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Étudier les terres cuites antiques aujourd'hui. Nouvelles approches, nouveaux outils
3. Regards croisés sur les figurines de Tarse

Les figurines de Tarse. Partie III.
Étude matérielle et analyses physico-chimiques

The Tarsus’ figurines. Part III.
Material study and physico-chemical analyses
Yannick Vandenberghe, Anne Bouquillon, Christel Doublet et Anne Maigret
p. 129-142

Résumés

L’étude matérielle d’une vingtaine de figurines provenant de Tarse concerne la caractérisation du support en terre cuite et l’analyse des constituants de la polychromie. La terre constitutive, riche en calcium, est homogène au sein du corpus ; son analyse est parfois polluée par la présence d’un « mortier » gypseux particulier. En revanche, la polychromie est marquée par une riche palette de matériaux : préparation de huntite, pigments (bleu égyptien, terre verte, mimétite, minium, …), colorant (garance) et feuilles métalliques ; et par des mises en œuvre diversifiées. Ces constatations permettent d’établir les bases d’une réflexion sur de potentiels critères d’atelier.

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Texte intégral

Introduction

1Une approche analytique de la matérialité des œuvres est indispensable pour compléter l’étude historique et technique (voir parties I et II). Au-delà de la simple caractérisation des matériaux, pour la pâte argileuse ou pour la polychromie, l’objectif est non seulement de déterminer les matières premières employées par les coroplathes et les peintres, les spécificités par rapport aux productions contemporaines, mais aussi de définir la variabilité éventuelle des savoir-faire tarses au cours du temps ou en fonction de la typologie.

2Cet article présente les premiers résultats obtenus sur un corpus d’une vingtaine de fragments conservés au département des antiquités grecques étrusques et romaines du musée du Louvre présentés en partie I de ce dossier. Dans un premier temps, nous présenterons l’étude réalisée sur la terre cuite. Puis, nous évoquerons succinctement une particularité technique qui, à notre connaissance, n’a été observée pour ce type de production de figurines, que sur les œuvres de Tarse : l’utilisation d’un « mortier » de gypse. Enfin, nous décrirons la palette des pigments employés pour la polychromie, sans oublier la caractérisation des matières de charges permettant d’affiner les critères distinctifs.

1. Les pâtes argileuses

  • 1 Les conditions analytiques sont les suivantes : faisceau de protons de 3MeV, balayage du (...)
  • 2 Diffraction des rayons X : Source de marque XENOCS, GeniX3D Cu High Flux déliv (...)

3Afin de minimiser les prélèvements, nous avons convenu de ne pas faire d’études pétrographiques, généralement privilégiées dans le cas de recherches céramologiques, mais qui nécessitent d’obtenir une écaille de terre centimétrique, pratique déontologiquement impossible sur ces fragiles et délicates pièces de musée. La caractérisation s’est donc faite sur des critères chimiques et minéralogiques déterminés sur des échantillons d’une trentaine de milligrammes de poudre recueillis grâce à une perceuse équipée d’une mèche en carbure de tungstène. Une partie du prélèvement, homogénéisé et pressé sous forme d’une pastille de 6 mm de diamètre, a été analysée par PIXE (particle-induced X-ray émission)1 pour identifier les compositions chimiques ; le reste a permis de déterminer les phases minéralogiques cristallisées présentes dans la matière par diffractométrie des rayons X2.

1.1. Groupe principal

4Dix-huit des vingt et une pièces présentent des pâtes aux caractéristiques similaires, quelle que soit la typologie de la pièce et quelle que soit sa couleur (Tableau 1). Il s’agit d’un matériau fin, contenant de la silice (47 % SiO2) et de l’alumine (13 % Al2O3), très calcique, de l’ordre de 21 % d’oxyde de calcium (CaO), et légèrement magnésien (5 % MgO). La couleur est donnée par l’oxyde de fer libre (environ 7 % d’oxyde de fer [Fe2O3]).

Tableau 1 : composition moyenne du groupe principal (résultats des analyses PIXE exprimés en pourcentages en poids d’oxydes)

Na2O MgO Al2O3 SiO2 P2O5 SO3 Cl K2O CaO TiO2 MnO Fe2O3
Moyenne (%) 0,7 4,7 13,6 47,2 0,2 0,6 0,1 3,3 21,5 0,7 0,1 7,3
Écart-type 0,10 0,37 0,69 1,35 0,10 0,41 0,06 0,43 2,30 0,03 0,01 0,56

5Notons que la pâte de la Tête d’Héraklès Tarse 293 est contaminée par le « mortier » riche en gypse (cf. infra) présent sur une grande partie de la surface, ce qui explique les plus fortes teneurs en soufre et calcium ; mais si l’on ne tient pas compte de ces deux éléments, on retrouve la composition moyenne, ce qui permet de rattacher sans ambiguïté cette figurine au reste du corpus.

  • 3 Cultrone, 2001.

6Les différences de couleur de l’argile entre les différentes statuettes, évidentes à l’œil nu, ne sont donc pas dues à des compositions variables. Elles peuvent être liées (entre autres) à des températures de cuisson différentes, c’est pourquoi nous avons complété les analyses chimiques par des études minéralogiques sur poudre. En effet, lors de la cuisson, argiles et calcite se dissocient puis se recombinent pour donner divers minéraux composés de silicium et de calcium au sein desquels le fer peut être incorporé. Cet élément, intégré dans une autre structure cristalline, perd alors son pouvoir colorant. Les composés qui se forment sont considérés comme des minéraux « thermomètres », car ils apparaissent à des températures différentes. Ainsi, leur présence ou leur absence permettent de proposer des gammes de températures de cuisson auxquelles les céramiques ont été soumises3.

7Les assemblages minéralogiques des figurines sont homogènes : quartz (ce minéral est quasiment présent dans toutes les argiles), illite (ou mica) - phyllosilicates riches en potassium, calcite (fig. 1). La présence de l’illite et de la calcite, minéraux qui ne résistent pas à une cuisson supérieure à 950 °C, est révélatrice. Ces petites statuettes ont été cuites à très basse température, probablement moins de 850 °C. Cette constatation est tout à fait en accord avec ce que l’on connaît sur les techniques des coroplathes (Jeammet, com. pers.).

Fig. 1. Diffractogramme de la terre cuite de la figurine Tarse 67, représentative de l’ensemble du corpus (© C2RMF, Anne Bouquillon/Christel Doublet).

Fig. 1. Diffractogramme de la terre cuite             de la figurine Tarse 67, représentative de l’ensemble du corpus (©             C2RMF, Anne Bouquillon/Christel Doublet).

1.2. Les pièces « différentes »

8Au sein du corpus, deux pièces « différentes » se détachent : un Dionysos Tarse 18, figurine dont la pâte semblait plus claire que toutes les autres, et Tarse 27, un torse d’homme grotesque.

  • 4 Bouquillon et al., 2009 et 2010.

9L’argile utilisée pour ce dernier se distingue facilement de celle présentée ci-dessus : moins de calcium, plus de silice, plus d’alumine (tableau 2). Une confrontation avec les résultats obtenus sur des pâtes smyrniotes4 confirme que la figurine a pu être importée de Smyrne.

Na2O MgO Al2O3 SiO2 SO3 K2O CaO TiO2 MnO Fe2O3
Smyrne (15 objets) 0,64 3,72 17,49 54,57 0,19 3,50 10,01 0,91 0,12 8,59

Tableau 2 : Composition chimique élémentaire de la pâte de la figurine Tarse 27 exprimée en pourcentages en poids d’oxydes et comparaison avec le groupe principal des figurines de Smyrne.

Tableau 2 : Composition chimique             élémentaire de la pâte de la figurine Tarse 27 exprimée en             pourcentages en poids d’oxydes et comparaison avec le groupe             principal des figurines de Smyrne.
Tarse 27
0,83 4,06 18,66 53,18 0,63 4,43 8,27 0,8 0,09 8,67

10Les résultats sont beaucoup plus délicats à interpréter pour Tarse 18, dont la pâte ne se distingue d’autres figurines de Tarse que par une augmentation subtile du sodium (1,2 % Na2O vs 0,7 %) et une diminution légère du potassium (1,3 % K2O vs 3,3 %). Les caractéristiques minéralogiques sont les mêmes que pour le groupe principal. Il est impossible de raisonner sur une seule œuvre et, dans l’état actuel des recherches, nous proposons plusieurs hypothèses : 1) il s’agit de l’indice de la variabilité naturelle soit au sein du gisement d’argile, soit même au sein de la pâte argileuse, mais dans ce cas comme dans l’autre, cette statuette est à rattacher à une production tarse ; 2) il s’agit de pièces fabriquées sur un autre site, mais dans ce cas, il faudrait analyser d’autres exemplaires pour affiner les caractéristiques de ce groupe.

1.3. Le cas du « mortier »

11Sur plusieurs des pièces sélectionnées, un matériau blanc, très dur, que nous avons appelé « mortier », apparaît en surface. Il était clairement présent avant la pose de la polychromie qui le recouvre à plusieurs endroits (cf. infra). Calcium et soufre sont les éléments caractéristiques de sa composition chimique, ce qui est confirmé par l’analyse minéralogique ne révélant que la présence de gypse (sulfate de calcium).

12Les microstructures de ce sulfate de calcium ne sont pas celles que l’on trouve traditionnellement pour un plâtre, qui cristallise soit en grains aciculaires, soit en petits cristaux trapus. Ici, pour la scène dionysiaque Tarse 315, le gypse se présente sous la forme de gros cristaux en amande pouvant atteindre 115 µm (fig. 2, a-c). Les grains du mortier du Silène Tarse 96, sont d’une granulométrie plus fine, de l’ordre de quelques micromètres (fig. 2, d - f), pouvant constituer des agglomérats de plus de 100 µm. Il semble donc peu probable que nous soyons en présence d’un gypse cristallisé in-situ par la réhydratation d’anhydrite (plâtre), mais ce sont plutôt les indices d’une roche broyée au sein d’un mortier. Ce matériau, notons-le, n’a jamais été observé à notre connaissance sur des pièces provenant d’autres centres de productions contemporains (Athènes, Corinthe, Smyrne, Thèbes, Myrina), ce qui en fait une spécificité du site de Tarse. Bien que moins représenté que l’argile, du gypse est également observé comme matériau de base de statuettes (ex. Corps de femme drapée Tarse 190). Nous n’avons pas encore finalisé l’étude de cet énigmatique matériau, et nous ne pouvons pour le moment qu’en donner les caractéristiques chimiques et minéralogiques sans véritable réflexion sur son usage : restes de moules, mortiers de pose, comblement de lacunes… et sans pouvoir trancher entre les diverses hypothèses présentées dans la seconde partie (cf. § 2.7). Nous poursuivons les investigations.

Fig. 2.  (a) Scène dionysiaque – inv. Tarse 315 ; (b) Photographie au microscope optique en lumière naturelle de la coupe stratigraphique des couches picturales sur le mortier blanc – inv. Tarse 315 ; (c) Image en contraste chimique au microscope électronique à balayage de la coupe stratigraphique des couches picturales sur le mortier blanc – inv. Tarse 315 ; (d) Silène – inv. Tarse 96 ; (e) Photographie au microscope optique en lumière naturelle de la coupe stratigraphique des couches picturales sur le mortier blanc – inv. Tarse 96 ; (f) Image en contraste chimique au microscope électronique à balayage de la coupe stratigraphique des couches picturales sur le mortier blanc – inv. Tarse 96 (© C2RMF, Anne Maigret/Yannick Vandenberghe).

Fig. 2.  (a) Scène             dionysiaque – inv. Tarse 315 ; (b) Photographie au microscope             optique en lumière naturelle de la coupe stratigraphique des             couches picturales sur le mortier blanc – inv. Tarse 315 ; (c)             Image en contraste chimique au microscope électronique à balayage             de la coupe stratigraphique des couches picturales sur le mortier             blanc – inv. Tarse 315 ; (d) Silène – inv.             Tarse 96 ; (e) Photographie au microscope optique en lumière             naturelle de la coupe stratigraphique des couches picturales sur             le mortier blanc – inv. Tarse 96 ; (f) Image en contraste chimique             au microscope électronique à balayage de la coupe stratigraphique             des couches picturales sur le mortier blanc – inv. Tarse 96 (©             C2RMF, Anne Maigret/Yannick Vandenberghe).

2. Étude de la polychromie

13Au sein du corpus choisi pour cette étude, treize terres cuites conservent des restes de polychromie suffisants pour permettre leur caractérisation. La palette des couleurs repérées est assez riche : bleu, vert, jaune, orange, rose, brun. Afin d’en déterminer les constituants, l’étude de polychromie implique un protocole analytique en deux temps : examens et analyses non invasives d’abord, puis approches stratigraphiques, structurales et chimiques plus précises sur des microprélèvements.

2.1. Techniques d’examens et d’analyses

  • 5 Boitier numérique Hasselblad H4D à 60 millions de pixels ; objectifs, 120 mm ; logicie (...)
  • 6 Cette technique d’imagerie met également en évidence le Bleu Han et vraisemblablement (...)
  • 7 Microscope numérique de marque Dino-Lite AD7013MT[R4].

14L’étude de la polychromie et de l’état de surface des terres cuites débute par une campagne d’imagerie scientifique5 : photographie en lumière naturelle, photographie sous ultraviolet, permettant de mettre en évidence la fluorescence de certains matériaux, et photographie en luminescence infrarouge. Ce dernier type d’image est mis en œuvre pour révéler spécifiquement la présence de bleu égyptien6. Ce dossier d’imagerie est complété par une observation minutieuse de la surface et des restes de polychromie à l’aide d’un système de microscopie numérique7 qui permet de visualiser la mise en œuvre des matériaux (superposition, mélange de pigments).

  • 8 Spectromètre de fluorescence aux rayons X Niton XL3T 900 muni d’un tube argent et d’un (...)

15Des analyses élémentaires par fluorescence aux rayons X8 sont alors réalisées directement sur les fragments. Elles permettent d’obtenir une première information sur la composition des pigments et des charges. Le caractère trop ténu des restes de polychromie, et leur localisation dans les creux des reliefs, n’ont pas permis de mettre en œuvre des techniques d’analyses structurales in-situ, du fait de l’impossibilité d’accès aux zones d’intérêts.

  • 9 Diffractomètre à rayons X : source de marque XENOCS, GeniX3D Cu High Flux délivre un f (...)
  • 10 Microscope électronique à balayage avec canon à émission de champ (FEG) à cathode chau (...)

16La réalisation de prélèvements d’écailles infra-millimétriques s’avère alors indispensable pour l’étude approfondie de la polychromie. Les échantillons ont été analysés par diffraction des rayons X9, afin d’établir la nature structurale des composés. Ils ont ensuite été enrobés dans une résine, préparés en coupe stratigraphique et observés en microscopie optique (sous lumière naturelle et sous ultraviolet). La composition chimique des composés présents dans chacune des couches de la stratigraphie est obtenue en microscopie électronique à balayage couplée à une analyse élémentaire10.

2.2. La préparation du support

17Deux groupes se distinguent immédiatement lors des premières observations. Le premier est caractérisé par l’application directe de la polychromie sur la terre cuite (Tête féminine Tarse 132, Héraklès CA 1984, deux Aphrodite, CA 28 et Tarse 114), ou sur le mortier (Silène Tarse 96 et la tête d’Héraklès Tarse 293). Le second ensemble est marqué par la présence d’une préparation blanche, monocouche, relativement fine et homogène, d’environ 20 µm d’épaisseur. Elle est constituée de grains en tablette, d’une taille comprise entre 1 et 1,5 µm, correspondant à un carbonate double de calcium et de magnésium, plus précisément de la huntite. Ce matériau peut être pur, comme pour la Tyché Tarse 12 (fig. 3, a - d) ou la tête de Satyre S 3354, ou associé à de la calcite comme observé sur le masque de théâtre Tarse 551 (fig. 3, e - h) et la Scène dionysiaque Tarse 315.

Fig. 3.  (a) Tyché – inv. Tarse 12 ; (b) Photographie au microscope optique en lumière naturelle de la coupe stratigraphique de la préparation blanche - inv. Tarse 12 ; (c) Image en contraste chimique au microscope électronique à balayage de la coupe stratigraphique de la préparation blanche - inv. Tarse 12 ; (d) Détail de la préparation au microscope électronique à balayage ; (e) Masque de théâtre – inv. Tarse 551 ; (f) Photographie au microscope optique en lumière naturelle de la coupe stratigraphique de la préparation blanche – inv. Tarse 551 ; (c) Image en contraste chimique au microscope électronique à balayage de la coupe stratigraphique de la préparation blanche – inv. Tarse 551 ; (d) Détail de la préparation au microscope électronique à balayage – inv. Tarse 551. (© C2RMF, Anne Maigret/Yannick Vandenberghe)

Fig. 3.  (a) Tyché – inv. Tarse 12 ; (b) Photographie au             microscope optique en lumière naturelle de la coupe             stratigraphique de la préparation blanche - inv. Tarse 12 ; (c)             Image en contraste chimique au microscope électronique à balayage             de la coupe stratigraphique de la préparation blanche - inv. Tarse             12 ; (d) Détail de la préparation au microscope électronique à             balayage ; (e) Masque de théâtre – inv.             Tarse 551 ; (f) Photographie au microscope optique en lumière             naturelle de la coupe stratigraphique de la préparation blanche –             inv. Tarse 551 ; (c) Image en contraste chimique au microscope             électronique à balayage de la coupe stratigraphique de la             préparation blanche – inv. Tarse 551 ; (d) Détail de la             préparation au microscope électronique à balayage – inv. Tarse             551. (© C2RMF, Anne Maigret/Yannick Vandenberghe)

18Une seule figurine se différencie du reste du corpus, l’Eros Tarse 68, qui présente une préparation à base de gypse, grossièrement broyé, avec une taille de grains comprise entre 5 et 15 µm.

2.3. Les pigments et feuilles métalliques

19Avant de détailler la nature des pigments, il est intéressant d’observer la mise en œuvre des couches picturales. Les données recueillies sont très partielles, du fait d’un état particulièrement lacunaire de la polychromie. Cependant, l’observation de certains fragments, comme la scène dionysiaque Tarse 315, montre un travail en plusieurs étapes. On observe d’abord l’application de couches picturales largement débordantes, par exemple les carnations des jambes, qui sont redélimitées par l’application de la couche picturale du fond bleu. Ce même procédé d’application est également utilisé sur la tête de Satyre S 3354, avec une première couche rosée recouvrant l’ensemble de la tête. Puis, un second niveau de polychromie définit la couleur des cheveux et les détails autour des yeux.

2.3.1. Les couches picturales bleues et mauves

  • 11 Verri, 2009.

20La couleur bleue est systématiquement représentée par l’utilisation d’un même pigment, le bleu égyptien. Ce dernier, mis en évidence grâce à l’imagerie en luminescence infrarouge11, est notamment utilisé sur les couronnes des Héraklès, CA 1984, Tarse 293 et Tarse 301 (fig. 4 – a, b). On l’observe pour certaines pièces de vêtements, comme pour l’intérieur du manteau du Dionysos Tarse 18, ou à l’état de traces sur le Dionysos Tarse 40 (fig. 4 – c, d). Du bleu égyptien est aussi observé au niveau des yeux, comme couche bleue pour le masque de théâtre Tarse 551 et sur le fond bleu de la scène dionysiaque Tarse 315. Il peut aussi être utilisé en mélange, dispersé dans une couche rose afin d’obtenir un ton mauve, autour des yeux de la tête de Satyre S 3354 (fig. 4 – e, f) et de la tête féminine Tarse 312.

Fig. 4.  (a) Tête d’héraklès – inv. Tarse 301, en lumière naturelle ; (b) Tête d’héraklès – inv. Tarse 301, en luminescence infrarouge ; (c) Dionysos – inv. Tarse 40, en lumière naturelle ; (d) Dionysos – inv. Tarse 40, en luminescence infrarouge ; (e) Tête de satyre – inv. S 3354, en lumière naturelle ; (f) Tête de satyre – inv. S 3354, en luminescence infrarouge. (© C2RMF, Anne Maigret).

Fig. 4.  (a) Tête               d’héraklès – inv. Tarse 301, en lumière naturelle ; (b) Tête d’héraklès – inv. Tarse 301, en               luminescence infrarouge ; (c) Dionysos –               inv. Tarse 40, en lumière naturelle ; (d) Dionysos – inv. Tarse 40, en luminescence               infrarouge ; (e) Tête de satyre – inv. S               3354, en lumière naturelle ; (f) Tête de               satyre – inv. S 3354, en luminescence infrarouge. (© C2RMF,               Anne Maigret).

2.3.2. Les couches picturales vertes

21Deux figurines possèdent une couche picturale verte. Elle est localisée dans les deux cas sur la base de la statuette et est constituée d’aluminosilicates. Pour l’Aphrodite CA 28, la matière colorante utilisée est de la céladonite, qui fait partie des composés plus communément appelés terre verte. Pour l’Eros Tarse 68, le pigment analysé est plus atypique. Il s’agit d’un aluminosilicate possédant une morphologie de grains tubulaires (fig. 5). Sa composition élémentaire laisse penser qu’il s’agit d’un composé de la famille des zéolithes. Cependant, malgré l’analyse par diffractométrie des rayons X qui permet de déterminer la structure cristalline, nous ne sommes pas parvenus à identifier plus précisément ce pigment.

Fig. 5.  (a) Eros – inv. Tarse 68 ; (b) Photographie au microscope optique en lumière naturelle de la coupe stratigraphique de la couche picturale verte de la base ; (c) Image en contraste chimique au microscope électronique à balayage de la coupe stratigraphique de la couche picturale verte de la base ; (d) Détail au microscope électronique à balayage du pigment vert ; (e) Spectre d’analyse élémentaire du pigment vert ; (f) Diffractogramme du pigment vert (© C2RMF, Anne Maigret/Yannick Vandenberghe).

Fig. 5.  (a) Eros               – inv. Tarse 68 ; (b) Photographie au microscope optique en               lumière naturelle de la coupe stratigraphique de la couche               picturale verte de la base ; (c) Image en contraste chimique au               microscope électronique à balayage de la coupe stratigraphique               de la couche picturale verte de la base ; (d) Détail au               microscope électronique à balayage du pigment vert ; (e) Spectre               d’analyse élémentaire du pigment vert ; (f) Diffractogramme du               pigment vert (© C2RMF, Anne Maigret/Yannick Vandenberghe).

2.3.3. Les couches picturales jaunes et orange

22Cette gamme de couleurs concerne notamment les couches de carnations, pour lesquelles des oxydes de fer associés dans des proportions variables à des aluminosilicates divers (des « argiles » beiges dans ce cas) ont été parfois utilisés. Ces oxydes de fer sont présents sous la forme d’hématite pour les carnations brun orangé de l’Héraklès CA 1984 ou de goethite pour les carnations beige orangé du second personnage de la Scène dionysiaque Tarse 315. La couche picturale jaune présente sur le Silène Tarse 96 est également constituée de goethite, appliquée pure dans ce cas.

23Un autre pigment jaune a également été utilisé sur ces statuettes. Il s’agit d’un chloro-phosphate de plomb et de calcium (fig. 6). Ce composé est observé sur la base de la scène dionysiaque Tarse 315, ou en mélange dans la couche picturale orange du manteau de l’Aphrodite Tarse 114 (fig. 7). Il vient alors nuancer la couleur orangée obtenue par l’utilisation de minium.

Fig. 6.  (a) Scène dionysiaque – inv ; Tarse 315 ; (b) Photographie au microscope optique en lumière naturelle de la coupe stratigraphique de la couche picturale jaune de la base ; (c) Image en contraste chimique au microscope électronique à balayage de la coupe stratigraphique de la couche picturale jaune de la base ; (d) Détail au microscope électronique à balayage du pigment jaune ; (e) Spectre d’analyse élémentaire du pigment jaune (©C2RMF, Anne Maigret/Yannick Vandenberghe).

Fig. 6.  (a) Scène               dionysiaque – inv ; Tarse 315 ; (b) Photographie au               microscope optique en lumière naturelle de la coupe               stratigraphique de la couche picturale jaune de la base ; (c)               Image en contraste chimique au microscope électronique à               balayage de la coupe stratigraphique de la couche picturale               jaune de la base ; (d) Détail au microscope électronique à               balayage du pigment jaune ; (e) Spectre d’analyse élémentaire du               pigment jaune (©C2RMF, Anne Maigret/Yannick Vandenberghe).

Fig. 7.  (a) Aphrodite – Tarse 114 ; (b) Photographie au microscope optique en lumière naturelle de la coupe stratigraphique de la couche picturale orange du vêtement ; (c) Image en contraste chimique au microscope électronique à balayage de la coupe stratigraphique de la couche picturale orange du vêtement ; (e) Diffractogramme du pigment orange (© C2RMF, Anne Maigret/Yannick Vandenberghe).

Fig. 7.  (a) Aphrodite – Tarse 114 ; (b) Photographie au               microscope optique en lumière naturelle de la coupe               stratigraphique de la couche picturale orange du vêtement ; (c)               Image en contraste chimique au microscope électronique à               balayage de la coupe stratigraphique de la couche picturale               orange du vêtement ; (e) Diffractogramme du pigment orange (©               C2RMF, Anne Maigret/Yannick Vandenberghe).

24Ce minéral complexe possède une structure analogue à la mimétite (un chloro-arséniate de plomb, Pb5(AsO4)3 cl). Mais ce que nous observons actuellement n’est pas le pigment originellement mis en œuvre par les artisans. En effet, la morphologie des grains, avec ces nodules très réguliers et des grains cryptocristallins dans la matrice environnante, illustre qu’il s’agit d’une phase issue soit de l’altération, soit de la transformation, d’un ou plusieurs composés au cours du temps et/ou au cours de l’enfouissement. Il est pour le moment difficile de définir la nature du pigment d’origine.

2.3.4. Les couches picturales roses

  • 12 Il est dans l’état actuel de l’étude impossible de certifier qu’il s’agisse bien de (...)

25La couleur rose est majoritairement obtenue par un colorant dont la présence est mise en évidence grâce à sa fluorescence orange sous rayonnement ultraviolet. On l’observe notamment sur l’Aphrodite CA 28, au niveau de la colonne sur laquelle elle s’accoude, ainsi que dans les yeux et sur les lèvres (fig. 8, a – d). Il est également très employé pour la mise en œuvre des carnations, puisque nous le retrouvons dans la couche picturale de la tête féminine Tarse 132 (fig. 8, e – f), de la tête de Satyre S 3354, les carnations d’un des personnages de la scène dionysiaque Tarse 315 et sur les lèvres du masque de théâtre Tarse 551. Sa fluorescence indique qu’il pourrait s’agir d’un colorant de la famille des anthraquinones, tel que la garance12, nous n’avons pas pu approfondir son analyse pour le moment.

Fig. 8.  (a) Aphrodite – inv. CA 28, en lumière naturelle ; (b) Aphrodite – inv. CA 28, sous rayonnement ultraviolet ; (c) Détail du visage d’Aphrodite – inv. CA 28, en lumière naturelle ; (d) Détail du visage d’Aphrodite – inv. CA 28, sous rayonnement ultraviolet ; (e) Tête féminine – inv. Tarse 132, en lumière naturelle ; (f) Tête féminine – inv. Tarse 132, sous rayonnement ultraviolet. (© C2RMF, Anne Maigret).

Fig. 8.  (a) Aphrodite               – inv. CA 28, en lumière naturelle ; (b) Aphrodite – inv. CA 28, sous rayonnement               ultraviolet ; (c) Détail du visage d’Aphrodite               – inv. CA 28, en lumière naturelle ; (d) Détail du visage               d’Aphrodite – inv. CA 28, sous               rayonnement ultraviolet ; (e) Tête               féminine – inv. Tarse 132, en lumière naturelle ; (f) Tête féminine – inv. Tarse 132, sous               rayonnement ultraviolet. (© C2RMF, Anne Maigret).

26L’utilisation de ce colorant est récurrente sur notre corpus de figurines. Toutefois, lorsque l’on s’intéresse aux matières de charges et à la mise en œuvre de la couche picturale, il est possible de répartir les six œuvres sur lesquelles ce composé est présent, en trois groupes distincts.

27Le premier groupe comprend la tête d’Héraklès Tarse 293 et le masque de théâtre Tarse 551. Pour ces deux œuvres, le colorant est dispersé dans une matrice d’aluminosilicates.

28Le deuxième groupe est constitué de la scène dionysiaque Tarse 315 et de la tête de Satyre S 3354. Le colorant, présent dans les carnations, est cette fois associé à un mélange d’aluminosilicates et de huntite. Bien que les matériaux, pour ces deux fragments, soient les mêmes, l’observation des coupes stratigraphiques sous ultraviolet montre une répartition différente du colorant au sein de la couche. Ce qui indique une préparation différente de la peinture.

29Le troisième groupe est formé de l’Aphrodite CA 28 et de la tête féminine Tarse 132. Le colorant est dans ce cas additionné à un mélange d’aluminosilicates et de gypse. Une différence s’observe ici sur la proportion de gypse, plus importante pour l’Aphrodite, et la morphologie des grains. Les grains de gypse présentent une forme relativement arrondie pour l’Aphrodite (fig. 9, a - d) alors qu’ils sont en amande pour la tête féminine (fig. 9, e - h). Ces observations traduisent une provenance ou une préparation différente des matériaux d’une œuvre à l’autre.

Fig. 9.  (a) Photographie au microscope optique de la coupe stratigraphique de la couche picturale rose du pilier sur l’Aphrodite – inv. CA 28 ; (b) Même coupe stratigraphique au microscope optique sous rayonnement ultraviolet ; (c) Même coupe stratigraphique au microscope électronique à balayage ; (d) détail de (c) ; (e) Photographie au microscope optique de la coupe stratigraphique de la couche picturale rose des carnations de la Tête féminine – inv. Tarse 132 ; (f) Même coupe stratigraphique au microscope optique sous rayonnement ultraviolet ; (g) Même coupe stratigraphique au microscope électronique à balayage ; (h) détail de (g) (© C2RMF, Yannick Vandenberghe).

Fig. 9.  (a) Photographie au microscope               optique de la coupe stratigraphique de la couche picturale rose               du pilier sur l’Aphrodite – inv. CA 28 ;               (b) Même coupe stratigraphique au microscope optique sous               rayonnement ultraviolet ; (c) Même coupe stratigraphique au               microscope électronique à balayage ; (d) détail de (c) ; (e)               Photographie au microscope optique de la coupe stratigraphique               de la couche picturale rose des carnations de la Tête féminine – inv. Tarse 132 ; (f) Même               coupe stratigraphique au microscope optique sous rayonnement               ultraviolet ; (g) Même coupe stratigraphique au microscope               électronique à balayage ; (h) détail de (g) (© C2RMF, Yannick               Vandenberghe).

2.3.5. Les feuilles métalliques

30En complément des couches picturales, l’emploi de feuille métallique fait également partie des techniques de décoration utilisées par les artisans de Tarse. Jusqu’à présent, sur ce corpus, aucune feuille d’or ou d’argent n’a été observée. En revanche, une feuille d’étain est attestée sur les couronnes de deux figurines, l’Aphrodite CA 28 et le Dionysos Tarse 40. Pour le Dionysos, la feuille d’étain recouvre également la grappe de raisins que le personnage tient dans la main droite. Cette feuille est entièrement altérée et présente maintenant un aspect noir (fig. 10) lié à la formation de produits de corrosion ; il n’est donc plus possible de définir la couleur d’origine de ces zones. Les couronnes avaient-elles un aspect argenté ? ou doré avec l’application d’un vernis teinté ?

Fig. 10.  (a) Dionysos – inv ; Tarse 40 ; (b)) Détail de la feuille d’étain noircit sur la grappe de raison dans sa main droite ; (c) Photographie au microscope optique en lumière naturelle de la coupe stratigraphique de la feuille d’étain ; (d) Image en contraste chimique au microscope électronique à balayage de la coupe stratigraphique de la feuille d’étain ; (e) Détail au microscope électronique à balayage de la feuille d’étain (©C2RMF, Anne Maigret/Yannick Vandenberghe).

Fig. 10.  (a) Dionysos               – inv ; Tarse 40 ; (b)) Détail de la feuille d’étain               noircit sur la grappe de raison dans sa main droite ; (c)               Photographie au microscope optique en lumière naturelle de la               coupe stratigraphique de la feuille d’étain ; (d) Image en               contraste chimique au microscope électronique à balayage de la               coupe stratigraphique de la feuille d’étain ; (e) Détail au               microscope électronique à balayage de la feuille d’étain               (©C2RMF, Anne Maigret/Yannick Vandenberghe).

31Alors que l’on ne peut pas statuer sur l’aspect d’origine des couronnes, il semble raisonnable de penser, bien qu’il ne soit pas possible de l’attester, que la feuille d’étain sur la grappe de raisins était recouverte d’un glacis coloré permettant de restituer une couleur (jaune, vert, rouge ?) aux fruits.

3. Bilan de l’étude

32L’étude de ce corpus de figurines provenant du site de Tarse avait pour objectif de mieux appréhender la matérialité des œuvres et définir si cette caractérisation pouvait permettre d’établir des critères spécifiques d’attribution. Pour la pâte céramique, hormis deux figurines, dont l’une est clairement importée, les fragments étudiés forment un ensemble tout à fait cohérent, représentatif du site de production de Tarse.

33Concernant la polychromie, la palette des couleurs retrouvées sur les figurines semble assez riche et nuancée, avec du bleu, des verts, des jaunes, de l’orange ou encore du rose. Les matériaux employés sont diversifiés. La plupart des pigments identifiés, comme le bleu égyptien, l’hématite, la goethite ou la garance, se retrouvent à cette époque dans la plupart des polychromies de Grèce, d’Asie Mineure. D’autres sont un peu moins répandus, comme la céladonite, mais ne sont pas spécifiques au site de Tarse. En effet, nous en avons par exemple identifié sur des œuvres produites à Myrina. Certains composés, enfin, tel que cet aluminosilicate indéterminé employé comme pigment vert, ou le chloro-phosphate de plomb et de calcium trouvé dans une couche picturale jaune, peuvent signer une provenance locale des matériaux. Des analyses complémentaires devront être menées pour approfondir leur caractérisation et tenter de définir de possibles provenances géologiques.

  • 13 Middleton, 2001 ; Jeammet et al, à paraître.
  • 14 Bourgeois et al, 2013.

34Le nombre restreint d’œuvres étudiées, ainsi que la variété des matériaux identifiés et des techniques de mise en œuvre observées, ne permettent pas d’établir des regroupements. De plus, cette hétérogénéité ne permet pas encore d’identifier une palette de pigments réellement représentative de l’art de la polychromie des coroplathes de Tarse. En effet, la sélection ayant été réalisée afin d’obtenir un exemple de chaque typologie et de représenter la diversité des couleurs de la polychromie, nous n’avons pour chaque couleur qu’un à trois exemples. Il faut toutefois faire exception pour les couches picturales roses, pour lesquelles nous avons pu étudier les échantillons de six œuvres. L’étude de la nature des charges de ces couches, et leur mise en œuvre, montrent une importante hétérogénéité qui laisse présager une même diversité pour les autres teintes. On peut aussi se baser sur la préparation, blanche et appliquée en fine épaisseur, comme c’est le cas d’une manière générale pour ce type de production. Elle est majoritairement constituée de huntite (associée ou non à de la calcite), ce qui est un point particulièrement intéressant et distinctif. On observe des natures de préparation différentes pour les autres foyers de production, avec principalement de la kaolinite pour la Grèce continentale13 (Athènes, Béotie notamment), des aluminosilicates ou de la dolomite pour Myrina, ou encore de la calcite pour Smyrne14. Si l’on poursuit les investigations en augmentant de façon importante le nombre d’œuvres étudiées, alors on peut penser qu’il sera envisageable de mettre en évidence des spécificités d’atelier, un critère indirect de datation ou simplement une variabilité dans les pratiques.

35D’autres aspects semblent suffisamment caractéristiques pour être relevés. Tout d’abord, l’utilisation de mortier de gypse. Même si sa fonction n’est pas encore établie clairement, il n’a été observé sur aucune autre figurine en terre cuite d’autres foyers de production (Athènes, Corinthe, Smyrne, Thèbes, Myrina).

36Cette étude matérielle est la première réalisée sur des œuvres provenant du site de Tarse. Au regard du nombre de terres cuites étudiées, les premiers résultats obtenus démontrent tout l’intérêt de continuer ces recherches.

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Bibliographie

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Notes

1 Les conditions analytiques sont les suivantes : faisceau de protons de 3MeV, balayage du faisceau de 50 µm de diamètre sur une surface d’environ 1 mm2 et traitement des spectres avec les logiciels GUPIX et Traupix (Campbell et al., 2010 ; Pichon et al., 2014).

2 Diffraction des rayons X : Source de marque XENOCS, GeniX3D Cu High Flux délivrant un faisceau à la longueur de 8 KeV Cu Kα ; Détecteur Rigaku R AXIS IV++, développé par Bede scientific instruments limited. Temps d’acquisition : 5 minutes – Traitement des diagrammes avec les logiciels Fit2D développé par Andy Hammersley (ESRF) et QualX (Altomare, 2015).

3 Cultrone, 2001.

4 Bouquillon et al., 2009 et 2010.

5 Boitier numérique Hasselblad H4D à 60 millions de pixels ; objectifs, 120 mm ; logiciel de prise de vue, Phocus.

6 Cette technique d’imagerie met également en évidence le Bleu Han et vraisemblablement quelques autres composés anecdotiques. Elle reste néanmoins considérée comme spécifique au bleu égyptien dans le contexte d’utilisation de matériaux employés pour la mise en œuvre de la polychromie.

7 Microscope numérique de marque Dino-Lite AD7013MT[R4].

8 Spectromètre de fluorescence aux rayons X Niton XL3T 900 muni d’un tube argent et d’un shutter molybdène.

9 Diffractomètre à rayons X : source de marque XENOCS, GeniX3D Cu High Flux délivre un faisceau à la longueur de 8 KeV Cu Kα ; Détecteur Rigaku R AXIS IV++, développé par Bede scientific instruments limited.

10 Microscope électronique à balayage avec canon à émission de champ (FEG) à cathode chaude, JEOL 7800F ; analyseur X par dispersion d’énergie Bruker Quantax Duo ; 2 détecteurs SDD de 30 mm2 Bruker AXS 6|30 ; traitement des spectres par le logiciel Esprit de Bruker.

11 Verri, 2009.

12 Il est dans l’état actuel de l’étude impossible de certifier qu’il s’agisse bien de garance. Cela reste une hypothèse à confirmer par des analyses complémentaires.

13 Middleton, 2001 ; Jeammet et al, à paraître.

14 Bourgeois et al, 2013.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Diffractogramme de la terre cuite de la figurine Tarse 67, représentative de l’ensemble du corpus (© C2RMF, Anne Bouquillon/Christel Doublet).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/26476/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 70k
Titre Tableau 2 : Composition chimique élémentaire de la pâte de la figurine Tarse 27 exprimée en pourcentages en poids d’oxydes et comparaison avec le groupe principal des figurines de Smyrne.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/26476/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 22k
Titre Fig. 2.  (a) Scène dionysiaque – inv. Tarse 315 ; (b) Photographie au microscope optique en lumière naturelle de la coupe stratigraphique des couches picturales sur le mortier blanc – inv. Tarse 315 ; (c) Image en contraste chimique au microscope électronique à balayage de la coupe stratigraphique des couches picturales sur le mortier blanc – inv. Tarse 315 ; (d) Silène – inv. Tarse 96 ; (e) Photographie au microscope optique en lumière naturelle de la coupe stratigraphique des couches picturales sur le mortier blanc – inv. Tarse 96 ; (f) Image en contraste chimique au microscope électronique à balayage de la coupe stratigraphique des couches picturales sur le mortier blanc – inv. Tarse 96 (© C2RMF, Anne Maigret/Yannick Vandenberghe).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/26476/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 159k
Titre Fig. 3.  (a) Tyché – inv. Tarse 12 ; (b) Photographie au microscope optique en lumière naturelle de la coupe stratigraphique de la préparation blanche - inv. Tarse 12 ; (c) Image en contraste chimique au microscope électronique à balayage de la coupe stratigraphique de la préparation blanche - inv. Tarse 12 ; (d) Détail de la préparation au microscope électronique à balayage ; (e) Masque de théâtre – inv. Tarse 551 ; (f) Photographie au microscope optique en lumière naturelle de la coupe stratigraphique de la préparation blanche – inv. Tarse 551 ; (c) Image en contraste chimique au microscope électronique à balayage de la coupe stratigraphique de la préparation blanche – inv. Tarse 551 ; (d) Détail de la préparation au microscope électronique à balayage – inv. Tarse 551. (© C2RMF, Anne Maigret/Yannick Vandenberghe)
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/26476/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 155k
Titre Fig. 4.  (a) Tête d’héraklès – inv. Tarse 301, en lumière naturelle ; (b) Tête d’héraklès – inv. Tarse 301, en luminescence infrarouge ; (c) Dionysos – inv. Tarse 40, en lumière naturelle ; (d) Dionysos – inv. Tarse 40, en luminescence infrarouge ; (e) Tête de satyre – inv. S 3354, en lumière naturelle ; (f) Tête de satyre – inv. S 3354, en luminescence infrarouge. (© C2RMF, Anne Maigret).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/26476/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 88k
Titre Fig. 5.  (a) Eros – inv. Tarse 68 ; (b) Photographie au microscope optique en lumière naturelle de la coupe stratigraphique de la couche picturale verte de la base ; (c) Image en contraste chimique au microscope électronique à balayage de la coupe stratigraphique de la couche picturale verte de la base ; (d) Détail au microscope électronique à balayage du pigment vert ; (e) Spectre d’analyse élémentaire du pigment vert ; (f) Diffractogramme du pigment vert (© C2RMF, Anne Maigret/Yannick Vandenberghe).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/26476/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 187k
Titre Fig. 6.  (a) Scène dionysiaque – inv ; Tarse 315 ; (b) Photographie au microscope optique en lumière naturelle de la coupe stratigraphique de la couche picturale jaune de la base ; (c) Image en contraste chimique au microscope électronique à balayage de la coupe stratigraphique de la couche picturale jaune de la base ; (d) Détail au microscope électronique à balayage du pigment jaune ; (e) Spectre d’analyse élémentaire du pigment jaune (©C2RMF, Anne Maigret/Yannick Vandenberghe).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/26476/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 195k
Titre Fig. 7.  (a) Aphrodite – Tarse 114 ; (b) Photographie au microscope optique en lumière naturelle de la coupe stratigraphique de la couche picturale orange du vêtement ; (c) Image en contraste chimique au microscope électronique à balayage de la coupe stratigraphique de la couche picturale orange du vêtement ; (e) Diffractogramme du pigment orange (© C2RMF, Anne Maigret/Yannick Vandenberghe).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/26476/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 122k
Titre Fig. 8.  (a) Aphrodite – inv. CA 28, en lumière naturelle ; (b) Aphrodite – inv. CA 28, sous rayonnement ultraviolet ; (c) Détail du visage d’Aphrodite – inv. CA 28, en lumière naturelle ; (d) Détail du visage d’Aphrodite – inv. CA 28, sous rayonnement ultraviolet ; (e) Tête féminine – inv. Tarse 132, en lumière naturelle ; (f) Tête féminine – inv. Tarse 132, sous rayonnement ultraviolet. (© C2RMF, Anne Maigret).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/26476/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 231k
Titre Fig. 9.  (a) Photographie au microscope optique de la coupe stratigraphique de la couche picturale rose du pilier sur l’Aphrodite – inv. CA 28 ; (b) Même coupe stratigraphique au microscope optique sous rayonnement ultraviolet ; (c) Même coupe stratigraphique au microscope électronique à balayage ; (d) détail de (c) ; (e) Photographie au microscope optique de la coupe stratigraphique de la couche picturale rose des carnations de la Tête féminine – inv. Tarse 132 ; (f) Même coupe stratigraphique au microscope optique sous rayonnement ultraviolet ; (g) Même coupe stratigraphique au microscope électronique à balayage ; (h) détail de (g) (© C2RMF, Yannick Vandenberghe).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/26476/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 175k
Titre Fig. 10.  (a) Dionysos – inv ; Tarse 40 ; (b)) Détail de la feuille d’étain noircit sur la grappe de raison dans sa main droite ; (c) Photographie au microscope optique en lumière naturelle de la coupe stratigraphique de la feuille d’étain ; (d) Image en contraste chimique au microscope électronique à balayage de la coupe stratigraphique de la feuille d’étain ; (e) Détail au microscope électronique à balayage de la feuille d’étain (©C2RMF, Anne Maigret/Yannick Vandenberghe).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/26476/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 267k
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Pour citer cet article

Référence papier

Yannick Vandenberghe, Anne Bouquillon, Christel Doublet et Anne Maigret, « Les figurines de Tarse. Partie III.
Étude matérielle et analyses physico-chimiques »
Pallas, 121 | 2023, 129-142.

Référence électronique

Yannick Vandenberghe, Anne Bouquillon, Christel Doublet et Anne Maigret, « Les figurines de Tarse. Partie III.
Étude matérielle et analyses physico-chimiques »
Pallas [En ligne], 121 | 2023, mis en ligne le 13 février 2024, consulté le 19 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/26476 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/pallas.26476

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Auteurs

Yannick Vandenberghe

Technicien de recherche
Centre de recherche et de restauration des musées de France

Anne Bouquillon

Ingénieur de recherche
Centre de recherche et de restauration des musées de France

Christel Doublet

Ingénieure d’études
Centre de recherche et de restauration des musées de France

Anne Maigret

Technicien d’art, spécialité photographie
Centre de recherche et de restauration des musées de France

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Droits d’auteur

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