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1L’ambiguïté attachée aux œuvres des sophistes, tout autant qu’à leur rôle dans la tradition philosophique grecque, ne paraît pas pouvoir être dissipée : « pseudophilosophes », « antiphilosophes », voire « alterphilo­sophes », la question de leur inscription dans la tradition philosophique reste posée. Elle l’est en quelque sorte depuis toujours, depuis que les sophistes ont proposé leur enseignement novateur, et depuis que Platon en a condamné la vacuité et dénoncé les dangers. La question est à ce point ancienne que l’on continue sans doute de la poser par habitude, sans trop se soucier de lui trouver une réponse dont on devine qu’elle ne rendra pas justice aux textes sophistiques. Les historiens de la philo­sophie sont plus curieux, aujourd’hui, des modalités et des termes de la rencontre entre ces sophistes et ceux de leurs contemporains qui, philosophes, mais aussi bien historiens ou idéologues, se mesuraient à de mêmes questions et participaient aux mêmes débats. Les études que nous rassemblons dans ce numéro examinent certaines de ces rencontres, et elles partagent toutes une même attention au contexte dans lequel la parole sophistique a été prononcée ou écrite. Elles sont également sou­cieuses de la confrontation des œuvres et des arguments au sein de ces débats, ainsi qu’à ce qui permet d’apprécier des formes d’interventions proprement sophistiques qui, pour certaines, n’ont rien de commun avec leurs parentes philosophiques auxquelles on tend à les apparier ou à l’aune desquelles on veut les juger.

2Les textes ici rassemblés ont pour commune origine un colloque international consacré aux « Sophistes anciens » les 1er et 2 Décembre 2006 à l’Université de Paris X - Nanterre. Ce colloque se proposait de contribuer à produire un état des lieux de notre connaissance des so­phistes et des travaux qui leur ont été consacrés. L’accent était alors mis sur des questions contextuelles, où l’on se proposait d’observer la ma­nière dont les sophistes prenaient part à des débats anciens ou bien con­cevaient leur propre inscription dans le champ culturel et savant grec (ce sont les questions auxquelles se confrontent les études de Jean-Marie Bertrand, de Louis-André Dorion et de Michel Narcy), et de quelle façon encore ils conçoivent la spécificité de leurs contributions aux débats de leur temps et la particularité des techniques dont ils s’estiment posses­seurs (comme l’évoque Michael Gagarin). En outre, l’occasion était trouvée d’examiner plus attentivement un sophiste « mineur », Thrasy­maque de Chalcédoine, dont on peut espérer que les études de Mauro Bonazzi et d’Arnaud Macé le feront mieux connaître.

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Pour citer cet article

Référence papier

Jean-François Pradeau, « Présentation »Philosophie antique, 8 | 2008, 5-6.

Référence électronique

Jean-François Pradeau, « Présentation »Philosophie antique [En ligne], 8 | 2008, mis en ligne le 01 juillet 2021, consulté le 15 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/philosant/4438 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/philosant.4438

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Auteur

Jean-François Pradeau

Université de Lyon III

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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