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Les sorts croisés de deux célèbres exilés : Thémistocle et Cimon

The Cross Destinies of two Famous Refugees: Themistocles and Kimon
Gabriella Vanotti
p. 125-141

Résumés

Parmi les réfugiés les plus célèbres de l’antiquité grecque figure sans doute l’athénien Thémistocle. L’expulsion de Thémistocle a de quoi frapper, non seulement parce qu’elle a lieu au terme d’une carrière riche en succès militaires et politiques, mais surtout parce qu’elle se déroule dans le pays de son vieil ennemi: le roi de Perse. Plutarque en expose l’histoire dans la Vie de Thémistocle (26-31) et la rappelle aussi dans la Vie de Cimon (18, 6-7). Cimon lui aussi fut expulsé d’Athènes suite à un procès d’ostracisme, vers la fin des années 460, alors que Thémistocle dont les projets politiques semblaient remonter sur scène, était probablement mort. Bien que la bibliographie sur ce sujet soit touffue, il vaut la peine de réexaminer les sorts (croisés) des deux célèbres exilés, en vue d’opérer une mise au point sur quelques-unes des nombreuses questions encore en suspens.

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Texte intégral

Κίμων, Μιλτιάδου, ἐπὶ τοὺς σὺν Θεμιστοκλεῖ κατελθόντας βαρβάρους ἐστρατήγησε καὶ πλεύσας εἰς Κύπρον καὶ Παμφυλίαν ἐπολέμησε καὶ ἐπ’ Εὐρυμέδοντι ποταμῷ ναυσὶ καὶ πεζῷ νικᾷ ἐπὶ τῆς αὐτῆς ἡμέρας. οὗτος ἔταξε καὶ τοὺς ὅρους τοῖς βαρβάροις: ἐκτός τε γὰρ Κυανέων καὶ Χελιδονέων καὶ Φασηλίδος [πόλις δὲ αὕτη τῆς Παμφυλίας] ναῦν Μηδικὴν μὴ πλεῖν νόμῳ πολέμου, μηδὲ ἵππου δρόμον ἡμέρας ἐντὸς ἐπὶ θάλατταν καταβαίνειν βασιλέας: αὐτονόμους τε εἶναι τοὺς Ἕλληνας καὶ τοὺς ἐν τῇ Ἀσίᾳ. ἐν Κιτίῳ δὲ τῆς Κύπρου τελευτᾷ.

« Cimon, fils de Miltiade, fut stratège contre les barbares guidés par Thémistocle et combattit après avoir navigué en direction de Chypre et de la Pamphylie, gagnant la bataille à la fois sur mer et sur terre, à la bouche du fleuve Eurymédon. Celui-ci établit les frontières pour les barbares : les navires perses ne pouvaient plus naviguer au-delà des îles Cyanées et des Chélidoniennes ni de Phasélis [une ville de la Pamphylie], tandis que les rois ne pouvaient s’approcher de la mer à une distance inférieure au chemin parcouru par un cheval en une journée ; les Grecs d’Asie devaient être autonomes. Il mourut à Kition, sur l’île de Chypre. »

  • 1 Suid. s.v. Κίμων K 1620 Adler.
  • 2 Dans l’exposition du Lexique byzantin, la paix de Callias est mentionnée après la bataille de l’Eur (...)

1C’est du moins ce que raconte un article intrigant paru dans le lexique Souda (s.v. Κίμων)1, dans lequel ont été rassemblées, probablement de manière confuse, plusieurs informations sur les entreprises militaires réalisées par Cimon au cours d’une période de presque vingt ans2. En effet, dans le passage sont listées, dans l’ordre :

  • la bataille contre les Barbares, mal datée, guidée par Thémistocle ;

  • la victoire obtenue par le Philaïde à proximité du fleuve Eurymédon, avant 465 ;

  • la signature des célèbres accords de paix, connus sous le nom de paix de Callias, avec les Perses ;

  • la mort de Cimon à Kition, sur l’île de Chypre, lors de sa dernière campagne militaire, remontant à l’an 450 environ.

  • 3 Des informations assez proches, mais plutôt confuses, ont été rapportées par Aristodemus FGrHist 10 (...)
  • 4 Plut. Cim. 18.6. La chronologie du séjour de Thémistocle en Perse résulte assez controversée. Voir (...)

2Il s’agit d’événements bien connus, largement rapportés par les auteurs antiques, à l’exclusion du premier : à notre connaissance, aucun autre texte ne donne la nouvelle d’une bataille où les deux stratèges (Cimon et Thémistocle) s’affrontèrent au combat, l’un contre l’autre3. Sans nul doute, cet événement serait à placer dans la période où le Lycomide vécut en tant que réfugié auprès de la cour du roi des Perses, avec lequel, comme le signale Plutarque, il s’était engagé à prendre le commandement de la guerre contre les Grecs, en cas de déclaration4.

3L’hypothétique confrontation entre les deux stratèges, dont la Souda se fait l’écho, constituerait la concrétisation de cet engagement ; mais le total vague topographique et chronologique de ce fait, comme signalé par le lexicographe byzantin, ne fait qu’accentuer le doute sur sa véracité historique. Il se pourrait que le témoignage provienne de traditions romancées, qui se sont créées au fil du temps sur la base des nombreuses et célèbres attestations de “collaboration” de la part de Thémistocle avec la cour perse : en fait il apprit la langue perse, il s’orna à la perse et fréquenta l’entourage du roi. Au reste, il n’est pas surprenant que le long et aventureux exil du Lycomide ait favorisé l’apparition de versions fortement romancées de son destin, élaborées par des auteurs enclins à une transcription des faits sous forme anecdotique : à ce sujet, on peut vraisemblablement compter, pour commencer, Stésimbrote de Thasos et Charon de Lampsaque.

4Le récit d’une confrontation directe sur le champ de bataille entre les deux grands Athéniens (enrichie par des détails dont la véracité peut sans nul doute être remise en cause) n’aurait fait que confirmer de manière claire et paradigmatique une tradition largement édifiée sur leurs complexes relations. Il s’agit d’un entremêlement, pour ainsi dire, à cadence alternée, où souvent les disgrâces de l’un correspondent à la bonne fortune de l’autre, et vice-versa ; cela ne doit pas nous étonner, puisqu’ils plaidaient dans des domaines politiques totalement divergents.

1. Thémistocle et Miltiade

5À dire vrai, dès les premières années du ve siècle, les signes initiaux d’une rivalité concurrentielle entre le Lycomide et la famille Philaïde s’étaient déjà manifestés, notamment avec le père de Cimon, à en croire les traditions présentées dans la Vie de Thémistocle et dans les Œuvres morales de Plutarque.

  • 5 Plut. Them. 3.4 ; Thes. 6.9 ; Mor. 84b ; 92c ; 184f-185a ; 800b ; voir Pérez Jiménez, 2008, p. 591- (...)

6À plusieurs occasions, le biographe rappelle que Thémistocle, νέος ὢν ἔτι, assoiffé de gloire, méditait souvent sur la bataille de Marathon, réfléchissant sur l’extraordinaire courage démontré dans le combat par Miltiade et s’entraînant dur en vue de nouveaux affrontements, afin d’en égaler et même d’en dépasser la gloire5. En apportant ces remarques à la saveur anecdotique, l’auteur souhaitait mettre en avant la philotimia de Thémistocle, comme s’il s’agissait d’un trait de son caractère.

  • 6 Stesimbr. FGrHist 107/1002 F 2 = Plut. Them. 4.4-5. Pour l’analyse du passage, cf. Engels, 1998, p. (...)
  • 7 Affirmation analogue chez Pl. Leg. 706c.

7C’est encore Plutarque qui rapporte une nouvelle, déjà mentionnée par Stésimbrote de Thasos, lequel aurait évoqué des désaccords entre le Lycomide et Miltiade. Aux dires de Stésimbrote, le premier aurait été partisan à Athènes de réformes militaires6, afin de transformer les Athéniens d’hoplites en marins, en remplaçant l’épée et le bouclier par le banc et la rame7. En ces temps, Thémistocle serait parvenu à convaincre ses concitoyens du bon sens de ses conseils, vainquant l’opposition soulevée par l’antagoniste Philaïde : ἔπραξε δὲ ταῦτα Μιλτιάδου κρατήσας ἀντιλέγοντος, ὡς ἱστορεῖ Στησίμβροτος.

  • 8 Sur le procès et la mort de Miltiade, voir notamment Hdt. 6.136 ; Nep. Milt. 7.5-6 ; Cim. 1.1 ; Dio (...)

8Le témoignage présente quelques difficultés d’interprétation, notamment du point de vue de la chronologie. Il est en effet connu que Miltiade mourut en 489/8, lors du procès auquel il fut soumis, une fois rentré à Athènes, après l’entreprise manquée de Paros. Or, les réformes navales de Thémistocle auraient été introduites au cours des années successives, lors de l’arrivée de la deuxième expédition perse8.

  • 9 Sur cette question, entre autres, voir Podlecki, 1975, p. 203 ; Culasso Gastaldi, 1996, p. 517-518. (...)
  • 10 Dion. Hal. 6.34.1. En faveur de la véracité du témoignage de Denys, voir surtout Lenardon, 1956, p. (...)

9Ainsi, si l’on ne souhaite pas rejeter totalement l’information apportée par Stésimbrote, en la jugeant absolument sans fondement (surtout du point de vue chronologique), ou que l’on ne souhaite pas supposer que le vainqueur de Marathon ait été mentionné par erreur par l’auteur de Thasos (ou par ses témoins), comme le suggère une partie de la critique9, il faudrait croire que le désaccord entre les deux leaders politiques fût précédent à la mort de Miltiade. En parallèle, il faut rappeler qu’à l’époque Thémistocle pensait déjà à réaliser ses projets de réforme navale. L’hypothèse pourrait être renforcée par le fait que le Lycomide prit la fonction d’archonte en 493, si l’on prête foi à l’indication des dates archontales mentionnées par Denys d’Halicarnasse10.

  • 11 Hdt. 6.104.2.
  • 12 C’est ce que suggère Gruen, 1970, p. 91-98, en part. p. 96 ; selon le chercheur, chez Plutarque, on (...)
  • 13 Thuc. 1.93.3. La nouvelle est reprise dans le Chronicon d’Eusèbe, cf. l’analyse de Mosshammer, 1975 (...)
  • 14 Sur la fonction d’archonte de Thémistocle, cf. Gomme, 1972, p. 261-262 ; Fornara, 1971, p. 534-540, (...)

10Selon Hérodote,11 la même année, Miltiade rentra de la Chersonèse à Athènes, en affrontant un premier procès pour tyrannie, dont il sortit blanchi, prenant ensuite la voie de la stratégie. Il serait donc logique de placer à cette époque, à la veille de la bataille de Marathon, la dispute entre les deux personnages12. L’hypothèse pourrait être validée par une brève remarque apportée par Thucydide, lequel donne l’information du lancement des travaux de fortification du Pirée ἐπὶ τῆς ἐκείνου (sc. Themistoclis) ἀρχῆς ἧς ἐνιαυτὸν Ἀθηναίοις ἦρξε13. L’expression pourrait suggérer que les fortifications portuaires (fruit des nouveaux programmes navals) commencèrent au moment où le Lycomide devint archonte. Toutefois, la critique fait remarquer que la magistrature à laquelle il est fait référence dans ce passage (ἧς ἐνιαυτὸν… ἦρξε), ne correspondrait pas à la fonction d’archonte, mais plutôt à une fonction renouvelable d’année en année. Par conséquent (suppose-t-on) Thucydide se référerait à la fonction de ἐπιμελητὴς τῶν νεωρίων, que Thémistocle avait remplie de 484 à 481, au cours des années où il lança la construction des célèbres trières athéniennes14.

  • 15 Plut. Them. 4.1.

11S’il en était ainsi, et si l’on ne veut pas rejeter la nouvelle de Stésimbrote, il faut croire que ce dernier, en citant l’antilogia entre Miltiade et le Lycomide, voulait parler non pas de disputes verbales entre les deux leaders vis-à-vis, mais plutôt d’une opposition entre leurs projets de governance, qui se serait créée au fil du temps. En d’autres termes : les programmes de Miltiade, conçus à la veille de la bataille de Marathon et destinés à valoriser les forces oplitiques, pourraient avoir été rappelés à l’attention des concitoyens et remis en question par Thémistocle les années suivantes, après la mort du Philaïde, lorsque l’imminence d’un nouveau conflit avec la Perse et la guerre en cours avec l’île d’Égine (à laquelle Plutarque lui-même fait explicitement référence dans le passage)15 remirent au goût du jour la mise en question des programmes de défense traditionnels, oplitiques, adoptés par Miltiade à Marathon, en lui opposant les nouveaux projets d’organisation navale, qui débouchèrent sur la construction des célèbres trières employées lors de la bataille de Salamine.

2. Thémistocle, Xanthippe et Cimon

  • 16 Hdt. 6.136.1-3.
  • 17 Ibid. 136.1. Sur Xanthippe d’Ariphron et ses liens familiaux, cf. Davies, 1971, p. 379.

12Après la mort de Miltiade, la gloire acquise lors de la bataille de Marathon par celui-ci commençait à s’éteindre rapidement, notamment après l’insuccès de l’entreprise qu’il dirigea contre Paros et de la condamnation judiciaire qui s’ensuivra16. Le processus fut conduit par Xanthippe, père du futur Périclès et époux d’Agaristé de la famille des Alcméonides17.

  • 18 Arist. Ath. Pol. 22.6.
  • 19 Sur l’affirmation aristotélicienne (πρῶτος ὠστρακίσθε τῶν ἄποθεν τῆς τυραννίδος), qui a provoqué un (...)

13Après quelques années, le nom de ce dernier revint sur le devant de la scène, à l’occasion de l’ostrakophoria qui décréta son bannissement d’Athènes, en 485/4, comme en atteste l’Athenaion politeia18, selon laquelle, à partir de la quatrième année du lancement de la procédure (488/7), furent éloignés de la cité les personnages s’étant démontrés trop puissants, le premier desquels fut, justement, Xanthippe : τῷ τετάρτῳ ἔτει, καὶ τῶν ἄλλων εἴ τις δοκοίη μείζων εἶναι μεθίσταντο. καὶ πρῶτος ὠστρακίσθε τῶν ἄποθεν τῆς τυραννίδος Ξάνθιππος ὁ Αρίφρονος19.

  • 20 Présentation et discussion sur le dépôt K 2:7 chez Sickinger, 2017, p. 443-508.
  • 21 Sickinger, 2017, p. 443-508 ; repris par Vanotti, 2019a, p. 31-59. Par le passé, la critique a supp (...)

14La nouvelle littéraire a trouvé confirmation au cours des dernières décennies avec la découverte d’une série d’ostraca, provenant des dépôts K 2:7 et J 1-2:1 de l’agora d’Athènes, au nord de la stoa Poikile20, dans lesquels, avec des poteries reportant le nom de différents personnages plus ou moins connus de la vie politique athénienne de ces années, on a retrouvé des centaines de morceaux reportant le nom de Xanthippe, ainsi qu’une soixante d’extraits adressés contre Thémistocle. Il est donc vraisemblable qu’en cette occasion, les deux personnages s’étaient ouvertement affrontés ; le différend aurait débouché, au final, sur l’ostracisme du fils d’Ariphron21.

  • 22 Hdt. 6.115 ; 123.1.

15À l’époque, le jeune Cimon, suite au procès subi par son père, sans doute nourrissait une profonde aversion à l’égard de l’accusateur Xanthippe, et, en général, à l’égard du groupe des Alcméonides, sur lesquels, depuis quelques années, pesaient des accusations de médisme : des voix affirmaient qu’au lendemain de la bataille de Marathon, ceux-ci se montrèrent prêts à lancer des signaux avec leurs boucliers aux Perses depuis les hauteurs de l’Attique, trahissant la patrie et méprisant la victoire de Miltiade22.

  • 23 Selon Karavites, 1977, p. 144-147, Thémistocle et les partisans de Miltiade, souhaitant se venger d (...)
  • 24 Plut. Cim. 5.2-3.

16Une partie de la critique a supposé qu’à cette période le jeune Cimon (avec le clan philaïde) avait initialement trouvé un soutien personnel et politique en Thémistocle23. De cette entente, il est peut-être possible d’en trouver trace dans un passage de Plutarque24, où l’on décrit un emblématique et célèbre épisode survenu à la veille de la bataille de Salamine, et qui, à en croire les sources, constitua la première apparition théâtrale sur la scène publique du Philaïde.

  • 25 Plut. Cim. 5.4.
  • 26 Stesimbr. FGrHist 107/1002 F 2 = Plut. Them. 4.4-5.

17Le biographe raconte que, tandis que Thémistocle cherchait difficilement à convaincre les concitoyens à monter sur les bateaux pour lutter contre l’arrivée des Perses, abandonnant l’inutile défense de la ville, le jeune Cimon marcha ostensiblement vers l’acropole, entouré de ses partisans, pour remettre à la déesse Athéna le mors d’un cheval, puis descendit à la mer avec un bouclier. Il s’agissait d’un geste très symbolique, par lequel le Philaïde, sans renier son rang équestre, entendait souligner la nécessité pour le peuple athénien de conjuguer, en ces temps de grave danger, la vocation oplitique (le bouclier) et la vocation marine (la mer). Lui-même, comme nous en informe le biographe, combattit avec courage lors de la bataille de Salamine25. L’apparition publique du Philaïde représentait le dépassement de l’opposition apparue, à l’époque, entre politiques oplitiques prônées par Miltiade et les projets marins de Thémistocle, évoqués par Stésimbrote26.

18Le partage des intentions entre Cimon et Thémistocle dura toutefois peu. À la fin de la seconde guerre perse, les routes des deux hommes se divisèrent rapidement, sans jamais se réconcilier par la suite ; bien au contraire, ils s’affrontèrent jusqu’à la mort, dans une sorte de duel parfois direct, parfois à distance, qui avait pour objectif ultime le leadership sur la ville d’Athènes.

3. Thémistocle et Cimon

  • 27 Aristide aurait ainsi favorisé l’ascension de Cimon au détriment de Thémistocle, selon Plut. Cim. 5 (...)

19Le Philaïde, fort de son rapport de proxénie avec Sparte et de la protection de l’influent Aristide27, se fit le chantre d’une politique d’hégémonie partagée au sein de la Grèce avec les Lacédémoniens, qui voyaient probablement chez lui un politique plus malléable, étant donné son jeune âge, et disposé, du fait de son histoire familiale, à poursuivre la lutte à outrance contre la Perse, jusqu’à arriver à la libération complète de la mer Égée. Thémistocle, pour sa part, abandonna très tôt l’esprit anti-perse du temps de Salamine, pour se concentrer sur la diffusion de l’hégémonie athénienne en Grèce.

  • 28 Arist. Ath. Pol. 25.3.
  • 29 Arist. Ath. Pol. 25.1-26.1 ; ces chapitres ont été récemment remis en cause par Zaccarini, 2018, p. (...)

20En matière de politique intérieure, les deux hommes poursuivirent des objectifs divers : le premier, tout en appartenant vraisemblablement à l’Aéropage (en tant qu’ancien archonte), ne manqua pas d’en affaiblir le pouvoir, comme en atteste la Constitution des Athéniens28 ; le second effectua sa carrière politique et ses entreprises militaires, sous l’égide de l’Aéropage, à en croire le témoignage discutable et complexe reporté dans l’Athenaion Politeia29.

  • 30 Plut. Them. 20.4-22, 4 ; Cim. 16.2.
  • 31 Plut. Them. 20.3-4.

21De fait, après Salamine, Thémistocle, à l’apogée de son succès, d’abord adulé par ses concitoyens et même par les Lacédémoniens, perdit progressivement de son prestige et de sa crédibilité. À l’inverse, Cimon se lança dans une conquête progressive du pouvoir, grâce à l’appui de Sparte, comme le rappelle Plutarque30, qui cite l’épisode à partir duquel le Lycomide fut évincé : il s’agissait de décider de l’expulsion de l’Amphictyonie de ces villes et de ces ethne, qui s’étaient abstenues de combattre lors de la guerre contre les Mèdes. Opposé aux Spartes, Thémistocle se souleva contre cette mesure : il craignait, en effet, que l’éloignement de membres importants, comme Argos, Thèbes, la Thessalie, aurait renforcé excessivement le rôle spartiate à l’intérieur du forum, remettant en cause les intérêts athéniens31. Sparte décida alors de favoriser Cimon : le jeune Philaïde semblait sans conteste plus malléable, étant donné son jeune âge, et disposé, ne serait-ce que pour son passé familial, à adopter une attitude pleinement hostile à l’égard de l’ennemi perse et de collaboration avec les Lacédémoniens.

  • 32 Ibid. 5.4.
  • 33 L’Olympiade au cours de laquelle les deux Athéniens se seraient affrontés remonterait à 476, selon (...)

22C’est probablement à cette époque que remonte un nouvel épisode, parfois jugé symbolique, mais difficilement crédible, au cours duquel les deux personnages furent directement opposés selon le récit de Plutarque32. Celui-ci raconte qu’ayant tous deux participé aux Jeux Olympiques, ils entrèrent en compétition entre eux en matière de banquets, de pavillons et autres ostentations ; les Athéniens exprimèrent alors un jugement négatif à l’égard du Lycomide, considérant que celui voulait s’offrir des luxes excessifs, alors qu’il ne s’agissait pas d’un noble (μήπω γνώριμος γεγονώς) ; à l’inverse, dans le cas de Cimon, qui était jeune et appartenait à une grande famille, ces exhibitions de luxe furent tolérées33.

  • 34 Plut. Them. 22.4 sur l’ostracisme de Thémistocle ; Them. 23.1 sur sa condamnation pour trahison.

23La disgrâce du Lycomide atteignit son paroxysme à la fin des années soixante-dix, quand, selon les dires de Plutarque, il fut ostracisé, puis accusé de trahison pour ses contacts prétendus avec le lacédémonien Pausanias34. Ce fut à l’occasion de sa condamnation et de sa fuite dans plusieurs localités de la Grèce à la recherche de protection que Thémistocle fut à nouveau au contact étroit de Cimon.

  • 35 L’ostracisme de Thémistocle remonterait à l’époque de l’archonte Praxiergos (471), selon une indica (...)

24Il n’est pas à exclure, en effet, que les deux stratèges aient été tous deux engagés dans l’ostrakophoria au cours de laquelle fut ordonnée l’expulsion du Lycomide en 471 ou en 47035.

  • 36 Dernièrement, la critique a supposé que le dépôt du Céramique se composait (à quelques exceptions) (...)
  • 37 Cf. Brenne, 2002 p. 43, 76.
  • 38 En faveur de cette hypothèse, on peut faire état de quelques poteries provenant des dépôts M2 et M3 (...)

25C’est à cet épisode que font référence, selon la critique moderne, la plupart des ostraca provenant du grand dépôt du Céramique36, dont la plupart sont adressés contre Thémistocle. Certains des tessons sont liés à des morceaux sur lesquels apparaissent les noms d’autres candidats, dont Cimon en personne : il s’agit, par exemple, de l’ostracon T1/17, où se trouve le nom du Philaïde, qui peut être ramené au tesson T1/23, adressé contre Thémistocle37. Il en ressort que ce dernier et sa faction pourraient avoir été tentés de fomenter, sans y parvenir, la haine populaire contre Cimon, malgré le fait que sa carrière était en pleine consolidation, grâce aux nombreux succès obtenus lors des campagnes militaires dans l’Égée ; de cette façon les partisans du Lycomide cherchèrent évidemment à neutraliser les graves accusations portées contre lui par les groupes politiques proches du Philaïde, mais sans succès38.

  • 39 Plutarque (Arist. 25.10) soutient que ce furent Cimon et Alcméone, ainsi que beaucoup d’autres, qui (...)
  • 40 Plut. Them. 24.6 = Stesimbr. FGrHist 1002 F 3, cf. Vanotti, 2013, p. 43-72.

26Quelque temps après l’ostracisme, Thémistocle, exilé dans le Péloponnèse, aurait été condamné pour trahison. Comme le rappelle Plutarque39, lors du procès, parmi les accusateurs, l’on comptait Cimon en personne. Par la suite, celui-ci, selon une nouvelle rapportée par Stésimbrote de Thasos, aurait fait condamner à mort un certain Épicrates d’Arcane, en l’accusant de favoritisme, pour avoir permis à la femme et aux fils de Thémistocle de le rejoindre, alors qu’il était à la recherche d’un refuge auprès de la cour d’Admète, roi des Molosses40.

  • 41 Thuc. 1.137.1-2, suivi par Nep. Them. 8.6 ; Aristod. FGrHist 104, F 1 (10.3) ; Polyaenus, Strat. 1. (...)
  • 42 Plut. Them. 25, 2-26, 1. Sur la vexata quaestio de la chronologie de la fuite de Thémistocle et sur (...)
  • 43 Cf. [Them.] ep. 20.16-18.

27Comme on le sait, depuis l’Épire Thémistocle arriva à Pydna, puis embarqua vers l’Asie, où il restera jusqu’à sa mort. Sur la chronologie de la fuite de Thémistocle et sur l’itinéraire suivi par son bateau sur la mer Égée, les sources sont discordantes : Thucydide41 parle d’un détour de l’embarcation par Naxos, alors assiégée par les Athéniens, à cause d’une tempête, et d’un débarquement en Asie, à Éphèse ; Plutarque réfère que l’Athénien, avant de rejoindre Cymé, en Asie mineure, arriva aux abords de Naxos, ou de Thasos (?) à son tour assiégée42. Quelle que soit l’île en question, si le Lycomide l’avait atteinte, il aurait pu tomber entre les mains des troupes assiégeantes et de Cimon43.

  • 44 Thuc. 1.100.2-3 ; Diod. 11.70.5.
  • 45 Plut. Cim. 16.4-17.3.
  • 46 Le fait que Périclès soit intervenu sur les prérogatives de l’Aéropage, en les réduisant, est soute (...)
  • 47 Arist. Ath. Pol. 25.3-4. Sur ce passage, cf. Oranges, 2018, p. 253-273 ; Zaccarini, 2018, p. 495-51 (...)
  • 48 Ath. Pol. 25, 2.

28Lors des années d’exil de Thémistocle, la fortune de Cimon, qui avait atteint son comble lors de la double victoire remportée à l’embouchure de l’Eurymédon, commença à chuter. Le long et dispendieux siège de Thasos, au cours duquel se vérifia la déroute de Drabescos44, provoqua le ressentiment de l’opinion publique athénienne, lequel se renforça après l’épilogue désastreux à Ithômé, où les troupes athéniennes, face à Sparte, sous la conduite du Philaïde, subirent la honte d’être congédiées et renvoyées dans leur patrie sans coup férir45. Cette histoire porta un coup sérieux à la collaboration entre Sparte et Athènes, qui constituait l’un des principaux piliers de la politique de Cimon, philolaconique et antidémocratique. Rapidement, cette ligne politique fut mise au ban ; à Athènes, ce furent les groupes démocratiques qui tirèrent leur épingle du jeu avec Éphialtès, vraisemblablement épaulé par le jeune Périclès46, mais aussi influencé par les desseins politiques de Thémistocle. Selon un passage problématique et objet de querelle de l’Athenaion politeia47, le héros de Salamine aurait supporté Éphialtès pour affaiblir le pouvoir alors solidement détenu par l’Aéropage, avec des attaques répétées ; jusqu’à ce que débutât la célèbre réforme du 462/1, l’année archontale de Conon48.

  • 49 Plut. Cim. 17.3 : il est probable qu’avec cette expression, le biographe voulut parler des accusati (...)

29La même année (ou peut-être celle d’après), eut également lieu l’ostracisme de Cimon qui, aux dires de Plutarque, qui voulait clairement souligner le caractère injuste de la condamnation de Cimon, aurait été expulsé pour μικρᾶς προφάσεως49 ; comme l’affirme le biographe, à Athènes, tous ceux qui se déclarèrent ouvertement philolaconiens furent persécutés et ainsi, à partir de ce moment (environ dix ans après Thémistocle), le Philaide devint à son tour un exilé ; mais comme nous le verrons, son destin de réfugié eut une tournure bien différente que celle de son concitoyen.

  • 50 And. 3.3.
  • 51 Arist. Ath. Pol. 25.4 ; cf. Antiph. 5.68 ; Diod. 11.77.6. Sur l’assassinat d’Éphialtès, cf. Picciri (...)

30Car, à la différence de Thémistocle, condamné à mourir exilé en Asie, sans pouvoir rentrer dans sa patrie, Cimon, si l’on donne du crédit à une tradition conservée par l’orateur Andocide dans un texte qui ne manque pas d’imprécisions et d’erreurs, se rendit dans la Chersonèse50, probablement dans l’une des propriétés que la famille des Philaïdes avait maintenues ou reconquises après les guerres contre les Perses. De là, il contrôlait la situation athénienne, en rien tranquille (comme le montre le fait que son adversaire Éphialtès fut bientôt assassiné)51, et profita de la première occasion pour chercher à reprendre son rôle dans la ville.

  • 52 Plut. Cim. 17.4-5 ; Per 10.1-2.
  • 53 Sur la véracité du discours de Plutarque, voir les avis, entre autres, de Kagan, 1969, p. 93-94 ; G (...)
  • 54 Plut. Cim. 17.7. Sur la tradition relative au retour anticipé de Cimon, avec analyse ponctuelle des (...)
  • 55 Mais on ne peut pas écarter aussi que Cimon était solidaire avec les groupes oligarchiques, qui ent (...)

31Celle-ci se présenta, semble-t-il, quelque temps après l’ostracisme, à l’occasion de la bataille de Tanagra. Ainsi, selon Plutarque52, le Philaïde aurait essayé de prendre part aux combats contre les Lacédémoniens, en se présentant aux côtés de sa propre tribu (πρόθυμος ὢν ἀμύνεσθαι τοὺς Λακεδαιμονίους μετὰ τῶν πολιτῶν), mais il fut éloigné par la boulé des Cinq-cents, qui craignait une machination de sa part53. C’est alors qu’il aurait ordonné à ses philoi de lutter avec la plus grande force contre l’ennemi, afin d’éliminer tous les doutes de collaboration philolaconique. Lors de la bataille, tous les philoi moururent sur le champ de bataille ; leur courage, dicté par les harangues de Cimon, produisit chez les concitoyens un vrai regret du Philaïde et un remords intense (πολὺν … πόθον καὶ μεταμέλειαν), pour l’avoir injustement expulsé. Par conséquent, ceux-ci allaient induire Périclès à sortir un décret qui en établissait le retour, selon plus d’une source avant la fin du ban de dix ans prévu pour les ostracisés54. La mesure de rappel anticipée, si elle est réelle, semble indiquer que la dernière partie de la vie du Philaïde se passa sous le signe de la réconciliation avec sa propre ville55.

  • 56 Cf. Thuc. 1.138.5 ; Diod. 11.57.7 ; Plut. Them. 29.11 ; Aristod. FGrHist 104 F 11.1.

32À la différence de Cimon, Thémistocle ne revint jamais de son exil : ses concitoyens ne manifestèrent aucun remords pour son absence et celui-ci ne montra pas de signe de repentir après son expulsion ; chez le roi des Perses, comme le montrent les sources, il reçut les honneurs et des dons, et ne refusa pas la mission de préparer une expédition contre les Grecs eux-mêmes56, dont l’article de la Souda, cité en ouverture, semble avoir conservé la mémoire.

33Malgré ces différentes trajectoires biographiques, les points communs entre la vie des deux hommes ne se terminent pas là : en effet, l’encombrante figure de Cimon et son prestige militaire, selon les témoignages antiques, surtout de Plutarque, seraient à considérer comme la cause du décès du Lycomide.

  • 57 Plut. Them. 31.4 ; [Them.] ep. 20.43-44 ; sur cette question, cf. les considérations de Marr, 1995, (...)
  • 58 Plut. Them. 31.6. Sur la mort de Thémistocle par empoisonnement, cf. Arnould, 1993, p. 229-235. Rée (...)

34Dans la seconde partie du chapitre 31 de la Vie de Thémistocle, le biographe rapporte qu’à la suite de l’insurrection de l’Égypte et de l’arrivée des navires grecs à Chypre et en Cilicie (ὡς δ’Αἴγυπτός τ’ἀφισταμένη βοηθούντων Ἀθηναίων), à la suite de la domination sur les mers exercée par Cimon (Κίμων θαλασσακρατῶν), ce fut le moment pour Thémistocle d’intervenir auprès du grand roi contre les Grecs, afin d’honorer les engagements qu’il avait depuis longtemps pris57. Mais, selon le biographe, face à cette possibilité, le Lycomide, connaissant bien la force des généraux hellènes, et notamment de Cimon (τότε καὶ Κίμωνος ὑπερφυῶς εὐμηροῦντος ἐν τοῖς πολεμικοῖς), préféra mettre un terme à sa vie, afin de ne pas jeter sur sa personne et son glorieux passé, la honte de la trahison. C’est ainsi qu’il but du sang de taureau ou une potion de poison à l’effet instantané, mourant à l’âge de soixante-cinq ans58.

  • 59 Plut. Them. 31.4. Sur la reconstruction chronologique et des événements de la révolte d’Inaros, voi (...)
  • 60 Sur la campagne de Cimon à Chypre et en Égypte des années cinquante, voir en plus de Plut. Cim. 18. (...)

35Malheureusement, le récit de Plutarque est assez vague, surtout du point de vue chronologique : il n’offre pas d’éléments permettant de reconstituer précisément la suite des événements ni la vie de Thémistocle, sans références chronologiques précises. La mention de la campagne militaire de Cimon pourrait correspondre à l’expédition organisée en soutien de la révolte anti-perse du roi Inaros au bout des années soixante59, mais aussi à la nouvelle expédition dirigée par le Philaïde dans les années cinquante en direction de Chypre et de l’Égypte, sur lesquelles s’arrête Plutarque lui-même dans la Vie de Cimon60.

  • 61 Plut. Them. 31.4. Une définition identique du Philaïde est reportée par Diod. 12.3.3, en référence (...)

36La représentation du Philaïde en thalassocrate, à l’apogée de son succès militaire, n’offre aucune nouveauté décisive sur le plan chronologique61, car cette description pourrait se situer dans les années soixante, lorsque le Philaïde remporta une série de succès importants, notamment la célèbre victoire de l’Eurymédon ; mais aussi au cours des années cinquante, lorsque l’Athénien, de retour d’exil, organisa la dernière campagne chypriote.

37Afin d’éclaircir le point de vue de Plutarque sur la mort du Lycomide, on pourrait se baser sur le chapitre 18 de la Vie de Cimon, où les raisons du suicide de Thémistocle sont attribuées non pas tant au désir d’éviter la honte de la trahison envers la patrie, mais plutôt à la peur concrète de la défaite, dès lors qu’il aurait dû affronter Cimon, qu’il considérait supérieur en force et courage militaire (Θεμιστοκλῆς μὲν οὖν οὐχ ἥκιστα λέγεται τὰς Ἑλληνικὰς πράξεις ἀπογνούς, ὡς οὐκ ἂν ὑπερβαλόμενος τὴν Κίμωνος εὐτυχίαν καὶ ἀρετήν, ἑκὼν τελευτῆσαι).

  • 62 Plut. Cim. 18.6-7.

38Dans le chapitre 18, le biographe s’arrête sur les dernières péripéties des deux leaders athéniens, en les plaçant dans un rapport étroit et réciproque dans le cadre des dernières batailles militaires soutenues à nouveau par le Philaïde contre l’Égypte et Chypre (ἐπ’ Αἴγυπτον καὶ Κύπρον αὖθις ἐκστρατευσόμενος), à la fin des années cinquante62. Cela pourrait nous permettre de conclure que la mort du Lycomide se situerait, comme celle de Cimon, aux alentours de l’an 450. Mais sur cette période chronologique, les doutes ne manquent pas ; d’ailleurs, de ce que l’on en sait, le croisement entre les destins finaux des deux hommes est un détail narratif signalé seulement par Plutarque et seulement dans le chapitre 18 de la Vie de Cimon.

  • 63 Selon Flacelière, 1953, p. 15-19, la naissance du Lycomide remonterait à l’an 515 et sa mort (soixa (...)
  • 64 Dion. Hal. Ant. Rom. 6.34.1. L’archontat de Thémistocle (si réelle) remonterait en revanche à 482/1 (...)

39Ainsi, si le décès de Thémistocle remonte à l’an 450, sa naissance remonterait vers 515, étant donné que Plutarque, dans la Vie de Thémistocle, affirme que le stratège mourut à l’âge de soixante-cinq ans, comme on l’a vu63. Toutefois, cette indication chronologique s’accorde mal avec l’une des rares informations parvenues sur le cursus honorum de Thémistocle, c’est-à-dire sur son accès à la fonction d’archonte, qui, comme on l’a dit, remonterait à 493, si l’on en croit le témoignage de Denys d’Halicarnasse, qui semble fiable64.

  • 65 Ces limites chronologiques de la biographie de Thémistocle sont partagées par Davies, 1971, p. 214  (...)

40Si l’Athénien était né autour de 515, il aurait eu tout juste la vingtaine en 493, trop jeune pour accéder au titre d’archonte selon la tradition. En revanche, la date archontale signalée par Denys correspondrait à la naissance de Thémistocle en l’an 525 environ (une trentaine d’années avant l’accès à la magistrature, comme le veut la règle) ; par conséquent, sa mort, advenue à soixante-cinq ans, remonterait à 460 environ65.

  • 66 Rien d’étonnant à ce que la critique moderne ait supposé que toute la vie de Thémistocle a été ryth (...)
  • 67 Plutarque ne raconte pas les événements sur la base d’années précises, mais sur des eras, selon Fro (...)

41En conclusion, l’examen des témoignages ne permet pas de récolter des indications chronologiques cohérentes entre elles et indiscutables66. D’autant que les nombreuses données relatives aux biographies de Thémistocle et de Cimon résultent assez contradictoires depuis l’Antiquité, et proviennent de récits romancés, sans contextes historiques67.

42Plutarque dut faire les comptes avec ces incertitudes chronologiques, destinées à générer de la confusion, auquel il faut ajouter la faible importance que celui-ci donnait aux références temporelles.

  • 68 Récemment il a été observé que dans la biographie de Thémistocle, comme dans celle d’autres personn (...)

43Toutefois, nous pensons que la proximité étroite entre le décès de Cimon et celui de Thémistocle, avancée par Plutarque dans le chapitre 18 de la biographie de Cimon, n’est pas le fruit d’une mauvaise interprétation de Plutarque, mais d’un choix assumé par l’auteur, lequel, d’un point de vue purement narratif, joua sur la proximité de la fin de ces deux exceptionnels leaders athéniens, qui avaient partagé de nombreuses expériences politiques et militaires, et même, pendant quelque temps, le destin de réfugiés politiques68.

  • 69 Quant au retour d’exil de Cimon, diversement daté par les sources antiques, Plutarque (Cim. 17.8-18 (...)
  • 70 L’expression est de Pelling, 2002, p. 92.

44Il n’est donc pas à exclure que Plutarque, bien conscient de l’incertitude chronologique qui entourait les différents moments des biographies de Thémistocle et de Cimon69, ait choisi de rapprocher la dramatique disparition des deux leaders, en ayant recours à la « technique of chronological compression »70 dont il était coutumier.

  • 71 Gomme, 1972, p. 444 n. 2.
  • 72 Plut. Cim. 5.1. Dans Cim. 8.1 Plutarque souligne que le jeune Philaïde obtint de plus grands honneu (...)

45Comme le souligne Gomme, le but du biographe dans la construction du récit « is the conjunction of the fallen Themistokles and the triumphant Kimon »71. De fait, il ne fait aucun doute que, même si Plutarque avait rapproché le sort des deux personnages, n’hésitant pas à aplanir les divergences chronologiques, celui-ci avait conçu à leur égard des sentiments divers, qui émergent en synthèse de ce que l’on peut lire dans un passage de la Vie de Cimon, où le père Miltiade et Thémistocle sont comparés au jeune Philaïde. Selon le biographe, ce dernier, alors qu’il était jeune et sans expérience militaire, dépassa son père en audace et dans les vertus guerrières, et le Lycomide en sagesse et dans les vertus politiques ; il les dépassa tous deux dans le sens de la justice : οὔτε γὰρ τόλμῃ Μιλτιάδου λειπόμενος, οὔτε συνέσει Θεμιστοκλέους, δικαιότερος ἀμφοῖν ὁμολογεῖται γενέσθαι, καὶ ταῖς πολεμικαῖς οὐδὲ μικρὸν ἀποδέων ἀρεταῖς ἐκείνων, ἀμήχανον ὅσον ἐν ταῖς πολιτικαῖς ὑπερβαλέσθαι νέος ὢν ἔτι καὶ πολέμων ἄπειρος72.

  • 73 Sur les variantes relatives à la mort et au suicide de Thémistocle dans l’ancienne tradition littér (...)

46Plutarque s’exprime en termes d’éloge sur la conduite du Philaïde aussi durant son exil : bien qu’il ait été ostracisé il a accepté, une fois rentré chez lui, de servir ses concitoyens, a signé la paix avec Sparte et repris les hostilités avec la Perse, tandis que Thémistocle est mort en exil en Asie ; seul son suicide aux contours romancés et parfois irréels (selon une tradition littéraire non univoque) a réussi à atténuer sa réputation de traître.73

  • 74 Plut. Mor. 605 e-f ; voir aussi 602 a.

47Le biographe revient sur le destin de Thémistocle dans Περὶ φυγῆς, une œuvre de saveur rhétorique rédigée expressément pour consoler les exilés en soulignant les aspects moins pénibles de leur condition ; il rappelle brièvement qu’en Perse le Lycomide a pu gagner la célébrité et la gloire parmi les barbares, tout comme il les avait obtenues auparavant dans sa patrie, si bien que personne n’aurait voulu se trouver à la place de son accusateur, Léobotès, alors que plusieurs auraient voulu échanger leur rôle avec celui des Thémistocle, le fugitif : καὶ μὴν Θεμιστοκλῆς οὐ τὴν ἐν τοῖς Ἕλλησι δόξαν φυγὼν ἀπέβαλεν ἀλλὰ τὴν ἐν τοῖς βαρβάροις προσέλαβε· καὶ οὐδείς ἐστιν οὕτως ἀφιλότιμος οὐδ’ ἀγεννής, ὃς μᾶλλον ἂν ἐβούλετο Λεωβώτης ὁ γραψάμενος ἢ Θεμιστοκλῆς ὁ φυγαδευθεὶς εἶναι74.

48Il est évident qu’avec cette déclaration, Plutarque démontre une fois de plus sa capacité à moduler son exposition en fonction de l’esprit qu’il entend donner à ses différentes œuvres, tout en récupérant la réputation d’un leader Athénien, comme Thémistocle, qui, malgré les ombres et lumières, s’était avéré un acteur majeur de l’histoire grecque dans la première moitié du cinquième siècle.

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Notes

1 Suid. s.v. Κίμων K 1620 Adler.

2 Dans l’exposition du Lexique byzantin, la paix de Callias est mentionnée après la bataille de l’Eurymédon, mais avant la dernière bataille de Cimon à Kition, selon la même chronologie proposée par Plut. Cim. 13.4-5 ; selon Diod. 12.4.5, en revanche, les accords devraient avoir été signés à la suite de la bataille de Kition. La bibliographie relative à la paix de Callias, notamment en ce qui concerne les détails chronologiques, est très vaste ; parmi les discussions les plus vives conduites au cours des années, signalons celles de Meiggs, 1972, p. 487-495 ; de Meister, 1982 ; de Badian, 1993, p. 1-72 ; de Stylianou, 1991, p. 339-371, avec analyse et critique des précédentes positions exprimées par la critique. Les chercheurs proposent différentes lectures des faits, les plus significatives ayant été récemment rassemblées par Erdas, 2002, p. 169-177 et Green, 2006, p. 182-183. Dans l’article de la Souda, l’évocation de la rivalité entre les deux Athéniens, avant la bataille de l’Eurymédon, pourrait suggérer que le lexicographe souhaitait placer leur fantomatique opposition, grosso modo, à la même époque. Mais de nombreux points restent flous.

3 Des informations assez proches, mais plutôt confuses, ont été rapportées par Aristodemus FGrHist 104 F 11, 1. L’auteur, qui semble avoir été au courant des affrontements entre les Grecs et les Perses, ces derniers guidés par Thémistocle, ne signale pas la présence de Cimon lors de cette bataille, mais cite le Philaïde seulement à propos de la bataille de l’Eurymédon quelques lignes plus loin.

4 Plut. Cim. 18.6. La chronologie du séjour de Thémistocle en Perse résulte assez controversée. Voir Keaveney, 2003.

5 Plut. Them. 3.4 ; Thes. 6.9 ; Mor. 84b ; 92c ; 184f-185a ; 800b ; voir Pérez Jiménez, 2008, p. 591-600.

6 Stesimbr. FGrHist 107/1002 F 2 = Plut. Them. 4.4-5. Pour l’analyse du passage, cf. Engels, 1998, p. 61-62.

7 Affirmation analogue chez Pl. Leg. 706c.

8 Sur le procès et la mort de Miltiade, voir notamment Hdt. 6.136 ; Nep. Milt. 7.5-6 ; Cim. 1.1 ; Diod. 10.30 ; Plut. Cim. 4.4. Sur la réforme navale de Thémistocle : Hdt. 7.144 ; Thuc. 1.14.3 ; Arist. Ath. Pol. 22.7 ; Nep. Them. 2.2-3 ; Plut. Them. 4.1.

9 Sur cette question, entre autres, voir Podlecki, 1975, p. 203 ; Culasso Gastaldi, 1996, p. 517-518. Selon Engels, 1998, p. 61-62, Stésimbrote n’avait pas une bonne connaissance de la chronologie de Thémistocle ; de fait, c’est en parlant de ce personnage qu’il aurait commis le plus d’erreurs, puisqu’il ne l’aurait que très mal connu. Position analogue est exprimée par Frost, 1980, p. 86-87 ; contra Muccioli, 2012a, p. 66-67 ; 2012b, p. 135-144.

10 Dion. Hal. 6.34.1. En faveur de la véracité du témoignage de Denys, voir surtout Lenardon, 1956, p. 401-419 ; et Frost, 1980, p. 70-71. Rappelons que, sur les trente-trois dates archontales signalées par Denys dans L’histoire de Rome archaïque, au moins vingt-deux sont confirmées par d’autres sources. Nous reviendrons sur cette question un peu plus loin.

11 Hdt. 6.104.2.

12 C’est ce que suggère Gruen, 1970, p. 91-98, en part. p. 96 ; selon le chercheur, chez Plutarque, on retrouve deux différentes traditions, relatives aux années 493/480, ce qui expliquerait les contradictions de son récit : sur cette question cf. les doutes de Frost, 1980, p. 78 n. 41.

13 Thuc. 1.93.3. La nouvelle est reprise dans le Chronicon d’Eusèbe, cf. l’analyse de Mosshammer, 1975, p. 222-234.

14 Sur la fonction d’archonte de Thémistocle, cf. Gomme, 1972, p. 261-262 ; Fornara, 1971, p. 534-540, avec les observations de Lewis, 1973, p. 757-758 ; Hornblower, 1991, p. 138-139, avec débat sur les différentes positions de la critique ; plus récemment, Muccioli 2012a, p. 56-59.

15 Plut. Them. 4.1.

16 Hdt. 6.136.1-3.

17 Ibid. 136.1. Sur Xanthippe d’Ariphron et ses liens familiaux, cf. Davies, 1971, p. 379.

18 Arist. Ath. Pol. 22.6.

19 Sur l’affirmation aristotélicienne (πρῶτος ὠστρακίσθε τῶν ἄποθεν τῆς τυραννίδος), qui a provoqué un vif débat entre les modernes cf., avec diverses interprétations, Forrest, 1960, p. 233 ; Bicknell, 1972, p. 73-74 ; Karavites, 1977, p. 144 ; Williams, 1980, p. 106-110. Status quaestionis dans Rhodes, 1981, p. 276-277 ; id., 2016, p. 232.

20 Présentation et discussion sur le dépôt K 2:7 chez Sickinger, 2017, p. 443-508.

21 Sickinger, 2017, p. 443-508 ; repris par Vanotti, 2019a, p. 31-59. Par le passé, la critique a supposé que Thémistocle était à considérer comme « the man behind the whole series of ostracism in this decade » en opposition avec le puissant groupe des Alcméonides, vraisemblablement dirigé par Mégaclès : c’est le cas de Hignett, 1952, p. 188-189 ; l’idée est partagée par Davies, 1971, p. 381 ; Karavites, 1977, p. 144 ; plus prudents : Frost, 1968, p. 116-124 et Rhodes, 1981, p. 277.

22 Hdt. 6.115 ; 123.1.

23 Selon Karavites, 1977, p. 144-147, Thémistocle et les partisans de Miltiade, souhaitant se venger du rôle pris par Xanthippe après la bataille de Paros, partagèrent dans la seconde moitié des années quatre-vingt du ve siècle une politique anti-perse et anti-Pisistrate et favorisèrent l’approbation de la loi navale ; désaccord de Williams. 1982, p. 530-544. Thémistocle libéra le champ de la vieille politique pro-perse engagée par les Alcméonides et les Pisistratides, et affirma la nécessité d’une guerre à outrance contre la Perse et l’île d’Égine, cette nécessité fut partagée par les vieux fidèles de Miltiade, selon Culasso Gastaldi, 1996, p. 514-517. Il est possible de trouver trace du soutien de Thémistocle envers le jeune Cimon peut être dans le texte incomplet de Diod. 10.32, dans lequel il est fait allusion au conseil que Thémistocle aurait donné à un riche Athénien de donner sa fille pour épouse à Cimon, qui manquait alors d’argent, à cause, semble-t-il, de problèmes liés à l’extinction de la dette paternelle.

24 Plut. Cim. 5.2-3.

25 Plut. Cim. 5.4.

26 Stesimbr. FGrHist 107/1002 F 2 = Plut. Them. 4.4-5.

27 Aristide aurait ainsi favorisé l’ascension de Cimon au détriment de Thémistocle, selon Plut. Cim. 5.6 ; cfr. Cim. 16, 2 ; Plut. Them. 20.4 sur le rôle de Sparte.

28 Arist. Ath. Pol. 25.3.

29 Arist. Ath. Pol. 25.1-26.1 ; ces chapitres ont été récemment remis en cause par Zaccarini, 2018, p. 495-512 ; Goušchin, 2019, p. 38-56 ; Vanotti, 2019b, p. 59-101, avec examen de la bibliographie précédente.

30 Plut. Them. 20.4-22, 4 ; Cim. 16.2.

31 Plut. Them. 20.3-4.

32 Ibid. 5.4.

33 L’Olympiade au cours de laquelle les deux Athéniens se seraient affrontés remonterait à 476, selon Davies, 1971, p. 215 ; cette année-là, Thémistocle aurait participé aux épreuves, comme l’affirme Plut. Them. 25.1. Selon Piccirilli, 1983, p. 235, l’épisode, peut-être irréel, constituerait simplement une nouvelle preuve de la compétition constante entre les deux hommes.

34 Plut. Them. 22.4 sur l’ostracisme de Thémistocle ; Them. 23.1 sur sa condamnation pour trahison.

35 L’ostracisme de Thémistocle remonterait à l’époque de l’archonte Praxiergos (471), selon une indication chronologique fournie par Diodore (11.55.1). Pour un tableau complet de la procédure et de sa chronologie, cf. Brenne, 2001, p. 297-300.

36 Dernièrement, la critique a supposé que le dépôt du Céramique se composait (à quelques exceptions) de morceaux remontant aux années soixante-dix du Ve siècle, relatifs, pour la majeure partie, à une seule ostrakophoria : probablement, la mesure qui décréta l’expulsion de Thémistocle à la fin de l’année 470, ou une procédure, induite pour la seconde fois contre Mégaclès, fils d’Hippocrate, et remontant à l’année précédente cf. Brenne, 2002, p. 43 et p. 76. En faveur de cette hypothèse, on pourrait compter la présence dans le dépôt de fragments adressés aussi bien contre Mégaclès (T1/20) que contre Thémistocle (T 1/23), liés à des ostraca reportant le nom de Cimon (T 1/15, T 1/17), cf. Missiou, 2011, p. 158 ; Sickinger, 2017, p. 450 : Vanotti, 2019a, p. 31-59. À ces travaux, il faut ajouter la très récente publication du catalogue des ostraca du dépôt du Céramique de la part de Brenne, 2019, que on n’a pas pu examiner.

37 Cf. Brenne, 2002 p. 43, 76.

38 En faveur de cette hypothèse, on peut faire état de quelques poteries provenant des dépôts M2 et M3 de l’agora ; dans ce cas, les ostraca sont dirigés contre Cimon et contre Thémistocle, ou contre des politiciens athéniens, dont le profil pourrait s’avérer compatible avec leur candidature à l’ostracisme dans les années soixante-dix. Sur les dépôts de l’agora cf. Lang, 1990, p. 28.

39 Plutarque (Arist. 25.10) soutient que ce furent Cimon et Alcméone, ainsi que beaucoup d’autres, qui accusèrent Thémistocle, mais dans Mor. 805c seul Alcméone est évoqué. L’accusation de trahison serait arrivée de Léobotès, père d’Alcméone, et des Lacédémoniens, selon Crat. FGrHist 342 FF 11 et 11b ; Plut. Them. 23.1 ; Mor. 605e-f ; voir Culasso Gastaldi, 1990, p. 99-214.

40 Plut. Them. 24.6 = Stesimbr. FGrHist 1002 F 3, cf. Vanotti, 2013, p. 43-72.

41 Thuc. 1.137.1-2, suivi par Nep. Them. 8.6 ; Aristod. FGrHist 104, F 1 (10.3) ; Polyaenus, Strat. 1.30.8 ; [Them.] ep. 20.16 ; ibid., 23-26.

42 Plut. Them. 25, 2-26, 1. Sur la vexata quaestio de la chronologie de la fuite de Thémistocle et sur sa rencontre avec le grand roi perse, identifié parfois dans la personne de Xerxès, parfois de son successeur Artaxerxés, qui acceda au trône dans l’année 465 ; sur l’itinéraire suivi par le bateau de Thémistocle sur la mer Égée (via Pydna-Thasos-Cymé d’Éolide, ou Pydna-Naxos-Cymé, selon les controversés manuscrits de Plutarque ; ou encore Pydna-Naxos-Éphèse, selon le texte de Thucydide ?) voir surtout les remarques dans Piccirilli, 1983, p. 272-274 ; Hornblower, 20032, p. 221-222 ; Keaveney, 2003, p. 23-27, 114-116 ; Muccioli, 2013, p. 313-314 n. 180, avec reinsegnements bibliographiques.

43 Cf. [Them.] ep. 20.16-18.

44 Thuc. 1.100.2-3 ; Diod. 11.70.5.

45 Plut. Cim. 16.4-17.3.

46 Le fait que Périclès soit intervenu sur les prérogatives de l’Aéropage, en les réduisant, est soutenu par Arist. Ath. Pol. 27.1 ; cf. Plut. Per. 9.5.

47 Arist. Ath. Pol. 25.3-4. Sur ce passage, cf. Oranges, 2018, p. 253-273 ; Zaccarini, 2018, p. 495-512 ; Goušchin, 2019, p. 38-56.

48 Ath. Pol. 25, 2.

49 Plut. Cim. 17.3 : il est probable qu’avec cette expression, le biographe voulut parler des accusations sur les rapports ambigus entre le Philaïde et sa sœur Elpinice, rapportés dans Cim. 15.3-4 et dans Cim. 4.6-8 (sur la rumeur cf. [And.] 4.33 ; Did. 324 F 5 Schmidt ; Suid. s.v. ἀποστρακισθῆναι, Κίμων, ὀστρακισμός). Sur les raisons de l’ostracisme de Cimon et sur son philolaconisme, cf. Piccirilli, 1987, p. 86-89 ; suivi par Gazzano, 1999, p. 143-147. Pour une relecture du philolaconisme de Cimon voir Zaccarini, 2011, p. 287-304. Deane, 1972, p. 52-60 et Unz, 1986, p. 68-85 supposent que la chronologie de l’ostracisme de Cimon remonte à l’an 458 environ ; mais pour une chronologie précédente (461 environ) cf. Piccirilli, 1983, p. 261 ; id., 1988, p. 86 ; Blamire, 1989, p. 173-174 ; Badian, 1993, p. 96 et 101 ; Zaccarini, 2017, p. 202-203.

50 And. 3.3.

51 Arist. Ath. Pol. 25.4 ; cf. Antiph. 5.68 ; Diod. 11.77.6. Sur l’assassinat d’Éphialtès, cf. Piccirilli, 1988, p. 69-78, avec débat articulé ; Roller, 1989, p. 257-266. Stockton, 1982, p. 227-228 croit en une mort naturelle du personnage, mais cf. les observations de Keaveney, 2002, p. 89-94 ; et récemment le point de vue de Beltrametti, 2013, p. 95-110.

52 Plut. Cim. 17.4-5 ; Per 10.1-2.

53 Sur la véracité du discours de Plutarque, voir les avis, entre autres, de Kagan, 1969, p. 93-94 ; Gomme, 1972, p. 326 n. 2 ; Blamire, 1989, p. 174-177 ; Roisman, 1993, p. 80-81 ; contra Plant, 1994, p. 273 n. 51 ; récemment Zaccarini, 2017, p. 215-220, avec discussion bibliographique à jour.

54 Plut. Cim. 17.7. Sur la tradition relative au retour anticipé de Cimon, avec analyse ponctuelle des sources littéraires, cf. surtout la contribution lucide de Connor, 1968, p. 24-30. Le retour dans la patrie, avant la fin des dix ans d’ostracisme, pourrait être confirmé par le décret de rappel promulgué par Périclès (Plut. Per. 10.3), cf. les considérations de Meiggs, 1972, p. 422-423.

55 Mais on ne peut pas écarter aussi que Cimon était solidaire avec les groupes oligarchiques, qui entendaient soutenir Sparte, tout en espérant abattre le régime démocratique, comme le témoigne Thuc. 1.107.4-6.

56 Cf. Thuc. 1.138.5 ; Diod. 11.57.7 ; Plut. Them. 29.11 ; Aristod. FGrHist 104 F 11.1.

57 Plut. Them. 31.4 ; [Them.] ep. 20.43-44 ; sur cette question, cf. les considérations de Marr, 1995, p. 165 : il pense que Thémistocle aurait été chargé par le roi de miner la fidélité des villes grecques d’Asie adhérentes à la ligue de Délos, surtout de Milet.

58 Plut. Them. 31.6. Sur la mort de Thémistocle par empoisonnement, cf. Arnould, 1993, p. 229-235. Réexamen de cette question chez Vanotti, 2018, p. 75-88.

59 Plut. Them. 31.4. Sur la reconstruction chronologique et des événements de la révolte d’Inaros, voir Thuc. 1.104.1-2 ; Diod. 11.71, et sur l’intervention athénienne qui s’en suivit, il reste de nombreux doutes ; status quaestionis mis à jour chez Biondi, 2016. La critique est divisée sur la question de savoir si l’insurrection égyptienne, dont parle Plutarque, correspond à la première ou à la deuxième expédition athénienne en Égypte et à Chypre : pour la première, récemment s’est exprimé Marr, 1998, p. 158 ; pour la seconde, voir Flacelière, 1953, p. 15-16. Keaveney, 2003, p. 91-93 soutient que Plutarque « has blundered », en confondant les événements ; une bonne partie de la critique rejoint cet avis.

60 Sur la campagne de Cimon à Chypre et en Égypte des années cinquante, voir en plus de Plut. Cim. 18.1-19.1 ; Thuc. 1.112.2-4 ; Diod. 12.3-4, avec commentaire de Gomme, 1972, p. 325-330 ; Meiggs, 1972, p. 124-128 ; status quaestionis mis à jour chez Biondi, 2016, p. 85-108.

61 Plut. Them. 31.4. Une définition identique du Philaïde est reportée par Diod. 12.3.3, en référence à la campagne de Chypre des années cinquante.

62 Plut. Cim. 18.6-7.

63 Selon Flacelière, 1953, p. 15-19, la naissance du Lycomide remonterait à l’an 515 et sa mort (soixante-cinq ans plus tard) à 450, comme celle de Cimon, selon ce qu’en dit Plut. Cim. 18.6-7.

64 Dion. Hal. Ant. Rom. 6.34.1. L’archontat de Thémistocle (si réelle) remonterait en revanche à 482/1 (une année vacante), selon Flacelière, 1953, p. 15-19 ; mais voir Develin, 1989, p. 55 ; la question est mise à jour dans Vanotti, 2018, p. 75-88.

65 Ces limites chronologiques de la biographie de Thémistocle sont partagées par Davies, 1971, p. 214 ; par Podlecki, 1975, p. 199 ; par Lenardon, 1956, p. 414, 449 et Id., 1978, p. 35-39 ; par Frost, 1980, p. 70-71 ; par Marr, 1998, p. 158-161. Il a été considéré récemment que : « The date of Themistocles’ death is unrecoverable… it must be placed late rather than early » par Keaveney, 2003, p. 89-98. Piccirilli, 1987, p. 31-32, suppose, en revanche, que la mort de Thémistocle (lors de la deuxième expédition athénienne en Égypte) serait à situer en 457.

66 Rien d’étonnant à ce que la critique moderne ait supposé que toute la vie de Thémistocle a été rythmée, dans les différentes sources antiques, selon un double système chronologique qui, à partir de la date du décès en 460 ou en 450, situait la date de naissance en 525 ou en 515 environ, soixante-cinq ans avant la mort. Ce double système chronologique, prospecté dans un bref, mais important essai de Munro, 1892, p. 333-334, a été remis en cause par la suite par Lenardon, 1956, p. 401-419. Réexamen de la vexata quaestio de la chronologie de la vie de Thémistocle chez Muccioli, 2012a, 53-78, avec mise à jour bibliographique.

67 Plutarque ne raconte pas les événements sur la base d’années précises, mais sur des eras, selon Frost, 1980, p. 71.

68 Récemment il a été observé que dans la biographie de Thémistocle, comme dans celle d’autres personnages célèbres, auréolés d’une sorte de légende, « que les faits et représentations se révèlent souvent inextricablement mêlés, comme si leur vie s’était déroulée dans un récit ou une pièce de théâtre » par Beltrametti, 2013, p. 95-110, en part. p. 96. Sur cette question, cf. également Vanotti, 2018, p. 75-88.

69 Quant au retour d’exil de Cimon, diversement daté par les sources antiques, Plutarque (Cim. 17.8-18.1) offre des indications vagues : il le place à un intervalle de temps compris entre les faits de Tanagra et la signature de la paix quinquennale avec Sparte, laissant planer le doute sur les différentes conjonctures chronologiques. Sur cette question, pour tous, voir le précis status quaestionis de Blamire, 1989, p. 177-178 ; maintenant Vanotti, 2019c, p. 35-67.

70 L’expression est de Pelling, 2002, p. 92.

71 Gomme, 1972, p. 444 n. 2.

72 Plut. Cim. 5.1. Dans Cim. 8.1 Plutarque souligne que le jeune Philaïde obtint de plus grands honneurs civiques que son père et que le Lycomide.

73 Sur les variantes relatives à la mort et au suicide de Thémistocle dans l’ancienne tradition littéraire et dans le jugement des modernes, voir maintenant Vanotti, 2018, p. 75-88.

74 Plut. Mor. 605 e-f ; voir aussi 602 a.

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Pour citer cet article

Référence papier

Gabriella Vanotti, « Les sorts croisés de deux célèbres exilés : Thémistocle et Cimon »Pallas, 112 | 2020, 125-141.

Référence électronique

Gabriella Vanotti, « Les sorts croisés de deux célèbres exilés : Thémistocle et Cimon »Pallas [En ligne], 112 | 2020, mis en ligne le 01 juillet 2022, consulté le 25 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/21209 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/pallas.21209

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Auteur

Gabriella Vanotti

Università degli Studi del Piemonte Orientale, Vercelli

Professore Associata di Storia greca
Dipartimento di Studi Umanistici
Università degli Studi del Piemonte Orientale
gabriella.vanotti[at]uniupo.it

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Droits d’auteur

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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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