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La place et l’importance des messages divins chez les soldats de l’armée romaine à l’époque impériale

The status and significance of divine messages with the soldiers of the Roman army in Imperial times
Jérôme Bardouille
p. 413-423

Résumés

À l’époque impériale, l’armée romaine était confrontée à des prodiges, des présages, des ordres et des conseils divins. Par le biais de ces signes, les dieux s’exprimaient aux soldats. Ils manifestaient leur colère, donnaient des avertissements sur leur avenir, leur prodiguaient ordres et conseils et pouvaient leur venir en aide. Très liés à l’institution militaire, ces signes pouvaient mettre en scène des soldats, leur armement, de grands symboles liés à l’armée. Ces différents témoignages démontrent que l’aspect religieux s’avéraient prépondérant au sein de l’institution militaire : leurs membres respectaient la parole des dieux et cherchaient, dans leurs interventions, une aide efficace face à des dangers et à des incertitudes que leur statut de soldat rendait nombreux et variés.

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Texte intégral

  • 1 Trop nombreuses, nous les citerons au fil des pages. Mentionnons toutefois quelques ouvrages : Le B (...)
  • 2 Le Bohec, 1989a, p. 550-553 ; Id., 1989b, p. 254.
  • 3 Helgeland, 1978, p. 1470-1505 ; Id., 1979, p. 724-834 ; Le Bonniec, 1969, p. 101-115.
  • 4 Là encore, la quantité de réflexions est bien trop importante pour les évoquer en introduction. Men (...)

1Si de nombreuses études concernent l’armée romaine durant l’époque impériale1, si d’autres s’intéressent de près ou de loin aux manifestations divines, très peu d’entre elles ont franchi le pas et fait le rapprochement entre signes divins et soldats de l’armée romaine à l’époque impériale. En effet, les études traitant de l’armée romaine ne consacrent que peu de lignes à la religion2. Certains travaux, plus axés sur celle-ci3, ne font que survoler les signes de nature divine. Enfin, les ouvrages spécifiques à la divination, nombreux, ont ce problème, quant à eux, de traiter le sujet de façon universelle, sans s’attarder outre mesure sur ceux vécus par les soldats4.

  • 5 Bloch, 1984, p. 82-83.
  • 6 Celles prononcées par Alexandre Sévère : Histoire Auguste, XVIII, LX, 7-8. Celles émises par un aux (...)
  • 7 L’aigle est sans doute l’animal le plus représenté : Claudien, Œuvres, II2, 467-473 ; Tacite, Annal (...)
  • 8 Voir fig. 1. La colonne trajane montre un cavalier chuter de sa monture en désignant la main de l’e (...)
  • 9 Des orages par exemple : Tacite, Histoires, I, XVIII, 1 ; Plutarque, Vies parallèles, Vie de Galba, (...)
  • 10 La découverte d’un anneau ancien : Suétone, Galba, X.
  • 11 Tacite n’hésite pas à mentionner celui que fit Caecina, en Germanie, en l’an 15 de notre ère, lorsq (...)
  • 12 Bloch, 1984, p. 88. Ils mettaient souvent en scène des phénomènes célestes ou terrestres comme des (...)
  • 13 Id., 1963, p. 85.
  • 14 Le miracle de la pluie et de la foudre, sous Trajan, donna la victoire aux troupes romaines face au (...)
  • 15 En l’an 9 avant notre ère, durant la guerre opposant Drusus aux Chattes et aux Chérusques, de nombr (...)
  • 16 Il pouvait s’agir d’un autel, d’une stèle, d’une tablette de bronze, d’une table de marbre, d’une f (...)
  • 17 Lehmann, 1981, p. 23.
  • 18 CIL, XI, 596.
  • 19 CIL, III, 1094 = 7765.
  • 20 Champeaux, 1997, p. 405-438.
  • 21 CIL VII, 998 = RIB, 1228.
  • 22 CIL, III, 1032.
  • 23 ILG, 416.
  • 24 Valerius Valens, signifer de la légion XIII Gemina, Domitius Zosimus et Domitius Terentianus reçure (...)

2Pourtant, les intérêts liés à une telle étude ne sont pas négligeables. Elle permet de mieux appréhender la culture religieuse des membres de l’institution militaire, ce en quoi ils croyaient et les rapports qui existaient entre eux et les divinités. Nos recherches ont permis de mettre au jour pas moins de cent quatre-vingt-dix manifestations divines différentes. La plupart d’entre elles proviennent des sources littéraires et des sources épigraphiques, plus rarement de la documentation iconographique. Ce qui ressort de ce corpus, c’est que c’est à travers des prodiges, des présages, des ordres et des conseils divins que les dieux, en premier lieu, s’exprimaient. Les présages arboraient toutes les caractéristiques mises en évidence par R. Bloch : signes fortuits ou convenus, ils touchaient aussi bien la nature animée qu’inanimée5. Les soldats recevaient ce type de message sous forme de paroles lancées au hasard6, par le biais d’animaux7, par celui d’êtres humains8, par celui d’éléments naturels9, par celui d’objets10 ou lors de songes11. Le prodige, quant à lui, évènement « imprévu, terrifiant, contre nature »12, vu ou entendu, manifestait généralement le courroux divin13. Il pouvait également s’avérer bénéfique aux soldats, notamment lorsqu’il leur apportait de l’aide lors d’un conflit militaire14. Parfois, il possédait une valeur divinatoire, annonçant de grands changements au niveau de l’Etat, une victoire, une défaite ou une mort15. Les ordres et les conseils divins enfin, surtout connus par l’épigraphie, permettaient aux divinités de conseiller ou d’ordonner aux soldats la construction ou la restauration d’un édifice quelconque16, généralement en remerciement d’un vœu exaucé17. Pour ce faire, les dieux s’exprimaient lors d’apparitions (uisu iussus18 ou encore uisu monitus19). Celles-ci avaient généralement lieu durant le sommeil, lors de songes20, l’épigraphie mentionnant à de nombreuses reprises des formules de type somnio prae monitu21, somno monitus22 ou encore somno iussus23. Notons cependant que certaines visions concernaient plusieurs individus, ce qui laisse penser qu’elles pouvaient également se déroulées lorsqu’ils étaient éveillés et non lors d’un rêve24.

3Comme nous allons le voir, ces manifestations divines, très similaires à celles vécues par les civils, savaient s’adapter aux soldats. En effet, la très grande majorité d’entre elles mettaient en scène des lieux, objets ou individus liés à l’armée romaine. Ces signes prenaient d’ailleurs une grande place auprès des militaires. Ces derniers les jugeaient toujours comme étant dignes d’attention et faisaient preuve d’une grande piété à leur égard. Nous tenterons alors d’expliquer pourquoi il en était ainsi.

1. Des signes étroitement liés à l’institution militaire

4Ce qui est remarquable, c’est que les signes observés par les soldats étaient, pour beaucoup d’entre eux, étroitement liés à l’institution militaire. Les dieux savaient donc ajuster leurs messages aux soldats, probablement pour qu’ils aient plus d’impact sur eux. Ainsi, ils avaient souvent lieu dans des camps, durant des opérations militaires et mettaient couramment en scène des objets ou de grands symboles liés à l’armée.

  • 25 RIB, 1426.
  • 26 AE, 1999, 1284.
  • 27 AE, 1973, 644.
  • 28 AE, 1909, 152.
  • 29 CIL, III, 11129 = Ma.Carnuntum, 43.
  • 30 Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XI, XVIII, 55 ; Iulius Obsequens, Le livre des prodiges, 132 [o (...)
  • 31 Tacite, Annales, I, 28, 1-2 & I, 30, 2-3 ; Dion Cassius, Histoire romaine, LVII, 4.
  • 32 Suétone, Divin Claude, XIII ; Orose, Histoires (contre les païens), VII, 6, 6-8 & VII, 8, 2.
  • 33 Tacite, Annales XII, 64, 1 ; Iulius Obsequens, Le livre des prodiges, 132 [obs,72] ; Dion Cassius, (...)
  • 34 Suétone, Vie des douze Césars, VII, XVIII.
  • 35 Ammien Marcellin, Histoire, XXI, I, 6 et II, 1.
  • 36 Suétone, Galba, VIII.
  • 37 Dion Cassius, Histoire romaine, LV, 1.
  • 38 Pline l’Ancien, Histoire naturelle, II, XXXVII.

5Les camps, qu’ils fussent d’été ou d’hiver, étaient souvent le théâtre de prodiges, de présages, d’ordres ou de conseils divins. Des impacts de foudre y sont évoqués par l’épigraphie : à Halton Chesters25 et à proximité d’une forteresse située à Apulum26 par exemple. Des apparitions y sont également mentionnées : dans le camp de Lambèse27, à Sidi-Mohammed-Ben-Aïssa, au sud-est d’un fortin28 ou encore à Carnuntum29. Divers signes de nature divine touchèrent également le camp de Drusus en l’an 11 avant notre ère30, celui des légions de Pannonie en l’an 1431, celui où eut lieu la révolte de Scribonianus en l’an 4232. Certains endroits bien définis du camp étaient plus particulièrement la cible des prodiges et des présages. Ce fut le cas des tentes militaires33, du tribunal34 ou encore du champ de manœuvre35. Le praetorium de Vitellius fut frappé par un incendie en l’an 6936 et certains retranchements de camps furent le théâtre d’étranges phénomènes : en l’an 9 avant notre ère, les soldats de Drusus purent admirer deux jeunes gens chevauchant au milieu des retranchements37 et, durant son service, Pline l’Ancien y observa des lueurs étoilées briller à la pointe des javelots38.

  • 39 La découverte de cet anneau fut relatée par Suétone en même temps qu’un prodige qui eut lieu dans l (...)
  • 40 Suétone, Galba, X.
  • 41 Suétone, Galba, VIII ; Tacite, Histoires, I, LXXXIX, 3.
  • 42 Ammien Marcellin, Histoire, XXX, V, 16.
  • 43 Ammien Marcellin, Histoire, XXX, V, 16.
  • 44 Ammien Marcellin, Histoire, V, 17.
  • 45 Suétone, Galba, VIII, V.
  • 46 Les colonnes trajane et aurélienne représentent ces évènements.
  • 47 Hérodien, Histoire des empereurs romains de Marc-Aurèle à Gordien III, VIII, 3, 8.
  • 48 Orose, Histoires (contre les païens), VII, 35, 15-18.

6Notons par ailleurs que de nombreuses manifestations divines avaient lieu lors de préparatifs militaires. En effet, ce fut dans les fortifications d’une ville que Galba avait choisie pour préparer la guerre contre Néron, peut-être Dertosa en Espagne39, qu’il découvrit un anneau ancien sur lequel figuraient une Victoire et un trophée40. En mars de l’an 69, c’est avant un départ en expédition contre Vitellius, qu’Othon oublia de remettre les boucliers sacrés dans le temple de Mars41. Les messages divins pouvaient également se dérouler durant des haltes. Ammien Marcellin en rapporte certains. Ceux qui eurent lieu durant celles de Valentinien alors en guerre contre les Quades et les Sarmates en font partie : impact de foudre suivi d’un incendie42, présence de nombreuses chouettes poussant des hululements43, chute d’une porte qui empêcha l’empereur et ses troupes de quitter Savaria, les obligeant à emprunter un autre accès44. Mais surtout, de nombreux signes avaient lieu durant la bataille. A Bédriac, trois aigles personnifiant Othon, Vitellius et Vespasien firent ainsi leur apparition45. Evoquons aussi le miracle de la pluie qui sauva les troupes de Trajan en Dacie ou celles de Marc-Aurèle en Norique46, l’apparition d’Apollon qui donna la victoire aux Aquiléens alors aux prises avec Maximin47 et l’aide divine apportée aux troupes de Théodose durant la bataille dite de la « Rivière froide »48.

  • 49 Dion Cassius, Histoire romaine, LVI, 24.
  • 50 Suétone, Galba, XVIII.
  • 51 Histoire Auguste, XIX, XXX, 2.
  • 52 Pline l’Ancien, Histoire naturelle, II, XXXVII.
  • 53 Histoire Auguste, XIX, XXX, 3.
  • 54 Histoire Auguste, XIX, XXX, 2 ; Ammien Marcellin, Histoire, XXI, I, 6 et II, 1.
  • 55 Tacite, Annales II, 23, 2 -24, 2 ; Suétone, Galba, X ; Dion Cassius, Histoire romaine, LXIV, 1 ; Pa (...)
  • 56 Cet animal est souvent évoqué : Tacite, Annales, II, 17, 2 ; Tacite, Histoires, I, LXII, 3 ; Suéton (...)
  • 57 Chevalier, Gheerbrant, 1969, p. 12.
  • 58 Les enseignes et aigles militaires : Suétone, Divin Claude, XIII et Orose, Histoires (contre les pa (...)
  • 59 Sous forme de statue : Tacite, Annales XIV, 32, 1. Sous forme d’une représentation iconographique s (...)
  • 60 La couronne de laurier : Suétone, Galba, IX. L’espèce végétale : Histoire Auguste, XVIII, LX, 4.
  • 61 Histoire Auguste, XIX, XXX, 3.
  • 62 Suétone, Galba, IX.
  • 63 Suétone, Galba, XVIII.

7Enfin, les signes de nature divine venaient frapper l’équipement militaire et les grands symboles liés à l’armée. Les lances apparaissent à plusieurs reprises : en l’an 9, lorsque certaines d’entre elles tombèrent sur un camp49, en l’an 69, au moment où l’empereur Galba manqua de se blesser avec celle d’un garde50, durant le règne d’Alexandre Sévère quand la foudre brisa celle de Maximin le Thrace51. Le javelot, lui aussi, fut la proie des divinités52 tout comme la cuirasse53, le bouclier54 ou les navires de guerre55. Les symboles touchés par les prodiges et les présages étaient divers et variés : l’aigle56, symbole d’Auguste57, les enseignes58, Victoria59, le laurier60, la couleur pourpre61, les statues équestres62, le siège militaire63. Tous avaient un rapport étroit avec l’armée romaine ou sa hiérarchie, et tous furent, tôt ou tard, touchés par les dieux.

2. Des signes toujours jugés comme étant dignes d’attention

  • 64 Ne pas s’apercevoir de la présence d’un présage le rendait caduc.
  • 65 Bloch, 1964, p. 89-100.
  • 66 Selon A. Vigourt, tous les pans de la société en étaient capables : Vigourt, 2001, p. 460.

8Si on en croit R. Bloch, les Romains pouvaient se jouer des présages : ils pouvaient les détourner vers une autre personne, feindre d’ignorer leur présence64 ou tout simplement les refuser65. D’ailleurs, il semblerait que cela fut couramment pratiqué66. Pourtant, si on en croit les sources à notre disposition, les soldats refusaient rarement de tenir compte d’un signe : face à un prodige, un présage, un ordre ou un conseil divin, ils se montraient généralement à l’écoute.

  • 67 Le fait d’avoir retrouvé ces épitaphes le prouve puisque celles-ci furent gravées sur les monuments (...)
  • 68 Suétone, Vitellius, VIII.
  • 69 Ammien Marcellin, Histoire, XXI, I, 6 et II, 1.
  • 70 Tacite, Histoires, I, LXII, 3.
  • 71 Tacite, Annales, I, 28, 1-2 et I, 30, 2-3.
  • 72 Suétone, Divin Claude, XIII.

9Nous observons en effet que leurs réactions émotionnelles comme comportementales étaient en adéquation avec la signification du signe. Ainsi, un ordre ou un conseil divin donnait lieu à la rédaction d’une épitaphe ou à la création/restauration d’un monument67. Le présage, quant à lui, était considéré comme digne d’attention au point que celui qui s’avérait funeste effrayait les soldats, celui qui était de bon augure les emplissait de joie. A titre d’exemple, le feu de cheminée qui dévasta le praetorium du camp de Vitellius, triste présage selon les soldats, tourmenta et bouleversa ces derniers68. En l’an 360, lorsque le bouclier de Julien se brisa durant son entraînement, les assistants présents sur le camp de manœuvre furent effrayés69. L’aigle planant au-dessus des troupes de Fabius Valens, lui, synonyme de victoire, arracha des cris de joie de la part des militaires70. Les prodiges eux-mêmes, ainsi que leur signification, n’étaient jamais passés sous silence : lorsqu’une divinité manifestait sa colère, les soldats faisaient en sorte de la contenter. En l’an 14, l’éclipse de lune et la violente tempête qui l’accompagna, forcèrent ainsi les soldats à quitter un camp qu’ils considéraient comme profané et à regagner leurs quartiers d’hiver71. En l’an 42, les militaires ayant comploté contre l’empereur Claude renoncèrent à leur méfait suite au prodige qui toucha les aigles et les enseignes72. Il semblerait donc qu’ils jugeaient ces manifestations divines à leur juste valeur. Ils faisaient preuve d’une étonnante piété et d’une parfaite obéissance à l’égard des dieux.

  • 73 Bouché-Leclercq, 1879-1882, p. 862-866.
  • 74 Suétone, Othon, VIII.
  • 75 Dion Cassius, Histoire romaine, LXV, 16.
  • 76 Histoire Auguste, VIII, XI, 2 & VIII, XIV, 2.
  • 77 Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XI, XVIII, 55.
  • 78 Histoire Auguste, XIX, XXII, 1-2.
  • 79 Bloch, 1984, p. 116.

10Cette croyance aux signes divins était telle que les soldats n’hésitaient pas à avoir régulièrement recours à des consultations volontaires. Ils ne se contentaient donc pas d’observer des signes, mais allaient jusqu’à les réclamer. L’haruspicine, art d’origine toscane73, en fournit un bon exemple. Les soldats de l’armée employèrent ce type de présage à plusieurs reprises : sous les règnes d’Othon74, de Vitellius75, ou encore de Pertinax76. Nous pouvons également retenir l’utilisation des haruspices par Drusus en l’an 11 avant notre ère77 et celle des habitants d’Aquilée assiégés par les troupes de Maximin le Thrace78. Cela n’a rien d’étonnant : selon R. Bloch, cette technique était usitée dans des secteurs divers y compris par les commandants de légions79.

  • 80 Bertaux, 1991, p. 42-49.
  • 81 CIL, III, 14071 = AE, 1898, 30.

11Il en fut certainement de même pour les ordres et les conseils divins. Ces derniers ne furent pas toujours obtenus au hasard d’un rêve, mais firent parfois, de la part des soldats, l’objet d’une véritable recherche. C’est du moins ce que laisse penser une inscription concernant un ordre divin que reçut un certain Concinius ou Condinius, qualifié de tribun. En effet, nous savons que cette inscription, gravée sur une plaque en pierre, fut retrouvée dans un sanctuaire de Gaule à Grand (Granum)80. Nous pouvons donc imaginer que les soldats, comme l’ensemble des Romains, se rendaient volontairement dans des sanctuaires afin d’établir une véritable communication avec les dieux. Cette hypothèse semble se confirmer au vu de l’inscription mentionnant l’ordre reçu par Caius Atius Castus, centurion de la légion XIV Gemina, de la part de Némésis81. Car l’autel sur lequel fut retrouvée l’inscription se situait dans un sanctuaire consacré à cette divinité.

3. Des signes souhaités car utiles

12Pour expliquer un tel engouement, nous pouvons évidemment faire appel à la place que la religion occupait dans l’ensemble de la société romaine et, par la même occasion, au sein de l’institution militaire. Les dieux, omnipotents, capables de présider aux destinées et de contrôler toute chose, étaient étroitement liés à la civilisation romaine. Rien n’était entrepris sans leur accord, ni acte public, ni acte privé. Dans de telles conditions, il n’est guère étonnant que les soldats aient cru à l’origine divine des signes qui leur étaient envoyés. Mais nous pouvons également faire appel à des facteurs psychologiques. Si certaines manifestations divines exprimaient la colère des dieux, si d’autres proféraient ordres, conseils ou avertissements, toutes avaient cette singularité de répondre à des besoins et à des attentes. Nous pouvons donc envisager que c’est notamment pour cette raison que les soldats croyaient à leur valeur signifiante.

  • 82 Une grande partie des signes répertoriés eut lieu durant la grande guerre civile des années 68-69.
  • 83 Celles de Drusus, de Trajan, de Marc-Aurèle, de Valentinien.
  • 84 Celle d’Arbalon fut ainsi prophétisée par la présence d’abeilles dans le camp de Drusus : Pline l’A (...)
  • 85 Ainsi, en l’an 238, durant le siège d’Aquilée, lorsque les expertises d’entrailles firent miroiter (...)
  • 86 Les soldats de l’empereur Claude reçurent également des signes annonçant clairement sa disparition. (...)
  • 87 Celle de Vitellius lorsqu’il perdit sa couronne de laurier dans un cours d’eau : Suétone, Vitellius(...)
  • 88 Lorsqu’Auguste fut épargné par la foudre en l’an 26 ou 25 avant notre ère durant une expédition mil (...)

13En effet, les présages comme les prodiges à valeur divinatoire avaient cette fonction de trancher une situation parfois intolérable et de dissiper les doutes. En effet, la plupart d’entre eux avaient lieu dans des contextes d’incertitude extrême. Pour certains d’entre eux, il s’agissait de périodes de guerres civiles où les prétendants au trône se trouvaient engagés dans des luttes incessantes82. Pour les autres, il s’agissait de moments difficiles comme une campagne militaire83. Les signes permettaient ainsi de soulager des soldats sans cesse confrontés à des dangers et à un avenir incertain, en annonçant soit des victoires84, soit des défaites85. Ils permettaient également de trancher sur l’avenir de leur prince tant aimé en annonçant soit sa mort86, soit sa chute87, soit un règne long et heureux88. Ces présages n’étaient évidemment pas toujours bien reçus. La défaite, à titre d’exemple, était vécue comme un véritable traumatisme, s’apparentant ainsi à un prodige, signe que la guerre menée n’était pas juste et qu’elle ne bénéficiait pas de la bénédiction des dieux. Cependant, ce que souhaitaient les soldats étaient des informations sur l’issue de ces batailles. Et si l’avenir donna malheureusement parfois raison à ces signes funestes, cela ne remettait pas en cause la nécessité de les observer.

  • 89 Voir colonne trajane.
  • 90 Dion Cassius, Histoire romaine, LXXI, 8-10 ; Orose, Histoires (contre les païens), VII, 15, 7-11 ; (...)
  • 91 Neyton, 1991, p. 53.
  • 92 Le Bohec, 1989b, p. 252.
  • 93 CIL, III, 987.
  • 94 Orose, Histoires (contre les païens), VII, 15, 6 et VII, 27, 7 ; Eutrope, Abrégé d’histoire romaine (...)
  • 95 Orose, Histoires (contre les païens), VII, 15, 6 et VII, 27, 7.
  • 96 Ammien Marcellin, Histoire, XXX, VI, 4.

14Les prodiges manifestant la bienveillance divine, quant à eux, répondaient à certains désirs. Parmi ceux-ci, et certainement le plus important, celui d’être soutenus et protégés lors des conflits militaires, principalement lorsque ceux-ci tournaient à leur désavantage. Le cas des miracles de la pluie et de la foudre qui eurent lieu sous Trajan89 puis sous Marc-Aurèle90 durant des expéditions militaires contre les Daces puis les Quades est, à ce sens, particulièrement révélateur. Encerclés, assoiffés, les soldats romains étaient sur le point de connaître la défaite lorsque les dieux intervinrent en frappant l’ennemi de la foudre et en apportant une pluie salvatrice. Dans de telles conditions, ils ne pouvaient qu’adhérer à ce genre de manifestation. Les prodiges enfin, tous, y compris ceux manifestant la très grande colère divine, avaient cette particularité de prouver aux soldats l’existence des dieux et de les conforter dans leurs croyances, notamment sur une question qui devait déjà, à l’époque romaine, inquiéter les hommes : celle de la mort. Selon A. Neyton, « le miracle prouve l’existence du monde surnaturel en permettant son contact immédiat, rassure et confirme le fidèle dans sa foi »91. Or, bien qu’habitués à voir la mort de près, les soldats n’étaient pas forcément enclins à l’accepter. Y. Le Bohec signale que les soldats de l’époque impériale accordaient de l’importance à leur famille, qu’ils étaient sensibles aux animaux et qu’ils appréciaient tous les bienfaits de la vie comme la bonne chère et le vin92. Ils n’acceptaient pas forcément la cécité ni la blessure, malgré leurs activités guerrières, comme semble le montrer une inscription que l’on doit à un vétéran du nom de Caius Iulius Frontonianus, ancien bénéficiaire du consulaire de la légion V Macedonica, qui, aveugle, fit le vœu de retrouver la vue93. Ils redoutaient également, plus que tout, les grandes épidémies de pestes mortelles, au point d’y voir de véritables fléaux manifestant la colère des dieux. Ce fut le cas de celle qui eut lieu sous le règne de Marc-Aurèle94, épidémie qualifiée de « quatrième plaie » par Orose95 et de celle qui, en 375, frappa de nombreux soldats, conduisant à la mort beaucoup d’entre eux96.

  • 97 Lucrèce, De la nature des choses, III, 52.

15Les signes étaient donc souhaités, voulus, demandés car nécessaires aux soldats de l’armée romaine. Ils éprouvaient un besoin vital de les observer. Parlant des Romains, Lucrèce lui-même l’admet : « plus leur situation est cruelle, plus ils tournent avec ardeur leurs pensées vers la religion »97. Cela explique sans doute pourquoi les soldats en observaient si couramment et pourquoi ils faisaient preuve d’une extraordinaire piété à leur égard.

16À l’époque impériale, les soldats de l’armée romaine observaient donc des prodiges et des présages et recevaient des ordres ou des conseils de la part des divinités. L’étude des messages divins montre à quel point l’aspect religieux était prépondérant au sein de l’institution militaire. Il allait même de pair avec elle puisque certains des grands symboles militaires devinrent des divinités à part entière : aigles et enseignes, à titre d’exemple, firent l’objet d’un véritable culte.

  • 98 A. Neyton assure que « tout ce qui apparaissait inexplicable à une humanité encore fort ignorante r (...)
  • 99 Sénèque, Questions naturelles, I, 11.
  • 100 Weiss, 2003, p. 237-259.
  • 101 Tite-Live, Histoire romaine, XLIV, XXXVII.
  • 102 Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 26, 1 ; Pline l’Ancien, Histoire Naturelle, II, XXII, 89.

17Les soldats croyaient à ces signes, probablement parce qu’ils avaient besoin d’y croire pour mieux faire face aux dangers qui découlaient de leur statut de soldat. Ces signes avaient lieu dans les périodes de troubles et ils pouvaient, dans bien des cas, être d’un véritable soutien. Il aurait été tentant d’affirmer qu’ils croyaient aux prodiges parce qu’ils ne pouvaient comprendre certains grands phénomènes naturels comme les éclipses, l’apparition de comètes ou les séismes98. Cependant, force est de constater qu’il n’en était rien. De nombreux auteurs de l’époque romaine les comprenaient déjà. Sénèque, à titre d’exemple, maîtrisait parfaitement le concept des parhélies, affirmant qu’il s’agissait d’« images du soleil qui se forment dans un nuage dense et voisin, comme elles se formeraient dans un miroir »99. Or, selon P. Weiss, c’est ce phénomène météorologique qui expliqua le prodige mettant en scène l’apparition du chrisme à Constantin et à ses soldats en l’an 312100. Par ailleurs, notons que certains soldats avaient accès à ces explications scientifiques. A l’époque républicaine déjà, durant la bataille de Pydna, Sulpicius Gallus expliqua à ses troupes ce qu’était une éclipse afin de les rassurer101. A l’époque impériale, il semblerait que cela ait perduré. Des empereurs comme Claude ou Titus exposèrent ce genre de phénomènes à leurs soldats dans le but d’éviter des désordres102. Ils continuaient pourtant à les attribuer aux dieux, tout comme ils voyaient en certains évènements particulièrement banals (un éternuement, l’apparition d’un oiseau) un signe de nature divine.

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Bibliographie

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Bouche-Leclercq, A., 1879-1882, Histoire de la divination dans l’antiquité, Grenoble (éd 2003).

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Helgeland, J., 1978, Roman Army Religion, ANRW, 2, 16, 2, p. 1470-1505.

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Le Bohec, Y., 1989, L’armée romaine, Paris (2ème éd. 1998).

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Vigourt, A., 2001, Les présages impériaux d’Auguste à Domitien, Paris.

Weiss, P., 2003, The Vision of Constantine, JRA, 16, p. 237-259.

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Annexe

Fig. 1. Chute d’un cavalier durant l’adlocutio de Trajan. Guerres daciques, deuxième campagne (d’après S. Reinach, 1909).

Fig. 1. Chute d’un cavalier durant l’adlocutio de Trajan. Guerres daciques, deuxième campagne (d’après S. Reinach, 1909).

Fig. 2. Le miracle de la foudre durant les guerres de Trajan contre les Daces (d’après S. Reinach, 1909).

Fig. 2. Le miracle de la foudre durant les guerres de Trajan contre les Daces (d’après S. Reinach, 1909).
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Notes

1 Trop nombreuses, nous les citerons au fil des pages. Mentionnons toutefois quelques ouvrages : Le Bohec, 1989a ; Id., 1989b, Id., 2006 ; Richardot, 1998.

2 Le Bohec, 1989a, p. 550-553 ; Id., 1989b, p. 254.

3 Helgeland, 1978, p. 1470-1505 ; Id., 1979, p. 724-834 ; Le Bonniec, 1969, p. 101-115.

4 Là encore, la quantité de réflexions est bien trop importante pour les évoquer en introduction. Mentionnons seulement quelques études célèbres : Bloch, 1963 ; Id., 1964 ; Id., 1984, Id., 1991, Bouché-Leclercq, 1879-1882.

5 Bloch, 1984, p. 82-83.

6 Celles prononcées par Alexandre Sévère : Histoire Auguste, XVIII, LX, 7-8. Celles émises par un auxiliaire d’origine éthiopienne sous le règne de Septime Sévère : Histoire Auguste, X, XXII, 5.

7 L’aigle est sans doute l’animal le plus représenté : Claudien, Œuvres, II2, 467-473 ; Tacite, Annales II, 17, 2 ; Suétone, Vies des douze Césars, VII, IX ; Tacite, Histoires, I, LXII, 3.

8 Voir fig. 1. La colonne trajane montre un cavalier chuter de sa monture en désignant la main de l’empereur. Cette scène se serait déroulée durant la guerre contre les Daces, lors de la deuxième campagne, vers les années 101 et 102, lors d’une harangue aux soldats. C. Ampolo y voit un présage de victoire pour l’empereur Trajan : Ampolo, 1995, p. 317-327.

9 Des orages par exemple : Tacite, Histoires, I, XVIII, 1 ; Plutarque, Vies parallèles, Vie de Galba, 23, 3.

10 La découverte d’un anneau ancien : Suétone, Galba, X.

11 Tacite n’hésite pas à mentionner celui que fit Caecina, en Germanie, en l’an 15 de notre ère, lorsqu’il vit Quintilius Varus, couvert de sang, sortir de marécages et l’appeler à lui. Il annonçait une défaite militaire : Tacite, Annales I, 65, 2-3.

12 Bloch, 1984, p. 88. Ils mettaient souvent en scène des phénomènes célestes ou terrestres comme des éclipses, des apparitions d’étoiles, des impacts de foudre, de violentes tempêtes, des pluies singulières. Ils touchaient également des objets ainsi que des animaux en tout genre.

13 Id., 1963, p. 85.

14 Le miracle de la pluie et de la foudre, sous Trajan, donna la victoire aux troupes romaines face aux Daces. Cet évènement est relaté par la colonne trajane : voir fig. 2.

15 En l’an 9 avant notre ère, durant la guerre opposant Drusus aux Chattes et aux Chérusques, de nombreux phénomènes prodigieux annoncèrent la mort du général : sa rencontre avec une femme de taille surhumaine qui parlait latin, l’apparition d’étoiles filantes ou encore celle de gémissements de femmes. Dion Cassius, Histoire romaine, LV, 1 ; Suétone, Divin Claude, I.

16 Il pouvait s’agir d’un autel, d’une stèle, d’une tablette de bronze, d’une table de marbre, d’une fontaine, d’une petite chapelle, d’une statue de bronze, d’un pont. Voir les inscriptions suivantes : CIL, VIII, 2591 ; Nesselhauf., 197 ; RIB, 1022 = CIL, VII, 422 ; AE, 1971, 208 = AE, 1974, 411 ; CIL, XIII, 7410 ; CIL, VI, 533 ; CIL, III, 990 ; CIL, IX., 949 = 1069 ; AE, 1939, 125 = 265 ; AE, 1980, 735 = IDR, 03-05-01, 36.

17 Lehmann, 1981, p. 23.

18 CIL, XI, 596.

19 CIL, III, 1094 = 7765.

20 Champeaux, 1997, p. 405-438.

21 CIL VII, 998 = RIB, 1228.

22 CIL, III, 1032.

23 ILG, 416.

24 Valerius Valens, signifer de la légion XIII Gemina, Domitius Zosimus et Domitius Terentianus reçurent tous trois un même conseil, lors d’une vision, de la part de Mercure Auguste : CIL, V, 8237. Ces trois individus ayant été témoins de cette apparition, le recours au songe est à écarter. Que plusieurs individus reçoivent un même conseil ou un même ordre de la part d’une même divinité est un cas relativement rare. Toutefois, cette inscription démontre qu’il existe et que cela ne concernait pas uniquement les soldats puisque cette inscription évoque un soldat et deux individus probablement étrangers à l’institution militaire.

25 RIB, 1426.

26 AE, 1999, 1284.

27 AE, 1973, 644.

28 AE, 1909, 152.

29 CIL, III, 11129 = Ma.Carnuntum, 43.

30 Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XI, XVIII, 55 ; Iulius Obsequens, Le livre des prodiges, 132 [obs,72] ; Dion Cassius, Histoire romaine, LIV, 33.

31 Tacite, Annales, I, 28, 1-2 & I, 30, 2-3 ; Dion Cassius, Histoire romaine, LVII, 4.

32 Suétone, Divin Claude, XIII ; Orose, Histoires (contre les païens), VII, 6, 6-8 & VII, 8, 2.

33 Tacite, Annales XII, 64, 1 ; Iulius Obsequens, Le livre des prodiges, 132 [obs,72] ; Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 35 et LIV, 33 ; Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XI, XVIII, 55 ; Histoire Auguste, XIX, XXXI, 2.

34 Suétone, Vie des douze Césars, VII, XVIII.

35 Ammien Marcellin, Histoire, XXI, I, 6 et II, 1.

36 Suétone, Galba, VIII.

37 Dion Cassius, Histoire romaine, LV, 1.

38 Pline l’Ancien, Histoire naturelle, II, XXXVII.

39 La découverte de cet anneau fut relatée par Suétone en même temps qu’un prodige qui eut lieu dans la ville de Dertosa. Il est cependant difficile d’affirmer avec certitude que l’anneau y fut découvert.

40 Suétone, Galba, X.

41 Suétone, Galba, VIII ; Tacite, Histoires, I, LXXXIX, 3.

42 Ammien Marcellin, Histoire, XXX, V, 16.

43 Ammien Marcellin, Histoire, XXX, V, 16.

44 Ammien Marcellin, Histoire, V, 17.

45 Suétone, Galba, VIII, V.

46 Les colonnes trajane et aurélienne représentent ces évènements.

47 Hérodien, Histoire des empereurs romains de Marc-Aurèle à Gordien III, VIII, 3, 8.

48 Orose, Histoires (contre les païens), VII, 35, 15-18.

49 Dion Cassius, Histoire romaine, LVI, 24.

50 Suétone, Galba, XVIII.

51 Histoire Auguste, XIX, XXX, 2.

52 Pline l’Ancien, Histoire naturelle, II, XXXVII.

53 Histoire Auguste, XIX, XXX, 3.

54 Histoire Auguste, XIX, XXX, 2 ; Ammien Marcellin, Histoire, XXI, I, 6 et II, 1.

55 Tacite, Annales II, 23, 2 -24, 2 ; Suétone, Galba, X ; Dion Cassius, Histoire romaine, LXIV, 1 ; Panégyriques Latins, II, XII.

56 Cet animal est souvent évoqué : Tacite, Annales, II, 17, 2 ; Tacite, Histoires, I, LXII, 3 ; Suétone, Galba, IX et VIII, V ; Claudien, Œuvres, II2, 467-473.

57 Chevalier, Gheerbrant, 1969, p. 12.

58 Les enseignes et aigles militaires : Suétone, Divin Claude, XIII et Orose, Histoires (contre les païens), VII, 6, 6-8 et VII, 8, 2. Le labarum avec la représentation du chrisme : Eusèbe de Césarée, Vie de Constantin, II, 8-9 et Sozomène, Histoire ecclésiastique, I, 4, 1-4.

59 Sous forme de statue : Tacite, Annales XIV, 32, 1. Sous forme d’une représentation iconographique sur un anneau : Suétone, Galba, X.

60 La couronne de laurier : Suétone, Galba, IX. L’espèce végétale : Histoire Auguste, XVIII, LX, 4.

61 Histoire Auguste, XIX, XXX, 3.

62 Suétone, Galba, IX.

63 Suétone, Galba, XVIII.

64 Ne pas s’apercevoir de la présence d’un présage le rendait caduc.

65 Bloch, 1964, p. 89-100.

66 Selon A. Vigourt, tous les pans de la société en étaient capables : Vigourt, 2001, p. 460.

67 Le fait d’avoir retrouvé ces épitaphes le prouve puisque celles-ci furent gravées sur les monuments en question.

68 Suétone, Vitellius, VIII.

69 Ammien Marcellin, Histoire, XXI, I, 6 et II, 1.

70 Tacite, Histoires, I, LXII, 3.

71 Tacite, Annales, I, 28, 1-2 et I, 30, 2-3.

72 Suétone, Divin Claude, XIII.

73 Bouché-Leclercq, 1879-1882, p. 862-866.

74 Suétone, Othon, VIII.

75 Dion Cassius, Histoire romaine, LXV, 16.

76 Histoire Auguste, VIII, XI, 2 & VIII, XIV, 2.

77 Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XI, XVIII, 55.

78 Histoire Auguste, XIX, XXII, 1-2.

79 Bloch, 1984, p. 116.

80 Bertaux, 1991, p. 42-49.

81 CIL, III, 14071 = AE, 1898, 30.

82 Une grande partie des signes répertoriés eut lieu durant la grande guerre civile des années 68-69.

83 Celles de Drusus, de Trajan, de Marc-Aurèle, de Valentinien.

84 Celle d’Arbalon fut ainsi prophétisée par la présence d’abeilles dans le camp de Drusus : Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XI, XVIII, 55.
Celle de Germanicus contre les Chérusques d’Arminius par un songe Germanicus se vit offrir une toge prétexte, signe de pouvoir caractéristique de la magistrature romaine, par Augusta, épouse du défunt Auguste et régente de l’Empire aux côtés de Tibère : Tacite, Annales, II, 14, 1.
Celle de Mascezil sur le Maure Gildon par un songe et par un aigle qui déchira une hydre : Orose, Histoires (contre les païens), VII, 36, 6-10 ; Claudien, Œuvres, II2, 467-473.

85 Ainsi, en l’an 238, durant le siège d’Aquilée, lorsque les expertises d’entrailles firent miroiter la victoire aux Aquiléens, elles annoncèrent par la même occasion la débâcle des troupes de Maximin le Thrace : Histoire Auguste, XIX, XXII, 1-2 ; Hérodien, Histoire des empereurs romains de Marc-Aurèle à Gordien III, VIII, 3, 7.

86 Les soldats de l’empereur Claude reçurent également des signes annonçant clairement sa disparition. En l’an 54, à Rome, dans un camp militaire, non seulement la foudre brûla enseignes et tentes militaires mais un essaim d’abeille pénétra et s’installa dans le camp : Tacite, Annales, XII, 64, 1 ; Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 35.

87 Celle de Vitellius lorsqu’il perdit sa couronne de laurier dans un cours d’eau : Suétone, Vitellius, IX.

88 Lorsqu’Auguste fut épargné par la foudre en l’an 26 ou 25 avant notre ère durant une expédition militaire, il est probable que la divinité ait voulu montrer à tous qu’elle souhaitait le voir continuer à régner : Suétone, Divin Auguste, XXIX. Auguste continua d’ailleurs à régner encore environ 40 ans.

89 Voir colonne trajane.

90 Dion Cassius, Histoire romaine, LXXI, 8-10 ; Orose, Histoires (contre les païens), VII, 15, 7-11 ; Tertullien, Apologétique, V, 6 ; Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, V, V ; Saint Justin, Apologies, Appendix : Lettre de Marc-Aurèle sur le « miracle de la pluie ».

91 Neyton, 1991, p. 53.

92 Le Bohec, 1989b, p. 252.

93 CIL, III, 987.

94 Orose, Histoires (contre les païens), VII, 15, 6 et VII, 27, 7 ; Eutrope, Abrégé d’histoire romaine, VIII, 12, 2 ; Histoire Auguste, IV, XVII, 1-2 & IV, XXI, 6.

95 Orose, Histoires (contre les païens), VII, 15, 6 et VII, 27, 7.

96 Ammien Marcellin, Histoire, XXX, VI, 4.

97 Lucrèce, De la nature des choses, III, 52.

98 A. Neyton assure que « tout ce qui apparaissait inexplicable à une humanité encore fort ignorante résultait obligatoirement de l’action des dieux » : Neyton, 1991, p. 54.

99 Sénèque, Questions naturelles, I, 11.

100 Weiss, 2003, p. 237-259.

101 Tite-Live, Histoire romaine, XLIV, XXXVII.

102 Dion Cassius, Histoire romaine, LX, 26, 1 ; Pline l’Ancien, Histoire Naturelle, II, XXII, 89.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Chute d’un cavalier durant l’adlocutio de Trajan. Guerres daciques, deuxième campagne (d’après S. Reinach, 1909).
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Titre Fig. 2. Le miracle de la foudre durant les guerres de Trajan contre les Daces (d’après S. Reinach, 1909).
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Pour citer cet article

Référence papier

Jérôme Bardouille, « La place et l’importance des messages divins chez les soldats de l’armée romaine à l’époque impériale »Pallas, 83 | 2010, 413-423.

Référence électronique

Jérôme Bardouille, « La place et l’importance des messages divins chez les soldats de l’armée romaine à l’époque impériale »Pallas [En ligne], 83 | 2010, mis en ligne le 01 octobre 2010, consulté le 23 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/pallas/11737 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/pallas.11737

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Auteur

Jérôme Bardouille

Laboratoire C.R.B.C. Centre Albert Grenier, antenne de Brest. Docteur de l’Université de Bretagne Occidentale.
jerome.bardouille[at]wanadoo.fr

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