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Bois et architecture dans la Protohistoire et l’Antiquité (XVIe av. J.-C. - IIe s. apr. J.-C). Grèce, Italie, Europe occidentale. Approches méthodologiques et techniques
Interpréter les traces de bois en négatif à l’âge du Bronze (Crète, Grèce continentale)

Le bois dans l’architecture domestique de l’âge du Bronze à Malia (Crète) : les exemples des quartiers Delta et Pi

The wood in Bronze Age domestic architecture in Malia (Crete): the examples of districts Delta and Pi
Maia Pomadère et Gaëlle Hilbert
p. 113-132

Résumés

Différents chercheurs ont récemment mis en évidence le développement du rôle structurel du bois dans l’architecture des seconds palais minoens. Ce postulat repose sur les traces d’armatures en bois observées dans les murs de palais (surtout à Cnossos) et de divers édifices monumentaux, en Crète ou à Akrotiri, ainsi que sur une meilleure compréhension des « halls minoens ». En analysant les vestiges architecturaux de deux bâtiments de la ville de Malia, nous avons souhaité vérifier si ces techniques d’assemblage du bois étaient mises en œuvre de façon homogène en contexte urbain. L’enquête menée dans les bâtiments Delta bêta et Pi montre que l’armature de bois n’y fut employée que de façon ponctuelle dans les murs, alors que les supports « libres » en bois sont plus fréquents : cela ne traduit donc pas l’adoption systématique d’une ossature de bois dans l’architecture domestique à Malia, où l’on ne peut par conséquent identifier une architecture anti-sismique reposant sur ce principe. L’usage structurel du bois semble davantage représenté dans les bâtiments d’architecture savante, reflétant l’importance du bois dans le nouveau langage architectural qui aurait pu être impulsé depuis Cnossos à partir du Minoen Moyen III.

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Texte intégral

Introduction1

  • 1 Nous tenons à remercier les organisateurs de leur invitation à participer aux journées autour du bo (...)
  • 2 Demargne et Gallet de Santerre, 1953.
  • 3 Bradfer-Burdet et Pomadère, 2004-2005. Malheureusement seule la moitié nord de ces maisons est deme (...)
  • 4 Voir M. Pomadère, « Rapports sur les travaux de l’école française. Malia, le secteur Pi » dans les (...)
  • 5 Les seconds palais sont reconstruits au Minoen Moyen III (abrégé MM III) et occupés pendant le Mino (...)

1La ville minoenne de Malia s’est développée sur le littoral nord de la Crète centrale aux Âges du Bronze Moyen et Récent. Après le palais, divers secteurs de la ville ont été dégagés par l’École française d’Athènes depuis le second quart du xxe s. Notre enquête s’appuie sur l’un d’entre eux, le Quartier Delta, partiellement exploré dans les années 1930 à environ 150 m à l’ouest du palais2. Deux édifices de ce quartier, Delta bêta et Delta gamma, ont fait l’objet d’un nettoyage approfondi permettant une nouvelle étude en 20043 (fig. 1). Ils sont séparés du secteur Pi, fouillé entre 2005 et 2014, par une voie pavée conventionnellement nommée la « rue de la mer »4 : le bâtiment Pi fournit ainsi un point d’appui supplémentaire pour une enquête sur l’architecture néopalatiale (ou des « seconds palais minoens »), dont la chronologie absolue, débattue, correspond à une phase de deux à trois siècles entre le xviie et le xve s. av. J.-C5.

Fig. 1. Plan du Quartier Delta et du secteur Pi de Malia

Fig. 1. Plan du Quartier Delta et du secteur Pi de Malia

(EFA/L. Fadin – G. Hilbert).

  • 6 Murs souvent fondés sur des constructions antérieures, comme en Mésopotamie, Sauvage, 1998, p. 51. (...)
  • 7 Quelques empreintes dans des fragments de mortier et de briques proviennent des niveaux protopalati (...)

2L’architecture de ces édifices est mixte, combinant l’usage de la pierre (calcaire et grès locaux, en particulier un grès dunaire nommé ammouda), du bois et des briques de terre crue, selon des techniques remontant au Néolithique dans le monde égéen. Ces bâtiments voisins se distinguent toutefois par la qualité du bâti comme par celle de la documentation. Le secteur Pi a bénéficié d’un système d’enregistrement minutieux et de prélèvements systématiques des écofacts, mais la conservation des vestiges architecturaux y est médiocre. La pierre, principalement sous la forme de moellons calcaire liés par un mortier argileux, forme la majeure partie des restes, assez arasés et correspondant au solin des murs6. Le bâtiment n’ayant pas brûlé dans son dernier état (daté d’une phase avancée du Minoen Récent IA), les assises supérieures des murs formées de briques de terre crue n’ont pas subsisté ; de ce fait, les indices de bois que l’on observe souvent en négatif dans la terre à bâtir brûlée sont rarissimes7. En revanche, les destructions accompagnées d’incendies qui ont frappé le secteur au cours de la période néopalatiale ont produit de grandes quantités de charbons de bois dont une partie peut être rattachée à l’architecture.

  • 8 Bradfer-Burdet et Pomadère, 2011. L’unité ouest correspond à Delta bêta I-II.
  • 9 Dans la typologie des maisons minoennes de McEnroe, 1982, Delta bêta appartient au type 2 et Pi s’i (...)
  • 10 Bradfer-Burdet et Pomadère, 2011. Sur la définition des espaces privés/publics, voir Palyvou, 2004  (...)

3La situation est toute autre dans le bâtiment Delta bêta qui lui fait face au sud de la « rue de la mer », et dont la partie ouest forme une unité autonome, la partie orientale appartenant certainement à un édifice mitoyen et distinct8 (fig. 1). L’unité occidentale fut détruite par un violent incendie au cours du MR I qui cuit plusieurs murs de briques, aujourd’hui bien conservés. Il s’agit en outre d’un bâtiment plus monumental et d’architecture plus soignée que le bâtiment Pi : les caractéristiques de Pi sont celles d’une construction modeste, alors que Delta bêta, dont le mur de façade composé d’énormes blocs calcaires taillés impressionne, avait manifestement un statut plus éminent, même si le rez-de-chaussée comprend des pièces de service9. Malheureusement, les fouilles réalisées dans le Quartier Delta n’ont légué qu’un enregistrement minimaliste des données de terrain, sans aucune information sur la stratigraphie ni, évidemment, sur les restes végétaux qui devaient pourtant être bien conservés par carbonisation d’après les photographies anciennes. Il est ainsi difficile d’y isoler les niveaux néopalatiaux des couches antérieures, protopalatiales. Dans le bâtiment Pi comme à Delta bêta, les activités domestiques semblent dominer et l’on peut donc parler de « maisons », bien que les fonctions privées et publiques soient difficilement distinguées pour cette période10.

  • 11 Palyvou, 1999, 2005a. L’agglomération d’Akrotiri, partiellement dégagée, fut détruite au cours du M (...)
  • 12 Tsakanika-Theohari, 2006, 2009.

4Les rencontres de Toulouse autour des usages du bois dans l’architecture nous ont fourni l’occasion de reconsidérer certains dispositifs remarquables et encore inexploités pour le bâtiment Delta bêta. Il offre pour la ville de Malia les traces de bois les mieux conservées de la période néopalatiale, que l’on peut aujourd’hui confronter aux données issues du bâtiment Pi. Le bois comme matériau de construction n’a pas suscité un grand intérêt dans les études d’architecture minoenne traditionnellement focalisées sur les vestiges plus résistants, la pierre et, secondairement, la terre à bâtir. L’importance du bois dans la construction minoenne a surtout été reconnue par C. Palyvou dans sa publication des bâtiments exceptionnellement bien conservés d’Akrotiri à Santorin11. Elle y a mis en exergue le rôle majeur du bois, depuis lors considéré comme un « héros invisible » de l’architecture néopalatiale. Le rôle structurel du bois a depuis été souligné et précisé par E. Tsakanika-Theohari, mais sa recherche se fondait principalement sur les palais, ou sur des édifices en pierre de taille reprenant le vocabulaire architectural des palais12. On peut donc se demander si le bois occupait une place aussi notable, éventuellement non reconnue, dans la construction domestique à Malia : y mit-on en œuvre à la période néopalatiale les techniques d’architecture en bois observées à Cnossos ou à Akrotiri ? Nous nous concentrerons ici sur la description de ces techniques, sans développer l’explication des changements (emprunts à des techniques exogènes ? traditions locales ?) qui mérite de plus amples recherches.

1. L’usage du bois dans la structure des murs

  • 13 Selon O. Aurenche, l’armature doit être distinguée du chaînage, terme réservé aux murs appareillés, (...)
  • 14 Elles reposeraient le plus souvent sur des bases de pierre à 0,20-0,90 m du sol, Tsakanika-Theohari (...)
  • 15 Evans, 1930, fig. 216, plan G ; Tsakanika-Theohari, 2009, fig. 3.
  • 16 Tsakanika-Theohari et al. 2011, n. 9 ; voir Maud Devolder dans ce volume.

5Les traces mises en évidence à Akrotiri et dans certains bâtiments palatiaux et/ou monumentaux minoens montrent l’armature de bois fréquente de leurs murs13. La technique se serait développée principalement à la période néopalatiale, avec une structure de poutres verticales fonctionnant le plus souvent par paires de part et d’autre des murs14. L’exemple le plus explicite provient du « Hall des doubles-haches » du palais de Cnossos, où T. Fyfe en proposa une restitution axonométrique remarquable dès 190015. Selon E. Tsakanika-Theohari, ces dispositifs d’ossature de bois se seraient inscrits dans un langage architectural standardisé à la période néopalatiale. Elle notait toutefois qu’ils n’avaient pas été repérés dans le palais de Malia16.

  • 17 Schmid, 1996, p. 81 ; Schmid et Treuil, 2017, p. 162. L’utilisation de branchages dans la couvertur (...)

6Avant de présenter quelques exemples issus des murs de bâtiments maliotes, il convient de rappeler que ces derniers étaient couverts d’un toit plat formé d’une charpente en bois. Les attestations en sont claires dans certains édifices minoens, notamment au Quartier Mu de Malia : les vestiges protopalatiaux permettent d’y restituer la charpente formée de poutres, de solives et de roseaux ou branchages recouverts de terre17.

1.1. Une ossature de bois dans les murs du bâtiment Delta bêta ?

  • 18 Tsakanika-Theohari, 2009, p. 134 : « the vertical timbers are always in pairs » ; selon elle, les b (...)
  • 19 À Kato Zakros (palais), les poutres utilisées dans la maçonnerie ont une largeur de 10 à 40 cm ; à (...)

7Le bâtiment Delta bêta de Malia offre l’exemple intéressant d’une armature en bois dans certains murs intérieurs. Les traces les plus claires proviennent d’un mur épais (env. 1 m) séparant les pièces 4 et 5, dans l’unité occidentale : les empreintes de trois poteaux verticaux, sous la forme de cavités larges de 8 à 12 cm et profondes d’environ 15 cm, apparaissent dans la maçonnerie de moellons du parement sud (fig. 2). Les poutres reposaient dans un cas sur le sol, dans les deux autres cas sur des bases en pierre insérées à diverses hauteurs (H. 0,20 et 0,30 m env.), permettant de mieux les isoler de l’humidité. Ces poteaux ne disposaient pas de parallèles dans le parement nord, mais trois négatifs de poteaux, décalés vis-à-vis des précédents, y sont aussi visibles (fig. 3) ; l’un d’entre eux reposait sur le sol où des restes charbonneux subsistaient lors du nettoyage réalisé en 2004. Le système n’est donc ni aussi régulier ni tout à fait conforme à la structure « canonique » (paire de poteaux de part et d’autre du mur) présentée par E. Tsakanika-Theohari en contexte palatial18. Le faible diamètre des poteaux utilisés dans le mur de Delta bêta, limité à environ 10 cm, est également remarquable19.

Fig. 2. Élévation avec restitution du chaînage bois, pièce 5 du bâtiment Delta bêta

Fig. 2. Élévation avec restitution du chaînage bois, pièce 5 du bâtiment Delta bêta

(G. Hilbert).

Fig. 3. Delta bêta, plan des espaces 2-3-4-5 avec la localisation des éléments en bois

Fig. 3. Delta bêta, plan des espaces 2-3-4-5 avec la localisation des éléments en bois

(G. Hilbert).

  • 20 Schmid et Treuil, 2017, p. 148.
  • 21 Palyvou, 2005a, p. 123, fig. 173.
  • 22 Tsakanika-Theohari et al., 2011, p. 200-201, fig. 3a ; Tsakanika-Theohari, 2017, p. 270.
  • 23 Tsakanika-Theohari, 2017, p. 298.
  • 24 E. Tsakanika-Theohari suppose que les poutres longitudinales, au niveau des linteaux, formaient un (...)
  • 25 Un dispositif comparable est rapporté à Akrotiri, Palyvou, 2005, p. 122, fig. 171 ; Palyvou, 2017, (...)

8Les poteaux verticaux du mur de Delta bêta devaient être assemblés à des poutres horizontales, ou longrines, qui auraient pu être placées au sommet du mur préservé (H. 0,90 m), où l’on peut observer un bloc avec lit d’attente taillé. Ce dernier aurait pu, en outre, soutenir une poutre transversale. Ces dernières, généralement perpendiculaires à l’axe du mur, sont très rarement attestées dans le monde minoen : quelques traverses furent employées dans les murs du Quartier Mu de Malia (MM II), mais elles n’y étaient pas liées aux longrines plus fréquentes ; on comprend donc mal dans ce cas comment elles pouvaient augmenter « la résistance du mur »20 et leur présence s’expliquerait plutôt par une fonction liée à la mise en œuvre des parois de briques. Leur intégration dans l’armature de bois demeure sporadique à la période néopalatiale : dans le mur sud de la Xestè 3 d’Akrotiri à Santorin21, en Crète seulement dans la « villa A » de Tylissos, à Nirou Chani et dans l’Unexplored Mansion de Cnossos22. Leur présence est indispensable pour assurer la cohésion d’une ossature bois et on doit probablement les situer le plus souvent au niveau des linteaux des portes23, trop hauts pour que nous en ayons des traces conservées dans l’habitat de Malia (voir supra)24. Dans le cas du mur de Delta bêta, on observe une lacune large d’env. 8 cm sur la face supérieure du mur, qui pourrait correspondre à une traverse d’orientation diagonale, assez surprenante, ajoutée pour consolider la structure (en pointillés, fig. 3)25.

  • 26 Il n’y avait pas en Crète de système de crampons pour l’assemblage de blocs, Evely, 2000, p. 534. L (...)

9L’assemblages des poutres et poteaux devait être réalisé par le biais de chevilles en bois ou par tenon et mortaise, les clous de bronze étant très rares en Crète ; les mortaises parfois creusées sur la pierre constituent un indice indirect de ce type d’assemblage26 (supra).

  • 27 La présence des piliers en demi-sous-sol dans l’entrée du bâtiment Delta bêta, l’épais mur entre 4 (...)
  • 28 Demargne et Gallet de Santerre, 1953, p. 49-50.

10L’ossature de bois devait ensuite s’élever dans les assises de briques et à l’étage27. La forte présence du bois dans cette partie du bâtiment avait été remarquée par P. Demargne qui rapporta sur le sol des « traces de charbon […] extrêmement abondantes » qu’il associa à « la chute des poutres du plafond »28, mais qui doivent donc aussi provenir de l’ossature de bois du mur entre 4 et 5.

  • 29 L’insertion des poteaux pouvait être utile du fait de la différence de niveau entre les parements i (...)

11Cette dernière était certainement liée à des supports et piliers en bois isolés ainsi qu’au bâti des ouvertures, comme on le verra plus loin (fig. 3 et 6). Dans le bâtiment Delta bêta, des poteaux de bois furent aussi probablement insérés dans la maçonnerie de moellons de la pièce 2 dans une première phase architecturale : deux bases dans le mur nord, qui est aussi le parement interne du mur de façade, supportent des moellons verticalement superposés. Il est probable que ces derniers ont remplacé des poteaux de bois appartenant à l’état originel29.

12En revanche, l’incorporation de poteaux dans la maçonnerie n’apparaît que de façon ponctuelle dans les autres pièces de Delta bêta : dans l’espace 10, une trace charbonneuse et la lacune observable à la jonction avec les cloisons des espaces adjacents (9-11-12) montre qu’un poteau quadrangulaire était encastré dans le mur, mais il semble alors s’agir d’un support isolé et non lié à d’autres pièces de bois dans l’élévation (éventuellement un second poteau contre le mur oriental ?) (pl. VI). Les assises de briques de ces murs, partiellement conservées, étaient disposées directement sur les moellons du soubassement. Le poteau placé au centre de l’espace compartimenté par ces cloisons devait surtout avoir la fonction de support intermédiaire pour la charpente, même s’il pouvait renforcer la stabilité des parois assez étroites (épaisses de 0,30 à 0,40 cm).

Pl. V.1. Restitution axonométrique de l’armature en bois dans l’unité ouest de Delta bêta

Pl. V.1. Restitution axonométrique de l’armature en bois dans l’unité ouest de Delta bêta

(G. Hilbert).

Pl. V.2. Fragment de fresque miniature, « femme au balcon », secteur du « threshing floor », palais de Cnossos

Pl. V.2. Fragment de fresque miniature, « femme au balcon », secteur du « threshing floor », palais de Cnossos

(dessin M. Pomadère, d’après Evans, 1930, fig. 35).

Pl. VI. Empreinte de poteau quadrangulaire à l’intersection des cloisons entre les espaces 9-10-11-12 de Delta bêta

Pl. VI. Empreinte de poteau quadrangulaire à l’intersection des cloisons entre les espaces 9-10-11-12 de Delta bêta

(cliché EFA/M. Pomadère).

  • 30 Aucune empreinte n’apparaît non plus dans les murs internes de Delta alpha, par exemple dans les pa (...)

13Ce dernier exemple semble assez représentatif de l’emploi limité de poteaux de bois verticaux ou longitudinaux dans les murs en briques à Malia, si l’on se fie aux parois de briques conservées dans la ville néopalatiale : dans le bâtiment Delta bêta, les pans de murs en briques toujours debout ne portent aucune empreinte de bois30. Les parements de briques des murs internes semblent donc avoir été le plus souvent montés directement sur les moellons du soubassement, sans ossature de bois : peut-être cette dernière était-elle plutôt réservée aux murs plus épais (ainsi le mur des pièces 4-5, peut-être en façade). Dans le bâtiment Pi, l’état des vestiges architecturaux rend difficile toute restitution des élévations de murs, mais les solins de moellons n’y portent aucune empreinte verticale ni base susceptible d’avoir supporté des poteaux.

14Dans l’unité ouest de Delta bêta, où l’incendie final garantit une représentativité relativement bonne des matériaux dits périssables, on ne peut donc pas restituer une armature de bois pour l’ensemble du bâtiment : le cas du mur des pièces 4-5 y semble exceptionnel et doit être analysé dans son contexte architectural et stratigraphique.

1.2. Une armature de bois associée à des réfections

  • 31 Certaines de ces fonctions liées aux pièces longitudinales sont bien attestées au MM II, par exempl (...)

15L’emploi privilégié du bois dans la maçonnerie de la partie ouest du bâtiment (espaces 1-3-4-5) résulte certainement de réaménagements effectués au cours de la période néopalatiale. Le mur très épais séparant les pièces 4 et 5 du bâtiment Delta bêta est en réalité formé de deux murs accolés : le mur nord correspond à la construction de la partie nord du bâtiment (espaces 1-2-4), alors que le mur sud est le fruit de l’ajout postérieur de la partie sud du bâtiment (espaces 5-6), marqué par un léger retrait dans la façade ouest, sur une ruelle. Si l’on s’explique mal l’accolement des deux murs, leur jonction justifie l’intégration d’une ossature de bois destinée à consolider cet ensemble hétérogène ; elle liait en outre le mur au bâti environnant, au sud comme au nord. Par l’assemblage de pièces verticales et horizontales, le bois jouait ainsi probablement un rôle structurel en contribuant à « raidir » le mur31. Ces caractéristiques permettent de rapprocher la structure de ce mur du pan de bois hourdé de moellons et de briques. En plus de cette fonction structurelle, les pièces longitudinales, si elles étaient bien disposées en couronnement du soubassement, facilitaient la mise en œuvre de la paroi de briques en contribuant à régler l’assise inférieure.

16L’insertion d’une ossature en bois dans la partie ouest de Delta bêta semble donc dater d’une ou plusieurs reconstructions de la période néopalatiale, confirmant le développement de cette technique au cours du Minoen Récent IA. Cela ne s’inscrit pas dans une opération architecturale systématique à l’échelle d’un édifice ou d’un quartier, mais semble transcrire l’adoption et l’adaptation de l’armature en bois pour répondre à des problèmes architectoniques précis.

17Cette construction apparemment sporadique d’une armature en bois prend sens lorsque l’on restitue ses liens avec les autres éléments structurels en bois, en particulier le bâti des ouvertures qu’elle devait directement prolonger.

2. Le bois dans le bâti des ouvertures : portes et fenêtres

  • 32 Poursoulis, 2000, p. 142 ; Schmid et Treuil, 2017, p. 151.
  • 33 Demargne et Gallet de Santerre, 1953, p. 48. Une empreinte charbonneuse apparaissait nettement sur (...)

18L’armature en bois des murs comprend en effet celle des ouvertures : la structure de bois des portes jouait vraisemblablement un véritable rôle porteur dans les édifices, et ce dès la période protopalatiale à Malia32. L’huisserie en bois, qui a laissé de nombreux restes charbonneux dans le bâtiment Delta bêta, devait donc être liée aux autres pièces observées dans l’armature des murs de l’unité occidentale. D’après les vestiges provenant de divers sites, le piédroit, ou parastade, pouvait être formé d’une ossature de bois à remplissage de pierres et terre, rappelant le mode de construction de piliers (supra) ; dans les maisons Delta bêta et Pi, où aucune base de piédroit ne portait de mortaise, le montant pouvait être plus simplement constitué de poteaux. Le linteau devait être formé de poutres accolées. Les montants, ainsi que le vantail en bois, ont parfois laissé des restes de charbon ou des traces « fantômes » sur les seuils en pierre : P. Demargne rapporte ainsi que « le coin du mur était noir de charbon » près de la crapaudine creusée dans le seuil de l’entrée dans l’unité ouest de Delta bêta (entrée A)33.

  • 34 Le seuil mesure 1,80 de long par 0,75 m de large. Un rectangle piqueté sur la face supérieure, long (...)
  • 35 Cette cavité rappelle celles qui auraient été destinées à des crampons de bois, tels que proposés p (...)

19La présence de seuils monolithes en pierre supportant l’huisserie en bois dans la façade de Delta bêta est l’un des marqueurs de son statut élitaire : dans l’unité ouest (entrée A), le bloc calcaire équarri, à la surface piquetée et munie d’une crapaudine permet de restituer un vantail large d’environ 1 m34. Dans le bâtiment Pi, on rencontre dans le mur sud de la pièce 13, constituant la façade sur la « rue de la mer », un long bloc d’ammouda dont la face supérieure est creusée d’une mortaise quadrangulaire35 : ce seuil à la face supérieure abîmée et incurvée par l’usure correspond à une porte dont la structure, qui aurait donc intégré un élément en bois vertical, est difficile à restituer.

  • 36 Dans la plupart des bâtiments du Quartier Mu, les seuils étaient faits de planches de bois creusées (...)

20Pour les portes intérieures, on trouve plus fréquemment deux dalles plus ou moins rectangulaires en pierre sur lesquelles reposaient les jambages en bois de la porte, de part et d’autre de l’espace du seuil, disparu : elles semblent ainsi avoir souvent encadré un seuil en bois posé sur le sol, parfois signalé par une concentration de charbon, ainsi en Delta bêta (Porte de l’espace 2)36.

  • 37 La position de Graham (« Exterior windows on the ground floor, for reasons of safety and privacy, w (...)
  • 38 Dans la maison d’Aghia Varvara à Malia, Pelon, 1966, p. 559 ; Fotou, 2013, vol. 3, p. 46, 148, 158.
  • 39 Shaw, 2009, p. 120-124.

21La question des fenêtres et de leur localisation a suscité des discussions plus nourries37. Si elles ne semblent pas systématiquement contiguës à la porte d’entrée comme à Akrotiri, les fenêtres semblent avoir été assez fréquentes en rez-de-chaussée sur les murs extérieurs en Crète38. Toutefois, les édifices étudiés ici apportent peu d’éléments nouveaux, en raison d’une hauteur de murs insuffisamment préservée et de l’absence de mortaises sur la face supérieure des assises, dont on s’accorde à penser qu’elles signalent l’emplacement d’une poutre servant d’appui de fenêtre39. Une seule fenêtre peut être identifiée avec assurance dans le bâtiment Delta bêta (unité est, vestibule 14, voir supra) ; l’appui y est alors formé d’un bloc d’ammouda rectangulaire taillé et enduit, placé sur le parement interne du soubassement du mur de façade. On doit vraisemblablement restituer des montants en bois posés sur ce bloc d’appui, formant les supports symétriques de deux colonnes lui faisant face. L’huisserie de la fenêtre prolongée en hauteur aurait donc pu être assemblée aux supports de bois employés dans ce puits de lumière. L’ensemble étant situé dans l’angle nord-ouest de Delta bêta ouest, cette structure largement ouverte n’entraînait aucune fragilité structurelle pour l’édifice.

22Cette fenêtre est ainsi une illustration de la liaison entre l’armature en bois des murs, baies comprises, et les supports en bois isolés qui jouent un rôle important dans l’architecture minoenne.

3. Les supports verticaux libres : poteaux et colonnes

  • 40 Par exemple Graham, 1987, p. 94-99 ; Driessen, 1982 ; Lloyd, 1997-1998 ; Letesson, 2013.
  • 41 Shaw, 2011, 2015 ; Letesson, 2013, p. 329-335 ; Schmid et Treuil, 2017, p. 119-120.

23Les supports libres, poteaux, piliers ou colonnes, ont été employés par les Minoens pour diviser les pièces et aménager des espaces hypèthres, des puits de lumière souvent associés à des portiques sur un ou plusieurs côtés : la formule du « hall minoen » dans lequel se succèdent un hall à polythyron (un mur remplacé par plusieurs baies), un portique ou porche à une seule colonne et un puits de lumière est caractéristique de l’architecture néopalatiale40, même si à Malia cet agencement est déjà présent dans les grands bâtiments protopalatiaux tels le bâtiment A du Quartier Mu et la Crypte Hypostyle41. Les maisons et bâtiments les plus soignés de la ville néopalatiale de Malia intègrent cette formule architecturale (par exemple dans le Quartier Delta, on observe l’alignement « canonique » des espaces 3-3a-3b dans Delta alpha, des espaces 10-11 en Delta gamma).

  • 42 Evans, 1930, p. 62-65, fig. 36 ; sur les chapiteaux parallélépipédiques chevillés, Laffineur, 2005.

24Seule la forme des bases en pierre, circulaire ou rectangulaire, permet de distinguer les colonnes des poteaux en bois, disparus. D’après l’iconographie, les colonnes étaient surmontées d’un chapiteau sculpté, en galette ou parallélépipédique, vraisemblablement aussi en bois42.

3.1. Le bois dans l’aménagement des puits de lumière : des exemples originaux dans le bâtiment Delta bêta

  • 43 Letesson, 2013, p. 304.
  • 44 La sixième base observée par P. Demargne est aujourd’hui invisible, probablement évacuée ou occulté (...)
  • 45 Par exemple, l’espace 19 de la belle maison Zeta alpha, où l’espace carré (2 x 2,25 m) est encadré (...)
  • 46 Demargne et Gallet de Santerre, 1953, p. 102 ; Van Effenterre, 1980, p. 418 : un « atrium » ; Dries (...)

25Le système de portiques jouxtant un puits de lumière, largement étudié dans ses versions « canoniques », connaît des variations parfois originales43, comme on peut l’observer en Delta bêta. La majeure partie de la pièce 3, en position centrale dans le bâtiment, est occupée par un « bassin » encadré par cinq bases de colonnes de forme et de hauteur variées, sur lesquelles des traces de charbons subsistaient lors du nettoyage effectué en 200444. Sur les côtés est et ouest, les bases supportaient des colonnes ou poteaux de bois engagés dans des murs ou murets, l’un épais (d’environ 1 m, à l’ouest), l’autre beaucoup plus fin et principalement construit de briques : le décalage de la base orientale par rapport aux quatre autres signale peut-être une modification de la structure originelle, d’abord encadrée plus régulièrement par quatre colonnes formant un carré. L’aménagement de cet espace, qui accorde une large place au bois (fig. 3 et pl. V.1) n’a pas de parallèle exact, mais on peut le rapprocher d’autres dispositifs à Malia45. Il s’agissait manifestement d’un espace hypèthre, un puits de lumière entouré d’un portique, dont le fond comblé de moellons était plus profond que le sol environnant. Il ne semble pas avoir été revêtu d’enduit ou de dalles, ce qui le distingue des « Palaikastro halls », dallés et plus soignés, auxquels il peut aussi être comparé46.

  • 47 Demargne et Gallet de Santerre, 1953, p. 51.
  • 48 Shaw, 2015, p. 162 ; au Quartier Mu, seules deux bases étaient cependant dotées d’une mortaise, Sch (...)

26Dans l’unité orientale de Delta bêta, à l’extrémité ouest du vestibule 14, une plate-forme de dalles d’ammouda enduites, presque carrée (166 x 155 cm) était encadrée par une base de colonne en calcaire pourvu d’une mortaise circulaire et par une « colonnette » en ammouda cassée47, un type de colonne en pierre exceptionnel dans la Crète minoenne. Les bases de colonnes creusées d’une mortaise sont également rares ; elles semblent plutôt caractéristiques du MM II48 et il pourrait s’agir d’un remploi. Elles composent un exemple original de petit puits de lumière associant une colonne de bois à une colonne de pierre ; curieusement, malgré cette source d’éclairage sommital, la plateforme était également ouverte par une fenêtre basse vers la rue, mentionnée plus haut.

27Poteaux, piliers et colonnes en bois pouvaient par ailleurs être présents comme supports intermédiaires du plafond et de l’étage.

3.2. Piliers et colonnes dans le Quartier Delta et le bâtiment Pi

  • 49 Shaw, 1971, p. 86-88 ; 2009, fig. 210b, 211a ; Tsakanika-Theohari et al., 2011, p. 204-205, fig. 4- (...)
  • 50 Dimensions du pilier est (deux blocs) : 0,65 x 0,65 x 1,40 ; pilier ouest (un seul bloc conservé) 0 (...)

28Des piliers formés d’un ou plusieurs blocs de pierre taillée superposés, pourvus de mortaises quadrangulaires sur leur face supérieure, apparaissent dans certains édifices élitaires. Le système de construction au-dessus de ces piliers a été reconstitué de façon convaincante : un assemblage de poutres horizontales soutenait des poutres verticales entourant un blocage de pierres et de terre49. Ce dispositif complexe apparaît dans plusieurs maisons à Malia (Delta alpha, Zêta alpha), et peut être restitué dans la pièce 1 de Delta bêta ouest : la face supérieure du pilier Est en ammouda, très irrégulière et abîmée, porte au moins une petite mortaise carrée pour l’aménagement d’une superstructure de ce type50.

29Ce type de pilier massif n’est en revanche pas attesté dans le bâtiment Pi où l’on ne rencontre que des supports en bois plus simples. Dans cette architecture plus modeste, les supports verticaux en bois étaient aussi en nombre plus limité, notamment du fait de l’absence de polythyron.

30Seule l’unité orientale du bâtiment Pi témoigne de l’aménagement d’une colonnade ou de portique, peut-être dans une adaptation locale de la formule architecturale du « hall minoen » : la pièce 4 a vraisemblablement formé dans un premier temps (au début du MR IA) un espace largement ouvert sur la « rue de la mer », doté d’un sol dallé et d’un portique : deux bases de colonnes dans l’espace 4 peuvent être rattachées à une colonnade centrale ou, alternativement, à un espace hypèthre au nord-est de la pièce (fig. 4). Une dalle calcaire portant la trace circulaire d’une colonne retrouvée sur le sol conduit à supposer qu’un puits de lumière encadré par trois colonnes a pu être aménagé dans un second temps, car cette dalle n’appartenait pas au système originel. Les colonnes entouraient un espace de forme carrée défini par un remplissage de moellons et de débris architecturaux plus anciens. Le portique de l’espace 4 aurait pu être lié à une colonne située immédiatement en arrière du seuil de l’espace 6 et dont la base semble aujourd’hui isolée.

Fig. 4. Plan du bâtiment Pi avec restitution des supports verticaux en bois

Fig. 4. Plan du bâtiment Pi avec restitution des supports verticaux en bois

(G. Hilbert).

  • 51 Sur les pièces à support unique, voir Michailidou, 1987. Bâtiment Pi, espace 8 : dimensions 5,67 x (...)
  • 52 D’après les résultats de l’analyse micromorphologique préliminaire, pour lesquels je remercie Pante (...)

31Le bois apparaît surtout dans le bâtiment Pi dans des pièces à support unique en position plus ou moins centrale. Ce type d’espace à une colonne est assez standardisé dans les maisons néopalatiales maliotes, où il s’agit souvent de l’espace principal au rez-de-chaussée, avec des dimensions variant de 16 à 30 m251. Dans le cas de la pièce 8 du bâtiment Pi, ce support intermédiaire marquait une limite de la couverture, puisqu’une partie de l’espace était à ciel ouvert52. Cette colonne permettait de réduire la portée directe comme point d’appui de la charpente (fig. 4).

  • 53 Dans Zeta bêta, la colonne de la pièce 17 a un diamètre de 0,28 m ; dans la pièce 3 de Delta alpha (...)
  • 54 Shaw, 2009, p. 105.

32Les fûts des colonnes du bâtiment Pi étaient relativement fins, d’après le diamètre des bases normalement légèrement supérieur à celui de la colonne (diam. bases 0,24-0,30 m) : les fûts devaient donc avoir un diamètre oscillant entre 0,22 et 0,28 m. Cela semble correspondre à des mesures conventionnelles dans l’architecture domestique maliote53. Il semble que les diamètres des fûts de colonnes oscillent le plus souvent d’un diam. de 0,33 à 0,58 m dans le reste de la Crète54, mais ces mesures proviennent d’édifices élitaires induisant un biais dans notre documentation, avec une surestimation des dimensions.

33Certains espaces comprenaient un support isolé dont la base était formée d’un petit pilier plus ou moins quadrangulaire d’ammouda taillée, sans mortaise. Dans la pièce 16 du bâtiment Pi, le bloc calé par des pierres dans le sol en terre battue devait probablement supporter un second bloc de pierre, sur lequel aurait été posé un poteau en bois (fig. 4). L’utilisation d’un pilier dans une pièce qui ne nécessitait pas a priori de support intermédiaire en raison de ses dimensions limitées (4,25 x 3,70 m) peut s’expliquer par la présence d’un étage avec, éventuellement, un support. À moins que cela témoigne d’une difficulté (économique ou technique) pour accéder à des poutres de longueur suffisante ?

  • 55 Dans les maisons-ateliers du Quartier Mu, d’époque protopalatiale, où aucune base de colonne n’a po (...)
  • 56 En particulier l’étonnante restitution d’un tronc fourchu sur une grande base de colonne dans la fe (...)
  • 57 Demargne et Gallet de Santerre, 1953, p. 52.
  • 58 P. Westlake, étude en cours ; voir aussi Knappett et al. 2018. La question du revêtement du bois da (...)

34Si les fresques et divers supports iconographiques représentent des colonnes effilées à chapiteau soignée, on ne peut vraisemblablement pas restituer ce type de support dans le bâtiment Pi. Bien que ce choix ait été retenu pour d’autres bâtiments d’architecture modeste à Malia55, on imagine des colonnes plus simples pour le bâtiment Pi, à mi-chemin entre les élégantes colonnes de type palatial et les troncs frustes et à peine ébranchés qui ont parfois été proposés pour d’autres sites minoens56. Le revêtement souvent coloré des colonnes en bois est solidement établi grâce aux témoignages iconographiques. La chaux aérienne teintée (le plus souvent d’ocre rouge) ou blanchâtre, bien attestée pour la période néopalatiale dans le secteur Pi, devait dans ces cas être employée. Dans la maison Delta gamma de Malia, le départ d’une colonne dans la pièce 3 n’était indiquée que par le retour vertical de l’enduit du sol dessinant une forme circulaire sans aucune trace charbonneuse57 : il prouve que la colonne, et pas seulement sa base, était enduite. Les enduits constitués de chaux aérienne et les mortiers argileux utilisés à Malia à la période néopalatiale pouvaient par ailleurs recouvrir sans dommage ces colonnes et poteaux comme les poutres des murs qu’ils laissaient « respirer »58.

4. Une architecture à ossature de bois anti-sismique à Malia ?

  • 59 Palyvou, 2017, p. 259. à Akrotiri l’insertion de poutres obliques qui auraient pu servir de contrev (...)

35L’importance de la structure en bois peut être liée aux capacités d’élasticité qu’elle procure au bâtiment, utile dans une région fortement sismique. C. Palyvou affirme que le rôle structurel du bois a fait ses preuves dans plusieurs bâtiments d’Akrotiri, dont les étages ont résisté au séisme et à l’éruption du volcan de Santorin : elle a ainsi proposé que la devise des constructeurs devait y être « in wood we trust »59 !

  • 60 Shaw, 2009, p. 101 ; Driessen, 1987, p. 171-178 ; Palyvou, 2005a, p. 173-179 ; Palyvou, 2017 ; Tsak (...)
  • 61 Shaw, 2009, p. 101 ; Tsakanika-Theohari, 2017, p. 294, 300.
  • 62 Shaw, 2015, p. 170. C’est également l’hypothèse formulé par O. Callot pour le même développement à (...)

36Les qualités anti-sismiques de l’architecture minoenne, résultant notamment d’un usage important du bois, ont été abondamment soulignées dans la bibliographie60. La liaison entre ces multiples supports de bois a pu être comparée à la « xylodesia » (« half-timbering technique ») qui aurait formé une ossature en bois cohérente dans les bâtiments61. Le grand spécialiste de l’architecture minoenne J. Shaw a proposé d’interpréter le développement de cette utilisation du bois à la période néopalatiale comme une réponse aux séismes qui auraient frappé l’île à la fin du Minoen Moyen II62.

  • 63 Tsakanika-Theohari, 2017, p. 300-301. Voir par exemple Gauzin-Muller, 1990 ; Lohrum et Fritsch, 201 (...)
  • 64 Nous rejoignons plutôt Shaw, 1971, p. 148-149, également Driessen, 1987, p. 172-173 ; Tsakanika-The (...)

37Toutefois, dans le cas des maisons de Malia examinées ici, on peut s’interroger sur l’objectif des constructeurs car l’usage du bois n’y est ni régulier ni homogène à l’échelle d’un bâtiment ; si l’on excepte le mur décrit plus haut pour Delta bêta, il n’y a pas de trace d’ossature de bois portante ni d’assemblages avec contreventements comme on l’attendrait dans des maisons à pan de bois63. Si les constructeurs minoens ont cherché à alléger le bâti, la répartition des charges a pu se faire selon diverses modalités, associant la maçonnerie en pierre et des supports en bois. Le risque sismique, auquel les Crétois semblent avoir été confrontés régulièrement à l’âge du Bronze, n’a donc pas conduit à créer dans les maisons de Malia une structure totalement cohérente permettant d’assurer une déformation sans fissures ou écroulement64. Les exemples observés ne témoignent pas d’une véritable architecture de bois « anti-sismique » à Malia.

Conclusions

  • 65 L’armature en bois horizontale est utilisée dès le Néolithique en Orient et en Anatolie, mais de fa (...)

38Le bois a été largement employé dans la construction domestique à Malia : l’étude – non exhaustive – d’un seul quartier laisse présager de l’intérêt d’une analyse approfondie à l’échelle du site, encore à mener. Cette enquête a néanmoins montré qu’il n’y avait pas de recours systématique à une ossature en bois dans les bâtiments néopalatiaux, y compris pour le maintien des parois de briques. Cela dénote un développement progressif de techniques d’assemblages et des supports isolés en bois, qui ne supplantent pas la tradition constructive anciennement diffusée depuis l’Orient65 et ancrée localement depuis des siècles (parois de briques crues sur solins de pierre) ; elles y sont plutôt combinées pour répondre à des besoins précis.

  • 66 Bien au-delà de structures temporaires comme les installations sportives qui « devaient être constr (...)
  • 67 The « X-ray technique », Palyvou, 2000, p. 429-431 ; Palyvou, 2005b, p. 190.
  • 68 Laffineur, 2005, a montré de façon convaincante que les ronds peints sur ces chapiteaux pouvaient c (...)
  • 69 Driessen 1989-1990 ; Wiener, 2007 ; Poursat, 2010 ; Shaw, 2015, p. 149.
  • 70 Shaw, 2015, p. 98-104,  115.

39C’est dans les bâtiments d’architecture savante ou élitaire que les innovations, combinant le bois et la pierre taillée, semblent mises en œuvre, comme l’illustre l’exemple de Delta bêta. L’iconographie minoenne souligne la fonction du bois comme marqueur d’une architecture de prestige66 : les fresques en particulier offrent plusieurs indices de la valeur accordée au bois dans la construction. Le bois apparaît par exemple sous la forme de l’extrémité circulaire de poutres horizontales sur plusieurs fresques miniatures de Cnossos (pl. V.2) et, dans une moindre mesure, d’Akrotiri, ainsi que sur les plaques en faïence de la « Mosaïque de la ville » de Cnossos (Minoen Moyen III) : C. Palyvou avait relevé que le nombre et la densité de poutres, qui devraient correspondre à des poutres transversales dans les murs et/ou supportant les planchers, n’est pas corroborée par la documentation archéologique. Comme elle l’a postulé, cela pourrait renvoyer à des peintures murales illusionnistes représentant le bois sur les façades des bâtiments67. Certaines images montrent en outre des éléments architecturaux apparemment en bois, de couleur jaune à brune, mais d’interprétation plus complexe : je ne reviens pas ici sur les mâts superposés et les colonnes à chapiteau en bois chevillé déjà étudiés par d’autres chercheurs68. En revanche, on observe sur la fresque miniature dite « du sanctuaire » et sur d’autres fragments peints provenant du palais de Cnossos (pl. V.2) les montants d’ouvertures formés d’une superposition de formes en U alternativement jaunes et noires, rappelant un assemblage de pièces de bois par encastrement. On comprend mal la fonction de ces assemblages sur des montants, et peut-être faut-il plutôt penser que la technique d’assemblage du bois a donné naissance à un motif décoratif largement diffusé dans l’iconographie. Les représentations architecturales semblent ainsi refléter la valeur accordée au bois et, surtout, au travail du charpentier (assemblages par encastrement ou feuillure, chevillage) dans l’architecture minoenne. La récurrence de formes stéréotypées ressortit donc plutôt de conventions figuratives pour mettre en scène une architecture élaborée, une formule architecturale de la façade de type néopalatial. La communis opinio attribue ce nouveau langage architectural accordant une place de choix au bois à un foyer cnossien, dominant culturellement, si ce n’est politiquement, la Crète au MR I69. Les architectes maliotes semblent néanmoins avoir été les premiers à intégrer de nombreux éléments porteurs en bois dans les édifices protopalatiaux70 et l’on peut donc questionner la part d’influence de Cnossos dans les évolutions techniques néopalatiales locales.

  • 71 Driessen 1989-1990. Pour d’autres cas crétois, Devolder 2005-2006 ; 2013, p. 141-142 ; 2017, p. 65.
  • 72 En Mésopotamie, des manœuvres s’occupaient à la fois de la collecte de l’argile et de celle des ros (...)
  • 73 Selon Schmid et Treuil, 2017, p. 287, la majeure partie des matériaux de construction du Quartier M (...)
  • 74 Résultats préliminaire, étude de Maria Ntinou. L’étude en cours des pollens présents dans les carot (...)
  • 75 On suppose généralement que les essences les plus utilisées dans l’architecture minoenne sont le cy (...)
  • 76 Asouti, 2003.

40Cette influence paraît négligeable dans le chantier de construction du bâtiment Pi qui a pu être conduit, en grande partie, par des non-spécialistes – non sans savoir-faire71. Les exemples analysés reflètent notamment les qualités d’adaptation des constructeurs locaux aux contraintes imposées par le bâti existant, maintes fois repris et réagencé. Lors du chantier, les mêmes personnes pouvaient collecter l’argile, les roseaux (disponibles à Malia dans le marais bordant l’agglomération) et le bois72, qui provient, comme les autres matériaux de construction du bâtiment Pi, de l’environnement immédiat73. Parmi les charbons analysés, le taxon le plus répandu dans tout le secteur néopalatial est, de loin (70 % du total), le chêne vert (Quercus evergreen/ilex), qui poussait de façon naturelle dans les environs de Malia74. Il est suivi par des essences qui devaient être cultivées dans la plaine et les piémonts entourant la ville : l’olivier et les arbres de la famille Prunus (parmi lesquels l’amandier) ; le cyprès, le pin crétois et le chêne à feuilles caduques sont attestés plus sporadiquement, mais de façon régulière dans toutes les pièces du bâtiment75. Ces essences ont été utilisées de façon limitée, vraisemblablement pour produire de grandes poutres (d’une longueur supérieure à 5 m) pour une partie au moins de la charpente. La construction du bâtiment Pi semble témoigner de « manières de faire » locales remontant au MM II (bois pour des supports isolés, huisserie et charpente). Il n’était pas nécessaire d’importer du bois d’œuvre de qualité, tel le cèdre transporté du Levant à Santorin comme dans une large part du Proche-Orient76 : le bois local aurait suffi aux besoins constructifs dans la ville, peut-être aux risques d’une déforestation.

  • 77 Deshayes et Dessenne, 1959, p. 67-72. Ces lots d’outils étaient associés à des armes, suggérant qu’ (...)
  • 78 Pour J. McEnroe, la qualité du travail des charpentiers est le principal marqueur de la « nouvelle  (...)

41Il faut restituer à Malia, à côté de ces constructeurs éventuellement non spécialisés, des artisans spécialisés (notamment charpentiers) travaillant sur d’autres chantiers, auxquels on peut attribuer l’outillage complexe en bronze mis au jour dans certains bâtiments de la ville (ciseaux, scies, double-haches etc. découverts en Delta bêta, Zeta bêta et Zeta gamma77). La coexistence d’au moins deux traditions architecturales à Malia au MR I peut refléter différents phénomènes. L’accroissement du recours au bois dans les édifices ou les réaménagements néopalatiaux les plus tardifs implique un facteur chronologique, avec emprunt probable de traits externes (à Cnossos ?) par des artisans spécialisés au cours du MR IA78.

42La construction en bois se situe ainsi à la croisée de questions majeures (habiletés et traditions techniques, par exemple avec le rôle de la construction navale qui aurait pu être importante à Malia ; évolutions économiques ou politiques plus larges dans l’île ; exploitation des ressources environnementales) et ouvre des perspectives à peine effleurées jusqu’à maintenant pour la Crète minoenne.

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Notes

1 Nous tenons à remercier les organisateurs de leur invitation à participer aux journées autour du bois dans l’architecture, ainsi que pour leurs fructueux commentaires sur une première version de ce texte. Les travaux réalisés à Malia depuis 2004 ont bénéficié du soutien financier de l’école française d’Athènes, de l’Institute of Aegean Prehistory, de l’Université de Picardie-Jules Verne (EA 4284-TrAme), de l’UMR 7041-ArScAn et du Labex Dynamite.

2 Demargne et Gallet de Santerre, 1953.

3 Bradfer-Burdet et Pomadère, 2004-2005. Malheureusement seule la moitié nord de ces maisons est demeurée visible après le remblaiement pour construction de la maison de fouilles de l’école française d’Athènes dans les années 1960. Nous laissons de côté le bâtiment Delta alpha, déjà étudié par d’autres chercheurs, cf. Schmid, 2011.

4 Voir M. Pomadère, « Rapports sur les travaux de l’école française. Malia, le secteur Pi » dans les BCH 130.2 (2006) à 139-140.2 (2015) ; Pomadère et al., 2012.

5 Les seconds palais sont reconstruits au Minoen Moyen III (abrégé MM III) et occupés pendant le Minoen Récent I (abrégé MR I, et décomposé en deux phases successives A et B).

6 Murs souvent fondés sur des constructions antérieures, comme en Mésopotamie, Sauvage, 1998, p. 51. Ces socles empêchent les remontées d’humidité et de sels, Shaw, 2009, p. 128.

7 Quelques empreintes dans des fragments de mortier et de briques proviennent des niveaux protopalatiaux de Pi.

8 Bradfer-Burdet et Pomadère, 2011. L’unité ouest correspond à Delta bêta I-II.

9 Dans la typologie des maisons minoennes de McEnroe, 1982, Delta bêta appartient au type 2 et Pi s’intègrerait dans le type 3. Cette classification trop stricte a été remise en question, voir par exemple Letesson, 2009, p. 32.

10 Bradfer-Burdet et Pomadère, 2011. Sur la définition des espaces privés/publics, voir Palyvou, 2004 ; plus largement pour le monde antique, Sande et Seim, 2010.

11 Palyvou, 1999, 2005a. L’agglomération d’Akrotiri, partiellement dégagée, fut détruite au cours du MR IA. Sa culture matérielle est fortement influencée par celle de la Crète minoenne.

12 Tsakanika-Theohari, 2006, 2009.

13 Selon O. Aurenche, l’armature doit être distinguée du chaînage, terme réservé aux murs appareillés, Aurenche, 1977, p. 23. On utilisera donc de préférence le terme plus neutre d’armature.

14 Elles reposeraient le plus souvent sur des bases de pierre à 0,20-0,90 m du sol, Tsakanika-Theohari, 2009, p. 129-131. À Gournia, des poteaux sont placés à intervalles de 1 m, de part et d’autre du mur ; également à Tylissos où les poteaux se trouvaient de 0,40 à 0,80 m au-dessus du sol, sur une courte poutre traversant le mur, Shaw, 2009, p. 99.

15 Evans, 1930, fig. 216, plan G ; Tsakanika-Theohari, 2009, fig. 3.

16 Tsakanika-Theohari et al. 2011, n. 9 ; voir Maud Devolder dans ce volume.

17 Schmid, 1996, p. 81 ; Schmid et Treuil, 2017, p. 162. L’utilisation de branchages dans la couverture pourrait d’ailleurs expliquer la forte représentativité des brindilles parmi les charbons du secteur Pi, même si elles peuvent aussi provenir du combustible (étude en cours de M. Ntinou).

18 Tsakanika-Theohari, 2009, p. 134 : « the vertical timbers are always in pairs » ; selon elle, les bases sont placées transversalement dans le mur, ce qui n’est pas le cas ici.

19 À Kato Zakros (palais), les poutres utilisées dans la maçonnerie ont une largeur de 10 à 40 cm ; à Gournia, un diamètre de 15-25 cm ; à Tylissos env. 20 cm, ; à Palaikastro, des cavités de 17 cm de diamètre, Shaw, 2009, p. 99.

20 Schmid et Treuil, 2017, p. 148.

21 Palyvou, 2005a, p. 123, fig. 173.

22 Tsakanika-Theohari et al., 2011, p. 200-201, fig. 3a ; Tsakanika-Theohari, 2017, p. 270.

23 Tsakanika-Theohari, 2017, p. 298.

24 E. Tsakanika-Theohari suppose que les poutres longitudinales, au niveau des linteaux, formaient un « ruban » continu dans toute une unité de construction, mais l’hypothèse se fonde sur l’exemple du « quartier domestique » du palais de Cnossos que l’on ne peut considérer comme représentatif de la construction domestique, Tsakanika-Theochari, 2009, p. 138-139.

25 Un dispositif comparable est rapporté à Akrotiri, Palyvou, 2005, p. 122, fig. 171 ; Palyvou, 2017, p. 260, fig. 10a.

26 Il n’y avait pas en Crète de système de crampons pour l’assemblage de blocs, Evely, 2000, p. 534. Les mortaises sur la pierre signalent donc des assemblages d’éléments en bois sur les blocs.

27 La présence des piliers en demi-sous-sol dans l’entrée du bâtiment Delta bêta, l’épais mur entre 4 et 5 ainsi que la façade formée de blocs monumentaux doivent être mis en relation avec le support d’un étage, Demargne et Gallet de Santerre, 1953, p. 49-50 ; Bradfer et Pomadère, 2011, p. 106.

28 Demargne et Gallet de Santerre, 1953, p. 49-50.

29 L’insertion des poteaux pouvait être utile du fait de la différence de niveau entre les parements internes et externes, ce dernier se trouvant environ 0,40 m plus haut que le sol intérieur, en sous-sol : le parement interne joue donc aussi un rôle de soutènement. Pour un parallèle à Cnossos, cf. Tsakanika-Theohari, 2009, fig. 5.

30 Aucune empreinte n’apparaît non plus dans les murs internes de Delta alpha, par exemple dans les parois de briques encadrant le bassin lustral.

31 Certaines de ces fonctions liées aux pièces longitudinales sont bien attestées au MM II, par exemple au Quartier Mu, Schmid et Treuil, 2017, p. 148. Pour des exemples hors de la sphère minoenne, cf. Bella, 2012.

32 Poursoulis, 2000, p. 142 ; Schmid et Treuil, 2017, p. 151.

33 Demargne et Gallet de Santerre, 1953, p. 48. Une empreinte charbonneuse apparaissait nettement sur le piédroit occidental entre les pièces 1 et 3 de Delta bêta lors du nettoyage en 2004 ; des « restes de charbons » couvraient aussi le seuil de l’entrée de Delta alpha, idem, p. 43.

34 Le seuil mesure 1,80 de long par 0,75 m de large. Un rectangle piqueté sur la face supérieure, long d’1 m, correspond à la largeur du battant et à l’embrasure intérieure. La crapaudine, d’un diamètre de 8 cm, pour une profondeur de 2 cm, est creusée près de l’angle extérieur du jambage oriental. Un seuil monolithe sur lequel reposaient les jambages de bois a également été employé à Malia pour les entrées des bâtiments néopalatiaux Zeta alpha et Delta alpha, Demargne et Gallet de Santerre, 1953, p. 43, 66.

35 Cette cavité rappelle celles qui auraient été destinées à des crampons de bois, tels que proposés par Evely, 2000, fig. 220.3, mais l’usure de la surface montre qu’elle n’était pas couverte par une planche en bois.

36 Dans la plupart des bâtiments du Quartier Mu, les seuils étaient faits de planches de bois creusées d’une crapaudine, Schmid et Treuil, 2017, p. 183. Le système complexe de mortaises creusées dans le seuil de Zeta alpha a conduit V. Fotou à proposer qu’il était couvert d’une planche de bois, Fotou 2013, 1, p. 194.

37 La position de Graham (« Exterior windows on the ground floor, for reasons of safety and privacy, were no doubt in general avoided »), reposant sur des a priori, a fait l’objet de critiques fondées, Graham, 1987, p. 166 ; Palyvou, 1990 ; Shaw, 2009, p. 121-124.

38 Dans la maison d’Aghia Varvara à Malia, Pelon, 1966, p. 559 ; Fotou, 2013, vol. 3, p. 46, 148, 158.

39 Shaw, 2009, p. 120-124.

40 Par exemple Graham, 1987, p. 94-99 ; Driessen, 1982 ; Lloyd, 1997-1998 ; Letesson, 2013.

41 Shaw, 2011, 2015 ; Letesson, 2013, p. 329-335 ; Schmid et Treuil, 2017, p. 119-120.

42 Evans, 1930, p. 62-65, fig. 36 ; sur les chapiteaux parallélépipédiques chevillés, Laffineur, 2005.

43 Letesson, 2013, p. 304.

44 La sixième base observée par P. Demargne est aujourd’hui invisible, probablement évacuée ou occultée lors de la construction du mur de terrasse de la maison de fouilles.

45 Par exemple, l’espace 19 de la belle maison Zeta alpha, où l’espace carré (2 x 2,25 m) est encadré de bases d’ammouda à mortaises, permettant de restituer des piliers et éventuellement une plinthe autour de la surface enduite et surbaissée, selon un aménagement plus soigné qu’en Delta bêta, Demargne et Gallet de Santerre, 1953, p. 75-76 ; Van Effenterre, 1980, p. 418-419 ; l’hypothèse est rejetée par Fotou, 2013, 1, p. 196-197.

46 Demargne et Gallet de Santerre, 1953, p. 102 ; Van Effenterre, 1980, p. 418 : un « atrium » ; Driessen, 1989-1990 ; Letesson, 2009, p. 341 ; Bradfer-Burdet et Pomadère, 2004-2005, 2011.

47 Demargne et Gallet de Santerre, 1953, p. 51.

48 Shaw, 2015, p. 162 ; au Quartier Mu, seules deux bases étaient cependant dotées d’une mortaise, Schmid et Treuil, 2017, p. 155.

49 Shaw, 1971, p. 86-88 ; 2009, fig. 210b, 211a ; Tsakanika-Theohari et al., 2011, p. 204-205, fig. 4-5. À Malia dans la maison Zeta alpha, des charbons de bois obstruaient encore les mortaises, Demargne et Gallet de Santerre, 1953, p. 76, n. 4.

50 Dimensions du pilier est (deux blocs) : 0,65 x 0,65 x 1,40 ; pilier ouest (un seul bloc conservé) 0,62 x 0,63 x 0,87 m, Bradfer-Burdet et Pomadère, 2004-2005, p. 952-954. La répartition régulière des supports en bois verticaux au-dessus de bases de piliers en ammouda dotées de mortaises en têtes des murs est clairement lisible sur le plan de la maison Zeta alpha, Demargne et Gallet de Santerre, 1953, pl. LXV.

51 Sur les pièces à support unique, voir Michailidou, 1987. Bâtiment Pi, espace 8 : dimensions 5,67 x 5 m, soit 27 m2 ; Zeta alpha, espace 24 : 5,50 x 4,60 m, soit 25,3 m2 ; Zeta bêta, espace 17 : 6 x 5 m, soit 30 m2 ; Zeta gamma, pièce I : 3,95 x 4,05 soit 16 m2 ; Haghia Varvara, pièce 3 : 4,80 x 4,70 m soit 22,56 m2, Pelon, 1966, p. 558. La colonne de l’espace 17 de Zeta bêta pouvait être associée à un puits de lumière dans l’angle sud-ouest de la pièce, Deshayes et Dessenne, 1959, p. 13 ; Fotou, 2013, vol. 1, p. 203-204. À la différence des autres maisons maliotes, l’espace 8 ne joue pas de rôle majeur dans l’organisation des circulations dans le bâtiment Pi.

52 D’après les résultats de l’analyse micromorphologique préliminaire, pour lesquels je remercie Pantelitsa Mylona.

53 Dans Zeta bêta, la colonne de la pièce 17 a un diamètre de 0,28 m ; dans la pièce 3 de Delta alpha (puits de lumière), diam. 0,32-0,34 m ; dans Zeta gamma (espace 1, espace 10), diam. 0,30 m ; dans le Quartier Mu, le diamètre des bases est irrégulier, de 0,22 à 0,43 m, Schmid et Treuil, 2017, p. 153-155.

54 Shaw, 2009, p. 105.

55 Dans les maisons-ateliers du Quartier Mu, d’époque protopalatiale, où aucune base de colonne n’a pourtant été mise au jour, M. Schmid a audacieusement restitué une terrasse et une véranda soutenus par des colonnes de bois, cf. Poursat, 1996, p. 91-93, fig. 51.

56 En particulier l’étonnante restitution d’un tronc fourchu sur une grande base de colonne dans la ferme de Chalinomouri à Mochlos, Soles, 2003, fig. 63.

57 Demargne et Gallet de Santerre, 1953, p. 52.

58 P. Westlake, étude en cours ; voir aussi Knappett et al. 2018. La question du revêtement du bois dans l’architecture minoenne est discutée, Shaw, 2009, p. 104. La question se pose tout particulièrement pour la période protopalatiale : les enduits alors les plus utilisés en Crète étaient à base de chaux éteinte, mais les revêtements muraux de Malia se distinguent par des taux élevés de silicates en apparentant une partie à des ciments ou à de la chaux hydraulique, Dandrau, 2000. Ces derniers auraient provoqué la putréfaction du bois et il faut donc penser que les poutres du Quartier Mu n’étaient pas enduites, malgré l’avis contraire des auteurs de la publication, Schmid et Treuil, 2017, p. 199, 201.

59 Palyvou, 2017, p. 259. à Akrotiri l’insertion de poutres obliques qui auraient pu servir de contreventements est notée de façon très sporadique, mais les systèmes de portes multiples pouvaient jouer ce rôle.

60 Shaw, 2009, p. 101 ; Driessen, 1987, p. 171-178 ; Palyvou, 2005a, p. 173-179 ; Palyvou, 2017 ; Tsakanika-Theohari, 2006, 2017 ; Poursoulis, 2000.

61 Shaw, 2009, p. 101 ; Tsakanika-Theohari, 2017, p. 294, 300.

62 Shaw, 2015, p. 170. C’est également l’hypothèse formulé par O. Callot pour le même développement à Ougarit au Bronze Récent III, Callot, 1994, p. 211.

63 Tsakanika-Theohari, 2017, p. 300-301. Voir par exemple Gauzin-Muller, 1990 ; Lohrum et Fritsch, 2015.

64 Nous rejoignons plutôt Shaw, 1971, p. 148-149, également Driessen, 1987, p. 172-173 ; Tsakanika-Theohari, 2017, p. 300 ; Jusseret et Sintubin, 2017, p. 388.

65 L’armature en bois horizontale est utilisée dès le Néolithique en Orient et en Anatolie, mais de façon limitée jusqu’à la fin du IIIe millénaire, Aurenche, 1981, p. 87-88 ; Perello, 2011, p. 69. Il semble que le développement de l’ossature en bois, en particulier à Ougarit, soit contemporain de la période mycénienne (BR III) en égée, Callot, 1994, p. 124, 211.

66 Bien au-delà de structures temporaires comme les installations sportives qui « devaient être construites en matériaux périssables, probablement en bois », Laffineur, 2005, p. 136.

67 The « X-ray technique », Palyvou, 2000, p. 429-431 ; Palyvou, 2005b, p. 190.

68 Laffineur, 2005, a montré de façon convaincante que les ronds peints sur ces chapiteaux pouvaient correspondre à l’extrémité des chevilles.

69 Driessen 1989-1990 ; Wiener, 2007 ; Poursat, 2010 ; Shaw, 2015, p. 149.

70 Shaw, 2015, p. 98-104,  115.

71 Driessen 1989-1990. Pour d’autres cas crétois, Devolder 2005-2006 ; 2013, p. 141-142 ; 2017, p. 65.

72 En Mésopotamie, des manœuvres s’occupaient à la fois de la collecte de l’argile et de celle des roseaux pour la construction, Sauvage, 1998, p. 154.

73 Selon Schmid et Treuil, 2017, p. 287, la majeure partie des matériaux de construction du Quartier Mu, différant peu de ceux du secteur Pi, était accessible dans un rayon de 0,6 km autour du chantier.

74 Résultats préliminaire, étude de Maria Ntinou. L’étude en cours des pollens présents dans les carottes prélevées dans le marais bordant la ville minoenne montre aussi que les essences attestées dans le secteur Pi appartenaient à l’environnement boisé de Malia (communication personnelle d’Arthur Glais).

75 On suppose généralement que les essences les plus utilisées dans l’architecture minoenne sont le cyprès et le sapin pour les supports (poteaux et colonnes), et le chêne, le pin et l’olivier pour d’autres usages architecturaux, Shaw, 2009, p. 94. L’olivier est aussi signalé pour la charpente, Soles, 2003, p. 55-56 ; Moody, 2012, p. 249. À Akrotiri, dans le contexte différent et moins boisé des Cyclades, c’est l’olivier qui est prédominant, suivi du pin, Asouti, 2003, p. 475

76 Asouti, 2003.

77 Deshayes et Dessenne, 1959, p. 67-72. Ces lots d’outils étaient associés à des armes, suggérant qu’il s’agissait plutôt de dépôt métalliques que de la trousse à outils d’artisans.

78 Pour J. McEnroe, la qualité du travail des charpentiers est le principal marqueur de la « nouvelle » architecture des seconds palais, McEnroe, 2010, p. 78, 100. Les maisons maliotes Zêta alpha ou Epsilon présentent des analogies avec des « villas » de Crète centrale comme celles de Tylissos, Adams, 2017, p. 92, d’où la proposition d’architectes et constructeurs itinérants par Driessen 1989-1990.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Plan du Quartier Delta et du secteur Pi de Malia
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Titre Fig. 2. Élévation avec restitution du chaînage bois, pièce 5 du bâtiment Delta bêta
Crédits (G. Hilbert).
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Titre Fig. 3. Delta bêta, plan des espaces 2-3-4-5 avec la localisation des éléments en bois
Crédits (G. Hilbert).
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Titre Pl. V.1. Restitution axonométrique de l’armature en bois dans l’unité ouest de Delta bêta
Crédits (G. Hilbert).
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Titre Pl. V.2. Fragment de fresque miniature, « femme au balcon », secteur du « threshing floor », palais de Cnossos
Crédits (dessin M. Pomadère, d’après Evans, 1930, fig. 35).
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Titre Pl. VI. Empreinte de poteau quadrangulaire à l’intersection des cloisons entre les espaces 9-10-11-12 de Delta bêta
Crédits (cliché EFA/M. Pomadère).
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Titre Fig. 4. Plan du bâtiment Pi avec restitution des supports verticaux en bois
Crédits (G. Hilbert).
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Pour citer cet article

Référence papier

Maia Pomadère et Gaëlle Hilbert, « Le bois dans l’architecture domestique de l’âge du Bronze à Malia (Crète) : les exemples des quartiers Delta et Pi »Pallas, 110 | 2019, 113-132.

Référence électronique

Maia Pomadère et Gaëlle Hilbert, « Le bois dans l’architecture domestique de l’âge du Bronze à Malia (Crète) : les exemples des quartiers Delta et Pi »Pallas [En ligne], 110 | 2019, mis en ligne le 27 février 2020, consulté le 29 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/17367 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/pallas.17367

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Auteurs

Maia Pomadère

Maîtresse de conférences en Protohistoire Égéenne
Université Paris 1-Panthéon Sorbonne
UMR 7041 – ArScAn
maia.pomadere[at]univ-paris1.fr

Gaëlle Hilbert

Architecte DPLG

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