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Comptes rendus

Marc Van de Mieroop, Philosophy Before the Greeks : the pursuit of truth in ancient Babylonia

Jean-Jacques Glassner
p. 208-209
Référence(s) :

Marc Van de Mieroop, Philosophy Before the Greeks : the pursuit of truth in ancient Babylonia, Princeton, Princeton University Press, 2016, VIII-297 p., ISBN : 978-0-691-15718-4.

Texte intégral

1L’intitulé de l’ouvrage fait inévitablement référence à un livre plus ancien, écrit à plusieurs mains : H. A. Frankfort, J. A. Wilson, Th. Jacobsen, et W. A. Irwin, The Intellectual Adventure of Ancient Man : an essay on speculative thought in the ancient Near East, University Press, Chicago, 1946. On pense également à R. Watson et W. Horowitz, Writing Science Before the Greeks : a naturalistic analysis of the Babylonian astronomical treatise MUL.APIN, Brill, Leyde, 2011. Dans le premier, il était question du mythe comme mode d’expression, de l’observation de l’univers, de la perception de l’État, de la relation des hommes et des dieux, enfin de la capacité des premiers à s’émanciper de l’univers du mythe. Le second était davantage consacré aux procédures intellectuelles présidant à la création d’ouvrages scientifiques.

2Marc Van de Mieroop a un tout autre objectif. Philosophie est pour lui synonyme de savoir et il s’interroge sur la manière dont celui-ci fut élaboré et sur la vérité qu’il dévoilait. Il écarte d’emblée toute approche morale et politique, et ignore les grands textes philosophiques produits par les anciens comme l’épopée de Gilgamesh, la stèle de Cutha, la Théodicée babylonienne, le Dialogue du maître et de l’esclave ou le récit du Juste souffrant.

3Il choisit trois domaines d’investigations : les textes lexicographiques, les traités divinatoires et les « codes » de lois. Dans ces trois aires, les lettrés privilégièrent la pensée par cas et produisirent des listes.

4En peu de mots, ils imaginèrent un monde fait d’une infinité d’objets, d’actions et de mots, qui se mettaient eux-mêmes en scène, qui étaient pensés comme des signes révélateurs d’un univers invisible, dont l’existence n’était pas démontrée, mais dont ils étaient des éléments. S’ils apparaissaient, c’était parce que l’esprit analysait.

5Partant, ils composèrent des listes à deux dimensions, syntagmatique et paradigmatique, des listes de mots pour classer le monde, des listes de sentences divinatoires et des listes de décisions normatives, où ils procédaient par cas. La liste est sans doute un outil universel, mais ce sont les Babyloniens qui en usèrent le plus et en explorèrent le potentiel créatif dans son extension la plus grande. L’analogie en était le principe, qui liait ensemble tous ses éléments.

6Deux démarches retiennent plus particulièrement la curiosité de l’auteur, l’herméneutique et la logique. La première est la manière d’interpréter tous les phénomènes considérés comme des signes ; pour les lettrés mésopotamiens, elle était l’outil leur permettant d’interpréter des textes véhiculant des significations multiples, car ce n’était pas la réalité physique qui les préoccupait, mais l’écriture et ses graphèmes, avec leur capacité créatrice. Or, les graphèmes étaient instables, jusque dans leurs usages les plus élémentaires ; ils étaient polyvalents, pouvant dire plusieurs mots et plusieurs syllabes. La seconde, et surtout la logique formelle, exprimait une pensée qui résultait de la réflexion davantage que de l’expérience, qui se construisait sur des hypothèses jugées crédibles, et qui permettait d’effectuer des raisonnements déductifs.

7À distance de la philosophie, l’ouvrage contient nécessairement beaucoup d’allusions historiques destinées à éclairer le lecteur non initié à la Mésopotamie.

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Pour citer cet article

Référence papier

Jean-Jacques Glassner, « Marc Van de Mieroop, Philosophy Before the Greeks : the pursuit of truth in ancient Babylonia »Philosophie antique, 17 | 2017, 208-209.

Référence électronique

Jean-Jacques Glassner, « Marc Van de Mieroop, Philosophy Before the Greeks : the pursuit of truth in ancient Babylonia »Philosophie antique [En ligne], 17 | 2017, mis en ligne le 01 novembre 2018, consulté le 20 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/philosant/321 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/philosant.321

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