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AccueilNuméros157-158Sépultures secondaires à crémation

Sépultures secondaires à crémation

Quelques réflexions sur trente années d’évolution méthodologique en France
Henri Duday
p. 100-106

Résumés

Au cours des trente dernières années, l’étude des sépultures secondaires à crémation a connu en France un essor considérable dans le contexte du développement de l’archéo-anthropologie. L’ostéologie quantitative, et tout particulièrement les données pondérales, permettent une meilleure lecture des temps successifs que sont la crémation sur le bûcher et la collecte des os brûlés. La recherche systématique des liaisons ostéologiques et des relations d’exclusion apporte par ailleurs des informations irremplaçables sur l’existence d’emplacements réservés à l’édification des bûchers, sur la chronologie relative des crémations qui s’y sont succédé, sur le curage des aires de crémation, sur le transfert des os brûlés jusqu’à la tombe et leur dépôt à l’intérieur de celle-ci.

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Texte intégral

« L’étude anthropologique des sépultures à incinération s’inscrit donc dans une problématique étendue, qui participe pleinement de l’archéologie funéraire. Rien ne saurait a priori justifier la désaffection dont elle a trop longtemps souffert; seuls des arguments d’ordre méthodologique, tenant au traitement particulier qu’ont subi les restes osseux, sont susceptibles d’ajouter à la complexité de l’analyse ».
H. Duday, « L’étude anthropologique des sépultures à incinération », Les nouvelles de l’archéologie, 1990.

1Près de trente ans après la publication de ces lignes dans Les nouvelles de l’archéologie, c’est à ce champ de l’archéologie de la mort que j’ai souhaité consacrer celles qui suivent, sans doute parce qu’une large part de son évolution concerne la méthodologie et que c’est à la réflexion sur les méthodes que j’aurai finalement consacré l’essentiel de ma vie de chercheur.

  • 1 Dans le Robert Dictionnaire historique de la langue française, Alain Rey indique toutefois que le (...)

2Brûler un cadavre, c’est avant tout permettre que celui-ci échappe à la putréfaction, à l’action de la vermine invertébrée. Parce que les adeptes de ce traitement funéraire refusent que le corps humain soit assimilé aux ordures ménagères vouées à l’incinérateur, ils parlent de crémation et non plus d’incinération. Les archéo-anthropologues n’ont fait que suivre ce changement, certains adoptant même des néologismes nés dans les crématoriums actuels, tel le verbe crématiser qui se substituerait aux verbes crémer, certes tombé en désuétude, ou plus simplement brûler. Du point de vue étymologique, la crémation est le fait de brûler un corps alors que l’incinération reviendrait à le réduire en cendres1. Le premier est donc plus approprié, d’autant plus que, pour beaucoup, le mot cendres évoque une poussière impalpable – ce qui est à l’évidence erroné –, quand il n’a pas un sens métaphorique ou même poétique indépendant alors du traitement par le feu.

3Il existe des sépultures primaires à crémation (« tombes-bûchers », terme qui me semble préférable à celui de bustum, Bel et al. 2008), mais plus nombreuses sont évidemment les sépultures secondaires à crémation. Dans ce cas, l’analyse du traitement des morts concerne non seulement les modifications qui ont affecté le corps sur le bûcher, mais aussi la collecte de tout ou partie des restes osseux, leur transport jusqu’à la tombe, suivi de leur dépôt définitif puis d’éventuelles interventions post-dépositionnelles et, bien sûr, les gestes commémoratifs. C’est ainsi toute une succession de temps funéraires qu’il s’agit de déchiffrer.

4Peu après la parution de l’article cité supra, Germaine Depierre, Thierry Janin et moi-même avons mis en place le stage « Approche anthropologique des sépultures à incinération », entre 1992 et 2000 ; notre objectif était d’offrir une formation à la fois théorique et pratique (fouille du contenu d’urnes, identification et quantification des restes humains brûlés). La partie pratique du stage portait sur des urnes provenant du site de Gourjade, l’une des nécropoles protohistoriques qui ont fait l’objet de fouilles préventives à Castres (Tarn) (Giraud et al. 2003). Chaque « promotion » comptait une dizaine de participants avec une majorité d’agents de l’Association pour les fouilles archéologiques nationales (Afan). Les profondes mutations qu’a connues l’archéologie funéraire au moment où se développait l’archéologie préventive, avec l’émergence du corps des archéo-anthropologues, a donc concerné les sépultures à crémation au même titre que les inhumations.

La quantification des os brûlés

5Un bilan méthodologique de ces stages a tracé les nouvelles perspectives d’étude des sépultures à crémation (Duday et al. 1999). Il y était affirmé la nécessité de fouiller le dépôt osseux par passes consécutives, méthode notamment mise en avant par Gilles Grévin (1990) et déjà évoquée la même année dans Les nouvelles de l’archéologie, et de recourir à la quantification par la pesée (masse totale des os brûlés et masse relative de la tête, du tronc, des membres supérieurs et inférieurs). Si la distribution verticale répond à une logique anatomique, on conclura que la collecte a été pratiquée dans un ordre rationnel, des pieds à la tête ou de la tête aux pieds, ce qui veut dire que la topographie générale du squelette était globalement respectée à la fin de la crémation ; celle-ci n’avait donc pas été « conduite » (l’ustor n’était pas intervenu pour rabattre les différentes parties du corps dans la zone centrale du bûcher). Il semblait alors qu’on avait atteint une limite méthodologique. Les travaux qui ont suivi ont largement validé ces paramètres en montrant qu’ils étaient pertinents du point de vue archéologique (variations en fonction de l’âge et du sexe du défunt ou de critères géographiques et chronologiques), que ce soit à l’échelle d’un site ou d’une région. Ils ont également ouvert la voie à des questionnements méthodologiques qui ont constitué l’amorce de nouvelles approches (voir notamment Bel 1992, Janin 1994, Le Goff 1998, Lenorzer 2006). Par ailleurs, il est apparu que la pratique des sépultures secondaires à crémation s’étend sur une période très étendue qui couvre notamment le Mésolithique (Ducrocq, Le Goff & Valentin 1996) et le Néolithique (Gatto 2003).

6L’interprétation des données pondérales impose la comparaison avec des normes de référence. Beaucoup sont construites sur des collections de squelettes secs non brûlés : l’une des plus employées pour les sujets adultes est celle de E. W. Lowrance et Homer B. Latimer (1957), et on dispose aussi de tables pour les sujets immatures (cf. Depierre 2014). D’autres, plus récentes, utilisent les données de crématoriums actuels : les travaux de Bernd Hermann (1976) n’ont eu qu’une faible incidence sur l’étude des sépultures à crémation en France, contrairement à ceux de Jacqueline McKinley (1993) qui s’est attachée à quantifier les refus de tamis de mailles différentes, ce qui est évidemment très utile. La thèse de Germaine Depierre (2014) apporte des données fondamentales, avec une très riche recension bibliographique et les résultats obtenus dans un crématorium du Centre-Est de la France. On y trouve les valeurs individuelles de 48 femmes et 55 hommes : masse totale mais aussi masse relative (indices pondéraux) de divers os ou ensembles osseux. On pourrait penser que les valeurs enregistrées sur des sujets qui ont été objet de crémation sont les plus pertinentes mais ce n’est pas certain : sur 49 tombes à incinération d’adultes de la nécropole de Porta Nocera à Pompéi (Italie), qui présentent d’excellentes garanties quant à la fiabilité des observations (le taux de détermination atteint 81,3 % de la masse totale), l’indice pondéral moyen de la tête est de 19,4, beaucoup plus proche de la valeur donnée par Lowrance et Latimer pour des squelettes non brûlés (20,4) que de celle qu’a trouvée Depierre (12,2). La différence tient peut-être au fait que sur un bûcher traditionnel la température s’élève progressivement, alors que dans un crématorium le corps est introduit dans une chambre au préalable portée à haute température, d’où peut-être un mode différent de fracturation des os du crâne ( ?).

  • 2 Appositions osseuses irrégulières sur la face endocrânienne de l’écaille frontale. D’après la litté (...)

7À la suite des travaux de McKinley, les archéo-anthropologues ont admis que, pour un adulte, une tombe livrant moins de 1 227 g d’os humains brûlés correspond à un dépôt partiel et que, à l’inverse, une masse supérieure à 2 400 g est l’indice d’un dépôt multiple. D’autres causes peuvent toutefois expliquer de telles variations. À Pompéi, certaines tombes d’adultes se caractérisent par une masse osseuse très faible (entre 622 g et 1 033 g) alors même que les squelettes semblent très complets et que les indices pondéraux sont équilibrés, conformes aux valeurs de référence : les données archéologiques (épitaphe, stèle « à chignon ») et biologiques (morphologie de l’os coxal, hyperostose frontale interne2, lésions d’arthrose évoluée) ont donné une explication en montrant qu’il s’agit exclusivement de femmes âgées. Ici, la faible masse totale ne tient sans doute pas à une collecte partielle mais à l’allègement considérable du squelette consécutif à la ménopause. À l’inverse, plusieurs tombes romaines de Cumes en Campanie (Italie) se signalent par une masse élevée, parfois très supérieure à 3 000 g. Il s’agit d’un processus d’ostéopétrose lié à une intoxication par le fluor contenu dans les eaux de boisson (fluorose endémique dans les régions volcaniques), ce que l’analyse chimique des os a confirmé (Castex et al. à paraître). Contrairement à ce que l’on pensait, une masse osseuse relativement faible ne démontre une collecte partielle que si le défunt n’est pas une femme relativement âgée ; à l’inverse, une masse trop élevée ne démontre la présence de plusieurs sujets que si l’on a pu écarter un processus pathologique aboutissant à l’alourdissement du squelette.

  • 3 Parmi les vestiges indéterminés, on distingue les fragments d’os plats, d’os spongieux et de diaphy (...)

8Les modalités de la collecte sur l’aire de crémation vont influer sur l’organisation des os brûlés dans le récipient qui les a accueillis. La fouille des urnes par passes consécutives permet d’étudier la distribution verticale des régions anatomiques (cf. supra), mais il est possible d’aller plus loin si l’on prend simultanément en compte plusieurs paramètres pour chaque passe de démontage, à savoir le poids moyen des fragments à l’exclusion des esquilles3, le taux d’esquilles et le taux des indéterminés sauf esquilles, enfin le rapport de la masse des esquilles à la masse des indéterminés. Les histogrammes obtenus pour la nécropole de la Porta Nocera à Pompéi ont permis de dégager différents types (fig. 1).

  • Dans le type 1, le poids moyen est stable sur la majeure partie du remplissage mais il s’abaisse au fond de l’urne parce que les vestiges de petite taille (surtout les esquilles) ont percolé au travers de l’amas osseux aéré.
  • Le type 2 s’apparente au précédent mais le poids moyen des fragments est plus faible et les éléments indéterminés sont plus fréquents au sommet du remplissage ; ici, le ramassage a débuté par des fragments assez gros et s’est achevé par des fragments plus petits, ce qui signe une collecte plus poussée.
  • Dans le type « 1 exagéré » au contraire, le poids moyen sauf esquilles est maximal dans le premier niveau de démontage, puis il décroît de manière exponentielle ; il est très faible au fond de l’urne alors que le taux d’esquilles et d’indéterminés s’élève de manière spectaculaire. L’explication que l’on peut proposer est la suivante : l’officiant a d’abord ramassé les plus gros fragments puis des fragments plus petits, qu’il a placés au fur et à mesure dans un réceptacle transitoire dont il a déversé le contenu, ou, s’il s’agissait d’un sac ou d’un linge replié4 qu’il a déposé à l’envers dans l’urne, les restes osseux collectés en premier se sont ainsi retrouvés au sommet de l’amas, et le gradient du poids moyen a été accentué par la percolation des vestiges de petites dimensions.
  • Le type « 2 exagéré » est comparable au type 2 mais, au sommet du remplissage, le poids moyen est très bas, parfois même inférieur à celui des passes du fond de l’urne, alors que les taux d’indéterminés et surtout d’esquilles sont très élevés. Il s’agit soit de tombes où des résidus de l’aire de crémation ont été placés dans l’urne au-dessus des fragments ayant fait l’objet d’une collecte manuelle, soit d’urnes dans lesquelles l’effondrement brutal du couvercle a écrasé la partie supérieure du dépôt.
  • Le type 3 se distingue des précédents par le fait que le poids moyen ne diminue pas dans la partie profonde de l’urne : dans ces cas, il n’y a pas eu de collecte sélective, l’aire de crémation a fait l’objet d’un curage direct dont le produit a été déversé dans le réceptacle funéraire ; les fragments de petite taille n’ont pas pu percoler au travers de l’amas osseux parce que celui-ci était colmaté par une matrice cendreuse.
  • Enfin, certaines urnes se caractérisent par l’aspect bimodal des histogrammes. L’hypothèse la plus plausible est que la collecte aurait été faite dans deux réceptacles transitoires (sacs ?) qui auraient ensuite été déposés l’un sur l’autre dans l’urne. Le bien-fondé de cette interprétation est démontré pour une tombe de Pompéi, où des restes de tissu ont été conservés sous le couvercle mais aussi sur la face inférieure d’une monnaie trouvée au tiers supérieur de l’amas osseux. Il y avait donc deux niveaux au moins de tissu, dont le plus bas, sous la monnaie, peut correspondre soit au fond du sac supérieur soit au sommet du sac inférieur.

Fig. 1. Nécropole de Porta Nocera à Pompéi (Italie). Variations, en fonction des passes de démontage du sommet au fond de l’urne, du poids moyen des fragments à l’exclusion des esquilles (en bleu), du taux d’indéterminés sauf esquilles (en jaune) et du taux d’esquilles (en orange), selon les types de collecte.

Fig. 1. Nécropole de Porta Nocera à Pompéi (Italie). Variations, en fonction des passes de démontage du sommet au fond de l’urne, du poids moyen des fragments à l’exclusion des esquilles (en bleu), du taux d’indéterminés sauf esquilles (en jaune) et du taux d’esquilles (en orange), selon les types de collecte.

Les liaisons ostéologiques appliquées aux sépultures à crémation

  • 5 Programme de l’École française de Rome et de la Surintendance archéologique de Pompéi, dirigé par W (...)
  • 6 Recherches conduites dans le cadre d’une convention quadripartite entre la Direction des Musei Vati (...)
  • 7 Programme du Centre Jean-Bérard de Naples, dirigé par Jean-Pierre Brun et Priscilla Munzi (2007-201 (...)
  • 8 Opération dirigée par John Scheid, professeur au Collège de France, Jacopo Ortalli, de l’université (...)

9En France, l’étude anthropologique des sépultures secondaires à crémation s’est donc principalement focalisée sur une approche quantitative (Depierre 2014 : 157 et sq.). Des travaux récents ont mis en œuvre une voie encore peu explorée dans de tels contextes, à savoir la recherche systématique des liaisons ostéologiques. La méthode des liaisons vise à identifier dans un ensemble archéologique les vestiges qui se rapportent à un même individu, qu’il s’agisse d’un vase (tessons), d’un nucléus en silex (éclats de taille) ou d’un être vivant, animal ou humain. C’est l’un des moyens les plus efficients pour comprendre le « fonctionnement » des grandes sépultures collectives néolithiques (Duday 1987). Les liaisons ostéologiques s’opposent aux relations d’exclusion (incompatibilité entre différentes pièces du squelette) nécessaires à l’estimation du nombre minimal des individus (Nmi) représentés dans l’assemblage osseux (Nmi de fréquence puis Nmi par exclusion, Poplin 1976). La recherche de telles liaisons a été entreprise sur le matériel des nécropoles de Porta Nocera à Pompéi5 et de la Via Triumphalis à Rome6, de Cumes7 et de Classe à Ravenne8.

10Les liaisons de premier ordre sont directement repérables au moment même de la fouille. Il s’agit avant tout des connexions anatomiques qui peuvent être nombreuses et même spectaculaires dans les tombes-bûchers. Les liaisons de deuxième ordre ne sont établies que par l’étude en laboratoire car elles concernent des os dont la répartition ne répond plus à une logique anatomique. Pour les crémations, on retiendra surtout le collage de fragments jointifs, la symétrie (appariement), l’appartenance à un même ensemble pathologique et l’identité du stade de maturation ; en revanche, les liaisons par contiguïté articulaire ou par similitude du degré de robustesse sont peu fiables parce que l’action du feu induit des déformations et des rétractions importantes, et la destruction des molécules par la chaleur rend les liaisons paléobiochimiques inopérantes.

11Je voudrais évoquer quelques cas concrets que les liaisons ostéologiques de deuxième ordre ont permis de résoudre (Duday 2018).

Un même mort dans différentes unités stratigraphiques appartenant à la même tombe

12Un premier cas est celui où des os brûlés sont trouvés dans deux unités stratigraphiques distinctes, par exemple le contenu du réceptacle funéraire et des cendres déversées dans la fosse ou dans un autre vase. On peut a priori penser que les restes osseux appartiennent au même sujet, ce qui se vérifie souvent. Lorsque l’urne contient les restes de plusieurs sujets, il faut savoir à quel(s) individu(s) se rapportent les cendres accumulées dans la fosse.

13Dans la tombe 21 de l’enclos des Vesonii à Pompéi, une amphore a successivement accueilli les restes brûlés de trois individus (Van Andringa et al. 2013 : 489 et sq.). Un enfant âgé de 6 à 9 mois (sujet 21C) n’est représenté que par 21,9 g d’os brûlés ; plus tard, les restes d’un adolescent (sujet 21B) sont introduits dans l’amphore (1 114,2 g d’os brûlés), tandis qu’une autre partie (390,8 g) est déversée avec des cendres dans une fosse creusée au sud et à l’est de l’amphore ; enfin, les restes d’une jeune femme (sujet 21A) sont à leur tour placés dans l’amphore (1 552,9 g), les résidus provenant de son aire de crémation (141,7 g d’os brûlés) étant déposés dans un coffre de tuiles plates où avait été précédemment inhumé un enfant d’environ 18 mois. Enfin, deux corps vertébraux de la jeune femme 21A ont été scellés dans le mortier utilisé pour la réfection du tube à libations inséré dans le col de l’amphore. Pour décrypter ces séquences funéraires, les liaisons ostéologiques ont été déterminantes, confirmées par des liaisons entre les fragments d’une lampe à huile et d’une épingle en os.

Le curage des aires de crémation

14L’étude de cette nécropole a permis de caractériser les résidus provenant du curage d’une aire de crémation, par comparaison avec les vestiges déposés dans les urnes des mêmes tombes, observations qui peuvent servir de base à l’analyse de toute aire de crémation.

15La masse totale d’os brûlés est généralement faible et le poids moyen sauf esquilles très faible, la collecte concernant surtout les os ou fragments les plus gros ; l’indice pondéral des mains est égal ou supérieur à la valeur de référence (2,5 % de la masse totale du squelette pour un adulte d’après Lowrance & Latimer 1957), alors que l’indice des pieds est faible comme ceux des autres régions anatomiques ; et, bien sûr, des cendres et charbons de bois sont présents. Les mains, pauvres en tissus mous, se déshydratent et entrent en auto-combustion beaucoup plus vite que les parties plus riches en eau (tronc, portion proximale des membres). Les phalanges se détachent donc assez tôt et tombent dans la partie basse du bûcher où elles sont recouvertes par les cendres. Lors de la collecte, la plupart des os des mains ne sont pas visibles, mais un curage énergique des résidus de la crémation les récupérera. Les os des pieds ne répondent pas au même schéma, parce que le tarse comporte des os volumineux qui sont en général ramassés, mais aussi parce que les défunts ont pu être brûlés chaussés, ce que suggère la présence fréquente de clous de chaussures dans les curages d’aires de crémation. Dernier constat, lorsque les dépôts contiennent des os ouvragés brûlés (décors du lit funéraire ou d’un coffre), ceux-ci sont plus abondants dans les résidus du curage que dans les dépôts liés à la collecte manuelle : celle-ci visait donc à récupérer de manière spécifique les restes du défunt.

Un même mort dans la tombe et dans une unité stratigraphique qui n’appartient pas à celle-ci

16La fouille donne parfois l’occasion d’étudier des structures qui, bien qu’elles ne soient pas des tombes, sont en relation avec le « fonctionnement » de l’ensemble funéraire.

Des aires de crémation en place

17À Pompéi, nous avons ainsi eu l’opportunité de fouiller plusieurs aires de crémation, l’éruption de 79 ayant fossilisé le sol des enclos (Van Andringa et al. 2013 : 763 et sq.).

Un bûcher et une tombe d’enfant

  • 9 Même si elles sont nettement supérieures à la valeur trouvée pour le contenu de l’urne 201 (0,3), l (...)

18Nous avons eu l’opportunité exceptionnelle d’observer à la fois le produit d’une collecte manuelle, les résidus provenant du curage partiel de l’aire de crémation, et ce qui restait finalement sur celle-ci après les deux étapes précédentes. Dans l’enclos 21, une stèle en marbre blanc signale la tombe d’un garçon nommé Bebryx mort à 6 ans (tombe 201, fig. 2) : l’urne a effectivement livré les restes brûlés d’un enfant de 5 à 6 ans. Les cendres comblant la fosse sont les résidus du bûcher sur lequel Bebryx a été brûlé (symétrie de deux prémolaires trouvées l’une dans l’urne, l’autre parmi les cendres). Par ailleurs, l’aire 210, juste en arrière de l’enclos 21, a livré un petit amas d’os brûlés appartenant à un sujet immature, dont plusieurs liaisons par symétrie d’os et de dents ainsi qu’une liaison entre deux fragments jointifs d’une vertèbre démontrent qu’il s’agit aussi de Bebryx (fig. 2, n° 1). Parmi ces trois sous-ensembles que sont la collecte, le curage et les résidus en place, les deux derniers présentent de nombreuses similitudes (fig. 3) ; les fragments restés sur l’aire de crémation exagèrent même les indices spécifiques des résidus provenant d’un curage, avec un poids moyen des fragments extrêmement bas et un indice pondéral des mains plus élevé9. Les données relatives à l’une des aires de crémation de la zone 250 (bûcher 5) vont dans le même sens (fig. 3, colonne de droite).

Fig. 2. Nécropole de Porta Nocera à Pompéi (Italie).

Fig. 2. Nécropole de Porta Nocera à Pompéi (Italie).

Plan des enclos 21, 23 et 25. Les flèches matérialisent les liaisons ostéologiques à distance (les numéros renvoient aux appels dans le texte).

© Plan T. Lind, Dao C. Chevalier, S. Munoz.

Fig. 3. Nécropole de Porta Nocera à Pompéi (Italie).

Fig. 3. Nécropole de Porta Nocera à Pompéi (Italie).

Composition comparée du contenu des différentes unités en relation avec la sépulture de Bebryx (étude Émilie Portat et Henri Duday). À droite, la composition des résidus subsistant sur le bûcher 5 de la zone 250 (étude Solenn de Larminat).

© Dao S. Munoz.

Une aire de crémation utilisée sur la longue durée

19L’aire 210 a aussi livré les restes d’un adulte dont l’identité est connue : un fragment de temporal gauche a pu être raccordé à un autre fragment du même temporal trouvé dans la tombe 202 de Stallia Haphe dans l’enclos 21 (fig. 2, n° 2). D’après l’analyse anthropologique, il s’agit d’une femme de plus de 30 ans. Or, si la sépulture de Bebryx date des années 70-79 apr. J.-C., celle de Stallia Haphe est nettement plus ancienne (0-40 apr. J.-C.) : le temps qui sépare les deux dépôts est d’au moins 30 ans. Bebryx, mort à 6 ans, ne peut être le fils de Stallia Haphe. Entre elle et lui, l’écart est de deux, voire trois générations : l’emplacement où tous deux ont été brûlés a donc été utilisé pendant plusieurs décennies, peut-être de manière discontinue, mais le bûcher 210 a livré les restes d’un autre sujet de taille adulte et la fouille a montré que la zone a été nettoyée à plusieurs reprises, de sorte que l’hypothèse d’une utilisation régulière est tout à fait plausible.

Des chemins pour les morts… ou « la métaphore du petit poucet »

20Après la crémation, les os brûlés étaient ramassés, enveloppés dans un sac en tissu ou un linge replié et transportés jusqu’à la tombe où ils étaient placés dans une urne ou un contenant périssable. L’enclos 23 était régulièrement visité, le piétinement du sédiment argilo-limoneux a créé des chemins plus ou moins damés. L’un d’eux reliait probablement l’enclos et la zone de crémation correspondante car c’est sur ce chemin qu’ont été trouvés la plupart des os humains brûlés mis au jour dans les niveaux de fréquentation, sans doute des fragments « perdus » lors du transfert des os du bûcher vers la tombe définitive ; en témoigne la liaison entre deux fragments jointifs d’un tibia trouvés l’un à la surface de ce chemin, l’autre dans l’amphore de la tombe 15 (fig. 2, n° 3).

Les restes de plusieurs morts dans une même tombe

Des « erreurs de collecte », ou l’existence d’un ustrinum

21La plupart des sépultures secondaires à crémation sont individuelles, mais il est fréquent qu’une tombe livre des os appartenant à deux individus ou même davantage. Le constat repose sur des relations d’exclusion : incompatibilité du stade de maturation, présence de doublets ou de triplets, ce qui suppose une détermination précise des fragments osseux et notamment de leur latéralisation. Il repose aussi sur une masse totale des os brûlés supérieure à ce que l’on attend pour un unique sujet.

22Il peut s’agir d’une véritable sépulture double ou même plurielle, mais aussi d’une sépulture individuelle dans laquelle la présence d’un autre sujet résulte d’une « erreur » de collecte sur l’aire de crémation : si des lieux étaient réservés à l’édification des bûchers, des fragments résiduels d’une crémation antérieure peuvent en effet avoir été ramassés avec les restes du défunt « principal ». La distinction se fonde sur la quantification relative des fragments osseux : dans une sépulture plurielle, chaque sujet est représenté par une quantité assez importante d’os brûlés (en nombre et en masse, ce dernier paramètre étant à moduler en fonction de l’âge au décès), alors que dans une tombe individuelle, le sujet surnuméraire n’est attesté que par quelques fragments. Par ailleurs, la présence de fragment(s) surnuméraire(s) liée à une « erreur de collecte » suffit à démontrer qu’il existait des emplacements réservés à l’édification successive de plusieurs bûchers, ce que la littérature archéologique désigne habituellement par le nom d’ustrinum.

Les liaisons et la chronologie relative des crémations

23Lorsque la tombe appartient à un ensemble funéraire cohérent, on peut parfois identifier la « vraie » tombe du sujet surnuméraire. On dispose alors d’une indication pertinente sur l’ordre dans lequel les deux défunts ont été brûlés. Ainsi, dans l’enclos 23 de la nécropole de Porta Nocera, l’urne de la tombe 37 contenait les os brûlés d’un enfant de 4 à 6 ans et un morceau de diaphyse tibiale de taille adulte pesant 3,3 g. Un collage a pu être établi entre celui-ci et l’un des fragments des tibias de l’adulte de la tombe 9 (fig. 2, n° 4) : les deux sujets ont été brûlés au même emplacement, l’adulte de la tombe 9 avant l’enfant de la tombe 37.

24Depuis 1990, la recherche sur les sépultures à crémation a donc considérablement évolué. Les fouilles préventives ont joué un rôle majeur dans la validation des observations, notamment parce qu’elles ont alimenté de nombreuses synthèses fondées sur des informations de qualité, sur une exploitation qualitative et quantitative souvent menée dès le rapport d’opération. Parallèlement, les travaux conduits dans des crématoriums actuels ont enrichi le corpus des références pondérales. La fouille exhaustive d’enclos funéraires intégralement conservés a ouvert la voie à de nouvelles investigations fondées sur la recherche des liaisons ostéologiques. Celle-ci, nécessitant un investissement très lourd en termes de temps, doit être réservée à des ensembles complets et cohérents, a fortiori à ceux qui ont conservé leurs niveaux de « fonctionnement ». Il en résulte une compréhension beaucoup plus aboutie des différents temps du processus funéraire que sont le traitement du corps, la collecte des os brûlés, leur transfert et la constitution de la tombe.

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Bibliographie

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Castex, D., Loeff, A., Chapoulie, R., Syvilay, D., Ledevin, R., Lefrais, Y., Munzi, P., Brun, J.-P. & Duday, H. À paraître. « Le diagnostic de fluorose sur des os humains brûlés, apport des méthodes archéométriques ». In : Actes du 22e colloque du Gmpca (Groupe des méthodes pluridisciplinaires contribuant à l’archéologie, Montréal (Québec, Canada), 8-12 mai 2019.

Cavassa, L., Duday, H., Médard, F. & Munzi, P. 2014. « Cumes, la nécropole romaine de la “Porta Mediana” (Campanie, Italie). Restes de tissus dans un tombeau d’époque augustéenne ». In : Textiles and Dyes in the Mediterranean World, Vth Purpureae Vestes International Symposium : 87-101.

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Notes

1 Dans le Robert Dictionnaire historique de la langue française, Alain Rey indique toutefois que le mot incinération existe depuis fort longtemps avec le sens de détruire un cadavre par le feu.

2 Appositions osseuses irrégulières sur la face endocrânienne de l’écaille frontale. D’après la littérature médicale, les sujets présentant cette anomalie, qui n’a aucune traduction clinique, sont à près de 95 % des femmes ménopausées.

3 Parmi les vestiges indéterminés, on distingue les fragments d’os plats, d’os spongieux et de diaphyses, qui se rapportent très majoritairement au squelette des membres, et les esquilles, dont les dimensions ne dépassent généralement pas 5 mm, pouvant appartenir à n’importe quelle partie du squelette.

4 Plusieurs des tombes de Pompéi (Moulherat 2013) et de Cumes (Cavassa et al. 2014) ont livré des restes de tissus adsorbés sur la paroi interne des urnes ou sur la surface des os brûlés, ou préservés au contact de monnaies (effet abiotique des sels de cuivre).

5 Programme de l’École française de Rome et de la Surintendance archéologique de Pompéi, dirigé par William Van Andringa et Sébastien Lepetz (2003-2007).

6 Recherches conduites dans le cadre d’une convention quadripartite entre la Direction des Musei Vaticani, l’École française de Rome, la Surintendance archéologique de Rome et l’université de Bordeaux (2011-2014).

7 Programme du Centre Jean-Bérard de Naples, dirigé par Jean-Pierre Brun et Priscilla Munzi (2007-2014).

8 Opération dirigée par John Scheid, professeur au Collège de France, Jacopo Ortalli, de l’université de Ferrare, et Maria Grazia Maioli pour la Surintendance archéologique de Ravenne (2003-2006).

9 Même si elles sont nettement supérieures à la valeur trouvée pour le contenu de l’urne 201 (0,3), les valeurs de cet indice pour les résidus déversés dans la fosse (0,9) et pour l’aire de crémation proprement dite (1,6) peuvent sembler basses par rapport à la valeur de référence (2,5). On sait cependant que l’indice pondéral de la tête est beaucoup plus élevé chez les enfants (il s’élève à 45,8 pour l’ensemble de la tombe 201, alors que la valeur de référence chez l’adulte n’est que de 20,4), de sorte que les indices des autres régions du squelette sont très diminués.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Nécropole de Porta Nocera à Pompéi (Italie). Variations, en fonction des passes de démontage du sommet au fond de l’urne, du poids moyen des fragments à l’exclusion des esquilles (en bleu), du taux d’indéterminés sauf esquilles (en jaune) et du taux d’esquilles (en orange), selon les types de collecte.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/7831/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 660k
Titre Fig. 2. Nécropole de Porta Nocera à Pompéi (Italie).
Légende Plan des enclos 21, 23 et 25. Les flèches matérialisent les liaisons ostéologiques à distance (les numéros renvoient aux appels dans le texte).
Crédits © Plan T. Lind, Dao C. Chevalier, S. Munoz.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/7831/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 724k
Titre Fig. 3. Nécropole de Porta Nocera à Pompéi (Italie).
Légende Composition comparée du contenu des différentes unités en relation avec la sépulture de Bebryx (étude Émilie Portat et Henri Duday). À droite, la composition des résidus subsistant sur le bûcher 5 de la zone 250 (étude Solenn de Larminat).
Crédits © Dao S. Munoz.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/7831/img-3.png
Fichier image/png, 105k
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Pour citer cet article

Référence papier

Henri Duday, « Sépultures secondaires à crémation »Les nouvelles de l'archéologie, 157-158 | 2019, 100-106.

Référence électronique

Henri Duday, « Sépultures secondaires à crémation »Les nouvelles de l'archéologie [En ligne], 157-158 | 2019, mis en ligne le , consulté le 12 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/7831 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/nda.7831

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Auteur

Henri Duday

Directeur de recherche émérite au Cnrs, Umr 5199 Pacea « De la Préhistoire à l’Actuel : culture, environnement et anthropologie » (université de Bordeaux, Cnrs)

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