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Dossier

Dans l’objectif d’Espérandieu

Les archives photographiques des fouilles du sanctuaire d’Apollon Moritasgus
Vivien Barrière et Olivier de Cazanove
p. 33-40

Résumés

À partir de l’exemple des fouilles d’Émile Espérandieu (1857-1939) à Alésia (Alise-Sainte-Reine, Côte-d’Or), dans le sanctuaire d’Apollon Moritasgus, on s’interroge sur les enjeux de l’utilisation de la photographie dans les pratiques scientifiques de terrain et dans la reproduction des objets, au début du xxe siècle. Tandis que c’est à des planches photographiques montées artisanalement qu’est désormais confiée la présentation du mobilier, de préférence au dessin – et que leur revient donc la charge de la preuve –, les clichés de terrain sont en général relégués au rang de pures illustrations. Les prises de vues sont réalisées très a posteriori, donnant souvent lieu à des mises en scène artificielles, et aussi à une exploitation commerciale sous forme de cartes postales. Documenter la fouille en cours reste l’exception.

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Texte intégral

1Alésia est l’un des « grands sites » qui ont été mobilisés pour construire le récit national. Par conséquent, parce qu’il a été continûment exploré depuis plus d’un siècle, sans même remonter aux fouilles de Napoléon III sur le siège de César, le site d’Alésia (Alise-Sainte-Reine, Côte-d’Or) a également contribué au développement de l’archéologie de terrain et de ses protocoles en France métropolitaine. Lorsqu’en septembre 1911 Émile Espérandieu (1857-1939) met au jour, sur les pentes de la Croix-Saint-Charles, à l’extrémité Est du Mont Auxois, un tronçon de murus gallicus, un rempart de type gaulois renforcé de poutres de bois, Antoine Héron de Villefosse (1849-1915), dans une séance de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, s’exclame :

  • 1 . Antoine Héron de Villefosse, « Lettre de M. Espérandieu relative à la découverte des murs gaulois (...)

« c’est à l’abri de cette muraille que nos ancêtres ont soutenu le choc de l’armée romaine, c’est derrière ce mur qu’ils s’étaient réunis pour défendre, dans un suprême effort, l’indépendance du pays ». Il ajoute que la vue de « cette relique de la patrie gauloise (…) est assurément plus impressionnante encore que celle des fossés de César »1.

2En fait de vue, les éléments de preuve qu’Héron de Villefosse apporte aux académiciens sont la lettre d’Espérandieu qui lui-même cite le passage de la Guerre des Gaules où César parle du murus gallicus d’Avaricum, lettre accompagnée de deux longs clous de fer qui servaient à assujettir les poutres du mur entre elles et qu’Espérandieu lui avait envoyés. L’anecdote est emblématique, et pas seulement parce que cette tirade patriotique est révélatrice de tout un état d’esprit, trois ans avant le déclenchement du premier conflit mondial : ce qui compte, c’est l’objet lui-même (les fiches de fer) plutôt que sa photographie, la description du mur plutôt qu’un cliché de fouille. Mais peut-être, à vrai dire, la découverte annoncée « à chaud » n’avait-elle pas encore été documentée par la photographie et, de toute façon, les images du mur étaient bien peu parlantes. Néanmoins Espérandieu n’en publia pas moins de quatre l’année suivante dans deux rapports différents, preuve de l’importance qu’il accordait à ces vestiges et de la volonté qu’il avait de les illustrer (fig. 1).

3Cet épisode laisse déjà entrevoir un certain nombre des enjeux soulevés par l’utilisation de la photographie dans les pratiques scientifiques de terrain. Quelle place pour l’image, entre photographie d’objets et prises de vues sur le terrain, et cela à la fois dans les rapports publiés et les archives inédites ?

Fig. 1. Murus gallicus de la Croix-Saint-Charles et ses fiches de fer. © Espérandieu, Rapport 1911, fig. 3.

Fig. 1. Murus gallicus de la Croix-Saint-Charles et ses fiches de fer. © Espérandieu, Rapport 1911, fig. 3.

4L’étude des archives alisiennes d’Émile Espérandieu, conservées au palais du Roure à Avignon, permet également d’évaluer le ratio entre ce qui fut publié et ce qui demeura inédit, en tant que « minute de terrain » : quel est-il et comment l’expliquer ? Quel rapport avec l’écrit d’une part, le plan et le croquis de l’autre ? Quelle temporalité enfin, puisqu’on s’aperçoit que, loin de documenter la fouille en train de se faire, la plupart des photographies de vestiges sont réalisées a posteriori, et souvent bien a posteriori. À partir de l’œuvre accomplie par Émile Espérandieu à Alésia, notamment au sanctuaire d’Apollon Moritasgus (lieu-dit La Croix-Saint-Charles) qu’il fouilla entre 1909 et 1911, c’est presque l’ensemble des problèmes que soulève le rapport de l’archéologie à l’image photographique qui peuvent être posés.

  • 2 . Olivier de Cazanove, « Le sanctuaire d’Apollon Moritasgus à Alésia. Onze ans de fouilles (2008-20 (...)

5S’interroger sur le contexte de production de ces photos de fouilles anciennes est d’autant plus nécessaire dans le cadre d’une reprise d’enquête de terrain comme celle conduite à la Croix-Saint-Charles, qui a fait l’objet d’un nouveau programme d’exploration entre 2008 et 2018, un siècle après Espérandieu2. Il était capital de confronter les images du début du xxe siècle avec la situation actuelle (ce qui sera fait en détail dans la monographie en préparation), d’évaluer la réserve strati- et topographique encore intacte par rapport à ce qui avait été alors touché, de suppléer ce qui manque aujourd’hui avec ce qui existait encore au début des fouilles Espérandieu (stratigraphies, mais aussi structures, car celui-ci n’hésitait pas à démonter puis remonter murs et pavements selon l’avancement de ses travaux, tandis que les constructions laissées en un premier temps à l’air libre se sont irrémédiablement dégradées en un siècle), de faire concourir données anciennes et récentes à une restitution d’ensemble du sanctuaire. Le même constat peut être fait pour les photographies d’objets, dont certains n’existent plus ou sont en mauvais état. Recourir à la documentation archéologique d’époque s’avère donc indispensable avant, pendant et après toute reprise de fouilles, mais sans jamais oublier qu’il ne s’agit pas d’images neutres qui auraient enregistré la réalité en quelque sorte sans filtre. Les choix du photographe-archéologue doivent impérativement être évalués (qu’est-ce qui était montrable ? dans quel but ?), sous peine de s’exposer à commettre des contresens.

Les enjeux du contrôle des photographies des fouilles

6Dans quelles circonstances Espérandieu est-il arrivé à Alise-Sainte-Reine ? En 1905, une société savante, la Société des sciences historiques et naturelles de Semur-en-Auxois, entend reprendre des fouilles à Alésia, dans le centre monumental, quarante ans après celles menées tout autour de la colline par Napoléon III. Cette société est présidée par le docteur Adrien Simon (1853-1941) et son vice-président Louis Matruchot (1863-1921), fondateur et directeur de la revue Pro Alesia : revue mensuelle des fouilles d’Alise et des questions relatives à Alésia, revue de promotion des fouilles menées par la Société des sciences de Semur à Alésia, publiée de 1906 à 1932. Le Comité des travaux historiques, sur la recommandation de Camille Jullian (1859-1933) et de Salomon Reinach (1858-1932), a conditionné le versement de subventions à la nomination du commandant Espérandieu comme directeur scientifique de la Commission des fouilles mise en place par la société savante locale. Victor Pernet (1838-1922) est quant à lui nommé directeur des travaux : ce fouilleur alisien avait travaillé sous la conduite d’Eugène Stoffel (1821-1907), l’officier-archéologue en charge des fouilles du siège césarien sous le Second Empire (1861-1865).

  • 3 . Lettre de Matruchot à Espérandieu, 5 juillet 1906, fonds Espérandieu, palais du Roure (Avignon).

7D’emblée, se pose la question de l’exploitation commerciale des photographies de fouille et d’objets. Les courriers que Louis Matruchot adresse à Espérandieu révèlent sa volonté de contrôle des prises de vues afin de favoriser la vente de cartes postales lors des visites ou par correspondance (ce dont il fait la promotion dans la revue Pro Alesia) : « il faut interdire, même aux amateurs, de photographier les fouilles d’Alise […] une carte postale bien lancée [peut], en quelques années, rapporter jusqu’à 500 ff.3 »

  • 4 . Sur ce point, cf. Marianne Altit-Morvillez, « Alésia, une fouille médiatique. Les enjeux du finan (...)
  • 5 . Lettre de Matruchot à Espérandieu, 15 mai 1906, fonds Espérandieu, palais du Roure (Avignon).
  • 6 . Lettre de Matruchot à Espérandieu, 5 septembre 1906, fonds Espérandieu, palais du Roure (Avignon)

8La revue Pro Alésia n’a pas seulement pour but de diffuser les connaissances acquises grâce aux fouilles dirigées par la Société des sciences de Semur, elle cherche avant tout à attirer l’attention et le soutien financier du grand public à une période où les travaux archéologiques, largement financés par ceux qui en sont à l’initiative, sont aussi des sources de profit4. Louis Matruchot considère les vues des fouilles comme un produit d’appel pouvant susciter des visites et, partant, d’autres contributions financières : « le public, tenu ainsi en haleine, ne pourra manquer de porter souvent les yeux sur Alésia, et j’espère bien l’inciter de la sorte à apporter aux fouilles son bon argent5. » En effet, une fois attiré sur place, le visiteur se verra proposer de nouvelles cartes postales : « un ouvrier des fouilles, actif et intelligent (…) fera le boniment (après avoir mis son paletot pour en imposer aux foules) et une fois terminé le tour du propriétaire, il glissera quelques cartes postales Pro Alesia aux amateurs – tout cela ad majorem Alesii gloria [sic]6. »

  • 7 . Pierre Pinon, « Au commencement des fouilles de l’agglomération d’Alesia par la Société des Scien (...)
  • 8 . Lettre de Simon à Espérandieu, 4 juillet 1906, fonds Espérandieu, palais du Roure (Avignon) : « E (...)

9Mais en 1908, la Société des sciences de Semur rompt brutalement ses relations avec le commandant Espérandieu, d’abord remplacé par Victor Pernet, puis par Jules Toutain (1865-1961). Les problèmes de photographies deviennent alors l’une des multiples manifestations de la querelle de propriété qui s’engage autour des fouilles du Mont Auxois : propriété de la reproduction photographique des objets ou des structures fouillées mais aussi propriété des objets eux-mêmes et surtout primeur des résultats scientifiques. Le docteur Simon en veut notamment à Espérandieu d’avoir adressé son rapport de fouilles de la campagne 1907 au Comité des travaux historiques et une simple copie à la Société des sciences de Semur. Parmi d’autres griefs, le docteur Simon reproche au directeur scientifique de la Commission des fouilles d’avoir outrepassé ses prérogatives en autorisant des visiteurs à photographier les fouilles de la Société des sciences de Semur7. Espérandieu utilise alors des lettres que lui avait adressées le docteur Simon pour démontrer sa bonne foi : le président de la Société des sciences de Semur lui avait explicitement donné le droit d’autoriser les photographies du chantier de fouilles8. Au-delà de l’enjeu du monopole des photographies pour la vente de cartes postales, la Société des sciences de Semur, propriétaire des terrains et à l’initiative du projet de fouilles, n’entend pas en être dépossédée d’une quelconque manière, ni par quiconque. Elle craint de l’être par un Espérandieu perçu comme l’émissaire de savants parisiens se défiant des sociétés savantes provinciales. Quoi qu’il en soit, la rupture entre la Société des sciences de Semur et ce dernier aboutit à son départ, non du site d’Alésia, mais du centre monumental de la ville gallo-romaine. Dès 1909, il achète des terrains à l’extrémité orientale du Mont Auxois, au lieu-dit la Croix-Saint-Charles où jaillissent naturellement des sources. Il y entreprend des fouilles pour y trouver un sanctuaire des eaux et en découvre effectivement un, non pas consacré à une nymphe comme il le croyait d’abord, mais à un Apollon au nom celtique : Apollon Moritasgus.

  • 9 . A. Charles, « Émile Sévené, Rapport de la commission des comptes », Bulletin de la Société des Sc (...)

10L’enjeu financier autour des photographies des fouilles d’Alise était en réalité assez minime : en 1909, la vente de cartes postales représentant les fouilles rapporte seulement 368 F aux recettes annuelles de la Société des sciences de Semur qui s’élèvent à 19 623,25 F , soit moins de 2 %, bien moins que les entrées payantes pour visiter le chantier qui équivalent à 10 % (2 303 F) des recettes annuelles9. Mais les cartes postales mettant en scène les fouilles deviennent un enjeu de pouvoir dans le cadre de la querelle entre Espérandieu et la Société des sciences, du fait de la visibilité qu’elles donnent aux découvertes des deux chantiers qui se font désormais concurrence sur le Mont Auxois. Face aux cartes postales des fouilles de la Société des sciences de Semur, marquées Pro Alesia, l’équipe d’Espérandieu se lance dans l’édition de ses propres cartes postales, preuve de l’importance de ces images photographiques dans l’histoire archéologique du Mont Auxois au début du xxe siècle (fig. 2). Les collaborateurs d’Espérandieu abordent la question dans les courriers qu’ils échangent :

  • 10 . Lettre d’Epery à Espérandieu, 8 avril 1910, fonds Espérandieu, palais du Roure (Avignon).

« Les cartes postales étaient arrivées avant moi ; j’en ai deux cents de chaque série. Mon opinion est que la série des ex-voto ne trouvera pas son écoulement ; et je suis d’avis de les vendre en séries (…) je fais des séries de 12 cartes qui seront vendues 0,60. »10

Fig. 2. Alise-Sainte-Reine. Cartes postales des fouilles de la Société des sciences de Semur (en haut) et d’Espérandieu à la Croix-Saint-Charles (en bas).

Fig. 2. Alise-Sainte-Reine. Cartes postales des fouilles de la Société des sciences de Semur (en haut) et d’Espérandieu à la Croix-Saint-Charles (en bas).
  • 11 . Hélène Tromparent & Élisabeth Rabeisen, H.-G. Daloz, peintre-photographe du tournant du siècle, M (...)
  • 12 . Lettre de Corot à Espérandieu, 4 mars 1910, fonds Espérandieu, palais du Roure (Avignon). : « La (...)

11Lorsqu’Espérandieu ouvre un nouveau chantier à la Croix-Saint-Charles, il continue à faire appel à un photographe professionnel installé à Montbard, Henri-Gédéon Daloz (1861-1941), auquel a été consacrée une exposition en 1998 au musée Buffon avec un catalogue publié l’année suivante par H. Tromparent et E. Rabeisen, qui lui a aussi plus récemment consacré un article11. Daloz est qualifié de « photographe de Pro Alesia » par le président de la Société des sciences de Semur dont il était à la fois membre et donateur régulier. C’est lui qui prend les clichés, commercialisés ensuite sous forme de cartes postales libellées Pro Alésia. Dans un courrier, Henry Corot (1864-1941), membre rebelle de la Société des sciences de Semur et collaborateur régulier d’Espérandieu, accuse d’ailleurs la société savante de s’assurer l’exclusivité des clichés de Daloz en lui interdisant d’offrir ses services à d’autres12.

  • 13 . Quelques années après les fouilles de la Croix-Saint-Charles, Espérandieu offre un appareil photo (...)

12En 1909, pourtant, plusieurs clichés des fouilles désormais conduites par Espérandieu à la Croix-Saint-Charles sont pris sur le site par Henri Daloz, ainsi que certaines planches d’objets (fig. 3). Sur ces photographies apparaît sa signature : H. D. Sc. (pour Henri Daloz sculpsit, c’est-à-dire tirage d’Henri Daloz). Mais, par la suite, cette signature disparaît parce qu’Espérandieu a cessé de recourir au photographe de la Société des sciences de Semur. D’une manière générale, Espérandieu n’a de cesse de vouloir assurer son indépendance en matière photographique vis-à-vis des photographes professionnels13. En témoigne par exemple un billet accompagnant une facture, sur lequel le commandant Espérandieu se plaint du prix qu’on lui réclame pour des tirages, 20 F. pour deux clichés réalisés au musée de Saint Lô en 1910 :

  • 14 . Note manuscrite d’Espérandieu sur une facture établie par Photographie & Agrandissements Lemaréch (...)

« Voici qui vous donne un bel exemple de la conscience des photographes professionnels et du prix que je paie des photographies la plupart du temps détestables. À ce tarif, chacune de mes journées de travail dans un musée me fait gagner plus de 800 francs. Cela me flatte ! »14

Fig. 3. Planche d’ex voto en bronze signée Henry Daloz. © Espérandieu, Rapport 1909, fig. 16.

Fig. 3. Planche d’ex voto en bronze signée Henry Daloz. © Espérandieu, Rapport 1909, fig. 16.

13Ce document permet d’établir qu’Espérandieu faisait un certain nombre de photographies lui-même avec son appareil personnel, soit plus de quatre-vingts par journée de travail passée à photographier des objets dans un musée. Cela lui permettait d’économiser ses ressources financières mais aussi de marquer le terrain de sa présence et de son nom, ce qui n’a pas échappé à H. Corot :

  • 15 . Lettre de Corot à Espérandieu, 6 février 1909, fonds Espérandieu, palais du Roure (Avignon).

« J’approuve votre idée de mettre au bas de chaque planche “cliché Espérandieu”. La Téléphotographie, sans fil surtout, n’ayant encore aucun poste d’Alise à Paris, cela prouvera surabondamment que vous êtes venu plus d’une fois, sans être revêtu de votre uniforme »15.

14Henry Corot, archéologue comptant parmi les plus proches collaborateurs d’Espérandieu, était lui-même photographe amateur et réalisait ses propres tirages, ce dont il s’entretient avec Espérandieu :

  • 16 . Lettre de Corot à Espérandieu, 5 janvier 1910, fonds Espérandieu, palais du Roure (Avignon).

« Je vous écris ce soir, tout en développant des positifs pris ce matin, des clichés de Monsieur Lorimy (…) C’est justement cette vue que je développe en ce moment, et comme le cliché était très dur, je suis obligé de surveiller la venue de l’épreuve positive pour l’avoir, si non bonne, tout au moins passable ! Vous êtes trop bon de trouver mes positifs parfaits ! ! Ce sont mes premiers, et vous savez qu’en toute chose il faut de l’apprentissage. Ce serait bien extraordinaire que du premier coup, je réussisse, comme vous le dites. Que serat-ce [sic] donc, dans la suite des temps ? ? Heureusement que ma vieille habitude des développements de clichés, m’a amené à employer tous les trucs, même ceux qui ne sont pas dans le commerce, et avec tout ce bagage, j’arrive quelque fois a obtenir quelque chose de guère. Mais quel casse-tête, surtout quand cela presse ! ! (…) L’an prochain, si vous me conservez cette confiance, pour les fouilles, je ferai en sorte de prendre de meilleures vues et je vais m’arranger avec le Docteur Guidermy, pour pouvoir au cas où je n’aurais pas mon appareil photographique me servir du sien16 ».

15Les considérations pratiques, techniques et financières autour des photographies de fouilles occupent une part importance des courriers qu’échangent Espérandieu et Corot :

« J’ai reçu seulement il y a une demi-heure votre lettre partie du Hâvre le 2 Fevr. et je m’empresse d’y répondre en vous disant de ne pas vous faire estamper ainsi par les professionnels de la photo. Tout compte fait, et fait très largement, une vue pour projection, d’après une photographie ou un dossier, ne doit pas coûter plus de 0f45 pièce.

D’autre part, si on a des clichés négatifs pour faire ces vues, elles ne reviennent qu’à 0f30 pièce.

Je veux bien que tout le monde vive, mais vous avouerez que 30 centimes ou 45 centimes par vue, sont aussi bien dans votre poche que dans celle d’un professionnel quelconque. Maintenant, je suis outillé pour tout faire en ce qui concerne les genres de vues ; vous pourrez donc user de moi tant que vous voudrez […] Je vais essayer un truc de ma façon pour donner un peu de flou au réseau de la simili gravure. Si j’y réussis, nous aurons une corde de plus à notre arc, et je ne prendrais pas de brevet ; j’exploiterai mon truc pour les amis et seulement à leur avantage. […] Dans les vues que je vais vous envoyer il y en a de bonnes et de médiocres, pour ne pas dire mauvaises ; cela a tenu au manque d’expérience de l’opérateur. “C’est en forgeant (dit un vieux proverbe) que l’on devient forgeron” et à force de faire des positifs sur verre, je m’apprends.

  • 17 . Lettre de Corot à Espérandieu, 4 février 1910, fonds Espérandieu, palais du Roure (Avignon).

Il faut des clichés très durs pour obtenir de bons positifs, avec un cliché doux, c’est assez difficile de réussir ; d’autre part, il y a des teintes tant en photogravure qu’en photocollographie (cartes postales) qui ne viennent pas bien, et il faut les truquer, ma dernière série qui comprend les cartes postales allemandes, a été truquée par mon système spécial, et je crois, qu’à part la carte du vieux père Mommsen, tout le reste sera sortable. Par la suite, je pourrai donc vous faire du bon, et à bon marché. […] Dans ce dernier cas, les positifs vous reviendront à 35 ou 38 centimes pièce au lieu de 45, d’après photographie, et à 25 ou 28 centimes au lieu de 30, d’après clichés 13 × 18 ou 9 x 1217 ».

Le statut des photographies dans la démarche archéologique

16Dans les rapports annuels et les articles d’étape, les photographies d’objets sont souvent détourées, à la main et aux ciseaux. Le fond de la prise de vues n’a donc aucune importance. Inversement, les archives photographiques du palais du Roure livrent plusieurs clichés avant détourage qui témoignent de la façon dont les prises de vue d’objets archéologiques étaient effectuées : avec les moyens du bord, parfois sur le terrain même ! (fig. 4). Au-delà de l’anecdote, c’est le statut même de la photographie d’objets archéologiques qui est en jeu. La composition de planches montre bien que c’est désormais à la photographie qu’est confiée la présentation du mobilier, de préférence au dessin. La photographie se substitue à celui-ci mais aussi à une longue description. À ces objets isolés ou regroupés revient la charge de la preuve. Neuf planches d’objets (et treize clichés dans le texte) accompagnent par exemple le rapport qu’Espérandieu consacre à sa première campagne (1909) sur le sanctuaire, huit planches le rapport de la deuxième campagne.

Fig. 4. Exemple de prise de vue d’objet archéologique réalisée sur le terrain. © Avignon (Vaucluse), palais du Roure, fonds Espérandieu.

Fig. 4. Exemple de prise de vue d’objet archéologique réalisée sur le terrain. © Avignon (Vaucluse), palais du Roure, fonds Espérandieu.

17Il en va autrement pour les photographies prises sur le terrain. Celles-ci sont, sauf exception, reléguées au rang de pures illustrations. Les documents scientifiques qui portent la valeur démonstrative ce sont le plan et, déjà, les stratigraphies dessinées puisqu’Espérandieu en reproduit une, d’emblée, dans son rapport de 1909. Formé en tant qu’officier à la topographie, il réalise ses propres plans et les signe. Dans le même rapport sur la campagne 1909, voir sa signature apparaître en bas du plan tandis que celle de Daloz, le photographe professionnel, signe ses clichés, est révélateur de la hiérarchie établie entre deux types de documents.

18Ce caractère secondaire de la photographie de terrain vaut aussi d’un point de vue temporel : les prises de vues sont réalisées très a posteriori. Un cas emblématique de cette postériorité du cliché par rapport à la fouille est constitué par la photographie illustrant l’édicule qu’Espérandieu appelle le « sanctuaire hexagonal » et qu’il a fouillé en 1910, à côté des thermes de la Croix-Saint-Charles. Un jeune garçon pose à l’intérieur et permet de dater le cliché. Le même, revêtu de la même tenue, figure en effet sur une autre photographie datée du 20 juillet 1911 (fig. 5), ce qui démontre que le cliché a été pris un an après la fouille. Avec un décalage moindre (quelques jours, quelques semaines ou quelques mois), ce devait être souvent le cas. Or, ce décalage chronologique autorise toutes les manipulations et, sinon de véritables trucages, du moins des mises en scène. Un cas emblématique est celui d’une base de pilastre fragmentaire que nous avons remise au jour en juillet 2011 au sud des thermes : elle était prise dans les remblais des fouilles menées par l’équipe d’Espérandieu en 1911 qui comblaient l’édicule hexagonal. L’examen du fonds photographique du palais du Roure révèle l’existence d’une carte postale sur laquelle apparaît le revers de cette même base de pilastre posée sur l’un des blocs d’angle de l’édicule hexagonal (fig. 6). Il s’agit d’une photographie prise lors de la campagne 1911 puisque l’on voit à la fois, au premier plan, l’édicule hexagonal et, au fond, la vasque à la gargouille. Deux observations peuvent être faites : tout d’abord, ce cliché confirme la proximité entre l’édicule hexagonal et la base de pilastre ; ensuite, il apparaît que cet élément de décor architectural relève d’une mise en scène destinée à constituer une carte postale archéologique. On aperçoit en effet, sur un autre des blocs d’angle de l’édifice hexagonal, une base de colonne qui joue exactement le même rôle et qui n’est pas davantage en place que la petite base de pilastre remise au jour en 2011 (fig. 7).

Fig. 5. Zone au sud des thermes de la Croix-Saint-Charles. Photographie réalisée le 20 juillet 1911.

Fig. 5. Zone au sud des thermes de la Croix-Saint-Charles. Photographie réalisée le 20 juillet 1911.

Fig. 6. Fouilles de la Croix-Saint-Charles. Carte postale de l’édifice hexagonal au sud des thermes. © Éditions Laurent-Blanche.

Fig. 6. Fouilles de la Croix-Saint-Charles. Carte postale de l’édifice hexagonal au sud des thermes. © Éditions Laurent-Blanche.

Fig. 7. Remise au jour en 2011 de l’édifice hexagonal au sud des thermes et de la base de pilastre. © V. Barrière.

Fig. 7. Remise au jour en 2011 de l’édifice hexagonal au sud des thermes et de la base de pilastre. © V. Barrière.

19Si cette carte postale confirme qu’en 1911 la base de pilastre a été volontairement placée au niveau de l’édicule hexagonal, un examen plus général du fonds photographique des fouilles d’Alise au palais du Roure permet de se rendre compte, d’une part, que ce n’était pas la première fois que la base de pilastre en question apparaissait sur une photographie de fouille de la Croix-Saint-Charles et, d’autre part, qu’elle avait déjà été utilisée comme un élément de mise en scène dans une composition photographique appartenant à la même série de cartes postales éditées par Laurent-Blanche à Alise-Sainte-Reine (fig. 8). Sur trois clichés différents des thermes où apparaît la base de pilastre, il semble qu’elle soit à chaque fois posée au même endroit, c’est-à-dire sur le mur sud de la pièce interprétée comme un caldarium ou un laconicum (fig. 9). Les clichés des thermes sont très certainement antérieurs d’un an à ceux des cartes postales : la base de pilastre est donc restée à proximité de l’édicule hexagonal jusqu’à ce qu’il soit remblayé et qu’elle soit jetée parmi les déblais de fouilles. Dans les clichés les plus anciens, cette base de pilastre se situe à proximité du caldarium / laconicum des thermes : elle provient probablement de la zone des thermes plutôt que de celle de l’édicule hexagonal, où elle s’est manifestement retrouvée à la suite d’une énième mise en scène photographique.

Fig. 8. Fouilles de la Croix-Saint-Charles. Carte postale mettant en scène la découverte d’une base de pilastre. © Éditions Laurent-Blanche.

Fig. 8. Fouilles de la Croix-Saint-Charles. Carte postale mettant en scène la découverte d’une base de pilastre. © Éditions Laurent-Blanche.

Fig. 9. Fouilles de la Croix-Saint-Charles. Cliché de fouilles réalisé dans les thermes. © Avignon (Vaucluse), palais du Roure, fonds Espérandieu.

Fig. 9. Fouilles de la Croix-Saint-Charles. Cliché de fouilles réalisé dans les thermes. © Avignon (Vaucluse), palais du Roure, fonds Espérandieu.

20Au-delà de ce petit dossier, ces quasi-trucages photographiques montrent clairement qu’on ne peut faire une confiance absolue à l’image, pourtant censément plus objective que toute autre forme de documentation. Elle peut se prêter à toutes sortes de manipulations ou n’avoir de valeur qu’anecdotique, quand sont réalisés de véritables « portraits de groupe » d’ouvriers. Ils montrent du moins l’estime qu’Espérandieu a pour eux (il en fait mention dans ses rapports). Ces clichés ont aussi, à la marge, valeur de témoignage en documentant les techniques de fouilles employées : emploi des wagonnets Decauville et gestion des déblais, avec l’érection de murets de soutènement en général assez soigneusement réalisés, et l’amoncellement de tas au plus près de la fouille, tandis que la baraque de fouille apparaît parfois à l’arrière-plan.

21Ce n’est en fin de compte qu’exceptionnellement que la photographie de terrain, telle que la conçoivent Espérandieu et nombre de ses contemporains, peut se transformer en véritable document scientifique et apporter une information irremplaçable sur le déroulement de la fouille – par exemple, sur des structures ou des couches en passe d’être démontées pour permettre la continuation de l’enquête. Ces photos sont le plus souvent restées inédites et n’en ont que plus de valeur. Mais sont-elles exploitables ? Lors de la campagne 1909 à la Croix-Saint-Charles, à l’intérieur du temple octogonal d’Apollon Moritasgus et sous son niveau de circulation, des foyers précoces, laténiens et/ou augustéens, ont été découverts sur deux niveaux superposés. Sans que les ouvriers aient cessé de travailler (les jambes de l’ouvrier sur le palier supérieur sont visiblement en mouvement), des photos de documentation ont été prises « à la volée ». Ce sont là de véritables instantanés, au plus près de la progression de la fouille. La deuxième a été légendée : « les deux foyers superposés dans le temple octogone ». Le problème, c’est qu’on peine à en deviner les traces sur le cliché, de sorte que leur valeur démonstrative disparaît presque. La tentative de fixer sur la plaque de verre un vestige fugitivement apparu à la fouille est exceptionnelle, méthodologiquement novatrice mais tourne court. La photo a pâli bien sûr, mais surtout l’angle de prise de vue, et plus encore les terres de déblais trop proches ne permettent pas une vision correcte (fig. 10).

22On peut alors conclure sur ce qui, aux yeux de n’importe quel archéologue d’aujourd’hui, apparaîtra comme la principale différence entre ces photographies de fouille du début du xxe siècle et les nôtres. Celles-là donnent à voir un site peu ou pas nettoyé quand les nôtres cherchent à être les plus propres et les plus lisibles possible. Il ne s’agit pas ici de porter un jugement de valeur, qui n’aurait en l’espèce aucun sens. Ce dont témoignent ces photographies, c’est plutôt d’une relation différente au chantier de fouille, au rapport entre structures et strates, aux élévations construites ainsi qu’au devenir des vestiges. Elles montrent ainsi qu’Espérandieu a laissé exposés aux intempéries les thermes de la Croix-Saint-Charles, finalement recouverts par un bosquet. Telle quelle, cette documentation photographique constituée un siècle plus tôt s’est révélée absolument fondamentale à toutes les étapes de la reprise de fouilles sur le sanctuaire d’Apollon Moritasgus engagée entre 2008 et 2018. Elle aura toute sa place dans la publication monographique actuellement en préparation.

Fig. 10. Fouilles de la Croix-Saint-Charles. Cliché de fouilles réalisé dans la galerie périphérique du temple d’Apollon Moritasgus. © Avignon (Vaucluse), palais du Roure, fonds Espérandieu.

Fig. 10. Fouilles de la Croix-Saint-Charles. Cliché de fouilles réalisé dans la galerie périphérique du temple d’Apollon Moritasgus. © Avignon (Vaucluse), palais du Roure, fonds Espérandieu.
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Bibliographie

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Altit-Morvillez M. 2021. Émile Espérandieu (1857-1939) : un archéologue entre institution militaire et monde académique. Drémil Lafage, Mergoil.

Cazanove O. de. 2019. « Le sanctuaire d’Apollon Moritasgus à Alésia. Onze ans de fouilles (2008-2018) », Comptes-Rendus de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2019, 1 : 51-75.

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Joly R. 2014. Henry Corot (1864-1941) et ses correspondants, les acteurs de l’archéologie préhistorique sous la IIIe République. Paris, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne (thèse de doctorat).

Pinon. P. 2015. « Au commencement des fouilles de l’agglomération d’Alésia par la Société des Sciences : Victor Flour de Saint-Genis, Isidore Cazet, Henri Corot et le conflit entre Émile Espérandieu et Adrien Simon (1904-1909) », Bulletin de la Société des sciences de Semur, 123 : 183-227.

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Tromparent H. & Rabeisen É, Ickowicz P. (collab.). 1999. H.-G. Daloz, peintre-photographe du tournant du siècle. Montbard, musée Buffon.

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Notes

1 . Antoine Héron de Villefosse, « Lettre de M. Espérandieu relative à la découverte des murs gaulois d’Alésia », Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1911, 55-7 : 556.

2 . Olivier de Cazanove, « Le sanctuaire d’Apollon Moritasgus à Alésia. Onze ans de fouilles (2008-2018) », Comptes-Rendus de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2019, 1 : 51-75.

3 . Lettre de Matruchot à Espérandieu, 5 juillet 1906, fonds Espérandieu, palais du Roure (Avignon).

4 . Sur ce point, cf. Marianne Altit-Morvillez, « Alésia, une fouille médiatique. Les enjeux du financement entre 1905 et 1914 », Les nouvelles de l’archéologie, 133, 2013 : 43-48. DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/nda.2139.

5 . Lettre de Matruchot à Espérandieu, 15 mai 1906, fonds Espérandieu, palais du Roure (Avignon).

6 . Lettre de Matruchot à Espérandieu, 5 septembre 1906, fonds Espérandieu, palais du Roure (Avignon).

7 . Pierre Pinon, « Au commencement des fouilles de l’agglomération d’Alesia par la Société des Sciences : Victor Flour de Saint-Genis, Isidore Cazet, Henri Corot et le conflit entre Émile Espérandieu et Adrien Simon (1904-1909) », Bulletin de la Société des Sciences de Semur, 2015 : 25.

8 . Lettre de Simon à Espérandieu, 4 juillet 1906, fonds Espérandieu, palais du Roure (Avignon) : « En ce qui concerne la défense de prendre des photographies ou des mesures sur le terrain des fouilles, vous ferez ce qui vous conviendra. Je ne tiens nullement à la continuation de cette défense que je n’avais faite que par déférence pour vous ». Cet extrait est reproduit dans Émile Espérandieu, Les fouilles d’Alise. Une réponse, 1909 : 11.

9 . A. Charles, « Émile Sévené, Rapport de la commission des comptes », Bulletin de la Société des Sciences de Semur, 1910 : VII-IX.

10 . Lettre d’Epery à Espérandieu, 8 avril 1910, fonds Espérandieu, palais du Roure (Avignon).

11 . Hélène Tromparent & Élisabeth Rabeisen, H.-G. Daloz, peintre-photographe du tournant du siècle, Montbard, Musée Buffon, 1999 ; Élisabeth Rabeisen, « Pro Alesia et la diffusion photographique de l’Archéologie : les cartes postales Matruchot-Daloz (1905-914) », Bulletin de la Société des Sciences de Semur, 121, 2013 :50-66.

12 . Lettre de Corot à Espérandieu, 4 mars 1910, fonds Espérandieu, palais du Roure (Avignon). : « La petite société qui s’est fondée à Montbard, sous le titre de Société de Biographie et d’histoire, ne peut trouver aucun concours auprès du photographe Dalloz, qui est à la merci de la SSS et a peur de déplaire aux Grands Bonzes de cette illustre compagnie, dont il a eu quelques gracieusetés sous forme de palmes Académiques ! Et peut-être encore des menaces de lâchage, si il prêtait son concours à une autre société archéologique ! ».

13 . Quelques années après les fouilles de la Croix-Saint-Charles, Espérandieu offre un appareil photographique à Marcel Maillard, le fils du contremaître qui encadre ses ouvriers sur le terrain, afin qu’il puisse, entre autres, photographier les fouilles conduites par son père pour le compte d’Espérandieu.

14 . Note manuscrite d’Espérandieu sur une facture établie par Photographie & Agrandissements Lemaréchal à Saint-Lô le 12 avril 1910, fonds Espérandieu, palais du Roure (Avignon).

15 . Lettre de Corot à Espérandieu, 6 février 1909, fonds Espérandieu, palais du Roure (Avignon).

16 . Lettre de Corot à Espérandieu, 5 janvier 1910, fonds Espérandieu, palais du Roure (Avignon).

17 . Lettre de Corot à Espérandieu, 4 février 1910, fonds Espérandieu, palais du Roure (Avignon).

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Murus gallicus de la Croix-Saint-Charles et ses fiches de fer. © Espérandieu, Rapport 1911, fig. 3.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14389/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 616k
Titre Fig. 2. Alise-Sainte-Reine. Cartes postales des fouilles de la Société des sciences de Semur (en haut) et d’Espérandieu à la Croix-Saint-Charles (en bas).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14389/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 987k
Titre Fig. 3. Planche d’ex voto en bronze signée Henry Daloz. © Espérandieu, Rapport 1909, fig. 16.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14389/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 663k
Titre Fig. 4. Exemple de prise de vue d’objet archéologique réalisée sur le terrain. © Avignon (Vaucluse), palais du Roure, fonds Espérandieu.
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Fichier image/jpeg, 613k
Titre Fig. 5. Zone au sud des thermes de la Croix-Saint-Charles. Photographie réalisée le 20 juillet 1911.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14389/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 993k
Titre Fig. 6. Fouilles de la Croix-Saint-Charles. Carte postale de l’édifice hexagonal au sud des thermes. © Éditions Laurent-Blanche.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14389/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 412k
Titre Fig. 7. Remise au jour en 2011 de l’édifice hexagonal au sud des thermes et de la base de pilastre. © V. Barrière.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14389/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 862k
Titre Fig. 8. Fouilles de la Croix-Saint-Charles. Carte postale mettant en scène la découverte d’une base de pilastre. © Éditions Laurent-Blanche.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14389/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 401k
Titre Fig. 9. Fouilles de la Croix-Saint-Charles. Cliché de fouilles réalisé dans les thermes. © Avignon (Vaucluse), palais du Roure, fonds Espérandieu.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14389/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 525k
Titre Fig. 10. Fouilles de la Croix-Saint-Charles. Cliché de fouilles réalisé dans la galerie périphérique du temple d’Apollon Moritasgus. © Avignon (Vaucluse), palais du Roure, fonds Espérandieu.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14389/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 421k
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Pour citer cet article

Référence papier

Vivien Barrière et Olivier de Cazanove, « Dans l’objectif d’Espérandieu »Les nouvelles de l'archéologie, 170 | 2023, 33-40.

Référence électronique

Vivien Barrière et Olivier de Cazanove, « Dans l’objectif d’Espérandieu »Les nouvelles de l'archéologie [En ligne], 170 | 2023, mis en ligne le , consulté le 21 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/14389 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/nda.14389

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Auteurs

Vivien Barrière

Maître de conférences en histoire-archéologie à Cergy Paris Université

Umr 9022 « Héritages : Culture/s, Patrimoine/s, Création/s »

(CYU, Cnrs, ministère de la Culture)

Uar (Unité d’accompagnement et de recherche) 3155 « Institut de recherche sur l’architecture antique » (Aix Marseille Université/Cnrs)

Olivier de Cazanove

Professeur d’université en archéologie romaine

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,

Umr 7041 ArscAn « Archéologie et sciences de l’Antiquité »

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-4.0

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