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Dossier

Unités et diversités des sociétés nomades au fil du temps

L’exemple du désert Oriental d’Égypte depuis le iiie millénaire avant notre ère
Quentin Cécillon, Maël Crépy, Isabelle Goncalves et Julie Marchand
p. 44-50

Résumés

Bien que les traces archéologiques de leur occupation soient diffuses, les nomades du désert Oriental égyptien sont connus depuis la plus haute époque pharaonique d’après les commentaires des résidents des bords du Nil et des voyageurs. Aujourd’hui largement sédentaires ou semi-sédentaires, ils vivent surtout dans la vallée et sur les bords de la mer Rouge. Tantôt craints et fuis par les Égyptiens, tantôt partenaires commerciaux et diplomatiques des mêmes Égyptiens et parfois les deux à la fois, ils ont été indispensables et incontournables dans l’exploitation, le contrôle et la traversée du désert. Jusqu’à il y a peu, ils participaient encore au fonctionnement de routes commerciales demeurées capitales jusqu’au percement du canal de Suez (1859-1869). Aujourd’hui, ils jouent encore un rôle majeur dans l’exploitation des ressources minérales du désert et guident les sédentaires (les touristes surtout) qui s’y s’aventurent.
Si différents groupes nomades de ce désert ont été en contact avec les gens de la vallée du Nil depuis cinq millénaires, ils partagent entre eux des traits communs, qui concernent en particulier leurs moyens de subsistance, leur culture matérielle et leurs relations aux sédentaires de la vallée : quelles sont les marques d’unité et de diversité qui caractérisent les sociétés nomades égyptiennes d’hier et d’aujourd’hui ?
Afin de caractériser celles-ci sur la longue durée, le collectif de recherche Nomad’s Lands propose de réfléchir aux liens qui unissent à travers les siècles tribus et peuples du désert Oriental égyptien, en s’appuyant sur des données textuelles (pharaoniques ; récits de voyageurs des xviie-xxe s.), archéologiques (fouilles de la Mission archéologique française du désert Oriental ou Mafdo), matérielles (céramiques produites par les populations du désert à l’époque gréco-romaine), et géographiques (observations de la fin du xxe s.).

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Texte intégral

Introduction

1À l’évocation de l’Égypte, il est rare de penser aux nomades qui l’ont peuplée et y vivent encore, tant la vallée du Nil focalise l’attention. Les sociétés sédentaires qui l’ont occupée ont en effet laissé des vestiges monumentaux qui ont fait la célébrité du pays. Pourtant, le territoire correspondant aujourd’hui à l’Égypte est aussi l’un des berceaux africains du nomadisme pastoral, qui s’est développé il y a environ 8 000 ans au Sahara oriental. Ce type de nomadisme, particulièrement bien connu par les études (Brass 2018 ; Vermeersch et al. 2015 ; Hobbs 1989 ; Barnard & Duistermaat 2012 ; Crépy & Redon 2020 ; Cooper 2022) s’appuie principalement sur le déplacement permanent de troupeaux d’ovins et de caprinés domestiques, puis de dromadaires à partir du ier millénaire av. J.-C., qui constituent l’essentiel des ressources des populations concernées. Dans cette région, les vestiges laissés par les nomades étant souvent discrets et diffus – à l’exception notable de certains sites funéraires ou rituels (Bourgeois & Crépy 2022) –, il est généralement difficile de documenter les sociétés nomades du Sahara par l’archéologie. À partir du iiie millénaire avant notre ère, les sources textuelles et iconographiques, produites surtout par des sédentaires, viennent compléter les données archéologiques et géoarchéologiques se rapportant aux nomades des déserts égyptiens.

2Ces points de vue externes donnent des indices sur l’organisation de leurs sociétés ou attestent au moins de leur présence dans le désert. Notre article propose une analyse pluridisciplinaire des traits communs aux sociétés nomades qui ont occupé ou occupent encore le désert Oriental d’Égypte, situé entre la vallée du Nil et la mer Rouge, et des divergences qui les séparent. Le cadre géographique de l’étude se justifie par la richesse des données produites dans la région depuis une quarantaine d’années et par une littérature scientifique enrichie dernièrement par les travaux du projet Desert Networks (dir. B. Redon ; ERC-2017-STG, GA 759078) et de J. Cooper dans le cadre du projet Nomadic Empires (dir. P. Hämäläinen ; ERC-2013-CoG, GA 615040), ainsi que par la participation de trois des contributeurs à la Mission archéologique française du désert Oriental (Mafdo, dir. M. Crépy). On sait à présent que les nomades ont été nombreux dans ce désert depuis le iiie millénaire avant notre ère au moins, et qu’ils ont joué un rôle majeur dans l’exploitation des ressources de la région et l’évolution de son environnement (Barnard & Duistermaat 2012 ; Cooper 2022). Depuis cette époque et jusqu’à nos jours, les nombreux ethnonymes désignant les nomades ont différé en fonction des périodes et des aires géographiques. Si certaines de ces dénominations correspondent évidemment à des exonymes inventés par des étrangers pour les qualifier, à l’exemple du terme Barbaroi qui leur est appliquée durant l’Antiquité romaine, d’autres au contraire, comme Beja, Bisharin ou Ababda, sont des endonymes, c’est-à-dire des appellations qu’ils se donnent à eux-mêmes. Leur origine est le plus souvent méconnue, en particulier pour les périodes antiques, et ces noms ne reflètent pas forcément des réalités ethniques ou culturelles.

3Du iiie au ier millénaire avant notre ère, pendant les périodes pharaoniques, les sources mentionnent par exemple des Nehesy, des Mentiou, des Iountiou, des Aamou Heryou-sha, des Shasou et des Medjay (Cooper 2022). Durant l’époque gréco-romaine, du iiie siècle avant J.-C. au viie siècle après J.-C., sans que l’on sache si les populations désignées ont changé, leur dénomination est considérablement transformée : on parle désormais de Blemmyes, de Trogodytes, de Barbaroi, d’Ichtyophagoi et de Megabaroi (Cooper 2022 ; Cuvigny 2022), d’Agriophagoi et de Moschophagoi (Cooper 2020) ou encore d’Arabes du désert (Cuvigny 2022) et de Saracènes (Power 2012). Les Beja, mentionnés depuis la période médiévale (Bramoullé 2022) jusqu’à nos jours, se différencient à partir du xviiie siècle au moins entre Ababda, Bisharin et Hadendowa. Dans le désert Oriental d’Égypte, ils coexistent avec les Bédouins arabes, Ma’aza, Atouneh et Howeitat. Aujourd’hui, les Ma’aza au nord, les Ababda et les Bisharin au sud maintiennent, au moins partiellement, des activités nomades. Ce florilège d’ethnonymes, schématiquement représenté sur la figure 1, montre bien que cette zone désertique située entre le Nil et la mer Rouge, pourtant hyperaride pendant toute la période étudiée (Sanlaville 1997), a été occupée en permanence par des nomades depuis 5 000 ans. Cette continuité de l’occupation du désert Oriental égyptien nous amène à questionner l’unité et la diversité de ces populations en fonction de trois grands types de paramètres. En partant de leurs dénominations lorsque l’étymologie en est connue, en la confrontant aux vestiges matériels et à des sources textuelles, cet article présentera leurs relations à l’environnement, en particulier à travers l’exploitation des ressources minérales, puis abordera leurs cultures matérielles pour enfin traiter de leurs relations avec les sociétés sédentaires.

Fig. 1. Carte du désert Oriental d’Égypte incluant les sites et une partie des ethnonymes cités. Leur représentation, imprécise, vise seulement à donner une idée générale de la localisation des groupes considérés (WGS84, UTM36N ; image Bing satellite, M. Crépy).

Fig. 1. Carte du désert Oriental d’Égypte incluant les sites et une partie des ethnonymes cités. Leur représentation, imprécise, vise seulement à donner une idée générale de la localisation des groupes considérés (WGS84, UTM36N ; image Bing satellite, M. Crépy).

L’environnement du désert Oriental égyptien et son exploitation

4Une partie des dénominations appliquées aux nomades font référence à leur relation à leur environnement. Ces étymologies descriptives se retrouvent dans plusieurs langues et à plusieurs époques. En ancien égyptien, il existe les ḫtyw-tȝ (Khetiou-ta : TLA 121650 ; Wb. 3, 343.7-8), soit littéralement « ceux qui sont partout à travers le pays », mais aussi les nmyw-šʿ (Nemiou-sha : TLA 84190 ; Wb. 2, 265.15), « ceux qui traversent le sable ». Les sources grecques nous informent également de la présence d’Ichtyophagoi ou « mangeurs de poissons », d’Agriophagoi ou « mangeurs de bêtes sauvages » et de Moschophagoi, « mangeurs de veaux » ou « mangeurs de pousses » (Mauny 1968), qualificatifs qui font référence à l’exploitation alimentaire de la faune sauvage et domestique et suggérant une combinaison entre pastoralisme, chasse et pêche. Enfin, l’endonyme Ma’aza désigne en arabe « les gens des chèvres » (Hobbs 1989).

5Ces termes apportent des indications sur les régions habitées, leur géographie et leur faune, mais ils nous livrent peu d’informations quant aux stratégies d’exploitation du milieu élaborées par les nomades. Le recours à des sources archéologiques et géographiques croisées fournit donc un complément d’information indispensable. Nous développerons ici l’exemple de l’exploitation des ressources minérales du désert, car il permet d’observer des parallèles trans-périodes, mais aussi des ruptures importantes.

6Largement mentionnées par les auteurs depuis l’Antiquité, les ressources minières du désert Oriental ont été exploitées par les sédentaires (Gasse 2006 ; Klemm & Klemm 2013 ; Faucher et al. 2021 ; Crépy et al. 2022 ; Goncalves 2022 ; Gourdon et al. 2022). Toutefois, leur mise à profit nécessite non seulement une connaissance des terrains, des voies d’accès, de l’environnement et de la localisation des gisements, mais aussi une capacité à circuler et à s’approvisionner, notamment en eau et en combustible. Il est très improbable que les sédentaires vivant la majeure partie de l’année dans la vallée du Nil aient pu maîtriser seuls ces connaissances et ces capacités, sans l’aide des nomades. Toutes les sources des xviiie et du xixe siècles mentionnent ainsi des contacts soutenus avec eux, notamment pour se fournir en guides (Crépy & Redon 2020, 2022). Malheureusement, avant l’époque romaine, l’intervention directe des nomades dans l’exploitation n’est jamais mentionnée clairement ou prouvée archéologiquement, bien qu’il semble que certains d’entre eux ont au moins contribué à des expéditions (Cooper 2022). On ne peut pourtant pas éliminer l’hypothèse d’une implication directe dans l’exploitation des ressources minérales à ces époques. D’une part, parce que leur absence dans les sources écrites des anciens Égyptiens se comprend parfaitement dans le contexte pharaonique, les expéditions envoyées par le pouvoir royal devant officiellement être couronnées de succès grâce aux dieux, au roi et à ses représentants et non grâce à des populations considérées comme non égyptiennes. D’autre part, parce qu’elle devient majeure pour les périodes postérieures.

7Les trois ressources que nous analysons sont l’or, qui se minéralise dans le quartz, les émeraudes et la stéatite. Toutes ont été exploitées avec l’aide des populations locales, voire par elles.

8Le quartz aurifère est extrait dans le désert Oriental égyptien depuis le iiie millénaire av. notre ère par les populations de la vallée qui partent régulièrement en expéditions organisées par le pouvoir central, des pharaons aux autorités gréco-romaines (Faucher 2018) puis, au tout début de l’époque médiévale, par le pouvoir califal, abbasside puis fatimide (Marchand & Rabot 2020). Pourtant, si ces faits sont bien documentés, il apparaît que des nomades se trouvaient aussi sur ou à proximité immédiate de certains sites, au moins pendant l’antiquité gréco-romaine. C’est le cas à Bir Samut (Gates-Foster 2022 ; Chaufray 2022). Plus au sud, au Soudan actuel, il est démontré que certaines mines ont été exploitées par ou sous la supervision de nomades Blemmyes, au moins de l’Antiquité tardive au début de l’époque médiévale (Cooper 2021a).

9Les émeraudes de la région de Sikait, non loin de la mer Rouge, ont été recherchées durant l’Antiquité tardive, entre le ive et le viie siècle de notre ère. Les commanditaires ne sont pas connus, mais la présence d’artefacts d’origine blemmye, notamment des céramiques de facture désertique, indique à coup sûr celle de la population nomade du même nom. Les textes du début de l’époque médiévale vont aussi en ce sens, mentionnant conjointement les expéditions pour l’or et les émeraudes qui sont organisées jusqu’au xiie siècle (Marchand & Rabot 2020). Par ailleurs, les sources textuelles indiquent que les Blemmyes contrôlaient l’accès aux mines et l’export des productions entre le ive et le vie siècle de notre ère (Cooper 2020).

10Enfin, la stéatite est une pierre tendre qui a été recherchée de façon opportuniste et sporadique à l’époque gréco-romaine. À partir du viiie siècle, le pouvoir arabo-musulman l’a exploitée de manière intensive et utilisée pour la confection de récipients de cuisson à cause de ses qualités réfractaires (Marchand 2022). Les gîtes n’étant malheureusement pas étudiés, on ne peut pas dire si des structures ou des vestiges témoignent de la présence des nomades. Toutefois, l’extraction s’est faite aux mêmes époques que celles de l’or et des émeraudes, ce qui permet d’envisager celle-ci. Plus tard, les savants de l’Expédition d’Égypte (1798-1801) ont fait état de pots en stéatite provenant des montagnes du désert, exploités, fabriqués et vendus par des nomades Ababda (De Rozières 1801-1802).

11Ces exemples confirment le rôle important que les nomades du désert Oriental égyptien ont joué dans l’exploitation de ses ressources minérales, la gestion et le contrôle des sites, au moins durant certaines périodes.

Une ou des culture(s) matérielle(s) nomade(s) dans le désert Oriental égyptien ?

12Les anthroponymes et les noms des groupes humains renvoient aussi à leur culture matérielle : les ḫnwtyw (Khentiou : TLA 123320 ; Wb. 3, 373.22) sont » ceux qui sont vêtus de peau animale » ou « ceux qui sont dans des tentes en peau », les ḥryw-šʿ (Heriou-sha : TLA 108520 ; Wb. 3, 135.12), « ceux qui habitent sur le sable », indications qui font vraisemblablement référence à une vie sous habitat léger.

13Ainsi, bien loin des gens de la vallée, dont les modes de vie sédentaires sont mieux connus par l’archéologie, les nomades n’ont laissé que peu de traces dans le désert. D’abord parce qu’ils utilisaient principalement des matériaux périssables et légers, mais surtout parce que très peu de fouilles portant spécifiquement sur des sites de nomades ou de semi-nomades ont eu lieu. Si quelques grandes installations, composées jusqu’à plusieurs centaines d’habitations sommaires en pierre sèche, sont attestées (Sidebotham et al. 2002), peu d’éléments relatifs à la culture matérielle y sont associés. Il est donc rare de pouvoir les rattacher avec certitude à des activités nomades, hormis pour quelques sites où la culture matérielle et l’agencement des structures leur sont clairement attribués (Lassanyi 2012).

14Malgré le petit nombre d’investigations portant sur ces implantations, les travaux et prospections archéologiques menés depuis une trentaine d’années dans le désert Oriental ont permis d’isoler et d’étudier une série de céramiques en Égypte et au Soudan appelée Eastern Desert Ware (EDW ; Barnard 2008) (fig. 2). La production de ces pots est attestée entre l’époque ptolémaïque et le début de l’époque islamique, soit du iiie siècle avant notre ère jusqu’au viie siècle de notre ère (Gates-Foster 2022). L’EDW se reconnaît à ses formes modelées à la main, non tournées, et à ses motifs géométriques incisés. Les exemplaires sont peu nombreux mais ils proviennent de sites où l’activité ou la présence des Blemmyes est confirmée. Comme mentionné plus haut, ces nomades n’utilisaient pas uniquement la céramique pour confectionner leurs ustensiles de cuisine, mais également la stéatite, qu’ils taillaient pour en faire des pots. George Murray, au début du xxe siècle, mentionne même des pipes en stéatite manufacturées par les Beja
(Murray 1935).

Fig. 2. Eastern Desert Ware, Bir Samut. © J.-P. Brun/Mafdo.

Fig. 2. Eastern Desert Ware, Bir Samut. © J.-P. Brun/Mafdo.

15Depuis les débuts de l’ère industrielle, la diminution du nombre de nomades s’accompagne de la quasi-disparition de leur culture matérielle distinctive : en 2016, une cantine métallique, abandonnée au bord d’un site médiéval pillé, contenait des céramiques chinoises en pâte artificielle, servant au thé ou au café, préparé traditionnellement, au moins parmi les Beja, dans un jebena (Abdel-Qadr et al. 2012), de bols et bassines en plastique ou en aluminium, plus légers à transporter, et un paquet de lentilles. Cette cantine avait été placée à l’arrière d’un pick-up, véhicule tout-terrain adapté aux routes modernes du désert, qui se déplace rapidement et permet d’acheminer rapidement du matériel, voire des bêtes, d’un point à un autre.

16Ces éléments permettent difficilement de distinguer des cultures matérielles propres aux différents groupes nomades, en fonction des aires et des périodes. Existe-t-il pour autant une culture matérielle pan-désertique ? La réponse ne peut qu’être négative dans la mesure où chaque région a ses propres spécificités. Les groupes qui l’habitent ne vivant pas des mêmes ressources, il paraît raisonnable de penser qu’ils ont chacun leurs singularités matérielles et culturelles. Toutefois, la présence nette et marquée de l’EDW dans le désert Oriental en Égypte et au Soudan prouve une homogénéité de consommation et de production dans cette zone entre l’époque ptolémaïque et le début de l’époque médiévale, dont les modalités précises de manufacture et de diffusion ne sont pas encore établies. De même, la connaissance des produits en matériaux périssables (outres en cuir, nattes en palmes, tentes en laine, etc.) est pour l’instant insuffisante. La recherche et le rassemblement de données brutes pourraient drastiquement changer notre vision des choses (Wendrich 1999). Les nombreuses descriptions issues des récits de voyageurs du xixe siècle, de même que les gravures associées, donnent une idée du type de vêtements et d’objets transportés, ainsi que du harnachement des animaux, mais ne renseignent pas plus sur le matériel domestique.

Nomades et sédentaires : des relations intéressées

17Les relations entre nomades et sédentaires se perçoivent particulièrement bien dans les appellations données aux premiers par les gens de la vallée du Nil, et éclairent ainsi leurs relations : les šmȝw (Shemaou : TLA 154570 ; Wb. 4, 470.7-11) sont des » étrangers » ou des « vagabonds », les mntiw (Mentiou : TLA 71670 ; Wb. 2, 92.4-6), eux, sont des « envahisseurs ». Ces appellations (« les mangeurs de bêtes sauvages », « ceux qui sont dans des tentes en peau », etc.) traduisent aussi le mépris et la crainte de l’inconnu qu’éprouvent les Égyptiens sédentaires qui perçoivent les nomades comme des groupes incontrôlables occupant des contrées inhospitalières. Cette image sert aussi le pouvoir central à l’époque pharaonique : les nomades sont souvent représentés symboliquement comme des ennemis à abattre, des manifestations du chaos que le roi d’Égypte se doit de combattre, quelle qu’ait pu être la réalité des relations qu’il entretenait avec eux. Les représentations du iiie millénaire du roi massacrant les nomades du Sinaï en sont une parfaite illustration (fig. 3).

Fig. 3. Le roi massacrant les Bédouins du Sinaï (d’après Tallet 2018 : IS 1a, p. 295).

Fig. 3. Le roi massacrant les Bédouins du Sinaï (d’après Tallet 2018 : IS 1a, p. 295).

18Durant la période ptolémaïque, au iiie siècle avant notre ère, des tensions existent à Bir Samut : un Égyptien est agressé par treize Blemmyes qui lui dérobent 10 kg de farine (Chaufray 2022). Au début de l’époque byzantine, au ive siècle, les Saracènes, nomades arabes qui occupent le nord du désert, détruisent les chapelles païennes des forteresses romaines, attaquant aussi des ermites et des moines pour voler leurs ressources (Power 2011, 2012). À cette époque, le pouvoir central est moins présent dans le désert, ce qui ouvre aux nomades le contrôle de certaines zones (Brun 2018) : on observe une expansion des Blemmyes vers le nord et l’apparition de sites qui semblent correspondre à une occupation plus semi-nomade que nomade (Cooper 2020). Au ixe siècle, au moins deux expéditions militaires sont envoyées depuis la vallée du Nil contre les Beja pour mettre fin à des séries de raids dans la vallée (Cooper 2020). Enfin, au xviiie siècle, les récits de voyageurs relatant les raids bédouins sur les caravanes et les installations sédentaires ne manquent pas (Irwin 1787, pour n’en citer qu’un) ; le pouvoir égyptien y met fin au début du xixe siècle en prenant des otages parmi les populations nomades (Belzoni 1820).

19Ces témoignages de relations conflictuelles ne rendent pas compte de toutes les réalités, notamment économiques et politiques. En effet, de nombreuses données font état d’accords et de collaborations entre sédentaires et nomades. D’après des textes du iie millénaire av. notre ère, des nomades Medjay patrouillent pour le compte d’Égyptiens sédentaires basés dans des forteresses du Sud (Kraemer & Liszka 2016). Une partie au moins des premiers a donc choisi de coopérer avec le système étatique en s’appuyant sur les compétences acquises dans le désert. C’est d’ailleurs au cours de la deuxième moitié du iie millénaire av. notre ère que le terme de Medjay devient synonyme de policier ou de soldat de l’armée égyptienne travaillant dans le désert, même lorsque ce poste est occupé par un Égyptien. Les sources de la période gréco-romaine démontrent aussi des relations contrastées : de la nourriture est distribuée à des Blemmyes par les occupants du fort ptolémaïque de Bir Samut au iiie siècle av. notre ère (Chaufray 2022) et également par ceux du fort romain de Xeron au iiie siècle de notre ère (Brun 2018).

20Dans l’Égypte fatimide (969-1171), la souveraineté sur le port d’Aydhab, sur la mer Rouge, est partagée entre le pouvoir fatimide et les nomades Beja, ces derniers collectant les taxes sur les pèlerins et les commerçants et contrôlant les routes désertiques, dans le cadre d’un accord (Bramoullé 2022). Ces interactions s’inscrivent, au moins pour certaines périodes, dans le contexte de relations entre un État sédentaire et des États nomades : il est fait mention d’un seigneur (heqa) Medjay dès 2280 avant notre ère et, durant l’Antiquité tardive et au début de la période médiévale, les Blemmyes/Beja sont dirigés par un roi avec lequel les pouvoirs sédentaires traitent et négocient (Cooper 2020).

21Ces exemples suggèrent une alternance de périodes de paix et de conflits. L’étude des récits de voyageurs occidentaux dans le désert aux xviiie et xixe siècles démontre au contraire que les différentes modalités d’interaction, de conflit et de collaboration évoluent sur des temps très brefs, en fonction des espaces parcourus par les nomades et de facteurs politiques, économiques et sociaux. Au sein d’un même groupe, les individus peuvent se positionner différemment vis-à-vis des sédentaires, ou de certaines communautés sédentaires, selon l’espace où ils se trouvent. Irwin Eyles a ainsi voyagé en 1777 sous la protection d’un groupe de bédouins qui avait quelque temps auparavant fait obstacle à son voyage en menant un raid sur le port de Quseir où il se trouvait. Enfin, en raison de représentations et d’héritages culturels, le caractère externe des principales sources textuelles peut être trompeur et mal refléter les relations réelles entre nomades et sédentaires à un moment donné : il en va ainsi des représentations des bédouins dans la Description de l’Égypte, à la charnière des xviiie et xixe siècles, qui oscillent suivant les auteurs entre la peur d’une tyrannie nomade ou bien une image extrêmement positive héritée du mythe du bon nomade, structuré par les Lumières (Moussa 1995).

22Tantôt craints, tantôt méprisés, les nomades sont parfois intégrés aux transactions économiques des sédentaires, qui comptent sur leur connaissance et leur habileté à exploiter leur environnement. La seule constante historique est celle du contact entre deux systèmes socio-économiques, politiques et culturels, distincts mais complémentaires dans l’exploitation des zones désertiques.

Conclusion

23Pendant 5 000 ans, les populations ont bien évidemment évolué. Bien que la continuité entre les Blemmyes et les Beja soit attestée (Cooper 2020) et témoigne de l’occupation du désert Oriental par un même groupe pendant au moins 2 300 ans, il n’y a pas nécessairement de parenté à établir entre tous les groupes qui se sont succédé dans cette région. D’autres sont au contraire arrivés plus récemment : les Ma’aza, qui se sont installés au plus tôt au xviie siècle (Hobbs 1989), ont pris la place anciennement occupée par les Saracènes puis par d’autres tribus arabes. En plus d’occuper un même territoire, d’exploiter les mêmes ressources, ils ont gardé des relations identiques avec les sédentaires, entre conflits et collaborations. Le principal facteur d’unité des nomades du désert Oriental égyptien réside donc surtout dans une constance des stratégies d’exploitation du désert, reposant sur des ressources hétérogènes et sur des interactions (collaborations, cohabitations et conflits) avec les agriculteurs de la vallée du Nil, en fonction des circonstances historiques.

24Un aspect majeur des sociétés nomades du passé échappe encore largement aux recherches : l’importance de la tribu et des lignages dans leurs relations internes et externes. Cet aspect, pourtant bien décrit à partir du xixe siècle (Floyer 1893) et surtout étudié par les anthropologues (Cunnison 1966), constitue une des clés de compréhension et d’interprétation des variations observées, parfois au sein d’une même tribu. De récents travaux sur les sources textuelles montrent la prégnance des lignages dans les relations dès le iie millénaire avant notre ère (Cooper 2021b), suggérant que ces structures sociales pourraient avoir constitué un autre facteur d’unité des populations nomades successives du désert Oriental.

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Autres ressources

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Wb. : Erman A., Grapow H. 1940-1958, Wörterbuch der Aegyptischen Sprache im Auftrage der deutschen Akademien I-V, Berlin, Academie-Verlag.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Carte du désert Oriental d’Égypte incluant les sites et une partie des ethnonymes cités. Leur représentation, imprécise, vise seulement à donner une idée générale de la localisation des groupes considérés (WGS84, UTM36N ; image Bing satellite, M. Crépy).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14662/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
Titre Fig. 2. Eastern Desert Ware, Bir Samut. © J.-P. Brun/Mafdo.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14662/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 214k
Titre Fig. 3. Le roi massacrant les Bédouins du Sinaï (d’après Tallet 2018 : IS 1a, p. 295).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14662/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 354k
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Pour citer cet article

Référence papier

Quentin Cécillon, Maël Crépy, Isabelle Goncalves et Julie Marchand, « Unités et diversités des sociétés nomades au fil du temps »Les nouvelles de l'archéologie, 171 | 2023, 44-50.

Référence électronique

Quentin Cécillon, Maël Crépy, Isabelle Goncalves et Julie Marchand, « Unités et diversités des sociétés nomades au fil du temps »Les nouvelles de l'archéologie [En ligne], 171 | 2023, mis en ligne le 12 mars 2024, consulté le 18 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/14662 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/nda.14662

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Auteurs

Quentin Cécillon

Université Lyon 2, Hisoma « Histoire et sources du monde antique », Nomad’s Lands (laboratoire junior de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée Jean-Pouilloux), axe 5 des recherches

Maël Crépy

Ifao (Institut français d’archéologie orientale), chercheur associé à Archéorient, Nomad’s Lands (laboratoire junior de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée Jean-Pouilloux), axe 5 des recherches

Isabelle Goncalves

Université Lyon 2, Hisoma « Histoire et sources du monde antique », Nomad’s Lands (laboratoire junior de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée Jean-Pouilloux), axe 5 des recherches

Julie Marchand

Programme fédéral de recherche FED-tWIN, Université libre de Bruxelles. Centre de recherches en archéologie et patrimoine et KMKG-Mrah/Musées royaux d’art et d’histoire (Belgique), Chercheuse associée à Hisoma « Histoire et sources du monde antique », Nomad’s Lands (laboratoire junior de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée Jean-Pouilloux), axe 5 des recherches

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