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À coté de la perspective, les modes d’expression aspectifs

Introduction générale

Elena Oulié
p. 15-25

Texte intégral

1L’aspective définit les formes de construction de l’image qui ne recourent pas à la troisième dimension.

  • 1 Voir notamment : Panofsky, cop. 1975 ; Richter, 1970 ; Luce, 2009.
  • 2 Richter, 1970, p. 3.

2Le terme « aspective » s’oppose, en premier lieu, à « perspective ». Or, aujourd’hui encore, la vision perspective est celle qui, pour nous, est naturelle. Les différentes techniques de représentation en perspective ont toutes en commun l'intention de représenter la vue d'objets en trois dimensions, sur une surface donnée, en tenant compte des effets de l'éloignement et de leur position dans l'espace par rapport à un observateur. En d'autres termes, il s'agit d'un phénomène d’apparence, et non pas de réalité. Les Grecs nous ont légué leur vision perspective avec des figures représentées à partir d’un seul point de vue, en un seul moment, représentation qui est à l’origine de l'unité spatiale et temporelle1. Ce mode de représentation ne s’est mis en place que très progressivement, entre la fin du vie siècle et le courant du ve siècle. Néanmoins, nous devons distinguer cette perspective grecque de la perspective géométrique, celle créée à la Renaissance, lorsque le point de vue scientifique a été découvert et pratiqué par des artistes2.

3Dans les arts égyptien, mésopotamien ou encore ceux de la Grèce archaïque, nous ne pouvons pas utiliser le terme de « perspective ». La notion de « trait perspectif » correspond davantage aux représentations de ces civilisations qui n’emploient pas la technique de la perspective, comme nous venons de la définir. Chaque culture exprime, ou pas, la profondeur, l’espace dans les images, à sa manière, par ses propres observations du monde. De ce fait, nous ne trouvons pas de système perspectif unifié.

  • 3 Voir notamment dans ce volume l’article de Dominique Farout « La frontalité contrariée dans l’icono (...)

4Nous découvrons, tout d’abord, des exemples de « traits perspectifs » dans les arts égyptien ou encore mésopotamien. Pour comprendre l’histoire des débuts de l’art pictural grec, il est important de connaître ce qui a été pratiqué dans ce domaine pour les civilisations antiques de l’Égypte et de la Mésopotamie. En effet, les Grecs ont fréquemment appris de leurs prédécesseurs et emprunté pour mieux créer. Il est vrai qu’il y a des exceptions apparentes, en Égypte notamment, à cette pratique générale. Par exemple, la combinaison de profils stricts et des vues de face est parfois variée en dessinant le nombril sur la partie inférieure du profil du corps ou en ajoutant un sein de profil sur un torse frontal3. Dans la représentation des meubles, nous trouvons également une suggestion de profondeur. Ainsi, au lieu de dessiner seulement les deux pieds, le peintre indique parfois les quatre pieds. Ces dessins sporadiques tentent donc de suggérer une impression de profondeur ou d’une vue de trois-quarts. Mais il faut souligner que ce ne sont que des suggestions. En réalité, ces dessins consistent en la concordance de vues différentes et de détails sur les corps de face et de profil. De plus, il est nécessaire de garder en mémoire que pendant des milliers d’années, la composition en deux dimensions demeure la norme. Seuls les plans avant des objets sont représentés, la profondeur est seulement suggérée par le chevauchement des formes et, au lieu de la diminution proportionnelle des objets dans la distance, celles-ci sont rangées en une série de zones superposées. Il n’y a aucune tentative de raccourcissement du corps humain et animal.

  • 4 Brunner-Traut, 1963 et 1974.

5Avant la mise en place du trait perspectif, notamment en Grèce, l’art de nombreuses cultures est régi par les principes de l’aspective. La question de la définition à donner à cette notion est ici très importante, car les spécialistes de différentes civilisations ne proposent pas tous la même définition, et tous n’emploient pas toujours ce terme. « Aspective » est un néologisme d’origine germanique créé il y a près d’un demi-siècle par l’égyptologue allemande Emma Brunner-Traut4. Le terme allemand « Aspektiv » a ensuite été traduit en anglais par « aspectivity » et en français par « aspectivité » ou plutôt, « aspective », puisque ce mot constitue un miroir phono-linguistique exact à « perspective », ce qui rend son usage à la fois plus logique et plus esthétique.

6Cette notion, appartenant à la sémiologie, est caractérisée principalement, par l’association de plusieurs points de vue dans la représentation d’un même personnage, alors que dans la vision naturelle, nous n’en avons qu’un seul. Par exemple, en Égypte, le corps est généralement représenté depuis plusieurs points de vue simultanés, et la frontalité est la règle. Le regard est donc tourné dans la même direction que celle des pieds. Mais nous pouvons trouver des exceptions à la règle, comme un visage inversé, pour la forme la plus « simple », avec un visage vu de face, tourné à 90°, jusqu’à une désarticulation complète, avec une tête à 180°, des dos courbés, « cassés », ou encore une face renversée en arrière. En Grèce, nous trouvons notamment des visages de profil où l’œil est vu de face.

7L’aspective a également un caractère énumératif, et peut ainsi regrouper plusieurs moments d’une même histoire dans une image unique, qui, elle, se lit en un seul instant. C’est ainsi qu’on parvient à appréhender une histoire en entier, quand on ne peut vivre, dans la vie, qu’un seul de ces épisodes à la fois. L’artiste représente les parties comme si chacune d’entre elles était isolée, comme une énumération des diverses caractéristiques du sujet s’affranchissant du regard subjectif de l’observateur, placé à un certain endroit. Les images ne cherchent pas alors à montrer une représentation dans le temps et l’espace, mais elles montrent ce qui doit être, même si les événements ne sont pas liés dans le temps. L’image devient ainsi une construction, bien plus qu’une représentation.

  • 5 Brunner-Traut, 1974.
  • 6 Schäfer, 1919.
  • 7 Schäfer, 1974.
  • 8 Ibid., p. 89.
  • 9 Brunner-Traut, 1974, p. 422.
  • 10 Ibid, p. 422.
  • 11 Ibid, p. 424.
  • 12 Brémont, 2014-2015, p. 11.

8Comme nous l’avons vu, l’aspective est un concept dû à l’égyptologue allemande Emma Brunner-Traut, une archéologue qui s’intéresse dès 1953 aux questions relatives aux codes de lecture de l’art égyptien, sous le terme Aspektive. Elle présente cette notion en 19745 dans l’épilogue de l’ouvrage de Johann Heinrich Schäfer, Von ägyptischer Kunst, besonders der Zeichenkunst, publié dès 19196 et traduit en anglais par John Baines en anglais en 19747. Schäfer fournit dans cette étude fondamentale, sans toutefois utiliser le terme aspective, une analyse des systèmes de signes et de leurs rôles dans la communication. Son ouvrage étudie des représentations à travers divers supports artistiques, et évalue comment les objets et les figures sont représentés en deux dimensions. Il introduit alors la notion de « conceptuel » et de « perceptuel » dans l’art. La représentation égyptienne est plus basée sur le traitement mental que sur la perception directe, et le but des artistes égyptiens est de dépeindre un objet comme il est vraiment, plutôt que comme il semble être. Il s’agit là d’une règle consensuelle de l’art égyptien dans son ensemble, que H. Schäfer a su résumer en une phrase : « The user of the « pre-Greek » method, on the other hand, aims to show things objectively as they are, or as they live in his imagination […] he too creates order and clarity for himself in his picture, only in his case by eliminating foreshortening, shadows, and other disturbing elements »8. Cette citation présente les caractéristiques fondamentales de l’aspective. Dans son analyse détaillée de l’art égyptien, l’auteur est toutefois convaincu que le rôle des Grecs dans l’histoire de l’art ne pourra jamais être surestimé. Emma Brunner-Traut crée le terme aspektive dans l’épilogue de l’ouvrage pour surmonter certains des problèmes induits par la terminologie utilisée par Schäfer. Ce dernier utilise, par exemple, les termes geradvorstellig ou encore pre-Greek, pour décrire l’art égyptien9. L’auteur lui-même n’est jamais satisfait de ses termes maladroits et inefficaces10. Emma Brunner-Traut emploie alors l’idée d’aspective face à celle de la perspective qui permet de créer l’image d’un objet à travers un point de vue personnel. Au contraire, l’art égyptien représente partie par partie, voire aspect par aspect, dans des réalisations qui sont induites uniquement par l’instinct et non pas par une réflexion épistémologique sur la nature11. L’aspective n’est toutefois pas à comprendre comme une non-perspective, mais plutôt comme une sorte de perspective libre. Face à l’ancienneté de la science égyptologique, la création de ce terme général pour définir l’art égyptien apparaît tardivement, mais « l’aspective » de E. Brunner-Traut est désormais considérée comme la notion la plus fondamentale de la « mentalité égyptienne »12.

  • 13 Charbonneaux, J., Martin, R., Villard, F., [1968] 2008, p. 55, 102, 333 et 335 : Les auteurs parlen (...)
  • 14 Ibid, p. 335.
  • 15 Ibid, p. 55.

9Les historiens de l’art d’autres civilisations, notamment grecque, ont, par la suite, rarement utilisé la notion d’aspective, usuelle chez les égyptologues. Jusqu’alors, dans l’art grec, nous trouvons dans des études sur la période archaïque, des notions telles qu’un art de « convention »13 ou encore « traditionnel »14. La convention peut alors être opposée à l’idée d’une représentation plus « conforme à la réalité idéale » 15 de la représentation d’une figure humaine. Ces notions, bien trop vagues, se retrouvent dans d’autres civilisations et créent une sorte de flou, alors qu’il serait possible d’unifier toute une série de caractéristiques sous un même vocable. Il s’avère donc nécessaire d’analyser l’aspective afin de définir clairement si cette conception, bien adoptée par les égyptologues, peut s’appliquer à une sorte de logique générale de l’art, alors que l’idée de « tradition » ne suffit plus.

  • 16 Elle fut organisée le lundi 5 octobre 2015 avec Dominique Farout.

10La journée d’étude16, dont cet ouvrage porte témoignage, s’inscrit dans la continuité d’études consacrées à l’aspective organisées par l’équipe PHL-CRATA. Dans le cadre du programme de renouvellement des approches en histoire de l’art grec mis en place par cette équipe de recherche, l’aspective répond à la volonté de travailler sur des concepts novateurs pour renouveler les approches.

  • 17 Nadège Gasc et Agnès Paget signent un article dans ce numéro dans lequel elles reviennent sur les r (...)
  • 18 Gasc, 2007.
  • 19 Paget, 2007.
  • 20 Gasc, 2008.
  • 21 Paget, 2008.

11Cela fut tout d’abord concrétisé à partir de 2007 par différents travaux de recherches confiés à des étudiantes de Master et doctorat. Ainsi, dès 2007, des mémoires de masters en Sciences de l’Antiquité à l’Université Toulouse II - Jean-Jaurès, dirigés par Jean-Marc Luce, ont mis en lumière le concept de « mouvement contrarié » dans l’art attique. Ce mouvement17 s’inscrit pleinement dans les principes de l’aspective. En 2007, Nadège Gasc étudie le concept dans la céramique attique du début du vie siècle18 et Agnès Paget dans la céramique grecque d'Italie du sud du début du ive siècle19. Elles reprennent leurs travaux en 2008 pour les étendre au milieu du vie siècle20 et à la céramique de Paestum du ive siècle21. Toutefois, ces quatre études ne mentionnent pas encore le terme « aspective ».

  • 22 Renault, 2011.

12En 2011, le concept du mouvement contrarié est, à nouveau, traité dans un mémoire de Master, dans la céramique attique, des années 480 à 38022. Claire-Gaëlle Renault, emploie le terme « d’aspectivité » et illustre ainsi le fait que le concept est désormais adopté dans les études sur l’art grec, du moins, à l’Université Toulouse II.

13L’année suivante, en 2012, je débute une thèse de doctorat dirigée par Jean-Marc Luce, sous le titre L’aspective dans l’art grec du viiie au vie siècle. L’accent est mis sur le souci de démontrer que dans l’art archaïque grec, comme dans les arts égyptiens et proche-orientaux, il y a une aspective. Il faut en déceler la présence, mais aussi en dégager les spécificités. C’est à cette tâche que se consacre cette thèse qui se concentre sur certaines périodes clés. Les résultats sont déjà particulièrement étonnants, puisqu’ils mettent en évidence, dans l’art de l’époque géométrique, une présence plus marquée des procédés perspectifs qu’au viie et au début du vie siècle av. J.-C., au sein d’une image construite, par ailleurs, selon des procédés perspectifs. Les résultats montrent ainsi que, dès le départ, les deux conceptions de l’espace graphique connaissaient des interpénétrations.

  • 23 Luce, 2009, p. 36.
  • 24 Le « primitivisme » de Déonna notamment : Luce, 2009, p. 36.

14Au sein du même laboratoire, ce sont différents articles, ouvrages et manifestations scientifiques qui tentent d’appliquer la notion d’aspective à différentes civilisations et plus particulièrement à l’art grec. En novembre 2009, le numéro 55 de la revue Égypte, Afrique & Orient est consacré à la lecture de l’art antique en Égypte, Grèce et Mésopotamie. Ce numéro est dédié à Emma Brunner-Traut, disparue le 18 janvier 2008 à l’âge de 96 ans. Dans ce volume, Dominique Farout se charge d’une mise au point concernant la théorisation des codes de lectures de l’art égyptien, Évelyne Faivre-Martin de ceux de l’art mésopotamien, Jean-Marc Luce introduit pour la première fois la notion d’aspective dans l’art grec, tandis que Christophe Barbotin montre comment appliquer les théories de l’aspective pour obtenir des monstres en Égypte ancienne. Cette publication démontre que le sujet nécessite une réflexion poussée dans le domaine de l’art grec, et plus précisément à l’époque archaïque. L’état lacunaire de la recherche sur le sujet en histoire de l’art grec est notamment démontré dans l’article de Jean-Marc Luce23. Nous y trouvons des comparaisons entre l’art aspectif en Égypte et en Grèce, alors qu’est précisé le fait que le concept a déjà été, plusieurs fois, décrit mais sous d’autres termes24.

  • 25 Luce, 2010.
  • 26 Courtray, 2013 : Ce volume est le fruit de conférences données dans le cadre d’une Journée d’Étude (...)
  • 27 Luce, 2013.
  • 28 Luce, 2013 (dir.) : Texte et image dans l’Antiquité, sous la direction de Jean-Marc Luce, est publi (...)

15Dans le prolongement de cet article, Jean-Marc Luce s’est attaché à appliquer à l’art grec, à partir de 2010, la notion d’aspective, en apportant une réflexion sur le temps homérique, littéraire et archéologique, présentée à partir des sanctuaires25. L’art grec archaïque, le traitement du temps dans l’épopée, et les hymnes homériques sont alors étudiés. Ces mises en relation doivent permettre de voir dans quel but ces constructions, quasiment contemporaines des vases et des textes, sont présentées dans un temps lointain mycénien, et plus ou moins imaginé de l’épopée, par l’esprit aspectif. La problématique tourne autour du culte et du sacré. Le récit semble jouer un rôle majeur en permettant l’unité des temps contemporains et des temps épiques, voire mythiques. En 2013, c’est dans l’introduction du numéro 92 de la revue Pallas26, que Jean-Marc Luce propose quelques pistes pour appréhender la nature de la subjectivité dans l’antiquité, tout en faisant, à nouveau, la lumière sur l’image et la perception aspective, pour lesquelles le regard et les points de vue sont essentiels27. La même année, dans la revue Pallas, différentes civilisations sont à nouveau confrontées, afin de définir quels liens s’établissent entre les images et la parole28. Les rapports et les liaisons sont alors plus ou moins complexes à définir durant l’Antiquité, et notamment en fonction du « degré » développé ou non de la vision aspective du monde. En Égypte, où l’art adopte un point de vue aspectif, la frontière entre les textes hiéroglyphiques et les images n’existent pas réellement. Les deux se complètent. L’écriture, sous la forme d’un idéogramme, participe à la construction de l’image aspective, tandis qu’au contraire, l’écriture linéaire alphabétique, grecque notamment, rompt ce lien puisque le texte n’est plus une image en lui-même. Le lien direct entre texte et image n’est toutefois pas totalement brisé, il est détourné, et l’écriture participe à la compréhension, voire la narration, de la représentation par d’autres moyens.

16Au vu de tous ces travaux, il est aujourd’hui nécessaire de consacrer davantage de temps à l’étude de l’aspective afin de montrer qu’elle traverse âges et civilisations, comme une sorte de structure subconsciente. Toutefois, nous devons montrer que des connotations fort variables s’y ajoutent en fonction du mode de pensée social et religieux qui sous-tend ces cultures. C’est dans cette optique qu’est venue s’insérer la Journée d’Etude du 5 octobre 2015 intitulée « À côté de la perspective, les modes d’expressions aspectifs ».

17La perspective de cette manifestation scientifique était fondamentalement comparatiste. En effet, nous désirions une réflexion interdisciplinaire concernant des points exemplaires des expressions aspectives et perspectives pour mieux en cerner les limites et les variations. À l’origine, l’aspective permet de désigner ce qui n’est pas perspectif et, de ce fait, ce qui ne fait pas partie des arts classiques. La notion même s’inscrit alors déjà dans une comparaison. Aussi se sont trouvées rassemblées des spécialités diverses, en association avec des aires chrono-culturelles reliées entre elles ou parfois très éloignées. Les analyses vont, par exemple, de la pensée des Égyptiens de l’histoire jusqu’aux peintures chinoises. La publication des différentes contributions vise également à légitimer l’emploi, par divers spécialistes, d’une telle notion abondamment associée à l’égyptologie et pourtant si universelle. De multiples questions se sont alors présentées afin de discerner au mieux ce que notre notion peut englober. Tout d’abord, comment situer l’expérience grecque parmi ces différentes formes d’aspectives ? L’aspective grecque semble découler de l’égyptienne, du moins en partie. Existe-t-il d’autres civilisations qui peuvent être ainsi liées à l’Égypte ? L’aspective se limite-t-elle au graphique ou est-ce un état d’esprit présent dans d’autres formes d’expressions ? Lors de l’adoption des traits perspectifs, que deviennent, finalement, ces conceptions aspectives ?

  • 29 Brunner-Traut, 1974, p. 423.
  • 30 Déonna, 1945, p. 156-157.
  • 31 Schäfer, 1974, p. 100.
  • 32 Ibid, p. 138.

18Des choix ont dû être faits car tous les aspects de l’aspective ne pouvaient être traités en une seule journée. La comparaison entre les civilisations devait indéniablement soulever la question de l’universalité de l’aspective. Cette approche peut se trouver dans les travaux de Heinrich Schäfer, lorsque l’on se penche notamment sur l’analyse des dessin d’enfants. Il est en effet intéressant, à ce stade, de voir la position de Heinrich Schäfer et de Waldemar Déonna sur ce sujet. Pour le premier, l’art égyptien, et avec lui tout l’art qualifié de « pré-grec », tels que les dessins d’enfants ou les dessins réalisés par des « primitifs », se caractérisent par une attitude intellectuelle désignée par un terme que nous avons déjà vu : Geradvorstellung29. Cette idée d’universalité se retrouve chez Waldemar Déonna puisque dès les temps les plus anciens, déjà dans l’art paléolithique, puis en Égypte, en Mésopotamie, mais aussi dans le dessin des enfants et dans l’art des « primitifs », nous trouvons des corps humains placés de face30. Pour lui, il s’agissait d’une attitude instinctive et spontanée. H. Schäfer souligne que les « corrections » introduites par l’artiste grec, afin de « correspondre » aux apparences, sont tout à fait uniques dans l’histoire de l’art. Loin d’être une procédure naturelle, elle est une grande exception. Ce qui est normal, presque inné, chez l’homme et l’enfant dans le monde entier, c’est la dépendance à l’égard des schémas, dans ce qu’on appelle l’art conceptuel. Toutefois, de multiples différences sont décelables entre les deux arts égyptien et enfantin. Par exemple, l’art égyptien en deux dimensions, contrairement aux dessins des enfants, présente moins souvent un objet vu avec plusieurs surfaces mises côte à côte. L'art égyptien recherche et privilégie surtout une seule vue du modèle afin de rendre son contenu clair et satisfaisant31. Si ces deux chercheurs associent naturellement l’art égyptien, et les arts pré-grecs en général, au dessin des enfants comme des reconstructions de la réalité telle qu’elle est perçue et non telle qu’elle est, une différence nette se dévoile. Les artistes sont formés pour représenter leurs images, ils suivent ainsi une tradition, une demande de leurs contemporains. Les enfants, eux, suivent leur instinct ou comme le souligne Heinrich Schäfer, « they find a form for everything they want »32. N’oublions pas, également, qu’il peut s’agir d’une forme de communication pour les plus jeunes. Au contraire, même avant la perspective grecque, chaque civilisation recherche sans cesse des moyens de représenter sa réalité, d’établir des règles et de palier les problèmes qu’induit une tâche si complexe.

19L’intérêt des différents intervenants et de leur article est d’exposer ce souci de mettre en lien « leur civilisation » de prédilection avec les autres. Ce lien se noue grâce à l’universalité de l’aspective, mais les analyses soulignent également la typicité de chacune d’entre elle dans l’utilisation de ce concept.

20Afin de voir si la notion d’aspective peut désigner un système de pensée induit par un système graphique, nous devions d’abord partir de l’Égypte, puisque le terme provient de l'égyptologie, pour ensuite nous orienter vers d’autres civilisations. En effet, le concept peut et doit être étendu à d’autres domaines d’analyse que celui pour lequel il a été élaboré initialement, à savoir l’iconographie. Ainsi, loin de se limiter à sa seule expression visuelle originale, l’aspective trouve des échos dans d’autres aspects de la culture pharaonique, comme le montre Christophe Barbotin. En effet, les Égyptiens ont ajouté à leur pensée aspective les notions de chronologie, de progrès, et même d’individualisme afin d’enregistrer, par écrit, des évènements et d’obtenir une vision de l’histoire qui, par certains points, annonce une pensée perspective. Ce que nous appelons l’art mésopotamien apparaît en même temps que l’écriture. Pour comprendre les scènes imagées, il faut utiliser notre connaissance de cette culture, ce qui implique la maîtrise des principes de l’écriture, vecteur du mode de pensée de cette civilisation disparue. Tel est l’objectif d’Évelyne Faivre-Martin dans son article.

  • 33 Pour se pencher davantage sur le sujet de la peinture chinoise : Cahill, J., 1977, La peinture chin (...)

21Suite aux analyses sur l’expression figurée en Égypte et Mésopotamie, nous pouvions envisager une nouvelle extension dans un monde qui ne subit pas l’influence directe des expressions artistiques de ces précédentes civilisations. Pour cela, nous souhaitions ajouter à nos réflexions un mode de pensée totalement différent de celui que nous avons l’habitude d’étudier. Dans une présentation faite lors de la Journée d’Étude mais qui n’a pas pu paraître, Vinca Baptiste a ainsi dévoilé les caractéristiques de la peinture chinoise qui puise ses racines dans l’art de la calligraphie. Élaboré dans le contexte de l’élite lettrée de la Chine ancienne, chaque trait, chaque signe est chargé de sens, et celui qui est plongé dans la contemplation d’une peinture participe comme un lecteur actif. Lire une peinture de paysage est aussi une possibilité de s’unir aux souffles de l’Univers, et l’espace de la peinture devient une aire sacrée prenant place dans l’espace vide et créateur de la feuille blanche33.

22Le lien entre les représentations figurées et les textes, établi par Christophe Barbotin, Évelyne Faivre-Martin et Vinca Baptiste, permet de relier les civilisations entre elles. Les études de l’iconographie, l’image du monde, connectées au système hiéroglyphique et la littérature égyptienne, l’écriture cunéiforme mésopotamienne et la calligraphie chinoise peuvent être comparées, afin de servir nos problématiques. Cette importance du scribe ou du calligraphe se ressent également dans la fabrication de l’image même. Par exemple, pour représenter un paysage sous la forme d’une idée, la Chine montre l’idée d’un cheminement, et la Mésopotamie utilise un idéogramme pour symboliser un roi dominant ses ennemis au sommet d’une montagne. Tout se comprend ensemble, l’image, le texte et le contexte. En effet, il ne s’agit pas de la représentation d’une réalité telle qu’elle est vue par l’œil humain, mais recomposée par le biais de l’écriture, en constituant un miroir de la pensée littéraire, comme cela se fait également en Égypte et en Grèce.

23Comme nous avons tenté de le démontrer, l’aspective désigne une multitude de types de représentations et tous ne pouvaient être traités. Nous avons alors fait le choix de cibler deux de ces aspects, pour ne pas dire détails, à savoir, la temporalité et les représentations singulières des corps jouant sur des oppositions de vues de face et de profil. La question de la narration et de l’expression du temps des mythes à travers l’esprit aspectif est, en effet, un lien tout trouvé pour la pluridisciplinarité et la « symétrie » des civilisations. Dans le monde grec, ce type de rapprochement existe déjà depuis plusieurs décennies dans diverses études, tel est mon propos. Cet article fait écho aux sujets de Christophe Barbotin concernant l’Égypte et à celui d’Évelyne Faivre-Martin concernant la Mésopotamie. En cherchant à représenter leurs rites puis leurs mythes, qui se réalisent dans le temps, les Grecs ont inventé leur propre moyen de représenter l’aspective. Cette dernière contribue à construire une iconographie originale dont le sens est d’indiquer les enchaînements du destin. Dans un champ délimité, nous trouvons alors un récit de quelques épisodes qui sont, dans les versions orales ou littéraires, successifs, mais sans qu’une figure individuelle apparaisse deux fois. Il est parfois complexe de dénouer ces compositions pour en saisir les enchaînements. En tant qu’héritiers de la pensée grecque puis chrétienne, qui envisagent toutes deux un point zéro, nous sommes habitués à lire dans l’histoire une chaîne ininterrompue d’événements, investie d’un sens et d’une direction souvent bien définis, et à faire de l’individu l’acteur central de ce que nous appelons l’aventure humaine. Rien de tel chez les Égyptiens de l’époque pharaonique (C. Barbotin) dont l’univers mental reposait, au contraire, sur la répétition sans fin de cycles de la nature dont les « aspects » existentiels imposaient leur déterminisme à tous les éléments du monde : dieux, hommes, bêtes et choses. Les Égyptiens parvenaient, malgré tout, à superposer à ce schéma fondamental, si éloigné du nôtre, les notions de chronologie, de progrès, et même d’individualisme, base de la « perspective » en ce domaine. En Mésopotamie (E. Faivre-Martin), le temps et l’espace ne sont pas liés, il n’y a pas de date, pas d’image historique. L’image, au contraire, pérennise une action, un souverain, un prince auprès de ses contemporains. L’image ne rend pas une réalité temporelle. Différents moments d’une bataille peuvent être représentés simultanément pour magnifier la bravoure du vainqueur et mettre en évidence l’anéantissement du vaincu. Le temps aspectif est alors perçu de manière très différente selon les civilisations afin de servir des volontés distinctes. Généralement ces volontés sont d’ordre cultuel. Selon les religions propres à chaque culture, l’esprit aspectif reconstruit le temps d’une manière inhérente, en fonction du message qui doit être transmis à chaque peuple.

24L’image recréée fait donc intervenir également le spectateur qui reconstitue la narration, les liens entre les personnages, et rétablit le bon ordre du mythe ou d’un récit par ses connaissances des textes, notamment, mais aussi par son imagination. Au sein de ces représentions, il n’y a pas que la notion de durée qui peut être reconstruite. L’anatomie peut aussi être modifiée, déformée, pour donner un tout autre sens à la scène. L’accent est alors mis sur la construction du corps et la conception du bipôle sémiotique face/profil à travers les esprits aspectifs de différentes cultures. Un pont entre les iconographies de l’Égypte pharaonique et de Grèce pouvait à nouveau être franchi grâce à la « frontalité contrariée » pour les égyptologues, ou « le mouvement contrarié » pour les hellénistes. En Égypte, si l’aspective implique de représenter les personnages, êtres humains et divinités, selon plusieurs points de vue simultanés, la frontalité est de règle. C’est-à-dire que même si leur visage est de profil avec un seul œil de face, ils se tiennent droit, le visage tourné dans la même direction que leurs pieds. C’est aussi le cas de la plupart des animaux domestiqués. Pourtant, il arrive que des sujets n’obéissent pas à cette règle. Cela se présente de diverses manières qui vont du visage inversé à une désarticulation complète. La frontalité contrariée a des significations diverses depuis le chaos, la soumission de l’ennemi ou la liaison entre deux éléments jusqu’au simple désir de rompre la monotonie d’un tableau. Pour le monde grec, l’expression « mouvement contrarié » est employée à la place de la « frontalité inversée ». Les recherches de Nadège Gasc et Agnès Merillot le présentent en revenant sur les résultats de leurs mémoires de Master. Cette attitude, dans la représentation figurée, se caractérise par l’opposition entre la direction de la tête et celle de la jambe d’appui. Cette notion permet d’évoquer la construction du corps et la question du regard intra et extra iconique.

  • 34 Son intervention ne fait pas l’objet d’un article.
  • 35 Florensky, 1992.

25L’intérêt des visages de profil dans les différentes civilisations se lit dans les échanges de regards entre les personnages. L’aspective induit cette communication visuelle et les échanges entre les différents protagonistes, par les jeux de retournement, mais aussi à l’extérieur de l’image puisqu’il n’y a pas qu’un observateur unique. Le cas de cet observateur implicite, étudié par Jean-Marc Luce, est fondamentale pour l’expression perspective et il laisse imaginer, inventer, en dehors du cadre du tableau, un spectateur invisible, mais présent implicitement. La question de ce personnage permet de cerner précisément des questions amenées par le sujet de Julien Auber de Lapierre sur l’icône, objet de dévotion mais également œuvre d’art34. L’approche spatiale de cette tradition issue de l’empire romain d’Orient laisse entrevoir une conception de la perspective parfois surprenante que Paul Florensky qualifiait de « perspective inversée »35. La réalité de cette approche peut alors aisément se confondre avec la définition que l’on donne aujourd’hui de l’aspective.

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Bibliographie

Brémont, A., 2014-2015, Les Tensions entre reproduction de l’expérience visuelle et caractère sémiotique de l’image dans l’art égyptien : Une hypothèse de lecture anthropologique de la mimesis et de la notion égyptologique d’aspective, Mémoire de Master recherche : Sciences Humaines et Sociales, Mention Anthropologie, Spécialité Ethnologie, Anthropologie sociale, École des Hautes Études en Sciences Sociales, sous la direction de Philippe Descola, Paris.

Brunner-Traut, E., 1963 Die Aspektive. Nachwort zu Heinrich Schäfer, Von ägyptischer Kunst, 4th ed., Wiesbaden.

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Charbonneaux, J., Martin, R. et Villard, F., [1968] 2008, Grèce archaïque : 620-480 av. J.-C., Gallimard, Paris.

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Richter, G. M. A., 1970, Perspective in Greek and Roman art, Phaidon, Londres, New York.

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Notes

1 Voir notamment : Panofsky, cop. 1975 ; Richter, 1970 ; Luce, 2009.

2 Richter, 1970, p. 3.

3 Voir notamment dans ce volume l’article de Dominique Farout « La frontalité contrariée dans l’iconographie égyptienne ».

4 Brunner-Traut, 1963 et 1974.

5 Brunner-Traut, 1974.

6 Schäfer, 1919.

7 Schäfer, 1974.

8 Ibid., p. 89.

9 Brunner-Traut, 1974, p. 422.

10 Ibid, p. 422.

11 Ibid, p. 424.

12 Brémont, 2014-2015, p. 11.

13 Charbonneaux, J., Martin, R., Villard, F., [1968] 2008, p. 55, 102, 333 et 335 : Les auteurs parlent notamment d’un « réseau de traits conventionnels hérités du passé » (p. 55) pour des yeux de face sur un visage de profil ou un torse de face sur des jambes et une tête de profil (p. 102), par exemple.

14 Ibid, p. 335.

15 Ibid, p. 55.

16 Elle fut organisée le lundi 5 octobre 2015 avec Dominique Farout.

17 Nadège Gasc et Agnès Paget signent un article dans ce numéro dans lequel elles reviennent sur les résultats principaux de leurs études.

18 Gasc, 2007.

19 Paget, 2007.

20 Gasc, 2008.

21 Paget, 2008.

22 Renault, 2011.

23 Luce, 2009, p. 36.

24 Le « primitivisme » de Déonna notamment : Luce, 2009, p. 36.

25 Luce, 2010.

26 Courtray, 2013 : Ce volume est le fruit de conférences données dans le cadre d’une Journée d’Étude et d’un séminaire organisés par l’équipe de recherche PLH-CRATA de l’Université de Toulouse II, au cours de l’année 2011-2012. Toujours dans l’optique d’étudier le phénomène de la représentation, l’ouvrage aborde la façon dont les Anciens percevaient et représentaient la réalité et traitaient la question du regard. Les différents axes se déploient alors de l’Antiquité grecque à l’Antiquité romaine, mais voyagent également vers les mondes égyptien et biblique, avec la littérature de l’Antiquité tardive.

27 Luce, 2013.

28 Luce, 2013 (dir.) : Texte et image dans l’Antiquité, sous la direction de Jean-Marc Luce, est publié à la suite d’un colloque international organisé par l’équipe PLH-CRATA, à l’Université de Toulouse II, les 26 et 27 janvier 2012.

29 Brunner-Traut, 1974, p. 423.

30 Déonna, 1945, p. 156-157.

31 Schäfer, 1974, p. 100.

32 Ibid, p. 138.

33 Pour se pencher davantage sur le sujet de la peinture chinoise : Cahill, J., 1977, La peinture chinoise, Skira, Genève ; Cheng, F., 1980, L’Espace du rêve, Mille ans de peinture chinoise, Paris, Phébus ; Cheng, F., 1980, Mille ans de peinture chinoise, Phébus, Paris ; Cheng, F., 1979, Vide et Plein : Le langage pictural chinois, Seuil, Paris ; Escande, Y., 2001, L’art en Chine, la résonnance intérieure, Hermann, Paris ; Escande, Y., 2005, La culture du shanshui, Paris, Hermann ; Vandier-Nicolas, N., 1983, Peinture chinoise et tradition lettrée, Seuil ; Xin, Y., Barnhart R. M., Chongzheng, N., Shaojun, L., Hung, W., 1997, Trois Mille ans de peinture chinoise, Yale university, Picquier, Arles.

34 Son intervention ne fait pas l’objet d’un article.

35 Florensky, 1992.

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Pour citer cet article

Référence papier

Elena Oulié, « Introduction générale »Pallas, 105 | 2017, 15-25.

Référence électronique

Elena Oulié, « Introduction générale »Pallas [En ligne], 105 | 2017, mis en ligne le 30 novembre 2017, consulté le 26 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/7973 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/pallas.7973

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Auteur

Elena Oulié

Doctorante en Sciences de l’Antiquité
Université Toulouse Jean Jaurès
PLH-CRATA, EA 4601
elena.oulie[at]outlook.fr

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