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Dossier Archives de l'archéologie française à l'étranger

Tribulations archéologiques. Du terrain à la publication des archives de la mission archéologique française de Tureng Tépé (Iran)

Julie Bessenay-Prolonge et Régis Vallet
p. 18-23

Texte intégral

1Pendant près d’un siècle (1885-1979), la France a joué un rôle de tout premier plan dans la recherche archéologique en Iran. Cet intérêt pour les vestiges des anciennes civilisations de la Perse débute avec les explorations de Jean-Baptiste Tavernier (1605-1689) et Jean Chardin (1643-1713) au milieu du xviie siècle. Au cours du xixe siècle, plusieurs voyageurs et savants français, comme Charles Texier (1802-1871), Eugène Flandin (1809-1889) et Pascal Coste (1787-1879), entreprennent de parcourir le pays à la recherche de monuments anciens dont ils réalisent des moulages et des dessins d’architecture. Les premières fouilles archéo-logiques sont menées sur le site de Suse, en 1885-1886, par Marcel-Auguste (1844-1920) et Jane Dieulafoy (1851-1916). En 1895, une convention signée par Naser ed-Din Shah (1831-1896) accorde à la France le monopole des fouilles sur tout le territoire de la Perse et la Délégation scientifique française en Perse est créée en 1897. Le monopole français prend fin en 1927 et l’Iran s’ouvre dès lors à d’autres missions étrangères. La Délégation archéologique française en Iran (Dafi), créée en 1946 par Roman Ghirshman (1895-1979), poursuit néanmoins ses travaux à Suse, sous la conduite de Jean Perrot (1920-2012) à partir de 1967. Les résultats sont toujours en cours de publication. Les Français entreprennent également la fouille de nombreux autres sites archéologiques comme Tépé Giyan, Tépé Sialk, Tchoga Zanbil, Bishapur, Masdjed-i Suleiman ou Djaffarabad. La fouille de Tureng Tépé débute quant à elle en 1960, sous la direction de Jean Deshayes (1924-1979).

Le site

2Tureng Tépé, la « colline des Faisans » en persan, se situe au nord-est de l’Iran dans la plaine de Gorgān, à une cinquantaine de kilomètres au sud de la frontière avec le Turkménistan voisin, à 18 km au nord-est de la ville moderne de Gorgān et à une quinzaine de kilomètres au sud de la rivière Gorgān Rud.

3Le site, composé de plusieurs collines artificielles ou tépés (ou tépeh), couvre une superficie de près de 35 hectares (fig. 1). Un lac saisonnier central le partage en deux ensembles distincts. Au nord, se trouve le grand tépé (ou Mound A). Un village moderne couvre toute la partie orientale du site tandis que le tépé nord (ou Mound B) accueille son cimetière. Le tépé sud, comme son nom l’indique, est situé dans la partie méridionale et c’est en 1961 qu’est construite, dans sa partie orientale, la maison des fouilles de la mission française. Enfin, à l’ouest, se trouve le petit tépé (Mound C ou Naghar Tépeh), qui fait désormais partie d’un barrage artificiel destiné à retenir les eaux du lac.

4Le grand tépé qui domine l’ensemble forme un cône aplati de près de 110 m de diamètre à sa base et 40 m à son sommet. Il s’élève à environ 35 m au-dessus de la plaine et ses pentes sont particulièrement abruptes. La face ouest est fortement érodée par les vents dominants.

Fig. 1 – Plan général du site de Tureng Tépé J. Bessenay-Prolonge, d’après les archives de la mission française de Tureng Tépé, Mae, Nanterre

Historique des recherches

5Le site a attiré pour la première fois l’attention en 1844 avec la publication d’un article relatant la découverte fortuite, trois ans auparavant, d’un « trésor » comprenant de la vaisselle décorée, des armes de bronze, des figurines et des vases de pierre (Bode 1844). Ces objets avaient été offerts au Shah d’Iran par le gouverneur d’Asterabad. Ce « trésor d’Asterabad » aujourd’hui perdu suscita l’intérêt de plusieurs chercheurs qui tentèrent d’établir des parallèles avec des objets datés de l’âge du Bronze provenant d’autres sites orientaux (Rostovtzeff 1920 ; Contenau 1934).

6En 1931, l’Américain Frederick R. Wulsin (1891-1961), conservateur à l’University Museum of Pennsylvania de Philadelphie, entreprend une série de sondages (Wulsin 1932). Une première campagne se déroule en juin 1931, une seconde en octobre de la même année. Ces travaux ont notamment mis au jour de nombreuses sépultures et éléments d’architecture attribués à l’âge du Bronze.

7En 1959, Jean Deshayes, accompagné de David Stronach, effectue de brèves prospections aux alentours de Gorgān. La fouille débute l’année suivante : les campagnes sont d’abord annuelles, de 1960 à 1965, puis bisannuelles jusqu’en 1977.

8La première a lieu en janvier et février 1960, avec une équipe très réduite, et deux sondages (A et B) sont réalisés dans la partie nord du petit tépé. L’objectif de Jean Deshayes est alors d’obtenir la stratigraphie du site. Il réserve la fouille du grand tépé, jugé « plus prometteur », pour une campagne ultérieure. Le tépé sud fait quant à lui l’objet de trois sondages (C, D, E) à partir de 1962. Le sondage A doit établir la stratigraphie des occupations les plus anciennes et ceux du tépé sud documenter les niveaux les plus récents.

9Entamés en 1967, les travaux sur le grand tépé se poursuivent jusqu’en 1977. Le carroyage d’ensemble est formé d’un quadrillage de carrés de 5 m de côté orienté nord-sud, numéroté en chiffres romains du nord au sud, en chiffres arabes d’ouest en est. Des bermes de 50 cm de large sont aménagées afin de réaliser les indispensables coupes stratigraphiques.

10Lors des campagnes de 1967 et 1969, plusieurs carrés sont ouverts au sommet du tépé dans le but d’étudier la strati-graphie des niveaux supérieurs. À partir de 1971, les travaux se font plus extensifs. L’accent est mis sur deux secteurs : le sommet du tépé, où sont dégagés les vestiges des occupations les plus récentes (niveaux sassanides et islamiques), et sa pente méridionale, qui permet de définir la stratigraphie des occupations de l’âge du Bronze et de l’âge du Fer. Au total, cent vingt-six carrés sont fouillés, ce qui correspond à une surface de près de 3 150 m2, en six campagnes d’une durée d’un à deux mois chacune.

11Dans chaque secteur, un ou plusieurs carrés sont attribués à chaque fouilleur, qui consigne les étapes de la fouille jour par jour dans un carnet. Les carnets de fouille sont complétés par des relevés de terrain, des cahiers d’altitudes, des plans et des coupes, ainsi que des photographies. Le matériel est inventorié dans des « cahiers de tessons » et des fiches d’objets.

12La périodisation du site est établie au terme de la campagne de 1975, au cours de laquelle la datation de plusieurs niveaux est révisée. Jean Deshayes définit neuf principales périodes d’occupation allant du Néolithique (I) à l’époque moderne (IX). Cette périodisation se fonde en grande partie sur celle précédemment établie par Erich Schmidt (1897-1964) à Tépé Hissar (Schmidt 1937).

Le premier projet de publication (1979-1985)

13L’année 1979 est marquée par la révolution iranienne, suivie de l’instauration de la République islamique d’Iran, et par la disparition prématurée de Jean Deshayes. Les fouilles sont naturellement interrompues. Une campagne d’étude est organisée à l’été 1980 mais sans opération de terrain complémentaire. Cette même année 1980, Jean-Claude Gardin (1925-2013), en vue de publier les travaux réalisés, constitue un groupe de travail rassemblant les principaux collaborateurs de Jean Deshayes : Olivier Aurenche, Roland Besenval (1947-2014), Remy Boucharlat, Serge Cleuziou (1945-2009), Jean-Daniel Forest (1948-2011), Philippe Gouin, Ernie Haerinck, Jean-Louis Huot, Olivier Lecomte et Marguerite Yon. Il est prévu à l’origine de publier trois volumes, le premier traitant des périodes sassanides et islamiques, le second des niveaux attribués à l’âge du Fer et à la période parthe, et le troisième consacré à l’âge du Bronze. Finalement, seul le premier volume est mené à bien puis publié (Boucharlat & Lecomte 1987) et, en 1985, le groupe de travail est finalement dissous.

14À côté de ce premier ouvrage de synthèse, les chercheurs ont toutefois à leur disposition les nombreux rapports préliminaires des campagnes de fouilles, publiés notamment dans les revues Iran, Syria, Iranica Antiqua ou Paléorient (Deshayes 1963, 1965, 1966, 1968a, 1970, 1973a et b, 1974a et b, 1976a et b). Des études sur des points précis sont aussi disponibles, plusieurs traitant des éléments d’architecture et du matériel attribué à l’âge du Bronze (Cleuziou 1986 ; Deshayes 1968b, 1969a et b, 1975 et 1977), et deux sont consacrés à l’âge du Fer (Cleuziou 1985 ; Deshayes 1979). Des travaux universitaires sont également réalisés à partir des archives de la mission, sous la direction de Jean-Louis Huot qui succède à Jean Deshayes à Paris I. Entre 1984 et 1989, Christine Pariselle, dans le cadre d’une thèse (inachevée), entreprend l’étude morpho-stylistique de la céramique du Chalcolithique et de l’âge du Bronze. En 1990, Lauriane Martinez soutient un mémoire de maîtrise consacré aux sépultures de l’âge du Bronze (Martinez 1990).

Les archives de la mission

15Les archives de la mission de Tureng Tépé, aujourd’hui conservées au service des archives de la Mae (Usr 3225) à Nanterre, constituent la plus grande partie du fonds « Jean Deshayes ». Ce fonds a fait l’objet de deux versements, en octobre 2000 et en janvier 2004, par Serge Cleuziou, alors responsable de l’équipe « Du village à l’État au Proche et Moyen-Orient » du laboratoire Archéologie et sciences de l’Antiquité (ArScAn - Vepmo – Umr 7041). Puis, après les disparitions prématurées de Serge Cleuziou en 2009 et de Jean-Daniel Forest en 2011, Régis Vallet, devenu responsable de l’équipe, l’a complété en mars 2011 et en mars 2012 par deux autres versements d’archi-ves dispersées au sein de l’équipe.

16Le fonds est principalement constitué par des documents de terrain évoqués plus haut (84 carnets de fouille, 15 cahiers de tessons, plus de 600 relevés de terrain, plans et coupes, 15 cahiers d’altitude, près de 2 400 fiches d’objets, plus de 3 000 négatifs photographiques, 760 diapositives et près de 3 500 tirages photographiques). Il comprend également des documents issus d’études préliminaires (dessins d’objets, résultats d’analyses du matériel, études diverses), ainsi que des documents préparatoires pour la publication (notes de travail, correspondance, comptes rendus de réunion). Il est classé par types de documents en 46 ensembles cotés TT1 à TT46.

Le deuxième projet de publication

  • 1 www.fas.harvard.edu/~semitic/wl/.
  • 2 À cet égard, nous tenons particulièrement à remercier Mmes Annie Caubet, conservatrice générale hon (...)

17En 2012, plus de vingt-cinq ans après la dissolution du premier groupe de travail, un nouveau programme de publication devient envisageable au sein de notre équipe Vepmo, héritière directe de celle fondée en son temps par Jean Deshayes. Ce nouveau programme de recherche et de publication, intitulé « Tureng Tépé, des origines à l’âge du Fer », a reçu le soutien de la fondation Shelby White and Leon Levy1 (États-Unis) et du « laboratoire d’excellence » (labex) « Les passés dans le présent » dans le cadre du programme « Archives des fouilles des sites préhistoriques et antiques » coordonné par Élisabeth Bellon, responsable du service des archives de la Mae, et par Régis Vallet2.

18La première phase du programme correspond à l’étude strati-graphique et architecturale des niveaux protohistoriques et achéménides, destinée à établir la séquence d’occupation du site aussi bien que le contexte précis de toutes les découvertes mobilières. Ces recherches fondamentales sont conduites par Julie Bessenay-Prolonge à partir des documents de terrain originaux. Le véritable défi était de parvenir, sans avoir jamais participé à la fouille, à comprendre et analyser la stratigraphie et les éléments d’architecture mis au jour il y a plus de trente-cinq ans par une dizaine de fouilleurs distincts et aux méthodes de travail variables. Les principales sources utilisées sont les carnets de fouilles, les cahiers d’altitude, les photographies et les relevés de terrain.

Première étape : le dépouillement de la documentation

19Les quarante-trois carnets de fouilles relatifs aux niveaux des âges du Bronze et du Fer (journaux de fouilles du petit tépé, du tépé sud et des carrés des pentes méridionales et occidentales du grand tépé) ont été numérisés puis intégralement retranscrits. L’une des principales difficultés de ce travail de longue haleine a été le déchiffrement de certaines écritures manuscrites, parfois partiellement illisibles (fig. 2), difficulté qui est en grande partie à l’origine de l’abandon du premier projet de publication. Ces carnets sont essentiellement constitués de minutes de terrain, de descriptions des couches et des structures fouillées, mais ils comportent aussi des croquis, des schémas et des polaroïds annotés, qui se sont révélés être de très précieuses sources d’information.

Fig. 2 – Page 49 du carnet de fouille du carré A, petit tépé, 1960-1961, J. Deshayes (Archives de la mission française de Tureng Tépé, Mae, Nanterre).

20Parallèlement à leur étude minutieuse et à l’extraction de l’information scientifique qu’ils contenaient, un méticuleux travail d’identification et de classement de la documentation graphique a été réalisé en collaboration avec Aurélie Montagne-Bôrras, du service des archives de la Mae. Nous avons examiné et comparé ces documents, issus de plusieurs versements successifs, afin de créer un inventaire détaillé, de réunir une série complète cohérente et d’écarter tous les doublons. À l’issue de ce travail, près de cinq cents relevés en plan et coupes stratigraphiques ainsi que plusieurs centaines de négatifs photographiques ont été numérisés par le labex « Les passés dans le présent ».

L’exploitation scientifique

21Ce n’est qu’à la suite de cette première étape de dépouillement, de mise en ordre et de numérisation des documents d’archives que la reconstruction de la stratigraphie des différents tépés qui composent le site a été entreprise. L’accent a tout d’abord été mis sur l’étude de la terrasse monumentale de l’âge du Bronze (IIIe millénaire), qui correspond aux niveaux les plus anciens atteints sur le grand tépé. Des propositions de restitutions, en plan et en élévation, de ce bâtiment exceptionnel ont ainsi pu être réalisées (fig. 3). Il s’agit d’une terrasse à deux étages reconnus mais elle en comptait peut-être un troisième, entièrement détruit par l’érosion et les constructions postérieures. La prise en compte de l’ensemble des archives a permis de renouveler complètement l’image que l’on se faisait de ce bâtiment, dont le plan avait jadis été comparé par les fouilleurs à celui de monuments mésopotamiens comme la ziggurat d’Ur-Nammu (Deshayes 1975). L’étude des archives a également permis de mettre en évidence les deux états successifs de la terrasse dont l’emprise semble s’élargir vers l’est lors d’une deuxième phase de construction. Ce monument de près de 15 m de haut et de 80 m de côté, aux façades décorées de pilastres, devait dominer la ville de l’âge du Bronze et toute la plaine environnante. L’estimation de l’ampleur qu’il atteignait, en particulier à son sommet (près de 4 400 m2 pour le 2e étage), pose par ailleurs la question de la destination de l’édifice, qui devait accueillir des bâtiments liés à l’exercice du pouvoir, en nombre ou d’une ampleur tels que l’on a de surcroît éprouvé le besoin d’agrandir le niveau supérieur.

Fig. 3 – Proposition de restitution de la terrasse haute de l’âge du Bronze

J. Bessenay-Prolonge, d’après les archives de la mission française de Tureng Tépé, Mae, Nanterre

22L’étude stratigraphique et architecturale s’est ensuite étendue à l’ensemble des carrés fouillés sur les pentes sud et ouest du tépé principal, là où des vestiges de l’âge de Fer avaient été découverts. La séquence stratigraphique du grand tépé a pu être reconstituée grâce à la réalisation de diagrammes synthétiques pour chaque grand secteur fouillé (fig. 4). Ce travail a permis de restituer la succession des constructions défensives édifiées directement sur les ruines de la haute terrasse du Bronze. Le bâtiment le mieux documenté correspond à un grand rempart circulaire de l’âge du Fer IV, formé par deux épais murs parallèles définissant d’étroites pièces de stockage. Le dispositif, qui a par ailleurs pu être appréhendé dans toute son ampleur, enclôt un espace d’environ 2 200 m2. Ces résultats sont encore préliminaires mais ils dépassent de loin ce que l’on pouvait attendre du traitement des archives, de sorte qu’il est déjà acquis que l’opération s’est révélée extrêmement fructueuse scientifiquement (Bessenay-Prolonge & Vallet à paraître a et b).

Fig. 4 – Diagramme stratigraphique du chantier ouest du grand tépé

J. Bessenay-Prolonge, d'après les archives de la mission française de Tureng Tépé, Mae, Nanterre

Les apports du numérique

23La numérisation des archives, réalisée dans le cadre du programme de publication en cours, et par la suite l’utilisation de logiciels de traitement d’images, ont aussi permis d’améliorer considérablement la qualité de la documentation graphique. Le passage du support papier au numérique a donné lieu à la création de plusieurs documents nouveaux (plans d’ensembles, photographies interprétées…) qui ont aidé à approfondir l’analyse architecturale et à produire de nouvelles hypothèses de restitutions.

24L’un des enjeux de ce programme est la valorisation des documents d’archives, car le grand, voire le très grand format de ces relevés (du format A3 au format A0), ainsi que la fragilité de certains des supports, rendaient leur manipulation, leur consultation et leur exploitation délicates. Les documents numérisés seront accessibles en ligne après la publication de la monographie en préparation, ce qui permettra leur diffusion au sein de la communauté scientifique, notamment auprès des chercheurs étrangers. À cet égard, il est prévu de fournir l’ensemble de la documentation sur disque dur à nos collègues du service des antiquités d’Iran (Ichto). On le sait, ce type de programme est aussi un enjeu de coopération internationale.

Perspectives de recherche

25En ce qui concerne les travaux sur l’architecture, un projet de modélisation en trois dimensions des bâtiments monumentaux du grand tépé débutera courant 2016, dans le cadre du programme « Monuments d’Orient » du labex « Les passés dans le présent ». Cette modélisation constituera un outil essentiel à l’approfondissement de l’analyse architecturale. En effet, sa mise en œuvre permettra de questionner les différentes hypothèses de recherche et de tester les propositions de restitution des monuments de Tureng Tépé. Elle jouera également un rôle majeur dans la valorisation du site archéologique auprès du grand public, grâce aux illustrations à la fois pédagogiques et esthétiques que nous serons en mesure de produire, notamment pour nos partenaires scientifiques que sont les différents musées concernés (musée régional de Gorgān, musée national d’Iran, musée du Louvre).

26Parallèlement au programme de modélisation, des études du matériel archéologique, également basées sur les documents d’archives, seront entreprises. En effet, même si l’essentiel du mobilier archéologique découvert lors des fouilles est actuellement conservé en Iran, il faut noter que la plupart des objets ont été photographiés et dessinés. Les quelques objets conservés en France (environ cent cinquante objets au Louvre et quelques centaines de tessons à l’Institut d’art et d’archéologie de Paris) seront également étudiés, afin de compléter les données issues des documents d’archives, en attendant d’éventuelles campagnes d’études dans les réserves iraniennes. On le voit, la dynamique de recherche qu’enclenche ce genre d’étude est riche de possibilités.

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Bibliographie

Bessenay-Prolonge J. à paraître. « At the crossroads of Iran and Central Asia: Bronze Age anthropomorphic figurines of Tureng Tepe », Iranica Antiqua, 52, Gent.

Bessenay-Prolonge J. & Vallet R. À paraître a. « Tureng Tepe and its High Terrace, a reassessment », in : Casanova M., Meyer J.W., Mashkour M., Vallet R., Vila E. (eds.), Urbanisation, Trade, Subsistence and Production during the Bronze Age on the Iranian Plateau, Proceedings of the International Meeting, Maison de l’Orient méditerranéen, Lyon, 29-30 April 2014.

Bessenay-Prolonge J. & Vallet R. À paraître b. « New look on the Iron Age fortified settlements of Tureng Tepe », in : Lorre C., Vallet R., Mashkour M., Casanova M., Bendezu-Sarmiento J. (eds), Caspian Sea Shores: Contacts, Spaces, and Territories along the Caspian Sea during the Bronze and Iron Ages, Proceedings of the International Meeting, Maison de l’archéologie et de l’ethnologie (Nanterre) / Musée d’archéologie mationale (Saint-Germain-en-Laye), France, 4-5 Decembre 2015.

Bode C. de. 1844. « On a recently opened tumulus in the neighbourhood of Asterabad, forming part of Ancient Hyrcania, and the country of the Parthians », Archaeologia, 30 : 248-255.

Boucharlat R. & O. Lecomte. 1987. Fouilles de Tureng Tépé, les périodes sassanides et islamiques. Paris, Éditions Recherche sur les Civilisations.

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Cleuziou S. 1986. « Tureng Tepe and the burnished grey ware: a question of frontier? », Oriens Antiquus, 25 (3-4) : 221-256.

Contenau G. 1934. « Le “trésor” d’Astrabad et les fouilles de Tépé Hissar », Revue d’assyriologie et d’archéologie orientale, 31 : 77-80.

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Deshayes J. 1966. « Rapport préliminaire sur la sixième campagne de fouille à Tureng Tépé (1965) », Iranica Antiqua, 6 : 1-5.

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Deshayes J. 1976a. « Rapport préliminaire sur la onzième campagne de fouille à Torang Tappeh (1975) », in : Proceedings of the IVth annual symposium on archaeological research in Iran. Téhéran, Iranian Centre for Archaeological Research : 298-321.

Deshayes J. 1976b. « Tureng Tépé. Survey of excavations », Iran Journal of the British Institute of Persian Studies, 14 : 169-171.

Deshayes J. 1977. « À propos des terrasses hautes de la fin du IIIe millénaire en Iran et Asie Centrale », in : J. Deshayes (éd.), Le plateau Iranien et l’Asie centrale des origines à la conquête islamique : leurs relations à la lumière des documents archéologiques. Paris, Éditions du Centre national de la recherche scientifique : 95-111.

Deshayes J. 1979. « Les niveaux de l’âge du Fer à Tureng Tépé », Akten des VII Internationalen Kongresses für Iranische Kunst und Archäologie, München, 1976, Archäologische Mitteilungen aus Iran, Ergänzungsband, 6 : 29-34.

Martinez L.-A. 1990. Les inhumations de l’âge du Bronze de Tureng Tépé, Iran, Mémoire de maîtrise, Université de Paris I, non publié.

Rostovtzeff M. 1920. « The sumerian treasure of Asterabad », Journal of Egyptian Archaeology, 6 (1) : 4-27.

Schmidt E. 1937. Excavations at Tepe Hissar, Dāmghān. Philadelphia, The University of Pennsylvania Press.

Wulsin F. 1932. « Excavations at Tureng Tépé near Asterabad », Supplement of the Bulletin of the American Institute for Persian Art and Archaeology 2 (1 bis), New York.

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Notes

1 www.fas.harvard.edu/~semitic/wl/.

2 À cet égard, nous tenons particulièrement à remercier Mmes Annie Caubet, conservatrice générale honoraire, musée du Louvre, et Ghislaine Glasson-Deschaumes, chef de projet du labex « Les passés dans le présent », Université Paris Ouest Nanterre La Défense, pour le soutien déterminant qu’elles ont dès l’origine apporté à nos projets. Il va de soi que sans l’engagement de Mme Élisabeth Bellon et de son service, ainsi que de M. Frédéric Hurlet, directeur de la Mae, rien n’eût été possible. Qu’ils en soient ici chaleureusement remerciés. Voir http://passes-present.eu/fr/les-projets-de-recherche/connaissance-active-du-passe/archives-de-fouilles-de-sites-prehistoriques.

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Table des illustrations

Légende Fig. 1 – Plan général du site de Tureng Tépé J. Bessenay-Prolonge, d’après les archives de la mission française de Tureng Tépé, Mae, Nanterre
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/3799/img-1.jpg
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Légende Fig. 2 – Page 49 du carnet de fouille du carré A, petit tépé, 1960-1961, J. Deshayes (Archives de la mission française de Tureng Tépé, Mae, Nanterre).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/3799/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 952k
Légende Fig. 3 – Proposition de restitution de la terrasse haute de l’âge du Bronze
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/3799/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
Légende Fig. 4 – Diagramme stratigraphique du chantier ouest du grand tépé
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/3799/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 1,5M
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Pour citer cet article

Référence papier

Julie Bessenay-Prolonge et Régis Vallet, « Tribulations archéologiques. Du terrain à la publication des archives de la mission archéologique française de Tureng Tépé (Iran) »Les nouvelles de l'archéologie, 145 | 2016, 18-23.

Référence électronique

Julie Bessenay-Prolonge et Régis Vallet, « Tribulations archéologiques. Du terrain à la publication des archives de la mission archéologique française de Tureng Tépé (Iran) »Les nouvelles de l'archéologie [En ligne], 145 | 2016, mis en ligne le 24 janvier 2018, consulté le 19 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/3799 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/nda.3799

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Auteurs

Julie Bessenay-Prolonge

Université Paris I Panthéon-Sorbonne, Laboratoire Archéologie et sciences de l’Antiquité (ArScAn – Umr 7041), Équipe Du Village à l’État au Proche et Moyen-Orient (Vepmo), Maison de l’Archéologie & de l’Ethnologie (Mae) René-Ginouvès, Nanterre

juliebessenayp@gmail.com

Régis Vallet

Centre national de la recherche scientifique (Cnrs), Laboratoire Archéologie et sciences de l’Antiquité (ArScAn – Umr 7041), Équipe Du Village à l’État au Proche et Moyen-Orient (Vepmo), Maison de l’Archéologie & de l’Ethnologie (Mae) René-Ginouvès, Nanterre

regis.vallet@mae.cnrs.fr

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