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Oppida et « civilisation des oppida » cent ans après Joseph Déchelette

Les oppida, une parenthèse dans l’histoire de l’Europe tempérée ?

The oppida, a digression in the history of temperate Europe ?
Vincent Guichard
p. 159-171

Résumés

En affirmant que « les forteresses gauloises n’étaient point de simples lieux de refuge […] mais de véritables villes occupées par une population fixe […] L’oppidum était aussi l’emporium, le marché de la cité […] », Joseph Déchelette a durablement conceptualisé la notion d’oppidum. Un siècle plus tard, cette définition est encore, peu ou prou, celle qui a la faveur de la communauté des protohistoriens. Pourtant, l’augmentation exponentielle des données, qu’elle concerne les oppida ou plus largement l’ensemble de la documentation archéologique relative à la période des iie et ier siècle av. J.-C., invite à une reconsidération en profondeur de l’analyse de Déchelette. C’est cette reconsidération que nous évoquons, en nous appuyant plus particulièrement sur les travaux de Vladimir Salač, qui, dans une série d’articles récents, constate que les données archéologiques permettent de proposer une interprétation de l’apparition des oppida opposée à celle de Déchelette, à savoir comme le symptôme d’une « désurbanisation ».

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Note de la rédaction

Cet article est issu d’une intervention effectuée à l’invitation de Philippe Gardes lors la journée d’études Oppida et « civilisation des oppida » un siècle après Joseph Déchelette, organisée le 10 décembre 2014 à Toulouse par le laboratoire TRACES. En reprenant des travaux récents d’autres chercheurs, il n’a pas d’autre ambition que de souligner qu’il est possible de défendre une interprétation des oppida alternative à celle dominante depuis l’époque de Déchelette, sans prétendre épuiser l’argumentaire en faveur de cette interprétation. Son propos a été exposé de façon résumée dans la conclusion de : Fichtl, Guichard, 2016.

Texte intégral

  • 2 Déchelette, 1914, p. 947-948.
  • 3 Voir par exemple Collis, 1984, Fichtl, 2005.
  • 4 Cf. Lukas, 2014.
  • 5 Par exemple Kaenel, 2006 et Haselgrove, 2010.
  • 6 Voir notamment les recueils d’articles suivants : Guichard, Sievers, Urban, 2000 ; Haselgrove, 2006 (...)
  • 7 Notamment Salač, 2000 ; 2012 ; 2014.

1En affirmant que « les forteresses gauloises n’étaient point de simples lieux de refuge […] mais de véritables villes occupées par une population fixe […] L’oppidum était aussi l’emporium, le marché de la cité […] », Joseph Déchelette se référait au témoignage d’un site particulier, le mont Beuvray, dont l’exploration entre 1899 et 1901 à la suite de son oncle Jacques-Gabriel Bulliot avait été déterminante pour la suite de ses recherches2. Un siècle plus tard, cette définition est encore, peu ou prou, celle qui a la faveur de la communauté des protohistoriens3, après qu’elle ait été conceptualisée par J. Filip en 19714. Pourtant, l’augmentation exponentielle des données, qu’elle concerne les oppida stricto sensu – définis ici comme les vastes fortifications qui se développent à la toute fin de l’âge du Fer en Europe « moyenne » – ou plus largement l’ensemble de la documentation archéologique relative à la période des iie et ier siècle av. J.-C. – tant il serait peu satisfaisant de considérer les oppida hors du contexte social de leur développement –, invite à une reconsidération en profondeur de l’analyse de Déchelette, comme d’autres l’ont déjà souligné5 et comme les nombreux travaux publiés depuis une quinzaine d’années en témoignent6. C’est cette reconsidération que nous évoquons ici, en nous appuyant plus particulièrement sur un article de Greg Woolf (1993), qui avait milité pour une nouvelle lecture du phénomène de développement fulgurant des travaux de fortification dans une grande partie de l’Europe tempérée aux iie et ier s. av. J.-C., et surtout sur les travaux de Vladimír Salač, qui, dans une série d’articles récents7, constate que les données archéologiques permettent de proposer une interprétation de l’apparition des oppida opposée à celle de Déchelette, à savoir comme le symptôme d’une « désurbanisation ».

2De fait, l’oppidum de Bibracte est saisi par Déchelette dans sa période de plein développement, dans les premières années du règne d’Auguste, juste avant sa récession brutale à partir de -15 environ. C’est alors la capitale du peuple fédéré des Éduens, un statut privilégié acquis dès le milieu du iie siècle et confirmé au lendemain de la conquête. Ce statut se traduit par la mise en place d’un centre monumental incluant un forum dont l’architecture est parfaitement italienne (Szabó et al. à paraître) et par une forte diffusion des techniques et formes romaines de construction dans l’architecture domestique, ce qui n’empêche que la physionomie de l’agglomération, alors devenue une ville à part entière selon les critères gréco-romains, soit hybride, avec un rempart de type murus gallicus qui continue à participer à la parure urbaine et des espaces à vocation collective dont l’architecture ne doit semble-t-il rien à des modèles exogènes, comme la place entourée d’une galerie de bois qu’ont dégagée depuis 2012 Philippe Barral, Martine Joly, Pierre Nouvel et Matthieu Thivet. L’aspect de l’oppidum à la veille de la guerre des Gaules est bien plus incertain : on commence à peine à identifier des espaces architecturés à vocation collective, l’architecture domestique de statut social élevé y est seulement présumée et l’occupation est sans doute sensiblement moins dense qu’à la période suivante.

1. De l’apparition brutale des oppida

  • 8 Sur ce point de chronologie, cf. l’introduction de Barral, Fichtl, 2012.
  • 9 Voir notamment Kysela, 2013.

3En nous démarquant de Déchelette, il nous semble suffisant – et plus efficace – de définir les oppida en utilisant comme seul critère la présence d’une vaste enceinte de la période considérée. Deux raisons à cela : tout d’abord, les autres critères invoqués (population nombreuse, centre économique, et à plus forte raison centre politique) sont bien plus difficiles à mettre en évidence et à quantifier par l’archéologue ; surtout, il est avéré que certaines grandes fortifications de ce type n’ont pas disposé d’une population nombreuse et durable. On invoque le plus souvent l’exemple du mont Vully (canton de Fribourg, CH), qui a fait l’objet de sondages méthodiques, mais bien d’autres peuvent être mentionnés, comme un des derniers en date à avoir été mis en évidence par la découverte de son rempart, sur la colline de Fourvière à Lyon (fouille de Michèle Monin en 2014). Les données chronologiques disponibles montrent à notre avis que l’apparition des oppida s’effectue simultanément à la toute fin du iie s. et au début du ier s. av. J.-C. sur une très vaste zone, de la façade atlantique de la France (et de la vallée de la Garonne) jusqu’à la moyenne vallée du Danube. Ce moment correspond à un horizon chrono-typologique évolué de La Tène D1b, notamment caractérisé dans les régions occidentales par le début des importations régulières d’amphores Dressel IB et de céramique campanienne « B-oïde »8. L’hypothèse d’un développement plus précoce en Europe centrale, invoqué notamment par Peter Drda pour Závist (Bohême), ne s’appuie sur aucun élément déterminant de notre point de vue9. Remarquons aussi en passant que cette chronologie basse et resserrée dans le temps induit que « nos » oppida continentaux sont un phénomène historique complètement distinct de celui des oppida de la façade méditerranéenne de la Gaule, qui se développent dans une temporalité différente, essentiellement entre le vie et le iie s. av. J.-C., pour régresser dans le siècle suivant.

  • 10 Ainsi Collis, 1984.
  • 11 Pour un aperçu de ce phénomène : Fichtl, Guichard, 2016.
  • 12 Voir par exemple Haselgrove, Guichard, 2013.
  • 13 Van Endert, 1987 pour les données chronologiques relatives à la porte Est ; Eller et al., 2012.

4Sur les exemples de Bâle, de Levroux et d’Aulnat notamment, on a depuis longtemps remarqué que l’apparition d’un site de hauteur fortifié au ier s. av. J.-C. pouvait être corrélée avec la désaffection d’une agglomération voisine préexistante10. Le corpus documentaire disponible aujourd’hui, bien plus abondant en raison du développement de l’archéologie de sauvetage, montre que ce scénario est fréquent sur toute l’étendue de la zone des oppida. Il est devenu évident que le iiie et surtout le iie s. av. J.-C. correspondent à une période d‘accroissement de la population et de développement économique sans précédent, ce dont témoignent des milliers d’établissements ruraux et une liste de plus en plus fournie d’agglomérations qui ont pour point commun d’être installées en position optimale du point de vue des échanges et d’être dépourvues de fortification11. C’est aussi un constat général – bien qu’encore inégalement documenté d’une région à l’autre – que l’ensemble de ces lieux de vie subit une récession brutale au moment exact du développement des fortifications, après que leur développement ait culminé dans le seconde moitié du iie s. av. J.-C. (horizons LT D1a et LT D1b « ancien »), de sorte que les données archéologiques relatives à l’occupation du vaste territoire considéré au ier s. av. J.-C. sont fortement déficitaires en dehors des oppida12. Cela vaut notamment pour l’Europe centrale où l’on a mis en évidence quelques agglomérations ouvertes du iie s. av. J.-C. particulièrement étendues et actives, comme Berching-Polanten (Bavière), Roseldorf (Basse-Autriche), Lovosice (Bohême), Němčice (Moravie), mais aussi Manching (Bavière), puisqu’il faut se rendre à l’évidence que le célèbre oppidum bavarois n’a été pourvu d’un rempart qu’à un moment tardif de son histoire13. Le mérite revient à Vladimír Salač d’avoir tiré toutes les conséquences de ces observations (fig. 1) : les agglomérations de type Němčice-Roseldorf (ou NRZ, pour Němčice-Roseldorf Zentrum) dénotent un phénomène d’urbanisation qui est interrompu brutalement avec l’apparition des oppida, que ceux-ci résultent de la fortification d’agglomérations préexistantes ou de l’investissement de sites de hauteur – ou, souvent, du réinvestissement de sites occupés plus anciennement, notamment au Bronze final et aux vie/ve s. av. J.-C. (cf. l’exemple typique de Závist). Ce constat peut sans difficulté être étendu à la partie occidentale de la zone des oppida, des sites comme Aulnat (Puy-de-Dôme), Lacoste (Gironde) ou Toulouse étant de notre point de vue des exemples évidents d’agglomérations de type NRZ.

Fig. 1. La dynamique de l’habitat à la fin de l’âge du Fer en Europe centrale, telle que Vladimir Salač la modélise (dans Sievers, Schönfelder, 2012, p. 336).

Fig. 1. La dynamique de l’habitat à la fin de l’âge du Fer en Europe centrale, telle que Vladimir Salač la modélise (dans Sievers, Schönfelder, 2012, p. 336).
  • 14 Malrain, Blancquaert, Lorho, 2013, 225-232 et fig. VIII, qui toutefois ne notent pas que la récessi (...)
  • 15 Trément, 2013, notamment vol. 1, p. 241 sq.

5La zone occidentale a en outre l’intérêt de montrer que la récession affecte aussi de façon systématique les campagnes, parce qu’on y dispose d’un corpus fourni de sites ruraux en raison de l’intensité des fouilles de sauvetage. Ce phénomène est général, comme le montre l’étude d’un corpus de plus de cinq cent habitats ruraux fouillés et répartis sur toute la moitié nord de la France14. Cette récession de grande ampleur affecte autant la démographie que l’économie, puisque les oppida, aussi actifs soient-ils, n’ont pu à l’évidence absorber un effectif de population et un volume d’activité de même niveau que celui observé sur leur territoire au siècle précédent. Le cas de la Basse-Auvergne est particulièrement révélateur à cet égard, l’activité se concentrant vers -100 sur le plateau de Corent – un oppidum qui reste d’ailleurs « potentiel » au vu de notre définition, tant que l’on n’a pas mis en évidence son rempart, tout en notant que le site est déjà puissamment défendu par les falaises qui le délimitent – qui, avec ses 70 ha, est loin d’avoir pu absorber l’activité de l’agglomération d’Aulnat, de plus de 200 ha, et des dizaines d’établissements ruraux identifiés alentour, même si l’on prend en compte le « faubourg » qui a été mis en évidence au pied du plateau. Dans cette région, comme dans d’autres, on peut néanmoins suspecter que le niveau de la récession est amplifié par un biais documentaire : la fréquence des indices d’occupation laténiens sur les habitats ruraux gallo-romains, alliée à des démonstrations malheureusement encore trop peu nombreuses par des fouilles, semble indiquer que la réorganisation du peuplement qui intervient vers -100 ne sera pas remise en cause au moment de la romanisation, avec pour conséquence l’occultation des habitats du ier s. av. J.-C. sous d’autres plus récents15.

2. De la nature de l’urbanisation du iie s. av. J.-C.

  • 16 Lambot, Méniel, 2000.
  • 17 Cf. par exemple Menez, 2012 ; Fichtl, 2013 ; Poux, Fichtl, à paraître.
  • 18 Exemples typiques de Ribemont-sur-Ancre (Somme), Mandeure (Doubs), Mirebeau (Côte-d’Or)… ; cf. Brun (...)

6La mesure du niveau d’urbanisation atteint au iie s. av. J.-C. reste difficile à évaluer, notamment en raison de la rareté des fouilles extensives sur les sites d’agglomérations et de la difficulté d’interprétation des vestiges ténus de l’architecture à ossature de bois que ces sites révèlent. La seule agglomération entièrement dégagée, à Acy-Romance (Ardennes), est à cet égard significative : l’espace central dépourvu de construction et délimité par une palissade ne se laisse pas interpréter de façon univoque, tout comme la rangée de bâtiments qui la longe (malgré l’hypothèse de temples proposés par le fouilleur), en raison du caractère ubiquiste de cette architecture à plan centré16. Le plus souvent, l’information partielle dont on dispose renvoie l’image d’un regroupement peu ordonné d’unités d’habitation peu différenciées, sans que l’on puisse distinguer de secteurs dotés d’une vocation économique spécifique (quartier artisanal, place de marché). L’habitat de l’élite y est indiscernable. Les espaces collectifs sont peu lisibles et, quand ils sont localisés, ils restent modestes et ne structurent pas l’espace habité – en plus d’Acy-Romance, déjà cité, mentionnons notamment Manching, Roseldorf, Saumeray (Eure-et-Loir). En outre, ces agglomérations apparaissent comme une réalité archéologique largement autonome vis-à-vis des deux autres catégories de sites qui caractérisent la géographie humaine de l’époque, à savoir l’habitat rural et les sanctuaires. L’habitat rural dénote en effet, par sa diversité, qui se répercute aussi sur les vestiges funéraires qui lui sont associés, une hiérarchie sociale affirmée avec, en haut de l’échelle, des sites comparables aux châteaux du monde féodal (Paule, en Côte d’Armor) ou aux demeures patriciennes du monde romain (Bâtilly-en-Gatinais)17. Les sanctuaires répondent quant à eux à une temporalité, une architecture et une géographie spécifiques. Souvent fondés dès La Tène ancienne, ils peuvent déployer leurs enclos sur de grandes étendues à distance des pôles de peuplement, voire sur des confins18, les plus importants pouvant néanmoins susciter l’installation à leur périphérie d’une agglomération qui prend de l’importance dès le iie s. av. J.-C. (voir notamment le corpus de sites constitué depuis 2011 par le PCR « Agglomérations antiques de Bourgogne, Franche-Comté et Champagne méridionale »).

7Cet ensemble de données donne l’impression de réalités largement indépendantes les unes des autres, comme si le mode de structuration des territoires politiques (avec les sanctuaires), la gestion des ressources domaniales – en y incluant la main d’œuvre qui pouvait, le cas échéant, être mobilisée pour des motifs militaires – (avec le réseau de peuplement rural et ses résidences élitaires) et les échanges et la production industrielle (avec les agglomérations), étaient au iie s. av. J.-C. le fait de segments autonomes de la société.

8On notera encore, à l’appui de l’autonomie de ces trois facettes des sociétés continentales de la fin de l’âge du Fer, que l’archéologie ne fournit aucun indice probant de la gestion communautaire des ressources vivrières dans les agglomérations, en l’absence notable d’espaces collectifs de stockage comme on les connaît bien dans le monde romain (dès la fin du ier s. av. J.-C. dans nos régions, en contexte militaire), voire dans certaines agglomérations des vie/ve s. av. J.-C. de l’espace continental. De la même manière, il n’est pas possible d’identifier un artisanat dévolu spécifiquement aux besoins de l’élite dans les productions manufacturières sérielles des agglomérations.

3. Du rôle des oppida

  • 19 Schönfelder, 2002 ; Perrin, Schönfelder, 2003.
  • 20 Olmer, 2003, p. 209-226.
  • 21 Motta, Terrenato, 2006.

9Le récit de César montre clairement que, durant la guerre des Gaules, les oppida constituent invariablement les points de ralliement et d’appui des armées gauloises (et occasionnellement des armées romaines). César dépeint également une organisation politique aux mains d’une oligarchie aux valeurs militaires affirmées, dont le mode de fonctionnement est plus ou moins régulé, selon les peuples, par des règles collectives, ces règles pouvant parfois être suffisamment établies pour qu’il puisse les comparer aux institutions romaines : les Éduens auraient ainsi disposé d’un sénat qui élisait un exécutif tournant en son sein. Cette élite nous a laissé une expression archéologique bien discernable. Il s’agit tout d’abord de la perduration des sépultures privilégiées qui, comme au siècle précédent, se situent en général à l’écart des oppida. Il est néanmoins significatif que les deux sépultures de statut le plus élevé de la période, celles de Boé (Lot-et-Garonne) et de Verna (Isère), soient très proches d’un oppidum important (resp. L’Hermitage et Le Camp de Larina), et probablement associée pour la seconde à un habitat aristocratique qui se transformera précocement en villa romaine19. Il s’agit ensuite de l’épigraphie monétaire, avec l’apparition à la toute fin du iie s. av. J.-C. d’anthroponymes correspondant à ces aristocrates dont le statut et la fonction sont décrits par César, à l’instar de l’Éduen Dumnorix, qui détenait pouvoir et richesse en occupant la fonction publique de vergobretos, en collectant l’argent des péages de la Saône et en frappant monnaie. D’autres indices suggèrent que cette élite contrôlait plus largement l’économie. C’est par exemple la constatation que la distribution très différenciée du vin italien selon les régions de production ne peut s’expliquer que par des accords commerciaux conclus au plus haut niveau20. C’est encore la concentration et la spécialisation de la production industrielle, que l’on observe particulièrement bien à Bibracte et qui implique une organisation élaborée des circuits de vente à l’échelle régionale, voire au-delà. Dans le contexte social de l’époque, considérer que cette organisation est aux mains de grands négociants est le scénario le plus plausible. Somme toute, le jeu de cette aristocratie n’est peut-être pas si différent de celui qui est encore à l’œuvre à Rome à la fin de la République, où l’existence d’une structure étatique n’empêche pas le rôle déterminant des stratégies individuelles servies par des modes de fonctionnement traditionnels (patronage et clientélisme)21. Le pouvoir de cette aristocratie persistera au moment de la romanisation, puisque c’est largement par elle que se construira la Gaule romaine.

  • 22 Hostein, 2012, p. 352-366.
  • 23 Même si on peut parfois discerner des émissions plus spécifiques d’une sous-partie du territoire de (...)

10On doit encore s’interroger sur l’impact de la réorganisation sociale à l’œuvre à partir des alentours de -100 sur la construction des territoires politiques que César désigne par le terme de civitates, un terme qu’on ne peut d’ailleurs utiliser dans son acception romaine sans un examen attentif de la réalité archéologique associée. Il ne fait pas de doute que la construction de ces territoires est engagée bien avant l’apparition des oppida, comme le montre par exemple (sans remonter aux attestations plus vagues de l’époque de la deuxième guerre punique) le fait que le peuple éduen est suffisamment fort et organisé pour être en capacité de signer un traité militaire avec Rome vers le milieu du iie s. av. J.-C.22. Si l’épigraphie monétaire ne fournit pas d’indication déterminante sur le sujet, puisque le monnayage dit « de cité » du ier s. av. J.-C. ne porte en fait qu’exceptionnellement (et tardivement) des mentions d’ethnonymes, le monnayage qui se développe au long du iie s. av. J.-C., qu’il soit de métal précieux ou de bronze coulé (« potin »), présente déjà une diversité typologique qui correspond essentiellement au découpage des peuples23.

11Du point de vue économique, on a souvent insisté sur l’intensification des échanges qui a accompagné l’apparition des oppida. Il en est des indicateurs apparemment indiscutables, comme le changement d’échelle des pertes monétaires sur les oppida par rapport au siècle précédent et l’augmentation de la consommation du vin italien, déjà fortement ancrée dans les usages des Gaulois dans la seconde moitié du iie s. av. J.-C. Peut-être faut-il toutefois relativiser ce phénomène, en constatant que ces indicateurs ne sont pratiquement mesurables au ier s. av. J.-C. que sur les oppida : le fait que certains d’entre eux deviennent des lieux de consommation et d‘échange privilégiés n’implique pas que consommation et échange croissent en valeur absolue sur le territoire considéré.

12Que certains oppida aient joué pleinement le rôle de capitale régionale (si ce n’est dans la période de transition qui suit la conquête, à l’instar de Bibracte) est également une question à laquelle il n’est pas possible de répondre positivement sans émettre des réserves. À cet égard, les données archéologiques ambiguës dont on dispose s’accordent bien avec les précautions de langage de César, qui ne les qualifie jamais comme tels.

  • 24 Sievers, 1991.
  • 25 Par exemple : Fichtl, Metlzer, Sievers, 2000 ; Fernández-Götz, 2014 ; Metzler, Gaeng, Méniel, 2016, (...)
  • 26 Cf. par exemple Poux, 2014 ; Poux, Demierre, 2015 ; Nickel dans Schönfelder, Sievers, 2012.
  • 27 Metzler, Gaeng, Méniel, 2016.
  • 28 Poux, Fichtl, à paraître.
  • 29 Exemples de Fesques (Nord), Nanteuil (Aisne)… ; Fichtl, 2012.

13En l’absence des lieux de résidence de cette élite qui détient le pouvoir sur ou à proximité immédiate d’un oppidum (mais les découvertes de Boé et Verna signalent peut-être une réalité archéologique encore méconnue sur laquelle il faudrait se pencher avec plus d’attention), le principal témoignage que l’on puisse invoquer à l’appui du rôle de place centrale des oppida est celui des espaces civiques – ou supposés tels. De fait, l’hypothèse du rôle des sanctuaires à l’origine des oppida, d’abord formulée à propos de Manching24 a été reprise régulièrement depuis lors25. Les dossiers de l’oppidum arverne de Corent et de l’oppidum trévire du Martberg sont les plus explicites à cet égard26. Les autres exemples invoqués sont moins démonstratifs en raison de faiblesses diverses : la fondation des petits sanctuaires de Manching est à mettre en relation avec le développement de l’agglomération qui précède l’oppidum ; la fonction de l’espace réservé du Titelberg (Luxembourg) est ambiguë en raison de la singularité des vestiges découverts27 ; l’identification à un sanctuaire de l’enclos fortifié de la Terrasse sur l’oppidum de Bibracte ne repose enfin sur aucune donnée sérieuse. Dans le cas de Corent, l’identification de la fonction de l’édifice ne souffre aucune hésitation, si du moins on accepte l’hypothèse d’une fonction identique à celle du fanum entouré d’un péribole qui en pérennisera l’emprise à l’époque impériale. Il se situe en position centrale sur le site et structure l’espace bâti. Qui plus est, il semble complété par un édifice d’assemblée qui sera ultérieurement transformé en un théâtre « en dur », le tout étant associé à un vaste espace dégagé apte à recevoir une foule nombreuse28. On a aussi montré que son installation précède quelque peu le développement de l’agglomération qui l’enveloppe à partir des toutes dernières années du iie s. av. J.-C. La question est donc de savoir si le sanctuaire de Corent constitue une singularité ou l’archétype d’une situation générale mais encore méconnue, qui ferait de la fondation et du développement de l’oppidum la consolidation du phénomène des sanctuaires attestés depuis plus de deux siècles et parfois associés à des espaces de rassemblement très étendus29. Le faible nombre d’attestations comparables à celle de Corent et, a contrario, le grand nombre d’exemples d’oppida qui n’ont pas connu un regroupement durable de population, nous invitent néanmoins à privilégier l’hypothèse d’une motivation essentiellement militaire pour l’implantation des fortifications, qui seraient donc à considérer comme l’acte fondateur des oppida (voir infra). Dans ce contexte, le scénario observé à Corent relèverait de contingences locales qui auraient, de fait, permis de maintenir le processus de centralisation engagé précédemment avec le développement de l’agglomération de La Grande Borne / Aulnat par la fondation d’un oppidum en un lieu qui avait été investi quelques décennies plus tôt par un sanctuaire. On note toutefois que cette centralisation demeurait précaire puisque le centre de gravité du peuplement du bassin de Clermont n’a cessé d’osciller au cours du ier s. av. J.-C., avec l’émergence de nouveaux pôles fortifiés à Gondole et à Gergovie, qui accaparèrent provisoirement une grande partie du peuplement de la zone, avant que celui-ci se stabilise à la toute fin du siècle avec la fondation d’Augustonemetum / Clermont-Ferrand. La découverte toute récente à Bibracte, évoquée plus haut, d’un espace public au centre de l’espace urbain, en place au plus tard à la veille de la guerre des Gaules, enrichit ce dossier dont les données sont encore trop disparates pour permettre d’y reconnaître un trait spécifique de l’organisation spatiale des oppida.

4. L’apparition des oppida : une crise à l’échelle du monde celtique ?

  • 30 Kysela, 2009.
  • 31 Rieckhoff, 2014, en accord avec Woolf, 1993.

14Le motif de l’apparition des oppida est une question qui agite archéologues et historiens depuis l’époque de Déchelette. Dans une perspective résolument historique, on a voulu, en particulier en Europe Centrale, mettre le phénomène des oppida en relation directe avec le retour de Boïens d’Italie du Nord après leur défaite devant Rome. Cette idée, qui n’est pas du tout étayée par l’archéologie, est maintenant abandonnée30. Une autre hypothèse, qui prend le contrepied de la précédente, invoque les mutations internes au monde celtique, sans pression extérieure. L’apparition des oppida s’inscrirait dans une évolution urbaine, passant par les gros bourgs ouverts des iiie et iie s. av. J.-C. pour aboutir à la ville fortifiée. La construction des remparts serait alors à mettre au compte d’une mainmise des aristocrates sur la production artisanale et les échanges, avec un besoin nouveau d’expression du pouvoir. Dans certains cas, on invoque aussi le souci de mieux contrôler les zones de production de certaines matières premières. Cette hypothèse se heurte à la soudaineté et à la simultanéité, vers la fin du iie s. av. J.-C., de l’apparition des oppida dans l’espace qui s’étend de l’Atlantique au Moyen-Danube et aussi à sa corrélation avec une récession forte de l’habitat non fortifié, qu’il soit aggloméré ou dispersé, comme on l’a évoqué plus haut. Il semble donc bien que l’on ait affaire à un incastellamento généralisé, qui ne se traduit d’ailleurs pas seulement par l’apparition de très grandes enceintes fortifiées, mais sans doute aussi par l’apparition (ou la réactivation) en grand nombre d’enceintes nettement plus réduites – un phénomène dont l’ampleur mériterait d’être réévaluée. Ce fait nous invite à nous rappeler, avec Alain Deyber (2013), l’évidence parfois oubliée que les remparts sont une architecture à vocation militaire, dont le rôle premier était d’être suffisamment impressionnants pour dissuader l’ennemi de les attaquer – ceci n’empêchant pas que la construction et l’entretien d’un ouvrage aussi monumental qu’un rempart pouvait contribuer à la construction de l’identité collective de ses constructeurs31.

  • 32 Demougeot, 1978.

15C’est précisément à la fin du iie s. av. J.-C. qu’une grande partie de l’Europe moyenne, de la mer Noire au nord de la péninsule Ibérique, a été affectée, si l’on en croit les sources écrites, par des troubles et des mouvements de population de très grande ampleur que les Romains gardèrent en mémoire pour des siècles sous le nom de guerres Cimbriques32. Ces mouvements mobilisèrent d’abord des populations originaires des grandes plaines du Nord, qui en entraînèrent d’autres à leur suite, notamment dans l’espace celtique. Il est impossible de démontrer une relation de cause à effet entre ces troubles et l’apparition des oppida, mais force est de reconnaître que les sources écrites et les données archéologiques se confortent mutuellement pour identifier une période de crise majeure, dont une des conséquences sera la volonté le Rome de renforcer son glacis vers le nord-est, avec la prise de contrôle de la Gaule méridionale, puis de territoires beaucoup plus vastes quelques décennies plus tard, à l’occasion des guerres césariennes.

Quelques mots pour conclure

16Le titre volontairement provocateur de notre présentation avait pour but de souligner la sinuosité et la spécificité de la trajectoire qui mène l’Europe celtique vers l’urbanisation aux derniers siècles de la protohistoire – en identifiant cette Europe « celtique » au vaste secteur du continent, de la façade atlantique à la cuvette des Carpates, qui est affecté par l’apparition brutale de grandes fortifications à la fin du iie s. av. J.-C.

17On distingue plusieurs jalons dans cette trajectoire. Le premier s’inscrit dans une période avérée de développement démographique et économique. Les agglomérations parfois très vastes qui en résultent ne présentent pas une organisation interne qui dénote clairement une différentiation fonctionnelle, tandis que l’élite et le politique ont une expression archéologique qui s’affirme surtout dans des lieux distincts, sous la forme respective de lieux de résidence isolés et de vastes lieux de réunion (les « sanctuaires »). L’ensemble fournit l’image d’une société où agglomérations, pouvoir et religion sont trois réalités qui ne se superposent que très partiellement.

18Le second jalon se traduit par un phénomène soudain et général de construction de fortifications, qui est corrélé avec les signes très nets d’un recul démographique. Au-delà de leur immense enceinte, il n’est possible de trouver aucune caractéristique partagée par les quelque cent cinquante à cent soixante-dix oppida recensés à l’échelle de ce vaste espace. Les indices d’une architecture spécifique sont trop ténus pour affirmer qu’ils aient tous partagé durablement le rôle de place centrale, à caractère politique, religieux ou économique. Pour cette raison, il nous semble très problématique que le phénomène des oppida ait constitué un pas en avant supplémentaire vers une société urbaine. En outre, la superposition des effets directs de la romanisation sur le phénomène des oppida complique sérieusement la compréhension des dynamiques à l’œuvre au ier s. av. J.-C.

19La mise en place du maillage urbain gallo-romain est le troisième jalon de notre parcours. Il est en fait essentiellement un héritage de la période qui précède les oppida, ceux-ci n’ayant constitué qu’une brève oscillation spatiale de sites d'habitat aggloméré dont la position fut déterminée aux iiie et iie s. av. J.-C. C’est pour cette raison que l’épisode des oppida peut être considéré comme une parenthèse, l’infrastructure de la Gaule romaine semblant surtout redevable des acquis de la période antérieure.

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Notes

2 Déchelette, 1914, p. 947-948.

3 Voir par exemple Collis, 1984, Fichtl, 2005.

4 Cf. Lukas, 2014.

5 Par exemple Kaenel, 2006 et Haselgrove, 2010.

6 Voir notamment les recueils d’articles suivants : Guichard, Sievers, Urban, 2000 ; Haselgrove, 2006 ; Buchsenschutz et al., 2009 ; Sievers, Schönfelder, 2012 ; Fernández-Götz, Wendling, Winger, 2014.

7 Notamment Salač, 2000 ; 2012 ; 2014.

8 Sur ce point de chronologie, cf. l’introduction de Barral, Fichtl, 2012.

9 Voir notamment Kysela, 2013.

10 Ainsi Collis, 1984.

11 Pour un aperçu de ce phénomène : Fichtl, Guichard, 2016.

12 Voir par exemple Haselgrove, Guichard, 2013.

13 Van Endert, 1987 pour les données chronologiques relatives à la porte Est ; Eller et al., 2012.

14 Malrain, Blancquaert, Lorho, 2013, 225-232 et fig. VIII, qui toutefois ne notent pas que la récession débute deux générations avant la guerre des Gaules, alors que leurs chiffres l’indiquent nettement ; voir aussi Haselgrove, Guichard, 2013.

15 Trément, 2013, notamment vol. 1, p. 241 sq.

16 Lambot, Méniel, 2000.

17 Cf. par exemple Menez, 2012 ; Fichtl, 2013 ; Poux, Fichtl, à paraître.

18 Exemples typiques de Ribemont-sur-Ancre (Somme), Mandeure (Doubs), Mirebeau (Côte-d’Or)… ; cf. Brunaux, 1991 ; Arcelin, Brunaux, 2003.

19 Schönfelder, 2002 ; Perrin, Schönfelder, 2003.

20 Olmer, 2003, p. 209-226.

21 Motta, Terrenato, 2006.

22 Hostein, 2012, p. 352-366.

23 Même si on peut parfois discerner des émissions plus spécifiques d’une sous-partie du territoire de peuples et, de façon plus discutable, d’émissions communes à plusieurs peuples : cette hypothèse proposée pour certains monnayages de bronze coulé s’appuie en effet sur des essais de cartographie qui demeurent à préciser ; voir par ex. Haselgrove, Gruel, 2006, p. 128.

24 Sievers, 1991.

25 Par exemple : Fichtl, Metlzer, Sievers, 2000 ; Fernández-Götz, 2014 ; Metzler, Gaeng, Méniel, 2016, p. 420 sq.

26 Cf. par exemple Poux, 2014 ; Poux, Demierre, 2015 ; Nickel dans Schönfelder, Sievers, 2012.

27 Metzler, Gaeng, Méniel, 2016.

28 Poux, Fichtl, à paraître.

29 Exemples de Fesques (Nord), Nanteuil (Aisne)… ; Fichtl, 2012.

30 Kysela, 2009.

31 Rieckhoff, 2014, en accord avec Woolf, 1993.

32 Demougeot, 1978.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. La dynamique de l’habitat à la fin de l’âge du Fer en Europe centrale, telle que Vladimir Salač la modélise (dans Sievers, Schönfelder, 2012, p. 336).
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Pour citer cet article

Référence papier

Vincent Guichard, « Les oppida, une parenthèse dans l’histoire de l’Europe tempérée ? »Pallas, 105 | 2017, 159-171.

Référence électronique

Vincent Guichard, « Les oppida, une parenthèse dans l’histoire de l’Europe tempérée ? »Pallas [En ligne], 105 | 2017, mis en ligne le 30 novembre 2017, consulté le 25 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/8190 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/pallas.8190

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Auteur

Vincent Guichard

Directeur général du Centre BIBRACTE EPCC
vg[at]bibracte.fr

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