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Extradition et saisie de la personne des réfugiés athéniens à l’époque des Trente Tyrans

Extradition and Seizure of Athenian Refugees during the Thirty Tyrants Period
Cinzia Bearzot
p. 155-165

Résumés

Le phénomène massif des exils de citoyens athéniens sous l’oligarchie des Trente Tyrans pose beaucoup de problèmes variés. Outre les questions chronologiques, il convient d’approcher les problèmes concernant le nombre des exilés, les causes des exils, les lieux où les exilés se réfugièrent, etc. Après avoir étudié ces thèmes en 1994 (Esilii, deportazioni ed emigrazioni forzate in Atene sotto regimi non democratici, dans Emigrazione e immigrazione nel mondo antico, CISA 20, p. 141-167), je voudrais maintenant me pencher sur les sources dont nous disposons sur la demande d’extradition et la saisie de la personne des exilés. Les témoignages de Lysias, Démosthène, Diodore, Plutarque (Vie de Lysandre et Vie de Pélopidas) et Justin nous renseignent sur l’initiative des Lacédémoniens à l’appui des Trente concernant les exilés (un décret adressé aux Grecs demandant leur collaboration pour l’extradition et la saisie des réfugiés athéniens), l’extension de la revendication (toute la Grèce), les menaces adressées aux Grecs (amende, exclusion des traités), la réaction des Grecs. Ces témoignages mettent en lumière, d’une part, la position juridique des réfugiés et leurs difficultés quotidiennes et de l’autre, les rapports d’étroite collaboration entre Sparte et les Trente Tyrans et les relations parfois controversées entre Sparte et le reste du monde grec, dont elle revendiquait à ce moment l’hégémonie absolue.

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Texte intégral

  • 1 Bearzot, 1994.

1J’ai déjà eu l’occasion d’étudier le problème des expulsions de citoyens sous le régime des Trente Tyrans dans un article paru en 1994 : Esilii, deportazioni ed emigrazioni forzate in Atene sotto regimi non democratici1. Dans cette étude, j’ai eu l’occasion de prendre en considération des questions telles que le nombre d’exilés, les raisons de ces expulsions, les lieux d’exil, ainsi que la chronologie et la séquence narrative parfois incohérente offerte par les sources. Je voudrais aujourd’hui compléter cette étude en comparant de manière plus approfondie les sources (Lysias, Xénophon, Démosthène, Diodore, Plutarque et Justin) sur la question, qui mérite une attention toute particulière, de l’extradition et de la possibilité de procéder à l’arrestation sommaire des exilés athéniens que les Lacédémoniens demandaient aux cités grecques, en accord avec les Trente Tyrans.

  • 2 Xen. Hell. 2.3.24 : Ὦ ἄνδρες βουλευταί, εἰ μέν τις ὑμῶν νομίζει πλείους τοῦ καιροῦ ἀποθνῄσκειν, ἐνν (...)
  • 3 Xen. Hell. 2.3.12 ; Arist. Ath. Pol. 35.2-3 ; Diod. 14.4.2.
  • 4 Xen. Hell. 2.3.13 : ἐπεὶ δὲ ἤρξαντο βουλεύεσθαι ὅπως ἂν ἐξείη αὐτοῖς τῇ πόλει χρῆσθαι ὅπως βούλοιντ (...)

2Comme on le sait, Critias avait élaboré toute une théorie sur la nécessité inéluctable d’éliminer l’opposition politique, en particulier à Athènes, cité à forte population dans laquelle le peuple avait le plus souvent joui d’une grande liberté et où les adversaires de l’oligarchie étaient donc particulièrement nombreux2. Après une phase initiale consacrée pour l’essentiel à la répression de la délation des sycophantes, qui obtint l’assentiment général3, les Trente Tyrans demandèrent à Lysandre l’envoi d’une garnison lacédémonienne et commencèrent à attaquer les opposants avérés ou considérés comme tels, avec l’intention, comme le souligne Xénophon avec insistance, de faire de la cité ce qu’ils voulaient4.

  • 5 Xen. Hell. 2.3.17 : ἀποθνῃσκόντων πολλῶν καὶ ἀδίκως. Cf. Arist. Ath. Pol. 35.4 : ἐπεὶ δὲ τὴν πόλιν (...)
  • 6 Xen. Hell. 2.3.14 : οὓς ἐβούλοντο συνελάμβανον οὐκέτι τοὺς πονηρούς τε καὶ ὀλίγου ἀξίους, ἀλλ᾽ ἤδη (...)
  • 7 Voir à ce sujet Xen. Hell. 2.3.20.
  • 8 Diod. 14.5.6-7 ; 14.6.

3En décrivant la période de terreur inaugurée par les Trente après un début modéré, Xénophon et Aristote insistent notamment sur les nombreuses condamnations à mort illégales5, liées à la volonté d’écraser l’opposition6, mais aussi à la nécessité de trouver de l’argent pour payer la garnison lacédémonienne sans pour autant oublier la soif personnelle de gain7 ; les renseignements sur les exilés, volontaires ou forcés, proviennent en particulier de Diodore8.

  • 9 Lys. 13.46-47.
  • 10 Lys. 13.47 : Τὸ τελευταῖον συλλήβδην ἅπαντες ὑπὸ τῶν τριάκοντα ἐκ τῆς πατρίδος ἐξηλάθητε.
  • 11 Diod. 14.5.
  • 12 Diod. 14.6 : Ἐπὶ τοσοῦτο δὲ κατέφθειραν τὴν πόλιν, ὥστε φυγεῖν τοὺς Ἀθηναίους πλείους τῶν ἡμίσεων ; (...)
  • 13 Xen. Mem. 2.7.2, Ἐπεὶ γὰρ ἐστασίασεν ἡ πόλις, πολλῶν φυγόντων εἰς τὸν Πειραιᾶ, συνεληλύθασιν ὡς ἐμὲ (...)
  • 14 Xen. Hell. 2.4.1 ; Diod. 14.32.4.

4La source la plus ancienne qui en fait état provient en réalité de Lysias9, qui nous rappelle comment, après la défaite et l’occupation de l’Acropole par les Lacédémoniens, les Athéniens avaient perdu tous leurs biens avant de finir par se faire chasser de leur patrie tous ensemble par les Trente10. Cette affirmation, apparemment exagérée, se retrouve chez Diodore11 qui affirme que plus de la moitié des Athéniens furent contraints à l’exil en raison des massacres perpétrés par les Trente Tyrans, et parmi ceux-ci pratiquement tous les Athéniens aisés12. Ce témoignage est confirmé par Xénophon, qui signale la fuite d’un grand nombre d’entre eux au Pirée suivie d’une diminution significative de la population de la cité13. Lysias insiste davantage sur les expulsions, tandis que Diodore (mais aussi Xénophon) semble plutôt faire état d’exils volontaires ; quoi qu’il en soit, l’allusion est selon toute probabilité à la mesure rapportée par Xénophon et par Diodore14.

  • 15 Xen. Hell. 2.4.1 : Οἱ δὲ τριάκοντα, ὡς ἐξὸν ἤδη αὐτοῖς τυραννεῖν ἀδεῶς, προεῖπον μὲν τοῖς ἔξω τοῦ κ (...)

5Xénophon rappelle qu’après la mort de Théramène, les Trente, libres désormais d’exercer la tyrannie, interdirent l’accès de la cité à tous ceux qui ne figuraient pas dans le catalogue des Trois Mille, détenteurs de tous les droits politiques ; ces derniers se virent ensuite expulsés également de la khôra, dans laquelle ils possédaient des propriétés que les premiers voulaient s’approprier. Vu que beaucoup s’étaient enfuis au Pirée, les Trente les expulsèrent également de là, remplissant ainsi de réfugiés les cités voisines de Mégare et de Thèbes. Tous ces événements sont décrits chez Xénophon avant l’occupation de Phylé par Thrasybule15.

  • 16 Diod. 14.32.4. Cf. Xen. Hell. 2.4.8-10.
  • 17 Diod. 14.32.4 : Οἱ δὲ τριάκοντα θεωροῦντες τοὺς πολίτας ἐν Ἀθήναις, ὅσοι μὴ μετεῖχον τῆς τῶν τρισχι (...)
  • 18 Rhodes, 1981, p. 451. Krentz, 1982, p. 65-66, et Forsdyke, 2005, p. 198-199, ne croient pas à l’exp (...)

6Diodore, quant à lui, replace l’histoire après l’occupation de Phylé, en la reliant au massacre des habitants d’Éleusis et Salamine16 et parle d’un transfert au Pirée des exclus du catalogue de Trois Mille, dont les Trente pensaient qu’ils étaient favorables aux exilés démocratiques17. La datation de Diodore semble cependant injustifiée, étant donné que la mesure de relégation – que Diodore simplifie en désignant la concentration des exclus du Pirée comme étant le véritable objectif poursuivi par les oligarques, et non le résultat du bannissement hors de l’astu et de la khôra, comme le dit Xénophon correctement et comme en témoigne le fait que cette concentration n’a pas empêché la poursuite des persécutions – aurait eu comme résultat de contribuer à gonfler les rangs de la résistance démocratique contre l’intérêt même des Trente Tyrans18.

7Il convient de noter l’utilisation chez Xénophon du verbe ἄγω (ἦγον δὲ ἐκ τῶν χωρίων; πολλοὺς ἄγοντες) qui indique le fait d’emmener de force, d’exercer une arrestation sommaire, une apagôgê, et du participe substantivé ὑποχωρούντες, pour désigner ceux qui quittent leur pays pour aller chercher asile ailleurs : l’impression qui ressort est que nous nous trouvons devant des exils volontaires, auxquels s’étaient résignés les exclus du catalogue des Trois Mille lorsqu’ils se virent spoliés de leur droit de résider à Athènes (et plus tard dans la khôra et au Pirée) ainsi que de leurs droits de propriété, et qu’ils se retrouvèrent menacés d’être arrêtés et condamnés à mort. On peut en revanche noter chez Diodore le verbe μετοικίζω, qui fait allusion à un transfert forcé des exclus au Pirée.

  • 19 Pour distinguer les deux épisodes, cf. Cloché, 1911 ; mais cf. Lehmann, 1972, p. 217, n. 44, et Bea (...)
  • 20 Whitehead, 1982/83 ; Krentz, 1982, p. 63-67.
  • 21 Seibert, 1979, I, p. 93 ; II, p. 470, note 740 ; Lonis, 1993, p. 211-214 ; Forsdyke, 2005, p. 199 e (...)

8Bien que les opinions ne soient pas unanimes, les deux sources font probablement allusion à la même mesure, dont la chronologie a fait couler beaucoup d’encre : la reconstruction de Xénophon apparaît quoi qu’il en soit la plus fiable, comme j’ai essayé de le démontrer dans l’article que j’ai cité dans l’introduction19. Mon intention est plutôt ici de souligner que la référence faite par Lysias à une expulsion de masse (ἅπαντες) ne semble pas sans fondement : quel qu’en soit l’objectif (l’éloignement des opposants potentiels du centre politique et institutionnel, l’astu, ou le projet controversé de laconisation de l’Attique)20, il est certain que la mesure mettait dans des conditions de précarité extrême la majorité des Athéniens, au point de les inciter à quitter le pays. Comme nous le verrons, ceux-ci s’installèrent pour la plupart dans les alentours immédiats, de manière à pouvoir programmer facilement leur retour : les destinations évoquées par les sources sont, en plus de Mégare et Thèbes, Chalcis, Oropos, Argos, Corinthe, Elis21. Mais même ainsi, les exilés ne connurent pas la tranquillité espérée : les menaces des Trente Tyrans les poursuivirent jusque dans les lieux de leur exil.

1. Lysias, Contre Eratosthène

  • 22 Lys. 12.95-98.
  • 23 Bearzot, 1997, p. 148-150 et 237-239.
  • 24 Lys. 12.95 : Ὅσοι δἐκ Πειραιέως ἐστέ, πρῶτον μὲν τῶν ὅπλων ἀναμνήσθητε, ὅτι πολλὰς μάχας ἐν τῇ ἀλ (...)
  • 25 Lys. 12.97 : πολλαχοῦ κινδυνεύσαντες καὶ εἰς πολλὰς πόλεις πλανηθέντες καὶ πανταχόθεν ἐκκηρυττόμενο (...)
  • 26 Avezzù, 1991, p. 149, n. 103 ; cf. Lys. 25.22 ; 31.8, où revient le même verbe, et cf. Bearzot, 199 (...)
  • 27 Lonis, 1988.

9La source la plus ancienne qui nous informe à ce sujet est Lysias22. Il fait ici appel à l’auditoire des citoyens athéniens démocrates, en les exhortant à ne pas oublier, afin de les inviter à se venger d’Eratosthène23, les événements les plus douloureux de l’année de « l’anarchie » : le désarmement, l’expulsion de la cité suivie de la demande d’extradition des nouveaux lieux de résidence24. Lysias se penche ensuite sur les personnes tuées ou poussées au suicide après avoir été arrachées aux lieux sacrés ou aux bras des êtres chers, et restées sans sépulture ; il revient sur les malheurs de tous ceux qui, exposés de tous les côtés au danger et exilés dans différentes cités, furent bannis de plusieurs lieux d’asile25 ; et il conclut en prédisant les catastrophes qui se seraient abattues sur les démocrates du Pirée s’ils n’étaient pas sortis vainqueurs. La terminologie fait clairement référence à l’exil : avec φεύγω, qui peut indiquer aussi bien l’exil imposé que l’exil volontaire, et avec ἐκκηρύττω, qui indique au contraire l’annonce officielle et qui est utilisé pour l’expulsion d’Athènes comme pour celle des autres cités26. Un autre fait intéressant est l’utilisation du verbe ἐξαιτέω, caractéristique de la terminologie de l’extradition, étudiée par Raoul Lonis27 : en employant ce verbe, Lysias fait expressément référence à la demande de renvoi des exilés athéniens adressée aux cités qui les accueillaient.

2. Démosthène, Sur la liberté des Rhodiens

  • 28 Dem. 15.22.
  • 29 Dem. 15.22 : […] Οἳ χώραν ὅμορον τῇ Λακεδαιμονίων οἰκοῦντες, ὁρῶντες ἐκείνους γῆς καὶ θαλάττης ἄρχο (...)

10Après Lysias, il faut prendre en considération Démosthène qui, dans le discours Sur la liberté des Rhodiens, rappelle la noblesse du comportement des Argiens à l’égard des Athéniens28. Ceux-ci, en dépit du voisinage de Sparte, dont ils savaient fort bien qu’elle dominait la terre et la mer, n’hésitèrent pas à montrer leur bienveillance envers les Athéniens. En effet, lorsque des ambassadeurs lacédémoniens se présentèrent pour réclamer que leur soient livrés les exilés (φυγάδες) athéniens qui s’étaient réfugiés à Argos, les Argiens leur répondirent qu’ils seraient considérés comme des ennemis s’ils ne repartaient pas avant le coucher du soleil29.

  • 30 Bearzot, 1996.
  • 31 Diod. 14.6.2 ; Just. Epit. 5.9.4.
  • 32 Cf. Hdt. 5.50.3 ; 7.149.3.

11Démosthène nous apprend qu’Argos était l’une des destinations choisies par les exilés athéniens : située dans le Péloponnèse, mais proche de l’Attique et notoirement liée à Athènes par une vieille amitié entretenue par des tendances démocratiques semblables30, la cité présentait toutes les caractéristiques d’un lieu d’asile favorable. L’information est confirmée par Diodore et Justin31. La source souligne le courage des Argiens qui s’opposèrent aux revendications des Lacédémoniens, leurs puissants voisins qui détenaient à l’époque l’hégémonie sur terre et en mer : ces revendications s’expriment, comme chez Lysias, par le verbe ἐξαιτέω, qui suggère une véritable demande d’extradition, ce que l’ambassade vient d’ailleurs confirmer. Au contraire de Lysias, Démosthène nous donne en effet des informations sur l’envoi, de la part de Sparte, d’ambassadeurs, qui se présentaient dans les cités pour réclamer que les exilés leur soient livrés. Il est également intéressant de souligner la réaction des Argiens qui, non contents de refuser, votent un décret qui intime aux ambassadeurs de quitter les lieux avant le coucher du soleil, faute de quoi ils seraient traités comme des ennemis32.

3. Diodore

12Des sources de nature plus historiographique nous permettent d’élargir nos connaissances.

  • 33 Le texte du passage présente des problèmes. Bonnet et Bennet (Belles Lettres), que je suis, conserv (...)
  • 34 Diod. 14.6.1 : Ἐψηφίσαντο γὰρ τοὺς Ἀθηναίων φυγάδας ἐξ ἁπάσης τῆς Ἑλλάδος ἀγωγίμους τοῖς τριάκοντα (...)
  • 35 Diod. 14.6.2 : αἱ μὲν ἄλλαι πόλεις καταπεπληγμέναι τὸ βάρος τῶν Σπαρτιατῶν ὑπήκουον, Ἀργεῖοι δὲ πρῶ (...)
  • 36 Diod. 14.6.3 : καὶ Θηβαῖοι δὲ ἐψηφίσαντο ὑπάρχειν πρόστιμον τῷ θεασαμένῳ μὲν ἀγόμενον φυγάδα, μὴ βο (...)

13Diodore précise que les Lacédémoniens, en observant la cité d’Athènes33, décrétèrent que les exilés athéniens étaient agoghimoi, c’est-à-dire qu’ils pouvaient, dans toute la Grèce, être arrêtés sommairement puis être livrés aux Trente, et que quiconque s’y opposerait serait passible d’une amende de cinq talents34. Nous apprenons ainsi que les Lacédémoniens émirent un véritable décret, qui exigeait que les réfugiés soient livrés aux Trente. Le décret qui accompagnait la requête des Lacédémoniens s’adressait à la Grèce tout entière et était par conséquent l’expression d’une prétention hégémonique panhellénique. Ce décret prévoyait enfin une sanction à l’encontre de ceux qui empêcheraient l’arrestation et la livraison des exilés aux Trente Tyrans : une amende de cinq talents, une somme exorbitante pour un seul individu et très lourde même pour une petite cité. La promulgation du décret révèle une pleine collaboration entre Sparte et les Trente sur la question des exilés ; son contenu met également en évidence, d’une part, le fort soutien que les Lacédémoniens offraient aux Tyrans, de l’autre, la prétention de pouvoir imposer aux Grecs une ligne politique définie, sous peine de graves sanctions pécuniaires. Diodore poursuit en rappelant que le décret suscitait la crainte (il était deinos) et que, sous l’empire de la peur, les cités grecques se soumirent à l’imposition des conditions spartiates, mais que les Argiens, qui haïssaient la cruauté des Lacédémoniens, furent les premiers à compatir aux malheurs des exilés et à les accueillir généreusement35. L’information correspond à ce que Démosthène rapporte sur le refus des Argiens d’obtempérer aux ordres de Sparte : Diodore ajoute le fait que les cités grecques n’avaient pas osé s’opposer à Sparte et souligne que les Argiens avaient été les premiers à adopter l’initiative de refus, en s’exprimant en même temps avec un ton fortement anti-lacédémonien (il rappelle la dureté, τὸ βάρος, et la cruauté, τὴν ὠμότητα, des Lacédémoniens). Diodore nous fait également part de la nouvelle selon laquelle les Thébains décrétèrent que serait puni d’amende quiconque aurait vu un exilé emmené sans faire son possible pour l’aider36. Au refus de coopérer des Argiens, ennemis de Sparte, vient s’ajouter la réaction négative autrement plus surprenante des Thébains, fidèles alliés de Sparte lors de la guerre du Péloponnèse : ces derniers retournèrent eux aussi dans un certain sens le décret lacédémonien, en menaçant d’une amende non pas ceux qui auraient empêché l’arrestation des exilés, mais ceux qui n’auraient pas fait l’impossible pour l’empêcher. On pourrait observer que les deux réactions ne sont pas seulement très fermes dans leur contenu, mais également provocantes dans leur forme.

  • 37 Diod. 14.32.1 : Οἱ δ’ ἐν ταῖς Ἀθήναις δυναστεύοντες τριάκοντα τύραννοι καθ’ ἡμέραν οὐκ ἐπαύοντο τοὺ (...)

14Le généreux accueil des Thébains à l’égard des exilés athéniens (toujours définis comme φυγάδες chez Diodore) est signalé à nouveau quand Diodore, après avoir rappelé que les Trente continuaient à prononcer des exils (verbe φυγαδεύω) et à tuer, est fait état de l’indignation des Thébains face à ces événements, de leur hospitalité bienveillante envers les réfugiés et de l’aide fournie secrètement à Thrasybule lors de l’occupation de Phylé.37 L’aide des Thébains aux Athéniens ne se limite donc pas au refus d’obtempérer aux impositions des Lacédémoniens sur les exilés, mais s’exprime également dans la collaboration au coup d’envoi de la résistance démocratique.

4. Plutarque, Vie de Lysandre et Vie de Pélopidas

  • 38 Plut. Lys. 27.2-4 ; Pel. 6.4-5.

15Plutarque parle de cette question à deux reprises, dans la Vie de Lysandre et dans la Vie de Pélopidas38.

  • 39 Plut. Lys. 27.2 : […] μάλιστα δὲ ἐπὶ τῷ παρασχεῖν ἀρχὴν Ἀθηναίοις ἐλευθερώσεως ἀπὸ τῶν τριάκοντα τυ (...)
  • 40 Plut. Lys. 27.3 : πρὸς ταῦτα γὰρ ἀντεψηφίσαντο Θηβαῖοι ψηφίσματα πρέποντα καὶ ἀδελφὰ ταῖς Ἡρακλέους (...)

16Le premier passage rappelle les motifs des griefs de Lysandre à l’encontre des Thébains et, parmi eux, l’aide fournie par ces derniers aux Athéniens pour se débarrasser des Trente Tyrans. Les Lacédémoniens, dit Plutarque, avaient renforcé la puissance des Trente et la crainte ressentie à leur égard avec le décret qui stipulait que les exilés (φεύγοντες) athéniens étaient agoghimoi partout et en tout lieu, et que quiconque s’opposerait à ceux qui exécutaient les arrestations serait considéré comme exclu des traités39. Quoiqu’il ne soit pas ici question, comme chez Diodore, de livraison des exilés aux Trente, Plutarque souligne clairement la collaboration de Sparte avec les Tyrans : le décret sur les réfugiés vise à mieux renforcer l’oligarchie et à la rendre encore plus redoutable. Les contenus du décret correspondent à ce que raconte Diodore sur la question de l’arrestation des exilés (la formule est la même, ἀγωγίμους εἶναι) et de son extension à la Grèce tout entière (πανταχόθεν) ; en revanche, la sanction n’est plus d’ordre monétaire, mais politique, et de toute évidence adressée aux États et non aux individus (la cité qui aurait refusé d’obéir aurait été exclue des traités et par conséquent exposée à des actes de guerre). La version de Plutarque semble donc conserver la mémoire d’une dureté encore plus prononcée de la part de Sparte pour demander l’application de son décret, allant jusqu’à menacer de guerre les transgresseurs. Sur le décret des Thébains également, les seuls dont la réaction ait été rappelée, Plutarque nous donne davantage de détails que Diodore, selon une tradition qui semble fortement orientée en faveur de Thèbes : les Thébains réagirent au décret des Lacédémoniens au moyen d’un « contre-décret » digne de l’héritage des héros Héraclès et Dionysos, qui prévoyait que toutes les maisons et toutes les cités de la Béotie devaient ouvrir leurs portes aux Athéniens qui le demandaient, que ceux qui n’auraient pas aidé un exilé (φυγάς) menacé d’arrestation seraient condamnés à une amende d’un talent, et que si quelqu’un traversait la Béotie pour porter les armes contre les Tyrans, les Thébains ne devaient ni voir ni entendre40. Si Diodore se contente donc de répéter purement et simplement la clause qui imposait d’aider tout exilé menacé d’arrestation sommaire, Plutarque en ajoute une autre : l’obligation d’accueil pour les individus et les cités, et l’interdiction de dénoncer l’envoi d’armes à la résistance démocratique athénienne. Plutarque conclut en définissant le décret thébain comme digne des Grecs et humain (Ἑλληνικὰ καὶ φιλάνθρωπα).

  • 41 Plut. Pel. 6.3 : ἧκε δὲ καὶ παρὰ Λακεδαιμονίων γράμματα τοῖς Ἀθηναίοις προστάσσοντα μὴ δέχεσθαι μηδ (...)
  • 42 Plut. Pel. 6.4 : οἱ μὲν οὖν Ἀθηναῖοι, πρὸς τῷ πάτριον αὐτοῖς καὶ σύμφυτον εἶναι τὸ φιλάνθρωπον ἀμει (...)
  • 43 Tuci, 2019 ; voir aussi Piccirilli, 2002, p. 96-98.

17Dans la Vie de Pélopidas, Plutarque parle de la période d’occupation lacédémonienne de la Cadmée suivie de la libération de Thèbes, lorsque les libérateurs thébains quittèrent Athènes, où ils se trouvaient en exil. Le biographe rappelle qu’une lettre des Lacédémoniens était parvenue à Athènes, qui ordonnait de ne pas accueillir ni encourager les exilés, mais au contraire de les expulser, dans la mesure où ceux-ci avaient été déclarés ennemis communs des alliés41. Mais les Athéniens n’obéirent pas, à cause de leur humanité naturelle, et aussi parce que les Thébains avaient favorisé la restauration de la démocratie à Athènes et avaient voté un décret qui prévoyait que si un Athénien traversait la Béotie pour porter les armes contre les Tyrans, aucun Béotien ne devait voir ni entendre42. Le thème de l’échange de faveurs entre Athéniens et Thébains revient souvent dans la tradition43 : il offre ici à Plutarque l’occasion de rappeler le décret mentionné avec plus de détails dans la Vie de Lysandre. La seule clause rapportée est celle qui parle de l’envoi d’armes à Athènes en Béotie : le libellé est très semblable, même si la clause concerne tous les Béotiens et pas seulement les Thébains.

5. Justin

  • 44 Just. Epit. 5.9.3-5 : Fit igitur ex urbe passim omnium fuga, repleturque Graecia Atheniensium exsul (...)

18Il reste enfin à prendre en considération le témoignage de Justin, selon lequel la mort de Théramène fut suivie d’une fuite générale d’Athènes, et la Grèce tout entière se remplit d’exilés athéniens. Toute forme d’aide leur ayant été soustraite, étant donné que les Lacédémoniens avaient émis un décret interdisant aux cités d’accueillir les exilés, ceux-ci se réfugièrent à Argos et Thèbes, où ils se virent offrir un lieu sûr pour vivre leur exil dans l’espoir de pouvoir retrouver leur patrie. La version de Justin propose à nouveau certains aspects de la tradition déjà analysée (le grand nombre de réfugiés, l’accueil à Argos et Thèbes), mais diffère de cette dernière dans la mesure où il est question d’un décret qui impose de ne pas accueillir les réfugiés, mais qui ne demande pas de les arrêter ni de les livrer à une quelconque autorité44.

6. Considérations finales

19Voilà le cadre d’ensemble de la tradition. Arrivés à ce stade, nous pouvons proposer quelques considérations en matière de conclusion.

  • 45 Wolpert, 2006 ; contra Németh, 2005, qui souligne le manque d’un projet unitaire dans la politique (...)

20La première est qu’il n’existe aucune raison de douter du grand nombre d’exilés athéniens : la tradition, attestée par Diodore (plus de la moitié des Athéniens et presque tous les Athéniens aisés), est confirmée par son contemporain Lysias (tous) ; Xénophon parle de l’oliganthropie qui frappa Athènes ; Isocrate chiffre à cinq mille le nombre de réfugiés au Pirée. Le nombre de personnes qui, privées de leurs droits, durent quitter Athènes fut certainement très élevé, et cela semble conforme à la volonté d’intervention massive dans la composition du corps civique athénien et de la population résidente elle-même, ce qui est la seule façon d’apporter la stabilité à un régime oligarchique fortement impopulaire45.

  • 46 Diodore 14.4.3 : βουλόμενοι βιαιότερα καὶ παράνομα πράττειν, ᾐτήσαντο παρὰ Λακεδαιμονίων φρουράν, λ (...)

21L’éloignement ne fut cependant pas jugé suffisant, comme le montrent les demandes d’extradition et d’arrestation sommaire des exilés. De toute évidence, on craignait que ces exilés ne viennent grossir les rangs de la résistance qui était en train de s’organiser à l’étranger, et ne continuent à représenter un danger, même en dehors d’Athènes ; sans oublier le fait que l’élimination physique aurait entraîné la confiscation des biens, nécessaire, au-delà de toute autre considération, pour entretenir la garnison lacédémonienne. Que les Trente aient connu ce genre de préoccupations est une chose fort compréhensible ; mais il est surprenant qu’ils aient obtenu, sur ce point, la collaboration active et influente de Sparte, qui fit sienne la demande des Tyrans au point de promulguer un décret officiel, adressé à tous les Grecs. Selon Diodore, lorsque les Trente avaient requis l’envoi de la garnison, ils avaient justifié cette requête en disant que la garnison leur aurait permis de mettre en place une constitution utile aux Lacédémoniens46. Ce furent des arguments de ce genre qui permirent très probablement d’obtenir la collaboration des Lacédémoniens sur la question des réfugiés.

  • 47 On fait référence à Archias de Thourioi, appelé ὁ φυγαδοθήρας, qui travaillait au service du généra (...)
  • 48 Diod. 14.6.1.

22La nature juridique de la requête en ce qui concerne les réfugiés n’est pas toujours claire. La référence à une véritable extradition semble être le fait de Lysias et Démosthène, qui utilisent tous les deux le verbe ἐξαιτέω (Démosthène parle aussi d’ambassadeurs lacédémoniens chargés de la requête ; pour ce qui est d’une arrestation sommaire (apagôgê), sans doute mise en œuvre par les chasseurs d’exilés (φυγαδοθήραι), que nous connaissons pour de la période de l’hégémonie macédonienne47, suivie d’une livraison aux Trente expressément mentionnée par Diodore48, il semblerait qu’elle soit mentionnée par d’autres sources, avec l’utilisation du verbe ἄγω et de la formule ἀγωγίμους εἶναι. Comme l’a souligné Raoul Lonis, la possibilité de procéder à une arrestation sommaire nécessite au préalable une relation d’alliance : la menace d’exclusion des traités fait justement référence à ces accords, qui constituaient le réseau de relations qui assuraient à Sparte le contrôle de la Grèce.

23Les sanctions prévues, des amendes à l’exclusion des traités, constituent des moyens de dissuasion majeurs : dans le cas de l’amende, à cause de l’importance de son montant, et dans le cas de l’exclusion des traités, adressée de toute évidence à des États, à cause de la gravité des conséquences politiques et militaires. La seconde menace engageait fortement l’autorité et le prestige de Sparte en Grèce et révèle la force du soutien lacédémonien aux prétentions des Trente Tyrans.

  • 49 Diod. 14.6.
  • 50 Lonis, 1988, p. 83.

24En outre, la requête lacédémonienne, adressée à tous les Grecs, représentait également pour les Lacédémoniens, restés seuls maîtres à bord, une façon d’exprimer la prétention d’exercer leur hégémonie sur toute la Grèce et de vérifier la réaction des Grecs. Bien que la peur ait obligé de nombreuses cités à se soumettre49, les réactions de certaines cités grecques importantes comme Argos et Thèbes, dont le refus tout net d’obtempérer au décret lacédémonien fut même provocateur dans sa forme, semblent contredire les prétentions hégémoniques des Lacédémoniens. Comme l’a souligné Raoul Lonis, il fallait du courage pour s’opposer au maître incontesté50 ; mais il était surtout nécessaire d’avoir la volonté politique de prendre les distances. C’est justement cette volonté que certaines cités grecques manifestèrent en 404.

  • 51 Dem. 15.22 : εὐνοϊκῶς.
  • 52 Diod. 14.6 : φιλανθρώπως ; Plut. Lys. 27.4 : φιλάνθρωπα.
  • 53 Diod. 14.32 : φιλοφρόνως.

25La collaboration étroite avec les Trente avait certainement été voulue par Lysandre, ancien auteur de la conspiration antidémocratique qui avait conduit à l’instauration du régime en accord avec les oligarques athéniens. On ne peut pas dire que le test effectué sur les exilés athéniens ait donné des résultats positifs : ni Thèbes, l’ancienne alliée de Sparte, ni Argos, sa rivale (qui se trouvait, elle aussi, sur le sol du Péloponnèse), ne s’étaient laissé intimider. Cela apportait de l’eau au moulin de ceux qui, comme le roi Pausanias II, ne voyaient pas d’un bon œil l’impérialisme de Lysandre et le soutien, à Athènes, à un régime odieux et sanguinaire, avec une base de consensus limitée et minée par des dissensions internes grandissantes, que seule une augmentation exponentielle du taux de violence et l’élimination physique de la base démocratique (y compris la classe moyenne, étant donné que l’on comptait des propriétaires parmi les expulsés) pouvait espérer maintenir. Le consensus et la sympathie des Grecs revenaient s’orienter de façon inattendue vers Athènes : ce n’est pas un hasard si nos sources font de nouveau état de la terminologie de l’eunoia51, de la philanthropia52, de la bonne disposition d’esprit53. L’histoire des réfugiés athéniens, que Sparte et les Trente avaient l’intention de traiter par l’intimidation et des démonstrations de force, avait en réalité mis en évidence de manière éclatante les faiblesses du régime oligarchique et les premières fêlures du prestige panhellénique de Sparte.

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Notes

1 Bearzot, 1994.

2 Xen. Hell. 2.3.24 : Ὦ ἄνδρες βουλευταί, εἰ μέν τις ὑμῶν νομίζει πλείους τοῦ καιροῦ ἀποθνῄσκειν, ἐννοησάτω ὅτι ὅπου πολιτεῖαι μεθίστανται πανταχοῦ ταῦτα γίγνεται· πλείστους δὲ ἀνάγκη ἐνθάδε πολεμίους εἶναι τοῖς εἰς ὀλιγαρχίαν μεθιστᾶσι διά τε τὸ πολυανθρωποτάτην τῶν Ἑλληνίδων τὴν πόλιν εἶναι καὶ διὰ τὸ πλεῖστον χρόνον ἐν ἐλευθερίᾳ τὸν δῆμον τεθράφθαι.

3 Xen. Hell. 2.3.12 ; Arist. Ath. Pol. 35.2-3 ; Diod. 14.4.2.

4 Xen. Hell. 2.3.13 : ἐπεὶ δὲ ἤρξαντο βουλεύεσθαι ὅπως ἂν ἐξείη αὐτοῖς τῇ πόλει χρῆσθαι ὅπως βούλοιντο…; cf. 2.3.21: ὡς ἐξὸν ἤδη ποιεῖν αὐτοῖς τι βούλοιντο ; 2.3.23 : οἱ δ᾽ ἐμποδὼν νομίζοντες αὐτὸν εἶναι τῷ ποιεῖν τι βούλοιντο, ἐπιβουλεύουσιν αὐτῷ.

5 Xen. Hell. 2.3.17 : ἀποθνῃσκόντων πολλῶν καὶ ἀδίκως. Cf. Arist. Ath. Pol. 35.4 : ἐπεὶ δὲ τὴν πόλιν ἐγκρατέστερον ἔσχον, οὐδενὸς ἀπείχοντο τῶν πολιτῶν, ἀλλ᾽ ἀπέκτειναν τοὺς καὶ ταῖς οὐσίαις καὶ τῷ γένει καὶ τοῖς ἀξιώμασιν προέχοντας; Just. Epit. 5.8.12 : caedes deinde civium ab Alcibiade auspicantur.

6 Xen. Hell. 2.3.14 : οὓς ἐβούλοντο συνελάμβανον οὐκέτι τοὺς πονηρούς τε καὶ ὀλίγου ἀξίους, ἀλλ᾽ ἤδη οὓς ἐνόμιζον ἥκιστα μὲν παρωθουμένους ἀνέχεσθαι, ἀντιπράττειν δέ τι ἐπιχειροῦντας πλείστους ἂν τοὺς συνεθέλοντας λαμβάνειν ; 18 : ἤδη φοβούμενοι καὶ οὐχ ἥκιστα τὸν Θηραμένην, μὴ συρρυείησαν πρὸς αὐτὸν οἱ πολῖται ; Arist. Ath. Pol. 35.4 : […] ὑπεξαιρούμενοί τε τὸν φόβον καὶ βουλόμενοι τὰς οὐσίας διαρπάζειν. καὶ χρόνου διαπεσόντος βραχέος, οὐκ ἐλάττους ἀνῃρήκεσαν χιλίους πεντακοσίους; 36.1 : ἐπεὶ διεσπάρησαν οἱ λόγοι πρὸς τὸ πλῆθος καὶ πρὸς τὸν Θηραμένην οἰκείως εἶχον οἱ πολλοί, φοβηθέντες μὴ προστάτης γενόμενος τοῦ δήμου καταλύσῃ τὴν δυναστείαν […].

7 Voir à ce sujet Xen. Hell. 2.3.20.

8 Diod. 14.5.6-7 ; 14.6.

9 Lys. 13.46-47.

10 Lys. 13.47 : Τὸ τελευταῖον συλλήβδην ἅπαντες ὑπὸ τῶν τριάκοντα ἐκ τῆς πατρίδος ἐξηλάθητε.

11 Diod. 14.5.

12 Diod. 14.6 : Ἐπὶ τοσοῦτο δὲ κατέφθειραν τὴν πόλιν, ὥστε φυγεῖν τοὺς Ἀθηναίους πλείους τῶν ἡμίσεων ; 14.7 : τῶν δὲ πολιτῶν καθ᾽ ἡμέραν ἀναιρουμένων οἱ τοῖς βίοις εὐπορούμενοι σχεδὸν ἅπαντες ἔφυγον ἐκ τῆς πόλεως.

13 Xen. Mem. 2.7.2, Ἐπεὶ γὰρ ἐστασίασεν ἡ πόλις, πολλῶν φυγόντων εἰς τὸν Πειραιᾶ, συνεληλύθασιν ὡς ἐμὲ καταλελειμμέναι ἀδελφαί τε καὶ ἀδελφιδαῖ καὶ ἀνεψιαὶ τοσαῦται ὥστ᾽ εἶναι ἐν τῇ οἰκίᾳ τέτταρας καὶ δέκα τοὺς ἐλευθέρους. λαμβάνομεν δὲ οὔτε ἐκ τῆς γῆς οὐδέν: οἱ γὰρ ἐναντίοι κρατοῦσιν αὐτῆς: οὔτ᾽ ἀπὸ τῶν οἰκιῶν: ὀλιγανθρωπία γὰρ ἐν τῷ ἄστει γέγονε. Isoc. 7.67 parle de plus de cinq mille Athéniens contraints de s’enfuir au Pirée : εἰς δὲ τὸν Πειραιᾶ φυγεῖν πλείους ἢ πεντακισχιλίους ἠνάγκασαν.

14 Xen. Hell. 2.4.1 ; Diod. 14.32.4.

15 Xen. Hell. 2.4.1 : Οἱ δὲ τριάκοντα, ὡς ἐξὸν ἤδη αὐτοῖς τυραννεῖν ἀδεῶς, προεῖπον μὲν τοῖς ἔξω τοῦ καταλόγου μὴ εἰσιέναι εἰς τὸ ἄστυ, ἦγον δὲ ἐκ τῶν χωρίων, ἵν’ αὐτοὶ καὶ οἱ φίλοι τοὺς τούτων ἀγροὺς ἔχοιεν. Φευγόντων δὲ εἰς τὸν Πειραιᾶ καὶ ἐντεῦθεν ἐνέπλησαν καὶ τὰ Μέγαρα καὶ τὰς Θήβας τῶν ὑποχωρούντων.

16 Diod. 14.32.4. Cf. Xen. Hell. 2.4.8-10.

17 Diod. 14.32.4 : Οἱ δὲ τριάκοντα θεωροῦντες τοὺς πολίτας ἐν Ἀθήναις, ὅσοι μὴ μετεῖχον τῆς τῶν τρισχιλίων πολιτείας, μετεώρους ὄντας πρὸς τὴν κατάλυσιν τῆς δυναστείας, μετῴκισαν αὐτοὺς εἰς τὸν Πειραιᾶ, καὶ τοῖς ξενικοῖς ὅπλοις διακατεῖχον τὴν πόλιν.

18 Rhodes, 1981, p. 451. Krentz, 1982, p. 65-66, et Forsdyke, 2005, p. 198-199, ne croient pas à l’expulsion de la khôra. Krentz, 1995, p. 140-141, pense que par cette mesure les Trente Tyrans entendaient d’une part éviter des conspirations, de l’autre favoriser le retour des Athéniens aux travaux agricoles.

19 Pour distinguer les deux épisodes, cf. Cloché, 1911 ; mais cf. Lehmann, 1972, p. 217, n. 44, et Bearzot, 1994, p. 146-152. En faveur de la séquence de Diodore, cf. Krentz, 1982, p. 131-152 ; mais cf. Bearzot, 1994, p. 149-151.

20 Whitehead, 1982/83 ; Krentz, 1982, p. 63-67.

21 Seibert, 1979, I, p. 93 ; II, p. 470, note 740 ; Lonis, 1993, p. 211-214 ; Forsdyke, 2005, p. 199 et n. 273.

22 Lys. 12.95-98.

23 Bearzot, 1997, p. 148-150 et 237-239.

24 Lys. 12.95 : Ὅσοι δἐκ Πειραιέως ἐστέ, πρῶτον μὲν τῶν ὅπλων ἀναμνήσθητε, ὅτι πολλὰς μάχας ἐν τῇ ἀλλοτρίᾳ μαχεσάμενοι οὐχ ὑπὸ τῶν πολεμίων ἀλλὑπὸ τούτων εἰρήνης οὔσης ἀφῃρέθητε τὰ ὅπλα, ἔπειθὅτι ἐξεκηρύχθητε μὲν ἐκ τῆς πόλεως, ἣν ὑμῖν οἱ πατέρες παρέδοσαν, φεύγοντας δὲ ὑμᾶς ἐκ τῶν πόλεων ἐξῃτοῦντο.

25 Lys. 12.97 : πολλαχοῦ κινδυνεύσαντες καὶ εἰς πολλὰς πόλεις πλανηθέντες καὶ πανταχόθεν ἐκκηρυττόμενοι […].

26 Avezzù, 1991, p. 149, n. 103 ; cf. Lys. 25.22 ; 31.8, où revient le même verbe, et cf. Bearzot, 1994, p. 149, n. 19.

27 Lonis, 1988.

28 Dem. 15.22.

29 Dem. 15.22 : […] Οἳ χώραν ὅμορον τῇ Λακεδαιμονίων οἰκοῦντες, ὁρῶντες ἐκείνους γῆς καὶ θαλάττης ἄρχοντας, οὐκ ἀπώκνησαν οὐδ᾽ ἐφοβήθησαν εὐνοϊκῶς ὑμῖν ἔχοντες φανῆναι. […] Ἀλλὰ καὶ πρέσβεις ἐλθόντας ἐκ Λακεδαίμονος, ὥς φασιν, ἐξαιτήσοντάς τινας τῶν φυγάδων τῶν ὑμετέρων ἐψηφίσαντο, ἐὰν μὴ πρὸ ἡλίου δύντος ἀπαλλάττωνται, πολεμίους κρίνειν. Pour un commentaire de ce passage voir Radicke, 1995, p. 127-131.

30 Bearzot, 1996.

31 Diod. 14.6.2 ; Just. Epit. 5.9.4.

32 Cf. Hdt. 5.50.3 ; 7.149.3.

33 Le texte du passage présente des problèmes. Bonnet et Bennet (Belles Lettres), que je suis, conservent, comme Dindorf, la leçon des manuscrits : Λακεδαιμόνιοι δὲ τὴν πόλιν τῶν Ἀθηναίων ὁρῶντες (« Les Lacédémoniens, qui observaient la cité d’Athènes »). Au contraire, le texte du passage a été considéré peu satisfaisant et a été corrigé par Vogel (Teubner), qui lit Λακεδαιμόνιοι δὲ τὴν στάσιν τῶν Ἀθηναίων ὁρῶντες (« en voyant Athénes en proie à la guerre civile » ; par Oldfather (Loeb), qui lit Λακεδαιμόνιοι δὲ ταπεινὴν τὴν πόλιν τῶν Ἀθηναίων ὁρῶντες, en adoptant la correction de Wurm (« en voyant Athènes affaiblie ») ; Reiske préfère οὕτω φερομένην (ou διακειμένην, ou διεφθαρμένην : « en voyant Athènes dans cette situation »).

34 Diod. 14.6.1 : Ἐψηφίσαντο γὰρ τοὺς Ἀθηναίων φυγάδας ἐξ ἁπάσης τῆς Ἑλλάδος ἀγωγίμους τοῖς τριάκοντα εἶναι, τὸν δὲ κωλύσαντα πέντε ταλάντοις ἔνοχον εἶναι.

35 Diod. 14.6.2 : αἱ μὲν ἄλλαι πόλεις καταπεπληγμέναι τὸ βάρος τῶν Σπαρτιατῶν ὑπήκουον, Ἀργεῖοι δὲ πρῶτοι, μισοῦντες μὲν τὴν Λακεδαιμονίων ὠμότητα, κατελεοῦντες δὲ τὰς τύχας τῶν ἀκληρούντων, ὑπεδέχοντο φιλανθρώπως τοὺς φυγάδας.

36 Diod. 14.6.3 : καὶ Θηβαῖοι δὲ ἐψηφίσαντο ὑπάρχειν πρόστιμον τῷ θεασαμένῳ μὲν ἀγόμενον φυγάδα, μὴ βοηθήσαντι δὲ κατὰ τὸ δυνατόν.

37 Diod. 14.32.1 : Οἱ δ’ ἐν ταῖς Ἀθήναις δυναστεύοντες τριάκοντα τύραννοι καθ’ ἡμέραν οὐκ ἐπαύοντο τοὺς μὲν φυγαδεύοντες, τοὺς δὲ ἀναιροῦντες. Τῶν δὲ Θηβαίων ἀγανακτούντων ἐπὶ τοῖς γινομένοις καὶ φιλοφρόνως τοὺς φυγάδας ὑποδεχομένων, Θρασύβουλος Στιριεὺς ὀνομαζόμενος, ὢν Ἀθηναῖος, ὑπὸ δὲ τῶν τριάκοντα πεφυγαδευμένος, συνεργούντων αὐτῷ λάθρᾳ τῶν Θηβαίων κατελάβετο τῆς Ἀττικῆς χωρίον ὀνομαζόμενον Φυλήν.

38 Plut. Lys. 27.2-4 ; Pel. 6.4-5.

39 Plut. Lys. 27.2 : […] μάλιστα δὲ ἐπὶ τῷ παρασχεῖν ἀρχὴν Ἀθηναίοις ἐλευθερώσεως ἀπὸ τῶν τριάκοντα τυράννων, οὓς Λύσανδρος μὲν κατέστησε, Λακεδαιμόνιοι δὲ δύναμιν καὶ φόβον αὐτοῖς προστιθέντες ἐψηφίσαντο τοὺς φεύγοντας ἐξ Ἀθηνῶν ἀγωγίμους εἶναι πανταχόθεν, ἐκσπόνδους δὲ τοὺς ἐνισταμένους τοῖς ἄγουσι.

40 Plut. Lys. 27.3 : πρὸς ταῦτα γὰρ ἀντεψηφίσαντο Θηβαῖοι ψηφίσματα πρέποντα καὶ ἀδελφὰ ταῖς Ἡρακλέους καὶ Διονύσου πράξεσιν, οἰκίαν μὲν ἀνεῷχθαι πᾶσαν καὶ πόλιν ἐν Βοιωτίᾳ τοῖς δεομένοις Ἀθηναίων, τὸν δὲ τῷ ἀγομένῳ φυγάδι μὴ βοηθήσαντα ζημίαν ὀφείλειν τάλαντον, ἂν δέ τις Ἀθήναζε διὰ τῆς Βοιωτίας ἐπὶ τοὺς τυράννους ὅπλα κομίζῃ, μήτε ὁρᾶν τινα Θηβαῖον μήτε ἀκούειν.

41 Plut. Pel. 6.3 : ἧκε δὲ καὶ παρὰ Λακεδαιμονίων γράμματα τοῖς Ἀθηναίοις προστάσσοντα μὴ δέχεσθαι μηδὲ παρακινεῖν, ἀλλ’ ἐξελαύνειν τοὺς φυγάδας, ὡς κοινοὺς πολεμίους ὑπὸ τῶν συμμάχων ἀποδεδειγμένους.

42 Plut. Pel. 6.4 : οἱ μὲν οὖν Ἀθηναῖοι, πρὸς τῷ πάτριον αὐτοῖς καὶ σύμφυτον εἶναι τὸ φιλάνθρωπον ἀμειβόμενοι τοὺς Θηβαίους, μάλιστα συναιτίους γενομένους τῷ δήμῳ τοῦ κατελθεῖν καὶ ψηφισαμένους, ἐάν τις Ἀθηναίων ἐπὶ τοὺς τυράννους ὅπλα διὰ τῆς Βοιωτίας κομίζῃ, μηδένα Βοιωτὸν ἀκούειν μηδ’ ὁρᾶν, οὐδὲν ἠδίκησαν τοὺς Θηβαίους). Sur l’orientation anti-laconienne de la source de Plutarque, cf. Fuscagni, 1975, p. 32 ; contra Georgiadou, 1997, p. 99 (cf. p. 15-28).

43 Tuci, 2019 ; voir aussi Piccirilli, 2002, p. 96-98.

44 Just. Epit. 5.9.3-5 : Fit igitur ex urbe passim omnium fuga, repleturque Graecia Atheniensium exsulibus. Quod etiam ipsum auxilium cum miseris eriperetur (nam Lacedaemoniorum edicto civitates exsules recipere prohibebantur), omnes se Argos et Thebas contulere ; ibi non solum tutum exsilium egerunt, verum etiam spem reciperandae patriae receperunt. Pour le témoignage de Justin sur la période de la guerre du Péloponnèse, y compris la guerre civile à Athènes, voir Fantasia, 2014. Sur ce chapitre, voir Zecchini, 2016, p. 206-207.

45 Wolpert, 2006 ; contra Németh, 2005, qui souligne le manque d’un projet unitaire dans la politique des Trente Tyrans envers le corps civique.

46 Diodore 14.4.3 : βουλόμενοι βιαιότερα καὶ παράνομα πράττειν, ᾐτήσαντο παρὰ Λακεδαιμονίων φρουράν, λέγοντες ὅτι τὴν πολιτείαν καταστήσουσιν ἐκείνοις συμφέρουσαν. Cf. Critias dans Xen. Hell. 2.3.25.

47 On fait référence à Archias de Thourioi, appelé ὁ φυγαδοθήρας, qui travaillait au service du général macédonien Antipater. Cf. Plut. Dem. 28.2-4.

48 Diod. 14.6.1.

49 Diod. 14.6.

50 Lonis, 1988, p. 83.

51 Dem. 15.22 : εὐνοϊκῶς.

52 Diod. 14.6 : φιλανθρώπως ; Plut. Lys. 27.4 : φιλάνθρωπα.

53 Diod. 14.32 : φιλοφρόνως.

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Pour citer cet article

Référence papier

Cinzia Bearzot, « Extradition et saisie de la personne des réfugiés athéniens à l’époque des Trente Tyrans »Pallas, 112 | 2020, 155-165.

Référence électronique

Cinzia Bearzot, « Extradition et saisie de la personne des réfugiés athéniens à l’époque des Trente Tyrans »Pallas [En ligne], 112 | 2020, mis en ligne le 01 juillet 2022, consulté le 25 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/21304 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/pallas.21304

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Auteur

Cinzia Bearzot

Università Cattolica del Sacro Cuore, Milan

Professeur d’histoire grecque
Università Cattolica del Sacro Cuore, Milano
Dipartimento di Storia, Archeologia e Storia dell’arte
cinzia.bearzot[at]unicatt.it

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