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Radio, pouvoir et communauté(s) : les ambiguïtés d’une relation entre émancipation et domination

Tristan Pinet-Le Bras et Thomas Leyris

Texte intégral

1La guerre en Ukraine et les coupures croissantes du réseau Internet dans le monde, suite à la montée des tensions géopolitiques, ont à nouveau montré l’intérêt des radios internationales dans la guerre informationnelle en cours. La radio s’impose de nouveau comme un instrument apte à toucher des populations isolées et dominées. La BBC a redémarré des émetteurs vers la Russie1, la France poursuit ses émissions en ondes courtes vers l’Afrique alors que plusieurs pays ont bloqué la réémission de RFI et de France 242.

  • 3 « Gagner les cœurs et les esprits » : Origine historique du concept - Application actuelle en Afgha (...)

2La radio transgresse en effet des frontières, qu'elles soient étatiques, sociales ou culturelles (Potter, 2022). Elle fascine par sa capacité à toucher des personnes dans des situations de domination et à agir sur leur comportement (Schaeffer, 1955). Mais cette fascination est partagée à la fois par les centres d’exercice du pouvoir installés et par ceux qui cherchent à les subvertir. Des États et des forces d’occupation l’ont utilisée comme un moyen de conserver leur autorité et de gagner « les cœurs et les esprits3 ». De même, les mouvements subversifs ont apprécié la radio pour sa capacité à se jouer des limites et des blocages imposés par les pouvoirs en place, pour toucher les populations dominées en utilisant leurs codes et leur langage. Cristallisés par l’expérience de la « guerre des ondes » pendant l’Entre-Deux-Guerres et la Seconde Guerre mondiale (Kuitenbrouwer, 2022), l’imaginaire politique de cette technologie d’information a irrigué les aspirations révolutionnaires. L’enthousiasme de Frantz Fanon pour la « Voix de l’Algérie libre », capable à ses yeux de transformer les masses algériennes en nation et de participer à la destruction du système colonial en témoigne (Fanon, 1968). Par la suite, dans un contexte de monopole étatique et d’une conception assez rigide du pluralisme sur les antennes dans l’Europe des Trente glorieuse, la légende du caractère subversif de la radio a été entretenue par l’éclosion des « radios-libres » en Grande-Bretagne, en Italie ou en France. En lien avec l’effervescence politique qui traverse alors le monde, la prise de parole sur les ondes est considérée comme libératrice (Lefebvre, 2008). L’ensemble de ces séquences historiques ont fait que les radios ont souvent été considérées comme des instruments aptes à agir efficacement sur le comportement des populations. A ce titre, elles ont intéressé le monde de la recherche qui a rapidement souligné les impacts ambigus de ce média.

3Dès ses premiers balbutiements, dans les années 1920 et 1930, les sciences humaines ont étudié les effets et le pouvoir que la radio pouvait exercer sur les auditeurs et les sociétés. Ainsi que le souligne Simon Potter, au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’épanouissement de la radio et son caractère transnational suscite de grands espoirs. A l’image de ce que suscitera plus tard les débuts d’Internet, certains espèrent que ce nouveau moyen de communication pourrait réunir le monde dans un climat pacifique (Potter, 2022). Mais dans le contexte de montée des tensions internationales et d’emploi de la radio par les régimes totalitaires, les chercheurs ont ensuite privilégié des analyses plus pessimistes. Une vision behavioriste qui avait tendance à surestimer son influence sur les auditeurs s’est d’abord imposée (Ricaud, 2016). C’est ce que montre un livre comme le Viol des foules par la propagande politique (1939) de Serge Tchakotine, ou les premiers travaux de l’école de Francfort (Veyrat-Masson, 1999). Par la suite, une approche plus mesurée des effets des médias de masse sur les individus s’est imposée en redonnant aux publics leur autonomie et leur marge de manœuvre face aux contenus. La sociologie de la réception a ainsi proposé de s’appuyer sur une connaissance plus fine du comportement des consommateurs face aux contenus médiatiques (Hoggart, 1957, de Certeau, 1980). Ces réflexions connaissent aujourd’hui un renouvellement chez les chercheurs qui analysent la place qu’occupe le média et ses capacités de résilience avec de nouvelles grilles de lecture et dans de nouveaux contextes. Les rôles de la radio dans la construction d’une culture de la jeunesse et comme espace de politisation sont explorés pour le continent européen avec des projets comme Popkult60 project en Allemagne et au Luxembourg ou par le GRER (Groupe de recherches et d’Études sur la Radio) en France. En Afrique et dans les mondes coloniaux, l’historiographie visant à comprendre les usages coloniaux et anticoloniaux des radios connaît une nouvelle dynamique. Le groupe de travail formé par Sekibakiba Lekgoathi autour des radios de guérillas d’Afrique australe entre les années 1960 et 1990 (Lekgoathi et al., 2020) ou les travaux de Marissa Moorman sur la place de la radio dans la décolonisation et la révolution angolaise (Moorman, 2019) en sont les aspects parmi les plus saillants. Ensemble, ces travaux présentent toute une palette d’usages de la radio par des groupes tant du côté de la production que de la réception. Ils montrent, d’une part, comment des communautés se construisent autour du médium ; et d’autre part, comment la politisation de son usage est plus ou moins réussie selon les contextes et les pratiques.

4Ce numéro thématique a donc pour but de constituer un jalon dans l’étude de la portée réelle de la radio dans un contexte de domination. Il entend questionner la dynamique entre les usages politiques de la radio et ses usages communautaires ou culturels. En effet, la radio peut être mobilisée dans des processus de construction identitaires en opposition aux politiques nationales d’un pouvoir central ou de ses élites et des représentations dominantes qu’elles projettent. Elle peut dès lors renforcer des logiques communautaires, participant souvent pleinement des processus de racialisation (Schaub, 2015). Toutefois, l’objectif de ce numéro est aussi de montrer que cette logique n’est pas mécanique et que les publics se réapproprient (ou non) les contenus de manière inattendue, court-circuitant régulièrement des politiques radiophoniques pourtant soigneusement préparées. Plutôt que de traiter séparément ces questions, nous souhaitons ici les traiter ensemble, pour tenter de dessiner les ressorts d’un rapport ambigu entre radio, communautés et pouvoir. Les ondes apparaissent alors comme un espace où l’on peut faire valoir la légitimité d’un groupe, d’une idéologie ou d’une communauté. C’est une arène où s’affrontent différentes souverainetés en quête de reconnaissance. Au cœur de ce processus, certains y arrivent avec plus ou moins de succès. D’autres se heurtent au contre-coup de souverainetés plus confortablement installées dans le paysage médiatique. Clé de la réussite, la capacité d’une politique radiophonique à se saisir des institutions qui fondent une communauté, fait souvent la différence. Ce numéro donne ainsi à voir plusieurs itinéraires possibles et divergents en croisant des approches anthropologiques, ethnologiques et historiques.

5Le dossier s’ouvre ainsi sur quatre articles qui explorent la façon dont une communauté cherche à s’affirmer et porter sa légitimité sur les ondes, souvent contre un ordre établi. Maria Teresa Betancor expose comment et avec quels objectifs des féministes italiennes radicales ont profité de l’éclosion des radios libres à Rome dans la seconde partie des années 1970. Bien que critiquée dans leur propre camp et ciblée par un attentat d’extrême droite, l’émission Radio Donna diffusée sur les antennes de Citta Futura a participé à la formation d’un féminisme radical en Italie. Diane Di Sciullo se penche quant à elle sur une radio autochtone du Veracruz mexicain. En montrant comment différentes communautés marginalisées s’appuient sur la radio pour asseoir la légitimité de leur différence, elle souligne les milles fractures qui rendent ce projet délicat, notamment lorsque le personnel radio se confronte au processus de racialisation des voix manifesté par les auditeurs.

6Deux autres terrains nous emmènent dans les territoires ultramarins français, où différentes communautés tentent de trouver leur place et de se définir notamment par la radio. Kristi Rhead explique comment Radio FreeDom à la Réunion est traversée de contradictions dans sa volonté de représenter la population créole de l’île. Profondément inscrite dans le paysage réunionnais, elle n’en demeure pas moins ambiguë quant à la place qu’elle offre aux contestations issues des frustrations de la population. Tristan Vassaux présente quant à lui Kam’Radio et le rôle joué par cette station de l’Ouest guyanais basée à Saint-Laurent du Maroni. Fondée comme FreeDom à la suite de la libéralisation des ondes par la loi de 1982, cette station tente de refléter la mosaïque ethnique et linguistique de l’ouest guyanais en affirmant une identité propre, distincte de celle promue par le centre du pouvoir créole.

  • 4 Cet article est une traduction d’un extrait du chapitre 2 « "Broadcasting Multiculturalism - and Ra (...)

7La deuxième partie du dossier analyse cependant comment les ambitions contestataires d’une radio et sa communauté peuvent se heurter aux intérêts politiques et économiques de puissances mieux assises. Clément Roux refroidit le mythe de l’efficacité subversive d’une radio rebelle en présentant l’échec de la rébellion des FARC dans ce domaine. Au début des années 2000, la guérilla marxiste se lance dans une aventure radiophonique destinée à encourager les populations à se soulever contre le gouvernement colombien. Pour cela, La Voix de la résistance s’appuie sur les traditions populaires et révolutionnaires colombiennes. Toutefois, l’auteur montre que, contrairement au destin de nombreuses guérillas radiophoniques africaines (Moorman, 2019, Lekgoathi et al., 2020), le gouvernement du président Uribe, soutenu par les États-Unis et appuyé par des succès militaires, ont mené une contre-offensive radiophonique efficace que des théoriciens de la contre-insurrection comme David Galula n’auraient pas désavoués. Les dirigeants des FARC en arrivèrent à devoir interdire l’écoute des radios gouvernementales dans leurs propres rangs. Dans une optique différente, l’article d’Amy Coddington, traduit pour RadioMophoses4, analyse les façons selon lesquelles les enjeux économiques et financiers ont rebattu les cartes du paysage radiophonique états-unien, jusque-là construit sur une logique communautaire. Lorsque la déségrégation promet une rentabilité inespérée, il n’y a plus qu’une couleur visible pour les programmateurs : celle du billet vert. Ce faisant, l’autrice explicite comment ces derniers déstructurent des logiques communautaires qui avaient patiemment bâti un espace radiophonique pour ainsi dire autogéré par la communauté, en particulier noire-américaine, sans pour autant affaiblir le racisme structurel de l’industrie musicale. Ici, rassembler les communautés n’a pas remis en cause les structures du pouvoir mais a contribué au contraire à les affermir.

  • 5 KUITENBROUWER Vincent. The Glass House Revisited: Radio Broadcasting and the Blind Spots in the Lat (...)

8Enfin, entre subversion totale et domination sans espoir, l’article de Vincent Kuitenbrouwer, traduit également pour RadioMorphoses, présente une voie médiane entre les deux axes principaux de ce dossier en éclairant une histoire pratiquement ignorée dans le monde francophone : la naissance et l’enfance de la radio coloniale néerlandaise en Indonésie5. En s’appuyant sur des archives et une littérature secondaire bien établie, l’auteur montre à quel point les « colonisés » des Indes néerlandaises ont réussi à peser sur le fonctionnement de la NIROM (Nederlands-Indische Radio Omroep Maatschappij) et sur sa programmation. Le Conseil des programmes, inauguré en 1934 fixait à la radio l’objectif de maintenir l’ordre colonial en faisant des ondes un terrain d’expression neutre. L’article met en lumière comment, dès son ouverture, le conseil a été ouvert aux élites indonésiennes représentantes de nombreux radio-clubs leur permettant de faire entendre leurs doléances. Ainsi, la NIROM a-t-elle dû rapidement étendre la durée des programmes destinés aux auditeurs indonésiens en leur réservant une fréquence dédiée de plus en plus développée et difficile à contrôler. La diffusion de musiques hybrides comme le Krontjong sur les antennes de la NIROM dès cette époque montre que la « guerre des ondes » se jouait parfois au sein même des radios et brouillait les limites entre dominants et dominés.

9Au final, les contributions publiées dans ce dossier permettent de saisir la complexité des usages de la radio. Elles montrent l’importance des contextes politiques, économiques et sociétaux au sein desquels le média s’insère et que son emploi à de fins politiques et sociétales conduit à des résultats incertains. L’inscription dans des réseaux et dans une culture appropriée détermine cependant le succès des entreprises radiophoniques ambitieuses. La question de la politique musicale incarne ainsi les ambiguïtés du pouvoir par les ondes. Les textes publiés mettent ainsi en valeur, sans que les autrices et auteurs y aient été encouragés, le rôle de la musique et des chansons dans le découpage des légitimités communautaires. L’émission Radio Donna diffusait des cantautori engagés et des groupes féministes, conditionnant sa politique musicale aux exigences idéologiques, sans chercher la popularité. Dans le cas des FARC, cette intransigeance révolutionnaire affaiblit la portée de la radio marxiste, tournée vers les paysans, au détriment des jeunes qui s’abreuvent de musiques commerciales diffusées par les antennes gouvernementales. Le dossier montre ainsi que l’équilibre est délicat à maintenir entre projet politique et appropriation musicale des auditeurs. Les autorités néerlandaises se retrouvent ainsi démunies lorsque colons et colonisés embrassent ensemble des musiques hybrides comme le Jazz ou le Krontjong, à rebours du projet colonial hiérarchisant. Aux États-Unis, alors que l’industrie musicale s’était évertuée à séparer les consommateurs selon des logiques raciales, Amy Coddington nous apprend que les radios Crossover installent leur succès en diffusant des chansons plaisant à la fois aux Noirs, aux Blancs et aux Hispaniques. Mais, si des artistes issus de minorités se retrouvent ainsi exposés, cela ne change pas la mécanique financière qui concentre les profits chez les entrepreneurs blancs. En somme, la musique, par sa capacité à séduire des goûts en constante évolution, peut participer à une remise en cause de l’ordre social mais également à son renforcement. La radio joue ainsi un rôle similaire selon les usages et les contextes politiques, économiques et sociétaux d’appropriation.

10Croisant des approches anthropologiques, ethnologiques et historiques, le dossier invite à poursuivre les travaux sur la place occupée par le média dans la transformation des sociétés. Dans une perspective globale, il montre à la fois l’importance des logiques locales, tout en formulant des formes de régularités et de cohérence à travers les continents. Une radio ne peut exister sans public, mais lorsque celui-ci prend la forme d’une communauté, les enjeux s’en trouvent transformés et l’entreprise radiophonique se trouve mobilisée dans des luttes, le plus souvent culturelles, qui la dépassent.

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Bibliographie

DE CERTEAU Michel. L’invention du quotidien. Paris: Union générale d’éditions, 1980.

FANON Frantz. Sociologie d’une révolution : l’an V de la révolution algérienne. Paris: Maspero, 1968.

« Gagner les cœurs et les esprits » : Origine historique du concept - Application actuelle en Afghanistan. calameo.com. s. d. Disponible sur: <https://www.calameo.com/read/00000977906c791ca523f>. Consulté le: 26 févr. 2024.

HOGGART Richard. The Uses of Literacy. Piscataway: Transaction Publishers, 1957.

KUITENBROUWER, Vincent. Radio Wars. Histories of Cross-Border Radio Propaganda. In: POTTER, Simon J. et al. (Dirs.). The Wireless World. Global Histories of International Radio Broadcasting. Oxford: Oxford University Press, 2022, p.104‑122.

LEFEBVRE, Thierry. La Bataille des radios libres : 1977-1981. Nouveau monde, 2008.

LEKGOATHI Sekibakiba Peter; MOLOI, Tshepo; SAUTE SAIDE, Alda Romao (Dirs.). Guerilla radios in southern Africa. Broadcasters, Technology, Propaganda Wars, and the Armed Struggle. Johannesburg: Rowman & Littlefield International, 2020.

MOORMAN Marissa. Powerfull frequencies. Radio, State Power and the Cold War in Angola, 1931-2002. Athens: Ohio University Press, 2019.

POTTER Simon J. Out of the Ether: The Wireless World and New Histories of International Radio Broadcasting. In: POTTER, Simon J. et al. (Dirs.). The Wireless World. Global Histories of International Radio Broadcasting. Oxford: Oxford University Press, 2022, p.1‑32.

RICAUD Pascal. Analyser la radio en termes d’effets. In: ANTOINE, Frédéric (Dir.). Analyser la radio: méthodes et mises en pratique. Louvain-la-Neuve: De Boeck supérieur, 2016, p.178‑186.

SCHAEFFER Pierre. Vers un réseau de radiodiffusion de la France d’outre-mer. Paris: Ministère de la France d’Outre-mer RFOM, 1955.

SCHAUB Jean-Frédéric. Pour une histoire politique de la race. Paris: Éditions du Seuil, 2015.

VEYRAT-MASSON Isabelle. Le regard des sciences humaines. In: JEANNENEY, Jean-Noël (Dir.). L’écho du siècle. Dictionnaire historique de la radio et de la télévision en France. Paris: Hachette Littérature, 1999, p.633‑639.

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Notes

1 https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-m/l-edito-m-du-jeudi-10-mars-2022-6280067, consulté le 26/02/2024.

2 https://www.rfi.fr/fr/afrique/20230802-comment-%C3%A9couter-et-suivre-rfi-en-afrique, consulté le 26/02/2024.

3 « Gagner les cœurs et les esprits » : Origine historique du concept - Application actuelle en Afghanistan, https://www.calameo.com/read/00000977906c791ca523f, (consulté le 26 février 2024).

4 Cet article est une traduction d’un extrait du chapitre 2 « "Broadcasting Multiculturalism - and Rap - on Crossover Radio », pp.41-64 » d’un livre récemment paru : CODDINGTON Amy, How Hip Hop Became Hit Top: Radio, Rap and Race, Oakland, CA: University of California Press, 2023.

5 KUITENBROUWER Vincent. The Glass House Revisited: Radio Broadcasting and the Blind Spots in the Late Colonial State in the Netherlands Indies, 1920s and 1930s, in KOEKKOEK René et al (dir.), The Dutch Empire between Ideas and Practice, 1600-2000, Londres: Palgrave McMillan, 2019.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Tristan Pinet-Le Bras et Thomas Leyris, « Radio, pouvoir et communauté(s) : les ambiguïtés d’une relation entre émancipation et domination »RadioMorphoses [En ligne], 11 | 2024, mis en ligne le 20 mars 2024, consulté le 26 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/radiomorphoses/3957 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/radiomorphoses.3957

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Auteurs

Tristan Pinet-Le Bras

Thomas Leyris

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