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Dossier

Les fouilles de Suse (Iran) d’après les archives photographiques du département des Antiquités orientales du musée du Louvre

Julien Cuny et Clélia Paladre
p. 26-32

Résumés

Le Département des Antiquités orientales du musée du Louvre (Dao) conserve un important fonds d’archives photographiques illustrant les travaux des missions archéologiques françaises en Iran de la fin du xixe siècle aux années 1960. L’étude et la mise en valeur de ce fonds peuvent permettre un travail historiographique précieux visant à mieux comprendre les fouilles passées et à préciser voire corriger les résultats scientifiques alors obtenus. Suse, dans le sud-ouest iranien, est un site fondamental de l’histoire de l’Iran antique. Cet article présente l’apport du fonds photographique à la compréhension des contextes archéologiques à travers quelques exemples issus de ce site.

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Texte intégral

Introduction

  • 1 L’étude du fonds photographique iranien du département des Antiquités orientales a été rendue poss (...)

1Le Département des Antiquités orientales du musée du Louvre (Dao) conserve un important fonds d’archives photographiques. Il fut constitué au fur et à mesure des missions archéologiques placées sous l’égide du musée ou l’impliquant directement, de la fin du xixe siècle aux années 1960. Le fonds iranien est le plus important et illustre des thématiques diverses liées aux sites archéologiques, aux objets découverts, à l’histoire des missions et à celle de l’Iran à l’époque des dynasties Qadjar (1786-1925) et Pahlavi (1925-1979)1.

  • 2 . Sur l’histoire et les chefs d’œuvres de Suse, voir notamment Harper et al. 1992 et Stève et al. 2 (...)
  • 3 . W. F. Williams et K. Loftus de 1851 à 1854, puis le couple Dieulafoy entre 1884 et 1886 ont explo (...)
  • 4 . Sur l’histoire des fouilles de Suse voir notamment Chevalier 1997 et Stève et al. 2002.

2Le site le plus documenté est de loin Suse, dans le sud-ouest iranien (fig. 1). Sa richesse et sa complexité en font un site de référence. Fondé vers 4700-4500 avant notre ère, le site fut occupé presque continuellement jusqu’au xiiie siècle de notre ère, moment de son abandon à la suite de la conquête mongole2. Reconnu dès le milieu du xixe siècle3, il a été fouillé par une mission française jusqu’à la veille de la Révolution de 1979. L’histoire de son exploration est extrêmement importante pour la compréhension de l’archéologie iranienne. En effet, à Suse comme ailleurs en Iran, elle est marquée par la personnalité de Jacques de Morgan (1857-1924), premier archéologue à opérer des fouilles d’ampleur sur le site entre 1897 et 1912. Ingénieur des mines et passionné de préhistoire, il se montra déterminé à atteindre le plus vite possible les niveaux les plus anciens du site. Il y parvint à travers des chantiers colossaux et par la mise au point d’une technique de fouille que l’on peut qualifier d’industrielle. Roland de Mecquenem (1877-1957), son successeur de 1912 à 1939, perpétua ses pratiques et il fallut attendre Roman Ghirshman (1895-1979), à la tête de la mission de 1947 à 1967, pour que de réelles fouilles stratigraphiques soient enfin menées4. Leurs découvertes ont été réparties entre Paris et Téhéran, et une grande partie des œuvres de Suse sont aujourd’hui visibles au musée du Louvre.

3Principalement constitué par les archives de ces trois archéologues, le fonds photographique revêt dès lors une importance significative. Mises en regard avec d’autres sources archivistiques (carnets de fouilles, rapports, lettres, brouillons de publications, fiches objets, relevés architecturaux, etc.) et comparées avec les connaissances actuelles, ces photographies peuvent permettre un travail historiographique amenant à la redécouverte des contextes originels et à une meilleure compréhension du site et de ses périodes d’occupation. Dans les pages qui suivent, nous aimerions illustrer cette réalité à travers deux exemples.

Fig.1. Suse, de l’époque achéménide à l’époque sassanide (Cuny et al. 2020 : 133).

Fig.1. Suse, de l’époque achéménide à l’époque sassanide (Cuny et al. 2020 : 133).

Suivre la fouille du palais de Darius à travers la photographie

  • 5 . Les travaux ont été interrompus en 1979 sans que le programme d’étude du palais ait pu être tout (...)

4C’est en premier lieu le palais de Darius qui avait attiré à Suse la première mission française, en 1885 et 1886, dirigée par Marcel Dieulafoy (1844-1920). Les fouilles du britannique William K. Loftus (1820-1858) en 1851-1852 avaient en effet mis au jour une inscription trilingue sur quatre bases de colonne d’un bâtiment hypostyle similaire à ceux connus à Persépolis et attribuant sa construction à Darius Ier (vers 550-486 avant J.-C.). Elle permit l’identification du site avec la Shushan biblique, décor des Livres d’Esther et de Daniel. Lors de deux courtes campagnes, Dieulafoy précisa le plan et les vestiges de la grande salle hypostyle aux colonnes couronnées de chapiteaux à double protomés de taureaux. Il découvrit surtout un important nombre de briques glaçurées constituant le décor mural, rapidement reconstitué au Louvre. Toutefois, il n’avait pu restituer qu’une faible partie du plan de l’ensemble du complexe. Il fallut attendre 1909 pour que Mecquenem soupçonne l’existence d’autres bâtiments au sud de l’Apadana. Le dégagement de cette partie dura jusqu’en 1926, interrompu bien sûr par le premier conflit mondial, la mission de Suse ne pouvant revenir sur le site qu’en 1921 (Chevalier in Perrot 2010). Après 1945, Roman Ghirshman et Jean Perrot (1920-2012) revinrent à leur tour sur cet immense bâtiment qu’était le palais de Darius, cherchant à répondre à diverses questions architecturales qu’il pose encore5. La fouille du palais de Darius s’est donc déroulée en plusieurs étapes s’étendant du milieu du xixe siècle aux années 1970, avec toutefois une période de pleine activité entre 1908 et 1914, lorsque son dégagement devint l’un des objectifs principaux de la mission.

5Les travaux de Loftus mis à part, chacune de ces étapes s’est vue illustrée par la photographie. Marcel et Jane Dieulafoy (1851-1916) avaient déjà fait figure de pionniers lorsqu’ils avaient exploré la Perse en 1881-1882 et en particulier Persépolis. Ils avaient été devancés par d’autres sur ce site mais leurs photographies de très belle qualité ont permis à un vaste lectorat de découvrir ces ruines et leurs célèbres reliefs autrement que par la gravure, puisqu’elles servirent à illustrer largement L’art antique de la Perse, vaste somme en 5 volumes (Dieulafoy 1884-1889).

6Lors des fouilles de Suse, l’appareil photographique fut également utilisé pour garder en mémoire le déroulement des travaux ainsi que la topographie générale du site et son couvert végétal, qui faisait obstacle à une lecture du relief (Péron 2015). Ces photographies sont très précieuses aujourd’hui puisque la configuration du site a été radicalement bouleversée par les fouilles ultérieures. Les découvertes elles-mêmes sont peu photographiées, hormis quelques fragments de chapiteaux monumentaux. Enregistrer un contexte précis de découverte n’était pas une préoccupation des archéologues à ce moment. Le caractère trop fragmentaire des vestiges laissait sans doute penser que les photographier n’ajoutait rien d’« intelligible », contrairement aux restitutions dessinées que Dieulafoy leur préféra dans sa publication (Dieulafoy 1893).

7Plus tard, lorsque la Délégation Scientifique en Perse s’installa sur le site et fit construire le « château » (la maison de fouille aux allures de forteresse médiévale), la photographie fut également utilisée dès les premières années. Toutefois, la gravure et la lithographie restèrent les moyens les plus simples et les moins onéreux de l’illustration des Mémoires de la Délégation en Perse, série dans laquelle les résultats furent régulièrement publiés. Sous Mecquenem, la photographie continua d’être utilisée et permit de démontrer au ministère de l’Instruction publique, qui les finançait, l’étendue des travaux et des moyens déployés. La publication des fouilles du palais de Darius ne fut accomplie cependant qu’en 1947 (Mecquenem 1947). Le fonds photographique de la Délégation conservé au Louvre permet de suivre les étapes de ce dégagement, de comprendre les méthodes (rudimentaires) employées, de restituer la puissance de la stratification, parfois de resituer certains vestiges de date postérieure peu voire non décrits dans les rapports, et de saisir les difficultés que ces archéologues ont eues à appréhender l’architecture d’un monument dont ils ne cherchaient pas à relever les murs en briques crues. Ils ne cherchaient pas davantage à situer précisément les trouvailles, y compris les nombreux fragments d’architecture (bases de colonnes, seuils de porte, éléments de chapiteau, dont beaucoup gravés d’inscriptions royales envoyés au Louvre, milliers de briques glaçurées du décor mural) qui auraient pu apporter d’importantes informations pour mieux comprendre le bâtiment.

  • 6 . Secteur désigné comme « appartement royal » par Perrot (2010 : 245-246).

8La fouille a commencé au sud-ouest du palais par le secteur de deux grandes salles parallèles au plan dit « à quatre saillants »6. Les photographies rendent compte de l’épaisseur de la stratification supérieure qui s’élève jusqu’à environ deux mètres, ce qui est relativement peu pour un secteur qui a livré également des vestiges des périodes parthe, sassanide et islamique. Ceci témoigne d’une érosion importante compte tenu de la masse de terre que la ruine des murs de brique crue du palais a dû d’abord engendrer. Le seul plan des vestiges construits qui recouvraient l’architecture du palais perse au niveau des grandes salles parallèles, publié par Mecquenem, en donnait une idée relativement confuse (fig. 2b). Les photographies du fonds de la Délégation permettent d’appréhender ces vestiges post-achéménides dans les trois dimensions. On reconnaît sur une photographie, datable de 1909 et prise depuis le nord-est, le sol en béton de la plus méridionale des deux salles parallèles « à quatre saillants » (salle 752 selon la numérotation de Perrot 2010, fig. 217) ainsi que le seuil de porte en calcaire n° 715. Au premier plan à droite apparaissent le mur à angle arrondi et les sols associés à la cote, 85-90 cm au-dessus du sol achéménide, figurés au nord du plan de Mecquenem. Les ouvriers sont précisément en train de dégager le secteur des trois dalles calcaires de l’« appartement royal » (fig. 2a).

Fig. 2. Fouille du secteur dit de l’« appartement royal » du palais de Darius. Photographie (a) et plan (b) des vestiges post-achéménides recouvrant le secteur de l’appartement royal fouillés en 1909 (photographie archives Dao, mission de Suse, plan d’après Mecquenem 1947 : 4, fig. 2). (c) Plan du palais de Darius (d’après Perrot 2010, fig. 252) avec localisation de la zone en question.

Fig. 2. Fouille du secteur dit de l’« appartement royal » du palais de Darius. Photographie (a) et plan (b) des vestiges post-achéménides recouvrant le secteur de l’appartement royal fouillés en 1909 (photographie archives Dao, mission de Suse, plan d’après Mecquenem 1947 : 4, fig. 2). (c) Plan du palais de Darius (d’après Perrot 2010, fig. 252) avec localisation de la zone en question.

9Les photographies permettent aussi de recaler une chronologie des travaux en resituant des tranchées évoquées dans les rapports mais rarement positionnées sur plan, notamment celle ouverte en 1908 à l’est du palais sur les recommandations de Morgan afin de reprendre l’exploration du secteur qui avait livré tant de briques glaçurées durant les fouilles de Dieulafoy et permis de reconstituer au Louvre une partie du décor du palais, en particulier la fameuse frise des Archers. Malheureusement, les fameux « égouts » d’époque grecque dans lesquels les briques glaçurées du décor achéménide ont été majoritairement retrouvées ne semblent pas avoir été photographiés (Morgan 1908).

  • 7 . Ce plan dit plan-minute a servi à divers plans-masses et élévations restituées, dont plusieurs aq (...)

10Les sols du palais étant formés d’une épaisse couche de béton rouge très résistant, ou bien de carreaux de terre cuite pour les cours, la méthode expéditive à laquelle Mecquenem s’était arrêtée consistait à dégager rapidement l’ensemble de la stratification supérieure et à stopper le dégagement une fois atteint le niveau général indiqué par ces sols. En conséquence, la restitution des murs n’était possible qu’en lisant en négatif les interruptions de sols, donnant lieu à des plans peu compréhensibles. En 1913, la participation de l’architecte Maurice Pillet (1881-1964) à la mission de Suse eut pour objectif de dresser un plan précis de ces vestiges et d’en proposer une restitution. Dès son arrivée, Pillet s’attacha à découvrir tous les indices qui lui permettraient une lecture des distributions en localisant les crapaudines des portes conservées en fondation. Il dessina aussi méticuleusement que possible les rares traces de briques cuites ou crues encore visibles, parfois uniquement à l’état de taches de couleur plus foncées au niveau du sol. Il s’attacha à photographier la plupart de ses découvertes (Chevalier 2009). À l’issue de cette campagne, il réalisa un plan brique à brique d’une précision remarquable. Remis au propre, le plan final à l’échelle 1:100e dressait ce qui restait du palais sur une feuille de plus de 2,5 m de côté7.

  • 8 . C’est le cas de deux merlons en grès actuellement (inv. Sb 14236 = AS 11674 et Sb 14237 = AS 1167 (...)
  • 9 . Collection Pillet. Plan général visible au Louvre à l’occasion de l’exposition Une mission en Per (...)

11Depuis 1913, les vestiges dévoilés au grand jour ont souffert des affres du temps et, malgré les travaux méticuleux de réenregistrement entrepris par Jean Perrot et Daniel Ladiray (1932-2015) de 1969 à 1979, préalablement aux restaurations menées à cette époque, le plan de Pillet reste sans aucun doute le plus fiable de toute l’histoire des fouilles (Chevalier in Perrot 2010 : 98). Dimensions, mesures et altitudes furent annotées, ainsi que la position de découverte ou de prélèvement de certains fragments envoyés au Louvre8. Ces derniers sont malheureusement très peu nombreux du fait que Pillet est principalement intervenu après le dégagement et n’avait pu procéder qu’à quelques nettoyages de vérification. Malheur des temps, il semble que ce plan, fruit d’un travail patient, conservé par Pillet pendant de nombreuses années, ait fini par disparaître, contrairement au grand plan topographique général du site qu’il s’était aussi appliqué à lever9. Pillet avait toutefois eu la bonne idée de photographier ces documents : son plan du palais de Darius nous est donc parvenu grâce à une série de photographies générales et de détail. Il permet de vérifier la présence de murs ou l’étendue des sols en béton rouge, partiellement érodés depuis leur mise au jour (fig. 3).

12Pillet s’était aussi attaché à relever quelques vestiges des périodes postérieures à l’abandon du palais. Une ébauche de stratigraphie est donc là aussi en partie restituable. Son plan et ses photographies ont ainsi permis de redécouvrir la présence d’une mosquée installée au viie siècle ap. J.-C. dans la partie sud de la cour de l’Est (ou cour C3), dont il avait exhumé une partie du décor mural en stuc (Kervran 2019 ; Chevalier 2009 : 308).

Fig. 3. Plan-minute de Maurice Pillet de 1913-1914. Photographie non datée. Fonds Pillet, Dao.

Fig. 3. Plan-minute de Maurice Pillet de 1913-1914. Photographie non datée. Fonds Pillet, Dao.

Les fouilles du Donjon de Suse : un essai manqué pour l’archéologie du sud-ouest iranien

  • 10 . On doit cette appellation à Dieulafoy qui voulait souligner la topographie particulière de la zon (...)
  • 11 . On sait notamment que Loftus avait repéré des fragments de fût et de bases de colonnes dès 1852 e (...)

13Nous aimerions nous attarder sur les fouilles du Donjon10 de Suse, au sud du tell de la Ville royale (fig. 1). Son exploration ne commença réellement qu’en 1928, malgré des vestiges reconnus très tôt11. Cette année-là, des pluies torrentielles révélèrent un ensemble de jarres d’époque séleuco-parthe. Un sondage fut alors ouvert, amenant au dégagement d’un mur partiellement constitué de briques émaillées et de deux bases de colonnes en briques cuites (Mecquenem 1934 : 222). Ceci motiva Mecquenem à lancer une exploration plus approfondie de cette zone qui dura près de dix ans, entre 1929 et 1939.

  • 12 . Cinq périodes sont définies d’après les données historiques et les observations de terrain : la p (...)

14De 1928 à 1934, les fouilles se focalisèrent largement sur les nombreux témoins architecturaux affleurant, principalement datés des périodes achéménides, séleucides, parthes et sassanides. Mecquenem fait état d’un ensemble de constructions qu’il a dégagées à moins de 3 m de la surface et qu’il publie d’abord en 1934 (Mecquenem 1934 : 222-226), puis en 1943 (Mecquenem 1943 : 70-76 et fig. 71, fig. 60). Il interprète l’ensemble comme un « palais » qu’il date de la période sassanide face aux nombreux remplois des périodes précédentes. En parallèle, quelques tombes sont dégagées. Elles sont succinctement mentionnées (Mecquenem 1934 : 226-236), sans être réellement documentées. Les trouvailles y sont présentées chronologiquement et non par tombe, dans le but de définir des types généraux se rattachant à la périodisation établie par le fouilleur12.

15À partir de 1934, le niveau de fondation du « palais » est atteint et un nombre bien plus important de tombes est alors révélé, poussant Mecquenem à explorer les niveaux inférieurs. Il y découvre 641 sépultures et définit ainsi une vaste nécropole. La fouille est divisée en deux zones pour des raisons pratiques d’enregistrement et de gestion des ouvriers : la « nécropole A » au nord et la « nécropole B » au sud.

16L’ensemble des découvertes est cette fois présenté, selon une nouvelle méthodologie (Mecquenem 1943 : 76-126). Les tombes sont publiées en fonction de leur localisation (nécropole A et nécropole B) et de leur profondeur par rapport à la surface du tell. L’auteur précise la nature de la sépulture (fosse, jarre, sarcophage, tombeau), ses dimensions, son orientation et la position du défunt qu’elle accueillait. Le mobilier funéraire est, quant à lui, rapidement listé pour chaque tombe. À l’image de ce qui avait été entrepris en 1934, les objets ne sont pas individualisés mais rattachés à des types généraux présentés sur des planches de dessins. Les rares éléments architecturaux reconnus au cours de la descente dans cette « nécropole » sont décrits à part. Il s’agit le plus souvent de dallages, de puits ou de fours de potiers (ibid. : 126-128).

17Les conclusions de Mecquenem sont assez claires. Le Donjon est à ses yeux une butte funéraire, isolée de toute habitation. Elle aurait été arasée pour construire le palais du gouverneur de la ville à l’époque sassanide (ibid. : 74). Tout ceci fait écho à ses travaux sur les tells de l’Apadana et de la Ville Royale et le conforte dans son idée que Suse est en réalité bordé d’un ensemble de buttes funéraires, formant une sorte de muraille de protection (Mecquenem 1943-1944, voir pl. I).

18Les difficultés rencontrées lorsque l’on se penche sur les fouilles du Donjon sont nombreuses et appréhender le travail de Mecquenem à travers les publications officielles reste compliqué. Au-delà des techniques de fouille largement critiquables héritées de Morgan, son mentor, la publication des données est un réel problème. Il a en effet opéré un important travail de synthèse en compilant les notes des différents fouilleurs selon des velléités tout à fait subjectives. Il reconnaît lui-même ne présenter qu’une sélection des découvertes pour les années 1934, 1938 et 1939 et sacrifier « le quart de [ses] renseignements pour ne pas surcharger [son] exposé » pour les années 1935, 1936 et 1937 (Mecquenem 1943 : 74). Le problème n’est pas tant que la publication fasse œuvre de synthèse, mais plutôt que la masse originale des données n’ait pas été préservée, empêchant tout retour aux données sources.

  • 13 . Pour exemple, les vases sans décor sont parfois illustrés par un dessin de vase peint, la forme p (...)

19En outre, Mecquenem ne s’intéressa à aucun moment aux élévations en briques crues et ceci a son importance en ce qui concerne les tombes dégagées. Les habitants de Suse pratiquaient la sépulture intra-muros (Harper et al. 1992 : 22). Mecquenem, en séparant les descriptions des vestiges architecturaux de celles des tombes, rend impossible la reconstitution des quartiers d’habitations associés. La morphologie même des sépultures est difficilement recomposable, de même que l’agencement du mobilier autour du défunt puisqu’il n’existe ni photographie ni relevé publiés. Surtout, le rattachement d’un objet précis, connu par ailleurs, à une tombe précise, est rendu impossible par la publication en planches générales. Seules les découvertes jugées exceptionnelles ont été isolées par Mecquenem. En outre, certains dessins sont approximatifs, voire trompeurs13. À ce jour, les fouilles du Donjon restent le plus grand essai manqué de l’archéologie susienne.

  • 14 . Consultables en ligne, voir https://www.mom.fr/mecquenem/.
  • 15 . Aujourd’hui conservés aux archives du Dao.
  • 16 . Cette photographie est publiée dans le rapport annuel au ministère de l’Instruction publique de 1 (...)
  • 17 . Plus connue sous le nom de « Second style de Suse », cette production rassemble en réalité plusie (...)
  • 18 . Petrus Emmanuel van der Meer (1895-1963) était également présent, mais en tant qu’épigraphiste en (...)
  • 19 . La série monochrome des vases peints s’est maintenue plus tardivement que la série polychrome.
  • 20 . https://www.mom.fr/mecquenem/rapport/afficher/annee/1937.

20L’étude du fonds photographique du Dao trouve ici une place centrale. Il peut permettre d’éclaircir certains aspects, d’autant plus lorsqu’il est associé aux rapports d’activité annuels envoyés au ministère de l’Instruction publique14 et aux carnets de notes des collaborateurs de Mecquenem15. L’exemple suivant, qui se concentre sur la nécropole, illustre les possibilités scientifiques apportées par le fonds. Si la restitution des niveaux d’habitat associés aux tombes paraît impossible, la redécouverte de l’aspect originel des sépultures et l’étude de leur mobilier funéraire en contexte est tout à fait réalisable. En outre, les connaissances quant à l’histoire des collections s’en trouvent considérablement enrichies, puisque des œuvres aujourd’hui conservées sans information de provenance peuvent être retrouvées. La photographie d’une tombe en fosse, en cours de fouilles en 1935, est ici présentée16 (fig. 4a). Le mobilier funéraire apparaît particulièrement riche. Au centre, on distingue nettement une jarre carénée à décor d’aigles aux ailes éployées rattachant cette tombe à l’époque des céramiques peintes du iiie millénaire de Suse17. L’archéologue sur la photographie est Louis Le Breton (1906-1957), seul collaborateur alors présent aux côtés de Mecquenem sur le terrain18. Le carnet de fouille qu’il est en train de remplir nous apprend qu’une tombe, codifiée A334, a justement livré « 1 grand vase polychrome (aigles) » croqué sur la page de droite (fig. 4b). Un listing complet du mobilier est présent en bas de la page gauche et mentionne « 1 grand vase polychrome (aigles), 1 grand vase non peint, 2 vases polychromes à couvercle, 1 vase polychrome, 1 miroir cuivre et 1 vase cuivre ». Un schéma de la tombe indiquant la position du corps du défunt et l’agencement du mobilier funéraire est également présent et correspond en tout point à la photographie. Le Breton a dessiné une bonne partie des objets mais s’est largement attardé sur une belle jarre à décor de chèvres. Grâce à la codification « A334 », un retour à la publication est permis (Mecquenem 1943 : 104 n° 334) et complète nos informations avec la localisation de la tombe, son orientation et ses dimensions. Il s’agit de la 334e tombe découverte dans la zone nord de la nécropole, à 11,90 m de profondeur, orientée sud-est nord-ouest et mesurant 2 m par 1 m. D’autre part, grâce aux illustrations maintenant disponibles, il est possible d’identifier certains objets. Deux jarres le sont avec certitude, toutes deux conservées au musée du Louvre (Sb 23604 et Sb 2839). Le contexte étant maintenant éclairci, il est possible d’aller plus loin dans l’analyse et dans les résultats. Un affinement de la datation est permis par l’observation des types céramiques. Mecquenem attribue les tombes en fosses livrant des vases peints19 à la période s’étalant du xxviiie au xxve siècle avant notre ère (Rapport de 193720). En réalité, la présence d’une grande jarre

  • 21 . Les fouilles sur le tell de la Ville royale, au sein du Sondage 1 (Carter 1980), et celles au cen (...)

21monochrome20 (fig. 4d) ainsi que la typologie des objets en cuivre plaide pour une datation autour des débuts de la seconde moitié du iiie millénaire (i. e. EWI 3, période de Godin III : 6, voir Helwing et Neumann 2014 : pl. 4, fig. 7). En outre, la présence dans un même contexte de productions polychromes (fig : 4c) et monochromes (fig 4d) implique leur contemporanéité et leur association dans les mêmes contextes, ce qui n’avait été que supposé jusqu’ici (voir Le Breton 1957 ; Nagel 1964), les fouilles récentes n’ayant malheureusement pas apporté de réponse sur ce sujet21.

22On le voit, le fonds photographique peut permettre de préciser l’histoire des fouilles de Suse, de retrouver le contexte de certains objets et de renouveler l’interprétation archéologique de certaines zones fouillées. Si de nombreuses incertitudes demeurent, les phasages stratigraphiques ou les interprétations culturelles proposées dans les publications anciennes peuvent être réévalués et ainsi apporter de nouvelles données pleines de promesses quant à nos connaissances futures.

Fig. 4. La tombe A334 du Donjon, une sépulture du IIIe millénaire avant notre ère à Suse. (a) Tombe A334 en cours de fouilles par L. Le Breton, 1935. (b) Notes concernant la tombe A334, carnet de fouilles de L. Le Breton, 1935. (c) Sb 23604. (d) Sb 2839. Musée du Louvre, archives Dao.

Fig. 4. La tombe A334 du Donjon, une sépulture du IIIe millénaire avant notre ère à Suse. (a) Tombe A334 en cours de fouilles par L. Le Breton, 1935. (b) Notes concernant la tombe A334, carnet de fouilles de L. Le Breton, 1935. (c) Sb 23604. (d) Sb 2839. Musée du Louvre, archives Dao.
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Mecquenem De R. 1943. « Fouilles de Suse, 1933-1939 ». In : R. de Mecquenem, G. Contenau, R. Pfister & N. Belaiew (dir.), Archéologie Susienne. (Mémoires de la Mission archéologique en Iran, Tome XXIX). Paris, PUF (Presses universitaires de France) : 3-161.

Mecquenem De R. 1943-1944. « Note sur les modalités funéraires susiennes et leur chronologie », Vivre et Penser, 3, 1 : 133-142.

Mecquenem De R. 1947. « Contribution à l’histoire du palais achéménide de Suse ». In : R. de Mecquenem, L. Le Breton & M. Rutten (dir.), Archéologie susienne. (Mémoire de la Délégation archéologique en Iran, Tome XXX). Paris, PUF (Presses universitaires de France) : 1-119.

Paladre C. 2021. « Le fonds photographique du Département des Antiquités Orientales du Louvre : les missions françaises en Iran de la fin du xixe siècle à la veille de la Seconde Guerre mondiale ». In : Hypotheses, Archéologie et Photographie, DOI: https://archeophoto.hypotheses.org/80.

Péron A. 2015 [rééd. 2021]. « Les albums de Jane et Marcel Dieulafoy », Sous les coupoles. Le blog de la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art. (https://blog.bibliotheque.inha.fr/fr/posts/les-albums-de-jane-et-marcel-dieulafoy.html) consulté le 31/01/2021.

Perrot J. (dir.). 2010. Le palais de Darius à Suse. Une résidence royale sur la route de Persépolis à Babylone. Paris, PUPS (Presses de l’Université Paris-Sorbonne).

Pillet M. 1914. Le Palais de Darius Ier à Suse ve siècle av. J.C. : Simple notice. Paris : Geuthner.

Nagel W. 1964. Djamdat Nasr-Kulturen und frühdynastische Buntkeramiker Berliner Beiträge zur Vor- und Frühgeschichte. Berlin (Allemagne), Bruno Hessling.

Stève M. J. & Gasche H. 1971. L’Acropole de Suse. (Mémoire de la Délégation française en Perse, Tome XLVI). Paris, Librairie orientaliste Paul Geuthner.

Stève M. J., Vallat F., Gasche H., Jullien C. & Jullien F. 2002. « S. v. "Suse" », Supplément au Dictionnaire de la Bible, Fasc. 73 : 359-512.

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Notes

1 L’étude du fonds photographique iranien du département des Antiquités orientales a été rendue possible grâce au soutien du Fonds Elahé Omidyar Mir-Djalali, institué au sein du Fonds de dotation du Louvre par Dr. Elahé Omidyar Mir-Djalali, présidente et fondatrice du Roshan Cultural Heritage Institute.

Voir le billet-blog récemment paru sur le sujet dans le cadre du séminaire doctoral « Archéologie et photographie » de Paris 1 Panthéon-Sorbonne/ED 112, organisé et animé par A. Yelles  (Paladre 2021).

2 . Sur l’histoire et les chefs d’œuvres de Suse, voir notamment Harper et al. 1992 et Stève et al. 2002.

3 . W. F. Williams et K. Loftus de 1851 à 1854, puis le couple Dieulafoy entre 1884 et 1886 ont exploré le site et révélé des vestiges principalement perses achéménides. Leurs travaux restent modestes en comparaison de ceux entrepris à partir de 1897.

4 . Sur l’histoire des fouilles de Suse voir notamment Chevalier 1997 et Stève et al. 2002.

5 . Les travaux ont été interrompus en 1979 sans que le programme d’étude du palais ait pu être tout à fait achevé. Voir en dernier lieu Perrot 2010.

6 . Secteur désigné comme « appartement royal » par Perrot (2010 : 245-246).

7 . Ce plan dit plan-minute a servi à divers plans-masses et élévations restituées, dont plusieurs aquarelles exposées au Salon des artistes français en 1914 qui valurent la médaille d’or du jury à son auteur. Cf. Pillet 1914.

8 . C’est le cas de deux merlons en grès actuellement (inv. Sb 14236 = AS 11674 et Sb 14237 = AS 11673) provenant du comblement des fosses de pillage des crapaudines des portes latérales nord de la cour C1 (Chevalier 2009 : 299) et de plusieurs fragments de sol en béton rouge prélevés à titre d’échantillon.

9 . Collection Pillet. Plan général visible au Louvre à l’occasion de l’exposition Une mission en Perse en 1997 (Chevalier 1997, fig. 109).

10 . On doit cette appellation à Dieulafoy qui voulait souligner la topographie particulière de la zone, formant comme une presqu’île isolée du reste du tell par deux ravins. En outre, les vestiges du rempart achéménide donnaient à l’ensemble l’aspect d’une forteresse (Mecquenem 1934 : 222).

11 . On sait notamment que Loftus avait repéré des fragments de fût et de bases de colonnes dès 1852 et que Dieulafoy rapporta au Louvre une base de colonne inscrite au nom d’Artaxerxès (Inv. AOD 14).

12 . Cinq périodes sont définies d’après les données historiques et les observations de terrain : la plus ancienne est celle de la dynastie d’Awan entre le xxviiie et le xxve siècle, puis l’époque de la dynastie de Šimaški entre le xxve et le xxiiie siècle, puis l’époque d’Ur III entre le xxiiie et le xxe siècle et enfin l’époque d’Hammurabi entre le xxe et le xviie siècle. Mecquenem considère que l’histoire élamite commence à ce moment et il définit trois phases : l’élamite inférieur, moyen et supérieur sans datations proposées. Enfin, une périodisation plus précise est de nouveau possible à partir des périodes néo-babylonienne, achéménide, séleucide, parthe et sassanide (Mecquenem 1934 : 177-178).

13 . Pour exemple, les vases sans décor sont parfois illustrés par un dessin de vase peint, la forme primant manifestement sur le décor aux yeux Mecquenem.

14 . Consultables en ligne, voir https://www.mom.fr/mecquenem/.

15 . Aujourd’hui conservés aux archives du Dao.

16 . Cette photographie est publiée dans le rapport annuel au ministère de l’Instruction publique de 1935, ce qui permet la datation. La légende mentionne « Tombe du xxve siècle ». Aucune autre information n’est disponible. Voir https://www.mom.fr/mecquenem/photo/afficher/id/397

17 . Plus connue sous le nom de « Second style de Suse », cette production rassemble en réalité plusieurs séries distinctes. Elle est particulièrement débattue par la recherche scientifique. Pour un état des lieux voir les travaux de M.-L. Chevalier (2019).

18 . Petrus Emmanuel van der Meer (1895-1963) était également présent, mais en tant qu’épigraphiste envoyé par le père Jean-Vincent Scheil (1858-1940) pour se former.

19 . La série monochrome des vases peints s’est maintenue plus tardivement que la série polychrome.

20 . https://www.mom.fr/mecquenem/rapport/afficher/annee/1937.

21 . Les fouilles sur le tell de la Ville royale, au sein du Sondage 1 (Carter 1980), et celles au centre de l’Acropole (Stève & Gasche 1971) n’ont livré aucune céramique polychrome datée de cette période.

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Table des illustrations

Titre Fig.1. Suse, de l’époque achéménide à l’époque sassanide (Cuny et al. 2020 : 133).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14374/img-1.jpeg
Fichier image/jpeg, 586k
Titre Fig. 2. Fouille du secteur dit de l’« appartement royal » du palais de Darius. Photographie (a) et plan (b) des vestiges post-achéménides recouvrant le secteur de l’appartement royal fouillés en 1909 (photographie archives Dao, mission de Suse, plan d’après Mecquenem 1947 : 4, fig. 2). (c) Plan du palais de Darius (d’après Perrot 2010, fig. 252) avec localisation de la zone en question.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14374/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 1,2M
Titre Fig. 3. Plan-minute de Maurice Pillet de 1913-1914. Photographie non datée. Fonds Pillet, Dao.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14374/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 1,3M
Titre Fig. 4. La tombe A334 du Donjon, une sépulture du IIIe millénaire avant notre ère à Suse. (a) Tombe A334 en cours de fouilles par L. Le Breton, 1935. (b) Notes concernant la tombe A334, carnet de fouilles de L. Le Breton, 1935. (c) Sb 23604. (d) Sb 2839. Musée du Louvre, archives Dao.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14374/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 993k
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Pour citer cet article

Référence papier

Julien Cuny et Clélia Paladre, « Les fouilles de Suse (Iran) d’après les archives photographiques du département des Antiquités orientales du musée du Louvre »Les nouvelles de l'archéologie, 170 | 2023, 26-32.

Référence électronique

Julien Cuny et Clélia Paladre, « Les fouilles de Suse (Iran) d’après les archives photographiques du département des Antiquités orientales du musée du Louvre »Les nouvelles de l'archéologie [En ligne], 170 | 2023, mis en ligne le , consulté le 16 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/14374 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/nda.14374

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Auteurs

Julien Cuny

Conservateur du patrimoine,

Département de antiquités orientales – musée du Louvre

Clélia Paladre

Chargée de mission

Département de antiquités orientales – musée du Louvre

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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