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Étudier les terres cuites antiques aujourd'hui. Nouvelles approches, nouveaux outils
1. Gestes et traces d'outils

Le site de Montans et ses figurines : du mobilier archéologique jusqu’à la reproduction des gestes

The site of Montans and its figurines: from archaeological artefacts to the re-enactment of ancient gestures
Fany Maury et Mathias Fernandes
p. 43-53

Résumés

Le site de Montans (Tarn) est essentiellement connu pour son industrie de céramiques sigillées des ier et iie siècles de notre ère. À côté de cette production destinée à l’exportation, les découvertes de figurines montrent qu’une part de l’activité potière, quoique marginale, était représentée par le façonnage de statuettes moulées, dont l’étude reste à réaliser. De nos jours, à l’Archéosite, les gestes des coroplathes se perpétuent pour la réalisation de fac-similés et permettent de mieux comprendre les techniques utilisées.

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Texte intégral

1. Un musée intercommunal

1.1. Situation

  • 1 Gruat et al., 2011.

1Montans est un village du département du Tarn, situé auprès de l’A68 entre Toulouse et Albi, sur un éperon naturel en surplomb de la rivière Tarn. Dans l’Antiquité, le site appartient à la frange méridionale du territoire des Rutènes, dont la frontière avec les Volques Tectosages se situe vers Saint-Sulpice-La-Pointe1. Occupé de la fin de l’âge du Bronze jusqu’à l’époque contemporaine, il est essentiellement connu pour avoir été, dès l’époque augustéenne et ce durant les deux premiers siècles de notre ère, une agglomération secondaire à vocation artisanale tournée vers les productions en terre cuite. Les céramiques sigillées, fabriquées en masse et exportées sur la partie atlantique de la Gaule, le nord de l’Espagne et la Grande-Bretagne, grâce à l’axe fluvial Tarn-Garonne, représentent l’essentiel de la production. À côté de cette production spécialisée et vouée à l’exportation sur de grandes distances, on trouve également des gobelets à paroi fine, de la céramique commune, des lampes à huile, des vases à engobe blanc peints, des terres cuites architecturales, des amphores et des figurines.

1.2. Le musée

2Le site est connu dès le xviiie siècle et les premières fouilles démarrent au siècle suivant. À partir des années 1960, les projets d’aménagement sont systématiquement précédés de fouilles préventives qui révèlent l’implantation des ateliers et des habitats. L’Archéosite, musée dédié à la valorisation du site de Montans et, plus largement, du nord-ouest du Tarn, a été inauguré en 1995. Son exposition permanente retrace la chronologie de l’occupation du village depuis ses origines protohistoriques jusqu’à la période médiévale et détaille les différentes productions céramiques antiques. Une partie de l’exposition permanente est plus largement dédiée à la présentation d’un panorama de l’archéologie du nord-ouest du Tarn. Des expositions temporaires complètent le propos afin de mettre en valeur les collections conservées dans les réserves et d’apporter un éclairage différent ou complémentaire à une thématique.

1.3. Le centre de conservation et d’études

3Dès l’origine, l’Archéosite a été doté d’un bâtiment annexe, spécifiquement dédié à la conservation du produit des fouilles menées depuis les années 1960 ainsi qu’à l’accueil des chercheurs. Il conserve le mobilier archéologique des opérations de la Section Archéologique de Montans, de Michel Labrousse, du CERAM (fouilles de Thierry Martin et Hervé Ruffat notamment), de Pierre Sillières (chantier école de l’Université Toulouse-Le Mirail, aujourd’hui Université Toulouse – Jean Jaurès), des opérations préventives postérieures à 2001 sur le site de Montans et sur une partie du territoire intercommunal. Devenu Centre de conservation et d’études (CCE) en 2012, il fait aujourd’hui l’objet d’un projet d’extension et de réaménagement porté par la Communauté d’Agglomération Gaillac Graulhet, avec le soutien de l’État, de la Région Occitanie, du Département du Tarn et des fonds Leader. Les fouilles préalables à l’agrandissement des réserves ont été confiées à l’agence Évéha et ont été réalisées à l’automne 2021 sous la responsabilité de Simon Girond. À terme, le CCE permettra, en plus d’espaces de conservation supplémentaires, l’accueil des chercheurs qui pourront disposer d’une salle d’étude, d’un centre de documentation et d’espaces fonctionnels pour l’étude et la manipulation des collections.

2. Les figurines de Montans

  • 2 Diplôme d’Études Approfondies existant entre 1964 et 2005.
  • 3 Giesbert, 1985.
  • 4 Giesbert 1993 ; Martin 1993.
  • 5 Voir infra.

4Les figurines gallo-romaines de Montans ont fait l’objet d’une étude en 1985 dans le cadre d’un DEA2 qui portait sur le corpus tarnais3. Depuis, des opérations archéologiques sont venues enrichir ce premier ensemble et viennent appuyer la nécessité de mettre en œuvre une nouvelle étude intégrant les dernières découvertes, dont l’atelier de la Rue des Jardins, fouillé en 2005 par Patrick Massan (Inrap). Les figurines mises au jour dans le village au xixe siècle se répartissent entre les musées d’Albi (musée Toulouse-Lautrec) et de Lisle-sur-Tarn (musée Raymond-Lafage). Celles issues des fouilles de sauvetage menées depuis les années 1960 sont conservées au CCE ou exposées dans le musée. Aucun moule de figurine n’a, pour l’heure, été mis au jour dans le village, la production n’étant ainsi attestée que par des rebuts de cuisson présents sur les ateliers des céramistes montanais. Il semblerait que les figurines aient concerné une part marginale de l’ensemble du catalogue proposé par les potiers de Montans et n’aient été diffusées que localement4. La présentation qui suit ne constitue qu’un aperçu des collections conservées par l’Archéosite afin de remettre en contexte le propos sur la reproduction de figurines réalisée par Mathias Fernandes à l’Archéosite5.

2.1. Les figurines antiques en terre blanche

  • 6 Martin, 1977, p. 70.
  • 7 Voir les étapes du façonnage, infra, démonstrations et expérimentations, p (...)
  • 8 Martin, 1996, p. 46 ; Ruffat, 1983, p. 20.

5Trois déesses-mères en terre blanche sont présentées à l’Archéosite, dont une, découverte au xixe siècle par Félix Lacroix, appartient aux collections du musée Raymond-Lafage et fait l’objet d’un dépôt permanent. Elles figurent une femme ou déesse-mère coiffée d’un chignon sommital ou bien centré sur l’arrière, installée dans un fauteuil d’osier et allaitant un ou deux enfants. L’exemplaire de la propriété Miquel (fig. 1) a été découvert en 1976 et figure un personnage féminin allaitant deux enfants. Elle mesure 15,5 cm de hauteur et provient d’un dépotoir daté des années 150-175 de notre ère6. La base de son socle est manquante mais la présence d’un évent bien visible sur le côté gauche du dossier indique qu’au moment du façonnage le fond de la figurine était fermé7. Comme elle, la déesse-mère de la collection Lacroix (inventaire n° 2003.196.15) allaite deux enfants et présente un évent sur le côté gauche. Celle du quartier Labouygue (fig. 2) a été découverte en 1983 au moment des fouilles préalables à l’aménagement d’un lotissement municipal dans le remplissage de l’alandier d’un four8. Sa base est fermée et le trou d’évent se trouve ici sur le fond, ce qui permet de le cacher aux regards une fois que la figurine est posée. La fabrication locale ou, a contrario, l’importation de ces figurines en terre blanche, reste à prouver.

Fig. 1. Déesse-mère allaitant deux enfants provenant de Montans, fouilles de la Propriété Miquel, 1976,
hauteur 15,5 cm, collection Archéosite de Montans. Photo : J.-F. Peiré / DRAC Occitanie.

Fig. 1. Déesse-mère allaitant deux enfants             provenant de Montans, fouilles de la Propriété Miquel,             1976,hauteur 15,5 cm, collection Archéosite de Montans. Photo             : J.-F. Peiré / DRAC Occitanie.

Fig. 2. Déesse-mère allaitant un enfant provenant de Montans, fouille du Lotissement Labouygue, 1983, hauteur 13 cm, collection Archéosite de Montans. Photo : J.-F. Peiré / DRAC Occitanie

Fig. 2. Déesse-mère allaitant un enfant             provenant de Montans, fouille du Lotissement Labouygue, 1983,             hauteur 13 cm, collection Archéosite de Montans. Photo : J.-F.             Peiré / DRAC Occitanie

2.2. Les figurines antiques produites localement

  • 9 Massan et al., 2005, p. 58-65.

6À côté des figurines en terre blanche, qu’elles soient importées ou locales, se trouvent des exemplaires en terre beige à rouge, présentant des qualités d’exécution extrêmement variables. On y trouve des déesses-mères, des Vénus anadyomènes, des bustes, des personnages debout en pied, des couples enlacés. La plupart des découvertes remontent au xixe siècle ou sont issues de fouilles des années 1970-1980 au cours desquelles elles représentent des exemplaires isolés. En 2005, toutefois, la fouille menée par Patrick Massan sur une parcelle de la Rue des Jardins, permet d’approcher pour la première fois un atelier de coroplathe du milieu du ier siècle de notre ère. 25 fragments de figurines sont mis au jour, représentant 17 individus minimum, dont l’étude a été conduite par Clotilde Lécuyer9. La faible part des figurines, à côté d’autres productions céramiques très présentes comme les gobelets à paroi fine, les céramiques communes et les sigillées, tend à leur conférer, comme pour les lampes à huile, un rôle simplement complémentaire dans la production de l’atelier. Si les exemplaires présentent des pâtes homogènes et des techniques de mise en œuvre semblables, des différences notoires s’observent au niveau des qualités d’exécution, allant de figurines au relief très fruste jusqu’à des pièces plus abouties. Un genou de femme drapée, notamment, est bien exécuté et les dimensions du fragment laissent envisager une hauteur originelle de la statuette estimée à 35 ou 40 centimètres, ce qui en fait un exemplaire unique à l’échelle du site. A contrario, l’avers d’une Vénus anadyomène présente un rendu très sommaire, résultat de surmoulages successifs (fig. 3). Quelques socles issus de cet atelier présentent un repli de l’excédent de pâte à l’intérieur de la figurine, à la manière d’un ourlet. Les exemplaires restent cependant assez peu nombreux et trop fragmentaires pour saisir le catalogue des productions et aller au-delà dans la compréhension des procédés mis en œuvre dans cet atelier où les figurines représentent une part modeste des céramiques.

Fig. 3. Vénus anadyomène surmoulée provenant de Montans, fouilles de la Rue des Jardins, 2005, hauteur 13,1 cm. Photo : F. Maury / Archéosite de Montans – Gaillac-Graulhet Agglomération.

Fig. 3. Vénus anadyomène surmoulée             provenant de Montans, fouilles de la Rue des Jardins, 2005,             hauteur 13,1 cm. Photo : F. Maury / Archéosite de Montans –             Gaillac-Graulhet Agglomération.

3. Démonstrations et expérimentations

3.1. Présentation

7Cette partie présente le façonnage par estampage d’une figurine antique dans un moule en plâtre bivalve tel qu’il est exercé à l’Archéosite de Montans dans le cadre de productions en séries destinées à l’obtention de fac-similés pédagogiques. Il ne s’agit pas d’un protocole expérimental, mais plutôt d’une présentation et d’une invitation à collaborer proposée lors du Workshop. Cette démonstration est assurée par Mathias Fernandes, potier spécialisé depuis 2002 dans la reproduction de céramiques antiques, dans le sillage de ses parents. Au sein de l’Archéosite, ce dernier met notamment son savoir et ses compétences dans les actions de recherches et d’expérimentations qu’impulse le musée auprès de la communauté scientifique comme du grand public. Ses missions sont triples : réaliser la production d’objets destinés à la vente en boutique, appuyer la partie recherche et expérimentation, plus axée sur l’étude des procédés et des matières utilisés dans l’Antiquité, et enfin assurer les animations et la médiation à destination du grand public.

3.2. Le processus complet de fabrication de figurines estampées

8La fabrication de figurines estampées comprend plusieurs étapes :

  • l’extraction de l’argile se fait généralement au flanc d’un talus ou d’une carrière, plus rarement en puits ou sous terre bien que cela puisse s’observer de façon plus marginale. La matière ainsi prélevée doit ensuite être préparée afin de la rendre utilisable. L’argile est séchée avant d’être broyée puis tamisée. La préparation peut alors être mouillée avant de subir une étape de décantation. Après un séchage partiel, l’argile obtenue est pétrie afin de l’homogénéiser.
  • la fabrication du prototype (l’objet que l’on souhaite reproduire), sauf si l’on effectue un surmoulage à partir d’un tirage existant.
  • la fabrication du moule. Il peut être en argile ou en plâtre. Nous avons choisi un moule en plâtre pour cette démonstration car nos figurines autochtones présentent pour la majeure partie d’entre elles des traces attestant de leur fabrication dans ce type de moule, notamment des bulles apparaissant en relief sur le tirage.
  • le façonnage par estampage, détaillé dans le paragraphe suivant
  • la cuisson se fait aux alentours de 950 °C selon l’argile utilisée, le temps de cuisson dépendant du four (taille, conception…) et ne jouant que marginalement sur le résultat final.
  • le décor, la peinture si le modèle en comporte, ce qui n’est à première vue pas le cas sur les exemplaires de Montans. Il est à noter que cette dernière étape semble être réalisée quasi exclusivement après cuisson, il ne s’agit pas d’engobes ou de patines cuites.

3.3. Le façonnage

9C’est cette partie spécifique de la chaîne opératoire qui a fait l’objet de la démonstration programmée lors du workshop de septembre - octobre 2021.

  • 10 Voir supra.

10L’objet original est une déesse-mère assise sur un fauteuil en vannerie et tenant deux enfants, découvert sur la propriété Miquel à Montans en 197610 (fig. 1).

11Le travail se fait à l’aide d’un moule en plâtre constitué de deux parties, appelées valves, l’une formant la face et la seconde constituant le dos de la figurine à reproduire (fig. 4.1).

Fig. 4. Première partie de l’estampage : remplissage et assemblage des valves.
Dessin : V. Malbert / Archéosite de Montans – Gaillac-Graulhet Agglomération.

Fig. 4. Première partie de l’estampage :             remplissage et assemblage des valves.Dessin : V. Malbert /             Archéosite de Montans – Gaillac-Graulhet Agglomération.

Fig. 5. Seconde partie de l’estampage : démoulage et finitions.
Dessin : V. Malbert / Archéosite de Montans – Gaillac-Graulhet Agglomération.

Fig. 5. Seconde partie de l’estampage :             démoulage et finitions. Dessin : V. Malbert / Archéosite de             Montans – Gaillac-Graulhet Agglomération.

12On commence avec la partie « face », ou avers, du moule. Une petite quantité d’argile est aplatie à la main de manière à former une galette qui sera appliquée et étirée dans le moule jusqu’à en recouvrir toute la surface interne d’une couche régulière (fig. 4.2). On procède ensuite à la création d’un rebord interne destiné à assurer l’assemblage des deux parties estampées. Ce rebord est légèrement griffé en surface pour en assurer l’adhésion. Ces opérations sont répétées de la même façon sur la deuxième partie du moule.

13Le coroplathe vient ensuite badigeonner le rebord interne, strié, avec une barbotine qui aura été préalablement préparée (fig. 4.3). La barbotine est un simple mélange d’argile et d’eau, de consistance comparable à une pâte à gaufre.

14Les deux parties du moule sont assemblées en prenant soin de bien les aligner (fig. 4.4). Le pressage des deux parties permet d’en assurer le collage. La pression exercée varie suivant les modèles. Dans l’exemple présenté ici, un appui du poids du haut du corps pendant une quinzaine de secondes est suffisant pour unifier les deux parties du moule (fig. 5.5).

15Ainsi réunies, après quelques minutes, l’ouverture est possible (la durée varie suivant la température de l’air, l’humidité ambiante, le type d’argile utilisée ou encore la patience du coroplathe). La figurine peut alors être sortie du moule (fig. 5.6), dans le cas présent en la soulevant par l’intérieur.

  • 11 Opération qui consiste, sur la pièce produite, à retirer l’argile qui déborde (...)

16L’objet se présente alors sous une forme brute et nécessite encore un ébavurage11 ainsi qu’une finition de ses joints de soudure. Le soin apporté à cette étape détermine la visibilité ou non du collage sur la pièce finie (fig. 5.7).

17Le socle de la figurine est ensuite clos à l’aide d’une plaque façonnée à part puis collée à la barbotine (fig. 5.8). Cette dernière étape a pour conséquence de créer, à l’intérieur même de la figurine, une bulle fermée qui éclaterait lors de la cuisson. Il est donc indispensable de procéder au perçage d’un trou d’évent qui, en permettant l’évacuation de l’air, empêche l’éclatement de la pièce dans le four. Son emplacement est ici identique à l’exemplaire archéologique, sur le côté arrière gauche du fauteuil (fig. 5.9).

Fig. 6. Mathias Fernandes dans l’atelier de l’Archéosite.
Photo : V. Malbert / Archéosite de Montans – Gaillac-Graulhet Agglomération.

Fig. 6. Mathias Fernandes dans l’atelier de             l’Archéosite. Photo : V. Malbert / Archéosite de Montans –             Gaillac-Graulhet Agglomération.

3.4. Considérations générales

18De cette expérience en reproduction de figurines antiques, plusieurs éléments de réflexion ressortent.

19On pourrait avoir tendance à opposer la technique de la céramique tournée à la coroplathie en estimant que la première serait plus complexe que la seconde qui est basée sur un usage standardisé d’un moule reproductible à l’infini. C’est une question plus complexe qu’il n’y paraît et qui est liée à plusieurs facteurs :

  • la qualité du produit fini dépend de sa netteté, de son niveau de difficulté plastique (complexité de la forme, niveau de détail, etc.) ainsi que de la richesse de son décor. S’il est relativement aisé d’estamper un modèle simple avec un résultat grossier, produire une figurine de forme complexe avec un bon niveau de finition est bien moins facile.
  • la maîtrise du processus complet de fabrication (incluant préparation des argiles, prototypage, fabrication des moules, édition des objets, cuisson et décor) doit être prise en considération. Une réalisation aux finitions mêmes approximatives est le résultat d’une chaîne opératoire complexe.
  • la partie économique du travail est certainement en ce sens un facteur clé : comment être rentable, comment trouver ses clients et bien vendre sa production ?

20En ne considérant que la partie estampage de la coroplathie, on pourrait estimer qu’elle est effectivement plus simple à exercer qu’une production de céramique tournée, ce qui resterait cependant à vérifier. En revanche, pris dans la globalité technique, ce constat devient nettement moins pertinent. En effet, si apprendre à estamper une figurine basique est sans doute plus rapide que la maîtrise du tournage d’une pièce simple, devenir un professionnel de l’une ou l’autre de ces pratiques ne semble pas si différent en termes de difficulté.

 

21Si l’on se réfère au corpus montanais, il convient surtout de définir l’usage même de l’objet fini. Cet aspect doit entrer dans la réflexion globale permettant d’appréhender l’étude des figurines. En effet, à la différence de pièces tournées, destinées à un usage répété qui, soit pour des attentes de robustesse, soit pour des attentes esthétiques, pratiques ou commerciales, nécessitaient un soin accru du potier, bon nombre des figurines présentes à Montans sembleraient plutôt destinées à un usage cultuel unique ou domestique où la symbolique de la pièce l’emporte bien plus que l’esthétique même de l’objet. Seules de nouvelles études de ce corpus, tels que le sujet de Master débuté en septembre 2022 (Université Toulouse Jean-Jaurès), apporteront sans doute des éclairages à ces questions, que la pratique artisanale mise en œuvre au musée pourrait appuyer selon un protocole expérimental à définir.

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Bibliographie

Gruat, P., Pailler, J.-M., Schaad, D., 2011, Les Rutènes, du peuple à la cité, suppl. 25 à Aquitania, Bordeaux.

Giesbert, B., 1985, Les figurines gallo-romaines en terre cuite du Tarn, mémoire de DEA, Université de Rouen.

Giesbert, B., 1993, La diffusion des figurines en France : Ariège, Gers, Haute-Garonne, Lot, Tarn, Tarn-et-Garonne, Documents d’Archéologie Française, 38, p. 174-177.

Martin, Th., 1977, Fouilles de Montans : Note préliminaire sur les résultats de la campagne 1975, Figlina, 2, p. 51-78.

Martin, Th., 1993, Les figurines gallo-romaines, les ateliers : Montans, centre de production, Documents d’Archéologie Française, 38, p. 92-93.

Martin, Th., 1996, Céramiques sigillées et potiers gallo-romains de Montans, Montans.

Massan, P. et alii, 2005, Montans - Construction d’une maison individuelle, rue des Jardins : Rapport Final de Fouille, INRAP.

Pech, J. et alii, 2017, Atlas archéologique de Montans, Montans.

Ruffat, H., et alii, 1983, Montans, quartier de Labouygue, Rapport de Fouilles de Sauvetage Programmé du Lotissement Labouygue.

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Notes

1 Gruat et al., 2011.

2 Diplôme d’Études Approfondies existant entre 1964 et 2005.

3 Giesbert, 1985.

4 Giesbert 1993 ; Martin 1993.

5 Voir infra.

6 Martin, 1977, p. 70.

7 Voir les étapes du façonnage, infra, démonstrations et expérimentations, par Mathias Fernandes.

8 Martin, 1996, p. 46 ; Ruffat, 1983, p. 20.

9 Massan et al., 2005, p. 58-65.

10 Voir supra.

11 Opération qui consiste, sur la pièce produite, à retirer l’argile qui déborde parfois au niveau des collages lors de l’estampage dans un moule à plusieurs valves.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Déesse-mère allaitant deux enfants provenant de Montans, fouilles de la Propriété Miquel, 1976,hauteur 15,5 cm, collection Archéosite de Montans. Photo : J.-F. Peiré / DRAC Occitanie.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/26191/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 188k
Titre Fig. 2. Déesse-mère allaitant un enfant provenant de Montans, fouille du Lotissement Labouygue, 1983, hauteur 13 cm, collection Archéosite de Montans. Photo : J.-F. Peiré / DRAC Occitanie
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/26191/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 199k
Titre Fig. 3. Vénus anadyomène surmoulée provenant de Montans, fouilles de la Rue des Jardins, 2005, hauteur 13,1 cm. Photo : F. Maury / Archéosite de Montans – Gaillac-Graulhet Agglomération.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/26191/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 201k
Titre Fig. 4. Première partie de l’estampage : remplissage et assemblage des valves.Dessin : V. Malbert / Archéosite de Montans – Gaillac-Graulhet Agglomération.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/26191/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 194k
Titre Fig. 5. Seconde partie de l’estampage : démoulage et finitions. Dessin : V. Malbert / Archéosite de Montans – Gaillac-Graulhet Agglomération.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/26191/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 209k
Titre Fig. 6. Mathias Fernandes dans l’atelier de l’Archéosite. Photo : V. Malbert / Archéosite de Montans – Gaillac-Graulhet Agglomération.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/26191/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 358k
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Pour citer cet article

Référence papier

Fany Maury et Mathias Fernandes, « Le site de Montans et ses figurines : du mobilier archéologique jusqu’à la reproduction des gestes »Pallas, 121 | 2023, 43-53.

Référence électronique

Fany Maury et Mathias Fernandes, « Le site de Montans et ses figurines : du mobilier archéologique jusqu’à la reproduction des gestes »Pallas [En ligne], 121 | 2023, mis en ligne le 13 février 2024, consulté le 21 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/26191 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/pallas.26191

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Auteurs

Fany Maury

Directrice de l’Archéosite de Montans

Mathias Fernandes

Potier à l’Archéosite de Montans

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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