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Percussions Antiques. Organologie – Perceptions – Polyvalence
Percussions et objets sonores dans les sociétés anciennes

À propos de quelques tintinnabula antiques des collections du Midi

Comments on some ancient tintinnabula from the Midi’s collections
Arnaud Saura-Ziegelmeyer
p. 93-120

Résumés

Cette étude propose de montrer la relative polyvalence des cloches romaines antiques (tintinnabulum) à partir d’un corpus régional circonscrit ayant fait l’objet de plusieurs enquêtes muséales. Après une présentation du catalogue et en convoquant les données littéraires et iconographiques liées à cet artefact archéologique, nous interrogeons et présenterons les différentes fonctions et usages de ces instruments dans les sociétés anciennes, en particulier dans la société romaine.

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Texte intégral

  • 1 Voir P. Chantraine, 1977.
  • 2 Donné comme équivalent à κώδων dans les Hermeneumata Pseudodositheana. Le terme n’a plus d’équival (...)
  • 3 Voir Ernout et Meillet, 2001.
  • 4 Voir Ernout et Meillet, 2001. Le Gaffiot propose une occurrence dans le Digesta Justiniani (533 ap (...)
  • 5 C’est le terme le plus communément utilisé pour désigner ce type d’objet. Voir Rey, 2006, s. v. «  (...)
  • 6 Comme le fait Favret, 1947, p. 126-7. Voir également la note additionnelle proposée à la suite de (...)

1Une étude régionale des percussions antiques utilisées dans le Sud de la Gaule nous conduit à nous concentrer sur les cloches et les clochettes : ce sont en effet les principaux idiophones qui ont été retrouvés localement. À travers cet article nous souhaitons mettre en avant l’aspect polyvalent de cet artefact, à l’intersection de l’instrument de musique et de l’objet sonore. La cloche est désignée par différents termes, dans l’Antiquité comme aujourd’hui, ce qui ne facilite pas son identification et son référencement. Le grec propose κώδων et plusieurs dérivés1 là où le latin propose tintinnabulum2 mais peut-être aussi nola3, ou encore le terme campana qui semble, quant à lui, plus tardif4. Côté français, le mot cloche n’est pas directement relié aux termes anciens tout juste présentés5, ce qui explique en partie l’usage d’autres noms communs comme le générique sonnaille, l’imprécis grelot, ou au contraire le pointu clarine6. Nous procéderons tout d’abord à la présentation et à l’étude d’un corpus régional inédit, puis nous aborderons les évocations de l’objet dans la littérature gréco-latine et l’iconographie afin d’esquisser la variété des fonctions possibles de cet instrument.

1. Présentation du corpus régional

  • 7 Je tiens ici à remercier vivement les directions et les personnels du Musée Saint-Raymond de Toulo (...)
  • 8 Quelques exemples notamment grâce à la Carte Archéologique de la Gaule : dans l’Aude, à Bize-Miner (...)

2Cette étude régionale rejoint la question plus générale de l’influence romaine sur les us et coutumes des habitants de la Gaule transalpine de l’Ouest et des Aquitains, avant et après la conquête. Ne sont mentionnés ici que les instruments qui ont pu faire l’objet d’une analyse autoptique7 mais d’autres trouvailles régionales pourraient bien évidemment rejoindre ce corpus8.

Fig. 1.

Fig. 1.

Musée Clément Ader et les Grands Hommes, Muret, a) inv. 1968.3.20 ; Musée archéologique départemental, Saint-Bertrand-de-Comminges b) inv. 4000 ; c) inv. 4104 ; d) inv. 4107 ; Musée Saint-Raymond, Toulouse, e) inv. 74.18 ; f) inv. 74.20 ; g) inv. 29267 ; Musée Campanaire, L’Isle-Jourdain, h) inv. MAC AR 2 ; i) inv. MAC AR 7 ; j) inv. MAC AR 14 ; k) inv. MAC AR 18 ; l) MAC AR 38 ; Musée archéologique départemental, Saint-Bertrand-de-Comminges, m) dessin inv. 4001, 1er mars 1935.

Fig. 2.

Fig. 2.

Musée Saint-Raymond, Toulouse, a) inv. 74.12 ; b) inv. 74.15 ; c) inv. 74.17 ; d) inv. 74.19 ; e) inv. 29268 ; f) inv. 75.11.68 (Cliché J. Rougé, MSR) ; Musée campanaire, L’Isle-Jourdain, g) inv. MAC AR 5.

Fig. 3.

Fig. 3.

Musée campanaire, L’Isle-Jourdain, a) inv. MAC AR 1 ; b) inv. MAC AR 8 ; Musée Saint-Raymond, Toulouse, c) inv. 74.14 ; d) inv. VT71 S n° 133 ; e) inv. 74.16.

Fig. 4.

Fig. 4.

Musée Saint-Raymond, Toulouse, a) inv. 29265 ; b) 29266.

Fig. 5.

Fig. 5.

Musée Saint-Raymond, Toulouse, a) inv. 74.3A ; Musée Campanaire, L’Isle-Jourdain, b) inv. MAC AR 31.

Fig. 6.

Fig. 6.

Musée archéologique départemental, Saint-Bertrand-de-Comminges, a) inv. 4128 ; b) inv. 4129.

1.1. Catalogue

Musée Saint-Raymond, Toulouse (18 objets)9 :

  • 9 On signale que l’inventaire 25725, en accord avec les conservateurs lors de notre étude dans les r (...)

31- Inventaire 74.3A (fig. 5a)
Provenance : inconnue.
Datation : époque romaine.
Cloche rectangulaire très oxydée et fragmentaire, de couleur cuivrée. L’anse est aussi rectangulaire et les deux points permettant sa fixation sont visibles à l’intérieur de l’objet. L’anse intérieure permettant le support du battant, disparu, est encore visible. Très rongé, l’instrument est partiellement recollé par endroits.
Fer. Dim. (en cm) : h. : 11,9 ; L. à l’épaule : 7,25 ; rectangle à la base : 8,85 x 4,15 ; poids : 174 g.
Bibliographie : inédit.

42- Inventaire 74.12 (fig. 2a)
Provenance : inconnue.
Datation : époque romaine.
Cloche rectangulaire à deux pieds dont le battant est manquant. Traces du système de fixation à l’intérieur de l’objet avec patine rouge. L’anse est hexagonale. Une face légèrement enfoncée. Patine vernie verte.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 9,75 ; h. anse : 2,30 ; rectangle à la base : 5,35 x 4,85 ; poids : 201 g.
Bibliographie : inédit.

53- Inventaire 74.14 (fig. 3c)
Provenance : inconnue.
Datation : époque romaine.
Cloche conique dont le battant est manquant. Enfoncée sur un côté elle prend aujourd’hui une forme en ellipse au niveau de la base. Des traces de l’anneau de fixation sont visibles à l’intérieur de l’objet. L’anse est ovale. La patine extérieure a été traitée et vernie alors que l’intérieure est intacte et de couleur rouge.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 6,671 ; h. anse : 1,847 ; diam. à la base : 4,802 ; ép. base : 0,182 ; poids : 100,567 g.
Bibliographie : Le cirque romain, n° 35.

64- Inventaire 74.15 (fig. 2b)
Provenance : inconnue.
Datation : époque romaine.
Cloche rectangulaire dont le battant est manquant. L’anneau de fixation est encore visible à l’intérieur de l’objet. L’anse est hexagonale. L’instrument est très endommagé des deux côtés sur la partie intérieure.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 6,959 ; h. anse : 2,224 ; rectangle à la base : 5,695 x 4,487 ; ép. base : 0,186 ; poids : 94,685 g.
Bibliographie : inédit.

75- Inventaire 74.16 (fig. 3e)
Provenance : inconnue.
Datation : époque romaine.
Cloche conique dont le battant est manquant. L’anse est rectangulaire. Sur la partie inférieure de l’objet, un liseré granulé horizontal. Présence d’un trou latéral probablement moderne qui a endommagé un des côtés.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 6 ; h. anse : 1,30 ; diam. : 4,15 ; ép. base : 0,10 ; poids : 58 g.
Bibliographie : inédit.

86- Inventaire 74.17 (fig. 2c)
Provenance : inconnue.
Datation : époque romaine.
Cloche rectangulaire à quatre pieds dont le battant est manquant. Un agrégat est visible au niveau de la fixation à l’intérieur de l’objet. L’anse est hexagonale. Patine noire et cuivrée selon les endroits.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 5,820 ; h. anse : 1,758 ; rectangle à la base : 4,155 x 3,383 ; ép. base : 0,294 ; poids : 67,781 g.
Bibliographie : Le cirque romain, n° 35.

97- Inventaire 74.18 (fig. 1e)
Provenance : inconnue.
Datation : époque romaine.
Cloche rectangulaire à quatre pieds dont le battant et le système de fixation sont manquants. L’anse est hexagonale. Un côté de la partie inférieure est endommagé.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 4,942 ; h. anse : 1,127 ; rectangle à la base : 4,216 x 3,104 ; pieds : 0,42 ; ép. base : 0,2 ; poids : 32,147 g.
Bibliographie : inédit.

108- Inventaire 74.19 (fig. 2d)
Provenance : inconnue.
Datation : époque romaine.
Cloche rectangulaire dont le battant est manquant. L’anse est hexagonale. Un anneau de fixation est visible à l’intérieur de l’objet. Les faces extérieures ont été vernies alors que la patine intérieure verte et rouge est intacte. Trou accidentel au niveau de l’épaule sur un des deux côtés.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 3,386 ; h. anse : 0,98 ; rectangle à la base : 2,749 x 1,830 ; ép. base : 0,97 ; poids : 12,499 g.
Bibliographie : Roschach, 1865, 1865 ? et 1892, à chaque fois, n° 563 d.

119- Inventaire 74.20 (fig. 1f)
Provenance : inconnue.
Datation : époque romaine.
Petite cloche conique complète. Le battant, fixé par un très fin fil de métal, est complètement aggloméré à l’intérieur de l’objet mais permet tout de même de montrer sa sonorité.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 1,9 ; diam. : 2,75 ; ép. base : 0,075 ; poids : 7 g.
Bibliographie : inédit.

1210- Inventaire 75.11.68 (fig. 2f)
Provenance : Villa Chiragan, Martres-Tolosane.
Datation : époque romaine.
Cloche rectangulaire dont le battant est manquant. L’anse est ronde et deux trous (modernes ?) sont visibles sur la partie latérale de l’objet. Des pieds sont également encore visibles à chaque angle.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 4,8 ; diam. : 4,8 ; ép. base : 0,35.
Bibliographie : Joulin, 1902, pl. VII, n° 76 ; Le cirque romain, n° 35 ; Massendari, 2006, p. 233.

1311- Inventaire 75.11.69 (non illustré)
Provenance : Villa Chiragan, Martres-Tolosane.
Datation : époque romaine.
Cloche circulaire dont le battant est manquant. L’anse hexagonale accueille à son sommet un trou circulaire. Restauration moderne (1996).
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 5,85 ; diam. : 3,8 ; ép. base : 0,15.
Bibliographie : Joulin, 1902, pl. VII, n° 76.

1412- Inventaire 29265 (fig. 4a)
Provenance : inconnue.
Datation : époque romaine.
Cloche circulaire dont le battant est manquant. L’anse est hexagonale. L’objet est verni et montre des traces de fixation du battant à l’intérieur.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 11,30 ; h. anse : 2,80 ; diam. : 5,85 ; ép. base : 0,20 : poids : 235.
Bibliographie : inédit.

1513- Inventaire 29266 (fig. 4b)
Provenance : inconnue.
Datation : époque romaine.
Cloche circulaire dont le battant est manquant. L’anse est hexagonale. Au sommet, au milieu de cette dernière, une petite trace circulaire. L’objet est verni et montre deux traces de fixation du battant à l’intérieur.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 11,20 ; h. anse : 2,35 ; diam. : 5,95 ; ép. base : 0,15 ; poids : 199 g.
Bibliographie : inédit.

1614- Inventaire 29267 (fig. 1g)
Provenance : inconnue.
Datation : époque romaine.
Cloche conique dont le battant est manquant. L’anse est circulaire et légèrement aplatie. Traces de fixation rouges à l’intérieur de l’objet.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 3,95 ; h. anse : 1,55 ; diam. : 3,90 ; ép. base : 0,1 ; poids : 34 g.
Bibliographie : Roschach, 1864 ; 1865 et 1865 ?, à chaque fois n° 563 c.

1715- Inventaire 29268 (fig. 2e)
Provenance : inconnue.
Datation : époque romaine.
Cloche rectangulaire à quatre pieds dont le battant est manquant. Le système de fixation est visible à l’intérieur de l’objet et montre une patine rouge-noire différente du reste du corps dont la patine est verte.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 7,5 ; h. anse : 2,1 ; rectangle à la base : 4,60 x 4,55 ; ép. base : 0,2 ; poids : 143 g.
Bibliographie : Roschach, 1865 ; 1865 ? et 1892, à chaque fois n° 563 d.

1816- Inventaire 80.2.13 (6) (non illustré)
Provenance : Galane, Lombez, 1955.
Datation : ier siècle.
Fragment supérieur de cloche. Ne subsiste complète que l’anse circulaire.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 1,95 ; h. anse : 0,95 ; ép. : inf. à 0,1 ; poids : 8 g.
Bibliographie : inédit.

1917- Inventaire D.71.1.59 / 25BC52 (non illustré)
Provenance : Vieille-Toulouse.
Datation : iie-ier siècle av. J.-C.
Cloche conique fragmentaire dont le battant est manquant. L’anse est circulaire et accompagnée d’un petit trou central. La partie intérieure de l’objet est endommagée. L’instrument est orné de cinq lignes parallèles horizontales : trois au-dessus et au niveau de l’épaule, deux près de la lèvre.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. 2,10 ; diam. conservé : 2,55 ; ép. base : inf. à 0,1 ; poids : 7 g.
Bibliographie : Provost, Paillet et al., 2017, p. 179.

2018- Inventaire VT71 S n° 133 (fig. 3d)
Provenance : Vieille-Toulouse.
Datation : iie-ier siècles av. J.-C.
Cloche conique écrasée dont le battant et sa fixation sont manquants. L’anse est brisée sur la partie supérieure. Entre l’anse et l’épaule, un cercle unique.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 4,862 ; diam. conservé : 4,455 ; ép. base : 0,121 ; poids : 37,404 g.
Bibliographie : Provost, Paillet et al., 2017, p. 179.

Musée campanaire de l’Isle-Jourdain (10 objets)

2119- Inventaire MAC AR 1 (fig. 3a)
Provenance : inconnue.
Datation : ier-iie siècle. apr. J.-C.
Cloche polyédrique dont le battant est manquant. Les traces de fixation intérieure sont encore visibles. L’anse est de forme hémicirculaire et le sommet de l’objet est plat.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 11,957 ; h. anse : 2,349 ; L. : 7,159 ; l. : 5,095 ; ép. base : 0,308 ; poids : 247 g.
Bibliographie : Jouffray, 1993, n° 49, p. 84-85.

2220- Inventaire MAC AR 2 (fig. 1h)
Provenance : inconnue.
Datation : ier-iie siècles apr. J.-C.
Cloche conique dont le battant et sa fixation sont manquants. La cloche est décorée d’un double visage anthropomorphe grossier (chevelure bouclée, joues rondes, nez large et écrasé) qui semble porter une expression différente de chaque côté. L’anse est circulaire.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 3,464 ; h. anse : 1,049 ; L. / diam. base : 2,563 ; ép. base : 0,215 ; poids : 31 g.
Bibliographie : Jouffray, 1984, p. 9 ; 1993, n° 50, p. 86 et 101.

2321- Inventaire MAC AR 5 (fig. 2g)
Provenance : inconnue.
Datation : Antiquité (civilisation gallo-romaine ?).
Cloche rectangulaire dont le battant et la fixation interne sont manquants. L’anse est brisée à son sommet mais était certainement de forme circulaire. Le rectangle de la base est légèrement enfoncé sur le milieu de deux de ses côtés.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 3,641 ; h. anse : 0,608 ; L. : 2,332 ; l. : 3,270 ; ép. base : 0,158 ; poids : 17 g.
Bibliographie : inédit.

2422- Inventaire MAC AR 7 (fig. 1i)
Provenance : inconnue.
Datation : iie siècle av.- ive siècle apr. J.-C.
Cloche hémisphérique dont le battant et la fixation interne sont manquants. L’anse est circulaire, tout comme la base de l’objet. La lèvre est marquée par un renflement de quelques millimètres.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 4,73 ; h. anse : 1,865 ; diam. anse : 1,297 ; diam. base : 4,368 ; ép. base : 0,245 : poids : 53 g.
Bibliographie : inédit.

2523- Inventaire MAC AR 8 (fig. 3b)
Provenance : inconnue.
Datation : iie siècle av.- ive siècle apr. J.-C.
Cloche conique dont le battant et sa fixation sont manquants. L’anse est de forme circulaire et abrite un trou central vers l’intérieur de l’objet. La base est en forme d’ellipse.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 7,623 ; h. anse : 2,414 ; diam. anse : 1,157 ; L. : 6,563 ; l. : 4,491 ; ép. base : 0,105 ; poids : 102 g.
Bibliographie : inédit.

2624- Inventaire MAC AR 14 (fig. 1j)
Provenance : Bassin parisien.
Datation : ier-iie siècles apr. J.-C.
Cloche conique dont le battant est manquant. L’anse est brisée à son sommet mais devait être de forme circulaire. L’épaule est très marquée par une courbe qui se redresse ensuite vers l’anse. À l’intérieur, la fixation du battant est encore visible.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 3,846 ; diam. base : 5,228 ; ép. base : 0,204 ; poids : 38.
Bibliographie : inédit.

2725- Inventaire MAC AR 18 (fig. 1k)
Provenance : inconnue.
Datation : ive siècle av.- iie siècle apr. J.-C.
Cloche conique dont le battant et sa fixation sont très endommagés. L’anse est de forme hexagonale sur la partie extérieure et circulaire à l’intérieur. L’objet porte quatre pieds sur sa partie intérieure.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 2,5 ; diam. base : 2,2 ; poids : 15 g.
Bibliographie : inédit.

2826- Inventaire MAC AR 30 (non illustré)
Provenance : Quercy, oppidum.
Datation : ive siècle apr. J.-C.
Cloche polyédrique très oxydée et fragmentaire, de couleur cuivrée. L’anse, très déformée, était de petite taille et circulaire. L’anse intérieure ainsi que le battant, encore mobile, sont visibles.
Fer. Dim. (en cm) : h. : 5,665 ; h. anse : 0,546 ; L. : 3,656 ; l. : 2,315 ; ép. base : 0,101 ; poids : 24 g.
Bibliographie : inédit.

2927- Inventaire MAC AR 31 (fig. 5b)
Provenance : Quercy, oppidum.
Datation : ive siècle apr. J.-C.
Cloche rectangulaire très oxydée et fragmentaire, de couleur cuivrée. L’anse forme un hémicycle allant d’un bout à l’autre des deux épaules. La fixation intérieure ainsi que le battant, bien que très oxydés, sont visibles.
Fer. Dim. (en cm) : h. : 6,959 ; h. anse : 1,093 ; L. : 4,703 ; l. : 2,629 ; ép. base : 0,116 ; poids : 66 g.
Bibliographie : inédit.

3028- Inventaire MAC AR 38 (fig. 1l) :
Provenance : inconnue.
Datation : inconnue (romaine ?).
Cloche hémisphérique dont le battant est manquant. Un fil métallique joue le double rôle d’anse sommitale extérieure et de fixation intérieure via un trou médian.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 1,372 ; h. fil de bronze : 0,687 ; diam. base : 1,372 ; poids : inf. à 1 g.
Bibliographie : inédit.

Musée Clément Ader et les Grands Hommes, Muret (1 objet)

3129- Inventaire 1968.3.20 (fig. 1a)
Provenance : Muret, Bourdaya, rive droite de la Garonne, secteur abritant 3 fours de tuiliers gallo-romains.
Datation : époque gallo-romaine.
Clochette conique dont le battant est absent. Deux lignes horizontales parallèles juste au-dessous de l’épaule. L’anse forme un hexagone légèrement écrasé mais encore visible.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 2,278 ; h. anse : 0,889 ; diam. : 2,387 ; écart. lignes horiz. sup. : 0,221 ; ép. à la base : 0,12 ; poids : 3 g.
Bibliographie : Gaulejac, 1967, p. 3-7 ; Massendari, 2006, p. 395.

Musée archéologique départemental, Saint-Bertrand-de-Comminges (6 objets)10

  • 10 La plupart de ces objets ont été inventoriés et mentionnés au fur et à mesure des découvertes fait (...)

3230- Inventaire 4000 (fig. 1b) :
Provenance : Saint-Bertrand-de-Comminges, 1934-1935, zone d’habitation / Thermes Nord.
Datation : époque gallo-romaine.
Clochette conique dont le battant est absent. L’anse accueille deux percements. À l’intérieur, elle semble accueillir un élément d’une autre nature (fil de fer ?) et ayant servi à tenir le battant. La partie inférieure de l’objet est partiellement rognée.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 2,529 ; h. anse : 0,639 ; diam. : 2,533 ; ép. base : 0,098 ; poids : 7 g.
Bibliographie : inédit.

3331- Inventaire 4001 (aujourd’hui disparu, voir fig. 1m)
Provenance : Saint-Bertrand-de-Comminges, 1934-1935, zone d’habitation / Thermes Nord.
Datation : époque gallo-romaine.
Clochette conique dont le battant est absent.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 2,05 ; h. anse : 0,75 ; diam. : 2,2 ; ép. base : 0,1.
Bibliographie : inédit.

3432- Inventaire 4104 (fig. 1c)
Provenance : Saint-Bertrand-de-Comminges, 1921, zone d’habitation Nord.
Datation : époque gallo-romaine.
Clochette rectangulaire dont le battant est absent.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 3,019 ; h. anse : 1,110 ; L. : 1,902 ; l. : 2,493 ; ép. base : 0,125 ; poids : 16 g.
Bibliographie : inédit.

3533- Inventaire 4107 (fig. 1d)
Provenance : Saint-Bertrand-de-Comminges, 1930, zone d’habitation, retrouvée « contre le chemin actuel de l’Aygualet en face de l’étroit decumanus des Thermes du Nord qui est à l’Est de ce même chemin ».
Datation : époque gallo-romaine.
Clochette conique dont le battant est absent. Trois lignes horizontales au niveau de l’épaule. L’anse forme un hexagone. Deux percements intérieurs. La partie inférieure de l’objet est partiellement rognée.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 2,884 ; h. anse : 1,135 ; diam. : 2,394 ; écart. lignes horiz. sup. : 0,234 ; ép. base : 0,135 ; poids : 18 g.
Bibliographie : inédit.

3634- Inventaire 4128 (fig. 6a)
Provenance : Valcabrère, 1923, retrouvée dans la couche superficielle d’un ancien couvent détruit durant la Révolution Française.
Datation : époque gallo-romaine.
Cloche dont le battant est absent. Deux lignes horizontales au-dessus de l’épaule et une ligne horizontale près de la lèvre de l’objet. L’anse est régulière et traversée de deux trous permettant de fixer un élément tenant le battant aujourd’hui disparu. Cet élément horizontal était sans doute une tige rigide au vu des dépôts et les enfoncements visibles de part et d’autre de ces deux percements effectués à la perpendiculaire des deux montants de l’anse.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 7,091 ; h. anse : 1,598 ; diam. : 9,758 ; écart. lignes. horiz. sup. : 0,759 ; ép. base : 0,413 ; poids : 367 g.
Bibliographie : Lavedan, Lizop, Sapène, 1929, p. 62, pl. XII.

3735- Inventaire 4129 (fig. 6b)
Provenance : Valcabrère, 1923, retrouvée dans la couche superficielle d’un ancien couvent détruit durant la Révolution Française.
Datation : époque gallo-romaine.
Cloche très oxydée dont le battant est absent. Une ligne horizontale au-dessus de l’épaule ainsi qu’un trait intérieur. L’anse est régulière et traversée de deux trous permettant de fixer un élément tenant le battant aujourd’hui disparu. Cet élément horizontal était sans doute une tige rigide au vu des dépôts et les enfoncements visibles de part et d’autre de ces deux percements, légèrement désaxés par rapport à l’anse.
Alliage cuivreux. Dim. (en cm) : h. : 7,226 ; h. anse : 1,651 ; diam. : 8,991 ; ép. base : 0,369 ; poids : 322 g.
Bibliographie : Lavedan, Lizop, Sapène, 1929, p. 62, pl. XII.

1.2. Quelques pistes typologiques

  • 11 Galliazzo, 1979 : à coupole ou incurvée, à tronc pyramidal et à base rectangulaire, cylindrique.
  • 12 Novakovsky, 1988 : cylindrique, pyramidale, conique, semi-sphérique.
  • 13 Kneifel, 1988 : pyramidale, cylindrique, hémisphérique, conique, conique tronqué.
  • 14 Pomberger, 2018.
  • 15 Hickmann, 1949, p. 37-40.
  • 16 Villing, 2002.
  • 17 Voir les notes précédentes. On ne détaillera pas ici l’historiographie des typologies proposées po (...)

38La typologie des tintinnabula a déjà été abordée par de nombreux chercheurs. En résulte une grande variété de propositions de classements, même si de nombreux critères se recoupent. La forme de l’instrument fixe évidemment le point de départ de la plupart des propositions. Leur nombre est relativement stable, entre trois11, quatre12 ou cinq13 types mais leur raffinement varie en revanche énormément. B. M. Pomberger a récemment proposé une importante synthèse des typologies les plus développées14 existantes pour les cloches égyptiennes15, grecques16 et surtout romaines17, ajoutant des objets à la forme plus inhabituelle et définissant huit types pour les cloches romaines en alliage cuivreux. Les entrées et la classification proposées par la base collaborative Artefacts offrent également un riche aperçu de la répartition des trouvailles de tintinnabula en France mais aussi en Europe.

  • 18 Base Artefacts, CTL-4002 avec une chronologie assez longue. Voir également CTL-4007, CTL-4008 ; Mu (...)
  • 19 Hickmann, 1949, p. 66-68.

39De nombreux exemplaires (n° 2, 4, 6-8, 10, 15, 21 et 32) se rapportent au type 1 identifié par B. M. Pomberger, recoupant plusieurs variantes et tailles. Leur base forme un rectangle, avec ou sans pieds, et leur coupe générale une pyramide plus ou moins régulière. Des affinités typologiques peuvent être identifiées avec d’autres exemplaires provenant de différentes régions de la partie occidentale de l’Empire romain18. Des moules de clochettes proches de ces types romains ont également été retrouvés en Egypte19. Même si ces derniers ne possèdent pas de datation ni de contexte de découverte précis, ils nous informent néanmoins sur le fait que les pieds des instruments étaient bien prévus lors de leur réalisation et non ajoutés par la suite pour des raisons d’usage.

  • 20 Base Artefacts, CLT-4001. Voir aussi CLT-4023.
  • 21 Base Artefacts, CLT-4023.
  • 22 Ce point est discuté par la suite.
  • 23 Voir Anderson, 1976 pour des cloches ornées d’une double figure d’époque romaine et par exemple ce (...)

40Plusieurs modèles de petite taille connus par ailleurs semblent recouper au moins quatre de nos instruments (n° 14, 29, 31, 33). Ces petites clochettes semi-ovoïdales possèdent une anse hexagonale et parfois un liseré décoratif d’une ou deux lignes, sur l’épaule ou près de la base. Les dizaines d’artefacts retrouvés dans la partie occidentale de l’Empire romain montrent un usage très polyvalent, dans des contextes civiques et religieux20, souvent au sein d’un ensemble de clochettes ou attaché à un carillon. Trois des quatre exemplaires régionaux ont été retrouvés dans un contexte domestique et artisanal : près de fours romains à Muret et près des thermes et des habitations à Saint-Bertrand-de-Comminges. Parmi les cloches de forme semi-ovoïdale, certaines montrent plusieurs particularismes et doivent retenir notre attention. La taille de la n° 22, malheureusement sans provenance, est légèrement plus importante que les clochettes mentionnées précédemment, recoupant des trouvailles romaines un peu moins répandues21. À l’inverse, la clochette n° 28 nous montre une très petite taille, laissant présager une fonctionnalité différente22. Enfin, la clochette n° 20 présente une décoration extérieure complète du corps de l’objet formant une double figure anthropomorphe grossière. Si cette dernière n’est pas identifiable, elle n’est pas non plus inhabituelle23. Malgré l’absence de contexte, ces trois exemples peuvent néanmoins être reliés à la période romaine par recoupement avec d’autres découvertes. Leur chronologie reste toutefois à affiner.

  • 24 Base Artefacts, CLT-4005 et CLT-4017. Voir aussi CLT-4006 ; Musiques !, n° 254-255, p. 273.
  • 25 Base Artefacts, CLT-4003.

41D’autres instruments miniatures évoquent le type 3 (n° 9, 24 et 30) identifié par B. M. Pomberger. Ces objets coniques montrent une rupture nette au-dessus de l’épaule et une anse extrêmement fine ou formée par un simple fil métallique, leur donnant une forme très caractéristique. Même si leur taille varie de façon notable, ils semblent tous reliés aux modèles romains et ont été retrouvés en région parisienne aussi bien qu’à Saint-Bertrand-de-Comminges. Ils rejoignent ainsi les autres trouvailles occidentales faites pour ces modèles, y compris en Germanie et en Bretagne24. D’autres objets appartenant au même type ont une forme conique très évasée et régulière sans marque au niveau de l’épaule (n° 17, peut-être n° 16 très fragmentaire). Ils sont également très courants dans l’Occident romain25.

  • 26 Base Artefacts, CLT-4004. Voir aussi Musiques !, n° 258, p. 273.

42Trois exemplaires (n° 11-13), correspondant au type 2 de B. M. Pomberger, montrent un profil typiquement romain. L’un d’entre-eux a été retrouvé en toute cohérence dans la villa romaine de Chiragan à Martres-Tolosane, avec la particularité toutefois de présenter une taille plus réduite qu’à l’habitude. Ces cloches sont en effet d’une taille raisonnable dépassant généralement les 10 centimètres, avec donc une potentialité sonore assez notable. La cinquantaine d’objets correspondants livre des contextes archéologiques variés (domestique, religieux, militaire) et une apparition du type au cours du premier siècle avant J.-C.26. Le type se retrouve, au moins dans la partie occidentale de l’Empire, de la Campanie aux frontières du limes germanique.

43Un seul artefact semble prendre une forme peu commune (n° 19) et non mentionnée par les typologies existantes. Avec sa base hexagonale et son anse intégrée dans l’arrête, de l’épaule à la base, elle semble se distinguer des autres objets largement connectés aux types romains. La datation muséale évoque les Ier et IIe siècles mais l’absence d’origine et de contexte archéologique ne permet pas d’aller plus loin à propos de cet objet.

  • 27 Base Artefacts, avec une proximité toute relative, CLT-4009, CLT-4010 et CLT-4014.

44Quatre exemplaires (n° 3, 5, 18 et 23) peuvent être rapprochés du type 7 de la typologie de B. M. Pomberger, avec une base circulaire mais une forme conique ou elliptique très régulière. Certains exemplaires ont été déformés par leur séjour dans le sol archéologique mais leur cohérence est encore perceptible. Leurs anses diffèrent toutefois en taille et en forme, évoquant tout autant des types romains (n° 5) que des types orientaux27 (n° 23). L’exemplaire de Vieille-Toulouse (n° 18) possède, lui, une datation permettant d’émettre l’hypothèse d’un type local antérieur à l’influence romaine.

  • 28 Base Artefacts, CLT-4006. De façon plus éloignée, une affinité se crée avec CLT-4005.
  • 29 Szászné-Burger, 1955.

45Les deux exemples commingeois à large diamètre (n° 34-35) trouvent des correspondances typologiques à Vicarello et L’Escala (Emporiae)28 mais aussi en Pannonie à Aquincum29. Malgré l’absence de contexte archéologique clair, on peut néanmoins confirmer leur appartenance aux modèles d’époque romaine (probablement type 5 B de B. M. Pomberger) et entrevoir encore une fois une diffusion très large de ces derniers.

  • 30 Les cloches sont parfois inscrites, ce qui peut faciliter l’interprétation de leurs usages. Voir p (...)
  • 31 Topál, 2002, p. 3, n° 4a-4f.
  • 32 Melini, 2008, p. 70-73.

46L’ensemble de 35 artefacts présenté ici recoupe sans difficulté les classifications existantes et ne présente aucun objet de forme nouvelle, exception faite du n° 19. L’origine de ces différents types reste tout de même à préciser par une mise en série plus importante. L’intérêt de l’étude réside plutôt dans la richesse des contextes de découvertes et la variété de tailles et de formes qui laissent toutes deux présager, en l’absence d’inscription30, la grande polyvalence de ces instruments sonores. On notera par ailleurs que les types ne semblent pas spécifiques à une zone géographique à l’intérieur du monde romain et se retrouvent brassés en de mêmes lieux, à Saint-Bertrand-de-Comminges comme, par exemple, à Aquincum31 ou encore à Pompéi32.

2. Un objet sonore polyvalent

2.1. Fer ou alliage cuivreux ?

  • 33 Un exemple en terre cuite provenant d’Alexandrie : Blázquez Martínez, 2007, fig. 1-2. Voir aussi A (...)
  • 34 Pour une équivalence typologique mais aussi une contextualisation archéologique plus poussée, voir (...)
  • 35 N° 26-27 sont mentionnés dans l’inventaire muséal comme provenant d’un oppidum du Quercy.

47Les cloches peuvent être réalisées dans de nombreux matériaux, métalliques ou non33. Le présent corpus montre des objets entièrement réalisés en métal, avec une large prédominance du bronze, matériau sonore par excellence, mais également quelques objets en fer. Les exemples de cloches conçues dans ce métal (n° 1, 26-27) sont moins importants dans notre catalogue pour plusieurs raisons. Plus dur, donc moins conducteur pour les ondes sonores, le fer est également plus facilement oxydé, ce qui explique le mauvais état des trois objets de notre corpus. Contrairement aux objets en alliage cuivreux, ces objets sont plus grossiers et visent plutôt une efficacité pratique qu’une sophistication quelconque. Ils coûtent également moins cher. On peut donc aisément présupposer de leur utilisation au regard de ces éléments. La comparaison avec d’autres artefacts de même nature34 confirme une utilisation agricole même si ces objets ont pu revêtir d’autres fonctions, à l’intérieur comme à l’extérieur des villages, d’après le contexte archéologique de trouvailles35.

2.2. Artefacts individuels ou éléments d’ensembles ?

  • 36 Voir des exemples (d’un type éloigné) dans Hickmann, 1949, p. 46 (inv. 69289). L’auteur identifie (...)
  • 37 Inventaires 27838-27841, 27845, etc. Voir pour illustration Melini, 2008, p. 72-73 ; Fileri, 2012, (...)
  • 38 Avisseau-Broustet et al., 2014, p. 166, fig. 101 et sur Artefacts, OSC-4001. Ce type de buste / ca (...)

48De la même manière que toutes les cloches ne sont pas nécessairement constituées de métal, elles ne sont pas non plus nécessairement conçues pour un usage isolé. La petite taille de ces objets (par exemple n° 28), souvent retrouvés isolés, laisse présager une appartenance à un ensemble plus important comme un harnais ou une parure36. La forme en revanche ne semble pas spécifique puisque l’on trouve aussi bien des clochettes coniques ou pyramidales, avec ou sans pieds, sur ces ensembles. Les premiers exemples d’une utilisation groupée de cloches sont les carillons, dont les plus célèbres (et les plus complets) sont conservés au Museo Archeologico Nazionale de Naples37. Ce genre d’artefact se retrouve également en Gaule, avec par exemple le buste de Mercure38 retrouvé à Orange et supportant 7 clochettes. Ces cloches / clochettes ornent également les colliers des animaux, ce qui, suivant la fable de Phèdre, semble être un élément montrant une certaine aisance des possesseurs des bêtes de somme, signe extérieur de richesse parmi d’autres qui va leur attirer quelques ennuis :

Muli Duo et Latrones.
Muli grauati sarcinis ibant duo:
unus ferebat fiscos cum pecunia,
alter tumentis multo saccos hordeo.
ille onere diues celsa ceruice eminens,
clarumque collo iactans tintinabulum;
comes quieto sequitur et placido gradu.
subito latrones ex insidiis aduolant,
interque caedem ferro ditem sauciant:
diripiunt nummos, neglegunt uile hordeum.
spoliatus igitur casus cum fleret suos,
‘Equidem’ inquit alter ‘me contemptum gaudeo;
nam nil amisi, nec sum laesus uulnere’.
Hoc argumento tuta est hominum tenuitas,
magnae periclo sunt opes obnoxiae.

  • 39 Trad. A. Brenot, Paris, les Belles Lettres, 1969.

« Deux mulets pliant sous leurs charges cheminaient : l’un portait des paniers pleins d’argent, et l’autre des sacs gonflés d’orge en abondance. Le premier, riche de son fardeau, marche la tête haute, dominant ce qui l’environne, et avec son cou agite sa sonnette au son clair ; son compagnon le suit d’un pas tranquille et pacifique. Soudain des brigands sortent d’une embuscade, se précipitent, blessent dans le massacre général le premier mulet, pillent l’argent, et dédaignent l’orge sans valeur. Aussi comme le mulet dépouillé déplorait son malheur : ‘pour moi, dit l’autre, je me réjouis d’avoir été méprisé, car je n’ai rien perdu et je n’ai point de blessure’. On voit par cette fable que la pauvreté des gens fait leur sûreté, et que les grandes richesses sont exposées aux dangers. » (Phèdre, Fables, II, 7)39

49Plus pragmatiquement, c’est ici la mule de tête qui porte la cloche. Dans le même registre humoristique, chez Apulée, Lucius, alors transformé en âne, ressent une certaine fierté à être paré de la sorte et préféré aux chevaux de race de Thiasus :

Spretis luculentis illis suis uehiculis ac posthabitis decoris raedarum carpentis, quae partim contecta partim reuelata frustra nouissimis trahebantur consequiis, equis etiam Thessalicis et aliis iumentis Gallicanis, quibus generosa suboles perhibet pretiosam dignitatem, me phaleris aureis et fucatis ephippiis et purpureis tapetis et frenis exornatum ipse residens amantissime nonnunquam comissimis adfatur sermonibus atque inter alia pleraque summe se delectari profitebatur, quod haberet in me simul et conuiuam et uectorem.

  • 40 Trad. P. Valette, Paris, les Belles Lettres, 1985 (1945).

« Mais il [Thiasus] dédaignait ses équipages de luxe et faisait fi des riches tentures de ses carrosses de voyage, qu’on traînait inutiles, rideaux baissés ou rideaux levés, à la suite du convoi, ainsi que de ses chevaux thessaliens et de ses attelages gaulois, bêtes de noble race et estimés fort cher. Moi, cependant, j’avais comme ornements des phalères en or, des housses de couleur, des couvertures de pourpre, un mors en argent, des harnais brodés, des clochettes au clair tintement, et il me chevauchait amoureusement, me tenait de temps en temps des discours affectueux et déclarait qu’entre tant de sujets de joie, ce qui le charmait le plus, c’était d’avoir en moi à la fois un commensal et une monture » (Apulée, Métamorphoses, X, 18, 4)40

  • 41 On trouve parfois le terme de grelot pour ce pluriel de tintinnabulum dans les traductions.
  • 42 Mocchi, 2018, p. 4.

50Ici ce sont plusieurs clochettes41 qui sont portées par l’animal, présupposant leur petite taille à l’instar de celles composant les carillons. Ces clochettes de colliers trouvent un écho dans l’iconographie42 mais ne semblent pas spécifiques aux équidés si l’on en croit les passages de Plaute et de Pétrone :

Lanios inde accersam duo cum tintinnabulis,
eadem duo greges uirgarum inde ulmearum adegero,
ut hodie ad litationem huic suppetat satias Ioui.

  • 43 Trad. A. Ernout, Paris, les Belles Lettres, 1972 (1938). En note sur ce passage : « Plaisanterie c (...)

« J’irai y chercher deux victimaires avec des clochettes ; en même temps j’en ramènerai deux troupeaux de verges d’orme, pour que ton Jupiter en ait tout son saoul, et consente à nous exaucer. » (Plaute, Pseudolus, I, 3)43

Nam mundatis ad symphoniam mensis tresalbi sues in triclinium adducti sunt capistris et tintinnabulis culti, quorum unum bimum nomemculator essedicebat, alterum trimum, tertium uero iam sexennem.

  • 44 Trad. A. Ernout, Paris, les Belles-Lettres, 1970.

« Une fois les tables desservies au son de l’orchestre, on amena dans le triclinium trois cochons blancs, ornés de muselières et de grelots, et, comme l’annonça le crieur, âgés, l’un de deux ans, l’autre de trois, et le troisième, déjà de six » (Pétrone, Satyricon, 47)44

  • 45 Mocchi, 2018, p. 22. Voir également Hickmann, 1949, n° 69552.
  • 46 Voir, à propos de l’équipement des bêtes par les Troglodytes, Strabon, Géographie, XVI, 4, 17 : Τρ (...)

51Le croisement des sources littéraires et iconographiques montre finalement une large palette d’animaux liés aux pratiques humaines et dotés d’une cloche ou d’un groupe de clochettes : porcins, équidés, canidés45. Ces contextes d’apparition ne se limitent d’ailleurs pas aux seules activités agricoles46 ou aux déplacements mais concernent aussi les activités religieuses. À la fin de l’Antiquité, Saint-Jérôme de Stridon note que les clochettes constituent un élément essentiel d’une des tenues des pontifes et font partie de la mise en scène sonore de son entrée dans le Sancta Sanctorum :

Reliqua quattuor proprie pontificum sunt, quorum primum est ‘mail’, id est, tunica talaris, tota hiacynthina, ex lateribus eiusdem coloris adsutas habens manicas, et in superiori parte, qua collo induitur, aperta, quod uulgo capitium uocant, oris firmissimis et ex se textis, ne facile rumpantur. In extrema uero parte, id est, ad pedes, septuaginta duo sunt tintinabula, et totidem mala punica, isdem contexta coloribus, ut quibus supra cingulum. Inter duo tintinabula unum malum est:, et inter duo mala unum tintinabulum, ut alterutrum inuicem sibi media sint:, causaque redditur.: idcirco tintinabula uesti adposita sunt, ut cum ingreditur pontifex in sancta sanctorum, totus uocalis incedat,. Statim moriturus, si hoc non fecerit.

  • 47 Trad. J. Labourt, Paris, les Belles Lettres, 1953.

« Les quatre autres sont particuliers aux pontifes. Le premier est le ‘maïl’ ou tunique qui descend aux talons, toute d’hyacinthe, ayant cousues sur les côtés des manches de même couleur, et dans le haut, autour du cou par où on s’en revêt, elle est ouverte (c’est ce qu’on appelle en général capitium) ; mais les bords sont très solides et tissés à part pour qu’ils ne se déchirent pas facilement. Dans le bas, c’est-à-dire aux pieds, il y a soixante-douze clochettes et autant de grenades, en tissu des mêmes couleurs que celles qui sont sur la ceinture. Entre deux clochettes, il y a une grenade, et entre deux grenades une clochette, en sorte que chacun de ces éléments tient le milieu de l’autre, et voici le motif qu’on en donne : les clochettes sont attachées à la robe, pour que, lorsque le Pontife entre dans le Saint des Saints, sa démarche soit entièrement sonorisée ; il mourrait aussitôt s’il omettait cette règle. » (Saint Jérôme, À Fabiola, LXIV, 18, 26-30)47

Mala autem punica et tintinabula in inferioribus posita fulgura tonitruaque demonstrant, siue terram et aquam et omnium elementorum inter se consonantiam, et sic sibi uniuersa perplexa ut in singulis omnia repperiantur.

  • 48 Trad. J. Labourt, Paris, les Belles Lettres, 1953.

« Les grenades et les clochettes du bas représentent les éclairs et le tonnerre, ou bien la terre et l’eau, ainsi que l’accord de tous les éléments entre eux, et cette compénétration réciproque qui fait que, dans chacun des êtres, tous se retrouvent. » (Saint Jérôme, À Fabiola, LXIV, 18, 26-30)48

  • 49 Ziegler, 1979, p. 68-69, n° 92-93.
  • 50 Ziegler, 1979, p. 69-70, n° 94-99.
  • 51 Anderson, 1976, p. 36, n° 43.

52Difficile toutefois de voir dans cette tenue une rupture ou au contraire une continuité avec les usages polythéistes sans une enquête plus approfondie. L’association entre l’instrument et la foudre n’est toutefois pas nouvelle. Mais cette anecdote laisse une fois de plus présager un usage des clochettes en ensembles et non de façon isolée. Avec une certaine mise en abîme, les clochettes les plus petites (n° 28) viennent aussi parfois orner d’autres objets sonores comme les crotales49. Groupées par deux ou trois, ces dernières sont reliées à l’extrémité du manche des instruments et s’entrechoquaient probablement entre elles. Chr. Ziegler parle ainsi de « clochette de crotale » même pour les objets isolés présentant la même typologie50. Ces dernières semblent trouver une continuité au moins jusque chez les Coptes51.

2.3. Des signaux pour…

53Toujours dans un registre comique, Plaute insiste sur la fonction nécessairement signifiante du tintement des cloches :

Numquam edepol temere tinnit tintinnabulum : nisi qui illud tractat aut mouet, mutumst, tacet.

  • 52 Trad. A. Ernout, Paris, les Belles Lettres, 1961.

« Parbleu, ce n’est jamais sans raison que sonne la sonnette ; quand personne ne la tire ou ne l’agite, elle reste muette et silencieuse. » (Plaute, Trinummus, IV, 2)52

54Sous l’humour et le grossissement du trait, on devine le principe : un son de clochette annonce nécessairement quelque chose à la population. Et il se trouve que la palette de sens possibles est assez importante au regard des données littéraires connues que nous donnons de manière synthétique ci-après. Qui plus est, la mention du tintinnabulum peut se charger d’un sens métaphorique ou symbolique :

illa tamen grauior, quae cum discumbere coepit
laudat Vergilium, periturae ignoscit Elissae,
committit uates et comparat, inde Maronem
atque alia parte in trutina suspendit Homerum.
cedunt grammatici, uincuntur rhetores, omnis
turba tacet, nec causidicus nec praeco loquetur,
altera nec mulier. uerborum tanta cadit uis,
tot pariter pelues ac tintinnabula dicas
pulsari. Iam nemo tubas, nemo aera fatiget:
una laboranti poterit succurrere Lunae.

  • 53 Trad. P. Labriolle et Fr. Villeneuve, les Belles Lettres, 1951.

« Plus assommante encore est cette autre qui, à peine à table, loue Virgile, justifie Didon prête à mourir, met les poètes en parallèle, les compare, suspend dans la balance Virgile d’un côté, Homère de l’autre. Les grammairiens mettent bas les armes, les rhéteurs s’avouent vaincus, tout le monde fait silence. Impossible à un avocat, à un crieur public, à une femme même, de placer un mot, tant est dru le flot de ses paroles. On dirait un tintamarre de chaudrons et de clochettes. Plus n’est besoin de tourmenter les trompettes et les cuivres : à elle seule, elle saura secourir la lune en détresse. » (Juvénal, Satires, VI, 440)53

  • 54 Peut-être une référence implicite aux chaudrons de Dodone ? Voir la citation suivante de Pline l’A (...)

55Derrière la représentation d’une femme bavarde et bruyante on constate que les cloches, comme les chaudrons54, tous deux faits de métal, sont réputés pour leur sonorité importante voire désagréable dans ce passage. Ces instruments d’airain (aera), terme générique ici du fait de l’utilisation de la métonymie, sont dans le même temps présentés comme un remède, avec les trompettes (tuba), aux éclipses. Si l’on revient aux fonctions concrètes de l’objet, Suétone nous livre une première utilisation possible des cloches :

Cum dedicatam in Capitolio aedem Tonanti Ioui assidue frequentaret, somniauit queri Capitolinum Iouem cultores sibi abduci, seque respondisse, Tonantem pro ianitore ei appositum; ideoque mox tintinnabulis fastigium aedis redimiit, quod ea fere ianuis dependebant.

  • 55 Trad. H. Ailloud, Paris, les Belles Lettres, 1967.

« Comme il [Auguste] fréquentait assidûment le temple qu’il avait consacré sur le Capitole à Jupiter Tonnant, il rêva que Jupiter Capitolin lui reprochait d’écarter ses adorateurs, à quoi il avait répondu que Jupiter Tonnant avait été placé près de lui comme portier ; aussi fit-il, bientôt après, couronner de clochettes la toiture de ce temple, parce que c’était l’usage d’en suspendre aux portes. » (Suétone, Div. Aug., 91, 3)55

  • 56 On trouvera ces tintinnabula dans d’autres contextes cultuels, par exemple dans la partie occident (...)

56Ici les tintinnabula servent à marquer les seuils, vraisemblablement sous la forme de carillons. Ils ornent ici plus particulièrement un bâtiment religieux d’une des collines les plus importantes de Rome56, mais l’auteur précise également un usage potentiellement plus générique qui pourrait s’étendre aux seuils des bâtiments publics et privés non spécifiquement religieux. Une description plus précise de ces carillons est offerte selon nous par Pline l’Ancien :

supra id quadratum pyramides stant quinque, quattuor in angulis et in medio una, imae latae pedum quinum septuagenum, altae centenum quinquagenum, ita fastigatae, ut in summo orbis aeneus et petasus unus omnibus sit inpositus, ex quo pendeant exapta catenis tintinabula, quae uento agitata longe sonitus referant, ut Dodonae olim factum.

  • 57 Trad. R. Bloch, Paris, les Belles Lettres, 1981 (modifiée).

« [citant Varron] Sur cet ouvrage carré se dressent cinq pyramides, quatre aux angles et une au centre, larges à la base de soixante-quinze pieds et hautes de cent cinquante. Elles se terminent en pointe en sorte que, sur l’ensemble de ces sommets, se trouvent posés un disque de bronze et une coupole uniques d’où pendent des clochettes attachées à des chaînes. Le vent les agite et porte au loin leurs tintements, comme il se produisait autrefois à Dodone. » (Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XXXVI, 92)57

57Les chaînettes tenant les clochettes trouvent un écho dans les trouvailles archéologiques. L’activation par le vent ne va pas en nous surprenant par rapport à nos carillons actuels. La comparaison à l’airain de Dodone est un topos littéraire et rappelle une nouvelle fois l’importance primordiale du matériau sur la forme et même l’objet lui-même : on met ici sur le même plan des tintinnabula et des chaudrons de bronze, mais c’est surtout leurs sons et leurs portées sonores communes qui sont soulignés.

Tintinabulum. Redde pilam: sonat aes thermarum. Ludere pergis ? Virgine uis sola lotusabire domum.

  • 58 Trad. H. J. Izaac, Paris, les Belles Lettres, 1961.

« Clochette. Rends la balle : la cloche des bains retentit. Tu continues de jouer ? Tu veux rentrer chez toi après un simple bain d’eau Vierge ? » (Martial, Epigrammes, XIV, 163) 58

  • 59 Simpson, 2007.
  • 60 Voir Strabon, Géographie, XIV, 2, 21 : κιθαρῳδοῦ γὰρ ἐπιδεικνυμένουτέως μὲν ἀκροᾶσθαι πάντας· ὡς δ (...)

58On voit bien ici un usage quotidien signifiant de la cloche pour indiquer la fin du bain et le risque pour celui qui s’attarde dans les thermae de se baigner dans une eau froide. Cet épisode, même satyrique, montre, si l’on suit les commentaires de C. J. Simpson59, l’intégration de cet objet sonore comme un élément anecdotique, habituel, dans le paysage sonore romain en tout cas au premier siècle de notre ère. Ici elle annonce peut-être la fermeture des bains mais ailleurs l’ouverture du marché60. En termes littéraires, même s’il n’y a aucun doute sur l’identification de l’objet grâce au titre, on voit ici la cloche, sans doute dans un esprit de variatio, désignée de manière métonymique grâce au terme aes.

59Le tintinnabulum semble également être utilisé pour indiquer une présence, qu’il s’agisse d’un danger ou d’une protection comme le montrent les extraits suivants des Vies parallèles de Plutarque. Assiégeant les Lyciens récalcitrants dans la cité de Xanthos, au bord du fleuve du même nom, Brutus use d’un piège impliquant nos objets sonores.

τοῦ δὲ ποταμοῦ παρὰ τὴν πόλιν παραρρέοντος ὑπονηχόμενοι διεδίδρασκον· ἡλίσκοντο δὲ δικτύων διὰ πόρου καθιεμένων εἰς βυθόν, ὧν τὰ ἄκρα κώδωσι προσηρτημένοις διεσήμαινεν εὐθὺς τὸν ἐνσχεθέντα.

  • 61 Trad. R. Flacelière et E. Chambry, Paris, les Belles Lettres, 1978.

« Ils essayèrent de s’échapper en plongeant dans le fleuve qui longeait la ville, mais on les capturait au moyen de filets jetés au fond de l’eau en travers du courant, filets aux extrémités desquels étaient fixées des clochettes qui signalaient immédiatement la prise. » (Plutarque, Brutus, 30, 7)61

ἀναβαινόντων δὲ τῶν πρώτων, ὁ τὴν ἑωθινὴν φυλακὴν παραδιδοὺς ἐφώδευε κώδωνι, καὶ φῶτα πολλὰ καὶ θόρυβος ἦν τῶν ἐπιπορευομένων, οἱ δέ, ὥσπερ εἶχον, αὐτοῦ πτήξαντες ἐπὶ τῶν κλιμάκωντούτους μὲν οὐ χαλεπῶς ἔλαθον, ἄλλης δὲ φυλακῆς ἐναντίας ταύτῃ προσερχομένης εἰς τὸν ἔσχατον κίνδυνον ἦλθον.

  • 62 Trad. R. Flacelière et E. Chambry, Paris, les Belles Lettres, 1979.

« Comme les premiers commençaient à monter, l’officier qui transmettait à un autre la garde du matin faisait sa ronde avec une clochette, suivi de soldats qui portaient de nombreuses torches et menaient grand bruit. Les gens d’Ecdélos se tapirent sans bouger, tels quels, sur leurs échelles et se dérobèrent aisément à la vue. Mais la garde montante qui arrivait à son tour en sens opposé les mit dans le plus grave danger. » (Plutarque, Aratos, 7, 5)62

ὁ δ᾽ἀπὸ τοῦ πύργου αὐτῷ ἀντεφώνησε μηδὲν εἶναι δεινόν, ἀλλὰ τὸν κύνα πρὸς τὸ φῶς τῶντειχοφυλάκων καὶ τὸν ψόφον τοῦ κώδωνος παρωξύνθαι.

  • 63 Trad. R. Flacelière et E. Chambry, Paris, les Belles Lettres, 1979.

« De la tour, l’homme lui répondit qu’il n’y avait rien d’inquiétant, et que son chien avait été excité par les lumières de la ronde et par le bruit de la clochette. » (Plutarque, Aratos, 8, 3)63

  • 64 Plus tardivement, le tintinnabulum est mentionné comme un indicateur pour Saint Benoît reclus, lui (...)

60Le premier extrait nous montre, même si l’anecdote se rapporte au champ militaire, que la clochette est un simple signal montrant l’activation du piège préparé par Brutus. Il est fort probable que l’instrument était par ailleurs utilisé de façon plus globale pour signaler une prise aux pêcheurs. Le son de l’objet ne fait sens qu’au regard du contexte et du dispositif dans lequel il se trouve activé64. Dans le second extrait de la vie d’Aratos, les soldats de ronde semblent équipés de cloches afin de signaler leur présence. On touche ici un autre domaine sécuritaire et militaire. À propos de l’Inde, Strabon note :

οὗτοι δὲ καὶ τοὺς διακόνους παρέχουσι, τυμπανιστάς, κωδωνοφόρους, ἔτι δὲ καὶ ἱπποκόμους καὶ μηχανοποιοὺς καὶ τοὺς τούτων ὑπηρέτας: ἐκπέμπουσίτε πρὸς κώδωνα τοὺς χορτολόγους, τιμῇ καὶ κολάσει τὸ τάχος κατασκευαζόμενοι καὶ τὴν ἀσφάλειαν.

« Ils fournissent également l’armée en serviteurs, en joueurs de cymbales et de cloches, en palefreniers, en techniciens accompagnés de main-d’œuvre. Au son des cloches, ils envoient des fourrageurs, s’assurant à la fois rapidité et sécurité par un système de récompenses et de punitions. » (Strabon, Géographies, XV, 1, 52)

  • 65 Vincent, 2016, notamment p. 227-228.
  • 66 Voir le passage de Plutarque précédemment cité.
  • 67 L’exemple nous vient de la Tabula Puteolana, II, 11-14. Voir Zaninotto, 1987, p. 6-8 ; Hinard, 200 (...)

61On connait, côté romain, l’implication des joueurs de cymbales comme partie prenante du service musical des cités65 mais les sources ne disent rien en revanche sur le statut d’éventuels joueurs de cloches. Si ces dernières étaient vraisemblablement utilisées comme signaux, y compris dans un contexte militaire66, elles étaient probablement trop banales ou trop peu sophistiquées pour constituer un métier ou une charge à part entière. L’épigraphie, souvent laconique à propos des percussions et ici en particulier des tintinnabula, livre tout de même un témoignage montrant une autre utilisation des cloches comme signaux : ceux de l’enlèvement des cadavres par les services funèbres publics67.

Conclusion

  • 68 Si on prend pour seul exemple le catalogue de Cervelli, 1994, plusieurs clochettes (n° 1055 à 1140) (...)
  • 69 Delatte, 1919 ; Neri, 2012, p. 475.

62L’étude régionale du tintinnabulum, même circonscrite et grâce à la combinaison des sources archéologiques et littéraires, montre la relative polyvalence de ce simple objet sonore. Il a trait ici aux usages quotidiens, par exemple le bain, comme on a pu le voir dans le cas des clochettes de Lugdunum Convenarum. Il semble également potentiellement répondre à un usage cultuel, notamment pour les plus petits exemplaires, même si ce dernier reste difficile à saisir plus en détail face à l’absence de contexte archéologique relié mais aussi du fait de la rareté des sources à ce sujet. Enfin, le tintinnabulum est plus largement la marque des pratiques agro-pastorales qui, si elles usaient déjà de cet arsenal sonore avant l’influence romaine, se sont largement familiarisées, à partir de notre ère, avec des modèles standardisés que l’on trouve partout dans l’Empire et autour du bassin méditerranéen. Si leur appartenance à la civilisation romaine ne fait aucun doute, la chronologie et la diffusion de ces objets68, grâce à leur mise en série, restent à affiner, tout comme leur rapport avec les usages chrétiens, byzantins et médiévaux postérieurs69.




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Notes

1 Voir P. Chantraine, 1977.

2 Donné comme équivalent à κώδων dans les Hermeneumata Pseudodositheana. Le terme n’a plus d’équivalent en français aujourd’hui à moins d’être utilisé tel quel. La difficulté est que le mot peut également désigner un ensemble de cloches servant de carillon, nous y reviendrons ensuite. Il a en revanche donné tintinnabuler au xixe siècle.

3 Voir Ernout et Meillet, 2001.

4 Voir Ernout et Meillet, 2001. Le Gaffiot propose une occurrence dans le Digesta Justiniani (533 apr. J.-C.).

5 C’est le terme le plus communément utilisé pour désigner ce type d’objet. Voir Rey, 2006, s. v. « cloche », p. 781 : « […] hérité (av. 1150) du bas latin clocca, attesté en 550 dans le domaine anglais et importé sur le continent par les moines irlandais évangélisateurs de l’Europe. Le mot, formé sur une racine celtique (ancien irlandais cloc de même sens), doit correspondre à une onomatopée apparentée à klak-, klik-. Il a remplacé le représentant du latin campana dans les parlers du Nord et dans plusieurs régions du Sud ». L’étymologie de ce dernier terme, qui donne campanile et campanule en français, n’est, elle, pas établie avec certitude.

6 Comme le fait Favret, 1947, p. 126-7. Voir également la note additionnelle proposée à la suite de cet article par R. Lantier, p. 128. Ici le terme clarine présuppose de la fonction de l’objet car il désigne spécifiquement une cloche pendue au cou d’un animal d’élevage.

7 Je tiens ici à remercier vivement les directions et les personnels du Musée Saint-Raymond de Toulouse, du Musée archéologique départemental de Saint-Bertrand-de-Comminges, du Musée Clément Ader et les Grands Hommes de Muret ainsi que la Conservation du Gers et le Musée campanaire de L’Isle-Jourdain pour m’avoir ouvert leurs portes et rendu possible cette étude.

8 Quelques exemples notamment grâce à la Carte Archéologique de la Gaule : dans l’Aude, à Bize-Minervois, Camps-sur-L’Agly, Fa, Mailhac, Palaja, Pomos, Villelongue-d’Aude et Villeneuve-les-Corbières (Ournac et al., 2009, p. 150, 206, 285, 352, 428, 501, 505) ; dans le Comminges, outre Saint-Bertrand-de-Comminges, à Belbèze-en-Comminges et Villeneuve-de-Rivière (Sablayrolles, Beyrie, 2006, p. 127, 473) ; dans le Tarn, à Montcabrier et Roquecourbe (Cambon et al., 1995, p. 196, 231) ; dans les Hautes-Pyrénées, à Pujo et Saint-Pé-de-Bigorre (Lussault, 1997, p. 224, 233-234) ; en Haute-Garonne, outre Muret et Vieille-Toulouse, à Palaminy (Massendari, 2006, p. 233, 291, 299). La base Artefacts nous renseigne par ailleurs sur de potentielles trouvailles dans le Gers (CTL-4002 n° 32) et dans l’Aveyron, à Millau (CLT-4005 n° 13). Une enquête muséale plus approfondie permettrait sans doute de compléter ce corpus.

9 On signale que l’inventaire 25725, en accord avec les conservateurs lors de notre étude dans les réserves, n’est probablement pas un objet antique (voir le n° 563 a dans Roschach 1864 ; 1865 et 1865 ?).

10 La plupart de ces objets ont été inventoriés et mentionnés au fur et à mesure des découvertes faites sur le site dans les comptes rendus et Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France (voir notamment t. XVII, XVIII, XIX, et XXI).

11 Galliazzo, 1979 : à coupole ou incurvée, à tronc pyramidal et à base rectangulaire, cylindrique.

12 Novakovsky, 1988 : cylindrique, pyramidale, conique, semi-sphérique.

13 Kneifel, 1988 : pyramidale, cylindrique, hémisphérique, conique, conique tronqué.

14 Pomberger, 2018.

15 Hickmann, 1949, p. 37-40.

16 Villing, 2002.

17 Voir les notes précédentes. On ne détaillera pas ici l’historiographie des typologies proposées pour les cloches romaines synthétiquement présentée dans Pomberger, 2018, p. 6-9. Voir aussi Pomberger, 2016, p. 150-176.

18 Base Artefacts, CTL-4002 avec une chronologie assez longue. Voir également CTL-4007, CTL-4008 ; Musiques !, n° 253, 256-257, p. 273. Voir d’autres exemples chez Jílek, 2008.

19 Hickmann, 1949, p. 66-68.

20 Base Artefacts, CLT-4001. Voir aussi CLT-4023.

21 Base Artefacts, CLT-4023.

22 Ce point est discuté par la suite.

23 Voir Anderson, 1976 pour des cloches ornées d’une double figure d’époque romaine et par exemple celle de Bès n° 33, p. 32.

24 Base Artefacts, CLT-4005 et CLT-4017. Voir aussi CLT-4006 ; Musiques !, n° 254-255, p. 273.

25 Base Artefacts, CLT-4003.

26 Base Artefacts, CLT-4004. Voir aussi Musiques !, n° 258, p. 273.

27 Base Artefacts, avec une proximité toute relative, CLT-4009, CLT-4010 et CLT-4014.

28 Base Artefacts, CLT-4006. De façon plus éloignée, une affinité se crée avec CLT-4005.

29 Szászné-Burger, 1955.

30 Les cloches sont parfois inscrites, ce qui peut faciliter l’interprétation de leurs usages. Voir par exemple Delatte, 1919 ; Salvini, Caumont, 2001. Ce n’est pas le cas des objets de notre corpus.

31 Topál, 2002, p. 3, n° 4a-4f.

32 Melini, 2008, p. 70-73.

33 Un exemple en terre cuite provenant d’Alexandrie : Blázquez Martínez, 2007, fig. 1-2. Voir aussi Anderson, 1976, p. 37, n° 45-46.

34 Pour une équivalence typologique mais aussi une contextualisation archéologique plus poussée, voir par exemple Mazimann, 2012, Mocchi, 2018, p. 13. Pomberger, 2018, p. 13 propose rapidement deux types pour les cloches en fer qui correspondent aux trois exemplaires présentés ici. Voir aussi Artefacts, SNL-4001.

35 N° 26-27 sont mentionnés dans l’inventaire muséal comme provenant d’un oppidum du Quercy.

36 Voir des exemples (d’un type éloigné) dans Hickmann, 1949, p. 46 (inv. 69289). L’auteur identifie ces clochettes d’époque ptolémaïque comme des éléments de pendentifs.

37 Inventaires 27838-27841, 27845, etc. Voir pour illustration Melini, 2008, p. 72-73 ; Fileri, 2012, p. 640.

38 Avisseau-Broustet et al., 2014, p. 166, fig. 101 et sur Artefacts, OSC-4001. Ce type de buste / carillon est également attesté en Campagnie (Franken).

39 Trad. A. Brenot, Paris, les Belles Lettres, 1969.

40 Trad. P. Valette, Paris, les Belles Lettres, 1985 (1945).

41 On trouve parfois le terme de grelot pour ce pluriel de tintinnabulum dans les traductions.

42 Mocchi, 2018, p. 4.

43 Trad. A. Ernout, Paris, les Belles Lettres, 1972 (1938). En note sur ce passage : « Plaisanterie classique. Les victimaires sont les bourreaux (carnifices) qui demeuraient en dehors de la ville, extra portam Esquilinam ; les tintinnabula sont, soit les chaînes qu’ils portent pour attacher les suppliciés, soit des clochettes pour avertir les gens de leur présence, et les préserver de leur contact qui passait pour impur ».

44 Trad. A. Ernout, Paris, les Belles-Lettres, 1970.

45 Mocchi, 2018, p. 22. Voir également Hickmann, 1949, n° 69552.

46 Voir, à propos de l’équipement des bêtes par les Troglodytes, Strabon, Géographie, XVI, 4, 17 : Τρωγλοδυτῶν ῥάβδοις παλιουρίναις δήσαντες τὸν αὐχένα τῶννεκρῶν πρὸς τὰ σκέλη, ἔπειτα εὐθὺς καταλεύουσιν ἱλαροί, γελῶντες ἅμα, ἕως ἂν τοῦ τὴν ὄψιν σώματος ἀποκρύψωσιν· εἶτ´ἐπιθέντες κέρας αἴγειον ἀπίασιν. ὁδοιποροῦσι δὲ νύκτωρ ἐκ τῶνἀρρένων θρεμμάτων κώδωνας ἐξάψαντες, ὥστ´ ἐξίστασθαι τὰθηρία τῷ ψόφῳ·.

47 Trad. J. Labourt, Paris, les Belles Lettres, 1953.

48 Trad. J. Labourt, Paris, les Belles Lettres, 1953.

49 Ziegler, 1979, p. 68-69, n° 92-93.

50 Ziegler, 1979, p. 69-70, n° 94-99.

51 Anderson, 1976, p. 36, n° 43.

52 Trad. A. Ernout, Paris, les Belles Lettres, 1961.

53 Trad. P. Labriolle et Fr. Villeneuve, les Belles Lettres, 1951.

54 Peut-être une référence implicite aux chaudrons de Dodone ? Voir la citation suivante de Pline l’Ancien.

55 Trad. H. Ailloud, Paris, les Belles Lettres, 1967.

56 On trouvera ces tintinnabula dans d’autres contextes cultuels, par exemple dans la partie occidentale de l’Empire : voir par exemple les différentes contributions du volume 64 des Monographies Instrumentum (Bertrand, Monteil, Raux (éd.), 2019, 23-24 ; 68-69 ; 72-73 ; 132 ; 206 ; 512-513 ; 526-257.

57 Trad. R. Bloch, Paris, les Belles Lettres, 1981 (modifiée).

58 Trad. H. J. Izaac, Paris, les Belles Lettres, 1961.

59 Simpson, 2007.

60 Voir Strabon, Géographie, XIV, 2, 21 : κιθαρῳδοῦ γὰρ ἐπιδεικνυμένουτέως μὲν ἀκροᾶσθαι πάντας· ὡς δ´ ὁ κώδων ὁ κατὰ τὴνὀψοπωλίαν ἐψόφησε, καταλιπόντας ἀπελθεῖν ἐπὶ τὸ ὄψον πλὴνἑνὸς δυσκώφου· τὸν οὖν κιθαρῳδὸν προσιόντα εἰπεῖν ὅτι „ὦἄνθρωπε πολλήν σοι χάριν οἶδα τῆς πρός με τιμῆς καὶφιλομουσίας· οἱ μὲν γὰρ ἄλλοι ἅμα τῷ κώδωνος ἀκοῦσαιἀπιόντες οἴχονται.“ ὁ δέ „τί λέγεις;“ ἔφη „ἤδη γὰρ ὁ κώδωνἐψόφηκεν;“ εἰπόντος δέ „ εὖ σοι εἴη“ ἔφη καὶ ἀναστὰς ἀπῆλθε καὶαὐτός.

61 Trad. R. Flacelière et E. Chambry, Paris, les Belles Lettres, 1978.

62 Trad. R. Flacelière et E. Chambry, Paris, les Belles Lettres, 1979.

63 Trad. R. Flacelière et E. Chambry, Paris, les Belles Lettres, 1979.

64 Plus tardivement, le tintinnabulum est mentionné comme un indicateur pour Saint Benoît reclus, lui faisant savoir que Romain lui avait apporté de la nourriture. Voir Grégoire le Grand, Dialogues, II, 1 : Ad eumdem uero specum a Romani cella iter non erat, quia excelsa desuperrupes eminebat: sed ex eadem rupe in longissimo fune ligatum Romanus deponere panem consueuerat: in quaetiam resti paruum tintinnabulum inseruit: ut ad eius sonum uir Dei cognosceret, quando sibi Romanus panempraeberet, quem exiens acciperet. Sed antiquus hostis unius caritati inuidens, alterius refectioni: cum quadamdie submitti panem conspiceret, iactauit lapidem, et tintinnabulum fregit: Romanus tamen horis congruentibusministrare non desiit.

65 Vincent, 2016, notamment p. 227-228.

66 Voir le passage de Plutarque précédemment cité.

67 L’exemple nous vient de la Tabula Puteolana, II, 11-14. Voir Zaninotto, 1987, p. 6-8 ; Hinard, 2003.

68 Si on prend pour seul exemple le catalogue de Cervelli, 1994, plusieurs clochettes (n° 1055 à 1140) sont mentionnées et les rares objets illustrés, le plus souvent datés de l’époque hellénistique, rappellent les types évoqués dans cet article. Les modèles diffusés à l’époque romaine sont-ils alors des créations ou des reprises de modèles préexistant dans d’autres civilisations ?

69 Delatte, 1919 ; Neri, 2012, p. 475.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1.
Légende Musée Clément Ader et les Grands Hommes, Muret, a) inv. 1968.3.20 ; Musée archéologique départemental, Saint-Bertrand-de-Comminges b) inv. 4000 ; c) inv. 4104 ; d) inv. 4107 ; Musée Saint-Raymond, Toulouse, e) inv. 74.18 ; f) inv. 74.20 ; g) inv. 29267 ; Musée Campanaire, L’Isle-Jourdain, h) inv. MAC AR 2 ; i) inv. MAC AR 7 ; j) inv. MAC AR 14 ; k) inv. MAC AR 18 ; l) MAC AR 38 ; Musée archéologique départemental, Saint-Bertrand-de-Comminges, m) dessin inv. 4001, 1er mars 1935.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/19935/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 656k
Titre Fig. 2.
Légende Musée Saint-Raymond, Toulouse, a) inv. 74.12 ; b) inv. 74.15 ; c) inv. 74.17 ; d) inv. 74.19 ; e) inv. 29268 ; f) inv. 75.11.68 (Cliché J. Rougé, MSR) ; Musée campanaire, L’Isle-Jourdain, g) inv. MAC AR 5.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/19935/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 842k
Titre Fig. 3.
Légende Musée campanaire, L’Isle-Jourdain, a) inv. MAC AR 1 ; b) inv. MAC AR 8 ; Musée Saint-Raymond, Toulouse, c) inv. 74.14 ; d) inv. VT71 S n° 133 ; e) inv. 74.16.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/19935/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 574k
Titre Fig. 4.
Légende Musée Saint-Raymond, Toulouse, a) inv. 29265 ; b) 29266.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/19935/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 452k
Titre Fig. 5.
Légende Musée Saint-Raymond, Toulouse, a) inv. 74.3A ; Musée Campanaire, L’Isle-Jourdain, b) inv. MAC AR 31.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/19935/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 572k
Titre Fig. 6.
Légende Musée archéologique départemental, Saint-Bertrand-de-Comminges, a) inv. 4128 ; b) inv. 4129.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/docannexe/image/19935/img-6.jpg
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Pour citer cet article

Référence papier

Arnaud Saura-Ziegelmeyer, « À propos de quelques tintinnabula antiques des collections du Midi »Pallas, 115 | 2021, 93-120.

Référence électronique

Arnaud Saura-Ziegelmeyer, « À propos de quelques tintinnabula antiques des collections du Midi »Pallas [En ligne], 115 | 2021, mis en ligne le 24 août 2022, consulté le 23 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/19935 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/pallas.19935

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Auteur

Arnaud Saura-Ziegelmeyer

Université Toulouse-Jean Jaurès

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