Navigation – Plan du site

AccueilNuméros171DossierOrigines et évolutions du nomadis...

Dossier

Origines et évolutions du nomadisme maritime en Asie du Sud-Est

Bérénice Bellina et Jean-Christophe Galipaud
p. 38-43

Résumés

L’Asie du Sud-Est se caractérise par sa grande diversité environnementale, linguistique et culturelle. Le grand nombre d'îles et la dispersion des ressources ont favorisé l’émergence ancienne de réseaux étendus pour échanger des biens rares (coquillages marins, nids d’hirondelles, limaces des mers, etc.). Les nomades marins, aujourd’hui marginalisés, ont joué un rôle important dans la création et le fonctionnement de ces réseaux. Jusqu'à présent, il y a eu peu de tentatives pour identifier et retracer l'évolution du nomadisme maritime dans les archives archéologiques, entre autres à cause de leur supposée « invisibilité archéologique » due à la pauvreté de leur culture matérielle. C'est seulement durant le second millénaire de notre ère que les archives historiques éclairent le rôle de certains groupes nomades dans la création et le maintien des états marchands.
Il n'existe pas de définition simple du nomadisme maritime en Asie du Sud-Est insulaire, qui se caractérise par une grande diversité d'organisations économiques et politiques. Cette diversité s’exprime à travers les itinéraires, les stratégies de subsistance, les biens collectés et échangés et les modes d'interaction avec les groupes terrestres et avec des réseaux commerciaux plus étendus. Dans ce texte nous tentons de définir ce nomadisme, de discuter de son origine et de proposer des pistes pour appréhender sa dimension archéologique.

Haut de page

Texte intégral

Introduction

1Le long des côtes et au large des îles de l’Asie du Sud-Est, on trouve aujourd’hui des populations qui ont acquis ou conservé un nomadisme marin et qui partagent également une relation complémentaire, mais moins facile à définir, avec le sédentarisme. Loin d’être des « sans-terres », la plupart de ces nomades se reconnaissent comme appartenant à un territoire constitué de petits îlots, de bancs de sable ou de mangroves où ils exercent leurs activités et où ils enterrent leurs morts (McNiven 2003). Ce territoire doit être considéré à différentes échelles, de l’île qu’un groupe exploite ou dont il dépend traditionnellement au paysage maritime régional de familles connectées et, à une échelle encore plus grande, au territoire maritime connu des navigateurs nomades au long cours. Aujourd’hui marginalisés par les États-nations et appauvris, ces groupes ne jouent plus un rôle économique ou politique de premier plan mais il n’en a pas toujours été ainsi. Des sources historiques, ethnographiques et linguistiques modernes (White 1922 ; Pelras 1972 ; Sopher 1977 ; Tarling 1978 ; Lapian 1979 ; Ivanoff 1989 ; Sather 1997 ; Benjamin et al. 2002 ; Barnard 2007 ; Andaya 2010, 2019 ; Chou 2010 ; Nolde 2014 ; Gaynor 2016) et, plus récemment, des données issues de la génétique (Kusuma et al. 2015 ; 2017) et de l’archéologie, montrent clairement que, très mobiles, ils ont été des acteurs économiques et politiques importants, en particulier dans leur relation avec les cités marchandes, qu’elles soient appelées « port-entrepôt », « emporium », « cités-états » ou « villes portuaires ».

2Jusqu’ici, les archéologues se sont encore peu intéressés au nomadisme maritime et à son évolution. Après une présentation rapide des grands traits qui caractérisent ces groupes si divers et des liens connus qu’ils ont entretenus avec les pouvoirs régionaux terrestres, cet article propose quelques étapes clés pour expliquer le développement du nomadisme marin et résume quelques-uns des travaux archéologiques qui lui ont été consacrés.

Comment définir le nomadisme marin des « peuples de la mer » d’Asie du Sud-Est

3Les groupes appelés « nomades de la mer », « gitans de la mer » ou sea people peuvent être classés comme des communautés de chasseurs-cueilleurs nomades ou semi-sédentaires. Ils exploitent la mer comme source de nourriture et d’autres matériaux désirables (Hoogervorst 2012). Ils se distinguent des communautés sédentaires orientées vers la mer, comme les Bugis du sud de Sulawesi (Indonésie), qui ont une patrie et dont les voyages maritimes sont presque exclusivement entrepris par des hommes. Ils se distinguent également des pêcheurs sédentaires dont l’économie repose exclusivement sur l’exploitation de la mer.

4La plupart des mers de l’Asie du Sud-Est insulaire présentent les caractéristiques des mers fermées. Dans plusieurs régions, notamment sur la côte est de Sumatra, les mangroves n’ont jamais permis une résidence permanente mais ont fourni des ressources précieuses aux communautés nomades (Andaya 2008 : 61) qui dépendent des produits de la mer. Pour des raisons de sécurité et afin de ne pas surexploiter leur milieu, ils se déplacent généralement en petits groupes composés de dix à vingt bateaux-maisons abritant chacun une famille. Une communauté de gens de mer se compose généralement de 50 à 150 individus (Hoogervorst 2012).

5Il n’existe pas un modèle unique de nomadisme maritime en Asie du Sud-Est insulaire et côtière. Ce mode de vie, qui est le fait de locuteurs Austronésiens, est répandu dans toute la région. Il se distingue par une grande diversité d’organisations économiques et politiques commandées par les stratégies de subsistance de groupes autonomes et mobiles, basées sur l’échange de ressources maritimes parcellaires, de produits de base et de biens commerciaux. Il existe parce que ces ressources ne peuvent être exploitées que par des acteurs prêts à se déplacer et à mener un commerce opportuniste, en transportant des marchandises entre des ports isolés et le long de routes non standards.

  • 1 . Les Holothuries (Holothuroidea), dites aussi concombres ou bêches de mer, sont une classe d’anima (...)

6La diversité du nomadisme maritime s’exprime à travers les itinéraires parcourus, les stratégies de subsistance déployées, les biens échangés et les modes d’interaction avec les peuples terrestres selon des réseaux plus ou moins étendus. Les nomades de la mer n’échangeaient pas uniquement des biens essentiels, une grande partie de leur commerce portait sur des articles de luxe, tels que des plumes, des holothuries1, des nids d’hirondelles et d’autres articles qui ne se sont pas conservés dans les archives archéologiques. Leur maîtrise de la mer et leur cartographie mentale complexe des routes maritimes (Chou 2021) leur permettait d’exploiter des zones bien définies de leur « paysage marin » (Chou 2010 ; Andaya 2008 : 180).

7En Asie du Sud-Est, on suppose que cette complémentarité des réseaux spécialisés et interdépendants entre communautés nomades et sédentaires a émergé vers le iie millénaire, au cours du Néolithique (Bulbeck 2004). Ces liens d’interdépendance ont perduré à travers le temps et constitué plus tard la base des réseaux d’échanges du commerce hauturier (Bellina 2022). La complémentarité des modes de vie ou des économies encourageait le maintien des différences culturelles. Malgré les interactions fréquentes dans le cadre de relations symbiotiques avec des populations terrestres à la culture matérielle plus sophistiquée, les groupes de chasseurs-cueilleurs maritimes ont évité l’assimilation en valorisant leur propre mode de vie pour préserver leur liberté (Andaya 2008 : 199-200). Parallèlement, cette complémentarité a été fondamentale pour le développement du commerce et les réseaux de coopération qu’elle a suscités ont largement contribué à façonner la structure des cités marchandes (Andaya & Andaya 2015).

Les nomades marins aujourd’hui

8Les principaux groupes nomades occupent aujourd’hui trois régions (fig. 1) :

  • au nord du détroit de Malacca, au Myanmar (Birmanie), en Thaïlande et en Malaisie vivent les Moken, les Moklen et les Urak Lawoi ;
  • au sud du détroit de Malacca, au large de Sumatra et à l’ouest de Bornéo (Indonésie), en Malaisie et à Singapour vivent les Orang Laut ;
  • enfin, l’est de l’archipel indonésien et les Philippines sont le domaine des Sama-Bajau.

Fig. 1. Carte de répartition des principaux groupes de nomades marins en Asie du Sud-Est insulaire et côtière (d’après Bellina et al. 2021 : fig. 1.1, p. 13).

Fig. 1. Carte de répartition des principaux groupes de nomades marins en Asie du Sud-Est insulaire et côtière (d’après Bellina et al. 2021 : fig. 1.1, p. 13).

9Les Moken sont répartis dans l’archipel de Mergui au Myanmar et dans les îles de Thaïlande – les Moklen sont des Moken semi-sédentarisés qui se sont installés dans la région de Phuket (fig. 2). Jacques Ivanoff, spécialiste de ce peuple, interprète sa mobilité comme une réponse à l’oppression, une résistance constante aux contraintes imposées par l’environnement, la disparité des ressources, les guerres et l’esclavage (Ivanoff 2021). Cela rend compte d’une situation contemporaine mais il existe peu de données sur les activités passées des Mokens (Andaya 2008).

Fig. 2. Moken sur leurs embarcations nommées Kabang. © J. Ivanoff.

Fig. 2. Moken sur leurs embarcations nommées Kabang. © J. Ivanoff.

10Les Urak Lawoi ou Urak Lanta occupent l’entrée nord du détroit, les îles et les côtes de la Malaisie et de la Thaïlande. Les histoires orales placent leur berceau au mont Gunung Jerai, sur le littoral malais de Kedah, qui a vu se développer différents ports au cours des ier et iie millénaires de notre ère. Des reconstitutions linguistiques suggèrent qu’ils étaient à l’origine des pêcheurs de Sumatra ayant fait le choix de partir au tournant du iie millénaire. La présence de mots directement empruntés au sanskrit dans la langue Urak Lawoi indique qu’ils avaient des contacts commerciaux soutenus avec le royaume maritime indianisé de Srivijaya. L’influence de cette cité-État, implantée au sud de Sumatra, s’est étendue sur une grande partie de la péninsule thaïlandaise-malaise du vie siècle au xiiie siècle de notre ère (De Groot 2011, 2012).

11Les Orang Laut, établis au sud du détroit de Malacca, à Sumatra et dans l’archipel de Riau, sont les plus connus. Ils le doivent à leur partenariat avec les souverains malais, mentionné dans les sources locales qui décrivent leur rôle. Ce modèle de coopération politique et économique entre les dirigeants des villes marchandes et les nomades de la mer est ancien. L’historien O. Wolters, qui l’a daté au plus tôt de la deuxième moitié du ier millénaire de notre ère, suppose aussi une association étroite entre les souverains de Srivijaya et les Orang Laut (Wolters 1999). Ces derniers étaient les collecteurs de produits recherchés par les marchés étrangers, notamment chinois, ainsi que les gardiens des routes maritimes. Ils effectuaient également des raids au profit du souverain auquel ils étaient inféodés, une pratique dont le bénéfice était partagé et qui s’est poursuivie jusqu’au xixe siècle (Tarling 1978).

12Pour les périodes plus récentes, les sources écrites témoignent des alliances entre certains de ces groupes et les cités marchandes, d’autres restant à leur périphérie (Andaya 2008 ; Chou 2010 ; Hall 2011). Les annales malaises Sejarah Melayu décrivent comment les Orang Laut ont apporté leur aide à un souverain déchu pour fonder un nouveau pôle commercial à Malacca. Ce cas illustre les avantages mutuels d’une telle coopération (Andaya 2019). Grâce à leur parfaite maîtrise de la mer et des fleuves côtiers, les Orang Lau ont joué un rôle déterminant dans le maintien au pouvoir de leurs partenaires (Barnard 2007). Le contraste marqué entre le mode de vie et la spécialisation économique des uns et des autres a probablement rendu leurs relations mutuellement bénéfiques. Ces frontières identitaires bien définies ont sans doute aussi contribué au maintien de la liberté et de l’indépendance des Orang Laut (Andaya 2008 ; Chou 2010 ; Hall 2011).

13Les Sama-Bajau, enfin, constituent la plus grande communauté de nomades de la mer de l’Asie du Sud-Est insulaire. Ils sont répartis sur les côtes d’Indonésie (Bornéo Est, Sulawesi, Petite îles de la Sonde, archipel des Moluques, etc.), des Philippines et de la Malaisie. De nos jours, les Sama-Bajau vivent dans des établissements insulaires dispersés, souvent à proximité des groupes agraires avec lesquels ils interagissent. D’après les sources historiques et linguistiques traditionnelles, ils seraient originaires de la région du fleuve Barito, au sud-est de Bornéo (Illouz & Nuraini 2021). De là, ils auraient migré vers l’archipel de Sulu, au sud-ouest des Philippines, aux alentours de l’an 800, sous la pression de l’empire Srivijaya. Plus tard, ils firent partie de la mosaïque ethnique qui composait l’État historique de Sulu aux Philippines, dont la structure pyramidale était fondée sur des allégeances personnelles et des alliances visant à contrôler le commerce. L’ethnohistorienne J. Gaynor a mis en évidence les compétences nautiques de ces nomades de la mer et l’importance de leurs réseaux, qui faisaient d’eux à la fois des clients et des partenaires particulièrement recherchés par les dirigeants des cités-États (Gaynor 2016 : 7).

14En résumé, les nomades de la mer ont assumé une multiplicité de rôles au cours de leur histoire. En effet, comme les nomades terrestres, leur flexibilité et leur résilience les ont rendus capables de s’adapter aux contraintes politiques et économiques (Morrison 2002 ; Rogers & Engelhardt 2021). Cette capacité d’adaptation remarquable explique également pourquoi ils furent des partenaires efficaces pour les pouvoirs régionaux. Que nous apprennent les sources archéologiques et linguistiques sur leurs origines et sur le début de leurs relations avec les cités marchandes ?

Quelle origine pour les nomades marins ?

15Certains anthropologues émettent l’hypothèse selon laquelle les origines du nomadisme marin en Asie du Sud-Est sont d’abord liées à l’accroissement des échanges maritimes durant le ier millénaire de notre ère (Sopher 1977 ; Pelras 1972 ; Benjamin et al. 2002).

16Qu’en est-il du passé plus lointain et qu’en disent les données archéologiques ? Nous ne savons rien sur l’ancienneté du nomadisme maritime ou sur la manière dont les sociétés qui lui étaient associées peuvent être caractérisées archéologiquement. Peu de chercheurs se sont intéressés à ces questions, mais certains indices suggèrent la présence de chasseurs-cueilleurs maritimes très mobiles dès le Paléolithique puis l’établissement de réseaux maritimes par des groupes austronésiens. Nous présentons ci-dessous ce que nous pensons être trois étapes dans le développement de ce nomadisme particulier. Elles sont discutées plus en détail dans notre ouvrage (Bellina et al. 2021).

Preuves datées du Paléolithique de déplacements entre les îles

17Les Homo sapiens ont atteint l’Australie vers 65 000 BP, avec plusieurs transits maritimes obligés. Les preuves de mouvements dans l’archipel Ryūkyū (Japon) remontent à 35 000 BP (Kaifu et al. 2015) et à 20 000 BP dans les îles Talaud (Indonésie). Il existe des preuves archéologiques et génétiques de circulations sur de longues distances de biens (obsidienne, entre autres) et de personnes entre le continent et l’Asie du Sud-Est insulaire au début de l’Holocène (Bulbeck 2008, 2021 ; Soares et al. 2016 ; Brandão et al. 2016).

Une expansion maritime associée à l’expansion austronésienne ?

18Peter Bellwood (2007) associe aux migrations des agriculteurs la diaspora des locuteurs austronésiens en Asie du Sud-Est insulaire. Aujourd’hui, de nombreux chercheurs soutiennent qu’ils étaient en fait des collecteurs-commerçants-marins opportunistes qui auraient emprunté, au gré de leurs rencontres avec divers groupes côtiers, des traits aujourd’hui considérés comme typiques de leur culture (Blench 2012), puis les auraient diffusés. Pour Clifford Sather (2006), l’adaptation côtière ainsi que le développement de compétences en matière de navigation et de commerce inter-îles ont été des éléments essentiels de l’expansion de ces locuteurs après 4000 ans avant notre ère. Jean-Christophe Galipaud émet ainsi l’hypothèse selon laquelle la découverte de l’Océanie insulaire est le fait de nomades de la mer (Galipaud 2015 ; Galipaud et al. 2021).

L’émergence des cités marchandes des routes maritimes de la soie

19La circulation, en particulier celle du jade néphrite, prouve que le commerce entre le continent asiatique et l’ouest de l’Asie du Sud-Est insulaire était bien établi vers 3000 BP (Hung et al. 2007). Les acteurs de ces voyages maritimes sont probablement de petits groupes mobiles dont les déplacements et les interactions interculturelles peuvent être suivis grâce à certaines céramiques et parures (Favereau & Bellina 2022). Celles-ci se retrouvent à la fin du ve siècle avant notre ère au sein et en marge des premières cités marchandes des routes de la soie dans l’isthme de Kra (Thaïlande), qui relie la péninsule thaï-malaise au continent et l’Océan indien à la Mer de Chine (Bellina 2017, 2018, 2022). L’émergence des routes de la soie maritimes et des premières cités marchandes s’est accompagnée d’une spécialisation économique, d’une différenciation culturelle et d’une coopération accrue (Bellina et al. 2019). Peu après le ive siècle avant notre ère, certains groupes nouvellement installés dans les estuaires et sur les îles, à la périphérie des cités marchandes, semblent avoir développé une culture matérielle commune qui révèle leur double statut d’intermédiaires économiques et culturels entre les différents groupes étrangers et locaux, mais aussi d’acteurs clés du paysage politique. Cette culture matérielle singulière se distingue en effet de celles des communautés forestières de l’intérieur et des communautés commerciales des ports, tout en en leur empruntant quelques éléments caractéristiques. C’est cette combinaison originale, dont la distribution spatiale est limitée à l’embouchure du fleuve et aux îles, qui peut signaler la présence de « nomades de la mer » (Bellina et al. 2019).

20Pour résumer, le nomadisme marin a probablement été adopté au cours de l’Holocène par des communautés côtières aux grandes capacités d’adaptation et déjà impliquées dans des relations de coopération, d’interaction et de dépendance mutuelle avec d’autres. L’essor des échanges dès le iie millénaire avant notre ère, puis l’émergence de réseaux marchands étendus et de puissantes cités-États, aux derniers siècles avant notre ère (Bellina et al. 2019), leur ont permis de tirer parti de leur connaissance de la mer, de leur maîtrise de la navigation et de leurs contacts pour devenir des intermédiaires contrôlant le commerce sur de longues distances. Ils ont aussi été des acteurs clés dans la diffusion des techniques, des langues et des idées nouvelles parmi les différents groupes insulaires.

Pour une archéologie du nomadisme marin

21Les archéologues qui cherchent à élucider les activités passées des nomades de la mer se heurtent à plusieurs obstacles majeurs. Le premier tient au fait que, pour la plupart, ils sont à présent sédentarisés. Quant à leurs activités passées, leur supposée « invisibilité archéologique », due à un mode de vie censé laisser très peu de traces durables (Sopher 1977), explique le petit nombre de recherches archéologiques qui leur ont été consacrées (Engelhardt & Roger 1998 ; Chen 2002 ; Bulbeck 2008 ; Noury & Galipaud 2011 ; Bellina et al. 2012 ; Miksic et al. 2013 ; Bellina 2022).

22En Malaisie orientale, le site côtier de Bukit Tengkorak à Sabah a été occupé au cours du ier millénaire avant notre ère par des chasseurs-cueilleurs identifiés à des « proto-nomades marins » car ils combinaient les échanges sur de longues distances avec l’exploitation des forêts marines, fluviales et côtières (Bellwood 1989) et qu’ils produisaient les foyers portatifs en poterie traditionnellement liés aux Sama Bajau (Sather 2006). Une synthèse récente propose une analyse similaire pour les sites côtiers du nord de Luçon (Hung et al. 2022).

23Toujours en Malaisie, près de l’embouchure de la rivière Kuala Selinsing, David Bulbeck (2004, 2014) a suggéré que les îles au large de Pulau Kelumpang pourraient avoir accueilli un camp de nomades de la mer au cours des premiers siècles de notre ère. Ce site a été interprété comme un « point d’approvisionnement » desservant les ports-entrepôts du sud du Kedah (Leong 1990). À Kuala Selinsing, comme sur les sites thaïlandais de l’isthme de Kra datés des derniers siècles avant notre ère, de petits groupes vivaient à proximité des grandes cités marchandes historiques et leur empruntaient une partie de leur culture matérielle, en particulier des objets de prestige obtenus par les réseaux hauturiers telles les perles en pierre et en verre (Bellina et al. 2019).

24John Miksic a pu observer le contenu de tombes pillées dans l’archipel de Riau, au large de Sumatra et de Singapour. Dans ces deux régions, les habitants des cités-États contrôlant le détroit de Malacca pratiquaient la crémation. Contrairement à eux, les Orang Laut enterraient leurs défunts placés dans des coffrages évoquant les bateaux et contenant des offrandes comme des parures en or et des poteries chinoises (Miksic 2013).

25L’absence de travaux ethnohistoriques centrés sur la culture matérielle, la vie quotidienne et les pratiques funéraires des anciens nomades de la mer (à l’exclusion des techniques de navigation) complique l’interprétation des recherches. En 1998, Richard Engelhardt et Pamela Rogers (1998) ont tenté d’établir un cadre archéologique pour analyser les vestiges de campements Chaw Lay (nom donné en Thaïlande aux nomades marins), le long et au large de la côte sud-ouest du pays. Leur étude révèle à quel point les vestiges archéologiques peuvent être ténus et souligne la grande flexibilité dont ces groupes ont fait preuve pour exploiter leur environnement (Rogers & Engelhardt 2021).

Conclusion

26L’histoire, la linguistique et plus récemment quelques reconstitutions archéologiques montrent que, loin d’être des acteurs marginaux, les nomades marins ont joué un rôle structurant dans la construction des sociétés de l’Asie du Sud-Est et dans le développement du commerce international. Si nous connaissons bien leur histoire récente grâce aux sources écrites, il n’en va pas de même pour les périodes plus anciennes. Leur importance historique justifie la nécessité de développer une archéologie de ces différents groupes et de leurs activités. Les traces qu’ils ont laissées sont ou bien indirectes et ténues, comme dans les cas de leur implantation en marge des centres de pouvoir ou du rôle qu’ils ont joué dans la circulation de biens rares (Bellina et al. 2019), ou bien directes comme leurs cimetières, malheureusement souvent pillés (Miksic 2013). Des recherches en cours s’emploient néanmoins à élaborer une archéologie et une histoire des gens de la mer, en mettant en œuvre des approches variées telles que l’archéologie autochtone (Indigenous Archaeology) et l’ethnologie (Bellina et al. 2021).

Haut de page

Bibliographie

Andaya L. Y. 2008. Leaves of the Same Tree: Trade and Ethnicity in the Straits of Melaka. Honolulu (Hawaï, États-Unis), University of Hawai‘i Press.

Andaya B. W. 2019. « Recording the Past of Peoples without History: Southeast Asia’s Sea Nomads », Asian Review, 32-1) : 5-33.

Andaya B. W. & Andaya L. Y. 2015. A history of early modern Southeast Asia, 1400–1830. Cambridge (Grande-Bretagne), New York (États-Unis), Cambridge University Press.

Barnard T. P. 2007. « Celates, Rayat-Laut, Pirates: The Orang Laut and Their Decline in History », Journal of the Malaysian Branch of the Royal Asiatic Society, 80 : 33-49.

Bellina B. 2014. « Maritime Silk Roads’ Ornament Industries: Socio-Political Practices and Cultural Transfers in the South China Sea », Cambridge Archaeological Journal, 24-3 : 345-77.

Bellina B. 2022. « Trading polities and the ‘sea people’ of maritime Southeast Asia ». In : J.-C. Moreno Garcia (dir.). From House Societies to States: Early Political Organisation, From Antiquity to the Middle Ages, Oxford (Grande-Bretagne), Oxbow Books (Multidisciplinary approaches to ancient societies) : 280-302.

Bellina B. (dir.) 2017. Khao Sam Kaeo: a late prehistoric early port-city between the Indian Ocean and the South China Sea. Paris, Éfeo (École française d’Extrême-Orient), Mémoires archéologiques, 28 : 675.

Bellina B., Epinal G. & Favereau A. 2012. « Caractérisation préliminaire des poteries marqueurs d’échanges en mer de Chine méridionale à la fin de la préhistoire », Archipel, 84 : 7-33.

Bellina B., Favereau A. & Dussubieux L. 2019. « Southeast Asian early Maritime Silk Road trading polities’ hinterland and the sea-nomads of the Isthmus of Kra », Journal of Anthropological Archaeology, 54 : 102-120.

Bellina B., Blench R. & Galipaud J.-C. (dir.) 2021. Sea nomads of Southeast Asia: from the Past to the Present. Singapour (Indonésie), The Singapore University Press.

Bellina B., Rotchanarat S., Tan N. H. & Evrard O. 2021. « Coastal heritage: exploring caves and indigenous knowledge in the Lanta Bay (Southern Thailand) », Journal of Indo-Pacific Archaeology, 45 : 25-41.

Bellwood P. 1989. « Archaeological investigation at Bukit Tengkorak and Segurong, southeastern Sabah », Bulletin of the Indo-Pacific Prehistory Association, 9 : 122-62.

Bellwood P. 2007. Prehistory of the Indo-Malaysian archipelago. Canberra (Australie), The Australian National University, ANU Press.

Benjamin G. & Chou C. (dir.). 2002. Tribal Communities in the Malay World: Historical, Cultural and Social Perspectives. Leiden (Pays-Bas), Singapour (Indonésie), International Institute for Asian Studies and Institute of Southeast Asian Studies.

Blench R. M. 2012. « Almost Everything You Believed about the Austronesians isn’t True ». In : M. L. Tjoa-Bonatz, A. Reinecke & D. Bonatz (dir.). Crossing Borders: Selected Papers from the 13th International Conference of the European Association of Southeast Asian Archaeologists 1. Singapour (Indonésie), The National University of Singapore, NUS Press : 128-48.

Brandão A., Eng K. K, Rito T., Calvadas B., Bulbeck D., Gandini F., Pala M., Mormina M., Hudson B., White J., Ko T.-M., Saidin M., Zafarina Z., Oppenheimer S., Richards M. B., Pereira L. & Soares P. 2016. « Quantifying the Legacy of the Chinese Neolithic on the Maternal Genetic Heritage of Taiwan and Island Southeast Asia », Human Genetics, 135-4 : 363-76.

Bulbeck D. 2004. « Indigenous traditions and exogenous influences in the early history of Peninsular Malaysia ». In: Ian Glover & P. Bellwood (dir.). Southeast Asia: From Prehistory to History. Londres (Grande-Bretagne), New York (États-Unis), Routledge : 314-336.

Bulbeck D. 2008. « An Integrated Perspective on the Austronesian Diaspora. The Switch from Cereal Agriculture to Maritime Foraging in the Colonisation of Island Southeast Asia », Australian Archaeology, 67 : 31-51.

Bulbeck D. 2014. « The Chronometric Holocene Archaeological Record of the Southern Thai-Malay Peninsula », International Journal of Asia-Pacific Studies, 10-1 : 111-62.

Bulbeck D. 2021. « Late Pleistocene to Mid-Holocene Maritime Exchange Networks in Island Southeast Asia ». In: B. Bellina, R. M. Blench & J.-C. Galipaud (dir). Sea Nomads of Southeast Asia: From the Past to the Present. Singapour (Indonésie), The National University of Singapore, NUS Press.

Chen J. C.-Y. 2002. « Sea Nomads in Prehistory on the Southeast Coast of China », Bulletin of the Indo-Pacific Prehistory Association, 22 : 51-4.

Chou C. 2010. The Orang Suku Laut of Riau, Indonesia: the inalienable gift of territory. Londres (Grande-Bretagne), New York (États-Unis), Routledge (The Modern Anthropology of Southeast Asia).

Chou C. 2021. « The Orang Suku Laut: Movement, Maps and Mapping ». In: B. Bellina, R. M. Blench & J.-C. Galipaud (dir.). Sea Nomads of Southeast Asia: From the Past to the Present, Singapour (Indonésie), The National University of Singapore, NUS Press : 142-156.

De Groot J. Y. 2011. « The Legend of To’Kiri; unraveling an oral tradition about the homeland of the Urak Lawoi », Journal of International Studies, Prince of Songkla University, 1-2 : 79-94.

De Groot J. Y. 2012. « Migration, Community Forming and Language Change Among the Urak Lawoi’ of Thailand’s Andaman Coast », Journal of International Studies, Prince of Songkla University, 2-2 : 93-116.

Engelhardt R. A. & Rogers P. R. 1998. « The Ethno-archaeology of Southeast Asian Coastal Sites: A Model for the Deposition and Recovery of Archaeological Material », Journal of the Siam Society, 86 : 131–59.

Favereau A. & Bellina B. 2022. « Philippines and the Late Prehistoric South China Sea Sphere of Exchange: Linking Taiwan and the Upper Thai-Malay Peninsula ». In: P. Calanca, Y.-C. Liu & F. Muyard (dir.) Taiwan Maritime Landscapes from Neolithic to Early Modern Times. Paris, Taipei (Taiwan), Éfeo (École française d’Extrême-Orient, Institute of History and Philology, Academia Sinica. Paris : 151-169.

Galipaud J.-C. 2015. « Réseaux néolithiques, nomades marins et marchands dans les Petites îles de la Sonde » Archipel, 90 : 49-74.

Galipaud J.-C., Guillaud D. & Crespi B. 2021. « Sea people, coastal territories and cultural interactions? TetunTerik and Bunak in the Suai district on the south coast of Timor-Leste ». In: B. Bellina, R. Blench & J.-C. Galipaud (dir.). Sea Nomads of Southeast Asia. From the Past to the Present. Singapour (Indonésie), The National University of Singapore, NUS Press : 282-300.

Gaynor J. L. 2016. Intertidal History in Island Southeast Asia: Submerged Genealogy and the Legacy of Coastal Capture. Ithaca (New York, États-Unis), Cornell University Press (Southeast Asia Program Publications).

Hall K. 2011. A History of Early Southeast Asia: Maritime Trade and Societal Development c. 100–1500. Lambeth (Grande-Bretagne), Rowman & Littlefield Publishers.

Hoogervorst T. G. 2012. « Ethnicity and Aquatic Lifestyles: Exploring Southeast Asia’s Past and Present Seascapes », Water History, 4-3 : 245-65.

Hung H., Iizuka Y., Bellwood P., Nguyen K. D., Bellina B., Silapanth P., Dizon B., Santiago R., Datan I. & Manton J. H. 2007. « Ancient Jades Map 3000 Years of Prehistoric Exchange in Southeast Asia », Proceedings of the National Academy of Sciences, 104-50 : 19745-19750.

Hung H., Tsang C., Deng Z., Bolunia M., Santiago R., Carson M. & Bellwood P. 2022. « Preceramic riverside hunter-gatherers and the arrival of Neolithic farmers in northern Luzon », Antiquity, 96-388 : 848-867.

Illouz, C. & Nuraini C. 2021. « The Bajau Diaspora: Origin and Transformation ». In: B. Bellina, R. Blench & J.-C. Galipaud (dir.). Sea Nomads of Southeast Asia. From the Past to the Present. Singapour (Indonésie), The National University of Singapore, NUS Press : 301-322.

Ivanoff J. 1989. Moken : les naufragés de l’histoire : une société de nomades marins de l’archipel Mergui. Paris, Ehess (École des hautes études en sciences sociales).

Ivanoff J. 2021. « Nomads in the Interstices of History ». In: B. Bellina, R. Blench & J.-C. Galipaud, (dir.). Sea Nomads of Southeast Asia. From the Past to the Present. Singapour (Indonésie), The National University of Singapore, NUS Press : 236-253.

Kaifu Y., Fujita M., Yoneda M. & Yamasaki S. 2015. « Pleistocene seafaring and colonization of the Ryukyu Islands, southwestern Japan ». In: Y. Kaifu, M. Izuho, T. Goebel, H.  Sato & A. Ono (dir.) Emergence and diversity of modern human behavior in Paleolithic Asia. College Station (Texas, États-Unis), Texas A&M University Press : 345-61.

Kusuma P., Cox M. P., Pierron D., Razafindrazaka H., Brucato N., Tonasso L., Suryadi H. L., Letellier T., Sudoyo H. & Ricaut F.-X. 2015. « Mitochondrial DNA and the Y chromosome suggest the settlement of Madagascar by Indonesian sea nomad populations », BMC Genomics, 16 : 191.

Kusuma P., Brucato N., Cox M. P., Letellier T., Manan A., Nuraini C., Grangé P., Sudoyo H. & Ricaut F.-X. 2017. « The last sea nomads of the Indonesian archipelago: genomic origins and dispersal », European Journal of Human Genetics, 25 : 1004-1010.

Lapian A. B. 1979. « Le rôle des Orang Laut dans l’histoire de Riau », Archipel, 18 : 215-222.

Leong S. H. 1990. Collecting centres, feeder points and entrepots in the Malay Peninsula, c. 1000 B.C.–A.D. 1400. Singapour (Indonésie), The National University of Singapore.

McNiven I. 2003. « Saltwater People: Spiritscapes, Maritime Rituals and the Archaeology of Australian Indigenous Seascapes », World Archaeology, 35-3 : 329-49.

Miksic J. N. & Yian G. G. 2013. Ancient Harbors in Southeast Asia. The Archaeology of Early Harbors and Evidence of Inter-Regional Trade. Bangkok (Thaïlande), Seameo-Spafa (Southeast Asian Ministers of Education Organization Project in Archaeology and Fine Arts), Regional Centre for Archaeology and Fine Arts : 176.

Morrison K. D. 2002. « Historicising adaptation, adapting to history: forager-traders in South and Southeast Asia ». In: K. D. Morrison & L. L. Junker (dir). Forager-Traders in South and Southeast Asia. Cambridge (Grande-Bretagne), Cambridge University Press : 1–17.

Nolde L. 2014. Changing Tides: A History of Power, Trade, and Transformation among the Sama Bajo Sea Peoples of Eastern Indonesia in the Early Modern Period. Mānoa (Hawaï, États-Unis), University of Hawai’i at Manoa (PhD dissertation).

Noury A. & Galipaud J.-C. 2011. Les Lapita, nomades du Pacifique. Marseille, Ird Éditions.

Pelras C. 1972. « Notes sur quelques populations aquatiques de l’archipel nusantarien », Archipel, 3 : 133-168.

Rogers P. & Engelhardt R. 2021. « Ethno-archaeological Evidence of “Resilience” Underlying the Subsistence Strategy of the Maritime-Adapted Inhabitants of the Andaman Sea ». In: B. Bellina, R. Blench & J.-C. Galipaud, (dir.). Sea Nomads of Southeast Asia. From the Past to the Present. Singapour (Indonésie), The National University of Singapore, NUS Press.

Sather C. A. 1997. The Bajau Laut: Adaptation, History, and Fate in a Maritime Fishing Society of South-eastern Sabah. Kuala Lumpur (Malaisie), New York (États-Unis), Oxford University Press.

Sather C. A. 2006. « Sea Nomads and Rainforest Hunter-gatherers: Foraging Adaptations in the Indo-Malaysian Archipelago ». In: P. Bellwood, J. J. Fox & D. Tryon (dir.). The Austronesians: Historical and Comparative Perspectives. Canberra (Australie), The Australian National University, ANU E Press : 245-83.

Soares P. A., Trejaut J.-A., Rito T., Cavadas B., Hill C., Eng K. & Mormina M. 2016. « Resolving the Ancestry of Austronesian-speaking Populations », Human Genetics, 135 : 309-326.

Sopher D. 1977. The Sea Nomads: A Study of the Maritime Boat People of Southeast Asia. Singapour (Indonésie), National Museum Publication.

Tarling N. 1978. Piracy and Politics in the Malay World: A Study of British Imperialism in Nineteenth-Century South-East Asia. Nendeln (Liechtenstein), Kraus.

White W. G. 1922. The Sea Gypsies of Malaya: An Account of the Nomadic Mawken People of the Mergui Archipelago with a Description of their Ways of Living, Customs, Habits, Boats, Occupations. Londres (Grande-Bretagne), Seeley, Service & Co.

Wolters O. W. 1999. History, Culture, and Region in Southeast Asian Perspectives (REV-Revised 2). Ithaca (New York, États-Unis), Cornell University Press.

Haut de page

Notes

1 . Les Holothuries (Holothuroidea), dites aussi concombres ou bêches de mer, sont une classe d’animaux marins de l’embranchement des échinodermes au corps mou et oblong et possédant un cercle de tentacules autour de la bouche.

Haut de page

Table des illustrations

Titre Fig. 1. Carte de répartition des principaux groupes de nomades marins en Asie du Sud-Est insulaire et côtière (d’après Bellina et al. 2021 : fig. 1.1, p. 13).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14647/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 885k
Titre Fig. 2. Moken sur leurs embarcations nommées Kabang. © J. Ivanoff.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14647/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 500k
Haut de page

Pour citer cet article

Référence papier

Bérénice Bellina et Jean-Christophe Galipaud, « Origines et évolutions du nomadisme maritime en Asie du Sud-Est »Les nouvelles de l'archéologie, 171 | 2023, 38-43.

Référence électronique

Bérénice Bellina et Jean-Christophe Galipaud, « Origines et évolutions du nomadisme maritime en Asie du Sud-Est »Les nouvelles de l'archéologie [En ligne], 171 | 2023, mis en ligne le 12 mars 2024, consulté le 16 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/14647 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/nda.14647

Haut de page

Auteurs

Bérénice Bellina

Cnrs Umr 8068 Temps « Technologie et ethnologie des mondes préhistoriques », Maison des sciences de l’homme « Mondes »

Jean-Christophe Galipaud

Institut de recherche pour le développement (Ird) Umr 208 Paloc « Patrimoines locaux, environnement et globalisation »

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-NC-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search