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Pourquoi étudier les paysages religieux en Gaule ?

Why study Sacred landscapes in Roman Gaul?
Raphaël Golosetti
p. 12-19

Résumés

Centré essentiellement sur les Gaules, cet article propose d’abord une rapide définition de la notion de « paysage religieux », qui a émergé au début des années 2000, et un état de l’art démontrant l’actualité du sujet et le consensus scientifique dont il bénéficie. Dans l’attente d’une dynamique nationale qui soit à même de normaliser en partie les méthodes, j’ai tenté modestement de montrer en quoi la généralisation des nouveaux outils dans l’archéologie spatiale des sanctuaires (Sig, lidar, prospections géophysiques de grandes surfaces), ainsi que l’apparition de nouveaux concepts, laissaient espérer des renouvellements prometteurs en promouvant, par exemple, une archéologie de la mémoire.

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Texte intégral

Introduction

1« Faut-il encore étudier les paysages religieux ? », suis-je tenté d’écrire pour introduire cette contribution, en paraphrasant le titre d’un article récent (Joly & Barral 2012). Bien que surprenante de prime abord pour qui vient de déposer un projet de recherche collectif sur le « paysage religieux antique en Île-de-France », cette question s’explique par la nécessité, pour tout chercheur, d’interroger en permanence la pertinence de son ou de ses objets de recherche au lieu se laisser « naturellement » porter par eux.

2C’est pourquoi je profite de l’espace de « débat » offert par Les nouvelles de l’archéologie pour amorcer une première analyse réflexive, encore limitée, sur l’approche des paysages religieux de la Gaule, sans limiter strictement mon propos à cette aire chrono-culturelle dont je suis spécialiste. Après une rapide tentative de définition de la notion et de ses équivalents, je présenterai un état de l’art avant d’en venir aux opportunités actuelles d’un renouvellement.

État de l’art : le boom des années 2000

Une définition du « paysage religieux »

  • 1 On peut citer par exemple Scheid 2006 ; Bertrand 2010 ; Kasprzyk et al. 2010 : 656-657 ; Chadier 20 (...)
  • 2 Outre celle, très voisine, de « paysages sacrés » (Van Andringa 2017b), j’évoquerai celles de « top (...)
  • 3 Cf. aussi l’éditorial du dossier « Archéologie et paysage », Les nouvelles de l'archéologie, n° 153 (...)

3La notion de « paysage religieux » a été consacrée par un dossier de la Revue d’histoire des religions (Scheid & Polignac 2010) qui fait aujourd’hui référence jusque dans d’autres aires chrono-culturelles (Brunet & Martin 2015 : 17-18). Elle est devenue récurrente en archéologie classique et protohistorique1, même si d’autres expressions lui sont parfois préférées2. Le recours au terme de paysage, entendu comme « ce qui s’offre au regard » (Bonnet 2015 : 14 et 25-26), n’est pas neutre, puisqu’il renvoie à une construction sociale. Apparu tardivement en Occident, ce concept n’a pas d’équivalent dans l’Antiquité, mais peut toutefois servir à son étude (Scheid & Polignac 2010 : 427 et 433 ; Bonnet 2015 : 14 et 25-27 ; Brunet & Martin 2015 : 14 et 17-18)3.

  • 4 Scheid & Polignac 2010 : 430 et 432 ; Cazanove & Joly 2011 : 663 ; Izri & Nouvel 2011 : 515 ; Bonne (...)
  • 5 En Gaule (Castella & Meylan-Krause 2008 ; Pechoux 2010 ; Chadier 2012 ; Barral et al. 2012 ; Dechez (...)

4Si l’expression anglaise sacred landscape n’est pas toujours clairement définie ni définissable (Käppel & Pothou 2015 : 11), et si d’autres, comme « géographie religieuse [ou] sacrée », peuvent parfois laisser entendre une focalisation sur la répartition spatiale des inscriptions votives ou des théonymes dans la toponymie (Raepsaet-Charlier 2006 ; Clémençon 2008), la notion de « paysage religieux » et ses variantes lexicales semblent aujourd’hui toutes plus ou moins comprises d’une manière similaire, du moins dans le cadre des sociétés antiques : elles s’appliquent à l’étude des processus d’implantation des lieux de culte dans le paysage naturel et anthropisé, afin de les mettre en réseau et d’en établir le « maillage » pour proposer une « lecture symbolique de l’espace » (Scheid & Polignac 2010 : 430 ; Cazanove & Joly 2011 : 663). Il s’agit d’appréhender, souvent dans la diachronie et dans toutes leurs dimensions politiques, économiques ou sociales, les choix d’implantation de sanctuaires par rapport à l’espace naturel (sources, hauteurs, etc.) et à l’espace anthropisé (fait urbain, réseau d’habitats ruraux, voies de communication, territoire de peuples ou de cités, etc.) dans la Gaule protohistorique et romaine4. Des approches se concentrent parfois préférentiellement sur le lien avec le fait urbain5.

  • 6 Quelques articles en démontrent la diffusion récente dans la littérature en histoire et archéologie (...)

5À ces grands principes se greffent parfois de nouveaux concepts qui irriguent la recherche en archéologie spatiale des sanctuaires : après ceux de marges et de confins, de centre et de périphérie, c’est celui de « paysages émergents » qui a été exploré pour insister sur la « plasticité des paysages religieux » (Bonnet 2015 : 522-523 ; Scheid & Polignac 2010 : 434). Quant au concept de « géosymbole », emprunté à la géographie humaine, il insiste sur le marquage du territoire et la visibilité des lieux de culte en invitant à une lecture symbolique de l’espace6 (Golosetti 2009 & 2016), objectif clairement annoncé d’une étude du paysage religieux (Scheid & Polignac 2010 : 428-430).

Paysages religieux en Méditerranée occidentale antique

6Les thématiques de recherche sous-jacentes à la notion de « paysage religieux » ont été examinées avant même la diffusion de cette notion. L’Italie est depuis longtemps une aire privilégiée pour l’étude de l’implantation des lieux de culte et leur catégorisation (naturels, ruraux, suburbains, urbains, de frontière, politiques, du quotidien) (Edlund 1987, 1996 ; Glinister 1997 ; Cazanove & Scheid 1993, 2003 ; Veronese 2006). En Grèce aussi, des travaux sur ce thème ont été réalisés, dont ceux de F. de Polignac (1984) sur le rôle du sanctuaire dans le territoire.

  • 7 Programme Circe, « Constructions, interprétations et représentations culturelles de l’espace dans l (...)
  • 8 Ce « boom » des années 2000 dans l’approche spatiale des sanctuaires concerne également les études (...)

7La décennie 2000 a ainsi vu naître des corpus des lieux de culte en Grèce7 comme en Italie antiques (Scheid & Polignac 2010). Un projet, démarré en 1997 et intitulé Fana, Templa, Delubra (FTD), vise ainsi à dresser un inventaire des lieux de culte en Italie entre le viie siècle av. J.-C. et le viie siècle ap. J.-C. (collectif 1997). Malgré déjà six volumes publiés de 2008 à 2019, ce travail de longue haleine est encore loin d’avoir couvert l’ensemble de l’aire d’étude. La publication d’un dossier en lien avec ces deux programmes dans la Revue d’histoire des religions en 2010 fit donc date. Cette multiplication récente des corpora, auxquels il faut ajouter l’Inventaire des lieux de culte en Tunisie antique dirigé par M. Sébaï-Bernard et le Sacred Landscape Project dirigé par T. D. Stek et J. Pelgrom (2005 : 65 et note 1) sur l’Italie centrale préromaine, démontre que le paysage religieux est au cœur des problématiques du début du xxie siècle. Les thèses d’A. Bertrand (2010, 2015) ou de A.-L. Pestel (2018) amplifient ce constat8. La péninsule ibérique, avec une importante bibliographie sur les lieux de culte (urbains, suburbains, etc.), semble connaître de telles approches, au moins pour le Nord-Est (Santos Estévez et al. 1997 ; González-Rodríguez 2018), avec peut-être moins de vigueur cependant.

8Ces évolutions de la recherche en histoire des religions touchent également la Gaule, de l’âge du Fer et de la période romaine, sans doute parce qu’elle partage un certain nombre d’acteurs avec l’Italie, et parce que la thématique est en grande partie portée par la recherche française.

Paysages religieux dans les Gaules et les Germanies

9L’implantation topographique des lieux de culte dans les Gaules et les Germanies est une interrogation ancienne, présente dès 1909 dans l’un des plus emblématiques inventaires de lieux de culte en Gaule, celui de L. de Vesly (Fauduet et al. 2012 : 76-77). Toutefois, hormis le colloque Géographie sacrée de l’Occident romain (Chevallier 1973, notamment Braemer 1973), la littérature sur le sujet est restée marginale jusqu’au regain d’intérêt pour la religion dans les années 1990 (Barruol 1994 ; Fauduet 1993, 2010 ; Fincker & Tassaux 1992 : 46 ; Derks 1997, 1998 ; Desbordes 2005).

  • 9 En plus de la Bourgogne, seront ajoutés à l’analyse par divers acteurs la Franche-Comté, la Champag (...)
  • 10 D’abord Pcr puis programme du LabEx Archimède, « Archéologie et histoire de la Méditerranée et de l (...)
  • 11 Pays de la Loire, Bretagne, Normandie.
  • 12 La programmation nationale du Cnra (Cnra 2016 : 95) signale également un réseau interinstitutionnel (...)
  • 13 Cultes et sanctuaires en Gaule Lyonnaise. Des antécédents gaulois à la fin des dieux (iie s. av. n. (...)

10Le tournant des années 2000 marque un renouvellement de la recherche sur les sanctuaires dans les Gaules (Izri & Nouvel 2011 : 507 ; Fauduet et al. 2012 : 75-76). Après le programme IncuBo : inventaire des lieux de culte antiques de la Bourgogne9, dirigé par O. de Cazanove de 2008 à 2010 (Cazanove & Méniel 2012), d’autres projets collectifs de recherche (Pcr) ont vu le jour. Un premier essai avorté, intitulé « Inventaire des lieux de culte en Narbonnaise (Gard et Hérault) » (Christol et al. 2007), a laissé place à un nouveau programme10 dirigé par S. Agusta-Boularot depuis 2015, dont le but est d’étudier les lieux de culte en Gaule du Sud (iie s. av. J.-C.-ive s. ap. J.-C.). Un autre Pcr sur Les sanctuaires de lOuest de la province de Lyonnaise et ses marges11 a été engagé12 et se trouve récemment relancé par une thèse en cours de S. Bossard13.

  • 14 Dès les années 1990, J. Rimbert, malgré un doctorat inachevé, a publié des travaux centrés sur les (...)
  • 15 http://www.labex-resmed.fr/gopser-gaule-occidentale-paysage.
  • 16 La notion de « paysage religieux » y est ici bien présente avec la conclusion de J. Scheid (2006) n (...)
  • 17 Il s’agit du seul article qui concerne la Bretagne romaine dans cet ouvrage sur les Sacred Landscap (...)

11Un certain nombre de travaux universitaires ont porté sur l’étude des paysages religieux en Gaule. Outre le Sud-Est de la Gaule (vie s. av. J.-C.-ive s. ap. J.-C.)14 (Golosetti 2009, 2016), citons ceux visant à reconstituer tout ou partie du paysage religieux de cités du centre de la Gaule (Mitton 2010, 2013 ; Girond 2013, 2015) ou en Aquitaine (Fauduet 2005, Doulan 2008 ; Pace 2016 : note 1). Par ailleurs, des travaux plus ponctuels développent une approche spatiale des sanctuaires dans les cités des Aulerques Cénomans (Gruel et al. 2008 : 35-36), des Convènes (Schenck-David 2012) ou des Carnutes, avec le programme en cours GoPser, Gaule occidentale. Paysage sacré et rituel15. Nombre de publications démontrent que les Germanies sont tout autant concernées (Cramatte 2008, 2014 ; Raepsaet-Charlier 2006, 2007, 2012 ; Spickermann 2002, 2003, 2008). N’oublions pas enfin les travaux centrés sur la relation des lieux de culte au fait urbain ou au territoire civique dans les Gaules et les Germanies (Dondin-Payre & Raepsaet-Charlier 200616 ; Castella & Meylan-Krause 2008 ; Pechoux 2010). A contrario, aucun projet similaire d’inventaire ne semble exister pour la Bretagne romaine, malgré un certain nombre de travaux anglophones sur les sacred landscapes (Blagg 1986 ; King à paraître17).

  • 18 Exception faite d’une « géographie des cultes » mentionnée en une seule occasion (Van Andringa 2017 (...)
  • 19 Comment définir un lieu de culte ? Comment l’identifier ? Quid des lieux de culte incertains ? Des (...)

12Notre premier constat est que la notion de « paysage religieux », davantage que toute autre expression synonyme, s’est largement imposée dans la recherche française depuis 2010. Absente dans l’ouvrage majeur et toujours incontournable de W. Van Andringa publié en 2002 (2017a)18, cette notion apparaît par exemple dès son travail sur Pompéi (Van Andringa 2009 : 28) et évidemment plus récemment (Van Andringa 2017b). Le second constat est que la multiplication des études des paysages religieux en Gaule (fig. 1), achevées ou en cours, permet de couvrir aujourd’hui une large part du territoire français. Les perspectives de discussion, de croisement des données et de comparaison apparaissent avec évidence ; comme l’ont constaté O. de Cazanove et P. Méniel, les débats19 du programme Ftd évoqué ci-dessus se poursuivent, la thématique est bien implantée et un réseau s’est même constitué (Cazanove & Méniel 2012 : 8). Cependant, il convient de s’interroger : sommes-nous allés au bout de l’approche en matière de méthodologie et de problématiques ?

Fig. 1. Carte des inventaires de paysages religieux de l’Antiquité réalisés ou en cours en France métropolitaine (par départements).

Fig. 1. Carte des inventaires de paysages religieux de l’Antiquité réalisés ou en cours en France métropolitaine (par départements).

DAO R. Golosetti.

Quel avenir ?

Un renouvellement souhaité par le Conseil national de la recherche archéologique (Cnra)

13Après 20 ans de travaux, notamment en Gaule, peut-on encore renouveler profondément notre compréhension des « paysages religieux » ? Un tel renouvellement est en tout cas soutenu par la programmation nationale de la recherche archéologique en cours. En effet, si les précédentes programmations (1984, 1990, 1997) prenaient déjà en compte l’étude des sanctuaires antiques, l’intitulé « Paysages religieux, sanctuaires et rites d’époque romaine » de l’axe 6, le seul spécifiquement centré sur l’Antiquité, introduit clairement la notion (Cnra 2016 : 93). De plus, l’axe 5, portant sur les « âges des métaux », identifie également le paysage religieux comme un des huit sous-axes en devenir, avec des besoins en matière de bases de données régionales et de dynamiques collectives (ibid. : 80 et 83-84).

14Or, par quelle méthodologie ce renouveau de l’étude du paysage religieux peut-il ou doit-il passer ? Comme le rappellent S. Izri et P. Nouvel (2011 : 507), une large part des corpora des lieux de culte antiques, du moins en Gaule chevelue, repose sur de la documentation issue de prospections aériennes qui ont multiplié les sites connus, ce qui est toujours favorable à un corpus, mais limitent les perspectives d’études chronologiques. C’est alors faire face aux travers déjà notés : « une majorité de sites peu documentés et une minorité, fouillée, pour laquelle nous disposons de données chrono-stratigraphiques » (Izri & Nouvel 2011 : 515). Pour P. Barral et M. Joly (2012 : 93), les fouilles peuvent participer au renouvellement en étant les plus extensives et pluridisciplinaires possible, afin de documenter « l’environnement naturel et le système de peuplement ». Les recommandations du Cnra vont toutefois plutôt à l’encontre de cette perspective, puisqu’il souhaite favoriser les approches non invasives dans l’étude des lieux de culte, aussi bien de l’âge du Fer que de la période romaine (Cnra 2016 : 85 et 93). Le renouvellement attendu restera donc limité sur ce point ; par ailleurs, il n’est pas envisageable non plus de fouiller, ni même de sonder, la majorité des lieux de culte d’un corpus. Quelle partie de la documentation doit, par conséquent, être renouvelée ?

15Toute étude du « paysage religieux » intègre des données sur l’environnement naturel et humain autour des sanctuaires, comme l’illustrent celles de la Gaule de l’Est (Izri & Nouvel 2011 : 514) ou du Sud (Boularot & Pellecuer 2016 ; Golosetti 2016). Multiplier les occurrences bien documentées en ce sens pourrait combler les attentes de la recherche sur la structuration des réseaux d’habitats pour en enrichir les modèles en allant au-delà des variables uniquement liées à l’activité agricole. Parmi ces variables susceptibles de donner les « dimensions superstructurelles du réseau d’habitat », le rôle des « monuments sacrés » est mis en avant (Nuninger & Sanders 2006 : 25). Pour cela, en accord avec le Cnra (2016 : 93-94), il faut obtenir une meilleure connaissance de l’environnement et de son évolution autour des lieux de culte, ce qui implique le développement de recherches sur l’occupation du sol et le paléoenvironnement. Soutenues par des méthodes de prospection pédestres ou par le recours à un système d’information géographique (Sig), ces approches sont aujourd’hui renouvelées.

Renouveau par les nouveaux outils et les nouvelles méthodes

  • 20 En dehors de la Gaule, j’évoque son emploi pour l’archeologia dei paesaggi des sanctuaires grecs de (...)
  • 21 Ce simple emploi du Sig est souvent tout simplement tu dans les publications.

16Le Sig, bien que couramment utilisé en archéologie, ne semble pas toujours pleinement exploité dans le cadre de l’archéologie spatiale des sanctuaires. Pour la Gaule20, il sert avant tout à la cartographie21 (Mitton 2006-2007 ; Golosetti 2016) et peu de travaux s’attachent à exploiter ses potentialités dans le cadre de l’analyse spatiale d’un paysage religieux (Gruel et al. 2008 ; Pace 2016 : 238 et 240). Les problématiques développées sont le marquage du territoire, la visibilité, les relations aux itinéraires et aux distances parcourues, voire aux occupations antérieures. Mes propres travaux ont ainsi exploité les capacités d’un Sig avant tout dans une visée cartographique, même si j’ai eu recours à des outils d’analyse spatiale.

  • 22 Ainsi, la situation d’un certain nombre de sanctuaires sur des versants et plutôt à l’écart du rése (...)
  • 23 Il est, par exemple, possible de réaliser, à partir de cadastres vectorisés, une analyse des orient (...)
  • 24 Cela repose « sur l’hypothèse qu’un pôle doit pouvoir contrôler l’ensemble de son territoire du reg (...)
  • 25 Espace géographique situé entre les villes de Sommières et de Nîmes, dans le département du Gard.

17Les programmes récents (Gros 2010 ; Boularot & Pellecuer 2016 : 8, par exemple) souhaitent ainsi employer cet outil spatio-temporel devenu incontournable (Costa 2009 : 61). C’est même un Sig national que promeut le Cnra (2016 : 95). S’il facilite l’étude d’un paysage religieux, en cartographiant précisément les phénomènes et en permettant d’appréhender la distribution des lieux de culte en relation avec le fait urbain, la ruralité, les zones marginales et les axes de communication, il peut aussi permettre d’aller plus loin. De nombreuses requêtes, éventuellement automatisées, peuvent nous informer sur la relation des sanctuaires au paysage naturel par le calcul de la distance à une source ou un cours d’eau et par l’évaluation de l’exposition, du pendage, de la position dominante, de la qualité des sols22. Cet outil offre aussi une large possibilité d’analyses spatiales (distance, visibilité, polygone de Thiessen, etc.) de la situation des sanctuaires dans les réseaux d’habitats et viaires23 et par rapport aux limites de cité/province. Il permet aussi de tester l’intervisibilité (Gruel et al. 2008 ; Golosetti 2009, 2016) ; or, la maîtrise visuelle24, déjà employée pour l’étude des sanctuaires (Derks 1998 : 138), est un des arguments de validation de la modélisation des réseaux d’habitat en Vaunage25 (Nuninger & Sanders 2006 : 11-12). Là encore, la généralisation de telles analyses pourrait fournir une meilleure documentation pour la modélisation des réseaux d’habitats et du rôle des sanctuaires dans la structuration du territoire.

18Au-delà du Sig, la meilleure connaissance de l’environnement naturel et humain des sanctuaires souhaitée par le Cnra (2016 : 93) passe également par des activités de terrain non invasives. Aux opérations usuelles, mais incontournables, que sont les prospections pédestres, s’ajoutent les développements récents des techniques de prospection géophysique, envisageables sur de très grandes superficies par diverses méthodes tractées, en peu de temps et pour un coût bien moindre. De même, le coût de moins en moins prohibitif du lidar, avec l’emploi maintenant du drone, et son apport documentaire, dans des zones boisées notamment, entrouvre de nouvelles perspectives pour l’étude des paysages religieux. Enfin, il serait sans doute opportun de généraliser le recours aux approches géoarchéologiques (carottages, transects) aux alentours des lieux de culte afin d’en reconstituer plus finement l’environnement naturel. Malgré le colloque Sacrée Science ! de 2013 (Gillet et al. 2018) et un éclairage souhaité par le Cnra dès 1997 sur cette question, les recherches paléoenvironnementales dans l’étude des sanctuaires n’ont pas encore été suffisamment exploitées (Cnra 2016 : 85 et 94). La meilleure connaissance de l’environnement humain et naturel des lieux de culte permettrait d’inscrire leur histoire dans celle de l’occupation des sols et dans les dynamiques spatiales touchant l’habitat et l’exploitation de l’espace, même si certains programmes devront alors faire face aux lacunes documentaires de territoires où les opérations comme les synthèses sur l’occupation du sol (habitat, réseau de communication) ne sont pas ou sont peu développées.

Renouveau thématique : l’approche mémorielle

  • 26 Pour une bibliographie non exhaustive, cf. Golosetti 2019.
  • 27 Face à une longue historiographie anglo-saxonne sur l’archéologie de la mémoire (Golosetti 2019), q (...)

19L’étude du paysage religieux pourrait aussi être renouvelée par une attention encore plus fine portée aux phénomènes de continuités et de ruptures. Bien que clairement établie depuis M. Halbwachs (1941) et dans des études plus récentes sur les mondes anciens, l’inscription de la mémoire dans l’espace a été peu mise en avant en Gaule. L’emploi de la notion de « lieu de mémoire » en histoire des religions antiques le démontre, même si elle dépasse parfois largement un site matérialisé et spatialisé26. Cette archéologie de la mémoire27, dont je soutiens le développement et la justesse (Golosetti 2011, 2014a et b, 2016, 2019), offre l’opportunité d’une nouvelle perception du paysage religieux et de son évolution, dans toute sa complexité, en tentant de démasquer « les profonds changements dans la perception de(s) cultes » dans la « continuité du “paysage cultuel” concret » (Scheid & Polignac 2010 : 434). Les communautés des provinces occidentales romaines ont construit, reconstruit, voire réinventé, dans une forme de fiction collective de la continuité ; mais elles ont aussi oublié, comme nous invitent à le comprendre les réflexions historiques et anthropologiques depuis M. Halbwachs (Woolf 1996 : 369 ; Golosetti 2016 et 2019 ; Van Andringa 2017b). Le paysage (religieux) est lui aussi porteur de mémoire, à toutes époques et en tous lieux et, comme la mémoire, il est dynamique (Schama 1995 ; Bonnet 2015 : 26 ; Codou 2003 : 64 ; Scheid & Polignac 2010 : 433). C’est donc son histoire, au même titre que son insertion dans l’histoire de l’occupation humaine, qu’il nous faut analyser finement. Par ailleurs, nous pourrions nous inspirer du concept de « paysages émergents », qui ouvre des perspectives nouvelles pour complexifier l’« hellénisation » du Liban (Bonnet 2015 : 522-523), pour enrichir la problématique de la « romanisation » des paysages religieux des provinces occidentales romaines, notamment des Gaules, comme demandé par le Cnra (2016 : 24 et 94).

Conclusion

  • 28 Cela concerne d’ailleurs autant la période romaine que les âges du Fer (Cnra 2016 : 84).

20Ce panorama non exhaustif sur l’étude du paysage religieux montre la multiplicité des actions en Gaule, mais aussi leurs limites, qui tiennent pour partie à l’insuffisance du dialogue entre les chercheurs. Les différents corpora et programmes nous situent, semble-t-il, à un moment de la recherche où un partage d’informations et une analyse réflexive seraient bénéfiques à tous. Le souhait du Cnra (2016 : 24 et 95) de mettre en place une dynamique nationale afin de « promouvoir la normalisation des fiches d’inventaire », mais aussi des relevés, plans et coupes, et donc de la méthodologie28, est compréhensible. Il risque toutefois de demeurer un vœu pieux tant qu’un programme collectif d’envergure nationale, semblable au programme Ftd sur l’Italie antique (Cazanove & Méniel 2012 : 8), ne sera pas initié. Mais un travail long et fastidieux doit être réalisé avant d’arriver à une cartographie complète des lieux de culte d’une région, comme l’a rappelé J. Scheid (ibid. : 261).

21Pour répondre à la question posée en introduction, le nombre d’actions menées récemment, notamment en Gaule, et les recommandations faites par le Cnra dans sa programmation montrent bien un consensus et une volonté commune de poursuivre l’étude des paysages religieux. Bon nombre de chercheurs y voient des problématiques motivantes et contemporaines. Les nouveaux outils, ou plutôt leur plus grande capacité d’action, liée à une baisse de leur coût à l’hectare, offrent également un moyen de renouveler la documentation et la réflexion. Enfin, de nouveaux angles d’approche, telle que l’archéologie de la mémoire, permettraient de refonder le regard sur le paysage religieux. Conscient que cette première analyse réflexive est encore limitée, je ne peux qu’encourager mes collègues intéressés par cette question à s’en emparer et à l’approfondir, car nous ne pouvons en faire, je crois, l’économie.

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Bibliographie

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Notes

1 On peut citer par exemple Scheid 2006 ; Bertrand 2010 ; Kasprzyk et al. 2010 : 656-657 ; Chadier 2012 ; Golosetti 2016 ; Cnra 2016 : 93 ; Van Andringa 2017b ; Barral & Thivet 2019 ; Girond 2019 ; Barral et al. 2019.

2 Outre celle, très voisine, de « paysages sacrés » (Van Andringa 2017b), j’évoquerai celles de « topographie religieuse » (Saint-Amans 2004 ; Christol et al. 2007 ; Barral et al. 2012) ou de « topographie sacrée » (Castella & Meylan-Krause 2008), de « géographie religieuse » (Brunet & Martin 2015 : 12 ; Barral & Thivet 2019 : 9), de « géographie sacrée » (Chevallier 1973 ; Raepsaet-Charlier 2006 ; Clémençon 2008 ; Izri & Nouvel 2011 : 516), du « sacré » (Golosetti 2009) ou « des espaces sacrés » (Brunet & Martin 2015 : 11). Ajoutons que la référence à une notion, le sacré (sacer), est problématique, tant elle renvoie à une définition juridique précise dans le monde romain.

3 Cf. aussi l’éditorial du dossier « Archéologie et paysage », Les nouvelles de l'archéologie, n° 153, 2018 : 3-4.

4 Scheid & Polignac 2010 : 430 et 432 ; Cazanove & Joly 2011 : 663 ; Izri & Nouvel 2011 : 515 ; Bonnet 2015, 11 ; CNRA 2016 : 24 et 94 ; Golosetti 2016 : 34-40 ; Pace 2016 : 238.

5 En Gaule (Castella & Meylan-Krause 2008 ; Pechoux 2010 ; Chadier 2012 ; Barral et al. 2012 ; Dechezleprêtre et al. 2015) ou ailleurs dans le monde romain (Saint-Amans 2004 ; Van Andringa 2009 : 28) Cf. aussi l’atelier « Les dieux dans la ville. Approches du paysage religieux urbain et suburbain en Occident (ier-vie siècles ap. J.-C.) », Madrid, Casa de Velázquez et Institut archéologique allemand, 2013 : https://www.casadevelazquez.org/recherche-scientifique/news/les-dieux-dans-la-ville/.

6 Quelques articles en démontrent la diffusion récente dans la littérature en histoire et archéologie anciennes : Garcia 2011 ; Garcia & Gruat 2015 ; Poux 2015 ; Pestel 2015 ; Barral & Thivet 2019 : 9-10.

7 Programme Circe, « Constructions, interprétations et représentations culturelles de l’espace dans les sociétés anciennes », https://circe-antique.huma-num.fr/.

8 Ce « boom » des années 2000 dans l’approche spatiale des sanctuaires concerne également les études sur le monde chrétien, comme le démontrent quelques projets – Censimento dei santuari cristiani in Italia dall’Antichità ai nostri giorni depuis 1997 (Vauchez 2003), « Pour un Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France » (Groupe de recherches 2513 du Cnrs Salvé, « Sources, acteurs et lieux de la vie religieuse à l’époque médiévale »), ou d’autres contributions (Codou 2003 ; Brunet & Martin 2015). Toutefois, l’axe 8 du Cnra (2016, 25) sur les « Édifices de culte chrétien depuis la fin de l’Antiquité » se concentre peu sur la question proprement dite du « paysage religieux » qu’ils construisent.

9 En plus de la Bourgogne, seront ajoutés à l’analyse par divers acteurs la Franche-Comté, la Champagne-Ardenne et l’Alsace (Izri & Nouvel 2011 ; Kasprzyk et al. 2010).

10 D’abord Pcr puis programme du LabEx Archimède, « Archéologie et histoire de la Méditerranée et de l’Égypte anciennes », 2016-2018 : https://www.archimede.cnrs.fr/index.php/100-programmes-scientifiques/programmes-scientifiques-1/693-lieux-de-culte-en-gaule-du-sud.

11 Pays de la Loire, Bretagne, Normandie.

12 La programmation nationale du Cnra (Cnra 2016 : 95) signale également un réseau interinstitutionnel nommé Les sanctuaires et lieux de culte antiques dans l’ouest de la Gaule. Cf. aussi Aubin et al. 2014.

13 Cultes et sanctuaires en Gaule Lyonnaise. Des antécédents gaulois à la fin des dieux (iie s. av. n. è.–ve s. de n. è.). Université de Nantes, sous la dir. de M. Monteil.

14 Dès les années 1990, J. Rimbert, malgré un doctorat inachevé, a publié des travaux centrés sur les cités d’Arles et d’Apt (1989, 1990, 1994, 1997), précédant mes propres recherches.

15 http://www.labex-resmed.fr/gopser-gaule-occidentale-paysage.

16 La notion de « paysage religieux » y est ici bien présente avec la conclusion de J. Scheid (2006) notamment.

17 Il s’agit du seul article qui concerne la Bretagne romaine dans cet ouvrage sur les Sacred Landscapes in Antiquity, alors qu’aucun n’est recensé dans Käppel & Pothou 2015.

18 Exception faite d’une « géographie des cultes » mentionnée en une seule occasion (Van Andringa 2017a : 165), l’ouvrage ne traite pas de la relation à la nature des lieux de culte ou du contexte topographique à l’exception du lien à la ville et au territoire civique.

19 Comment définir un lieu de culte ? Comment l’identifier ? Quid des lieux de culte incertains ? Des inscriptions déplacées ? (Cazanove & Méniel 2012 : 8).

20 En dehors de la Gaule, j’évoque son emploi pour l’archeologia dei paesaggi des sanctuaires grecs de la Sicile archaïque de F. Veronese (2006 : 41).

21 Ce simple emploi du Sig est souvent tout simplement tu dans les publications.

22 Ainsi, la situation d’un certain nombre de sanctuaires sur des versants et plutôt à l’écart du réseau des établissements ruraux, analysée pour le sud-est de la Gaule (Golosetti 2016) ou en Gaule de l’Est (renseignement P. Nouvel), peut-elle suggérer le souhait de privilégier un terrain difficile à cultiver, pour ne pas soustraire des terres arables à l’exploitation ?

23 Il est, par exemple, possible de réaliser, à partir de cadastres vectorisés, une analyse des orientations des parcelles dans la perspective d’une étude archéomorphologique, comme cela a été tenté autour de l’agglomération antique et des sanctuaires du Vieil-Évreux (Aubry 2003 : 114-121). La juxtaposition, aisée dans le cadre d’un Sig, de ce type d’études à un modèle numérique de terrain permet un croisement avec les formes et les contraintes du paysage, de même qu’une réflexion de restitution des itinéraires selon le relief, l’hydrologie, etc.

24 Cela repose « sur l’hypothèse qu’un pôle doit pouvoir contrôler l’ensemble de son territoire du regard » (Nuninger & Sanders 2006 : 11).

25 Espace géographique situé entre les villes de Sommières et de Nîmes, dans le département du Gard.

26 Pour une bibliographie non exhaustive, cf. Golosetti 2019.

27 Face à une longue historiographie anglo-saxonne sur l’archéologie de la mémoire (Golosetti 2019), quelques chercheurs francophones s’intéressent aujourd’hui à la question (Pechoux 2012 ; Van Andringa 2017b), essentiellement à partir d’études de cas (Laüt 2012 ; Poux 2015).

28 Cela concerne d’ailleurs autant la période romaine que les âges du Fer (Cnra 2016 : 84).

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Carte des inventaires de paysages religieux de l’Antiquité réalisés ou en cours en France métropolitaine (par départements).
Crédits DAO R. Golosetti.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/9857/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 316k
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Pour citer cet article

Référence papier

Raphaël Golosetti, « Pourquoi étudier les paysages religieux en Gaule ? »Les nouvelles de l'archéologie, 160 | 2020, 12-19.

Référence électronique

Raphaël Golosetti, « Pourquoi étudier les paysages religieux en Gaule ? »Les nouvelles de l'archéologie [En ligne], 160 | 2020, mis en ligne le 09 novembre 2020, consulté le 21 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/9857 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/nda.9857

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Auteur

Raphaël Golosetti

Maître de conférences en archéologie des Gaules romaines à Sorbonne Université – UMR 8167 « Orient & Méditerranée »

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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