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L’évolution des disciplines géohistoriquesUne évolution de la postmodernité

Des cadastres aux paysages et à l’archéogéographie
Ricardo González Villaescusa
p. 119-127

Résumés

Depuis 40 ans, l’aménagement du territoire a contribué à la prolifération d’approches globalisantes qui tentaient d’intégrer les réalités morcelées apportées par l’archéologie préventive. Les disciplines géohistoriques ont donné des réponses qui ont permis d’installer l’espace et le territoire au centre des problématiques patrimoniales de conservation et d’aménagement du territoire. Au fil du temps, les textes des Nouvelles de l’archéologie permettent d’apprécier l’évolution de ces disciplines et le changement de paradigme patrimoniale qui marque la fin de la Modernité.

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Texte intégral

1Extrait 1
« Depuis plus d’une dizaine d’années se multiplient les destructions massives ; elles ont déclenché une prise de conscience, un peu tardive, des aspects contingents particuliers de l’archéologie des villes. Il est incontestable qu’un effort important a été consenti, ces dernières années, surtout depuis la publication du rapport Soustelle [1975]. »
H. Galinié, « Droit de cité pour l’archéologie urbaine », Les nouvelles de l’archéologie, 1979.

2Extrait 2
« On peut remarquer que plusieurs articles de ce dossier font référence à des expérimentations ou du moins à une nécessité d’y recourir. En effet, si les analyses physico-chimiques auxquelles font appel les diverses branches de l’archéobotanique peuvent disposer d’une partie des interprétations archéologiques, seule l’expérimentation semble pouvoir disposer du reste. Mais, surtout, la corrélation de ses résultats à ceux des analyses des produits archéologiques permet de valider l’interprétation de ces dernières. » (Coudart 1985 : 56). A. Coudart, « Note sur l’agriculture expérimentale », Les nouvelles de l’archéologie, 1985.

3Extrait 3
« Mais le fond du débat est ailleurs : il est dans une juste appréciation de l’équilibre qui doit présider à la recherche sur le paysage, entre les faits anthropiques et les faits environnementaux. C’est l’effet majeur du paysage, comme objet de recherche, que d’offrir un extraordinaire cadre globalisant, intégrateur, et donc de permettre, souvent à partir d’excellentes prémisses et d’excellentes intentions, le développement de présupposés qui peuvent être discutés. » G. Chouquer, « Actualité des recherches
sur les parcellaires ruraux et urbains », Les nouvelles de l’archéologie, 1994.

4Extrait 4
« Dans un premier temps, l’historien qui propose une hypothèse de réseau centurié attend de l’archéologue qu’il lui procure les vestiges attestant l’existence de ce réseau et sa date de création. La réalité archéologique est moins explicite, sans pour autant être muette ». G. Chouquer, « Enquête sur la genèse des paysages : histoire et archéologie, une collaboration difficile », Les nouvelles de l’archéologie, 1997.

5Extrait 5
« C’est ainsi qu’une nouvelle conception du paysage et des interactions spatiales sous-tend aujourd’hui la démarche “archéogéographique”. Les acteurs sont considérés comme pouvant avoir des perceptions différentes d’un même paysage en fonction de différences culturelles, individuelles et fonctionnelles dans leur relation avec ce paysage. » S. van der Leeuw, G. Chouquer et A. Tabbagh « La contribution de l’archéologie à l’étude géographique des sociétés anciennes », Les nouvelles de l’archéologie, 1996.

  • 1 https://www.barcelona-metropolitan.com/events/1979-un-monument-a-instants-radicals/

6L’année 1979 avait été définie comme une année charnière, un « Monument to Radical Moments » de la politique mondiale, de la culture et de la pensée1. Célébrer les 40 ans de la revue Les nouvelles de l’archéologie (Nda) ne peut être fait sans prendre un recul épistémologique et social. Il s’agit de comprendre non seulement le contexte scientifique national et international de l’archéologie, mais aussi le contexte social, culturel et politique des quatre décennies allant de 1979 à 2019. La question liminaire est de savoir si les Nda ont reflété ou contribué à l’évolution des pratiques et des théorisations des deux grands piliers de l’évolution récente de l’archéologie : la spatialisation des données et les disciplines géohistoriques. Et cela sans aborder les résultats historiques obtenus mais en insistant sur les disciplines, l’épistémologie et les débats. Nous essayerons de démontrer qu’en réalité il s’agit d’une évolution parallèle, voire d’une conséquence de l’évolution récente de la discipline archéologique au sein d’une société française qui a connu la fin de la Modernité et l’apparition du paradigme postmoderne, daté de manière programmatique de 1979, il y a également 40 ans (Anderson 2010).

7Nous allons tâcher de comprendre le chemin parcouru par ces disciplines à travers les différentes publications qui traitent de la situation actuelle. Ce parcours épistémologique a été décrit dès 2013 dans L’archéologie des disciplines géohistoriques (Chouquer & Watteaux 2013). Dans la publication la plus récente, Une histoire des civilisations : comment l’archéologie bouleverse nos connaissances, véritable état des lieux, les auteurs présentent la somme des connaissances acquises (Demoule, Garcia & Schnapp 2018). Ces deux ouvrages nous serviront de fil conducteur pour essayer de comprendre comment ces disciplines ont intégré le vocabulaire et les pratiques académiques, et à quel degré l’effort « programmatique », traités dans des articles parus dans les Nda, a abouti à son intégration à l’archéologie du xxie siècle.

Des cadastres et des parcellaires à l’archéologie du paysage

8Il ne faut pas oublier que les Nda sont nées avec un dossier sur l’archéologie urbaine. Les parcellaires d’abord, puis l’archéogéographie, ont joué un rôle important pour l’intégration des vestiges archéologiques dans une trame urbaine dotée ainsi de significations. Dans son texte d’introduction au dossier, « Droit de cité pour l’archéologie urbaine » [extrait 1], Henri Galinié mettait en exergue, d’une part, le caractère fragmentaire de la connaissance scientifique et, d’autre part, l’inattendu de la découverte archéologique de la ville (Galinié 1979). L’archéologie programmée de jadis ne pouvait planifier une recherche scientifique en ville. Ce n’est d’ailleurs pas plus facile aujourd’hui, alors même que, de nos jours, la part respective des archéologies préventive et programmée s’est inversée. Bien qu’en 1979 déjà, Galinié ait déploré la prise de conscience trop tardive de la spécificité de l’archéologie des villes, ce sont les scandales provoqués par la perte du patrimoine urbain à Avignon, Lyon, Poitiers, Marseille, etc., qui ont précipité la succession des rapports jusqu’à à la mise en place de l’archéologie préventive : en moyenne, un rapport tous les deux ans entre 1968 et 1998 (Baruch 2009, Gauthier 2009). Le colloque fondateur réuni un an après ce dossier précurseur (Csra 1980) préfigurait la création, quatre ans plus tard, du Centre national d’archéologie urbaine (Cnau) de Tours, dont la première décennie fut fêtée en 1994 dans les Nda par un nouveau dossier dédié à l’archéologie « en ville » (Garmy 1994).

9Toujours dans les Nda, d’autres articles sur l’agriculture expérimentale (Coudart 1985) ou les parcellaires ruraux et urbains (Chouquer 1994, 1997) ont abordé des questions reprises par l’archéologie agraire – dont la naissance scientifique et institutionnelle française remonte à 1991 avec la publication de Pour une archéologie agraire (Guilaine, Bertrand & Bertrand 1991) et la création de l’Association d’étude du monde rural gallo-romain (Ager).

10Anick Coudart, dans un colloque sur l’archéozoologie édité par les Nda [extrait 2], soulignait l’incapacité des protocoles physico-chimiques à produire une connaissance autonome et rappelait le besoin d’intégrer l’expérimentation agricole pour que l’archéobotanique intègre la compréhension, par l’archéo-agriculteur, des plantes et des rendements en situation d’expérimentation. L’objectif était de vérifier la faisabilité d’une technique ancienne et de repérer d’éventuels indices trouvés sur le terrain, pour corriger et revenir sur les interprétations des différentes méthodes archéobotaniques.

11Gérard Chouquer suggérait, lui, que la vie agraire se situait au cœur de la recherche sur les parcellaires [extrait 3] (malgré le titre de son article, les parcellaires urbains occupent une place réduite dans ce texte). Une première partie, où il mettait en évidence les deux disciplines qui l’inspiraient, l’archéologie agraire et l’analyse des formes agraires qui se sont succédé entre 1820 et 1949, lui permettait de rappeler les différents acquis dans le domaine :

  • l’existence des formes agraires depuis la protohistoire ;
  • la connaissance des formes agraires médiévales ;
  • la recherche sur les réseaux routiers au-delà des voies romaines ;
  • la fouille des parcellaires, alors balbutiante en France ;
  • l’intégration des qualités pédologiques, essentielles à la compréhension de l’aménagement du sol ;
  • les techniques de maîtrise de l’eau, matérialisées en limites de parcelles et dans les infrastructures agraires.
  • Il rappelait aussi l’état des discussions sur les différentes questions alors débattues :
  • le renouvellement de l’analyse morphologique, « au-delà de la topographie antique » ;
  • l’obsession de la recherche pour le « quadrillage » et le « plan programmatique » ;
  • la dichotomie entre les systèmes parcellaires cohérents indigènes et la centuriation romaine ;
  • la planification versus le développement spontané (auto-organisé dira-t-on plus tard) ;
  • la centuriation versus le parcellaire géométrique romain ;
  • l’édition des textes classiques et médiévaux sur l’arpentage et l’agronomie du monde classique occidental et du monde arabe.

12En 1997, Gérard Chouquer [extrait 4] abordait le problème de la relation complexe qui s’établit lors de l’intégration des données de fouille aux interprétations des réseaux centuriés. Il me semble important de souligner, dans ce texte, l’introduction de la logique paysanne dans le discours de la construction des paysages, centuriés en l’occurrence, qui eut pour conséquence une rupture définitive avec le concept de « cadastre » en faveur au début des années 1980. La discussion provoquée par les tentatives de « dater » les systèmes cadastraux allait bien au-delà du problème de datation suscité par les fouilles elles-mêmes. En effet, la découverte d’un vestige archéologique cohérent avec la trame centuriée ne renseignait en rien sur des décisions politiques prises depuis Rome. Elle était plutôt révélatrice de la praxis des paysans qui avaient aménagé leurs terres au sein d’une trame et d’un paysage matérialisés sur le terrain au nom de Rome par les arpenteurs ou gromatici, mais bien après eux et sans lien direct avec leur intervention fondatrice.

13En 1999, Sander van der Leeuw et Stéphanie Thiébault pilotaient le dossier «Environnement et archéologie », riche de onze contributions rédigées par plus de vingt-cinq auteurs parcourant la palette des disciplines (géoarchéologie, archéobotanique, archéozoologie…) et traitant de l’insertion institutionnelle des sciences du paléoenvironnement au Cnrs, à l’université, à l’Association pour les fouilles archéologiques nationales (Afan) ou dans les collectivités.

14Pour la première fois était tentée une synthèse entre l’environnement, l’archéologie spatiale et les paysages [extrait 5]. « La contribution de l’archéologie à l’étude géographique des sociétés anciennes » était affirmée, puisque « toutes les conceptions du paysage se recoupent dans l’espace ». L’« archéogéographie2 » ou « géoarchéologie » devait jouer un rôle dans les opérations d’archéologie préventive, à une époque où « l’aménagement du territoire » était érigé en « priorité nationale jusqu’en 2020 » – bien qu’il ait fallu attendre 2017 pour voir cette priorité se concrétiser avec la signature d’un partenariat entre l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité (Amf) et l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap)3. Archéobotanistes et archéozoologues devaient mettre au centre de leur réflexion les problématiques sociales, les premiers privilégiant « l’intégration dans la réflexion du facteur humain », les seconds étant plutôt liés « aux approches archéologiques culturelles ». Préconisant la synthèse et l’hybridation des spécialités à travers la maîtrise des problématiques archéologiques et des techniques biologiques et archéologiques, les auteurs ressentaient l’inquiétude des historiens et des archéologues devant la « naturalisation » des sciences sociales et ils s’en faisaient l’écho (Leeuw, Chouquer & Tabbagh 1999 : 6). Mais, depuis vingt ans, le néo-naturalisme s’est imposé progressivement dans l’archéologie, l’intérêt pour les dynamiques environnementales et les interactions homme-milieu prenant le pas sur celui pour les variations et les dynamiques de la construction des paysages par les sociétés.

15De manière presque naturelle, pendant la première époque des Nda, avant que la revue ne change « de style et de politique éditoriale au bénéfice d’un contenu plus scientifique » et moins politique (Coudart 2009), archéologie et patrimoine étaient synonymes. Une fois que la destruction des sites fut stoppée par la loi de l’archéologie préventive de 2001, le problème ne s’est plus posé. Mais aujourd’hui, les interventions archéologiques modifiant un projet d’aménagement sont à peine une ou deux par an (Glavieux 2019) : l’archéologie préventive agit comme un médecin légiste, certifiant les causes du décès. De manière comparable aux sciences systématiques et au renouveau des inventaires naturalistes du début de notre siècle (Mauz 2011), l’essentiel de l’archéologie mise en œuvre aujourd’hui en Europe inventorie les sites qui disparaissent sous l’effet de l’aménagement du territoire.

Consolidation et évolution récente de l’archéogéographie

16Dans les deux premières décennies du millénaire, les disciplines qui ont l’espace comme plaque tournante ont fourni un effort considérable en matière de théorisation. Dans son essai Ville, espace urbain et archéologie, Henri Galinié classe en trois catégories les sources (archéologiques, planimétriques et écrites) nécessaires à l’étude de la ville dans sa dimension spatiale mais il précise que seule la morphologie « est réellement susceptible de donner de la consistance à l’espace, de permettre de passer des points de la topographie à des superficies » (Galinié 2000 : 86). Sous le titre Objets en crise, objets recomposés, la revue Études rurales s’intéresse aux enjeux de l’archéogéographie (Études rurales 2003). Son objectif principal est la « qualification des processus dynamiques qui transforment et transmettent les formes paysagères ». Celle-ci est rendue possible grâce à la collaboration entre l’archéologie, la géoarchéologie et les études des morphologies parcellaires sous l’égide de l’archéologie préventive, comme l’ont démontré les résultats acquis sur le tracé du TGV méditerranéen, qui remettent en cause les relations complexes et « difficiles » entre histoire et archéologie déjà évoquées (Chouquer 2003).

17Entre 2009 et 2013, l’archéogéographie se consolide et les Nda en font état. Après avoir introduit la notion de réseau dans l’étude des sources planimétriques afin de comprendre la dynamique des réseaux routiers et la perduration du tracé des voies historiques dans les routes actuelles, dans un dossier coordonné avec Nicolas Verdier, Sandrine Robert dirige un ouvrage collectif qui est le seul manuel pratique abordant les sources et méthodes propres de l’archéogéographie, c’est-à-dire les cartes, les photographies aériennes, les modèles numériques de terrain, les données archéologiques, les données paléoenvironnementales… et le traitement de l’ensemble de l’information géographique (Robert & Verdier 2009, Robert 2011).

18Malgré mes réticences manifestées au début du millénaire (cf. ma discussion avec Gérard Chouquer en 2004, longuement citée dans González-Villaescusa 2011b : 13-14 et Chouquer 2011), j’ai fini par adhérer à ce champ disciplinaire et par coordonner un volume d’Études rurales intitulé Archéogéographie et disciplines voisines, l’archéologie des paysages devenant un « collecteur hypertrophié » (Chouquer 2011). Dans l’essai introductif, je critiquais déjà le relativisme cognitif de l’évolution récente de certains auteurs (González-Villaescusa 2011), que j’ai appelé plus tard « la postmodernité de la centuriation » (González-Villaescusa 2015), plaidant pour une archéologie globale regroupant l’archéogéographie, la géoarchéologie, l’archéologie spatiale et l’ethnoarchéologie, qui prendrait la morphologie comme angle d’attaque. De leur côté, les Nda lui consacraient un nouveau numéro dirigé par Magali Watteaux qui, dans son introduction, affirmait que l’archéogéographie donnait « cohérence aux projets d’aménagement et de mise en valeur des territoires ainsi qu’une perspective de synthèse pour les études historiques et archéologiques souhaitant intégrer une dimension spatiale » (Watteaux 2011a et b). Ma contribution à ce dossier allait dans le sens évoqué ci-dessus, en intégrant archéologie agraire et archéogéographie pour la prospection et les fouilles des structures agraires, malgré les réserves émises par Gérard Chouquer en 2011. Distances épistémologiques qui ne nous ont pas empêchés, plus tard, de produire ensemble un objet de recherche commun (González-Villaescusa & Cressier 2011 ; Chouquer 2001 ; Chouquer & González-Villaescusa 2015).

19Cédric Lavigne (2011), pour sa part, préconisait le transfert des connaissances de l’archéogéographie vers l’aménagement du territoire et la fabrique urbaine de nos jours, car « la spécificité de l’approche archéogéographique est d’offrir une vision d’ensemble et une vraie cohérence aux projets d’aménagement et de mise en valeur des territoires ainsi qu’une perspective de synthèse pour les études historiques et archéologiques souhaitant intégrer une dimension spatiale » (Watteaux 2011b ; cf. aussi, dans le même ordre d’idées, Foucault 2014, Lavigne 2014).

20Nous ne pouvons conclure sans évoquer une évolution toute récente, de l’archéologie du paysage vers « archéologie » et « paysage », les deux mots apparaissant au même niveau : les paysages « ont désormais rejoint les champs patrimoniaux et jouent un rôle déterminant de cadres et de repères dans la refonte des échelles et des identités territoriales… » (Nda 2018 ; Lafarge 2018).

Utilitarisme et présentisme

21Les années 1980 ont signifié la fin de la croissance « fordiste », qui avait favorisé une conception hygiéniste et moralisante de la stabilité sociale (les Hlm, les villes nouvelles…) et, en conséquence, un aménagement du territoire qui visait la justice territoriale par une complémentarité fonctionnelle (division sociale et spatiale) des territoires. Ce modèle a été remplacé par une vision néolibérale « de l’ajustement structurel et l’espace fragmenté » (Citégo 2019) : la régulation par le marché, l’exploitation effrénée des ressources assimilées au capital (l’espace, le milieu, le paysage, etc.), le désengagement de l’État de services tels que le logement, la santé ou les infrastructures. La récession économique des années 1991-1996 a été suivie d’une période de très forte croissance, entre 1996 et 2001, liée à la mondialisation (interconnexion de marchés) et à ses corollaires (mise en place de l’euro, traités de libre-échange, etc.), et favorisant l’apparition de différentes « bulles » (immobilière, internet, matières premières, produits alimentaires, etc.). L’aménagement du territoire a alors été confronté à une injonction paradoxale : la décentralisation territoriale et fonctionnelle de l’État vers les collectivités versus la convergence européenne (Albertini 2006). Les lois successives ont cherché à concilier la création de logements et la compétitivité des territoires mais, à la différence des Trente Glorieuses, l’État a décidé d’accompagner le marché afin de stimuler la formalisation des projets territoriaux et de promouvoir la compétitivité territoriale, mouvement qui aboutit à l’artificialisation de la nature (Driant 2015 ; Pecqueur 2007). Ce sont les tensions provoquées dans le modèle paraétatique qu’était l’Association pour les fouilles archéologiques nationales (Afan) par ce tournant libéral dans l’aménagement du territoire qui aboutissent à sa conversion en Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap4) et à l’adoption de la loi 2001, modifiée en 2003 puis, en 2016, par la loi relative à la liberté de la création, l’architecture et au patrimoine.

  • 5 Cette affaire débute en 1992 : le service régional de l’archéologie de Midi-Pyrénées donne un avis (...)

22Ce n’est pas un hasard si la crise de l’Afan, créée en 1973, a éclaté avec l’affaire de Rodez (Aveyron, Occitanie) qui a mis en relief la faiblesse du dispositif législatif et des conditions de financement5. Pour mémoire, la France a signé la convention de Malte en 1992 et l’a ratifiée en 1995 pour une entrée en vigueur dès janvier 1996. Cette crise résulte de l’incompatibilité entre deux visions du traitement à réserver aux vestiges du passé dans le présent. L’une, issue de la politique patrimonialiste des Trente Glorieuses, prêtait attention aux symboles historiques et aux modes de vie locaux, menacés par le progrès et l’industrialisation et cherchait à les préserver afin de construire le récit identitaire de la Nation. L’autre était entendue comme un moyen de libérer le sol des traces du passé pour le mettre à la disposition des projets d’aménagement. À la fin des années 1960, il s’agissait de sites, de lieux, dans les campagnes ou dans les villes, qui à eux seuls étaient emblématiques de traditions en voie de disparition ou carrément disparues (Micoud 2005). Les fouilles de la Bourse à Marseille en donnent un exemple. Pour les archéologues, elles offraient l’opportunité d’enrichir les connaissances du passé grec de la ville phocéenne, de comprendre la nature des phénomènes rencontrés et d’expliquer ses évolutions. Les réponses aux problèmes étaient modernes : la connaissance positive permettait de compléter et de restituer un récit national fragmenté. La création du Centre national d’archéologie urbaine (Cnau) en 1984, la proclamation de la loi de 2001 sur l’archéologie préventive, sont des tentatives de résolution de tels problèmes liés à la modernité, plus ou moins rapidement subverties – par la volte-face qu’a représentée la loi de 2003 pour l’Inrap, par la progressive réduction des fonctions du Cnau jusqu’à sa disparition définitive (Garmy 2016).

23En 2017, l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité (Amf) et l’Inrap ont signé une convention de partenariat dans laquelle les parties affichent clairement leurs volontés, comme le montrent bien ces mots de François Baroin, président de l’Amf : « Faciliter les échanges, optimiser les délais, renforcer le dialogue opérationnel et les actions de valorisation du patrimoine auprès des citoyens » (c’est moi qui souligne). Il semble évident que l’archéologie préventive n’est plus un outil de construction d’un récit historique mais un outil au service de l’aménagement du territoire au sens le plus large, celui de sa patrimonialisation. Dans cette évolution, l’archéologie des paysages d’abord, et l’archéogéographie plus tard, ont joué un rôle majeur (Chouquer 2000 et 2001).

24Désormais, il s’agit, en s’appuyant sur les facteurs qui les caractérisent, de permettre aux territoires-ressources en compétition les uns avec les autres de s’insérer dans une économie mondialisée. Ce processus est d’autant moins neutre qu’il faut prendre en considération non seulement les acteurs locaux (Pecqueur 2007), mais aussi les réseaux écologiques et les paysages culturels. De cette manière, le patrimoine devient aussi une ressource. En premier lieu, il apparaît comme une variable négative parce que les « charges historiques » des archives du sol, qui pèsent dans le prix final des projets d’aménagement, peuvent réduire leur compétitivité, en ralentissant la mise en place de ces projets ou en majorant le coût des travaux. En second lieu, il devient une ressource positive, un territoire pouvant faire un atout des traces de son passé, car « les manières de se comporter avec la nature d’avant la Modernité […] n’étaient pas et ne sont pas si barbares que ça », ce qui fait des pratiques de patrimonialisation « des critiques en acte du temps de la Modernité » (Micoud 2005). Enfin, tout aussi positif, le patrimoine archéologique peut augmenter son attractivité et sa compétitivité en suscitant des parcours entre paysages et sites à l’intention d’un tourisme « de niche » – certes moins productif que celui des « trois s », sun, sand and sea. Tel est le présentisme : nous ne sommes plus ceux qui, aujourd’hui, garantissent la transmission du passé aux générations à venir mais ceux qui patrimonialisent le présent pour laisser une trace de notre existence, comme un témoignage d’une nature en train de disparaître avec notre civilisation saisie d’une « obsession patrimoniale » (Jeudy 2001). L’archéologie spatiale (Fiches & Leeuw 1990) et l’archéologie des paysages offraient un cadre idéal à la spatialisation et à l’intégration des données éparses apportées par l’archéologie préventive ; à son tour, l’archéologie préventive proportionne des renseignements sur la construction pluriséculaire des paysages.

25Dans la marchandisation des ressources naturelles, le pouvoir sur le savoir devient l’enjeu majeur et les règles de l’exercice de la science changent, ce qui a des conséquences sur tous les domaines du savoir scientifique (Lyotard 1979). Ainsi, une série de cinq glissements vers le « tout patrimonial » marque une tendance de la « contestation profonde de la modernité » (Di Méo 2007). Nous n’en présenterons que trois.

26Le premier se caractérise par une dématérialisation des patrimoines au profit de consommations éphémères, « du matériel à l’idéel » en définitif.

27Le deuxième se produit de l’objet au territoire : il consiste en une spatialisation croissante des villages, des communes, des paysages ou des villes entières, patrimonialisés dans l’espoir d’atteindre la compétitivité par la singularité et l’identité. Le glissement du paysage dans le domaine de l’archéologie permet ainsi de remplacer les anciens récits nationaux par des récits sur la construction des territoires (Guichard 2018).

28Le troisième est celui de la culture vers la nature ou l’environnement. Les disciplines géohistoriques, l’archéologie spatiale et les sciences paléoenvironnementales offrent le cadre idéal pour intégrer les territoires en voie de patrimonialisation dans un récit historique. Mais, dans l’ordre des priorités sociétales, l’environnement vient probablement au premier rang. L’offensive en cours pour une naturalisation et une technicisation des sciences sociales en donne l’illustration : avec leur « lot de méthodes, de résultats et de critères d’intelligibilité », les sciences du paléoenvironnement, disciplines « vraiment » scientifiques, se sont imposées aux sciences sociales dans cette évolution vers le néo-naturalisme (Andler 2011).

En guise de conclusion

  • 6 Une recherche du mot « archéogéographie » sur le catalogue Sudoc donne un pic entre 2011 et 2012, p (...)

29La naturalisation, l’utilitarisme et la patrimonialisation de l’archéologie préventive dominent l’évolution récente de la discipline. Il ne pouvait pas en être autrement, Les nouvelles de l’archéologie en donnent la preuve (tableau 1). L’archéologie préventive est passée d’un projet scientifique, guidé par des objectifs de transmission et de préservation d’un patrimoine, à un projet dont le territoire est le moteur de croissance, le patrimoine une variable d’ajustement des coûts de l’aménagement et une plus-value. L’archéologie du paysage puis l’archéogéographie6 ont apporté une réponse par le biais de la spatialisation et de la compréhension des couches plus anciennes qui expliquent les paysages d’aujourd’hui. Mais, par métonymie, le « tout patrimonial » est devenu aussi le « tout paysage ».

Tableau 1. Frise chronologique entre politiques territoriales, archéologiques, dates clé de l’archéologie
et publications des Nouvelles de l’archéologie

Politique territoriale

Politique archéologique

Année

Bibliographie et / ou réunion scientifique

Nouvelles de l’archéologie

Création des fonds européens de développement régional (FEDER)

Rapport Soustelle

1975

1977

Colloque : Archéologie du paysage (Chevallier 1978).

1979

Dossier : Archéologie urbaine, supplément n° 0-1, p. 6-26

1980

Colloque : Archéologie urbaine (1982).

1981

Dossier : L'archéologie au ministère de la Culture, n° 6, p. 9-72

Loi relative aux droits et libertés des communes, des départements et des régions

Rapport Querrien

1982

Colloque : Cadastres et espace rural (1983).

Dossier : Archéologie et aménagement, n° 9, p. 7-60

1983

Dossier : Archéozoologie, n° 11, p. 7-56

Création du Centre National d’Archéologie urbaine (CNAU)

1984

Colloque : Archéologie et aménagement (1987).

Dossier : Quel avenir pour l'archéologie française ?, n° 16 ;

« Les sciences de la nature et l'archéologie. Rapport sur la situation de la recherche française », n° 16, p. 49-61

1985

« Note sur l’agriculture expérimentale », n° 18, p. 56-57

Rapport Claudé

1987

Colloque : Archéologie et grands travaux (1989).

Dossier : L’archéologie de sauvetage, n° 26, p. 11-54 ;

Dossier : Prospection et inventaire, n° 28, p. 7-52

1989

Gérard Chouquer, Cours d’archéomorphologie, Besançon, 3 fascicules.

Loi Besson : visant à la mise en œuvre du droit au logement

Rapport Goudineau

1990

Colloque : Sites archéologiques en Europe – Conservation entretien et mise en valeur (1992) ;

Colloque : Archéologie et espaces (Fiches & van der Leeuw 1990).

1991

Guilaine, Bertrand & Bertrand, Pour une archéologie agraire.

Création de l’association AGER.

Rapport Gauthier 1 ;

Convention de Malte

1992

Rapport Gauthier 2

1993

1994

1994-1996 : Projet collectif interrégional : « Cartographie des parcellaires anciens de la Gaule septentrionale », dir. G. Chouquer.

Dossier : L'archéologie préventive en milieu rural et ses phases d'évaluation, n° 58, p. 5-45 ;

Dossier : Archéologie de la ville, n° 55, p. 5-51

Relance politiques territoriales en France : loi Pasqua d'orientation pour l'aménagement et le développement du territoire (LOADT)

Ratification de la convention de Malte par la France

1995

Rapport Gauthier 3 ;

Entrée en vigueur en France de la convention de Malte

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Rapport Vitoux ;

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Notes

1 https://www.barcelona-metropolitan.com/events/1979-un-monument-a-instants-radicals/

2 Curieusement, cette occurrence du terme n’apparaît pas dans la liste des disciplines citées par Chouquer & Watteaux 2013.

3 https://www.inrap.fr/100e-congres-des-maires-et-des-presidents-d-intercommunalites-l-inrap-edite-un-13265

4 Inrap : https://www.inrap.fr/de-l-archeologie-de-sauvetage-l-archeologie-preventive-9724 [consulté le 16/07/2019].

5 Cette affaire débute en 1992 : le service régional de l’archéologie de Midi-Pyrénées donne un avis favorable à un permis de démolir sur une parcelle intra-muros jouxtant le rempart médiéval, devant accueillir la construction d’un immeuble résidentiel. Le Sra assortit sa réponse d’une prescription : aucun terrassement ne pourra être engagé sans son accord. En avril 1995, à l’issue du diagnostic, l’intérêt scientifique du site est confirmé : sous l’enceinte médiévale, conservée sur 30 m de long et 2,80 m de haut, des vestiges gallo-romains et gaulois sont mis en évidence. Le Sra émet donc un avis défavorable à la demande de permis de construire, l’aménageur – par ailleurs conseiller municipal de la ville – se refusant à financer les fouilles prescrites. Le 8 août 1995, malgré la procédure de classement engagée par le ministère de la Culture, il obtient son permis de construire et entame des travaux de terrassement qu’il doit interrompre, suite au classement temporaire du site pour une durée d’un an. Mais, le 12 novembre, le premier ministre Alain Juppé écrit au président du conseil régional et maire de Rodez que « les promoteurs peuvent reprendre l’opération immobilière envisagée, sans craindre d’être poursuivis pour démolition de vestiges archéologiques »...

6 Une recherche du mot « archéogéographie » sur le catalogue Sudoc donne un pic entre 2011 et 2012, puis une chute des occurrences dès 2013 : http://www.sudoc.abes.fr/

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Pour citer cet article

Référence papier

Ricardo González Villaescusa, « L’évolution des disciplines géohistoriquesUne évolution de la postmodernité »Les nouvelles de l'archéologie, 157-158 | 2019, 119-127.

Référence électronique

Ricardo González Villaescusa, « L’évolution des disciplines géohistoriquesUne évolution de la postmodernité »Les nouvelles de l'archéologie [En ligne], 157-158 | 2019, mis en ligne le , consulté le 17 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/7986 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/nda.7986

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Auteur

Ricardo González Villaescusa

Professeur à l’université Paris-X Nanterre, Umr 7041 Arscan « Archéologies et Sciences de l’Antiquité » (Cnrs/universités de Paris I – Panthéon-Sorbonne et Paris-X Nanterre/ministère de la Culture/Inrap)

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