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Dossier

Archives photographiques : quels usages pour l’archéologie en ville ?

Émilie Trébuchet
Nicolas Fouillet
p. 47-53

Résumés

Cet article propose quelques éléments de réflexion sur l’usage des archives photographiques à l’échelle des sites urbains. Il s’appuie sur des travaux de recherche menés dans les villes de Toulouse et de Tours, associant archéologie, histoire visuelle et sciences de l’information et de la communication. En ville comme ailleurs, la photographie se présente comme une source essentielle pour la recherche archéologique actuelle, complémentaire des données de terrain.

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Notes de la rédaction

Avec la collaboration de : Nicolas Fouillet [contributeur], .

Texte intégral

Introduction

« l’archéologie exhume les témoins

éphémères du passé, qui ont disparu en enregistrant l’histoire ; ceux-ci sont devenus la matière de l’histoire des temps anciens parce qu’ils n’étaient que temporaires.

Il n’est guère qu’un seul autre médium qui expose le même phénomène, c’est la photographie. »

1L’image photographique, omniprésente depuis plus d’un siècle, est entrée dans les champs de recherche de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales. Son histoire, ses usages et fonctions ont fait l’objet d’analyses multiples, en histoire de l’art, histoire, ethnologie, sociologie, tout comme en archéologie. Pourtant, Clément Chéroux écrivait il y a une vingtaine d’années que « Si l’histoire de la photographie est vivace, l’histoire par la photographie demeure infertile. Trop peu d’historiens se consacrent à l’analyse d’archives photographiques. Rares sont ceux qui utilisent la photographie au-delà de sa valeur illustrative » (About & Chéroux 2001).

  • 1 . « Enfin, pour le voyageur, pour l’archéologue, aussi bien que pour le naturaliste, l’appareil de (...)

2Ce constat dans le domaine de l’histoire s’applique très largement à celui de l’archéologie, qui a longtemps délaissé le médium photographique comme source directe d’informations, l’assimilant prioritairement à une création documentaire sur les terrains et à une technique d’illustration des rapports d’opération. La prise de conscience tardive du potentiel informatif de la photographie et de ses usages multiples est peut-être à rechercher dans les liens primitifs qu’a entretenu la discipline archéologique avec ce médium1, mais aussi avec ceux qui l’ont précédé, comme le dessin. La création d’images est en effet une composante fondamentale de l’archéologie, en tant que traitement primaire scientifique des vestiges découverts, périssables voire voués à la destruction (artefacts, stratigraphie). Liée à la mémorisation, à la conservation et à l’analyse intellectuelle, la photographie et plus largement la donnée visuelle produite par les archéologues sont, historiquement, avant tout documentaires et relèvent de codes propres à cette communauté scientifique (Després-Lonnet 2014 : 74-81). C’était pourtant nier une caractéristique essentielle de l’objet photographique, bien établie dans les sciences de l’information et de la communication : son interprétation est indépendante de son sujet et s’effectue selon des contextes d’usage (Tardy 2014 : 8).

3Avec le développement d’une archéologie de l’époque contemporaine et celui des recherches en archives préalables aux opérations, les pratiques commencent pourtant à évoluer. Voir à travers l’image l’état ou les états passés d’un bâtiment ou d’un espace, c’est commencer à en appréhender son potentiel historique et archéologique. L’archéologue, dont la mission est de restituer le passé des sites par l’étude des vestiges matériels mais également par celle de toutes les données à sa disposition, s’oriente ainsi vers un nouvel usage de la photographie, celui de source.

  • 2 . Recherche menée avec les archives municipales de Toulouse dans le cadre d’une formation universit (...)
  • 3 . Projet « Recherche en images : Tours archéologique » (RiTa), de 2018 à 2022, coordonné par l’Inra (...)
  • 4 . Voir notamment les travaux du Laboratoire Archéologie et Territoires de l’ Umr 7324-Citères et la (...)

4C’est selon cette approche que deux projets de recherche ont été menés à Toulouse (Trébuchet & Jacquet 2015)2 et à Tours3. Ces deux villes ont été appréhendées à l’échelle de leurs limites communales actuelles, en tant que sites archéologiques à part entière dont les origines et les dynamiques d’occupation, de structuration et d’expansion font l’objet de programmes de recherche spécifiques4. En ville, où la densité et la succession des occupations ont formé un enchevêtrement complexe d’informations à décrypter dans la stratigraphie de terrain, les archives iconographiques, et plus spécifiquement ici photographiques, constituent en effet souvent de précieuses ressources pour les archéologues. Des corpus sur les villes de Toulouse et Tours ont ainsi été constitués, rassemblant des photographies d’origine, d’intention et de fabrique très diverses, mais ayant toutes vocation à être déchiffrées par le regard de l’archéologue.

5Les problématiques ont été à la fois documentaires et scientifiques : où chercher dans le foisonnement d’archives et quels fonds privilégier ? Comment favoriser l’accès et la réutilisation des images à l’échelle de la ville ? Comment analyser la photographie, lui donner un « sens » archéologique ? Comment peut-elle servir de preuve ou tout au moins de matériel d’information sur des phénomènes perçus par l’archéologie ? Que nous apprennent ces documents sur la discipline et ses représentations à travers le temps, depuis les origines du procédé photographique ? L’exercice suppose de contourner systématiquement la fonction première de ces archives photographiques (tourisme, reportage, presse, inventaire, etc.) pour faire entrer un ou plusieurs de leurs sujets dans un système comparatif, généralement chrono-stratigraphique ou spatial, et intégrer certains éléments à l’analyse des données archéologiques de terrain. La photographie offre bien cette possibilité car, à l’instar de l’archéologie, elle a enregistré nombre d’informations sous forme d’indices et donne ainsi à découvrir ses propres vestiges, non pas matériels mais visuels.

Rendre accessible des archives foisonnantes

6À l’échelle de la ville, tous les fonds photographiques anciens, pour peu qu’ils présentent des éléments matériels disparus ou altérés (bâtiments, voirie, sous-sol, etc.) semblent pouvoir un jour être exploités par l’archéologie préventive à l’occasion de futurs aménagements. Constituer un corpus est donc en soi une gageure, à laquelle on doit ajouter celle du renouvellement permanent des ressources, par le traitement et la mise à disposition progressive de nouveaux fonds. Nos travaux ont par ailleurs fait le constat d’une très large dispersion des photographies patrimoniales.

7Les institutions publiques susceptibles d’avoir en gestion des photographies anciennes sur le patrimoine urbain enfoui ou bâti sont nombreuses : principalement les services régionaux de l’archéologie et des monuments historiques, les opérateurs d’archéologie, les services d’inventaire, les archives et bibliothèques municipales, départementales ou nationales, les musées mais aussi les laboratoires de recherche ou bibliothèques universitaires par exemple. Cette dispersion, historique, pose rapidement des difficultés quant à la recherche de documents originaux, mais aussi pour l’analyse de la production et de la circulation des images patrimoniales. Ces problématiques sont équivalentes pour les fonds privés (sociétés archéologiques, collections particulières, etc.). D’un point de vue documentaire enfin, le traitement des fonds et leur mode d’accessibilité est tout aussi disparate : on passe du document avec sa description complète (physique, intellectuelle et sémantique), téléchargeable en ligne, au document physique isolé et renseigné par un titre seul dont l’attribution est à vérifier. Un des objectifs du projet RiTa à Tours a été de pallier la dispersion et d’harmoniser, d’enrichir et d’agréger ces diverses ressources par le biais des technologies numériques et la création d’une plateforme d’images en ligne.

8Considérer la ville comme un site, c’est l’aborder à travers toutes les échelles visuelles disponibles, de la photographie aérienne à celle d’un vestige, en passant par les vues de quartiers, de sites, de bâtiments. C’est aussi aller puiser dans toutes ses composantes et ressources visuelles. Ainsi, en constituant un corpus large d’images, l’interdisciplinarité propre à l’archéologie et à son histoire ne cesse de se manifester : patrimoine, architecture, urbanisme, sciences naturelles, beaux-arts, mais aussi médecine, religion, etc.

Remonter les origines de l’archéologie urbaine en France

9La photographie n’a officiellement que 183 ans, ce qui est bien insuffisant pour remonter aux origines de l’archéologie (Schnapp 2020). Néanmoins, les découvertes du xixe et du début du xxe siècle sont déjà bien souvent enfouies dans les archives comme dans les mémoires, et leur exhumation, notamment par l’image, reste récente. Fouiller les archives visuelles – comme textuelles – incite donc à revisiter les découvertes, les vestiges et leurs interprétations, mais également à poser un regard historiographique sur la discipline même. En ville, la recherche du « plus ancien » témoignage visuel, bien qu’anecdotique, nous rappelle ou nous enseigne que l’archéologie urbaine et l’archéologie de sauvetage n’ont pas été inventées dans les années 1960 à 1980 mais bien dès le xixe siècle. Elles sont certes soumises à des théories, des méthodes et une législation évolutives mais les premières fouilles urbaines préventives, c’est-à-dire des chantiers de surface liés à des aménagements, ont eu lieu au moins dès le second Empire, à l’occasion des transformations structurelles engagées dans les villes françaises. Cette problématique, que nous voulons développer plus largement sur le territoire métropolitain dans le cadre d’une nouvelle recherche, complète la vision offerte par l’archéologie française à l’étranger et les ruines des villes méditerranéennes notamment (Yelles 2020 : 85-88).

  • 5 . À l’occasion de l’exposition au musée Saint-Raymond : Dans l’œil du viseur. La photographie révèl (...)

10Prenons deux exemples. À Toulouse, la plus ancienne photographie de vestiges archéologiques, datée entre 1869 et 1871, a été dévoilée en 20155 (fig. 1). Devenue aujourd’hui un véritable objet patrimonial, elle a probablement été commandée par l’architecte Jacques-Jean Esquié (1817-1884) qui, lors de travaux de percements de la rue de Metz, a mis au jour et étudié avec précision les vestiges d’un théâtre antique sous les bâtiments modernes (Esquié 1871).

11À Tours, en 1886, une importante fouille extensive (fig. 2) fut menée par l’abbé Casimir Chevalier (1825-1893), missionné par l’Archevêque de Tours et secondé par un architecte, là aussi en plein centre-ville, avant la construction de la nouvelle basilique Saint-Martin. La recherche du tombeau du saint, qui motivait le projet, s’accompagna d’une importante étude architecturale des différents états de l’édifice et de ses fondations (Chevalier 1888).

12Ces exemples témoignent de la précocité des fouilles urbaines en France, conduites par les acteurs de l’archéologie de l’époque qui firent appel à des opérateurs photographes pour rendre compte de leurs travaux. Ingénieurs, architectes, prêtres, instituteurs ou médecins, ces savants appartenaient souvent aux sociétés archéologiques locales qui jouèrent un rôle essentiel et dont la naissance coïncide approximativement avec celle de la photographie (1831 pour la Société archéologique du Midi de la France, à Toulouse, et 1840 pour la Société archéologique de Touraine, à Tours).

Fig. 1. Anonyme, Toulouse : vue du théâtre antique fouillé par Jacques-Jean Esquié, 1869-1871. Tirage papier, 25x19,5 cm. © Musée Paul-Dupuy, CEE_008_4_92. Fouilles sous la maison Jèze, à l’actuel n° 1 rue de Metz à Toulouse. En bas à droite, on voit les fondations des gradins du théâtre, sous lesquelles courait un égout.

Fig. 1. Anonyme, Toulouse : vue du théâtre antique fouillé par Jacques-Jean Esquié, 1869-1871. Tirage papier, 25x19,5 cm. © Musée Paul-Dupuy, CEE_008_4_92. Fouilles sous la maison Jèze, à l’actuel n° 1 rue de Metz à Toulouse. En bas à droite, on voit les fondations des gradins du théâtre, sous lesquelles courait un égout.

Fig. 2 et 2 bis. C. Peigné, Tours : vues du chantier de Saint-Martin à la fin de juillet 1886. Phototypies tirées de Chevalier 1888. En haut : un chef de chantier et ses ouvriers avec leurs outils prennent la pose au milieu des maçonneries de la collégiale, en cours de dégagement. En bas à droite, les vestiges du tombeau de Saint-Martin découverts en 1860 et protégés par une construction. En bas : les fouilleurs prennent la pose devant une chapelle de la collégiale, dégagée jusqu’à ses fondations bien visibles.

Fig. 2 et 2 bis. C. Peigné, Tours : vues du chantier de Saint-Martin à la fin de juillet 1886. Phototypies tirées de Chevalier 1888. En haut : un chef de chantier et ses ouvriers avec leurs outils prennent la pose au milieu des maçonneries de la collégiale, en cours de dégagement. En bas à droite, les vestiges du tombeau de Saint-Martin découverts en 1860 et protégés par une construction. En bas : les fouilleurs prennent la pose devant une chapelle de la collégiale, dégagée jusqu’à ses fondations bien visibles.

Des sources foisonnantes pour l’archéologie du bâti : la ville inventoriée

13Pour l’archéologie du bâti, les archives photographiques constituent une source de connaissance particulièrement riche. Dans un système de comparaison chronologique, elles donnent en effet la possibilité de visualiser des états architecturaux parfois devenus inaccessibles ou gommés par les restaurations récentes. Ainsi dans le centre ancien de Tours, où nombre de constructions ont été détruites lors de la Seconde Guerre mondiale puis d’autres rasées ou déformées par les travaux d’urbanisme des années 1960-1980, les documents iconographiques permettent d’étudier les modalités et les évolutions du bâti urbain. Les constructions à pan de bois, majoritaires dans la ville avant le passage à la pierre au xviiie siècle, peuvent être analysées dans le détail alors que leur corpus d’origine a été fortement amputé (Noblet 2018).

14La photographie a rapidement permis de fixer des sujets architecturaux en voie de démolition ou de transformation. Pour le bâti comme pour l’enfoui, la perspective de la disparition ou de la ruine engage à conserver une trace et à en enregistrer les formes. Ces documents visuels deviennent alors parfois les derniers vestiges « en place » d’édifices prestigieux, tels le mur de la place Mage ou la porte du Grand Consistoire du Capitole à Toulouse (fig. 3 et 4), l’hôtel Semblançay de Tours ou les bâtiments de l’ancienne entrée de ville (fig. 5 et 6).

  • 6 . La Commission des Monuments historiques, créée en 1837, confia en 1851 une Mission héliographique (...)

15Les sources photographiques pour le bâti sont ainsi très abondantes, l’architecture et la ruine étant des sujets de prédilection pour qui s’intéresse aux transformations des villes. On doit aussi directement cette prolixité à une prédominance de l’archéologie monumentale jusqu’au milieu du xxe siècle, spécifiquement en milieu urbain, où le sous-sol est difficilement accessible. Conformément aux ambitions de la Commission des Monuments historiques et de sa Mission héliographique6, les sociétés archéologiques se chargèrent dès leur création d’inventorier, de relever et d’étudier les édifices historiques remarquables de leurs régions. On observe donc sur tout le territoire français, dès la seconde moitié du xixe siècle, une propension à l’inventaire et à la construction de corpus visuels sur le bâti remarquable antique, médiéval et moderne. Les services d’inventaire, plus récemment, contribuent largement à poursuivre cette œuvre photographique (Auduc 2013) et leurs ressources s’avèrent de véritables mines d’information pour l’archéologue.

Fig. 3. Attribué à E. Trutat, Toulouse : le mur de la place Mage, avant 1865. Tirage papier, 9x13 cm. © Société archéologique du Midi de la France, 3 Fi.1.101. Ce mur construit entre 1754 et 1758 était un monument décoratif. Sa niche abritait une statue équestre de Louis XIII qui fut détruite le 24 août 1792.

Fig. 3. Attribué à E. Trutat, Toulouse : le mur de la place Mage, avant 1865. Tirage papier, 9x13 cm. © Société archéologique du Midi de la France, 3 Fi.1.101. Ce mur construit entre 1754 et 1758 était un monument décoratif. Sa niche abritait une statue équestre de Louis XIII qui fut détruite le 24 août 1792.

Fig. 4. A. Trantoul, Toulouse : la porte du Grand Consistoire au Capitole, 1880. Tirage papier collé sur carton, 16,3x10,7 cm. © Musée Paul-Dupuy, dépôt de la Société archéologique du Midi de la France, D.67.3.2443. Cette porte démontée en août 1880 est aujourd’hui exposée au Louvre.

Fig. 4. A. Trantoul, Toulouse : la porte du Grand Consistoire au Capitole, 1880. Tirage papier collé sur carton, 16,3x10,7 cm. © Musée Paul-Dupuy, dépôt de la Société archéologique du Midi de la France, D.67.3.2443. Cette porte démontée en août 1880 est aujourd’hui exposée au Louvre.

Fig. 5. P. Mantelier, Tours : Hôtel de Beaune-Semblançay vu depuis une lucarne, 1898. Positif sur verre, 8,5x10 cm. © Société archéologique de Touraine, 4040-0105. Vue partielle du pavillon de l’hôtel, construit au début du xvie siècle et détruit dans un incendie en 1940.

Fig. 5. P. Mantelier, Tours : Hôtel de Beaune-Semblançay vu depuis une lucarne, 1898. Positif sur verre, 8,5x10 cm. © Société archéologique de Touraine, 4040-0105. Vue partielle du pavillon de l’hôtel, construit au début du xvie siècle et détruit dans un incendie en 1940.

Fig. 6. F.-É. Boutineau, Tours : mairie, musée, rue Nationale, vers 1890. Tirage sur papier albuminé, 12,5x22 cm. © Bibliothèque municipale de Tours, L. A. Tours Place A. France R.1 IC.892. Ces deux pavillons d’entrée de la ville, abritant le musée et l’école des Beaux-Arts à gauche, la mairie puis la bibliothèque à droite, ont été incendiés en 1940 puis entièrement démolis.

Fig. 6. F.-É. Boutineau, Tours : mairie, musée, rue Nationale, vers 1890. Tirage sur papier albuminé, 12,5x22 cm. © Bibliothèque municipale de Tours, L. A. Tours Place A. France R.1 IC.892. Ces deux pavillons d’entrée de la ville, abritant le musée et l’école des Beaux-Arts à gauche, la mairie puis la bibliothèque à droite, ont été incendiés en 1940 puis entièrement démolis.

Constater l’état du sous-sol et son potentiel archéologique

16L’archéologue a pour originalité de porter son attention à la fois sur l’existant et le disparu, sur des éléments du territoire visibles et invisibles. À l’instar du photographe qui a appris à lire ses négatifs et à les transposer en images positives, l’archéologue a acquis cette capacité à projeter une réalité disparue, à partir d’indices ou de traces en creux. Ce phénomène d’inversion et de projection mentale sur le terrain s’applique certainement à l’archive photographique, susceptible de révéler, par la fouille visuelle, des informations multiples. L’œil s’y pose en tout cas aussi bien sur les vestiges, ruines et artefacts visibles que sur des stratigraphies et des représentations directes ou indirectes du sous-sol.

17À Tours, ville fortement impactée par les destructions de la Seconde Guerre mondiale puis remodelée par des travaux d’urbanisme de grande ampleur, les photographies de ruines et du sous-sol en transformation forment un corpus à la fois abondant et saisissant. Peut-on envisager de retrouver des informations archéologiques sur des vues, majoritairement en noir et blanc, du sous-sol mis à nu ou d’excavations anciennes ? En réalité, ces vues témoignent le plus directement de l’impact des événements sur la conservation du patrimoine archéologique et elles participent surtout du travail d’évaluation du potentiel archéologique de la ville. La quête de détails dans l’image mène aussi à percevoir des vestiges non fouillés (caves, puits, murs) ou des séquences stratigraphiques qui ne sont plus accessibles et n’ont pas fait l’objet de relevés (fig. 7). Pour ces périodes troublées et de grande mutation, dépourvues d’une législation adéquate, la photographie est à considérer comme une source majeure d’information.

18De manière générale, les archives rendent compte de la proximité historique entre archéologie et aménagement urbain. En ville, des données archéologiques sont donc à chercher dans les fonds relatifs aux travaux d’urbanisme, de construction et d’entretien. Depuis le xixe siècle, les chantiers urbains ont en effet fait l’objet de grands reportages photographiques (Bocard 2016). Toulouse donne un bon exemple des interactions fortes existant entre les sociétés savantes, qui procédaient visiblement de manière systématique à des surveillances de travaux, et les ingénieurs et chefs de chantier de construction (fig. 8).

Fig. 7. A. Arsicaud, Tours : îlots en ruine rue des Halles, 13 mai 1948. Négatif nitrate, 2,4x3,6 cm. © Archives départementales d’Indre-et-Loire, 5 Fi007778. Au premier plan, les vestiges de fondations des bâtiments détruits durant la guerre (maçonneries, escaliers, caves). Au second plan, un îlot préservé dont une maison-tour du xiie siècle, démolie lors des reconstructions.

Fig. 7. A. Arsicaud, Tours : îlots en ruine rue des Halles, 13 mai 1948. Négatif nitrate, 2,4x3,6 cm. © Archives départementales d’Indre-et-Loire, 5 Fi007778. Au premier plan, les vestiges de fondations des bâtiments détruits durant la guerre (maçonneries, escaliers, caves). Au second plan, un îlot préservé dont une maison-tour du xiie siècle, démolie lors des reconstructions.

Fig. 8. L. Fachinetti, Toulouse : pose de canalisation d’égouts place du Capitole, 1910. Tirage papier, 11x16 cm. © Archives municipales de Toulouse, 1 Fi234. Extrait d’un lot d’images de travaux de canalisation au cours desquels des éléments de l’enceinte antique, ici en bas à droite, ont été dégagés et observés par les membres de la Société archéologique du Midi de la France.

Fig. 8. L. Fachinetti, Toulouse : pose de canalisation d’égouts place du Capitole, 1910. Tirage papier, 11x16 cm. © Archives municipales de Toulouse, 1 Fi234. Extrait d’un lot d’images de travaux de canalisation au cours desquels des éléments de l’enceinte antique, ici en bas à droite, ont été dégagés et observés par les membres de la Société archéologique du Midi de la France.

Confirmer, illustrer, interroger des données de terrain

19Source précieuse d’informations, la photographie ancienne vient aussi souvent, a posteriori, illustrer des hypothèses parfois difficiles à conceptualiser ou à transmettre. Une fois les observations de terrain effectuées, l’archéologue peut être amené à enrichir l’archive photographique par ses connaissances matérielles et son regard scientifique en la détournant de sa fonction initiale. Une nouvelle lecture de l’image, qui a incidemment enregistré une multitude d’informations dont chaque discipline peut s’emparer tour à tour, est alors en œuvre.

20Par ailleurs, les champs de recherche de l’archéologie étant nombreux et pluridisciplinaires, les sources visuelles sont à chercher dans des fonds parfois singuliers. Deux exemples pris dans le corpus tourangeau permettent d’illustrer nos propos. Le premier concerne une carte postale de patinage avant 1908 (fig. 9). Ce document à visée touristique et mémorielle éclaire un phénomène essentiel pour la ville et son expansion, celui du rehaussement nécessaire des terrains très humides entre Loire et Cher, par des remblaiements de grande ampleur que les archéologues et géomorphologues identifient systématiquement sur le terrain. La vue, focalisée ici sur un loisir, montre en arrière-plan l’importance de la levée de terre qui endigue un des axes majeurs de la ville, l’avenue Grammont (construite entre 1751 et 1757) : une mise hors d’eau devenue imperceptible aujourd’hui avec la densification du tissu urbain et les remblaiements opérés depuis le milieu du xixe siècle.

21Plus indirectement, le projet RiTa a entraîné l’exploration de fonds variés et notamment ceux de la Bibliothèque universitaire de Médecine de Tours. Cette discipline est très liée à l’archéologie depuis le xixe siècle, des médecins tourangeaux s’étant beaucoup impliqués dans les recherches préhistoriques du Grand-Pressigny (Indre-et-Loire) et à la société archéologique de Touraine. Médecine, anthropologie physique, archéologie se trouvent de nouveau imbriquées dans des recherches récentes menées dans l’enceinte de l’ancienne caserne Beaumont (Blanchard 2019), la photographie offrant un possible éclairage sur des pratiques liées à la dissection et à l’étude du corps humain (fig. 10). C’est là un tout autre registre qui rappelle combien l’information, parfois suggérée ou illustrée dans les archives visuelles, trouve sa place dans des répertoires tous azimuts.

Fig. 9. Grand Bazar, 334. Tours - Avenue de Grammont - Patinage, avant 1908. Phototypie, 8,9x13,9 cm. © Archives départementales d’Indre-et-Loire, 10 Fi261-1218.

Fig. 9. Grand Bazar, 334. Tours - Avenue de Grammont - Patinage, avant 1908. Phototypie, 8,9x13,9 cm. © Archives départementales d’Indre-et-Loire, 10 Fi261-1218.

Fig. 10. Musée d’ostéologie de l’École de Médecine et de Pharmacie de Tours. N° 15, s. d. Tirage papier © Scd (Service commun de documentation), Université de Tours, med Fi9-2-1. Les fouilles de la Zone d’aménagement concerté (Zac) sur les anciennes casernes de Beaumont-Chauveau, à Tours, ont livré une série d’inhumations atypiques, de corps lacunaires. Elles sont liées aux séances de dissection de l’école de Médecine, toute proche, à la fin du xixe et au début du xxe siècle. Ici, les restes exposés proviennent certainement de ces mêmes activités d’enseignement.

Fig. 10. Musée d’ostéologie de l’École de Médecine et de Pharmacie de Tours. N° 15, s. d. Tirage papier © Scd (Service commun de documentation), Université de Tours, med Fi9-2-1. Les fouilles de la Zone d’aménagement concerté (Zac) sur les anciennes casernes de Beaumont-Chauveau, à Tours, ont livré une série d’inhumations atypiques, de corps lacunaires. Elles sont liées aux séances de dissection de l’école de Médecine, toute proche, à la fin du xixe et au début du xxe siècle. Ici, les restes exposés proviennent certainement de ces mêmes activités d’enseignement.

Conclusion

22Le potentiel des archives photographiques dans la recherche archéologique n’est plus à démontrer et reste encore à explorer, tant pour l’interprétation ou la « redocumentarisation » des sites que pour l’historiographie même de la discipline (Trébuchet 2017, 2021). La confrontation du chercheur avec les photographies anciennes conduit en effet à une forme de stupéfaction, analogue à celle décrite par R. Barthes devant l’image d’un être familier disparu (Barthes 1980), à un regard introspectif sur les pratiques, objets, acteurs et méthodes de la recherche archéologique.

23Prise comme objet d’information, la photographie, qui enregistre toujours bien au-delà de son sujet principal, oriente également vers une transversalité, un décloisonnement des disciplines où archéologie, histoire, histoire de l’art, architecture, ethnologie, médecine, etc. retrouvent des liens élémentaires.

24Tout particulièrement en ville, où l’activité humaine est intense, la photographie offre des constats d’état, une mémoire des lieux et des événements qui rejoignent l’archéologue dans son ambition de retracer une histoire plurielle et plurimillénaire en exhumant les archives du sol.

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Bibliographie

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Tardy C. (dir.). 2014. Les médiations documentaires des patrimoines. Paris, L’Harmattan.

Trébuchet É. 2011. L’archéologie en photographies. Réflexions sur l’exemple toulousain : 1852-1971. Master 2 Archives et Images, Université Toulouse II Le Mirail.

Trébuchet É. & Jacquet C. 2015. Dans l’œil du viseur : la photo révèle l’archéo : exposition, 14 mai-20 septembre 2015, [Musée Saint-Raymond-Musée des antiques de Toulouse]. Toulouse, Musée Saint-Raymond-Musée des antiques de Toulouse.

Trébuchet É. 2017. « La photographie ancienne révèle l’archéologie des villes : l’exemple de Toulouse antique (fin 19e - milieu 20e s.). Bilan d’une opération de fouille dans les archives photographiques. ». En ligne : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01584060.

Trébuchet É. 2021. « Précieuses archives photographiques ». In : D. Garcia (dir.), La fabrique de la France : 20 ans d’archéologie préventive. Paris, Flammarion : 258‑267.

Yelles A. 2020. Aux origines de la photographie archéologique : de Rome en Afrique. Drémil-Lafage, Éditions Mergoil.

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Notes

1 . « Enfin, pour le voyageur, pour l’archéologue, aussi bien que pour le naturaliste, l’appareil de M. Daguerre deviendra d’un usage continuel et indispensable. Il leur permettra de fixer leurs souvenirs sans recourir à la main d’un étranger. Chaque auteur désormais composera la partie géographique de ses ouvrages ; en s’arrêtant quelques instants devant le monument le plus compliqué, devant le site le plus étendu, il en obtiendra sur-le-champ un véritable fac-simile. » (Figuier 1867 : 42‑43)

2 . Recherche menée avec les archives municipales de Toulouse dans le cadre d’une formation universitaire soutenue par l’Inrap. Voir Trébuchet 2011 et le dossier en ligne : https://www.archives.toulouse.fr/histoire-de-toulouse/patrimoine-urbain/archeologie-et-photographie.

3 . Projet « Recherche en images : Tours archéologique » (RiTa), de 2018 à 2022, coordonné par l’Inrap et l’Université de Tours (Umr 7324-Citeres LatCités, territoires, environnement et sociétés, Laboratoire archéologie et territoires), avec le soutien de la région Centre-Val de Loire. Le projet est concrétisé par un site web donnant accès à un large corpus visuel : https://rita.huma-num.fr/, une exposition intitulée Le Sol et l’Image: histoires d’archéologie à Tours (25 février-22 mai 2022, Château de Tours) et une publication collective à paraître.

4 . Voir notamment les travaux du Laboratoire Archéologie et Territoires de l’ Umr 7324-Citères et la référence Lorans & Rodier 2013.

5 . À l’occasion de l’exposition au musée Saint-Raymond : Dans l’œil du viseur. La photographie révèle l’archéologie (Trébuchet & Jacquet 2015 : 21).

6 . La Commission des Monuments historiques, créée en 1837, confia en 1851 une Mission héliographique sur 175 édifices historiques aux photographes Hippolyte Bayard (1801-1887), Édouard Baldus (1813-1889), Henri Le Secq (1818-1882), Gustave Le Gray (1820-1884) et Auguste Mestral (1812-1884). À partir de 1873, la mission collecta des vues de tous les monuments remarquables en ayant notamment recours aux sociétés archéologiques pour y parvenir (Fourestié & Gui 2017 : 15-21).

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Anonyme, Toulouse : vue du théâtre antique fouillé par Jacques-Jean Esquié, 1869-1871. Tirage papier, 25x19,5 cm. © Musée Paul-Dupuy, CEE_008_4_92. Fouilles sous la maison Jèze, à l’actuel n° 1 rue de Metz à Toulouse. En bas à droite, on voit les fondations des gradins du théâtre, sous lesquelles courait un égout.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14409/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 987k
Titre Fig. 2 et 2 bis. C. Peigné, Tours : vues du chantier de Saint-Martin à la fin de juillet 1886. Phototypies tirées de Chevalier 1888. En haut : un chef de chantier et ses ouvriers avec leurs outils prennent la pose au milieu des maçonneries de la collégiale, en cours de dégagement. En bas à droite, les vestiges du tombeau de Saint-Martin découverts en 1860 et protégés par une construction. En bas : les fouilleurs prennent la pose devant une chapelle de la collégiale, dégagée jusqu’à ses fondations bien visibles.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14409/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 723k
Titre Fig. 3. Attribué à E. Trutat, Toulouse : le mur de la place Mage, avant 1865. Tirage papier, 9x13 cm. © Société archéologique du Midi de la France, 3 Fi.1.101. Ce mur construit entre 1754 et 1758 était un monument décoratif. Sa niche abritait une statue équestre de Louis XIII qui fut détruite le 24 août 1792.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14409/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 220k
Titre Fig. 4. A. Trantoul, Toulouse : la porte du Grand Consistoire au Capitole, 1880. Tirage papier collé sur carton, 16,3x10,7 cm. © Musée Paul-Dupuy, dépôt de la Société archéologique du Midi de la France, D.67.3.2443. Cette porte démontée en août 1880 est aujourd’hui exposée au Louvre.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14409/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 253k
Titre Fig. 5. P. Mantelier, Tours : Hôtel de Beaune-Semblançay vu depuis une lucarne, 1898. Positif sur verre, 8,5x10 cm. © Société archéologique de Touraine, 4040-0105. Vue partielle du pavillon de l’hôtel, construit au début du xvie siècle et détruit dans un incendie en 1940.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14409/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 1,0M
Titre Fig. 6. F.-É. Boutineau, Tours : mairie, musée, rue Nationale, vers 1890. Tirage sur papier albuminé, 12,5x22 cm. © Bibliothèque municipale de Tours, L. A. Tours Place A. France R.1 IC.892. Ces deux pavillons d’entrée de la ville, abritant le musée et l’école des Beaux-Arts à gauche, la mairie puis la bibliothèque à droite, ont été incendiés en 1940 puis entièrement démolis.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14409/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 597k
Titre Fig. 7. A. Arsicaud, Tours : îlots en ruine rue des Halles, 13 mai 1948. Négatif nitrate, 2,4x3,6 cm. © Archives départementales d’Indre-et-Loire, 5 Fi007778. Au premier plan, les vestiges de fondations des bâtiments détruits durant la guerre (maçonneries, escaliers, caves). Au second plan, un îlot préservé dont une maison-tour du xiie siècle, démolie lors des reconstructions.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14409/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 995k
Titre Fig. 8. L. Fachinetti, Toulouse : pose de canalisation d’égouts place du Capitole, 1910. Tirage papier, 11x16 cm. © Archives municipales de Toulouse, 1 Fi234. Extrait d’un lot d’images de travaux de canalisation au cours desquels des éléments de l’enceinte antique, ici en bas à droite, ont été dégagés et observés par les membres de la Société archéologique du Midi de la France.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14409/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 711k
Titre Fig. 9. Grand Bazar, 334. Tours - Avenue de Grammont - Patinage, avant 1908. Phototypie, 8,9x13,9 cm. © Archives départementales d’Indre-et-Loire, 10 Fi261-1218.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14409/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 241k
Titre Fig. 10. Musée d’ostéologie de l’École de Médecine et de Pharmacie de Tours. N° 15, s. d. Tirage papier © Scd (Service commun de documentation), Université de Tours, med Fi9-2-1. Les fouilles de la Zone d’aménagement concerté (Zac) sur les anciennes casernes de Beaumont-Chauveau, à Tours, ont livré une série d’inhumations atypiques, de corps lacunaires. Elles sont liées aux séances de dissection de l’école de Médecine, toute proche, à la fin du xixe et au début du xxe siècle. Ici, les restes exposés proviennent certainement de ces mêmes activités d’enseignement.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14409/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 983k
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Pour citer cet article

Référence papier

Émilie Trébuchet, « Archives photographiques : quels usages pour l’archéologie en ville ? »Les nouvelles de l'archéologie, 170 | 2023, 47-53.

Référence électronique

Émilie Trébuchet, « Archives photographiques : quels usages pour l’archéologie en ville ? »Les nouvelles de l'archéologie [En ligne], 170 | 2023, mis en ligne le , consulté le 15 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/14409 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/nda.14409

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Auteur

Émilie Trébuchet

Inrap, UMR 7324 Citères-LAT « CItés, TERritoires, Environnement et Sociétés 

Laboratoire Archéologie et Territoires »

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Nicolas Fouillet

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