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Miscellanées

Une histoire territoriale d’Argos hellénistique et romaine par le prisme de deux sanctuaires extra-urbains

A territorial history of Hellenistic and Roman Argos through the prism of two extra-urban sanctuaries
Clémence Weber-Pallez
p. 135-165

Abstracts

The study of the two main extra-urban sanctuaries of Argos, the Heraion and the sanctuary of Zeus at Nemea, allows us to drawn a territorial history of the city during the Hellenistic and Imperial periods. While during the Classical and early Hellenistic periods, the Argives integrated extra-urban and border areas into their political and cultic system and into the representations they made of their city, there was a change of territorial paradigm under the domination of Hellenistic tyrants. These rulers privilege the centralization of the political, diplomatic and cultic functions within the walls of Argos, to the detriment of the extra-urban spaces condemned to become peripheries, which keep only economic or symbolic functions. Under the Roman domination, the community reappropriates part of these peripheral spaces and invests them with new functions, notably linked to the imperial cult.

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Full text

  • 1 Cet article a été écrit dans le cadre du programme ArcHiLoc (Archéologie, histoire (...)
  • 2 Polignac (de), 1984.
  • 3 L’expression est de Vallet, 1968, p. 89-91.
  • 4 Polignac (de), 1984, p. 33.
  • 5 Polignac (de), 1985, p. 56.
  • 6 Ibid., p. 61.
  • 7 Par exemple, pour l’époque archaïque, Ma, 2014, p. 150 et Duplouy, 2018, p. 37. Pour (...)

1Il y a près de quarante ans1, F. de Polignac proposait dans sa Naissance de la cité grecque un modèle de développement territorial de la cité aux époques géométrique et archaïque, fondé sur une représentation de l’espace selon le paradigme centre et périphérie2. Dans cette poléogenèse, les sanctuaires dits « extra-urbains »3, c’est-à-dire situés à plusieurs kilomètres du centre urbain de la cité, auraient été fondés en écho à leurs équivalents urbains : les processions des uns aux autres et les rites d’intégration qu’ils partageaient, auraient permis l’unification symbolique de l’ensemble du territoire. Dans cet ouvrage, F. de Polignac donnait l’Héraion d’Argos comme exemple illustrant ce système4. Par la suite, il en fit l’objet d’un article à part et affirma qu’Argos était un « espace dédoublé entre centre et périphérie »5. Le sanctuaire d’Héra à Prosymna, distant d’environ 10 km de la ville, aurait été « un centre et une limite de la constitution sociale de la cité argienne »6. Le modèle de Polignac a été largement repris pour qualifier le fonctionnement territorial de la cité grecque aux époques géométrique, archaïque, mais aussi classique7.

  • 8 Tarn, 1927, p. 79-125 ; Festugière, 1972, p. 120 ; Mikalson, 1998, p. 309-331.
  • 9 Melfi et Bobou, 2016, et plus particulièrement l’article de S. Kravaritou, « Sacre (...)

2Ce modèle a été plus tardivement repris et appliqué aux cités hellénistiques. Le topos de la décadence des cités grecques dès l’arrivée des Macédoniens a longtemps marqué la recherche en matière d’histoire des religions. On a ainsi longtemps considéré que les cultes civiques déclinaient au profit de croyances et de pratiques privées, centrées sur l’individu8. Si ce topos fut déconstruit dès les années 60 par L. Robert, E. Will, puis P. Gauthier à propos des institutions et de la culture, il a fallu attendre l’ouvrage fondateur de N. Deshours, L’été indien de la religion civique, en 2011, pour que les cultes civiques retrouvent dans l’historiographie toute leur place. L’historienne rejette en effet tout déclin de la religion civique à l’époque hellénistique. Dès lors, la place des sanctuaires dans la définition de la cité hellénistique a été réévaluée et le modèle territorial de Polignac a été jugé opératoire pour cette période. En particulier, les travaux de l’équipe de M. Melfi et O. Bobou ont conduit à reprendre l’hypothèse d’un territoire civique construit sur le modèle centre et périphérie grâce aux sanctuaires extra-urbains à l’époque hellénistique9.

  • 10 Alcock 1993, p. 172-175 et 1994.
  • 11 Rousset, 2004, p. 377.
  • 12 Kantiréa, 2007 et Camia, 2011.
  • 13 Galli, 2013, p. 10-12.

3Pour l’époque impériale, le modèle territorial de Polignac a été retenu avec quelques nuances par S. Alcock : les sanctuaires extra-urbains auraient favorisé le maintien du territoire civique face à la pression romaine10. D. Rousset, dans un article de 2004, souligne toutefois qu’aucune source ne fait état de ce besoin de la cité d’utiliser ses sanctuaires pour définir et contrôler son territoire11. Peu d’études ont d’ailleurs porté sur le sujet de la localisation des sanctuaires civiques dans le monde grec sous domination romaine, toute l’énergie scientifique restant concentrée sur le culte impérial12. Comme le dénonçait déjà M. Galli, cette orientation de l’histoire religieuse conduit à une vision statique de l’espace sacré des cités grecques sous la domination romaine, qui néglige complètement le rôle des acteurs locaux, notamment des élites, au profit des interventions ponctuelles des généraux, puis des empereurs13.

  • 14 Alcock et Osborne, 1994 ; Hall 1995 (pour le cas spécifique de l’Héraion d’Argos) ; S. Agu (...)

4La pertinence du modèle de Polignac a cependant été remise en question, dans la mesure où il présente un aspect figé et inaltérable des relations entre un centre urbain et des espaces qualifiés de « périphérie »14. Si toutefois, on y introduit des notions de temps et d’acteurs, en ciblant les politiques territoriales de la communauté politique et les modèles spatiaux transmis dans des contextes de domination, le modèle peut s’avérer fort porteur car il permet de s’interroger sur le rapport des cités grecques à leurs marges, en partant de l’étude très concrète et réalisable de sanctuaires. Ces derniers ont en effet le double privilège d’être mentionnés par les sources écrites et épigraphiques et d’avoir fait l’objet de fouilles.

 

  • 15 F. de Polignac donnait l’Héraion d’Argos comme exemple illustrant son modèle de poléogénès (...)

5Cet article se focalise donc sur les politiques territoriales menées par la cité d’Argos aux époques hellénistique et impériale à travers l’étude de l’Héraion de Prosymna et du sanctuaire de Zeus à Némée (fig. 1)15. Ce choix se justifie à double titre, d’un point de vue émique et étique. Dès l’époque classique, ces deux sanctuaires font partie intégrante de la diplomatie méditerranéenne des Argiens et donc de leur identité cultuelle telle qu’ils la présentent aux autres communautés : le sanctuaire de Zeus recevait des concours panhelléniques, qui relevaient de la périodos, tandis que les concours d’Héra à Prosymna étaient connus aussi bien des Macédoniens que des populations italiques, qui y participaient volontiers. Du point de vue du chercheur, ces deux sanctuaires extra-urbains ont également l’avantage d’être documentés, tant grâce aux sources littéraires, épigraphiques et numismatiques, que par les fouilles qui y ont été menées. Soulignons d’emblée la différence de documentation, en particulier archéologique, entre le sanctuaire de Némée, fouillé intensivement et assez récemment par l’École américaine d’Athènes avec une documentation solide, et l’Héraion, dont les premières fouilles remontent aux années 1840 et dont les phases hellénistique et impériale ont été très négligées. À partir de ces données, nous pouvons retracer l’évolution de la place de ces sanctuaires et des zones qu’ils occupent dans les politiques territoriales d’Argos hellénistique et romaine.

Fig. 1. Le territoire d'Argos dans l’Antiquité.

Fig. 1. Le territoire         d'Argos dans l’Antiquité.

© Delrieux / Weber-Pallez.

1. L’intégration politique et cultuelle des espaces extra-urbains de Chéronée à la mort de Pyrrhos (338-272 av. J.-C.)

  • 16 Billot, 1997, p. 39-44 et 47-54 ; Kritzas, 2006, p. 406-415.
  • 17 Craay, 1976, p. 10
  • 18 Pindare, Néméennes, X ; Hérodote, I, 31.
  • 19 Kowalzig, 2007, p. 133-160.

6L’histoire des sanctuaires d’Héra à Prosymna et de Zeus à Némée est surtout connue pour les époques archaïque et classique. Dans le cas d’Héra, les fouilles du sanctuaire ont révélé le fort investissement des Argiens dans ce sanctuaire : de grands travaux édilitaires s’y tiennent au cours du ve siècle et au début du ive siècle av. J.-C., confirmés par la découverte des tablettes de bronze du trésor de Pallas à Argos, toutes datées du début du ive siècle av. J.-C. et qui relatent des dépenses effectuées pour la construction du temple, mais aussi tout le personnel cultuel réservé au culte d’Héra16. Autour des concours de l’Héraion, les Hékatomboia, les Argiens entretiennent tout un réseau diplomatique, ce dont témoignent les prix en bronze retrouvés tout autour de la Méditerranée. Les Argiens s’identifient peu à peu à ce culte au point d’afficher Héra sur le droit de leur monnaie dès le premier tiers du ive siècle av. J.-C17. L’existence d’une pompé entre la ville et le sanctuaire, connue de Pindare et d’Hérodote18, offre une vision pragmatique de la représentation des zones extra-urbaines d’Argos à cette époque, et plus particulièrement de leurs sanctuaires, investis d’un rôle clair dans l’identité argienne, comme c’est également le cas pour le sanctuaire d’Apollon Pythaeus à Asiné19.

  • 20 Perlman, 2000, p. 131-138 ; Strasser, 2007, p. 331-332.
  • 21 Kritzas, 2006, p. 428-429.
  • 22 Pausanias, IV, 27, 6.
  • 23 Weber-Pallez, 2022.

7L’histoire du sanctuaire de Zeus à Némée est plus complexe à restituer pour l’époque classique, dans la mesure où l’on a longtemps pensé qu’il était sous domination de la cité indépendante de Cléonai jusqu’au début de l’époque hellénistique20. Les tablettes des comptes de Pallas rendent aujourd’hui compte d’une autre réalité : celle d’un sanctuaire confié à l’administration de la kômè de Cléonai, intégrée à la cité argienne21. Dès les années 360 av. J.-C., les noms de Zeus Némeios et d’Héra Argeia étaient d’ailleurs évoqués conjointement par les Argiens, comme lors de la fondation de Messène en 370/36922. Aucun grand programme édilitaire ne semble cependant s’y tenir avant l’arrivée de Philippe II. Pour les Argiens, alliés et parents du roi, l’arrivée du pouvoir macédonien constitue une nouvelle étape dans le développement économique, politique et territorial de la cité : Philippe II accorde en effet à Argos de nouvelles possessions territoriales, la Cynourie disputée depuis plus d’un siècle avec Sparte, mais aussi les cités d’Épidaure et probablement de Trézène23. Dès lors, ces espaces frontaliers prennent dans les représentations argiennes un nouveau poids, ce qui explique un engagement fort et rapide dans les sanctuaires extra-urbains : l’Héraion et Némée font ainsi l’objet de différents programmes édilitaires en vue de les agrandir ou de les rénover.

  • 24 Sur l’appartenance du sanctuaire de Némée à Argos à cette époque, voir Perlman (...)
  • 25 Miller, 1990, p. 104 et 128 ; Birge et al., 1992, p. 5-31 ; Bravo, 2018, p. 64 (...)
  • 26 Miller, 1990, p. 118-119. Deux blocs, retrouvés en remplois, sont inscrits l’un aux Rhod (...)
  • 27 Miller, 1990, p. 129-130 ; Birge et al., 1992, p. 173-176 et p. 250.

8À Némée, un programme architectural d’envergure remodèle en partie le sanctuaire de Zeus dans le dernier quart du ive siècle24. Le mur d’enceinte, l’hérôon et l’autel de Zeus sont reconstruits25. De même, diverses structures situées entre le xénon et le temple et surnommées « oikoi » par les fouilleurs subissent des rénovations : chacune est probablement dédiée à un peuple fréquentant le sanctuaire, comme c’est le cas pour les trésors d’Olympie26. Ce programme édilitaire comprend également une monumentalisation du sanctuaire : un nouveau temple de Zeus est érigé et un xénon, bâtiment destiné à l’accueil des athlètes, des bains et un stade sont construits27

  • 28 SEG 30, 362, 3, 5 et 9.
  • 29 Voir IAG 44, 45, 47, 50, 51, 53, 54, 55 (avec l’exception de 49 à Milet, qui utilise Ném (...)
  • 30 Νέμεα (IAG 23) ; Νέμεια (IAG 15) ; Νεμεαία (SEG 30, 362, 3) ; ἐν Νεμέαι (IAG 21).
  • 31 Roux, 1961, p. 63-65.
  • 32 Knapp et Mac Isaac, 2005, p. 14-15 ; Bravo, 2018, p. 78. SEG 35, 266 et 45, 24 (...)
  • 33 IG IV 487/8.

9Ce renouveau du sanctuaire peut également être perçu dans la documentation épigraphique. La dédicace d’une base de statue trouvée à Argos et datée de la seconde moitié du ive siècle av. J.-C., fut gravée en deux temps pour un père, puis pour son fils. Les deux ont participé aux concours de Zeus. Le premier est vainqueur aux « Néméaia » (Νεμεαία), le second l’est « à Némée » (Νεμέαι)28. Cette évolution dans l’intitulé est contemporaine à l’expression nouvelle de la théarodoquie autour du culte de « Zeus à Némée » (τοῦ Διὸς τοῦ Νεμέαι). La localisation du sanctuaire prévaut donc. Peu après, vers la fin du ive siècle av. J.-C., se produit une normalisation du nom des concours de Zeus, les Néméa29 qui, jusque-là, portaient des noms divers (Néméa, Némeia, Néméaia ou encore le simple locatif « à Némée »30).  Le sanctuaire de Zeus à Némée reste prospère dans le premier tiers du iiie siècle av. J.-C. : un « imposant » autel à triglyphes bas est érigé31, l’hérôon d’Opheltès fait l’objet de restaurations et de nombreuses tuiles estampillées au nom du peuple, de Zeus Néméen ou d’entrepreneurs argiens témoignent de l’ampleur des travaux32. Outre l’organisation des concours, la communauté argienne s’y implique en érigeant des dédicaces officielles à Zeus33.

  • 34 Celle retrouvée à Argos (SEG 23,189) serait plus ancienne que celle de Némée ((...)
  • 35 SEG 29, 347 (Ambracie et Acarnanie) ; IG IV 480 (Sériphos) ; SEG 34, 282 (Aspendos). Le (...)
  • 36 Démosthène, dans son Contre Midias (115), parle de son passé d’archithéore des (...)
  • 37 Diodore de Sicile, XIX, 64, 1. Pour Némée comme un des lieux de rencontre de la ligue de (...)

10Les listes de théarodoquie retrouvées dans le sanctuaire rendent compte de l’étendue du réseau argien de Zeus (de la Macédoine à Chypre, en passant par l’Acarnanie et les îles ioniennes)34. Par ailleurs, plusieurs décrets, votés par les Argiens en l’honneur de cités d’Ambracie, d’Acarnanie, de la mer Égée ou encore d’Asie Mineure et promulgués dans le dernier tiers du ive siècle ou au début du iiie siècle, ont été retrouvés lors des fouilles de Némée. Ils témoignent du rôle central du sanctuaire dans la mise en scène des relations diplomatiques d’Argos35. Les théories envoyées à Némée par différentes cités d’importance, comme Athènes, ou par divers peuples renforcent ce rôle de vitrine argienne36. Le sanctuaire est alors un centre cultuel incontournable du monde grec : en 315 av. J.-C., Cassandre préside les concours néméens et en 311 av. J.-C., Démétrios Poliorcète l’utilise probablement comme lieu pour diffuser sa propagande37.

  • 38 Pfaff, 2003, p. 191-194 ; Kritzas, 2006, p. 418-421.
  • 39 IG IV 583. Une datation plus précise autour de 315 av. J.-C. a été proposée par Xydopoul (...)
  • 40 Plutarque, Démétrios, 25, 2.
  • 41 Callimaque, fr. 384 Pfeiffer (pour l’interprétation, voir Barigazzi, 1951) ; Pausanias, (...)

11Le sanctuaire d’Héra à Prosymna a connu sa grande phase de développement au début du ive siècle av. J.-C.38. Les fouilleurs, aussi bien américains que français, se sont désintéressés de son activité aux époques hellénistique et impériale, ce qui rend notre tâche plus ardue. Toutefois, quelques indices demeurent quant au maintien de son activité à la fin du ive siècle et au début du iiie siècle av. J.-C. La base d’une statue dédiée par le roi chypriote Nicocréon de Salamine dans le dernier tiers du ive siècle av. J.-C.39 a en effet été retrouvée in situ : le roi y qualifie Argos de « métropole » et rappelle que les Argiens l’ont honoré pour avoir offert du bronze pour les fêtes d’Héra. L’intérêt des puissants et de leur cour pour l’Héraion est constant à cette époque. Démétrios Poliorcète préside ainsi les concours d’Héra en 303 av. J.-C.40 Sosibios, un proche de Ptolémée IV, dédie des statues des Charites à l’intérieur du temple, ce qui fut chanté par Callimaque dans son épinikion en l’honneur de cet homme41.

  • 42 Waldstein, 1902, p. 217 ; SEG 34, 288.

12Ces sanctuaires et les espaces qu’ils occupent sont donc marqués d’une identité argienne forte et reconnue par toutes les communautés du bassin méditerranéen. Les Argiens s’y investissent humainement, par leur participation cultuelle, économiquement par les rénovations ou les nouvelles constructions qu’ils financent, politiquement en en faisant l’image de marque à l’extérieur de la cité d’Argos. Si les concours de Zeus sont prestigieux parce que panhelléniques, les concours d’Héra permettent quant à eux de tisser un lien de parenté entre Argos, métropole, et les peuples qui y participent, Macédoniens, Italiques ou encore Chypriotes. Ils font d’ailleurs l’objet d’une politique d’entretien commune : le nom du même architecte argien, Sôklitès, est ainsi estampillé sur les tuiles utilisées dans les deux sites42.

  • 43 SEG 19, 317, 28-29 (décret honorifique pour les Rhodiens, Argos) ; SEG 34, 282, 16 (décr (...)

13Cette attention des Argiens portée à leurs sanctuaires extra-urbains offre l’idée d’un territoire civique et cultuel polycentrique. Différents décrets, trouvés aussi bien dans la ville qu’à Némée ou dans d’autres cités, font mention d’un affichage commun et concomitant au sanctuaire urbain d’Apollon Lykeios sur l’agora, à l’Héraion et à Némée43. Les listes de théarodoques des concours néméens, datées des environs de 330 av. J.-C., sont également gravées sur des stèles placées à la fois dans la ville et dans le sanctuaire.

  • 44 SEG 33, 276, 5-7 ; Perlman, 2000, p. 205-239, réunit la documentation épigraphique (2 li (...)
  • 45 La liste SEG 23, 189, II, 11 (vers 330 av. J.-C.) comprend notamment Cléopâtre d’Épire.

14Les cultes et concours qui y sont pratiqués et organisés par les Argiens renforcent la légitimité spatiale et religieuse d’Argos de posséder ces espaces. La mise en place d’un système commun de théarodoquie des concours « de Zeus à Némée et d’Héra Argeia » (τοῦ Διὸς τοῦ Νεμέαι καὶ τᾶς Ἥρας τᾶς Ἀργείας) » à partir du dernier tiers du ive siècle av. J.-C., dont témoignent aussi bien des listes de théarodoques que des décrets honorifiques, fait partie d’une politique offensive argienne44. Tout en s’imposant ainsi comme les maîtres des cultes d’Héra et de Zeus dans le bassin méditerranéen45, les Argiens parviennent aussi par la diffusion de cette expression à s’inscrire comme maîtres de deux territoires, l’Argeia, c’est-à-dire la plaine argienne qui comprend Mycènes, Tirynthe et Nauplie, et de Némée, donc de l’espace à la frontière de Corinthe, Sicyone et Phlionte.

  • 46 Miller, 1990, p. 32, 53-57 et p. 191-208 ; Knapp et Mac Isaac, 2005, 14-15 ; M (...)
  • 47 Diodore de Sicile, XIX, 54 (sur la prise d’Argos par Cassandre) ; XIX, 63 (sur (...)
  • 48 IG IV 616 ; Piérart, 1982 avec certaines révisions en 2014, p. 223-224 ; Mari, (...)
  • 49 IG IV 617.
  • 50 Perlmann, 2000, p. 128.

15M. Mari, à la suite de S. Miller, cherche à retrouver les commanditaires des travaux du sanctuaire de Némée à la fin du ive siècle, jugeant les Argiens trop pauvres pour se permettre de telles dépenses46. Pour elle, les dirigeants macédoniens, de Philippe II à Démétrios Poliorcète, en passant par Alexandre et Cassandre, seraient à l’origine de cette initiative, dans une quête de légitimation de leur identité hellénique. Les sources restent toutefois muettes à ce sujet. L’époque est instable pour les Argiens ; une partie des citoyens est massacrée à la suite d’une révolte contre la domination de Cassandre. Celle-ci perdure entre 316 et 303 av. J.-C., date à laquelle Démétrios Poliorcète reprend la cité et lui redonne ses anciennes institutions47. Le programme édilitaire argien à Némée et les décrets honorifiques ne sont pas datables avec une précision absolue. Nous ne sommes donc pas capables de savoir si nous sommes dans des années d’indépendance (330/320 av. J.-C.) ou dans des années de soumission (310 av. J.-C.) et donc de connaître les commanditaires. Que les Macédoniens aient aidé ou non, la cité d’Argos a joué un rôle direct dans ce processus de promotion des deux sanctuaires, comme le montrent les listes de théarodoques ou les tuiles estampillées à son nom. L’argent pourrait provenir des amendes imposées aux peuples péloponnésiens voisins, qui, pour une raison ou pour une autre, n’ont pas respecté le sanctuaire de Némée, et plus particulièrement la trêve sacrée promulguée pour ses concours. Une inscription argienne fait ainsi mention de sommes importantes versées par le koinon des Arcadiens et par Stymphale autour de concours, identifiés par M. Piérart comme étant ceux de Némée48. L’argent peut aussi venir des souscriptions des cités invitées à participer aux concours : une inscription argienne énigmatique, datée entre 316 et 292 av. J.-C., fait état de paiements réalisés par des cités et peuples thessaliens et macédoniens, ainsi que par des particuliers des mêmes régions49. Pour P. Perlman, il s’agit de versements effectués aux théories argiennes à la suite de l’annonce des concours de Zeus et d’Héra50.

  • 51 Diodore de Sicile, XIX, 64, 1 (Cassandre) ; Plutarque, Démétrios, 25, 2.
  • 52 Balandier et Guintrand, 2019.

16Les rois de Macédoine jouèrent un rôle certain dans le rapport d’Argos avec son sanctuaire à Némée, que ce soit en donnant aux Argiens une autorité territoriale sans précédent sur le nord-est du Péloponnèse sous Philippe ou en participant aux concours comme agonothètes51. Toutefois, les Argiens sont seuls à décider de s’investir aussi fortement dans leur sanctuaire et dans ses concours. Ces lieux de culte confirment l’intérêt des Argiens pour leurs zones extra-urbaines, et plus particulièrement leurs frontières avec Sicyone, Phlionte et Corinthe. L’intérêt des Argiens pour les zones extra-urbaines à cette époque se perçoit aussi dans les constructions défensives qu’ils y bâtissent. Les études de « teichologie » dans les régions limitrophes de la Cynourie et de l’Arcadie laissent ainsi entrevoir une « véritable politique de défense » des Argiens dans la seconde moitié du ive siècle av. J.-C.52. Les régions éloignées et frontalières font alors bel et bien partie des politiques territoriales argiennes à la haute époque hellénistique. Les sanctuaires argiens, quand bien même ils affirment la mainmise argienne sur la région, ont toutefois ici un rôle de couture, d’intégration, vis-à-vis des autres peuples. La cité est donc pensée sous un mode polycentrique, le centre urbain regroupant les fonctions locales et régionales, les sanctuaires des fonctions de diplomatie à échelle plus large.

2. Centralisation et périphérisation53 sous la domination des tyrans et dans le koinon achéen (272 – 146 av. J.-C.)

  • 53 Sur le concept de « périphérisation », voir Roth, 2016.
  • 54 Makrypodi et Giannakouli, 2018.
  • 55 Plutarque, Vie de Pyrrhos, 30.
  • 56 SEG 13, 243 ; FD III, 1, 88, 6-8. Voir Paschidis, 2008, p. 213.
  • 57 Plutarque, Vie de Pyrrhos, 30. Le nom d’Aristéas est également connu par Polyen, Stratag (...)
  • 58 Sur la mort de Pyrrhos, voir Plutarque, Vie de Pyrrhos, 30-34 ; Élien, La personnalité d (...)
  • 59 SEG 29, 349i. Pearson, 1984 ; Miller, 2001, p. 331-332 et 336-337. Sa participation à ce (...)
  • 60 L’historien Philarque (FGrHist 81 F 53) qualifie Aristomachos d’Argos de tyran (...)
  • 61 Sur les tyrans hellénistiques d’Argos, voir Paschidis, 2008, p. 209-226 ; Land (...)

17Les années 280 av. J.-C. sont une période de troubles pour la cité54. La bataille d’Argos entre Pyrrhos et Antigone Gonatas en 272 av. J.-C. voit s’affronter deux factions argiennes s’affronter (Plutarque parle de stasis)55. Parmi les partisans du roi de Macédoine se trouve un certain Aristippos, citoyen argien ayant fait carrière au début du iiie siècle av. J.-C.56. Lors de la bataille, il s’oppose à Aristéas, chef de la faction pro-Pyrrhos57. La mort du roi des Molosses, tué par une Argienne58, consacre la victoire macédonienne et la direction des affaires d’Argos par Aristippos. Deux graffitis inscrits sur les murs du tunnel du stade de Némée témoignent de la participation à ces événements du futur roi de Sparte Akrotatos59. Dès lors se met en place un pouvoir autocratique, qualifié de « tyrannie » par certaines sources anciennes60. La famille d’Aristippos se maintient au pouvoir jusqu’en 229 av. J.-C., date de l’intégration d’Argos au koinon achéen61. Ses membres restent toutefois fortement impliqués dans les affaires politiques de la cité après cette date.

  • 62 Miller, 1990, p. 23 et 66.
  • 63 Blegen, 1939, p. 412 et 423-427.
  • 64 SEG 13, 241 et 242 ; 16, 248 ; 17, 142 ; 30, 357 et 359 ; 33, 284.

18Un changement de paradigme territorial, notamment vis-à-vis du rôle de ces sanctuaires, se fait parallèlement sentir. De fait, les fouilles de Némée et de Prosymna rendent compte d’une rupture majeure dans l’investissement des Argiens autour de l’Héraion et de Némée. Les deux sites sont désertés : la fréquentation du sanctuaire de Némée décroît fortement dans la seconde moitié du iiie siècle av. J.-C.62. De même, la terrasse de l’Héraion cesse d’être utilisée63. Au cours du iiie siècle également, à une époque qui ne peut être déterminée précisément, la triple érection des stèles portant les décisions de la cité cesse : seul le sanctuaire d’Apollon Lykeios reste un lieu d’affichage64. Némée et l’Héraion ne sont plus mentionnés.

  • 65 Plutarque, Aratos, 28.
  • 66 Moretti, 1989, p. 239-240 et 261 (la datation du premier état du théâtre, dans le (...)
  • 67 Miller, 1990, p. 141-142 ; Knapp et Mac Isaac, 2005, p. 11. D’après Pausanias, (...)
  • 68 Knapp et Mac Isaac, 2005, p. 14-15.
  • 69 SEG 11, 338, 1 ; SEG 30, 359, 17-18 (décret argien pour Alexandros de Sicyone. Sur un ra (...)
  • 70 IG V, 2, 142, 23. La datation et le contenu des inscriptions déliennes (IG XI, 4, 1164 e (...)
  • 71 SEG 30, 359, 17.

19La raison en est simple : avant les années 240 av. J.-C.65, les concours des Némea, et probablement ceux d’Héra, sont transférés dans la ville d’Argos même. La documentation archéologique amène à considérer que ce transfert a eu lieu dans le deuxième quart du siècle : les autorités argiennes construisent de façon « hâtive » un grand théâtre dans la ville pour accueillir les spectateurs des concours musicaux et peut-être un stade pour les épreuves sportives66. La statue de culte, sculptée par Lysippe, probablement lors de l’érection du nouveau temple à Némée dans le dernier tiers du ive siècle avant J.-C, est déplacée de Némée à Argos67. Le sanctuaire de Zeus tombe parallèlement en désuétude68. Dans le cas de l’Héraion, les recherches sur l’époque hellénistique ont été plus négligées et il est aujourd’hui impossible de dater précisément le transfert des concours d’Héra à Argos. Toujours est-il que dans les sources locales, les anciens Hékatomboia prennent le nom d’Héraia au cours du iiie siècle av. J.-C.69. Le terme d’Hékatomboia semble se maintenir à l’extérieur pendant quelque temps, puisqu’on le retrouve dans des inscriptions de la fin du iiie siècle av. J.-C. à Tégée, et peut-être à Délos70. Le changement de nom pourrait donc être lié à ce déplacement de Prosymna à Argos ou bien en être une conséquence à plus long terme. L’association des deux concours est confirmée par la mention d’hellanodices communs chargés de leur organisation dans le décret honorifique pour Alexandros de Sicyone, daté du iiie siècle av. J.-C.71. La désaffectation des sanctuaires extra-urbains au profit du centre urbain est donc probablement l’œuvre des nouveaux tyrans d’Argos.

  • 72 Par exemple, le décret pour Zoilos de Smyrne (SEG 33, 280). Voir Kralli, 2017, p. 466.
  • 73 PapLond. VII, 1973 ; Bergmann, 1979, p. 128-129.
  • 74 Parsons, 1977. Dans le prologue, cette ode est présentée comme une offrande de Bérénice (...)
  • 75 Posidippe de Pella, Épigrammes, 79 et 81. Il évoque aussi la participation aux (...)
  • 76 Décrets pour Euklès de Corinthe dans les années 240 (SEG 13, 242) ; pour Theai (...)

20Les concours transférés dans le centre urbain continuent de jouer un rôle important dans la politique extérieure, devenue celle des tyrans argiens. Les décrets honorifiques retrouvés et qui mentionnent la théorodoquie de Zeus à Némée et d’Héra Argeia sous leur domination font état de l’échelle méditerranéenne de leur réseau72. Leur entente avec les Lagides, qui ressort plus particulièrement de la documentation, est en grande partie fondée sur la communication autour de ces concours. Outre un décret argien pour Lichas de Ptolémaïs en Cyrénaïque, qui lui confère le titre de théarodoque, un papyrus mentionne la visite de théores argiens dans le Fayoum en 254 av. J.-C.73. Ils y sont envoyés par Ptolémée II Philadelphe lui-même. La participation de la famille royale aux concours argiens est d’ailleurs un faire-valoir important. Bérénice II, femme de Ptolémée III Évergète, participe aux concours néméens dans les années 240 av. J.-C. : ses victoires à la course de char sont chantées par Callimaque dans son Épinicie pour Bérénice74 et par l’auteur d’épigrammes Posidippe de Pella75. Les concours renforcent également les relations régionales des tyrans, tant par le réseau péloponnésien de théarodoques qu’ils maintiennent ou renforcent76, que par la participation active aux concours des notables des cités voisines.

  • 77 Buraselis, 2013, p. 174-175.
  • 78 Miller, 2001, p. 93, note 213.
  • 79 IG II/III³ 1, 1019.

21Les raisons de cette centralisation des fonctions cultuelles et diplomatiques anciennement dévolues aux sanctuaires extra-urbains sont plurielles et complémentaires. K. Buraselis y voit un enjeu politique : en organisant les concours dans la ville-même, les tyrans s’assurent l’immunité sacrée qui y est associée et peuvent conserver leur pouvoir sur la cité face à des attaques extérieures et internes77. Toutefois, cette volonté de légitimation n’apparaît pas à travers les sources. Pour S. G. Miller, ce phénomène est la conséquence directe de l’attaque de Pyrrhos : Argos, en partie détruite, est trop faible pour assurer la continuité des concours dans des endroits si éloignés78. C’est donc une raison financière qui aurait poussé les tyrans à rapatrier les concours, pour en assurer la sécurité. On ne peut cependant imputer le fait de délaisser les espaces extra-urbains à la faiblesse de la cité à cette époque. Un décret honorifique athénien pour le tyran Aristomachos décrit sa fortune et son pouvoir lors de la guerre contre Alexandros en 252 av. J.-C., de même qu’il souligne la puissance de la cavalerie de son père Aristippos79.

  • 80 Plutarque, Aratos, 27-29.
  • 81 Birge et al., 1992, p. 182-184 ; Plutarque, Aratos, 28.
  • 82 Knapp et Mac Isaac, 2005, p. 15.

22La raison semble être financière et sécuritaire : les concours furent déplacés car les zones frontalières d’Argos n’étaient plus sûres au iiie siècle av. J.-C., ce qui aurait obligé les tyrans à investir grandement dans leurs défenses. La prise de Cléonai par Aratos en 235 av. J.-C. suffit à le démontrer : le stratège achéen fait alors organiser des concours néméens, qui défient ouvertement ceux organisés par les Argiens dans leur ville80. Les épreuves qu’il met en place se sont certainement tenues au sanctuaire de Némée lui-même. Les fouilles ont révélé quelques restaurations pour cette époque, mais qui ne permettent pas de revenir aux beaux jours du sanctuaire de la fin du ive siècle av. J.-C.81. Les bâtiments tombent en ruine dans les décennies qui suivent82. Le sanctuaire de Némée, situé à la croisée des territoires de Sicyone, de Corinthe, de Phlionte et d’Argos, est devenu une proie facile pour les Achéens.

  • 83 Kralli, 2017, p. 432-433.
  • 84 Uibopuu, 1995.
  • 85 SEG 23, 178.

23Une inscription découverte à Némée dans les années 1920 atteste d’un conflit entre les cités de Cléonai et d’Argos. Les noms du tyran Aristomachos qui y apparaît et l’étude de l’écriture ont permis de la dater de la seconde moitié du iiie siècle av. J.-C. Un « tribunal » (δικαστήριον), une « délimitation spatiale » (περιάγησις) et une possible amende y sont mentionnés. Le texte, malheureusement très fragmentaire, a été interprété comme un accord passé au moment de l’entrée des Argiens dans le koinon achéen pour régler les différends entre les deux cités, en particulier autour des terres du sanctuaire de Zeus83. Pour K. Uibopuu, le conflit aurait eu pour objet le contrôle de la vallée au nord de l’actuelle Dervénakia, sur la route entre Mycènes et Cléonai84. D’autres chercheurs ont préféré y voir un accord autour de l’organisation des concours85. On comprend dès lors l’intérêt pour les Argiens de célébrer leurs concours panhelléniques en sécurité, dans les murs de la cité, plutôt que de risquer de voir ces concours accaparés par d’autres en les organisant dans un espace disputé.

  • 86 SEG 23, 186.
  • 87 Pausanias, II, 21, 4.
  • 88 Shear, 1966, p. 195.

24Le rapatriement des concours d’Héra n’était probablement pas aussi crucial que celui des Némea. Juste après 272 av. J.-C., le site de Mycènes, situé à moins de cinq kilomètres au nord de l’Héraion, fait encore partie de l’identité territoriale et politique argienne. Un bouclier en bronze, pris sur Pyrrhos d’Épire, est ainsi dédié par les Argiens dans le sanctuaire d’Enyalios à Mycènes86, tandis qu’un monument est érigé à l’agora d’Argos sur l’emplacement même du bûcher du roi pour commémorer la victoire argienne et qu’on accroche le bouclier en bronze personnel du roi au-dessus de la porte du temple de Déméter87. Les conditions de contrôle de ces territoires extra-urbains changent cependant peu après et l’ensemble du territoire au nord de la ville argienne semble également exposé aux dangers des pillages et des attaques ennemies. L’ensemble de la zone de Mycènes-Prosymna est peu à peu déserté d’un point de vue cultuel. L’activité du sanctuaire d’Enyalios à Mycènes cesse de même au iiie siècle av. J.-C.88. À la fin du même siècle, Mycènes n’est qu’une antenne du territoire argien et semble livrée à elle-même.

  • 89 Bessac et Fachard, à paraître.
  • 90 Psychoios, 2013, p. 364.

25Le système de marquage territorial assuré par les sanctuaires dans les zones extra-urbaines de l’époque classique et de la haute époque hellénistique est donc consciemment abandonné, quand bien même les terres anciennement occupées par le sanctuaire restent un sujet d’importance, notamment pour les droits d’exploitation économique. Inversement, les concours organisés dans le centre urbain profitent des fortifications de la ville, qui avaient été renforcées peu de temps avant, sous l’occupation macédonienne89. O. Psychoios propose ainsi de localiser le nouveau stade qui abritait à Argos les concours d’Héra et de Zeus à Argos, au pied du versant Nord-Est de l’acropole de la Larissa, ce qui suppose une construction intra muros90.

  • 91 Plutarque, Aratos, 28.
  • 92 Bacchylide, Épinicie, 9, 1-15 ; Euripide, Hypsipyle. Voir Doffey, 1992, p. 190-192.
  • 93 Probus, Commentaires aux Géorgiques de Virgile, III, 19. Doffey, 1992, p. (...)
  • 94 Damagète, in Anthologie de Planude, 95, 1 : Ἐκ Νεμέας ὁ λέων, ἀτὰρ ὁ ξένος Ἀργ (...)
  • 95 Ibid., 5 : ἐμβατὸς ὡς αὖ τοι καὶ Νεμέα τελέθοι.

26Dans le cas des concours néméens, cette politique de centralisation est d’autant plus importante qu’elle permet de mettre un terme à des allégations de non-légitimité de l’organisation des concours par Argos. C’était par exemple le cas d’Aratos, dont le discours soulignait à l’envi que les Cléonaiens étaient le seul peuple à pouvoir célébrer ces fêtes91. Pour contrer ces allégations, se développe un nouveau discours argien autour de la fondation des concours néméens. Alors que celle-ci était jusqu’alors attribuée à Adraste, roi d’Argos et chef des Sept contre Thèbes pour se laver de la mort de l’enfant Opheltès92, une autre version se retrouve chez Probus, qui cite les Aitia de Callimaque : Héraclès les aurait fondés à la suite de son exploit sur le lion de Némée93. Rappelons que Callimaque fut à l’origine d’un rapprochement culturel entre l’Argos dominée par les tyrans et le pouvoir lagide. Ce nouveau mythe de fondation permet de neutraliser l’héroôn d’Opheltès du sanctuaire de Némée, de ne plus en faire un lieu symbolique et vital de l’identité cultuelle des Argiens. D’origine argienne, Héraclès est par ailleurs un héros bien plus panhellénique qu’Adraste. Dans une épigramme, Damagète, auteur de la seconde moitié du iiie siècle av. J.-C., rappelle que si le lion vient bien de Némée, Héraclès lui est d’Argos et qu’il est « étranger » (ξένος) à la région de Némée94. Il finit son épigramme sur le souhait de « rendre Némée de nouveau accessible », allusion probable à la situation géopolitique contemporaine du site95.

  • 96 IAG 41.

27La cité rappelle ainsi à l’envie à l’ensemble de la communauté panhellénique que les concours néméens sont bien argiens. Une épigramme inscrite sur la base d’une statue érigée par les Sidoniens en l’honneur d’un magistrat, Diotimos, vainqueur de la course de chars aux Néméa vers 200 av. J.-C. rend compte de l’efficacité de ce travail d’assimilation entre ces concours et la cité d’Argos : la localisation de Némée est absente, au profit des « vallées argoliques » (Ἀργολικοῖς ἐν ἄγκεσιν). Les concours eux-mêmes ne sont pas nommés. Les organisateurs sont désignés sous l’appellation de « peuple de Phoronis » (Φορωνίδος κῦδος) et Argos sous celle de « maison des nobles Agénorides » (οἶκον Ἀγηνοριδᾶν)96. Les concours fusionnent complètement avec l’identité argienne, au point d’en perdre leur nom.

  • 97 Roth, 2016 : « la périphérisation est définie comme un processus où interagiss (...)

28Au cours du iiie siècle av. J.-C., les politiques territoriales favorisent donc la représentation d’une cité argienne centrée sur la ville contemporaine et mythologique, au détriment des espaces extra-urbains, davantage livrés à leur sort que dans le passé. Les sanctuaires de l’Héraion et de Némée sont donc les grands perdants de ce nouveau modèle territorial et tombent peu à peu en ruine. Les espaces qu’ils occupaient sont donc victimes de périphérisation, aussi bien dans les faits puisqu’on assiste à leur affaiblissement économique et politique et leur baisse de fréquentation97 que dans les représentations spatiales.

  • 98 Tite-Live, XXXII, 39, 2 : Argos in potestate sua esse.
  • 99 Tite-Live, XXXII, 39, 5-6.
  • 100 IG IV 497. Voir aussi IG IV 498.
  • 101 IG IV² 1, 621 (trouvé à l’Asclépiéion d’Épidaure).

29L’arrivée des Romains en Grèce balkanique au cours de la deuxième guerre de Macédoine (200-197 av. J.-C.) ne change apparemment rien à ces politiques territoriales. Mycènes est un exemple éloquent du devenir de ces sites extra-urbains au début du iie siècle av. J.-C. Au printemps 197 av. J.-C., le Spartiate Nabis trahit Philippe V en se rapprochant de Flamininus et d’Attale, leur annonçant qu’« Argos est en sa possession »98. Est alors décidée une rencontre entre ces différents protagonistes à Mycènes. Nikostratos, stratège des Achéens, participe également à cette rencontre. Le lieu est symbolique car il permet à Attale et à Flamininus de se montrer supérieurs au Spartiate, en refusant de le rencontrer à Argos même, qui est sous sa domination99. Mycènes semble donc être un électron plus ou moins libre. Quelques années plus tard, la kômè de Mycènes vote différents décrets honorifiques, notamment pour Protimos de Gortyne, afin de le remercier d’avoir aidé les éphèbes mycéniens enlevés par Nabis100. Des kômètes sont à l’origine de ces décisions : ils offrent aux évergètes la proédrie aux Dionysies locales. Il est tentant, en confrontant Tite-Live à ces sources épigraphiques, de voir ici une gestion pyramidale des affaires argiennes : les autorités d’Argos délégueraient ainsi de nombreuses affaires politiques et cultuelles aux kômai ou aux koina, qui seraient dotés une grande indépendance. Dès les années 230 av. J.-C., un koinon des Asinéens est par exemple attesté : il honore la famille des tyrans argiens101.

  • 102 Plutarque, Vie d’Agis et Cléomène, 27.
  • 103 Polybe, II, 52-54 ; Plutarque, Vie d’Agis et Cléomène, 42. Les Néméa sont également célé (...)
  • 104 Tite-Live, XXXIV, 35, 3.
  • 105 Plutarque, Philopœmen, 11.

30Cette délégation de pouvoir et ce désengagement territorial des autorités argiennes s’expliquent aisément par les événements politiques et militaires auxquels Argos est confrontée à la fin du iiie et au début du iie siècle av. J.-C. Pendant la guerre dite de Cléomène (229-222 av. J.-C.), le roi spartiate envahit les zones frontalières argiennes, défendues par l’ancien tyran Aristomachos au nom des Achéens102. Dès 225 avant J.-C., Cléomène, roi de Sparte, entre avec son armée dans la ville qui célébrait alors les concours néméens103. Au début du iie siècle avant J.-C., c’est au tour du tyran spartiate Nabis de menacer l’intégrité du territoire argien qu’il occupe et dont il détourne les revenus. Les petits établissements côtiers du golfe argolique, plus précisément les villes de Cynourie, voient ainsi leurs vaisseaux arbitrairement adjoints à la marine lacédémonienne104. C’est donc intra muros que les concours continuent à être célébrés, pour les protéger : en 205 av. J.-C., le stratège achéen Philopœmen assiste aux Néméa et honore les Argiens d’un défilé militaire dans la ville105. Jusqu’au milieu du iie siècle av. J.-C., Les espaces septentrionaux d’Argos et les sanctuaires qui y étaient implantés demeurent donc au rang de périphéries du territoire argien, dont le modèle est devenu monocentrique.

3. Argos dans l’Empire romain : le réinvestissement progressif et différencié des périphéries

3.1. L’héritage des politiques territoriales hellénistiques (146 - 27 av. J.-C)

  • 106  Par exemple, Ager, 1996, n° 150 et 159 (entre Messène et Sparte) ;
  • 107 SEG 23, 180 + SEG 29, 348 (la datation du IIe siècle av. J.-C. a été remise en cause p (...)
  • 108 Williams et Bookidis, 2003, p. 265.
  • 109 Pietilä-Castrén, 1991, p. 101-102.

31Après la destruction de Corinthe en 146 av. J.-C. qui marque la fin de la guerre entre Achéens et Rome, le vainqueur L. Mummius entreprend d’organiser la Grèce balkanique. Pour définir des districts fiscaux, il doit d’abord travailler à la division territoriale de celle-ci. De nombreux règlements frontaliers font état des décisions prises par le général en faveur de telle ou telle cité du Péloponnèse106. Les Argiens, qui ne semblent pas avoir pris part à la guerre d’Achaïe, sont ainsi récompensés de leur soutien : une inscription très mutilée, découverte dans le xénon de Némée, fait mention d’un arbitrage rendu par le général, dont la décision fut reprise au ier siècle av. J.-C., date de la gravure de la stèle107. L’état de cette dernière, très fragmentaire, a conduit à interpréter ce texte de multiples façons. Pour son éditeur, D. Bradeen, Mummius aurait permis le retour des concours néméens à Némée même, sous le contrôle argien. Certains ont préféré y voir une défaite des prétentions argiennes face à celles de Cléonai, le général rendant les concours à la petite cité108. D’autres enfin n’y voient qu’une organisation temporaire des concours à Némée liée à la présence de Mummius109.

  • 110 Miller, 2001, p. 99-100. Sur la théorodoquie argienne et l’évolution du formulaire, vo (...)
  • 111 Miller, 2001, p. 99-100.
  • 112 Polybe, XXXIX, 6, 1.

32Toutefois, les archéologues rejettent entièrement l’idée que le sanctuaire de Némée soit le centre du litige, idée qui se fondait sur la présence du locatif Νεμέαι (l. 6). S. G. Miller a bien montré que ce locatif renvoie non pas au lieu propre, mais à l’expression usuelle de la théorodoquie argienne : θεαροδόκους τοῦ Διὸς τοῦ ἐν Νεμέαι καὶ τῆς Ἥρας τῆς Ἀργείας110. Dans ce cas, la restitution de la cité de Cléonai n’est plus nécessaire. Qui plus est, les fouilles de Némée ont révélé que pour la seconde moitié du iie siècle avant J.-C., l’activité du sanctuaire était presque nulle, ce qui permet de rejeter l’idée d’un renouveau de Némée grâce à Mummius111. Dans les textes littéraires, Némée est le seul sanctuaire panhellénique à n’être pas cité dans le programme de restauration entrepris par le général romain112. S. G. Miller en conclut que l’inscription ne fait que consolider l’autorité d’Argos sur les concours néméens et leur association avec les concours d’Héra.

  • 113 Kritzas, 1992, p. 239.

33Comment expliquer alors la présence de cette stèle à Némée même ? Il y aurait là de la part des Argiens une volonté de marquer la possession de cet espace. Si la célébration des concours de Zeus Néméen a bel et bien lieu à Argos même, les revenus des terres appartenant à ce dieu et qui se situent autour du sanctuaire de Némée doivent revenir à la cité argienne. En ce sens, les sanctuaires de Némée et de l’Héraion restent dans l’orbite argienne, quand bien même les concours n’y ont plus lieu, d’une part pour les terres qu’ils possèdent, d’autre part pour le prestige ancestral qu’ils confèrent à la cité d’Argos. L’importance de ces terres sacrées pour la cité et le défi de les conserver apparaissent dans une inscription argienne de la fin de l’époque hellénistique, qui honore un citoyen chargé de recouvrir des terres « sacrées et publiques » usurpées par des particuliers. Y sont nommées les terres d’Héra, Héraclès, Pythaeus et Alektryôn. Cette remise en ordre dans la gestion territoriale de la cité est la solution adoptée par les Argiens après une période de négligence de l’espace sacré et public. Ces terres se trouvent probablement autour de Prosymna, de Mycènes, de Tirynthe et d’Asiné113.

  • 114 Appien, Guerre contre Mithridate, 112. Voir Birge et al., 1991, p. 17.
  • 115 Walter 1911, n° IV, 1 ; IG IV 558, 25.
  • 116 SEG 36, 332 : Ἀργεί|ω̣ν δαμόἱ|ον.
  • 117 SEG 42, 279 ; IG IV 530 ; Walter 1911, n° IV.
  • 118 Plutarque, Vie de Pompée, 24.

34Quoique devenus des périphéries de la cité argienne, les sanctuaires de Némée et de l’Héraion ne sont donc pas complètement abandonnés à leur sort, du fait des profits économiques que leurs terres apportent à la cité, mais aussi par le prestige ancestral qu’ils représentent pour la communauté argienne. Le sanctuaire de Némée continue à recevoir des offrandes, comme les armes dédiées par Mithridate VI Eupator, probablement autour de 100 av. J.-C.114. Le besoin de légitimation de certains dirigeants méditerranéens les conduit en effet à s’inscrire dans le paysage cultuel traditionnel des cités grecques. C’est également le cas pour Nicomède III de Bythinie, à la fois agonothète des Héraia et Némea en 103 av. J.-C. et protecteur de la section argienne des technites de l’Isthme et de Némée115. On a également retrouvé à Némée un poids de bronze du iie siècle av. J.-C. inscrit au nom du peuple des Argiens, preuve de l’investissement constant – quoique fort réduit – de la cité dans le sanctuaire116. L’Héraion quant à lui est utilisé comme lieu d’archivage des contrats d’affranchissement de la cité, qui se concluent d’ailleurs sous l’autorité de « hiéramnémons d’Héra » (ἱερομνάνονες Ἥρας), qui agissent peut-être à la fois en ville et dans le sanctuaire117.Tout comme au iiie siècle av. J.-C., les Argiens ne sont cependant pas en mesure d’assurer la sécurité des zones extra-urbaines, notamment face aux actes de pirateries qui sont nombreux dans la région : Pompée doit ainsi intervenir en 67 av. J.-C. contre des pirates qui n’hésitent pas à profaner les sanctuaires péloponnésiens, comme celui d’Héra à Argos118.

  • 119 Par exemple, en 186 av. J.-C., Q. Caecilius Metellus se rend à Argos en pleine célébra (...)
  • 120 En 217 av. J.-C., il assiste aux concours néméens (Polybe, V, 101, 5) et en 209 av. J. (...)
  • 121 Tite-Live, XXXIV, 41, 3 ; Plutarque, Vie de Flamininus, 12.
  • 122 Syll3 653a, pour la liste principale. Deux autres fragments de listes, qui devaient co (...)
  • 123 SEG 22, 266, 23-25 : ἀν[αγγεῖλαι ἐν τοῖς ἀγῶσιν τοῖς] / στεφανίταις ἔν τε τοῖ[ς] (...)
  • 124 SEG 38, 312.
  • 125 Par exemple à Olympie au début du IIe siècle av. J.-C., SEG 22, 350, 6 et 22 ou encore (...)
  • 126 Pour Héra, IAG 56 et 59, ainsi que IG II2 3149, 50-51 et 72-73 ; SEG 22, 350, 22. Pour (...)
  • 127 Inscription encore inédite (SEG 31, 307, je remercie C. Kritzas pour m’avo (...)

35Voilà pourquoi les Argiens continuent pendant toute cette période à célébrer les concours d’Héra et de Zeus au sein de leurs murs et à les utiliser comme vitrine vis-à-vis de l’étranger119. Dans la première moitié du iie siècle av. J.-C., ils nomment agonothètes les plus grands dirigeants politiques, de Philippe V de Macédoine120 à Flamininus121. De même, la théarodoquie des deux concours se maintient : selon nos sources, le dernier à avoir été nommé théarodoque est Kassandros, un citoyen d’Alexandrie de Troade honoré par de nombreuses cités et koina en 165 av. J.-C.122. Malgré la disparition possible du titre de théarodoque, les deux concours restent associés et donnent l’occasion pour les Argiens de faire valoir le prestige de leur cité et de ses cultes : les honneurs votés par décret vers 100 av. J.-C. à un certain Augis, qui a aidé la cité à financer certaines fêtes, doivent être « proclamés dans les concours où l’on décerne une couronne, dans les grandes Héraia, dans les concours isthmiques, néméens, olympiques et pythiques »123. De même, une inscription retrouvée près de Lerne, à l’actuelle Myloi, honore un hiéramnemon et archithéore des Némea et des Héraia ayant voyagé en Asie et à Alexandrie vers 100 av. J.-C.124. Aux iie et ier siècles av. J.-C., on retrouve d’ailleurs pour la première fois les deux concours dans des palmarès d’athlètes125. Auparavant, seuls les concours de Zeus apparaissaient. Parallèlement, le nom des concours se modifie peu à peu : aux stricts Héraia et Néméa de la fin du ive siècle et du iiie siècle av. J.-C. succèdent les appellations « Héraia à Argos » (Ἡραῖα τὰ ἐν Ἄργει), puis de « Bouclier d’Argos » (ἀσπὶς ἐν Ἄργει) pour les premiers, « de Zeus Némeios » (τοῦ Διὸς τοῦ Νεμείου), de « Zeus à Némée » (τοῦ Διὸς τοῦ ἐν Νεμέαι et non plus Διὸς τοῦ Νεμέαι comme c’était le cas avant pour les titres de théarodoques), « de Néméa » (Νέμεα) ou encore de « Némeia » (Νέμεια) pour les seconds126. Ces différents usages dépendent de la diffusion des concours en divers endroits du monde méditerranéen : les athlètes utilisent le nom le plus significatif pour eux, en fonction de ce qu’ils veulent mettre en avant. La fin de l’époque hellénistique consacre donc les concours de Zeus et d’Héra, organisés dans la ville, comme part intégrante de l’identité urbaine, cultuelle et agonistique argienne. Depuis 146 av. J.-C., les assemblées des technites de l’Isthme et de Némée (οἱ τεχνῖται οἱ ἐξ Ἰθμοῦ καὶ Νεμέας) se réunissent d’ailleurs dans la ville d’Argos, où un espace leur est alloué127. Les anciens sanctuaires restent utilisés de façon fort marginale, avant tout comme des périphéries associées à un patrimoine ancien. C’est cet aspect que le Principat va exacerber, en offrant ainsi un nouveau paradigme territorial à la cité argienne.

3.2. L’Empire et la patrimonialisation de certaines périphéries argiennes

  • 128 Pseudo-Julien, Lettres, 198.
  • 129 SEG 53, 298, 2-3.
  • 130 Arrien, FGrHist 156 F 16. Le héros Argos était à Némée le gardien d’Io (Hé (...)
  • 131 Voir la localisation du stade par Psychoios, 2013 sur ces hauteurs.
  • 132 Pausanias, II, 15, 3.

36Sous le Haut-Empire, les concours de Zeus et d’Héra continuent de se dérouler dans la ville d’Argos. La « lettre aux Argiens », attribuée par certains manuscrits à l’empereur Julien, mais replacée aujourd’hui dans la seconde moitié du ier siècle apr. J.-C., rend indirectement compte de cette réalité128. Pour souligner l’injustice d’un paiement imposé aux Argiens pour le financement des concours isthmiques, l’auteur décrit les quatre concours panhelléniques, pour montrer que chacun est financé par un peuple. Alors que les Corinthiens organisent des « concours à l’Isthme » (τὰ ἐν Ἰσθμῷ Κορίνθιοι), les Argiens « organisent la fête des Néméa » (Ἀργεῖοι δὲ τὴν τῶν Νεμέων συγκροτοῦσι πανήγυριν), sans localisation précise. Un « mémorial » (μνῆμα), érigé par le peuple des Argiens pour Démophilos, vainqueur « aux concours de Némèa » (ἀγῶ/[νας τῶν] Νεμήων)129 et mort « dans le stade » (ἐν τῶι σταδίωι), est par ailleurs installé sur l’agora au tournant du ier siècle apr. J.-C., ce qui permet de supposer que le stade était à proximité de cette place. Enfin, selon un passage d’Arrien consacré à Zeus Aphésios, la citadelle d’Argos était surnommée Néméa « d’après les pâturages partagés là du héros Argos »130. Souvent considéré comme erroné, ce témoignage unique pourrait tout toutefois refléter l’organisation des concours sur les hauteurs d’Argos131 : il s’agirait d’un renvoi argien volontaire au mont Apésas près de Némée où Persée aurait sacrifié à Zeus Apésantios132.

  • 133 IG IV 586, 3
  • 134 IG IV 587, 4 ; Mnem. 1916, p. 65 ; SEG 16, 253, 5.
  • 135 IG IV 587, 2 ; SEG 58, 323, 6-7 ; IG IV 606, 4-5 ; IG IV² 1, 1176-1177 ; IG IV 602, 7-9 ; IG V,1 (...)
  • 136 SEG 45, 257, 1-2 ; IG IV 597, 1-3 ; IG IV 590, 9-10.
  • 137 IG IV 586 : Ti. Ioulios Reglos organise une hécatombe et « donne de l’argent » (4 : δ] (...)
  • 138 IG IV 594. Pour en savoir plus sur cette fonction, Manieri, 2009, (...)

37Par ailleurs, les deux concours sont toujours associés à l’époque impériale dans la charge de certaines magistratures comme les agonothètes133, les hellanodices, les xystarques et certains secrétaires communs (αμφοτέρων των αγώνων)134, quand bien même les Némeia sont alternativement organisés avec les Sébasteia135. L’agonothésie des Héraia et des Némeia devient dès le début de l’Empire une fonction honorifique d’importance, confiée à des notables locaux en vue ou à des citoyens romains importants136. Sacrifier à Héra et à Zeus est aussi un gage d’évergétisme public137. Dans le culte de cette déesse, la fonction d’eisagogeus, c’est-à-dire celui qui introduit les compétiteurs, et qui dépendait probablement de l’agonothète, est également réservée aux élites urbaines au iie siècle apr. J.-C.138.

  • 139 Par exemple, SEG 36, 339, 3 ; IG IV 606, 5 ; SEG 45, 257, 2 ; (...)
  • 140 Miller, 2001, p. 119-120 ; Knapp et Mac Isaac, 2005, p. 50
  • 141 Par exemple, IAG 58-60, 62-63, 65-69.
  • 142 IvO 232, 3-4 (sous Hadrien).
  • 143 Spawforth, 2012 ; Weber-Pallez, 2020, p. 230-231.

38Le changement de nom des concours de Zeus et d’Héra dès le début de l’Empire a par ailleurs été interprété comme une volonté des Argiens d’affirmer la centralité urbaine de ces concours. De fait, les concours de Zeus, jusque-là systématiquement appelés Néméa, prennent définitivement le nom de Némeia à l’époque impériale, tant sur les inscriptions locales qui évoquent leurs agonothètes que sur les monnayages argiens de la seconde moitié du iie siècle apr. J.-C.139. Pour S. G. Miller, l’ajout d’un iota au traditionnel nom des concours marquerait une volonté de distanciation des autorités argiennes vis-à-vis du site de Némée140. Les palmarès agonistiques reprennent en grande majorité ce nom de Némeia141, bien que certains conservent quelquefois l’ancienne expression de Néméa142. Cette nouvelle appellation de Némeia permet également de faire référence aux concours d’époque classique qui pouvaient alors porter ce nom. On peut y voir une tentative des Argiens de rappeler leur prestigieux passé dans le contexte de « muséification » augustéenne143. Ce nom reste en vigueur jusqu’au iiie siècle apr. J.-C.

  • 144 IvO 232, 5 (sous Hadrien).
  • 145 Hygin, Fables, 170.
  • 146 Par exemple, IG II/III3 4, 607, 5. I.Napoli, I, 51. Voir Weber-Pallez, 2020, p. 233-23 (...)
  • 147 Strasser, 2022, p. 12-14.
  • 148 Ils sont rassemblés par Flament et Marchetti, 2011, p. 56-64.
  • 149 Ibid., R. 6, 11, R. 15, R. 22, R. 24, R. 31-21, R. 36
  • 150 Ibid., R. 9. Voir Weber-Pallez, 2020.
  • 151 Ibid., R. 3 et R. 10.
  • 152 Ibid., R. 17, 31, 41 et 24.

39De même, les concours des Héraia, s’ils se maintiennent sous ce nom dans la documentation administrative locale (par exemple pour préciser la charge des agonothètes144) ou encore dans quelques rares palmarès qui précisent leur localisation (Ἥραια τὰ ἐν Ἄργει)145, prennent le plus souvent à l’extérieur le nom de « Bouclier d’Argos » (ἡ ἐξ Ἄργους ἀσπίς), dès la seconde moitié du ier siècle apr. J.-C. et peut-être même avant, puisqu’Hygin parle déjà de « bouclier à Argos » (ἀσπὶς ἐν Ἄργει)146. Ces concours sont encore et toujours une vitrine d’Argos à l’étranger, quand bien même ils auraient subi un déclassement dans les palmarès d’athlètes sous Domitien147 : ils assurent la notoriété de cette cité ancestrale dans l’imperium Romanum. Leur affichage sur les monnayages argiens du iie siècle apr. J.-C., via différents symboles ou mythes qui y sont associés, rend compte de cette volonté de se présenter aux yeux d’autrui comme gardiens de ces concours sacrés148. Des couronnes agonistiques apparaissent ainsi au revers, avec à l’intérieur l’inscription ΝΕΜΕIΑ et ΗΡΑ, ΗΡΑC, ΗΡΑIA ou ΗΡEA149. Toutefois, P. Marchetti et C. Flament notent une interruption sous Hadrien des revers célébrant les Héraia, au profit d’un type à l’« athlète au bouclier », référence directe au concours du « bouclier à Argos »150. Les deux concours sont associés dans des monnayages frappés sous Antonin : leurs noms entourent une table agonistique151. Les légendes de fondation sont aussi évoquées par les figures d’Opheltès et Hypsipyle, de même que d’Héraclès et du lion sur des monnayages frappés sous Hadrien dans les deux cas, mais aussi sous Antonin et Marc-Aurèle pour les premiers152.

  • 153 Ibid., R. 4 et R. 10 ; Pausanias, II, 15, 6.
  • 154 Ibid., R. 1 et 39 (pour l’aigle), p. 58.
  • 155 Ibid., R. 14 : les auteurs remarquent que la représentation des Charites sur ce (...)
  • 156 Ibid., R. 35. Voir Hérodote, I, 31.
  • 157 Ibid., R. 12.
  • 158 Ibid., R. 16.

40Dans les représentations ainsi véhiculées par le monnayage argien figurent également des références directes non plus aux concours mais aux sanctuaires de Némée et de l’Héraion eux-mêmes. Un paon sur le revers de monnaies d’Antonin serait la reproduction de la statue en or et pierres précieuses offerte à l’Héraion par l’empereur Hadrien153. Pour P. Marchetti et C. Flament, la figuration d’une part du paon, d’autre part d’un aigle sur des monnaies d’Antonin fait écho au couple divin Héra / Zeus, protecteurs d’Argos154. De même, le groupe des Charites vu par Pausanias dans le sanctuaire de la déesse est figuré sur le revers d’un monnayage frappé sous Hadrien155. Le mythe de Cléobis et Biton, jeunes hommes qui tirèrent jusqu’à l’Héraion le char sur lequel se trouvait leur mère, prêtresse, est aussi représenté156. Enfin, les statues des deux divinités poliades sont figurées : sur un revers d’Hadrien, la statue d’Héra trônant fait partie d’un groupe statuaire avec le paon et Hébé157. Le Zeus Néméen, c’est-à-dire la statue déjà évoquée de Lysippe flanquée d’un aigle, et qui était dans le temple de la ville d’Argos, se retrouve sur des revers d’Hadrien à Gallien158. Les concours continuent donc à faire partie de l’identité cultuelle et territoriale des Argiens. Un jeu de référence aux sanctuaires eux-mêmes est volontairement élaboré. Cette implication se retrouve-t-elle sur les sites eux-mêmes ?

  • 159 Pausanias, II, 15, 3.
  • 160 Miller, 2001, p. 101-105.
  • 161 Pausanias, II, 20, 3. Le temple de Zeus Némeios sur l’agora est aussi mentionné (...)
  • 162 Pausanias, II, 15, 3.
  • 163 Birge et al., 1992, p. 26, 53, 57 et 80 ; Knapp et Mac Isaac, 2005, p. 30- (...)
  • 164 Miller, 2001, p. 364.
  • 165 Pausanias, II, 15, 3.

41Le temple de Némée n’a plus de toit au moment de la visite de Pausanias sous Antonin159. Les fouilles confirment qu’aucun grand investissement édilitaire n’a eu lieu à l’époque impériale. La découverte d’un dépôt céramique de la première moitié du ier siècle apr. J.-C. dans le stade assure l’abandon de celui-ci160. Inversement, le temple de Zeus Néméen dans la ville d’Argos est à cette époque très prospère : il abrite toujours la statue du dieu sculptée par Lysippe161. Pausanias souligne d’ailleurs l’absence de statue dans le temple qu’il voit à Némée162. Toutefois, le sanctuaire de Némée continue à être visité sporadiquement, comme en témoignent la céramique et les monnaies qui y furent retrouvées, ainsi qu’ un graffito inscrit au nom de Martialis sur les murs du tunnel du stade sous le Haut-Empire163. Quelques aménagements mineurs sont entrepris, comme l’installation d’attaches pour les animaux au début du Ier siècle après J.-C ou la construction d’un canal d’eau en terre cuite dans le stade à la fin du même siècle164. Les tombeaux d’Opheltès et de Lycurgue y sont encore visibles lors de la visite de Pausanias165.

  • 166 Pausanias, II, 15, 3 : θύουσι δὲ Ἀργεῖοι τῷ Διὶ καὶ ἐν τῇ Νεμέᾳ καὶ Νεμείο (...)
  • 167 Miller, 2001, p. 119-120.
  • 168 Amandry, 1980, p. 249, note 97.
  • 169 Strabon, VIII, 6, 19.

42Si les concours continuent à être organisés à Argos, le site n’est pas entièrement délaissé d’un point de vue cultuel. Pausanias atteste l’existence d’un culte de Zeus Némeios aussi bien à Argos qu’à Némée, peut-être avec un prêtre commun166. Selon lui, l’épreuve de la course armée des Némeia d’hiver se tenait à Némée même167. Cela impliquerait que les concours ont lieu à Argos, mais qu’une petite partie d’entre eux se tiennent in situ168. Le texte de Strabon, qui décrit le bois sacré « dans lequel les Argiens ont également coutume de célébrer les Néméa », pourrait confirmer cette hypothèse169. Si une partie des concours était organisée à Némée à l’époque impériale, elle ne devait pas nécessiter d’équipements particuliers, puisque les fouilles n'en ont retrouvé aucune trace.

  • 170 Waldstein, 1902, p. 134-135 et 197-198 ; Mason, 1979, p. 414-418 ; Pfaff, 1990 ; 2005, (...)
  • 171 Pausanias, II, 17, 1-7. Des fragments de statues féminines en marbre d’époque romaine (...)
  • 172 Waldstein, 1902, p. 146-176.
  • 173 Pausanias, II, 17, 1.
  • 174 SEG 11, 304.
  • 175 IG IV 530.

43L’Héraion est mieux entretenu que le sanctuaire néméen : des réparations d’envergure sont entreprises (une nouvelle toiture en marbre pour le temple ; la rénovation du bâtiment nord-est), ainsi qu’une reconstruction d’une partie des colonnades du portique nord. De nouvelles installations voient le jour : un bâtiment à thermes d’environ 44, 5 x 22 m, considéré par les premiers fouilleurs comme un gymnase et daté par certains du iie siècle apr. J.-C., et un nouveau réservoir rectangulaire170. Lors de sa visite, Pausanias aperçoit de nombreuses statues, aussi bien de la déesse que de ses prêtresses171. Sa description du temple montre que ce dernier est alors en bon état, avec ses métopes encore en place, qui furent d’ailleurs en partie retrouvées lors des fouilles172. Des cérémonies cultuelles s’y sont maintenues : lors de la visite de Pausanias, des prêtresses y sacrifient encore173. Un cadran solaire en marbre, dédié par une « prêtresse d’Héra » (Ἥρης ἱροπόλος) et daté du iie siècle apr. J.-C. a d’ailleurs été retrouvé à Prosymna174. Enfin, l’Héraion fonctionne toujours comme place d’affichage des listes d’affranchissement sous le Haut-Empire175.

  • 176 Aelius Aristide entreprend ainsi une dédicace en Mysie à « Héra, épouse argienne de Ze (...)

44Si Zeus de Némée et Héra d’Argos restent liés l’un à l’autre dans les représentations méditerranéennes176, une évolution majeure a donc lieu dès le début de l’époque impériale. Alors que jusque-là le sort des deux sanctuaires était commun dans la gestion territoriale et cultuelle argienne, un déséquilibre d’investissement apparaît entre un sanctuaire de Némée en partie négligé d’un point de vue édilitaire et l’Héraion, qui devient d’une part le principal lieu de mémoire d’Argos, d’autre part, le centre du culte impérial argien.

  • 177 Plaute, Casina, IV, 759 ; Cicéron, Sur le Destin, IV, 7 ; Pline, Histoire (...)
  • 178 Aelius Dionysus, s.v. ἀδηφάγοι ἵπποι.

45Les représentations qui touchent les deux sanctuaires sont révélatrices de ce changement de paradigme. À Rome, les lettrés connaissent le site de Némée et les concours panhelléniques qui y sont associés177. Certains auteurs du iie siècle apr. J.-C. extérieurs à Argos, considèrent même que les concours néméens ont toujours lieu à Némée. Dans sa Clé des Songes (V, 7), Artémidore de Daldis détaille le rêve d’un homme voulant conquérir à la lutte et être couronné « à Némée » (ἐν Νεμέᾳ). Parallèlement, il remporta un procès autour d’une terre où se trouvait un marécage (ἕλος). Pour Artémidore, l’homme accomplit donc son rêve par un jeu de mots : l’ἕλος serait l’équivalent, voire l’origine étymologique du (céleri), plante avec laquelle sont tressées les couronnes remises aux concours néméens. Dans son œuvre sur le vocabulaire attique, le rhéteur Aelius Dionysus, qui écrit sous Hadrien, applique l’expression de « chevaux gloutons » (ἀδηφάγοι ἵπποι) à des « coureurs à Némée » (δρομεῖς δέ τινες ἐν Νεμέᾳ) et à « des exercices gymniques chez les Argiens » (οἱ γυμναστικοὶ παρὰ Ἀργείοις)178.

  • 179 Strabon, VIII, 6, 19.
  • 180 Pausanias, II, 15, 2.
  • 181 Stace, Thébaïde, IV, 832 : siluarum, Nemea, longe regina uirentum.
  • 182 Stace, Thébaïde, III, 421 ; V, 714.
  • 183 Stace, Thébaïde, II, 377-378 : et qua uix carmine raro / longa sonat Nemea (...)
  • 184 Cicéron, Tusculanes, II, 22, 2 ; Sur le Destin, VII, 13 ; Lucrèce, De la Nature des (...)

46Toutefois, le sanctuaire de Némée prend également un aspect mystique et sauvage dans les représentations d’époque impériale. Pour Strabon, un bois (ἄλσος) jouxtait le site de Némée, bois où se déroulaient les concours des Néméa sous direction argienne179. Pour Pausanias, ce même bois était l’endroit où l’enfant Opheltès aurait été tué par un serpent180. Dans la Thébaïde de Stace, composée sous le règne de Domitien, Némée est qualifiée de « reine des vertes forêts »181 ou encore de « campagnes »182, « où les pasteurs osent à peine faire quelquefois résonner leurs chants »183. Némée apparaît donc comme une périphérie argienne, dominée par un paysage naturel et sombre. Le site est connu des sources latines, avant tout pour sa relation avec le lion vaincu par Hercule184. Le sanctuaire bâti n’est plus le lieu qui intéresse, contrairement à la forêt qui le jouxte.

  • 185 L’ensemble de la réflexion et les trois spécificités retenues pour l’Antiquité sont én (...)
  • 186 Waldstein, 1902, p. 140-143.
  • 187 Pausanias, II, 17, 3-6.
  • 188 Pfaff, 2005.

47Inversement, l’Héraion fait alors office de lieu de mémoire pour les Argiens et les intellectuels d’époque impériale. Le lieu de mémoire, tel que le définit P. Nora pour les États modernes et adapté pour l’Antiquité par différents historiens, est investi d’une dimension collective et symbolique, d’une volonté de mémoire et est marqué par le passage du temps185. L’Héraion correspond parfaitement à cette définition. Alors que Némée s’efface peu à peu d’un point de vue matériel et des représentations pour les Argiens et les visiteurs, le sanctuaire de Prosymna devient le lieu de conservation et de maintien d’un patrimoine ancestral. Tout d’abord, il fait office de musée pour les Argiens. La description de Pausanias est en elle-même révélatrice : les statues de divinités ou de héros d’époque classique ou hellénistique (les Grâces, les Saisons, Hébè par Naucydès) jouxtent le bouclier d’Euphorbe, le lit ancestral d’Héra, un autel d’argent, mais aussi toutes les statues des anciennes prêtresses186. La statue d’Héra, sculptée au début du ive siècle av. J.-C. par Polyclète le Jeune, y est encore exposée, de même que le xoanon archaïque de la déesse originellement installé à Tirynthe187. Enfin, il faut y ajouter les consécrations plus récentes, la couronne d’or et le manteau de pourpre de Néron et le paon d’Hadrien. La volonté de patrimonialisation se retrouve également au niveau de l’architecture : C. Pfaff a pu ainsi montrer que certains chapiteaux de la stoa nord que l’on pensait d’époque archaïque étaient en réalité des imitations d’époque impériale188. Il y a donc bien une différence d’investissement argien entre les deux sanctuaires sous le Haut-Empire.

  • 189 IG VII 2711, 31-32 : ἀρκέσθητε τοῖς Ὀλυμπίασι καὶ Νεμέᾳ καὶ Πυθοῖ καὶ Ἰσ/[θμοῖ] (...)
  • 190 IvO 57, 26-27. Il faut rester fort prudent car la mention d’un affichage à Argos juste (...)
  • 191 Bradeen, 1966, p. 329, n°8.

48Pourtant, les Argiens ne se détournent pas spécialement de Némée qu’ils considèrent comme un lieu digne et symbolique pour l’affichage de grandes décisions cultuelles ou politiques. Dans une lettre au koinon des Panachéens, l’empereur Caligula refuse ainsi la multiplication des statues qui lui sont dédiées dans la province d’Achaïe. En homme sobre, il recommande aux Hellènes de se contenter de celles « qui doivent être consacrées à Olympie, à Némée, à Delphes et à l’Isthme »189. Les Panachéens ont donc proposé une telle option. De même, le site de Némée apparaît peut-être comme lieu d’affichage dans un décret honorifique achéen pour Hadrien, retrouvé à Olympie190. Malgré ces indices, on ne retrouve dans les fouilles du sanctuaire aucune trace d’un tel investissement : le seul fragment d’inscription connu et qui comporte les deux lettres ΑΥ ne peut être suffisant pour supposer une réfection d’un bâtiment par Auguste191. Comment expliquer cette évolution entre les deux sanctuaires, qui conduit à la patrimonialisation de l’Héraion et non du sanctuaire de Némée ?

  • 192 Selon Pline l’Ancien, l’empereur aurait placé dans la curie une peinture de (...)
  • 193 Pausanias, II, 17, 3.
  • 194 Melfi, 2016, p. 225. Voir aussi Kantiréa, 2007, p. 105.
  • 195 Ibid., p. 227.
  • 196 Hölscher, 1990, p. 165.

49Une approche horizontale est nécessaire à la bonne compréhension des évolutions de ces sanctuaires, en considérant les Argiens et les autorités romaines comme des acteurs d’un même processus religieux et territorial, notamment l’installation du culte impérial. Si Némée est intégrée au socle impérial de connaissances culturelles192, l’Héraion est le seul de ces deux sanctuaires à être employé par les dirigeants de Rome, dès Auguste et plus particulièrement par Hadrien. Lors de son passage à Prosymna, Pausanias signale une statue d’Oreste, réinscrite au nom d’Auguste193. Les pratiques de remploi des généraux et empereurs romains sont bien connues dans la province d’Achaïe : grâce à elles, les sanctuaires offrent une « image du passé comme photographié »194. On ne sait qui fut le commanditaire de cette modification : M. Melfi penche pour le peuple argien qui aurait ainsi honoré l’empereur195. Toutefois, T. Hölscher a démontré combien le lien entre le héros argien et le nouvel empereur a été développé et mis en avant à Rome même, en insistant sur le symbole du père injustement assassiné (Agamemnon / César)196. Quel que soit l’acteur à l’origine de cette dédicace, elle fait de l’Héraion un réceptacle de la relation privilégiée entre les Argiens et l’empereur. Le sanctuaire appartient donc à ce mouvement augustéen de muséification de la Grèce qu’a décrit A. Spawforth dans son Greece and the Augustan Cultural Revolution en 2012. Auguste a en effet mené une politique forte et réfléchie dans le domaine de la mémoire historique et géographique grecque. Cette politique de patrimonialisation permet d’une part une intégration aisée des cités grecques au monde romain, par l’acceptation et la diffusion de la plupart de leurs caractéristiques culturelles. D’autre part, elle sert l’idéologie du jeune pouvoir et conforte sa place dans l’Histoire et dans l’espace méditerranéen. L’Héraion est un lieu d’affichage idéal pour ce nouveau pouvoir, car son autorité est ancestrale et reconnue par tous les Grecs.

  • 197 Suétone, Néron, 22-24 ; Dion Cassius, LXIII, 11-14.
  • 198 Pausanias, II, 37, 5.
  • 199 Pausanias, VI, 9, 3.
  • 200 Pausanias, II, 17, 6 : κεῖται δὲ καὶ στέφανος χρυσοῦς καὶ πέπλος πορφύρας, Νέρωνος ταῦ (...)

50Cette fonction de lieu de mémoire se perpétue par la suite : en 66 apr. J.-C., Néron entreprend de visiter la province d’Achaïe et participe aux grands concours grecs, dont les Nemeia d’Argos197. Selon Pausanias, l’empereur philhellène était fort intéressé par les mythes locaux d’Argos et par les curiosités du paysage argien : il aurait ainsi tenu à vérifier à l’aide de cordes la profondeur du lac alkyonien de Lerne, dans le sud-ouest du territoire argien198. La statue de Cheimon ou Kimon, athlète argien célèbre du ve siècle av. J.-C., aurait alors été déplacée d’Argos au temple de la Paix à Rome199. En outre, Néron a consacré à l’Héraion une couronne d’or et un péplos de pourpre que Pausanias voit dans le sanctuaire, preuve de la volonté des Argiens de maintenir l’association avec l’empereur malgré sa damnatio memoriae200.

  • 201 Flament et Marchetti 2011, p. 11-13.
  • 202 Ibid., p. 51-53.
  • 203 Ibid., p. 56-72.
  • 204 IG IV 602, 3-7 : πρῶτον ἐν ταῖ[ς]/ θέαις τοῦ κυρίου Αὐτοκράτο/ρος Νέρβα Τραϊανοῦ Καίσα (...)
  • 205 IG IV 590, 12.
  • 206 Pausanias, VI, 16, 4.

51La relation entre l’empereur et l’Héraion devient encore plus étroite sous Hadrien. Dans les émissions monétaires et dans les dédicaces, l’empereur est considéré par les Argiens comme « fondateur » (κτίστης) de la cité, c’est-à-dire comme ayant couvert la cité de bienfaits impériaux, notamment juridiques201. Le revers des monnaies permet une « recomposition » de l’image de la cité, certes tournée vers le passé argien, mais aussi vers l’association avec Rome202. Y sont exacerbées les références aux concours des Némeia et Héraia203. Alors que des concours en l’honneur de Trajan sont organisés dès 116 apr. J.-C.204, les Argiens ajoutent ensuite à leur calendrier traditionnel des Antoneia, qui sont adjoints aux Némeia tous les quatre ans, en alternance avec les Héraia205. Par ailleurs, l’intérêt agonistique d’Hadrien est évident : il engage une réforme partielle des Nemeia en 134 apr. J.-C., comme l’indique une épigramme d’Olympie rapportée par Pausanias206.

 

  • 207 Pausanias, II, 17, 6 : χρυσοῦ δὲ καὶ λίθων λαμπόντων Ἀδριανὸς βασιλεὺς ταὼν (...)
  • 208 Caskey et Amandry, 1952, p. 219-221.
  • 209 SEG 45, 258.
  • 210 Pausanias, II, 22, 1 ; 24, 1.
  • 211 Piérart, 1995, p. 477. Contra Knoepfler, 2013-2014.

52Hadrien est l’empereur qui a le plus marqué le paysage de l’Héraion. Son passage par ce sanctuaire, probablement en 124 apr. J.-C., est assuré par Pausanias, qui voit une de ses offrandes, un paon en or et en pierres précieuses, représenté sur les monnaies de la cité207. L’empereur était honoré à l’Héraion par les Argiens avant même son voyage en Grèce : une statue lui était déjà dédiée dans le sanctuaire208. De plus, une inscription nous apprend qu’un temple d’Héra fut détruit par un incendie et qu’Hadrien en fit restaurer le naos209. L’identification de ce temple fait débat : alors que M. Piérart propose de l’identifier à celui d’Héra Antheia ou d’Héra Akraia210, D. Knoepfler, qui s’étonnait qu’Hadrien puisse s’intéresser à un sanctuaire aussi insignifiant, préfère y voir une référence au grand Héraion d’Argos et à son incendie en 423 av. J.-C., attesté par Thucydide211. Les spécialistes se sont longuement interrogés sur l’absence d’un temple du culte impérial à Argos. Pourtant, l’Héraion, par les consécrations qu’il reçoit et par les statues de la famille impériale qu’il abrite, pourrait très bien faire office de centre argien de ce culte.

  • 212 Cicéron, Tusculanes, I, 47 (en référence à Hérodote, I, 31, qu’il cite).
  • 213 Cicéron, De la Nature des Dieux, I, 29 et De la Divination, 40
  • 214 Cicéron, De la Nature des Dieux, 29.
  • 215 Denys d'Halicarnassse, I, 21.
  • 216 Élien, Histoire des Animaux, IX, 16. Voir Thibaut, 2018.
  • 217 Vitruve, De l’architecture, IV, 1, 3.
  • 218 Weber-Pallez 2021 (pour le cas du bouclier d’Argos qui permet au pouvoir d’associer pe (...)

53Pourquoi ce choix de l’Héraion comme lieu de mémoire associé aux empereurs ? Le sanctuaire était loin d’être un inconnu pour les Romains. Cicéron connaît ainsi le mythe déjà évoqué de Cléobis et Biton212. Les caractéristiques du culte d’Héra Argeia sont d’ailleurs énoncées par l’orateur213. L’Héraion est surtout perçu par les Romains comme le sanctuaire mère des temples de Junon de la péninsule italienne214. Pour Denys d’Halicarnasse, le temple de Faléries est ainsi construit sur le modèle de celui d’Argos215. Pour Élien, le sanctuaire de Junon à Lavinium était dédié à Héra Argeia216. Enfin, Vitruve fait de l’Héraion le modèle originel du style dorique, qui s’étendit depuis Argos sur toute la Grèce, puis à Rome217. Le sanctuaire fait donc partie de cet ensemble de symboles argiens attachés au passé ancestral des populations italiques et repris par Auguste et ses descendants pour unifier culturellement la péninsule sous la domination de Rome218.

  • 219 Timée de Tauroménion, IX, fr. 12 (Lachenaud) ; IMagn 158, 14 (en 221 av. J (...)
  • 220 IG XIV 1293d, 1 = FGrHist 40 F 1d ; IG XIV 1285, II, 15. Un fragment prove (...)

54Qui plus est, le Catalogue des Prêtresses d’Argos, rendu célèbre par Hellanicos de Lesbos (FGrHist 4 F 74-84) et diffusé tout autour du bassin méditerranéen à l’époque hellénistique219, est connu et utilisé à Rome. La tabula Albana, généralement datée du iie siècle de notre ère, et la tabula Veronensis II narrent respectivement les exploits d’Héraclès et la guerre de Troie : pour ce faire, elles utilisent toutes deux ce système de datation par le catalogue des prêtresses de l’Héraion d’Argos220. En usant de ce procédé, on unifiait l’histoire de l’Italie et de Rome avec celle du monde grec. L’Héraion devenait ainsi un lieu de mémoire idéal pour mettre en scène cette unité culturelle et cultuelle de l’imperium Romanum.

Conclusion

  • 221 Strabon, VIII, 6, 18 : Ἀργεῖοι (…) ὑπ᾽ ἄλλοις δ᾽ ἐγένοντο βασιλεῦσι, μετασχόντ (...)
  • 222 Piérart et Touchais, 1996, intitulent leurs chapitres sur l’époque hellénistiq (...)

55Au livre VIII de sa Géographie, Strabon retrace d’une phrase toute l’histoire de la cité d’Argos de la venue de Philippe II en 338 av. J.-C. jusqu’à son époque : les Argiens « furent sous le contrôle d’autres rois, passèrent dans le système achéen, puis, avec les autres, entrèrent dans la domination des Romains »221, à la différence des Spartiates qui surent eux garder leur indépendance. Cette représentation d’Argos comme une cité grecque dépendante pendant toute l’époque hellénistique et impériale est difficile à remettre aujourd’hui en perspective, notamment du fait de la rareté des sources locales222. C’est ici que le modèle de Polignac a un rôle certain à jouer. En ciblant des espaces bien documentés et donc étudiables, les sanctuaires extra-urbains, et en analysant leurs relations avec le centre urbain d’Argos, on peut reconstruire une partie de l’histoire territoriale de la cité et s’interroger sur l’impact des différentes dominations sur les représentations et les politiques territoriales des Argiens.

  • 223 Weber-Pallez, 2021, p. 349-353.

56À l’époque classique et au début de l’époque hellénistique, les Argiens défendent et occupent leurs zones extra-urbaines, tant par l’entretien et la fréquentation de sanctuaires centraux de l’identité territoriale argienne comme ceux de Némée ou de Prosymna que par l’érection de fortifications ou encore par la promotion des kômai dites frontalières comme Cléonai223. Les représentations d’alors privilégient un modèle territorial polycentrique. On assiste à un changement de paradigme territorial sous la tyrannie argienne, au cours du iiie siècle av. J.-C. : ces zones sont délaissées politiquement, cultuellement et, peu à peu, par la population. Les sanctuaires de Némée et de l’Héraion perdent une partie de leurs fonctions, puisque les concours qui y étaient célébrés sont transférés dans la ville même d’Argos. La cité se referme sur son centre urbain pour des raisons militaires et économiques. Ce n’est pourtant pas le signe d’une décadence économique, politique et cultuelle, les tyrans plaçant Argos au centre des tractations diplomatiques contemporaines. Par la suite, la situation difficile du Péloponnèse, confronté aux différents jeux de pouvoir hellénistiques, puis aux guerres civiles romaines, confirme ce paradigme territorial de périphérisation des sanctuaires extra-urbains.

  • 224 Ce raisonnement permet donc de nuancer l’hypothèse de Felten, 2007, p. 296, po (...)

57L’époque augustéenne en apporte une redéfinition partielle. Le centre urbain concentre toujours les fonctions politiques, diplomatiques et militaires des Argiens : l’arrivée de cultes individuels sur l’agora, la visibilité de l’élite urbaine qui érige statues et monuments dans la ville, renforce encore cette centralisation. Toutefois, on constate un traitement différent des zones extra-urbaines par rapport aux siècles précédents : alors que jusque-là, les sanctuaires de Némée et de l’Héraion étaient considérés comme deux parties d’une même vision territoriale et évoluaient de façon semblable, l’époque impériale crée une rupture majeure dans les représentations qui y sont associées. Le sanctuaire de Zeus tombe en désuétude et n’est fréquenté qu’en de rares occasions, quand bien même les concours célébrés dans la ville argienne et qui portent le nom de Némeia restent très populaires dans le bassin méditerranéen. Inversement, l’Héraion connaît une phase de prospérité : il devient un musée de l’identité ancestrale argienne et, comme tout lieu de mémoire qui procède par accumulation des références temporelles, il prend la fonction de centre argien du culte impérial224.

  • 225 Weber-Pallez, 2021, p. 319-326.
  • 226 Strabon, VIII, 6, 19 ; Pomponius Mela, II, 3 ; Pline, Histoire Naturelle, IV, (...)

58L’époque augustéenne, en exacerbant le passé classique des cités grecques, a créé une géographie fictive d’Argos, qui repose sur les sources anciennes alors disponibles (Hérodote, Thucydide etc.) pour les savants proches du pouvoir impérial. Ainsi naquit l’Argolide, région inexistante jusqu’alors et dont l’unité repose sur le mythe des Héraclides, particulièrement développé à Argos au ve siècle av. J.-C.225. La même logique prévaut pour les sanctuaires d’Héra et de Zeus, encore présentés comme des pivots du territoire d’Argos dans l’œuvre des géographes du ier siècle apr. J.-C.226, quand bien même Némée n’a plus ce rôle dans l’organisation argienne de l’espace. Ces marques ancestrales du territoire, appliquées telles quelles à la situation d’époque impériale, sont trompeuses et peuvent nuire à notre compréhension des politiques territoriales argiennes. En ce sens, on ne peut se fier uniquement aux sources littéraires pour interroger les représentations territoriales d’une communauté. Seule la confrontation des sources archéologiques, épigraphiques, littéraires et numismatiques, peut nous amener à comprendre le développement territorial d’une cité. Le modèle de Polignac constitue une manière aujourd’hui encore unique de s’interroger sur l’organisation territoriale d’une cité grecque, puisqu’il invite à intégrer dans nos recherches des zones géographiques souvent absentes des développements scientifiques et qui nous permettent toutefois de reconstruire une partie de l’histoire argienne sous la domination des puissances méditerranéennes.

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Notes

1 Cet article a été écrit dans le cadre du programme ArcHiLoc (Archéologie, histoire et représentation littéraire des panthéons locaux en Méditerranée orientale), dirigé par H. Aurigny, G. Biard et C. Durvye et financé par l'Institut d'archéologie méditerranéenne ARKAIA. Je remercie pour leur relecture J. Akharraz, P. Brun, M. Durnerin et C. Pallez.

Cet article a été écrit dans le cadre du programme ArcHiLoc (Archéologie, histoire et représentation littéraire des panthéons locaux en Méditerranée orientale), dirigé par H. Aurigny, G. Biard et C. Durvye et financé par l'Institut d'archéologie méditerranéenne ARKAIA. Je remercie pour leur relecture J. Akharraz, P. Brun, M. Durnerin et C. Pallez.

2 Polignac (de), 1984.

3 L’expression est de Vallet, 1968, p. 89-91.

4 Polignac (de), 1984, p. 33.

5 Polignac (de), 1985, p. 56.

6 Ibid., p. 61.

7 Par exemple, pour l’époque archaïque, Ma, 2014, p. 150 et Duplouy, 2018, p. 37. Pour l’époque classique, McInerney, 2006, p. 37-38 (avec quelques critiques), Kyriakidis, 2012, p. 135 et Nevin, 2017, p. 35.

8 Tarn, 1927, p. 79-125 ; Festugière, 1972, p. 120 ; Mikalson, 1998, p. 309-331.

9 Melfi et Bobou, 2016, et plus particulièrement l’article de S. Kravaritou, « Sacred space and the politics of multiculturalism in Demetrias (Thessaly) », p. 129-151. Le modèle est également repris par Malkin, 1996, dans le cas du sanctuaire hellénistique de Zeus Ammon aux frontières de Cyrène.

10 Alcock 1993, p. 172-175 et 1994.

11 Rousset, 2004, p. 377.

12 Kantiréa, 2007 et Camia, 2011.

13 Galli, 2013, p. 10-12.

14 Alcock et Osborne, 1994 ; Hall 1995 (pour le cas spécifique de l’Héraion d’Argos) ; S. Agusta-Boularot et al., 2017, p. 1 ; Williamson, 2021, p. 26-30. Polignac (de), 2009, a nuancé lui-même son propos.

15 F. de Polignac donnait l’Héraion d’Argos comme exemple illustrant son modèle de poléogénèse : Polignac (de), 1984, p. 33 et Polignac (de), 1985, p. 56.

16 Billot, 1997, p. 39-44 et 47-54 ; Kritzas, 2006, p. 406-415.

17 Craay, 1976, p. 10

18 Pindare, Néméennes, X ; Hérodote, I, 31.

19 Kowalzig, 2007, p. 133-160.

20 Perlman, 2000, p. 131-138 ; Strasser, 2007, p. 331-332.

21 Kritzas, 2006, p. 428-429.

22 Pausanias, IV, 27, 6.

23 Weber-Pallez, 2022.

24 Sur l’appartenance du sanctuaire de Némée à Argos à cette époque, voir Perlman, 2000, p. 131-148 ; Kritzas, 2006, p. 428-429.

25 Miller, 1990, p. 104 et 128 ; Birge et al., 1992, p. 5-31 ; Bravo, 2018, p. 64-72 et p. 152.

26 Miller, 1990, p. 118-119. Deux blocs, retrouvés en remplois, sont inscrits l’un aux Rhodiens, l’autre aux Épidauriens (SEG 42, 272d et f).

27 Miller, 1990, p. 129-130 ; Birge et al., 1992, p. 173-176 et p. 250.

28 SEG 30, 362, 3, 5 et 9.

29 Voir IAG 44, 45, 47, 50, 51, 53, 54, 55 (avec l’exception de 49 à Milet, qui utilise Némeia). On peut ajouter à cette liste IG II2 365 et 3149 ; IG IV 628.

30 Νέμεα (IAG 23) ; Νέμεια (IAG 15) ; Νεμεαία (SEG 30, 362, 3) ; ἐν Νεμέαι (IAG 21).

31 Roux, 1961, p. 63-65.

32 Knapp et Mac Isaac, 2005, p. 14-15 ; Bravo, 2018, p. 78. SEG 35, 266 et 45, 249-251.

33 IG IV 487/8.

34 Celle retrouvée à Argos (SEG 23,189) serait plus ancienne que celle de Némée (SEG 36, 331). Elles sont datées respectivement par Perlmann, 2000, des années 330-324 et 315-313 av. J.-C. Voir également Xydopoulos, 2015-2016.

35 SEG 29, 347 (Ambracie et Acarnanie) ; IG IV 480 (Sériphos) ; SEG 34, 282 (Aspendos). Le décret argien pour les Rhodiens, trouvé à Argos, mentionne un affichage à Némée (SEG 19, 317, 29).

36 Démosthène, dans son Contre Midias (115), parle de son passé d’archithéore des Athéniens à Némée. Un archithéore est également mentionné dans IG II² 365 (vers 323 av. J.-C.). Des théories athéniennes à Némée sont évoquées dans les Lois de Platon (XII, 950e).

37 Diodore de Sicile, XIX, 64, 1. Pour Némée comme un des lieux de rencontre de la ligue des Nésiotes, voir Geagan, 1968.

38 Pfaff, 2003, p. 191-194 ; Kritzas, 2006, p. 418-421.

39 IG IV 583. Une datation plus précise autour de 315 av. J.-C. a été proposée par Xydopoulos, 2016-2017, mais a été remise en question par P. Fröhlich, BE 2018, p. 603.

40 Plutarque, Démétrios, 25, 2.

41 Callimaque, fr. 384 Pfeiffer (pour l’interprétation, voir Barigazzi, 1951) ; Pausanias, II, 17, 3.

42 Waldstein, 1902, p. 217 ; SEG 34, 288.

43 SEG 19, 317, 28-29 (décret honorifique pour les Rhodiens, Argos) ; SEG 34, 282, 16 (décret honorifique pour les Aspendiens, Némée) ; SEG 58, 402 (décret honorifique pour des théarodoques, Lavda en Arcadie).

44 SEG 33, 276, 5-7 ; Perlman, 2000, p. 205-239, réunit la documentation épigraphique (2 listes et 26 décrets honorifiques). Voir également Strasser, 2007, p. 343 et Mari, 2013, p. 19-22.

45 La liste SEG 23, 189, II, 11 (vers 330 av. J.-C.) comprend notamment Cléopâtre d’Épire.

46 Miller, 1990, p. 32, 53-57 et p. 191-208 ; Knapp et Mac Isaac, 2005, 14-15 ; Mari, 2013, p. 25-29. Son hypothèse est fondée sur le décret des Rhodiens (SEG 19, 317), qui évoque un prêt de l’île pour reconstruire les murailles et la cavalerie d’Argos, et sur le fait que nous n’ayons pas de comptes de construction.

47 Diodore de Sicile, XIX, 54 (sur la prise d’Argos par Cassandre) ; XIX, 63 (sur le massacre de 500 Argiens) ; XX, 103 (sur la libération par Démétrios) ; ISE 39 (thiase argien qui se réunit pour fêter la libération) ; Athénée de Naucratis, X, 415 (siège d’Argos par Démétrios).

48 IG IV 616 ; Piérart, 1982 avec certaines révisions en 2014, p. 223-224 ; Mari, 2013, p. 33-34 ; Kralli, 2017, p. 92-93.

49 IG IV 617.

50 Perlmann, 2000, p. 128.

51 Diodore de Sicile, XIX, 64, 1 (Cassandre) ; Plutarque, Démétrios, 25, 2.

52 Balandier et Guintrand, 2019.

53 Sur le concept de « périphérisation », voir Roth, 2016.

54 Makrypodi et Giannakouli, 2018.

55 Plutarque, Vie de Pyrrhos, 30.

56 SEG 13, 243 ; FD III, 1, 88, 6-8. Voir Paschidis, 2008, p. 213.

57 Plutarque, Vie de Pyrrhos, 30. Le nom d’Aristéas est également connu par Polyen, Stratagèmes, VIII, 68.

58 Sur la mort de Pyrrhos, voir Plutarque, Vie de Pyrrhos, 30-34 ; Élien, La personnalité des animaux, X, 37 ; Polyen, Stratagèmes, VIII, 68 ; Justin, XXV, 5.

59 SEG 29, 349i. Pearson, 1984 ; Miller, 2001, p. 331-332 et 336-337. Sa participation à ce conflit est aussi connue de Plutarque, Pyrrhos, 26.

60 L’historien Philarque (FGrHist 81 F 53) qualifie Aristomachos d’Argos de tyran, « né (d’une lignée) de tyrans » (πεφυκότα δ´ ἐκ τυράννων). Sur l’évolution du sens du mot « tyran » et sur les représentations qui lui sont associées à l’époque hellénistique, voir Berve, 1967, p. 737-754.

61 Sur les tyrans hellénistiques d’Argos, voir Paschidis, 2008, p. 209-226 ; Landucci Gattinoni, 2004 ; Moreno Leoni, 2018.

62 Miller, 1990, p. 23 et 66.

63 Blegen, 1939, p. 412 et 423-427.

64 SEG 13, 241 et 242 ; 16, 248 ; 17, 142 ; 30, 357 et 359 ; 33, 284.

65 Plutarque, Aratos, 28.

66 Moretti, 1989, p. 239-240 et 261 (la datation du premier état du théâtre, dans le premier tiers du iiie siècle, est obtenue par la céramique et une monnaie au nom d’Agathoclès de Syracuse) ; Moretti, 1993, p. 13-17. Pour le stade, voir Amandry,1980, p. 247 ; Psychoios, 2013.

67 Miller, 1990, p. 141-142 ; Knapp et Mac Isaac, 2005, p. 11. D’après Pausanias, II, 20, 3.

68 Knapp et Mac Isaac, 2005, p. 14-15.

69 SEG 11, 338, 1 ; SEG 30, 359, 17-18 (décret argien pour Alexandros de Sicyone. Sur un rappel des propositions de datation aux années 270, avant 252 ou après 229, voir Buraselis, 2013, p. 173-174 ; Kralli, 2017, p. 438-439).

70 IG V, 2, 142, 23. La datation et le contenu des inscriptions déliennes (IG XI, 4, 1164 et 1165) sont incertains (voir Amandry, 1980, p. 223 et 226).

71 SEG 30, 359, 17.

72 Par exemple, le décret pour Zoilos de Smyrne (SEG 33, 280). Voir Kralli, 2017, p. 466.

73 PapLond. VII, 1973 ; Bergmann, 1979, p. 128-129.

74 Parsons, 1977. Dans le prologue, cette ode est présentée comme une offrande de Bérénice elle-même pour Zeus et pour la nymphe Néméa.

75 Posidippe de Pella, Épigrammes, 79 et 81. Il évoque aussi la participation aux concours néméens pour Étéarchos, un proche de Ptolémée II (épigramme 76, voir Thompson, 2005, p. 279-280).

76 Décrets pour Euklès de Corinthe dans les années 240 (SEG 13, 242) ; pour Theainetos de Mantinée, entre 270 et 223 (SEG 17, 143).

77 Buraselis, 2013, p. 174-175.

78 Miller, 2001, p. 93, note 213.

79 IG II/III³ 1, 1019.

80 Plutarque, Aratos, 27-29.

81 Birge et al., 1992, p. 182-184 ; Plutarque, Aratos, 28.

82 Knapp et Mac Isaac, 2005, p. 15.

83 Kralli, 2017, p. 432-433.

84 Uibopuu, 1995.

85 SEG 23, 178.

86 SEG 23, 186.

87 Pausanias, II, 21, 4.

88 Shear, 1966, p. 195.

89 Bessac et Fachard, à paraître.

90 Psychoios, 2013, p. 364.

91 Plutarque, Aratos, 28.

92 Bacchylide, Épinicie, 9, 1-15 ; Euripide, Hypsipyle. Voir Doffey, 1992, p. 190-192.

93 Probus, Commentaires aux Géorgiques de Virgile, III, 19. Doffey, 1992, p. 187.

94 Damagète, in Anthologie de Planude, 95, 1 : Ἐκ Νεμέας ὁ λέων, ἀτὰρ ὁ ξένος Ἀργόθεν αἷμα.

95 Ibid., 5 : ἐμβατὸς ὡς αὖ τοι καὶ Νεμέα τελέθοι.

96 IAG 41.

97 Roth, 2016 : « la périphérisation est définie comme un processus où interagissent affaiblissement économique, pertes migratoires et dépendance politique - au sens de perte de pouvoir. »

98 Tite-Live, XXXII, 39, 2 : Argos in potestate sua esse.

99 Tite-Live, XXXII, 39, 5-6.

100 IG IV 497. Voir aussi IG IV 498.

101 IG IV² 1, 621 (trouvé à l’Asclépiéion d’Épidaure).

102 Plutarque, Vie d’Agis et Cléomène, 27.

103 Polybe, II, 52-54 ; Plutarque, Vie d’Agis et Cléomène, 42. Les Néméa sont également célébrés lors de la visite d’Antigone Dôsôn (Polybe, II, 70, 5).

104 Tite-Live, XXXIV, 35, 3.

105 Plutarque, Philopœmen, 11.

106  Par exemple, Ager, 1996, n° 150 et 159 (entre Messène et Sparte) ;

107 SEG 23, 180 + SEG 29, 348 (la datation du IIe siècle av. J.-C. a été remise en cause par C. Kritzas, LGPN III A) ; Ager, 1996, n°52. Sur les remplois des décisions de L. Mummius pendant plusieurs siècles, voir par exemple IvO 52, 52-55 et Tacite, Annales, IV, 43.

108 Williams et Bookidis, 2003, p. 265.

109 Pietilä-Castrén, 1991, p. 101-102.

110 Miller, 2001, p. 99-100. Sur la théorodoquie argienne et l’évolution du formulaire, voir Perlman, 2000.

111 Miller, 2001, p. 99-100.

112 Polybe, XXXIX, 6, 1.

113 Kritzas, 1992, p. 239.

114 Appien, Guerre contre Mithridate, 112. Voir Birge et al., 1991, p. 17.

115 Walter 1911, n° IV, 1 ; IG IV 558, 25.

116 SEG 36, 332 : Ἀργεί|ω̣ν δαμόἱ|ον.

117 SEG 42, 279 ; IG IV 530 ; Walter 1911, n° IV.

118 Plutarque, Vie de Pompée, 24.

119 Par exemple, en 186 av. J.-C., Q. Caecilius Metellus se rend à Argos en pleine célébration des Héraia pour délibérer de la position des Argiens vis-à-vis des Spartiates (Polybe, XX, 10, 1-2).

120 En 217 av. J.-C., il assiste aux concours néméens (Polybe, V, 101, 5) et en 209 av. J.-C., il est agonothète des deux concours (Polybe, X, 26, 1 ; Tite-Live, XXVII, 30, 9).

121 Tite-Live, XXXIV, 41, 3 ; Plutarque, Vie de Flamininus, 12.

122 Syll3 653a, pour la liste principale. Deux autres fragments de listes, qui devaient correspondre, furent découverts à Delphes (FD III, 1, 218 et SEG 37, 379). Voir Perlman, 2000, p. 136.

123 SEG 22, 266, 23-25 : ἀν[αγγεῖλαι ἐν τοῖς ἀγῶσιν τοῖς] / στεφανίταις ἔν τε τοῖ[ς] με[γάλοις Ἡραίοις καὶ Ἰσθμί]/οις καὶ Νεμείοις καὶ Ὀλυ̣[μ]πί̣ο̣[ις καὶ Πυθίοις.

124 SEG 38, 312.

125 Par exemple à Olympie au début du IIe siècle av. J.-C., SEG 22, 350, 6 et 22 ou encore à Délos entre 200 et 130 av. J.-C. (ID 1957, 6.1 et 15.1).

126 Pour Héra, IAG 56 et 59, ainsi que IG II2 3149, 50-51 et 72-73 ; SEG 22, 350, 22. Pour Zeus, IAG 49, 50-52, 58, mais aussi IG IV 558, 38 ; IG II2 3149, 23 et 32.

127 Inscription encore inédite (SEG 31, 307, je remercie C. Kritzas pour m’avoir décrit la stèle) ; FD III, 2, 70a ; IG IV 558, 7.

128 Pseudo-Julien, Lettres, 198.

129 SEG 53, 298, 2-3.

130 Arrien, FGrHist 156 F 16. Le héros Argos était à Némée le gardien d’Io (Hérodote, I, 1).

131 Voir la localisation du stade par Psychoios, 2013 sur ces hauteurs.

132 Pausanias, II, 15, 3.

133 IG IV 586, 3

134 IG IV 587, 4 ; Mnem. 1916, p. 65 ; SEG 16, 253, 5.

135 IG IV 587, 2 ; SEG 58, 323, 6-7 ; IG IV 606, 4-5 ; IG IV² 1, 1176-1177 ; IG IV 602, 7-9 ; IG V,1 1417, 5-6.

136 SEG 45, 257, 1-2 ; IG IV 597, 1-3 ; IG IV 590, 9-10.

137 IG IV 586 : Ti. Ioulios Reglos organise une hécatombe et « donne de l’argent » (4 : δ]όντα ῞Ηρᾳ ἐκ τῶν ἰδίων) à la déesse au début du Ier siècle av. J.-C. ; IG IV 606 : Claudius Diodotos est agonothète des Némeia et Sébasteia et offre une hécatombe à Zeus Néméen « le premier et seul » (12 : πρῶτον καὶ μόνον) ; IG IV 602 : en 116 apr. J.-C., C. Flavius Tertius, agonothète des Sébasteia et des Némeia, offre une hécatombe à Zeus Néméen.

138 IG IV 594. Pour en savoir plus sur cette fonction, Manieri, 2009, p. 194-195.

139 Par exemple, SEG 36, 339, 3 ; IG IV 606, 5 ; SEG 45, 257, 2 ; IG IV 590, 10-11.

140 Miller, 2001, p. 119-120 ; Knapp et Mac Isaac, 2005, p. 50

141 Par exemple, IAG 58-60, 62-63, 65-69.

142 IvO 232, 3-4 (sous Hadrien).

143 Spawforth, 2012 ; Weber-Pallez, 2020, p. 230-231.

144 IvO 232, 5 (sous Hadrien).

145 Hygin, Fables, 170.

146 Par exemple, IG II/III3 4, 607, 5. I.Napoli, I, 51. Voir Weber-Pallez, 2020, p. 233-234.

147 Strasser, 2022, p. 12-14.

148 Ils sont rassemblés par Flament et Marchetti, 2011, p. 56-64.

149 Ibid., R. 6, 11, R. 15, R. 22, R. 24, R. 31-21, R. 36

150 Ibid., R. 9. Voir Weber-Pallez, 2020.

151 Ibid., R. 3 et R. 10.

152 Ibid., R. 17, 31, 41 et 24.

153 Ibid., R. 4 et R. 10 ; Pausanias, II, 15, 6.

154 Ibid., R. 1 et 39 (pour l’aigle), p. 58.

155 Ibid., R. 14 : les auteurs remarquent que la représentation des Charites sur ce revers est une « version canonique de l’époque romaine », ce qui serait un « recours à des types standardisés », plutôt que de « reproduire fidèlement des objets réels du patrimoine de façon archaïque » (p. 64). Voir Pausanias, II, 17, 3.

156 Ibid., R. 35. Voir Hérodote, I, 31.

157 Ibid., R. 12.

158 Ibid., R. 16.

159 Pausanias, II, 15, 3.

160 Miller, 2001, p. 101-105.

161 Pausanias, II, 20, 3. Le temple de Zeus Némeios sur l’agora est aussi mentionné dans une scholie à l’Électre de Sophocle. Son emplacement exact est encore inconnu.

162 Pausanias, II, 15, 3.

163 Birge et al., 1992, p. 26, 53, 57 et 80 ; Knapp et Mac Isaac, 2005, p. 30-31 ; Miller, 2001, p. 364-365, n°34.

164 Miller, 2001, p. 364.

165 Pausanias, II, 15, 3.

166 Pausanias, II, 15, 3 : θύουσι δὲ Ἀργεῖοι τῷ Διὶ καὶ ἐν τῇ Νεμέᾳ καὶ Νεμείου Διὸς ἱερέα αἱροῦνται.

167 Miller, 2001, p. 119-120.

168 Amandry, 1980, p. 249, note 97.

169 Strabon, VIII, 6, 19.

170 Waldstein, 1902, p. 134-135 et 197-198 ; Mason, 1979, p. 414-418 ; Pfaff, 1990 ; 2005, p. 581-582. Pour la date du « gymnase », voir Felten, 2007, p. 64.

171 Pausanias, II, 17, 1-7. Des fragments de statues féminines en marbre d’époque romaine ont été retrouvés lors des fouilles (Waldstein, 1902, p. 140-143).

172 Waldstein, 1902, p. 146-176.

173 Pausanias, II, 17, 1.

174 SEG 11, 304.

175 IG IV 530.

176 Aelius Aristide entreprend ainsi une dédicace en Mysie à « Héra, épouse argienne de Zeus porteur d’aigle » (τήνδ’ Ἀργείην Διὸς αἰγιόχοι[ο] σ[ύνευνον]) dans la seconde moitié du iie siècle apr. J.-C. (IMT MittlMakestos 2549, 1).

177 Plaute, Casina, IV, 759 ; Cicéron, Sur le Destin, IV, 7 ; Pline, Histoire Naturelle, XIX, 46.

178 Aelius Dionysus, s.v. ἀδηφάγοι ἵπποι.

179 Strabon, VIII, 6, 19.

180 Pausanias, II, 15, 2.

181 Stace, Thébaïde, IV, 832 : siluarum, Nemea, longe regina uirentum.

182 Stace, Thébaïde, III, 421 ; V, 714.

183 Stace, Thébaïde, II, 377-378 : et qua uix carmine raro / longa sonat Nemea nondum pastoribus ausis.

184 Cicéron, Tusculanes, II, 22, 2 ; Sur le Destin, VII, 13 ; Lucrèce, De la Nature des Choses, V, 24 ; Virgile, Énéide, VIII, 295 ; Lucain, Guerre civile, I, 655.

185 L’ensemble de la réflexion et les trois spécificités retenues pour l’Antiquité sont énoncés par Gangloff, 2013, p. 5-7.

186 Waldstein, 1902, p. 140-143.

187 Pausanias, II, 17, 3-6.

188 Pfaff, 2005.

189 IG VII 2711, 31-32 : ἀρκέσθητε τοῖς Ὀλυμπίασι καὶ Νεμέᾳ καὶ Πυθοῖ καὶ Ἰσ/[θμοῖ] τεθησομένοις.

190 IvO 57, 26-27. Il faut rester fort prudent car la mention d’un affichage à Argos juste après peut rendre caduque cette restitution.

191 Bradeen, 1966, p. 329, n°8.

192 Selon Pline l’Ancien, l’empereur aurait placé dans la curie une peinture de l’Athénien Nicias (ive siècle av. J.-C.) qui personnifiait Némée sous forme d’une femme tenant une palme et assise sur un lion. À ses côtés se tenaient un vieillard et un bige. L’œuvre d’art aurait été rapportée à Rome par le gouverneur d’Asie de 75 av. J.-C., Marcus Junius Silanus. Voir Pline, Histoire Naturelle, XXXV, 10 et 40.

193 Pausanias, II, 17, 3.

194 Melfi, 2016, p. 225. Voir aussi Kantiréa, 2007, p. 105.

195 Ibid., p. 227.

196 Hölscher, 1990, p. 165.

197 Suétone, Néron, 22-24 ; Dion Cassius, LXIII, 11-14.

198 Pausanias, II, 37, 5.

199 Pausanias, VI, 9, 3.

200 Pausanias, II, 17, 6 : κεῖται δὲ καὶ στέφανος χρυσοῦς καὶ πέπλος πορφύρας, Νέρωνος ταῦτα ἀναθήματα.

201 Flament et Marchetti 2011, p. 11-13.

202 Ibid., p. 51-53.

203 Ibid., p. 56-72.

204 IG IV 602, 3-7 : πρῶτον ἐν ταῖ[ς]/ θέαις τοῦ κυρίου Αὐτοκράτο/ρος Νέρβα Τραϊανοῦ Καίσαρος / ἀρίστου Σεβαστοῦ Γερμανικοῦ̣ /Δακικοῦ.

205 IG IV 590, 12.

206 Pausanias, VI, 16, 4.

207 Pausanias, II, 17, 6 : χρυσοῦ δὲ καὶ λίθων λαμπόντων Ἀδριανὸς βασιλεὺς ταὼν <ἀνέθηκεν·>. Flament et Marchetti 2011, p. 58, Antonin R 1 et Salonine R. 4.

208 Caskey et Amandry, 1952, p. 219-221.

209 SEG 45, 258.

210 Pausanias, II, 22, 1 ; 24, 1.

211 Piérart, 1995, p. 477. Contra Knoepfler, 2013-2014.

212 Cicéron, Tusculanes, I, 47 (en référence à Hérodote, I, 31, qu’il cite).

213 Cicéron, De la Nature des Dieux, I, 29 et De la Divination, 40.

214 Cicéron, De la Nature des Dieux, 29.

215 Denys d'Halicarnassse, I, 21.

216 Élien, Histoire des Animaux, IX, 16. Voir Thibaut, 2018.

217 Vitruve, De l’architecture, IV, 1, 3.

218 Weber-Pallez 2021 (pour le cas du bouclier d’Argos qui permet au pouvoir d’associer peuples de la péninsule italique et Romains).

219 Timée de Tauroménion, IX, fr. 12 (Lachenaud) ; IMagn 158, 14 (en 221 av. J.-C.).

220 IG XIV 1293d, 1 = FGrHist 40 F 1d ; IG XIV 1285, II, 15. Un fragment provenant d’une autre tabula romaine (IG XIV 1292) mentionne également cette prêtrise.

221 Strabon, VIII, 6, 18 : Ἀργεῖοι (…) ὑπ᾽ ἄλλοις δ᾽ ἐγένοντο βασιλεῦσι, μετασχόντες δὲ τοῦ τῶν Ἀχαιῶν συστήματος σὺν ἐκείνοις εἰς τὴν τῶν Ῥωμαίων ἐξουσίαν ἦλθον, καὶ νῦν συνέστηκεν ἡ πόλις δευτερεύουσα.

222 Piérart et Touchais, 1996, intitulent leurs chapitres sur l’époque hellénistique et impériale « les ambitions des rois » (p. 61-70) et « la domination de Rome » (p. 71-86).

223 Weber-Pallez, 2021, p. 349-353.

224 Ce raisonnement permet donc de nuancer l’hypothèse de Felten, 2007, p. 296, pour qui Argos est une des rares cités à ne connaître aucune modification de ses fonctions territoriales sous l’Empire.

225 Weber-Pallez, 2021, p. 319-326.

226 Strabon, VIII, 6, 19 ; Pomponius Mela, II, 3 ; Pline, Histoire Naturelle, IV, 10.

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Title Fig. 1. Le territoire d'Argos dans l’Antiquité.
Credits © Delrieux / Weber-Pallez.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/25785/img-1.jpg
File image/jpeg, 391k
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References

Bibliographical reference

Clémence Weber-Pallez, “Une histoire territoriale d’Argos hellénistique et romaine par le prisme de deux sanctuaires extra-urbains”Pallas, 120 | 2022, 135-165.

Electronic reference

Clémence Weber-Pallez, “Une histoire territoriale d’Argos hellénistique et romaine par le prisme de deux sanctuaires extra-urbains”Pallas [Online], 120 | 2022, Online since 10 October 2023, connection on 18 May 2024. URL: http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/25785; DOI: https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/pallas.25785

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Clémence Weber-Pallez

Membre scientifique de l'École française d'Athènes

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