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L’affichage de la parenté dans les mondes grec et romain

Introduction. Parentés et identités des mondes grec et romain, des corpus revisités

Karine Karila-Cohen et Jérôme Wilgaux
p. 235-242

Texte intégral

  • 1 Ainsi que l’a récemment montré la question d’histoire ancienne des concours du Capes et de l’Agrég (...)

1Le domaine de la famille et de la parenté s’est imposé comme un champ de recherche essentiel en histoire1, mobilisant dans une démarche interdisciplinaire l’ensemble des sources disponibles au-delà de la seule documentation littéraire : ainsi ont fait l’objet d’investigations approfondies les apports des inscriptions funéraires et honorifiques, des recensements, des aménagements funéraires, des portraits familiaux, des modes de nomination… autant de procédures de « (re)présentation » de la parenté qui ne sont ni neutres ni purement informatives, mais relèvent d’une redéfinition constante des « proches », des groupes et des identités parentales.

2De fait, les recherches consacrées aux familles ont désormais démontré de longue date que les groupes familiaux ne relèvent pas d’une évidence naturelle mais sont des constructions sociales en permanente recomposition, au gré bien sûr des naissances, des mariages et des décès, mais aussi dans une dynamique où se confrontent choix personnels et normes sociales.

  • 2 Voir notamment Bourdieu, 1993.

3Pierre Bourdieu, pour prendre cet exemple, a ainsi montré dans ses travaux2 que la famille, tout à la fois « catégorie sociale objective » et « catégorie sociale subjective », se construit par des choix individuels – analysables en termes de « stratégies » – dans un « travail d’institution » mis en œuvre par les individus eux-mêmes comme par la société, validant ou non ces choix individuels, leur accordant ou non pleine légitimité et reconnaissance.

  • 3 Sur cette « « fabrique » de la parenté, dans ses multiples dimensions, voir récemment Porqueres i (...)

4Le domaine de la parenté se présente dès lors comme juxtaposant des liens affectifs et physiques (des ressemblances, des nourritures partagées…) mais aussi une entraide et une solidarité vécues au quotidien, ainsi que des liens juridiques, ritualisés, garantissant leur pérennité. Ce que toute famille donne à voir d’elle-même participe de cette construction, de cette interaction entre choix subjectifs et contrôle social, afin que soit reconnue la manière dont elle se définit mais aussi ce qu’elle revendique comme droits, statuts, positions sociales, pour elle-même et pour ses membres. Les faits participant de cette « fabrique » de la parenté3 – un mariage, une naissance, une adoption, la dation d’un nom…– ne produisent leurs effets et ne prennent de sens que s’ils sont donnés à voir, « affichés », et perçus en tant que tels par le reste de la société.

5Dans ces perspectives, les sources disponibles peuvent donc être appréhendées comme autant d’actes participant de cette « fabrique », des actes de communication analysables en prenant en compte leurs contextes de production, de transmission, de réception, et ce afin de questionner leur efficacité, leur « performativité ».

6Issus d’une table-ronde organisée à Rennes 2 en mai 2015, dans le cadre d’un programme de recherches consacré aux « identités familiales », les articles rassemblés ici se donnaient précisément pour ambition d’appréhender ces dynamiques familiales à travers un ensemble de pratiques matérielles et symboliques, afin de rendre compte de processus d’identification et d’affiliation, ainsi que des problèmes méthodologiques auxquels nous confrontent les sources anciennes.

7Les premières questions posées aux contributeurs interrogeaient ainsi les modes de construction du familial et du parental, tels qu’ils pouvaient être étudiés à partir des traces consciemment laissées par les protagonistes. Quels sont ainsi les liens parentaux mis en évidence, en valeur ? De quelles manières et pour quelles finalités ? Quels enseignements en retirer quant aux conceptions de la famille ou les rapports sociaux à l’époque concernée ?

8Au centre de notre enquête était donc posée la question du corpus documentaire, dont il s’agissait d’interroger les biais, ainsi ceux qui président à leur mise par écrit, ou en images, par les acteurs eux-mêmes – ce qui suppose de prendre en considération tant les représentations sociales que la matérialité et les usages des supports choisis pour afficher relations et appartenances –, ou bien encore les biais liés aux modes de transmission, à leurs effets immédiats comme aux lacunes qui peuvent en résulter.

1. Les biais de l’enquête

9La question des biais de la documentation est depuis longtemps interrogée mais il n’est pas inutile d’en rappeler quelques caractéristiques.

  • 4 Voir par exemple Duplouy, 2006.

10Le premier biais est sociologique. Cette « mise en scène » des familles et de la parenté est bien sûr d’autant plus visible dans nos sources qu’elle est l’œuvre des élites, les mieux à même de mobiliser des capitaux symboliques et économiques suffisants pour laisser des témoignages durables, associant plusieurs générations, et ainsi pouvant accentuer (mais non nécessairement) la dimension lignagère du groupe familial4.

  • 5 Huebner, 2011.

11La nature des sources, c’est-à-dire des supports utilisés pour donner à voir et faire connaître des liens parentaux, est également à prendre en considération, comme le montre de manière éloquente l’étude que Sabine Huebner5 a consacrée aux groupes familiaux égyptiens d’époque romaine, tels qu’ils peuvent être reconstitués à partir des sources papyrologiques et épigraphiques, ces dernières survalorisant les « familles nucléaires » (environ 73% des familles recensées, contre 43% dans les sources papyrologiques).

  • 6 Pour une présentation générale des apports de l’épigraphie à notre connaissance des parentés antiq (...)
  • 7 Au sein d’une très riche bibliographie, voir notamment MacMullen, 1982 ; Meyer, 1990 ; Wool, 1996 (...)
  • 8 Pour ne retenir qu’un seul exemple, citons Éry, 1969 : un échantillon d’inscriptions funéraires ro (...)

12De ce point de vue, la documentation épigraphique est particulièrement intéressante, ces questions théoriques et méthodologiques y ayant fait l’objet de nombreuses réflexions6. Pourquoi choisir des supports durables (la pierre, le métal, la céramique…) pour produire de nouveaux énoncés ? C’est pour répondre à cette question qu’a été introduit le concept d’epigraphic habit7, renvoyant à l’ensemble des conventions, traditions et autres causes socio-culturelles (urbanisation, organisation socio-politique, prospérité économique, romanisation, …) rendant compte du développement, durant l’Antiquité, des sources épigraphiques, selon des modalités empêchant le plus souvent de les considérer comme véritablement « représentatives »8.

13Formant une part très importante de la documentation, le corpus des inscriptions funéraires a été particulièrement propice aux interrogations sur les biais documentaires. D’une région et d’une période à l’autre, les épitaphes antiques obéissent ainsi à des conventions variées, mettant plus ou moins en valeur telle ou telle catégorie de la population (les hommes, les citoyens, les élites…) ou telle ou telle cause de décès (voir par exemple le grand nombre de stèles faisant l’éloge de femmes mortes en couches ou de soldats morts à la guerre), et leur dimension performative doit être soulignée, puisque l’inscription témoigne elle-même du bon accomplissement des rituels funéraires et ainsi officialise son ou ses auteurs comme un/des héritier(s) légitime(s) du défunt.

  • 9 Voir par exemple Bauzon, 2008 ; et plus récemment, les analyses de Bonnet et Bianco, 2018.

14Un autre champ d’observation propice à détecter les biais est celui des inscriptions tri- ou bilingues (épitaphes, dédicaces, textes officiels…), qui permettent d’étudier les variations d’une langue à l’autre, et démontrent également s’il en était besoin qu’aucune inscription ne peut être étudiée indépendamment de son contexte de production et de réception, et ainsi indépendamment de ses motivations et de ses stratégies de communication9. C’est dans un contexte d’interactions, de communication avec les divers membres de la communauté, les autorités, les vivants et les morts, les ancêtres, les dieux…, mais aussi avec les autres inscriptions et autres affichages des relations et statuts, que la parenté se fabrique, s’affirme, se légitime.

2. L’enquête et ses méthodes

  • 10 Andreau, Bruhns, 1990 ; Badel, Settipani, 2012.
  • 11 Duplouy, 2006.
  • 12 Hurlet et al., 2014 ; Baudry, Hurlet, 2016.

15Invités à questionner leur propre corpus en termes de « stratégies familiales »10, de « modes de reconnaissance », de « pratiques de distinction »11, de « prestige »12, les contributeurs à ce dossier, traitent, pour des périodes et des aires géographiques variées, de questions récurrentes telles que les modes de nomination ou la construction de généalogies. Se manifeste ainsi la valeur sociale de la parenté, perçue comme une forme de capital propre à être mobilisé dans le jeu social, un capital qui n’est pas simplement « hérité » mais produit à chaque génération. Insistons bien sur ce fait que puisque les acteurs sociaux, orientant leurs actions afin de bénéficier de ce capital, de conserver ou d’accroître leur prestige, redéfinissent constamment les liens et groupes familiaux revendiqués, dès lors, nos sources nous confrontent à une multiplicité de modalités d’énonciation, de définition de la parenté et des identités : ce ne sont pas des familles toutes semblables les unes aux autres qui nous apparaissent, mais des mises en relation, en réseaux, des groupes aux limites floues, pouvant se définir et s’afficher différemment selon les contextes ; de même, chaque individu se voit porteur de multiples identités, plus ou moins mobilisables selon les circonstances.

16Robinson Baudry interroge pour sa part les variantes de nomination de Metellus Scipion (à la fois nomenclature officielle et dénominations, qu’elles soient le fait de l’intéressé ou non) en prenant en compte l’ensemble des attestations, pour nourrir une étude de l’identité sociale et familiale du personnage. L’ensemble de l’article est attentif à reconstruire le contexte documentaire (typologie des sources, usages à propos d’autres noms dans des corpus contemporains ou non). Il s’attache à reconstituer les stratégies de Metellus Scipion en les confrontant aux mentions de son nom par des tiers contemporains puis éloignés dans le temps.

17Charlotte Lerouge-Cohen mobilise quant à elle l’ensemble des sources dans lesquelles Antiochos Ier de Commagène met en scène sa parenté. Après un panorama des sources utilisées, elle étudie simultanément les choix effectués non seulement dans les dénominations par lesquelles Antiochos se nomme ou se fait nommer, puis les ancêtres qu’il se reconnaît. L’intérêt est de voir que la généalogie se construit différemment selon les contextes : l’analyse chronologique, couplée à celle des dénominations et des proclamations généalogiques, différentes selon les lieux, permet d’esquisser des hypothèses sur la valeur de l’affichage de la parenté.

18L’étude d’Anna Heller analyse sous l’angle des parents mentionnés dans les sources la riche matière accumulée dans son étude des titres honorifiques. Elle questionne ainsi l’idée qu’il existe des dynasties de notables dans les sociétés de plus en plus fermées des cités grecques sous domination romaine. Après avoir étudié quelques cas exceptionnels qui lui permettent de souligner les modalités d’affichage de la parenté, elle montre, par son analyse statistique, que les mentions de parents (quels parents ? combien ?) sont peu fréquentes parmi les porteurs de titres honorifiques. La richesse du corpus utilisé lui permet d’interroger plusieurs variables liées à la chronologie et la géographie des inscriptions, mais aussi à leur typologie. L’analyse statistique aboutissant à déterminer des particularités géographiques ou typologiques, est ensuite mise à profit pour interroger le critère du statut individuel : la citoyenneté romaine ou le genre sont-ils des facteurs qui prédisposent à nommer des parents ?

19Le dernier article du dossier, celui de Karine Karila-Cohen, recourt à l’analyse de réseaux comme mode exploratoire des sources pour s’interroger sur la visibilité des parentes féminines dans un corpus relatif à quelques dèmes attiques. Comment, en partant de données disponibles en ligne, complétées par des relevés plus fins, peut-on mesurer quel rôle joue la parenté dans la construction des positions sociales des femmes athéniennes ?

  • 13 Sur cette question voir Lemercier, Ollivier, 2011 et Karila-Cohen et al., 2018.
  • 14 Heller, 2020.
  • 15 Pour une présentation des différents outils, voir Lemercier, Zalc, 2007 et 2019 ; Cellier, Cocaud, (...)
  • 16 La fonction indiciaire du quantitatif a été soulignée au moment des critiques adressées par les mic (...)

20L’originalité de ce dossier est de rassembler des articles qui mêlent des approches qualitatives et quantitatives. Nous l’avons rappelé, l’objet historique (l’affichage de la parenté), les modalités de l’étude (l’attention au corpus), les concepts convoqués (les stratégies familiales), et les résultats obtenus (variation des dénominations et constructions généalogiques) se retrouvent d’un article à l’autre bien que nous mobilisions des méthodes à première vue différentes pour y parvenir. Les articles d’Anna Heller et Karine Karila-Cohen contiennent tableaux, graphiques et graphes, et usent de la mesure à des degrés divers. L’article d’Anna Heller s’appuie sur une masse de données, analysées selon des méthodes statistiques peu fréquentes en histoire ancienne, pas plus que n’est répandu l’usage quantitatif de l’analyse de réseaux proposé par Karine Karila-Cohen. Il n’est pas inutile de préciser ce que les modes d’enquête choisis par chacun des contributeurs ont de spécifique pour souligner la complémentarité des lectures qualitatives et quantitatives13. Que faisons-nous de semblables ou de différents dans la collecte des données, assise sur la lecture des sources, leur enregistrement et leur stockage, qui vont permettre leur analyse ? La sélection des sources pertinentes pour l’enquête a, pour Robinson Baudry, Charlotte Lerouge-Cohen, comme pour Anna Heller et Karine Karila-Cohen, procédé d'une lecture personnelle qualitative des sources, mais, pour les deux dernières, tout ou une partie des données ont été réutilisées à partir d’enquêtes exogènes. Le corpus volumineux sur lequel s’appuie Anna Heller est réutilisé ici dans un cadre différent de l’étude antérieure qui a prévalu à sa composition14. Karine Karila-Cohen a, pour une partie de son étude, récupéré automatiquement des données onomastiques d’une base en ligne, c’est-à-dire, a réutilisé des données produites par d’autres chercheurs pour un objet d’enquête distinct du sien. La question de la réutilisation des données produites par soi ou par d’autres se pose de plus en plus fréquemment dans le contexte actuel de publications de grandes bases de données en ligne. Les deux articles du dossier qui la pratiquent permettent de bien fixer les cadres dans lesquels une telle réutilisation est envisageable. Quel que soit le mode de sélection des sources pour leur transformation en données, la constitution du corpus s’est faite néanmoins en suivant le fil de mots ou de noms déterminants pour la question historique propre à chaque étude. Qu’on les lise personnellement dans les sources, ou qu’on les entre dans un moteur de recherche, la détermination de ces repères lexicaux est essentielle. Pensée comme naturelle dans une approche qualitative, elle est sans doute moins explicitée, alors que pour la configuration d’une vaste base de données ou dans le cas de la récupération de données exogènes, elle sera plus longuement justifiée. Au total cependant, les différences sont donc moins perceptibles que l’unité de la démarche. Ce qui diffère sans doute davantage c’est la masse des données enregistrées pour l’étude. La mesure a besoin de quantité, et la réutilisation de données exogènes peut la trouver facilement. Cette quantité suppose qu’on ait recours à des bases de données, tableur ou autres formats, aux structures plus ou moins complexes selon les possibilités techniques de chaque enquête, la maîtrise personnelle des outils ou la collaboration avec d’autres chercheurs. Mais la « petite » table de données, que l’on enregistre pour soi-même y compris quand le corpus est limité peut être publiée pour permettre au lecteur de bien suivre l’enquête. Les fonctions les plus courantes des tableurs, celles de tri ou de filtre, permettent également un traitement simplifié de l’information, qui, elle, est d’autant plus complexe que la lecture qualitative des sources a été approfondie. Le tableau peut donc avoir des usages variés qui ne doivent jamais être opposés à une approche qualitative, car ils en sont complémentaires. Complémentaires au moment de la lecture des sources – « lire avec un tableau » affine l’analyse critique, les outils quantitatifs sont une aide au traitement des données15. L’article d’Anna Heller montre à quelles conclusions l’analyse statistique d’un grand corpus permet d’aboutir. Karine Karila-Cohen, quant à elle, fait davantage appel à la fonction indiciaire des méthodes quantitatives16. L’une et l’autre font en tout état de cause dialoguer outils quantitatifs et analyses qualitatives des sources comme des résultats obtenus. Les constats qui sont révélés par une étude qualitative ou quantitative des données demandent à chacun des quatre auteurs de proposer des interprétations. Pour ce faire, quels que soient les moyens de l’enquête, chacun s’appuie sur une analyse des contextes documentaires et sociaux.

21Nous espérons par conséquent que ce dossier soulignera combien il est fructueux de mêler, au sein d’un même article et au sein d’une même publication, des études qui relèvent de diverses méthodes d’enquête.

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Bibliographie

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Notes

1 Ainsi que l’a récemment montré la question d’histoire ancienne des concours du Capes et de l’Agrégation, « Famille et société dans le monde grec et en Italie (Rome) du ve siècle av. J.-C. au iie siècle av. J.-C. », occasionnant la publication de plusieurs synthèses, dont Bonnard et al., 2017 ; Damet, Moreau, 2017 ; Coltelloni-Trannoy, Parmentier, Pallas, HS/2017

2 Voir notamment Bourdieu, 1993.

3 Sur cette « « fabrique » de la parenté, dans ses multiples dimensions, voir récemment Porqueres i Gené, 2009 ; Mathieu, Gourarier, 2016 ; Brossier 2019.

4 Voir par exemple Duplouy, 2006.

5 Huebner, 2011.

6 Pour une présentation générale des apports de l’épigraphie à notre connaissance des parentés antiques, voir Corbier 1998.

7 Au sein d’une très riche bibliographie, voir notamment MacMullen, 1982 ; Meyer, 1990 ; Wool, 1996 ; Hedrick, 1999 ; Osborne, 2009 ; Trout, 2009 ; Beltran Lloris, 2015.

8 Pour ne retenir qu’un seul exemple, citons Éry, 1969 : un échantillon d’inscriptions funéraires romaines, permettant de connaître l’âge au décès d’environ 10 000 personnes, permet de calculer une espérance de vie à la naissance de moins de 23 ans, mais celle-ci monte à 51 ans si seules sont prises en compte les épitaphes rédigées en grec !

9 Voir par exemple Bauzon, 2008 ; et plus récemment, les analyses de Bonnet et Bianco, 2018.

10 Andreau, Bruhns, 1990 ; Badel, Settipani, 2012.

11 Duplouy, 2006.

12 Hurlet et al., 2014 ; Baudry, Hurlet, 2016.

13 Sur cette question voir Lemercier, Ollivier, 2011 et Karila-Cohen et al., 2018.

14 Heller, 2020.

15 Pour une présentation des différents outils, voir Lemercier, Zalc, 2007 et 2019 ; Cellier, Cocaud, 2001 et 2012.

16 La fonction indiciaire du quantitatif a été soulignée au moment des critiques adressées par les micro-historiens à l’histoire sérielle : Grenier, 1995 ; Karila-Cohen et al., 2018.

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Pour citer cet article

Référence papier

Karine Karila-Cohen et Jérôme Wilgaux, « Introduction. Parentés et identités des mondes grec et romain, des corpus revisités »Pallas, 115 | 2021, 235-242.

Référence électronique

Karine Karila-Cohen et Jérôme Wilgaux, « Introduction. Parentés et identités des mondes grec et romain, des corpus revisités »Pallas [En ligne], 115 | 2021, mis en ligne le 12 juillet 2022, consulté le 23 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/20285 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/pallas.20285

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Auteurs

Karine Karila-Cohen

Université de Rennes 2

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Jérôme Wilgaux

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