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Les désastres militaires romains : mémoire et postérité

La bataille de Carrhes (53 av. J.-C.) : de la défaite au désastre patriotique

The Battle of Carrhae (53 a.C.): from defeat to patriotic disaster
Benoît Lefebvre
p. 345-364

Résumés

La bataille de Carrhes est une des plus célèbres défaites de l’histoire romaine. Cependant, elle n’a eu que peu de conséquences sur la présence romaine en Orient et son importance s’explique surtout par la place qu’elle occupait dans la mémoire collective. Pourquoi les Romains ont-ils considéré la défaite comme un désastre pour leur honneur ? En fait, il faut distinguer la bataille de sa place dans la tradition romaine. Afin de venger la défaite, Auguste a inventé le désastre de Carrhes en lui donnant une signification que la bataille n’avait pas avant. À cette époque, les Parthes apparaissent soudain dans l’imaginaire romain comme de redoutables ennemis. Pendant et après le règne d’Auguste, les Romains ont fait de la bataille de Carrhes un événement exemplaire mais n’ont pas toujours su tirer les leçons de leur échec.

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Texte intégral

  • 1 Le nom de la ville moderne est Harran. Elle se situe dans le sud-est de la Turquie, à la frontière (...)

1Le 9 juin 53 av. J.-C., près de la ville de Carrhes, une armée romaine comptant entre 30 000 et 40 000 hommes et commandée par Marcus Licinius Crassus a été vaincue et décimée par une armée de milliers de cavaliers parthes, dont une majorité d’archers montés1.

  • 2 Denys d’Halicarnasse, II, 6, 4 : ἐμφανεστάτη δὲ καὶ μεγίστη καὶ κατὰτὴνἐμὴνἡλικίαν (« La catastroph (...)
  • 3 Traina, 2011a, p. 5 ; 2011b, p. 210.
  • 4 Sur cet épisode de la bataille : Traina, 2017, p. 91-102.
  • 5 Lerouge, 2007, p. 285.
  • 6 Pour un résumé rapide et récent de la bataille : Traina, 2011a, p. 81-94 ; Lerouge, 2007, p. 282-29 (...)

2Pour certains auteurs romains, cette défaite est d’une importance majeure et catastrophique2. Pourtant, qu’a-t-on retenu de la bataille à travers les sources ? Plutarque et Dion Cassius ne donnent pas beaucoup d’informations et ne retiennent de la bataille que des « impressions »3 ou des clichés : les Parthes qui ouvrent le combat en faisant résonner des tambours4, les flèches innombrables tirées par les Parthes, les Romains incapables de riposter, les cavaliers parthes insaisissables, la mort de Crassus5… L’ensemble de la documentation ne permet pas toujours de reconstituer le déroulement des faits, mais les principales étapes du combat nous sont connues6.

  • 7 Lucain, I, 100.
  • 8 Florus, II, 19, 3 (IV, 8) ; Lucain, I, 100-108 ; III, 264-265 ; Appien, BCiv., II, 12, 83.
  • 9 Cicéron, Fam., II, 10, 2-4 ; II, 17, 3 ; VIII, 7, 1 ; XV, 1, 2 ; XV, 4, 2 ; Atticus, V, 16, 4 ; Dio (...)

3Il a fallu quelques décennies pour que la bataille devienne plus qu’un simple événement : le symbole de l’affrontement entre deux mondes. Mais a-t-elle eu au moins des conséquences sur le plan politique et géopolitique ? La conséquence immédiate à Rome fut la rupture de l’équilibre politique, avec la mort du triumvir Crassus7. Cette victoire aurait enhardi et incité les Parthes à profiter de la faiblesse des Romains8. Ils font plusieurs incursions9 mais n’ont pas profité de leur victoire pour conquérir des territoires.

  • 10 Certains chercheurs considéraient pourtant qu’il existait une menace parthe : Wiesehöfer, 2005, p.  (...)

4Alors pourquoi accorder autant d’importance à une défaite qui, malgré des pertes importantes – mais moins élevées que lors d’autres défaites – et la mort du commandant, n’a pas eu de conséquences majeures sur la présence romaine en Orient ? Les Parthes ne sont aucunement comparables aux Gaulois qui s’apprêteraient régulièrement à fondre sur l’Italie, ravivant le souvenir traumatique de la prise de Rome par Brennus vers 390 av. J.-C. Ainsi, le metus Gallicus est plus présent dans les mémoires et représentations collectives que le metus Parthicus10. Pourtant, si les Romains ont vaincu les Gaulois, ils n’ont jamais soumis les Parthes. De plus, contrairement aux défaites militaires de la Seconde Guerre punique ou à celles, plus récentes, de la Guerre sociale, celle de Carrhes n’a pas menacé la survie de Rome.

  • 11 Cette notion est pourtant contestable : Traina, 2011a, p. 146.
  • 12 Lerouge, 2007, p. 292 ; Wheeler, 2007, p. 260 ; Sage, 2008, p. 260 ; Traina, 2011a, p. 147.
  • 13 On trouve déjà cette opposition à l’époque romaine : Hérodien, IV, 10, 3 ; Dion Cassius, XLIX, 29, (...)
  • 14 Traina, 2011a, p. 72 ; Breccia, 2012, p. 194.
  • 15 Brizzi, 2004, p. 203. Sur les problèmes autour de la notion d’« Occident » : Morillo, 2013, p. 89-9 (...)
  • 16 Brizzi, 2004, p. 208 : une défaite « anormale » ; Sampson, 2008, p. 170 : une bataille incompréhens (...)
  • 17 Traina, 2011a, p. 143-144.

5Bien que la bataille n’ait pas eu de conséquences déterminantes sur le plan géopolitique, il est devenu commun de la désigner comme étant décisive11. Pour certains, elle est l’illustration de la puissance des armées parthes et de l’efficacité de leur tactique12. Elle recoupe également différentes oppositions schématiques : cavaliers et fantassins13, sédentaires et nomades14, Orient et Occident15. Pour d’autres, la défaite est embarrassante16, notamment pour les défenseurs d’un « modèle occidental de la guerre »17.

6En réalité, il faut distinguer la bataille de ses conséquences dans la mémoire romaine. La bataille de Carrhes est d’abord considérée comme une défaite militaire sans lendemain avant de devenir à l’époque augustéenne un désastre patriotique. Il faut s’interroger sur les raisons de cette évolution, sans reprendre les débats historiographiques sur le caractère décisif ou non de cette bataille, l’objectif étant de comprendre comment une défaite, moins grave que d’autres, a pu occuper en quelques décennies une place aussi importante dans la mémoire collective, au point d’occulter d’autres échecs qui auraient pu être beaucoup plus graves pour Rome, comme ceux rencontrés par les Romains lors de la Guerre sociale en Italie.

7Nous partirons des textes grecs et romains, car les sources parthes sont inexistantes, mais aussi des témoignages iconographiques et des monuments. Les multiples allusions à la bataille de Carrhes dans les sources, notamment d’époque impériale, montrent que son importance a sans doute été exagérée. C’est surtout une trentaine d’années après la bataille que Carrhes devient non seulement un affront à venger, mais aussi la matrice de tout un imaginaire autour des Parthes : l’époque augustéenne marque la naissance de Carrhes comme un problème et un défi posé à l’identité romaine. Les Romains ont fait de la défaite de Carrhes un événement exemplaire dont ils n’ont pas toujours su, toutefois, tirer les leçons militaires et politiques.

1. Quelle est la place de la bataille de Carrhes dans la mémoire romaine ?

1.1. La bataille de Carrhes dans les textes : de la République à l’Antiquité tardive

  • 18 Denys d’Halicarnasse, II, 6, 4.

8Plusieurs indices montrent que la bataille a eu un certain retentissement à Rome dans les années qui ont suivi. Cependant, les sources qui la mentionnent sont assez tardives. Ainsi, César, contemporain des événements, n’écrit rien de particulier à son sujet. Denys d’Halicarnasse, quant à lui, est le seul auteur à considérer l’événement comme une « catastrophe »18.

  • 19 Sur ce projet : Plutarque, Pompée, 76, 6-9 ; Appien, BCiv., II, 12, 83 ; Dion Cassius, XLII, 2, 5-6 (...)
  • 20 Lucain, VIII, 289-327, 365-390, 421-422, 431-439. Voir aussi Justin, Philippiques, XLII, 4, 6 : les (...)

9Après sa défaite à Pharsale, Pompée aurait envisagé de trouver du soutien auprès des Parthes19. Chez Lucain, il n’hésite pas à mettre en valeur leurs qualités militaires. Il est dissuadé par son lieutenant Lentulus, qui mobilise tous les poncifs sur les Orientaux, évoque le souvenir de Crassus et accuse même Pompée d’avoir « sacrifié la vengeance des Crassus »20.

  • 21 Sur ce projet d’expédition : Timpe, 1962, p. 114-115 ; Malitz, 1984 ; Sommer, 2010 ; Traina, 2011b, (...)
  • 22 Suétone, César, 44, 6 ; 79, 4 ; Plutarque, César, 60, 2.
  • 23 Sommer, 2010, p. 123-127.
  • 24 Rohr Vio, 2009, p. 102.
  • 25 César, BCiv., III, 31, 3-4. La défaite est évoquée pour insister sur les dangers que pourrait couri (...)
  • 26 Suétone, César, 44, 6 ; 79, 4.
  • 27 Rohr Vio, 2009, p. 102 ; Sommer, 2010, p. 126-127, 135.
  • 28 Cicéron, Atticus, XIII, 27, 1 (25 mai 45 av. J.-C.).
  • 29 Plutarque, César, 58, 6-7.

10Peu avant la mort de César, le projet d’une expédition contre les Parthes aurait commencé à prendre forme21. Là aussi, les sources qui mentionnent ce projet sont tardives22, et on ne peut que formuler des hypothèses sur les motivations23. S’agissait-il déjà de venger Crassus24 ? César évoque la défaite dans son Bellum Ciuile mais dans le but précis de dénigrer les Pompéiens25. Suétone mentionne le projet de conquête mais ne fait aucun lien avec la bataille de Carrhes, ni avec la mort de Crassus26. Le projet aurait pris forme au moment des derniers épisodes de la guerre civile27, et Cicéron y fait allusion en 45 av. J.-C.28. La personnalité de César et son ambition29 sont à prendre en compte.

  • 30 Traina, 2011b, p. 212. Sur cette expédition : Timpe, 1962, p. 119-126 ; Dabrowa, 2006.
  • 31 Appien, BCiv., V, 65, 275 : l’expédition viserait à « venger la traîtrise commise envers Crassus ». (...)
  • 32 Florus, II, 20, 2 (IV, 10) ; 21, 2 (IV, 11). Florus reprend un argument déjà utilisé par plusieurs (...)

11L’expédition d’Antoine en 36 av. J.-C. visait-elle à venger la défaite30 ? Appien est le seul à mentionner un projet de vengeance31. Les autres sources jugent sévèrement Antoine : rongé par l’ambition, il aurait attaqué les Parthes sans véritable déclaration de guerre32, ce qui est contraire aux règles de la « guerre juste » (bellum iustum).

12Compte tenu de l’état des sources, il est très difficile d’affirmer que les expéditions de César et d’Antoine avaient pour motivation la vengeance, dont ils auraient très bien pu tirer prétexte pour réaliser de nouvelles conquêtes. Attribuer aux imperatores de la fin de la République le souhait de venger la défaite de Carrhes serait donc une tradition tardive et finalement peu répandue.

  • 33 Valère Maxime, I, 6, 11 ; Pline l’Ancien, HN, V, 86 ; Ammien Marcellin, XXIII, 3, 1.
  • 34 Valère Maxime, I, 6, 11 ; Fronton, Sur la guerre parthique, 1 ; Dion Cassius, XL, 25, 1 ; 28, 2 ; E (...)
  • 35 Traina, 2011b, p. 209.
  • 36 Velleius Paterculus, II, 82, 2 : qui clade Crassiani exercitus captus.
  • 37 Properce, III, 4, 9 : Crassos clademque piate ! (« Expiez les Crassus et leur défaite ! »).
  • 38 Florus, II, 34, 63 (IV, 12) : Parthi quoque, quasi victoriae paeniteret, rapta clade Crassiana sign (...)
  • 39 Suétone, Auguste, 23, 1.

13À l’époque impériale, Carrhes en tant que lieu et bataille est toujours célèbre33. Cependant, le nom apparaît plutôt comme une donnée géographique servant à préciser le cadre de l’action34. C’est surtout Crassus, considéré comme le responsable de la défaite, qui lui donne son nom35. Velleius Paterculus mentionne le « désastre de l’armée de Crassus »36 (clades Crassiani exercitus), mais Properce à l’époque d’Auguste est le premier à associer le désastre (clades) à Marcus Crassus et à son fils, Publius Crassus, qui ont tous les deux trouvé la mort37. Florus, quant à lui, emploie l’expression clades Crassiana, ou « désastre de Crassus »38. Avec cette tournure, la défaite de Carrhes passe à la postérité, au même titre que l’embuscade de la forêt de Teutobourg en 9, appelée aussi clades Variana39.

  • 40 Denys d’Halicarnasse, II, 6, 4 ; Tite-Live, Periochae, 106.
  • 41 Servius, Énéide, VII, 606.
  • 42 César, BCiv., III, 31, 3-4 ; Ovide, Fastes, V, 580-584 ; VI, 467-468 ; Velleius Paterculus, II, 119 (...)
  • 43 Florus, I, 5, 8 (I, 11).
  • 44 Plutarque, Antoine, 37, 2 ; Appien, BCiv., V, 65, 275 ; Dion Cassius, XLII, 2, 5-6. Cependant, Appi (...)

14Ainsi, dans la plupart des textes, c’est Crassus qui porte la guerre chez les Parthes40 et perd les enseignes de Rome41, et c’est sa mort qui devient, par métonymie, synonyme de la destruction de son armée42. Finalement, le nom de Carrhes est très peu utilisé par les auteurs, à l’exception de Florus, pour désigner la défaite43. Sous le Haut-Empire, la défaite est surtout un désastre pour les auteurs de langue latine, alors que les auteurs grecs – moins nombreux à en parler – l’évoquent en termes plus neutres et plus généraux44.

  • 45 Brizzi, 2004, p. 203. Selon Lerouge, 2007, p. 21, l’image des Parthes est liée à l’actualité.

15La bataille de Carrhes étant une défaite militaire, on peut s’attendre à ce que les mentions de la bataille dans les sources coïncident avec les périodes de conflit entre Romains et Parthes45.

1.2. Conflits romano-parthiques et souvenir de la bataille de Carrhes : enjeux mémoriels et historiographiques

  • 46 Velleius Paterculus, II, 119, 1.
  • 47 Suétone, Auguste, 23, 1 : la défaite a failli être fatale à Rome (paene exitiabilis). Pourtant, les (...)

16Les Romains ont mené d’autres guerres contre les Parthes et ont subi d’autres défaites. Le souvenir de la bataille était-il réactivé à chaque fois ? En réalité, ce n’est pas vraiment le cas. Tout au plus peut-on deviner des allusions en fonction du contexte d’écriture. Velleius Paterculus mentionne la défaite mais pour la comparer avec celle de Teutobourg46, que Suétone plus tard considère comme très grave47.

  • 48 Toutefois, Traina, 2011b, p. 214 : Sénèque, qui compare l’ambition de Crassus à celle de Xerxès ou (...)
  • 49 Sur cette défaite : Tacite, Annales, XV, 13, 2 ; Dion Cassius, LXII, 21, 2. Dion Cassius ajoute plu (...)
  • 50 Pour une reconstitution des faits : Lightfoot, 1990, p. 115-126. Sur l’apport de l’archéologie : Ja (...)
  • 51 Traina, 2011b, p. 215 ; 2017, p. 98. Voir aussi Dion Cassius, LXVIII, 29, 1.
  • 52 Dion Cassius, LXXI, 2, 1 : destruction d’une légion sous les flèches parthes.
  • 53 Fronton, Sur la guerre parthique, 1 ; PH, 6.
  • 54 Fronton, PH, 7. Voir aussi Ammien Marcellin (XIV, 1, 4 ; XVIII, 1, 18 ; XXIII, 5, 17), qui fait le (...)
  • 55 Sources sur la bataille : Hérodien, IV, 15, 2. Voir aussi Wheeler, 2007, p. 261, 576.

17Pendant la guerre qui oppose Rome aux Parthes sous Néron, aucune allusion particulière n’est faite dans les sources48, même après la défaite de Rhandeia49. Au iie siècle, la plus grande campagne menée contre les Parthes est celle de Trajan, entre 114 et 11750. Plutarque rédige sa biographie de Crassus au moment où Trajan prépare son expédition51. L’exemple de la défaite de Carrhes ne dissuade donc pas l’empereur d’attaquer. En 161, Rome subit une lourde défaite à Élégeia face aux Parthes52. Lucius Verus mène la contre-attaque et s’empare de Ctésiphon. Fronton mentionne deux fois la bataille de Carrhes dans son œuvre consacrée aux guerres contre les Parthes53, mais préfère comparer la campagne de Lucius Verus (161-166) avec celle de Trajan, plus proche dans le temps et à l’issue moins funeste54. En 218, Macrin affronte les Parthes à la bataille de Nisibe, qui se solde par un bilan plus que mitigé pour les Romains et la conclusion d’un traité de paix. Les sources ne font aucune comparaison explicite entre Carrhes et Nisibe55.

  • 56 Aurelius Victor, Livre des Césars, 32, 5. Pour plus de détails, voir Zosime, I, 36, 1-2.
  • 57 Paratore, 1966, p. 551. Voir aussi Traina, 2011a, p. 139 ; 2011b, p. 216 : le commentaire que fait (...)
  • 58 Aurelius Victor, Livre des Césars, 33, 2. Sur la défaite : Lactance, De la mort des persécuteurs, V (...)
  • 59 Ammien Marcellin, XXIII, 3, 1 : Carras, antiquum oppidum, Crassorum et Romani exercitus aerumnis in (...)

18En 260, l’empereur Valérien est fait prisonnier par les Sassanides près d’Édesse, non loin de Carrhes56. Cette capture a-t-elle remplacé la bataille de Carrhes dans les mémoires aux iiie et ive siècles57 ? De la même manière que plusieurs auteurs ont mentionné le « désastre de Crassus », Aurelius Victor évoque le « désastre de Valérien » (Valeriani clades)58. Pourtant, la capture de Valérien ne diminue en rien l’importance de la défaite de Crassus dans les mémoires. À la fin du ive siècle, Ammien Marcellin évoque encore le souvenir de Carrhes, qu’il décrit comme une « ville ancienne, illustrée par les malheurs des Crassus et de l’armée romaine »59.

19La place de la bataille de Carrhes dans la mémoire romaine pose problème pour deux raisons. Premièrement, nombreux sont les auteurs, notamment à l’époque impériale, qui font de la défaite un point de repère indélébile dans les guerres entre Romains et Parthes, alors que celle-ci n’a eu que peu de conséquences concrètes et directes. En second lieu, une guerre entre Rome et les Parthes ne préjuge pas nécessairement de la résurgence du souvenir de Carrhes dans les textes. Celui-ci joue sans doute dans l’écriture des récits historiques, mais il est rarement explicite. C’est à l’époque augustéenne que la bataille de Carrhes acquiert une signification dépassant de loin sa portée réelle et qu’elle devient ce qu’elle n’a jamais vraiment été : un événement incontournable et fondateur.

2. Le désastre de Carrhes : émergence d’un problème à l’époque augustéenne

2.1. Venger la défaite : une initiative d’Auguste ?

2.1.1. Le retour des enseignes : un événement à l’importance surestimée ?

  • 60 Properce, III, 4, 13-21 ; IV, 6, 83-84 ; Horace, Odes, II, 13, 17-19 ; Ovide, Fastes, V, 580-584 ; (...)
  • 61 Wheeler, 2007, p. 261 : la bataille de Carrhes devient vraiment importante après l’accord de 20 av. (...)
  • 62 Virgile, Énéide, VII, 606 ; Horace, Épîtres, I, 18, 56 ; Ovide, Ars amatoria, I, 177-180 ; Tristes, (...)
  • 63 Lerouge, 2007, p. 99. À Rome, les premières images des Parthes apparaissent après la récupération d (...)
  • 64 Rose, 2005, p. 21-28 ; Lerouge, 2007, p. 106-110.
  • 65 Ovide, Fastes, V, 545-598. Auguste avait fait le vœu de le construire en 42 av. J.-C., au moment de (...)
  • 66 Gaslain, Maleuvre, 2006, p. 169-170. Wheeler, 2007, p. 261 : un « non-événement ».
  • 67 Dion Cassius, LIV, 8, 1 ; Plutarque, Antoine, 37, 2. Traina, 2011b, p. 209 : les Parthes auraient f (...)
  • 68 RGDA, 5-6 ; Suétone, Auguste, 21, 7 ; Tibère, 9, 1 (ne mentionne que les enseignes de Crassus). Cf. (...)
  • 69 Pourtant, des auteurs appellent encore à la guerre malgré la restitution des enseignes : Properce, (...)
  • 70 Velleius Paterculus, II, 94, 4 ; Horace, Épîtres, II, 1, 256.
  • 71 Wiesehöfer, 2005, p. 111 ; Gaslain, Maleuvre, 2006, p. 170.

20Dans la construction du mythe de Carrhes, la période augustéenne est décisive pour deux raisons. Premièrement, le désir de vengeance devient explicite60. Ensuite, Auguste s’est emparé du souvenir de Carrhes pour en faire un événement fondateur61. L’intérêt des auteurs se porte notamment sur la capture des enseignes, ressentie comme une véritable humiliation62. Dans les consciences antiques et modernes, l’année 20 av. J.-C., qui voit la restitution des enseignes et des prisonniers, constitue un moment clé dans les relations romano-parthiques63. Un vaste programme architectural et iconographique autour de cet événement se met en place64, comme la construction d’un sanctuaire sur le Capitole en 19 av. J.-C. pour y entreposer les enseignes, avant leur transfert dans le temple de Mars Vltor, construit et consacré en 2 av. J.-C.65. Or, le retour des enseignes n’avait de l’importance que pour les Romains66. Le sort des prisonniers n’est pas évoqué67. La propagande augustéenne présente de manière exagérée la restitution des enseignes comme une victoire68. Mais comment faire en sorte que la « paix » conclue entre Auguste et le roi des Parthes ne soit pas considérée comme une renonciation à venger les défaites romaines69, ou tout simplement comme un échec ? La propagande d’Auguste présente, entre autres, le roi des Parthes comme un partenaire dépendant de Rome qui demande la paix, frappé par le renom d’Auguste70, ce qui n’était pas le cas dans les faits71.

2.1.2. La bataille de Gindaros (38 av. J.-C.) : une vengeance insuffisante pour Auguste ?

  • 72 Pour une biographie de ce personnage : Seaver, 1952 ; Bülher, 2009.
  • 73 Sur les succès remportés en Orient par Ventidius Bassus : Timpe, 1962, p. 116-119 ; Rohr Vio, 2009, (...)
  • 74 Les sources sur le triomphe sont nombreuses : Rohr Vio, 2009, p. 119, n. 163-165. La titulature ins (...)
  • 75 Ibid., p. 123-126.
  • 76 Valère-Maxime, VI, 9, 9 ; Tacite, Germanie, 37, 3 ; Plutarque, Antoine, 34, 1-9 ; Florus, II, 19, 7 (...)
  • 77 Ibid., p. 126-133. Pourtant, Florus (II, 19, 5-6 (IV, 8)) parle de « chance incroyable » (incredibi (...)
  • 78 Aulu-Gelle, XV, 4, 4 ; Eutrope, VII, 5 ; Festus, 18, 1. Voir aussi Velleius Paterculus, II, 65, 3 ; (...)
  • 79 Plutarque, Antoine, 34, 9 ; Pline l’Ancien, HN, VII, 43 ; Juvénal, VII, 199-201 ; Aulu-Gelle, XV, 4 (...)

21Cependant, quelques années auparavant, une victoire militaire romaine retentissante a été considérée par plusieurs auteurs comme une juste vengeance de la défaite de Carrhes. Il s’agit de la victoire de Gindaros (38 av. J.-C.), remportée sur les Parthes par Ventidius Bassus, lieutenant d’Antoine72. Ventidius Bassus a battu les Parthes lors de trois combats73. Le 27 novembre 38 av. J.-C., il célèbre à Rome son triomphe ex Tauro monte et Partheis74. Le triomphe est fréquemment attesté dans les sources mais paradoxalement les auteurs, postérieurs à l’époque d’Auguste, donnent peu de détails. Quelle est la place de la bataille dans la mémoire romaine ? Assez rapidement, et probablement dès l’époque octavienne, le lien est fait entre la campagne victorieuse de Ventidius Bassus et la bataille de Carrhes, désormais vengée75. Une tradition veut même que ce succès ait eu lieu le même jour que le désastre de Carrhes76. Ventidius Bassus n’a fait que chasser les Parthes des territoires romains, n’a réalisé aucune conquête militaire et surtout n’a pas récupéré les enseignes perdues. Il devient pourtant dans la littérature d’époque impériale un exemplum77 : il apparaît comme le premier Romain – voire le seul – à avoir célébré un triomphe sur les Parthes78 et est décrit comme un homme aux origines modestes à qui la fortune a souri79. Son cas est particulier puisqu’il a aussi battu et tué au combat Pacorus, fils du roi parthe.

  • 80 Rohr Vio, 2009, p. 138, 154.
  • 81 Ibid., p. 141. Selon Paratore, 1966, p. 536, le bilan mitigé de l’expédition d’Antoine aurait terni (...)
  • 82 Rohr Vio, 2009, p. 144-145.
  • 83 Strugnell, 2006, p. 239-240 ; Rohr Vio, 2009, p. 135, 145 ; Lerouge, 2007, p. 110.

22Il faut distinguer deux traditions historiographiques, l’une d’époque octavienne et l’autre d’époque augustéenne. Tant qu’Octave n’avait pas la possibilité de venger la défaite lui-même et d’en récupérer les bénéfices, il n’avait aucune raison de remettre en cause l’idée selon laquelle la bataille de Gindaros a vengé celle de Carrhes80. En faisant de la campagne de Bassus le symbole de la revanche, Octave privait son rival Antoine d’un argument de poids pour justifier son expédition81. Le lien s’efface progressivement dès qu’Octave devient le seul maître du monde romain82. En effet, la figure de Ventidius risque de faire de l’ombre à Auguste, celui-ci cherchant plutôt à résoudre le problème parthe lui-même, notamment par la voie diplomatique83. Il veut apparaître comme celui qui conclut la paix avec les Parthes, après l’échec de ses prédécesseurs.

2.1.3. La dégradation de l’image de Crassus dans les années qui suivent la bataille

  • 84 Properce, III, 4, 9 ; Ovide, Fastes, VI, 467-468 ; Ars Amatoria, I, 177-180. Le motif littéraire de (...)
  • 85 Dion Cassius, XL, 20, 1-4 ; 22, 1 ; 23, 1-2 : un chef arabe, Abgar, donne de fausses informations a (...)
  • 86 Pourtant, Plutarque, Crassus, 21, 2 : des vétérans des campagnes de Pompée en Orient auraient été p (...)
  • 87 Sur cette « surprise » : Sampson, 2008, p. 170 ; Lerouge, 2007, p. 288, 294. Les Romains ont déjà a (...)

23Pour plusieurs auteurs de l’époque augustéenne, venger la défaite de Carrhes signifie aussi venger Crassus84. Dès lors, que devient la figure de Crassus une fois la défaite vengée par le retour des enseignes ? Les auteurs anciens ont essayé de trouver des causes à la défaite : la trahison d’un homme85, le manque d’expérience86 et la surprise des soldats87, ou encore l’incompétence de Crassus.

  • 88 Traina, 2011b, p. 213. Voir aussi Timpe, 1962, p. 112-113.
  • 89 L’or en fusion dans la bouche de Crassus : Florus, I, 46, 11 ; Dion Cassius, XL, 27, 3.
  • 90 Arnaud, 1998, p. 15-20 : l’expédition parthique de Crassus constitue en réalité l’aboutissement d’u (...)
  • 91 Velleius Paterculus, II, 46, 2 ; Sénèque, Questions Naturelles, V, 18, 10 ; Flavius Josèphe, BJ, I, (...)
  • 92 Sur cette tradition historiographique qui remonte à Cicéron (De Finibus, III, 75) : Traina, 2011b, (...)
  • 93 Crassus se moque des présages : Cicéron, De Diuinatione, I, 16, 29 ; Denys d’Halicarnasse, II, 6, 4 (...)
  • 94 Tite-Live, Periochae, 106 ; Sénèque, Lucilius, IV, 7 ; Plutarque, Crassus, 30, 1-2.
  • 95 Plutarque, Crassus, 17, 8-9 ; Dion Cassius, XL, 13, 1-4.
  • 96 Brizzi, 2004, p. 208-210. Traina, 2011a, p. 5, 46, 53-59.
  • 97 Sampson, 2008, p. 146 ; Traina, 2011a, p. 91.
  • 98 Tacite, Annales, XV, 13, 2 ; Dion Cassius, LXII, 21, 2.

24Dès la restitution des enseignes, Crassus devient un contre-modèle88. Victime de sa soif de l’or89, il est rendu responsable du désastre90. Certains auteurs évoquent, outre la cupidité, la soif de gloire et de nouvelles conquêtes, ainsi que l’ambition politique91. Tout est fait pour que la défaite apparaisse comme la faute d’un seul homme92. Dans les textes, Crassus est montré comme étant un général sans grand éclat, qui n’a pas tenu compte des avertissements aussi bien des dieux que des hommes93. Les « erreurs » de Crassus n’empêchent pas certains auteurs d’indiquer que les Parthes se sont montrés perfides et cruels avec lui94. Les auteurs insistent également sur le manque de sens tactique et stratégique de Crassus95. Pourtant, il ne semble pas qu’il ait commis d’erreurs déterminantes dans son commandement96. L’issue de la bataille doit plus au talent militaire du général parthe qu’à « l’incompétence » de Crassus97. C’est là un paradoxe surprenant : c’est au moment où la mort de Crassus a été vengée – et donc son honneur restauré – que celui-ci devient dans les sources un général incompétent, seul responsable de la défaite, alors qu’Auguste de son côté veut apparaître comme le seul artisan de la paix rétablie. Plus tard, lors de la guerre parthique sous Néron, la défaite de Rhandeia a été causée par les choix malheureux et inconséquents du commandant Paetus98, mais celui-ci n’a pas essuyé des critiques aussi acerbes que celles adressées à Crassus.

  • 99 Tite-Live, Periochae, 103, 8 ; Dion Cassius, LI, 26, 5.
  • 100 Dion Cassius, LI, 26, 5.
  • 101 Sur cette affaire : Tarpin, 2003.
  • 102 Ibid., p. 293-295, 306-307.

25Plusieurs années avant le retour des enseignes, il semble même qu’Octave ait voulu confisquer le nom de Crassus, en mettant de côté les exploits accomplis par d’autres membres de sa gens. En 29 av. J.-C., le petit-fils de Crassus, au cours d’une campagne en Macédoine, reprend des enseignes romaines capturées en 61 av. J.-C. par les Bastarnes99. Cependant, il n’obtient ni le titre d’imperator100, ni le droit de consacrer les dépouilles opimes dans le temple de Jupiter Férétrien101. Ce Crassus disparaît ensuite des sources : Octave récupère les bénéfices de la victoire et élimine une figure de la noblesse républicaine qui aurait pu faire de l’ombre à son projet de vengeance102. Cet effacement s’effectue en parallèle d’une appropriation de la figure de Crassus par la propagande impériale. C’est à Auguste qu’il revient de venger la défaite et le nom de Crassus.

26Cependant, après le retour des enseignes, dans un contexte de paix retrouvée, la figure de Crassus s’est transformée de manière négative et son incompétence est devenue un motif constitutif de l’imaginaire autour de la bataille. La bataille de Carrhes a également marqué l’irruption dans la mémoire romaine d’un nouvel ennemi : les Parthes.

2.2. Carrhes et l’invention d’un imaginaire autour des Parthes à l’époque d’Auguste

  • 103 Traina, 2011a, p. 14-18 ; Lerouge, 2007, p. 44.
  • 104 Sur cette expédition : Arnaud, 1998.
  • 105 Catulle, Carmina, XI, 6.

27Depuis l’époque de Sylla et de Pompée il existait des contacts diplomatiques entre Romains et Parthes103. Lors de l’expédition de Gabinius en 55 av. J.-C.104, Catulle qualifiait les Parthes de « porteurs de flèches » (sagittiferi)105.

  • 106 Lerouge, 2007, p. 294.
  • 107 Ibid., p. 283.
  • 108 Mattern-Parkes, 2003, p. 389 ; Rahim Shayegan, 2011, p. 334.
  • 109 Virgile, Géorgiques, III, 31 ; Properce, IV, 3, 63-66 ; Horace, Odes, II, 13, 17-18 ; Ovide, Fastes(...)
  • 110 Virgile, Énéide, XI, 646-653 ; XII, 855-859 ; Bucoliques, X, 59-60 ; Horace, Odes, I, 29, 9-10 ; Ov (...)
  • 111 Lucain, VIII, 295-296 ; Sénèque, Lucilius, 36, 7 ; Suétone, Vespasien, 6, 7 ; Dion Cassius, XLIX, 2 (...)
  • 112 Plutarque, Crassus, 18, 3 ; 24, 3-4 ; 27, 2 ; Dion Cassius, XL, 22, 4-5. Certains auteurs prennent (...)
  • 113 Wheeler, 2007, p. 259-260 ; Lerouge, 2007, p. 302 ; Hauser, 2006, p. 295-304.

28Les récits de la bataille constituent un moment crucial dans l’élaboration d’un imaginaire autour des Parthes106. Ils deviennent rapidement pour les Romains de redoutables guerriers107, mais aussi des clichés, des stéréotypes108. Le Parthe au combat devient une image récurrente109, et ses armes et tactiques un élément de description ou de comparaison110. Les auteurs romains, historiens et moralistes, considèrent les Parthes avant tout comme des cavaliers mais aussi et surtout comme des archers111, dont les armes étaient très efficaces112. Cependant, les armées parthes étaient tactiquement plus variées que ne le laissent entendre les sources113.

  • 114 Virgile, Géorgiques, III, 31 ; Ovide, Ars Amatoria, I, 209-212 ; Sénèque, Œdipe, 118-119.
  • 115 Virgile, Énéide, XI, 646-653. D’ailleurs, le « tir parthe » n’est pas une invention des Parthes mai (...)
  • 116 Horace, Odes, II, 13, 17-18 ; Virgile, Géorgiques, III, 31 ; Properce, IV, 3, 63-66 ; Ovide, Remède (...)
  • 117 Sénèque, Thyeste, 381-387 ; Valerius Flaccus, VI, 698.
  • 118 Velleius Paterculus, II, 82, 6. Voir aussi Florus, II, 20, 10 (IV, 10).

29Plusieurs récits popularisent des stéréotypes parthes et des mouvements deviennent des motifs célèbres, à l’instar du « tir parthe » : le cavalier tire des flèches tout en battant en retraite, échappant ainsi à son adversaire tout en le tenant à distance114. Ce motif connaît un tel succès qu’il n’est pas toujours en rapport avec les Parthes115. Très vite, les Romains assimilent cette pratique militaire à de la fuite116. Cette fuite est même définie comme fausse, simulée et mensongère117, sans doute parce qu’elle est une synthèse entre le combat et la retraite. Or, pour les Romains, cette synthèse est insoutenable : tourner le dos à l’adversaire, c’est nécessairement prendre la fuite. Le thème de la « fuite victorieuse » a même été parodié. Par exemple, Antoine se serait proclamé vainqueur après sa difficile retraite en 36 av. J.-C., « parce qu’il en était sorti vivant »118.

  • 119 Ovide, Ars amatoria, I, 177-178 : les Parthes dominent les extrémités de l’Orient, soit « ce qui re (...)
  • 120 Pline l’Ancien, HN, XVI, 160 ; Lucain, VIII, 297-300.
  • 121 Tacite, Annales, XIII, 34, 2 (entre Parthes et Arméniens).
  • 122 Pline l’Ancien, HN, VI, 41 : namque Persarum regna, quae nunc Parthorum intellegimus. Certains poèt (...)
  • 123 Schneider, 2007, p. 56 ; Wiesehöfer, 2005, p. 115.
  • 124 Schneider, 2007, p. 60. Voir aussi Manilius, IV, 674-675 : Parthique uel orbis alter.
  • 125 Pline l’Ancien, HN, XVI, 159-160.
  • 126 Lerouge, 2007, p. 320 ; Rahim Shayegan, 2011, p. 335.

30Les Parthes forment un empire mais ne dominent pas tout l’Orient119. Ils se distinguent d’autres peuples120, mais peuvent s’en rapprocher, notamment en matière de mœurs et de coutumes121. Pour cette raison, certains auteurs voyaient même dans les Parthes les Perses de l’époque grecque classique122. Progressivement, ils deviennent même les Orientaux par excellence123, Rome envisageant l’Orient comme son exact opposé124. L’opposition entre l’Orient et l’Occident recoupe ainsi celle entre deux manières de combattre125. À terme, les Romains reconnaissent aux Parthes des qualités guerrières, tout en affirmant qu’ils souffrent de défauts qui les font appartenir aux barbares d’Orient126.

  • 127 Lerouge, 2007, p. 104 et suivantes.
  • 128 Par exemple, Rose, 2005, p. 23, fig. 1 ; Lerouge, 2007, p. 110. Cf. Ovide, Fastes, V, 591-594.
  • 129 Stace, Silves, IV, 4, 30-31.
  • 130 Breccia, 2012, p. 200 ; Rahim Shayegan, 2011, p. 335 ; Le Roux, 2016, p. 132.
  • 131 Horace, Odes, I, 12, 53-56.
  • 132 Tacite, Annales, XV, 13 ; Dion Cassius, XL, 14, 3.
  • 133 Florus, I, 40, 31 (III, 5).
  • 134 Tite-Live, Periochae, 130 : Antoine perdit deux légions et la retraite de son armée fut difficile.
  • 135 Fronton, PH, 6. Voir aussi Tacite, Annales, II, 2, 2.
  • 136 Dion Cassius, XL, 15, 5-6.

31En vertu du discours idéologique et politique qui cherche à donner l’impression que la défaite de Carrhes a été vengée, certains Romains ont alors une obsession : soumettre les Parthes pour les neutraliser. Sur des monnaies de l’époque augustéenne, le Parthe est représenté soumis127, à genoux et remettant aux Romains les enseignes perdues de Crassus128. Il ne représente plus aucune menace quand il ferme son carquois et détend son arc129. Si la soumission de l’adversaire est un objectif pour certains, les Parthes étaient-ils vraiment les ennemis les plus dangereux des Romains130 ? Selon Horace, ils menaçaient même le Latium131, mais il faut se méfier de l’exagération poétique, voire de l’ironie propre à Horace. Tacite et Dion Cassius les voient comme des rivaux de Rome132, et Florus précise que sous Auguste ils échappent encore à la domination romaine en Asie133. Pour Fronton, les Parthes méritent pleinement qu’on les considère comme des ennemis puisqu’ils ont prouvé leur valeur à travers leurs victoires remportées sur Crassus et Antoine134, mais aussi par l’échec des expéditions de Trajan135. Toutefois, selon Dion Cassius, hors de leur territoire les Parthes ne peuvent soutenir une longue guerre136.

  • 137 Virgile, Énéide, VIII, 704-706 : la bataille d’Actium est interprétée comme un affrontement entre O (...)
  • 138 Arnaud, 1998, p. 20-31 : dès le ier siècle av. J.-C., une partie des élites arsacides aurait souhai (...)

32L’image des Parthes s’inscrit dans le clivage entre Occident et Orient, déjà actif dans la propagande octavienne à l’époque des guerres contre Antoine137. La bataille de Carrhes serait donc un moyen de perpétuer ce clivage et de désigner les Parthes comme l’ennemi principal des Romains alors qu’ils ne représentaient pas une menace sérieuse138. Après la mort d’Antoine, Auguste a donc besoin d’un nouvel ennemi en Orient.

  • 139 Voir le débat qui oppose Pompée à Lentulus sur la valeur des Parthes dans la Pharsale : Lucain, VII (...)

33La description stéréotypée des tactiques parthes oscille entre fascination et mépris, preuve que les Romains ne savaient pas toujours comment considérer les Parthes : des Orientaux comme les autres, et donc méprisables, ou des adversaires redoutables ? Cette ambiguïté139 montre les difficultés que les Romains ont eues à tirer les leçons de leur échec à Carrhes.

3. Carrhes : un prétexte pour expliquer les difficultés de Rome face aux Parthes ?

3.1. Les leçons stratégiques de la défaite : peut-on soumettre les Parthes et conquérir au-delà de l’Euphrate ?

  • 140 Sheldon, 2010, p. 43 ; Lerouge, 2007, p. 98.

34Après le règne d’Auguste, la gravité de la défaite de Carrhes est un fait établi, mais la bataille prend par la suite une autre signification. Une idée fait son chemin, parallèle aux transformations de la figure de Crassus, celle de ne plus franchir l’Euphrate, de la même manière qu’Auguste après le désastre de Teutobourg a défendu à ses successeurs de franchir le Rhin. Pendant longtemps, les Romains ont cru pouvoir conquérir les Parthes mais ont dû admettre qu’une telle conquête était difficile, sinon impossible140. En réalité, la défaite de Crassus est devenue une excuse pour certains auteurs qui tentent de justifier les échecs romains. Il semble donc qu’il ait existé à Rome deux courants de pensée, l’un favorable à la guerre en Orient, l’autre à une politique défensive et de consolidation des frontières, sans grande entreprise extérieure.

  • 141 Vervaet, 1999, p. 289-297 ; Ash, 2015, p. 139-156.
  • 142 Tacite, Annales, XV, 6, 1-2.

35Tacite écrit ses Annales sous Trajan et même après la mort de celui-ci. Corbulon y apparaît comme un général habile, compétent et incarnant le mieux l’attitude que Rome doit adopter envers ses voisins parthes : prudence et réalisme. La figure de Corbulon s’oppose à la figure de Trajan, empereur conquérant et agressif. Tacite plaide pour un équilibre des forces et une reconnaissance de l’État parthe141. Il rapporte que le choix de Corbulon de quitter l’Arménie, pourtant conquise, a soulevé beaucoup d’interrogations à Rome142. Implicitement, la défaite de Carrhes apparaîtrait dans l’imaginaire romain comme un repoussoir qui dissuaderait les Romains de pousser leurs conquêtes au-delà de l’Euphrate.

  • 143 Dion Cassius, LXIX, 5.
  • 144 Festus, 14, 3 : Hadrien aurait été jaloux des conquêtes de Trajan.
  • 145 Traina, 2011a, p. 137-138 ; 2011b, p. 215-216. Vervaet, 1999, p. 295 : l’abandon de la Mésopotamie (...)

36Florus, qui écrit sous le règne d’Hadrien, est sans doute l’auteur qui évoque le plus souvent la défaite de Carrhes. Pourtant, aucun conflit majeur n’a lieu entre Romains et Parthes à cette époque. La personnalité d’Hadrien étant plus pacifique (sans être pacifiste)143 que celle de son prédécesseur144, il est probable que Florus mentionne à plusieurs reprises le désastre de Carrhes pour mieux justifier la politique militaire de l’empereur, celle-ci consistant à consolider les frontières plutôt qu’à mener des expéditions coûteuses et incertaines145.

37La défaite de Crassus est devenue de manière plus ou moins implicite une excuse pour expliquer les échecs de Rome contre les Parthes, ce qui n’a pas empêché certains empereurs de conduire des offensives contre eux. L’Euphrate n’est pas une frontière infranchissable, mais les autres défaites que les Romains ont subies au-delà du fleuve montrent que les Romains éprouvaient encore des difficultés militaires face aux Parthes.

3.2. Les Romains ont-ils tiré des leçons militaires de leur échec ?

  • 146 Le Roux, 2016, p. 132.
  • 147 Cependant, en 161 les Parthes attaquent la Syrie et détruisent une légion : Dion Cassius, LXXI, 1, (...)
  • 148 Brizzi, 2004, p. 222.
  • 149 Id., 1981, p. 192.

38Sous l’Empire, les récits présentent généralement les Romains comme les agresseurs146, tandis que les Parthes sont contraints à la défensive147. Faut-il en chercher l’origine dans l’évolution de l’armée romaine depuis la défaite de Carrhes148 ? Il est difficile de répondre, puisque les sources ne mentionnent pas vraiment de bataille rangée entre Romains et Parthes à l’époque impériale149.

  • 150 Constat dressé chez Dion Cassius, XL, 14, 4.
  • 151 Fronton, PH, 6 : Trajan, bien que victorieux, doit se replier. Les Romains échouent également à vai (...)
  • 152 Dion Cassius, LXXI, 1, 4.
  • 153 Hérodien, III, 9, 12.
  • 154 Florus, II, 20, 3-7 (IV, 10) (36 av. J.-C.) ; Dion Cassius, LXXI, 2, 1 (161) ; Hérodien, VI, 5, 9 ( (...)

39Les Romains n’ont jamais su vaincre complètement les Parthes150. L’expédition de Trajan, malgré des moyens importants et des succès militaires, s’est soldée par un échec à moyen terme et une retraite de l’armée151. La contre-attaque de Lucius Verus (161-166) après la défaite d’Élégeia est un succès mais l’armée romaine subit de lourdes pertes sur le chemin du retour152. Enfin, lors de sa campagne entre 198 et 199 contre les Parthes, Septime Sévère se contente de piller Ctésiphon et de se proclamer victorieux153. À plusieurs reprises, des légions romaines ont été détruites par des forces parthes (ou sassanides) composées, comme à la bataille de Carrhes, de nombreux archers montés154.

  • 155 Iulius Africanus, Cestes, I, 1, 69-76.
  • 156 Par exemple : Plutarque, Crassus, 24, 5 ; 25, 1.
  • 157 Wheeler, 1997, p. 576 ; id., 2007, p. 261.
  • 158 Iulius Africanus, Cestes, I, 1, 84-87 ; 2, 1-3 et 17-19.
  • 159 Dion Cassius, XL, 15, 4.
  • 160 Plutarque, Crassus, 25, 1-5 ; 30, 2. Voir aussi Breccia, 2012, p. 195 ; Traina, 2011a, p. 136.

40Iulius Africanus, qui dédie son œuvre à Sévère Alexandre (222-235) au moment de l’expédition de ce dernier contre les Perses, remet ouvertement en cause la supériorité militaire de l’armée romaine en Orient. Il critique notamment la tactique suivante : les Romains restent près des bagages, n’osent pas charger, forment un mur de boucliers et attendent que l’ennemi épuise ses réserves de traits, mais pendant l’attente le moral des troupes se dégrade d’autant plus que les ennemis se relaient pour renouveler leurs attaques155. En somme, la tactique qu’il critique est celle adoptée par Crassus156. Cette critique pourrait aussi faire allusion à la bataille de Nisibe157. Iulius Africanus est très critique mais propose des solutions diverses : utiliser des lances plus longues, préférer la charge à l’attente, améliorer la précision des tirs et éviter la bataille rangée158. Dion Cassius dresse le même constat : les Parthes sont réputés invincibles dans les contrées désertiques159, qui leur servent d’arme pour tendre des pièges160.

  • 161 Cicéron, Fam., IX, 25, 1.
  • 162 Plutarque, Crassus, 18, 3 ; 24, 3 ; 25, 5 ; 27, 2 ; Dion Cassius, XL, 22, 4-5.
  • 163 Lerouge, 2007, p. 320 : ce topos doit toujours se comprendre à la lumière d’un contexte.
  • 164 Sheldon, 2010, p. 40.

41Lors de la bataille de Carrhes, les Parthes ont fortement impressionné les observateurs romains. En 51 av. J.-C., Cicéron reprend la rumeur selon laquelle il n’existe pas d’arme capable de lutter contre les cavaliers parthes161. Quant à l’armement parthe, il est considéré comme redoutable, notamment dans des sources tardives comme Plutarque et Dion Cassius162. Le mythe de l’invincibilité parthe163, qui peut trouver son origine dans la réputation, forgée par les auteurs romains, de la bataille164, prend surtout sa forme définitive à la fin du iie siècle ou au début du iiie siècle. Il aura fallu plusieurs campagnes au bilan incertain pour que les Romains, démoralisés, admettent qu’ils ne pouvaient pas vaincre les Parthes.

  • 165 Dion Cassius, XL, 29, 3 ; Frontin, Stratagèmes, II, 5, 35. Au ier siècle, ce stratagème est recomma (...)
  • 166 Florus, II, 19, 6-7 (IV, 8) ; Justin, Philippiques, XLII, 4, 8-10. Les Romains ont appliqué ce stra (...)
  • 167 Dion Cassius, XLIX, 20, 2 ; 26, 2 ; Plutarque, Antoine, 41, 6-7 ; 42, 1.

42Pourtant, les Romains ont su s’adapter à leur adversaire pour mieux le combattre. Les Romains ont rapidement utilisé avec succès contre les Parthes des tactiques et stratagèmes auxquels ces derniers ont eu recours à Carrhes, comme la ruse consistant à attirer l’ennemi dans une embuscade en simulant la retraite165, ou en feignant la peur166. Lors de la bataille de Gindaros et pendant la campagne d’Antoine, les observateurs rapportent que les Romains obtiennent de bons résultats avec la fronde, dont la portée est supérieure à l’arc et qui tient à distance les cavaliers lourds167.

  • 168 Brizzi, 1981, p. 181-182 ; id., 2004, p. 226-227 ; Traina, 2011a, p. 110. La lorica segmentata, ou (...)
  • 169 On n’a retrouvé qu’un seul vestige de cette armure en Orient (Menéndez Argüín, 2006, p. 105). Elle (...)
  • 170 Absence de critique remarquée dans ibid., p. 115.
  • 171 Plutarque, Crassus, 25, 7. Voir aussi Plutarque, Lucullus, 28, 4 : face aux cataphractaires ennemis (...)
  • 172 Bishop, Coulston, 2006, p. 150 : le pilum lourd est muni d’un poids de plomb placé au niveau de la (...)

43En plus de ces adaptations qui reposent sur le recours à des stratagèmes ou des armes déjà connus, les Romains ont-ils en parallèle apporté des modifications à leur armement ? Deux innovations techniques auraient, selon plusieurs chercheurs, un lien avec la bataille de Carrhes : la lorica segmentata et le pilum lourd168. Cependant, la lorica segmentata est plutôt adaptée au combat au corps-à-corps169. La cotte de mailles, déjà utilisée par les Romains en Orient, n’est pas du tout critiquée par exemple par Iulius Africanus, preuve qu’elle est adaptée aux conflits dans cette région170. Face à un ennemi mobile et combattant de loin, il est peu probable que l’effort principal du combat n’ait reposé que sur l’infanterie lourde. Quant aux javelots, Plutarque précise que ceux des Romains à la bataille de Carrhes n’auraient été d’aucun effet sur les cataphractaires parthes171. Cependant, si le pilum lourd, qui apparaît seulement vers la fin du ier siècle, est doté d’une force de pénétration accrue172, les Romains ne l’ont probablement pas conçu pour lutter uniquement contre eux mais plutôt contre tout adversaire lourdement armé. Finalement, la lorica segmentata et le pilum lourd n’ont que peu de rapports avec la bataille de Carrhes.

  • 173 Sur l’histoire de ces unités : Wheeler, 2017a ; id., 2017b. Pour les Romains, le terme Parthus peut (...)
  • 174 Wheeler, 2007, p. 261.
  • 175 Menéndez Argüín, 2006, p. 112, n. 50. Toutefois, l’idée de combiner différentes armes existait avan (...)
  • 176 Bishop, Coulston, 2006, p. 271.
  • 177 Wheeler, 2007, p. 259-262.

44De manière générale, les Romains s’adaptent plutôt à leurs adversaires en levant des auxiliaires. Dès le début de l’Empire, on trouve des auxiliaires parthes dans les armées romaines173. Au iie siècle, les Romains intègrent de plus en plus d’unités de cavaliers et de tireurs, recrutés pour la plupart en Orient174. Ce qui a assuré aux Romains une certaine supériorité tactique sur les Parthes, c’était bien l’utilisation combinée de différentes armes175. Toutefois, ces cavaliers et tireurs servaient aussi en Occident contre des ennemis qui combattaient peu avec des projectiles176. En fait, la topographie et les traditions ethniques en Orient ont favorisé l’utilisation de la cavalerie et des archers et les Romains ont dû tout simplement s’adapter à cette réalité, sans qu’il s’agisse pour autant d’une réponse spécifique à l’art de la guerre parthe177.

  • 178 Ibid., p. 261. Contra, Brizzi, 1981, p. 177. Ce concept pose problème : Morillo, 2013, p. 83 ; Whee (...)
  • 179 Kennedy, 1996, p. 87.
  • 180 Wheeler, 2004, p. 316-317.

45Pour résumer, la bataille de Carrhes a bien eu une influence sur les réflexions romaines autour de l’art de la guerre, mais on ne peut pas parler de « révolution militaire »178. Il y a bien eu des changements tactiques après la défaite, mais ils n’ont pas eu lieu tout de suite et ne sont donc pas nécessairement en lien avec elle179. Il faut éviter de considérer qu’il y a eu un accroissement des effectifs de cavalerie et de troupes légères directement après la bataille – une idée qui n’est pas nouvelle –, même si celle-ci peut avoir renforcé certaines transformations en cours de l’armée romaine180. Étant donné que nous ne connaissons pas dans le détail d’autres affrontements entre Rome et les Parthes, il était tentant de faire de la bataille de Carrhes un événement fondateur sur le plan militaire. Or, c’était loin d’être le cas et même si les Romains se sont adaptés à leur adversaire, ces évolutions n’ont pas été suffisantes pour venir à bout des Parthes, dont la présence à l’est de l’Empire ne constituait pourtant pas une grande menace.

Conclusion

46La bataille de Carrhes illustre l’écart qui peut exister entre la mémoire et la portée réelle d’un événement. En quelques décennies, cette déroute militaire est devenue le « désastre de Crassus ». Si la défaite de Crassus est sans appel, les auteurs lui ont donné à partir de l’époque augustéenne une signification qu’elle n’avait pas à l’origine. Peut-on parler pour autant d’une obsession des Romains pour cette défaite ? Le thème de la vengeance prend forme à l’époque augustéenne mais perd de sa pertinence après la victoire de Gindaros et la restitution des enseignes, deux événements auxquels les auteurs ont, là aussi, accordé une importance exagérée.

47Dans l’idéologie augustéenne, la bataille s’inscrit dans une longue réflexion autour de l’opposition entre Occident et Orient, de l’honneur romain et de la supériorité militaire de Rome. La bataille a suscité une abondante littérature qui, sous couvert de mieux connaître les Parthes, les a finalement enfermés dans des stéréotypes. Cependant, la défaite ne semble pas avoir joué le rôle fédérateur qu’on aurait pu attendre d’elle à l’occasion de chaque guerre entre les Romains et les Parthes sous le Haut-Empire. De même, la bataille n’a pas été la matrice d’innovations militaires majeures au sein de l’armée romaine.

48Afin d’affirmer que la question parthe a été réglée, Auguste a transformé la bataille de Carrhes, qui avait pourtant été vengée auparavant, en un « désastre patriotique » devant être surmonté. Ce nouveau rôle conféré à la bataille s’est perpétué jusqu’à faire de cet événement l’une des confrontations les plus célèbres de l’histoire romaine.

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Notes

1 Le nom de la ville moderne est Harran. Elle se situe dans le sud-est de la Turquie, à la frontière avec la Syrie. Sur le site, voir Traina, 2011a, p. 61-63. À propos des effectifs romains, consulter Sage, 2008, p. 260 ; Sheldon, 2010, p. 30. Les auteurs donnent des indications sur les pertes romaines : Plutarque, Crassus, 31, 7 (20 000 morts et 10 000 prisonniers) ; Appien, BCiv., II, 3, 18 (10 000 survivants sur 100 000 soldats).

2 Denys d’Halicarnasse, II, 6, 4 : ἐμφανεστάτη δὲ καὶ μεγίστη καὶ κατὰτὴνἐμὴνἡλικίαν (« La catastrophe la plus célèbre et la plus importante s’est d’ailleurs produite de mon temps ») ; Velleius Paterculus, II, 119, 1 : ordinem atrocissimae calamitatis, qua nulla post Crassi in Parthis damnum in externis gentibus grauior Romanis fuit (« Les circonstances détaillées de ce tragique désastre, qui fut le plus grave que subirent les Romains en pays étranger depuis la déroute de Crassus chez les Parthes »). Voir aussi Valère Maxime, I, 6, 11 ; Florus, I, 5, 8 (I, 11) ; 46, 1-2 et 9 (III, 11) ; Fronton, Sur la guerre parthique, 1 ; Dion Cassius, XL, 24, 1.

3 Traina, 2011a, p. 5 ; 2011b, p. 210.

4 Sur cet épisode de la bataille : Traina, 2017, p. 91-102.

5 Lerouge, 2007, p. 285.

6 Pour un résumé rapide et récent de la bataille : Traina, 2011a, p. 81-94 ; Lerouge, 2007, p. 282-295.

7 Lucain, I, 100.

8 Florus, II, 19, 3 (IV, 8) ; Lucain, I, 100-108 ; III, 264-265 ; Appien, BCiv., II, 12, 83.

9 Cicéron, Fam., II, 10, 2-4 ; II, 17, 3 ; VIII, 7, 1 ; XV, 1, 2 ; XV, 4, 2 ; Atticus, V, 16, 4 ; Dion Cassius, XL, 28, 3-4 (51 av. J.-C.). Cicéron, Atticus, XIV, 9, 3 ; Dion Cassius, XLVII, 27, 5 (46-45 av. J.-C.). Velleius Paterculus, II, 46 (42 et 40 av. J.-C.). Pour un résumé détaillé : Timpe, 1962, p. 106-110, 115-116.

10 Certains chercheurs considéraient pourtant qu’il existait une menace parthe : Wiesehöfer, 2005, p. 125 ; Kennedy, 1996, p. 88 ; Paratore, 1966, p. 536.

11 Cette notion est pourtant contestable : Traina, 2011a, p. 146.

12 Lerouge, 2007, p. 292 ; Wheeler, 2007, p. 260 ; Sage, 2008, p. 260 ; Traina, 2011a, p. 147.

13 On trouve déjà cette opposition à l’époque romaine : Hérodien, IV, 10, 3 ; Dion Cassius, XLIX, 29, 4. Les auteurs anciens auraient exagéré sciemment cette opposition : Traina, 2011a, p. 110.

14 Traina, 2011a, p. 72 ; Breccia, 2012, p. 194.

15 Brizzi, 2004, p. 203. Sur les problèmes autour de la notion d’« Occident » : Morillo, 2013, p. 89-95.

16 Brizzi, 2004, p. 208 : une défaite « anormale » ; Sampson, 2008, p. 170 : une bataille incompréhensible.

17 Traina, 2011a, p. 143-144.

18 Denys d’Halicarnasse, II, 6, 4.

19 Sur ce projet : Plutarque, Pompée, 76, 6-9 ; Appien, BCiv., II, 12, 83 ; Dion Cassius, XLII, 2, 5-6 ; Justin, Philippiques, XLII, 4, 6.

20 Lucain, VIII, 289-327, 365-390, 421-422, 431-439. Voir aussi Justin, Philippiques, XLII, 4, 6 : les Parthes auraient redouté la vengeance du fils aîné de Crassus, Marcus, qui avait rejoint le camp césarien au début de la guerre civile.

21 Sur ce projet d’expédition : Timpe, 1962, p. 114-115 ; Malitz, 1984 ; Sommer, 2010 ; Traina, 2011b, p. 212.

22 Suétone, César, 44, 6 ; 79, 4 ; Plutarque, César, 60, 2.

23 Sommer, 2010, p. 123-127.

24 Rohr Vio, 2009, p. 102.

25 César, BCiv., III, 31, 3-4. La défaite est évoquée pour insister sur les dangers que pourrait courir la province de Syrie si les frontières étaient dégarnies. César vise en réalité son adversaire Scipion, allié de Pompée.

26 Suétone, César, 44, 6 ; 79, 4.

27 Rohr Vio, 2009, p. 102 ; Sommer, 2010, p. 126-127, 135.

28 Cicéron, Atticus, XIII, 27, 1 (25 mai 45 av. J.-C.).

29 Plutarque, César, 58, 6-7.

30 Traina, 2011b, p. 212. Sur cette expédition : Timpe, 1962, p. 119-126 ; Dabrowa, 2006.

31 Appien, BCiv., V, 65, 275 : l’expédition viserait à « venger la traîtrise commise envers Crassus ». Plutarque affirme qu’Antoine réclame les enseignes de Crassus et les prisonniers survivants : Plutarque, Antoine, 37, 2. Plutarque, Antoine, 40, 6 : Antoine demande à nouveau enseignes et prisonniers pour sauver les apparences et ne pas donner l’impression que sa retraite est une fuite.

32 Florus, II, 20, 2 (IV, 10) ; 21, 2 (IV, 11). Florus reprend un argument déjà utilisé par plusieurs auteurs pour dénigrer l’expédition de Crassus : Plutarque, Pompée, 52, 4 ; Caton le Jeune, 43, 1 ; Crassus, 16, 2-3 ; Dion Cassius, XL, 12, 1. Voir aussi Appien, BCiv., II, 12, 83. Il existe des points communs dans les sources entre l’expédition de Crassus et celle d’Antoine : Plutarque, Crassus, 18, 4 ; Dion Cassius, XL, 12, 1-4 ; 16, 3 (Crassus). Florus, II, 20, 2-3 (IV, 10) ; Plutarque, Antoine, 52, 3 (Antoine).

33 Valère Maxime, I, 6, 11 ; Pline l’Ancien, HN, V, 86 ; Ammien Marcellin, XXIII, 3, 1.

34 Valère Maxime, I, 6, 11 ; Fronton, Sur la guerre parthique, 1 ; Dion Cassius, XL, 25, 1 ; 28, 2 ; Eutrope, VI, 18, 1.

35 Traina, 2011b, p. 209.

36 Velleius Paterculus, II, 82, 2 : qui clade Crassiani exercitus captus.

37 Properce, III, 4, 9 : Crassos clademque piate ! (« Expiez les Crassus et leur défaite ! »).

38 Florus, II, 34, 63 (IV, 12) : Parthi quoque, quasi victoriae paeniteret, rapta clade Crassiana signa ultro rettulere. Voir aussi Valère Maxime, I, 6, 11 ; Lucain, VIII, 435 ; Pline l’Ancien, HN, V, 86 ; Florus, I, 46, 1 (III, 11) ; II, 20, 4 (IV, 10) ; Fronton, PH, 6.

39 Suétone, Auguste, 23, 1.

40 Denys d’Halicarnasse, II, 6, 4 ; Tite-Live, Periochae, 106.

41 Servius, Énéide, VII, 606.

42 César, BCiv., III, 31, 3-4 ; Ovide, Fastes, V, 580-584 ; VI, 467-468 ; Velleius Paterculus, II, 119, 1 ; Lucain, VIII, 301-302 ; Tacite, Annales, II, 2, 2 ; Ammien Marcellin, XXIII, 3, 1.

43 Florus, I, 5, 8 (I, 11).

44 Plutarque, Antoine, 37, 2 ; Appien, BCiv., V, 65, 275 ; Dion Cassius, XLII, 2, 5-6. Cependant, Appien, BCiv., II, 12, 83 : utilisation du terme συμφορά (« malheur »).

45 Brizzi, 2004, p. 203. Selon Lerouge, 2007, p. 21, l’image des Parthes est liée à l’actualité.

46 Velleius Paterculus, II, 119, 1.

47 Suétone, Auguste, 23, 1 : la défaite a failli être fatale à Rome (paene exitiabilis). Pourtant, les Germains n’ont pas déferlé sur l’Empire après leur victoire.

48 Toutefois, Traina, 2011b, p. 214 : Sénèque, qui compare l’ambition de Crassus à celle de Xerxès ou d’Alexandre le Grand (Questions naturelles, V, 18, 10), aurait écrit cette remarque au moment de la signature du traité de paix entre Romains et Parthes en 63, validant ainsi la politique orientale de Néron, fondée sur un équilibre et un compromis entre les deux puissances.

49 Sur cette défaite : Tacite, Annales, XV, 13, 2 ; Dion Cassius, LXII, 21, 2. Dion Cassius ajoute plus loin que Corbulon s’apprête à reprendre la guerre pour effacer la honte de ce traité : Dion Cassius, LXII, 23, 2.

50 Pour une reconstitution des faits : Lightfoot, 1990, p. 115-126. Sur l’apport de l’archéologie : James, 2015, p. 337, 342-343.

51 Traina, 2011b, p. 215 ; 2017, p. 98. Voir aussi Dion Cassius, LXVIII, 29, 1.

52 Dion Cassius, LXXI, 2, 1 : destruction d’une légion sous les flèches parthes.

53 Fronton, Sur la guerre parthique, 1 ; PH, 6.

54 Fronton, PH, 7. Voir aussi Ammien Marcellin (XIV, 1, 4 ; XVIII, 1, 18 ; XXIII, 5, 17), qui fait le lien entre la campagne de Julien en 363 et celle de Trajan.

55 Sources sur la bataille : Hérodien, IV, 15, 2. Voir aussi Wheeler, 2007, p. 261, 576.

56 Aurelius Victor, Livre des Césars, 32, 5. Pour plus de détails, voir Zosime, I, 36, 1-2.

57 Paratore, 1966, p. 551. Voir aussi Traina, 2011a, p. 139 ; 2011b, p. 216 : le commentaire que fait le grammairien Porphyrion d’une ode d’Horace sur le retour des prisonniers (Horace, Odes, III, 5, 5-8) est biaisé par les événements dont il est contemporain.

58 Aurelius Victor, Livre des Césars, 33, 2. Sur la défaite : Lactance, De la mort des persécuteurs, V, 5 ; SHA, Deux Galliens, 1, 1 ; 10, 2 ; Deux Valériens, 1-4 ; Festus, Abrégé, 23, 1 ; Zosime, I, 36, 2. Sources sassanides sur les victoires de Shapur Ier : Frye, 1984, p. 371-373 ; Canepa, 2013, p. 866-866.

59 Ammien Marcellin, XXIII, 3, 1 : Carras, antiquum oppidum, Crassorum et Romani exercitus aerumnis insigne. Cf. Pline l’Ancien, HN, V, 86.

60 Properce, III, 4, 13-21 ; IV, 6, 83-84 ; Horace, Odes, II, 13, 17-19 ; Ovide, Fastes, V, 580-584 ; VI, 467-468 ; Ars Amatoria, I, 177-180 ; 198-201. C’est même une question d’honneur (decus) : Valère Maxime, I, 6, 11.

61 Wheeler, 2007, p. 261 : la bataille de Carrhes devient vraiment importante après l’accord de 20 av. J.-C.

62 Virgile, Énéide, VII, 606 ; Horace, Épîtres, I, 18, 56 ; Ovide, Ars amatoria, I, 177-180 ; Tristes, II, 1, 227-228 ; Fastes, V, 580-584 ; VI, 467-468. Voir aussi Valère Maxime, I, 6, 11. Cependant, Ovide dans un passage (Fastes, V, 591-594) mentionne seulement les aigles.

63 Lerouge, 2007, p. 99. À Rome, les premières images des Parthes apparaissent après la récupération des enseignes : Schneider, 2007, p. 56.

64 Rose, 2005, p. 21-28 ; Lerouge, 2007, p. 106-110.

65 Ovide, Fastes, V, 545-598. Auguste avait fait le vœu de le construire en 42 av. J.-C., au moment de la bataille de Philippes. L’année de la consécration du temple coïncide avec celle du départ de l’expédition de Gaius César pour l’Orient.

66 Gaslain, Maleuvre, 2006, p. 169-170. Wheeler, 2007, p. 261 : un « non-événement ».

67 Dion Cassius, LIV, 8, 1 ; Plutarque, Antoine, 37, 2. Traina, 2011b, p. 209 : les Parthes auraient fait une dizaine de milliers de prisonniers. Sur les conditions obscures de la récupération des enseignes et des prisonniers : Gaslain, Maleuvre, 2006, p. 181-184. La figure des prisonniers est ambiguë : Horace, Odes, III, 5, 5-12. Pourtant, Velleius Paterculus (II, 82, 2) et Florus [II, 20, 4-5 (IV, 10)] rapportent l’histoire d’un prisonnier qui, en 36 av. J.-C., aurait aidé les Romains. En revanche, d’après Plutarque (Antoine, 41, 1), il s’agit d’un Marde, dévoué aux Romains.

68 RGDA, 5-6 ; Suétone, Auguste, 21, 7 ; Tibère, 9, 1 (ne mentionne que les enseignes de Crassus). Cf. Tite-Live, Periochae, 136 (restitution des aigles et enseignes de Crassus seulement) ; 141 (restitution des enseignes de Crassus et d’Antoine). Florus, II, 34, 63 (IV, 12) : les Parthes rendent les enseignes « d’eux-mêmes » (ne mentionne que les enseignes de Crassus) ; Dion Cassius, LIV, 8, 2. Voir aussi Rose, 2005, p. 35.

69 Pourtant, des auteurs appellent encore à la guerre malgré la restitution des enseignes : Properce, IV, 6, 79-86 (16 av. J.-C.). Ovide, Ars amatoria, I, 177-178 : la campagne de 2 av. J.-C. est présentée comme une vengeance (Rose, 2005, p. 45). Voir aussi Ovide, Fastes, V, 545-598.

70 Velleius Paterculus, II, 94, 4 ; Horace, Épîtres, II, 1, 256.

71 Wiesehöfer, 2005, p. 111 ; Gaslain, Maleuvre, 2006, p. 170.

72 Pour une biographie de ce personnage : Seaver, 1952 ; Bülher, 2009.

73 Sur les succès remportés en Orient par Ventidius Bassus : Timpe, 1962, p. 116-119 ; Rohr Vio, 2009, p. 95-125 ; Bülher, 2009, p. 118-156.

74 Les sources sur le triomphe sont nombreuses : Rohr Vio, 2009, p. 119, n. 163-165. La titulature insiste sur la bataille du Mont Taurus, au cours de laquelle Ventidius Bassus bat Quintus Labienus : ibid., p. 123. Voir aussi Bülher, 2009, p. 225-227.

75 Ibid., p. 123-126.

76 Valère-Maxime, VI, 9, 9 ; Tacite, Germanie, 37, 3 ; Plutarque, Antoine, 34, 1-9 ; Florus, II, 19, 7 (IV, 9) ; Dion Cassius, XLIX, 22, 1 ; Eutrope, VII, 5 ; Orose, VI, 18, 23. Sur cette tradition : Mattern-Parkes, 2003, p. 392 ; Rohr Vio, 2009, p. 135.

77 Ibid., p. 126-133. Pourtant, Florus (II, 19, 5-6 (IV, 8)) parle de « chance incroyable » (incredibili felicitate).

78 Aulu-Gelle, XV, 4, 4 ; Eutrope, VII, 5 ; Festus, 18, 1. Voir aussi Velleius Paterculus, II, 65, 3 ; Plutarque, Antoine, 34, 9.

79 Plutarque, Antoine, 34, 9 ; Pline l’Ancien, HN, VII, 43 ; Juvénal, VII, 199-201 ; Aulu-Gelle, XV, 4, 3.

80 Rohr Vio, 2009, p. 138, 154.

81 Ibid., p. 141. Selon Paratore, 1966, p. 536, le bilan mitigé de l’expédition d’Antoine aurait terni la victoire de Ventidius.

82 Rohr Vio, 2009, p. 144-145.

83 Strugnell, 2006, p. 239-240 ; Rohr Vio, 2009, p. 135, 145 ; Lerouge, 2007, p. 110.

84 Properce, III, 4, 9 ; Ovide, Fastes, VI, 467-468 ; Ars Amatoria, I, 177-180. Le motif littéraire de la tombe de Crassus isolée en terre barbare est récurrent : Properce, IV, 6, 81-82 ; Valère-Maxime, VI, 9, 9 ; Sénèque l’Ancien, Controverses, II, 1, 8 ; Lucain, VIII, 431-439.

85 Dion Cassius, XL, 20, 1-4 ; 22, 1 ; 23, 1-2 : un chef arabe, Abgar, donne de fausses informations aux Romains et se retourne contre eux. Chez d’autres auteurs, son nom change : Plutarque, Crassus, 21, 1 (Ariamnes) ; Florus, I, 46, 6-7 (III, 11) (Mazzara).

86 Pourtant, Plutarque, Crassus, 21, 2 : des vétérans des campagnes de Pompée en Orient auraient été présents dans l’armée de Crassus.

87 Sur cette « surprise » : Sampson, 2008, p. 170 ; Lerouge, 2007, p. 288, 294. Les Romains ont déjà affronté des cavaliers lourds et des archers montés : Appien, Syriaca, 32, 166 (189 av. J.-C.) ; Plutarque, Lucullus, 31, 6 ; Dion Cassius, XXXVI, 5 (69 av. J.-C.). Les Romains ont probablement sous-estimé leurs adversaires : Traina, 2011a, p. 2.

88 Traina, 2011b, p. 213. Voir aussi Timpe, 1962, p. 112-113.

89 L’or en fusion dans la bouche de Crassus : Florus, I, 46, 11 ; Dion Cassius, XL, 27, 3.

90 Arnaud, 1998, p. 15-20 : l’expédition parthique de Crassus constitue en réalité l’aboutissement d’un plan validé par le sénat quelques années auparavant et soutenu par une partie des élites romaines. Voir aussi Traina, 2011b, p. 213.

91 Velleius Paterculus, II, 46, 2 ; Sénèque, Questions Naturelles, V, 18, 10 ; Flavius Josèphe, BJ, I, 178 ; Antiquités Judaïques, XIV, 105-109 ; Florus, I, 46, 1 (III, 11) ; Appien, BCiv., II, 3, 18 ; Plutarque, Crassus, 16, 1-3 (ne mentionne pas la cupidité) ; Dion Cassius, XL, 12, 1 ; Orose, VI, 13, 1-2.

92 Sur cette tradition historiographique qui remonte à Cicéron (De Finibus, III, 75) : Traina, 2011b, p. 210-213.

93 Crassus se moque des présages : Cicéron, De Diuinatione, I, 16, 29 ; Denys d’Halicarnasse, II, 6, 4 ; Valère Maxime, I, 6, 11 ; Florus, I, 46, 1 (III, 11) ; Plutarque, Crassus, 23, 2 ; Dion Cassius, XL, 18, 1-5 ; Eutrope, VI, 18, 1. Il ne tient pas compte de l’avis de ses hommes : Plutarque, Crassus, 19, 2.

94 Tite-Live, Periochae, 106 ; Sénèque, Lucilius, IV, 7 ; Plutarque, Crassus, 30, 1-2.

95 Plutarque, Crassus, 17, 8-9 ; Dion Cassius, XL, 13, 1-4.

96 Brizzi, 2004, p. 208-210. Traina, 2011a, p. 5, 46, 53-59.

97 Sampson, 2008, p. 146 ; Traina, 2011a, p. 91.

98 Tacite, Annales, XV, 13, 2 ; Dion Cassius, LXII, 21, 2.

99 Tite-Live, Periochae, 103, 8 ; Dion Cassius, LI, 26, 5.

100 Dion Cassius, LI, 26, 5.

101 Sur cette affaire : Tarpin, 2003.

102 Ibid., p. 293-295, 306-307.

103 Traina, 2011a, p. 14-18 ; Lerouge, 2007, p. 44.

104 Sur cette expédition : Arnaud, 1998.

105 Catulle, Carmina, XI, 6.

106 Lerouge, 2007, p. 294.

107 Ibid., p. 283.

108 Mattern-Parkes, 2003, p. 389 ; Rahim Shayegan, 2011, p. 334.

109 Virgile, Géorgiques, III, 31 ; Properce, IV, 3, 63-66 ; Horace, Odes, II, 13, 17-18 ; Ovide, Fastes, V, 591-594 ; Sénèque, Œdipe, 118-119 ; Thyeste, 381-387.

110 Virgile, Énéide, XI, 646-653 ; XII, 855-859 ; Bucoliques, X, 59-60 ; Horace, Odes, I, 29, 9-10 ; Ovide, Remèdes, 155-158 ; Ars amatoria, I, 209-212 ; II, 175-176 ; III, 776 ; Sénèque, Phèdre, 812-816 ; Phéniciennes, 428-431 ; Stace, Thébaïde, VI, 596-597.

111 Lucain, VIII, 295-296 ; Sénèque, Lucilius, 36, 7 ; Suétone, Vespasien, 6, 7 ; Dion Cassius, XLIX, 29, 4 ; Hérodien, III, 4, 8. Voir aussi Traina, 2011a, p. 77.

112 Plutarque, Crassus, 18, 3 ; 24, 3-4 ; 27, 2 ; Dion Cassius, XL, 22, 4-5. Certains auteurs prennent toutefois du recul avec cette idée : Cicéron, Fam., IX, 25, 1 ; Fronton, PH, 10.

113 Wheeler, 2007, p. 259-260 ; Lerouge, 2007, p. 302 ; Hauser, 2006, p. 295-304.

114 Virgile, Géorgiques, III, 31 ; Ovide, Ars Amatoria, I, 209-212 ; Sénèque, Œdipe, 118-119.

115 Virgile, Énéide, XI, 646-653. D’ailleurs, le « tir parthe » n’est pas une invention des Parthes mais une pratique très ancienne en Orient : Ivantchik, 2008, p. 187.

116 Horace, Odes, II, 13, 17-18 ; Virgile, Géorgiques, III, 31 ; Properce, IV, 3, 63-66 ; Ovide, Remèdes, 155 et 224 ; Sénèque, Thyeste, 381-387 ; Stace, Thébaïde, VI, 596-597. Tourner le dos à l’adversaire, c’est faire preuve de lâcheté : Ovide, Ars Amatoria, I, 209 ; III, 776 ; Sénèque, Apocoloquintose, 12, 3.

117 Sénèque, Thyeste, 381-387 ; Valerius Flaccus, VI, 698.

118 Velleius Paterculus, II, 82, 6. Voir aussi Florus, II, 20, 10 (IV, 10).

119 Ovide, Ars amatoria, I, 177-178 : les Parthes dominent les extrémités de l’Orient, soit « ce qui reste dans l’univers » (Ecce parat Caesar, domito quod defuit orbi, addere. Nunc, Oriens ultime, noster eris).

120 Pline l’Ancien, HN, XVI, 160 ; Lucain, VIII, 297-300.

121 Tacite, Annales, XIII, 34, 2 (entre Parthes et Arméniens).

122 Pline l’Ancien, HN, VI, 41 : namque Persarum regna, quae nunc Parthorum intellegimus. Certains poètes confondent sciemment les Parthes avec les Mèdes ou les Perses Achéménides : Properce, II, 13, 1-2 ; III, 12, 10-11 ; Horace, Odes, I, 2, 21-24 ; 49-52 ; 21, 13-16 ; 29, 4-5 ; II, 1, 31-32 ; 16, 5-8 ; III, 3, 43-44 ; 5, 1-9 ; 8, 19-20 ; IV, 15, 23 ; Ovide, Ars Amatoria, I, 223-226. Quinte-Curce fait référence à plusieurs reprises aux Parthes et à leur puissance à son époque : Quinte-Curce, IV, 12, 11 ; V, 7, 9 ; V, 8, 1 ; VI, 2, 12. Voir aussi Lerouge, 2007, p. 124-125 ; Rose, 2005, p. 45-47 : les Romains se voient comme les héritiers des Grecs qui ont soumis les Perses.

123 Schneider, 2007, p. 56 ; Wiesehöfer, 2005, p. 115.

124 Schneider, 2007, p. 60. Voir aussi Manilius, IV, 674-675 : Parthique uel orbis alter.

125 Pline l’Ancien, HN, XVI, 159-160.

126 Lerouge, 2007, p. 320 ; Rahim Shayegan, 2011, p. 335.

127 Lerouge, 2007, p. 104 et suivantes.

128 Par exemple, Rose, 2005, p. 23, fig. 1 ; Lerouge, 2007, p. 110. Cf. Ovide, Fastes, V, 591-594.

129 Stace, Silves, IV, 4, 30-31.

130 Breccia, 2012, p. 200 ; Rahim Shayegan, 2011, p. 335 ; Le Roux, 2016, p. 132.

131 Horace, Odes, I, 12, 53-56.

132 Tacite, Annales, XV, 13 ; Dion Cassius, XL, 14, 3.

133 Florus, I, 40, 31 (III, 5).

134 Tite-Live, Periochae, 130 : Antoine perdit deux légions et la retraite de son armée fut difficile.

135 Fronton, PH, 6. Voir aussi Tacite, Annales, II, 2, 2.

136 Dion Cassius, XL, 15, 5-6.

137 Virgile, Énéide, VIII, 704-706 : la bataille d’Actium est interprétée comme un affrontement entre Orient et Occident.

138 Arnaud, 1998, p. 20-31 : dès le ier siècle av. J.-C., une partie des élites arsacides aurait souhaité reprendre le projet politique et territorial des Achéménides et tourner les ambitions parthes vers la Méditerranée. Une autre partie aurait plutôt conseillé d’éviter toute confrontation militaire avec Rome.

139 Voir le débat qui oppose Pompée à Lentulus sur la valeur des Parthes dans la Pharsale : Lucain, VIII, 289-327, 365-390, 421-422, 431-439.

140 Sheldon, 2010, p. 43 ; Lerouge, 2007, p. 98.

141 Vervaet, 1999, p. 289-297 ; Ash, 2015, p. 139-156.

142 Tacite, Annales, XV, 6, 1-2.

143 Dion Cassius, LXIX, 5.

144 Festus, 14, 3 : Hadrien aurait été jaloux des conquêtes de Trajan.

145 Traina, 2011a, p. 137-138 ; 2011b, p. 215-216. Vervaet, 1999, p. 295 : l’abandon de la Mésopotamie a soulevé des critiques.

146 Le Roux, 2016, p. 132.

147 Cependant, en 161 les Parthes attaquent la Syrie et détruisent une légion : Dion Cassius, LXXI, 1, 2.

148 Brizzi, 2004, p. 222.

149 Id., 1981, p. 192.

150 Constat dressé chez Dion Cassius, XL, 14, 4.

151 Fronton, PH, 6 : Trajan, bien que victorieux, doit se replier. Les Romains échouent également à vaincre les Sassanides : échec de l’expédition de Sévère Alexandre en 231 (Hérodien, VI, 5, 9) et de celle de Julien en 363 (Ammien Marcellin, XXV, 3).

152 Dion Cassius, LXXI, 1, 4.

153 Hérodien, III, 9, 12.

154 Florus, II, 20, 3-7 (IV, 10) (36 av. J.-C.) ; Dion Cassius, LXXI, 2, 1 (161) ; Hérodien, VI, 5, 9 (231).

155 Iulius Africanus, Cestes, I, 1, 69-76.

156 Par exemple : Plutarque, Crassus, 24, 5 ; 25, 1.

157 Wheeler, 1997, p. 576 ; id., 2007, p. 261.

158 Iulius Africanus, Cestes, I, 1, 84-87 ; 2, 1-3 et 17-19.

159 Dion Cassius, XL, 15, 4.

160 Plutarque, Crassus, 25, 1-5 ; 30, 2. Voir aussi Breccia, 2012, p. 195 ; Traina, 2011a, p. 136.

161 Cicéron, Fam., IX, 25, 1.

162 Plutarque, Crassus, 18, 3 ; 24, 3 ; 25, 5 ; 27, 2 ; Dion Cassius, XL, 22, 4-5.

163 Lerouge, 2007, p. 320 : ce topos doit toujours se comprendre à la lumière d’un contexte.

164 Sheldon, 2010, p. 40.

165 Dion Cassius, XL, 29, 3 ; Frontin, Stratagèmes, II, 5, 35. Au ier siècle, ce stratagème est recommandé par Onasander (21, 9).

166 Florus, II, 19, 6-7 (IV, 8) ; Justin, Philippiques, XLII, 4, 8-10. Les Romains ont appliqué ce stratagème avant d’affronter les Parthes (César, BGal., V, 50-51) et même bien plus tard (Dion Cassius, LXXV, 6, 3).

167 Dion Cassius, XLIX, 20, 2 ; 26, 2 ; Plutarque, Antoine, 41, 6-7 ; 42, 1.

168 Brizzi, 1981, p. 181-182 ; id., 2004, p. 226-227 ; Traina, 2011a, p. 110. La lorica segmentata, ou « armure segmentée », aurait remplacé la cotte de maille pour mieux résister aux flèches parthes (Brizzi, 1981, p. 181).

169 On n’a retrouvé qu’un seul vestige de cette armure en Orient (Menéndez Argüín, 2006, p. 105). Elle était plutôt adaptée au corps-à-corps (ibid., p. 114) et n’était pas invulnérable aux flèches (ibid., p. 112, n. 49).

170 Absence de critique remarquée dans ibid., p. 115.

171 Plutarque, Crassus, 25, 7. Voir aussi Plutarque, Lucullus, 28, 4 : face aux cataphractaires ennemis, Lucullus ordonne à ses soldats de laisser de côté le javelot.

172 Bishop, Coulston, 2006, p. 150 : le pilum lourd est muni d’un poids de plomb placé au niveau de la jonction entre le fer et la hampe.

173 Sur l’histoire de ces unités : Wheeler, 2017a ; id., 2017b. Pour les Romains, le terme Parthus peut désigner différentes ethnies : Traina, 2015, p. 68-69.

174 Wheeler, 2007, p. 261.

175 Menéndez Argüín, 2006, p. 112, n. 50. Toutefois, l’idée de combiner différentes armes existait avant la bataille de Carrhes : Wheeler, 2007, p. 263.

176 Bishop, Coulston, 2006, p. 271.

177 Wheeler, 2007, p. 259-262.

178 Ibid., p. 261. Contra, Brizzi, 1981, p. 177. Ce concept pose problème : Morillo, 2013, p. 83 ; Wheeler, 2007, p. 257.

179 Kennedy, 1996, p. 87.

180 Wheeler, 2004, p. 316-317.

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Pour citer cet article

Référence papier

Benoît Lefebvre, « La bataille de Carrhes (53 av. J.-C.) : de la défaite au désastre patriotique »Pallas, 110 | 2019, 345-364.

Référence électronique

Benoît Lefebvre, « La bataille de Carrhes (53 av. J.-C.) : de la défaite au désastre patriotique »Pallas [En ligne], 110 | 2019, mis en ligne le 27 février 2020, consulté le 28 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/17914 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/pallas.17914

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Auteur

Benoît Lefebvre

Doctorant EA 4424 CRISES – LabEx Archimède
Université Paul Valéry Montpellier 3
benlefebvre01[at]hotmail.fr

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Droits d’auteur

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