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Dossier

Photographier Pincevent

La production et la transmission de nouvelles représentations au fil du temps comme mode de connaissance
Erwan Le Gueut, Alfonso Ramírez Galicia, Gwendoline Torterat et Olivier Bignon-Lau
p. 13-19

Résumés

Le campement magdalénien de Pincevent est découvert en 1964, à proximité de Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne). Dès le début des opérations de terrain, l’équipe scientifique, soucieuse de préserver et de transmettre au mieux ce patrimoine d’exception, attache une importance particulière au choix des méthodes d’enregistrement des informations prélevées au cours des démontages. Dans ce processus, la production photographique occupe une place majeure. Cet article s’attache à décrire comment ces méthodes ont privilégié la mise en évidence des sols d’habitat et la cohérence de leur structuration et ce, en lien avec l’adoption de nouveaux instruments de recherche (relevé sur photographie et analyse spatiale). Il aborde ainsi la place des archives écrites et orales dans ce processus, à travers le traitement et l’analyse de deux séries photographiques prises sur le site et la production d’entretiens semi-directifs avec les acteurs ayant œuvré au développement des méthodes.

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Dédicace

À la mémoire de Francine David, qui nous a quittés récemment.

« Dans ce désert morose,

telle photo, tout d’un coup, m’arrive ;

elle m’anime et je l’anime »,

Roland Barthes (1980 : 19).

Texte intégral

Introduction

  • 1 . Cette méthode consiste à fouiller et creuser le sédiment de la façon la plus plane possible, jusq (...)

1Devant la conservation exceptionnelle des sols d’occupation magdalénienne découverts sur le site de Pincevent le 5 mai 1964, l’équipe scientifique menée par André Leroi-Gourhan (1911-1986) et Michel Brézillon (1924-1993) fut soucieuse de restituer au mieux le résultat des fouilles qu’elle y conduisit de 1964 à 1984. Jusqu’au départ d’A. Leroi-Gourhan de la direction du projet (Soulier 2021 : 41), la méthode de fouille planimétrique mise en place sur ce chantier1 fut mise en œuvre avec la même exigence et finesse, notamment en ce qui concerne l’enregistrement des vestiges. L’objectif de cette nouvelle méthode de fouille était à la fois synchronique et diachronique, car il s’agissait de pouvoir « dénombrer les passages des Magdaléniens inscrits dans les sols, et déceler l’éventuelle évolution des équipements techniques et de la fonction des campements » (Julien & Karlin 2014 : 21). Il fallait pour cela dégager de larges étendues afin de comprendre l’organisation des sols d’occupation et le contexte était en tout point idéal pour y parvenir. La phase d’enregistrement des données y fut cruciale, car le potentiel d’analyse des vestiges se joue à cette étape clef du travail. À ce stade, il s’agissait donc d’enregistrer systématiquement les témoins par mètre carré, afin qu’aucune information livrée par la fouille n’échappe aux études a posteriori. L’objectif de ces méthodes était de reconstituer d’abord les activités humaines puis les comportements socioculturels. Pour y parvenir, et satisfaire l’ambition palethnologique d’ensemble, l’équipe a procédé à une série d’études sur les vestiges (analyses spatiales, remontages, études technologiques, etc.) qui ont permis de mettre en évidence les activités et leurs implications d’ordre socio-économique (Leroi-Gourhan & Brézillon 1966, 1972 ; Julien 1992).

  • 2 . Sur le site de Pincevent, cette collaboration entre plusieurs spécialistes – historien, archivist (...)

2La photographie est au croisement d’un certain nombre d’étapes du dispositif méthodologique appliqué sur ce chantier, à la fois au regard de l’histoire des décennies de fouille planimétrique réalisée sur le site, de la production et la réexploitation des données photographiques archivées pendant un demi-siècle et, enfin, de leur intégration à un corpus de nouvelles données produites en sciences sociales. Ce parti-pris implique une réflexion pluridisciplinaire sur les qualités heuristiques de la photographie, mêlant les approches historique, archivistique et épistémologique2.

Quelle place pour la fouille planimétrique dans l’histoire de la photographie archéologique ?

3Les méthodes de la fouille planimétrique ont changé le statut de la photographie dans les recherches de terrain : la photographie, qui était jusqu’alors un simple instrument d’illustration, s’est transformée en instrument d’analyse scientifique dans les recherches de terrain.

La photographie et la modernisation des techniques de fouilles (1945-1963)

  • 3 . Séries photographiques, Fonds équipe Ethnologie préhistorique (Ep), Service des archives Mshm, Na (...)

4André Leroi-Gourhan a recouru à la photographie dès les premiers chantiers de fouilles de son Centre de documentation et de recherches préhistoriques (Cdrp) : Les Furtins (Saône-et-Loire) en 1945-1948, Argenteuil (Val-d’Oise) en 1946, Saint-Laurent à Lyon (Rhône) en 1947-1948, Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) en 1948, Auvernier (canton de Neufchâtel en Suisse) en 1948, Curtil-sous-Burnand (Saône-et-Loire) en 1949, Saint-Romain (Côte-d’Or) en 1949, Arcy-sur-Cure (Yonne) de 1946 à 19633.

  • 4 . E.g. Ep 150 et 152 pour les Furtins, Ep 167-168, 370 pour la grotte de l’Hyène et Ep 221 et 370 p (...)

5La réalisation de séries photographiques a été un moyen efficace et moderne d’illustrer les méthodes de terrain et leurs résultats. Le programme du Cdrp envisageait de moderniser la préhistoire en créant un cadre professionnel de formation dans ses écoles de fouilles et en promouvant l’utilisation systématique de nouvelles techniques d’analyse et d’enregistrement (Soulier 2018). Dans ce contexte, la photographie a permis d’accroître la précision a) de l’enregistrement des détails topographiques des sols décapés et b) de la représentation des principaux résultats de la fouille : les coupes stratigraphiques et les plans de distribution horizontale de vestiges. En effet, des photographies verticales des profils stratigraphiques et des photos obliques des décapages successifs ont été décalquées pour produire les dessins des coupes-type ou des illustrations en perspective des surfaces décapées4.

6Par ailleurs, les photographies des activités de terrain ont démontré le caractère scientifique et moderne des pratiques et des méthodes introduites. Elles ont permis d’enregistrer le fonctionnement hiérarchisé et discipliné des équipes de fouilles et d’illustrer chacune des étapes d’application des nouvelles techniques (relevé d’échantillons sédimentologiques et palynologiques, décapage extensif par niveaux, etc.). Elles ont ainsi renforcé l’aura de scientificité des résultats et à promouvoir le prestige des écoles de fouilles d’André Leroi-Gourhan.

  • 5 . La perspective historique née de la reprise des fouilles des Furtins dans le cadre du projet en c (...)

7Les fouilles de Pincevent ont rendu possible la mise en évidence des « […] surfaces souvent pelliculaires sur lesquelles les hommes ont marché » (Leroi-Gourhan 1983 : 139). La richesse et la préservation exceptionnelles des différents niveaux du gisement sont à la base des innovations de la fouille planimétrique (Soulier 2021), mais elles n’en sont pas la cause unique. L’ambition palethnologique était déjà présente dans les fouilles d’Arcy-sur-Cure. Le Cdrp a essayé d’y mettre en évidence les structures d’habitat des niveaux châtelperroniens (Ramírez Galicia 2019). Cette ambition remonte au premier chantier paléolithique d’André Leroi-Gourhan dans la grotte des Furtins. Ici, les fouilleurs ont tenté de prouver l’origine anthropique d’un ensemble de crânes et d’os longs d’Ursus spelaeus dans un niveau attribué au Paléolithique moyen (Ramírez Galicia 2021). Dans l’un et l’autre cas, les difficultés posées par la fouille en contexte karstique ont empêché la production de preuves robustes de l’existence d’habitats5. Toutefois, ces expériences ont servi à préparer le déploiement des méthodes de fouille sur un site qui s’y prêtait particulièrement.

Pincevent et l’analyse des sols d’habitat : principes de la fouille planimétrique

8Les fouilles de Pincevent ont transformé la photographie en instrument d’analyse des structures d’habitat (Courbin 1987). Les clefs de l’innovation ont été les suivantes.

  1. Différencier :
    1. l’acte de décaper et d’enregistrer les structurations évidentes des vestiges sur les surfaces d’occupation ;
    2. l’acte d’analyser et de rendre visibles les structures latentes sur les plans via l’illustration des liens sociotechniques sous-jacents à l’agencement des vestiges.
  2. Placer l’élaboration de photos zénithales comme la finalité de la fouille extensive.

9La distinction entre structures évidentes et latentes aide à comprendre l’impossibilité d’appréhender les habitats préhistoriques au moment de la fouille. En effet, même dans des conditions aussi propices qu’à Pincevent, il fut impossible, à partir du seul décapage horizontal des vestiges, de déceler une interface claire entre les niveaux, en raison d’une sédimentation insuffisante entre chacun d’entre eux. Cette limite artificielle représente l’optimum du décapage (Leroi-Gourhan & Brézillon 1972 : 321-327) mais, en l’état, rien ne garantit qu’il ne s’agit pas en réalité d’un sol artificiel, c’est-à-dire d’un palimpseste issu du mélange de réoccupations multiples.

10Les structures évidentes sont : « […] les faits d’organisation qui apparaissent au cours de la fouille (comme les positions respectives des foyers, des nappes d’ocre, des amas de déchets […] » (Leroi-Gourhan 1972a : 5). En partant de cette définition, et de manière rétrospective, on peut argumenter que jusqu’au début des fouilles de Pincevent, en 1964, les efforts du Cdrp se sont limités à l’analyse des structures évidentes. Or, pour appréhender les habitats paléolithiques, il fallait aller au-delà.

11Les structures latentes sont celles qui « […] ressortent de l’analyse topographique ultérieure des témoins […] » (Leroi-Gourhan 1972a : 5). Il en va ainsi, par exemple, de la « […] répartition des os hyoïdes par rapport aux foyers [ou de la] liaison des chutes de burin au burin d’origine […] » (Leroi-Gourhan 1972b : 325). L’étude des structures latentes est une étape postérieure à la fouille. Ses sources sont les plans cumulés de distribution des vestiges sur la totalité de la surface décapée. Ses instruments sont les analyses planimétriques, spécialement celles des liaisons à distance mises en évidence par les remontages des pierres de foyer, des assemblages lithiques et de la faune (Julien & Karlin 2014).

  • 6 . Les principes de la fouille planimétrique ont été élaborés à partir de 1964. Ils ont été théorisé (...)

12Le système de relevé des séries de photos zénithales par mètre carré a été le mécanisme idéal pour élaborer ces plans cumulatifs. D’une part, la photographie augmente la précision et l’efficacité du relevé et du démontage des vestiges, d’autre part, elle permet de recréer la totalité de la surface décapée via le collage des séries de photos zénithales. Dans la fouille planimétrique, la photographie n’est donc pas seulement un instrument d’enregistrement. Elle devient consubstantielle à la finalité même de la fouille6 :

« L’enregistrement, en réalité, n’est que l’autre face de la dissection, car s’il est un fait que la pratique montre constant, c’est qu’une dissection archéologique n’est bonne que si l’on a conservé à tout instant le désir de la rendre exprimable graphiquement, par le secours du croquis, du plan, des coupes, de la photographie, du cinéma, de la maquette. Le minimum pour l’enregistrement, c’est par conséquent d’avoir su conduire sa vision en surface de telle sorte qu’elle soit traduisible en courbes de niveau dans le détail de tout ce que les vestiges immobilisés par leur abandon à une certaine époque peuvent conserver encore des raisons qui ont animé en un temps leur existence. » (Leroi-Gourhan 1983 : 140) (fig. 1).

Fig. 1. Prise de photographie verticale (1970), diapositive n° 728, F. David. © Archives du Centre archéologique de Pincevent – Sra Île-de-France.

Fig. 1. Prise de photographie verticale (1970), diapositive n° 728, F. David. © Archives du Centre archéologique de Pincevent – Sra Île-de-France.

Un tournant historique

13Stuart Piggott (1910-1996) a montré que la méthode de Wheeler avait marqué une rupture dans les usages modernes de la photographie archéologique (Piggott 1965). D’après lui, Mortimer Wheeler (1890-1976) a créé un code de représentation visuelle fondé sur la délimitation claire et précise des interfaces entre niveaux. Ses illustrations des coupes-type (dessin et photo) étaient une « déclaration visuelle » (visual statement) qui présentait la reconstitution finale de la séquence stratigraphique globale du site. En suivant ces arguments, il devient possible de suggérer que la méthode d’André Leroi-Gourhan, c’est-à-dire la fouille planimétrique, a provoqué une nouvelle rupture, en inversant les termes. Plus qu’une traduction visuelle des résultats, les photos zénithales et les plans sont devenus la finalité même de la fouille et son outil principal d’analyse.

14Par ailleurs, la fouille planimétrique a préfiguré la transition entre le format analogique et le format numérique (Morgan & Wright 2018). Elle a posé les principes et les ambitions qui dirigent l’intégration des techniques de photogrammétrie numérique et de relevé 3D dans les pratiques de terrain contemporaines. Comment expliquer l’actualité de ces principes et de ces ambitions ?

15Au lieu de créer un code de représentation visuelle de la reconstitution de la séquence stratigraphique, la fouille planimétrique a établi un système d’analyse visuelle pour la recherche des structures latentes, entités virtuelles invisibles au moment de la fouille. Il faut avoir recours aux technologies d’imagerie pour augmenter nos pouvoirs d’observation et rendre visibles les « surfaces pelliculaires sur lesquelles les hommes ont marché » (Leroi-Gourhan 1983 : 139).

La documentation photographique de Pincevent : de la production à la réexploitation

  • 7 . Les archives sont l’ensemble des documents, y compris les données, quels que soit leur date d’acq (...)

16Les fouilles archéologiques du site de Pincevent ont été temporairement suspendues en 2019 pour que l’équipe puisse se concentrer sur la publication de la monographie du niveau IV0. Elles reprendront dès 2023. En cinquante-cinq ans, au fil des démontages, l’équipe de recherche a produit une masse considérable d’archives7. La documentation de terrain, reflet des méthodes d’enregistrement adoptées, est constituée majoritairement de relevés des mètres carrés, relevés de coupes, listes d’objets, plans sur papier ou calque de tailles diverses, matériaux ayant servi à la réalisation de moulages des sols (latex, résines, etc.), rapports d’étude du matériel, études préliminaires et notes de travail. La production photographique – composée de négatifs, contacts, tirages et diapositives pour la période 1964-1994 – représente près de 23 000 pièces. Le volume de photographies numériques produit au cours des fouilles depuis l’apparition du support n’est pas encore estimé.

La production de photographies analogues, 1964-1995

17Pendant trente ans, la couverture photographique de la fouille (verticale et oblique) fut principalement assurée par André Leroi-Gourhan et Francine David (1935-2022) qui ont ainsi constitué, au fil des opérations, la principale production photographique de Pincevent. Dans les premières années, quelques membres de l’équipe, bénévoles ou visiteurs présents sur le chantier, ont participé à l’enrichissement de cette production, tels Jean-Claude Liger, Jean Vertut, J. Cohen, Philippe Gouin, André Vila, Daniel Karlin ou Cécile Engel. Leurs clichés documentent les méthodes de fouilles, l’évolution des travaux d’aménagement du site et l’ambiance régnant sur le chantier. Quelques photographies aériennes réalisées en 1964 complètent cet ensemble.

  • 8 . Chaque vestige est désigné et numéroté sur et à partir d’un tirage photographique. Cet enregistre (...)

18Durant chaque campagne, à chaque fin de décapage, des photographies verticales étaient réalisées, en général par Francine David, grâce à des structures métalliques baptisées « la sauterelle », puis « la girafe », placées au-dessus des carrés photographiés. À partir du début des années 1980 et jusqu’au milieu des années 1990, Francine David assura progressivement seule la responsabilité de l’enregistrement photographique. Dès les premières campagnes, André Leroi-Gourhan réalisa des obliques, seul, souvent en fin de journée, lorsque le terrain était dégagé. Ce processus d’enregistrement a donné naissance à deux séries, l’une de clichés verticaux noir et blanc (5 987 négatifs au format 6x6), l’autre de clichés obliques noir et blanc (6 667 négatifs photo au format 24x36 ; fig. 2) et couleur (11 500 diapositives 24x36 pour la période 1964-1994). Une fois réalisés, les négatifs étaient rapidement développés à l’échelle 1/5 dans un petit laboratoire de terrain et exploités pour les relevés suivants, en fin de décapage. Chaque tirage, associé à un relevé et à une liste d’objets, devenait ainsi un élément constitutif des dossiers des mètres carrés (fig. 3)8.

19En complément, un fichier des contacts a été créé, pour servir à la fois de sommaire de la production photographique et de premier outil d’analyse des données de terrain. Les planches contacts développées, à partir des négatifs 6x6 et 24x36 noir et blancs, étaient ensuite découpées et chaque contact classé selon une thématique (vues panoramiques, vues générales du chantier, techniques de fouilles, vie du camp, niveaux I, II, III, IV1, etc.), puis disposé sur des fiches cartonnées au format A5.

  • 9 . Les auteurs des clichés sont multiples, membres de l’équipe de recherche, bénévoles, visiteurs, e (...)

20Comme le fichier des contacts, la production de diapositives classées par thématiques a donné naissance à une diathèque. Elle comprend les clichés obliques (couleur) réalisés par André Leroi-Gourhan au cours des différentes campagnes de fouilles et classés par niveaux ou structures, mais également une importante production de clichés documentant la vie du camp depuis 19649, ainsi que plusieurs thématiques exploitées par l’équipe pour des rapports ou publications, des cours, conférences ou colloques (environnement ; témoins minéraux, faune et industrie osseuse magdaléniennes ; méthodes de terrain ; méthodes d’étude ; présentation au public ou aux écoles).

La transition vers le format numérique, des années 1990 à nos jours

  • 10 . Le statut des archives ne s’acquiert pas avec le temps : qu’il soit papier ou numérique, un docum (...)

21La généralisation de la photographie numérique depuis la fin des années 1990 n’a pas changé la méthode d’enregistrement. À l’heure actuelle, à chaque relevé est toujours associée une liste des objets prélevés et une photographie imprimée sur une feuille A4 sur laquelle sont reportés les numéros des dits objets. Cependant, comme l’utilisation du numérique facilite la multiplication des clichés afin d’enregistrer un maximum d’informations avant démontage, elle engendre une augmentation considérable de la production photographique. Cette masse, au même titre que la production argentique, doit être gérée en amont par ses producteurs, à « l’âge courant ou intermédiaire »10, afin d’en assurer une conservation pérenne et d’en permettre la meilleure exploitation possible dans le temps (Rimelen & Montagne-Bôrras 2016). Si tel n’est pas le cas, la production de photographies numériques occasionne à l’étape définitive un travail de classement et de nommage colossal que l’archiviste ne pourra réaliser en l’absence du producteur.

  • 11 . Citons principalement celles de Claudine Karlin, Michèle Julien, Michel Orliac, Michel Girard, Da (...)

22Enfin, il convient d’ajouter toute la production photographique des membres de l’équipe, responsables d’opérations ou de secteurs à Pincevent réalisée depuis le milieu des années 199011.

Fig. 2. Prise de photographie oblique (1976), 6x6 n° 4114, A. Leroi-Gourhan © Archives du Centre archéologique de Pincevent – Sra Île-de-France.

Fig. 2. Prise de photographie oblique (1976), 6x6 n° 4114, A. Leroi-Gourhan © Archives du Centre archéologique de Pincevent – Sra Île-de-France.

Fig. 3. Fiche de relevé de mètre carré (1969), diapositive n° 8593 © Archives du Centre archéologique de Pincevent –Sra Île-de-France.

Fig. 3. Fiche de relevé de mètre carré (1969), diapositive n° 8593 © Archives du Centre archéologique de Pincevent –Sra Île-de-France.

La conservation des archives de fouilles

23Le souci de conserver la documentation de terrain de Pincevent dans de bonnes conditions est apparu dès les premières campagnes de fouilles. Le musée de site construit sur place en 1965 pour accueillir le moulage du premier sol préhistorique découvert (habitation n° 1), offre quelques espaces de travail aux chercheurs et permet de traiter et conserver dans des conditions correctes la documentation produite au fil des enregistrements. Le matériel archéologique est conservé à proximité des documents de terrain, sur site, dans d’autres bâtiments. Les archives sont donc relativement à l’abri, leur stockage et leur conservation minimales sont assurés. Pour autant, leur gestion n’en est pas encore au stade intermédiaire. Il n’existe aucun instrument de recherche de la documentation produite et toute consultation présente donc un risque de perturbation pour le fonds. Cinquante-huit ans après le début des opérations, le traitement de ce fonds (état des lieux, remembrement, tri, classement et reconditionnement) est devenu indispensable. Réalisé en collaboration étroite, avec les producteurs des archives, il doit permettre d’en assurer à la fois la conservation pérenne, la compréhension et la communication sans risque pour son intégrité.

24Au même titre que les dossiers des mètres carrés ou les plans, la production photographique est depuis plusieurs mois triée, classée, reconditionnée, analysée (un instrument de recherche est en cours d’élaboration) et numérisée. La prise en charge des archives a débuté en septembre 2020 et devra se poursuivre dans les années qui viennent. Le traitement de la documentation de terrain (tri, classement, rédaction et mise en ligne d’un instrument de recherche, numérisation) est réalisé en collaboration avec le service des archives de la Mshm et le Sra Île-de-France. Le seul moyen de garantir la meilleure exploitation possible des archives de fouilles dans le temps (la fiabilité des données) et leur accessibilité (la compréhension d’un fonds) est de les gérer à leurs âges courant, intermédiaire et définitif. C’est le but de l’archivistique (Direction des archives de France 2002 : 11). La conservation sur le long temps de la production photographique, quelle que soit son format ou son support, comme celle de toute la documentation de terrain, doit donc être pensée au plus tôt, afin d’assurer aux chercheurs qui n’ont pas participé à l’opération de fouille la possibilité de se forger une nouvelle représentation du site.

Conclusion

  • 12 . Cet autre volet de la recherche effectué sur le site de Pincevent est lié à une enquête anthropol (...)
  • 13 . Ces archives, produites entre 1964 et 1996 par le Centre archéologique de Pincevent, sont conserv (...)

25Durant les décennies qui ont suivi la découverte du site de Pincevent, les relations entre les archéologues mobilisés dans le travail de fouille n’ont cessé de se transformer et de les transformer. Chaque personne ayant participé de près ou de plus loin à cette longue et vaste entreprise a dû s’adapter à un contexte social, culturel et scientifique en mouvement. L’évolution de la méthodologie ne s’est pas fait sans transmission, appropriation et transformation progressive de nouvelles techniques. Elle doit également beaucoup à la compréhension sans cesse renouvelée des sociétés magdaléniennes qui émergeaient du sol. Afin d’envisager sous un angle nouveau les problématiques appréhendées par le biais des archives, un tout autre type de recherche est en cours12. Il s’agit du recensement exhaustif des acteurs ayant œuvré à Pincevent depuis 1964 – d’une journée à plusieurs semaines ou décennies –, suivi de la réalisation d’entretiens filmés. Le recensement repose sur les archives concernant la gestion des stagiaires et l’intendance, tenues en grande partie par André Leroi-Gourhan et Francine David13. Cette démarche complémentaire n’est pas sans lien avec la photographie qui y a trouvé toute sa place. L’inventaire détaillé des séries de négatifs en noir et blanc (aux formats 6x6 et 24x36) et en couleur (au format 24x36 pour la période 1964-1994) comporte en effet une section d’identification de toutes celles et ceux qui y sont identifiables. Le recensement global effectué en parallèle permet de réaliser des entretiens face aux photographies, tant pour affiner l’inventaire que pour enrichir les récits recueillis (fig. 4).

26Ces techniques d’entretien – les photo-elicitation interview et les talking pictures interview sont pratiquées par les sciences sociales depuis les années 1960 (Collier 1967). Placés face à certaines images, les anciens acteurs de Pincevent sont encouragés à parler de tout ce qui leur paraît pertinent, ce qui permet souvent de recueillir des informations difficiles à obtenir à partir de questions directes, dans le cadre des entretiens semi-directifs menés en parallèle. Les images aident aussi à lancer une réflexion ou une nouvelle piste de travail. Ainsi mis en face du passé dont témoigne la photographie, les anciens acteurs de Pincevent donnent au document d’archive un ultime prolongement, celui d’un sursaut de la mémoire, d’une émotion réactivée par la reconnaissance d’un vieil ami ou d’une collègue disparue.

Fig. 4. Entretien sur photographies mené avec d’anciennes actrices du site de Pincevent (C. Karlin, M. Julien et D. Lavallée). © G. Torterat.

Fig. 4. Entretien sur photographies mené avec d’anciennes actrices du site de Pincevent (C. Karlin, M. Julien et D. Lavallée). © G. Torterat.
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Ramírez Galicia A. 2019. « Revisiter le chantier-école de fouilles d’Arcy-sur-Cure (Yonne) : 1946-1963. Essai (paléo-)ethnologique d’histoire des techniques et des pratiques de la préhistoire contemporaine », Bulletin de la Société préhistorique française, 116, 2 : 215-254. DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.3406/bspf.2019.14999.

Ramírez Galicia A. 2021. « La reconstitution des pratiques scientifiques passées via l’iconographie : les méthodes de décapage archéologique de l’école d’André Leroi-Gourhan ». In: J.-P. Garric (dir.), Matières à inventer. Paris, Éditions de la Sorbonne (Création, Arts et Patrimoines, 9) : 285-329. DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/books.psorbonne.99170.

Rimelen F. & Montagne-Borras A. 2016. « Gérer les archives des missions archéologiques françaises à l’étranger à la Maison Archéologie & Ethnologie René-Ginouvès », Les Nouvelles de l’archéologie, 145 : 12-17. DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/nda.3798.

Soulier Ph. 2018. André Leroi-Gourhan (1911-1986): une vie. Paris, CNRS Éditions.

Soulier Ph. 2021. Pincevent 1964-2019: cinquante-cinq années d’ethnologie préhistorique. Paris, Société préhistorique française.

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Notes

1 . Cette méthode consiste à fouiller et creuser le sédiment de la façon la plus plane possible, jusqu’à ce que les vestiges soient atteints et qu’apparaisse finalement le sol d’occupation formé par ces témoins préhistoriques (Leroi-Gourhan & Brézillon 1966, 1972).

2 . Sur le site de Pincevent, cette collaboration entre plusieurs spécialistes – historien, archiviste et anthropologue – se concrétise au sein du projet Pincevent-Mana – Pincevent. Mémoires archéologique, numérique et audiovisuelle (resp. Olivier Bignon-Lau), soutenu par le LabEx PasP – Les passés dans le présent (2020-2023). Le traitement des archives des fouilles du site est également financé par le Centre archéologique de Pincevent (dir. Gaëlle Dumarçay) et le Service régional d’archéologie d’Île-de-France (SraIF). Cette approche pluridisciplinaire a été développée de façon pionnière dès 2016 dans le cadre du projet 2Arc – Archives de fouilles Arcy-sur-Cure (coord. Nejma Goutas, Ludovic Mevel & Pierre Bodu) soutenu par le LabEx PasP – Les passés dans le présent (aide de l’État gérée par l’ANR au titre du programme Investissements d’avenir ANR-11-LABX-0026-01) – programme Archives de fouilles des sites préhistoriques et antiques (resp. Élisabeth Bellon, Usr 3225, et Régis Vallet, Umr 7041).

3 . Séries photographiques, Fonds équipe Ethnologie préhistorique (Ep), Service des archives Mshm, Nanterre.

4 . E.g. Ep 150 et 152 pour les Furtins, Ep 167-168, 370 pour la grotte de l’Hyène et Ep 221 et 370 pour la grotte du Renne (Arcy-sur-Cure).

5 . La perspective historique née de la reprise des fouilles des Furtins dans le cadre du projet en cours de Lionel Barriquand (2020) permet de reconsidérer les résultats des fouilles d’A. Leroi-Gourhan à presque quatre-vingts ans de distance.

6 . Les principes de la fouille planimétrique ont été élaborés à partir de 1964. Ils ont été théorisés et publiés en 1972 (Leroi-Gourhan 1972b).

7 . Les archives sont l’ensemble des documents, y compris les données, quels que soit leur date d’acquisition, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, produits ou reçus par toute personne physique ou morale et par tout service ou organisme public ou privé dans l’exercice de leur activité (Loi sur les archives du 3 janvier 1979, reprise en 2004 dans le code du patrimoine, article L211-1 : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074236/LEGISCTA000006129161/).

8 . Chaque vestige est désigné et numéroté sur et à partir d’un tirage photographique. Cet enregistrement est la clef de voûte de l’analyse palethnologique car de ce processus découlent toutes les étapes de traitement du matériel et notamment le marquage individuel des pièces permettant remontages, études de répartition spatiale, etc.

9 . Les auteurs des clichés sont multiples, membres de l’équipe de recherche, bénévoles, visiteurs, etc. Cette diathèque a été enrichie et exploitée par l’équipe de recherche au-delà des années 1990, c’est à dire bien après la disparition d’André Leroi-Gourhan (1986) et l’éloignement progressif de Francine David à partir de 1995.

10 . Le statut des archives ne s’acquiert pas avec le temps : qu’il soit papier ou numérique, un document produit dans le cadre d’une activité est un document d’archive dès sa création. On considère traditionnellement que les archives passent par trois âges : courant, intermédiaire et définitif. L’âge courant correspond à la période durant laquelle les producteurs ont un besoin régulier des documents et doivent les conserver au plus près d’eux. L’âge intermédiaire est celui pendant lequel on ne se réfère plus qu’occasionnellement aux archives et l’âge définitif est celui des documents conservés sans limitation de durée (Association des archivistes français 2012 : 331-336).

11 . Citons principalement celles de Claudine Karlin, Michèle Julien, Michel Orliac, Michel Girard, Danièle Lavallée, Annie Roblin-Jouve ou Pierre Bodu.

12 . Cet autre volet de la recherche effectué sur le site de Pincevent est lié à une enquête anthropologique menée par Gwendoline Torterat depuis plusieurs années au sein de l’équipe Ethnologie Préhistorique (Umr 7041, Cnrs) et, depuis peu, dans le laboratoire Temps, Technologie et ethnologie des mondes préhistoriques (Umr 8068, Cnrs) et, plus spécifiquement, dans le cadre du projet Pincevent-Mana – Pincevent. Mémoires archéologique, numérique et audiovisuelle.

13 . Ces archives, produites entre 1964 et 1996 par le Centre archéologique de Pincevent, sont conservées au Service des archives de la Maison des sciences de l’homme Mondes à Nanterre (Ep 820, Ep 822 et Ep 823). Elles consistent en listes et fichiers de stagiaires, annonces de stages, fiches d’inscription aux stages et attestations, ainsi qu’en lettres, notes d’organisation de la vie quotidienne sur le chantier (horaires et dispositions générales), listes des équipes de fouilles et certains plannings de présence.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Prise de photographie verticale (1970), diapositive n° 728, F. David. © Archives du Centre archéologique de Pincevent – Sra Île-de-France.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14324/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 890k
Titre Fig. 2. Prise de photographie oblique (1976), 6x6 n° 4114, A. Leroi-Gourhan © Archives du Centre archéologique de Pincevent – Sra Île-de-France.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14324/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 723k
Titre Fig. 3. Fiche de relevé de mètre carré (1969), diapositive n° 8593 © Archives du Centre archéologique de Pincevent –Sra Île-de-France.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14324/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 885k
Titre Fig. 4. Entretien sur photographies mené avec d’anciennes actrices du site de Pincevent (C. Karlin, M. Julien et D. Lavallée). © G. Torterat.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/14324/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 596k
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Pour citer cet article

Référence papier

Erwan Le Gueut, Alfonso Ramírez Galicia, Gwendoline Torterat et Olivier Bignon-Lau, « Photographier Pincevent »Les nouvelles de l'archéologie, 170 | 2023, 13-19.

Référence électronique

Erwan Le Gueut, Alfonso Ramírez Galicia, Gwendoline Torterat et Olivier Bignon-Lau, « Photographier Pincevent »Les nouvelles de l'archéologie [En ligne], 170 | 2023, mis en ligne le , consulté le 19 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/14324 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/nda.14324

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Auteurs

Erwan Le Gueut

Doctorant, Chargé d’archives

UMR 8068 TEMPS « Technologie et ethnologie des monde préhistoriques »

Maison des sciences de l’homme monde, MSHM, Nanterre

Alfonso Ramírez Galicia

Chercheur postdoctorant

LabEx Les passés dans le présent

UMR 8068 TEMPS, MSHM, Nanterre

Gwendoline Torterat

Chercheure postdoctorante

LabEx Les passés dans le présent

UMR 8068 TEMPS,MSHM, Nanterre

Olivier Bignon-Lau

Chercheur CRCN, CNRS

UMR 8068 TEMPS

MSHM, Nanterre

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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