le peu d’ossements retrouvés car la majorité de la fosse était encore intacte avec un espace libre important. Le regroupement des os, sans aucune connexion anatomique, aussi bien de membres inférieurs, supérieurs ou du crâne, en partie hors de la fosse, prouve un fort remaniement de ces ossements adultes et immatures associés. Il est probable que l’aménagement de la première couronne tumulaire du T1 soit responsable de la mobilisation des os et leur stockage en dehors de la fosse (pour les os immatures au moins). Le reste du squelette, ou des squelettes si l’on considère qu’il a pu s’agir d’une tombe double, aurait alors été prélevé et déplacé vers un autre lieu. Ces observations suggèrent aussi une bonne conservation de la structure de la tombe car l’espace vide a pu favoriser le ramassage des ossements lors du recoupement de la fosse en relation avec la construction du parement du tumulus T1.

43La fosse sépulcrale de la sépulture n° 5, assez perturbée, est difficilement lisible et les ossements (membres inférieurs essentiellement) sont regroupés au plus profond de la fosse, ce qui a pu les protéger de l’arasement. La possibilité qu’ils aient été volontairement regroupés dans cette légère dépression ne peut toutefois être totalement exclue. Des fragments de torque en bronze, retrouvés à l’extrémité sud de la fosse, pourraient ici signaler la présence du crâne et ainsi concorder avec la position des membres inférieurs (des dents ont été retrouvées à proximité des os longs).

44Un scénario similaire peut être évoqué pour la tombe n° 3. La fosse est ici bien visible et mieux conservée que la précédente, mais seuls quelques fragments de crâne et un germe de molaire ont été retrouvés. Cet individu est le plus jeune identifié (9-18 mois) et il est possible que la matière osseuse se soit moins bien conservée. Néanmoins, comme les fragments de crâne se regroupent au sud dans une petite dépression, la même hypothèse que pour la tombe n° 5 peut être formulée : une meilleure protection ou un regroupement volontaire des os. La présence d’un bracelet en bronze de taille adulte, à l’opposé des fragments crâniens, au nord de la fosse, pose également question : dépôt funéraire plutôt que bijou pour cet enfant en bas âge.

45La question de ces mobilisations d’os reste difficile à élucider ; si certains faits semblent anthropiques, la part des facteurs naturels reste importante et marquée par le fort arasement des structures.

II.2.3. Position et orientation des corps

46Le mauvais état de conservation de certaines sépultures rend difficile la restitution de l’agencement des corps. La position des défunts ne peut être proposée que pour les deux individus les mieux conservés : l’inhumé n° 1 reposait sur le dos, membres supérieurs en extension le long du corps et membres inférieurs a priori légèrement fléchis vers la gauche si on se fie à la position des tibias ; celui de la sépulture n° 4 est sur le dos, les membres supérieurs en extension le long du corps et les membres inférieurs également en extension. On note par ailleurs une contrainte bilatérale au niveau de la partie supérieure du squelette (contenant étroit ou enveloppe souple contraignante ?). Bien que les indices taphonomiques soient absents, la présence d’objets de parure, le plus souvent portés, indique que les défunts étaient très probablement inhumés habillés. Pour les autres tombes, la position précise des défunts n’a pu être restituée.

47L’orientation des deux individus décrits précédemment est connue avec certitude : la tête au sud/sud-est. Pour l’inhumation n° 13, l’orientation est inversée puisque les membres inférieurs ont été mis au jour dans la partie sud de la tombe (le reste n’est pas conservé, tronqué par la réalisation du parement de T1). L’orientation proposée pour les autres sépultures découle de la position des rares os mis au jour dans les tombes et/ou de la position des éléments de parure (cf. fig. 12). Au total, la plupart des individus sont globalement orientés sud/nord, exceptés les deux les plus au nord (nos 6 et 13) qui seraient orientés nord/sud.

II.2.4. Quelle population ?

48Dans sa première phase de fonctionnement, ce lieu funéraire a accueilli plusieurs sujets immatures et au moins deux femmes. Si le sexe des individus ne peut être assuré, en revanche la répartition immatures/adultes est indéniable, attestant ainsi un traitement identique, et ce malgré le jeune âge de certains d’entre eux. On sait que parfois les enfants font l’objet de pratiques funéraires différenciées ; cela n’est pas le cas ici, ce qui peut attester une cohésion du groupe jusque dans la mort.

49Au cours de cette première période, le traitement funéraire est le même pour les sujets immatures et les adultes, en termes de type de dépôt (contenant organique), de mobilier (parure de bronze) ou d’architecture (tertre en pierres sèches).

50Dans les différentes sépultures, la parure, uniquement présente, regroupe le même style d’objets. Sur les quatre torques, deux sont toriques et ouverts sans système de fermeture ; les deux autres sont filiformes, de section carrée avec crochets pour fermer le collier. Les bracelets à engrenages des inhumations nos 1 et 4 sont très semblables avec seulement des différences de section (cf. chap. 3).

51Les dotations métalliques sont réparties dans les sépultures d’individus immatures et biologiquement matures. Les plus richement dotées sont celles de deux femmes adultes (inh. 1 et 4), mais tous les immatures identifiés sont également accompagnés de bijoux de bronze, de taille parfois surdimensionnée par rapport à leur âge. La section du bracelet de la tombe 3 dépasse largement la taille du poignet d’un enfant de 9-18 mois et les torques filiformes présentent aussi de grands diamètres.

II.3. Les structures liées à la crémation (fig. 13 et cf. Catalogue)

II.3.1. La crémation n° 7

52L’absence de fosse marquée ou de délimitation linéaire ne confirme pas la présence d’un réceptacle en matériau périssable. Cette sépulture secondaire à crémation est installée dans la dépression marquée à l’intersection des tertres des inh. 5-6, 2 et 13, et les esquilles ont été déposées dans une urne en céramique. Le poids des ossements de ce sujet est très inférieur au poids moyen d’un squelette complet crématisé car ils pèsent 17,3 g, alors que la référence s’établit pour un adulte à 2017,6 g +/- 507 g (McKINLEY, 1993, p. 284). Considérant les bouleversements importants subis par le tumulus, une partie de l’amas osseux peut avoir été dispersée, mais malgré cela il reste probable que l’intégralité du squelette ne soit pas représentée ici.

53Par sa position choisie, cette sépulture appartient à la fin de la phase initiale de fonctionnement du lieu, après une succession d’inhumations sous tertres individuels.

II.3.2. Les aires de crémation

54Ces structures plus ou moins étendues, à la périphérie occidentale du parement de T1, ont livré des os brûlés, des charbons de bois et de nombreuses pierres éclatées ou chauffées. Des aires de crémation sont connues en France, et notamment en Bourgogne à La Tène, mais il est vrai que leur identification est parfois délicate. Quelques exemples connus du Sud de la France sont attestés dans les nécropoles (plateformes aménagées ayant servi pour plusieurs bûchers ; DEDET, 2011, p. 22).

55À Passy-Véron, dans l’Yonne, une aire de crémation du Bronze final se présente comme une surface de 2,50 x 0,50 m avec un sédiment foncé, presque noir, contenant des silex étonnés, des charbons de bois et des fragments osseux (DEPIERRE et alii, 1997, p. 86). Dans la nécropole du Moulin à Mailhac (Aude), plusieurs aires de crémation se caractérisent par « des nappes de cailloux brûlés […] des charbons de bois, des débris de bronze fondu ainsi que des esquilles osseuses brûlées » (Janin, 1998).

56Les structures de Noyers correspondent à peu près au même descriptif, mais leur forme irrégulière au sol complique leur identification. Elles ne peuvent être interprétées comme des sépultures secondaires à crémation, car rien ne vient affirmer l’intention funéraire ; en l’absence d’espace délimité et bien qu'elles soient installées sur un monument funéraire, cela ne s’avère pas suffisant pour y reconnaître d’emblée des sépultures. En revanche, il pourrait s'agir de zones de rejets de résidus de crémations d’un ou de plusieurs bûchers, l’identification formelle des différences entre aire de crémation et zone de vidange reposant sur les traces éventuelles de chauffe in situ.

57• La structure n° 8

58Cette structure se caractérise par une dispersion assez importante de pierres chauffées sur une emprise de forme irrégulière (environ 1,80 m x 0,80 m) ; les résidus charbonneux se concentrent sur une surface circulaire d’environ 0,45 m de diamètre et les os brûlés sont majoritairement présents un peu plus à l’ouest sur une bande de 0,70 m par 0,15 m environ (pl. 16). Cette répartition peut être liée au ramassage des os, dont une partie est laissée sur l’aire de crémation tandis que l’autre est prélevée pour être déposée dans la sépulture. Cependant, il semble peu probable que cette structure corresponde à une zone de rejet de crémation en raison de la présence en place des pierres brûlées éparpillées sur un secteur pouvant correspondre, d’après ses dimensions, à une aire de chauffe.

59• La structure n° 9

60Les ossements brûlés, associés à de nombreux charbons de bois, ont été retrouvés éparpillés sur une bande de 3,40 m par 0,40 m ; il a toutefois été possible de reconnaître certaines zones de concentration (pl. 17). Les nombreuses pierres chauffées et le sédiment noirci par le feu sont autant d’arguments pour caractériser une crémation in situ. Cette forme très particulière tout en longueur, mais trop étroite, ne semblait a priori pas compatible avec une aire de crémation. Toutefois, cette vision est biaisée par la présence des dalles non chauffées de l’assise du tumulus T2, qui recouvrent en partie la structure et dont la mise en place a pu également perturber ce secteur (pl. 18).

61Le poids total des ossements recueillis, très fragmentés, est assez faible (71,6 g).

62La structure a également livré un fragment de fibule en fer et disque décoré en tôle de bronze (début de La Tène ancienne, cf. catalogue et chap. 3) et deux fragments d’os de faune non brûlé.

63La plupart des ossements appartiennent à un individu immature de la classe Infans I, mais quelques fragments osseux adultes viennent contredire ce diagnostic. Cela ne suffit pas pour proposer l’idée d’une double crémation simultanée, mais il est possible que cette aire de crémation ait servi à plusieurs reprises et que les ossements caractéristiques d'un individu mature soient des résidus d'une crémation antérieure.

64• La structure n° 10

65Cette structure, plutôt modeste, a livré une quantité plus élevée d’os brûlés, presque le double de la précédente (134,3 g). La fragmentation est importante, mais moindre que pour les os de la st. 9 (poids moyen des fragments osseux de 0,1 g contre 0,06 g pour st. 9). Ici encore la structure se caractérise par la présence de nombreuses pierres qui ont subi l’action du feu probablement in situ. Des charbons de bois et des esquilles osseuses brûlées sont présents sur toute la surface, en amas plus ou moins denses (pl. 19).

66Des effets de délimitations linéaires sont visibles sur trois de ses côtés (en particulier est et sud ; pl. 20). Dans la partie ouest, les grosses pierres installées par dessus la structure participent de l’assise du deuxième tumulus T2 (particulièrement visibles entre les carrés P 14-P 13). Dans ce même secteur, l’absence de traces de terre noire et de pierres chauffées peut s’expliquer par ces remaniements postérieurs. Cette structure, au même titre que les précédentes, est interprétable comme étant une aire de crémation.

67Malgré la reconnaissance de quelques concentrations osseuses, aucune organisation n’est visible dans leur répartition et notamment en fonction des grands secteurs anatomiques. Aucune incompatibilité anatomique entre les fragments osseux n’a pu être établi, ce qui laisse suggérer la présence d’au moins un individu mature.

68• La structure n° 14

69Il est tentant de rattacher cette structure à la n° 10 en raison de leur proximité (environ 0,25-0,30 m), et l’on retrouve quelques pierres rougies dans l’espace qui les séparent (pl. 20). Elle livre, comme les autres, des esquilles osseuses brûlées, des charbons de bois et des pierres colorées par la chaleur, mais ses dimensions sont plus réduites. Au moins deux individus ont été identifiés : un enfant de la classe des Infans I et un sujet mature indéterminé. Il y a donc là une incompatibilité avec les os mis au jour dans la st. 10.

70L’effet linéaire identifié sur le côté oriental de la structure n° 10 peut également être envisagé sur le côté occidental de la st. 14. La bande « vide » qui sépare les deux zones est par ailleurs assez régulière et fait penser à un aménagement volontaire. De fait, plusieurs remarques et hypothèses peuvent être formulées concernant la nature et la relation qui existe entre ces deux structures :

  • elles forment une seule et même aire de crémation qui a pu être conduite et fortement mélangée ; deux zones ont pu être déterminées, volontairement ou non. Plusieurs crémations peuvent par ailleurs avoir eu lieu sur la même aire de crémation, sans forcément être simultanées ;
  • La présence de nombreux os brûlés d’immature dans la structure n° 14 et leur absence dans la n° 10 permettent en effet d’envisager que deux crémations au moins ont été effectuées à cet endroit, à proximité l’une de l’autre, l’une concernant un enfant et l’autre un sujet adulte. Les quelques fragments osseux appartenant à un sujet mature et retrouvés dans la structure n° 14 peuvent être des résidus des os de la structure n° 10, vu la proximité des deux zones ;
  • Il peut également s’agir de deux aires de crémation distinctes l’une de l’autre. La structure n° 14 présenterait en effet une surface suffisante pour accueillir le bûcher d’un individu de moins de 6 ans.

71• Bilan des pratiques crématoires

72Ces différentes structures liées à la crémation, toutes installées à la périphérie du parement du premier tumulus, vont souvent être partiellement recouvertes par les premières assises de plaquettes de la couronne du deuxième tumulus. L’examen des données conduit à les considérer toutes comme des aires de crémation, première étape du processus crématoire. Les sépultures secondaires à crémation générées par l’activité de ces bûchers ne sont pas connues sur place, au sein du monument ; l’arasement total des niveaux supérieurs du premier tumulus sub-contemporain de ces possibles sépultures explique facilement une telle absence.

73Comme pour les inhumations, plusieurs tranches d’âge sont représentées au sein de ces aires de crémation : surtout des immatures, Infans I (1-6 ans) pour les structures 7, 9 et 14 ; Infans II (7-14 ans) pour la structure 8 ; et un adulte dans la structure 10.

74Dans de nombreuses sociétés, à différentes époques, la mort des enfants est traitée différemment de celle des individus adultes. La limite entre enfant et adulte repose sur des critères sociaux qui peuvent différer d’une communauté à l’autre (DEDET, 1992, p. 265). Les observations réalisées à Noyers ne permettent pas de définir une telle limite ; les enfants ne sont pas exclus de la nécropole, exceptés les tout-petits (périnataux, nourrissons) dont aucun squelette n’a été mis au jour. Cette absence peut être aussi liée à un problème de conservation différentielle des ossements.

II.3.3. Les esquilles crématisées dispersées du secteur nord

75De nombreux fragments osseux crématisés ont été retrouvés dispersés dans le secteur nord du tumulus, sur les carrés L-M-N 19 et N-O 20, dans la masse du premier tumulus au-dessus de la crémation n° 7 (pl. 22). Les données pondérales varient de 0,2 g pour la plus faible à 118,4 g pour la plus importante. Cependant, pour chacun de ces ensembles, le taux de fragmentation et le poids moyen des ossements sont les mêmes (0,3 g).

76La plupart des os sont blancs, parfois quelque peu bleutés, sauf l’amas osseux des carrés N19 et N20 qui présente une grande hétérogénéité des couleurs et donc de l’intensité de la crémation. Excepté pour le carré O20, on constate une certaine incompatibilité au niveau de la robustesse des os, ce qui peut faire penser à la présence de plusieurs individus ; des os immatures et adultes ont été identifiés.

77Ces esquilles peuvent provenir d’une ou plusieurs structures détruites par l’arasement du tumulus et les fragments osseux ont pu facilement glisser entre les pierres ; les vestiges ont pu aussi être volontairement dispersés par les contemporains du ou des défunts (rejets de crémation).

78Le lot d’ossements provenant du carré O20 présentait plus de cohérence. En effet, aucune incompatibilité entre les os n’ayant été observée, son poids apparaît beaucoup plus élevé que les autres (118,4 g) et toutes les régions anatomiques sont représentées. Il pourrait effectivement s’agir ici d’une sépulture perturbée. Le mauvais état de conservation du tumulus, dans cette zone en particulier, empêche de constater la présence d’un possible aménagement funéraire.

III. Le tumulus du Grand Vaucharme dans son contexte de l’âge du fer du sud de l’Yonne (E.M., C.M, P.N.)

III.1. Typochronologie du mobilier métallique

79Le mobilier funéraire se compose uniquement d’éléments de parures, presque totalement en bronze exceptés un petit anneau ouvert en fer, un fragment de fibule en fer, une petite fibule également en fer et bronze, un anneau en fil d’or.

III.1.1. Les torques (cf. Catalogue)

80Quatre exemplaires sont connus dont deux ouverts à jonc torique simple et sans système de fermeture (inh. 1 et 2, plus un tout petit tronçon d’un autre probablement de même type - st. 8) et deux exemplaires également ouverts en fil de bronze de section carrée avec crochets terminaux de fermeture (inh. 5-6). Les deux premiers, de forme simple, ne donnent guère d’informations chrono-culturelles et ils sont fréquents dans les sépultures de l’âge du Fer régional. Le type ouvert à crochet, de réalisation simple, n’est guère porteur de plus d’informations. Le modèle est connu dès le début du Bronze final, mais ici ces exemplaires ne détonnent pas dans un contexte du premier âge du Fer.

III.1.2. Les bracelets

81• bracelets-tonnelets

82La paire de bracelets-tonnelets est assurément plus originale (cf. catalogue et pl. 2). Ils portent strictement le même décor de deux frises de triangles incisés. Les bords sont crénelés à l’image du motif en engrenage présent sur quatre autres exemplaires de bracelets du tumulus. Il s’agit d’une paire réalisée au départ par fonte fine à partir d’un probable modèle en cire avec un décor également installé sur ce support malléable. Ceci n’exclut cependant pas des reprises après la fonte au niveau des incisions. La coque du bracelet montre une interruption qui pouvait le cas échéant permettre une relative expansion du bracelet pour passer la main.

83Le modèle est original et les exemplaires les plus proches (fig. 14) proviennent du dépôt de Crancey (Aube ; VILLES, 1995 ; CHEVRIER, 2007, fig. 5, 6, 8 ; CHEVRIER, 2013) et d’un autre probable ensemble de bronzes à Châtenay-sur-Seine Les Pâtures (Seine-et-Marne ; GOUGE, PIHUIT, 1996).

Fig. 14. Bracelets-tonnelets de comparaison.

Fig. 14. Bracelets-tonnelets de comparaison.

1-2. Crancey, dépôt (Aube) ; 3. découverte fortuite, dépôt ? de Châtenay-sur-Seine, Les Pâtures (Seine-et-Marne ; 1-2 : Musée de Nogent-sur-Seine, dessins J. Piette ; 3 : dessin P. Pihuit, Inrap ; DAO M.-J. Ancel).

84Les deux exemplaires de Crancey sont fermés et dépourvus de décors incisés en dehors de moulures qui soulignent les bords du bracelet. Les bronzes associés dans le dépôt (en particulier les gros bracelets à oves creuses) confirment la datation au Ha D1 de ces originales parures elles aussi issues d’une fonte fine de bronze à la cire perdue à partir d’un prototype en cire tournée (MILLOTTE, 1997).

85L’exemplaire de Châtenay est assurément le plus proche de ceux de Noyers même s’il est aussi fermé ; il porte cependant un décor géométrique incisé (usé par l’usage) à base également de frises de triangles incisés, mais organisées plutôt en bandes verticales (fig. 14). Ce bijou a été retrouvé isolé et de manière fortuite en même temps qu’un large fragment de bracelet à gros godrons creux comme ceux de Crancey. Ce modèle de bijou est bien représenté dans des dépôts métalliques dans la région de l’Yonne et la Haute vallée de la Seine ; il est daté du Ha D1.

86Le type des bracelets-tonnelets retrouvés à Noyers reste plutôt rare à ce jour, surtout en position dans une sépulture féminine. Il diffère des parures équivalentes, mais en général plus hautes et richement décorées de Franche-Comté, en particulier celles de la nécropole des Moidons (PININGRE, GANARD, 2004, fig. 53-55, 106) ; elles sont aussi datées du Ha D1 (ibid., p. 257-259). Une paire a été retrouvée in situ dans la sépulture féminine fondatrice du tumulus de Courtesoult (Haute-Saône ; PININGRE, 1996, fig. 22, nos 11-12) ; cette dotation évoque donc tout à fait la situation observée à Noyers.

87• Bracelets dit en engrenage

88Le type est représenté par cinq exemplaires très comparables par leur taille et structure, mais ils sont aussi tous uniques et différents dans le détail (inh. 1 et 4 ; pl. 2 et 7). Ils ont été indéniablement réalisés à la fonte à la cire perdue à partir d’un modèle en cire, et si le type a été soigneusement reproduit, dans le détail, les dents de chacun diffèrent. Ils proviennent de deux sépultures de femmes adultes.

89Avec leurs crans à section en « D écrasé », séparés par un espace plat, ces bracelets font partie d’une petite série provenant essentiellement du sud du Châtillonnais, identifiés par exemple à Chamesson (CHAUME, 1987, pl. 77, 1), Fontaine-en-Duesmois (MARANSKI, 1997, fig. 11, 1), Meulson (ibid., fig. 7, 6) ou Aignay-le-Duc (ibid., fig. 7, 6) (Côte-d’Or). Plus à l’est, ce type de parure est attesté dans les tumulus de Haute-Marne (Esnoms-au-Val : LEPAGE, 1984, fig. 55, 27) et du sud des Vosges (Suriauville : ibid., fig. 48, 3).

90Plusieurs types de bracelets à engrenage co-existent dans un large secteur géographique (OLIVIER, REINHARD, 1993, fig. 5). On distingue ainsi les anneaux à indentations très proéminentes, à section rectangulaire à sub-triangulaire, connus dans l’Yonne, à Quenne (BARAY, 2002) ou Saint-Martin-du-Tertre (BARAY, 1999, fig. 4, 12-13) ou encore ceux, de section semi-circulaire ou plano-convexe, formellement proches des bracelets à oves (par exemple à Clamecy, Nièvre : ADAM, 1983, fig. 4, 24 ; Marcilly-Ogny, Côte-d’Or : NICOLARDOT, 2003, fig. 23, 7 et 12). Leur répartition est globalement centrée sur le seuil de Bourgogne. Un autre type très caractéristique, à nombreux petits crans, de section plate légèrement renflée sur l’extrados, est essentiellement représenté dans le secteur vosgien (Dombrot-le-Sec : CHAUME, 2001, p. 188-189), même si quelques exemplaires proviennent également du secteur nord-bourguignon (ibid., fig. 103). Les propositions de datation rattachent ces différents types au Ha D1.

91• Bracelet ouvert à jonc large et à section plate légèrement bombée (inh. 2 ; pl. 4, n° 5)

92Ce bracelet porte un double filet incisé parallèle aux bords et il a été nettement resserré pour s’adapter au poignet d’un très jeune enfant.

93En l’état, forme et décors apportent peu de précision sur son positionnement chronologique ; compte tenu de son contexte de découverte, une datation au Ha D1 est proposée et ne soulève pas de problème.

94• Bracelet ouvert, jonc de section en D aplati, sans décor (inh. 3, pl. 5, n° 1)

95La datation de ce type ubiquiste est difficile ; la position chronologique relative de l’inhumation 3 permet de le placer également au Ha D1.

III.1.3. Anneaux

96Les inhumations d’enfants 2 et 3 ont livré des anneaux ouverts et fermés en bronze principalement, mais un exemplaire ouvert est en fer (inh. 2, n° 4). Les modèles ouverts pourraient être des boucles d’oreille ; des fonctions multiples peuvent être attribuées aux anneaux fermés : boucles de cheveux, de ceinture, éléments de suspensions diverses...

97Ils sont typologiquement indatables, mais leurs présences, dans ces deux inhumations, les datent aussi du Ha D1.

98Une bague en or à jonc fin ondulé a été retrouvée au sein des pierres de base de la seconde couronne du tumulus T2 (cf. fig. 6). Cet anneau fermé de 21-23 mm de diamètre possède une section en D de 1,5 mm de largeur et 15 mm d’épaisseur (fig. 16). Sa position dans la couronne du tumulus T2, le plus grand et récent, laisse à penser qu’il daterait du second âge du Fer, ce que confirment les quelques exemples de comparaison. Ces derniers, datés de la phase « Duchcov-Münsingen » (LT B1b/B2), proviennent de l’espace celtique oriental. Une bague coudée au jonc ondulé est issue d’une tombe féminine de la nécropole de Mannersdorf en Autriche (RAMSL, 2011, fig. 79, pl. 50, 20b). Au Dürnnberg-bei-Hallein, l’ensemble funéraire 28/1 a livré deux bagues à jonc ondulé, en argent et en or (PENNINGER, 1972, pl. 26, 7 et 15). Un même type de bague, en or, a été découvert dans une sépulture féminine de Sobotovice en République tchèque (WALDHAUSER, 1998, fig. 5, type 540). Sur l’exemplaire de Noyers, des analyses métallographiques à venir pourraient préciser la nature de l’or et donner quelques orientations sur l’origine du métal (étude en cours, B. Armbruster et alii, projet Celtic Gold).

Fig. 16. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 16. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Anneau fermé à jonc ondulé en or.

Cliché Musée de l’Avallonnais Jean Després.

III.1.4. Fibules

99• Fibule en fer et alliage cuivreux

100Cette fibule à disque couvert d’une fine feuille estampée est en alliage cuivreux (aire de crémation 9). Le décor concentrique est marqué de moulures et de petits godrons concentriques. La feuille de bronze est maintenue par un rivet en fer sur une plaque en fer sous-jacente qui donne naissance au porte-ardillon ; ressort à quatre spires probables de chaque côté de l’ardillon et corde interne du ressort. Cette fibule a subi l’action du feu. Ce petit modèle est bien typique de LT A (ECHT, 1999, p. 73). Les fibules à disque rapporté sont généralement des accessoires composites alliant, pour les modèles les plus simples, le fer et le bronze. D’autres exemplaires plus complexes, comme la fibule de la tombe 48 de Saint-Sulpice en Suisse (KAENEL, 1990, pl. 42, 1), font intervenir divers éléments en or, argent, ambre et/ou corail (cf. liste, ECHT, 1999, p. 74).

101• Élément d’une fibule en fer de type Nauheim (fig. 15)

Fig. 15. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 15. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Petit mobilier erratique trouvé hors contexte sépulcral. Passe-lacet à œil et extrémité bouletée en bronze ; fragment d’arc et de ressort d’une fibule en fer de type Nauheim.

Musée de l’Avallonnais Jean Després ; dessins et photo C. Mordant.

102Bien que lacunaire, le modèle possède les caractéristiques morphologiques des fibules de Nauheim : corde interne, probablement deux fois deux spires, arc plat élargi au départ du ressort, essentiellement datées de LT D1 (METZLER, 1999, p. 291 ; BARRAL, FICHTL, 2012, p. 13 et 16). Ce fragment chauffé provient d’une probable crémation ; il a été trouvé lors du décapage de la couronne sud, en bordure du chemin rural.

III.1.5. Passe-lacet en bronze (fig. 15)

103Ce petit accessoire à chas circulaire et extrémité bouletée a lui aussi été trouvé au décapage dans le secteur sud de la couronne externe, à proximité du chemin rural. Sa datation oriente plutôt vers La Tène ancienne. Ce type, attesté dès la fin du premier âge du Fer, apparaît ensuite régulièrement dans les tombes privilégiées masculines de LT A sous la forme d’une paire, localisée au niveau des pieds ou des chevilles des défunts (VERGER, 1994, p. 450 et suivantes). L’exemplaire découvert à Noyers est d’ailleurs morphologiquement très proche de ceux portés par le prince de Lavau, dans l’Aube (MILLET, DUBUIS, 2020). Ces accessoires vestimentaires sont encore employés dans la région jusqu’à LT B1b/B2 comme l’illustre l’exemplaire de la tombe 94 de Buchères (MILLET, PARÉSYS, 2018).

104Les bracelets typochronologiquement déterminables (bracelets-tonnelets et en engrenage) permettent de placer le lot de parures issues des inhumations au Ha D1, phase d’installation du lieu funéraire. La petite fibule à disque date opportunément la fin de l’usage du premier tumulus T1 au début de La Tène ancienne. Cette fibule, bien que passée au feu, peut être chronologiquement rapprochée du passe-lacet, deux objets découverts dans un même secteur au sud-est du tumulus et donc peut-être issus de la même structure. Ces deux types d’objets sont souvent associés à des contextes funéraires privilégiés et cette ambiance se voit confortée par la présence de la bague en or de la fin de La Tène ancienne.

105La Tène moyenne n’est pas représentée dans le mobilier métallique, mais cela n’exclut pas la fréquentation du site à cette époque, l’arasement du tertre T2 étant démontrée (cf. supra). La fibule de Nauheim, probablement brulée, constituerait un des derniers témoignages de l’occupation du site à La Tène finale (crémation).

III.2. La céramique

106• Écuelle biconique basse

107Céramique légèrement carénée à petit bord arrondi (inc. 7, pl. 15). Une ceinture de trois cannelures horizontales est placée sur le haut de panse, près du bord.

108Cette forme est placée par D. Bardel dans son type 31 000 qu’il date du Ha D1 (BARDEL, 2012, fig. 54).

109• Jatte tronconique à bord direct (pl. 21)

110Cette forme est placée par D. Bardel dans la catégorie « coupe gobelet tronconique profond – 10200-10300 » (op. cit, fig. 39). De fait, ce type fonctionnel n’est guère caractéristique et se retrouve assez régulièrement dans les contextes domestiques de la fin du Bronze final et du premier âge du Fer.

Conclusion

111Le tertre du Grand Vaucharme correspond à un monument funéraire complexe, construit sur la durée avec plusieurs phases de développement, restructurations et agrandissements, du premier âge du Fer (Ha D1) jusqu’à La Tène finale (LT D1).

112Son arasement quasi total a permis de conduire une fouille extensive en planimétrie, mais limitée aux niveaux de base du tertre. Cette méthode a permis la mise en évidence de petits tertres individuels construits en dallettes calcaires arrachées du substrat qui protègent des inhumations d’adultes (parmi lesquels deux femmes) et de sujets immatures. Ces structures funéraires s’agglomèrent en un massif de forme irrégulière. Dans un second temps, ce conglomérat est repris sous la forme d’un seul tertre circulaire de 12-13 m de diamètre avec une couronne périphérique qui recoupe pour partie au nord-est les premières structures funéraires individuelles. Ce tumulus connaîtra un second élargissement au second âge du Fer pour atteindre 18-19 m de diamètre ; il est mal connu car totalement délabré par l’érosion anthropique et la séquence funéraire du second âge du Fer reste de fait peu documentée.

113Le groupe humain initialement inhumé dans ce monument est représentée par des sujets immatures et des femmes ; la présence d’hommes est possible, mais non avérée, ce qui ne permet pas d’affirmer l’existence d’une véritable sélection funéraire. La place des enfants doit être mise en avant dans ce recrutement. La fondation débute par l’inhumation d’un sujet immature (inh. 5) rejoint ensuite par deux femmes au moins puis d’autres enfants. Les deux adultes possèdent une parure significative, surtout la paire de bracelets-tonnelets de l’inhumation 1.

114La parure est représentée chez tous les défunts de ce petit groupe et son approche typochronologique atteste un particularisme régional marqué par les bracelets à engrenage et de type tonnelets.

115Une crémation en urne (inc. 7) est datée du Ha D1, mais cette pratique est aussi représentée par des aires de crémations de La Tène ancienne (LTA) qui s’appuie sur la couronne externe du tumulus T1. Il reste possible que des sépultures secondaires en urne issues de ces zones de crémations périphériques au tertre aient été déposées dans la superstructure du tertre T1, mais l’érosion en interdit toute certitude. La crémation est aussi attestée à La Tène finale puisque le fragment de fibule de Nauheim incomplet présente des stigmates de chauffe, mais une phase d’inhumation a dû exister au cours de La Tène ancienne du fait de la présence du passe-lacet, non incinéré et daté de la fin de La Tène ancienne par la découverte de la bague en or à jonc ondulé.

116Les tumulus du premier âge du Fer sont bien attestés régionalement sur les plateaux calcaires environnants, mais ils ont été fouillés anciennement, dès la fin du xixe siècle, régulièrement, sans méthode ni publications développées. En ce domaine, les études de l’abbé Parat comptent certes, mais elles ne concernent au mieux que certains objets métalliques (bronze en particulier) récupérés auprès des découvreurs.

117Le tertre du Grand Vaucharme, établi sur le plateau, ne peut être mis en relation avec un habitat immédiatement proche, mais des occupations contemporaines existent dans la vallée du Serein, à proximité de Noyers, soit environ 5 km au nord-ouest. Malgré l’intensité des travaux de prospections dans le secteur de Noyers, on peine cependant à restituer la structure du peuplement du secteur. Ce monument prend place dans un maillage assez dense de pôles funéraires, qui couvre les plateaux et les vallées du secteur. Quoique les opérations de prospections réalisées alentours ne permettent pas d’en confirmer la contemporanéité, il semble révéler la présence de monuments funéraires dispersés sur les points hauts et les méandres du Serein. Leur densité est forte, de l’ordre d’un site tous les deux à quatre kilomètres. Leur articulation avec les habitats est difficile à observer, mais ces derniers semblent d’une densité similaire. Cela suggère qu’il s’agit plutôt d’unités familiales ou domaniales, comme c’est le cas à la fin de l’époque laténienne ou à l’époque romaine (NOUVEL, 2011b). Pourtant, certains monuments, qui présentent des structures plus imposantes – comme le tumulus à chambre de Noyers La Tuilerie (fig. 2, 279-107) –, associées à des mobiliers remarquables – l’épée en fer du Tertre de Grimault (fig. 2, 246-02) –, pourraient révéler des strates sociales plus favorisées, dont le site de hauteur de Noyers Les Vieux-Châteaux pourrait être un lieu de résidence (NOUVEL, 2013).

118Avec la mise en culture céréalière extensive des plateaux, l’érosion agricole a totalement nivelé les champs et la découverte du Grand Vaucharme n’en n’est que plus exceptionnelle.

Catalogue des structures identifiées

(M.-J. A.)

119Ce catalogue repose sur les résultats de travaux de terrain conduits en 1995-96 sous la direction de Claude Mordant et d’un mémoire de maîtrise rédigé par Marie-José Ancel en 2003 sous sa direction et celle de Germaine Depierre (ANCEL, 2003). Les méthodes utilisées pour les études ostéologiques diffèrent donc quelque peu de celles utilisées actuellement. Concernant la détermination du sexe des individus inhumés, c’est la méthode d’observation macroscopique des os coxaux de Jan Bruzek qui a été utilisée (BRUZEK, 1991 ; BRUZEK et alii, 2005). Pour l’âge au décès des sujets immatures, nous avons utilisé les stades d’éruption dentaire définis par Douglas Ubelaker (1991). Le mauvais état de conservation des squelettes adultes n’a pas permis de détailler l’âge au décès.

120L’étude des os brûlés s’est faite selon les protocoles mis en œuvre en 1992 lors du stage « Approche anthropologique des sépultures à incinération » au Cap d’Agde (Hérault), coordonné par Martine Schwaller et sous la responsabilité de Germaine Depierre, Henri Duday et Thierry Janin (DEPIERRE et alii, 2000). Ils ont toutefois été adaptés au contexte particulier des structures mises au jour ici.

121Les relevés de terrain ont été réalisés par l’équipe de fouilles, en particulier par Claude Mordant, Cyrille Chaigneau, Michel Kaszpryk, Pierre Nouvel. Le mobilier archéologique a été dessiné par C. Mordant. Plans et dessins ont été repris en DAO par Stéphane Lenda, à l’époque objecteur de conscience à l’UMR 5594 Archéologie de la Bourgogne et par Marie-José Ancel. Les clichés de terrain sont de C. Mordant ; certains objets ont été photographiés par D. Geoffroy, photographe à l’UFR de Sciences humaines de Dijon, et par le Musée d’Avallon.

I. Les inhumations

I.1. Inhumation n° 1 (pl. 1)

122À l’origine de la découverte du tumulus et pour partie bouleversée par les charrues (arrachement du bracelet-tonnelet et des os de l’avant-bras).

123• Structure :

124Incluse dans un massif ovoïde de dallettes (4 m x 2,50 m d’axes) en contact direct avec les tertres nos 3, 4 et 5. Située au sud-est du monument, la limite orientale de son tertre se confond avec la première couronne tumulaire (ou est légèrement coupée par elle) (fig. 6).

125La fosse rectangulaire, de 2 m x 0,50 m, montre des contours soulignés par de petites plaquettes verticales, en particulier au niveau de la tête et des pieds. Le fond de la fosse est assez régulier, sauf au niveau de la tête où une petite dépression semble avoir, pour partie, préservé le crâne de l’écrasement (environ 0,15 m de différence avec la zone des pieds ; pl. 1).

126• Disposition générale et orientation du corps :

127Sujet en décubitus dorsal, tête au sud, face dirigée vers le nord, membres supérieurs en extension le long du corps. Les membres inférieurs semblent être légèrement fléchis sur le côté gauche (pl. 1).

128• Position du mobilier :

129Un torque (n° 1) est toujours en place autour du « cou » (pl. 1). Un bracelet-tonnelet se trouve à chaque poignet, le droit ayant été arraché par la charrue en même temps que son avant-bras. Le gauche, découvert en plusieurs morceaux, est fragmenté et déformé par l’effondrement des pierres et par le décapage ; une partie a été retrouvée en dessous de l’humérus gauche et l’autre sous une dalle, à proximité du sternum (pl. 1, n° 2). Un troisième bracelet dit en engrenage (n° 4) a été dégagé du côté droit du squelette, au niveau du bassin.

130• Taphonomie  :

131Les pierres qui limitent la fosse se sont effondrées dans un espace vide, après décomposition d’une structure en matériau périssable de type cercueil ou assemblage de pièces de bois (longitudinales ?) qui soutenaient une couverture de dallettes. L’éclatement des diaphyses en esquilles longilignes s’est produit sur os secs lors de l’effondrement de la structure, bien après la décomposition du corps.

132Les os des membres supérieurs sont situés plus haut que le reste du squelette, ce qui supposerait une fosse en forme en gouttière. Il manque de nombreux os (pl. 2), en particulier ceux des pieds ; les mains ne sont représentées que par trois métacarpiens incomplets et deux phalanges. On notera aussi l’absence de la patella gauche, du radius droit et de l’os hyoïde. Les os sont très fragmentés (le tibia gauche était en soixante-dix-neuf fragments) et très dispersés dans la fosse, même si une logique anatomique est conservée, selon les grands types d’os et en relation avec la position du mobilier.

133L’humérus droit apparaît par sa face antérieure, ce qui laisse supposer que le corps a été déposé sur le dos. Le fémur gauche, apparu par sa face antéro-médiale, a légèrement tourné vers l’extérieur. Le tibia gauche est visible par sa face postérieure et si l’individu a été déposé sur le dos, ce tibia s’est « retourné », entre le moment du dépôt du corps et sa découverte à la fouille. Le tibia droit est également apparu par sa face postérieure et ces deux os ont pu rouler ensemble, dans la même direction, suite à la décomposition et aux perturbations connexes du contenant. Des fragments de fibula ont été retrouvés à environ 8 cm à droite du tibia droit. Les deux tibias ne sont pas dans l’alignement exact du reste du squelette, ce qui donne l’aspect fléchi, évoqué supra. Le crâne est apparu par sa face supéro-antérieure, mandibule en occlusion avec le maxillaire et avec la base du crâne. Ce dernier reposait semble-t-il en appui sur la paroi verticale de la fosse, ce qui explique sa face d’apparition.

134• Ostéologie (pl. 2) :

135Sexe : sur l’os coxal, reconnaissance du sillon pré-auriculaire et grande incisure ischiatique très ouverte. Ces deux critères orientent vers la reconnaissance d’une femme.

136Âge : le stade de synostose des os indique une adulte jeune ou mature.

137Particularités : légères extensions radiculaires de l’émail sur la deuxième molaire supérieure gauche et sur la première molaire supérieure droite ; des lignes d’hypoplasie sur des dents de la mandibule (incisives et canines).

138Pathologie : une légère arthrose sur l’atlas et l’axis.

139• Description du mobilier (pl. 2) :

  • n° 1. Torque ouvert, sans système de fermeture, réalisé en alliage cuivreux ; diamètre environ 145 mm, jonc torique de 75 mm de diamètre.
  • n° 2. Bracelet tonnelet réalisé en alliage cuivreux ; hauteur 80 mm ; déroulé du panneau 207 mm ; diamètre maximum 57 mm. Entier, mais déformé. Décor géométrique incisé composé de deux frises périphériques de triangles incisés, en dents de scie, séparées par une bande neutre plus étroite. Bords du bracelet perlés.
  • n° 3. Bracelet tonnelet réalisé en alliage cuivreux ; hauteur 80 mm, diamètre non restituable ; retrouvé en dix-sept fragments. Décor identique au précédent.
  • n° 4. Bracelet en engrenage réalisé en alliage cuivreux ; diamètre maximal 60 mm ; hauteur des crénelures 7 mm ; épaisseur du jonc à section en U de 5 mm. Deux fragments aux cassures récentes.

140• Datation :

141Hallstatt D1 (cf. chap. 3).

I.2. Inhumation n° 2

142Inhumation perturbée par les labours et lors du décapage mécanique superficiel du monument.

143• Structure :

144Fosse fortement bouleversée, qui semble orientée nord-sud (pl. 3). Inscrite dans un petit massif de pierres en forme de croissant, d’environ 2,50 m dans sa longueur maximale et 1,50 m dans sa largeur maximale, en périphérie occidentale du tumulus n° 5 et en contact direct avec le n° 13 (fig. 6).

145• Disposition générale et orientation du corps :

146Quelques fragments crâniens, la clavicule gauche ainsi que plusieurs dents lactéales trouvées dans la zone du torque, marquent l’emplacement présumé de la tête au sud. Le reste du squelette se réduit à la clavicule droite, à des fragments de vertèbres cervicales et de scapula, un fragment de diaphyse indéterminée. L’inhumation se situe dans le carré N16, mais quelques os retrouvés dans le carré M16 ont été rattachés à cet ensemble. Absence des os des membres inférieurs et supérieurs.

147• Position du mobilier :

148Les deux fragments de torque (pl. 3, n° 1) ont été mis au jour dans la même zone que les fragments crâniens comme les deux anneaux en bronze et un en fer (nos 2-4). Un des anneaux en bronze était isolé, l’autre retrouvé à proximité de quelques dents ; une interprétation comme boucles d’oreilles ou de cheveux est possible. Un bracelet à jonc plat et large (n° 5) a également été récupéré dans ce secteur lors du décapage.

149• Taphonomie :

150Bouleversements très importants, mais tous les ossements trouvés dans les deux carrés N16 et M16 proviennent du tronc et de la tête (crâne, vertèbres, clavicules, dents).

151• Ostéologie :

152Sexe : indéterminé, sujet immature.

153Âge : les dents retrouvées permettent de proposer un âge au décès d’environ 4 ans, plus ou moins 12 mois (UBELAKER, 1991). Cette estimation a été confirmée par l’observation des vertèbres cervicales où la synostose entre les arcs vertébraux est amorcée, processus qui se déroule entre 4 et 6 ans (BIRKNER, 1980). Il s’agit donc d’un sujet immature, décédé entre 4 et 6 ans.

154Particularités : une invagination paracingulaire très marquée sur une incisive supérieure (incisive « en pelle ») et une extension radiculaire de l’émail sur une de ses molaires lactéales. Ce dernier caractère est important à souligner, car il est rare chez l’enfant (pl. 4).

155• Description du mobilier (pl. 4) :

  • n° 1. Torque massif ouvert réalisé en alliage cuivreux ; diamètre interne 115 mm ; section torique de 5 mm de diamètre. Fracture récente en deux parties, mais incomplet. Les deux fragments conservés représentent chacun une extrémité du torque, signalée chacune par trois courts traits incisés.
  • n° 2. Anneau fermé réalisé en alliage cuivreux ; diamètre externe 20 mm ; section elliptique, entre 1 et 2 mm d’axe.
  • n° 3. Anneau fragmenté réalisé en alliage cuivreux ; diamètre externe 16 mm ; section circulaire d’environ 2 mm. Objet fortement altéré et incomplet, comparable au n° 1 de l’inhumation n° 3, considéré comme une boucle d’oreille (cf. infra).
  • n° 4. Anneau ouvert réalisé en fer et oxydé ; diamètre interne environ 14 mm ; diamètre externe d’environ 21 mm ; section quadrangulaire, 5 x 4 mm.
  • n° 5. Bracelet ouvert à jonc plat large réalisé en alliage cuivreux ; diamètre maximal 49 mm ; largeur du jonc 33 mm ; épaisseur maximale 1,5 mm. Exemplaire complet, mais très usagé ; il a été resserré, probablement pour s’adapter à la taille du poignet d’un jeune enfant. Décor géométrique incisé, effacé et peu lisible ; deux filets parallèles à chaque bord et plage centrale décorée de potentiels triangles.

156Pour un sujet immature, la variété et la diversité du mobilier d’accompagnement doivent être remarquées.

157• Datation : Hallsttat D1 (cf. chap. 3).

I.3. Inhumation n° 3

158• Structure :

159Le tertre de l’inhumation 3 est accolé au tertre n° 5 et sa fosse le recoupe légèrement. En forme de croissant, il mesure 2 m de grand axe pour 1 m de largeur et il se loge entre les tertres n° 1 et n° 4 à l’est, et une autre structure en croissant dépourvue de sépulture à l’ouest (fig. 6). Contrairement à la précédente, la fosse est conservée et ses contours bien marqués (pl. 5). Orientée nord-sud, son contour rectangulaire (1,15 x 0,40 m) est limité par des pierres disposées verticalement qui matérialisent un effet de paroi, peut-être généré par la présence d’un aménagement en bois (coffrage, cercueil). Ces pierres auraient alors glissé dans l’espace vide, entre le contenant en bois et les parois du creusement. Le fond de la fosse est très irrégulier ; les os semblent concentrés en grande partie dans la zone la plus profonde, au sud (pl. 5). Quelques pierres chauffées de couleur rose, et une autre brûlée de couleur noire, ont été retrouvées au centre de la fosse ; elles proviennent probablement des niveaux supérieurs où ces témoins existent (cf. partie 2, « crémations »).

160• Disposition et orientation du corps :

161Il est difficile d’orienter le corps car il ne subsiste que très peu d’ossements. La tête pourrait être au sud, du fait de la présence de fragments crâniens dans cette zone, et l’orientation serait la même dans ce cas que pour les inhumations 1, 4 et 5.

162• Position du mobilier :

163Le petit bracelet (pl. 5, n° 1) a été retrouvé dans la zone nord de la fosse, à l’opposé du secteur avec les fragments de crâne. Deux anneaux, dont l’un pourrait être une boucle d’oreille, ne sont pas localisés précisément (nos 2-3).

164• Taphonomie :

165La fosse est bien délimitée, ses dimensions sont adaptées pour accueillir un sujet immature, mais, dans le cas présent, un peu grande néanmoins vu l’âge au décès du défunt. La mauvaise représentation du squelette provient probablement d’un problème de conservation de la matière osseuse.

166Sexe : indéterminé, individu immature.

167Âge : un germe de molaire supérieure lactéale, compatible avec l’aspect du crâne, permet d’estimer l’âge au décès entre 9 et 18 mois (UBELAKER, 1991).

168• Description du mobilier (pl. 5) :

  • n° 1. Bracelet ouvert réalisé en alliage cuivreux ; diamètre interne de l’ordre de 40 mm (forme irrégulière), jonc large aplati de 33 mm de largeur, de section légèrement triangulaire et d’une épaisseur maximale de 2,5 mm. Bracelet resserré avec chevauchement des deux extrémités du jonc.
  • n° 2. Anneau fermé (boucle d’oreille ou de cheveux ?) réalisé en alliage cuivreux ; diamètre intérieur entre 15 et 17 mm ; section circulaire de 1 à 2 mm de diamètre.
  • n° 3. Anneau ouvert (mais bords tangents : boucle d’oreille ou de cheveux ?) réalisé en alliage cuivreux ; diamètre 2,4 mm ; section circulaire de 2 à 3 mm.

169Pour un sujet immature de 9-18 mois, la variété et l’importance du mobilier est significative.

170• Datation :

171Mobilier peu caractéristique, mais rien ne contredit une datation au Hallstatt D1 (cf. chap. 3).

I.4. Inhumation n° 4

172• Structure :

173Tertre assez irrégulier, en demi-ovale, accolé aux tertres 1 et 3. Il se confond avec la première couronne tumulaire dans la zone orientale (fig. 6). La fosse rectangulaire, orientée nord-sud, mesure 1,90 m de longueur, environ 0,60 m de largeur aux extrémités, mais seulement 0,45 m à mi-longueur. Les limites sont rendues visibles par la présence de plaquettes verticales (pl. 6 et pl. 8). Leur disposition dans la zone de rétrécissement donne l’impression d’une bipartition de la fosse marquée par la présence de nombreuses pierres disposées en travers de la fosse. Cette structuration pourrait suggérer la présence d'un plancher installé sur cet aménagement de pierres disposées au fond de la fosse avant le dépôt du corps sur un dispositif en matériau périssable également calé sur des pierres délimitant la fosse au nord et au sud. La fouille a mis au jour une couche de dallettes réparties sur tout le corps, qui ont vraisemblablement chuté sur le squelette après délabrement du cercueil (cassures réalisées sur os sec). Le fond de la fosse est marqué par une légère dépression au niveau des pieds. Trois pierres légèrement rougies ont été repérées au-dessus du crâne, observation déjà faite pour l’inhumation n° 3, où des pierres rubéfiées ont été retrouvées au centre de la fosse. À signaler la présence résiduelle de sédiment noir à proximité des trois bracelets du poignet droit.

174• Disposition générale et orientation du corps :

175Restes osseux très lacunaires et très fragmentés : crâne écrasé, mais resté à peu près en place ; tête au sud (pl. 6). Cette orientation est renforcée par la présence des os des membres supérieurs dans cette même zone et de ceux des membres inférieurs à l’opposé. Le sujet semble être sur le dos, les membres supérieurs et inférieurs en extension le long du corps. Le crâne se présente par sa face antéro-supérieure, comme celui de l’inhumation n° 1. Le radius droit, toujours à l’intérieur des bracelets en engrenages, apparaît par sa face postérieure et à gauche de l’ulna ; le membre supérieur droit de cet individu était donc en pronation, paume contre sol.

176• Position du mobilier :

177Parmi les quatre bracelets à engrenage, trois étaient portés à l’avant-bras droit (nos 2-3-4), et un sur le gauche (n° 1 ; pl. 6 et 7). Des traces d’oxydes de cuivre s’observent sur l’ulna droite, l’humérus droit et l’ulna gauche. Les trois bracelets droits ont été retrouvés en place autour des os ; le quatrième est cassé en deux morceaux, le plus grand ayant conservé sa position autour des os de l’avant-bras gauche et le plus petit ayant migré vers l’intérieur de la fosse.

178• Taphonomie :

179Os très fragmentés avec des déplacements importants. Le défunt semble en décubitus dorsal ; crâne au sud. Les os des membres supérieurs et inférieurs sont à peu près en position anatomique, à droite et à gauche du squelette. Une position un peu étriquée du haut du corps évoque celle que l’on rencontre dans les cas de corps contraints dans un espace étroit. Les fragments de tibias droit et gauche sont complètement éparpillés dans la partie nord ; un fragment de fémur gauche a été retrouvé en arrière du fémur droit et un fragment de clavicule se trouvait en arrière d'un fragment d’humérus droit. Absence de vertèbres et de côtes (excepté un petit fragment) ainsi que des os des mains et des pieds. Indices d’activité de rongeurs.

180• Ostéologie (pl. 8) :

181Sexe : la reconstitution partielle du coxal gauche a permis d’observer la grande incisure ischiatique avec une échancrure très large caractéristique d’un sujet féminin.

182Âge : le mauvais état de conservation des os n’a pas permis de déterminer l’âge au décès de l’individu, mais il s’agit d’un adulte (synostose des os achevée).

183Particularités : des extensions radiculaires de l’émail dentaire observées sur trois molaires ; persistance de la suture métopique.

184Observations : l’absence de certains os ou parties d’os semble pouvoir s’expliquer par une mauvaise conservation de la matière osseuse, notamment au niveau du thorax.

185• Description du mobilier (pl. 7) :

  • n° 1. Bracelet fermé en engrenage réalisé en alliage cuivreux. Fragmenté en quatre éléments. Diamètre interne : 60 mm ; diamètre externe : 73 mm ; indentation de section quadrangulaire aux bords externes arrondis (4,5 x 5,5 mm). L’intérieur du bracelet porte encore des traces d’origine organique : peau et poils provenant vraisemblablement du défunt.
  • n° 2. Bracelet fermé en engrenage réalisé en alliage cuivreux ; diamètre interne (après recollage des deux fragments) : 60 mm ; diamètre externe : 73 mm ; indentation de section quadrangulaire aux bords externes arrondis (4,5 x 6 mm). L’intérieur du bracelet porte des restes de poils conservés dans les produits de corrosion.
  • n° 3. Bracelet fermé en engrenage réalisé en alliage cuivreux ; diamètre interne : 60 mm (après recollage des trois fragments) ; diamètre externe : 72 mm ; indentation de section quadrangulaire biseautée à bords externes arrondis (4,5 x 7 mm), usure par frottement ? Nombreuses traces d’origine organique conservées (poils et peau qui proviennent vraisemblablement du défunt), entre et sur les indentations.
  • n° 4. Bracelet fermé en engrenage réalisé en alliage cuivreux ; diamètre interne : 60 mm (après recollage des cinq fragments) ; diamètre externe : 70 mm ; indentation plus sphérique de section quadrangulaire à bords externes arrondis (4,5 x 7 mm).

186Chaque bracelet montre un diamètre interne identique de 60 mm ; ils sont de même type, mais distincts les uns des autres.

187• Datation :

188Hallstatt D1 (cf. chap. 3).

1.5. Inhumation n° 5

189Elle est, selon toute vraisemblance, l’inhumation fondatrice du site.

190• Structure :

191L’inhumation n° 5, surmontée d’un tertre, occupe une position centrale par rapport aux autres tombes – notamment si on reconstitue les tertres 6 et 13 –, mais se trouve un peu décalée par rapport au centre du tumulus T1 qui sera édifié par la suite (fig. 6). C’est le seul totalement complet, à peu près circulaire et sans recoupement, excepté par le tertre 3, qui mord légèrement sur la structure. Les tertres 1, 2 et 6 viennent s’appuyer contre lui ; d’autres structures en croissant dépourvues de sépultures (probablement arasées ?) enserrent également le tertre 5, qui mesure 5 m sur 4 m. La tombe centrale, superficielle, a pâti de l’érosion, mais il semble aussi qu’elle ait été très fortement perturbée anciennement, peut-être lors de la reprise du tertre au second âge du Fer. Les contours de la fosse n’ont pas pu être mis en évidence et l’espace délimité à partir de la position des ossements reste hypothétique : 1,50 x 0,60 m (pl. 9 et 10). Une profondeur un peu plus marquée s’observe à l’endroit de la découverte des vestiges osseux. Cette fosse potentielle est orientée nord-sud.

192• Disposition générale et orientation du corps :

193Les restes osseux, très peu nombreux, sont regroupés en un seul fagot. Deux fragments de torque ont été retrouvés à l’extrémité sud de la « fosse » et un autre lors du décapage mécanique. Les os des membres inférieurs reposent sur des dallettes horizontales (à environ 0,40 m du premier fragment de torque). La position du défunt reste hypothétique, mais le torque peut marquer l’emplacement de la tête, au sud.

194• Position du mobilier :

195Les deux fragments de torque proviennent de l’extrémité sud de la fosse et sont distants l’un de l’autre d’environ 0,30 m, à l’écart des os.

196• Taphonomie :

197L’inhumé n’est représenté que par des fragments de tibias, de fémurs et d’esquilles d’os des membres inférieurs indéterminés et regroupés en fagot. L’hypothèse d’une fosse en forme de gouttière expliquerait la position des os dans une petite dépression limitée par des pierres à fort pendage dirigé vers l’intérieur de la fosse.

198• Ostéologie :

199Sexe : indéterminé, du fait de l’absence des os coxaux et de l’immaturité biologique du défunt.

200Âge : la molaire retrouvée possède encore son apex ouvert, ce qui signifie que le sujet est décédé entre 10 et 12 ans. Cette indication est compatible avec l’aspect général des autres os.

201• Description du mobilier :

  • n° 1 - Torque fin ouvert à fermeture en crochet (pl. 9) réalisé en alliage cuivreux à partir d’une tige de section carrée de 2 mm de côté. Il est fragmenté en trois morceaux et incomplet. Il possède une fermeture en crochet, déformée lors du décapage mécanique. Diamètre externe de l’ordre de 120-140 mm.

202• Datation :

203Rien ne s’oppose à une datation au Hallstatt D1 (cf. chap. 3).

1.6. Inhumation n° 6

204Elle a été recoupée par la mise en place de la première couronne tumulaire de T1. Les ossements humains et le torque ont été découverts lors du démontage de ce parement.

205• Structure :

206Situé dans la partie nord du monument (fig. 6), le tertre n° 6 est délimité vers l’extérieur par la première couronne tumulaire et amputé en partie par celle-ci (quasi de moitié). La fosse, orientée nord-sud, semble centrée dans le tertre. Ses contours sont bien visibles grâce aux dallettes posées verticalement sur les côtés et à l’extrémité sud de la fosse (pl. 11 et 12). Cette dernière est très large comparée aux précédentes (1,30 x 1,70 m), le fond assez régulier. La structure du tertre est composée de plaquettes posées en biais, sur 0,50 à 0,60 m de largeur, puis l’espace entre ce parement externe et la fosse est occupé par des plaquettes horizontales sur une largeur d’1 m. La fosse est délimitée par des plaquettes verticales (pierres de calage ou pierres qui se sont glissées dans un espace vide). Ensuite, d’autres pierres, posées en biais et verticales qui convergent vers le centre de la fosse, donnent l’impression d’un effondrement, peut-être lié à la décomposition d’un couvercle (pl. 11). Lors d’un deuxième niveau de démontage, la limite orientale de la fosse était encore bien visible, par rapport à la limite occidentale, plus incertaine ; au centre, de larges plaquettes forment une sorte de « couvercle ». Un troisième niveau de démontage permet de préciser la limite occidentale, mieux marquée par des pierres à fort pendage qui correspondent au basculement des pierres posées à plat sur le bord de la fosse lors de l’effondrement du système de couverture. Un certain nombre de pierres ont subi l’action du feu (de couleurs gris bleuté ou rougies) (cf. inh. nos 3 et 4).

207• Disposition générale et orientation du corps :

208La structure de la tombe est bien marquée, mais elle ne renferme que de rares ossements (crâne et membres supérieurs et inférieurs d’un individu immature), regroupés au niveau de la première couronne tumulaire au nord de la fosse, avec des fragments de torque ; ils pourraient correspondre à un dépôt secondaire réalisé lors de la régularisation du monument et de la réalisation de la première couronne et non pas à la position primaire des ossements du défunt. Quelques fragments de membres inférieurs ont été également découverts dans la partie nord-est de la fosse. Sont-ils compatibles avec les fragments osseux retrouvés au niveau de la couronne ou avons-nous affaire à deux individus ? (cf. infra).

209La position du défunt a été globalement restituée en considérant l’emplacement du torque comme étant celui de la tête de l’individu (tête au nord), mais cette restitution reste très hypothétique.

210• Position du mobilier :

211Le mobilier se compose d’un torque en trois fragments retrouvés dans la même zone dans le secteur de la couronne périphérique du premier tumulus (pl. 12). Ils sont en contact direct les uns avec les autres, ainsi qu’avec la plupart des os qui portent des traces d’oxyde de bronze plus ou moins marquées.

212• Taphonomie :

213Vu l’état de la documentation ostéologique, une étude taphonomique est impossible ; quelques remarques cependant peuvent être formulées. La plupart des os sont regroupés au niveau de la première couronne à l’extrémité nord de la fosse, avec les fragments de torque. Le fait qu’ils soient marqués par des oxydes de cuivre amène à penser que le torque est resté longtemps en contact avec les ossements lors de la décomposition du cadavre. Cela signifie donc que ces remaniements d’ossements sont vraisemblablement liés à cette restructuration du monument avec la réalisation de la première couronne, à l’origine de la découverte et du délabrement du tertre 6 et de la fosse.

214• Ostéologie :

215Sexe : indéterminé, du fait de l’absence des os coxaux, et de l’immaturité biologique du sujet.

216Âge : à partir des dents, un âge au décès peut être estimé entre 9 et 11 ans. Cette proposition est compatible avec l’aspect général des os, excepté avec les fragments de membres inférieurs retrouvés dans la partie nord-est de la fosse. La corticale des os de ces derniers est très abîmée, mais la restitution de l’épaisseur d’origine donne un résultat incompatible avec la tranche d’âge proposée à partir des dents du maxillaire. Il s’agit en effet d’os de membres inférieurs appartenant à un individu adulte.

217Compte tenu du bouleversement ancien qui a affecté ce lot d’ossements, il est difficile d’aller au-delà de ce premier constat de l’existence de deux individus distincts : un adulte et un sujet immature de 9-11 ans. Aucun ossement ne semble véritablement en place, la présence du torque associé à quelques fragments de l’extrémité céphalique d’un sujet immature ayant conduit à considérer ce sujet comme étant celui pour qui la tombe a été réalisée ; toutefois la présence des fragments de membres inférieurs adultes pose question. La largeur significative de la tombe, bien supérieure à celle observée pour les autres tombes individuelles, pourrait aussi suggérer la présence d’une tombe double avec un adulte et un immature.

218• Description du mobilier :

  • n° 1. Torque ouvert à crochet réalisé dans une barre d’alliage cuivreux de section carrée de 3 mm de côté. Retrouvé en trois fragments de 36 cm de longueur totale, ce qui peut donner un diamètre fermé de l’ordre de 11-12 cm, comparable à son homologue de l’inhumation 5, porté par un sujet immature. Il porte des crochets à chaque extrémité.

219• Observations supplémentaires :

220Des pierres rubéfiées ont été retrouvées au fond de la fosse et il faut signaler la découverte en surface de deux amas d’os brûlés dans les zones L 19 et M 19, c’est-à-dire entre les tertres nos 5 et 6. Les pierres chauffées ont en effet été retrouvées au fond de la fosse et les os brûlés en dehors de la fosse, dans la zone de recoupement des tertres 5 et 6. À signaler également la proximité de la crémation n° 7. Ces témoins de crémations sont plus tardifs que l’inhumation n° 6.

221• Datation :

222Ce type de torque à fermeture en crochets s’inscrit dans le mobilier du Hallstatt D1 (cf. chap. 3).

1.7. Inhumation n° 13

223Comme l’inhumation n° 6, celle-ci est coupée par la première couronne tumulaire, dont la mise en place a provoqué la destruction de plus de la moitié du tertre et de la fosse. L’érosion agraire dans ce secteur est très forte également et une tranchée récente l’a aussi endommagée.

224• Structure :

225Le tertre n° 13 est donc amputé des deux tiers de son volume. Il est accolé au tertre n° 6 et il empiète un peu sur le n° 2 (fig. 6). La mauvaise conservation du tertre n’a pas permis de trouver des limites à la fosse ; seule la présence en position anatomique des tibias et fibulas marque l’existence d’une inhumation (pl. 13).

226• Disposition générale et orientation du corps :

227En fonction des tibias et des fibulas, il est possible d’avancer une position allongée sur le dos avec une orientation nord-sud, tête au nord, à l’inverse des autres inhumations ; une phalange de la main a également été mise au jour. Comme pour les autres squelettes, on observe une fragmentation importante effectuée sur os secs : par exemple, le tibia droit comptait quarante-sept fragments.

  • Aucun mobilier.

228• Taphonomie :

229La présence uniquement des tibias et des fibulas en position anatomique permet de constater qu’il n’y a pas d’os intrus. La phalange de la main a pu migrer facilement jusqu’au niveau des membres inférieurs.

230• Ostéologie :

231Sexe : indéterminé.

232Âge : sujet adulte.

233• Datation :

234En absence de mobilier funéraire, la datation précise reste impossible, mais l’insertion dans le contexte immédiat plaide pour une datation contemporaine de celles des tombes environnantes et donc au Hallstatt D1.

II. Les structures contenant des os brûlés

235Il reste difficile d’affirmer le caractère sépulcral de toutes ces structures liées à la crémation. Situées en périphérie de la première couronne tumulaire, elles s’étendent souvent sur de larges zones. Les esquilles osseuses sont mélangées au sédiment et dispersées ; chaque structure livre une quantité plus ou moins élevée de fragments osseux. Seule la structure n° 7 correspond de manière certaine à une sépulture secondaire à crémation en urne. C’est également la seule qui est installée avant la première couronne tumulaire.

II.1. Structure n° 7 : une crémation en urne

236• Présentation générale :

237Installée dans les carrés N 18 et N 19, dans une dépression limitée par les tertres nos 2, 5, 6 et 13 (fig. 6), cette sépulture en urne occupe une surface maximale de 0,45 x 0,25 m, et l’espace a été probablement aménagé car certaines pierres sont à la verticale autour des tessons de céramique (pl. 14). L’urne, écrasée et brisée en place, semble s’être ouverte sous le poids des pierres. Les tessons de la panse ont été retrouvés à une profondeur d’environ 0,64 m et ceux du bord, vers 0,60 m de profondeur par rapport au niveau d’apparition du tumulus. Cette différence, ainsi que l’inclinaison des tessons, tendent à prouver que l’urne a été déposée entière, dans un volume libre, avant sa fracture.

238• Contenant cinéraire :

239Urne à carène arrondie avec trois cannelures sur le haut de panse, petite lèvre légèrement oblique (pl. 15). Diamètre maximal : 24,5 cm ; hauteur : 15 cm ; épaisseur maximale de la panse : 1,25 cm. Céramique mi-fine, bien lustrée bistre foncé.

240• Répartition des os brûlés :

241Au premier niveau de démontage, deux petits tas d’os brûlés s’observent sur et à côté de la céramique avec quelques esquilles en dehors de l’aménagement en pierres. Aux deuxième et troisième démontages, les tessons du fond de l’urne apparaissent, ainsi que des esquilles brûlées à environ 0,67 m de profondeur.

242• Ostéologie :

243Nombre de fragments osseux : 181 (fig. 17). Absence d’os des membres supérieurs, mais un nombre élevé de fragments de diaphyses indéterminées (63 fg = 7,3 g.). Poids total :17,3 g.

244NMI : certains os appartiennent à un individu immature, mais d’autres sont de taille adulte. Cela suggère la présence d’au moins deux individus, mais la faiblesse pondérale du dépôt osseux rend cette conclusion fragile.

Fig. 17. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 17. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Nombre et poids des fragments osseux de la tombe 7.

245Sexe : indéterminable.

246Âge : les os du crâne, très minces, présentent un aspect « écaillé » caractéristique des os de sujets immatures : ils pourraient appartenir à un Infans I (0-6 ans). Cette première impression est confirmée par la présence d’un fragment de germe de couronne d’incisive supérieure centrale permanente qui correspondrait à la dentition d’un enfant de 4-5 ans. Quelques os plus robustes contredisent cette estimation, mais leur présence reste anecdotique par rapport aux os de sujet immature (fig. 17)

247• La crémation :

248La majorité des os sont blancs, preuve d’une crémation assez poussée et homogène, malgré la présence de quelques os bleutés (crâne et diaphyses indéterminées). Poids moyen des fragments osseux : 0,1 g (fig. 17).

249Ramassage : la faible masse d’ossements retrouvés dans cette urne ne permet pas d’analyse concernant la représentation de chaque partie anatomique ; elle suggère en revanche que les os n’ont pas été systématiquement ramassés sur le bûcher ou qu’ils n’ont pas tous été déposés dans l’urne. L’arasement du monument peut aussi avoir fait disparaître des vestiges.

250• Mobilier :

251Aucun mobilier d'accompagnement.

252• Datation :

253D’après son contexte stratigraphique, cette crémation est postérieure à la mise en place des petits tertres individuels qui marquent une première phase du fonctionnement funéraire du lieu, et antérieure à l’érection du premier tumulus limité par la première couronne sur laquelle s’adossent les autres structures liées à la crémation (cf. supra).

254La céramique appartient au premier âge du Fer, Ha D1-D2 (cf. chap. 3).

II.2. L’aire de crémation n° 8

255• Présentation générale :

256Cette structure est située sur les carrés P 17 et P 18, en périphérie de la première couronne tumulaire, à côté de l’inhumation n° 13 (fig. 6). La surface montre des signes de chauffe (pierres rougies et bleutées craquelées), mais pas nécessairement en relation directe avec des os brûlés (1,80 m environ de longueur, pour une largeur maximale de 0,80 m). Le sédiment est constitué d’une terre très noire, avec des charbons de bois. Les os brûlés se concentrent dans une zone de 0,70 m x 0,15 m environ, dans la partie ouest de la structure (pl. 16).

257• Répartition des os brûlés :

258Le premier niveau de démontage a permis la mise en évidence des restes osseux sur un secteur restreint. Cela peut être induit par le ramassage et le nettoyage de l’aire de crémation. La « nappe » de pierres brûlées est également un indice allant dans le sens de cette hypothèse (cf. infra structures 9, 10, 14). Il est également envisageable qu’il s’agisse d’une aire de crémation au sein de laquelle les os ont ensuite été regroupés pour former la sépulture à proprement parler, mais rien ne permet de reconnaître une telle intention, et le poids du dépôt osseux est particulièrement faible pour être un argument en faveur d’un amas osseux délibéré.

259• Ostéologie :

260Le démontage a été réalisé en trois passes horizontales (R1, R2 et R3) avec un ramassage final (R4). Les os étaient surtout concentrés dans les niveaux 2 et 3, avec des fragments de crâne et de tronc absents des autres ramassages (fig. 18).

Fig. 18. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 18. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Nombre et poids des fragments osseux de la structure 8.

261Nombre et poids des fragments : 459 fragments d’os humains sur l’ensemble de la structure 8, pour un poids total de 19,1 g (et un fragment d’émail dentaire de faune).

262Sexe : indéterminable.

263Âge : dans le lot R2, un germe de couronne de canine permanente permet d’estimer l’âge au décès entre 6-7 ans et 12-13 ans. De plus, dans le lot du fond R4, des fragments très minces de crâne correspondent plutôt à ceux d’un individu immature.

264NMI : en l’absence de doublet, présence d’un seul individu immature (fig. 18).

265• La crémation :

266La couleur dominante des os est le blanc, mais le prélèvement du fond livre plusieurs fragments bleutés ; il s’agit cependant d’une crémation poussée et homogène. Le poids moyen des fragments est très faible : 0,04 g (fig. 18). La faible masse d’ossements retrouvés dans cette structure ne permet pas d’analyse concernant la représentation de chaque partie anatomique.

267• Mobilier :

268Un fragment de torque plein à section torique a été retrouvé lors du tamisage du sédiment contenant les restes osseux brûlés. Il mesure 17 mm de longueur pour une section de 5 mm de diamètre.

269• Datation :

270Le fragment de torque ne permet pas de dater précisément cette structure, mais des parures du même type ont été retrouvés dans les inhumations proches (nos 1 et 2). La position en périphérie de la première couronne tumulaire confirme sa postériorité par rapport aux inhumations.

271• Informations complémentaires :

272Dans cette zone très arasée aussi bien par les labours que lors du décapage mécanique superficiel, un lot d’os brûlés a été ramassé et a été considéré, compte tenu de la proximité de la structure 8, comme pouvant lui appartenir. Aucun collage n’a pu être observé entre les os provenant de la structure 8 et ce lot, malgré une similitude dans l’aspect de l’os. Ce lot complémentaire n’a pas été rattaché d’office à la st. 8, mais traité séparément.

273Nombre de fragments : 164 fragments (fig. 19). Poids des fragments : 6,5 g. Sexe : indéterminable.

Fig. 19. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 19. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Nombre et poids des fragments osseux provenant du lot proche de la structure 8.

274Âge : malgré la présence de six fragments de germes dentaires, l’âge au décès n’a pas pu être déterminé. On peut noter la faible épaisseur des fragments de crâne, qui semble plutôt appartenir à un individu jeune (comme pour le lot du fond de la structure n° 8).

275NMI : comme pour la structure n° 8, aucun doublet, ni aucune incompatibilité, un immature au moins.

276La crémation semble homogène, les os sont blancs pour la plupart, mais quelques fragments sont restés au stade bleuté.

277Poids moyen très faible là aussi, identique à celui de la structure n° 8 : 0,04 g. (fig. 19).

278• Synthèse :

279Certaines ressemblances entre les ossements de ce lot et ceux de la structure n° 8 (un immature dans les deux cas), et le taux de fragmentation identique, suggèrent qu’ils pourraient provenir de la même crémation et donc de la st. 8.

II.3. L’aire de crémation n° 9

280• Présentation générale :

281Cette structure est située en périphérie sud de la première couronne tumulaire, dans les carrés E-F-G 9-10-11 (fig. 6). Elle se développe sur une bande de 3,40 m de longueur pour une largeur variable de 0,20 à 0,40 m (pl. 17). Cette structure longiligne suit le contour de la première couronne et sa limite nord en est bien marquée par les dallettes et les pierres chauffées caractéristiques (pl. 18). Sur la limite sud, plusieurs dalles constitutives de l'assise du deuxième tumulus recouvrent les vestiges de la st. 9. Elle lui est donc antérieure.

282La collecte des os a été réalisée selon le quadrillage en m2 qui structure la fouille du tumulus, puis chaque carré a été subdivisé en plus petits de 0,20 m de côté. Les prélèvements ont été effectués au maximum sur quatre niveaux stratigraphiques. Le carré E10 ne livre pas d’os brûlés, ni de traces de chauffe, sauf une grosse dalle rougie au centre du carré qui participe à l'assise du second tumulus. Les carrés E11, F10 et G9 montrent des traces de crémation : des pierres éclatées rougies ou bleutées, des traces de chaux (par calcination sur place des plaquettes) et des os brûlés.

283• Répartition des os brûlés :

284Les os brûlés ont été retrouvés dispersés dans le sédiment ; ils se répartissent sur trois carrés E11, F10 et G9, mais ce sont principalement ces deux derniers qui ont livré des esquilles (fig. 20).

Fig. 20. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 20. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Structure 9 : répartition des os par carrés et en fonction de leur appartenance aux grandes régions anatomiques (poids en g. et NR).

285La grande majorité des os n’a pas pu être déterminée avec précision du fait d’une forte fragmentation. Le poids moyen des fragments (hors esquilles) est en effet très faible : 0,06 g. Le crâne reste relativement bien représenté (45 % du poids total, fig. 21), mais cela peut être dû à une plus grande facilité à l’identifier même sur de petits fragments.

Fig. 21. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 21. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Structure 9 : répartition des os en fonction des grandes régions anatomiques (% par rapport au poids total).

286• Ostéologie (fig. 20) :

287Nombre total de fragments : 4091. Poids total : 73,9 g, dont 17,8 g déterminés (soit 24 % seulement). Sexe : indéterminable.

288Âge : en G9, des os présentent un aspect « écaillé » caractéristique de l’os immature et des surfaces métaphysaires sont représentatives des os non synostosés ; un fragment de mandibule appartient à un Infans I. Ces trois indications permettent d’affirmer la présence d’au moins un immature de la classe Infans I (entre 0 et 6 ans), mais plus proche de 6 ans. En F10, l’aspect de la corticale des diaphyses des membres prouve leur appartenance à un sujet immature, et là aussi les fragments de crâne sont particulièrement minces. Nous avons pu reconnaître un fragment d’orbite qui appartient à un enfant, mais en parallèle, un fragment de membre inférieur semble trop épais pour appartenir à un jeune enfant. En E11, aucune information particulière sur l’âge n’a été collectée.

289NMI : la reconnaissance d’au moins un sujet immature est établie. Le fragment osseux d’une épaisseur incompatible avec cet âge ne permet pas d'affirmer la présence d’un autre sujet plus âgé car c’est un élément isolé qui peut être erratique ou correspondre à un fonctionnement antérieur de cette probable aire de crémation.

290• La crémation :

291La grande majorité des os est de couleur blanche, parfois un peu teintée de brun ; quelques-uns, bleutés, indiquent une chaleur moins élevée. La crémation est donc relativement hétérogène. Poids moyen des fragments : 0,02 g.

292• Mobilier :

293Une fibule discoïde en alliage cuivreux et fer a été retrouvée sous la première couverture de dalles, dans le carré F10 (pl. 17). Longueur maximale d’environ 23 mm, diamètre maximal du disque de 15 mm. La plaque en alliage cuivreux, décorée de petits godrons et de dépressions circulaires, est maintenue par un rivet en fer sur une plaque en fer sous-jacente qui donne naissance au porte-ardillon. Le ressort semble comporter quatre spires de chaque côté de l’ardillon avec une corde interne du ressort. Cette fibule a subi l’action du feu.

294• Datation :

295Fibule typique du début de La Tène ancienne (cf. chap. 3).

296• Informations complémentaires :

297En G9, un fragment de diaphyse indéterminée non brûlé (humain ou animal ?) a été mis au jour, ainsi qu’un fragment d’os de faune (s.p.) en F10.

298Synthèse :

299Aucune information ne permet de reconnaître une sépulture secondaire à crémation : pas de délimitation particulière, pas d’urne et une dispersion des os sans organisation apparente. L’aire de crémation est l’hypothèse la plus probable étant donnée la présence de pierres chauffées en très grand nombre, et d’esquilles osseuses mêlées aux charbons de bois.

II.4. L’aire de crémation n° 10

300Cette aire se situe, comme les autres, en périphérie de la première couronne tumulaire, sur les carrés O-P 13, 14 et 15 (fig. 6). Chaque carré a été divisé en quatre, numéroté de 1 à 4 ; le ramassage des os brûlés a été réalisé selon ce quadrillage.

301• Présentation générale :

302Cette structure se développe dans un secteur très arasé par les labours. Elle présente de nombreuses pierres chauffées avec des zones de concentration d’os brûlés plus ou moins importantes sur les carrés P14 et P15 ; une petite zone avec fragments de charbons de bois et esquilles osseuses s’observe aussi en P13 (pl. 19 et 20). Ces indices témoignent d’effets de chauffe in situ. Cette aire, très étendue par rapport aux autres structures comparables, montre des limites au sud-ouest et à l’est qui donnent une forme plutôt rectangulaire à l’ensemble (2 m x 1,50 m). Dans la partie occidentale, des pierres appartiennent à l’assise du deuxième tumulus. En P14, s’observe une petite zone d’argile recuite (environ 0,18 m x 0,18 m).

303• Contenant :

304Aucun contenant mis en évidence, les esquilles osseuses étant dispersées dans le sédiment.

305• Répartition des os brûlés :

306Ils sont retrouvés par paquet dans la zone centrale de la structure, mais aussi dispersés sur toute l’étendue de la zone.

307• Ostéologie :

308Les résultats exprimés concernent la structure totale (fig. 22) ; le détail pour chaque carré est repris dans l’interprétation et les résultats sont décrits dans les tableaux suivants.

Fig. 22. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 22. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Nombre et poids total de fragments osseux de la structure 10.

309Nombre de fragments : 1203. Poids total : 134,7 g. Sexe : indéterminé.

310Âge : les os ne présentent aucun indice d’immaturité ; ils sont synostosés et caractéristiques d’un individu mature.

311NMI : aucun doublet, ni aucune incompatibilité reconnus : au moins un sujet. Deux os nasaux compatibles (un droit et un gauche), ont été retrouvés dans des carrés différents, mais proches, l’un en P14-3 et l’autre en P15-2.

312Cette structure, la plus étendue de toute, montre une concentration importante d’ossements en P14-3, avec 530 fragments pour 65,2 g (dont 35,9 g indéterminés) ; le poids moyen est de 0,1 g (fig. 23 et 24). Dans les déterminés, s’observe une majorité de fragments du crâne, mais chaque région anatomique est de fait représentée (fig. 22). Donc, sur un quart de m2 se retrouvent aussi bien des os du crâne, du tronc, que des membres inférieurs. En P15-2 existe une autre forte concentration d’os du crâne et de nombreux fragments de dents (onze). Dans les autres zones, le nombre et le poids des fragments est beaucoup plus restreint et aucune concentration particulière n’a pu être observée. Le fait qu’il n’y ait pas un secteur anatomique privilégié dans telle ou telle zone de la structure amène à penser que les os ont été mélangés. Dans l’hypothèse d’une aire de crémation, les os retrouvés peuvent donc provenir d’une ou plusieurs crémations. Quelques fragments d’os (une quinzaine pesant 3,6 g) ont été retrouvés sur les carrés O13 et O14.

Fig. 23. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 23. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Structure 10 : nombre de fragments osseux répartis par carrés.

Fig. 24. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 24. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Structure 10 : poids des fragments osseux répartis par carrés.

313• La crémation :

314La crémation est homogène et poussée, la majorité des os présentant une couleur blanche, seuls deux ou trois fragments étant bleutés. Poids moyen des fragments : 0,1 g sur le total et 0,2 g pour les os déterminés (fig. 22).

  • Aucun mobilier associé.

315• Datation :

316En l’absence de mobilier associé, la datation de cette structure repose sur sa position relative au sein du monument. Établie en périphérie de la première couronne tumulaire, elle est postérieure à celle-ci. La superposition de quelques dallettes de la base du second tumulus attribué au second âge du Fer indique qu’elle pourrait dater de la toute fin du premier âge du Fer, voire de La Tène ancienne, comme la structure 9.

II.5. L’aire de crémation n° 14

317Elle se situe dans la zone ouest du tumulus, à proximité immédiate de la structure n° 10 (fig. 6, pl. 20). À la différence des autres, elle n’est pas en limite de la première couronne, mais bien installée dessus, sur les carrés O14 et O15.

318• Présentation générale :

319Cette zone, plus restreinte que les autres structures équivalentes, mesure environ 1,30 m de longueur, pour une largeur maximale de 0,33 m. Cette surface livre une terre noire contenant des os brûlés avec des pierres rougies ou bleutées (pl. 20). Son implantation sur la première couronne a suggéré aux fouilleurs de la considérer comme une structure distincte de la zone n° 10, mais elle y ressemble beaucoup. L’espace intermédiaire entre les deux structures n’a pas livré d’os brûlés (sauf deux fragments de fibula et un de diaphyse indéterminée). L’une et l’autre livrent des pierres rougies par la chaleur et il reste envisageable que ces deux structures contenant des os brûlés soient parfaitement contemporaines.

320• Contenant :

321Cette structure ne fournit aucun indice de la présence de contenant, même en matière périssable.

322• Disposition des os brûlés :

323Aucune concentration particulière n’a été reconnue, les os sont dispersés dans le sédiment sans regroupement significatif.

324• Ostéologie (fig. 25) :

Fig. 25. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 25. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Nombre et poids total de fragments osseux de la structure 14.

325Nombre de fragments : 222 fragments osseux humains, dont 179 indéterminés. Poids des fragments : poids total 17,6 g, dont 14,3 g d’indéterminés (soit 81,2 %). Sexe : indéterminé.

326Âge : plusieurs fragments de diaphyses indéterminées présentent un aspect caractéristique des os de sujets immatures. Un point d’ossification métaphysaire a pu être attribué à un Infans I (entre 0 et 6 ans). En revanche, un fragment de fibula et un autre de phalange proximale de la main sont incompatibles avec les os d un immature de cet âge.

327NMI : l’incompatibilité révélée entre certains os amène à proposer la présence de deux individus, mais le deuxième n’est représenté que par deux fragments osseux ; sa présence reste donc potentielle et il est impossible de conclure que deux individus ont été brûlés ensemble.

328Cette structure peu étendue contient peu d’ossements (17,6 g) ; sa proximité avec la st. 10 amène à penser qu’il peut s'agir d’une seule et même « aire de crémation ». La plupart des os de la st. 14 appartiennent à un jeune sujet immature et deux autres suggèrent la présence ponctuelle d’un individu mature. En revanche, aucun os pouvant appartenir à un individu immature ne provient de la st. 10. Du fait de leur proximité, il est tentant de vouloir considérer ces deux structures comme une seule, mais l’identification ostéologique pose question.

329• La crémation :

330Poussée et homogène, tous les os sont de couleur blanche. Poids moyen des fragments : 0,08 g par rapport au total (fig. 25).

331• Mobilier :

332Aucun mobilier datant n’est associé à cette structure ; dix petits tessons de céramique rouge grossière indatable ont été retrouvés mêlés au sédiment, certains noircis peut-être à cause d’une exposition plus ou moins directe avec du feu. Ces tessons proviennent des carrés O14 et O15.

333• Datation :

334La position de cette structure, sur la première couronne tumulaire, démontre sa postériorité par rapport à cette dernière. La grande ressemblance avec la st. 10 plaide pour une attribution chronologique identique : fin du premier âge du Fer / début de La Tène ancienne.

III. Les autres structures isolées

III.1. Les éléments céramiques

335• La structure n° 12 :

336Interprétée initialement comme une crémation en urne, il s’est avéré que le vase ne contenait pas d’ossements. Elle se situe en I23, sous la deuxième couronne tumulaire (fig. 6). Le vase a été retrouvé écrasé (vingt-quatre fragments) à une profondeur comprise entre 0,50 et 0,54 m (pl. 21), soit au niveau du vieux sol qui s’est trouvé protégé par la masse tumulaire (cf. supra). Il s’agit d’un vase tronconique de 201 mm de diamètre et 122 mm de hauteur, avec une épaisseur régulière des parois d’environ 7 mm : forme ouverte, panse rectiligne et lèvre directe. C’est une jatte domestique classique.

337Datation : la position au niveau du vieux sol et la forme tronconique orientent la datation vers le premier âge du Fer (cf. chap. 3).

338• Lot céramique N16-O16 :

339Sous l’inhumation n° 2, un lot de tessons écrasés a été retrouvé à cheval sur les carrés N16 et O16, en association avec des pierres rubéfiées (fig. 6 et 7). Par leur position, sous le niveau de base des structures funéraires, ces tessons semblent liés au vieux sol et seraient plutôt des témoins domestiques, comme les pierres rougies. Ils ne peuvent être datés précisément, mais leur facture est de type protohistorique (cf. supra).

III.2. Les structures isolées contenant des os brûlés

340Lors du démontage de la première masse tumulaire, certains secteurs ont livré des fragments d’os crématisés dispersés (pl. 22). Le ramassage a été établi selon le quadrillage du tumulus en trois lots osseux dans la zone nord du tumulus, très fortement arasée, principalement au niveau du carré O20. Dans certains cas, ils ne se composent que de quelques fragments d’os brûlés, alors que d’autres atteignent des masses beaucoup plus élevées. Les amas osseux des carrés L19 et M19 se situent entre les tertres 5 et 6 et la crémation n° 7.

III.2.1. Lot osseux en L19

341• Ostéologie (fig. 26) :

Fig. 26. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 26. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Nombre et poids des fragments osseux en L19 et M19.

342Nombre de fragments : treize fragments ; poids total : 4,1 g. Sexe : indéterminé.

343Âge : la gracilité et l’aspect du fragment de fibula amènent à penser qu’il pourrait appartenir à un individu jeune (grand adolescent ou adulte jeune).

344NMI : certains fragments de membres indéterminés sont robustes, alors que les os du crâne sont graciles. Cette différence de robustesse n’est pas suffisante pour affirmer la présence de deux individus compte tenu du nombre restreint de fragments osseux.

345• La crémation :

346La crémation est homogène et poussée, les os sont de couleur blanche. Poids moyen des fragments : 0,3 g (fig. 26).

  • Mobilier : aucun mobilier associé.

347• Datation :

348Les os proviennent du démontage des assises de base des tertres 5 et 6 ; ils sont donc vraisemblablement postérieurs et il est possible qu’ils aient plus ou moins percolé entre les dallettes des tertres.

III.2.2. Lot osseux en M19

349Deux fragments osseux humains seulement ont été retrouvés : un fragment d’os plat : 0,1 g ; un fragment de membre indéterminé : 0,1 g (fig. 26), ainsi qu’un fragment d’os de faune. Comme précédemment, ils sont de couleur blanche.

III.2.3. Lot osseux des carrés N19 et N20

350Ces amas d’esquilles crématisées reposent plus ou moins sur le vieux sol ou sur des cailloutis cryoclastiques.

351• Ostéologie (fig. 27) :

Fig. 27. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 27. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Nombre et poids des fragments osseux en N19 et N20.

352Nombre de fragments : 129 ; poids total : 34,4 g. Sexe : indéterminé.

353Âge : os du crâne peu robustes avec un aspect immature, mais le lot regroupe également des os plus épais.

354NMI : la présence d’os de robustesses différentes suggère la présence d’au moins deux individus.

355• La crémation :

356Importante hétérogénéité au niveau des couleurs. Pour un même type d’os, comme un fémur, il existe des fragments très blancs, bleutés ou bruns et certains ne sont pratiquement pas brûlés. Poids moyen des fragments : 0,3 g (fig. 27).

  • - Aucun mobilier associé.

357• Datation :

358Ces fragments osseux retrouvés dans la première masse tumulaire semblent donc être postérieurs aux inhumations sous tertres.

359La présence d’au moins deux individus, dont un sujet immature, est attestée. Les fragments osseux sont significativement plus gros ; poids moyen de 0,3 g alors qu’il était le plus souvent de 0,1 g dans les autres lots d’esquilles brûlées. La crémation hétérogène est aussi particulière ici. Ce lot correspond probablement aux restes de sépultures ou crémations postérieures aux tertres individuels avec également des percolations des ossements entre les dallettes des tertres. Des essais de recollage ont été tentés entre ces os et ceux des structures voisines, sans succès.

III.2.4. Lot osseux du carré O20

360Il regroupe beaucoup plus d’os que les autres (en nombre et masse) avec une représentation de toutes les régions anatomiques (tête, tronc, membres inférieurs et membres supérieurs) contrairement à toutes les autres structures étudiées.

361• Ostéologie (fig. 28) :

Fig. 28. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Fig. 28. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).

Nombre et poids des fragments osseux en O20.

362Nombre de fragments : 418 ; Poids total : 118,4 g. Sexe indéterminé.

363Âge : individu mature.

364NMI : au moins un individu, pas d’incompatibilité ou de doublons.

365• La crémation :

366La crémation est homogène, la plupart des os sont de couleur blanche, à part quelques-uns légèrement bleutés. Poids moyen des fragments : 0,3 g (fig. 28).

  • - Aucun mobilier associé.

367• Datation :

368Lot osseux postérieur à l’installation des tertres individuels.

III.2.5. Synthèse

369Les lots d’esquilles retrouvées dans les carrés L19, M19 et N19-N20 restent modestes et ne sont pas en relation avec des aménagements particuliers. L’hypothèse la plus vraisemblable consiste à considérer que ces os proviennent d’une ou de plusieurs structures liées à la crémation, situées au-dessus des tertres individuels et donc dans une phase chronologique plus tardive, peut-être contemporaine du fonctionnement du tumulus T1. Les fragments osseux brûlés auraient alors percolé entre les pierres du tumulus, pour se retrouver à ce niveau. Ils seraient donc globalement contemporains des aires de crémation de la périphérie du premier tumulus T1. Une datation à La Tène ancienne serait donc possible.

370Le lot issu du carré O20 contient deux fois et demie plus d’os que la crémation n° 7. Cependant, même si ce n’est pas la quantité d’os qui définit une sépulture, il est tentant de considérer la zone O20 comme ayant pu accueillir celle d’un individu mature du fait de la représentation de presque toutes les régions anatomiques et d’une relative homogénéité dans la crémation.

III.3. Dépôts de charbons de bois

371Deux structures présentent des traces importantes de charbons de bois, dans les carrés C20 et D19 (fig. 6). Le premier se présente comme une zone circulaire de charbons de bois, à proximité d’un amas de tessons de céramique (pl. 23). Le second est constitué de charbons de bois concentrés sur une zone circulaire. Ces zones charbonneuses reposent sur le vieux sol d’origine, sous la deuxième couronne tumulaire (partiellement identifiée car quasi arasée), et lui sont donc antérieures.

Pl. 1. Inhumation 1 : profil de la fosse et plan de la tombe.

Pl. 1. Inhumation 1 : profil de la fosse et plan de la tombe.

DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20) ; cliché général du tertre 1 et détail du crâne portant le torque (clichés : C. Mordant.

Pl. 2. Mobilier de l’inhumation 1 (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/3) et pantin de conservation (DAO : M.-J. Ancel).

Pl. 2. Mobilier de l’inhumation 1 (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/3) et pantin de conservation (DAO : M.-J. Ancel).

Pl. 3. Inhumation 2 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20) ; vue rapprochée du torque en place (cliché : M. Mordant).

Pl. 3. Inhumation 2 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20) ; vue rapprochée du torque en place (cliché : M. Mordant).

Pl. 4. Mobilier de l’inhumation 2 (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/3 et 1/1) et cliché des dents porteuses d’anomalies (cliché : M.-J. Ancel).

Pl. 4. Mobilier de l’inhumation 2 (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/3 et 1/1) et cliché des dents porteuses d’anomalies (cliché : M.-J. Ancel).

Pl. 5. Inhumation 3 : relevés en plan des deux démontages successifs du tertre et profil de la fosse (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20) ; dessin du mobilier (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/1) ; vue générale de la fosse depuis l’est (cliché : C. Mordant).

Pl. 5. Inhumation 3 : relevés en plan des deux démontages successifs du tertre et profil de la fosse (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20) ; dessin du mobilier (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/1) ; vue générale de la fosse depuis l’est (cliché : C. Mordant).

Pl. 6. Inhumation 4 : relevés en plan de la fosse aménagée, du squelette en place, et profil de la fosse.

Pl. 6. Inhumation 4 : relevés en plan de la fosse aménagée, du squelette en place, et profil de la fosse.

DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20.

Pl. 7. Mobilier de l’inhumation 4 (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/3) ; détails du mobilier et du squelette in situ (clichés : C. Mordant).

Pl. 7. Mobilier de l’inhumation 4 (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/3) ; détails du mobilier et du squelette in situ (clichés : C. Mordant).

Pl. 8. Détail de l’os frontal portant la suture métopique (cliché : M.-J. Ancel) ; vue générale de la fosse (cliché : C. Mordant) ; pantin de conservation du squelette de l’inhumation 4 (DAO : M.-J. Ancel).

Pl. 8. Détail de l’os frontal portant la suture métopique (cliché : M.-J. Ancel) ; vue générale de la fosse (cliché : C. Mordant) ; pantin de conservation du squelette de l’inhumation 4 (DAO : M.-J. Ancel).

Pl. 9. Inhumation 5 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20) ; mobilier (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/3).

Pl. 9. Inhumation 5 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20) ; mobilier (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/3).

Pl. 10. Inhumation 5 en cours de fouille.

Pl. 10. Inhumation 5 en cours de fouille.

Clichés : C. Mordant.

Pl. 11. Inhumation 6 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20 ; cliché du torque : C. Mordant éch. : 1/2).

Pl. 11. Inhumation 6 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20 ; cliché du torque : C. Mordant éch. : 1/2).

Pl. 12. Inhumation 6 en cours de fouille.

Pl. 12. Inhumation 6 en cours de fouille.

Clichés : C. Mordant.

Pl. 13. Inhumation 13 : relevé en plan des restes osseux (DAO : S. Lenda ; éch. :1/10) ; vue d’ensemble des tertres 5, 6 et 13, vue depuis le nord (cliché : C. Mordant).

Pl. 13. Inhumation 13 : relevé en plan des restes osseux (DAO : S. Lenda ; éch. :1/10) ; vue d’ensemble des tertres 5, 6 et 13, vue depuis le nord (cliché : C. Mordant).

Pl. 14. Crémation en urne 7 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/10).

Pl. 14. Crémation en urne 7 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/10).

Vue générale de la tombe dans son contexte.

Cliché : C. Mordant.

Pl. 15. Urne en céramique de la tombe 7.

Pl. 15. Urne en céramique de la tombe 7.

Cliché et dessin : C. Mordant ; éch. :1/3.

Pl. 16. Structure liée à la crémation 8.

Pl. 16. Structure liée à la crémation 8.

Relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. :1/20) ; vue générale de la structure (cliché C. Mordant).

Pl. 17. Structure liée à la crémation 9 : relevé en plan.

Pl. 17. Structure liée à la crémation 9 : relevé en plan.

DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20 ; fibule discoïde (cliché : C. Mordant ; éch. : 2/1).

Pl. 18. Structure liée à la crémation 9 : vue générale et détail.

Pl. 18. Structure liée à la crémation 9 : vue générale et détail.

Cliché : C. Mordant.

Pl. 19. Structure liée à la crémation 10 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20) ; vue générale de la structure vers l’est.

Pl. 19. Structure liée à la crémation 10 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20) ; vue générale de la structure vers l’est.

Cliché : C. Mordant.

Pl. 20. Structures liées à la crémation 10 et 14 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20) et vue d’ensemble des structures vers l’est.

Pl. 20. Structures liées à la crémation 10 et 14 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20) et vue d’ensemble des structures vers l’est.

Cliché : C. Mordant.

Pl. 21. Structure 12 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20), vue de la structure in situ, depuis l’ouest

Pl. 21. Structure 12 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20), vue de la structure in situ, depuis l’ouest

Cliché et dessin du vase : C. Mordant ; éch. : 1/3.

Pl. 22. Plan général du monument avec localisation des carrés ayant livré des os brûlés hors structure.

Pl. 22. Plan général du monument avec localisation des carrés ayant livré des os brûlés hors structure.

DAO : S. Lenda, M.-J. Ancel ; éch. : 1/125.

Pl. 23. Clichés des dépôts charbonneux.

Pl. 23. Clichés des dépôts charbonneux.

C. Mordant.

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Bibliographie

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Noyers-sur-Serein (Yonne).
Légende Localisation générale.
Crédits DAO M.-J. Ancel.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 275k
Titre Fig. 2. Contexte archéologique du plateau de Noyers et de la vallée du Serein dans les environs du tertre du Grand Vaucharme.
Légende Le nom des sites est mentionné dans le corps du texte.
Crédits Données et DAO P. Nouvel.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 407k
Titre Fig. 3. Sites protohistoriques du sud de l’Yonne connus par des fouilles ou par prospection.
Légende Le listing des sites est reporté en annexe 1.
Crédits DAO P. Nouvel.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 528k
Titre Fig. 4. L’implantation des enclos fossoyés protohistoriques du sud-est du Bassin parisien en relation avec le substrat géologique.
Crédits D’après MORDANT, NOUVEL, 2017, fig. 8.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 919k
Titre Fig. 5. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Implantation cadastrale du tumulus.
Crédits DAO M.-J. Ancel.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 174k
Titre Fig. 6. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Plan général du tertre. Le cœur du monument concentre les structures tumulaires en relation avec des inhumations d’adultes (triangle noir) et d’immatures (triangle clair) du Ha D1. La couronne du tumulus T1 (fin Premier âge du Fer) enserre et recoupe ce massif de monuments individuels ; à sa périphérie, se positionnent les différentes aires de crémation. La limite du grand tumulus T2, le plus récent (Second âge du Fer) est visible dans la moitié sud.
Crédits Relevés C. Mordant ; D.A.O. M.-J. Ancel.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 369k
Titre Fig. 7. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Répartition densimétrique du matériel archéologique (principalement céramique) retrouvé dans le vieux sol, sous les structures tumulaires. Une structuration nette de la dispersion ne se perçoit guère, mais la densité semble plus marquée dans l’auréole qui correspond à l’extension du tumulus T2. Le matériel pourrait donc être mis en relation avec des circulations contemporaines de la réalisation du T1. La céramique recueillie, peu discriminante, peut en effet dater de cette phase à la fin du Premier âge du Fer. Les éléments de mouture semblent plus nettement liés au tumulus T1.
Crédits Relevés C. Mordant ; D.A.O. M.-J. Ancel.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 304k
Titre Fig. 8. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Large tesson écrasé en N16, sous l’inhumation 2.
Crédits Cliché C. Mordant.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 674k
Titre Fig. 9. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Trou de poteau en N21, comblé par de petites pierres plates disposées de chant ou à plat.
Crédits Cliché C. Mordant.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 735k
Titre Fig. 10. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Vue d’ensemble du premier décapage du disque tumulaire (campagne 1995), en direction du nord. La couronne du tumulus T1 est bien visible dans le secteur sud.
Crédits Cliché C. Mordant.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 1,0M
Titre Fig. 11. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Vue d’ensemble du décapage total du disque tumulaire (campagne 1996), en direction de l’est. La disparition de la berme permet de bien observer la position centrale du tertre initial n° 5, tandis que l’aspect moutonné de la surface pierreuse traduit la présence des différentes structures protectrices des inhumations individuelles de la première phase de fonctionnement de ce lieu funéraire au cours du Ha D1 (cf. fig. 6). La couronne du tumulus T1 est visible dans la moitié supérieure du cliché, du coté du chemin rural ; au premier plan, la trace d’une tranchée de datation inconnue.
Crédits Cliché C. Mordant.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 861k
Titre Fig. 12. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Tableau récapitulatif des données relatives des sépultures.
Crédits D.A.O. M.-J. Ancel.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-12.jpg
Fichier image/jpeg, 290k
Titre Fig. 13 Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Tableau récapitulatif des données funéraires liées aux aires de crémation.
Crédits D.A.O. M.-J. Ancel.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 166k
Titre Fig. 14. Bracelets-tonnelets de comparaison.
Légende 1-2. Crancey, dépôt (Aube) ; 3. découverte fortuite, dépôt ? de Châtenay-sur-Seine, Les Pâtures (Seine-et-Marne ; 1-2 : Musée de Nogent-sur-Seine, dessins J. Piette ; 3 : dessin P. Pihuit, Inrap ; DAO M.-J. Ancel).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-14.jpg
Fichier image/jpeg, 216k
Titre Fig. 16. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Anneau fermé à jonc ondulé en or.
Crédits Cliché Musée de l’Avallonnais Jean Després.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-15.jpg
Fichier image/jpeg, 284k
Titre Fig. 15. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Petit mobilier erratique trouvé hors contexte sépulcral. Passe-lacet à œil et extrémité bouletée en bronze ; fragment d’arc et de ressort d’une fibule en fer de type Nauheim.
Crédits Musée de l’Avallonnais Jean Després ; dessins et photo C. Mordant.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-16.jpg
Fichier image/jpeg, 245k
Titre Fig. 17. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Nombre et poids des fragments osseux de la tombe 7.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-17.jpg
Fichier image/jpeg, 237k
Titre Fig. 18. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Nombre et poids des fragments osseux de la structure 8.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-18.jpg
Fichier image/jpeg, 356k
Titre Fig. 19. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Nombre et poids des fragments osseux provenant du lot proche de la structure 8.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-19.jpg
Fichier image/jpeg, 217k
Titre Fig. 20. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Structure 9 : répartition des os par carrés et en fonction de leur appartenance aux grandes régions anatomiques (poids en g. et NR).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-20.jpg
Fichier image/jpeg, 353k
Titre Fig. 21. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Structure 9 : répartition des os en fonction des grandes régions anatomiques (% par rapport au poids total).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-21.jpg
Fichier image/jpeg, 171k
Titre Fig. 22. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Nombre et poids total de fragments osseux de la structure 10.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-22.jpg
Fichier image/jpeg, 239k
Titre Fig. 23. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Structure 10 : nombre de fragments osseux répartis par carrés.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-23.jpg
Fichier image/jpeg, 409k
Titre Fig. 24. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Structure 10 : poids des fragments osseux répartis par carrés.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-24.jpg
Fichier image/jpeg, 436k
Titre Fig. 25. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Nombre et poids total de fragments osseux de la structure 14.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-25.jpg
Fichier image/jpeg, 380k
Titre Fig. 26. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Nombre et poids des fragments osseux en L19 et M19.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-26.jpg
Fichier image/jpeg, 320k
Titre Fig. 27. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Nombre et poids des fragments osseux en N19 et N20.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-27.jpg
Fichier image/jpeg, 239k
Titre Fig. 28. Noyers-sur-Serein, Le Grand Vaucharme (Yonne).
Légende Nombre et poids des fragments osseux en O20.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-28.jpg
Fichier image/jpeg, 363k
Titre Pl. 1. Inhumation 1 : profil de la fosse et plan de la tombe.
Crédits DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20) ; cliché général du tertre 1 et détail du crâne portant le torque (clichés : C. Mordant.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-29.jpg
Fichier image/jpeg, 528k
Titre Pl. 2. Mobilier de l’inhumation 1 (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/3) et pantin de conservation (DAO : M.-J. Ancel).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-30.jpg
Fichier image/jpeg, 287k
Titre Pl. 3. Inhumation 2 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20) ; vue rapprochée du torque en place (cliché : M. Mordant).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-31.jpg
Fichier image/jpeg, 483k
Titre Pl. 4. Mobilier de l’inhumation 2 (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/3 et 1/1) et cliché des dents porteuses d’anomalies (cliché : M.-J. Ancel).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-32.jpg
Fichier image/jpeg, 242k
Titre Pl. 5. Inhumation 3 : relevés en plan des deux démontages successifs du tertre et profil de la fosse (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20) ; dessin du mobilier (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/1) ; vue générale de la fosse depuis l’est (cliché : C. Mordant).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-33.jpg
Fichier image/jpeg, 445k
Titre Pl. 6. Inhumation 4 : relevés en plan de la fosse aménagée, du squelette en place, et profil de la fosse.
Crédits DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-34.jpg
Fichier image/jpeg, 324k
Titre Pl. 7. Mobilier de l’inhumation 4 (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/3) ; détails du mobilier et du squelette in situ (clichés : C. Mordant).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-35.jpg
Fichier image/jpeg, 539k
Titre Pl. 8. Détail de l’os frontal portant la suture métopique (cliché : M.-J. Ancel) ; vue générale de la fosse (cliché : C. Mordant) ; pantin de conservation du squelette de l’inhumation 4 (DAO : M.-J. Ancel).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-36.jpg
Fichier image/jpeg, 590k
Titre Pl. 9. Inhumation 5 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20) ; mobilier (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/3).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-37.jpg
Fichier image/jpeg, 279k
Titre Pl. 10. Inhumation 5 en cours de fouille.
Crédits Clichés : C. Mordant.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-38.jpg
Fichier image/jpeg, 873k
Titre Pl. 11. Inhumation 6 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20 ; cliché du torque : C. Mordant éch. : 1/2).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-39.jpg
Fichier image/jpeg, 315k
Titre Pl. 12. Inhumation 6 en cours de fouille.
Crédits Clichés : C. Mordant.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-40.jpg
Fichier image/jpeg, 601k
Titre Pl. 13. Inhumation 13 : relevé en plan des restes osseux (DAO : S. Lenda ; éch. :1/10) ; vue d’ensemble des tertres 5, 6 et 13, vue depuis le nord (cliché : C. Mordant).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-41.jpg
Fichier image/jpeg, 686k
Titre Pl. 14. Crémation en urne 7 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/10).
Légende Vue générale de la tombe dans son contexte.
Crédits Cliché : C. Mordant.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-42.jpg
Fichier image/jpeg, 523k
Titre Pl. 15. Urne en céramique de la tombe 7.
Crédits Cliché et dessin : C. Mordant ; éch. :1/3.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-43.jpg
Fichier image/jpeg, 782k
Titre Pl. 16. Structure liée à la crémation 8.
Légende Relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. :1/20) ; vue générale de la structure (cliché C. Mordant).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-44.jpg
Fichier image/jpeg, 647k
Titre Pl. 17. Structure liée à la crémation 9 : relevé en plan.
Crédits DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20 ; fibule discoïde (cliché : C. Mordant ; éch. : 2/1).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-45.jpg
Fichier image/jpeg, 391k
Titre Pl. 18. Structure liée à la crémation 9 : vue générale et détail.
Crédits Cliché : C. Mordant.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-46.jpg
Fichier image/jpeg, 813k
Titre Pl. 19. Structure liée à la crémation 10 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20) ; vue générale de la structure vers l’est.
Crédits Cliché : C. Mordant.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-47.jpg
Fichier image/jpeg, 579k
Titre Pl. 20. Structures liées à la crémation 10 et 14 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20) et vue d’ensemble des structures vers l’est.
Crédits Cliché : C. Mordant.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-48.jpg
Fichier image/jpeg, 725k
Titre Pl. 21. Structure 12 : relevé en plan (DAO : S. Lenda ; éch. : 1/20), vue de la structure in situ, depuis l’ouest
Crédits Cliché et dessin du vase : C. Mordant ; éch. : 1/3.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-49.jpg
Fichier image/jpeg, 437k
Titre Pl. 22. Plan général du monument avec localisation des carrés ayant livré des os brûlés hors structure.
Crédits DAO : S. Lenda, M.-J. Ancel ; éch. : 1/125.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-50.jpg
Fichier image/jpeg, 322k
Titre Pl. 23. Clichés des dépôts charbonneux.
Crédits C. Mordant.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/docannexe/image/17099/img-51.jpg
Fichier image/jpeg, 788k
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Pour citer cet article

Référence papier

Marie-José Ancel, Claude Mordant, Émilie Millet, Pierre Nouvel et Bernard Poitout, « Le tumulus de l’âge du fer de noyers-sur-serein »Revue archéologique de l’Est, Tome 72 | 2023, 95-152.

Référence électronique

Marie-José Ancel, Claude Mordant, Émilie Millet, Pierre Nouvel et Bernard Poitout, « Le tumulus de l’âge du fer de noyers-sur-serein »Revue archéologique de l’Est [En ligne], Tome 72 | 2023, mis en ligne le 20 décembre 2023, consulté le 13 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/17099

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Auteurs

Marie-José Ancel

Archéoanthropologue, responsable d’opération, Archeodunum, UMR 6298 ArTeHiS Dijon. mariejose.ancel@gmail.com

Claude Mordant

Professeur émérite, Université de Bourgogne, UMR 6298 ArTeHiS Dijon. claude.mordant@u-bourgogne.fr

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Émilie Millet

Protohistorienne Inrap, UMR AOROC Paris. emilie.millet@inrap.fr

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Pierre Nouvel

Professeur, Université de Bourgogne, UMR 6298 ArTeHiS, Dijon. Pierre-Stanislas.Nouvel@u-bourgogne.fr

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Bernard Poitout

Archéologue. bernard-poitout@orange.fr

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